L’ESSENTIEL DE L’ACTUALITE DU VENDREDI 26/11/10

26 nov

Haïti – Élections :

 Poursuite de la distribution des Cartes d’Identification Nationale

HAITI LIBRE – 26/11/2010 17:28:25

Haïti - Élections : Poursuite de la distribution des Cartes d’Identification Nationale L’Office National d’Identification (ONI), avec le soutien Technique de l’Organisation des États Américains (OEA) et l’appui financier de l’Agence Canadienne de Développement International (ACDI), informe le public en général et surtout les potentiels électeurs que la campagne de distribution des Cartes d’Identification Nationale (CIN) se poursuit dans les 10 départements du pays ce vendredi 26 et samedi 27 novembre 2010, jusqu’à la fin de la journée.
En conséquence, l’ONI invite tous les électeurs qui n’ont pas encore retiré leur carte, de le faire dans tous les bureaux de l’ONI.
L’Office National d’Identification rappelle à la population que, selon la loi électorale, seulement les personnes ayant fait leurs nouvelles inscriptions avant le 28 septembre 2010, pourront voter. Les personnes qui ont fait leur demande après le 28 septembre 2010 recevront leurs CIN à une date ultérieure que l’ONI communiquera à la population.
Les personnes qui se sont présentées à un bureau de l’ONI pour faire leur demande de réimpression avant le 28 octobre, 2010, pourront également retirer leur carte.

 

Haïti-Présidentielle: « 500.000 » faux bulletins

Par Europe1.fr / Publié le 26 Novembre 2010 à 20h58

Mirlande Manigat, une des favoris de l’élection présidentielle haïtienne, a affirmé vendredi l’existence de quelque « 500.000″ faux bulletins de vote qui seront selon elle mis en circulation le jour du scrutin, dimanche, pour « favoriser le candidat du pouvoir« . « Je suis mise au courant que 500.000 bulletins (frauduleux) de vote sont stockés pour être utilisés dans 500 bureaux (de vote) à travers le pays le jour des élections pour favoriser le candidat du pouvoir« , Jude Célestin, proche du président sortant René Préval, a déclaré Mme Manigat.

 

Haïti – Élections :

 Michel Martelly, prévoit des fraudes et de la violence
HAITI LIBRE – 26/11/2010 13:53:49

Haïti - Élections : Michel Martelly, prévoit des fraudes et de la violenceMichel Martelly, l’un des 4 candidats vedettes de ces élections, ne se fait pas d’illusion « c’est certain, cette élection ne sera pas crédible. Il va y avoir des fraudes massives. Nous les prévoyons. Le résultat ne va sans doute pas être l’expression du vote populaire » a-t-il déclaré aujourd’hui.
« Si le peuple n’a pas la possibilité de faire entendre sa voix par le vote, il la fera connaître autrement, quel qu’en soit le moyen [...] s’il doit faire la révolution pour se faire entendre, il le fera par la révolution » a-t-il ajouté.
Des propos qui s’ajoutent à ceux de Mirlande Manigat et d’autres candidats inquiets à moins de 48 heures du scrutin. Le seul candidat à ne pas manifester son inquiétude sur des fraudes ou de la violence c’est Jude Célestin du parti INITE… Allez donc savoir pourquoi…

 

Le choléra en Haïti a fait 1.648 morts, selon un nouveau bilan

AFP – 26/11/10

Des malades du choléra dans un hôpital en Haïti le 20 novembre 2010

PORT-AU-PRINCE — L’épidémie de choléra qui sévit en Haïti depuis la mi-octobre a fait 1.648 morts, selon un nouveau bilan publié vendredi par le ministère de la Santé, à deux jours des élections présidentielle et législatives.

Ce bilan, qui porte sur une période comprise entre le 20 octobre et le 24 novembre, fait état de 45 morts de plus que le précédent communiqué jeudi. Aucun nouveau décès n’est à signaler dans la capitale Port-au-Prince, où 146 personnes ont été tuées par la bactérie depuis le début de l’épidémie.

Le choléra a touché au total 72.017 personnes et entraîné 31.210 hospitalisations, soit 1.339 de plus que le précédent bilan.

Le département de l’Artibonite (nord), où s’est déclarée la maladie, reste le plus touché, avec environ la moitié des décès (754) et plus de 14.000 personnes hospitalisées.

Malgré le chaos provoqué par le choléra, les autorités ont refusé de reporter les élections présidentielle et législatives qui doivent avoir lieu dimanche.

L’épidémie a provoqué des violences la semaine dernière à l’encontre des Casques bleus de l’ONU, accusés par une partie de la population d’avoir importé la maladie et des manifestations ont fait six morts.

Tant les Nations unies que l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), branche de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), jugent que le cap des 200.000 cas pourrait être franchi dans trois mois.

 

Haïti – Élections :

 350,000 cartes de mandataires pour les partis politiques
HAITI LIBRE – 26/11/2010 11:58:17

Haïti - Élections : 350,000 cartes de mandataires pour les partis politiquesAu cours de la dernière réunion de la «Table sectorielle sur les élections » qui s’est tenue lundi 22 novembre, au Quartier Général de la Minustah à Port-au-Prince, Gaillot Dorsainvil, le président du Conseil Electoral Provisoire (CEP) a déclaré que les demandes de report du scrutin, formulées par certains acteurs politiques, ne vont pas dans le sens des intérêts de la Nation. « Reporter les élections consiste à donner le coup de grâce au pays »
On a appris aussi à cette réunion, qu’au Centre d’Opération Électorale (COE), le personnel travaille à la livraison des cartes de mandataires des partis politiques ainsi que des cartes d’accréditation aux journalistes et aux observateurs nationaux et internationaux. « D’ici samedi, nous délivrerons environ 40,000 accréditations aux membres de la Société Civile et aux Organisations Internationales ainsi que 350,000 cartes aux mandataires des partis politique », a indiqué Louiner Jean Marie, responsable du COE.
14 millions de bulletins de vote (matériel sensible), dont la fabrication a été confiée aux Imprimeries Deschamps, sont stockés dans 17 bases de la Minustah, sous bonne protection… qui se chargera de les acheminer dans les Centres de Vote, la veille du scrutin.
D’autre part, devant la crainte d’une faible participation, les responsables haïtiens, ont estimé cette semaine, que des élections avec un taux de participation de moins de 40 % ne seront pas crédibles.

 

Haïti – Élections :

 La grande magouille est prête pour dimanche
HAITI LIBRE – 26/11/2010 09:27:33

Haïti - Élections : La grande magouille est prête pour dimancheListe des électeurs trafiquées :
Personne ne s’y retrouve, plusieurs listes «officielles» d’électeurs existent avec des chiffres différents. L’ONI fait état de 4,565,000 électeurs inscrits, alors que le CEP avance le nombre de 4,694,961 soit un écart de 129,961 électeurs (+2.84%). Edmond mulet la semaine passée déclarait en conférence de presse que 4.174.112 Haïtiens était inscrits sur les listes électorales. Alors que sur le site de l’ONI le chiffre publié est de 4,712,693 et contredit ses déclarations…
La société civile indique dans son « rapport préliminaire d’observation électorale » que le CEP n’a pas toujours fait montre de transparence dans la préparation de la liste électorale nationale et des listes électorales partielles. Concernant la fiabilité de ces listes, les organisations formulent toutes leurs réserves sur la régularité de ces listes.
http://www.haitilibre.com/article-1737-haiti-elections-faits-alarmants-et-irregularites-constates.html
Citons de plus, la constitution par le CEP, d’une base de données spéciale mise en œuvre par les Centres d’Opération et de Vérification (COV) et l’acceptation sans justification, par le CEP, après la date règlementaire, d’une liste spéciale de trente-cinq mille (35,000) électeurs, communiquée par l’ONI…
Ginette Chérubin (conseillère électorale au CEP) a révélé l’existence de listes parallèles aux listes authentiques. Elle a déclaré que c’est une machination.
http://www.haitilibre.com/article-1720-haiti-elections-la-grande-magouille-d-inite-se-met-en-place.html
Déplacements et créations de bureaux de vote illégaux :
La création sans raison apparente, de nouveaux centres de vote situés en des endroits où ils seront facilement contrôlables par des dirigeants des partis politiques ou toutes autres personnalités qui auraient intérêt à frauder lors du scrutin et influencer ainsi, les résultats du vote et la mise à l’écart par le CEP de l’Office National d’Identification (ONI), dans le processus d’enregistrement des demandes de transfert d’un bureau de vote à un autre, qui normalement est de la compétence de l’ONI.
http://www.haitilibre.com/article-1737-haiti-elections-faits-alarmants-et-irregularites-constates.html
Zidor Fednel, l’ex Vice-délégué de l’arrondissement de Jacmel et coordonnateur départemental du parti MPH a dénoncé la violation des lois électorales, à moins de 15 jours du scrutin, de nouveaux bureaux de vote sont en train d’être installés de façon isolée… Relocalisation de certains bureaux à Jacmel « Tous ces bureaux de vote vont être placés à l’école Nationale de Bréman à environ 10 mètres de la résidence du sénateur Joseph Lambert, coordonnateur National de la Plateforme INITE où les électeurs ne seront pas en sécurité lors du déroulement des joutes, en raison du commando d’INITE [aux ordres du Sénateur Lambert], qui à déjà commencé à semer la terreur dans la ville. » http://www.haitilibre.com/article-1684-haiti-jacmel-les-partis-politiques-denoncent-les-malversations-d-inite-et-du-cep.html
Yves Rabel, coordonnateur de « Ansanm nou fò » du Sud-Est a dénoncé des irrégularités dans le processus électoral. Il a fait savoir que les bureau de vote sont passé de 545 à 621 illégalement.
Révocations et remplacement des superviseurs par des partisans d’INITE :
La Société Civile confirme qu’à quelques jours des élections, une opération absolument illégale de remplacement de superviseurs de centres de vote et de membres de bureaux de vote est en cours.
Yves Rabel, coordonnateur de « Ansanm nou fò » du Sud-Est a dénoncé que dans 228 bureaux de vote, 75 % des superviseurs électoraux avaient été révoqués sans motif. « Tous ces changements se font sans l’aval des partis politiques »
http://www.haitilibre.com/article-1684-haiti-jacmel-les-partis-politiques-denoncent-les-malversations-d-inite-et-du-cep.html
Impression de faux bulletins et procès verbaux :
Jeudi, Richard Dumel, le porte-parole du Conseil électoral provisoire (CEP) a indiqué que le CEP « est au courant » qu’il y avait « des faux bulletins et des faux procès-verbaux en circulation ». Mais, sans montrer de faux bulletin ni avancer de chiffres, il a ensuite largement nuancé ses propos en parlant de « rumeurs véhiculées pour hypothéquer le processus électoral ». En parlant de rumeur il se dit que ces faux auraient été imprimé à Miami.
Corruption des responsables de camps de réfugiés :
Le paiement des responsable de camps par le parti INITE a été dénoncé dans une vidéo d’Aljazeera. « Nous ne disons pas qu’il est un bon candidat [Jude Célestin]. Nous devons manger. Il est le seul qui a de l’argent maintenant. Nous avons besoin d’argent, voilà pourquoi.  Et non pas parce que nous l’aimons. Oui, il nous a donné de l’argent déjà. Il nous donnera encore plus d’argent.»
http://www.haitilibre.com/article-1716-haiti-elections-jude-celestin-president-tous-les-moyens-sont-bons.html
Magouille générale :
Philippe RJ Augustin directeur du registre électoral national, a exprimé à l’AFP ses craintes de magouilles et de fraude partout en Haïti.
Edmond Mulet, le chef de la mission de l’ONU en Haïti (Minustah) a reconnu en conférence de presse la semaine dernière qu’il y aurait « des dérapages et des magouilles »
Mirlande Manigat, candidate à la présidentielle dit se préparer à « des fraudes massives », avec des bureaux de vote « pas prévus » gérés par les partisans d’un candidat rival et des faux bulletins de vote « en extra »…
A ces faits, s’ajouteront les actes d’intimidations et de violences qui viendront sans aucun doute appuyer ces magouilles afin d’en assurer l’efficacité. Sans oublier comme à chaque élection, les traditionnelles fraude aux urnes, leurs destructions ou disparitions mystérieuses… Nous sommes loin des ces élections transparentes, honnêtes, inclusives et démocratiques, promises par les officiels de toutes origines, à une population qui voudrait tant y croire, mais qui ne se fait guère d’illusions.

 

Comprendre l’épidémie de choléra en Haïti

Par LEXPRESS.fr, publié le 26/11/2010 à 11:07

Comprendre l'épidémie de choléra en Haïti

Combustion des déchets dans le centre-ville de Port-au-Prince le 23 novembre 2010. L’épidémie en Haïti de choléra se propage plus rapidement que prévu et est susceptible d’entraîner des centaines de milliers de cas. Elle pourrait durer jusqu’à un an, selon un haut fonctionnaire des Nations Unies.  

REUTERS/Eduardo Munoz

L’épidémie de choléra a fait plus de 1500 victimes dans l’île. LEXPRESS.fr fait le point sur les causes et les développements de ce fléau.

Qu’est-ce que le choléra?

Le choléra est une infection entérique aiguë provoquée par l’ingestion d’une bactérie, le bacille Vibrio cholerae lors d’une contamination fécale des aliments ou de l’eau explique l’Organisation mondiale de la santé (OMS).  

La maladie qui se développe faute d’accès à une eau salubre, peut être aggravée par les catastrophes, qui détruisent les infrastructures. Rony Brauman, ancien président de Médecin sans frontières, interrogé par France Info, nuance cette donnée: une flambée épidémique a bien eu lieu au Pakistan après les inondations de l’été dernier, mais elle n’a pas été plus virulente que l’épidémie précédente qui n’avait pas coïncidé avec une catastrophe naturelle.  

D’où vient la maladie et où la trouve-t-on?

Le choléra s’est répandu au 19ème siècle, dans le monde entier à partir de son réservoir d’origine, dans le delta du Gange en Inde.  

Selon les estimations de l’OMS, il y a chaque année 3 à 5 millions de cas de choléra dans le monde, avec 100 000 à 120 000 décès. L’Afrique est le continent le plus touché. Le taux global de létalité est de 2,3%, pour l’année 2007, mais a atteint jusqu’à 35% parmi les groupes vulnérables résidant dans des zones à haut risque de choléra indique l’Institut Pasteur. Pour Rony Brauman, le choléra n’est cependant pas un fléau majeur comme le sont le sida, la tuberculose ou le padulisme. Le traitement est en effet simple à condition que les mesures thérapeutiques soient prises à temps. 

Combien de victimes en Haïti?

En Haïti, le choléra a fait plus de 1500 morts. Le nombre de cas pourrait doubler d’ici douze mois pour atteindre 400 000, selon le Dr Jon Andrus, directeur adjoint de l’OPS, émanation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 

Quels sont les symptômes?

Après une période d’incubation, qui va de deux heures à cinq jours, le malade est atteint de diarrhées aiguës qui peuvent entraîner la mort en quelques heures. Les pertes d’eau et d’électrolytes peuvent atteindre 15 litres par jour.  

Les personnes atteintes par le bacille ne développent pas toutes la maladie mais le vibrion, qui reste présent dans leurs selles pendant sept à 14 jours, éliminé dans l’environnement, peut infecter d’autres personnes. Une partie des malades n’est confrontée qu’à des symptômes bénins. Seules 20% des personnes touchées connaissent des diarrhées aqueuses sévères accompagnées de déshydratation.  

Comprendre l'épidémie de choléra en Haïti

REUTERS/ Eduardo Munoz

Pris en charge suffisamment tôt, la maladie peut être facilement traitée par réhydratation, orale dans les cas les plus simples ou en intraveineuse pour les cas sévères.  

Quels soins pour les malades?

Pris en charge suffisamment tôt, la maladie peut être facilement traitée par réhydratation, orale dans les cas les plus simples ou en intraveineuse pour les cas sévères. « Tout cholérique parvenu à temps dans un centre de traitement équipé doit en sortir guéri au 3e jour » indique le site Médecine tropicale.  

Quelle est la particularité de la flambée de choléra en Haïti?

L’apparition de la maladie a été confirmée le 22 octobre par le ministre haïtien de la Santé, qui a précisé qu’il s’agissait d’une souche « O1″ de choléra, le « type le plus dangereux ». La bactérie est similaire à des souches trouvées en Asie, ont indiqué des analyses de laboratoires publics américains, selon un communiqué publié le 1er novembre. La souche de la maladie a d’abord été localisée dans le département de l’Artibonite et dans le fleuve du même nom qui traverse la région, qui a connu un afflux de réfugiés, vivant dans des conditions d’hygiène précaires, après le séisme dévastateur du 12 janvier.  

Selon le docteur français Gérard Chevallier, qui travaille avec le professeur français Renaud Piarroux, épidémiologiste spécialiste du choléra, pour conseiller le ministère de la santé haïtien, « la mécanique épidémique est inhabituelle, rapide et sévère », et « comme toujours dans ce type d’épidémie », les bilans des autorités haïtiennes sont « sous-évalués ». « Les notifications sont imparfaites, il y a des zones où des personnes meurent et personne ne le sait » affirme-t-il en précisant que les « deux tiers du territoire ne sont accessibles qu’à pied ». 

La vaccination peut-elle être une solution?

Son utilisation n’est pas recommandée par l’OMS en cas de flambée de choléra en raison de la complexité de son emploi et de son coût. Il faut en effet administrer deux doses à 15 jours d’intervalle, ce qui n’apporte qu’une protection différée. Une campagne de vaccination en Haïti nécessiterait d’importantes infrastructures et « trois fois 12 millions de doses » explique Gérard Chevallier. « Cela prendrait des mois avant d’avoir des résultats et retarderait la réponse sanitaire » précise-t-il. 

Comprendre l'épidémie de choléra en Haïti

REUTERS/Allison Shelley

Plusieurs centaines de jeunes ont pris pour cible des soldats de l’ONU dans le centre de Port-au-Prince, les accusant d’être à l’origine de l’épidémie.  

Pourquoi la population s’en est-elle prise aux forces de l’ONU?

Depuis le 16 novembre, des affrontements ont éclaté après la mise en cause des Casques bleus, accusés de propager le choléra. La petite ville de Mirebalais qui abrite une base de Casques bleus népalais aurait été une des premières touchées par la bactérie du choléra, fléau inconnu jusqu’alors dans le pays. En outre, le type choléra qui vient de se développer est de la même souche que celle qui sévissait au Népal il y a quelques mois.  

Les latrines de la base étaient à proximité d’un affluent de l’Artibonite, et la majorité des premiers malades recensés vit en aval du fleuve. Selon un scénario juge crédible par les initiés, la responsabilité incomberait pour l’essentiel à l’entreprise chargée de vidanger les fosses septiques de la base népalaise. Ses agents ont pu, si l’on en croit cette thèse, déverser dans la rivière Artibonite des déjections infectées. Mais un épidémiologiste interrogé par L’Express, la traçabilité du vibrion est aléatoire. Il peut avoir voyagé depuis des décennies, frappant l’Amérique latine ou l’Afrique avant d’accoster dans les Caraïbes (Lire La colère et le choléra). mais c’est surtout la mécanisme du bouc émissaire qui à l’oeuvre dans ce pays frappé de tant de malheurs

 

LIBERATION – 26/11/2010 à 15h27

Haïti: Jude Célestin, candidat du pouvoir et outsider de la présidentielle

A trois jours du scrutin, le poulain de l’actuel président René Préval, en retard dans les sondages, donne un dernier coup de collier à sa campagne.

Par FABRICE ROUSSELOT

Des supporteurs du candidat Jude Célestin, le 25 novembre 2010 à Port-au-Prince.

Des supporteurs du candidat Jude Célestin, le 25 novembre 2010 à Port-au-Prince.

AFP / Thony Belizaire /

Les deux avions passent et repassent dans le ciel de Port-au-Prince et lâchent leurs nuages de tracts. Les gamins courent dans tous les sens et s’arrachent les morceaux de papier jaune et vert marqués du numéro 10. Le message est assez simple: «Jude Célestin prezidan». Tout autour, la foule a commencé à se rassembler à l’intersection de la route de Delmas et de l’avenue Martin Luther King.

Le candidat du pouvoir, choisi par le président René Préval, a installé un immense podium qui bouche toute la circulation. «C’est lui le meilleur, c’est lui qui va gagner», hurle une jeune fille en transe qui se déchanche au son du kompa, la musique traditionnelle haïtienne. Ce qui est sûr, c’est que Jude Celestin a décidé de mettre le paquet dans les dernières heures de la campagne présidentielle.

Loin derrière la favorite, Mirlande Manigat

Personne ne s’attendait à voir cet ingénieur bâtisseur de routes sans expérience politique arpenter le pays pour prendre la tête de l’Etat. Mais à la surprise générale, l’actuel Président René Préval, qui ne pouvait plus se présenter après ses deux mandats, en a fait son poulain officiel. Peut-être, disent certains Haïtiens, parce que Célestin est le fiancé de sa fille. Une façon de garder éventuellement la main sur le pouvoir, alors que Préval a déjà laissé entendre qu’il  serait intéressé par un éventuel poste de Premier ministre, «à la Poutine».

L’appui de Préval semble pourtant avoir été un handicap pour le candidat Célestin. Depuis des mois, surtout après le tremblement de terre du 12 janvier, le Président est vivement critiqué pour son incompétence et son incapacité à gérer la crise. Préval a été également surpris par l’épidémie de choléra, et a mis plusieurs jours à réagir.

Du coup, Jude Célestin est à plus de huit points dans les sondages, loin derrière la favorite, Mirlande Manigat. Dans un pays toutefois où la fraude est partie intégrante de la vie politique, Célestin, qui refuse de parler à la presse, pourrait bien se retrouver au second tour. Et tous les scénarios politiques sont ouverts.

«Les numéros 10 sont les meilleurs!»

Célestin n’a pas de programme particulier mais promet à chacun de ses meetings de «continuer à aider le pays sur tous les fronts». Pendant trois heures, ils sont des milliers à danser et à chanter. Sur le podium, un homme part dans les comparaisons footballistiques et assure  que «c’est bien pour le numéro 10 (il y a dix-huit candidats) qu’il faut voter». «Vous les connaissez les numéros 10, ce sont les meilleurs, lâche-t-il, il y a Maradona, il y a Messi». A l’évidence, le candidat n’a pas choisi les couleurs jaune et verte de l’équipe nationale brésilienne au hasard…

Vers cinq heures et demie, Jude Célestin monte enfin sur le podium. Plus de trois heures après le début du meeting. Il ne parlera pas plus  de dix minutes. Un discours qui n’en est pas un, juste des promesses sur le choléra, l’économie et le retour de l’emploi.

 

Une odeur de fraude règne en Haïti

Une femme marche devant une affiche de Jude... (Photo: Reuters)

Une femme marche devant une affiche de Jude Célestin, à Port-au-Prince.

Photo: Reuters

Agnès Gruda, envoyée spéciale
La Presse / 26 novembre 2010

(Haïti) À la sortie du bureau de Nawoon Marcellus, candidat au Sénat pour le parti INITE du président sortant René Préval, des femmes jouent les groupies en scandant «Chico,Chico!»

Leur joie exubérante tranche avec les mines patibulaires de la vingtaine d’hommes qui ont assisté à notre rencontre avec un des politiciens les plus en vue au Cap-Haïtien, deuxième ville du pays.

«Il va nous sauver, il va nous rendre riches», crie une des femmes, Yvenie, en frappant dans ses mains. Une de ses compagnes ouvre son sac à main, à l’intérieur duquel nous avons la surprise d’apercevoir une bonne cinquantaine de cartes d’identité indispensables pour aller voter le 28 novembre.

«Nous sommes une association de femmes et tous ces gens sont avec nous!» affirme fièrement la propriétaire du sac, qui ne semble pas consciente du fait que son butin n’est pas tout à fait régulier.

Nawoon Marcellus, un bel homme au sourire à faire craquer le coeur des filles, nous a reçus dans une pièce de la maison familiale qui lui sert de bureau électoral, au centre de la ville. «C’est à l’État et non aux ONG qu’appartient la responsabilité de venir en aide au peuple, notre pays souffre d’une faible structure économique et sociale», a-t-il plaidé avec éloquence.

Mais au-delà de ses beaux discours, cet ancien maire et député est aussi une sorte de roi du département du Nord. Il a ses influences partout. Comme le résume Yvenie, sur un ton admiratif: «Quand on est malade, il nous fait conduire à l’hôpital, quand quelqu’un meurt, il s’occupe des funérailles, et quand quelqu’un est en prison, il s’arrange pour le faire sortir.»

Il faut dire que Nawoon Marcellus a un lourd passé. Selon le Réseau national de défense des droits humains, il s’est fait révoquer son visa américain à cause de soupçons de trafic de drogue. Le même organisme lui reproche d’avoir été mêlé à des actes de vandalisme contre une station de radio, il y a cinq ans.

Un personnage haut en couleur, donc. Mais revenons à ce sac bourré de cartes d’identité. Au cours des derniers jours, nous avons demandé à une bonne dizaine de personnes comment on pouvait interpréter le fait que des partisans d’un candidat se baladent avec des tas de cartes d’identité entre les mains. Tous évoquent un scénario similaire, qui fonctionnerait grosso modo comme suit: certains candidats envoient des émissaires dans les quartiers populaires pour recueillir les cartes électorales, en échange de ce que l’on appelle ici des «avantages». Un peu d’argent. De la nourriture. Des promesses d’aide. Les besoins des électeurs sont sans fond.

Oui, mais pourquoi recueillir les cartes? «Pour empêcher ces gens d’aller voter, ou pour faire voter quelqu’un à leur place», résume le journaliste Cyrus Sibert, du Cap-Haïtien.

Pluie de critiques

Le trafic de cartes? «Oui, j’en ai entendu parler, il y a des rumeurs à ce sujet», reconnaît Jean François Alexis, responsable des communications à l’Office national d’identification (ONI), qui délivre les fameuses cartes, quand on lui parle de notre découverte.

«Vous avez VRAIMENT vu ça? Ah bon… Pourtant la carte, c’est la responsabilité de chaque citoyen», dit-il, stupéfait.

Jean François Alexis ne croit pas qu’il soit facile de faire voter quelqu’un avec une carte qui n’est pas la sienne. Après tout, les cartes d’identité comportent une photo. Et puis, les électeurs qui ont voté doivent tremper leur pouce dans de l’encre. Impossible de voter une deuxième fois.

Encore faut-il que le personnel des bureaux électoraux soit vigilant. Or, au cours des derniers jours, la Commission électorale provisoire, qui supervise le processus électoral, a été la cible d’une tempête de critiques.

Les reproches viennent de partout: le Sud, le Nord, le Plateau central. Dans plusieurs bureaux de scrutin, la Commission aurait modifié les listes de superviseurs, de manière à écarter les représentants des partis de l’opposition et à favoriser les gens proches du régime.

Un exemple: à Miragoâne, au sud-est de Port-au-Prince, des allégations de manipulation des listes de superviseurs ont causé un début d’émeutes, lundi matin. Des hommes ont brûlé des pneus et érigé des barricades pour protester contre la composition du personnel dans quelques bureaux de vote.

Les voix critiques ne viennent pas uniquement de l’extérieur. Dans un coup de théâtre survenu cette semaine, une des membres du Conseil électoral provisoire, Ginette Chérubin, a accusé sa propre organisation d’être à l’origine du traficotage de listes. Elle a eu la surprise de s’apercevoir que la liste définitive de superviseurs pour la région du sud-est du pays ne correspondait pas du tout à celle qu’elle avait déjà en sa possession.

«Je suis choquée», a dit Ginette Chérubin dans une déclaration à la radio. Selon elle, la nouvelle liste émane de la Commission électorale elle-même, un organisme qui s’est souvent fait accuser de marcher main dans la main avec le pouvoir.

«Nous favorisons les critères de performance, d’ancienneté et de proximité du bureau de vote», explique le porte-parole de la Commission électorale, Richardson Dumel, quand on lui demande de commenter les allégations de fraude.

Selon lui, les superviseurs sont choisis parmi ceux qui ont exercé ce rôle lors d’élections précédentes. Quant à ceux qui ont été écartés, ils avaient des «rapports disciplinaires défavorables», assure-t-il. Ce qui ne l’empêche pas d’admettre qu’il y a «de faux bulletins et de faux procès verbaux en circulation». Où? Combien? Il ne le sait pas.

Le directeur du registre national, Philippe Augustin, est plus précis: il s’attend à ce qu’il y ait «de la fraude partout», selon une déclaration faite cette semaine.

La fraude électorale est endémique en Haïti. «Chez nous, c’est surtout lors du décompte des votes que cela se passe», explique Frantz Duval, rédacteur en chef du principal quotidien de Port-au-Prince, Le Nouvelliste. D’où l’importance de contrôler le personnel électoral.

Chaque jour apporte son lot de nouvelles troublantes. Mardi, la radio Kiskeya révélait l’existence de deux listes électorales. L’une émane de l’Office d’identification nationale, l’autre du Conseil électoral provisoire. La seconde compterait 71 039 électeurs de plus que la première. D’où vient cet écart? Mystère.

Élection ou sélection?

Tous ces incidents n’empêchent pas le chef de la mission de l’ONU en Haïti, Edmond Mulet, d’assurer que tout se passe très bien. «Le climat est apaisé, tranquille, serein et sans violence dans les circonstances haïtiennes», a-t-il assuré en conférence de presse hier.

Pourtant, dans la rue, cet optimisme est inexistant. Et les soupçons de fraude font monter la tension, à la veille d’un vote où le régime du président René Préval se sent menacé. Ils alimentent aussi le scepticisme des électeurs, qui sont nombreux à résumer le processus électoral par un seul mot: magouille.

«Notre pays est entre les mains de gens immoraux», dénonce Jean Pierre Frécher, organisateur communautaire dans le quartier Carrefour Feuilles, un des plus ravagés par le séisme du 12 janvier.

«Beaucoup d’argent est gaspillé pour que Jude Célestin (le candidat appuyé par le régime) gagne les élections, et pendant ce temps, la population n’a rien», déplore-t-il.

Mêmes commentaires à la «Faculté libre», une petite place aménagée sous un arbre d’acajou, en plein camp de déplacés du Champ-de-Mars, où des hommes ont l’habitude de se rassembler pour discuter. Le jour de notre passage, le scrutin de dimanche ne leur inspirait rien de bon: «Les élections, c’est une perte de temps, de la magouille.»

À la faculté des sciences humaines de l’Université d’État d’Haïti, les étudiants sont tout aussi désabusés. «La politique traditionnelle est totalement corrompue», dénonce l’un d’entre eux.

Pour résumer les choses, Jean Pierre Frécher lance une phrase que l’on entend beaucoup ces jours-ci en Haïti: «Ce n’est pas une élection, mais une sélection!

 

Haïti: trois heures de fête et 10 minutes de discours au meeting de Célestin

AFP / 26 novembre 2010 03h38 / PORT-AU-PRINCE – Trois heures et demie de chanson, de danse, de fête, d’alcool. Et dix minutes de discours politique. Jude Célestin, le candidat du pouvoir, tenait jeudi un meeting à Port-au-Prince devant des dizaines de milliers d’Haïtiens, à trois jours de l’élection présidentielle.

L’ingénieur placé à la tête de l’organisme chargé de la reconstruction du pays après le séisme du 12 janvier, a été choisi par le président sortant, René Préval, pour défendre les couleurs d’Inite (Unité). Il est, avec l’ex-Première dame d’Haïti Mirlande Manigat, l’un des favoris du scrutin de dimanche.

L’estrade en bois est installée à « Carrefour aéroport », un grand croisement de la capitale. Dessus, un DJ, un orchestre et deux animateurs qui alpaguent la foule. Devant, des milliers de partisans chauffés à blancs, dont beaucoup arborent un tee-shirt aux couleurs jaune et verte du parti Inite.

Certains tiennent un petit verre en plastique rempli de Tafia, l’alcool local. Il y a des odeurs de marijuana. On s’empoigne pour monter à la tribune. Dans le ciel, un hélicoptère jaune et vert d’Inite fait des ronds dans l’air. La sono crache des rythmes sacadés à tout berzingue. Des filles dansent.

Petites lunettes et polo vert, Bej Danda, un fonctionnaire de 31 ans, regarde la foule grossir. « Jude Célestin est un ingénieur. Ca va nous faire du bien. Il construit des routes dans tout le pays. Des routes, des écoles, c’est ça qui va sauver Haïti », dit-il d’un ton posé qui contraste avec la ferveur.

Sur scène, le chanteur star Fredo, chauffe la foule. Entre deux morceaux, les animateurs prennent la parole. « Il ne va pas y avoir de coup d’Etat cette fois, le peuple va voter n°10″, dit l’un d’eux en faisant référence au numéro qui ornera les bulletins de vote « Célestin ».

« Voilà c’est ça les sondages », crie-t-il dans le micro en montrant la foule, alors qu’une nouvelle enquête d’opinion, diffusée jeudi, place Mirlande Manigat en tête des intentions de vote.

Le hit qui entraîne la foule, c’est « prisonnier fédéral », le tube de Blaise one, un ancien prisonnier, qui dénonce les conditions de vies dans les prisons d’Haïti, ce pays où trois-quart des détenus sont en attente d’un procès.

Dans cette marée humaine, un homme tient une photo d’Aristide, l’ancien président condamné à l’exil: « je ne la quitte jamais ». Des policiers se filment avec le meeting en arrière plan. Comme la place n’a pas été fermée à la circulation, bus et voitures se fraient difficilement un chemin.

De petits mouvements de foule rythment ce concert-meeting. A cause de débuts de bagarre, de courses poursuites avec les policiers, d’interpellations musclées: un jeune à la nuque en sang est jeté dans un fourgon de la police.

Puis Jude Célestin est annoncé dans une avenue qui donne sur la place. Nouveau mouvement de foule. L’homme est ballotté. Il saisit les mains sans voir les visages, tente de ne pas tomber, garde son sourire. Il est porté par la foule.

Après trois heures et demie de fête, le public applaudit pour la première fois: Célestin va parler. « On va gagner parce qu’on est les plus forts », lance-t-il au bord de la tribune, au milieu de ses supporters. « Personne ne peut réunir autant de monde. Jamais », dit-il.

Education, prison, choléra, sont évoqués en quelques secondes. C’est quand il promet des emplois aux jeunes que tout le monde applaudit.

Dix minutes après avoir commencé, il s’arrête. Fin du meeting. La foule se disperse dans une pagaille généralisée. Un camion aux couleurs de la marque de beurre « Président » traverse par hasard la place. A croire, comme l’assurent ses adversaires, que Jude Célestin contrôle vraiment tout.

 

Haïti – Insécurité : Hold-up à Lalue, 2 morts
HAITI LIBRE – 25/11/2010 19:26:12

Haïti - Insécurité : Hold-up à Lalue, 2 mortsDeux personnes ont été tuées ce jeudi lors d’un hold up dans une succursale de la SogeXpress, dans le quartier de Lalue.
Un groupe d’individus armés a attaqué la succursale non sans difficultés. Une fusillade à éclaté entre les agents de sécurité et les bandits, semant la panique dans la zone, au moment où de nombreux élèves quittaient l’école. 2 personnes ont été tué dans la fusillade, un élève et un passant d’après nos informations.
Des témoignages confus, de l’attaque meurtrière rapportent qu’il y aurait plusieurs blessés, sans autre précision. Les bandits ont réussit à s’emparer de la caisse et à s’enfuir, ont confirmé les responsables de la SogeXpress.

 

Le choléra: pourtant si facile à combattre

Agence Science-Presse, le 26 novembre 2010, 9h48

(Agence Science-Presse) Pas assez de lits, pas assez de médecins, pas assez d’hygiène. Pourtant, la science sait presque tout du choléra : elle sait comment le combattre et comment limiter sa progression dans une population. Le problème en Haïti, n’est pas un déficit de connaissances.

La bactérie tellement connue.

Cliquer sur la photo pour voir plus d’images

La bactérie tellement connue. Carte interactive de la progression de l'épidémie (new.paho.org). Au début de la semaine du 21 novembre, la moitié des morts (621) était dans la région de l'Artibonite (au centre).

Témoignage de David Olson, Médecins sans frontières en Haïti (Cholera Epidemics, dans PLOS Medicine, 23 novembre)

Témoignage du président de l’ONG InterAction (Rebuilding Haiti in the time of Cholera, 23 novembre)

Opinion du journaliste aux affaires étrangères Brian Stewart (How naive to have thought we might have done some good, CBC, 24 novembre)

Quelques faits
Le choléra est causé par une bactérie, Vibrio cholerae, qui se propage par de l’eau entrée en contact avec les matières fécales d’une personne contaminée.

80% des cas de choléra sont « légers » ou « modérés », ce qui contribue à la propagation de la bactérie : la plupart des gens en ont été porteurs sans le savoir —ou, dans l’état de désorganisation en Haïti, ne sont pas allés se faire soigner.

Le 20% restant se caractérise par une rapide déshydratation qui peut tuer en quelques heures, si personne n’est là pour réhydrater le malade.

Est-ce qu’un vaccin contre le choléra aurait aidé Haïti? (Nature, 23 novembre)

Le choléra sévit en Asie et en Afrique. Il n’y a pas eu de cas de choléra en Haïti depuis plus d’un siècle, et dans l’ensemble de l’Amérique latine, la seule pandémie de tout le 20e siècle, a eu lieu au Pérou, en 1991.

Les chiffres officiels grossissent sans cesse depuis le 21 octobre : 500 morts, un millier, 1500… Et les épidémiologistes répètent à l’unisson que le pire pourrait être à venir. Selon l’estimation du coordonnateur humanitaire de l’ONU en Haïti, Nigel Fisher, le 24 novembre : peut-être 200 000 malades d’ici la fin de l’année, 425 000 d’ici six mois, avec le sommet de la courbe qui serait atteint autour de Noël.

Parce que la bactérie responsable du choléra bénéficie depuis un mois des conditions idéales : de l’eau contaminée, côtoyant une population très nombreuse, vivant dans des conditions d’hygiène déplorables, avec un système immunitaire affaibli.

Rien de tout cela n’est nouveau pour un médecin : la bactérie responsable du choléra a été identifiée pour la première fois en 1854, puis confirmée en 1884. Dès le début du 20e siècle en Inde, on démontre qu’on peut réduire considérablement le taux de décès (de 60 à 30%) en réhydratant les patients par intraveineuse. Parallèlement, on constate qu’il est possible de décontaminer l’eau avec du javellisant. Aujourd’hui, en Asie, on réduit le taux de mortalité à moins de 1%. En ce moment en Haïti, les estimations, très incertaines, donnent des taux de mortalité variant entre 5 et 10%; il est possible que les violences des derniers jours aient empiré la situation, en retardant l’arrivée d’une partie de l’aide humanitaire, ou en empêchant des malades de se rendre jusqu’aux centres de soins.

Par ailleurs, on sait tout du mode de transmission de la bactérie : elle se propage par les matières fécales —et de là, par l’eau contaminée— et tous les services médicaux de la planète qui ont été confrontés à une telle épidémie savent que d’isoler la population touchée, ou isoler les sources de contamination, ou les deux, permet presque infailliblement de mettre fin à la progression de l’épidémie. Dans les mots du Dr Unni Krishnan, coordonnateur de l’ONG Plan International :

Combattre [le choléra] n’est pas de la grande science. C’est une maladie facile à prévenir et la plupart des gens récupéreront parfaitement, si on les réhydrate simplement et rapidement, en plus d’un traitement dans les cas critiques.

Mais comment isoler près d’un million de personnes entassées dans 1300 camps de fortune, sans toilettes ni égouts dignes de ce nom, la science ne dit rien là-dessus.

 

Haïti – Épidémie :

 Merci à l’Espagne
HAITI LIBRE – 26/11/2010 11:09:59

Haïti - Épidémie : Merci à l’EspagneL’Ambassadeur d’Espagne en Haïti, Monsieur Juan Fernández Trigo, a reçu ce matin à 9:30 du matin, heure locale, à l’aéroport International Toussaint Louverture, un nouvel envoi de 39 tonnes de matériel sanitaire destiné aux personnes touchées par l’épidémie de choléra en Haïti, et en vue de limiter sa propagation. Était présent la Coordonnatrice Générale du Bureau Technique de Coopération de l’Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AECID), Madame Carmen Rodriguez, et des représentants des ONGS avec lesquelles l’AECID travaille sur le terrain.
Cette cargaison, de 37 tonnes est composée de sérums, de sels de réhydratation et des sets d’infusion universels, qui seront livrés à l’ONG Médecins sans Frontières en Haïti, pour le traitement de patients touchés par le choléra. Les deux autres tonnes sont composées de motopompes et de réservoirs de stockage d’eau, entre autres. Ce matériel servira pour les actions liées à l’eau et l’assainissement, effectuées par la Croix Rouge Espagnole en guise de prévention de la maladie.
En rajoutant la cargaison d’aujourd’hui, l’Espagne a envoyé au total 90 tonnes de matériel à Haïti : précédemment, sont arrivés trois envois aériens de plus de 34 tonnes de médicaments essentiels pour le traitement de la maladie ainsi que le matériel de potabilisation d’eau ; un envoi maritime a été effectué le week-end dernier depuis le Port de Tarragone avec 17 tonnes de sérum.
L’activation précoce du Fonds Espagne (OPS), a permis à l’Organisation Mondiale de la Santé de mettre en place, dans les premières heures, des équipes d’attention et de diagnostic dans le pays face aux premiers signes de l’épidémie.
De plus, à travers le Fonds d’Urgence que le Fonds de Coopération pour l’Eau et l’Assainissement de l’AECID (FCAS, son acronyme en espagnol) a mis à la disposition de la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA) d’Haïti, une livraison de 99.5 millions de pastilles de potabilisation qui couvriront les nécessités d’eau chlorée de plus de deux millions de personnes a déjà été effectuée. A ceci s’ajoute l’approvisionnement de 7.8 tonnes de HTH (chlore en poudre), 43,810 cartons de savon et 2,200 kg de sels de réhydratation orale. Récemment, l’AECID et la Banque Interaméricaine de Développement (BID) ont décidé d’étendre le Fonds d’Urgence pour l’achat 80 millions de pastilles de potabilisation supplémentaires. Ils ont également décidé de promouvoir la potabilisation massive de l’eau dans le pays.

 

Jimmy Jean-Louis : il nous parle de son documentaire sur Haïti

PREMIERE.FR / 2010-11-26

 EXCLU - Jimmy Jean-Louis : il nous parle de son documentaire sur Haïti Visual

Le comédien Jimmy Jean-Louis a présenté au Festival international du film d’environnement 15 minutes de son documentaire sur le tremblement de terre à Haïti.

Le 28ème Festival international du film d’environnement est en train de se dérouler au cinéma La Pagode (57 rue de Babylone, Paris 7ème), jusqu’au 30 novembre. A cette occasion, le comédien Jimmy Jean-Louis (qui joue le Haïtien dans Heroes) présentait hier, jeudi 25 novembre, 15 minutes de son documentaire, Haïti 16h53, actuellement en montage, en exclusivité.

En janvier 2010, Jimmy Jean-Louis était en train d’être filmé pour un documentaire lorsqu’il a appris la nouvelle du tremblement de terre. Il a aussitôt embarqué son cameraman pour se rendre dans son pays natal. Depuis, Jean-Louis a ramené des centaines d’heures de rushes, parfois insoutenables (des piles de corps brûlés en pleine rue), et est en train de mettre la touche finale au montage de son documentaire. Le bilan du tremblement de terre s’élève à plus de 220 000 morts, sans compter les blessés et les sans abri.

A l’issue de la projection, le comédien a pu répondre aux questions du public, et s’est interrogé avec les spectateurs sur l’état actuel de l’aide humanitaire envers Haïti, qui est en train de subir une épidémie de choléra. « Où est passé l’argent des dons ? Si vous avez donné, posez des questions, demandez où est passée l’aide aux ONG… » Il a également rappelé assez justement que « les problèmes d’Haïti ne commencent pas en janvier 2010″. Et a signalé que l’acteur Sean Penn se trouve toujours sur place, et fait selon lui « un travail extraordinaire ». L’engagement de Jimmy Jean-Louis envers son pays natal s’était déjà concrétisé avec la création de sa fondation« Hollywood Unites for Haiti ».

Premiere.fr a pu l’interroger à la sortie de la projection.

Tu étais à Haïti tout de suite après la catastrophe. L’idée de faire un documentaire t’est venue quand ?

J’avais déjà une caméra qui me suivait parce que j’avais quelqu’un qui voulait faire un documentaire sur moi, le cameraman Josh Ready. C’est lui qui a fait les premières images. Après, Matt Shaper, un autre cameraman nous a rejoints, et à eux deux, ils ont fait tous les plans.

Tu n’as pas tenu la caméra ?

Non, j’ai aussi filmé, j’ai fait pas mal de plans avec une petite caméra flip. On a énormément de rushes. J’étais aussi là pour avoir l’oeil, pour communiquer avec les gens, comme je parle français et créole, c’était plus facile, alors que Josh et Matt ne parlaient qu’anglais.

Qu’est-ce que tu penses de l’état actuel de l’aide internationale ? Tu penses que ton film peut servir à relancer les choses ?

Il faut garder espoir. L’espoir, c’est de continuer à faire partager ce qui s’est passé là-bas. C’est l’une des plus grosses catastrophes de l’histoire. il faut continuer à sensibiliser le public, faire savoir que des gens vivent dans des conditions lamentables. L’aide doit continuer, durer des années, et pas un mois ou un an.

Haïti 16h53 sera fini quand ?

J’aimerais qu’il soit prêt dans un mois, au cas où le Festival de Sundance décide de l’accepter. Sinon, je suis toujours à la recherche d’un distributeur, ça serait bien de le sortir en 2011.

Retrouvez toutes les infos sur la programmation du Festival (l’entrée est gratuite) sur le site officiel .

 

Haïti-Élections/Reconstruction : Les limites du modèle américain

ALTERPRESSE / vendredi 26 novembre 2010

Enquête

Dans le cadre du partenariat médiatique « Ayiti Je Kale »*, dont AlterPresse fait partie

P-au-P., 25 nov. 2010 [Ayiti Je Kale / AlterPresse] — La somme que les gouvernements dépensent en moyenne pour les élections varie entre un dollar américain par électeur, dans les pays qui ont une grande expérience électorale, et 45 dollars américains par électeur dans les pays en « transition » comme le Cambodge.

En Haïti le processus de 2005 a coûté entre 49 millions et 70 millions de dollars… les chiffres varient suivant les sources consultées. Cela signifie en tout cas que ce processus a coûté jusqu’à 30 dollars américains par électeur, suivant l’un des rapports.

Les Sénatoriales de 2009 ont couté 16 millions de dollars, selon ce que rapporte la presse.

Le budget des élections de 2010 est de 29 millions de dollars américains. La majorité de ce montant provient de bailleurs étrangers. Selon un rapport, la mission conjointe d’observation OEA/CARICOM, qui comptera 100 observateurs en Haïti le jour du scrutin, coute 5,3 millions de dollars.

D’après les medias, 7 des 29 millions de dollars le financement des joutes du 28 novembre proviennent du trésor public. Près d’un million de dollars américains de cette somme est allé aux candidats à la présidence, parce que chaque candidat approuvé par le CEP a reçu 50 000 dollars.

Mais considérant les dépenses effectuées pour la propagande électorale ( affiches, annonces à la radio et la télévision) et tous les déplacements effectués par les candidats, beaucoup d’entre eux ont dépensé plus de 50 000 dollars. Cela signifie que les élus, le président, ne représenteront pas ceux qui les auront choisis, comme l’a expliqué Anselme Rémy, ancien président du Conseil Électoral Provisoire (CEP).

Les élections en Haïti « coutent de plus en plus d’argent », a admis Granderson, qui souligne « la dimension américaine avec les posters ». Mais, ajoute-t-il, « nous avons des élections avec des candidats très peu connus. Comment donc les faire connaitre ? »

Haïti serait-elle en voie d’adopter le système américain où c’est l’argent qui domine ? Depuis 30 ans, Washington travaille à cet effet.

Outre l’argent alloué au processus formel – enregistrement des électeurs, bureaux de vote, centre de tabulation et financement de la campagne des candidats – les gouvernements étrangers et les agences internationales, spécialement les américains, dépensent plusieurs millions de dollars dans « l’éducation » politique et la construction de partis politiques depuis 1987.

La France, le Canada et surtout les Etats-Unis ainsi que ses organisations partenaires- comme l’Institut National Démocratique(NDI), l’Institut National Républicain (IRI) et le Fonds National Pour la Démocratie (NED), de même que plusieurs autres agences – ont alloué plusieurs millions de dollars à la promotion de la démocratie. Leur site Web donne certains détails sur leurs programmes récents, mais ils sont insuffisants.

Il y a des cas d’intervention de diplomates américains ou d’autres pays étrangers dans le processus formel. La tentative d’intervention dans les élections de 1990 et le rôle de la CIA dans le coup d’Etat contre Aristide en 1991 sont abordés par plusieurs auteurs.

Remy a vécu une intervention de ce genre alors qu’il était président du CEP en 1995. Le gouvernement américain a exigé que les bulletins de vote soient imprimés en Californie aux Etats-Unis.

« C’était un cas classique d’ingérence étrangère » se souvient-il. « Les Haïtiens s’inquiètent pour l’instant de l’ingérence gouvernemental. L’ingérence du gouvernement haïtien existe elle aussi. Mais…l’ingérence américaine est davantage intolérable ».

Selon lui, l’ancien président des Éats-Unis, Bill Clinton, et d’autres autorités américaines ont fait pression pour l’écarter du CEP. « Ils ont dit qu’ils allaient reconsidérer toute l’aide, toutes les relations entre Haïti et les Etats-Unis », se rappelle t-il. « J’ai analysé le pour et le contre…et je me suis retiré…c’est cela l’ingérence »

Quelle alternative et quels défis ?

Peut-être que les élections suivant le modèle américain et la « démocratie bourgeoise » n’offrent pas à Haïti les réponses qu’elle cherche ?

« 23 ans se sont écoulés depuis le départ de la dictature des Duvalier, et ce sont 23 ans d’instabilité politique. Et même si la conférence de New York (31 mars), même si les bailleurs de fonds ont promis des milliards à Haïti, tant que nous n’avons pas cette stabilité nous ne pourrons pas développer le pays », a déclaré Préval aux journalistes au cours du mois d’Avril de cette année.

Mais Préval s’est pratiquement contredit. Ces 23 ans de « démocratie » n’ont toujours pas conduit à la stabilité et au « développement ». Les élections de 2010 produiront=-elles un résultat différent ?

Selon Rémy la société capitaliste est vouée à l’échec et ne peut apporter que le malheur au peuple haïtien. Il se dit prêt comme, beaucoup d’individus et d’organisations, à appuyer des élections dans le cadre d’une démocratie « réelle » ou une « démocratie populaire ». Pour lui le plus important ce n’est pas seulement le type d’élections ou la qualité des représentants politiques, mais la nécessité de « restructurer la société haïtienne ».

Les élections du 28 novembre auront lieu en dépit de la méfiance de Rémy et de celles de plusieurs organisations populaires et paysannes, ainsi que d’un ensemble de partis politiques et d’acteurs nationaux et internationaux.

Cependant, quels que soient les élus, ils auront à faire face à de grands défis- sans doute les plus grands auxquels le peuple haïtien aura à répondre depuis 1804. Outre une économie en crise qui- comme l’a dit Remy- ne peut offrir rien de plus que ce qu’elle est en train de fournir- la réalité d’Haiti est marquée par :

-  une capitale en ruine,

-  plus d’un million de personnes qui vivent pratiquement dans les rues, sous des tentes et sans logement, plus de 10 mois après le séisme,

-  une situation sanitaire très précaire au moment où une épidémie de choléra frappe sévèrement l’ensemble des régions d’Haiti,

-  plusieurs millions de personnes qui ont besoin de vrais emplois et non de « cash for work », en plus,

-  L’omniprésence d’une série d’acteurs étrangers et d’organisations non gouvernementales qui œuvrent sur le terrain suivant leurs propres intérêts.

Ces défis, entre autres, conditionnent fortement l’avenir d’Haiti. [akj apr 26/11/2010 14:00]

………………

* « Ayiti Kale Je » (http://www.ayitikaleje.org/) est une initiative de partenariat médiatique en vue d’assurer des investigations journalistiques sur la reconstruction d’Haïti suite au séisme dévastateur qui a frappé le pays et fait 300.000 morts et autant de blessés.

Le Groupe Médialternatif est un des partenaires de cette initiative, à travers son agence multimédia AlterPresse (http://www.alterpresse.org/), avec la Société pour l’Animation de la Communication Sociale (SAKS – http://www.saks-haiti.org/). Deux réseaux participent également : le Réseau des Femmes Animatrices des Radios Communautaires Haïtiennes (REFRAKA) et l’Association des Médias Communautaires Haïtiens (AMEKA), qui est composé de stations de radios communautaires à travers le pays.

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