L’ESSENTIEL DE L’ACTUALITE EN HAITI

31 Mar

Point de vue

Vers un nouvel avenir pour Haïti, par Ban Ki-moon

LEMONDE.FR | 31.03.10 | 07h40  •  Mis à jour le 31.03.10 | 12h36

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Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, le 17 janvier à Port-au-Prince. Reuters/STAFF

clip_image002uché sur une colline, le Club de golf de Pétionville surplombe Port-au-Prince et la mer. Ses parcours jadis bien soignés accueillent ces jours-ci près de 50 000 personnes, parmi les quelque 1,2 million qui ont été déplacées par le tremblement de terre et qui se retrouvent entassées dans des tentes ou des appentis en bâche fournis par l’ONU ou des organismes internationaux de secours.

Lorsque je m’y suis rendu la semaine dernière, le soleil brillait. La vie continuait, semble-t-il : les enfants jouaient, les mères faisaient la lessive en plein air. Plusieurs personnes avaient établi des commerces et des marchés informels pour vendre de la nourriture, du charbon de bois, des fruits, des chaussures, du shampooing… Dans la lueur du soleil, on pourrait aisément y voir un signe d’espoir, la vie au milieu des ruines. Mais quand arrivera la pluie, le terrain juché sur une colline escarpée deviendra boueux, dangereux et source de maladie. Pour ceux qui sont coincés dans le camp, l’espoir semblera loin.

Mercredi, les dirigeants du monde se retrouveront au siège de l’ONU à New York, dans le cadre d’une importante conférence des donateurs – expression on ne peut plus tangible de solidarité avec le Gouvernement et le peuple haïtiens. Le Président René Préval la qualifie de "rendez-vous avec l’histoire", un pacte conclu pour construire ce qu’il appelle "un Haïti nouveau", un Haïti transformé. La mission, c’est d’offrir l’espoir – et d’en faire une réalité.

Depuis des semaines, des experts évaluent les besoins engendrés par la catastrophe du 12 janvier et leur coût. Ensemble, le Président Préval et son gouvernement ont élaboré un plan d’action stratégique national devant orienter le relèvement et le développement du pays. Il s’agit à tous égards d’un document visionnaire.

Alors qu’il visitait la capitale dévastée avec l’Envoyé spécial des Nations Unies, l’ancien Président Bill Clinton, un haut responsable haïtien a montré du doigt le Parlement national et le palais présidentiel en ruines. "Nous ne voulons pas les restaurer", a-t-il dit des sites historiques de style colonial effondrés. Il a parlé de les remplacer par quelque chose de complètement nouveau, quelque chose de moderne qui corresponde mieux aux ambitions que se donne Haïti comme pays en développement autonome animé d’un réel espoir de repartir sur de nouvelles bases et de se forger un avenir prospère.

C’est le défi que nous devons relever à New York – non pas reconstruire mais plutôt "construire mieux", pour créer littéralement un Haïti nouveau. Au titre du plan, une nouvelle commission intérimaire pour la reconstruction en Haïti serait chargée d’affecter près de 4 milliards de dollars d’aide à des projets et programmes précis au cours des 18 mois à venir. Dans les 10 prochaines années, on estime qu’Haïti aura besoin d’environ 11,5 milliards de dollars pour se reconstruire.

De toute évidence, l’aide doit être bien dépensée et bien coordonnée. Elle doit permettre de continuer à fournir des secours d’urgence – alimentation, assainissement et, surtout, logement. Jusqu’ici nous avons fourni à 1 million de personnes (soit environ les trois quarts de la population dans le besoin) des tentes et des bâches et nous en distribuerons encore 300 000 au cours des prochaines semaines. Nous disposons désormais aux alentours de Port-au-Prince de plusieurs sites importants où nous pouvons reloger les personnes qui vivent dans des secteurs menacés par les inondations lorsque la saison des pluies commencera vraiment. En attendant, la mission des Nations Unies prend toutes les mesures nécessaires pour maintenir la sécurité et, en particulier, faire que les femmes et les enfants vivant dans les camps soient à l’abri de la violence sexuelle.

À mesure que nous acheminons de l’aide d’urgence à la reconstruction à plus long terme, il faut admettre que nous ne pouvons pas nous contenter de faire comme d’habitude. Notre ambition aujourd’hui c’est de rebâtir le pays de fond en comble. En collaboration avec la communauté internationale, les dirigeants haïtiens s’engagent à conclure un nouveau contrat social avec le peuple. Autrement dit, il faut un gouvernement entièrement démocratique, doté de politiques économiques et sociales judicieuses pour faire face à l’extrême pauvreté et aux disparités profondes en matière de répartition des richesses. Cela signifie aussi qu’il faut des élections libres et régulières, organisées avec l’aide de l’ONU, de préférence avant la fin de l’année.

Ce nouveau contrat social doit autonomiser les femmes – comme chefs de ménage assurant l’entretien de leur famille, comme entrepreneurs créant des entreprises, comme défenseurs des personnes vulnérables, qui exercent tous leurs droits en tant que responsables dans les institutions démocratiques et les organisations d’action civile en constante évolution. Il doit offrir de nouvelles possibilités de promotion économique, et surtout des emplois. Le programme "travail contre rémunération" de l’ONU devrait être un modèle. En fin de compte, seuls les Haïtiens peuvent reconstruire, ou plutôt mieux construire, Haïti.

Les dirigeants haïtiens savent bien que ce nouveau partenariat exige un attachement à la bonne gouvernance, à la transparence et à la responsabilité mutuelle – entre l’administration et les administrés, entre les secteurs public et privé, entre Haïti et la communauté internationale. Il faut donc trouver de nouvelles formules pour faire face aux problèmes de longue date, notamment l’avenir de la capitale haïtienne surpeuplée. Pour qu’Haïti s’épanouisse, il faut que toutes les régions et les villes du pays bénéficient des infrastructures sociales et du développement économique. C’est pourquoi le plan national haïtien prévoit d’importantes ressources pour le relèvement de l’environnement, pour la réforme foncière et pour de nouveaux investissements dans la pêche et l’agriculture.

Dans les prochains jours, les dirigeants du monde se mettront à la hauteur de la situation en épaulant Haïti dans la solidarité – une solidarité qui sera mesurée dans plusieurs années, longtemps après que le choc initial de la catastrophe sera passé. Je suis convaincu qu’ensemble nous pouvons mettre Haïti sur la voie d’un nouvel avenir, très différent. Le travail consistant à bâtir l’avenir promis commence aujourd’hui dans des lieux comme le camp de Pétionville, dans l’immédiat, en mettant les dizaines de milliers de personnes à l’abri. Mais, à vrai dire, nous devons offrir quelque chose de beaucoup moins concret mais d’infiniment plus durable, à savoir l’espoir. Et pour Haïti, l’espoir naît ce mercredi à New York.

Ban Ki-moon est secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies

 

Haïti-USA-Conférence

Haïti aura plus d’aide, si la gestion est bonne, promet Washington

Cheryl Mills, chef de cabinet de la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton, invite le gouvernement Préval/Bellerive à donner la preuve de ses capacités

Radio Kiskeya / mardi 30 mars 2010

Les Etats-Unis ont annoncé mardi que la communauté internationale maintiendra un engagement financier à long terme en faveur de la reconstruction d’Haïti si les autorités du pays démontrent leur capacité à bien gérer l’aide.

"Si Haïti est capable de développer le type de leadership et de direction qui est nécessaire et aussi de profiter des opportunités qui s’offrent au pays, je peux prédire que nous tous serons plus enclins à donner davantage", a déclaré lors d’une conférence de presse à New York, Cheryl Mills, chef de cabinet de la Secrétaire d’Etat, Hillary Clinton.

Selon une dépêche d’EF, parlant au nom de l’administration Obama, à la veille du rendez-vous de New York, Mme Mills a réitéré la volonté de Washington de coopérer de façon durable avec le gouvernement haïtien, notamment dans le domaine de la santé, de l’agriculture, de la lutte contre la déforestation et du renforcement de l’état de droit.

"L’objectif est que dans 30 ans, lorsqu’une autre catastrophe naturelle se produira ailleurs, Haïti puisse s’asseoir à la table des pays donateurs", a expliqué la haute fonctionnaire.

Elle a, en outre, insisté sur l’importance du maintien de l’assistance humanitaire d’urgence fournie aux sinistrés du séisme parallèlement au lancement des travaux de reconstruction.

"Nous ne pouvons pas atteindre l’objectif que nous nous sommes fixés si nous n’affrontons pas d’abord les situations d’urgence", a poursuivi Cheryl Mills qui n’a pas voulu préciser si les Etats-Unis seraient prêts à débloquer des fonds pour aider les autorités haïtiennes à faire face à un déficit budgétaire variant entre 250 et 350 millions de dollars pour l’exercice 2009/2010.

"Les Etats-Unis ont des limitations établies concernant la fourniture d’un appui budgétaire direct, pour cette raison nous devons analyser si nous pouvons aider dans la transparence et en utilisant les mécanismes que nous exige le Congrès", a fait savoir la chef de cabinet d’Hillary Clinton.

Elle en a profité pour démentir les rumeurs selon lesquelles des désaccords auraient surgi entre l’administration Obama et le gouvernement Préval/Bellerive sur les mécanismes de transparence proposés pour assurer la supervision de l’utilisation qui sera faite de l’aide internationale à la reconstruction.

Sur un autre front, Cheryl Mills a mis en relief le désengagement progressif des troupes militaires américaines envoyées en Haïti au lendemain du tremblement de terre dévastateur du 12 janvier. Des 20.000 GI’s déployés sur le territoire national et les côtes au plus fort de la crise humanitaire, il n’en restera que 1.500 à la date du 1er mai prochain, a-t-elle relevé.

Une délégation officielle haïtienne conduite par le Président René Préval et le Premier ministre Jean-Max Bellerive tentera d’obtenir mercredi des bailleurs de fonds un montant de 3,8 milliards de dollars, une première tranche jugée indispensable pour permettre au pays de se relever de la catastrophe.

Baptisée "Vers un nouvel avenir pour Haïti", la conférence des donateurs sera ouverte mercredi au siège de l’ONu à New York par la Secrétaire d’Etat Hillary Clinton et le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon.

Le Président René Préval, son Premier ministre Jean-Max Bellerive, le président de la Banque Mondiale, Robert Zoellick, le directeur général du Fonds Monétaire International, Dominique Strauss-Kahn et le président de la Banque interaméricaine de développement (BID), Luis Alberto Moreno, figurent notamment sur la liste des orateurs devant intervenir en présence de représentants de 136 pays.

L’ONU estime à 11,5 milliards de dollars sur dix ans les besoins post-séisme d’Haïti.

 

Conférence des donateurs pour Haïti : Ban appelle à un soutien généreux

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CENTRE D’ACTUALITES DE L’ONU / 31 mars 2010 – A l’ouverture de la Conférence des donateurs pour Haïti qui se déroule mercredi au siège des Nations Unies à New York, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé la communauté internationale à apporter un soutien généreux au plan national stratégique du Président haïtien René Préval destiné à créer un « nouvel Haïti » après le séisme destructeur du 12 janvier.

« Je suis sûr que vous conviendrez qu’il mérite un soutien complet et généreux », a dit M. Ban dans un discours. Ce plan « est concret, précis et par-dessus tout ambitieux. Notre objectif n’est pas de rebâtir. Il s’agit de reconstruire en mieux ».

La Conférence, intitulée "Vers un nouveau futur pour Haïti", réunit également la Secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, l’Envoyé spécial de l’ONU pour Haïti Bill Clinton et le Président haïtien René Préval, ainsi que des représentants de plus de cent pays. Elle est co-présidée par le Brésil, le Canada, l’Union européenne, la France et l’Espagne, les principaux donateurs pour le pays.

Selon les estimations du gouvernement haïtien, le séisme du 12 janvier a fait plus de 200.000 morts et affecté environ 3 millions de personnes, soit un tiers de la population. Il aurait également fait des dégâts estimé à sept milliards de dollars, soit plus de 120% du produit intérieur brut haïtien en 2009. Le pays était déjà le plus pauvre de l’hémisphère occidental avant la catastrophe.

Le plan du gouvernement haïtien pour le relèvement et la reconstruction du pays a besoin de 3,9 milliards de dollars pour financer des projets spécifiques au cours des 18 prochains mois. Au cours des dix prochaines années, la reconstruction d’Haïti nécessitera un total de 11,5 milliards de dollars, a souligné le Secrétaire général.

« Clairement cette assistance doit être bien investie et bien coordonnée. Parallèlement à la reconstruction, elle doit fournir une aide humanitaire d’urgence : nourriture, assainissement, santé, et de façon urgente, des logements », a-t-il ajouté, rappelant que la saison des pluies approchait rapidement et que des camps de personnes déplacées sont menacés par les risques d’inondations.

M. Ban s’est dit également préoccupé par la sécurité dans certains camps, en particulier pour les femmes et les enfants.

Il a appelé à davantage de soutien à l’Appel humanitaire révisé de 1,4 milliard de dollars, qui n’a été financé qu’à hauteur de 50% pour l’instant.

Selon le Secrétaire général, la reconstruction d’Haïti suppose aussi « un gouvernement pleinement démocratique », « des politiques économiques et sociales de lutte contre l’extrême pauvreté », des « programmes qui permettent aux femmes d’assumer pleinement leurs rôles de chefs de famille, de dirigeantes d’entreprise, de décideuses ».

« Ce nouveau partenariat repose sur les principes de la bonne gouvernance, de la transparence, de la responsabilité mutuelle », a-t-il ajouté.

Pour sa part, le Président de l’Assemblée générale de l’ONU, Ali Treki, a exhorté « les représentants des Etats membres, les institutions financières, le secteur privé et les organisations de la société civile à continuer de soutenir les efforts de reconstruction », selon un message transmis par son porte-parole.

 

Haïti : les donateurs se réunissent, l’UE s’engage et le Parlement européen contrôle

PARLEMENT EUROPEEN / Aide humanitaire – 31-03-2010 – 15:21

  • La conférence internationale des donateurs pour Haïti se réunit mercredi 31 mars à New York.
  • 11,5 milliards d’euros seront nécessaires sur trois ans pour reconstruire le pays.
  • L’Union européenne pourrait contribuer à hauteur de 1,2 milliards d’euros.
  • Le Parlement européen souhaite contrôler régulièrement la gestion des fonds européens envoyés sur place.

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Des victimes du tremblement de terre prennent part à une distribution de vivres, le 17 mars à Petionville, en Haïti. ©BELGA_AFP PHOTO_Thony BELIZAIRE

« Il est impératif de reconstruire Haïti en ne reproduisant pas les erreurs passées », explique la députée européenne Michèle Striffler, qui se rend à la conférence internationale sur la reconstruction et l’avenir de ce pays ravagé par un puissant séisme il y a deux mois. Les besoins sont immenses et l’Union européenne mettra la main à la poche. Le Parlement européen, quant à lui, souhaite s’assurer que les fonds seront correctement et efficacement distribués.

Ce mercredi 31 mars se réunissent à New York les principaux pays donateurs pour la reconstruction d’Haïti. Ils devraient débattre de la stratégie de développement à mettre en place dans cette île des Caraïbes. La Haute représentante de l’Union européenne (UE) pour les affaires étrangères, Catherine Ashton, les commissaires européens au développement Andris Piebalgs et à l’aide humanitaire Kristalina Georgieva seront présents, tout comme la députée européenne Michèle Striffler (Parti populaire européen), rapporteur permanent du Parlement européen sur l’aide humanitaire.

La conférence des donateurs sera présidée par les principaux bailleurs de fonds en faveur d’Haïti, au rang desquels figure l’UE. Elle a déjà débloqué 300 millions d’euros pour secourir les populations touchées, auxquels s’ajoutent 100 millions d’euros d’aides pour rétablir les structures de l’Etat haïtien.

Car les besoins sont énormes. Selon Michèle Striffler, qui se base sur le rapport préliminaire rédigé par le gouvernement haïtien avec l’aide de la communauté internationale, 11,5 milliards de dollars seraient ainsi nécessaires au cours des trois prochaines années. Soit une fois et demi le produit intérieur brut (PIB) de cette île qui comptait déjà, avant le séisme, parmi les pays les plus pauvres du monde.

Qu’attendre d’une telle conférence ?

Selon Michèle Striffler, le Parlement européen attend « que les donateurs s’engagent à débloquer les moyens nécessaires sur la durée » et que « l‘UE (Commission européenne et Etats membres) annonce une aide substantielle, à la hauteur des défis actuels pour la reconstruction d’Haïti ». La Haute représentante Catherine Ashton a d’ores et déjà affirmé, le 30 mars, que « l’UE contribuerait pour plus de 1,2 milliard d’euros au processus de reconstruction et de développement ».

Par ailleurs, Michèle Striffler souligne la nécessite de « ne pas reproduire les erreurs passées ». La reconstruction d’Haïti passe ainsi par « l’éradication de la corruption, une bonne gouvernance et un aménagement différent du territoire ».

Comment s’assurer que l’aide arrive jusqu’aux personnes qui en ont besoin?

Il n’est jamais évident de s’assurer que les fonds envoyés sur place sont utilisés de façon optimale. Le Parlement européen prône pour cela une implication de la société civile et des communautés locales dans un système participatif. « Il est essentiel que le gouvernement haïtien et la population haïtienne jouent pleinement leur rôle de leadership dans le processus de coordination et de mise en œuvre de l’agenda de la reconstruction », demande Michèle Striffler.

« La transparence de la gestion des fonds et une évaluation des besoins qui cible les personnes les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants », est nécessaire, selon la Française. Le Parlement européen devrait contrôler, tous les trois mois, la mise en œuvre de l’aide et la gestion des fonds afin de s’en assurer. Les citoyens européens sont en effet en droit de demander la façon dont leur argent est envoyé et dépensé en Haïti.

 

«La Communauté internationale veut changer sa façon de travailler en Haïti »

«La Communauté internationale veut changer sa façon de travailler en Haïti », déclare Edmond Mulet à quelques heures de l’ouverture de la conférence des Nations Unies.

 

RADIO METROPOLE / 31 MARS 2010 – C’est ce 31 mars que se tient la conférence des donateurs pour Haïti au siège des Nations Unies à New York. Lors de cette importante réunion intitulée « Vers un nouveau futur pour Haïti », c’est le financement à long terme du développement d’Haïti qui sera au centre des interventions. À quelques heures de l’ouverture officielle de cette conférence, M. Edmond Mulet, Représentant de Ban Ki–moon se montre confiant quant aux résultats attendus. Notre envoyée spéciale à New York, Nancy Roc, l’a rencontré dans son bureau des Nations Unies. Voici son reportage exclusif.
Haïti n’en est pas à sa première conférence internationale pour financer son développement. Les nombreuses conférences précédentes ont souvent constitué des « montagnes qui ont accouché d’une souris ». En quoi la conférence du 31 mars, intitulée « Vers un nouveau futur pour Haïti » se distinguera-t-elle des autres ? « Maintenant, ce sera vraiment différent », déclare Edmond Mulet. Pour le Représentant de Ban Ki-moon en Haïti, « il y a désormais un plan à moyen et long terme pour le pays, le monde a été secoué par ce qui est arrivé le 12 janvier et la communauté internationale souhaite changer sa façon de travailler en Haïti », déclare-t-il. M. Mulet se dit confiant qu’à la fin de la conférence du 31 mars, Haïti obtiendra les 3.8 milliard de dollars nécessaires au financement du début de son développement.
Pour le Représentant du Secrétaire général de l’ONU en Haïti, il ne faut pas confondre le PDNA (Post Disaster National Assessment) qui a été largement écrit par des institutions étrangères comme la Banque Mondiale, le PNUD etc. et le Plan pour le Relèvement et le développement National (PARDN), rédigé par les autorités haïtiennes et qualifié de plan «visionnaire » par Ban Ki-moon lors d’un entretien au Washington Post, 48h avant l’ouverture de la conférence du 31 mars. C’est bien ce dernier et non le PDNA qui sera présenté aux Nations Unies, selon M. Mulet. Soixante douze heures avant l’ouverture de cette conférence, M. Ban Ki-moon a déclaré au Washington Post, que le plan des autorités haïtiennes était « visionnaire » et que, à travers ce dernier, le gouvernement haïtien s’engageait « avec la Communauté internationale à conclure un nouveau contrat social avec le peuple haïtien ». Comment le Secrétaire général des Nations Unies peut-il parler de « nouveau contrat social avec le peuple », alors même que de nombreux secteurs sociaux, de la société civile à la classe politique, ont été exclus du Plan pour le Relèvement et le développement National (PARDN) ? À cette question, M. Mulet réplique : « à ce que je sache, le premier ministre a convié la société civile il y a quelques jours à l’hôtel Karibe pour partager la vision du PDNA et du PARDN, et la présence et la participation de la société civile n’était pas impressionnante et il n’y avait pas beaucoup de monde. Les invitations ont été faites mais il n’y a pas eu de réponse; alors, qu’on ne vienne pas réclamer qu’on ne partage pas ses idées avec certains groupes lorsque l’on ne s’est pas présenté ! Il en est de même pour le Parlement, avec qui le premier ministre a passé toute la journée de jeudi et de vendredi pour discuter avec les parlementaires. À ce que je sache, il y a eu des efforts assez importants de la part du gouvernement », a souligné M. Mulet. « L’autre problème, était le manque de temps ». a-t-il rappelé. « En effet, certains disaient qu’on pouvait attendre 3 ou 4 mois alors qu’il fallait préparer un plan immédiatement car nous sommes déjà à deux mois et demi du tremblement de terre », a-t-il précisé. Selon Edmond Mulet, le Plan pour le Relèvement et le développement National (PARDN) est un plan « vivant » qui reste ouvert à des améliorations, des ajouts et des revendications des différents secteurs sociaux, au fur et à mesure que les besoins seront établis et chiffrés pour la reconstruction d’Haïti. « Il faut comprendre qu’on ne pouvait pas s’attarder et que l’urgence, ici, était importante aussi », a-t-il conclu.
Selon de très bonnes sources, nous avons appris ces dernières soixante douze heures que le Secrétaire Général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon devrait annoncer ce 31 mars, la désignation officielle d’Edmond Mulet comme Chef de la MINUSTAH pour l’année à venir. Ceci devrait être fait officiellement devant l’Assemblée des Nations Unies. Edmond Mulet sera donc chargé, une nouvelle fois, d’accompagner le gouvernement haïtien dans les débuts de la reconstruction d’Haïti aussi bien que dans l’organisation des prochaines élections générales qui, selon les vœux de Ban Ki-moon, devraient se tenir à la fin de l’année au plus tard.
Nancy Roc, New York le 30 mars 2010.

Ce reportage a été rendu possible grâce au patronage de DIGICEL, du Groupe Rébo-Internégoce, du CONATEL et de NO PIN Long distance.

 

SCANDALE: Vente de l’aide alimentaire d’Haïti à la frontière Dominicaine

RADIO METROPOLE / 31 MARS 2010

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Les autorités dominicaines ont saisie, la semaine dernière, des quantités importantes de vivres données par la communauté internationale aux victimes du séisme en Haïti, marchandises commercialisées sur le territoire dominicain.
The Border Security Specialist Corps (CESFRONT), unité militaire de surveillance des frontières, a révélé qu’une grande quantité de produits alimentaire ont été saisis dans des marchés à Dajabon, ville dominicaine à la frontière d’Haïti.
L’agence militaire rapporte que, tôt hier matin, elle a également confisqué, dans un commerce à Santiago, 3.300 produits alimentaires en conserve dans un commerce tenu par deux haïtiens et un dominicain, qui ont réussi à s’enfuir.
Le CESFRONT a également récupéré sur les marchés frontalier de nombreuses marchandises comme: du pain, des jus de fruits et des bouteilles d’eau provenant de l’aide internationale et destiné aux victimes du tremblement de terre en Haïti. Ces produits étaient revendu par des haïtiens sans scrupules sur le marché dominicain. Une femme, dont la nationalité n’a pas été révélée, est actuellement détenue par les autorités Dominicaine. Le Cesfront a informé la Minustah en Haïti de cette déplorable situation, afin de mettre un terme à ce trafic.
Toutes les marchandises saisies ont été remises aux services des douanes de la République Dominicaine à Dajabon, qui les a acheminée à des organismes religieux et humanitaires en Haïti afin qu’elles soient distribuées à des familles sans-abri et aux nécessiteux, selon le CESFRONT.

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