LUNDI 12 AVRIL 2010

14 Avr

Haïti-élections-post-séisme:élections quand même avant la fin de l’année,dixit Préval
HPN / Posté le 12 avril 2010

Le président semble déterminé à organiser des élections dans le pays avant la fin de son mandat, il souhaite l’expertise de la communauté internationale pour garantir la crédibilité des élections.

M. Préval a indiqué que la tenue des élections avant la fin de son mandat devrait permettre d’harmoniser les dates et échéances constitutionnelles et éviter d’autres crises au pays qui a connu beaucoup de bouleversements politiques.

« Ce serait dommage qu’il n’y ait pas d’élections », a déclaré le président haïtien qui pense toutefois que des élections législatives pourraient ne pas pouvoir se tenir dans certains départements comme l’ouest gravement frappé par le séisme du 12 janvier.

« Mais nous ne devons pas réfléchir en terme de la république de Port-au-Prince et pénaliser le reste du pays », a encore dit M. Préval convaincu que le moment est propice pour organiser les élections.

« Je ne dis pas qu’il faille pour autant organiser ces scrutins en juin ou juillet », mais il est nécessaire de faire les élections pour avoir des autorités légitimes dans le pays, a encore expliqué le président.

M. Préval a dit et répété qu’il partira le 7 février 2011 à la fin de son mandat. C’est un choix raisonnable. C’est mon mot », a-t-il déclaré. Même s’il avait pris ses fonctions en mai 2010, M. Préval a indiqué qu’il souhaitait respecter son engagement de remettre le pouvoir le 7 février en évitant qu’un gouvernement provisoire le remplace.

« La constitution demande qu’un gouvernement provisoire organise des élections en 40 ou 90 jours, alors nous pouvons aussi les organiser en 11 mois », a dit M. Préval qui comprend mal que des personnes se sentent déranger qu’il parle d’élections maintenant.

« Si je n’en parlais pas on m’aurait accusé de vouloir rester au pouvoir », a-t-il soutenu.

M. Préval a également rejeté au micro des journalistes l’idée qu’on lui prête de chercher à prolonger son mandat de 18 mois avec une loi votée à la chambre.

La loi qui doit être sanctionnée mardi au Sénat prévoit la création d’une commission internationale pour la reconstruction et la mise à disposition du gouvernement de fonds estimés à 163 millions de dollars pour gérer l’urgence créé par le séisme.

« La loi répond à une exigence de long terme, donc on a fait une loi de 18 mois. Après cette période cette commission sera remplacée par une autre purement haïtienne », a dit M. Préval.

 

René Préval veut éviter un vide politique à la fin de son mandat

PORT-AU-PRINCE, 12 avr 2010 | Le président haïtien René Préval s’est engagé lundi à organiser des élections générales cette année dans son pays avec l’expertise de la communauté internationale "pour ne pas laisser de vide politique" à la fin de son mandat, a-t-il confié à l’AFP.

"J’ai demandé au secrétaire général de l’ONU d’envoyer une mission de techniciens pour évaluer la possibilité d’avoir des élections avec des standards internationaux et pour qu’elles soient crédibles", a indiqué M. Préval.

Il a toutefois admis que des élections législatives pourraient ne pas avoir lieu dans les régions les plus touchées –dont la capitale– par le séisme du 12 janvier qui a fait plus de 1,3 million de déplacés.

Haïti "a tellement eu de bouleversements politiques que nous sommes en décalage de dates pour tout. Pour permettre la remise en route harmonieuse du temps électoral et du temps constitutionnel, j’ai choisi de partir le 7 février (2011, ndlr) et c’est ma parole", a martelé M. Préval.

"Ce serait dommage qu’il n’y ait pas d’élections au moment de mon départ. Car l’absence d’autorités légitimes pourrait poser des problèmes de confiance non seulement pour la communauté internationale mais aussi pour les investisseurs", a-t-il souligné.

Le président haïtien a assuré vouloir quitter ses fonctions après son mandat de cinq ans pour respecter la Constitution. Il a cependant rappelé qu’il avait commencé son mandat en mai 2006, soit trois mois après la date constitutionnelle.

"Personne ne me l’a demandé. J’ai moi-même annoncé le jour de ma prestation de serment que je m’en irai du pouvoir le 7 février 2011", a encore dit le président haïtien.

Concernant la reconstruction du pays, le président haïtien a appelé ses compatriotes à la patience.

"Je dis à ceux qui sont dans la rue que tout le monde comprend leur difficulté, que personne n’aimerait se retrouver dans les rues vivant dans des conditions vraiment effroyables, mais je leur dis également de prendre patience", a lancé M. Préval ajoutant que la reconstruction serait longue et coûteuse.

Ce n’est pas en se fâchant "que nous trouverons les moyens pour sortir les gens de leur situation. Nous avons fait notre possible pour avoir l’implication financière de la communauté internationale, aujourd’hui il revient aux Haïtiens de faire leur part pour concrétiser la mise en oeuvre de l’engagement des bailleurs", a-t-il conclu.

 

“Nous pouvons connaitre pire que le 12 janvier”, prévient le président Préval
HPN / Posté le 12 avril 2010

Lors d’une conférence de presse ce matin dans les jardins du Palais national, le président Préval a déclaré que Haïti peut connaitre une catastrophe pire que celle du 12 janvier.

Trois mois après le séisme du 12 janvier qui a fait près de 300 000 morts, les nouvelles ne sont guère rassurantes en Haïti. Le pays peut connaitre une catastrophe, un séisme qui soit pire que celui du 12 janvier, n’arrêtait-on pas de claironner suite à la tragédie qui a dévasté l’Ouest, le Sud-est et les Nippes.

Cette fois-ci, c’est le président de la république lui-même René Préval qui l’a affirmé devant la presse ce matin lors d’une conférence dans les jardins Palais national en cours de démolition.

Il y aura d’autres catastrophes, a assuré le chef de l’Etat qui a insisté sur la question. « Avant le 12 janvier, nous avions été prévenus par les sismologues et les géologues, mais nous n’avions rien compris. Aujourd’hui c’est la nature elle-même qui nous prévient d’une éventuelle tragédie », a-t-il déclaré.

Il ne s’agit pas de savoir si cela se fera mais quand, combien de morts et quels dégats il peut causer, poursuit René Préval qui a appelé à la vigilance les habitants de plusieurs départements du pays dont l’Ouest, les Nippes, le Sud-est, le Nord etc.

Les failles d’Enriquillo et Septentrional ont accumulé de l’énergie qu’elles peuvent relâcher à tout moment et provoquer un séisme de plus forte magnitude que celui du 12 janvier, a expliqué M. Préval qui rappelé que Haiti est un pays a haut risque sismique.

Le gouvernement et les Nations-unis ont déjà contacté des experts pour statuer sur la question, a poursuit le président qui a tellement insisté sur l’éventualité d’un nouveau séisme en Haïti que des journalistes lui ont demandé s’il savait précisément quelque chose.

 

RADIO METROPOLE / Lundi, 12 avril 2010

OEA-Haïti élection: Les conseillers électoraux préoccupés par le registre électoral

Le représentant du secrétaire général de l’OEA en Haïti, Ricardo Antonio Silva Seitenfus, qualifie de satisfaisants les résultats de la dernière mission de l’organisation hémisphérique à Port-au-Prince. La délégation conduite par Albert Ramdin avait eu des rencontres avec les différents acteurs notamment, le chef de l’Etat, des leaders politiques et les conseillers électoraux autour du processus électoral. M. Seitenfus révèle que les acteurs ont convenu de la nécessité d’organiser des élections générales avant la fin de cette année.
Les conseillers électoraux ont fait part de leurs préoccupations en ce qui concerne le registre électoral. L’OEA estime que 10% de la liste électoral sont des électeurs décédés entre 2005 et janvier 2010. Il s’agit du plus grand défi pour l’organisme électoral et l’OEA qui s’est engagé à fournir un appui technique au CEP.
Outre l’épuration de la liste électoral, l’OEA devra également contribuer à la prise en compte des personnes déplacées et des cartes perdues lors du séisme.
Les conseillers électoraux ont expliqué aux membres de la délégation de l’OEA que le scrutin pourra être organisé dans un délai variant entre 120 et 180 jours.
Le représentant du secrétaire général de l’OEA n’a pas voulu faire de commentaires sur la formule à adopter estimant qu’il revient aux acteurs politiques haïtiens de trouver un consensus.
Toutefois l’OEA est favorable à l’organisation d’élections générales. L’ambassadeur Seitenfus déplore que les échéances électorales soient trop rapprochées en Haïti. Rappelant que l’OEA a investit plus de 230 millions de dollars ces 20 dernières années dans le processus électoral haïtien, M. Seitenfus a plaidé pour une réforme constitutionnelle qui permettra de d’alléger le fardeau économique pour la nation.
Considérant la mission de M. Ramdin comme un succès le représentant du secrétaire général de l’OEA a rappelé que les acteurs politiques haïtiens doivent jouer un rôle prédominant dans le processus démocratique.
Intervenant à la rubrique Le point sur le 100.1 de radio Métropole, M. Seitenfus a mis l’accent sur le rôle important des partis politiques dans le processus électoral Les partis doivent présenter des candidats et formuler des thèmes qui peuvent susciter l’intérêt insiste le diplomate préoccupé par la situation dans les villes les plus touchées par le séisme.
La mission de M. Ramdin s’inscrit dans le cadre d’un dialogue permanent entre l’OEA et les autorités haïtiennes autour du processus électoral.

 

Haïti-Pétrole : Pénurie généralisée d’essence, le gouvernement convoque une réunion d’urgence
HPN / Posté le 12 avril 2010

Depuis ce matin, une rareté des produits pétroliers se constate dans les pompes en Haïti. C’est dû à un retard dans l’approvisionnement, selon Randolph Rameau, président de l’Association nationale des distributeurs de produits pétroliers (ANADIPP).

Cette situation durera jusqu’au 21 avril, explique M. Rameau, date à laquelle arrivera un petit tanker dans les ports haïtiens. Le gouvernement haïtien a déjà convoqué une réunion d’urgence ce lundi afin de résoudre une grave pénurie d’essence qui affecte le pays.

Entre-temps, l’heure est au rationnement dans tous les stations à essence du pays. « Le pétrole qui aurait dû se distribuer en 3 jours le sera en 10 », affirme le président de l’Anadipp.

Nul ne peut s’approvisionner pour plus de 1000 gourdes (25 $) à la fois, suivant un nouveau mot d’ordre. Et certains chauffeurs du transport en commun augmentent déjà arbitrairement le tarif du circuit.

Depuis le kérosène jusqu’au gasoil, la rareté s’observe dans toutes les variétés de gaz sur le marché haïtien.

 

Haïti: une société française va construire une usine d’habitats modulaires

PARIS, 12 avr 2010 (AFP) –

Haïti

CC United Nations / Flickr

Une société française, Techni Group, basée à Torcy (Saône-et-Loire), va construire en Haïti une usine d’habitats modulaires à partir de containeurs maritimes pour abriter des écoliers et des sans-logis après le séisme qui a jeté plus de 1,3 million d’Haïtiens à la rue.

"Techni Group vient d’acheter un terrain de 24 hectares à Petit-Goâve, à 68 kilomètres au sud de Port-au-Prince, pour y créer une unité de production d’habitats modulaires et une école de formation professionnelle", a déclaré à l’AFP Philippe Marras, le PDG du groupe.

L’usine, dont les travaux de terrassement devraient débuter fin avril, va entamer sa production à l’automne, a ajouté M. Marras.

Auparavant, Techni Group prévoit de transformer 250 containers en salles de classe, la demande étant très importante dans ce secteur car environ 1.300 écoles ont été détruites.

"Les acheteurs de ces containeurs transformés en salle de classes sont des fondations et des associations haïtiennes qui reçoivent de l’argent provenant d’ONG étrangères", précise M. Marras.

Le séisme, qui a frappé Haïti le 12 janvier, a fait au moins 220.000 morts.

Techni Group, qui n’a besoin que de 6 ha, propose aux entreprises françaises désireuses de s’implanter en Haïti de leur louer ou de leur vendre des parcelles du terrain acquis, situé à 2 km d’un port en eau profonde, pour créer un "pôle de développement économique", en mettant à leur disposition une assurance juridique et logistique.

Techni Group, qui a réalisé en 2009 un chiffre d’affaires de 14 millions d’euros et emploie 80 personnes, transforme des containeurs maritimes usagés, en habitats modulaires pour des chantiers ou des bases-vie.

 

MP entregó donativos a embajada de Haití para ayudar a víctimas del terremoto

Caracas, 12 Abr. ABN.- El Ministerio Público (MP) entregó este lunes distintos donativos a la embajada de Haití, en actividad destinada a colaborar con las víctimas del terremoto ocurrido el pasado 12 de enero en ese país.
En el acto, el director de Fiscalías Superiores del Ministerio Público, José Francisco García, acompañado de otros miembros del Ministerio Público, entregó la ayuda en nombre de la fiscal general de la República, Luisa Ortega Díaz.
García recordó que, tras el terremoto, los despachos de las diferentes fiscalías superiores en el país coordinaron con la Dirección Nacional de Protección Civil y Administración de Desastres la entrega de donativos.
En ese sentido, el consejero de la embajada de Haití en Venezuela, Lesly David, con la asistencia del director de Logística de la Dirección de Protección Civil, Juan Carlos Romero, agradeció la ayuda recibida y destacó los lazos históricos entre Venezuela y su país.
Según nota de prensa del MP, entre los insumos entregados están: medicamentos, alimentos no perecederos como leche, compotas, café, pasta, arroz, cereales y harina de maíz, así como agua, productos de aseo personal, lencería, ropa y calzado.

 

Rowan Moore Gerety / Reporting From Haiti.

Posted: April 12, 2010 05:26 AM

Haiti’s Prison Break, Result Of The Earthquake Or Inside Job

 

In the aftermath of the earthquake, Haiti’s largest prison was victim to what South Africa’s Eyewitness News called, "the largest jailbreak in history." 4000 people escaped from prison, free to roam a country in crisis.

However, a joint investigation by the Ministry of Justice, the Police, and the UN’s stabilizing mission in Haiti (MINUSTAH) is underway, to determine whether the prisoners escaped or were set free–by employees of the MInistry of Justice, the Police, or MINUSTAH.

Prison guards and UN peacekeepers stationed at the prison both fled after the earthquake.

"You know, I don’t want to anticipate the result of the investigation, but to me it’s very suspicious," national Police Chief Mario Andersol told the Miami Herald.

A member of Haiti’s parliament, Senator Jean Hector Anacasis, has reacted to the prison break as though collusion were a foregone conclusion, pointing to a longstanding pattern of ‘escapes’ orchestrated by drug traffickers with help from the inside: "It’s nasty to liberate psychopaths who were imprisoned at the cost of great sacrifice in terms of time, of money, and of the lives of police officers."

If the violence unleashed by the release of Haiti’s most-wanted does not cripple the relief effort, the corruption that seems to have made it possible very well might.

One of the escaped, laying low in Cite Soleil, told a local reporter "We were set free. The authorities must assume responsibility and admit that they had the prison gates opened."

An unreliable narrator, perhaps, but the prison warden, Olmaille Bien-Aime, has been missing since one week after the earthquake.

 

Haiti : La politique comme obstacle à la reconstruction

Par Pierre-Richard Cajuste* / ALTERPRESSE / lundi 12 avril 2010

Le thème même de la Conférence des Donateurs qui s’est tenue à New York le 31 mars dernier « Vers un nouveau futur pour Haïti » mérite qu’on s’y arrête un peu afin de déterminer les enjeux et les processus sous-jacents qui spécifient et justifient l’usage du vocable « nouveau » qualifiant le but de cette rencontre. Le thème en soi constitue la reconnaissance claire qu’une nouvelle approche s’avère impérative dans le cadre de cette nouvelle dynamique sociopolitique. En ce sens que le « nouveau futur » implique une nouvelle approche à la transformation structurelle de l’économie en vue d’impulser le développement durable et un avenir digne pour le peuple haïtien. Bref, il est venu le temps de maintenir un processus continu de réflexion, sur notre compréhension quant à la manière d’aborder la question du changement et du développement en Haïti.

Le séisme du 12 janvier 2010, comme désastre naturel et comme conséquence des inconséquences du genre humain dans sa gestion de l’environnement, a mis a nu l’extrême vulnérabilité structurelle du pays. Le tremblement de terre a décimé l’État central dont la légitimité commençait à être sérieusement érodée vu que ses principaux organes se montraient absolument incapables de fournir les services sociaux de base et de protéger et servir les intérêts de la population. Une population dont la moitié, soit plus de 4 millions d’individus, vivait déjà, bien avant le 12 janvier 2010, en dessous du seuil de la pauvreté.

Aux lendemains de cette conférence, l’évidence pointe vers un approfondissement de l’engagement international et vers une volonté de « construire mieux » cette fois-ci puisque l’emphase est mise sur la planification stratégique et la mise en œuvre effective. Les acteurs nationaux et internationaux sont conscients que l’échec de cette mise en œuvre les fera traîner le boulet de galère de ce verdict implacable de l’Histoire. Mais, comme nous le savons tous, c’est le peuple haïtien qui, en premier lieu, connaîtra les morsures de cet échec cuisant.

Serons-nous capable d’y arriver cette fois ? Le séisme servira t il comme moteur pour penser l’État d’une manière tout à fait « nouvelle » et promouvoir le développement durable ?

La situation sociopolitique haïtienne combine une suite de crises politiques qui ont mis bas tour à tour tyrannie et anarchie. Le pays a usé de vingt neuf (29) constitutions, quarante deux (42) Chefs d’Etats, parmi lesquels sept (7) sont restés au pouvoir plus de dix (10) ans, neuf (9) se sont proclamé président à vie et vingt six (26) ont été ou bien assassinés ou contraints à l’exil. La gestion du pays a toujours cédé la place aux manœuvres politiciennes. Depuis plus de deux décennies, nous nous débattons pour le transformer. Cependant, jusqu’ à date, il nous semble que très peu de choses aient changé.

En Haïti, l’exercice du pouvoir vraiment corrompt et les beaux discours sur les changements à effectuer se perdent dans des entreprises trompeuses et malhonnêtes pour s’accrocher au pouvoir. Bref, le pays est fatigué d’être abîmé et le peuple de vivre dans des conditions infrahumaines.

De plus, pour plus d’un, Il y a un besoin important de fluidité et de savoir-faire en matière de planification dans l’administration publique haïtienne. Le temps n’est plus à l’hésitation : il faut enfin changer les acteurs sur le théâtre des opérations.

En lieu et place de cette politique stérile qui se profile à l’horizon, les dirigeants devraient canaliser leurs efforts vers la croissance, la création de richesses, l’infrastructure, l’environnement, l’administration, la modernisation et la systématisation des services publics.

Le secteur privé haïtien a fait part de sa vision d’augmenter la croissance et la communauté internationale la mise en œuvre d’une meilleure coordination de l’aide. Il revient maintenant aux gouvernants d’établir des politiques sectoriels et des plans d’action consensuels répondant aux besoins du pays.

Le combat efficace pour faire reculer continuellement et durablement les frontières de la pauvreté suppose, fondamentalement, l’existence d’un Etat de droit fort et respecté (légitime ?), d’une administration bien outillée et performante et d’une participation effective de l’ensemble des composantes sociales à l’œuvre de construction nationale.

La réforme de l’administration publique haïtienne se fait plus que sentir, c’est un impératif. C’est plutôt par l’administration que le citoyen ordinaire peut évaluer un gouvernement. Nous concentrer sur l’administration nous permettra de rationaliser les services, d’augmenter nos ressources financières.

Combien parmi nos citoyens ne disposent pas d’une carte d’identité, d’un passeport et même d’acte de naissance ?

Combien de nos citoyens n’ont pas d’adresse et ne sont pas répertoriés par l’Etat ? Pourquoi nos institutions publiques ne peuvent pas vendre leurs services ? Comment un Haïtien peut-il disposer de plusieurs cartes d’identité ? Le cas d’Amaral Duclona reflète une nouvelle fois de plus le caractère dysfonctionnel de l’état haïtien. A entendre certains ministres parler, on a l’impression qu’on improvise chaque jour.

Au sud comme au nord, la gouvernance est la condition incontournable pour assurer le fonctionnement de tout système démocratique ainsi que le développement durable et équitable de toute société.

Si on devait qualifier de manière simple ce qu’est la gouvernance, on dirait qu’elle est contenue dans l’idée de « juste Etat », un Etat à la fois garant de la démocratie et des droits des citoyens. L’Etat juste est celui qui assure à la fois ses fonctions régaliennes telles que : assurer l’accès à la justice et à l’administration, promouvoir et protéger les droits de la personne et les libertés fondamentales, mais cela ne suffit pas. L’Etat doit aussi assurer la cohésion sociale d’un peuple, en étant arbitre et acteur qui assure l’accès à la santé, à l’éducation, et qui gère les richesses de manière responsable et impartiale, afin d’assurer leur redistribution équitable.

On ne dira pas non à la politique ; mais nous réclamons d’abord une autre forme de gouvernance pour mieux reconstruire ou finalement construire Haïti. Sinon on sera condamné à voir la réalité de la Reconstruction faire le frais des manœuvres politiciennes des uns et des autres.

* Coordonateur du Conseil d’Analyses et de Recherches sur Haïti (CARH)

Contact : Cajuste2000@yahoo.com

 

Haiti : Construire un pays digne et dynamique, efficace et équitable
Proposition alternative au CIRH pour gérer l’aide internationale massive suite au séisme

Par Ezechiel Richard / ALTERPRESSE / lundi 12 avril 2010

Oublions les débats souvent incohérents essentiellement fondés sur de fausses idéologies ou simplement des intérêts personnels. Evitons les formulations hâtives qui prétendent reproduire des modèles expérimentés ailleurs pour solutionner le cas haïtien qui est unique. Jamais un Etat n’a subi une catastrophe d’une telle ampleur qui a en même temps touché très fortement toutes ses administrations centrales. Il n’y a jamais eu dans aucun pays au monde un comité de reconstruction nationale géré par ou directement avec des internationaux après une catastrophe naturelle. Certes il y a eu des coordinations mixtes nationale et internationale pour gérer un processus de reconstruction mais cela était toujours pour une partie du pays, pour la région touchée par la catastrophe jamais pour le pays entier.

Alors, pensons pays et technique. Commençons par le début de toute réflexion technique et scientifique : quels sont les problèmes à résoudre, les objectifs visés avec franchise et honnêteté : i) L’Etat haïtien doit conserver le leadership des décisions stratégiques concernant une reconstruction voire une construction qui se veut nationale ; ii) on ne construit pas un pays sans ses habitants, on ne fait pas le développement à leur place mais avec eux. La société civile plus ou moins organisée doit donc être un des acteurs principaux, pas comme faire valoir ou pour approuver des documents après qu’ils aient été réalisés ; ces temps devraient être révolus. La société civile doit être un partenaire réel et engagé dans toutes les étapes du processus. Iii) les dons doivent être gérés avec efficacité, dans ce cas précis post catastrophe avec rapidité, sans détournement et dans la transparence,

Très simplement il n’y a que trois fonctions à remplir : une fonction de décision sur les opérations à choisir et à mettre en œuvre, une fonction de coordination et intégration des acteurs, une fonction d’administration financière de type bancaire. La première doit préserver la souveraineté nationale, la seconde doit préserver la cohésion nationale et la troisième la saine administration financière.

La proposition actuelle de Comité Intérimaire pour la Reconstruction d’Haiti (CIRH) nie la première fonction, oublie la seconde et survalorise la troisième. Elle est inacceptable et doit donc être modifiée.

Un mécanisme de décision purement national pour préserver notre souveraineté

Tous les participants aux différentes réflexions et préparation de documents nationaux étrangers se sont au moins entendus sur un point : il faut renforcer les capacités de l’Etat haïtien ! Cependant, trop de ces techniciens ou experts nationaux et internationaux ont confondu État et Gouvernement. Il faut être clair, veut- on renforcer le Gouvernement ou l’Etat haïtien ? S’il s’agit de reconstruction nationale, à l’évidence il faut renforcer l’Etat haïtien dans la pérennité de ses fonctions. Dans tous les pays du monde bien gérés ce sont les administrations centrales et déconcentrées qui constituent un des principaux piliers de l’Etat. Il s’agit ici d’un programme de reconstruction nationale avec un grand nombre d’investissements très lourds dans tous les secteurs. Qui dans un pays est habilité à préparer techniquement la validité des investissements à réaliser ? Le Président de la République ? Chacun des différents ministres ? Ni l’un ni les autres. Dans la pratique ceux qui préparent très concrètement les dossiers, qui les finalisent avec leurs équipes pour les rendre défendables et bancables, ce sont les responsables des Unités de Planification Programmation de chacun des ministères en Haïti appelées Unités d’Études et de Planification (UEP). Ce sont les UEP d’Haiti qui préparent pour notre pays les plans et programmes qui constituent les plans d’investissement sectoriels, ensuite votés par les députés et les sénateurs dans le cadre de la loi des finances annuelle qui constitue le budget national. Ces UEP sont trop faibles ? N’a-t-on pas affirmé sans arrêt qu’un des principaux objectifs de ce grand plan est de reconstruire, de renforcer l’Etat haïtien ? Alors renforçons-les ! Ces UEP sont un des principaux fondements de l’Etat et surtout de l’Etat dans le cadre de ses fonctions pérennes.

Messieurs les ministres vous savez mieux que quiconque que sans eux vous n’auriez pas de programme à défendre. Ils sont des techniciens et nombre d’entre eux sont encore très bons, n’en déplaise aux détracteurs, surtout si on leur donne les moyens de travailler, si on les laisse exprimer toutes leurs compétences techniques et si en plus on les appuie. Messieurs les Ministres vous savez que pour vous les UEP sont indispensables. Vous le savez.

Messieurs les Ambassadeurs quel que soit votre pays, Messieurs les représentants des grandes institutions internationales, vous savez bien qu’en l’absence de rigoureuse planification nationale faite par les nationaux vos différents projets échoueront ou n’auront que des résultats très limités. Pensez-vous réellement pouvoir vous substituer aux UEP pour décider ce qui techniquement doit être fait ou non dans ce pays en terme d’investissement dans chacun des secteurs de ce pays ? Honnêtement vous savez que non.

Alors il n’y a aucun doute, si on veut réussir cette reconstruction nationale ce sont ces directeurs d’UEP de chacun des principaux ministères qui doivent constituer le steering comittee, le comité de décision sur les investissements à mettre en œuvre. Dans la reconstruction, il s’agit de résoudre des problèmes techniques alors mettons les techniciens de notre pays au défi de réussir cette reconstruction et aidons-les.

Mais, le Président de la République me direz vous quel va être son rôle ? Il l’a dit lui-même, il devait trouver l’argent pour la reconstruction, il l’a fait, l’argent est la, aux techniciens de l’utiliser au mieux.

Mais les ministres ? Ils assumeront totalement leur rôle constitutionnel, ils supporteront et dynamiseront le bon fonctionnement de leurs ministères. Ils aideront les Directeurs des UEP dans les arbitrages pour le choix des investissements. Ils pourront, ils devront, même en temps que membre d’un gouvernement, donner les orientations politiques aux Directeurs des UEP pour que ceux-ci tiennent compte dans leur programmation, sans toutefois toujours donner une première priorité aux résultats des analyses techniques.

Mais les députés et les sénateurs ? Leur rôle est aussi constitutionnel et totalement conservé. Ils devront s’assurer de la bonne utilisation des fonds au profit réel des populations, ils devront légiférer pour que les obstacles qui pourraient retarder une exécution rapide et efficace des investissements soient levés, ils devront voter les lois de finances pour le budget de l‘Etat.

L’ensemble du dispositif est haïtien, il respecte la constitution haïtienne. Les décisions seront haïtiennes, elles émaneront d’un comité constitué de hauts cadres de l’Etat haïtien qui seront renforcés en même temps que leurs équipes haïtiennes de travail. Il s’agit d’une stratégie nationale.

Un mécanisme de décision intégrateur pour préserver la cohésion nationale et la décentralisation effective

Il ne devrait y avoir qu’une seule conditionnalité qui n’est pas étrangère mais nationale : avant de proposer tout programme national, les Directeurs des UEP auront l’obligation de travailler, depuis la préparation jusqu’à la proposition de programme, avec les directeurs départementaux dont les équipes seront aussi renforcées.

Puisque la société civile est de droit partie prenante de son propre processus de développement les directeurs départementaux et nationaux des ministères techniques auront une obligation de travailler avec cette société civile. Pas seulement de la consulter, mais de travailler avec elle de manière formelle avec des réunions de travail régulières, programmées, institutionnalisées pour parvenir à des plans d’investissements et de développement vraiment participatifs comme le veut la constitution. La décentralisation est constitutionnellement une obligation. Ces plans nationaux seront construits à partir des plans départementaux, tout comme les plans départementaux seront construits à partir des schémas d’aménagement du territoire des arrondissements et des plans communaux de développement, les PCD, intégrant les sections communales. La continuité institutionnelle d’un Etat unitaire prévu par la constitution est préservée, la nation se construit se renforce avec chacun à sa place mais tous avec la même importance. C’est la construction de notre réelle souveraineté.

Aucun financement en dehors des programmes proposés par ce comité national des directeurs des UEP ne doit être accepté. La souveraineté nationale est ainsi totale et elle sera renforcée.

Un mécanisme qui préserve la supervision des internationaux et la bonne administration financière

La gestion de l’argent. Il faut rappeler que les sommes très importantes ont été recueillies par un élan de la très grande majorité des peuples de la terre pour le peuple haïtien en dehors de toute arrière pensée politique ou de gouvernements.

Cet argent étranger laissons-le administrer de maniere transparente par l’étranger. L’administration des décaissements n’est pas la gestion. La gestion inclut le pourvoir de décider des allocations de fonds, ca c’est nous c’est notre comité national des directeurs des UEP. L’administration de l’argent, c’est exécuter les ordres reçus (ceux du comité des UEP) d’allocation en faisant respecter les procédures correctement et avec rapidité. Notre souveraineté nationale n’est pas dans l’administration de l’argent notre souveraineté est dans la décision de l’utilisation de l’argent, c’est notre comité de UEP national et uniquement national. C’est nous qui décidons de ce pour quoi cet argent sera décaissé. Laissons les banquiers faire ce travail d’administration de l’argent, ce sont eux les spécialistes et pourquoi pas la Banque mondiale. C’est elle qui rendra des comptes sur la transparence de la gestion de cet argent étranger, pas nous. Notre ministère des finances pourra meme être financé dans le cadre du programme pour commanditer des audits externes et indépendants pour s’assurer que la gestion est correcte. C’est notre droit. Cet argent nous est destiné. Nous pouvons aussi profiter de ce dispositif Banque mondiale pour placer quelques homologues haïtiens pour qu’ils acquièrent la totale maitrise de la gestion de ce genre de gros fonds multibailleurs.

Cette proposition respecte la constitution, cette proposition respecte le rôle de chacun des acteurs de notre pays, cette proposition garantit notre souveraineté, nous décidons de ce que nous voulons faire, cette proposition respecte nos partenaires, ils administrent les décaissements de leur argent. Que fait –on du comité intérimaire ?

Ce comité intérimaire a déjà été approuvé par certains peut être hâtivement peut être sous des pressions diverses. C’est simple. Gardons-le, faisons- en ce qu’il aurait du être dès le début, un comité de suivi mixte national et international. Un comité de suivi des politiques avec les ministres et les ambassadeurs. C’est normal qu’ils soient informés au plus près de ce qui se programme et se fait. Ils peuvent et même doivent émettre des avis. Mais la décision d’allocation des fonds appartiendra toujours au comité national des UEP qui bien sur, tiendra compte des avis de ce comité de suivi.

 

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