L’ESSENTIEL DE L’ACTUALITE

17 Avr

Le projet de loi d’urgence est ratifié par le sénat

RADIO METROPOLE

L’assemblée des sénateurs a ratifié hier soir le projet de loi d’urgence qui autorise l’application du Plan d’action pour le relèvement et la reconstruction d’Haïti.
13 sénateurs ont voté pour, 1 contre et 2 se sont abstenus. La sénatrice du Nord Semephise Gilles a été la personne à s’opposer à la loi critiquée par de nombreux leaders politiques.
Les sénateurs de l’Inite et alliés ont pu bénéficier de l’appui de Judnel Jean, Semephise Gilles et Rudy Heriveaux qui ont accepté de participer à la séance. Ces trois sénateurs membres du groupe minoritaire se sont ralliés en fin d’après midi au camp majoritaire.
Si Judnel Jean a voté en faveur du document, Rudy Heriveaux a fait abstention. Il s’est toutefois dit solidaire de ses collègues du groupe des 12 même s’il affirme avoir eu une position de souplesse en permettant au groupe majoritaire d’obtenir le quorum.
Le projet de loi d’urgence, déjà approuvé par la chambre basse, devra être publié dans le journal officiel Le Moniteur avant que le lancement du processus de désignation des membres de la commission intérimaire.

 

Haiti-Séisme/Politique : État d’urgence prolongé pour 18 mois

P-au-P., 16 avr. [AlterPresse] — Le Sénat haitien a approuvé dans la soirée du 15 avril la prolongation pour 18 mois de l’état d’urgence déclaré suite au séisme du 12 janvier dernier, qui a a fait 300.000 morts et détruit une bonne partie de la capitale ainsi que plusieurs autres villes.

Treize sénateurs ont voté en faveur de la nouvelle loi d’état d’urgence, deux ont voté contre et un s’est abstenu.

Onze sénateurs opposés à cette loi n’ont pas pris part à la séance, considérant que le débat n’allait rien changer à ce qui a été, selon eux, déjà concocté avec l’exécutif.

La loi consacre la création de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), co-présidée par le premier ministre, Jean Max Bellerive, et l’envoyé spécial de l’ONU en Haïti, l’ex président américain William Clinton.

Les sénateurs opposés à la nouvelle loi sur l’état d’urgence ne partagent pas la participation étrangère à cet organisme et critiquent la prolongation de la période d’état d’urgence au-delà du mandat du président René Préval, qui doit laisser le pouvoir le 7 février prochain.

La nouvelle loi, proposée par l’Exécutif, a été approuvée il y a une semaine par la Chambre des Députés et permettra au gouvernement, entre autres, d’utiliser des fonds publics sans être soumis aux démarches établies.

L’initiative a provoqué le rejet d’une coalition formée par une quarantaine d’organisations socio-politiques qui la considèrent « immorale » et « illégale ».

Le sénateur du parti gouvernemental Unité, Joseph Lambert, estime que « le vote (du 15 avril) démontre que nous voulons l’argent que la Communauté internationale met à notre disposition ».

Les promesses de la communauté internationale s’élèvent à près de 10 milliards de dollars sur plus de 3 ans.

 

La BID ouvre un compte de 100 millions à Haïti

RADIO METROPOLE


Le Conseil d’administration de la Banque Interaméricaine de Développement (BID) a annoncé l’approbation d’un compte pour la gestion des ressources des donateurs pour Haïti. Ce compte pourra recevoir des contributions totalisant jusqu’à 100 millions de dollars en provenance des pays de l’Union des Nations Sud-Américaines (UNASUR).
L’UNASUR comprend l’Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Équateur, Guyana, Paraguay, Pérou, Surinam, Uruguay et Venezuela.
Le compte sera administré par la BID et est destiné à un appui budgétaire sur demande du gouvernement haïtien. Cette initiative s’inscrit dans l’engagement UNASUR à soutenir la reconstruction d’Haïti après le séisme du 12 Janvier et se situe dans le cadre du soutien global pour Haïti, la BID est de mobiliser la communauté internationale.

 

Asha-Rose Migiro : «Haïti est une nation fière, résolument engagée sur la voie de la reconstruction»

De retour de sa visite en Haïti, Asha-Rose Migiro, Vice-Secrétaire générale des Nations Unies à déclaré: «Haïti est une nation fière, résolument engagée sur la voie de la reconstruction […] Haïti doit rester à la une de l’actualité car la communauté internationale doit continuer à l’accompagner sur le long chemin de la reconstruction».
Les premiers signes de retour à la vie normale apparaissent, comme ces enfants qui reprennent le chemin de l’école.  Mais si des millions de personnes ont trouvé refuge dans des camps et si la distribution de nourriture et d’eau potable est plus ou moins bien assurée, il n’en demeure pas moins que de nombreux problèmes subsistent.
«Le Président René Préval et son Gouvernement, sont conscients des défis et restent déterminés à les relever avec le soutien de la communauté internationale. Les institutions publiques doivent être remises en place, avant de pouvoir s’attaquer aux amendements nécessaires de la Constitution et à une mise à jour des cadres juridiques existants» a-t-elle précisé.
Parmi les mesures à prendre rapidement, la Vice-Secrétaire générale a parlé de la mise en application d’un code de construction pour garantir la résistance des nouveaux bâtiments aux séismes.  Les flux de l’aide internationale dépendent largement d’une telle mesure, a reconnu Mme Migiro, qui a aussi soulevé les problèmes liés aux cadastres et à la propriété foncière risquant de devenir un obstacle à la reconstruction.
«Pour prévenir le détournement de l’aide et une utilisation transparente et rationnelle, le pays est en train de mettre en place une Commission, dans laquelle siègera l’ancien Président américain et Envoyé spécial de l’ONU en Haïti, Bill Clinton». À ses côtés, le Premier Ministre haïtien, M. Jean-Max Bellerive siègera également à la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) «Une loi devrait suivre la mise en place de la Commission, il s’agit là, de dispositions importantes pour établir un climat de confiance et garantir les flux d’aide internationale dans la durée» a insisté la Vice-Secrétaire générale. 
Elle a reconnu la réalité de l’insécurité dans les camps et des cas de violences sexuelles qu’elle a expliqués en partie par la promiscuité  mais également par des problèmes systémiques existant auparavant.  Mme Migiro a attiré l’attention sur les patrouilles conjointes des Nations Unies et de la police nationale, tout en estimant qu’elles restent insuffisantes.
En attendant des structures plus solides, les femmes commencent à s’organiser, en formant leurs propres milices.  À plus long terme, il sera urgent de former la police et de mettre en place un cadre juridique pénalisant les violences sexuelles et garantissant l’émancipation des femmes à tous les niveaux,  a préconisé la Vice-Secrétaire générale. Le soutien technique que le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) apporte sur place sera déterminant, a-t-elle ajouté.
Mme Migiro a rejeté les allégations selon lesquelles une partie du personnel de l’ONU vivrait dans «deux bateaux de croisière de luxe».  Après la destruction des locaux de l’ONU, a-t-elle rappelé, il fallait trouver une solution à court terme qui garantisse un minimum de confort.  «Ce n’est peut-être pas une solution idéale, mais il fallait assurer le maintien de l’ONU dans le pays», a-t-elle expliqué.

 

The Shock Doctrine in Haiti: An Interview with Patrick Elie

Beverly Bell

Associate fellow at the Institute for Policy Studies

Patrick Elie has long been a democracy activist. Moreover, during President Aristide’s administration-in-exile during the 91-94 coup d’etat, Patrick was coordinator of the anti-drug unit of the National Intelligence Service, where he was key to exposing the collusion between the U.S. government and the military coup leaders. He subsequently served as Aristide’s secretary of defense. Here Patrick discusses how the ‘shock doctrine’ is working in Haiti, why equality is essential to rebuilding the nation, and why Haitians need to break from the vision that the international community has for its reconstruction.

The Shock Doctrine, the book by Naomi Klein, shows that often imperialist countries shock another country, and then while it’s on its knees, they impose their own political will on that country while making economic profits from it. We’re facing an instance of the shock doctrine at work, even though Haiti’s earthquake wasn’t caused by men. There are governments and sectors who want to exploit this shock to impose their own political and economic order, which obviously will be to their advantage.
One thing to watch is a humanitarian coup d’état. We have to be careful. Especially in the early days, the actions weren’t coordinated at all and they overtook the goalie, which is the Haitian government. The little bit of state that’s left is almost irrelevant in the humanitarian aid and reconstruction. What is going to happen is that it’s not Haitians who will decide what Haiti we want, it’s people in other countries.
This doesn’t make sense from a moral perspective, and it also won’t work. A people can’t be developed from the outside. What’s more, in Haiti we have a very strong culture. If you ask people if they want the U.S. to take over the country, even among those who say yes: come back in ten years, and you’ll see that the same people will rise up against the occupation.
We know the Haitian government is weak, and we can’t count on it alone to lead the battle. We all, organized Haitians and our friends, have to stomp our feet and say, "No, this can’t happen. Haitians have to develop their own country." We need help and support from others, as they say here, to grow the plantains. But they’re our plantains. Haitians have to be the ones to construct the country we need. We have to be in charge.
We have to speak of the role the international community played before the earthquake, and how that role contributed to the destruction of the earthquake: why there were so many victims and so much damage. The politics of certain foreign countries – especially the U.S. since the beginning the 20th Century and, before that, the French – have accentuated the inequality and impoverishment of the people, especially the peasantry.
The soul of the country is the peasantry, and that’s where the true resistance to attempts to put the country under foreign power lies. So foreign policies have focused on undermining the peasantry, as well as weakening the Haitian state. They [the U.S. government] destroyed the Creole pigs [on which peasants depended as their savings bank]; they destroyed local rice by putting Haitian producers in unequal competitors with American producers. That’s why small producers couldn’t survive in the countryside. That’s why the population of Port-au-Prince swelled so much, and why the houses were so poorly constructed and in places where people should never have constructed them in the first place. The result was an earthquake which should have killed some thousands of people, but which instead killed more than 200,000 people.
The peasant migration to the capitol: it’s part of our history, in which Haitians are meant to be the lowest paid manual workers. Slavery was the cheapest labor force you could get. Afterward, following the U.S. occupation of Haiti of 1915-1934, Haitians were supposed to provide the hands to cut sugar cane on the plantations. Now it’s no longer sugar cane, it’s manual labor in the textile factories. For that, it’s important to have the political regime you want, but also a peasantry who has to go to work in the factories for the lowest price possible after they can’t any longer produce enough food even to support themselves, let alone feed the nation.
I’m afraid that this vision for Haiti exists from many sources, and that this is the plan that our new friends have for Haiti. We must be very vigilant, and our friends must be very vigilant.
Politically, Haiti’s situation today is like the one after November 18, 1803. That was the big, last battle that finished the war. Haiti was a devastated country, but in that case the devastation was caused by a war of liberation. Then as now, the people were contemplating how they would construct a new political structure amidst the debris.
Independence was proclaimed on January 1, 1804. The people were confronting very powerful enemies inside and out, who opposed their building the society they wanted, which was to be built on three rocks [on which Haitian cook stoves traditionally sit]: liberty, equality, and fraternity. As soon as they took away the rock of equality, fraternity became impossible. Since there was no cohesion, we lost liberty, too.
Today, we have to put the three rocks back under the stove, or it will tip over. What this new Haiti needs today is what Haitians wanted in 1804: equality. The riches of this country are distributed in an imbalanced way. I don’t say that everyone will have exactly the same riches, but everyone has to have the same chance in life.
One thing is land. I can’t believe how some people have such a quantity of land while others have none at all, even though we are all the inheritors of [revolutionary leader Jean-Jacques] Dessalines. I don’t say that we should cut up Haiti into many tiny pieces so each person has some; that would be stupid. But it has to be used in a way that gives others a chance to live.
Look at access to education, too, where inequality manifests today as historically. Education is one of the main tools which can bring equality between citizens. For centuries, the elite didn’t let people have education. Now we’re making progress in the number of children who are going to school, but still the quality isn’t good; it’s not equal.
A country with this kind of inequality doesn’t have a chance to survive this shock.
We have to highlight these questions and insist they get addressed forcefully, so the Haiti we’re rebuilding doesn’t look like the Haiti that the earthquake just ravaged.
You know that often earthquakes provoke tsunamis, huge waves that come after the quakes that sometimes cause more damage than the quakes themselves. I’m afraid that there may be a social tsunami after this earthquake. There are people – Haitian and foreign – who, for their own reasons, can use the frustration of the Haitian people to create disorder, and then use that to pursue their own agenda. I’m not scared of the plots of Haitian politicians, but when they marry them with other governments or businessmen, it’s always very dangerous for Haiti.
I can’t accept that there is no alternative. I see one, but it will take a lot of work. It will require the Haitian people to begin organizing themselves again. It will also require a new political class to enter the scene. This political class is finished; their capacity to propose valid things is spent. For this new political class to emerge, we need youth, but youth with training – not just formal education, but political education that can take from their minds the idea that we can model Haiti on the vision of other countries, and in which we have to play catch-up. The idea of our adopting the model of supposedly more advanced countries like the U.S., that’s a choice, too, but it’s a choice of death. I would rather see us, instead of always trying to catch up, break away and make another path for our own development.

Beverly Bell has worked with Haitian social movements for over 30 years. She is also author of the book Walking on Fire: Haitian Women’s Stories of Survival and Resistance. She coordinates Other Worlds, www.otherworldsarepossible.org, which promotes social and economic alternatives. She is also associate fellow of the Institute for Policy Studies.

 

Haïti : Le black-out revient, les sinistrés électrifient leurs tentes 
HPN  / Posté le 16 avril 2010

Fini l’enchantement post-séisme, le temps béni où l’électricité était fournie 24/24 à Port-au-Prince. Voici revenus les beaux jours du black-out. Chassez le naturel, il revient au galop.

Dans certains communes de la capitale comme Carrefour, l’électricité est fournie au compte-gouttes, à peine quatre ou cinq heures par jour, de préférence tard dans la nuit, comme si la compagnie jouait au chat et à la souris avec la population.

C’est la même situation du côté de Frères, à Pétion-ville. Un habitant de la commune de Tabarre, circuit prioritaire, dit lui recevoir l’électricité de 10h pm à 7h am. A Pétion-ville, l’électricité est fournie davantage dans la journée, à partir de 8h pour 5h pm.

Mais le black-out revient en force et ces coupures sont dues surtout aux nombreuses prises illégales sur le réseau qui se sont multipliées après le séisme. En effet, les tentes sont électrifiées dans les camps, dans les rues et ailleurs. Et cela n’est pas une initiative de la compagnie de l’électricité d’Etat d’Haïti qui n’a pas de plan d’électrification des tentes, selon un responsable de l’EDH.

« Nous projetons de distribuer des lampes électriques sous les tentes, mais pas d’électrification en vue, car cela peut être dangereux », indique-t-il.

Sous les tentes, dans les abris provisoires, les gens veulent reproduire leur vie d’avant. Ils transportent leurs appareils électroniques (radio, TV, ventilateurs, fers a repasser) dans leurs nouveaux habitats pour avoir un minimum de confort. Et tout ce beau monde-là se branche sans sourciller illégalement sur le réseau électrique.

La prise clandestine sous les tentes est l’un des gros problèmes auquel fait face actuellement la compagnie d’électricité haïtienne Des nombreuses prises pullulent dans les camps, et c’est une pratique très dangereuse selon un responsable de l’EDH. D’autant plus que ces prises se font avec des fils inappropriés, parfois trop fins. Les tentes étant en toile, cela peut provoquer un immense incendie.

 

Les soldats coréens à Léogâne

Située à quelque 35 km à l’ouest de Port-au-Prince, la ville de Léogâne a été l’une des villes les plus touchées par le séisme du 12 janvier. Ce désastre a laissé derrière lui des besoins énormes, surtout dans le domaine médical. Sur place sont à l’œuvre nombre d’acteurs parmi lesquels le contingent coréen de la MINUSTAH, qui fournit entre autres des soins médicaux aux populations affectées.
Surnommé Danbi (la pluie longtemps attendue), le contingent coréen s’est établi au pays après le séisme du 12 janvier et entend participer activement à la reconstruction de Léogâne lourdement dévasté par le tremblement de terre. L’engagement Coréen s’explique, selon son président Lee Myung-bak, par la dette que la Corée doit aux nations des Caraïbes durant la Guerre de Corée (1950-1953). «Haïti était un de nos alliés durant la guerre. Nous devons lui en être reconnaissant» a-t-il dit, appelant à plus d’efforts pour aider Haïti dévasté par le tremblement de terre.
Fort de 240 soldats de maintien de la paix, le contingent coréen est composé d’une centaine d’ingénieurs militaires et d’une équipe médicale composée de sept médecins, un chirurgien et quatre infirmières qui, sur place, dispensent divers soins médicaux et procède aussi à des opérations chirurgicales. Sept tentes ont été aménagées au niveau de l’entrée de Léogâne et servent de clinique. Des consultations sont offertes du lundi au vendredi. Des cas d’urgence peuvent également être reçus le weekend.
Autre action des casques bleus coréens au profit de la population de Leogâne, l’approvisionnement en eau potable. Pour cela, la compagnie de génie de la République de Corée creusent des puits à travers la ville, ce l’aide de leurs équipements. Ces derniers organisent également des distributions d’aide alimentaire.
La présence et les actions des soldats de la paix coréens sont très appréciées à Léogâne. Pour le maire de la ville, Alexis Santos, «le travail effectué par les casques bleus coréens apporte de l’espoir à la population locale». De son côté, le chef de la police locale, Auguste Alain, affirme qu’il est « impressionné par la promptitude et le dévouement des Coréens».
Depuis son établissement dans cette ville côtière, le 27 février dernier, ceux-ci ont déjà fourni une assistance médicale à plus de 1.800 personnes.

 

Haïti : de manière quasi invisible, le pays passe sous tutelle étasunienne

Bellaciao / vendredi 16 avril 2010

Dans la suite de nos fretages sur Haïti voici le relais d’un article paru dans La Presse relevé sur cyberpresse.ca :

(Port-au-Prince) On le savait, on l’a bien constaté dans les jours suivant le tremblement de terre et c’est encore plus vrai aujourd’hui, trois mois plus tard : c’est Washington qui dirige et dirigera Haïti.

On entend beaucoup de mensonges et de demi-vérités à propos d’Haïti dans les cercles de la communauté internationale, mais la plus grande supercherie est de continuer de parler de la souveraineté d’Haïti et de son gouvernement.

La présence américaine est moins spectaculaire trois mois après le séisme, la plupart des Marines ont quitté Port-au-Prince, mais en coulisse, le département d’État (dirigé par Hillary Clinton, femme de l’émissaire de l’ONU pour Haïti, Bill) s’active pour avoir les coudées franches.

Un plan de reconstruction de plus de 10 milliards de dollars sur 15 ans, cela représente de belles occasions d’affaires pour les entreprises américaines. En plus, les Américains veulent construire une success-story en Haïti.

Mais il faut d’abord un cadre légal et politique.

Le cadre légal, il a passé la dernière étape, hier au Sénat, avec l’adoption d’un projet de loi prolongeant de 18 mois l’état d’urgence. Cette loi donne au gouvernement haïtien (avec les membres de la communauté internationale nommés au sein d’une commission intérimaire) des pouvoirs extraordinaires, comme passer des contrats sans appel d’offres, fermer des camps et expulser ses habitants, réquisitionner des immeubles ou des terrains.

L’adoption de ce projet de loi a été fortement encouragée par Washington. Il donne les moyens d’aller vite, sans avoir trop de comptes à rendre.

Déjà, l’expulsion de sinistrés bat son plein depuis trois jours à Port-au-Prince, faisant monter de plusieurs crans la tension en ville.

L’administration américaine insiste par ailleurs pour que le gouvernement haïtien adopte une loi interdisant aux fournisseurs d’augmenter leurs prix de façon déraisonnable.

L’administration américaine planche par ailleurs sur un plan énergétique majeur, incluant la construction de lignes de transmission, la rénovation de barrages et la distribution de propane (pour remplacer le charbon).

L’énergie, c’est le pouvoir, de nos jours. Le président du Venezuela, Hugo Chavez, s’est fait bien des amis en Amérique du Sud en distribuant son pétrole en vertu de généreuses ententes, notamment ici. Justement, une grève au Venezuela a provoqué ces derniers jours une pénurie d’essence à Port-au-Prince.

L’administration américaine, à couteaux tirés avec Hugo Chavez, ne tolérera pas une telle situation.

« Gardez les yeux ouverts », suggérait en entrevue le premier ministre Jean-Max Bellerive aux Canadiens qui craignent la corruption et le fiasco financier de l’aide internationale en Haïti.

http://www.primitivi.org/spip.php?article298

 

Haïti-séisme : plan de reconstruction, abris transitoires durables sous les auspices des Nations Unies
Opérations en 4 phases, conduites par l’Unops

par Ronald Colbert

P-auP, 16 avril 2010 [AlterPresse] — Dans le but d’établir un plan de reconstruction, comme partie de 4 phases d’engagement après le 12 janvier 2010 , l’agence de service de projets de l’organisation des Nations Unies (United Nations Office for Project service / Unops) pilote actuellement à Port-au-Prince, en collaboration avec le ministère des travaux publics, transports et communications (Mtptc), un « projet d’évaluation des dommages subis par l’infrastructure », pendant le tremblement de terre, apprend l’agence en ligne AlterPresse.

D’une durée prévue de six mois, le projet devra déterminer lesquels, parmi les 200,000 bâtiments affectés dans le séisme, peuvent accueillir des habitants et subir des travaux de reconstruction. Il est financé par la Banque mondiale et le gouvernement britannique au travers d’un accord bilatéral de 2,8 millions de dollars américains (US $ 1.00 = 41.00 ; 1 euro = 56.00 gourdes aujourd’hui).

L’Unops a pour tâche de certifier les 300 ingénieurs locaux qui, à la suite d’une formation sur le matériel et les techniques d’évaluation des catastrophes, ont entamé le processus d’évaluation de l’état des bâtiments.

Plusieurs maisons, dans la zone métropolitaine de la capitale, sont marquées avec l’inscription “Mtptc” en rouge, jaune ou vert, en fonction de la gravité ou non des anomalies relevées par les équipes d’évaluateurs du ministère des travaux publics. Munis de marteaux, d’appareils de positionnement par satellite (GPS) et de bombes aérosol de peinture, ces derniers sillonnent la capitale depuis le 25 janvier 2010 en arborant des maillots rouges, jaunes, verts ou bleus.

Après une vérification des murs, des poteaux, des poutres, du sol et de la dalle, une maison portant la couleur rouge indique un niveau de grave danger de sécurité de la maison qui doit être détruite et reconstruite.

L’inscription jaune signale la nécessité de réparation préalable des parties endommagées, tandis que la couleur verte donne une certification de sécurité à la maison visitée, où des réparations mineures sont recommandées.

4 phases d’opérations, conduites par l’Unops

L’évaluation des dégâts en infrastructure constitue la première des 4 phases des opérations conduites par l’Unops, après le séisme du 12 janvier, en vue d’élaborer, avec le Mtptc, un ensemble de standards nationaux en matière de construction en Haïti.

Une deuxième phase d’opérations, mises en œuvre par l’unops en collaboration avec la Mission des Nations Unies de stabilisation en Haïti (Minustah), est l’installation et la gestion de camps de personnes déplacées dans cinq zones sélectionnées par le gouvernement. Dans ce cadre, l’Unops fournit actuellement des recommandations techniques dans le but de limiter les risques d’inondation, liés à la saison des pluies, dans 10 camps de personnes déplacées.

Pour la troisième phase d’opérations, suite au tremblement de terre, l’Unops se penche sur la construction d’abris transitoires durables, pour laquelle un site de production a été déjà établi afin d’ “ériger 600 maisons de bois pouvant résister à la saison des pluies et pouvant durer entre 3 et 5 ans”. Les bénéficiaires de ces abris transitoires durables sont identifiés au cours de l’ l’évaluation des dommages subis par l’infrastructure et au sein des nouveaux camps, dans la perspective de “fournir aux familles un foyer sûr et digne afin de leur permettre de retrouver une vie familiale normale et de se consacrer à leur travail”.

Dans une 4e phase d’opérations, consécutives au séisme, l’agence de service de projets des Nations Unies se consacre à la reconstruction d’autres types d’infrastructures, comme des institutions gouvernementales clés (qui ne sont pas encore précisées), la réhabilitation des routes ainsi que d’autres projets d’accès de base.

Sur ce chapitre, avec l’apport de la Minustah, l’Unops informe de la mise en œuvre de travaux de réhabilitation de la route reliant Jacmel (chef-lieu du département géographique du Sud-Est, également affecté dans le tremblement de terre) à Léogane (municipalité sise à une trentaine de km au sud de la capitale et grandement secouée dans le séisme du 12 janvier dont l’épicentre du janvier se trouvait à proximité). L’Unops se penche également sur un projet de nettoyage du canal traversant la capitale et drainant généralement vers la mer les eaux domestiques et celles des pluies.

Fournir des abris d’urgence à plus d’1 million de personnes d’ici le 1er mai 2010

Globalement, les Nations Unies voudraient atteindre, d’ici le 1er mai 2010, un nombre d’ 1.3 millions de personnes dans la distribution d’abris d’urgence. A date, plus de 3,5 millions de personnes – dont plus d’un million en abris d’urgence et 1,3 million en eau potable – ont reçu une assistance alimentaire du bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’Onu (Ocha en anglais), en plus de trousses d’hygiène fournies à 510 mille personnes et de la vaccination (contre certaines maladies) faite à plus de 500 mille autres personnes.

Parallèlement, le fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa) a distribué 17 mille lampes solaires dans les camps de personnes déplacées, rapporte Ocha.

D’autres interventions d’urgence ont eu lieu, en éducation avec le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (Unicef), pour laquelle 1,400 tentes scolaires ont été fournies, et en agriculture avec l’organisation des Nations Unies en alimentation et agriculture (Fao), laquelle, en plus de pioches et machettes, a alloué 95 tonnes de semences de haricots, 30 tonnes de niébé, 47 tonnes de semences de maïs et 1.75 tonne de semences pour légumineuses à plus de 9 000 familles d’agriculteurs des communes de Léogane, Petit-Goâve, Grand-Goâve, Gressier (Ouest d’Haïti), Jacmel, Cayes-Jacmel et Marigot (Sud-Est), ajoute Ocha

 

Quatre soldats espagnols morts dans un accident d’hélicoptère en Haïti

PORT-AU-PRINCE – Quatre soldats espagnols sont morts vendredi dans un accident d’hélicoptère en Haïti, près de la frontière dominicaine, a annoncé à l’AFP le porte-parole de la Mission de l’ONU de stabilisation dans le pays (Minustah).

"Les quatre militaires espagnols sont morts", a déclaré ce porte-parole, George Ola-Davies après avoir annoncé plus tôt que leur appareil s’était écrasé. Les décès ont été confirmés dans un communiqué par le ministère de la Défense espagnol.

A Madrid, une source gouvernementale a indiqué que la ministre de la Défense espagnole, Carme Chacon, se rendrait en Haïti samedi, accompagnée du général Jose Julio Rodriguez, afin d’y recueillir des informations de "première main" sur les circonstances du drame.

Le consul général d’Espagne en Haïti, Juan Pedro Gomez, a dit à l’AFP ne pas connaître l’objet de la mission des quatre militaires décédés dans cette région montagneuse où 11 Casques bleus avaient perdu la vie en octobre dernier dans un accident d’avion.

Le décès des Espagnols, envoyés en Haïti après le séisme, a été constaté par les équipages de deux hélicoptères américains Blackhawk qui ont été dépêchés sur les lieux où l’appareil s’est écrasé, a précisé M. Ola-Davies.

L’accident, qui s’est produit à Fond Verrettes, à une cinquantaine de kilomètres à l’est de Port-au-Prince, vers 10H30 locales (15H30 GMT), est pour le moment inexpliqué, a poursuivi M. Ola-Davies.

Les dépouilles des soldats "sont en train d’être récupérées et seront rapidement rapatriées en Espagne", a dit M. Gomez.

Dès le signalement de la disparition de l’appareil espagnol, un hélicoptère chilien de la Minustah avait été envoyé sur zone mais n’avait pas pu se poser, nécessitant l’aide des Blackhawk américains, avait indiqué plus tôt M. Ola Davies, parlant de "dégâts énormes".

L’hélicoptère espagnol faisait partie d’un détachement d’environ 450 soldats envoyés en Haïti par Madrid, à bord du navire Castilla, après le séisme du 12 janvier, qui a fait au moins 220.000 morts et 1,3 million de sans-abri, a précisé le numéro 2 de l’ambassade d’Espagne.

Ils ne font pas partie des forces de l’ONU déployées dans ce pays.

Trois autres appareils espagnols avaient quitté leur porte-hélicoptères qui mouille au large de Petit-Goâve (ouest de Port-au-Prince) pour participer aux recherches, a ajouté M. Ola-Davies.

En octobre dernier, 11 Casques bleues ont perdu la vie dans l’écrasement de leur avion dans cette même région frontalière très difficile d’accès, bien que proche de la capitale haïtienne.

L’appareil, un CASA 212 appartenant au contingent uruguayen de la Minustah, transportait six soldats uruguayens et cinq militaires jordaniens, quand il a percuté le flanc d’une montagne.

L’avion était en train de réaliser une mission de reconnaissance près de la frontière avec la République dominicaine quand il s’est écrasé.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :