L’ESSENTIEL

28 Juil

Haïti – Politique : Préval écrit à Castro

HAITI LIBRE – 28/07/2010 05:57:06

Dans une lettre de félicitation envoyée au Général Raúl Castro Ruz et au Commandant en Chef Fidel Castro Ruz, à propos de la célébration du 57 ème anniversaire de l’assaut des quartiers Moncada et Carlos Manuel de Céspedes, le 26 juillet 1953, le président haïtien René Préval, a réaffirmé son admiration et sa reconnaissance aux leaders valeureux de Cuba de la Révolution qui ont permis « non seulement de transformer la vie de son peuple mais aussi de porter les bénéfices aux peuples frères au moyen d’une vraie solidarité, sans mesquineries ».Le chef d’État haïtien rappelle que quelques heures après le séisme du 12 janvier dernier, qui a coûté la vie à plus de 250 000 personnes, la coopération médicale cubaine, qui était déjà présente en Haïti depuis 1998, s’est vu immédiatement renforcer.René Préval considère « particulièrement heureux l’anniversaire de ce fait déterminant dans une histoire exemplaire, pour les peuples sur la voie de la libération et du développement ».

 

Wyclef Jean attendu en Haïti cette semaine

Le célèbre artiste et potentiel candidat aux présidentielles devrait lever le voile sur ses intentions au moment où son oncle Raymond Joseph, ambassadeur d’Haïti aux USA, s’apprête à se lancer également dans la course

Radio Kiskeya / mardi 27 juillet 2010,

Wyclef Jean, dont les rumeurs sur une éventuelle candidature aux prochaines présidentielles tendent de plus en plus à se confirmer, sera à Port-au-Prince à la fin de cette semaine alors que son oncle, Raymond Joseph, vient de mettre son nom sur la liste des prétendants, rapporte mardi le Christian Science Monitor.

Le rapeur international haïtien aura l’occasion de répondre à des questions sur ses ambitions politiques, une annonce importante pourrait même intervenir, souligne le journal américain.

L’intéressé serait d’ores et déjà en possession de tous les documents administratifs exigés par la loi électorale pour se porter candidat à la plus haute fonction élective du pays.

Se prévalant de sa nationalité haïtienne, Wyclef Jean avait affirmé qu’il s’était rendu aux urnes en 2006 pour voter René Préval redevenu Président pour son second et dernier mandat.

Un an plus tard, le chef de l’Etat devait désigner l’artiste au poste honorifique d’ambassadeur de bonne volonté d’Haïti. Cependant, les deux hommes seraient aujourd’hui en froid au point que la star du hip-hop s’est vu retirer les gardes du corps que la présidence mettait toujours à sa disposition à chacun de ses fréquents séjours à Port-au-Prince.

Faisant état de la popularité de M. Jean parmi les jeunes haïtiens, le Christian Science Monitor s’interroge parallèlement sur ses capacités à devenir un dirigeant politique visionnaire capable de relever les nombreux défis auxquels est confronté un pays ravagé par le tremblement de terre de janvier.

Des citoyens moyens interviewés émettent ouvertement des doutes sur la compréhension de l’homme de la complexité de la société haïtienne. Certains vont même jusqu’à le voir "comme un américain".

Parallèlement à Wyclef Jean qui se profile comme un potentiel aspirant à la présidence, son oncle et ambassadeur d’Haïti à Washington, Raymond Joseph, ne cache plus ses prétentions politiques. L’ex-directeur de l’hebdomadaire Haïti Observateur a fait savoir au Christian Science Monitor qu’il va annoncer officiellement sa candidature la semaine prochaine.

"Ray" Joseph bénéficierait du soutien de son célèbre neveu dont il a joué un rôle fondamental dans la fulgurante carrière musicale.

Dans un communiqué rendu public mardi soir à Port-au-Prince, le Conseil électoral provisoire, très contesté par une partie de l’opposition, a appelé les prétendants au fauteuil présidentiel à faire le dépôt de leur candidature à partir de ce jeudi. La période d’inscription prendra fin le 7 août prochain.

Les élections présidentielles et législatives sont fixées au 28 novembre.

 

Wyclef Jean à la présidence d’Haïti – Un éventuel cauchemar pour les oncles Sam et Napoléon

Wilson Saintelmy, Montréal  28 juillet 2010 / LE DEVOIR
Wyclef Jean a le potentiel d’être à la génération hip-hop en Haïti ce que Barack Obama est à la génération «Nexus» aux États-Unis.<br />
Photo : Agence France-Presse Gustavo Caballero
 
Wyclef Jean a le potentiel d’être à la génération hip-hop en Haïti ce que Barack Obama est à la génération «Nexus» aux États-Unis.
Selon toute vraisemblance, la pop-star américaine d’origine haïtienne Wyclef Jean s’apprête à déposer sa candidature aux prochaines élections présidentielles en Haïti, fixées au 28 novembre 2010. Si les rumeurs étaient fondées, un tel geste aurait une portée beaucoup plus considérable qu’il n’apparaît à première vue.

Précisons que la recevabilité de la candidature de Wyclef Jean risque d’être le principal obstacle sur son parcours vers la magistrature suprême de l’État haïtien. Cependant, son éventuelle participation aux prochaines joutes présidentielles en Haïti semble avoir été accueillie avec le même scepticisme que celle de Barack Obama à l’investiture démocrate. Erreur. Il ne faut pas sous-estimer une telle initiative.

René Préval est de plus en plus assimilé à l’avatar haïtien de George W. Bush. Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 est à celui-là ce que le 11 septembre 2001 et l’ouragan Katrina furent à celui-ci. De plus, Wyclef Jean a le potentiel d’être à la génération hip-hop en Haïti ce que Barack Obama est à la génération «Nexus» aux États-Unis. D’autant que Port-au-Prince a de plus en plus l’allure du «Bronx des Antilles». Jusque-là, rien pour donner des migraines aux puissances tutrices et à l’élite créole d’Haïti.

Mais lorsque ces dernières et les médias réaliseront que Jean risque d’être davantage l’avatar de Jean-Bertrand Aristide ou d’un Hugo Chavez plutôt que celui du Terminator, ils anticiperont à sa juste mesure l’impact de son éventuelle élection à la présidence d’Haïti. Un tel scénario serait la deuxième humiliation infligée par un «outsider» à l’élite politique haïtienne. Ce serait également un deuxième Waterloo politique, après celui de 1990, pour la communauté internationale concernant la mouvance populiste haïtienne telle qu’incarnée jadis par Jean-Bertrand Aristide.

Comme Aristide

Wyclef Jean est porteur de la même symbolique messianique que ce dernier. Il émerge comme son dauphin potentiel, du moins dans l’imaginaire des déshérités d’Haïti.

Tout comme Aristide, Jean est d’origine modeste, issu de la majorité bossale. Tout comme Aristide en 1990, Wyclef Jean est, en 2010, l’Haïtien le plus populaire à l’étranger en raison de sa célébrité artistique, et en Haïti, davantage pour son activisme social.

Avocats de la cause des pauvres, les deux hommes font désormais partie de la gauche progressiste de la diaspora haïtienne. Les deux auraient fait le saut en politique dans la trentaine avancée. Les deux sont des virtuoses de l’irrationnel; l’un par la théologie de la libération; et l’autre, par celle du hip-hop.

À l’instar d’Aristide, qui demeure un rescapé salésien devenu millionnaire, Jean est un miraculé du Bronx new-yorkais, béatifié dans la nouvelle Canaan et au panthéon mondial du hip-hop. Il apparaît aujourd’hui comme la réincarnation du rêve aristidien d’un lendemain meilleur pour la majorité bossale du pays.

Les deux hommes sont porteurs d’un double messianisme: judéo-chrétien et socio-économique (que l’on retrouve au coeur de la théologie de la libération et celle du hip-hop). Le potentiel révolutionnaire d’une expérimentation politique concrète de cette dernière religion musicale ferait désormais partie du possible à travers une éventuelle élection de Jean à la présidence d’Haïti. Ce fut néanmoins le cas pour la théologie de la libération avec Jean-Bertrand Aristide. Et nous connaissons la suite.

Faillite de l’élite

Peu importe la dynamique future entre la théologie de la libération et le hip-hop en Haïti, Jean-Bertrand Aristide et Wyclef Jean demeurent le produit de la faillite spectaculaire de l’élite créole haïtienne; faillite matérialisée par l’incapacité avérée d’une telle élite à combler le vide de leadership observé notamment dans l’Haïti postséisme.

Wyclef Jean sera, dans l’imaginaire populaire, la rançon politique de la trahison et du comportement fratricide de René Préval envers Jean-Bertrand Aristide, son ex-frère jumeau. Voilà qui fait de Jean le dauphin non désiré du patriarche déchu. Il a le potentiel d’être à Jean-Bertrand Aristide ce que Josué fut à Moise, prophétise déjà la mouvance aristidienne. Pour celle-ci, le double exil infligé à Aristide équivaut à une persécution inquisitive, sinon à un double pèlerinage forcé pour l’ex-président.

Cependant, par-delà l’interprétation caricaturale qu’elle provoquera, une éventuelle candidature de Wyclef Jean à la présidence d’Haïti enverrait un message non équivoque quant à la détermination de la diaspora haïtienne de démanteler l’embargo constitutionnel imposé à cette dernière par la Constitution de 1987.

Double révolution

Si Jean réussissait son pari, nous risquons d’assister à une double révolution en Haïti. Culturelle, la première verrait la langue créole émerger, pour la première fois dans l’histoire du pays, comme langue officielle prédominante avant l’anglais, question d’accommoder l’hypothétique nouveau chef d’État. Ultime forfait à l’oncle Napoléon: exit le français comme instrument bicentenaire de domination de la majorité bossale par la minorité créole.

Politique, la deuxième révolution s’ouvrirait sur deux avenues opposées. L’une risque de conduire Haïti vers un statut factuel de 51e État américain. L’autre l’engagerait sur l’autoroute bolivaro-chévariste, en tant qu’expression du populisme et de la mouvance néoprogressiste latino-américaine.

Plausible, ce dernier scénario serait une catastrophe politique pour l’oncle Sam. Démiurge du hip-hop, Jean n’a pas la carrure conservatrice d’un Schwarzenegger. Son univers mental est buriné par la solidarité organique et la culture revendicative des ghettos du Bronx new-yorkais.

Le hip-hop est aux Afro-Américains ce que la théologie de la libération est à la gauche bolivaro-chévariste. Une éventuelle alliance entre le capital, le populisme, la théologie de la libération et celle du hip-hop en Haïti? Voilà ce que couve l’apparente banalité d’une hypothétique présidence de Wyclef Jean. À suivre.

***

Wilson Saintelmy, Montréal

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