L’ESSENTIEL DE L’ACTUALITE EN HAITI

7 Août

C’est officiel, Jude Célestin candidat pour INITE
HAITI LIBRE – 07/08/2010 10:06:13

Haïti - Élections : C’est officiel, Jude Célestin candidat pour INITE

Après plusieurs semaines d’hésitations, de contradictions, de déchirements, de rumeurs et de volte face, Joseph Lambert, coordonnateur national de INITE à confirmé au sortir du conseil de la plateforme au Palais National, que le chef de l’Etat, René Préval, et le directoire de la plateforme électorale INITE (Unité) on désigné Jude Célestin, directeur général du CNE comme le candidat à la présidence de la plateforme électorale de René Préval.
C’est donc une nouvelle et ultime volte face du parti INITE après le choix mardi dernier par le chef de l’État de l’ancien premier ministre Jacques Edouard Alexis. Ce dernier choix réconciliera le Sénateur Anacacis qui depuis le début était favorable au choix du patron du Conseil National des Équipements, Jude Célestin.
Joseph Lambert, à déclaré que l’ingénieur Jude Célestin représente la jeunesse (48 ans) la compétence, la loyauté et qu’il répond aux critères et exigences fixées par la plateforme INITE. Il en a profité pour lancer un appel à la population pour qu’elle apporte tout son soutien à Jude Célestin. Le candidat désigné devrait remplir samedi matin les formalités de dépôt de candidature auprès du Conseil Électoral Provisoire (CEP) à Delmas
Jude Célestin est généralement perçu comme le cheval de bataille du Chef de l’État qui n’hésite pas, chaque fois qu’il en à l’occasion d’y faire référence publiquement mettant en avant l’importance de la construction et de la remise en état des routes et ponts par le CNE dans tout le pays et, notamment, sa large implication dans les travaux de déblaiement des sites d’édifices dévastés par le séisme de janvier dernier.
Il n’y a pas de doute que les compétences de Jude Célestin en terme de reconstruction ne sont pas constable, ce qui l’est par contre pour l’opposition c’est les attributions, à plusieurs reprises, au profit du CNE d’achats d’équipements en dehors des règles de passation des marchés publics…

 

Les candidats pressent le pas : 15 inscrits avant le dernier jour

L’ex-Premier ministre Lavalas, Yvon Neptune, le titulaire des affaires sociales, Yves Cristalin, issu du même horizon politique, l’ancienne Sénatrice Myrlande Manigat, le notaire Jean Henry Céant et le pasteur Chavannes Jeune entrent en lice

Radio Kiskeya / vendredi 6 août 2010,

Déjà fortement en progression jeudi, le processus d’inscription des candidats aux prochaines présidentielles s’est nettement accéléré vendredi avec le dépôt des pièces de sept nouveaux aspirants, dont plusieurs personnalités de premier plan, ce qui porte à quinze le total des compétiteurs en lice à la veille de la fin samedi des opérations d’enregistrement.

Ont notamment défilé à la direction des opérations électorales, l’ancien Premier ministre Lavalas, Yvon Neptune, représentant de "Ayisyen pou Ayiti" (Les haïtiens pour Haïti), l’actuel ministre des affaires sociales, Yves Cristalin, de "òganizasyon Lavni" (Organisation Avenir), l’ancienne Sénatrice Myrlande Hyppolite Manigat, candidate du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP), le notaire Jean Henry Céant, qui se présente sous la bannière de "Renmen Ayiti" (Aimer Haïti) et la pasteur Chavannes Jeune de "Alyans kretyèn e sitwayèn pou rekonstriksyon Ayiti" (ACCRHA).

Certains des aspirants, Yves Cristalin en tête, n’ont pas lésiné sur les moyens pour mobiliser leurs troupes. Ses sympathisants portaient, en effet, des t-shirts avec l’écriteau "Cris kapab" (allusion aux croyances religieuses de la population et au nom du candidat) pendant que le chanteur Ti Pay, totalement dévoué à la cause de son leader, s’évertuait à créer l’animation sur un char musical.

Affichant son optimisme sur l’issue des élections, Yvon Neptune soutient qu’il est toujours au rendez-vous, prêt à assumer ses responsabilités dans les moments les plus difficles. Il a promis d’exercer un "leadership progressiste" en vue de sortir Haïti de l’impasse dans laquelle elle est plongée aujourd’hui.

L’ancien Premier ministre de Jean-Bertrand Aristide et ex-président du Sénat avait été libéré de prison en 2006 sans être jugé alors qu’il était inculpé pour son implication présumée dans le massacre de La Scirie, un quartier de St-Marc (Artibonite, nord) où des dizaines de personnes avaient été tuées en février 2004, selon des organisations des droits humains.

Pour sa part, la secrétaire générale du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes, Myrlande Hyppolite Manigat, s’est engagée à diriger le pays, en cas de victoire, avec les compétences haïtiennes d’ici et d’ailleurs dans une perspective de changement. Affirmant avoir décidé de s’engager dans la bataille présidentielle "en qualité de citoyenne et de femme", elle estime que le plus grand défi que la prochaine équipe gouvernementale devra relever est celui des conséquences multiples du séisme ayant cruellement touché Haïti, le 12 janvier.

Epouse de l’ancien Président démocrate-chrétien Leslie Manigat (fév.-juin 1988), Mme Manigat est aussi constitutionnaliste et vice-rectrice de l’Université Quisqueya.

Quant à Yves Cristalin, qui n’aurait pas encore abandonné ses fonctions de ministre des affaires sociales, il propose un "vaste programme de reconstruction d’Haïti" axé sur l’instauration d’un régime de protection sociale.

Issu comme Yvon Neptune de Fanmi Lavalas, M. Cristalin avait présidé la Chambre des Députés sous Aristide.

Enfin, Me Jean Henry Céant, qui pense pouvoir remporter les élections, justifie sa présence dans la course par la nécessité de mettre fin à la "descente aux enfers d’Haïti". La réforme du système de santé et la construction d’abris sûrs au profit des sinistrés du séisme figurent parmi les priorités du candidat.

Notaire public de profession, Jean Henry Céant est également vice-président de l’organisation socio-politique Aimer Haïti.

Marqué jeudi par le dépôt de candidature de la star du hip-hop Wyclef Jean, le processus d’inscription doit prendre fin officiellement samedi alors que tard vendredi soir l’incertitude planait encore sur l’identité du candidat de la plateforme présidentielle INITE (Unité) dont les dirigeants sont à couteaux tirés suite à la désignation controversée de l’ancien Premier ministre Jacques-Edouard Alexis.

Une partie de l’opposition continue de réclamer le destitution du Conseil électoral provisoire chargé de l’organisation des présidentielles et législatives du 28 novembre qui permettront de désigner le successeur de René Préval arrivé en fin de mandat .

 

Haiti : L’introuvable classe moyenne

ALTERPRESSE / vendredi 6 août 2010

Débat [1] par Marc Léo Laroche*

Au coeur de cet été 2010 en Haïti, il y a lieu d’être foncièrement déprimé tant en raison de ce qui se passe sur le front des prochaines élections que de ce qui ne se passe pas en vue de l’amélioration des conditions de vie des sinistrés du séisme. Pendant ce temps, les hommes du pouvoir, quand ils ne spéculent pas sur les avantages à tirer de la reconstruction, batifolent en jouant aux manœuvres les plus machiavéliques leur permettant éventuellement de se succéder à eux-mêmes. Bien entendu, ils ne manqueront pas d’évoquer et de prendre à leur compte, les machinations qui ont fait leur preuve dans les années 90 quand la source du vrai pouvoir s’était déplacée à Tabarre ! En attendant, que leur importe les cris éplorés de la canaille ? De toute façon, ils en ont l’habitude. Cela fait très longtemps qu’ils ont appris à se mettre des œillères et à se boucher les oreilles. D’ailleurs, Néron, ne s’était-il pas amusé à chanter et à jouer de la lyre pendant que Rome brûlait ?

Le drame de ce pays est sans borne. C’est une tragédie grecque en permanence sous les tropiques. S’il est vrai qu’on a les hommes politiques qu’on mérite, à cette aune, les Haïtiens doivent être très peu méritoires. Pourtant, il ne leur suffit pas de supporter continuellement la domination des margoulins et des politicards et de subir inlassablement les affres de tous les cataclysmes de la nature, il leur faut encore s’accommoder des avatars d’un événement singulier dont les répercussions ne sont pas toujours manifestes du premier coup. Ce phénomène qui n’est autre que la fracture sociale par laquelle le pays s’est trouvé vidé d’une partie de sa population par l’émigration est unique dans son genre et n’a pas fait l’objet de toute l’attention qu’il aurait méritée.

Ce qui est significatif dans cette fracture, c’est l’importance de la ponction qui a été faite dans le tissu social de la nation. Le temps de quelques décennies, le pays s’est vidé de ses professionnels et de ses cadres potentiels, une partie importante du membership de sa classe moyenne. Dans les commentaires des analystes, ce phénomène est étudié en soi ou en regard de l’apport de la diaspora à la société-mère. Il n’y a, à ma connaissance, aucune étude sur les effets de cette saignée sur l’évolution d’Haïti, particulièrement, en rapport avec la constitution de la classe moyenne.

Or, les effets sont considérables. Ils sont tels que l’équivalent dans l’ordre géophysique ou géographique aurait été perçu comme un accident géologique d’importance avec des conséquences néfastes sur cette portion de la biosphère. Mais L’événement sociologique n’avait pas amené les analyses qu’il justifiait pas plus qu’il n’avait permis de tirer les conclusions qui s’imposent pour la gouverne du pays.

Car la perte par une société de la plus grande partie de sa classe moyenne est loin d’être anodine. Dans tous les pays sous-développés, cette classe est la colonne vertébrale du développement. Elle est le moteur de l’économie par son éducation, son dynamisme et son ingéniosité. En plus de générer les industries dont le pays a besoin pour se développer, elle occupe la première place dans la consommation des produits de transformation. De sorte que, du jour au lendemain, le pays s’est trouvé privé de ce qui aurait pu être le fer de lance de son économie. La ponction faite à cette classe n’a pas rendu possible l’élaboration d’une dynamique favorable à l’éclosion des conditions du développement.

À la veille de l’an 2000, la structure de classes en Haïti était semblable à ce qu’elle était du temps de la colonie avec un poids relatif de 10 à 13% pour la classe moyenne ou celle des affranchis. Dans les deux cas, une structure pyramidale à très large base populaire qui s’effile du milieu au sommet. Avec l’extraction des éléments les plus significatifs de la population en termes éducatifs, soit les professionnels, les cadres et les entrepreneurs potentiels, c’est une situation de stagnation voire de régression qui est générée, comme si en 200 ans, aucune mobilité sociale n’a été possible. Il y a, en effet, un lien majeur entre l’importance statistique de la classe moyenne dans la structure démographique d’une société et son démarrage vers son développement. Il en est de même lorsque cette société franchit la ligne imaginaire qui l’autorise à porter le nom de société émergente. Cela vaut pour les géants comme la Chine et l’Inde comme cela vaudrait pour un lilliputien comme Haïti.

L’état de la situation d’Haïti commandait donc une réaction de la part du gouvernement. À défaut de trouver des solutions réellement adéquates, il aurait été possible d’y remédier un tant soit peu par des mesures circonstancielles compensatoires. La première de ces mesures aurait été la non-interdiction de la double nationalité. À cet égard, les constituants de 1987 ont raté une bonne opportunité d’être utiles au pays. Ils auraient été, en effet, bien avisés de tenir compte de la problématique sociologique du pays avant de maintenir le statu quo dans la nouvelle constitution. En regard des conditions sociales d’alors, ce n’était pas seulement une erreur, c’était une faute.

Bien entendu, une telle mesure n’aurait pas déclenché le retour des émigrés, mais en leur permettant de recouvrer leurs droits politiques de citoyens, un premier pas aurait été fait en vue de leur intégration dans l’organisation sociale du pays, générant potentiellement par le fait même, des apports plus substantiels, à beaucoup d’égards, que les centaines de millions qu’ils libèrent annuellement dans l’économie du pays. [2] Mieux encore, cela aurait permis d’impulser les différents secteurs de la société afin, ultimement, de favoriser le démarrage vers le développement.

On peut mettre en perspective les étapes de la croissance économique ainsi que les moyens techniques pour y parvenir. Mais, on doit savoir que cette croissance est supportée par une classe sociale dont les attributs en font la plus dynamique et la plus industrieuse. D’ailleurs, même dans les sociétés bénéficiant d’une structure économique qui les classe d’emblée parmi les sociétés riches, la classe moyenne continue à jouer un rôle important. C’est sur elle que repose en grande partie l’assiette fiscale à la base des budgets gouvernementaux. Autant dire que pour l’équilibre et le développement du pays, il est de la plus haute nécessité que la fracture sociale soit comblée ou, à défaut, que des mesures gouvernementales soient prises en conséquence. La première d’entre elles pourrait être l’abolition des articles 13 et 15 de la constitution.

Corrélativement, il importe aussi que des alternatives à l’aide internationale soient envisagées. À cet égard, parallèlement aux mesures permettant aux émigrés de recouvrer leurs droits politiques de citoyens, on peut être porté à souscrire à quelques-unes de celles préconisées par l’économiste Jean-Eric Paul [3]. Selon ce dernier, la création, entre autres, d’une banque nationale de développement suivie du lancement d’un grand emprunt national auprès des membres de la diaspora serait une alternative valable à la dépendance de l’aide internationale pour amorcer le développement du pays. Dans son point de vue, la réussite d’un tel projet suppose que les normes de gestion les plus rigoureuses soient éventuellement respectées.

À condition, en effet, que cette banque soit munie de tous les garde-fous de gestion nécessaires pour empêcher la corruption ou les prévarications, sans oublier bien entendu, la compétence des administrateurs au premier chef, cette idée vaut la peine d’être étudiée. Il va sans dire que les chances de mener à bonne fin un tel projet sont d’autant plus grandes que le contentieux concernant la prohibition de la double nationalité ait été réglé dans le sens des revendications populaires.

*Sociologue

3 juillet 2010

www.cramoel.blogspot.com

[1] Il n’est pas question de soulever la controverse entourant la notion de classe moyenne. Le but ici c’est, non pas d’y aller d’une analyse sémantique ou conceptuelle, mais de faire une observation pragmatique.

[2] On évalue à près de deux milliards les sommes libérées par la diaspora dans l’économie haïtienne annuellement sans compter les sommes dérivant des activités informelles.

[3] Jean-Eric Paul : Existe-t-il une alternative à l’aide internationale ? Le Matin nov 2008

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