HAITI RECONSTRUCTION

21 Août

Haïti – Reconstruction :

V – Les économies régionales
HAITI LIBRE – 20/08/2010 08:11:04

Haïti - Reconstruction : V - Les économies régionales

Le plan de reconstruction d’Haïti qui a servi de document de référence aux bailleurs de fonds internationaux a été élaboré à partir d’objectifs et de stratégies territoriales en vue de la reconstruction définies par le Comité Interministériel d’Aménagement du Territoire (CIAT). Ce sont certains de ces objectifs et stratégies territoriales du gouvernement haïtien que nous vous proposons de découvrir dans une série d’articles. Ce 5 ème volet, traite des économies régionales.
Les infrastructures principales vont redessiner le territoire haïtien. Autour des nouvelles dessertes par les ports, les aéroports et les routes, des économies régionales vont pouvoir se renforcer et concrétiser un principe d’attractivité qui ne soit plus concentrée seulement à Port-au-Prince. Cet objectif pour le futur trouve sa racine dans la nouvelle répartition des populations constatée un mois et demi après le séisme :
47% pour la région Nord
29% pour la région Capitale
24% pour la région Sud
Ces poids relatifs de la population donnent déjà une indication pour une répartition possible des efforts d’aménagement du territoire dans le futur. La phase de reconstruction va constituer un effet de levier dans ce sens, avec trois axes prioritaires :

  • le traitement des zones sinistrées
  • la prise en compte des 600 000 habitants qui ont trouvé refuge hors de la région capitale
  • l’accélération des chantiers environnementaux et agricoles pour permettre la sécurisation des populations et des nouvelles infrastructures.

La région Nord :
On peut considérer que la région Nord, et particulièrement le Centre et l’Artibonite, constituera dans le futur la meilleure chance pour structurer l’économie nationale. C’est aussi le seul endroit où un modèle de développement original mixant l’agriculture, l’élevage et les activités de transformation peut être imaginé à partir de la structuration d’un réseau de villes moyennes.
La côte Nord (Port de Paix, Cap Haïtien, Fort Liberté, Ouanaminthe) est aussi une zone à fort potentiel de développement. Un nouvel aéroport international réalisé sur le site de Madras ouvrirait la possibilité de développer une zone touristique de grand intérêt conçue selon trois axes :

  • le tourisme de masse mis en œuvre sur le secteur de l’habitation Dauphin, avec au centre la baie de Fort Liberté propice à la construction d’une grande marina d’hivernage pour les bateaux de plaisance
  • le tourisme historique concentré autour de la citadelle et de Cap Haïtien
  • le tourisme de nature et de découverte dans la zone située entre Borgne et Anse-à-Foleur, prolongée vers

Port de Paix et l’Ile de la Tortue :
Ces zones seraient le prolongement naturel des installations de la côte Nord de la République Dominicaine (Monte Christi et Puerto Plata). La pointe du Môle Saint Nicolas est très bien placée pour la réalisation d’un hub maritime international de conteneurs, mais elle offre aussi un réel potentiel touristique.
La région Capitale :
Elle tirera naturellement profit de sa reconstruction et de sa modernisation. En effet, son poids, même réduit au profit des autres régions, restera considérable. Dans la situation actuelle de réduction de la population, il n’y a pas forcément d’intérêt à imaginer de grandes extensions de la capitale. La reconstruction du centre est le premier enjeu, associée à la relocalisation des populations sinistrées (450 000 environ) dans de nouveaux quartiers fragmentés. Le véritable développement satellite au Nord doit être mis en œuvre sur le nouveau pôle urbain de Mirebalais, qui sera sans doute le lieu symbole de la décentralisation. La côte des Arcadins débarrassée de la circulation lourde retrouvera aussi sa vocation touristique liée directement à la capitale.
La région Sud :
Sur la côte Nord de la péninsule, Miragoâne fera le lien avec le réseau de villes situées dans la zone d’influence de Port-au-Prince : Léogâne, Grand Goâve et Petit Goâve. Les côtes Ouest et Sud, de Jérémie aux Cayes et à Jacmel, devraient redevenir l’espace d’excellence natu- relle et agricole qu’elles étaient. Pour cela, la bande côtière devra être confortée et protégée par le traitement des massifs. La création de deux parcs natio- naux, à partir des seuls massifs boisés existant encore, est pour cela une action préalable. La recomposition du paysage et la formation d’une police de l’environnement seront menées de front dans un tel cadre. Cette côte Sud tournée vers la Jamaïque, le Sud de la Caraïbe et l’Amérique Latine peut retrouver sa place dans l’offre mondiale du « tourisme de nature ». Il y a aussi la place sur cette côte pour un autre port. Des projets privés existent, qui sont peut-être viables dans le cadre d’un environnement restauré.
Le développement des filières de pêche est une action engagée autour d’un ensemble de villages côtiers. Elle devra être développée d’une façon rationnelle sur l’ensemble du littoral par des méthodes de pêche allant au – delà du plateau continental.

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-931-haiti-reconstruction-i-les-cites-en-reseau.html
http://www.haitilibre.com/article-937-haiti-reconstruction-ii-decentralisation-et-solidarites-regionales.html
http://www.haitilibre.com/article-941-haiti-reconstruction-iii-les-ports-et-aeroports.html
http://www.haitilibre.com/article-969-haiti-reconstruction-iv-la-gestion-integree-des-bassins-versants.html

HL/ CIAT

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