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24 Août
 
Haïti – Miss Univers 2010 : La couronne échappe à Sarodj Bertin
HAITI LIBRE – 24/08/2010 06:47:10

Haïti - Miss Univers 2010 : La couronne échappe à Sarodj Bertin
La cérémonie de Miss Univers 2010 avait lieu hier soir au Mandalay Bay de Las Vegas (Nevada), présentée par le rockeur Bret Michaels et Natalie Morales, de «Today» (programme de la chaîne américaine NBC).

Malgré ses nombreux atouts Sarodj Bertin, qui représentait Haïti au concours Miss Univers 2010, n’a pu se qualifier parmi les 15 finalistes du concours de beauté. Comme 70 autres candidates elle s’est inclinée devant les finalistes : la Colombie, Guatemala, République Tchèque, Porto Rico, l’Ukraine, le Mexique, la Belgique, l’Irlande, l’Afrique du Sud, la France, l’Australie, la Jamaïque, la Russie, l’Albanie et les Philippines, qui se sont disputées la couronne cette année.

Finalement c’est La mexicaine, Jimena Navarrete qui a remportée le titre miss Univers 2010.

Avec ou sans couronne Sarodj restera toujours la reine dans le cœur de tous les haïtiens, ou elle a su pendant ces derniers jours redonner le goût de rêver et la fierté à tout haïtien, homme ou femme.

 
 
 
Haïti – Élections 2010 : Leslie Voltaire se veut rassembleur
HAITI LIBRE – 24/08/2010 09:35:59

Haïti - Élections 2010 : Leslie Voltaire se veut rassembleur
Le Candidat agréé de la Plateforme «Ansanm nou fò» (Unis, nous sommes forts) Lesly Voltaire, architecte, ex ministre de l’Educaton, ex ministre des Haïtiens Vivant à l’Étranger, chef de cabinet sous les présidences d’Aristide et de René Préval et ancien envoyé spécial du gouvernement auprès du Secrétaire général des Nation Unies s’est présenté lundi comme un véritable rassembleur capable de mettre ensemble les différentes composantes de la population dans la perspective de la reconstruction du pays.

« Il ne faut pas laisser aux amateurs la destinée d’Haïti, la reconstruction c’est l’affaire de professionnels […] je serai un chef d’orchestre dans la construction de cet État moderne que nous voulons » plaidant pour une décentralisation basée sur un transfert des pouvoirs politiques et administratifs aux communautés. Du centre, il ambitionne de drainer tous les grands courants de Lavalas au bénéfice du développement, de la reconstruction, de la santé, l’éducation, et de la justice.
 
« Ce n’est pas une reconstruction qui va se faire pour les Haïtiens mais avec les Haïtiens sous ma présidence » La récupération de la souveraine nationale et l’éducation sont les priorités du programme qu’il compte appliquer une fois élu. Prônant la transparence et la participation. Il dit souhaiter une diminution graduelle des troupes de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haïti (Minustah) jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de casques bleus dans le pays au terme de son quinquennat.

 
 
 

Visite jeudi en Haïti du Secrétaire général de l’OEA

José Miguel Insulza aura des discussions avec les autorités haïtiennes sur des thêmes d’intérêt commun

Radio Kiskeya / lundi 23 août 2010,

Le Secrétaire général de l’Organisation des Etats américains, José Miguel Insulza, est attendu jeudi à Port-au-Prince pour une visite devant clôturer une mini-tournée latinoaméricaine et qui lui permettra d’aborder avec les autorités haïtiennes les questions d’actualité relatives à la reconstruction post-séisme et à l’organisation des prochaines élections.

Selon un communiqué de l’OEA rendu public lundi à Washington, le diplomate chilien s’entretiendra notamment avec le Président René Préval, le Premier ministre Jean-Max Bellerive et la ministre des affaires étrangères, Marie-Michèle Rey.

Avant d’arriver en Haïti, José Miguel Insulza se rendra au Costa Rica et en Colombie pour des discussions respectivement avec la Présidente Laura Chinchilla et Juan Manuel Santos, le nouveau chef d’Etat, successeur d’Alvaro Uribe.

Avec la Communauté Caraïbe (CARICOM), l’OEA dirige une mission d’observation électorale conjointe qui, grâce à un contingent 193 observateurs, suivra de près les différentes étapes nécessaires à l’organisation des élections présidentielles et législatives du 28 novembre.

 
 

Le Président équatorien attendu le 31 août à Port-au-Prince

Rafael Correa viendra évaluer sur place l’action post-séisme de son pays et de l’UNASUR

Radio Kiskeya / lundi 23 août 2010,

Le Président équatorien Rafael Correa, président pro tempore de l’Union des nations sud-américaines, effectuera en Haïti le 31 août une visite destinée à superviser les efforts de coopération entre l’UNASUR et notre pays sévèrement affecté par le violent séisme du 12 janvier.

Dans des déclarations faites lundi sur les ondes de la radio locale Sonorama et relayées par AP, le vice-chancelier équatorien Kinto Lucas a indiqué que M. Correa viendra à Port-au-Prince "avant de céder la présidence pro tempore de l’UNASUR afin de voir les réalisations que sont en train d’accomplir l’organisation et l’Equateur dans le cadre du processus de reconstruction".

Le responsable équatorien souligne que "Correa va passer un ou deux jours au maximum en Haïti et va s’entretenir avec le Président René Préval, visiter les différents campements où interviennent l’Equateur et l’UNASUR".

En laissant Port-au-Prince où il était déjà venu au lendemain de la tragédie de janvier, le chef de l’Etat équatorien se rendra successivement en Corée du Sud et au Japon pour des visites à caractère économique.

Les douze pays membres de l’Union des nations sud-américaines ont créé un fonds spécial de 100 millions de dollars en faveur d’Haïti qui a accusé un bilan de 300.000 morts, 300.000 blessés et 1,5 million de sans-abri.

 
RADIO METROPOLE / Mardi, 24 août 2010 13:18

Haïti sera dotée prochainement de 5 nouveaux sismomètres

Un accord a été signé la semaine dernière entre le Bureau des mines et le projet WINNER en vue de l’installation prochaine de 5 sismomètres dans le pays.

Selon le directeur du Bureau des Mines, Dieuseul Anglade, cet accord a pour but de prévenir les risques sismiques en Haïti.

« L’objectif est de mettre en place un réseau de surveillance sismique », a déclaré le responsable du Bureau des mines, tout en faisant remarquer que l’acquisition de ces cinq sismomètres vient renforcer le processus de collecte de données, dans le cadre de l’étude des failles, qui est actuellement en cours de réalisation.

Monsieur Anglade, a précisé que des marqueurs GPS seront également installés dans les zones concernées par ce projet financé par l’USAID.

Les responsables du projet WINNER, Jean Robert Estimé, et le directeur du Bureau des Mines, estiment que l’installation de ces nouveaux sismomètres, permettra de mieux appréhender la sismicité d’Haïti à un moment où les données disponibles sur le séisme du 12 janvier paraissent contradictoires.

 
 
Haïti – République Dominicaine : Entente aérienne
HAITI LIBRE – 24/08/2010 13:06:37

Haïti - République Dominicaine : Entente aérienne
La République dominicaine et Haïti, ont annoncé avoir conclu un accord sur l’aviation civile ce mardi 23 août 2010. Grâce à l’accord signé à Santo-Domingo en République Dominicaine, l’Institut Dominicain de l’Aviation Civile (IDAC) fournira une assistance aux contrôleurs aériens en Haïti. L’accord a été signé avec l’Office nationale d’Haïti de l’aviation civile (OFNAC). Était aussi présent à cette cérémonie : James Rose, le directeur général adjoint de la PAC, Ivan Vasquez, le directeur des normes de vol parmi d’autres fonctionnaires à la fois du PAC et de l’OFNAC.

José Tomás Pérez, le secrétaire d’État et chef du PAC, a déclaré cet accord s’inscrit dans le cadre des engagements de coopération de la République dominicaine envers Haïti.« Notre pays voisin Haïti a subi l’un des pires tremblements de terre ces dernières années et la République dominicaine s’est engagé à fournir toute l’assistance nécessaire pour aider Haïti à aller de l’avant et l’aviation civile ne fait pas exception ».

Jean-Pierre Lemerque, le directeur de l’OFNAC, a apprécié le geste fait par les autorités aéronautiques de la République dominicaine, ajoutant que son pays sera éternellement reconnaissant pour l’engagement de la République dominicaine « Mon pays vous est très reconnaissant. Cette entente nous aidera à poursuivre le redressement en matière d’aviation et de nos techniciens reçevront la formation et l’entraînement nécessaire pour permettre d’atteindre la compétitivité dans le marché de l’aviation civile ».

« Les contrôleurs aériens haïtiens, dans le cadre de cette entente recevront une formation et un entraînement à la Academia Superior de Ciencias Aeronáuticas (ASCA – Académie des sciences de l’aéronautique) » comme l’a précisé Clara Fernandez, directeur de ce centre d’étude.

 
 
RADIO METROPOLE / Mardi, 24 août 2010 13:17

Vers le sauvetage du patrimoine culturel haïtien

Le Centre de sauvetage du patrimoine culturel haïtien a organisé ce lundi une séance de formation à l’intention des responsables d’établissements culturels à Port-au-Prince.

Ce séminaire de formation s’inscrit dans le cadre d’un projet de récupération des œuvres d’arts et des monuments historiques endommagés lors de la catastrophe du 12 janvier.

Ce projet consiste à récupérer, sauvegarder et restaurer les biens culturels, c’est-à-dire, les archives historiques, collections d’ouvrages et d’éléments architecturaux. Soulignons que quatre laboratoires de traitements et de restauration, seront sous peu opérationnels en Haïti, une annonce d’Olson Jean Julien, le directeur du centre de sauvetage du patrimoine culturel haïtien.

Ces laboratoires ont été ont été mis à la disposition du gouvernement haïtien par le Smithsonian Institut, l’American Institut for conservation et la commission américaine du bouclier bleu.

 
 
le 24 Août 2010

Haïti Un pays appauvri par une dette coloniale

Une pétition rendue publique la semaine dernière demande le remboursement de la « dette d’indépendance » d’Haïti.

Le 1er janvier 1804, Haïti proclame son indépendance au terme d’une bataille victorieuse contre les troupes napoléoniennes. Mais vingt ans plus tard, en 1825, la première République indépendante noire est contrainte par Charles X de payer une indemnité de 150 millions de francs or au titre du dédommagement des anciens colons. Le souverain menace d’envahir l’île et d’y rétablir l’esclavage en cas de non-paiement. Réévaluée à 90 millions de francs or, cette dette, honorée en 1947, a paralysé le développement d’Haïti pendant plus d’un siècle.

C’est pour demander à la France le remboursement de cette dette inique, aujourd’hui estimée à plus de 17 milliards d’euros, qu’un groupe d’intellectuels et d’hommes politiques a adressé au président de la République une lettre ouverte publiée dans Libération la semaine dernière. Rassemblant les signatures de plusieurs dizaines de personnalités, universitaires (tels Noam Chomsky, Étienne Balibar, Jacques Rancière ou Alain Badiou), représentants politiques, journalistes, écrivains et cinéastes, le texte insiste sur la nécessité de restituer cette somme au nom de « l’idéal d’égalité, de fraternité et de liberté cher à la France », alors qu’Haïti ne parvient pas à se relever du séisme du 12 janvier 2010. Depuis cette catastrophe, la sphère politico-médiatique n’a cessé d’insister sur la pauvreté de l’île, sans pour autant s’attarder sur l’origine de ce dénuement. Or cette dette illégitime a largement participé au naufrage du pays, « les besoins vitaux et les aspirations au développement de générations entières d’Haïtiens » ayant été sacrifiés pour son remboursement. Pourtant, en 2003, quand le gouvernement haïtien réclame le remboursement de ces fonds spoliés, « le gouvernement français a participé à son renversement ». Pour les signataires de la lettre, il faut mettre fin au plus vite à cette injustice et répondre enfin à « une demande qui est moralement, économiquement et légalement inattaquable ».

Virgile Dessirier

 
 
 
Le livre du jour

Une histoire de la folie-Haïti

 | 24.08.10 | 17h11  •  Mis à jour le 24.08.10 | 17h11

Cette île de rêve, où l’on vient de publier la liste officielle des candidats à l’élection présidentielle de novembre, est aussi une terre de démence. Car elle n’a "pas été bichonnée par le destin", c’est le moins qu’on puisse dire.

Depuis que Christophe Colomb, en 1492, est tombé en pâmoison devant ce paradis qu’il a baptisé Hispaniola, ce ne sont pas les malheurs qui ont manqué. Catastrophes humaines ou cataclysmes naturels, tout y passe.

Dans ce petit volume allègrement troussé, le journaliste et romancier Marc Menant revient sur cette folle histoire. Il en retrace, avec une belle vivacité, grands épisodes et détails oubliés.
 

Tout commence par la flibuste, l’île de la Tortue, les criques innombrables, idéales pour se planquer en embuscade et s’éclipser avec le butin. Cette terre parfaitement découpée, peuplée de filles dont on peut en dire autant, va attirer " la canaille de tous les océans". Au fil des générations se mêlent ici réprouvés de toutes sortes – déserteurs, voleurs et catins – sans oublier nombre de huguenots et luthériens fuyant les persécutions. Le sol est assez prospère, tout y pousse à foison tabac et chocolat, indigo et café, et la canne à sucre fait décoller le commerce.

A raison de 400 à 600 personnes par bateau, les esclaves débarquent en nombre dans les plantations. Leur foule va marquer l’histoire. La moitié d’entre eux meurent dans les trois ans qui suivent leur arrivée. Certains parviennent à prendre le maquis, car les chasses à l’homme parfois échouent, et des révoltes couvent. Celle de François Mackandal, qui terrorisa les planteurs blancs, dure pas moins d’une vingtaine d’années.

Il sera finalement brûlé vif, le 10 janvier 1758. Deux générations plus tard, l’insurrection conduite par Toussaint Louverture à partir de la mi-août 1791 finit par être victorieuse. Mais ce libérateur va se comporter en maître, sinon en despote, avant de mourir en exil loin des siens. Car Napoléon rétablit l’esclavage en 1802 – il sera définitivement aboli en juin 1804 par Jean-Jacques Dessalines.

Non sans une certaine violence, verbale d’abord : "Pour dresser l’acte de notre indépendance, il faut la peau d’un Blanc pour servir de parchemin, son crâne pour écritoire ; son sang pour encre et une baïonnette pour plume". Pas étonnant, avec ce genre de proclamation, que l’histoire de l’île ne soit pas un long fleuve tranquille.

Elle est scandée au contraire par des figures de dictateurs tous sortis du rang, tout d’abord débonnaires et ensuite tous sanglants – depuis Faustin Soulouques, qui se fait sacrer empereur en 1852, jusqu’au président Jean-Bertrand Aristide et ses chimères, "les brigades de terreur", en passant par Jean-Claude Duvallier et ses "tontons macoutes" de sinistre mémoire.

Ce Petit roman, comme son titre l’indique, n’est pas un manuel d’histoire. Le mérite de Marc Menant est de faire entendre le bruit et la fureur, le rire et la déraison, l’innocence et la terreur qui parcourent cette terre, où habitent autant de loas (les esprits du vaudou) que de femmes et d’hommes.

Dans Port-au-Prince toujours en ruines, autour de l’Hôtel Oloffson qu’ont fréquenté Graham Greene ou Ernest Hemingway, s’étend le chaos sans fin des fils électriques, des cris d’enfants, de la musique des tap-taps, les taxis collectifs, et de la misère au soleil.

Le petit roman de Haïti, de Marc Menant. Editions du Rocher, 128 pages., 9,90 €

Roger-Pol Droit
 
 
 
Haïti – Élections 2010 : La Saga des contestations
HAITI LIBRE – 24/08/2010 10:59:59

Haïti - Élections 2010 : La Saga des contestations
Wyclef Jean (Viv Ansanm) dénonce une violation de la constitution et un comportement partial des responsables de l’organisme électoral et refuse que sa candidature soit rejetée.

Il avait pourtant déclaré après l’annonce des résultat « Bien que je désapprouve cette décision, j’accepte avec respect la décision finale du Conseil Électoral Provisoire (CEP) et j’enjoins mes partisans à faire de même »

Dans un autre communiqué après que sa candidature fut rejeté l’artiste avait déclaré :
« Mais au bout du compte nous devons respecter la loi si nous voulons que  notre île puisse devenir la grande nation que nous souhaitons tous qu’elle devienne »

Puis revenant sur ses déclarations dans un message audio diffusé aux médias lundi 23 août il déclare : «Est-ce que vous comptez continuer à supporter des gens qui ne respecte pas la constitution haïtienne? Est-ce que l’on va continuer à supporter des gens violant le droit de la personne et qui ne croient pas dans la valeur du genre humain, que tout homme est un homme et que tout le monde doit vivre décemment? »

Wyclef fait des émules, sa tentative de contestation est maintenant suivi par 3 autres candidats :

Olicier Pieriche (Reconstruire Haïti)
Prétend que le document confirmant sa nationalité haïtienne n’avait pas été retrouvé par les autorités électorales et qu’il y aurait eu confusion entre les passeports diplomatique et personnel de cet ancien consul d’Haïti.

Jacques Philippe Eugène candidat du Parti Social Rénové (PSR)
Prétend que le document prouvant son titre de propriété n’a pas été retrouvé.

Claire Lydie Parent (Mairesse de Pétionville) – Konbit Pou refè Ayiti (KPH)
A remis hier son certificat de décharge sur la gestion des fonds publiques (objet du rejet de sa candidature)

Rappelons que rien n’interdit à un candidat de faire un recours légal, ou de penser qu’en apportant des documents ou des précisions après le verdict final du Bureau du Contentieux Electoral National (BCEN). celui-ci pourrait changer ses décisions. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire que de tels recours ou contestations sont fait, mais jamais aucun de ces recours ou contestations n’a pu modifier une décision du BCEN (cf. article 191).

La loi électorale est très claire sur ce sujet :

Article 191:
Les décisions du Bureau du Contentieux Electoral National (BCEN) sont définitives et ne sont susceptibles d’aucun recours.

« Les décisions du CEP, en matière électorale sont la dernière instance » a rappelé lundi matin Pierre Thibaut, le directeur de communication du CEP « Il est toujours possible de contester ses décisions, mais la décision finale revient au conseil »

 
 

Les dessous du rejet de la candidature de Wyclef

Par Wilson Saintelmy* / CARAIB CREOLE  NEWS / 23.08.2010

Port-au Prince . Lundi 23 aout 2010. CCN . le rejet de la candidature du rappeur Wylcef Jean, aux élections présidentielles haïtiennes par le Conseil Electoral Provisoire méritait un éclairage technico-juridique. C’est le sens de la contribution que Wilson Saintelmy , Haïtien expatrié, doctorant expert en gouvernance, a soumis a CCN. Il est intéressant de noter que Wyclef ne s’avoue pas vaincu, puisqu’il a contesté la décision du CEP en décidant de faire appel.

Au lieu d’être le vainqueur d’un processus électoral démocratique, le prochain Président haïtien risque d’être davantage le dauphin présélectionné par le génie dynastique de son prédécesseur et ce, avec la complicité du CEP et l’aveuglement de la communauté internationale. En effet, de la douzaine des chefs d’État qui ont dirigé Haïti depuis le dernier quart de siècle, un seul a été élu à l’épreuve de toutes malversations. Il s’agit de l’élection de Jean Bertrand Aristide en 1990. Nous conjecturons ici que les élections présidentielles de novembre 2010 seront, à l’instar des précédentes, contaminées par les desseins dynastiques inavoués du Président sortant. Il s’agit là d’une clé de lecture indispensable pour comprendre le choix des 19 candidats à la présidence agréés par le Conseil Électoral Provisoire(CEP). C’est ce qui explique l’élimination par ce dernier de la clé juridico-légale dans son processus décisionnel; Lequel processus atteste de l’ineffectivité et de la caducité de la constitution de 1987. Autrement, comment expliquer que le CEP ait usurpé les compétences d’une Cour constitutionnelle qui sont loin d’être les siennes? De toute évidence, il a cassé sans motivation et sans contestation un avis de résidence légale émis, après enquête, par un juge de paix, en faveur du Rappeur. Comment expliquer que le CEP ait décliné la candidature de celui-ci sur la base de l’alinéa (e) de l’article 135 de la constitution alors que le même CEP viole le paragraphe (f) du même article 135 ainsi que l’article 17 de la même constitution en agréant les candidats fantômes de la présidence et ce, sans avoir eu leur décharge de la commission bicamérale du parlement en tant que comptables des deniers publics? Comment expliquer cette inégalité des Candidats à la présidence devant la loi et devant le tribunal électoral? Comment expliquer cette application à la carte par le CEP des prescrits de la constitution en matière d’éligibilité à la magistrature suprême de l’État?
Le CEP invoque la doctrine de l’impossibilité des formalités pour motiver sa décision d’agréer nombre de candidats de doublure parachutés dans le processus électoral sans leur passeport de décharge par le clan prévalien. En plus de référer à une formalité substantielle exempte de toutes exonérations et de toutes dérogations, une telle argumentation de la part du CEP viole un autre principe juridique suivant lequel nul ne peut tirer avantage de sa propre faute. Comment expliquer autant d’errements juridiques de la part du CEP? Ce qui apparait de plus en plus évident, certes, c’est que le CEP a renoncé à son statut de tribunal électoral pour se métamorphoser en une structure vampire. Quitte à faire preuve de crétinisme, d’incohérence et de contradictions; mieux vaut saboter la constitution ou l’appliquer à la carte ou encore l’amender dans les faits que d’appliquer le droit. L’objectif ultime visé? Agréer le maximum de candidats fantômes bénéficiaires de la bienveillance prévalienne. La règle de droit a donc été dans le processus d’agrément des candidats par le CEP ce que le chœur fut à la tragédie classique grecque. Comment comprendre un tel évitement de la norme juridique par le CEP? Pour répondre à cette dernière question, il nous faut un autre niveau de lecture, extra-juridique et politique, celui-là.

De l’agenda politique aux vœux dynastiques inavoués du Président Préval.

En agréant une dizaine de candidats de connivence au lieu d’appliquer uniformément le droit en vigueur, le CEP s’est transformé en une structure sentinelle et prédatrice. Sa logique fonctionnelle semble avoir été réduite à une double consigne: (a) Passer outre de certains prescrits constitutionnels quand il s’agit des candidats présélectionnés par la dynastie prévalienne. (b) Bloquer le maximum de candidats potentiellement menaçants pour le clan prévalien, virtuellement perturbateurs pour les desseins prévaliens, éventuellement porteurs de risques pour la survie du prévalisme comme doctrine dynastique et, surtout, susceptibles de provoquer la vigilance de la presse internationale ainsi que la participation massive de la génération Yip Yop et de la paysannerie haïtiennes. Telle fut l’économie politique de la convocation du CEP par le Président à la veille de la date de publication de la liste des candidats agréés.

Le processus d’agrément des candidats aux prochaines élections présidentielles demeure souillé par la volonté politique du Président Préval de perpétuer le Prévalisme au-delà du mandat présidentiel; et ceci, à travers une stratégie orchestrée en quatre actes. Le premier acte consiste dans la mise sur pied d’une structure vampire, prédatrice et tout aussi fratricide par le Président Préval; Vampire parce qu’une telle structure vise le sacrifice des dauphins non désirés ; fratricide, parce qu’elle assassine politiquement des frères encombrants; Prédatrice, parce qu’elle phagocyte un certain nombre de partis concurrents en vue de bloquer leur institutionnalisation. C’est donc au passif du cannibalisme prévalien qu’il faut inscrire la prolifération des quatre-vingts groupuscules politiques et insignifiants qui polluent l’espace politique haïtien. Le deuxième acte fut la tentative avortée de prolongation du mandat présidentiel. Le troisième acte est la précipitation des élections générales dans un contexte exceptionnel pour que le Président puisse tirer profit de la désorganisation d’une opposition sur-fragmentée, divisée, sinon, dépourvue de ressources financières et de pouvoir de convocation. Face à un tel émiettement de l’opposition, l’opulent et tout puissant parti INITÉ du Président Préval. Le quatrième acte est l’orchestration d’un coup d’État constitutionnel en faisant voter une loi d’urgence, dont l’horizon temporel viole les prescrits constitutionnels en la matière. Comment organiser des élections libres et démocratiques sous l’empire d’une loi d’urgence?

Rien ne s’opposait au triomphe anticipé du parti INITÉ et au succès de la susdite stratégie présidentielle et ce, jusqu’à l’irruption, tel une météorite, du Rappeur dans le ciel politique et électoral haïtien. Dès lors, le Rappeur devient le principal obstacle à la matérialisation des ambitions dynastiques du Président et, au-delà de celui-ci, du prévalisme comme doctrine prédatrice. Déstabilisé et contrarié, le Président Préval ne dispose alors que de deux atouts pour s’abriter contre l’ouragan Wyclef. (a) Polluer le processus électoral du maximum de candidats fantômes et (b) transformer le CEP en avant-poste factionnaire pour barrer la route au rappeur. Le rejet de la candidature de celui-ci par le CEP s’inscrit dans le contexte de cette entreprise politicienne du Président Préval et doit être appréhendé à la lumière d’une telle entreprise. Bien que séduisante et essentielle, la clé de lecture présentée ci-dessus demeure insuffisante pour comprendre la complexité et la hiérarchie des enjeux fondateurs de la logique décisionnelle du CEP, notamment, dans le cas du Rappeur.

L’éjection du rappeur comme expression de l’hostilité de l’élite créole envers la diaspora haïtienne.

Le rejet de la candidature de Wyclef Jean en tant que figure emblématique de la diaspora haïtienne a vocation d’une ritualité sacrificielle et tribaliste. Autrement dit, un tel rejet équivaut à une victoire pour l’élite créole haïtienne contre les visées progressistes d’une diaspora ostracisée. Il constitue également une police d’assurance pour le statut quo institutionnel. Une telle victoire se situe dans la continuité de l’embargo constitutionnel imposé par une telle élite créole en guise de gratitude pour la générosité et la solidarité bi-milliardaires manifestées annuellement par la diaspora haïtienne envers Haïti. Par delà l’éjection de Wyclef Jean de la course présidentielle, c’est une gifle que le CEP a administré au visage de la diaspora haïtienne pour lui réitérer l’hostilité historique et constitutionnalisée de l’Haïti du dedans ( les 10% de créoles que comptent le pays) envers l’Haïti d’outremer (les quatre millions d’expatriés haïtiens). Les alinéas (a) et (e) de l’article 135 de la constitution de 1987 y ont été insérées expressément pour verrouiller juridiquement l’accès d’un membre quelconque de la diaspora haïtienne aussi bien à la magistrature suprême de l’État haïtien qu’à tout autre poste électif au pays. Pour illustrer une telle absurdité constitutionnelle, il suffit de rappeler qu’il aurait été impossible pour Michelle Jean de devenir Gouverneure Générale en Haïti sous l’empire de la présente constitution. Il en est de même pour le député de Viau-Saint-Michel, M. Émmanuel Dubourg ou encore pour l’auteur de ces lignes comme ex-candidat du parti libéral du Canada aux dernières élections fédérales. Ce qu’il importe de souligner pour le lecteur non initié au contexte haïtien, c’est que la candidature de Wyclef Jean avait une portée symbolique majeure. Et ceci, autant pour la génération hip hop que pour la majorité bossale et la diaspora haïtiennes. Par contre, elle était perçue comme une menace pour l’élite créole haïtienne ; menace décuplée par la déclaration incendiaire du rappeur relativement au sort qui serait réservé à la langue française sous une éventuelle présidence Wyclef. L’éjection de ce dernier de la caravane électorale ouvre la voie à la ‘’recréolisation’’ du processus électoral; Tout comme elle risque de vider les batteries des projecteurs médiatiques internationaux sur un tel processus. Pourtant, la transparence induite par de tels projecteurs était le meilleur désinfectant contre le virus des manipulations électorales coutumières en Haïti. Et la communauté internationale hésite à dénoncer de telles pratiques anti-démocratiques et tout à fait contraires à l’éthique. Elle a aidé le peuple haïtien à se débarrasser de la dictature duvaliérienne mais elle cautionne paradoxalement la perpétuation des pratiques dynastiques inavouées du prévalisme. Comment peut-elle accepter d’éjecter le candidat le plus populaire et susceptible, selon les médias internationaux, de remporter la victoire dès le premier tour sans saper la légitimité des résultats escomptés ? Comment la communauté internationale peut-elle de par son silence, se rendre complice de la violation par le CEP du quadruple principe fondateur des démocraties modernes, à savoir: la suprématie de la règle de droit, la représentativité, la légitimité et l’équité?

Wilson Saintelmy
*Expert en gouvernance et Doctorant en Droit
Fondateur de la Revue Gouvernance

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