ACTUALITES

27 Août
RADIO METROPOLE / Jeudi, 26 août 2010 12:13

Wyclef Jean accuse le chef de l’Etat de l’avoir exclu des élections

La star internationale du Hip hop Wyclef Jean a accusé le chef de l’Etat haïtien, René Préval, d’être l’instigateur du rejet de sa candidature par l’organisme électoral.

Dans sa dernière chanson diffusée par les medias haïtiens et sur des réseaux sociaux, M. Jean fait référence à sa dernière rencontre avec le président. Il rapporte qu’il a eu un entretien téléphonique avec le candidat de l’Unité Jude Célestin, mais précise qu’il n’avait conclu aucune entente avec le chef de l’Etat. Préval m’a dit que je suis un bon candidat, précise M. Jean pour qui le chef de l’Etat a montré qu’il voulait conserver son amitié.

Il croit que sa candidature a été en réalité rejetée par le chef de l’Etat qui contrôle l’appareil électoral.

Dans sa chanson Wyclef présente une réplique aux conseillers électoraux qui l’ont écarté de la course à la présidence. Il estime que ces personnalités devraient être emprisonné pour avoir violé la constitution.

Le président de Yélé Haïti soutient que sa candidature charriait les revendications de la population notamment les jeunes. En m’écartant on veut exclure la jeunesse, martèle M. Jean qui rejette d’un revers de main les arguments de l’organisme électoral.

Il réitère sa détermination à contester le rejet de sa candidature. Faisant remarquer que son exclusion a été une surprise pour plusieurs secteurs de la vie nationale, M. Jean promet de continuer son engagement auprès des jeunes dans le cadre du mouvement face a face.

 

Haïti – Élections : Yves Christallin annonce sa démission
HAITI LIBRE – 26/08/2010 10:22:12

Haïti - Élections : Yves Christallin annonce sa démission

Yves Christallin, ministre des affaires sociales et du travail, candidat officiel sous la bannière « Oganizasyon Lavni » a fait part mercredi de son intention de remettre sa démission, sans en préciser la date, au cours du sit in avec des syndicalistes du CATH qui se tenait devant le ministère des affaires sociales au sujet du non respect du salaire minimum et des heures supplémentaires non payées.

Jusqu’à l’annonce mercredi du Ministre, l’Éxécutif avait refusé de se prononcer sur la double fonctions de ministre et de candidat qui faisait l’objet de vivent critiques.

 

 

 

Haïti – Rumeurs de Palais : Le gouvernement voudrait utiliser 100 millions du fonds Pétro Caribe
HAITI LIBRE – 26/08/2010 14:45:51

D’après des sources proches du pouvoir, le conseil des ministres aurait discuté cette semaine de la possibilité d’utiliser 100 millions de dollars du fonds Petro Caribe afin d’entreprendre des travaux d’infrastructures routières au travers du pays. Toutefois l’opposition continue de questionner le gouvernement sur l’utilisation des fonds antérieurs prélevés sur ce compte et dont aucun rapport n’a été rendu disponible jusqu’à présent (197 millions de dollars en fonds d’urgence suite aux ouragans de 2008 et les 163 millions décaissé pour la situation post- séisme de janvier dernier). Certains membres de l’opposition n’hésitent pas à dire que le CNE a été le principal bénéficiaire de ces sommes importantes.

D’après les informations les plus récentes obtenu auprès du Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide au Développement d’Haïti, Le solde bancaire des fonds de Petro Caribe au 16 août 2010 s’élèvaient à US$ 173,079,408.50 de dollars.

Rappelons que les fonds de Petro Caribe ne peuvent pas être utilisés par le gouvernement comme bon lui semble, il s’agit de fonds stratégiques qui ne peuvent être utilisés dans certaines circonstances que dans des domaines sociaux et avec l’approbation du Conseil des ministres.

Rumeurs ou affaires à suivre…

 

Haïti – Reconstruction : Prochaine visite du président de l’Équateur en Haïti
HAITI LIBRE – 26/08/2010 11:45:40

Haïti - Reconstruction : Prochaine visite du président de l’Équateur en Haïti

Rafael Correa, Président de l’Équateur et président par intérim de l’Union des Nations sud-américaines (UNASUR), sera en Haïti le 31 août pour une visite de 2 jours a annoncé le vice-chancelier Lucas Kinto. Ce sera la deuxième visite du président équatorien, qui était la première fois, quelques jours après le séisme, apporter la solidarité et l’aide de son pays à Haïti.

Le chancelier a précisé que durant son séjour, le Président Correa s’entretiendra avec le Président haïtien René Préval, puis examinera le fonctionnement de la commission technique de l’UNASUR et visitera enfin plusieurs camps soutenu par les efforts de coopération entre les pays membres de l’UNASUR et le gouvernement haïtien.

Rappelons que les 12 pays membre de l’Union des Nations sud-américaines (UNASUR) ont crées un fonds de 100 millions de dollars pour aider à la reconstruction d’Haïti.

Après cette visite, le Président de l’Équateur se rendra successivement en Corée du Sud et au Japon avant de revenir dans son pays.

 

Haïti – Reconstruction : Suivi des engagements européens
HAITI LIBRE – 26/08/2010 12:13:33

Haïti - Reconstruction : Suivi des engagements européens

Une délégation de l’Assemblée Parlementaire Paritaire « Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) – Union Européenne (UE) »  se rendra en Haïti du lundi 30 août au mercredi 1er septembre 2010 pour évaluer l’état d’avancement du processus de reconstruction du pays et des projets financés par l’Union européenne en partenariat avec la République d’Haïti.

La délégation sera présidée par le Coprésident « ad interim » de l’Assemblée Parlementaire Paritaire (APP) M. Odirile Motlhale (Botswana) et du Vice-président de l’APP M. James Nicholson (Député européen, Conservateurs et Réformistes européens, Royaume Uni). Elle rencontrera le Président René Préval, le Premier Ministre Jean-Max Bellerive, ainsi que des représentants des principaux bailleurs de fonds internationaux et des ONG, acteurs fondamentaux pour la reconstruction du pays.

La délégation sera également composée des Vice-présidents de l’APP Michèle Rivasi (Députée européenne, France, Groupe des Verts) et Bobbo Hamatoukour (Cameroun), de la députée européenne Maria Nedelcheva (Bulgarie, Parti Populaire Européen) ainsi que du Secrétaire général et de la Sous-secrétaire générale du Groupe ACP, Dr. Mohamed Ibn Chambas et Michèle Dominique Raymond. Elle visitera les projets de renforcement du secteur éducatif et des infrastructures à Mirebalais (région du Plateau central) et de construction d’abris transitoires à Port-au-Prince financés par l’Union européenne

Lors de sa visite en Haïti fin avril, le Commissaire européen au développement Andris Piebalgs avait signé cinq conventions de financement de projets soutenus par la Commission européenne d’un montant de 200 millions d’euros (soit 255 millions de dollars) qui se concentrent sur les infrastructures routières, l’appui budgétaire, l’aide à la société civile et le développement territorial par le biais de la décentralisation. Depuis lors, trois des programmes signés sont déjà en instance de démarrage dont la poursuite de la réhabilitation de la route nationale 3, depuis Hinche jusqu’à "Carrefour Barrière Battant", projet clef pour engager le désenclavement des régions centre et nord du pays,  l’appui au renforcement de la culture et de l’art pour le développement économique et social et l’appui au renforcement de la société civile haïtienne.

La Commission européenne a également affecté 100 millions d’euros (130 millions de dollars) pour soutenir la reconstruction des capacités de fonctionnement de l’Etat Haïtien. Dans ce contexte, la Commission a initié la reconstruction d’un certain nombre de ministères haïtiens détruits par le séisme. 

La Commission européenne a également déjà déboursé depuis le séisme plus de 58 millions d’euros (75 millions de dollars) en appui budgétaire pour aider le gouvernement haïtien à répondre aux besoins urgents de dépenses au lendemain de la catastrophe, comme le paiement des salaires des fonctionnaires, soit plus de 85% des promesses faites par la Commission Européenne dans le domaine de l’appui budgétaire lors de la conférence de New York.

A l’issue de sa visite en Haïti, la délégation se rendra ensuite en République dominicaine pour évaluer la participation des autorités de ce pays au processus de reconstruction d’Haïti. 

 

Haïti – Économie : Un fonds privé de 400 millions à 1 milliard pour Haïti
HAITI LIBRE – 26/08/2010 15:23:20

Haïti - Économie : Un fonds privé de 400 millions à 1 milliard pour Haïti

Un groupe d’hommes d’affaires a présenté aujourd’hui à Santo-Domingo, un fonds d’investissement pour la reconstruction d’Haïti. Le fond dénommé « Haiti Renewal and Oportunity » est parrainé par la société Private Equity Portland, présidée par le milliardaire jamaïcain Michael Lee-Chin, qui vit au Canada.

L’initiative a été présentée en présence de Juan Temístocles Montás, Ministre de l’Économie de la République Dominicaine, et du Premier ministre haïtien, Jean Max Bellerive. Selon les responsables, ce fonds ouvre des possibilités pour les capitaux privés pour investir dans des projets rentables dans le développement d’Haïti.

Le fonds dispose actuellement d’environ 400 millions de dollars. Jean Max Bellerive à déclaré à la presse, qu’Haïti, en principe, peut appuyer cette initiative avec 50 millions de dollars.

Le montant final de ce fonds pourrait atteindre environ un milliard de dollars et être utilisé pour des projets prioritaires de développement dans les petites et moyennes entreprises, les services financiers, l’énergie, l’agriculture, la manufacturation, le logement, le tourisme, l’immobilier et la téléphonie.

 

Satisfecit du fonds d’assistance économique et sociale pour la période 2006-2010
1,680 projets, évalués à 194 millions de dollars américains, supportés en 4 ans

P-au-P, 26 août 2010 [AlterPresse] — La direction générale du fonds d’assistance économique et sociale (Faes) s’est décerné, ce jeudi 26 août, un satisfecit pour les activités réalisées par cette institution déconcentrée haïtienne, qui ont favorisé “4 millions d’emplois / jour” sur le territoire national, entre 2006 et 2010.

« Mille six cent quatre vingt (1,680) est le nombre de projets que nous avons financés dans les dix (10) départements [géographiques] du pays, pour cette période de quatre (4) ans, avec une enveloppe de 194 millions de dollars américains » [Us $ 1.00 = 41.00 gourdes ; 1 euro = 55.00 gourdes aujourd’hui] , s’enorgueillit le directeur du Faes, Harry Adam, lors d’une conférence de presse donnée au local de l’institution d’appui au développement.

Les ressources financières, allouées dans le cadre de ces projets, proviennent de la banque interaméricaine de développement (Bid), du fonds international pour le développement agricole (Fida), de la Banque mondiale (Bm), de la coopération allemande (Kfw) et du trésor public haïtien.

Tout en admettant qu’il reste encore beaucoup à accomplir, le Faes se déclare fier des différents travaux effectués qui ont permis de parvenir à “ce record” de projets soutenus entre 2006 et 2010.

Les 1,680 projets financés sur 4 ans sont répartis sur dix (10) programmes orientés dans l’éducation, la formation des autorités municipales, le développement local, l’agriculture et la reconstruction d’infrastructures endommagées dans le séisme du 12 janvier 2010.

Créé dans les années 1990, le Faes est un organisme public dont l’objectif principal consiste à accompagner les communautés défavorisées en finançant leurs différents projets de développement.

 

Haïti – Sénégal : Présélections des candidats à une bourse d’étude universitaire
HAITI LIBRE – 26/08/2010 08:35:18

Haïti - Sénégal : Présélections des candidats à une bourse d’étude universitaire

Faisant suite à l’engagement du président sénégalais, Abdoulaye Wade, d’apporter son soutien et assistance à Haïti, le Ministère des Affaires Etrangères informe qu’une délégation gouvernementale sénégalaise séjourne actuellement dans le pays en vue de procéder à la présélection des étudiants haïtiens candidats à une bourse d’étude universitaire au Sénégal à partir d’octobre 2010.
 
Les candidats doivent déposer leur dossier à la commission mixte Sénégalo-haïtienne dont les bureaux se trouvent au centre de formation technique et professionnelle Haïtitech à la Sonapi. La commission précise que les dossiers de candidature doivent comprendre un curriculum vitae, une photocopie du diplôme du Baccalauréat, du relevé des notes du Baccalauréat, du relevé des notes des classes de Rhétorique et de Philosophie ainsi qu’un bulletin ou un extrait des actes de naissance. Toutes les photocopies doivent être certifiées conformes.

 

Haïti – Reconstruction : Les dollars du Koweït
HAITI LIBRE – 26/08/2010 07:52:02

Haïti - Reconstruction : Les dollars du Koweït

Le gouvernement du Koweït annonce le versement de 1 million de dollars pour soutenir le travail de l’Organisation des Nations Unies dans le processus de reconstruction d’Haïti. Ce montant est la première partie des promesses de 10 millions de dollars faites par le gouvernement du Koweït au cours de la Conférence internationale des donateurs en Mars dernier.

Cette somme servira à financer essentiellement les programmes de subsistance du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), à l’enlèvement des débris et à la création de projets de micro-entreprise. Le programme de subsistance « Argent contre travail » du PNUD a déjà permis d’employer plus de 120.000 haïtiens dans différentes régions du pays « Cette contribution nous permettra de renforcer notre travail dans les domaines, bénéficiant à plus de personnes dans des initiatives ayant un impact à la fois à court et à long terme » a déclaré Jessica Faieta, du PNUD Senior Directeur de pays en Haïti.

Le 4 août 2010, le PNUD a signé un accord avec le gouvernement haïtien pour coordonner l’argent des donateurs pour les prochaines élections présidentielles et législatives de Novembre. Le PNUD aidera également à résoudre les nombreux défis techniques de l’organisation des élections, de révision de la liste électorale et fournira des conseils juridiques.

 

Haïti. Des caméras pour témoigner

LE TELEGRAMME / 26 août 2010

Arnold Antonin, réalisateur haïtien, émet des réserves sur la politique ou plutôt le manque de politique de reconstruction à Haïti. Il animera, demain, une conférence sur le sujet dans le cadre du 33e festival de cinéma de Douarnenez(29).

 Arnold Antonin entouré de Donald Charles (à gauche) et de Jean-Bernard Bayard, deux jeunes cinéastes de l'Institut de cinéma de Jacmel, invités à Douarnenez pour présenter une série de courts métrages. Photo D.D.
Haïti. Des caméras pour témoigner.
Arnold Antonin entouré de Donald Charles (à gauche) et de Jean-Bernard Bayard, deux jeunes cinéastes de l’Institut de cinéma de Jacmel, invités à Douarnenez pour présenter une série de courts métrages. Photo D.D.
 

Arnold Antonin est un amoureux de la vérité. Ses prises de position lui ont d’ailleurs valu d’être interdit de séjour pendant vingt ans à Haïti mais aussi à Saint-Domingue. En 1987, après l’extinction de la dictature Duvalier, il a retrouvé sa ville, Port-au-Prince. «J’étais présent le 12janvier, lors du séisme. J’ai été très secoué. Mais j’ai appelé mon équipe pour qu’on filme, qu’on puisse témoigner. C’était comme un réflexe.À Haïti, la mémoire est courte. Une catastrophe a toujours chassé l’autre. Je voulais graver sur la pellicule ce que je voyais».

Le gouvernement alerté

Les images du documentaire, qu’il a présenté hier aux festivaliers, sont très fortes mais toujours pudiques. Dans «Chronique d’une catastrophe annoncée», le cinéaste démontre que l’État n’a pas écouté les spécialistes de la tectonique qui annonçaient l’imminence d’une catastrophe. Sept mois avant le séisme, une manifestation rassemblant 3.000 personnes avait eu lieu à Port-au-Prince. Sur les banderoles, on pouvait lire: «Non au suicide collectif». Des mouvements dans la faille avaient été détectés mais Haïti ne possédait plus un seul sismographe. Le cinéaste pointe aussi du doigt le manque de législation. «On a laissé la précarité gagner du terrain sans aucun accompagnement. Les gens ont construit n’importe où et n’importe comment. Sans ce chaos urbain, de très nombreuses victimes auraient pu être épargnées».

Les matériaux de décombres réutilisés

Et aujourd’hui, comment la capitale haïtienne panse-t-elle ses plaies? «Les rues ont été en partie déblayées. Les gens reconstruisent avec les matériaux de décombres, sans normes et dans le plus grand désordre. Je crains que la nouvelle ville qui va naître soit plus dangereuse que celle qui a été mise à genoux.Aucune étude sismique n’a été lancée dans le pays. On ne sait pas où passent les failles. Je l’ai signalé dans une lettre ouverte que j’ai envoyée au président René Préval». Quant à l’aide internationale -11millions de dollars provisionnés -, les Haïtiens ont à peine commencé à en voir la couleur. «La conférence internationale pour la reconstruction n’a pas encore lancé de grand plan cohérent. Les projets sont encore au stade de l’étude. On a l’impression que chaque pays tire la couverture à lui, chaque bailleur de fonds cherchant à construire sa vitrine». Les élections présidentielles, prévues le 28novembre, ont aussi accentué cette inertie. Les Haïtiens étant dans une situation d’attentisme assez insoutenable. «Les vraies questions de société ne sont pas posées par la plupart des candidats, estime ArnoldAntonin. On n’évoque presque pas les problèmes d’environnement qui, chez nous, sont des bombes à retardement.À Port-au-Prince, par exemple, des quartiers entiers ont été bâtis sur des tas d’immondices». Arnold Antonin promet de rester très vigilant sur la suite des événements. À ses côtés, Donald Charles et Jean-Bernard Bayard, deux étudiants de l’Institut de cinéma de Jacmel, une ville située au sud de Port-au-Prince, entendent, eux aussi, continuer à témoigner. Hier matin, ils ont présenté une série de courts métrages réalisés après le séisme. Une série de portraits très convaincants. La relève est assurée. Reste à redynamiser les circuits de distribution du cinéma haïtien qui n’existent que grâce aux DVD. Le projecteur de la dernière salle de cinéma ayant été définitivement éteint avant le séisme. Pratique Conférence gratuite, demain, à 18h, sous le chapiteau du festival, à Douarnenez. Y participeront Arnold Antonin, Donald Charles, Jean-Bernard Bayard, l’anthropologue Laënnec Hurbon et l’écrivain Gary Victor.

  • Didier Déniel

 

SIM PA RELE / La chronique de Lyonel TROUILLOT

« Jésus, Marie, quelle décadence ! Quelque chose est pourri dans mon rayaume…"

Radio Kiskeya / jeudi 26 août 2010

Il y a l’odeur de la pauvreté. Des immondices.

Il y a l’odeur des crimes de sang, et la culture de l’oubli. Une bibliothèque municipale portant le nom d’une tortionnaire, tristement célèbre, à l’époque où l’on tuait des jeunes gens. Son nom était le symbole de la répression, de la barbarie. Une bibliothèque à son nom, la honte. Qu’elle ait aidé sa ville natale, et qu’on y garde d’elle la mémoire d’une bonne marraine, on peut comprendre. Un buste, mais pas une bibliothèque, symbole du savoir et de la liberté.

Il y a l’odeur du mensonge. Des salaires mirobolants des hauts gradés de l’humanitaire et des institutions internationales. Fraîche, climatisée. Une odeur de Haïti chérie, pi bon peyi pase ou, nanpwen, une odeur d’épargne, d’argent de côté pour plus tard, quand on sera retourné chez soi, anonyme, presque rien. Et l’odeur des camps, mal vivre et exactions.

Il y a l’odeur de la corruption, des formes les plus viles du degaje pa peche. Un élu salarié d’une ONG qui opère dans sa ville.

Il y a l’odeur de l’indécence, du manque d’éthique. Pas besoin de démissionner de son poste de haut fonctionnaire ou d’une fonction politique ou administrative non élective, quand on est candidat à la présidence. Après tout, pourquoi se priver des biens de l’Etat et des réseaux qu’on a déjà à sa disposition aux frais du contribuable.

Il y a l’odeur du Conseil électoral, un concentré, qui choisit quels articles de la Constitution et de la loi électorale, lesquels il faut oublier, qui peut dire tout et n’importe quoi, faire silence quand cela lui sied.

Et puis, couronnant tout cela, il y a la sale odeur de la résignation, du laisser faire. L’impossibilité pour celles et ceux qui souffrent le plus de taper du poing, de se transformer en force sociale, politique, pour ramener le jeu à des enjeux plus dignes : un mieux vivre pour un peuple en souffrance.

Sans verser dans le jeunisme, il faut espérer que des jeunes porteurs d’une conscience sociale et d’un radicalisme à toute épreuve commencent à se lancer dans l’activisme social en écho et dans la construction des discours revendicatifs. Ce que nous payons aujourd’hui, c’est l’assaut du politique sans inscription réelle dans le social après la chute de Duvalier. Le Conseil électoral, l’Exécutif, le parlement, tout ce monde-là, toutes ces institutions inodores, incolores (mais comme dans la chanson de Brel : pas d’odeur nous monte au nez) ne représentent rien, ni intérêts collectifs, ni revendications sociales, ni projet de société pour un vrai vivre ensemble.

Nos institutions politiques, ces élections annoncées à la n’importe quoi, ces magouilles, ces mensonges, tout cela a une odeur rance. Il y a dans les rues, à la campagne, un peuple qui en fait les frais. On pourrait parodier la chanson de Ferrat : « Jésus, Marie, quelle décadence. Quelque chose est pourri dans mon royaume de France ».

 

Une île, deux mondes

Yves Therrien / Le Soleil / Jeudi 26 août 2010

Il n’y a que 300 km entre Port-au-Prince et Santo Domingo en République dominicaine. Pourtant, la distance pourrait s’évaluer en années-lumière tellement les contrastes sont grands et frappants.

Simplement du côté de l’accueil, il y a deux mondes. Non pas que les Haïtiens ne sont pas gentils et aimables, mais le service à la clientèle souffre de nombreuses lacunes.

Mardi, je demande une bouteille d’eau à la cafétéria de l’hôtel. Il n’y en a plus. La serveuse me lance avec une grande lenteur «D’accord», mais elle ne bouge pas. Elle ira en chercher plus tard, car c’est l’heure des téléromans, les telenovellas traduites en français. J’ai dû attendre une heure. Les Haïtiens ne sont pas tous comme cela, mais à Port-au-Prince, ça semble être la marque de commerce pour plusieurs. Aucun entrain… En campagne, c’est tout le contraire.

En débarquant à l’aéroport de Santo Domingo, même les douaniers sont souriants, mais il faut payer 10 $ pour la carte de touriste donnant le droit de mettre les pieds au pays. Quelques pas plus loin, on nous offre un verre de rhum. Bien que ce soit une opération commerciale pour vanter la marque locale, il n’en reste pas moins que c’est plus agréable que le hangar surchauffé qui sert d’entrer sur la terre de la Perle des Antilles.

Je vais quand même m’ennuyer de la chaleur de plusieurs Haïtiens comme Maxo, Alfred et ses enfants, David Nicolas, soeur Moline et plusieurs autres. Par contre, je ne souffre pas d’avoir quitté le chaos bordélique de Port-au-Prince.

La Perle des Antilles a besoin d’un sérieux polissage pour reprendre son titre.

Yazmin Cuevas représente Plan Nagua en République dominicaine.

Yazmin Cuevas représente Plan Nagua en République dominicaine.

En République dominicaine, il y a la langue. Mes oreilles bourdonnent pendant les discussions en espagnol entre Yazmin Cuevas, la représentante de Plan Nagua en République dominicaine et Sébastien, le polyglotte qui a planifié tous les rendez-vous et les déplacements de main de maître. Il parle cinq langues et il se débrouille en créole!

Les entrevues avec traduction, c’est un peu plus long. Mes notions de latin reviennent à la surface et je réussis à comprendre les principaux mots pour me donner une idée du contexte.

Sébastien traduit le tout pour que je puisse combler les vides et mettre les nuances. Ça m’éclaire.

Parlant de lumière, hier, en marchand dans le secteur historique de la capitale, Yazmin nous raconte que l’accouchement se dit Dar a la luce ou donner à la lumière en traduction littérale. Ce que nous avons vu en après-midi avec le micro-crédit pour les groupes de femme ressemble étrangement à cela. Avec leur micro entreprise, elle donne la lumière à leur famille en développant des commerces qui accroissent les revenus au point de pouvoir payer des études universitaires aux enfants ou de changer de maison.

Si l’organisation du Centre dominicain de développement pour le micro-crédit travaille essentiellement avec des femmes, c’est que la femme a une influence directe sur la famille avec son travail générateur de revenus. Avec les hommes, ce n’est pas du tout le même comportement.

Et il y a des femmes volubiles comme Maritsa et Scarlet du CDD. Sur le parcours qui nous menait vers les visites de projets, elles étaient vraiment hyper volubiles. Je ne pouvais pas placer un mot. À un certain moment, nous sommes amusés à taquiner Scarlet, jeune célibataire à la recherche d’un copain pour une relation stable. Nous lui avons pratiquement fait une petite annonce pour les sites de rencontres.

 

Voici Scarlet, la volubile!

Voici Scarlet, la volubile!

Je vous mets sa photo au cas où un jeune Canadien célibataire, sérieux, qui aime parler, adore les enfants et le magasinage, qui aime sortir et surtout qui sait faire la cuisine se présentait à elle. Il deviendrait son gros lot :-)

Au fait, en République dominicaine, il y a des routes asphaltées partout, même en montagne. Les seules bosses sont des dos d’âne pour ralentir la circulation dans les secteurs névralgiques. Et il n’y a pas de concert de klaxon. Ça repose les oreilles

NOTE: Yves Therrien est l’invité de Coopération internationale Québec qui assume les frais de transport en Haïti et en République dominicaine.

 

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