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15 Sep

Haïti – Élections : Qui est Leslie Voltaire?
HAITI LIBRE – 15/09/2010 13:28:11

Haïti - Élections : Qui est Leslie Voltaire?

Au cours de la campagne électorale, HaïtiLibre publiera des portraits ou des biographies sur chaque participant à la course présidentielle afin que les électeurs et électrices puissent mieux connaître ceux et celles qui briguent la présidence d’Haïti.

Aujourd’hui nous vous invitons à découvrir le candidat Leslie Voltaire (Plateforme Ansanm Nou Fo)

Leslie Voltaire est Architecte urbaniste. Il est marié et père de trois enfants. Né le 11 juillet 1949 à Port au Prince, il a suivi ses études primaires et secondaires au Collège St Martial à Port-au-Prince. Il est titulaire du diplôme d’architecte de l’Université Nationale autonome de Mexico et d’une Maitrise en planification urbaine et régionale de l’Université Cornell aux USA. Il a œuvré pendant plus de trente ans dans les secteurs public et privé où il a acquis une très grande expérience dans la gestion de la chose publique, en particulier, comme Ministre de l’Education, Ministre des Haïtiens à l’Etranger (auteur de la Loi Voltaire qui a permis aux membres de la Diaspora de jouir de leurs droits économiques en Haïti) ou encore Envoyé Spécial auprès des Nations Unies, en charge de la mission du Président Clinton. Il a également une très bonne connaissance des réalités du terrain acquise en tant qu’architecte urbaniste praticien dans diverses opérations d’envergure tant dans les secteurs public que privé tels que la conception des plans d’étude d’urbanisme et de logements sociaux de la zone métropolitaine de Port au Prince, ou encore comme consultant sur l’académie de football de Port-au-Prince. Il a également enseigné pendant quinze ans l’architecture à l’université d’Etat d’Haïti.

Candidat à la présidence de la République d’Haïti aux élections de novembre 2010, Leslie Voltaire se propose de doter le pays de solides fondations sur lesquelles les Haïtiens pourront bâtir un meilleur avenir pour leurs enfants. La tâche ne sera certes pas facile après le séisme du 12 janvier qui a causé tant de pertes en vies humaines et affaibli considérablement l’économie. Cependant, grâce à sa connaissance des lieux et des gens, à son expérience de la fonction publique et des relations internationales, à la confiance qu’on lui accorde tant dans les couches moyennes, que parmi les travailleurs, les paysans et les milieux d’affaires, à sa capacité à rassembler autour de son projet de société des cadres compétents et visionnaires, Leslie Voltaire est peut-être le seul candidat ayant tous les atouts nécessaires pour relever le défi auquel Haïti fait face aujourd’hui.

HaïtiLibre invite les candidats agréés à nous faire parvenir pour publication, leur portrait ou biographie le plus rapidement possible.

 

Ouverture de la conférence des forces politiques, sociales et territoriales

L’Alternative, Libération, Rasanble et l’UCCADE sont en quête d’une "force unitaire" qui puisse leur permettre d’aller à la rencontre du peuple pour enclencher le processus de reconstruction et bloquer la machine électorale

Radio Kiskeya / mardi 14 septembre 2010

La conférence des forces politiques, sociales et territoriales, organisée à l’initiative de l’aile de l’opposition démocratique hostile aux prochaines élections, a été lancée mardi après-midi en présence de plusieurs centaines de délégués à la recherche d’un consensus large pouvant aider -avec la population- à la reconstruction du pays et empêcher la tenue du scrutin du 28 novembre.

"Elections en Haïti, force unitaire de réflexion et d’action, récupération de la souveraineté nationale", est le thème de ces assises qu’accueille pendant trois jours Distinction Night Club, en Plaine (nord de la capitale), et dont le discours inaugural a été prononcé par l’ancien Premier ministre Rosny Smarth, dirigeant de l’Organisation du peuple en lutte (OPL) et représentant légal de l’Alternative.

L’intervenant principal a notamment appelé le Conseil électoral provisoire à respecter la décision de plusieurs partis de l’opposition de se retirer du processus électoral tout en rappelant que la "force d’attraction" du pouvoir crée naturellement un enjeu autour des élections.

Pour sa part, le Sénateur Jean William Jeanty, présent parmi les invités, a salué la tenue de cette conférence et apporté son soutien aux plateformes favorables au boycott des présidentielles et législatives. Le parlementaire des Nippes (sud-ouest) a également réaffirmé son opposition à ces joutes qui, estime-t-il, risquent d’être manipulées au profit du pouvoir dans un contexte post-séisme marqué par des préoccupations autres qu’électorales chez la population.

Parmi les autres orateurs de cette première journée de la conférence des forces politiques, sociales et territoriales figuraient la Sénatrice Edmonde Supplice Beauzile (Fusion), l’ex-Sénateur Edgard Leblanc Fils, coordonnateur général de l’OPL, l’ancien Député Serge Jean-Louis et Judie C. Roy, respectivement des plateformes Libération et Rasanble.

Au nombre des invités, on comptait Dr Maryse Narcisse, dirigeante de Fanmi Lavalas et représentante officielle de Jean-Bertrand Aristide, l’ex-Député Lavalas Lionel Etienne, l’ex-Sénateur Déjean Bélizaire (MNP-28/PLAPH) et le professeur Rosny Desroche, directeur exécutif de l’Initiative de la société civile (ISC).

Au cours de ce forum, les plateformes l’Alternative, Libération, Rasanble, UCCADE et alliés vont tenter de relever le défi gigantesque de trouver une stratégie unitaire et des réponses pertinentes aux problématiques des élections, de la reconstruction, mais aussi de la situation humanitaire désespérante de près d’un million et demi de sinistrés et de la réorganisation du territoire.

Des assises qui se tiennent sur fond de graves dissensions au sein de l’opposition divisée entre, d’un côté, les abstentionnistes partisans du boycott total d’un processus électoral jugé piégé et, de l’autre, ceux qui pensent pouvoir triompher aux urnes du pouvoir en place.

 

L’opposition cherche à faire un front commun
HAITI LIBRE – 15/09/2010 12:21:57

Haïti - Élections : L’opposition cherche à faire un front commun

Plusieurs leaders de l’opposition et des membres d’organisations contestant les élections présidentielles et législatives ainsi que le Conseil Électoral Provisoire (CEP) actuel, participent depuis hier et pour 3 jours à « La conférence des forces politiques » dont l’objectif est de trouver une alternative unitaire des forces de l’opposition face au pouvoir en place.

L’ex-premier ministre sous René Préval, Rosny Smart dans sa déclaration d’ouverture a appelé l’opposition à se souder pour faire échec aux projets du gouvernement. « Ce n’est pas normal, que ceux-là qui se sont toujours présentés comme des patriotes contribuent à mettre le pays sous tutelle et se battent pour la pérennisation d’un pouvoir corrompu […] il est tout aussi anormal que ces mêmes personnes n’éprouvent aucune gêne à violer la constitution et les lois du pays pour servir leurs intérêts personnels ».

La sénatrice Edmonde Bauzile a affirmé elle aussi que, malgré leurs divergences, « les partis de l’opposition doivent faire front commun contre le pouvoir en place. Nous devons lutter contre l’organisation d’élections frauduleuses dans le pays », exprimant le souhait que la conférence des forces politiques débouche sur des résultats.

Le docteur Maryse Narcisse, coordinatrice de l’organisation politique Fanmi Lavalas a dit soutenir cette démarche et réaffirme la volonté de son organisation à poursuivre la lutte contre l’organisation d’élections truquées dans le pays.

Dans un registre différent, l’ancien député Steven Benoit candidat agrée sous la bannière de la plateforme Alternative, a expliqué que sa présence à cette conférence visait à essayer de convaincre les leaders de l’opposition de la nécessité de participer aux prochaines élections. Précisant qu’il va a participer aux élections législatives de novembre, il affirme que l’opposition peut gagner les prochaines élections et que « la victoire est à portée de main ».

 

Haïti – Élections : Les risques de fraudes préoccupent l’ISC
HAITI LIBRE – 15/09/2010 09:25:21

Haïti - Élections : Les risques de fraudes préoccupent l’ISC

Les risques de fraudes électorales sont au cœur des préoccupations de l’Initiative de la Société Civile (ISC). Celle-ci souligne qu’un des points sensibles du système électoral est le centre de tabulation chargé du comptage des votes, un endroit névralgique ou les risques de fraudes sont élevés. À ce sujet, le professeur Rosny Desroches, responsable de l’ISC, rappelle que c’est dans ce centre qu’il y a eu des tentatives de manipulation de résultats à la présidentielle de février 2006 et que c’est encore dans ce même centre, que plusieurs procès verbaux ont été injustement mis en quarantaine faussant ainsi les résultats des élections de 2009.

Le responsable de l’ISC a précisé que si le centre de tabulation est l’objet de toutes les attentions, les risques de fraudes ne se limitent pas à ce seul aspect, « des fraudes peuvent être également commises au niveau de l’enregistrement des électeurs et de la préparation des listes électorales [Bureaux Electoraux Départementaux (BED) et Communaux (BEC)] des retards dans la distribution des cartes d’accréditation des observateurs et des mandataires peuvent aussi être des occasions de fraudes supplémentaires ».

Le professeur Rosny Desroches a réaffirmé la volonté de l’ISC d’être présente à ces différents niveaux, déplorant toutefois que le centre de tabulation reste interdit d’accès à tous les observateurs locaux. Il s’étonne enfin, qu’après 4 déclarations de l’ISC sur les élections et ces aspects sensibles, le gouvernement, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) et l’Organisation des États Américains (OEA) gardent toujours le silence.

 

Des officiels haïtiens à un forum en faveur de l’investissement québécois et canadien

P-au-P, 15 sept. 2010 [AlterPresse] — La ministre du Commerce et de l’industrie d’Haiti, Josseline Colimon Féthière, prendra part au premier « Forum des affaires Québec –Haiti », qui se tiendra les 7 et 8 octobre 2010, à Montréal (Canada), informent les organisateurs.

Le forum doit permettre de réfléchir sur les moyens à mettre en œuvre pour favoriser les investissements québécois et canadiens en Haïti, selon la même source.

La ministre des Relations internationales du Québec, Monique Gagnon , le consul général d’Haiti à Montréal, Pierre Richard Casimir, et le directeur général du Centre de Facilitation des Investissements (CFI), Guy Lamothe assisteront également à ce forum, ainsi que des entrepreneurs et professeurs canadiens et haïtiens participeront aussi aux débats.

Ils se dérouleront autour des moyens de « Créer des opportunités d’emplois en Haiti, en raffermissant – ou en créant – des liens entre des entreprises haïtiennes et québécoises » et de « faciliter la contribution concrète de la diaspora haïtienne à la reconstruction d’Haïti dans une collaboration avec les autorités haïtiennes, ainsi qu’avec les entreprises canadiennes et haïtiennes », indique un communiqué.

Dans le cadre de ce forum, Incas Productions, en partenariat avec le Consulat Général d’Haïti à Montréal, et l’Ambassade d’Haïti au Canada ont convenu d’une collaboration avec la Fédération des Chambres de Commerce du Québec (FCCQ) et la Jeune Chambre de Commerce Haïtienne (JCCH) afin de toucher un plus large public.

La Chambre de Commerce et d’Industrie Haïtiano – Canadienne (CCIHC) et le Centre de Facilitation des Investissements (CFI) ont aussi apporté leur soutien pour la réalisation de ce forum.

 

Haïti – Reconstruction : «La création d’emplois sera la pierre angulaire»
HAITI LIBRE – 15/09/2010 10:02:35

Haïti - Reconstruction : «La création d'emplois sera la pierre angulaire»

Devant les participants de la Conférence des Amériques 2010 organisée à Miami, Pamela Cox, la vice-présidente de la Banque mondiale pour la région Amérique latine et Caraïbes, a fait remarquer que les efforts de reconstruction et de développement entrepris en Haïti sont essentiels pour assurer l’indépendance et la prospérité du pays et lui permettre d’offrir des opportunités à l’ensemble de ses citoyens. Cependant, a ajouté Mme Cox, « les progrès de la région ne seront pas complets sans la reconstruction et le développement d’Haïti ».

Selon elle, les priorités à court terme pour Haïti sont les suivantes : résoudre les problèmes de logement, déblayer les décombres, rouvrir un plus grand nombre d’écoles durant l’année scolaire en cours ; attirer les investissements privés, notamment dans le secteur du vêtement ; et améliorer de façon durable les systèmes budgétaires et financiers. « La création d’emplois sera la pierre angulaire de la reprise haïtienne.
Avec l’appui de la Banque mondiale, des progrès ont été accomplis […] Des bureaux ont été achetés et aménagés pour le compte du ministère de l’Économie et des Finances, grâce à ces nouveaux locaux, qui peuvent abriter plus de 500 personnes, le ministère peut de nouveau fonctionner » Soulignant que des fonds ont été mis à la disposition du gouvernement pour l’aider à payer les salaires des fonctionnaires.

Les pays d’Amérique latine et des Caraïbes sont parmi les premiers à contribuer au redressement d’Haïti « L’Amérique latine a fait montre aussi d’un réel engagement en faveur de la cause haïtienne. Le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay ont contribué de manière cruciale au maintien de la paix et de la sécurité dans le pays », a déclaré Mme Cox. « UNASUR a récemment fourni 100 millions de dollars (65% déjà décaissés), et plusieurs pays ont apporté une aide au plan bilatéral ou par le biais du Fonds pour la reconstruction d’Haïti (FRH)».

En parlant du FRH il est difficile d’y voir une quelconque raison de satisfaction, rappelons que ce fonds devait initialement recevoir 500 millions de dollars des bailleurs internationaux mais que 6 mois après la catastrophe, le Fonds n’avait reçu que 19 % de ce montant (98 millions). Pamela Cox avait déclaré mi juillet « Nous ne sommes pas satisfait, je voudrais voir la plupart de l’argent promis disponible d’ici la fin de cette année ». Dans le dernier rapport du Conseil de Sécurité des Nations Unies (1er septembre 2010), l’on mentionne que le montant d’argent reçu dans le FRH reste modeste et s’élève à 134, 2 millions de dollars (+ 36.2 millions en 2 mois…).

 

Haïti – Insécurité : Arrestation du chef de gang Pierre Gascov, alias Bobo
HAITI LIBRE – 15/09/2010 11:41:44

Haïti - Insécurité : Arrestation du chef de gang Pierre Gascov, alias Bobo

Une importante opération policière a été menée dans la soirée du 13 septembre, a permit l’arrestation à Cité Soleil du dangereux chef de gang Pierre Gascov, alias Bobo âgé de 32 ans. Il a été appréhendé alors qu’il se trouvait dans la résidence de sa concubine.

La bande à Bobo sévissait depuis plusieurs semaines dans les zones de Pèlerin jusqu’à Kenscoff et était activement recherché. Bobo avait été arrêté et condamné le 18 juin 2009 et s’était évadé le 12 janvier en profitant du séisme.

Rosemond Aristide, responsable de la police de Cité Soleil s’est félicité de cet important coup de filet. Cette arrestation survient à peine 1 mois après que 3 membres de la bande à Bobo ont été appréhendés à la frontière de la République dominicaine. La bande à Bobo est soupçonnée de plusieurs crimes et enlèvements enregistrés ces dernières semaines dans les hauteurs de Pétion Ville.

Frantz Lerebours, porte-parole de la Police Nationale Haïtienne (PNH) à précisé que Pierre Gascov, faisait l’objet d’une filature. Pierre Gascov est soupçonnée d’avoir entre autres forfaits, d’avoir organisé une tentative de kidnapping à Thomassin au début du mois qui avait fait 1 mort et 1 blessé, et d’assassinat, le mois dernier à Pèlerin, d’un fonctionnaire d’origine haïtienne de l’administration américaine du ministère de l’intérieur (Homeland Security) Ronald Chéry. qui avait tenté d’empêcher l’enlèvement d’une adolescente de sa famille, Nadège Charlot.

Selon un responsable de la police, Bobo aurait nié toute implication dans les derniers actes qui lui sont reprochés. Quant à savoir si les habitants des hauteurs de Pétion ville vont enfin pouvoir vivre en toute sécurité, rien n’est moins sûr. Pierre Gascov, aurait déclaré à la police que la bande sera maintenant dirigée par son numéro 2 connu sous le nom de Ti Zo.

Réagissant aux critiques portées contre le nombre réduit d’évadés appréhendés depuis le séisme, le porte-parole de la PNH affirme qu’environ un millier des 4,000 détenus évadés ont été repris. Soit 25% de la population carcérale en cavale depuis le séisme. Une affirmation différente des chiffres qui figurent dans le dernier rapport de la Minustah, présenté, le 1er septembre, au Conseil de Sécurité des Nations Unies qui indique qu’au 11 août dernier 629 évadés avaient été arrêté en Haïti sur un total de 5,409 (soit près de 12 %) très loin des 25 % rassurant que l’on voudrait bien nous faire croire.

En dépit des succès enregistrés ces dernières semaines par la PNH et les forces de soutien de la Minustah les actes criminels continuent d’être commis régulièrement dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.

 

si m pa rele / La tribune hebdomadaire de Lyonel Trouillot

D’une certaine fausse représentation des "divisions" d’Haïti

Radio Kiskeya / mardi 14 septembre 2010

Je suis assez énervé d’entendre constamment des haïtiens et des étrangers répéter que les haïtiens ne savent pas s"entendre. Il y a là une généralisation qui fait offense aussi bien au peuple haïtien qu’à l’intelligence humaine. Ce genre de cliché témoigne d’une paresse intellectuelle qui interdit l’analyse concrète des causes de nos problèmes et de désigner les sujets historiques qui en portent la responsabilité, puisque tout est dû à une tare commune, un vice de naissance ou un défaut de fabrique.

La Belgique peut-être appelée à disparaître, mosquée ou pas mosquée sur le site de "ground zero", la montée de l’extrême-droite dans certains pays d’Europe et son ciblage de certaines ethnies, et tout près de nous la République dominicaine où les noirs n’osent pas se dire noirs. Il y a partout dans le monde des problèmes sociaux, des discours alimentant de vrais et de faux conflits, et il y a surtout partout dans le monde, dans toutes les sociétés, des groupes sociaux dont les intérêts divergent. Les grèves, les manifestations en sont des témoignages quotidiens. Les barrières sociales, les clivages sociaux, la lutte des classes pour l’appeler par son nom, ne sont pas des exclusivités haïtiennes.

Ce qui fait problème particulier en Haïti, c’est peut être que l’Etat et la société n’ont jamais su, surtout voulu, aménager un cadre pour l’expression des conflits sociaux. Jean Casimir et d’autres chercheurs ont fait ressortir les orientations différentes que les élites et les masses populaires ont voulu donner à la société haïtienne au lendemain de l’indépendance. C’est en grande partie un Etat et une société qui se sont mis en place contre les intérêtes et les propositions populaires. ce n’est pas un problème entre haïtiens, mais un problème entre groupes d’haïtiens. Entre le bord de mer (ce qu’il en reste) et les terres intérieures ; entre l’assimilation version occidentale et les pratiques culturelles populaires, entre la richesse et la pauvreté vu que les conditions de production de l’une détermine les conditions de production de l’autre. C’est dans le concret de l’organisation sociale qu’il faut trouver, chercher et combattre ce qui fait blocage. Ce sera plus utile, moins désespérant qu’un discours d’auto-flagellation qui réunirait tous les haïtiens.

"Les haïtiens". Voilà peut-être une expression qu’il faut bannir de notre vocabulaire. Surtout qu’on ne l’utilise que lorsque l’on entend, paresseusement, se dédouaner en mettant la responsabilité sur un "nous" qu’on nie par ailleurs. Cette bonne bourgeoise qui se met à parler anglais quand elle ne veut pas que le personnel domestique comprenne la conversation ; cet entrepreneur qui ne respecte pas les normes et se spécialise dans les trafics et contrebandes ; ce petit-bourgeois individualiste qui ne connaît de cause que sa promotion individuelle ; ce couple de parents n’ayant jamais inculqué la moindre notion de civisme à ses enfants ; ce religieux sectaire qui dénonce tous les autres cultes comme des oeuvres sataniques, entendre ce genre d’individus dire que "les haïtiens ne savant pas s’entendre", c’est comique au meilleur des cas, mais, en y pensant sérieusement c’est malhonnête et dangereux.

S’entendre autour de quoi ? Dans les intérêts de qui ? Organiser quel vivre ensemble, fondé sur quels principes ? Et surtout, ma part de responsabilité. sociale, mais aussi individuelle. Dans la crise que nous vivons actuellement, on ne peut pas faire l’économie des responsabilités individuelles, tout en se livrant à l’analyse du fonctionnement global de la société. Il est trop facile, pour les politiques, comme pour les simples citoyens, de tout renvoyer à un sujet collectif, impersonnel, pour éviter de se se demander : et moi, dans tout ça ? Quand des institutions échouent, quand les élites économiques ne peuvent rien proposer pour l’ensemble, quand des personnalités politiques préfèrent leurs intérêts personnels aux intérêts collectifs, quand des parents font de leurs enfants des petits monstres sans idéaux ni patrie, cessons de dire que les haïtiens ne peuvent pas s’entendre. C’est une façon d’épargner les responsables et d’offrir une population, un peuple, comme matière à caricature.

 

 

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