ACTUALITES

23 Sep

EN VISITE AU SÉNÉGAL :

Un ministre haïtien salue l’accueil des 160 étudiants de son pays

LE SOLEIL, DAKAR / 23-09-10 

Le ministre haïtien de la Jeunesse, des Loisirs et de l’Action civique Evans Lescouflair, était en visite avant-hier à l’île de Gorée. Il a promis, à cet effet, de consolider les rapports de fraternité et de solidarité qui ont toujours existé entre le Sénégal et son pays.

Après un accueil chaleureux, hier, au quai de l’Ile de Gorée, le ministre haïtien de la Jeunesse, des Loisirs et de l’Action civique a visité la maison des esclaves. Il était en compagnie du ministre conseiller des Affaires internationales et humanitaires au cabinet du président de la République, Lamine Bâ. L’hôte du Sénégal est revenu sur les liens de fraternité et de solidarité qui ont toujours existé entre le Sénégal et Haïti. Il a salué le geste du président de la République, Me Abdoulaye Wade, d’accueillir en terre sénégalaise les étudiants haïtiens. « L’Etat du Sénégal a aujourd’hui favorisé le retour des fils de l’Afrique en Afrique. Me Wade nous a honorés en acceptant d’accueillir sur cette terre pleine d’histoire, 160 étudiants haïtiens. Un geste que nous ne pourront jamais oublier », a déclaré le ministre haïtien de la Jeunesse, des Loisirs et de l’Action civique. Le ministre a été également accueilli dans les locaux de la mairie d’Arrondissement de Gorée, après un détour sur la place publique où les populations ont exprimé le désir de recevoir les étudiants haïtiens. Il a reçu des cadeaux des conseillers municipaux et des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Le titre Pèlerin Ambassadeur de Gorée lui a été décerné par le directeur de Cabinet du maire, Tidiane Camara. Manifestement fier de cette nomination, Evans Lescouflair a affirmé tout son engagement et soutien au gouvernement du Sénégal pour la réussite de sa mission. Le ministre haïtien a estimé que le dossier de coopération qui lie les deux nations a été une fois de plus pris en main par le pays hôte. Ainsi, Evans Lescouflair a rassuré le ministre des Affaires internationales et humanitaires au cabinet du président de la République qu’il ne ménagera aucun effort pour accompagner l’Etat du Sénégal dans son élan de solidarité et de fraternité.

Il a, dans une formule imagée, affirmé que « la porte du voyage sans retour vient d’être ouverte à Gorée », avant de s’engager à participer pleinement au départ des 160 étudiants vers le Sénégal.

Sokhna DIOM

 

EN VISITE AU SÉNÉGAL :

Un ministre haïtien salue l’accueil des 160 étudiants de son pays

LE SOLEIL, DAKAR / 23-09-10 

Le ministre haïtien de la Jeunesse, des Loisirs et de l’Action civique Evans Lescouflair, était en visite avant-hier à l’île de Gorée. Il a promis, à cet effet, de consolider les rapports de fraternité et de solidarité qui ont toujours existé entre le Sénégal et son pays.

Après un accueil chaleureux, hier, au quai de l’Ile de Gorée, le ministre haïtien de la Jeunesse, des Loisirs et de l’Action civique a visité la maison des esclaves. Il était en compagnie du ministre conseiller des Affaires internationales et humanitaires au cabinet du président de la République, Lamine Bâ. L’hôte du Sénégal est revenu sur les liens de fraternité et de solidarité qui ont toujours existé entre le Sénégal et Haïti. Il a salué le geste du président de la République, Me Abdoulaye Wade, d’accueillir en terre sénégalaise les étudiants haïtiens. « L’Etat du Sénégal a aujourd’hui favorisé le retour des fils de l’Afrique en Afrique. Me Wade nous a honorés en acceptant d’accueillir sur cette terre pleine d’histoire, 160 étudiants haïtiens. Un geste que nous ne pourront jamais oublier », a déclaré le ministre haïtien de la Jeunesse, des Loisirs et de l’Action civique. Le ministre a été également accueilli dans les locaux de la mairie d’Arrondissement de Gorée, après un détour sur la place publique où les populations ont exprimé le désir de recevoir les étudiants haïtiens. Il a reçu des cadeaux des conseillers municipaux et des étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Le titre Pèlerin Ambassadeur de Gorée lui a été décerné par le directeur de Cabinet du maire, Tidiane Camara. Manifestement fier de cette nomination, Evans Lescouflair a affirmé tout son engagement et soutien au gouvernement du Sénégal pour la réussite de sa mission. Le ministre haïtien a estimé que le dossier de coopération qui lie les deux nations a été une fois de plus pris en main par le pays hôte. Ainsi, Evans Lescouflair a rassuré le ministre des Affaires internationales et humanitaires au cabinet du président de la République qu’il ne ménagera aucun effort pour accompagner l’Etat du Sénégal dans son élan de solidarité et de fraternité.

Il a, dans une formule imagée, affirmé que « la porte du voyage sans retour vient d’être ouverte à Gorée », avant de s’engager à participer pleinement au départ des 160 étudiants vers le Sénégal.

Sokhna DIOM

 

Plainte pour viol contre le ministre Evans Lescouflair

 
P-au-P, 23 septembre 2010 [AlterPresse] — Une plainte pour viol a été déposée, au Parquet du tribunal de première instance de Port-au-Prince, contre le ministre haïtien de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique, Evans Lescouflair, a confirmé, ce jeudi 23 septembre 2010, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), dans un entretien accordé à AlterPresse.

Le RNDDH affirme avoir reçu, au début du mois de janvier, peu avant le tremblement de terre, un homme qui s’est déclaré victime de viol de la part d’Evans Lescouflair.

L’organisation indique l’avoir accompagné, dans sa démarche judiciaire, et aidé à porter plainte, finalement, au cours du mois d’aout 2010.

La victime présumée, qui s’est présentée comme un employé d’une organisation non gouvernementale dirigée par Lescouflair, prétend que le ministre a également procédé à des attouchements sexuels sur un adolescent de 16 ans, indique le Réseau National de Défense des Droits Humains.

Contacté, il y a quelques mois, par l’organisation de défense des droits humains, Evans Lescouflair a rejeté la version du plaignant, soutenant, pour sa part, qu’il s’agit d’un ex-employé qui a détourné, au sein de son organisation, « une très forte somme d’argent » et avec qui il aurait eu « une discussion très tendue », selon ce que rapporte le RNDDH.

Il s’agit d’ « un dossier très délicat » et « nous ne pouvons pas citer les noms » des concernés, souligne le RNDDH dans l’entretien accordé à l’agence AlterPresse.

L’organisation dit également condamner le fait que des sénateurs de la République aient divulgué des identités dans la presse.

Les sénateurs Youri Latortue, Edmonde Supplice Beauzile, Mélius Hyppolite, Jean Willy Jean-Baptiste et Jean William Jeanty ont, dans une conférence de presse, ce mercredi 22 septembre 2010, dénoncé le fait qu’aucune suite judiciaire n’ait été donnée à l’affaire. Ils ont aussi cité les noms des victimes présumées.

En aucun cas, ils ne devraient citer les noms des présumées victimes « même avec leur permission », souligne le RNDDH.

Le Réseau National de Défense des Droits Humains dit, en même temps, espérer que le dossier suivra son cours et que le ministre éliminera les barrières administratives en se mettant lui-même à la disposition de la justice.

Selon le sénateur Latortue, le chef du Parquet, Harycidas Auguste, a déjà écrit au président René Préval pour lui demander d’autoriser le ministre à venir répondre aux questions des magistrats. Une loi en vigueur rendrait cette autorisation du chef de l’Etat obligatoire pour pouvoir interroger un membre de l’Exécutif et, éventuellement, exercer des poursuites judiciaires contre lui.

 

Haïti – Insécurité : Renforcement de la sécurité à Pétion-Ville
HAITI LIBRE – 23/09/2010 15:28:19

Haïti - Insécurité : Renforcement de la sécurité à Pétion-Ville

Jean-François Vézina, porte-parole de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (Minustah) a annoncé aujourd’hui une augmentation de ses effectifs et de ses opérations à Pétion-Ville.

« Les effectifs de police de l’ONU déployés à Pétion-Ville ont été augmenté de 25 à 40 policier depuis le 21 septembre » à déclaré le porte parole lors d’une conférence de presse, précisant que cette nouvelle disposition faisait partie d’un nouveau plan d’action afin de faire face aux actes criminels qui se sont multipliés ces dernières semaines [assassinat, kidnapping, agressions, vol, hold-up] dans ce secteur partiellement résidentielle à forte concentration commerciale.

Il a expliqué que dorénavant, avec l’application de ce nouveau plan, tous les véhicules et les personnes qui circuleront le soir à Pétion-Ville seront contrôlés. Souhaitons que ce renfort, qui est le bienvenu, permettra de réduire l’insécurité croissante à Pétion-Ville autrefois considéré comme une zone « relativement tranquille ».

 

Haïti – Élections : Qui est Axan Abellard ?
HAITI LIBRE – 23/09/2010 06:55:32

 Haïti - Élections : Qui est Axan Abellard ?

Au cours de la campagne électorale, HaïtiLibre publiera des textes, portraits ou des biographies sur chaque participant à la course présidentielle afin que les électeurs et électrices puissent mieux connaître ceux et celles qui briguent la présidence d’Haïti.[les textes reproduits sont ceux fournis par les candidats, les partis ou figurant sur leur site officiel et non des textes écrit par HaïtiLibre].

Aujourd’hui nous vous invitons à découvrir le candidat Axan Abellard, ing. : (« Konbit Nasyonal pour Devlopman »)

Axan Abellard, ing. :
Axan Abellard (Axan D’Elson Abellard, pour l’état civil}, est né, le 20 avril 1952, dans un petit village du nom de Matthieu. Quoique situé dans la commune de Léogane, à quelques encablures de Port-au-Prince, ce village est évidemment dépourvu de toutes infrastructures et est très peu connu.

La petite enfance d’Axan Abellard se déroule dans un univers paysan avec un horizon de champs qu’il parcourt pieds nus comme pour mieux s’imprégner de la terre du pays si généreuse et la plupart du temps si mal gérée. La mère d’Axan est seule à s’occuper de son fils puisque ses parents se sont séparés. Il n’avait que deux ans, à l’époque. Axan Abellard grandit comme ces centaines de milliers d’enfants des modestes familles monoparentales de l’en dehors oublié. Il a vite développé du respect pour sa mère qui devait travailler autant que les hommes en même temps qu’elle était totalement au service de son fils pour lui assurer la sécurité nécessaire et lui donner toute l’affection du monde.

A l’âge de cinq ans, Axan Abellard est confié à son père qui s’était installé auparavant dans la périphérie de Port-au-Prince. La séparation est, cela va de soi, extrêmement douloureuse pour le jeune enfant et pour la mère, mais il fallait bien faire quelque chose du petit Axan. D’ailleurs, le père, Alexandre Abellard, commence déjà à se faire connaitre dans le milieu culturel et artistique de la capitale.

Le petit Axan est bien vite scolarisé. D’abord à la section primaire du Lycée Alexandre Pétion, puis à l’école Hermann Héraux à Martissant. Sa vie est celle d’un garçon de la petite classe moyenne des grandes agglomérations. Après avoir vécu à Carrefour, son père déménage pour s’approcher un peu plus du cœur de Port-au-Prince. Ainsi Axan Abellard a habité le quartier de Bolosse, celui de la cathédrale et enfin la ruelle Alerte au quartier du Bas peu de Choses.

Ce n’est pas la misère, mais les ressources sont limitées à la maison. L’apprentissage de la vie pour le jeune enfant commence avec la fréquentation des petits fonctionnaires, des artisans et des petites commerçantes. Le frottement permanent avec ces populations vulnérables, qui vivent d’activités et d’emplois précaires et qui ont l’habitude des fins de mois difficiles, permet à Axan, encore jeune, de s’attacher aux travailleurs pauvres des villes. Il prend conscience de la place et de l’importance du travail dans la communauté. Sa manière de sublimer l’effort l’aide à réussir son immersion dans la grande capitale. Ce qui ne manque pas de rejaillir sur ses résultats scolaires. Pour le bonheur des ses parents et des ses proches, Axan Abellard est un élève très appliqué. Il passe avec succès son certificat d’études primaires. Ce qui n’étonne personne puisqu’il a toujours été le meilleur des classes qu’il a fréquentées.

L’école est aussi le prolongement de son quartier. Axan Abellard n’a fréquenté que des écoles nationales. Ses condisciples viennent du même milieu modeste que lui et sont tous conscients de la nécessité de préparer leur avenir et celui du pays par la réussite à l’école. Dans les préaux, les jeux de compagnonnage entre enfants n’empêchent pas que le spectre du survisme reste une réalité. Le caractère volontariste d’Axan Abellard prend forme à partir de ce moment. Les enfants, autour de lui, rêvent à force de séduisantes images des pays riches du Nord et prennent le pari de vivre, un jour, dans un pays moderne. Pour Axan Abellard, issu d’un milieu qui a développé des capacités de survie singulières, les changements rêvés dans la société passent par l’acharnement au travail bien fait jusqu’à la satisfaction de l’excellence.

Au cycle secondaire, Axan Abellard garde le cap de l’excellence. Il passe son baccalauréat première partie comme élève du Lycée Toussaint Louverture. Pour sa dernière année de scolarisation classique, il fréquente le Centre d’Etudes Secondaires, école réputée pour son enseignement des sciences exactes, particulièrement les mathématiques, matière de prédilection d’Axan Abellard. En réalité, il est passionné de mathématiques et ses connaissances en la matière sont largement supérieures à celles de ses condisciples.

Sans surprise, il passe le concours d’entrée à la Faculté des Sciences de l’Université d’Etat d’Haïti en 1971. Toujours appliqué et responsable, il se fait rapidement remarqué par ses professeurs. Etudiant en deuxième année, on lui confie la charge de moniteur de travaux dirigés en mathématiques à l’intention de ses collègues en première année. Il assume ces lourdes responsabilités avec compétence sans que ses propres études en pâtissent.

La promotion 1971-1975 de la Faculté des Sciences de l’Université d’Etat d’Haïti accueille aussi deux autres étudiants doués pour les mathématiques. Il s’agit de Frantz Verella et de Auguste Paquiot. Une décision sans précédent dans l’histoire de la Faculté leur permet de s’épanouir avec leur passion et de consolider leurs connaissances en mathématiques. En effet, le décanat de la Faculté a fait venir des professeurs de la France pour offrir à ce trio d’étudiants un programme complémentaire en mathématiques. Comme ses deux collègues, Axan Abellard est reçu, à la fin de son premier cycle d’études universitaires, ingénieur civil et licencié es mathématiques.

Immédiatement après la fin de premier cycle, Axan Abellard part se spécialiser en France, au bénéfice d’une bourse de perfectionnement de l’Etat français. Il est admis à l’Ecole Spéciale des Travaux Publics où l’enseignement est réputé de très bonne qualité. Comme la plupart des jeunes ingénieurs, Axan s’enthousiasme pour les Ponts et Chaussés, une école de grande notoriété internationale et classée parmi les meilleures au monde dans son domaine de formation. Y accéder relève d’un énorme pari.

Il prend la décision de partir à la conquête du meilleur. Il s’inscrit en maitrise de mathématiques à la faculté de Paris VII et dès le mois de décembre, il quitte l’Ecole Spéciale des Travaux Publics pour se concentrer sur la préparation du concours d’entrée à la célèbre école Ponts et Chaussées.

Pari réussi pour Axan Abellard puisqu’il intègre, l’année académique suivante, soit en 1976, l’école Ponts et Chaussées. Il est reçu en deuxième année où son application et l’habitude maitrisée du travail bien fait lui permettent de s’intégrer au groupe et de briller. En 1978, il rentre au pays, prêt à se mettre au travail et légitimé par ses deux nouveaux titres : un diplôme d’ingénieur des Ponts et Chaussées et une maitrise en Sciences mathématiques.

De retour en Haïti, Axan Abellard intègre la fonction publique avec la ferme conviction que le développement, tant souhaité et rêvé de son pays ainsi que l’amélioration des conditions de vie des populations les plus démunies, passe par un programme d’interconnexion de tous les coins d’Haïti. Le véritable frein au décollage économique du pays réside dans l’isolement de certaines régions du pays. Ce qui a pour corollaire de favoriser la concentration de toute la population économiquement active dans les grandes villes et particulièrement à Port-au-Prince. Cette lutte devient son engagement qu’il traduit par la formule : La route du développement passe par le développement des routes. C’est son exigence et la rampe de lancement de toutes les entreprises professionnelles et politiques auxquelles il se consacre.

Au moment de sa prise de fonction au Ministère des Travaux Publics Transport et Communication, l’Etat haïtien travaille à la réalisation de grands travaux d’infrastructures dans le département du Nord. Ce projet concerne la reconstruction de la route de la Plaine du Nord ainsi que le Pont Neuf (ancien pont Florvil Hyppolite). Axan Abellard souhaite de tout cœur mettre ses compétences au service de ce projet. Il insiste auprès de ses supérieurs et arrive à les convaincre. En 1979, il rejoint l’équipe sur place avec un mandat de supervision des travaux.

Il passe deux années sur le terrain avant de revenir à Port-au-Prince pour occuper, pendant une année, les fonctions de directeur technique du Service de Construction et de Supervision au Ministère.

A partir de 1982, Axan Abellard commence à prendre en compte d’autres problèmes concrets auxquels sont confrontées quotidiennement les populations haïtiennes. Au-delà de la nécessité de percer des voies d’accès, de désenclaver le pays en dehors, il faut engager le pays sur la voie de la production de richesses qui puissent profiter à tous. Conscient d’une certaine sinistrose dans les secteurs productifs du pays, Axan Abellard accepte de se mettre au service d’une entreprise publique active dans l’agro-industrie. En même temps, l’ingénieur retourne, à trente ans, sur la terre de ses racines. Mieux que quiconque, il a l’amour de cette région et connait les rêves permis et les espoirs mal exprimés de ses habitants.

L’Etat haïtien lui confie la responsabilité d’achever la construction de l’Usine Sucrière de Darbonne en vue d’accroitre la production de la canne et de favoriser son transport. Le cahier de charge est lourd puisque concrètement la mission d’Axan Abellard consiste à multiplier le rendement de l’usine par dix en faisant passer la production de la canne de 30.000 tonnes annuelles à 300.000 tonnes. Il occupe le poste de Directeur Général adjoint de l’usine.

En acceptant ce défi, Axan Abellard se rend compte que ses compétences d’ingénieurs lui permettront, certes, de mettre en œuvre des chantiers de drainage, d’irrigation et de construction du réseau routier de la Plaine de Léogane ; mais qu’ils ne lui permettront pas d’assurer efficacement la gestion de l’usine. En conséquence, il suit des cours à l’INAGHEI et obtient un certificat en gestion des petites et moyennes entreprises.

A la fin de son mandat à l’Usine Sucrière de Darbonne, le Ministère des Travaux Publics Transports et Communication fait face à d’énormes difficultés dans la mise en œuvre et dans la gestion des projets d’aménagement d’infrastructures routières financés par des agences de développement international, notamment la Banque Interaméricaine de Développement et la Banque Mondiale. Axan Abellard est rappelé au Ministère pour lancer le projet d’unité d’exécution des routes agricoles et pour mettre en place un nouveau service de construction des routes dont il devient le directeur. Il travaille dans l’urgence et avec méthode. Quatre mois après sa prise de fonction, la Banque Interaméricaine de Développement exprime, par une correspondance au Ministre des Travaux Publics, son entière satisfaction et la reprise d’un partenariat serein et basé sur la confiance.

Après le retour à la normalité, le Ministère des Travaux Publics libère Axan Abellard qui retrouve ses fonctions de Directeur Général-adjoint puis de Directeur Général de l’Usine Sucrière de Darbonne. Son mandat est de continuer le programme initié deux ans auparavant, soit accroitre la productivité de l’usine. Le projet est ambitieux et pour atteindre les objectifs de production fixés, il faut construire 40 kilomètres de routes vicinales, 80 kilomètres de canaux d’irrigation et 60 kilomètres de canaux de drainage.

Suite à la chute du régime des Duvalier, le pays s’embrase. L’allégresse des premiers moments se mue en assainissement radical des agences gouvernementales, des ministères et des entreprises publiques. Axan Abellard reste en poste mais doit faire face à des actions répétées de sabotage. Impuissant, il démissionne de son poste de Directeur Général de l’usine. Il convient aussi de souligner ce fait rare et insolite : quelques temps après sa démission, deux camions d’employés de l’usine sont venus manifester jusque chez lui pour lui demander de revenir reprendre la direction de l’usine. Axan Abellard refuse. Sa décision de tourner dos à la fonction publique pour se consacrer au développement de projet entrepreneurial est prise. Une page se tourne et l’envie d’être au service du pays ne change pas.

Fort de son expérience de responsable au premier plan de la gestion d’une entreprise publique, Axan Abellard a compris que l’instabilité politique et le manque de prévisibilité empêchent le pays de réaliser pleinement son potentiel de développement. La crise générée par la transition démocratique post 1986 a mis à mal le fonctionnement des entreprises publiques.

Axan Abellard s’engage dès 1987 dans le développement du secteur privé, conscient que les Petites et Moyennes Entreprises constituent, partout dans le monde libéral, la colonne vertébrale de l’économie et de la création d’emplois. Il réunit autour de lui les compétences nécessaires pour créer le CECOM (Centre d’Etude Caribéen des Ouvrages et du Management)

Consultants S.A. En sa qualité de bureau de consultation, le CECOM a participé, entre autres, à l’étude de réorganisation du Ministère des Travaux Publics Transports et Communications et honoré des contrats d’études et de supervision pour la construction de routes, de ponts, d’abattoirs, de laboratoires, de bureaux, de systèmes d’adduction d’eau potable et de réseaux d’irrigation.

En 1997, le CECOM Consultants S.A utilise les services de 40 ingénieurs, de 20 dessinateurs et de 20 topographes. Il occupe désormais, en importance et en nombre de salariés, la première place parmi les entreprises de ce type. Axan Abellard en est le PDG.

Le succès du bureau d’études lui permet de monter et de préparer, en 2001, l’opération d’acquisition de l’EATT (Entreprise d’Aménagement de Terrain et de Travaux) spécialisée dans la construction des routes, des systèmes d’irrigation et d’adduction d’eau potable. EATT a été très présente dans les départements du Nord-Ouest, de l’Artibonite et de la Grand’Anse. Depuis 2002, Axan Abellard en est le PDG.

La transmission des compétences reste pour Axan Abellard une gageure. A côté de ses lourdes responsabilités, il a toujours pris parti pour la formation des jeunes. De 1978, date de son retour au pays fraichement diplômé des Ponts et Chaussées, jusqu’en 1990, il a accompagné, en qualité de professeur, les étudiants des facultés de Sciences et d’Agronomie de l’Université d’Etat d’Haïti. Parallèlement, il a enseigné à l’Institut Supérieur de Technologie d’Haïti.

Il abandonne ses chaires pour se consacrer à la création puis à la gestion de l’Ecole Supérieure de Technologie d’Haïti (ESTH) connue sous l’appellation commerciale Axan Abellard et Associés (3A). Après avoir formé plus de 300 ingénieurs, l’ESTH, en partenariat avec l’Institut Franco-Caribéen, s’est spécialisée dans la formation continue des ingénieurs dans les domaines de construction et d’entretien des routes.

L’implication d’Axan Abellard dans le développement de son pays est forte puisqu’il a choisi de se mettre en situation de transversalité. Il a travaillé à des postes de responsabilité dans le public et dans le privé. Il a arpenté, tout en menant en parallèle ses activités d’enseignant à l’université, les secteurs économiques primaire (dans le développement rural), secondaire (gestion d’entreprise industrielle) et tertiaire (montage et gestion de cabinets de service).

La route du développement passe par le développement des routes est le credo d’Axan Abellard. Mais c’est surtout la métaphore de son engagement auprès des autres. Homme de réseau, il s’engage avec et pour les autres. Développer des routes revient à jeter des passerelles entre les femmes et les hommes de ce pays pour rendre possible la mutualisation des idées et des actions nécessaire au développement du pays. Axan Abellard fait partie de ceux qui sont convaincus que la réduction de la pauvreté exige que tout le monde se mette au travail pour créer des richesses et procéder à leur juste répartition.

Depuis les années 1990, il siège au Conseil d’Administration de la Chambre de Commerce Franco-Haïtienne et en assure la présidence en 1997. Homme d’ouverture, il veut marcher avec les autres, avec tout le monde pour jeter les bases d’un modèle de développement culturel, économique et social qui est précisément censé faire table rase des appartenances héritées pour reconstruire l’espace public selon les seules exigences de la raison. Cela va de soi que le pays ne saurait se stabiliser en l’absence de desseins collectifs favorisant la définition d’objectifs de vie partagés.

Un aspect moins connu de la vie d’Axan Abellard est son engagement politique dans le sens militant du terme. A partir de l’année 1999, il accorde de plus en plus de temps et de ressources à la construction et à la consolidation des regroupements politiques porteurs de projets inclusifs pour ses compatriotes. Volontairement, Axan Abellard a refusé l’imposture de la visibilité pour ne pas transformer son engagement en perversité. Sa disponibilité pour accompagner l’émergence d’une pratique moderne de la politique en Haïti est intacte et se renforce de jour en jour. Tout comme sa carrière professionnelle, son parcours en politique est marqué par l’apprentissage, le compagnonnage, l’action concertée et le sacrifice de son individualité au profit de la communauté.

Il n’est pas moins important de mettre en évidence la foi chrétienne d’Axan Abellard. Il est membre d’une communauté unie par des valeurs morales et religieuses. Par contre Axan Abellard a toujours refusé le sectarisme et l’intégrisme. Sa pratique de la foi chrétienne est absolument œcuménique et ouverte sur toutes les religions du monde. Non seulement par tolérance ou par coquetterie intellectuelle mais surtout par conviction que les différences religieuses et culturelles constituent une richesse pour la compréhension du monde.

Axan Abellard est veuf. Sa femme Nicole Bartley Abellard est morte dans le tremblement de terre du 12 janvier 2010 à l’Eglise sur le rocher de Delmas. Il est père de deux enfants, Axan Junior Abellard et Allan Abellard, qu’il élève dans le respect de toutes ces valeurs qui lui ont permis de vivre, de travailler et d’entreprendre dans ce pays sans que sa dignité et son honnêteté n’aient été jamais compromises.

HaïtiLibre invite les candidats agréés à nous contacter pour nous faire parvenir pour publication, leur texte, portrait ou biographie le plus rapidement possible.

 

Sans de bonnes élections pas de reconstruction
HAITI LIBRE – 23/09/2010 11:35:43

Haïti - Politique : Sans de bonnes élections pas de reconstruction

Lors de la dernière conférence de presse des Nations Unies en Haïti [16/09/2010], Edmond Mulet, le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Haïti et Chef de la Minustah a mis les point sur les «i» en rappelant pour commencer la position des États membres qui se sont exprimés au Conseil de Sécurité qui s’est tenu début septembre.

« Je dois dire qu’il y a un aspect qui a fait l’unanimité de tous les participants, des 26 Etats membres. C’est l’importance d’organiser des élections libres, transparentes et crédibles le 28 novembre de cette année. Tout cela naturellement pour mettre en place un gouvernement légitime à partir du 7 février de l’année prochaine. Tous les intervenants ont fait le lien crucial qui existe entre la reconstruction du pays et la présence d’un gouvernement et d’une assemblée nationale disposant d’une légitimité que seules les urnes peuvent apporter. En effet, seules des institutions fortes, qui ont l’appui du peuple haïtien, seront à même d’assurer le leadership qui sera requis pour la reconstruction du pays. »

Répondant à la question d’un journaliste lui demandant s’il n’y avait pas « une sorte de priorisation des élections par rapport à la reconstruction » le chef de la Minsutah à précisé « Ce n’est pas une priorisation. La reconstruction du pays est très importante. C’est vital. Mais il y a aussi le consensus de tout le monde. C’est unanime que sans élections, sans un gouvernement légitime sur place, la reconstruction ne pourra pas être faite comme il faut. Il faut avoir sur place un gouvernement légitime. On a vu déjà dans le pays, dans le passé, à plusieurs reprises, que quand il y a des gouvernements intérimaires, des gouvernements provisoires, rien ne se passe. Tout s’arrête. Même les investisseurs nationaux veulent avoir sur place un gouvernement légitime. Et la communauté internationale aussi attend toujours l’arrivée d’un président élu, d’une assemblée nationale élue pour pouvoir travailler à moyen et à long terme.

C’est pour cela que c’est très important que le 28 novembre le peuple haïtien participe aux urnes afin d’élire les candidats de leurs choix au niveau de la Présidence, du Sénat et de la Chambre des députés. Puis le 7 février de l’année prochaine, avoir un nouveau gouvernement. Sur cette base la reconstruction du pays pourra vraiment avancer de façon plus rapide. S’il n’y a pas de gouvernement installé, issu d’élections démocratiques dans le pays, je ne vois pas comment les bailleurs de fonds, la communauté internationale, les investisseurs privés pourront venir travailler en Haïti, créer des emplois et générer le développement du pays. Même si la reconstruction est vraiment une priorité pour tout le monde, la stabilité politique et sociale dans le pays l’est aussi. C’est une seule médaille avec deux faces : la reconstruction et le processus démocratique. »

L’enjeu est clair et la pression de l’internationale sans équivoque, l’objectif de la prochaine élection dépasse les seuls aspects politiques. Ce que devra décider le peuple haïtien par les urnes c’est l’avenir de la reconstruction d’Haïti, une lourde responsabilité lorsque l’on sait que la plupart des électeurs ne sont pas en mesure de comprendre la portée de leur vote au delà de l’appui à un(e) candidat(e).

Restera à savoir, une fois connu les résultats de ces élections, comment la communauté internationale définira les notions de : « gouvernement légitime, d’élections démocratiques, d’élections crédibles, libres et transparentes » et surtout ce qu’en pensera la population et comment elle réagira.

 

Haïti : Des projets mais pas de fonds

 

Souligne le nonce apostolique, huit mois après le séisme

ROME, Jeudi 23 septembre 2010 (ZENIT.org) – L’Église a « de très nombreux projets » pour la reconstruction d’Haïti, ravagé par le tremblement de terre du 12 janvier dernier, mais les réaliser sera difficile à cause du manque de financements, souligne Mgr Bernardito Auza, nonce apostolique dans le pays.

Dans un entretien à l’agence Fides, le représentant pontifical parle d’une situation humanitaire « toujours grave », précisant que « plus d’un million de personnes déplacées vivent encore dans des camps de fortune qui, au lieu de diminuer, augmentent.

« Même les pauvres qui viennent des provinces en quête d’une assistance ou d’un emploi viennent grossir les camps », a-t-il souligné. 

« On voit tant de nouveaux camps de fortune sur les collines, dans la partie nord de Port-au-Prince, probablement par peur des inondations qui, grâce à Dieu, n’ont pas eu lieu pour l’instant », a-t-il ajouté. 

Aucun ouragan n’a touché le pays et il n’y a pas eu de longues pluies torrentielles, et donc pas d’inondations ».

Selon Mgr Auza, « Une solution qui puisse résoudre le problème des déplacés semble introuvable ». « Le premier camp provisoire installé par le gouvernement et par la communauté internationale au nord-est de la capitale semble avoir échoué dans ses objectifs, par manque de services et de tant d’autres choses ».

Selon le nonce, « la meilleure solution est celle du Catholic Relief Services (CSR), autrement dit ramener les familles dans leurs communautés d’origine, dans leurs quartiers, là où se trouvaient leurs maisons ». 

« Le CRS construit des maisons provisoires qui sont affectées à ceux qui habitaient déjà là. Construire des maisons définitives n’est pas à l’ordre du jour, cela serait d’ailleurs trop coûteux et ni le gouvernement ni la communauté internationale ne sont dans l’obligation de le faire, du moins en cette période d’autres grandes nécessités. Cela dit, il y a des ONG qui essaient de construire des maisons en dur ».

Le nonce apostolique a également reconnu que « la reconstruction proprement dite » n’a pas encore commencée en Haïti. « L’Etat a déjà délimité le centre-ville de Port-au-Prince, presqu’entièrement détruit par le tremblement de terre, et le futur nouveau centre gouvernemental, où seront construits les bâtiments de l’État, les ministères, etc. Mais les projets ne sont pas encore bien définis. Dans la zone concernée, se trouve aussi le site de la cathédrale, qui a été détruite ». 

« L’Église, quant à elle, a beaucoup de projets, mais les constructions n’ont pas encore commencé. Nous espérons pouvoir lancer les premiers projets, comme la reconstruction du grand séminaire national, à l’occasion du premier anniversaire du tremblement de terre ».

«En attendant, les séminaristes sont accueillis dans de grandes tentes semi-permanentes qui peuvent durer des années. Nous espérons que d’ici trois ans nous aurons un nouveau grand séminaire ». 

Le 28 novembre prochain des élections présidentielles, parlementaires et locales auront lieu en Haïti. 

« Les problèmes politiques (comme le boycottage de l’opposition) et logistiques (par exemple l’enregistrement des électeurs et la remise des cartes d’identité) sont immenses », a reconnu Mgr Auza, « mais Haïti et la communauté internationale estiment que, malgré les circonstances, il doit y avoir des élections pour consolider la stabilité politique ».

 

L’ED’H veut se relever grâce à la SONAPI et un nouveau financement de la BID

P-au-P, 23 sept. 2010 [AlterPresse] — L’Électricité d’Haïti (ED’H) veut attirer les clients potentiels que représentent les parcs industriels, grâce au soutien de la Banque Interaméricaine de Développement (BID), selon son directeur général, Serge Raphaël.

« Ce sont des clients privilégiés, des clients qui paient, et nous irons les chercher grâce aux efforts du gouvernement et de la BID », a-t- il déclaré lors d’un échange, mercredi 22 septembre, avec des journalistes, après la signature d’un accord de financement additionnel en faveur de l’EDH.

L’accord, d’un montant de 14 millions de dollars américains, a été paraphé par le ministre des Finances, Ronald Baudin, et le représentant résident de la BID en Haïti, Edouardo Almeida.

Il s’ajoute à un précédent financement de 18 millions de dollars pour la réhabilitation du réseau électrique dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.

Cela nous permettra de fournir du courant électrique dans la zone de Tabarre (au nord de Port-au-Prince) mais surtout dans la zone industrielle, à la SONAPI (Société Nationale des Parcs Industriels) », a expliqué Serge Raphaël.

Le nouveau montant de 14 millions de dollars sera employé « à la mise en place d’une sous-station électrique à Tabarre et [permettra] de prendre en compte les besoins de réhabilitation du réseau électrique dans la zone métropolitaine », a précisé le ministre Baudin.

La sous-station de Tabarre sera prête d’ici 9 mois à 1 an, a promis le directeur de l’EDH.

Cela « va soulager le rendement de 9 autres sous-stations qui sont en très mauvais état, a-t-il souligné.

Raphaël a, par ailleurs, fait état de financements de l’ordre de 8 à 10 millions de dollars du gouvernement américain pour la réhabilitation des 4 sous-stations principales de la zone métropolitaine.

Une partie du réseau de Léogâne (dans la périphérie sud de la capitale) bénéficiera, de son côté, d’un soutien de 3 millions de dollars d’une compagnie coréenne pour sa reconstruction. Ce montant financera en même temps une ligne de courant qui sera connectée directement à la SONAPI, a annoncé le directeur de la compagnie d’électricité.

Apres le tremblement de terre, l’EDH avait déclaré avoir besoin de 39 millions de dollars pour réhabiliter le réseau de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. Trente circuits électriques sur trente-deux ont ainsi été réparés.

Toutefois, « des pannes répétées » continuent d’empoisonner le réseau, et « il reste encore beaucoup à faire », nuance le directeur de l’entreprise publique.

Tout en déplorant que « L’EDH ait perdu 55% de sa production », il a annoncé « une nouvelle politique [qui] consiste à réhabiliter [le réseau de la compagnie d’électricité], améliorer sa production, réduire les pertes commerciales en poussant les clients à payer, donner davantage de compteurs et amener les pertes techniques plus près de la norme internationale, soit à 10%.

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Haïti – Agriculture : Oeufs, volailles, cheptels, production déficitaire
HAITI LIBRE – 23/09/2010 12:50:37

Haïti - Agriculture : Oeufs, volailles, cheptels, production déficitaire

En dépit des énormes potentialités, la production nationale n’arrive toujours pas à couvrir les besoins des populations en produits laitiers, en œufs et en découpes de viandes de volailles. Chaque année, Haïti importe de plus en plus de produits laitiers environ 36 millions de dollars d’œufs et 12.5 millions de dollars de poulets [dont 90 % en pièces découpées]. La libéralisation adoptée depuis 1986 a entravé le développement de la production nationale dont plus de 90 % proviennent d’exploitations agricoles familiales.

Le défi majeur du développement de l’élevage en Haïti est l’alimentation du cheptel, en particulier celle des porcs et des volailles. La disponibilité en grains et fourrage provenant de la production agricole est nettement insuffisante pour satisfaire aux besoins alimentaires de ces espèces. L’accès aux aliments concentrés importés de la République Dominicaine est surtout limité par les quantités disponibles sur le marché national et le pouvoir d’achat de la majorité des éleveurs haïtiens qui disposent de revenus de plus en plus faibles ces dernières années à causes, entre autres, des nombreuses pertes dues aux maladies.

Pour relever ce défi, le Ministère de l’Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR) étudie actuellement la possibilité d’importer de l’Argentine les ingrédients nécessaires à la fabrication en Haïti de d’aliments de bétail. L’objectif poursuivi est de rendre le poulet haïtien compétitif face au poulet importé en subventionnant la fabrication d’aliments de bétail par des usines nationales. En plus des actions en cours de réalisation, deux importants projets de production d’œufs de table et de pondeuses vont démarrer prochainement avec un financement de l’État haïtien:

  • Un premier projet de production d’œufs de table pour un financement de 9 millions de gourdes (environ USD 225 000) qui prévoit l’implantation dans chaque département d’unité de 300 poules «Leghorne»;
  • Un second projet de 5 000 pondeuses pour un financement de 15 millions gourdes (environ USD 375 000) prévoit l’implantation de 10 unités de 50 poules «Rhodes Island et Plymouth Roca» dans chaque département.

Cette année, la situation du cheptel est moins favorable par rapport à celle de l’année dernière. L’effet conjugué du séisme et des maladies ont occasionné une diminution des effectifs. Le cheptel bovin a été le plus affecté par le tremblement de terre, beaucoup d’animaux ont été tués par l’effondrement des maisons ou emportés par des éboulements et des glissements de terrain. Une des conséquences du séisme a été le retardement des campagnes de vaccination des volailles et des bœufs. L’achat des vaccins a été différé au profit de l’importation de médicaments pour soigner les blessés du séisme.

Concernant le cheptel porcin et les volailles, ce sont l’effet des maladies et l’insuffisance d’alimentation qui ont été surtout la cause de la diminution des effectifs. La maladie de Teschen couvre presque tout le pays et cause des pertes importantes pouvant atteindre 40 % des effectifs porcins. La non disponibilité de vaccin contre cette maladie fait peser une lourde menace sur l’élevage porcin en Haïti. La peste porcine classique et la maladie de Newcastle qui sévissent depuis des décennies ne sont pas encore totalement contrôlées pour des raisons liées à l’insuffisance des moyens disponibles.

La recrudescence de ces maladies s’est traduite par des ventes des animaux sains sur les marchés plus élevées que d’habitude notamment de porcs et de volailles. Par contre, les ventes de chèvres répondaient davantage à une décapitalisation des ménages ruraux afin de payer les frais d’acquisition des intrants et de la main-d’œuvre agricole de la saison agricole de printemps.

 

Les tracas d’Aristide seront-ils éternels en Haïti ?

AGORA VOX / 23-09-10

OBAMA, WE NEED HELP

 Il faut souvent attendre un grand malheur ou la rumeur d’un rappeur aux ambitions présidentielles[1] pour parler d’Haïti. A quelques mois des élections haïtiennes, il peut être utile d’évoquer la figure d’un ancien chef d’Etat de cette petite république et le parcours chaotique qui fut le sien.

"Les gens riches de mon pays, un infime pourcentage de la population, sont assis devant une vaste table débordant de bonne nourriture, tandis que le reste de cette population, donc une majorité d’haïtiens, sont entassés sous cette table, dans la poussière, le dos courbé et affamés. Un jour ce peuple se lèvera et demandera justice."

Nous étions au tout début de l’année 1990 et cette déclaration était faite par le prêtre haïtien Jean-Bertrand Aristide, qui allait devenir président de ce bout d’île des Caraïbes quelques mois plus tard.

Dans un pays durement éprouvé par trente années de Duvaliérisme et où 50% de la richesse et 75% des terres arables appartenaient à 1% de la population, il était à prévoir que le discours du prêtre serait entendu. Et nombreux voulurent croire qu’il deviendrait réalité. Mais il était aussi évident que certains ne tolèreraient pas longtemps cette volonté, sincère ou non, d’aider la majorité des haïtiens, donc près de dix millions de pauvres.

Début des tracas d’Aristide

Inévitablement sept mois après son élection, Aristide était débarqué par l’élite haïtienne, exaspérée apparemment par son trop-plein d’humanité, et remplacé par un militaire, le Lieutenant Général Raoul Cédras. Les Etats-Unis emmenaient le président haïtien en exil dans leur beau pays, dirigé à l’époque par Georges Bush père. Il parait que ce serait justement les Etats-Unis qui auraient téléguidé toute l’affaire. Il parait…

Naturellement on pourrait à juste titre s’étonner qu’un si petit pays soit une préoccupation pour les Etats-Unis. Mais ce serait un peu vite oublié que le 1% de la population haïtienne très riche avait sans doute des liens de "sang" et d’intérêts au Nord, et surtout qu’un début d’émancipation en faveur de miséreux aurait pu donner des idées à d’autres pays. Et cela, quelque soit la longitude, était impensable.

Ce qui s’était passé quelques années plus tôt au Burkina Faso[2], et dont Paris était l’instigateur, avait d’ailleurs d’étranges ressemblances avec ce putsch, si l’on veut bien admettre que son organisateur était à Washington. Et dans le cas africain, il est n’est pas surprenant de constater que le bénéficiaire de cette expédition sanglante est depuis tenu en haute considération par Paris, tandis qu’à Washington, on ne se fait, même officiellement, aucune illusion sur le personnage. A chacun ses enfants turbulents et comme des presbytes, nos pays riches ne voient bien que ce qui est loin. Le début de la vieillesse sans doute.

Retour vers Haïti et Aristide

En 1994, après son éloignement forcé aux Etats-Unis, Aristide était remis dans son fauteuil par ceux-là même qui l’en avaient retiré. Ou presque. Bill Clinton avait remplacé Bush père. Mais désormais il ne devait plus être question d’avancées sociales en Haïti. Contraintes ou convictions, Aristide se convertissait peu à peu au libéralisme, ce qui lui permit au moins de finir son mandat sans coup de pétoires.

René Préval lui succédait en 1996. Dès lors et sans doute pour le plus grand bonheur de certains, les rares avancées sociales qu’avaient amenées Aristide et qui étaient encore appliquées furent supprimées.

Second épisode pour Aristide : En 2001, il revenait au pouvoir mais à la faveur d’élections boudées par les haïtiens, qui ne se déplacèrent plus avec la ferveur des années 90. Les fraudes électorales survenues lors des élections législatives quelques mois auparavant avaient laissé des traces.

Mais quoiqu’il en soit de la politique d’Aristide, elle ne plaisait toujours pas, et un beau matin de février 2004 il était de nouveau débarqué : les Etats-Unis lui payait un allé simple pour la République Centrafricaine. Cette fois la France participait aux frais de voyage. Aristide était alors devenu un horrible dictateur aux yeux de la communauté internationale.

Drôle d’ironie tout de même : Jean-Bertrand Aristide pouvait dès lors s’honorer d’une prise de conscience occidentale envers sa personne et sa supposée cruauté, que près de trente années de dictature sanglante des Duvalier[3] et des tontons macoutes n’avaient jamais provoqué, si ce n’est à la fin du règne du fils de famille. Et encore. Comment, après cela, prendre au sérieux les convictions de nos grandes démocraties ?

Les élections de novembre 2010 vont-elles changer la donne ?

Le tremblement de terre[4] qui a dévasté Port-au-Prince, la capitale, le 12 janvier dernier, n’a pas modifié grand-chose dans la soumission de ce confetti de république. Au contraire. Et le leadership que se sont octroyés les Etats-Unis après cette catastrophe pourrait bien n’être que la continuation de cet assujettissement.

Toutefois l’occupation US du terrain après ce séisme (de nombreux marines sont d’ailleurs toujours installés sur l’île pour le maintien de l’ordre et l’aide humanitaire), quoique ressentie brutalement par la population, peut être interprétée de deux façons radicalement différentes.

Soit les Etats-Unis se servent de leur position actuelle pour imposer le pouvoir qu’ils décideront lors des prochaines élections présidentielles, et bien sûr la politique qui leur conviendra. A ce jeu, le peuple haïtien sera très certainement perdant.

Deux siècles d’histoires états-uniennes dans cette région du monde (l’indépendance d’Haïti date de 1804), dont les péripéties d’Aristide n’en sont qu’un épisode, ne laissent que très peu d’incertitudes et plaident en faveur de cette alternative évidemment.

Mais il existe une autre voie et donc une autre option : Et si cette installation impatiente d’après-cataclysme des Etats-Unis ne signifiait rien de plus que l’urgence d’une aide humanitaire efficace ? Pourquoi pas après tout ? Obama, à la différence de ses prédécesseurs, peut-il changer la donne et couper court à la fatalité ? En a-t-il l’envie et les moyens ? En tout cas et comme on peut le voir sur la photo qui illustre cet article, le peuple haïtien en rêve déjà. Je ne donnerai évidemment pas mon choix. Mais si je veux reprendre le parallèle avec la France, dont les promesses répétées de rompre avec ses politiques de voyou en Afrique ne sont que des fables[5], il reste à espérer qu’Obama saura être original.

SylvainD.


[2] Paris, aidé de la Côte d’Ivoire d’Houphouët Boigny notamment, s’est "débarrassé" en 1987 du président Thomas Sankara, qui avait la manie de vouloir un peu trop s’occuper de ses compatriotes et de son pays. Blaise Compaoré, qui a mené ce putsch sanglant et fatal, est maintenant le chef d’Etat de ce pays sahélien. Cette version est bien entendu contestée par la France.
Blaise Compaoré est depuis considéré par Paris comme un grand démocrate et il joue le rôle de médiateur dans tous les conflits qui surgissent ça et là en Afrique de l’Ouest. Etonnant non ?

[3] Depuis sa fuite d’Haïti en 1986, le fils de cette triste famille, baby Doc, coule des jours heureux sur la Côte d’Azur.

[5] Voir par exemple les incursions actuelles de l’armée française au Mali, sans même en informer Bamako… vives les colonies…

par SylvainD (son site) jeudi 23 septembre 2010

 

 

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