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28 Sep

Haïti – Élections : Qui est Charles-Henri Baker?
HAITI LIBRE – 27/09/2010 12:22:20

Haïti - Élections : Qui est Charles-Henri Baker?

Au cours de la campagne électorale, HaïtiLibre publiera des textes, portraits ou des biographies sur chaque participant à la course présidentielle afin que les électeurs et électrices puissent mieux connaître ceux et celles qui briguent la présidence d’Haïti.[les textes reproduits sont ceux fournis par les candidats, les partis ou figurant sur leur site officiel et non des textes écrit par HaïtiLibre].

Aujourd’hui nous vous invitons à découvrir le candidat Charles-Henri Baker (Regwoupman sitwayen pou espwa / Respè)

Charles-Henri Baker :
Un homme d’une intégrité incomparable, Charles-Henri Baker lutte sans relâche depuis sept ans pour apporter un changement véritable en Haiti. Toujours tenace dans son engagement et ses convictions, il est devenu une voix incontournable pour les pauvres, la justice et le changement et a fait preuve d’un leadership exceptionnel.

Son amour pour Haiti, son désire inaltérable de servir son pays et d’améliorer la vie de ses concitoyens l’ont contraint à poser sa candidature à la présidence en 2006 et aux prochaines élections.

D’abord comme agronome, puis industriel et leader de la société civile, Charles-Henri Baker a accumulé un bagage formidable de savoir et d’expérience dans les domaines de l’agriculture, de l’économie, du commerce, de la création d’emplois et la politique, qui font de lui un candidat incontestablement qualifié à assumer la présidence et amener Haïti vers un avenir meilleur.

Son intégrité, son amour pour Haiti, son désire sincère de servir et son engagement personnel suscite l’admiration de milliers de gens de toutes les couches sociales et les portent à travailler avec lui, et ont même causé certains à l’appeler « Le meilleur espoir pour Haïti. »

Charles Henri Baker, est né à Bourdon, Port-au-Prince, en Haïti, il y a 50 ans, aujourd’hui il est en route vers le poste de Président de la République d’Haïti.

Père de famille modèle, il est marié depuis 1975 et père de quatre enfants.

Il détient un diplôme en administration des affaires du St. Leo College en Floride, et est un joueur de football passionné, qui a déjà été arrière centre au Club Bolide de Port-au-Prince. Il est également ceinture noire premier dan, instructeur de karaté.

«Charlito» est devenu , à 21 ans, gérant d’une ferme de 41 hectares, l’Habitation Dujour à Croix des Bouquets, où la canne à sucre, les bananes et le tabac sont cultivées. Sous son leadership visionnaire, il l’a développe rapidement et porte la surface cultivée à 80 hectares, ce qui en fait la plus grande ferme de tabac du pays.

Sa nomination au poste d’Assistant Leaf Growing Manager dans la compagnie de cigarettes «Comme il Faut » lui donne l’occasion de voyager à travers le pays, de le voir de près et de l’aimer.

À la fin de 1988, il se lance dans l’industrie d’assemblage, et travaille avec un certain nombre de grandes sociétés, ou il créer de nombreux emplois.

En 2001, il est élu vice-président de l’Association des Industries d’Haïti (ADIH).

Très tôt, il développe un intérêt pour la politique, déclare son opposition à la dictature, s’implique avec les partis politiques et émerge comme chef de file du mouvement de la société civile lors de la mobilisation historique GNB. Il a également exprimé ouvertement sa déception avec le gouvernement de transition.

Déterminé et engagé à vivre par ses convictions, et conscient de la situation désespérée dans laquelle tous les segments de la population, en particulier les groupes les plus défavorisés, se trouvent, Charles Henri Baker accepte de briguer la magistrature suprême du pays afin de rétablir l’espoir dans le cœur d’un peuple déçu par ses dirigeants.

HaïtiLibre invite les candidats agréés à nous faire parvenir pour publication, leur texte, portrait ou biographie le plus rapidement possible.

 

Michaëlle Jean quitte son poste de Gouverneur Général du Canada
HAITI LIBRE – 28/09/2010 07:51:57

Haïti - Canada : Michaëlle Jean quitte son poste de Gouverneur Général du Canada

Le 4 août 2005, Le premier Ministre du Canada, Paul Martin annonçait que Michaëlle Jean sera le vingt-septième Gouverneur Général du Canada. La troisième femme (après Jeanne Sauvé et Adrienne Clarkson) à occuper ce poste et la première personne de race noire dans cette fonction. Mme Jean [qui menait alors, une belle carrière de journaliste et d’animatrice à Radio-Canada et à la CBC] est devenue la 27e gouverneure générale le 27 septembre 2005, succédant à Adrienne Clarkson.

Michaëlle Jean entame sa dernière semaine comme Gouverneur Général du Canada [son mandat se terminait hier 27 septembre 2010] et jeudi prochain, elle deviendra l’envoyée spéciale des Nations unies en Haïti. Au sujet de cette nomination, le Premier ministre Stephen Harper avait déclaré le 22 juin dernier « à titre d’envoyée spéciale de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) en Haïti Michaëlle Jean tirera profit de son expérience unique et de son dévouement à l’égard d’Haïti, ainsi que de son engagement dans des initiatives éducatives et culturelles, a déclaré le Premier ministre. Elle sera en mesure de soutenir la réponse de la communauté internationale aux besoins urgents d’Haïti, qui se remet du tremblement de terre dévastateur de janvier dernier. Sa nomination témoigne également du rôle de chef de file que joue le Canada dans la reconstruction d’Haïti. »

En savoir plus sur Michaëlle Jean :
Née le 6 septembre 1957, à Jacmel (Haïti), Michaëlle Jean (nièce du célèbre poète René Depestre) et sa famille fuient la dictature Duvalier en 1968. Alors âgée de 11 ans, elle commence sa nouvelle vie à Thetford Mines, au Québec (Canada). Elle parle cinq langues, le français, l’anglais, l’espagnol, l’italien et le créole. Elle est mariée au cinéaste Jean-Daniel Lafond. Le couple a une fille adoptive, Marie-Éden, née à Haïti.

Haïti – Élections : Une campagne au déroulement incertain
HAITI LIBRE – 27/09/2010 13:44:27

Haïti - Élections : Une campagne au déroulement incertain

4,5 millions d’électeurs, dont de nombreux réfugiés vivant dans des camps de personnes déplacées, sont appelés à élire leurs nouveaux dirigeants. Le 28 novembre prochain ils auront l’embarras du choix, 850 candidats pour 99 postes à la chambre des députés, 95 candidats pour 11 sièges au Sénat et 19 candidats pour la présidences. Si Haïti manque cruellement de fonds, le pays ne manque certainement pas de candidats.

Une campagne qui débute aujourd’hui sur fond d’incertitudes et de craintes, entre autres : risques d’une faible participation, problèmes de sécurité et d’instabilité, craintes d’irrégularités au niveau du scrutin.

« Je souhaite que cette élection ne prenne pas l’allure d’une bataille, dans une campagne agressive où on cherche à détruire le compétiteur au lieu de faire valoir les idées […] ce que je crains c’est la faible participation » évoquant « la désaffection de l’électorat vis-à-vis du monde politique, le déplacement des personnes après le séisme et le fait que pour beaucoup de gens qui vient dans des conditions difficiles, aller voter aux élections n’est peut-être pas leur priorité » à déclaré le Président Préval dimanche.

La communauté internationale, quant à elle, se dit préoccupé par le risque de boycotte de certains partis, les risques de soulèvement social et les soupçons qui pèsent sur le Conseil Électoral Provisoire (CEP) accusé de fonctionner sous les diktats du gouvernement.

Récemment, un groupe d’organisations de la société civile haïtienne a demandé au secrétaire général de l’ONU, d’user de son influence pour faire reporter les élections, craignant que celles-ci provoquent de « nouvelles crises politiques dans le pays ».

René Préval craint aussi des problèmes de sécurité « Notre police est en nombre insuffisant, moins de 10.000 pour tout le pays et les forces de l’ONU [un contingent de militaire comprenant jusqu’à 8,940 hommes] qui peuvent nous aider ne parlent [pour la plupart] ni créole, ni français » à-t-il déploré.

 

Dix étudiants haïtiens partent suivre un Master en Bulgarie

 P-au-P., 28 sept. 2010 [AlterPresse] — Dix étudiants haïtiens ont laissé Haiti ce 28 septembre pour Sofia, capitale de la Bulgarie, où ils suivront une formation de Master, en 10 mois, à l’Institut de la Francophonie pour l’Administration et la Gestion (IFAG) de l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), apprend AlterPresse.

Les étudiants, sélectionnés au terme d’un processus incluant un examen de leur dossier et un entretien oral, ont bénéficié d’une bourse de l’UNESCO financée par le gouvernement bulgare.

Recevant les 10 jeunes au bureau de l’UNESCO à Port-au-Prince à la veille de leur départ, le représentant de l’organisme onusien, Bechir Lamine, explique que l’initiative vise à « permettre aux étudiants de bénéficier des conditions optimales pour leur déplacement et leurs études.

Plusieurs étudiants du programme sont des fonctionnaires de l’Etat haïtien qui espèrent renforcer leurs compétences pour pouvoir mieux servir le pays.

« Cette formation me permettra d’être plus performant dans ma tâche de vérificateur des entreprises et des administrations de l’Etat », déclare Johny Lamour, 33 ans, un fonctionnaire à la Cour des Comptes.

Lamour suivait jusqu’au 12 janvier 2010, date du séisme dévastateur qui a frappé le pays, un cours de Master interrompu par l’effondrement des bâtiments de l’Université Quisqueya.

Les étudiants proviennent de plusieurs centres d’enseignement supérieur du pays et optent pour des Masters droit, économie, gestion ou économie et société, parcours économie sociale et solidaire.

 

Haïti-Éducation : Formation à distance gratuite pour 600 jeunes

P-au-P, 27 sept. 2010 [AlterPresse] — 600 étudiantes et étudiants haïtiens vont recevoir, gratuitement, une formation à distance dans le cadre d’un programme inauguré, ce lundi 27 septembre, à Pétionville (à l’est de Port-au-Prince, la capitale), par le ministère haïtien de l’education nationale et de la formation professionnelle (Menfp).

Ils ont été sélectionnés après un concours organisé par la faculté des Sciences de l’Université d’État d’Haïti (Ueh).

La formation, qui porte sur la gestion, l’informatique, le génie civil, et l’aménagement, sera dispensée par le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) et sanctionnée par un diplôme de ce même établissement.

Le Cnam est une institution française d’enseignement supérieur, créée en 1794 et présente actuellement sur tout le territoire français. Il soutient, à 80%. les coûts du programme de formation à distance. évalués à 400 000 euros.

Le programme fait suite à une convention, signée, le 11 mars dernier, entre l’Ueh et le Cnam, pour le développement de la formation à distance en Haïti.

300 étudiantes et étudiants pourront suivre les cours dès le 15 octobre prochain, et 300 autres en 2011.

Cette première promotion porte le nom de l’Abbé Henri Grégoire, fondateur du Cnam et personnage fortement impliqué, fin XVIIIe – début XIXe siècle, dans l’abolition de l’esclavage par la France.

L’abbé Grégoire a, en outre, entretenu une longue correspondance avec Toussaint Louverture, a rappelé Christian Forestier, administrateur général du Cnam, lors de la cérémonie d’inauguration du programme.

La formation à distance sera assurée, depuis les centres du Cnam en Guyane française, et à travers 4 structures mises en place à Port-au-Prince (Ouest d’Haïti), au Cap Haïtien (Nord), à Jacmel (Sud-Est) et aux Gonaïves (Artibonite / Nord).

« Grâce à ces formations à distance, nous pourrons donner une alternative aux jeunes qui souhaiteraient quitter le pays », a déclaré le ministre de éducation nationale, Joël Desrosiers Jean- Pierre, lors de la cérémonie d’inauguration.

Le recteur de l’Université d’État, Jean Vernet Henry, a notamment souligné, de son côté, combien l’enseignement supérieur haïtien ne peut accueillir que 6000 étudiants, alors qu’il y a 50 000 bacheliers par an. Cette faiblesse conduit à une fuite de devises de l’ordre de 60 millions de dollars, a-t-il signalé.

 

Harmoniser les relations entre Haïtiens de l’intérieur et ceux de l’extérieur

P-au-P, 28 Sept. 2010 [AlterPresse] — Une délégation du ministère des Haitiens vivant à l’étranger (MHAVE), conduite par le ministre Edwin Paraison, achève, ce mardi, une mission officielle de quatre jours au Mexique.

Elle s’inscrit dans le cadre des démarches devant faciliter la coopération entre les Haïtiens de l’extérieur et ceux de l’intérieur du pays pour une meilleure harmonisation des actions de développement, confient à AlterPresse des responsables du MHAVE.

Mais ils ne sont pas en mesure d’informer sur les activités entreprises durant la mission par le ministre Paraison et les trois autres membres de la délégation (Leprince Joseph Augustin, directeur général, Francisque Saint-Hubert, directeur de l’Unité d’Études et de Programmation, Henry Boucicaut, directeur de la coopération inter-haïtienne).

Selon un communiqué du MHAVE, en date du 22 septembre dernier, la délégation devait profiter de ce séjour pour rencontrer des migrants haïtiens autour de la nécessité de leur implication dans les efforts de reconstruction d’Haïti.

Outre des rencontres avec des représentants de la communauté haïtienne, la délégation devait avoir des entretiens avec des autorités mexicaines sur la situation de plus de cinq cent Haïtiens accueillis au Mexique dans le cadre d’un accord migratoire post-séisme, indique le communiqué.

Des rencontres étaient également prévues avec, entre autres, des responsables du groupe d’Amitié Mexique-Haiti, des officiels de la Commission Économique pour l’Amérique Latine (CEPAL), ainsi que du « Colegio de Mexico », toujours selon le communiqué.

La délégation devrait, en principe, regagner Port-au-Prince ce mercredi 29 septembre.

Toujours dans le cadre de l’harmonisation des relations inter-haïtiennes, le ministère des Haitiens vivant à l’étranger prévoit de rencontrer, à une date non encore déterminée, des migrants haïtiens vivant à Cuba et à Turks and Caicos (iles Turques-et-Caïques), situées au sud-est de Bahamas, dans les Antilles.

Le ministère a, par ailleurs, déjà pris contact, pour les mêmes raisons, avec des représentants des communautés haïtiennes vivant en République Dominicaine, aux Etats-Unis, au Canada, en Suisse et en Espagne.

 

Haïti-Culture : L’artiste peintre Dieudonné Cédor est mort
Un "maitre" s’en va

P-au-P, 28 sept. 2010 [AlterPresse] — Haiti a perdu un monument, a estimé, ce mardi 28 septembre, Mireille Pérodin Jérôme, directrice de la galerie d’art Ateliers Jérôme, au lendemain de la mort, à l’âge de 85 ans, du peintre Dieudonné Cédor.

L’artiste est décédé le 27 septembre 2010 des suites d’une maladie qui le clouait au lit. La nouvelle de sa mort a quand même été une surprise pour Mireille Pérodin Jérôme.

« C’est une très, très grosse perte », répète-t-elle. « Il est impossible d’appartenir à ce monde culturel et de ne pas connaitre Dieudonné Cédor », soutient-elle.

Cédor est né en 1925, à Anse à Veau, commune du département des Nippes. Il débute en 1947 au Centre d’Art, fondé trois ans plus tôt sous l’impulsion de l’américain Dewitt Peters.

Très vite il « devient un maitre » et « il l’est resté toute sa vie », témoigne Mireille Pérodin Jérôme.

Il a, toutefois signé, en 1950, une rupture magistrale avec le Centre d’Art. Cette décision le conduira à la fondation de plusieurs regroupements artistiques comme le « Foyers des arts plastiques », puis la « Galerie Brochette ».

Cédor a également contribué à la formation de plusieurs générations d’artistes à l’Ecole Nationale des Arts (ENARTS).

Il a reçu de nombreuses distinctions, et demeure l’un des rares artistes haïtiens connus internationalement. C’est à lui que l’on doit les fresques de l’Aéroport international Toussaint Louverture et du ministère des Affaires étrangères.

« Dieudonné Cédor s’inscrit puissamment dans l’histoire de l’art de ce pays » ; « c’est un incontournable », souligne la directrice des Ateliers Jérôme.

 

Haïti – Insécurité : Une présence dominicaine à très haut risque
HAITI LIBRE – 28/09/2010 14:56:31

Haïti - Insécurité : Une présence dominicaine à très haut risque

Le Conseil de sécurité de l’ONU a autorisé l’incorporation de 680 nouveaux agents de la Minustah. Avec cette décision, l’effectif total du contingent de police atteindra 4,391, qui se joindra à 8.940 soldats et officiers de la composante militaire de l’organisme.

L’annonce lundi du Président Leonel Fernandez de répondre positivement à l’appel de l’ONU et d’envoyer des soldats dominicains en Haïti, a provoqué de vives et nombreuses réactions négatives de plusieurs secteurs dominicains qui s’opposent pour des raison historique à cette mesure controversée [l’ONU est favorable à une présence dominicaine au sein de la Minustah].

Le Cardinal Nicolas de Jesus Lopez Rodriguez a affiché fermement son désaccord avec ce déploiement en raison des différences que les deux pays ont eu historiquement. Le prélat, a qualifié cette mesure de «provocation» en précisant « Je ne suis pas d’accord avec l’envoi de soldats dominicains en Haïti, laissez aux autres pays qui n’ont pas d’antécédents historiques cette mission ». Le célèbre avocat Vinicio Castillo Seman a également exprimé ses reproches face au déploiement éventuel de patrouilles dans les rues en Haïti qualifiant cette présence de « folie qui mettrait en danger la vie des soldats dominicains ».

Lors d’une visite dans le pays, le Major Général argentin Gerardo Chaumont, nouveau commissaire de la MINUSTAH, a indiqué que la situation sécuritaire en Haïti était devenu plus critique depuis le séisme et que la coopération sécuritaire entre les deux pays est une condition nécessaire. Expliquant que les soldats dominicains ne serait pas sous le commandement de l’armée Dominicaine mais intégrés comme membre de la force de la Minustah [comme de nombreux pays membre de l’ONU].

Cette précision fondamentale suffira-t-elle à supprimer les tensions et les dangers qu’une présence militaire dominicaine (quelqu’en soit la forme et l’importance) en territoire haïtien représente dans l’inconscient collectif de la population haïtienne hantée par les conflits historiques entre les deux nations?

 

Environnement :

Rompre avec le cercle vicieux et infernal des désastres en Haïti

Pour un agenda national sur la protection de l’environnement, la prévention des risques et désastres

Par Wooldy Edson Louidor

Bogotá, 28 septembre 2010 [AlterPresse] — Chaque phénomène naturel qui survient en Haïti, si simple soit-il, tend à se convertir en un désastre provoquant une situation d’urgence. Et chaque désastre rend plus vulnérables l’environnement du pays et la capacité de la population à faire face aux prochains aléas de la nature, relève l’agence en ligne AlterPresse.

Aujourd’hui, plus de 8 mois après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, quelques jours après la tornade du vendredi 24 septembre et au-delà d’autres problèmes environnementaux enregistrés et/ou à venir, comment devrait-on s’y prendre pour rompre avec le cercle vicieux et infernal des désastres en Haïti ?

Les désastres nous plongent dans l’enfer

On tend à confondre les phénomènes naturels, manifestations de la nature qui peuvent être parfois extrêmes, avec les désastres qui signalent l’impact négatif, intense et direct d’un fait naturel ou anthropique sur l’être humain.

Le tremblement de terre du 12 janvier 2010, qui a été un phénomène naturel, s’est converti, en Haïti, en un désastre qui tend à en provoquer d’autres – par exemple durant l’actuelle saison cyclonique -, concrètement avec la situation des personnes déplacées dans les camps improvisés de la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

Le vocable « désastre » surgit du langage astrologique et astronomique pour désigner le phénomène, suivant lequel une étoile ou n’importe quel corps céleste se désagrège en mille directions jusqu’à disparaître de notre vue.

Le désastre, « ce désordre qui altère l’ordre normal des choses », a été considéré par les anciens comme signe de mauvais augure, prémonition de calamités, de catastrophes ; d’où l’expression « être né sous une mauvaise étoile » qui signifie « avoir de la mauvaise chance ».

Les désastres, qui font pleurer et créent une sensation d’ « enfer », poussent parfois les victimes à crier au ciel à l’instar de celui qui, sur sa croix de souffrance il y a plus de deux mille ans, avait osé réclamer à Dieu en ces termes très durs : « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

« La météo ne l’avait pas prédit ! », « Mon Dieu, Mon Dieu ! », criaient les victimes des intempéries ayant déferlé le 24 septembre 2010 sur divers départements géographiques en Haïti, dont Port-au-Prince, rapporte un média de la capitale.

« Les personnes déplacées sont les principales victimes de la tornade », renchérit un autre média. Bilan : 6 morts, 67 blessés, plus de 7 000 tentes détruites dans 160 camps, où les personnes déplacées sont confrontées à une situation d’urgence et à des risques d’épidémie.

Chaque fois qu’il pleut, comme depuis 5 jours, les personnes déplacées vivent l’enfer : leurs camps sont inondés, leurs tentes détruites… Elles se sentent désemparées, laissées à elles-mêmes, exposées à toutes sortes d’épidémies et de maladies, en proie à une peur immense.

Les personnes déplacées ont toutes les raisons de se croire « nées sous une mauvaise étoile ». Depuis peu après le 12 janvier 2010, elles ont reçu des promesses, de la part des autorités haïtiennes et même de certaines organisations internationales, quant à leur relocalisation dans des espaces plus dignes et sécuritaires.

Elles ont manifesté à maintes reprises, dans les rues de la capitale, pour exiger de l’actuel gouvernement haïtien la protection de leur droit au logement.

Elles ont également exprimé aux organisations non gouvernementales (Ong) leur refus de continuer à vivre l’enfer des camps.

Nécessité de prévenir les désastres

Qu’attend-on pour adopter une politique ou un plan de prévention, du moins pour prendre des mesures de mitigation et d’atténuation, face à la saison cyclonique ayant débuté depuis le premier juin dernier (il y a plus de quatre mois) ?

Jusqu’à quand les autorités informeront-elles du plan (tant annoncé) de relocalisation des personnes déplacées ?

Quand les personnes déplacées seront-elles relocalisées ? Où ? Dans quelles conditions ?

Quelles politiques publiques pour réduire la vulnérabilité, environnementale et sociale, et augmenter la résilience de la population face aux phénomènes naturels ?

Jusqu’à quand nous allons arrêter la saignée de l’environnement ?

En un mot, jusqu’à quand nous allons développer une culture de prévention des désastres en vue de stopper notre descente aux enfers ?

Tant que ces questions et bien d’autre encore restent sans réponses, les Haïtiennes et Haïtiens, notamment les personnes déplacées qui dorment pratiquement « à la belle étoile », continueront de se croire « nés sous une mauvaise étoile », « abandonnés » et même « punis par Dieu ».

Pour rompre le cercle vicieux et infernal des désastres en Haïti, nous sommes tous appelés aussi à corriger notre vice en tant qu’Haïtien, qui consiste à mettre nos intérêts personnels et partidistes au-dessus des intérêts supérieurs du pays et de notre environnement.

Alors que les candidats aux prochaines élections, présidentielle et législatives, du 28 novembre commencent à faire campagne et le processus de reconstruction du pays semble se trouver dans une impasse, les questions vitales, telles que la protection de l’environnement, la prévention des risques et désastres naturels… tendent à disparaitre de l’agenda national.

Dans ce cas, comment éviter ou réduire l’impact des désastres ?

Au niveau international, ce serait rendre justice à Haïti, si les grandes nations industrialisés du Nord aidaient effectivement le pays – qui émet très peu de gaz à effet de serre – à inverser la dégradation de son environnement et à prévenir les désastres, puisque « les effets du changement climatique (causé principalement par le réchauffement global) provoquent une augmentation en intensité et fréquence des désastres naturels, particulièrement les phénomènes hydrométéorologiques en Amérique latine et dans les Caraïbes », reconnaît le programme des Nations Unies pour l’environnement (Pnue).

 

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