Archive | octobre, 2010

L’ACTUALITE – DIMANCHE 31 OCTOBRE 2010

31 Oct

Haïti – Ouragan Tomas : Premières mesures d’évacuations volontaires
HAITI LIBRE – 31/10/2010 18:57:53

Haïti - Ouragan Tomas : Premières mesures d’évacuations volontairesEn prévision de l’arrivée de l’ouragan Tomas, dont la trajectoire pourrait tourner vers le Nord, (selon certains modèles informatiques) et frapper Haïti dès vendredi après midi, avec de fortes pluies et des vents pouvant atteindre 160 km/h (ouragan de Catégorie 2), les autorités ont demandé, aux centaines de milliers d’haïtiens vivant dans les camps de tentes, de commencer l’évacuation, encourageant ceux-ci à se rendre dans leur famille ou chez des amis. Une évacuation qui risque d’être compliquée par la présence de l’épidémie de choléra dans l’Artibonite et le plateau Central.
« Nous avons lancé un appel à l’évacuation volontaire, en particulier dans les camps » a déclaré Alta Jean-Baptiste, directeur du bureau de la protection civile en Haïti « Nous avons des plans pour évacuer les camps mais nous ne pourrons pas évacuer tout le monde ».
Nadia Lochard, coordonnateur pour la protection civile a fait savoir que les autorités expliquaient aux réfugiés comment attacher correctement leurs tentes avant l’évacuation. Elle a précisé que les pluies et les forts vents prévues dans la région méridionale du pays pourraient potentiellement affecter Port-au-Prince.
L’ouragan est actuellement à environ 420 km (262 milles à l’Ouest du St Lucie), et se déplace vers l’Ouest à la vitesse de 19 km/h (12mi/h), indique le National Hurricane Center de Miami. Rappelons que la saison des ouragans 2010, a déjà produit 12 ouragans, dont cinq dangereux, mais qu’Haïti, jusqu’à présent, a été épargné.
Les trajectoires des ouragans sont souvent capricieuses, dans les 48 prochaines heures les modélisations devraient nous apporter plus de précisions.

 

Haïti – Épidémie : Un taux de décès anormalement élevé
HAITI LIBRE – 31/10/2010 13:52:12

Haïti - Épidémie : Un taux de décès anormalement élevéQuoiqu’en disent les autorités du Ministère de la santé, l’analyse des chiffres fournis par le gouvernement haïtien ne correspond pas aux propos «rassurant » diffusés quotidiennement depuis le samedi 23 octobre 2010 (premier bilan officiel) et le 30 octobre 2010 dernier bilan disponible. Nous ne pouvons que constater, à la lecture de ces chiffres, que le nombre de personnes infectées et hospitalisées à augmenté de 210.52% et celui des décès de 173.71%.
Le taux moyen des décès sur le nombre de personnes infectées (cas reconnus) (1) entre le 24 octobre (bilan # 1) et le 30 octobre (bilan # 8) est de 7.42 %, un taux anormalement élevé si l’on se réfère aux chiffres publié par l’OMS. En 2008, concernant 56 pays (190,130 cas déclaré) 5,143 décès rapporté (taux de moralité 2.7 %). L’OMS estime sur son site, que le véritable bilan du choléra dans le monde, se chiffre à 3 à 5 millions de cas et entre 100,000 et 120,000 décès par an (soit un taux de mortalité entre 2.4 et 3.33 %).
Au regard de ces chiffres, le taux de mortalité du choléra en Haïti est de 2.24 à 3.09 fois plus élevé que les chiffres moyens de décès de l’OMS, sans pour autant en connaître les raisons.

Bilans officiels – Chiffres du gouvernement haïtien (2)

Samedi 23 octobre 2010 (Bilan officiel # 1)
2,364 personnes contaminées et hospitalisées
194 personnes décédées (12,18 %)
Dimanche 24 octobre 2010 (Bilan officiel # 2)
3,115 personnes contaminées et hospitalisées
253 personnes décédées (8.12 %)
Lundi 25 octobre 2010 (Bilan officiel # 3)
3,342 personnes contaminées et hospitalisées
259 personnes décédées (7.74 %)
Mardi 26 octobre 2010 (Bilan officiel # 4)
3,612 personnes contaminées et hospitalisées
284 personnes décédées (7.86 %)
Mercredi 27 octobre 2010 (Bilan officiel # 5)
4,147 personnes contaminées et hospitalisées
292 personnes décédées (7.04 %)
Jeudi 28 octobre 2010 (Bilan officiel # 6)
4,649 personnes contaminées et hospitalisées
305 personnes décédées (6.56 %)
Vendredi 29 octobre 2010 (Bilan officiel # 7)
4,714 personnes contaminées et hospitalisées
330 personnes décédées (7.00 %)
Samedi 30 octobre 2010 (Bilan officiel # 8)
4,764 personnes contaminées et hospitalisées
337 personnes décédées (7.07 %)
L’analyse de ces chiffres nous permet de constater un ralentissement dans l’augmentation du nombre de personnes infectées dont la cause, autre que les effets positifs des moyens sanitaires mis en place, pourrait provenir d’un délai de plus en plus long entre les cas suspects signalés et leurs confirmations. En effet, il n’est pas rare qu’il s’écoule 4, 5 jours voir même davantage, avant qu’un cas suspects ne soit confirmé, particulièrement si ce cas est situé hors Artibonite ou Plateau Central (les cas suspect n’entre pas dans la publication des bilans). Un délai difficilement explicable sur un plan strictement médical… Quant au taux moyen de mortalité, il est pratiquement constant depuis le 23 octobre par rapport au nombre de cas déclaré.
(1) Les pourcentage de décès ont été calculé pour chaque bilan publié sur le nombre total de personnes infectées versus le nombre total de décès déclaré.
(2) Les chiffres publiés par le Ministère de la santé se réfèrent à des données antérieures de 24 à 48 heures (minimum) et ne sont jamais les chiffres réels du jour.

 

Haïti – Insécurité : Dangereux criminel arrêté en République Dominicaine
HAITI LIBRE – 31/10/2010 10:11:00

Haïti - Insécurité : Dangereux criminel arrêté en République DominicaineLa police Dominicaine a arrêté, hier, Julien Elie, un dangereux criminel haïtien, qui s’était évadé lors du séisme de janvier en Haïti. Julien Elie a été capturé lors d’une opération policière en coordination avec la direction du renseignement criminel dominicain, le FBI (basé à l’Ambassade des États Unis) et la police haïtienne.
Julien Elie, se cachait dans une résidence au niveau du kilomètre 10 de l’autoroute Las Américas, à l’Est de Santo Domingo au moment de sa capture. Les forces de l’ordre dominicaine ont déclarée que ce dangereux criminel, serait rapatrié en Haïti dans les plus brefs délais, afin qu’il purge la peine de prison pour laquelle il a été condamné pour des crimes divers, notamment des meurtres.
Cette arrestation démontre l’efficacité de la collaboration policière entre les deux pays et lance un signal fort aux nombreux criminels évadés qu’ils ne sont plus à l’abri, où qu’ils se trouvent sur l’île. La République Dominicaine n’ayant aucunement l’intention de devenir le refuge de ces bandits.

 

Haïti – i-Votes : Résultats neuvième semaine
HAITI LIBRE – 31/10/2010 09:16:36

Rappelons que le bureau de i-Vote d’HaitiLibre.com vous permet de i-voter pour le candidat de votre choix. Les i-Votes enregistrent la tendance des internautes, IL NE S’AGIT NULLEMENT D’UN VOTE OFFICIEL. Les i-votes permettent de mesurer, la popularité d’un candidat ou de son parti, sa capacité de mobilisation et la pertinence du candidat, de ses engagements et de son programme (chez les internautes). Vous ne pouvez i-voter qu’une seule fois par 24 heures pour le candidat de votre choix (mais rien ne vous empêche de voter une fois chaque jour pour votre candidat ou pour un autre si vous changez d’allégeance).
Notez que si la majorité des candidats (12 sur 19) ont rendu disponible leur bio ou CV (voir la section «Les candidats» http://www.haitilibre.com/candidats.php ) certains tardent à le faire, pour diverses raisons : les candidats ne répondent pas à nos demandes, l’information n’est pas disponible ou n’existe qu’en anglais (!!). Concernant les grandes lignes des programmes, seuls 8 sur 19 nous les ont fait parvenir (Voir la section «Programme » http://www.haitilibre.com/programmes.php ), pour des raisons similaires à celles énoncées précédemment. Nous rappelons que dans le processus électoral les candidats ont le devoir d’informer les électeurs sur leurs compétences et les grandes lignes de leurs programmes, celui des médias étant de contribuer à la diffusion de ces informations auprès de la population.
Nous procédons chaque dimanche à la publication des résultats des i-Votes sur le site HaitiLibre.com. Les i-Votes sont cumulatifs du 28 août au 21 novembre 2010 inclusivement, date de publication de nos derniers résultats (une semaine avant l’échéance électorale du 28 novembre 2010). Lors de la dernière publication des résultats vous connaîtrez le nombre de i-votants total pour chaque candidat.

Haïti - i-Votes : Résultats neuvième semainePour cette neuvième semaine, le classement des 4 premiers candidats reste inchangé, toutefois, les intentions de i-Votes creusent les écarts entre certains candidats.
Rappelons qu’en semaine 6 les positions 2, 3 et 4 se jouaient dans un écart de 0.33% (Mirlande Manigat 13.91 %, Jeune Léon 13.87 %, Michel Martelly 13.58 %)
Cette semaine 9, les positions 2, 3 et 4 se jouent dans un espace de 3.08 %
(Mirlande Manigat 16.58 %, Jeun Léon 14.61 %, Michel Martelly 13.50 %)
Cette semaine montre que les candidats ne sont plus aussi regroupé, le groupe de tête s’étire et les internautes renforcent leurs intentions de i-Vote sur leur candidats vedette.
Charles Henri Baker (1) se maintient en tête du peloton, après 3 semaines de baisse consécutive dans les intentions de i-Vote : Semaine 6 (- 0.18 %), Semaine 7 (- 0.07 %), Semaine 8 (- 0.38 %), il renforce légèrement sa position cette semaine + 0.10 %
Mirlande Manigat (2) continue sa remontée dans les intentions de i-Votes pour la 3 ème semaine consécutive : semaine 7 (+ 0.99 %), semaine 8 (+ 1.01 %) et cette semaine 9 elle gagne encore 0.67%, un gain de + 2.67 % en 3 semaine. Elle réduit une fois encore son écart sur Baker qui était la semaine passée de 8.56% et de 7.99 % cette semaine.
Michel Martelly (4) après un départ foudroyant la semaine 1 (24.08 %) semble faire du sur place depuis 5 semaines (S5 (13.63 %), S6 (13,58 %), S7 (13.58 %), S8 (13.56 %) et S9 (13.50 %). Il semble que le candidat Martelly, après l’effet de surprise, ne trouve pas son second souffle auprès des internautes.
Léon Jeune (3) maintien sa position au classement tout en enregistrant une légère progression de i-Vote + 0.37%. Notons que ce candidat enregistre une croissance chaque semaine depuis 9 semaines consécutives.
La plus grande progression pour un candidat dans les 4 premières places est obtenu par la Candidate Manigat (+ .67 %)
Peloton des candidats :
Conduit par Baker, le peloton des candidats se fractionne toujours en 4 groupes :
Groupe I : positions 2, 3 et 4 les candidats s’affrontent dans un écart de 3.08 % des intention de i-Vote (entre la 2 ème et la 4 ème place) alors que la semaine précédente l’écart était de 2.35%, Mirlande Manigat creuse l’écart en tête de ce groupe
Groupe II : positions 5, 6 et 7 au coude à coude, les candidats s’affrontent dans un écart 0.56 % (entre la 5 ème et la 7 ème place). 8.75 % sépare le candidat en tête de ce groupe (Leslie Voltaire), du Groupe I. L’écart entre le Groupe II et le Groupe I se creuse légèrement + 0.15%
Groupe III : positions 8, 9, 10, 11 les candidats s’affrontent dans un mouchoir de poche, l’écart est de 0.41 % (entre la 8 ème et la 11 ème position). 1.83% sépare le candidat en tête de ce groupe (Jeune Jean Chavannes) du Groupe II. L’écart entre le Groupe III et le Groupe II se réduit (- 0.03%) et se rapproche très légèrement du Groupe II.
Groupe IV : positions 12, 13, 14, 15, 16, 17 , 18 , 19 les candidats s’affrontent dans un écart de 1.34 % (inchangé) de i-Vote (entre la 12 et la 19 ème position). 0.36 % sépare le candidat en tête de ce groupe (Yvon Neptune) du Groupe III. Ce groupe réduit son écart (- 0.16 %) et se rapproche très légèrement du Groupe III.
Pour cette 9 ème semaine : Le classement général demeure inchangé, seuls les écarts dans les intentions de i-Votes changent pour certains candidats
Cette semaine, le vote blanc représente 3.18 %. Le vote blanc est utilisé par les internautes soit pour manifester leurs désaccords avec la tenu des élections du 28 novembre 2010 soit qu’aucun des candidats ne leur convient.
Rien n’est joué. La campagne électorale à commencé vendredi 15 octobre. Quelques violences et intimidations sur fond d’épidémie, les candidats font peu de grands meeting. Les quelques «débats» télévisé ou radio, ressemblent davantage à du temps d’antenne où les candidats font la promotion de leurs programmes… Pas de véritables débats d’idées entre les candidats… Pas d’animateurs véritablement critiques… Pour certains, la campagne électorale n’est qu’une question de superficie d’affichage dans le pays, plutôt qu’une question de mettre de l’avant des propositions pour sortir le pays de la crise.
Souhaitons que dans les semaines à venir les choses changent (en mieux) dans cette campagne, ce qui pourraient avoir une influence sur les intentions de i-Vote. Il reste 3 semaines (3 autres résultats) de quoi voir encore de nombreux changements, les écarts pour de nombreux candidats sont suffisamment faible pour que des positions changent.
Mobilisez-vous et i-Votez pour le candidat de votre choix. Rendez-vous pour les prochains résultats dimanche 7 novembre 2010.
Pour i-voter :
http://www.haitilibre.com/i-vote.php

 

Haïti – Insécurité : Encore et toujours…
HAITI LIBRE – 30/10/2010 17:27:33

Haïti - Insécurité : Encore et toujours... (30 octobre 2010)Aujourd’hui samedi, le corps d’un homme de 47 ans, portant des impacts de balles a été retrouvé à Fontamara 27. D’après les premiers indices, les enquêteurs pensent qu’un dangereux chef de gang surnommé «TOU TOU » serait impliqué dans cet assassinat.
Hier, à Delmas 33 une femme, qui avait été kidnappé le 27 Octobre 2010, a été libérée. La victime a déclarée qu’elle a été abusée sexuellement par ses ravisseurs. Une enquête est ouverte.
Hier, au camp Accra (Delmas 32), un homme non-identifié a tenté de violer une fillette de 11 ans. Le suspect a réussit à s’enfuir. La jeune victime a été transportée à l’hôpital pour des analyses médicales et un suivi psychologique.
Entre le 27 et le 28 octobre, la police a arrêté 3 évadés à Croix-des-Bouquets, Carrefour et Pétion-Ville. Les 3 repris de justice, âgés respectivement de 27, 37 et 34 ans sont détenus dans divers commissariats pour suite judiciaire.

Publicités

INTERNATIONAL CRISIS GROUP: HAITI 2010 ELECTIONS

30 Oct

Haiti: The Stakes of the Post-Quake Elections

Latin America/Caribbean Report N°35 27 Oct 2010

TO READ THE FULL REPORT, CLICK THE FOLLOWING LINK:

 http://www.crisisgroup.org/~/media/Files/latin-america/haiti/35%20Haiti%20-%20The%20Stakes%20of%20the%20Post-Quake%20Elections.ashx

EXECUTIVE SUMMARY AND RECOMMENDATIONS

Haiti votes in a month’s time – on 28 November 2010 – for a new president and nearly an entire legislature in perhaps the most important elections in its history. The government that emerges will need to manage a major part of the decade of recovery from the worst disaster ever in the Western Hemisphere. To do so, it requires the legitimacy that can only come from credible elections. But the historical obstacles – such as low turnout, suspicion of fraud and campaign violence – not only persist but have been greatly exacerbated by the 12 January earthquake that killed a quarter million people and left the capital in ruins and its government in disarray, as well as by the current outbreak of cholera. Polarising politics and a body organising the balloting that lacks full public confidence in its integrity add to the challenge. If the electoral process is to be as transparent, non-violent and widely participated in as it needs to be, the government must meet a higher standard than ever before, and the UN, regional organisations and donors like the U.S., Canada, the EU and Brazil must urgently press for this and expand support.

The task was daunting even before the earthquake destroyed infrastructure and created 1.5 million internally displaced persons (IDPs). Three quarters of the population lived in poverty, most urban income earners relied on the informal economy, and the inequalities of the elite-dominated society were the most glaring in the hemisphere. The weak institutional infrastructure was reflected in the protracted makeshift status of the Provisional Electoral Council (Con­seil Electoral Provisoire, CEP); a ramshackle political system featuring scores of parties unable to generate coherent policy choices for voters; an often corrupt judiciary and limited public security. Unresolved discord between the executive and opposition parties over the CEP’s composition and perceived bias in favour of outgoing President René Préval adds to the credibility challenge. All this lies at the root of a perpetual crisis of confidence in the electoral process. The tragic earthquake produced neither the change in the “all or nothing” style of politics nor the broad national consensus on reconstruction that would have eased the way to elections.

The parties and candidates, with international technical and financial assistance, are struggling to energise and enable 4.5 million citizens to vote, some who have lost their identification cards, and many of whom are among the IDPs living in spontaneous and insecure camps. Recovery has stalled at the relief stage, donors have been slow to make good many of their pledges, and what achievements there have been have not been well communicated to the victims, who have little confidence about what comes next. The threat of social unrest is thus real. While the UN peacekeeping mission (MINUSTAH), is a barrier to any major national disorder or direct attack on the electoral machinery, violent crime, including kidnapping, has risen in recent months, as gangs, some of whose members escaped jail during the quake, have reappeared. The fear of violence against candidates and campaign activities is palpable in parts of the country.

To boost confidence in the process, a great deal must be done in a very short time. The CEP’s actions need to be more open and those actions to be explained better to the parties and the electorate. The parties should commit to a peaceful campaign and to acceptance of the eventual results, and they and their candidates should begin to articulate substantive platforms that address national problems. To stimulate turnout, voter and civic education about the process and the stakes should be intensified, particularly among IDPs. The government and its international partners should accelerate the deployment of observers in far larger numbers than currently envisaged. And, of course, a climate of security must be maintained.

Once the elections are over and parallel to the new government’s priority task of pushing reconstruction and sustainable development, a national consensus will be needed on electoral and political party reforms. Donor financial and technical support will continue to be essential to carry these out. But the urgent requirement is to succeed with the November elections.

Reconstruction and political stability are mutually reinforcing, but the failure of either undermines the other. Haiti’s population needs to see significant steps in the next month, so that all eligible citizens can vote, their ballots are counted, and their choice of the next government accelerates a reconstruction that improves their lives and their families’ future. If the elections fail on these fronts, it is all too likely that stability will suffer, the investments the economy needs will dry up, and the humanitarian crisis will deepen. The government, the political parties and the international community must do all in their power to ensure such a scenario does not come to pass.

RECOMMENDATIONS

To the Haitian authorities:

1.  Meet the tight electoral timetable by:

a) ensuring that the CEP and the National Identification Office (Office national d’identification, ONI) have the resources to issue eligible voters their National Identification Cards (Carte d’identifi­ca­tion nationale, CIN); to post the voters list on time at each communal electoral office as required by law; to provide the lists to political parties for revision; and to make certain voters know where they vote;

b) accelerating the production and distribution of National Identification Cards, so all eligible voters have the required ID on election day; and

c) cooperating fully with the Organisation of American States (OAS)/Caribbean Community (CARICOM) joint election observation mission as well as domestic observers.

2.  Provide adequate training to poll workers and ensure supervisory measures are in place to enforce strict adherence to procedures during the vote and the post-electoral period to reduce irregularities and limit opportunity for fraud.

3.  Make electoral activities fully transparent and more efficient, including by naming a distinguished ninth CEP member, guaranteeing increased party, candidate and national and international observer access to CEP operations and by encouraging the CEP to take full advantage of international expert technical assistance from now through the post-voting period.

4.  Launch the voter and civic education campaigns immediately to instruct citizens on their political rights, assist them in making informed choices at the polls and reduce opportunity for manipulation by political spoilers.

5.  Enforce constitutional restrictions on the use of government resources in the electoral campaign and sanction all violators.

6.  Halt the carrying of private arms in public by individuals during the electoral period, investigate charges of weapons trafficking and take appropriate measures against those who violate the laws.

7.  Recognise the link between political stability and reconstruction and, with the support of the Interim Haiti Recovery Commission (IHRC), the UN and humanitarian partners, report regularly by radio and at information sessions in the IDP camps on progress in reducing crime in the camps and relocating families to more secure transitional housing; and declare a moratorium on forced removals from camps without alternative shelter.

8.  Urge all candidates to agree to participate, win or lose, in an effort to reach a national consensus in support of post-quake stabilisation and reconstruction, including, with respect to the political system:

a) completion of the constitutional amendment process in the shortest time possible to reduce the frequency and thus cost of elections and rationalise local government structures; and enact local governance legislation to enable the appointment of the Permanent Electoral Council;

b) commitment to designing and implementing an electoral institution plan, with technical support from the UN, the OAS and other international and civil society partners, so as to strengthen civil service and non-partisan appointments to an elections management body that can organise timely and credible elections, educate voters, implement party legislation and ensure accountability;

c) completion, in order to facilitate the continuous updates essential for a valid electoral registry, of the civil registry modernisation begun by the OAS, to include creation of a single office for all institutions involved in citizen identity and registration; and

d) passage of legislation reforming political party structures, financing and functioning, so as to increase internal democracy and financial transparency under the control of the elections management body.

9.  Ensure that the new Haitian government is prepared to carry out a smooth transition and assume new responsibilities when the mandate of the IHRC expires.

To the political parties:

10.  Build public confidence in the current electoral process by:

a) inviting all parties and candidates to commit to non-violence and non-interference in opposition campaigning;

b) refraining from verbal or other provocation that could increase political tensions, cause intimidation or stir social unrest; and

c) pursuing challenges to election results only through legal means.

To the Haitian National Police and MINUSTAH:

11.  Ensure a climate of security for peaceful elections by:

a) increasing presence and visible cooperation in the largest IDP camps; and

b) working nationwide to assure security for candidates and their followers throughout the electoral period and providing special hotlines for the population to alert authorities to violence or potential violence.

To donors and other international partners:

12.  Ensure funding is available for the full-strength deployment of the Joint OAS-CARICOM Electoral Observation Mission at the earliest possible date, provide sufficient resources and adequate training to civil society and community-based organisations to observe the elections and provide technical support where necessary to the CEP through the dispute resolution period.

13.  Give financial assistance to extend National Democratic Institute (NDI) political help for parties to include training a group of lawyers to assist them in resolving disputes on election day and during the vote tabulation period.

14.  Press the Haitian authorities and political actors to adhere to internationally acceptable election standards and support imposition of the sanctions set out in the 2008 electoral law on those resorting to fraud or violence to influence the results of the elections.

15.  Ensure the incoming government has the necessary financial and technical support to address urgent reconstruction tasks, including relocation of the IDPs to their homes or sturdier shelters in order to improve their living conditions and close the camps.

Port-au-Prince/Brussels, 27 October 2010

TO READ THE FULL REPORT, CLICK THE FOLLOWING LINK:

 http://www.crisisgroup.org/~/media/Files/latin-america/haiti/35%20Haiti%20-%20The%20Stakes%20of%20the%20Post-Quake%20Elections.ashx

LESLIE PEANT – HAITI…CHOLERA

30 Oct

Haiti : La crise de choléra n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel bleu

Leslie Péan / AlterPresse / vendredi 29 octobre 2010

Dans La danse sur le volcan [1] Marie Vieux-Chauvet montre qu’au moment où le rideau tombe, les contradictions explosent à Saint Domingue. Le volcan de la révolte des esclaves est entré en éruption répandant ses poussières toxiques dans l’environnement. Et ceux qui dansaient sur le volcan pendant plus de trois siècles ont été consumés par la lave. Depuis cette indépendance gagnée sur les champs de bataille en 1804, Haïti fait face à une autre éruption volcanique qui détruit progressivement tout son écosystème. Embargos, exportations de bois et ignorance de la population ont conduit à une destruction écologique sans précédent. Le système politique colonial qui obligeait à “se cacher pour apprendre à lire” s’est muté en une postcolonialité qui s’est attaquée à la nature. Le volcan aujourd’hui, ce ne sont pas seulement les failles qui annoncent les ruptures et les effondrements mais ce sont aussi les déchets matériels et humains qui risquent d’engloutir Haïti. L’État haïtien en réappropriant la politique coloniale de déshumanisation de l’Autre a laissé la grande majorité de sa population vivre dans des conditions infra-humaines sans accès à la nourriture, la santé, l’eau potable, le logement, l’éducation, l’assainissement et l’électricité. La politique est restée le lieu d’élection pour les prébendes de toutes sortes. Faute de conscience, elle n’est mue que par la recherche du pouvoir à des fins d’enrichissement illicite, la classe politique a assumé cette politique d’irresponsabilité et de propagation du vide existentiel. Passage de l’être au non-être. Pour assurer la continuité de ce non-sens, la classe politique a confisqué les libertés citoyennes, assassiné tous ceux qui veulent d’un autre ordre de choses et bâillonné la population sous le règne d’une terreur dont le duvaliérisme constitue la forme la plus avancée. Les trente ans de duvaliérisme concentrent la dégradation de l’âme haïtienne et constituent la culmination d’une catastrophe dont nous vivons en 2010 les effets délétères. Les semences de l’arbitraire qui ont été plantées au cours de ce régime d’enfer ont germé et ont donné naissance à une déréliction généralisée particulièrement dans le domaine de l’environnement. L’ethos de l’arbitraire du Nou fè sa nou pi a pito a gagné et est devenu irréversible. L’organisation du délitement de l’État dans les secteurs stratégiques de la société a été un acte délibéré des tenants du pouvoir pour chasser les opposants et avoir le champ libre pour organiser leur curée. Ce délitement de l’État s’est fait à travers la centralisation excessive de toutes les décisions à la capitale, sinon au Palais national, et l’exode des cerveaux, quand ce n’est pas leur élimination physique. Ces deux registres ont été jalousement gardés depuis février 1986, par-delà les incantations des nouveaux chercheurs de pouvoir, au point de se retrouver avec des parlementaires qui discutent de « deux kilogrammes de routes bitumées » pour leur circonscription. Telle est la triviale vérité de la mise à mort de la société haïtienne. Tout le reste n’est que la continuité, par vagues de variations et de répétitions modulées, de cette putrescence.

Le champ de ruines laissé par le duvaliérisme

L’acceptation résolue du pire se voit particulièrement dans le domaine de l’approvisionnement en eau potable, de l’environnement et de l’assainissement. Les décennies perdues ne se comptent plus. De 1990 à 2000, la population ayant accès à l’eau potable a diminué de 53% à 46% [2]. Les famines sont devenues récurrentes au point de provoquer des émeutes de la faim en 2008. Le commerce du charbon de bois organisé par les tontons macoutes a conduit à la quasi disparition de la couverture végétale qui n’est plus que de 1.5% aujourd’hui. Les continuateurs des tontons macoutes ont répété les mêmes pratiques. Tout comme ils le font avec le commerce clandestin des travailleurs haïtiens vers la République dominicaine, ils étendent leurs pratiques à d’autres secteurs dont celui du commerce de charbon de bois. En effet, plus de dix camions transportant 105 000 kilos de charbon de bois traversent la frontière haitiano-dominicaine chaque semaine vers Haïti [3].

Les déchets toxiques de la corruption

Le champ de ruines laissé par les Duvalier est systématiquement cultivé par ses successeurs. On sait comment en décembre 1987, la mafia haïtienne liée aux trafiquants internationaux a accepté que près de 4 000 tonnes de déchets toxiques soient placés sur le wharf de la SEDREN près des Gonaïves dans l’Artibonite. Ces 4 000 tonnes de déchets toxiques provenant de la ville de Philadelphie ont été amenés par le bateau Khian Sea. Les souffrances que les déchets toxiques créent aux Haïtiens sont le cadet des soucis des entrepreneurs de la Corporate America et de leurs associés mafieux haïtiens. Il y a un marché de produits toxiques avec des vendeurs et des acheteurs et c’est le plus important. Pour cette mafia, il faut vivre maintenant, ceux qui viendront après se débrouilleront. Malgré les protestations de nombreuses organisations haïtiennes et internationales, les autorités américaines ont refusé de rapatrier les déchets toxiques en Philadelphie.

Les Haïtiens responsables de ce crime odieux commis sous le gouvernment du général Henri Namphy n’ont jamais été poursuivis. Vive la corruption ! Il a fallu bien des protestations pour qu’enfin en mars-avril 1989, le gouvernement haitien finisse par construire un sarcophage de 1 250 mètres carrés en béton pour loger les 850 mètres cubes de déchets poisseux qui ont permis à quelques personnes de se faire des millions de dollars au détriment de la santé des populations haïtiennes du Bas-Artibonite. Les barils de déchets ont été enfouis mais la cendre toxique laissée sur les plages ne sera enlevée que quinze ans plus tard, soit en 2002. Les règles du marché basées sur les normes sociales qu’il y a des gens qu’on peut traiter comme des animaux ont fonctionné à merveille. Les produits toxiques chimiques ont affecté la santé de plus de 5 000 personnes vivant près du site où ils ont été placés. Également, ils ont causé la mort des poissons, cabris et autres animaux qui ont mangé l’herbe empoisonné par les toxines provenant des déchets. On peut enquêter pour savoir qui de la communauté internationale est persuadé qu’Haïti ne peut pas se payer le luxe d’un environnement sain ! Ce n’est pas assez que l’empire ait dévoyé la révolution haïtienne de 1804. Il doit surtout entretenir ce dévoiement de mille façons avec la complicité des Haïtiens. Assez pour devenir autiste ! En effet les Haïtiens semblent accepter l’interdiction de penser qui leur est faite, surtout sur la litanie des horreurs dont ils sont victimes depuis leur fameuse révolution d’indépendance.

La mécanique bouffonne de l’État marron

Les déconvenues sanitaires actuelles avec la crise de choléra ont donc des antécédents qu’on ne saurait ignorer. L’accès à l’eau potable demeure un privilège pour la grande majorité des Haïtiens qui se désaltèrent au petit bonheur. L’offre d’eau potable ne peut pas satisfaire une demande en hausse. Dans le secteur de l’alimentation en eau potable, les tontons macoutes en tant que gestionnaires des bornes-fontaines dans les quartiers populaires ont bâti des murs dans les cervelles qui résistent à toute chute [4]. La Centrale Autonome Métropolitaine d’Eau Potable (CAMEP) qui avait été créée pour servir une population de 250 000 habitants dans la capitale et ses environs n’a pas su s’adapter à la croissance exponentielle de la population à partir de 1980. La CAMEP n’a pas pu faire les investissements nécessaires pour couvrir une population de plus de deux millions d’habitants. Au cours de la dernière décennie, c’est grâce au financement de cinq millions d’euros octroyés par l’Agence Française de Développement (AFD), la KFW et l’Union Européenne que 500 000 habitant logeant dans 37 quartiers pauvres de la capitale ont pu avoir accès à l’eau potable à partir de bornes-fontaines.

La CAMEP n’a jamais pu avoir 40 000 branchements particuliers, soit 10% des ménages. C’est aussi le cas avec le Service National de l’Eau Potable (SNEP) qui sert le reste du pays et les zones rurales. En réalité, moins de 2% de la population sont desservies par ces deux entités publiques. La CAMEP et le SNEP font partie de la mécanique bouffonne de l’État marron qui prétend exister. Les conseils d’administration de ces deux entités ne se sont jamais réunis pendant une décennie. [5] Les comptes d’exploitation de ces deux entités ont été généralement négatifs. Dans le cas de la CAMEP, le compte d’exploitation a affiché des pertes annuelles qui ont atteint les montants records de 44 millions de gourdes en 2003 et 33 millions de gourdes en 2004. Ces compagnies publiques d’eau n’ont pas pu faire des investissements sur fonds propres et elles ont été obligées de recourir à des subventions pour couvrir leurs frais de fonctionnement. Les tontons macoutes qui contrôlaient les bornes-fontaines dans les différentes zones de la capitale ne voulaient pas de la CAMEP. La mafia de ces tontons macoutes a donc organisé l’incapacité du secteur public à subvenir à la demande en eau potable en donnant naissance à un commerce privé lucratif qu’ils ont alimenté avec leurs forages privés et leurs camions-citernes.

Le bokit dlo et la CAMEP

Le sort des populations rurales n’a pas été différent. 95% des populations rurales s’approvisionnent en eau dans les rivières et dans les puits individuels pollués à cause de leur proximité des fosses d’aisance. En 1999, la bokit dlo (soit 20 litres) se vendait une gourde alors que l’abonnement mensuel auprès de la CAMEP coutait dix gourdes par mètre cube (soit 50 bokits) [6]. Ces prix ont depuis grimpé et la bokit dlo est aujourd’hui à cinq gourdes tandis que le forfait mensuel est de 400 gourdes pour cinq heures de temps une fois par semaine, soit 2000 gallons. La bokit dlo coûte six fois plus cher le prix que payent ceux qui sont raccordés au réseau [7].

Mais en plus du prix fort payé par les gens à faible revenu et les pauvres, le risque de cette forme de privatisation sauvage du service public de l’eau vient de l’absence de tout contrôle de la qualité de l’eau vendue dans ces conditions. En effet, l’insalubrité s’est propagée à un tel rythme au point de devenir une situation normale. Avec l’accroissement de la population, les déchets solides qui étaient de 3 100 mètres cubes par jour en 1995 ont pratiquement doublé en 2010. C’est aussi le cas avec les déchets humains. De 2 000 tonnes par jour en 1996, ces déchets humains ont pratiquement atteint 4 000 tonnes aujourd’hui. Or ces déchets tant solides que humains ne sont pas traités car il n’existe pas une usine de traitement de déchets. 70% de ces déchets sont essentiellement évacués par les pluies. Dans le cas de la capitale, du fait que les réseaux de drainage sont obstrués, cela cause des inondations avec les conséquences négatives sur la santé des populations. Comme l’explique Gérald Holly, « ces inondations continuelles de la ville sont dangereuses sur le plan de l’hygiène vu que les eaux contiennent des ordures ménagères et des déchets humains qui s’infiltrent dans le réseau de distribution potable, soumis à une pression interne régulière du fait que les canalisations se trouvent en surface de nombreuses rues [8]. »

La politique excrémentielle

La politique du tout voum se do (tout se vaut) a produit un abime excrémentiel avec les constructions anarchiques et l’absence de dirigeants ayant un esprit positif pour permettre de remonter la pente. En 1966, selon la CAMEP, il y avait à la capitale 34 000 latrines, 13 000 WC et 50 fosses septiques. En 1976, il y avait 58 000 latrines selon la PADCO [9], soit 11 personnes par installation. Mais ces statistiques ne reflètent pas le fait « qu’une fraction importante de la population à faible revenu ne disposait d’aucune installation … et utilisait les champs en friche et les canaux de drainage pour se soulager [10]. » La descente dans l’abime avec la politique excrémentielle s’est poursuivie. La continuité de celle-ci est diabolique. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de 1990 à 2002, le taux de couverture de l’évacuation des excréta en milieu rural est seulement 25 %. Mais il est encore plus alarmant de constater que de 1990 à 2008, selon le Fonds Monétaire international (FMI), le pourcentage de la population ayant accès à l’assainissement a diminué de 29% à 19% en Haïti [11].

Le problème fondamental avec l’État marron autoritaire faible haïtien est que l’abîme qu’il crée se creuse quotidiennement. La société est dévoyée avec le système d’apartheid qui considère la grande majorité des Haïtiens comme des déchets. La politique excrémentielle impose de vivre au milieu des matières fécales, dans une situation hygiénique déficitaire. Les excréments pullulent dans le sol, sur la chaussée et les dirigeants politiques semblent respirer leur odeur avec plaisir au point de se demander si cela n’a pas remplacé leur matière grise. La conscience du problème fait défaut. Il importe d’empêcher qu’Haïti devienne un réservoir à matières fécales en mettant de côté pour un certain temps les dirigeants qui persistent dans l’arbitraire du nou fè sa nou pi pito. La continuité n’est pas recommandée. Il faut même la contrecarrer.

Au sujet des matières fécales, il faudra attendre le temps que les germes coliformes meurent comme c’est le cas dans les fosses de dessiccation pour les excréments. C’est d’ailleurs la recommandation de l’OMS en ce qui concerne l’utilisation des eaux usées et des excréta dans l’agriculture [12].

L’économie politique de la crise de choléra

En clair, quatre Haïtiens sur cinq n’ont pas accès aux services d’assainissement. Et dans l’Artibonite où la crise de choléra a éclaté, le taux de couverture d’évacuation des excréta n’est que de 14.9% [13]. L’insuffisance de la préoccupation hygiénique que représente ce 14.9% doit retenir l’attention. La crise de choléra n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel bleu. C’est l’absence de dirigeants à la hauteur qui explique qu’ils n’ont pas vu venir. Et l’état de mal se propage. C’est aussi le cas à Port-au-Prince où les matières fécales sapent les bases du système sanitaire. Comme le souligne Pascal Saffache en 2002, « les camions citernes qui alimentent les puits s’approvisionnent au forage de la Plaine du Cul-de-Sac, c’est-à-dire dans une zone où la nappe phréatique est en contact direct avec les fèces [14]. »

C’est un sort funeste auquel sont reléguées les populations haïtiennes et pas seulement les pauvres. Le sort du tombeau à ciel ouvert. La réalité de la condition haïtienne demande de sortir de ces égarements pour fonder une autre raison d’espérer. Et pour cela, il faut un autre gouvernement, un autre État. La continuité est une malédiction qui ne même qu’à la mort. La vulnérabilité sanitaire de la population est grande. Les bactéries continuent de vivre dans les excréments. Sur 40 à 50 milliards de bactéries coliformes excrétées par un homme en moyenne chaque jour, 50 % seraient encore vivantes [15].

Une dépendance carabinée L’eau consommée n’ayant pas été désinfectée et les sources n’étant pas protégées [16], il y a donc possibilité d’épidémie de choléra à tout moment. Tout en précisant la nécessité urgente d’activer les secours pour juguler l’épidémie actuelle et mettre fin au cauchemar de la désolation des victimes du choléra, il importe de pointer du doigt le gouvernement qui est responsable du calvaire qu’endure la population. Quand on ne fait pas cela, se lave men siye a tè. Nombre d’études ont tiré la sonnette d’alarme que des épidémies étaient possibles surtout après le 12 janvier. Mais le gouvernement ne gouverne pas.

Il faut aussi investiguer pour déterminer le rôle joué par les soldats népalais de la MINUSTAH dans le déclenchement de la crise. À ce titre, il convient d’attirer l’attention sur deux photos, pour le moins bouleversantes, qui circulent depuis quelques jours sur le réseau internet. On voit sur l’une d’elles un camion déversant des eaux usées dans la rivière Mireille sous la surveillance de casques bleus népalais armés. La seconde nous montre comment les blocs sanitaires et toilettes de la base des Népalais à Mirebalais sont installés à moins de deux mètres de la rivière [17]. On peut comprendre le haut débit de colère des Haïtiens devant de telles pratiques, mais en réalité elles demeurent la goutte d’eau qui a fait déverser le vase. Les conditions préalables à une action sérieuse en matière d’approvisionnement en eau potable et en assainissement n’existent pas dans le gouvernement actuel. Le champ de vision de ces dirigeants est trop limité et n’inclue pas de financement et de budget décentralisé, d’institutions autonomes et indépendantes, de charges d’effluents en rapport avec les prévisions démographiques.

Nous dansons sur le volcan, enchainés à notre pétrin. Prisonniers dans une terre de liberté que les appétits effrénés de pouvoir des dirigeants ont transformé en un no man’s land. La crise de choléra indique comment l’aide de la communauté internationale d’une moyenne annuelle de 300 millions de dollars, soit 30 dollars par tête, depuis 1980, n’a pas pu faire une grande différence [18]. La stratégie pour la reconstruction d’Haïti qui croit pouvoir faire sortir ce pays des ornières de la destruction, de la pauvreté et de l’instabilité en 2030, avec des investissements annuels de 350 dollars par tête, gagnerait à être revue. Les incohérences globales relevées dans les secteurs de l’eau et de l’assainissement ne sont que la pointe de l’iceberg d’un système qui fonctionne dans l’opacité. Pour le gouvernement haïtien, « le droit des citoyens à être informés de son action [19] », pour répéter Marc Bazin, est un anathème. Le pouvoir a besoin de l’asymétrie de l’information, cultivée à des fins de monopole et de prébendes, pour changer ses priorités comme il l’entend, et pour que les fonds attribués au financement de certaines activités spécifiques soient versés ailleurs.

De manière générale, on sait comment « en raison de l’absence de fosses septiques, les populations se soulagent en bordure de mangrove, dans les lits des rivières ou en bordure côtière [20] ». Cette situation a même porté l’Union Européenne à financer au Cap-Haitien en juin 2010 un programme éducatif pour dire à la population de ne pas déféquer en plein air dans les rues. Sur des affiches et sur le petit écran, on pouvait lire sur la bande passante : « Pa jete poupou nan lari, pa poupou bo lanme ak bo ravine. Poupou nan latrine. Moun paka viv nan sa. (Ne pas jeter des excréments humains dans la rue. Ne pas déféquer au bord de la mer. En cas de besoin aller dans une latrine [21].) Des comportements qui reflètent une dégradation de soi. Une destruction de ses racines.

Voilà le niveau de décrépitude auquel la politique kan kale des tontons macoutes et de leurs successeurs a conduit Haïti. Une politique excrémentielle d’hommes et de femmes au pouvoir qui sont toujours à l’œuvre dans la continuité pour manœuvrer les rouages pouvant assurer le apre nou se nou. Ces gens-là sont les responsables du malheur du peuple haïtien. La ficelle de la continuité qu’ils proposent est en fait la corde avec laquelle ils veulent ligoter le peuple haïtien pour le descendre dans la tombe. Nous sommes loin de simples grossièretés langagières de carnaval mais plutôt en plein dans une dépendance carabinée qui rend service aux courants racistes de la communauté internationale. Cette réflexion me ramène à ce dialogue des années 1980 entre Jacques Cousteau et un paysan qui abattait un arbre fruitier pour faire du charbon de bois.

— Qu’arrivera-t-il, demande Cousteau, lorsque vous auriez abattu tous les arbres du pays ?

— Ce sera la fin du monde, répond le paysan.

— Non, rétorque Cousteau ! Ce ne sera pas la fin du monde, mais la fin de ton monde.

[1] Marie Vieux-Chauvet, La danse sur le volcan, Paris, France : Maisonneuve & Larose et Emina Soleil, 2004.

[2] Rapport sur le Développement Humain, PNUD, New York, 2004.

[3] Nathanial Gronewold, HAITI : Environmental destruction, chaos bleeding across border, Washington, D.C., Environment & Energy Publishing, Greenwire, 12/14/2009.

[4] Bruno Valfrey, Les opérateurs privés du service de l’eau dans les quartiers irréguliers des grandes métropoles et dans les petits centres en Afrique Burkina Faso, Cap-Vert, Haïti, Mali, Mauritanie, Sénégal – Rapport Port-au-Prince, Hydro Conseil, 1997, p. 42.

[5] World Bank, Project Appraisal Document on a proposed grant in the amount of SDR 3.4 million (US$5 millions equivalent) to the Republic of Haiti for a Rural water and sanitation project, Washington D.C., December 21, 2006, pp. 28-29.

[6] Véronique Verdheil, “De l’eau pour les pauvres à Port-au-Prince, Haïti”, Paris, Mappemonde, numéro 55, 1999, p. 16.

[7] En considérant qu’un mètre cube est égal à 50 bokits et que le mètre cube est égal à 264 gallons, il faut à peu près 400 bokits pour 2000 gallons qui coutent 400 gourdes. La CAMEP vend donc la bokit d’eau à une gourde tandis que les vendeurs d’eau privés la vendent à cinq gourdes. Cette marge supérieure tient compte des coûts de production des forages privés, du transport par camion, du stockage en citerne et de la marge du porteur d’eau.

[8] Gérald Holly, Les problèmes environnementaux de la région métropolitaine de Port-au-Prince, Collection du 250e anniversaire, Port-au-Prince, 1999, p. 67.

[9] PADCO est une firme internationale de consultants basée à Washington ; D.C. et qui se nomme aujourd’hui AECOM.

[10] Gérald Holly, “Adduction d’eau, assainissement et santé : une relation étroite”, Montréal, Collectif Paroles, numéro 17, avril 1982, p. 13.

[11] « Haiti : Sixth Review Under the Extended Credit Facility, Request for Waiver of Performance Criterion, and Augmentation of Access—Staff Report”, IMF Country Report No. 10/35, Washington, D.C., February 2010, p. 28.

[12] Duncan Mara and Sandy Cairncross, Guidelines for the safe use of wastewater and excreta in agriculture and aquaculture, World Health Organization in Collaboration with the United Nations Environment Program, Genève, 1989.

[13] Paulo Texeira “Donnes sur le secteur de l’eau potable et de l’assainissement”, dans Actes de la Conférence-Débats Agir ensemble pour une gestion plus efficace de l’eau potable et l’assainissement en Haïti, Organisation Panaméricaine de la Santé, Bureau Régional de l’Organisation Mondiale de la Santé (OPS/OMS), Commission Économique pour l’Amérique Latine et les Caraïbes (CEPALC), Port-au-Prince, Haïti, 9 novembre 2005, p. 14.

[14] Pascal Saffache, “Eau potable et sous-développement : le cas de la région métropolitaine de Port-au-Prince (Haïti)”, Ecologie et Progrès, Givors, France, 2002.

[15] Ary Bordes et Andrea Couture, For the people, for a change : bringing health to the families of Haiti, Boston, Beacon Press, 1978.

[16] Daniele Lantagne, Farzana Mohamed, Peter Oates, and Nadine van Zyl, Haiti Group Report M. Eng. MIT, Boston, 2001, p. 17.

[17] Voir la photo et le reportage d’Al Jazeera dans les liens suivants : http://fr.news.yahoo.com/3/20101028… http://www.youtube.com/watch?v=lKu7… .

[18] World Bank, Haiti – Country Assistance Evaluation, Operations Evaluation Department, Annexe A, Washington, D.C., February 12, 2002, p. 26.

[19] Marc Bazin, Sortir de l’impasse – Démocratie, réformes et développement, Imprimerie Deschamps, 2006, p. 144.

[20] Pascal Saffache, “Le milieu marin haïtien : chronique d’une catastrophe écologique », Études caribéenes, décembre 2006.

[21] Réseau Citadelle, « Cap-Haïtien : L’U.E. finance une campagne contre les excréments humains », Cap-Haitien, 26 Juin 2010.

L’ACTUALITE – SAMEDI 30 OCTOBRE 2010

30 Oct

Haïti – Norvège : Don de 850,000 dollars pour lutter contre le choléra
HAITI LIBRE – 30/10/2010 12:11:37

Haïti - Norvège : Don de 850,000 dollars pour lutter contre le choléraRamon Ripoll, le Vice-ministre cubain du Commerce extérieur et des investissements étrangers et Jan Tore Holvik, Ambassadeur de Norvège à La Havane ont signé vendredi, un accord pour aider le gouvernement haïtien à lutter contre l’épidémie de choléra. Un premier accord d’un montant similaire avait été signé en Janvier après le séisme.
Selon le Ministère cubain de la santé publique, la Norvège a fait don de 850,000 dollars US pour l’achat et l’expédition de fournitures médicales et autres ressources matérielles pour Haïti.
Cuba a fourni une assistance médicale à Haïti depuis plus d’une décennie, mais a augmenté son aide après le séisme. Le responsable de la santé haïtien a confirmé vendredi que le nombre de morts de l’épidémie a augmenté de 8,20 % portant le nombre de personnes décédées du choléra à 330 (chiffre de jeudi dernier), et à 4,714 (+13.9%) le nombre de personnes infectées recevant des soins.

 

Haïti – Politique : Mises au point du candidat Chavannes
HAITI LIBRE – 30/10/2010 09:43:41

Haïti - Politique : Mises au point du candidat ChavannesLe pasteur Jean Chavannes Jeune (Alliance chrétienne citoyenne pour la reconstruction d’Haïti – ACCRHA) a mis en garde les candidats tentés d’utiliser l’épidémie de choléra comme prétexte pour reporter les élections.
« J’imagine que ceux qui tirent les ficelles des élections doivent se sentir inconfortables en voyant  la population tout à fait décidée à y participer, alors que leurs intentions était d’avoir le moins de participants possible pour pouvoir magouiller » à déclaré le candidat Jean Chavannes Jeune. Une opinion que partage Jean David Génesté candidat au Sénat pour qui le report des élections ne peut que favoriser les candidats proches du pouvoir, qui disposent de plus de moyens financiers que les autres candidats pour relancer une campagne.
Concernant l’existence d’une organisation appelée « Association Nationale des Leaders Evangéliques – ASNALE » qui a apporté son soutien à Jacques Edouard Alexis et lancé un appel aux chrétiens pour supporter l’ancien premier ministre, Jean Chavannes, devant le soutien d’un de ses adversaires par un mouvement chrétien, s’est dit étonné « Je connais très bien le milieu évangélique et je serais au courant si une telle organisation existait » affirmant que c’était peut-être une organisation qui n’existait que de nom « créée pour les élections du 28 novembre »…

 

 

 

Le candidat à la présidence Charles Henri Baker (Respè) furieux contre un dernier sondage le plaçant en 4ème position derrière sa rivale du RDNP, Mirlande Manigat

« Sondages bourgeois commandités par des amis de Préval ayant amassé fortune pendant son mandat »

Radio Kiskeya / vendredi 29 octobre 2010

Le candidat à la présidence du parti « Respè », l’homme d’affaires Charles Henri Baker, s’en est violemment pris jeudi au secteur privé des affaires et à la série de sondages sur la popularité et les intentions de vote commandités par celui-ci auprèsdu Bureau de Recherches en Informatique et en Développement Economique et Social (BRIDES) dont le dernier le place en 4ème position derrière Mirlande Manigat (RDNP), Jude Célestin (INITE) et Michel Martelly (Repons Peyizan).

Pour Baker (classé en 4ème position lors de la présidentielle de 2006), « les sondages bourgeois en question sont l’œuvre d’un petit groupe d’hommes d’affaires proches du président René Préval qui, après avoir bénéficié des largesses du pouvoir, cherchent maintenant à préserver leurs intérêts en pavant la voie au dauphin du chef de l’Etat ».

« C’est uniquement dans l’enceinte du Palais national (siège de la présidence) que le candidat de la plateforme officielle INITE (Unité) peut occuper la seconde place dans un sondage », a péremptoirement déclaré le leader de « Respè ». D’après lui, « jamais l’on ne verrait pareille situation à Cité Soleil et à Raboteau » ( deux quartiers défavorisés de Port-au-Prince et des Gonaïves (Artibonite, Nord).

Un autre candidat, à la députation cette fois-ci, l’avocat Jean Tolbert Alexis (Ansanm Nou Fò), a menacé jeudi de traduire en justice la firme BRIDES si celle-ci s’avise encore d’utiliser son nom dans ses prochains sondages, sans son autorisation préalable. Me Alexis qui se présente pour la circonscription Croix-des-Bouquets/ Thomazeau (Ouest) proteste contre son classement dans le dernier sondage du BRIDES. Pour lui, les sondages de ladite firme sont manipulés et portent préjudice aux candidats, dont lui-même.

De nombreux autres candidats, partis et plateformes politiques ont déjà dénoncés les sondages du BRIDES commandités par le Forum économique du secteur privé, un regroupement d’associations patronales. Le responsable de la firme, le professeur Frantz Fortunat a défendu jeudi sur les ondes de Radio Kiskeya le caractère scientifique de ces sondages, mettant l’accent sur le fait que les uns et les autres devraient se résigner à ne plus se faire d’illusion sur leur réelle popularité. Il a aussi souligné la nécessité qu’Haïti s’ouvre à la modernité en acceptant l’utilisation de techniques telles que les sondages d’opinion.

 

Haïti – Politique : Déclarations de Michel Martelly en République Dominicaine

HAITI LIBRE – 29/10/2010 10:40:44

Haïti - Politique : Déclarations de Michel Martelly en République DominicaineHier jeudi 28 octobre, Michel Martelly, candidat à la présidence d’Haïti, a prononcé une conférence dans l’auditorium de la Fondation Globale Démocratie et Développement (FUNGLODE) a Santo Domingo en République Dominicaine.
Reconnaissant sans complexe devant l’assistance, être un « novice » en politique, il s’est défini comme un homme plein de rêves, de bonne volonté ayant la force de relever son pays de la ruine « Je suis un rebelle, je suis un rebelle contre la médiocrité […] tous les pays des Caraïbes vendent leur soleil à l’exception de mon pays, cela ne peut pas continuer ».
Utilisant un langage simple et parfois humoristique, le candidat Martelly a déclaré que son programme de gouvernement est fondé sur la décentralisation de la gestion de l’État haïtien, et comme preuve de ce qu’il affirme, il suggère en priorité de s’occuper des 1,5 millions de victimes du séisme qui vivent dans des camps depuis plus de 10 mois plutôt que d’entamer la reconstruction de Port-au-Prince.
Il déplore que son pays ait reculé de 25 ans, victime « des gouvernements paresseux » qui ont « laissé mourir les enfants dans les rues, tandis que la corruption devenait presque légale ».
Avec vigueur, il a déclaré qu’Haïti avait besoin de son peuple et de ses amis internationaux pour se relever », mais comme un pays indépendant, sans être pris en charge par les nombreuses ONG qui gèrent, sans contrôle, plus d’argent que le gouvernement haïtien.
Il a déclaré à son auditoire qu’il ne suffit pas de construire des écoles si l’on ne peut pas s’assurer de nourrir les élèves « Vous ne pouvez pas étudier le ventre vide, sans savoir si vous mangerez dans la journée » Il a demandé aux dominicains d’investir en Haïti pour reconstruire le pays, rappelant qu’Haïti et la République dominicaine partagent la même île et que « si Haïti est malade, la République dominicaine est affectée […] Nous avons besoin de l’appui des dominicains dans de nombreux domaines comme l’environnement, la technologie, la construction pour la stabilité économique ».

 

Haïti-Epidémie

Choléra : Plusieurs centaines de manifestants réclament à Mirebalais le départ des casques bleus

Diabolisant les soldats népalais, des jeunes en majorité ont défilé dans les rues à l’occasion de l’une des plus importantes marches de protestation en faveur du désengagement de la MINUSTAH rendue responsable d’une épidémie dont le bilan a atteint vendredi 330 décès et plus de 4.700 personnes hospitalisées ; des journalistes troublés par des évidences concernant une fosse septique apparemment polluante

Radio Kiskeya / vendredi 29 octobre 2010

Plusieurs centaines de personnes, en majorité des écoliers et étudiants, ont manifesté vendredi à Mirebalais (centre) pour réclamer le retrait d’Haïti des troupes de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) qu’ils ont rendues responsables de l’épidémie de choléra qui, en une dizaine de jours, a fait au moins 330 morts.

Le mouvement de protestation, qui s’est déroulé sans incident, a pris fin devant la base du contingent népalais déployé dans la région et accusé d’avoir contaminé le fleuve Artibonite avec les matières fécales de casques bleus qui seraient des porteurs asymptomatiques du vibrion cholérique, la bactérie à l’origine de la maladie.

« A bas MINUSTAH, A bas le choléra importé », ont scandé des manifestants très en colère qui ont aussi demandé « justice et réparation » pour les nombreuses victimes de la maladie dont le point de départ était les communautés rurales traversées par le fleuve, lui-même situé en aval de deux affluents, les rivières Meille et La Tombe.

Le bacille du choléra aurait infecté la première rivière où, pour des raisons inconnues, les soldats népalais auraient déversé leurs excréments dont la gestion est confiée à une compagnie qui se sert d’un site de décharge dans la localité de Meille, près de Mirebalais.

Les responsables de la Sanco Entreprises S.A ont organisé vendredi une visite guidée afin de montrer aux journalistes que toutes les normes de sécurité sanitaire sont respectées dans les opérations de vidange réalisées dans une décharge située à 250 mètres de la rivière Meille.

Cependant, un fait troublant retient l’attention. Les reporters dépêchés sur place ont constaté que des pierres et de la terre en quantité ont été utilisés pour dissimuler la présumée fosse septique incriminée contenant des matières fécales et qui débouche sur la rivière.

Multipliant ses interventions dans la presse afin de couper court aux rumeurs, la MINUSTAH, qui est déployée en Haïti depuis 2004, a pourtant décliné toute responsabilité dans la propagation meurtrière du choléra en prenant la défense des militaires népalais issus d’un pays où la maladie est à l’état endémique.

Le nouveau bilan communiqué par les autorités sanitaires fait état de 330 morts, soit 25 de plus par rapport à jeudi, et d’un total de 4.714 cas d’hospitalisation dans le Bas-Artibonite (nord) et le Bas-Plateau Central, les deux régions les plus affectées.

Le directeur général du ministère de la santé publique, le Dr Gabriel Timothée, qui maintient que l’épidémie est en régression, a exhorté, une fois de plus, la population à respecter scrupuleusement les règles d’hygiène. Le pays, rappelle-t-il, n’est toujours pas à l’abri d’une nouvelle vague cholérique encore plus virulente que la première.

 

RADIO METROPOLE / Vendredi, 29 octobre 2010 09:19

Marlene Liautaud recommande des principes d’hygiène pour lutter contre le choléra

L’épidémiologiste Marlene Liautaud recommande l’adoption de principes d’hygiènes en vue d’empêcher la propagation du choléra.
Elle révèle que l’utilisation du savon de lessive est efficace pour le lavage des mains. Le détergent présent en grande quantité dans le savon de lessive détruit le vibrio cholérique assure Mme Liataud également microbiologiste.
Intervenant à la rubrique « Le Point sur le 100.1 de radio Métropole Dr. Liautaud a démenti les rumeurs sur la nécessité d’éviter certains aliments pour se prémunir du choléra. Tous les aliments secs, haricots et riz notamment, ne portent pas la bactérie, explique Dr Liautaud qualifiant d’absurde l’interdiction du riz de l’Artibonite dans certaines régions.
Le poisson cuit n’est pas nocif, dit-elle précisant qu’on peut prendre sans crainte des bains de mer. En ce qui concerne les légumes et les fruits, Dr. Liautaud soutient qu’il faut les laver dans de l’eau chlorée. La bassine d’eau chlorée pourra être utilisée pendant une journée..
Docteur Marlene Liautaud n’est nullement surprise par l’entrée du choléra en Haïti. Elle rappelle que la bactérie est déjà présente dans de nombreux pays.
Outre les principes d’hygiènes et l’utilisation du chlore, la bactérie ne résiste pas aux températures extrêmes. Le vibrio cholérique meurt a moins de 4 degrés et a plus de 57 degrés centigrades.

 

Choléra en Haïti: 25 décès de plus en 24 heures, 330 au total

(AFP) – 29-10-10

Photo 1 sur 3

Une petit Haïtienne atteinte du choléra dans les bras de sa mère à petite Rivière le 28 octobre 2010

PORT-AU-PRINCE — L’épidémie de choléra en Haïti avait fait 330 morts vendredi, soit 25 de plus que la veille, ont annoncé les autorités haïtiennes, qui ont également fait état de 65 hospitalisations supplémentaires, soit 4.714.

Le nouveau bilan a été communiqué par le directeur général du ministère de la Santé haïtien, Gabriel Thimoté, au cours d’une conférence de presse.

Il montre à la fois une hausse du nombre de décès et un net ralentissement du nombre de nouvelles hospitalisations: la veille, les autorités avaient enregistré 13 morts et 502 hospitalisations nouvelles.

« Nous avons pris toutes les dispositions pour contrôler la propagation de l’épidémie en renforçant la sensibilisation et la surveillance épidémiologique », a déclaré le Dr Thimoté.

« Nous avons demandé à nos partenaires internationaux d’aider le ministère de la Santé à renforcer la surveillance épidémiologique », a-t-il ajouté, précisant que les autorités avaient reçu de ces partenaires « des lits en quantité et des médicaments » qui ont été prépositionnés dans les différentes régions du pays.

Interrogé sur l’état de l’enquête au sujet de l’origine de l’épidémie, le Dr Thimoté a répondu qu’elle n’avait rien apporté de concluant pour le moment mais que l’hypothèse d’une contamination du fleuve Artibonite restait privilégiée.

Les autorités sanitaires haïtiennes ont également relevé que la plupart des victimes du choléra en Haïti étaient comptées parmi « les personnes à faible niveau d’éducation, les agriculteurs et les paysans ».

« Les hommes sont presque autant victimes de l’épidémie que les femmes. Dans une seule communauté, nous avons dénombré 114 femmes décédées contre 107 chez les hommes », a indiqué le Dr Thimoté.

Environ 30% des décès sont enregistrés chef les enfants de cinq ans et plus, « une population très vulnérable », a souligné un responsable du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).

De nombreuses organisations internationales intervenant en Haïti depuis le séisme du 12 janvier ont depuis le début de cette épidémie concentré leurs activités dans les régions les plus affectées par l’épidémie.

L’ONG Action contre la faim (ACF) a distribué près de 10.000 kits de lutte contre le choléra à plus de 35.000 personnes dans les sections communales de Marchand Dessalines, un des foyers de la maladie. L’organisation a également annoncé dans un communiqué le renforcement de son action de nettoyage et de désinfection dans les quartiers de Port-au-Prince.

La République dominicaine a par ailleurs renforcé vendredi ses contrôles militaires à la frontière avec Haïti, pour tenter d’empêcher la propagation de l’épidémie chez son voisin, selon la presse locale.

Les soldats ont notamment effectué plusieurs descentes dans la ville de Dajabon (nord), située au bord de la frontière de 376 km de long séparant les deux pays se partageant l’île caribéenne d’Hispaniola, pour détecter la présence d’Haïtiens entrés clandestinement.

La République dominicaine avait déjà mis en place des contrôles sanitaires depuis lundi et exige en outre la présentation d’un passeport et d’un visa pour laisser entrer les Haïtiens.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a pourtant jugé mardi qu’il n’était « pas nécessaire de fermer les frontières ou de restreindre les voyages dans l’île et le commerce avec Haïti ».

Copyright © 2010 AFP. Tous droits réservés.

 

Haïti-Choléra : L’ONU aurait ouvert une enquête sur son contingent à Mirebalais

P-au-P, 28 oct. 2010 [AlterPresse] — L’organisation des Nations Unies (ONU) a apparemment ouvert une enquête sur son unité de casques bleus népalais pointée comme éventuelle source de l’apparition du cholera qui a tué 305 personnes en Haïti, apprend AlterPresse.

Mercredi, des enquêteurs de l’ONU ont récolté des échantillons de résidus d’eaux usées s’écoulant de la base de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) située à Mirebalais (Est), confirme à AlterPresse le porte-parole de la force onusienne, Vicenzo Pugliese.

Cependant, selon lui, cette démarche fait partie des procédures normales de contrôle des normes d’élimination des déchets.

Des tests médicaux conduits les 22 et 27 octobre sur les soldats népalais basés à Mirebalais révèlent qu’ils n’ont pas le choléra, insiste-t-il.

Il souligne que les soldats népalais actuellement en poste au pays sont arrivés entre le 08 et le 15 octobre, et avaient subi des tests m’médicaux avant leur voyage dans le pays caribéen.

Pugliese ne voit aucun rapport entre le moment de déclenchement de la maladie le 19 octobre et celui de l’arrivée des Népalais, soit une semaine auparavant.

Il qualifie de « rumeur » les affirmations selon lesquelles le vibrio cholerae serait amené par les militaires du Népal, où la maladie a fait 80 morts en 2007.

La mission onusienne avait déjà démenti les informations accusant son contingent népalais d’avoir déversé dans le fleuve Artibonite des déchets humains infectés par le choléra.

Parallèlement les autorités sanitaires n’ont toujours pas fourni les résultats de leur enquête sur la source de la maladie. Les échantillons prélevés sont en train d’être analysés à l’étranger, a répété ce jeudi le directeur général du Ministère de la Santé, Gabriel Timothé.

305 personnes ont déjà trouvé la mort principalement dans la région Nord du pays des suites du choléra, une pathologie qui selon les autorités haïtiennes n’avait jamais existé dans le pays auparavant.

 

Choléra : Une religieuse chilienne hospitalisée au Panama après un séjour en Haïti

Sur le terrain, le bilan des victimes de l’épidémie se chiffre maintenant à 305 morts et plus de 4.600 personnes hospitalisées

Radio Kiskeya / jeudi 28 octobre 2010

Les autorités sanitaires panaméennes ont annoncé jeudi avoir hospitalisé et maintenu en état d’isolement une missionnaire chilienne non identifiée qui a présenté, dès son arrivée en Amérique centrale, les symptômes du choléra après un séjour en Haïti où l’épidémie a officiellement franchi la barre des 300 décès.

Le nouveau bilan officiel est de 305 morts et 4.649 cas d’hospitalisation, a fait savoir le Dr Gabriel Timothée, directeur général du ministère de la santé publique, qui souligne que la « tendance à la stabilisation se confirme ».

La religieuse chilienne tombée malade voyageait à destination du Venezuela et était arrivée mercredi à l’aéroport international de Tocumen, de Ciudad de Panama, en provenance de Port-au-Prince via la République Dominicaine, a indiqué à EFE le ministre panaméen de la santé, Franklin Vergara.

Souffrant de nausée, de douleurs abdominales et de diarrhée sanguinolente, elle venait de passer en Haïti cinq jours consacrés à des travaux humanitaires.

Le ministre a expliqué que la dame est soignée au service d’infectiologie de l’hôpital public Saint-Thomas au milieu de strictes mesures de « biosécurité ».

Des échantillons de selle prélevés sur la malade faisaient l’objet d’analyses en laboratoire avant que leurs résultats ne soient connus vendredi.

Franklin Vergara assure que depuis le début de l’épidémie en Haïti, le Panama, qui accueille régulièrement des commerçantes haïtiennes, a nettement renforcé les mesures d’hygiène dans ses ports et aéroports tout en appelant à la vigilance sanitaire dans les foyers.

A Port-au-Prince, lors de la conférence de presse quotidienne du MSPP, le Dr Gabriel Timothée s’est félicité de la baisse substantielle du taux de mortalité quotidien du choléra, passé de 68 la semaine dernière à huit actuellement.

Il a cependant mis en garde contre tout triomphalisme, car une remontée subite de la maladie demeure toujours possible comme l’a indiqué l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

 

Haïti – Épidémie : Le Japon au côté d’Haïti contre le choléra
HAITI LIBRE – 29/10/2010 16:26:59

Haïti - Épidémie : Le Japon au côté d’Haïti contre le choléraDans son désir de contribuer à la lutte contre le choléra, le gouvernement Japonais, par le biais de son Ambassade en Haïti, a décidé de mettre à la disposition du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), la somme de 183.000 dollars.
La majeure partie de ce montant, soit 122.000 dollars sera fournie sous forme de biens d’équipements destiné au traitement et à la préservation de l’eau potable dont notamment : 40 réservoirs d’eau flexibles, 30 purificateurs, 1,800 Jerrycans semi-pliables, 40 bâches plastique…
L’avion transportant cette aide d’urgence a atterri hier, jeudi 28 octobre 2010, vers 18:10. Monsieur Kentaro Minami, le nouveau Chargé d’Affaires de l’Ambassade du Japon en Haïti, a procédé à la remise immédiate de ces matériels, au représentant en douanes du MSPP, M. Pierre Fanfan dans le bâtiment abritant le dépôt de l’Aéroport.
L’utilisation des 61.000 dollars restant est actuellement en cours de discussion avec les responsables du ministère concerné afin de les orienter vers d’autres secteurs prioritaires. Le Japon tient à présenter ses plus sincères condoléances aux familles victimes de cette épidémie et tient particulièrement à renouveler au peuple Haïtien sa solidarité en ces moments pénibles.

 

Situation explosive au Lycée Pinchinat de Jacmel (Exclusif)
HAITI LIBRE – 29/10/2010 13:07:36

Haïti - Jacmel : Situation explosive au Lycée Pinchinat (Exclusif)Jeudi matin, les activités scolaires au Lycée Pinchinat étaient totalement paralysées. Suite au pluies diluviennes qui se sont abattues sur la ville de Jacmel, mercredi soir, les tentes usées servant de classes, [depuis mars dernier], ont été mis à terre, partiellement détruites, envahies par l’eau et la boue.
Devant cette situation catastrophique, Ernst Cadet, le directeur du Lycée Pinchinat de Jacmel a été contraint de suspendre les activités scolaires jusqu’au 8 novembre prochain « Nous avons mené des démarches auprès de la direction départementale de l’éducation du Sud-Est ainsi qu’auprès des différentes ONG, mais aucunes réponses concrètes n’a pas été fournie jusqu’à présent » a-t-il indiqué. Le directeur du Lycée dénonce un manque de volonté de l’État qui a pris tout ce temps, sans apporter une solution. Afin de remédier à cette situation, Ernst Cadet a déclaré que « si ce problème n’est pas résolu, je donnerai ma démission dans un bref délai ».
Interrogé par HaïtiLibre sur les cours du lycée Pinchinat, beaucoup d’élèves dénoncent les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Ils qualifient de politique la situation dans laquelle le Lycée se trouve actuellement, « presque toutes les classes sont remplies comme un œuf, ne respectant aucune norme pédagogique, les politiciens se contentent de soumettre des listes de noms aux responsables du lycée, sans tenir compte de l’espace et de l’insuffisance de mobiliers » ont-ils déplorés.
Les lycéens, pour l’instant, ont choisi la voie du dialogue comme première démarche, ils ont formé un comité interclasse en vue de rencontrer d’une part les responsables de l’éducation à Jacmel et d’autre part les représentants des différentes ONG, afin de trouver une solution permettant aux élèves de bénéficier du pain de l’instruction. Toutefois, les étudiants préviennent que si ces démarches n’aboutissent pas, ils envisageront d’investir les rues de la ville pour forcer les autorités à assumer leurs responsabilités dans ce dossier.
Depuis la rentrée des classes, en octobre, le Lycée Pinchinat ne cesse d’être confronté à de sérieux problèmes, qui l’empêche de fonctionner normalement, notamment un manque d’espace. À ce sujet, la semaine dernière, les élèves de classe de 3e et de seconde, se sont affrontés pour l’occupation d’une tente en meilleure condition que les autres. Cet incident a perturbé la journée scolaire, les élèves ont jeté des pierres sans faire, heureusement de victime.
« Les autorités du pays disent que l’éducation est la base de toute développement » souligne un élève, « à Jacmel le dossier de l’éducation est politisé, les véhicules du bureau départemental de l’éducation, recouvert de posters, sont livrés aux candidats du parti proche du pouvoir en place, dans le cadre de la campagne électorale dans le Sud-Est ».
Les responsables de l’éducation font la sourde oreille aux cris d’alarme lancés par les élèves, préférant ignorer le dossier Pinchinat au profit de la campagne électorale. Une attitude méprisante et irresponsable qui pourrait bien allumer la méche d’une révolte des jeunes, source de désordre social.

 

Haïti – Cap-Haïtien : Une ville livrée à elle-même
HAITI LIBRE – 29/10/2010 13:43:47

Haïti - Cap-Haïtien : Une ville livrée à elle-mêmeSites historiques, plages mythiques, population hospitalière, boulevard idyllique… Cap-Haïtien, jadis le Paris de St Domingue avait tout pour plaire. Depuis quelque temps, la 2e ville du pays vit dans l’ombre de son passé.
L’exode rural massif, les troubles politiques ajoutés aux laisser-aller renforcé par le manque de compétence des autorités tant politique que civile ont, entre autres causes, contribué a sa détérioration a outrance. Les chiffres officiels indiquent une population de 300,000 habitants tandis que d’autres statistiques parlent plutôt de 800.000. Sans structures d’accueil pour les populations rurales ni plan d’aménagement, l’urbanisation sauvage a fini par imposer son anarchie dans toute la ville. « Il suffit d’un rien comme espace pour que les gens établissent leur maison » se désole cet ingénieur cinquantenaire. Des maisonnettes sont bâties dans les couloirs et corridors sans respect des règles de l’urbanisme. Cette situation au fil du temps a rendu vulnérable la ville, affaiblissant toutes ses infrastructures.
« La mairie n’est pas en mesure de répondre aux exigences de la population ». Pour illustrer Michel St Croix, maire titulaire de Cap-Haïtien, indique que la ville ne perçoit presque rien des ressources générées par les activités touristiques au niveau du quai de Labadie.
« L’État doit venir en aide à la mairie pour sauver la ville de son agonie » soutient Hérold, un jeune capois qui dénonce par ailleurs les promesses fallacieuses des gouvernements envers la ville de Christophe.
Depuis quelques années, la moindre averse est source de préoccupation. De l’avis de plusieurs experts, l’encombrement des égouts et des canaux d’évacuation par des tas d’ordures constitue le véritable danger. Plus il pleut, plus les fatras et les alluvions s’amoncellent. Et plus les habitants, qui luttent contre les eaux pour éviter qu’elles ne pénètrent dans leurs maisons, craignent le pire. « J’ai eu l’occasion de consulter les rapports d’une étude réalisée sur la ville du Cap-Haïtien, et la conclusion montre l’impérieuse nécessité pour l’Etat haïtien de consentir dans l’immédiat à des débours énormes pour refaire les caniveaux, égouts et systèmes d’évacuation de cette ville, sinon les conséquences pourraient être désastreuses dans un futur très proche», a indiqué un jeune architecte qui préfère garder l’anonymat.
L’absence d’une politique de gestion et de collecte des détritus est aussi à incriminer. «Nous n’achevons presque jamais les opérations de curage nulle part», reconnaît un chef d’équipes du MTPTC. Pour lui en effet, « chaque semaine, nous commençons le nettoyage d’une zone, le directeur nous déplace sur une autre zone ». Autre difficulté soulevée par ce dernier est relative à l’insuffisance et l’inadéquation des équipements « Nous n’avons que quelques pelles, râteaux, brouettes, alors que les tâches s’accompliraient mieux avec une grosse machinerie ».
Les monticules de déchets et les nids de poules constatées au niveau des entrées de la ville – Barrière Bouteille et Pont Neuf – accusent l’irresponsabilité de nos dirigeants. Les entrées sont crasseuses, les rues défoncées en dépit du fait que le projet de réhabilitation des rues de la ville soit confie à la compagnie V&F. Des travaux qui suscitent la grogne parmi la population capoise sur la méthodologie appliquée par la dite compagnie.
Une ville livrée a elle-même si on tient compte de certaines déclarations de quelques responsables, il n’y a pas longtemps des politiques critiquent leurs adversaires de mener une politique du fatras. Près de 400 m3 de fatras sont produits par jour au Cap-Haïtien. Ces déchets ne sont pas assez souvent collectés par les services responsables, voire éliminés. Ils se retrouvent le plus souvent dans les égouts et les canalisations.
Comme on le voit, la situation semble catastrophique. Toutefois, de l’avis de plus d’un, des solutions sont possibles, et avec un peu de volonté, le Cap-Haïtien présentera un meilleur paysage, au grand bénéfice des habitants qui ont grand besoin d’éducation et qui sont préoccupes par leur survie, a s’approprier le patrimoine collectif qui doit renaitre de ses cendres dixit, le roi Henri Christophe dont on vient de commémorer les 190 ans de sa mort.

 

Haïti – Social : Violents affrontements à Dajabon
HAITI LIBRE – 29/10/2010 16:13:21

Haïti - Social : Violents affrontements à DajabonLe marché binational traditionnel, qui a lieu les lundi et vendredi à la frontière, a été annulé sur décision des autorités des deux pays. Des centaines d’haïtiens refusant cette décision ont essayer de traverser la rivière Massacre, dans la ville d’Ouanaminthe, pour se rendre malgré tout sur le territoire dominicain et acheter des aliments, mais ont été dispersées par des hommes armée de bâton.
Rappel des faits :
Lors d’une rencontre mercredi, Bautista Rojas Gomez avait annoncé la réouverture des marchés de la zone frontière binationale en précisant que ceux-ci devront respecter les mesures d’hygiène et de contrôle mises en place par le Ministère de la Santé afin de prévenir la pénétration du choléra sur le territoire dominicain. Ce qui a motivé les réactions violentes de ce vendredi, c’est la décision des dominicains d’interdire tous les produits haïtiens sur le marché, une mesure vivement contesté par la partie haïtienne qui conteste les raisons et son caractère injuste sur le plan commercial notamment. Jean Baptiste Bien-Aimé à Dajabon, Le consul haïtien, qui a participé à la rencontre de mercredi aux côtés du maire de Ouanaminthe et des commerçants haïtiens s’est déclaré opposé à la « proposition » dominicaine. Une autre rencontre est prévue le 5 novembre en vue d’essayer harmoniser les positions.
L’homme d’affaires haïtien Paul Baricua Renson, à informé la presse que ses compatriotes sont interdits d’entrée sur le territoire dominicain sauf s’ils sont munis d’un passeport ou d’un visa pour ce pays « cette décision a fait beaucoup de remous entre les différents secteurs » a t-il précisé et il met en garde les autorités des conséquences négatives que cela pourraient entraîner.
Lundi dernier, la Police Nationale Haïtienne (PNH) appuyée par la Minustah avait déjà réprimé, en utilisant des gaz lacrymogènes, une manifestation d’haïtiens qui protestaient contre la fermeture du marché.
Le Gouvernement dominicain, à cette semaine, procédé au renforcement militaire de sa frontière terrestre (près de 200 militaires supplémentaires). Les membres du CESFRONT, une unité spéciale de surveillance des frontières dominicaines, accompagnée du procureur du Nord-Ouest a procédé à l’arrestation d’au moins 170 Haïtiens sans papiers qui ont été remis aux autorités de l’immigration à Dajabón en vue d’être renvoyé en Haïti.
Toutefois, vers 09:15 du matin, dans Ouanaminthe, environ une centaine haïtiens armées de bâtons et de machettes sur le vieux pont de Dajabón (du côté haïtien), ont exigé la libération de leurs compatriotes appréhendés après avoir franchi illégalement la frontière dominicaine. Après les procédures en usages, les services de l’immigration dominicaine, ont renvoyé en Haïti toutes les personnes arrêtées.
Le calme est revenu sur la frontière.

 

Haïti – Insécurité : Encore et toujours…
HAITI LIBRE – 29/10/2010 18:29:48

Haïti - Insécurité : Encore et toujours...Hier, au Marché Central du Cap-Haïtien, une adolescente de 16 ans été poignardée à mort par un homme. Après le crime, le suspect a cherché refuge au sous-commissariat de Barriere Bouteille, puis a été transféré au commissariat central du Cap-Haïtien, où il est en détention préventive. Aujourd’hui les parents de la jeune victime ont mis le feu à certains produits sur le marché, l’incendie a finalement été contrôlés par les pompiers ainsi que la PNH et de l’UNPOL.
Hier matin, en plein Centre-ville du Cap-Haïtien, une patrouille de la Minustah a été bombardé de pierres et de bouteilles en verre par une foule hostile. La patrouille a dû tirer plusieurs coups de feu en l’air ainsi que des grenades anti-émeutes. Une équipe de réaction rapide (QTR Quick Reaction Team) a été dépêché sur place, à son arrivé la foule été déjà dispersé. Un casque bleu de la Minustah a été légèrement blessé au visage. et un homme de 34 ans a été appréhendé et remis-à la PNH. Le motif de l’agression est toujours inconnu.
Hier vers 12h10, en face du Lycée Soficat à Tabarre, un jeune homme de 18 ans a été kidnappé par un suspect non identifiés. Une rançon a été réclamée à la famille qui a déposé une plainte à la Cellule Contre Enlèvements de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ-CCE).
Hier à Montagne des Oliviers à Carrefour Feuille, un corps d’un homme dans la trentaine a été trouvé. Le corps portait des traces de plusieurs projectiles et coups de couteau. Aujourd’hui dans la matinée, un autre corps, celui d’un homme non identifié a été trouvé au centre ville de Port-au-Prince près de la cathédrale à la rue Monseigneur Guilloux Prolongé. Les deux corps ont été transportés à la morgue de l’HUEH pour suites judiciaires.

 

Haïti – Insécurité : Situation dans la zone métropolitaine
HAITI LIBRE – 28/10/2010 16:43:14

Haïti - Insécurité : Situation dans la zone métropolitaineLe 27 octobre, dans la zone de Cazaeu, une jeune adolescente de 14 ans, fille d’un ingénieur de la Minustah, a été kidnappée dans la soirée par trois suspects non identifiés alors qu’elle était chez elle. La victime a été libérée par ses ravisseurs sur la route de l’aéroport. La jeune victime a été conduite à la clinique de l’ONU pour un contrôle médical. Une enquête est ouverte.
A Source Matelas dans la zone de Cabaret un corps d’un homme a été découvert. L’enquête préliminaire a révélé qu’il s’agit d’un voleur notoire et qu’il a été lynché par la population locale.
Hier à Fort-National sur la rue du Peuple, un corps non identifié d’un homme a été découvert avec des blessures par balles. D’après des témoins les suspects ont pris la fuite après l’incident.
Hier dans les premières heures, un nombre indéterminé de jeunes ont brûlé des pneus et jeté des pierres contre la Police Nationale Haïtienne (PNH) sur l’avenue Solino à Fort National. Ils protestaient car il n’avait pas reçu les sommes prétendument promises par le candidat à la présidence Jude Célestin (INITE).

 

           28 octobre 2010, 28e Journée Internationale de la Langue Créole

Déclaration du Comité d’Initiative pour l’établissement de l’Académie Haïtienne

AlterPresse / jeudi 28 octobre 2010

Une Académie haïtienne est instituée en vue de fixer la langue créole et de permettre son développement scientifique et harmonieux.
(Constitution République d’Haïti, 1987, Art. 213)

Nous, de l’Université d’État d’Haiti, de la Secrétairerie d’État à l’Alphabétisation, des Presses Nationales d’Haïti, de la Confédération Nationale des Vodouisants Haïtiens, du Journal Bon Nouvèl, qui constituons le Comité d’Initiative pour l’établissement de l’Académie Haïtienne, nous nous inclinons devant le courage et la détermination du peuple haïtien.

Nous profitons de la 28e Journée Internationale de la Langue Créole pour rappeler à tous l’importance de la langue créole pour nous Haïtiens, importance clairement exprimée dans la Constitution. Les membres de l’Assemblée constituante de 1987 avait bien compris l’importance de cette question. En témoignent les différents articles concernant la place des langues ainsi que leur rôle dans la société haïtienne :
- Article 5 Tous les Haïtiens sont unis par une Langue commune : le Créole. Le Créole et le Français sont les langues officielles de la République.
- Article 24.3 Pour que ce mandat puisse être exécuté, il faut qu’il exprime formellement en créole et en français le ou les motifs de l’arrestation ou de la détention et la disposition de loi qui punit le fait imputé ;
- Article 40 Obligation est faite à l’Etat de donner publicité par voie de presse (…) à tout ce qui touche la vie nationale…

De même, nous attirons l’attention sur l’exigence faite dans l’article 211 qui demande d’utiliser les langues officielles à tous les niveaux du système éducatif haïtien (…) La plupart des cours doivent être faits dans les langues officielles du pays.

Nous les membres du Comité d’Initiative, nous apprécions tout ce qui a été fait pour renforcer le français qui est l’une de nos langues officielles, mais nous sommes préoccupés en constatant que, malgré les progrès du créole dans notre société, d’énormes difficultés continuent de s’imposer au développement de l’unique langue qui lient les haïtiens entre eux. Ainsi, nous croyons que l’un des obstacles au strict respect des articles concernant les langues, c’est la violation de la loi-mère du pays, principalement l’article 213 qui préconise l’Académie Haïtienne.

Nous croyons que, tel que l’exige la Constitution, la question de la langue dans une nation ne saurait être laissée à la dérive. Au contraire c’est une question qu’il faut dans une perspective stratégique. C’est dans cette perspective que s’inscrit la formation de ce Comité qui, depuis un certain temps, a pris l’initiative du débat, de la réflexion, de la discussion et de la consultation pour l’établissement de l’Académie Haïtienne. Ainsi, nous profitons de cette célébration pour annoncer à la population toute entière, aux étudiants, professeurs, sociologues, anthropologues, linguistes, écrivains, poètes et à tous ceux qui luttent pour l’avancement de la langue créole en particulier, de la réalisation d’un Colloque International sur la stratégie à adopter pour porter les décideurs et le Parlement à mettre en place l’Académie Haïtienne pour de bon.

Pour cela, nous les membres du Comité d’Initiative, nous déclarons notre plein soutien à la Constitution de 1987, spécialement l’article 213 qui expose cette exigence. Nous sommes conscients que le problème de la langue créole est un dossier stratégique, c’est-à-dire, un dossier d’extrême importance pour le Peuple Haïtien qui doit être traité correctement et en toute urgence. Aucun progrès n’est possible sans la planification et l’aménagement équitable de nos deux langues officielles.

Ce premier pas que nous avons fait est insuffisant au regard de tout ce qui reste à faire. Et pour que le travail puisse produire de bons résultats, il faut la participation de toutes les institutions, tous les groupes et tous les secteurs de la société : femmes et hommes, éducateurs, sociologues, écrivains, linguistes, prêtres, pasteurs, houngan, juristes, syndicalistes, citadins aussi bien que les paysans, étudiants, entrepreneurs, commerçants, etc. qui se sentent concernés et qui approuvent cette démarche que le Comité d’Initiative a déjà lancé ! En ce sens, nous invitons tout un chacun et toutes les institutions à appuyer cette déclaration en la signant.

Ceux qui ont signé cette déclaration :

Jean-Vernet HENRY, de l’Université d’État d’Haïti (UEH)
Carol JOSEPH, de la Secrétairerie d’État à l’Alphabétisation (SEA)
Max BEAUVOIR, de la Confédération Nationale des Vodouisants Haïtiens
Jean-Pierre Nzemba WAYI, cicm du Journal Bon Nouvèl

POINT DE VUE / L’INGERENCE ETRANGERE

30 Oct

L’ingérence étrangère et la « démocratie haïtienne » : Quels sont les enjeux ?

Première partie : Aristide

par Julie Lévesque / Mondialisation / 29-10-10

« [N]otre mission sera d’aider les Haïtiens à poursuivre leur cheminement vers un avenir meilleur. Les États-Unis seront aux côtés du gouvernement haïtien et des Nations Unies tout au long du processus » Barack Obama, « Why Haiti Matters »

« M. Bernard Kouchner effectuera un déplacement en Haïti […qui] permettra de renouveler la solidarité active de la France en faveur de ce pays. Il importe que ces élections soient libres, transparentes et équitables » Communiqué de l’ambassade France en Haïti

« Le Canada appuie depuis longtemps la mise en place de processus électoraux démocratiques, transparents et équitables en Haïti. Des institutions démocratiques fortes et une saine gouvernance sont essentielles pour assurer le succès de la reconstruction en Haït » Bev Oda, ministre canadienne de la Coopération internationale


Les
« amis » d’Haïti

Les élections haïtiennes qui se tiendront le 28 novembre donnent lieu à une triste mascarade mettant en vedette les « amis » d’Haïti. Ce genre d’ami qui, sous les feux de la rampe vous tend la main, mais dès qu’il quitte la scène vous menotte.

Fidèles à leur tradition orwelienne du double langage, les représentants des gouvernements étasunien, français et canadien, entre autres, se sont relayés pour clamer leur désir profond de promouvoir la démocratie en Haïti. Déclaration pour le moins sordide si l’on connaît ne serait-ce qu’une fraction de l’histoire de la « perle des Antilles », première république indépendante en Amérique latine et premier État noir indépendant.

Depuis son indépendance en 1804, les grandes puissances, avec la complicité de l’élite haïtienne, n’ont cessé de maintenir Haïti dans la misère et l’oppression : « invasions militaires, embargos économiques, blocus, demandes de réparations, barrières commerciales, [… et] une série de dictateurs noirs armés par les États-Unis [1] ». On a parallèlement dépeint les Haïtiens comme un peuple violent et corrompu, aux prises avec une tradition dictatoriale inhérente à leur soi-disant caractère, violent et corrompu.

Si toutes les dictatures ont joui du soutien des « amis » d’Haïti, surtout des États-Unis, Jean-Bertrand Aristide a été le premier président à bénéficier du soutien populaire. En 1990, presque 200 ans après l’indépendance, il a été le premier président haïtien élu démocratiquement de toute l’histoire du pays. Il a été élu à deux reprises, par une forte majorité d’Haïtiens, les plus pauvres, à qui il souhaitait redonner un minimum de dignité en améliorant leurs conditions de vie.

À deux reprises, en 1991 et en 2004, il a été chassé du pouvoir par des coups d’État orchestrés et financés par des puissances étrangères. Les États-Unis, la France et le Canada ont participé, à divers degré, au dernier coup d’État en 2004.

À la veille des élections haïtiennes, il convient de faire le parallèle entre les paroles et les actes de ces « vertueuses démocraties » qui ont œuvré à tuer dans l’œuf la démocratie haïtienne. Cet exercice ne semble pas avoir été fait par les médias dominants.

Cet article comporte deux parties. La première se concentre sur les États-Unis et le coup d’État de 1991, la deuxième sur le coup de 2004 et le rôle des États-Unis, de la France et du Canada.

La CIA et le coup d’État de 1991

« [D]ans les moments tragiques, les États-Unis d’Amérique prennent les devants et viennent en aide. C’est ce que nous sommes. C’est ce que nous faisons. Depuis des décennies le leadership des États-Unis a été fondé en partie sur le fait que nous n’utilisons pas notre puissance pour subjuguer les autres, nous l’utilisons pour les élever. » Barack Obama, « Why Haiti Matters », Newsweek, 15 janvier 2010

Dans la foulée du séisme du 12 janvier, les manifestations de solidarité fusaient de partout. La plus absurde a sans nul doute été celle des anciens présidents Bush et Clinton, « deux hommes voulant canaliser la compassion dans la bonne direction », dixit George W. Bush en entrevue à CBS.

Faut-il rappeler que Jean-Bertrand Aristide, élu démocratiquement, a été chassé du pouvoir sous Bush père et fils? Et qu’il a été ramené au pouvoir par l’administration Clinton en 1994, à condition de servir les intérêts néolibéraux des États-Unis et de l’élite haïtienne?

En 1991, sous le règne de George Bush père, les États-Unis ont soutenu clandestinement le coup d’État contre Aristide par le biais de la CIA, laquelle a financé et entraîné les responsables du putsch. Devant les caméras, les États-Unis ont condamné ce coup qui « ne devait pas et n’allait pas réussir [2] ».

Pourtant, à peine quelques jours plus tard, la Maison-Blanche déclarait que la « restauration de l’ordre constitutionnel pourrait ne pas inclure le retour d’un président qui comptait sur le « règne de la populace » [3] ». On faisait alors référence aux « chimères », des gangs issus des bidonvilles et prétendument armés par Aristide et à ses ordres. Ce lien, nié entre autres par Aristide, n’a jamais été prouvé.

En réalité, ce qui inquiétait Washington et l’élite haïtienne était ce qu’Aristide représentait : « l’ascencion des forces populaires [4] » de gauche. Comme l’explique Peter Hallward dans Damming the Flood: Haiti, Aristide and the Politics of Containment, « [à] la fin des années 1980, les État-Unis avaient déjà beaucoup d’expérience dans la promotion de la démocratie et le tenue d’élections dans diverses régions exploitées du monde  ». Toutefois, malgré les 36 millions de dollars investis dans le candidat pro-étasunien Marc Bazin, les Haïtiens ont élu, avec une majorité écrasante, le candidat de gauche, Jean-Bertrand Aristide [5].

« La promotion de la démocratie des élites a rarement eu un résultat aussi désastreux [6]. » Les États-Unis promeuvent la démocratie dans le monde, à condition que les électeurs votent pour les bons candidats.

Aristide menaçait le statu quo, c’est à dire la domination économique du pays par une poignée de riches individus. Il a mis de l’avant des politiques favorables aux plus démunis et défavorables aux plus riches et à leurs alliés étasuniens : la hausse du salaire minimum, un programme d’alphabétisme, la baisse du prix des denrées alimentaires, la perception de frais d’importation, la hausse des impôts pour les riches, etc [7].


Raoul Cédras

Quelques mois après le coup, le président de facto Raoul Cédras et sa junte militaire ont pourtant été qualifiés par la CIA de « groupe de leaders haïtiens des plus prometteurs à émerger depuis le renversement de la dictature des Duvalier en 1986 ». Toujours selon cet analyste, il n’existait « aucune preuve d’oppression sous le régime de Cédras » (Ibid., p. 40-41).

Sous ce régime, l’armée et le FRAPH, un groupe paramilitaire soutenu par la CIA, semblable aux Tontons Macoutes de l’époque des Duvalier, ont massacré à Raboteau et ailleurs, des partisans d’Aristide qui tentaient de le faire revenir au pays. « […] Raboteau à Gonaîves dans le nord d’Haïti, [est] un quartier avec une longue histoire de résistance à l’oppression par l’État ».

Cédras, nommé Commandant en Chef de l’armée par Aristide, aurait été une source de la CIA et Michel François, l’associé de Cédras a été entraîné dans un établissement clandestin de l’armée étasunienne. Faut-il s’étonner des éloges qu’ils ont reçu des analystes de la CIA?

Retour d’Aristide sous conditions

En 1994, Aristide revient « grâce » à l’administration Clinton, sous certaines conditions réunies dans le Plan de Paris : l’amnistie pour les putschistes, la formation d’une nouvelle force policière contrôlée par les États-Unis, le partage du pouvoir avec une opposition pro-étasunienne ayant subi une cuisante défaite en 1990 et l’adoption de la plupart de leurs politiques conservatrices [8].

Fort de ces concessions, Bill Clinton a ordonné le déploiement de 20 000 marines pour forcer le départ du « groupe de leaders haïtiens des plus prometteurs », soudainement perçu pour ce qu’il était, le « régime le plus brutal et le plus violent de notre hémisphère, exécutant des enfants, violant des femmes, tuant des prêtres et assassinant des orphelins [9] ».

Le coup de 1991 et le retour d’Aristide en 1994, avec l’« aide » du gouvernement Clinton sont un exemple classique du modus operandi de l’Empire étasunien que décrit John Perkins dans son livre Les confessions d’un assassin financier.

Les dirigeants des pays en développement qui favorisent les intérêts de leur peuple au détriment des intérêts économiques des États-Unis sont d’abord soumis à la pression des « assassins financiers ». Ceux-ci tentent d’influencer les dirigeants à prendre des décisions favorables au développement économique du gouvernement et des entreprises des États-Unis, comme la privatisation de services publiques et des ressources naturelles.

S’ils échouent, c’est au tour des « chacals », les véritables assassins. Leur rôle est de tuer les chefs d’État récalcitrants ou de renverser les gouvernements insoumis. Perkins cite en exemple les anciens présidents du Panama et de l’Équateur Omar Torrijos et Jaime Roldós Aguilera, tous deux décédés dans des accidents d’avion douteux. Les coups d’État au Chili en 1973 et en Iran en 1953, sont d’autres exemples tristement célèbres.

Advenant l’échec des chacals, l’Empire utilise en dernier recours l’invasion armée. La récente invasion de l’Irak n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Bien qu’elle ne soit jamais mentionnée dans les médias dominants, l’implication considérable de la CIA dans la vie politique haïtienne n’a rien de secret. Ce n’est pas non plus ce que l’on se plaît trop souvent à qualifier de « théorie de conspiration ». Il s’agit plutôt d’un pan incontournable de l’histoire haïtienne, essentiel à sa compréhension. Pourtant, chercher ne serait-ce qu’un article de 2010 dans les journaux dominants contenant « Haïti » et « CIA » s’avère une mission impossible.

Voici le résumé d’un article paru dans le Southwestern Journal of Law and Trade in the Americas, publié par la Southwestern University School of Law en 1996 :

Depuis environ 40 ans, la Central Intelligence Agency [CIA] des États-Unis a réalisé des interventions en Haïti, le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental [2]. La CIA : a formé, financé et équipé l’armée haïtienne corrompue, créé le SIN [Service d’Intelligence National], un service de renseignements impliqué dans le trafic de drogue et la violence politique; a enquêté et fait de fausses déclarations à propos du président haïtien élu démocratiquement; soutenu financièrement et protégé des individus et des groupes responsables du coup militaire et ses retombées, incluant le FRAPH, le groupe paramilitaire violent responsable de milliers de violations des droits humains; et s’est interposé dans la mission de l’ONU établie pour réinstaurer le gouvernement légitime en Haïti [10].

Ces opérations clandestines, confirmées par des sources crédibles, sont toutefois soit ignorées, soit passées sous silence par les médias et les membres du Congrès, comme le Comité des affaires étrangères du Sénat, qui, « depuis sa création en 1816, a joué un rôle crucial dans l’élaboration de la politique étrangère étasunienne », et est dédié à « servir les intérêts des États-Unis dans le monde ».

Le 10 juin 2010, un membre de ce comité, le sénateur Richard Lugar, a accouché d’un rapport intitulé Haïti: pas de leadership — pas d’élections. On peut y lire ce qui suit:

Les leçons apprises en Irak et en Afghanistan démontrent que les plus grandes contraintes à la reconstruction des pays dévastés, par la guerre ou autrement, est l’absence d’un leadership fort et transparent. Des élections libres et au moment opportun renforcent la légitimité et l’appui populaire dont jouit tout gouvernement et cela est particulièrement important en Haïti puisque le pays affronte un désastre naturel et une longue tradition de gouvernance instable […] Notre gouvernement comprend la détresse des Haïtiens : l’aide de nos militaires, de nos diplomates et de nos experts en développement fournie dans la foulée du désastre l’a démontré […]

Le 16 décembre 1990, le gouvernement provisoire du président Ertha Pascal-Trouillot a tenu ce que l’on croit être les premières élections libres et honnêtes de l’histoire d’Haïti et lesquelles ont mené à l’élection de Jean-Bertrand Aristide comme président avec 67 pour cent des voix. En septembre 1991, il a été renversé par un coup d’État militaire et n’est pas retourné au pouvoir avant octobre 1994, sous la protection de quelque 20 000 troupes étasuniennes. […] Cependant, toutes les élections tenues sous Aristide et René Préval ont été marquées par de prétendues irrégularités, un faible taux de participation et des boycotts de l’opposition.

Ce rapport est un exemple parfait de propagande. Il est truffé de demi-vérités, de mensonges et d’omissions :

– on fait abstraction de toute responsabilité des États-Unis dans la dévastation des pays mentionnés;

– on ne mentionne pas que la « longue tradition de gouvernance instable » en Haïti a été entretenue par les États-Unis;

– on ne mentionne pas que le coup d’État de 1991 a été financé et orchestré par la CIA;

– on omet de spécifier qu’Aristide est retourné en 1994 à condition de respecter le programme néolibéral étasunien et de l’élite haïtienne;

– on tait le fait que les élections de 1991 marquées par des « irrégularités, un faible taux de participation et des boycotts de l’opposition » ont eu lieu en présence d’observateurs de l’ONU (Groupe d’observateurs des Nations Unies pour la vérification des élections en Haïti, ONUVEH) et de l’Organisation des États Américains (OEA), et que le taux de participation a été de 80 % Une publication de l’ONU de juin 1991 offre une version différente de celle exprimée ci dessus :

La participation au scrutin du 16 décembre, lors duquel le président Aristide a été élu par une majorité écrasante, a été très forte. Les électeurs ont toutefois démontré une « relative apathie » lors du second tour le 20 janvier, pour l’élection de sénateurs, de députés et de représentants locaux, rapporte l’ONUVEH. Malgré certaines irrégularités, la population a été en mesure « de voter librement et sans crainte » à l’instar du premier tour […]

Le rapport mentionne également le dernier coup d’État contre Jean-Bertrand Aristide : « Le 29 février 2004 Jean-Bertrand Aristide a été forcé de démissionner avant la fin de son mandat. ». Demi-vérité et omissions ici encore : Aristide a été littéralement kidnappé par des soldats de Forces spéciales des États-Unis, comme le relate un des témoins, le pilote d’hélicoptère du président, Frantz Gabriel, dans Haïti: l’insupportable souffrance, de Randall Robinson.

Si le coup de 1991 a été condamné haut et fort, même, hypocritement, par le gouvernement étasunien, le coup de 2004 a été accueilli par l’indifférence, presque applaudi. Pourquoi? La propagande des ennemis d’Aristide, relayée par les médias, était devenue vérité : Jean-Bertrand Aristide, n’était rien d’autre qu’un dictateur, une réplique de Duvalier, un bourreau sanguinaire et il avait démissionné, « sous la pression de la communauté internationale et après des semaines d’insurrection ». Demandez aux Haïtiens les plus pauvres, soit la majorité d’entre eux, si ce portrait d’Aristide est juste, ils vous répondront sans hésiter « Mais pas du tout! Pas du tout! »

Les États-Unis, la France et le Canada ont mis plus que de la pression sur Aristide. Ils ont participé à cette 2e attaque contre la démocratie haïtienne. Il est essentiel de connaître les tenants et aboutissants de ce triste événement pour bien comprendre ce que signifie la « démocratie haïtienne » pour les gouvernements étrangers.

La deuxième partie de ce texte se consacrera à ce deuxième coup d’État. Il sera question de la diabolisation d’Aristide dans les médias, du financement occulte de l’insurrection et de l’opposition pro-étasunienne, ainsi que de la participation des États-Unis du Canada et de la France au coup d’État.

Notes

1. Randall Robinson, An Unbroken Agony, New York, BasicCivitas Books, 2007, p.18

2. Cité dans Peter Hallward, Damming the Flood. Haiti, Aristide and the Politics of Containment. London, New York, Verso, 2007, p.40

3. Ibid.

4. Ibid., p.34

5. Ibid., p.29

6. Ibid, p.33

7. Ibid.

8. Ibid., p.50-51

9. Ibid., p.51

10. Kathleen Marie Whitney, « SIN, FRAPH, and the CIA: U.S. Covert Action in Haiti », Southwestern Journal of Law and Trade in the Americas, 1996.

Julie Lévesque est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Julie Lévesque publiés par Mondialisation.ca

L’ACTUALITE DU JEUDI 28 OCTOBRE 2010

28 Oct

 

A un mois de la présidentielle le choléra semble se stabiliser en Haïti

TV5 (AFP) – 28.10.2010 17:56

A un mois jour pour jour des élections législatives et présidentielle tout est fait à Haïti pour endiguer le choléra, qui a déjà fait 305 morts selon un nouveau bilan, et déterminer l’origine de cette épidémie qui provoque la colère des habitants.

voir_le_zoom : Un homme souffrant du choléra au bord d'une route à Pont-Sonde, en Haïti, le 27 octobre 2010

Un homme souffrant du choléra au bord d’une route à Pont-Sonde, en Haïti, le 27 octobre 2010

voir_le_zoom : Des personnes souffrant de déshydratation attendent d'être soignées à l'hôpital Saint Nicolas à Saint-Marc, en Haïti, le 27 octobre 2010Des personnes souffrant de déshydratation attendent d’être soignées à l’hôpital Saint Nicolas à Saint-Marc, en Haïti, le 27 octobre 2010

Une dizaine de jours après l’apparition de la bactérie tueuse, des rumeurs circulent dans le pays sur l’origine de l’épidémie, qui reste un mystère, et font un lien avec l’aide étrangère, incriminant particulièrement des soldats népalais de l’ONU.

voir_le_zoom : Carte d'Haïti situant les départements touchés par le choléra

Carte d’Haïti situant les départements touchés par le choléra

L’épidémie de choléra en Haïti a fait 305 morts, a indiqué jeudi le ministère de la Santé haïtien, soit 13 décès de plus que le bilan communiqué la veille, tandis que 502 hospitalisations supplémentaires ont été enregistrées, soit 4.649 au total.

A un mois jour pour jour des élections législatives et présidentielle tout est fait à Haïti pour endiguer le choléra, qui a déjà fait 305 morts selon un nouveau bilan, et déterminer l’origine de cette épidémie qui provoque la colère des habitants.

L’épidémie de choléra en Haïti a fait 305 morts, a indiqué jeudi le ministère de la Santé haïtien, soit 13 décès de plus que le bilan communiqué la veille, tandis que 502 hospitalisations supplémentaires ont été enregistrées, soit 4.649 au total.

Ce bilan montre une certaine stagnation du nombre de nouveaux morts par rapport au précédent, qui évoquait huit nouveaux décès, et des nouvelles hospitalisations toujours nombreuses. Mercredi, 535 hospitalisations supplémentaires avaient été enregistrées.

En République dominicaine, au Pérou, en Colombie, au Venezuela ou encore en Equateur des alertes épidémiologiques ont été lancées depuis mardi en particulier à destination des postes frontaliers, des ports et des aéroports afin de renforcer la surveillance des voyageurs et les mesures sanitaires.

En République dominicaine, qui partage avec Haïti l’île d’Hispaniola, les personnes souhaitant traverser la frontière doivent se désinfecter les mains et remplir un questionnaire médical.

En Colombie, le responsable de la coordination de la veille sanitaire, Victor Hugo Alvarez, a pour sa part indiqué à l’AFP que des mesures avaient été adoptées dans les aéroports et les ports, où les bateaux pouvant véhiculer de l’eau contaminée en provenance d’Haïti sont particulièrement surveillés.

Une dizaine de jours après l’apparition de la bactérie tueuse, des rumeurs circulent dans le pays sur l’origine de l’épidémie, qui reste un mystère, et font un lien avec l’aide étrangère, incriminant particulièrement des soldats népalais de l’ONU.

Du personnel de MSF a ainsi été attaqué mardi soir à coups de pierres dans la ville de Saint-Marc, à environ 100 km au nord de la capitale Port-au-Prince, par quelque 300 manifestants craignant que l’afflux de patients ne propage l’épidémie.

A cet égard, le directeur général du ministère de la Santé haïtien, Gabriel Thimoté, a indiqué jeudi que des analyses avaient permis de déterminer que le premier cas de choléra avait été enregistré « à Grand Boucan dans le département du Centre ». Le plus grand nombre de décès a néanmoins été constaté dans le département Artibonite, le long du fleuve du même nom, à Drouin et Grande Saline, a-t-il précisé.

« Paradoxalement l’épidémie a commencé dans le Centre mais ce n’est pas là qu’on a découvert le plus grand nombre de cas », a déclaré à la presse Gabriel Thimoté.

Interrogé sur l’origine de l’épidémie, il a précisé que le choléra avait pu venir d’un porteur sain, haïtien ou étranger. Il a aussi annoncé que des nouvelles analyses avaient été commandées pour déterminer cette origine.

 

Haïti – Sénégal : Les étudiants haïtiens victimes des problèmes de l’Ucad
HAITI LIBRE – 28/10/2010 14:27:27

Haïti - Sénégal : Les étudiants haïtiens victimes des problèmes de l’UcadDes représentants des Amicales de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad) ont menacé, hier, de chasser les étudiants haïtiens du pavillon qu’ils occupent, après les codifications (formalités pour accéder aux commodités sociales : logements, soins de santé, etc…), si les autorités ne leur trouvent pas de nouveaux logements.
« Il est absurde que nos frères traînent à la place de ces Haïtiens » a déploré Amadou Lamine Diongue, Président de l’Amicale de la Faculté des sciences et techniques, « L’Ucad souffre d’une capacité d’accueil insuffisante [5,000 lits pour 50,000 étudiants] nous n’allons pas sacrifier les étudiants sénégalais au profit des étudiants haïtiens […] nous n’acceptons pas, que pour satisfaire une volonté politique, ces haïtiens prennent la place de nos frères ». Indiquant que l’arrivée des étudiants haïtiens avait permis de remettre en avant les problèmes de l’université. Rappelons qu’il est courant que dans une petite chambre de deux lits, les étudiants sénégalais y vivent à 6 ou à 7 dans des conditions d’hygiènes et de promiscuité très difficile à supporter
Le Collectif reproche, entre autres, aux autorités d’avoir attendu la veille de l’arrivée des Haïtiens au campus pour les informer de la situation, tout en rappelant que cela n’avait pas empêcher les étudiants du campus d’accueillir dignement les étudiants haïtiens à leur arrivée, en vertu du sens élevé de l’hospitalité sénégalaise.
De plus, Amadou Lamine Diongue rapporte que le Directeur du Coud lui a confié avoir acheté trente ordonnances pour les haïtiens qui sont victimes d’intoxications liées à une mauvaise alimentation. Pointant du doigt les entreprises gestionnaires des restaurants universitaires il affirme la volonté du Collectif de rompre unilatéralement le contrat avec ces entreprises, si l’alimentation ne s’améliore pas.
Par rapport aux pavillons en chantiers à l’Ucad, le Collectif souligne un manque de volonté des autorités à les achever rapidement, les travaux commencé depuis 2007 progresse à vitesse de caméléon, les pavillons préfabriqués sont vétustes et le collectif exigeons l’achèvement des nouveaux pavillons dans les meilleurs délais. Rappelons que le directeur du service des cités (service chargé de l’hébergement des étudiants), Matar Ndoye reconnaissait, il y a quelque temps, les difficultés que traversaient les étudiants dans les logements des résidences universitaires. Selon lui, bien que de nouveaux pavillons soient en construction, vu le nombre d’étudiants à l’Ucad ce n’est qu’une alternative temporaire. Il est d’avis qu’il faut désengorger l’Ucad en construisant plusieurs centres universitaires à travers le pays et encourager la création d’autres universités privées.
Face à ces difficultés, les étudiants demandent à être reçu par le Président Wade, en cas de refus, il menace de mettre le campus en ébullition soulignant que tout retard à régler cette situation ne fera qu’augmenter les tensions sur le campus.

L’UE s’engage dans le Pôle économique du Nord
HAITI LIBRE – 28/10/2010 12:13:16

Haïti - Cap-Haïtien : l’UE s’engage dans le Pôle économique du NordUne délégation de l’Union européenne (UE) conduite par Mme Lut Fabert, chef de délégation de l’UE en Haïti, a participé à Cap Haïtien, ce jeudi 28 octobre, à la présentation du projet global de développement du Pôle économique Nord d’Haïti.
Lors de cette conférence, l’UE a confirmé son engagement aux côtés des autorités haïtiennes, de la Banque Interaméricaine de Développement (BID) et de l’USAID à ce vaste projet qui vise au développement du pôle économique Nord du pays à travers notamment le développement des secteurs touristiques, agricoles et textiles. L’UE, du fait de son expérience de réalisation de projets d’infrastructures majeurs en Haïti, s’est engagée à participer, notamment, au volet infrastructures du projet.
Le projet discuté en détail lors de la conférence en présence de représentants du gouvernement et du secteur privé haïtiens, qui prévoit notamment la création d’un parc industriel, a évalué à 75,000 le nombre d’emplois créés dans l’industrie textile, le tourisme et l’agriculture. Les premières études menées montrent que le projet générerait plus de 360 millions de dollars de revenus et aurait des retombées économiques pour 500,000 personnes dans le département du Nord.
Cette participation de l’Union européenne, s’inscrit dans le cadre de la coopération euro-haïtienne en cours, qui se concentre sur les secteurs des infrastructures et de la décentralisation, à travers notamment le désenclavement du plateau central et le développement de la partie Nord du pays.
Ce projet est totalement complémentaire avec la construction, grâce au financement de l’Union européenne, de la route nationale # 3 entre la capitale Port-au-Prince et la deuxième ville du pays Cap Haïtien, longue de presque 200 kilomètres, elle permettra, une fois terminée, de relier les deux principales villes en à peine 3 heures contre plus de 8 heures actuellement.
L’UE a déjà achevé le tronçon Port-au-Prince – Mirebalais long de 62 kilomètres en 2009. Le tronçon Mirebalais – Hinche, long de 53 kilomètres, en cours de réalisation, sera terminé l’an prochain en 2011 tandis que le dernier tronçon Hinche – Cap Haitien long de 74 kilomètres sera terminé en 2013.
La finalisation du tronçon entre Hinche et Cap Haïtien permettra de relier les deux villes en 1:30 contre presque 5 heures à l’heure actuelle. La route achevée permettra de libérer les capacités productives de la contrainte qui freine l’écoulement des produits, notamment agricoles, vers le marché et d’améliorer l’accès des populations haïtiennes aux infrastructures de base.

 

Haïti – Choléra: Enquête en cours

Canadian Press – 28/10/10

MIREBALAIS, Haïti — Des enquêteurs de l’ONU ont récolté, mercredi, des échantillons de résidus liquides malodorants s’écoulant d’une base de casques bleus népalais vers le réseau fluvial du centre d’Haïti infecté par le choléra, à la suite d’accusations persistantes voulant que les excréments de l’unité nouvellement déployée dans le pays aient causé l’épidémie qui a fait plus de 4000 malades.

Des journalistes de l’Associated Press qui se sont rendus à l’improviste à la base des Nations unies à Mirebalais sont tombés sur les enquêteurs. Vincenzo Pugliese, un porte-parole de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH), a confirmé par la suite que l’équipe d’enquêteurs menait des tests de choléra.

 

Polémique autour de la bactérie du choléra

MAXIMINI / 27-10-10

Les membres de la commission santé du Sénat ont discuté, mardi, avec le ministre de la Santé Alex Larsen, de l’épidémie de choléra qui frappe particulièrement les départements de l’Artibonite et du Centre. Cette rencontre alimente davantage la polémique entre le ministre Larsen et la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) sur l’origine de la bactérie du choléra qui a fait quelque 300 morts dans le pays.
Le fleuve Artibonite est contaminé par des éléments externes, a affirmé Alex Larsen lors des échanges avec les parlementaires. Des citoyens de pays où le germe existe sont actuellement en Haïti, citant entre autres des latino-américains, des africains et des asiatiques. « Il s’agit d’une maladie importée », a insisté le docteur Alex Larsen.
Le sénateur, Youri Latortue, qui participait à la rencontre exige l’ouverture d’une enquête pour connaitre l’origine de la maladie qui a été éradiquée, il y a un siècle dans le pays. Ex-membre des Forces armées d’Haïti démantelées en 1994, Youri Latortue estime que les soldats népalais pourraient ne pas être innocents « puisqu’ils ont l’habitude de jeter leurs excréments dans le fleuve Artibonite ». Il y a une base de soldats népalais à grand Boukan où la maladie s’est d’abord déclarée, a jugé le parlementaire, tout en rappelant que le Népal est l’un des pays où ce germe existe.
La Minustah a récusé, dans un communiqué de presse, les informations selon lesquelles des déchets humains déversés dans une rivière à Mirebalais par la mission seraient à l’origine de l’épidémie de choléra en Haïti. Un contingent militaire népalais est effectivement basé à Mirebalais, dans la localité de Meille, au bord de la rivière portant le même nom, a indiqué la mission Onusienne. « Sept fosses sceptiques, construites en circuit fermé, desservent la base militaire et répondent aux normes de construction de l’Agence de Protection de l’Environnement (EPA) », a-t-elle ajouté. Ces fosses sceptiques, selon la Minustah, sont vidées chaque semaine par quatre camions d’une compagnie privée contractuelle.
Le site de décharge utilisé par la compagnie, a expliquée la Minustah, a obtenu l’autorisation de la mairie de Mirebalais. Il se trouve à 250 mètres de la rivière Meille, « ce qui représente plus de 20 fois la distance requise au niveau international ».

 

Point de vue

Francophonie : foutaise, fracas fabulateur et faramineuse fumisterie

27 octobre 2010 par CAMILLE LOTY MALEBRANCHE / Source Oulala

Tout est vendable et vraisemblable, une fois porté par l’imposture du discours idéologique dominant qui a bonne presse par la mise à contribution des intervenants publics officiels autorisés ayant le contrôle des médias. La construction de la réalité par eux prise en charge, se moque hautainement du réel et de la vérité.

Le G20 et la Francophonie se sont affublés respectivement à Gyeongju et à Montreux de deux sommets officiels hauts en couleur en cette dernière fin de semaine écoulée, ajoutant ainsi la leur à celles des splendeurs multicolores du climat automnal. Il faut dire que les très honorables politiciens qui gouvernent ce genre de rencontres, ont l’art politique de la prestance scénique. Pour le premier (qui ne nous intéresse pas en ce billet), le fameux G20, ses membres nous auront à nouveau servi – sur fond de réforme du Fmi, cette organisation d’asservissement économique des pays pauvres à l’échelle du monde – le vieux fumet rance et réchauffé de réparation des conditions économiques d’une planète qu’ils ont pourtant fortement eux-mêmes contribué à rendre invivable. Quant à la Francophonie, sujet de la présente brève réflexion, elle aura été pathétique jusqu’au bout, jusque dans l’excentricité des divagations et la fumisterie extrême des manières. Le glorieux Sarkozy – roi soleil de la Francophonie, vu la préséance évidente de la France en cet organisme quasi fantôme qui ne sert même pas à promouvoir les œuvres de langue française au sud quand celles-ci sont sans intérêt colonialiste – bruyamment engagé aux côtés des moins nantis de cet apathique regroupement de pays à populations francophones, a pompeusement condamné la spéculation sur les matières premières, la crise alimentaire frappant les pauvres… Alors que précisément la France est en tête de ceux qui altèrent la texture voire déchirent par endroit, ce tissu hétéroclite dit Francophonie frappé d’inanité et de forclusion quand on y considère les peuples du sud qui n’ont rien en commun avec le nord sinon la langue (parfois fossile ou symbolique, vu la réduction des pourcentages de locuteurs la parlant encore) et les balafres de l’histoire traumatique que pérennisent les politiques nord-sud en vogue à l’intérieur même de ladite Francophonie.

Comme on le sait, les « chefs » (plutôt les histrions pour la plupart) du nord ont la fâcheuse tendance de prendre tout le reste du monde pour des ineptes au point de collectionner des ramassis de mots délavés, galvaudés, désubstantialisés par simulation d’éthique pour ne pas dire de moralisation de ce qui est foncièrement et essentiellement immorale : leur hégémonie impérialiste. Naturellement, c’est le contraire qui serait étonnant car n’est-ce pas normal que des représentants d’un système insensé, qui n’obéit qu’à la logique de l’argent pour l’argent, contribuent à désignifier tout ce qu’ils touchent de leur « pouvoir » !? En vérité, il serait tout simplement hérésiarque que les politiciens, ces prêtres de la religion du marché présidé par leurs vrais patrons, délaissaient le rituel de l’exploitation et de la subordination de l’homme pour le culte du profit des institutions de finance et du commerce.

Les sommets internationaux de chefs d’État (surtout ces sommets décalés nord-sud) sont souvent des scènes où les saltimbanques prétentieux, les plus dédaigneux et les plus impassibles du nord, vont avec quelques pairs farceurs, vomir leur incongruité faraude, habillée de mignardise pour se donner bonne conscience et se laisser croire des surhommes tout en infantilisant les représentants du sud. En guise d’illustration de cet état de fait, il faut justement constater le dernier élan susmentionné dans ce texte du Sarkozy humaniste condescendant, promoteur pédantesque de la justice interétatique et grand discoureur progressiste, qui vient de s’inscrire avec une grandiloquence émouvante, en défenseur des pays périphériques de la Francophonie, évoquant par exemple en les fustigeant, les émeutes de la faim de 2008. Un simple petit laisser-aller à leur discours comme par amnésie volontaire de quelques minutes, et l’on pourrait vraiment s’en convaincre ! Sauf que dans le même temps, le Fmi de Strauss-Kahn dont la France est part très influente et active, réaffirme la mise à mort de tous relèvements endogènes agricoles et autres des pays périphériques, en s’arrangeant pour maintenir la mainmise tueuse des grands sur les petits. (En passant, dans ce sommet de Francophonie, pas un mot n’a été soufflé sur la restitution des 17 milliards d’euros dus par la France à Haïti). Quand il s’agit de mentir pour avoir bonne presse tout en fignolant les pires destructions et paupérisations, l’attitude schizophrénique d’État est la santé bien ancrée des monstres hégémoniques. Pour le reste, les traitements nosocomiaux appliqués aux pays du sud les plus paupérisés, ne feront qu’accentuer leur dépendance et servir l’ironie macroéconomique iatrogène du nord, un peu comme le sourire sinistre et glacial du tueur compulsif et sadique aux victimes prédestinées de ses méfaits…

Narcissisme « altruiste » du nord…

Naissance d’un économisme bienfaiteur où le prédateur économique, comme jadis les colons esclavagistes, se croit débonnaire et porteur altruiste du salut aux peuples étrangers plus ou moins inaptes ! Ce capitalisme gauchisant, comme le gauchisme de marché des socialistes de carrière, instaure l’ère d’un « impérialisme révolutionnaire » prêché des lèvres maudites de ceux qui se paient la tête des peuples par des matoiseries politiques simplistes. Ce capitalisme de bonté inexorable ne servira que le narcissisme cannibale du nord. La mission des taupes politiciennes de la ploutocratie mondiale que sont les illustres élus du nord économique, consiste à acheter quelques écrivains et personnalités « morales et intellectuelles » du sud pour radoter et asseoir la crédibilité des politiques du nord. Ainsi, les politiciens des pays impérialistes, peuvent se permettre de confabuler à contre courant de la véritable action de leur système représenté, qui n’est que le supplice planifié des damnés d’une économie planétaire prise en otage par les cossus et invisibles terroristes économiques des banques et multinationales du nord usant des institutions financières planétaires telle la Banque mondiale, le Fmi quand ce n’est carrément l’Onu contre les peuples.

Ce ne sont point les manigances de roi des politicards délégués d’oligarchies – délégués qui n’ont d’ailleurs rien de régalien – qui nous feront croire à leurs bobards humanitaires, eux, qui depuis longtemps déjà, ont déserté leur propre humanité au profit de l’argent sale, du financiarisme et de la gloire ignoble d’exterminer le monde par le crime économique et la finance en clamant leur grandeur immonde.

Dans la Francophonie comme ailleurs, seuls les suds peuvent quelque chose pour les suds en s’émancipant de la barbarie de l’économie malsaine du nord. Tant qu’ils ne l’auront compris, le mirage d’un monde solidaire et altruiste maintiendra longtemps encore les peuples écrasés des suds à travers un destin exproprié et l’abîme économique généré via la logique de l’aide à un pseudo-développement exogène, logique délétère et illusoire du cautère sur la jambe de bois !

MERCREDI 27 OCTOBRE 2010

27 Oct

Haïti-Elections

Mirlande Manigat favorite, mais avec une avance marginale sur Jude Célestin, selon un nouveau sondage

Cette étude commanditée une fois de plus par le secteur privé semble annoncer un duel serré entre la dirigeante du RDNP et le candidat officiel, les deux devançant largement les autres compétiteurs avec respectivement 23 et 21% des intentions de vote ; l’échantillonnage concernait exclusivement les électeurs ayant l’intention de se rendre aux urnes

Radio Kiskeya / mardi 26 octobre 2010

La candidate du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP), Mirlande Hyppolite Manigat, 69 ans, conserve la tête dans les intentions de vote, mais elle est désormais au coude à coude avec son rival immédiat Jude Célestin de la plateforme au pouvoir INITE, selon ce qui ressort d’un nouveau sondage d’opinion du BRIDES à un mois exactement des présidentielles du 28 novembre.

Créditée de 23,1% d’opinions favorables (1.230 votes potentiels), celle qui représente désormais l’alliance RDNP/COREH devance le représentant du parti officiel, en progression avec 21,3% (1.132 votes potentiels), indique le Bureau de recherche en informatique et en développement économique et social qui a publié mardi les résultats de cette nouvelle étude d’opinion commanditée par le secteur privé des affaires et menée auprès d’un échantillon de 6.000 électeurs potentiels déjà en possession de leur carte électorale.

Mme Manigat et M. Célestin semblent creuser l’écart sur les autres prétendants à la succession de René Préval dont l’ordre d’apparition réserve toutefois une surprise de taille. Le chanteur de Compas Direct Michel Martelly dit « Sweet Micky », candidat de Repons Peyizan, pointe à la troisième place avec 9,7% d’intentions de vote, damant le pion à l’industriel Charles Henri Baker du parti RESPE, 4e avec 8,7%.

Parmi les autres aspirants susceptibles de jouer les premiers rôles, figurent l’ancien Premier ministre Jacques-Edouard Alexis, présent dans la course sous la bannière du MPH (8,1%) et le notaire Jean Henry Céant de Renmen Ayiti (7,3%).

En revanche, le pasteur Chavannes Jeune de ACCRHA et l’ancien ministre des affaires sociales, Yves Cristallin, de LAVNI, sont à la traîne avec respectivement 3,8% et 3,1% d’opinions favorables de l’électorat.

Quant aux onze autres concurrents, ils recueillent des scores nettement insignifiants et pour certains proches de 0%.

Lors du précédent sondage, début octobre, la secrétaire générale du RDNP était arrivée en tête avec 16% des intentions de vote contre 13% à l’héritier politique du Président René Préval, qui ne reste plus que trois mois à passer au pouvoir.

Réalisée avec l’appui des universités Notre Dame et Quisqueya, la nouvelle enquête, dont la marge d’erreur est d’un peu plus de 1%, a été conduite entre le 13 et le 20 octobre à travers le pays où moment où certaines alliances n’avaient pas encore été annoncées ou venaient à peine d’être scellées.

A l’échelle départementale, la bataille pourrait tourner à un bras de fer entre les deux candidats les mieux placés.

Si Mirlande Manigat est la favorite des sondés dans l’ouest (27%), un département qui à lui seul représente 40% de l’électorat national, le sud (30,9%), les Nippes (sa région natale, 33,9%), le nord-ouest (37,2%) et le nord-est (25,3%) ; a contrario, Jude Célestin s’impose dans les cinq autres départements, l’Artibonite (nord, 20,9%), le nord (30,1%), le sud-est (sa zone d’origine, 49,2%), la Grand’Anse (sud-ouest, 19,3%) et le Plateau Central (centre, 27,9%).

Concernant les sénatoriales, tous les candidats de INITE sont bien placés pour l’emporter. Sauf dans l’ouest, où l’ancien Député Steven Benoît, ex-beau-frère du chef de l’Etat passé à l’opposition, caracole en tête avec 49,4% des intentions de vote contre seulement 14,9% à Marie-Denise Claude, sa plus proche poursuivante qui n’est autre que la représentante du pouvoir.

Interrogé en marge de la présentation du sondage -le troisième réalisé en deux mois- et le deuxième pour le compte du Forum économique du secteur privé des affaires, le PDG de BRIDES, Frantz Fortuna, a dégagé la spécificité de l’étude au cours de laquelle seuls les électeurs ayant l’intention de voter le 28 novembre ont été pris en compte contrairement à la première qui portait sur la popularité des candidats engagés dans la course.

Visé par de nombreuses critiques, le sondeur s’est refusé à tout commentaire sur la progression irrésistible d’un seul des 19 prétendants, Jude Célestin, préférant confier aux médias la responsabilité d’interpréter des données disponibles.

Même attitude du président du Forum et de la Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti, Réginald Boulos, dont l’attention a été plutôt monopolisée par l’épidémide de choléra qui frappe le pays.

Le président du CEP, Gaillot Dorsinvil, a réaffirmé mardi, à l’occasion de l’arrivée de 8 mille kits électoraux en provenance du Mexique, la détermination de l’institution à réaliser le premier tour des présidentielles et législatives comme prévu le 28 novembre. L’épidémie de choléra, qui touche principalement deux régions du pays, ne retardera pas le processus électoral, a-t-il promis.

Deux derniers sondages doivent paraître les 16 et 25 novembre.

 

Haïti – Grande Saline : Les victimes du choléra interdites de funérailles
HAITI LIBRE – 27/10/2010 11:08:44

Haïti - Grande Saline : Les victimes du choléra interdites de funérailles  « Nous avons pris la décision d’inhumer dans des fosses communes le corps des personnes non identifiées ou réclamées qui sont mortes de l’épidémie de Choléra en Grande Saline, la région où le nombre de décès est le plus critique » à déclaré aujourd’hui Gabriel Thimothé, le Directeur général du ministère haïtien de la Santé publique.
Le gouvernement en accord avec la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (Minustah), qui fournir un soutien logistique, a pris des mesures strictes pour gérer les corps des victimes de l’épidémie.
« Aucun corps de peut quitter l’hôpital sans avoir été désinfecté et placé dans un sac mortuaire en plastique » a déclaré un des responsables, tout en précisant que « les familles des victimes ne peuvent pas faire funérailles parce que le défunt doit être enterré immédiatement ». De plus, il a été décidé de former des équipes au niveau communautaire pour procéder à la désinfection des malades décédés dans leur communauté ainsi que des maisons ils vivait.

 

Haïti – Épidémie : Quand l’ignorance et l’incurie mettent en danger la population
HAITI LIBRE – 27/10/2010 12:07:21

Haïti - Épidémie : Quand l’ignorance et l’incurie mettent en danger la populationLa construction d’un Centre de Traitement du Choléra de 400 lits (CTC) a été stoppée, lundi 26 octobre, quand un groupe de personnes (dont de nombreux jeunes) ont manifesté violemment contre l’ouverture de l’établissement. Plusieurs tentes du centre ont été brûlés. Il n’y a pas eu de blessures graves résultantes de la manifestation.
« La conséquence ultime est que nous sommes maintenant incapables de répondre à l’épidémie de choléra dans la région de l’Artibonite de la manière la plus efficace et dans les meilleures conditions possibles », a déclaré Francisco Otero, chef des équipes d’intervention d’urgence de Médecins sans Frontière (MSF) à Saint-Marc. « Cette installation était essentiel pour alléger le fardeau du nombre élevé de cas sur l’hôpital Saint-Nicolas et assurer un traitement rapide des cas critiques. […] La proximité d’un CTC d’une communauté ne pose pas un risque supplémentaire pour la population, au contraire, un CTC permet un traitement rapide des victimes touchées par le choléra, en aidant à assurer des soins vitaux à des cas critiques et à contrer la propagation de la maladie. L’apparition rapide de la diarrhée et des vomissements de l’infection cholérique qui peut être mortelle en moins de 24 heures si elle n’est pas traitée »
Le ministère de la Santé qui avait autorisé MSF à installer ce CTC sur un terrain de football à proximité de l’hôpital a recommandé le démantèlement des installations afin de soulager les tensions avec la communauté et de donner l’occasion de rassurer davantage la population que l’installation ne pose pas du tout de risque pour eux. Les autorités haïtiennes ont déclaré qu’elles proposeraient un autre emplacement pour le CTC.
« Ce CTC aurait soulagé la pression sur l’hôpital, lui permettant de poursuivre sa fonction normale au service de la population. Il aurait aussi permis à contrôle de l’hygiène optimale, ce qui est fondamental pour le traitement du choléra » déplore un porte-parole de MSF qui rappelle qu’à l’heure actuelle MSF peut traiter le choléra, dans huit de ses installations dans la région de l’Artibonite et dans et autour de Port-au-Prince et que cette année seulement, les équipes MSF ont répondu à des flambées de choléra au Cameroun, Tchad, Niger, Nigéria, Papouasie-Nouvelle-Guinée et la Zambie.
Il est regrettable que l’ignorance des populations puissent ainsi aggraver une situation déjà extrême, mais il est encore plus déplorable de constater l’incurie d’un gouvernement incapable de faire respecter ses décisions dans une zone déclarée en état d’alerte maximum et de contribuer, en acceptant de céder à la population, à mettre en danger davantage cette même population qu’il est censé protéger.

 

Haïti – Elections :

Des hommes d’INITE tirent sur un candidat de l’UCADDE
HAITI LIBRE – 27/10/2010 08:34:15

Haïti - Politique : Des hommes d’INITE tirent sur un candidat de l’UCADDE Lundi 25 Octobre aux environs de 15:00 heures, à Maissade, Hinche (département du Centre) quatre individus armés, dans un véhicule identifié au parti INITE, ont tirée des coups de feu sur le véhicule utilisé par M. Jean Leonard Joseph, et son entourage, candidat pour Union de Citoyens Haïtiens Démocrates pour le Développement et l’Education (UCADDE).
Les suspects ont pris la fuite, mais trois d’entre eux ont pu être identifiés par les victimes. Après l’attaque, M. Leonard est allé à une station de radio locale pour rapporter l’attaque, mais a été confronté par un groupe d’une vingtaine de personnes qui l’ont menacé pour qu’il ne reporte pas l’incident en onde. Le chauffeur de M. Leonard a eu un fusil pointé sur la tête par un homme qui a menacé de le tuer si son patron poursuivait sa campagne. M. Leonard a été invité à présenter une plainte officielle à la Police Nationale Haïtienne (PNH).

 

 

Haïti – Reconstruction :

Subvention de 30 millions de dollars de la Banque Mondiale
HAITI LIBRE – 27/10/2010 08:50:15

Haïti - Reconstruction : Subvention de 30 millions de dollars de la Banque Mondiale Le Conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé, hier, une subvention de 30 millions de dollars pour le Projet de développement communautaire participatif en milieu urbain (PRODEPUR) qui vise à améliorer l’accès aux infrastructures et aux services de base, y compris le déblayage des débris résultant du tremblement de terre, la réparation et la reconstruction des maisons, ainsi que la réparation et l’amélioration des infrastructures de proximité. Ce projet évoluera directement dans les municipalités de Port-au-Prince (Carrefour-Feuille) et Delmas (Delmas 32).
Selon des estimations, le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a détruit 115,000 habitations dans la capitale Port-au-Prince et ses alentours; quelque 14,500 habitations ont été sérieusement endommagées et 167,000 ont subi des dégâts modérés forçant ainsi quelque 1,3 million de personnes à chercher refuge dans des camps temporaires.


« Sortir les personnes des camps et créer les conditions propices pour leur retour en toute sécurité dans leurs quartiers d’origine est l’un des besoins les plus pressants, tout en demeurant également un élément clé pour garantir la stabilité sociale », a déclaré Ronald Baudin, Ministre de l’économie et des finances pour Haïti.


Plus précisément, cette subvention de 30 millions de dollars appuiera les activités suivantes:

  • Déblayage d’environ 60,000 mètres cubes de débris de construction des espaces publics et des lots privés.
  • Subventions en espèces pour la réparation et la reconstruction du logement. Ces subventions couvriront 5,000 dons en espèces qui seront soit alloués aux propriétaires/résidents pour réparation de maisons dont la structure a été évaluée comme solide, ou utilisés pour la reconstruction de maisons totalement détruites ou endommagées au-delà de réparation.
  • Réparation et amélioration des infrastructures de services communautaires, y compris les routes, les trottoirs, les fossés de drainage et de canalisation, la gestion des déchets solides, les systèmes d’approvisionnement en eau, les installations sanitaires et les équipements connexes, ainsi que la création de centres de reconstruction communautaires.
  • Services consultatifs ayant pour but d’aider les communautés et les autorités locales dans la gestion du déblayage  des débris, ainsi que la réparation et la reconstruction des logements de manière efficace et en conformité aux normes de sécurité du risque sismique et des catastrophes naturelles. En outre, cette composante viendra en appui à  la préparation de la stratégie de développement  urbain à moyen et  long terme ainsi que celle du logement.

« Ce projet renforcera les efforts collectifs déployés par les gouvernements central et locaux ainsi que les communautés dans la reconstruction d’Haïti », a déclaré Yvonne Tsikata, directeur de la Banque Mondiale pour les Caraïbes. « Cette subvention fait état de leurs efforts collectifs et met à leur disposition des ressources supplémentaires, afin de leur permettre de continuer à restaurer les services de base et créer des possibilités économiques pour les résidents locaux ».

 

Gonaïves a son système d’alerte précoce aux inondations

MAXIMINI / 27-10-10

Le directeur général du projet WINNER de l’USAID, Jean-Robert Estimé, a remis officiellement, vendredi dernier, un lot de matériel qui doit servir au fonctionnement du « Système d’alerte précoce à l’inondation » installé aux Gonaïves, ville menacée par des inondations. Cinq sirènes, des téléphones cellulaires, des bottes, des par-dessus, des casques, des torches électriques et des jumelles constituent le lot de matériel offert à la ville des Gonaïves qui a été deux fois ravagée en 2004 et en 2008 par des inondations.
Selon les responsables, ce nouveau système mis en place aux Gonaïves et ses environs analyse la pluviométrie et le niveau d’eau dans les 4 rivières alimentant la rivière La Quinte et a pour mission d’alerter la population en cas de dangers imminents d’inondation. En effet, les différents acteurs se sont engagés à mettre sur pied une campagne de sensibilisation incluant quelques séances de simulation au bénéfice de la population.

 

Contre l’incarcération prolongée de Larack Sylvestre

MAXIMINI / 27-10-10

Les membres de la famille de l’inspecteur de police Larack Sylvestre ainsi que ses avocats dénoncent la détention préventive de l’ancien directeur de la prison civile des Cayes. L’inspecteur de police a été arrêté puis incarcéré le 28 juin 2010, quelques mois après une mutinerie à la prison civile des Cayes. L’inspecteur de police est accusé de « complicité d’incendie et d’évasion et tentative d’assassinat ».
Les avocats de l’accusé, dont Me Lucmanne Délille, qualifient ces chefs d’accusation de « fantaisistes ». L’inspecteur de police, a-t-il avancé, ne se trouvait pas à la prison lors de la mutinerie. « L’inspecteur peut avoir une certaine responsabilité, car il est le directeur de la prison. Par contre, en matière pénale, la responsabilité est personnelle. Nous ne comprenons pas pourquoi on a inculpé l’inspecteur dans cette histoire, critique Me Délille. Même si l’inspecteur avait une responsabilité dans cet incident, il ne peut pas être pour autant gardé en prison depuis plus de cinq mois sans jamais être jugé ».
« Mon mari a cinq mois en prison sans jamais être jugé. C’est un père responsable qui a six enfants. Pour la rentrée des classes, je suis aux abois. Mes enfants ne peuvent pas aller à l’école. Je crois que c’est une injustice de le garder depuis tout ce temps, sans pouvoir se présenter devant un juge d’instruction », se lamente, de son côté, Madame Florise Sylvestre.

 

Démantèlement du gang qui a attaqué l’autobus des journalistes

MAXIMINI / 27-10-10

La police a tué, lors des échanges de tirs, l’un des bandits armés qui ont attaqué et cambriolé un autobus transportant des journalistes au lancement de campagne de Jacques-Edouard Alexis, candidat à la présidentielle du 28 novembre. Six autres suspects qui seraient membres du gang armé ont été arrêtés par la police des Gonaïves.
Le chauffeur de l’autobus, Gaurin Théodore, a été tué lors de l’attaque menée lundi soir sur une route entre Gonaïves et Cap-Haïtien. Le chauffeur (un policier qui n’était pas en service) a tenté de foncer sur les hommes armés avec son véhicule, mais il a été abattu d’une balle à la tête, selon la police. Le véhicule s’est ensuite renversé, blessant un journaliste. Les assaillants se sont alors emparés d’argent et d’un ordinateur portable.
Le matériel des journalistes a été récupéré par la police suite au démantèlement du gang.

 

Artibonite : un plan de riposte pour juguler le choléra

MINUSTHA.ORG / 26 octobre 2010

Pour faire face à l’épidémie de choléra qui a déjà provoqué plus de 254 morts et 3015 malades, un plan de riposte alliant intervention sur le terrain et campagne de sensibilisation est mise en place. Les autorités sanitaires de l’Artibonite l’ont annoncé, lors d’une conférence de presse tenue le samedi 23 octobre 2010, à Saint-Marc, deuxième ville du département.

 

galerie

« On a commencé à exécuter un plan de riposte avec tous les partenaires », a déclaré Mme Dieula Louissaint, directrice départementale de la Santé de l’Artibonite, principal foyer de l’épidémie. Un plan de riposte destiné à contrer l’épidémie de cholera, une infection intestinale aigue causée par la bactérie « Vibrion Cholerae ».

Des cellules consacrées à la prévention et à la sensibilisation, à l’eau et l’assainissement ont été en effet constituées. Huit messages de sensibilisation et d’information ont été produits par le Ministère de la Santé publique, à l’intention des populations. Une vaste campagne de sensibilisation va être entreprise dans les écoles, les églises et dans les temples vaudou. Seront également utilisés des moyens de communication comme la radio, la télévision, les SMS, les mégaphones et des camions sonores.

Toujours dans le cadre de la mise en place de la stratégie de riposte, le président de la République, René Préval, a effectué, le dimanche 24 octobre, une visite dans l’Artibonite, accompagné des membres du gouvernement dont les ministres de l’Intérieur, de la Santé, de l’Education et de l’Agriculture, les responsables nationaux et locaux de la Protection civile. Sur place, il s’est entretenu avec les autorités locales au siège de l’Organisme de Développement de la Vallée de l’Artibonite (ODVA) à Pont Sondé, non loin de la commune de Saint Marc.

Parmi ses interlocuteurs, les Délégué (équivalent de Préfet) et Vice-Délégué départementaux, des maires, des responsables de pouvoirs locaux comme les délégués de ville, les Assemblées des Sections Communales (ASEC) et les Conseils des Section Communales (ASEC), directeurs départementaux des Ministères ainsi que les responsables locaux de la Police Nationale d’Haïti (PNH). Et au cœur des préoccupations, la stratégie à mettre sur pied pour que l’information sur le cholera parvienne à toutes les couches de la population et les modalités pour rendre accessibles les intrants disponibles tels que le HTH, le chlore, le sérum oral, le savon et l’eau potable, entre autres.

En outre, il a été décidé une plus grande implication des élus locaux dans la gestion de l’épidémie. Ainsi, en plus des agents de santé et de la Protection civile, les ASEC, les CASEC, les délégués de ville et les maires feront désormais partie des Noyaux d’Education communautaire (NEC). Cette structure aura à charge de mettre en application la campagne de sensibilisation des populations et de distribution des médicaments de première nécessité.

Au niveau du système des Nations Unies, la réponse à l’épidémie s’est tout de suite mise en place. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et l’Office pour la Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA) sont impliqués auprès de la Direction sanitaire dans le soutien à la coordination de la réponse pour ce qui est de la prise en charge médicale, la distribution d’eau potable, l’assainissement, l’information et la sensibilisation du public.

La MINUSTAH a mobilisé toutes ses ressources logistiques pour faciliter le travail des acteurs humanitaires, notamment dans la distribution des produits pour le traitement d’eau et autres intrants de première nécessité. Par ailleurs, depuis le déclenchement de l’épidémie, le 24 octobre, les soldats argentins et les FPU2 Pakistanais de la MINUSTAH ont distribué plus de 70.000 litres d’eau, notamment dans les orphelinats et autres endroits vulnérables.

De même, des militaires argentins et uruguayens de la MINUSTAH transportent par bateaux à Grande Saline et à  Dauphin, deux localités isolées et difficiles d’accès par la route, des membres du personnel de la santé de diverses organisations, de l’eau potable, du matériel de purification d’eau, du savon et de sels de réhydratation orale.

Par ailleurs, dans la mise en place, par le gouvernement, d’un Centre de traitement du choléra (CTC) à Saint Marc et d’un autre à l’Estère, des ingénieurs militaires brésiliens et chiliens de la MINUSTAH travaillent de jour comme de nuit dans la préparation des terrains devant les accueillir. Des centres qui seront équipés par des partenaires internationaux, dont la branche espagnole de Médecins Sans Frontières. Des militaires boliviens vont également installer 20 tentes -d’une capacité totale de 250 personnes- et 48 latrines.

Lors de la conférence de presse, les autorités ont  rappelé les mesures à adopter en vue de freiner la propagation du cholera. Parmi elles, le lavage continuel des mains, une bonne gestion des cadavres et l’utilisation de l’eau chlorée.

Rédaction : Vicky Delore Ndjeuga
Edition ; Faustin caille

 

L’école pour les jeunes d’Haïti

ANTOINE TREMBLAY / HEBDO DU ST MAURICE / 27-10-10

À l’instar des quatre principaux acteurs, toute la population est invitée à signer la pétition. De gauche à droite : Claude Bélizaire (GRAHN), Madeleine Plamondon (porte-parole), Andrée Hammond (initiatrice du projet) et Médo Touré (GRAHN). Pho

À l’instar des quatre principaux acteurs, toute la population est invitée à signer la pétition. De gauche à droite : Claude Bélizaire (GRAHN), Madeleine Plamondon (porte-parole), Andrée Hammond (initiatrice du projet) et Médo Touré (GRAHN). Pho

Le comité d’accueil des personnes immigrantes (CAPI) du Centre d’action bénévole de Shawinigan de concert avec le Groupe de Réflexion et d’Action pour une Haïti nouvelle (GRAHN) a lancé le 26 octobre dernier, une pétition d’envergure mondiale pour que tous les enfants d’Haïti aient accès à l’école.

La porte-parole pour la CAPI, Andrée Hammond, explique que cette action se veut une parole d’espérance donnant du souffle à tous ceux et celles qui sont impliqués dans la reconstruction d’Haïti.

Elle souligne que le CAPI a été fortement interpellé par le fait que près d’un demi-million d’enfants en âge de fréquenter l’école n’y ont pas accès. «Une action concrète s’est donc imposée en faveur de la scolarité obligatoire, sans discrimination, jusqu’à un niveau fondamental pour tous les enfants de ce pays», ajoute-t-elle.

La pétition s’adresse au gouvernement canadien. «Nous voulons qu’il prenne la parole. Nous voulons qu’il joue un rôle de vigilance. Nous voulons allumer des lumières pour être branchés les uns aux autres», précise Mme Hammond.

La porte-parole de cette initiative, Madeleine Plamondon, expliquait l’importance pour un enfant d’avoir accès à un livre. «Seriez-vous ici si vous ne saviez pas lire?, questionnait-elle. «Les livres et savoir lire sont d’une importance pour moi. Apprendre à lire à un enfant, c’est lui ouvrir des portes. On lui donne la chance d’avoir un esprit critique. Par la suite, il peut participer à l’histoire de son pays», relate Mme Plamondon.

La pétition se veut une pétition en chaîne. Chaque personne fait signer sa feuille. Par la suite, tous ceux qui ont signé apportent avec eux une feuille pour la faire signer et ainsi de suite. Grâce au GRAHN, la pétition sera traduite et se retrouvera partout dans le monde. Les compagnies sont également invitées à signer une résolution en guise de solidarité.

Tous les documents requis et toute l’aide nécessaire à la mise en place de cette pétition se retrouvent au Centre d’action bénévole de Shawinigan. Sans avoir d’objectif sur le nombre de noms amassés, la pétition prendra fin le 17 avril 2011.

Centre d’action bénévole de Shawinigan, 4393, boul. des Hêtres (819-539-8844)