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1 Oct

Haïti – Élections : Qui est Jean-Henry Céant?
HAITI LIBRE – 01/10/2010 07:14:11

Haïti - Élections : Qui est Jean-Henry Céant?

Au cours de la campagne électorale, HaïtiLibre publiera des textes, portraits ou des biographies sur chaque participant à la course présidentielle afin que les électeurs et électrices puissent mieux connaître ceux et celles qui briguent la présidence d’Haïti.[les textes reproduits sont ceux fournis par les candidats, les partis ou figurant sur leur site officiel et non des textes écrit par HaïtiLibre].
Aujourd’hui nous vous invitons à découvrir le candidat Jean-Henry Céant (Renmen Ayiti)

Jean-Henry Céant
Jean-Henry Céant est né le 27 septembre, 1956 à Goureau, Croix-des-Missions, Haïti. Très jeune, Jean-Henry apprend les valeurs du travail difficile, de la persévérance et de la responsabilité par ses parents, particulièrement sa mère, marchande dans un marché publique à Port-au-Prince. Bien que sa mère n’avait pas d’éducation formelle elle a lutée pour soutenir sa famille, elle a inculqué l’importance de l’éducation à tous ses enfants. En 1984, Jean-Henry Céant, a obtenu son diplôme en droit de la Faculté de droit de Port-au-Prince. Il a également reçu des diplômes supérieurs de l’Université de Pontifia à Madrid, Espagne
M. Céant a débuté sa pratique juridique comme avocat plaidant dans le système de loi latin en Haïti, il a opté d’exercer une fonction publique en tant que praticien du droit civil privée quand il est devenu Notaire à Port-au-Prince, en 1986. Il est actuellement membre de l’Union Internationale du Notariat (UINL). Il a plus de vingt ans d’expérience professionnelle, dont dix, en tant que professeur de droit de la propriété à l’Université Quisqueya, y compris actuellement comme professeur à l’École Nationale d’Administration Financière (ENAF). Il a conduit un certain nombre de grandes conférences et de séminaires pour les institutions financières, associations de jeunes, et de diverses organisations religieuses, sociales et politiques.
M. Céant est bénévole et donne de son temps à plusieurs groupes dans toute la communauté haïtienne, localement et à l’étranger, incluant l’assistance sur une base pro-bono de Habitat for Humanity, L’Office National du Cadastre, L’Hôpital Saint-Joseph et le Conseil épiscopal de l’Eglise catholique. Il est un membre fondateur de certaines des principaux  organisations en Haïti et plus particulièrement la coopérative de logement (COLOFE), du Centre de Recherche et de Développement de Tabarre (CREDECT), de l’Association Syndicale Professionnelle de Notaire de Port-au-Prince (ASNOP),  de l’Association professionnelle des professionnels du droit (APD), Aimer Haïti, de la Fondation Haïtienne pour un Support à la Formation Universitaire (FHASFU) et de la fondation « DWA POU TOUT MOUN ».
En avril 2006, il a inauguré la Salle Frankétienne, une salle de réunion dédié à ceux qui veulent partager expériences et connaissances. Convaincu des implications du paradigme « Nul n’est censé ignorer la loi », M. Céant estime que tous les citoyens doivent respecter les lois et doivent donc connaître leurs droits et obligations en vertu de la loi. À cette fin, il présente les débats sur la «Dwa Moun Tout Pou » (en créole « droit pour tous»), une émission de télévision qu’il a principalement fondée.
M. Céant a rédigé un certain nombre de textes juridiques, notamment «Le vade-mecum du notaire et de ses clients» – «le vade-mecum de l’agent de la fonction Public et de l’administré» Volumes: I, II et III. Son dernier ouvrage, «État d’Urgence, Loi du 15 avril 2010», est une analyse d’Haïti post-séisme de la situation juridique.
La Fondation SIMACT a récemment reconnu M. Céant pour son leadership qui lui a valu des citations de la New York State Assembly, du conseil de la ville de New-York ainsi que de l’arrondissement de Brooklyn. Son dévouement et sa réponse aux besoins de son peuple à la suite du tremblement de terre du 12 Janvier 2010, a également valu l’appréciation d’une variété d’organisations aux États-Unis, dont la National Organization for the Advancement of Haitians (NOAH) à New York.
A coté de son travail et ses loisirs, Jean-Henry Céant reste et demeure un Haïtien croyant encore dans le rêve de l’Haïtien moderne et ouvert. Il est père de quatre enfants et vit en Haïti avec son épouse Chantal.

HaïtiLibre invite les candidats agréés à nous faire parvenir pour publication, leur texte, portrait ou biographie le plus rapidement possible.

 

Les adieux de la gouverneure générale Michaëlle Jean

Radio Canada /vendredi 1 octobre 2010

Michaëlle Jean

Photo: La Presse Canadienne /Adrian Wyld

C’est jeudi que Michaëlle Jean a vécu la dernière journée de son mandat de cinq ans en tant que gouverneure générale du Canada.

À cette occasion, elle a adressé une lettre de remerciement aux Canadiens dans laquelle elle fait le bilan de ses cinq années en tant que représentante de la reine du Canada, Élisabeth II. Elle a aussi planté, sous la pluie, un arbre devant la résidence officielle des gouverneurs généraux, Rideau Hall.

Dans sa missive, elle estime que son mandat n’aura pas été « de tout repos, bien au contraire ». Elle explique que le contexte politique aura suscité une réflexion sur la façon dont fonctionnent les institutions du pays.

Sur le plan de mes responsabilités constitutionnelles, j’ai eu à affronter les défis particuliers que pose tout gouvernement minoritaire à l’exercice de la fonction du gouverneur général.

— Michaëlle Jean

La gouverneure générale s’est rappelé que ses cinq années à Rideau Hall ont été riches en émotions de toutes sortes. Elle est aussi revenue sur ses nombreuses sorties officielles au pays, mais aussi ailleurs dans le monde. De plus, elle a rendu hommage « au courage et à l’incroyable générosité des membres des forces armées canadiennes ».

Elle dit ne pas avoir oublié le terrible séisme en Haïti au début de cette année, « l’un des moments les plus déchirants de ma vie ». Elle a d’ailleurs remercié la générosité des Canadiens à cet égard.

Mes sourires ont répondu aux vôtres et vos larmes, aux miennes.

— Michaëlle Jean

Concernant la prorogation du Parlement en décembre 2008, elle n’a fait que survoler ce qui concerne sa gestion de la crise. Elle avait déjà confié qu’elle avait bien pris son temps avant d’acquiescer à la demande du premier ministre conservateur.

D’ailleurs, dans son livre Harperland, Lawrence Martin, chroniqueur au quotidien The Globe and Mail, brosse un tableau peu flatteur de Stephen Harper. Il cite Kory Teneycke, son ancien directeur des communications. Ainsi, le premier ministre aurait envisagé de solliciter directement la reine du Canada, à Londres, en cas de refus de la gouverneure générale de proroger le Parlement.

Toutefois, le bureau du premier ministre a affirmé qu’une telle solution n’a jamais été envisagée, accusant le journaliste d’être un sympathisant libéral.

Vendredi matin, David Johnston sera officiellement installé à titre de 28e gouverneur général du Canada lors d’une cérémonie solennelle au Sénat, qui sera retransmise sur les ondes du Réseau de l’information, de la première chaîne télévision et de la première chaîne radio de Radio-Canada. Le sujet de son premier discours officiel sera « Une nation éclairée et bienveillante : Un appel au service ».

 

Manifestation en mémoire des victimes du coup d’État de 1991
HAITI LIBRE – 01/10/2010 13:11:06

Haïti - Politique : Manifestation en mémoire des victimes du coup d’État de 1991

Il y a 19 ans, le 30 septembre 1991, l’armée d’Haïti [dissoute en 1994] perpétuait un coup d’État contre le Président Jean Bertrand Aristide, faisant plus de 3,000 victimes dans la population.
La Coordination Nationale des Victimes Directes de 1991 a organisé, à l’occasion de ce triste anniversaire, une marche pacifique à Port-au-Prince en vue de réclamer, une fois de plus, justice pour les victimes. Parti des locaux du parquet de Port-au-Prince pour aboutir devant le Ministère de la Justice et de la Sécurité Publique (MJSP), cette marche a réunie plusieurs centaines de personnes. Les manifestants ont exigé le retour de l’ancien président Aristide, leader de Fanmi Lavalas en exil depuis 6 ans. Cette organisation jugée majoritaire, mais deux fois exclue de la course électorale sans raison valable, par le Conseil Électoral Provisoire (CEP).
Rappelons que c’est 3 ans après le coup d’État du 30 septembre 1991, soit le 15 octobre 1994, que le président Aristide avait pu revenir au pays grâce à la mobilisation des haïtiens au pays et dans la diaspora ainsi qu’avec l’aide de la communauté internationale.
Un peu plus d’un an plus tard, soit le 17 décembre 1995, des élections présidentielles sont organisées et portées au pouvoir René Préval [le choix d’Aristide].
Aristide revient au pouvoir en 2001, mais ne pourra achever son mandat, contraint au départ par des secteurs de la communauté internationale, suite à des mouvements de violence orchestré par des bandes armées formées entre autres de repris de justice et autres et d’anciens militaires.
Des secteurs accusent encore aujourd’hui la France d’avoir été à la base du mouvement anti-Aristide, en raison notamment, du fait qu’Aristide avait réclamé la restitution de la dette de l’Indépendance. Mais, affirment-ils, les États-Unis auraient pris le contrôle du mouvement dans sa phase finale, faisant nommer après le départ d’Aristide, Gérard Latortue, au poste de premier ministre ouvrant une période de trouble et de violence pendant les 2 années qui suivirent.
Finalement des élections furent programmées le 7 février 2006 qui permirent au candidat René Préval de revenir au pouvoir le 14 mai 2006 grâce au soutien massif des membres et partisans de Fanmi lavalas.
Jean Bertrand Aristide, l’ex-curé de la paroisse de Saint Jean Bosco vit actuellement en exil, en Afrique du Sud, depuis sa deuxième éviction du pouvoir le 29 février 2004.

 

Comment et pourquoi René Préval a échoué ?

CARAIB CREOLE NEWS / 01-10-10

Par Claude Carré

Port-au Prince. Vendredi 1 octobre 2010. CCN. A quelques mois des élections générales en Haïti, Claude Carré qui est un haïtien expatrié , analyse avec une grande finesse et beaucoup d e lucidité, l’itinéraire de René Préval à la gouvernance d e son pays. . Le président Haïtien, qui fut jadis « le frère jumeau » d’Haïti , oscille entre un meo-patrimonialisme et un populisme – débonnaire.

René Préval n’a plus que cinq mois à passer au pouvoir, je pense à émettre des réflexions sur son/ses mandat(s), sa façon de gouverner, sa vision politique, faire une sorte de bilan… Je ne sous-estime pas cependant que pendant les cinq mois restant, il peut encore s’illustrer pas des agissements que je pourrais toujours mettre plus tard à son actif (ou son passif). J’ai à l’esprit par exemple des interviews qu’il consent enfin à accorder et dans lesquels il tente d’exhiber un bilan positif de sa politique et de son administration, ses rencontres avec les divers candidats à la présidence et la campagne d’expropriation du Centre-Ville de Port-au-Prince qu’il vient d’entamer de manière anarchique et comme un forcené et sur laquelle j’aurai d’ailleurs le temps de revenir dans une chronique prochaine. Il faudra s’attendre à d’autres actions spectaculaires du Président sortant car non seulement il veut marquer les esprits, mais désire aussi accomplir ou parachever, bien que sur le tard, certaines missions qui semblent lui tenir à cœur.
Pourtant, une fois cette idée de bilan émise, je me rends compte de l’énormité de la tâche et de son caractère contradictoire. Enorme en effet car Préval a un long passé au timon des affaires : Premier Ministre de Jean Bertrand Aristide de Février à Octobre 1991, puis Président lui-même de 1996 à 2001 et de 2006 à nos jours (septembre 2010). C’est donc tout un pan d’histoire riche en rebondissements qu’il me faudrait étudier et analyser, ce qui, de toute évidence, déborde largement ces chroniques. Contradictoire par surcroit, car supposons, pour me conformer au format du texte, que je me limite à des généralités sur son dernier mandat , qui est d’ailleurs le plus représentatif car marquant son « divorce » d’avec Aristide, son « grand frère jumeau » devenu persona non grata, je constate qu’un bilan même partiel demeure problématique et presque formellement sans objet. En effet, un bilan n’est réalisable que lorsqu’il y a des projections contre lesquelles des résultats peuvent être confrontés.
Or, on le sait, Préval, et ceci est une constante de sa gouvernance et de son style, ne promet pas, ne projette pas. L’ « espoir » qu’il a distillé au cours de sa campagne s’apparente plutôt à une espérance ( du genre lespwa fè viv ou le Bondye bon comme on dit chez nous) plutôt qu’à l’espoir et la confiance en des changements auxquels on pourrait croire ( comme le change we can believe in pour paraphraser un des slogans électoraux de Barrack Obama). Pas de programme politique lors de sa montée au pouvoir en 2005 (sinon le «poze, depoze, repoze ») et durant son mandat, lorsqu’il ne se lance pas dans des conjectures élusives sur l’avenir, il a sa manière propre d’étaler son impuissance. Dans ces conditions tout bilan est vicié et piégé à la base. Je ne me décourage pas malgré cela car je pourrais aisément contourner cette difficulté (sciemment entretenue par ailleurs) en postulant des objectifs qu’on aurait pu légitimement et raisonnablement espérer du règne de René Préval (surtout au cours du dernier mandat) afin de les confronter à des « résultats » constatés. Ce faisant j’aurais pu presqu’objectivement me faire une idée de la valeur du mandat de Préval mais ces «résultats » (positifs ou négatifs) pourraient difficilement lui être attribués pour les mêmes raisons de non-lieu explicitées ci-devant. Je pourrais aussi accessoirement m’appuyer sur le rôle que la constitution confère au Président de la République et ainsi me faire une idée de sa performance, néanmoins compte tenu des difficultés d’application de la constitution et des nombreux accrocs à la loi-mère, cette approche ne me semble pas réellement satisfaisante.
Je me résous donc à continuer à émettre des réflexions sur sa gouvernance, à fouiller certains aspects complexes de son style, à essayer d’expliciter la nature de ce régime singulier et ses rapports avec la société globale, à tenter de percer à jour la vision politique de Préval, à me projeter 5 ou 10 années dans le futur pour essayer d’évaluer son présent qui prend fin, et lorsque certaines considérations ressembleront à une sorte de bilan je ne manquerai pas de mettre en exergue leur caractère paradoxal.
Peut-on parler de « lese grennen » à propos de Préval ?
On sait que le régime d’alexandre Pétion (1806-1818) a été qualifié « lese grennen » voulant dire par là que contrairement à un régime dictatorial et autoritaire à l’exemple d’un d’Henry Christophe ou d’un François Duvalier, Pétion laissait ses hommes faire à leur guise au niveau de l’administration publique laissant ainsi se développer la corruption et s’arrangeant pour ne pas se faire des ennemis et s’attirer des ennuis. Par sa politique pseudo-libérale il a servi de tampon entre le peuple et les propriétaires-nantis et a même procédé à certaines expropriations de terre appartenant à des grands dons qu’il a distribués à des petits paysans dans le Sud.

Préval non plus n’a pas un style autoritaire et protocolaire, comme Pétion, il joue au débonnaire, au sans façons, il feint de ne pas s’intéresser aux attributs visibles du pouvoir. Parfois même il atteint des extrémités lorsqu’il semble s’identifier aux manifestants qui contestent vivement son pouvoir en appuyant leur revendication et en leur demandant de l’embrigader lors des protestations de rue. Cette farce, on se rappelle, a failli tourner au vinaigre lorsque ces mêmes manifestants ont tenté de prendre d’assaut le palais national lui-même pour rameuter le Président.
Il laisse souvent la situation pourrir, on se rappelle la crise de l’université, ici il faudrait plutôt parler de « laisser pourrir ». Alors il feint de déléguer les responsabilités, nomme une commission, attend et guette le moment propice. A voir comment il se défait de ses adversaires (et surtout de ces anciens alliés « lavalassiens » et d’Aristide lui-même, ce qui prouve qu’il n’est quand même pas soluble dans l’eau), certain le compare à un joueur d’échec, mais il est aussi et surtout un joueur de « qui perd gagne ». Il joue aussi souvent à l’échec lorsque par exemple il étale son impuissance ou quand il simule même l’ignorance pour échapper aux critiques et désamorcer-désarçonner ses adversaires. Il

fonctionne plutôt par intuition, par instinct même, que par des calculs élaborés mais peut exécuter ainsi des coups superbes dignes d’un Kasparov lorsqu’il sacrifie par exemple son « cavalier polka », Jacques Edouard Alexis (en course pour l ‘ « investiture » de la plateforme Inité) pour damer Jude Célestin son dauphin véritable.S’il arrive à se décider à agir c’est qu’il sent le moment propice et qu’il peut profiter de l’effet de surprise dans le chaos ambiant qu’il entretien et qui ne semble pas le nuire outre-mesure. En fait il a une très grande capacité à nager en eau trouble et laisse sciemment se dégrader les choses pour qu’elles puissent tombées d’elles-mêmes. Il maitrise à merveille la tactique de naje pou soti qu’il a voulu spontanément enseigner au peuple. Il est fin psychologue et sait d’instinct comment jouer sur les faiblesses du politicien haïtien qu’il a eu le temps de bien observer au cours de sa longue carrière, à ce sujet, il a beaucoup appris d’Aristide qui lui-même s’est pétri à cet art au sein de l’église catholique. Il ne se fie pas aux intellectuels qu’il a appris pourtant à utiliser, il n’est pas non plus un adepte de la méthode scientifique qu’il trouve ennuyeuse. Il n’a pas confiance dans l’état et déteste la bureaucratie et le formalisme. Il préfère court-circuiter les structures rigides et les lois organiques, la création du CNE (centre national des équipements) dont l’actuel directeur n’est autre que son dauphin en témoigne.Durant son premier mandat il a accepté, sans se plaindre, de garder le fauteuil pour Jean Bertrand Aristide à qui il semblait ravit et soulagé de passer l’écharpe présidentielle lors de la deuxième investiture de ce dernier. Au moment de son deuxième et très agité avènement au pouvoir, en prenant à son compte la représentativité des masses attachées à la personne d’Aristide, il a lui aussi servi de bouchon entre le peuple et la bourgeoisie, ce qui a sans doute conduit à un certain apaisement social et a conforter la communauté internationale qui lui en est très reconnaissante.Comme Pétion, Préval lui aussi a eu à faire des distributions de terre à des petits paysans de la vallée de l’Artibonite dans une sorte de « réforme agraire » sans lendemain. Bien qu’on ne peut pas dire qu’il ait laissé la corruption s’étaler au grand jour sous son administration comme Pétion, il n’a pas non plus de grandes réalisations à son actif à ce niveau (ceci sans vouloir faire sur ce point un bilan impossible par faute d’objectif déclaré et de non-transparence). Il semble qu’il était plus enclin à lutter contre la corruption lors de son premier mandat, mais de toutes façons lorsqu’on pratique une politique sans programme, attentiste et a-institutionnelle par surcroit, on ne peut pas lutter contre la corruption ni entreprendre des réformes sérieuses par ailleurs et ce en dépit des pressions du FMI et de la communauté nationale toute entière.Le régime politique de Préval est-t’il patrimonial ?L’un des objectifs de tout pouvoir politique c’est de garder le pouvoir. Néanmoins, certains d’entre eux sacrifient tout pour pouvoir perdurer. François Duvalier (1957-1971) n’a pas hésité à mettre le pays sur la paillasse pour garder le pouvoir : déboisement conscient et systématique de la Forêt des Pins pour contrecarrer des guérillas hostiles, fermeture des écoles pour désamorcer la grève des étudiants et des ports maritimes pour contrer le trafic d’armes pour ne citer que ces exemples. Songeons aussi à l’embargo contre le pays sollicité et imploré par Jean-Bertrand Aristide afin qu’il puisse retrouver son fauteuil présidentiel après le coup d’état militaire. Le régime de René Préval en un sens présente des traits similaires bien que moins spectaculaires. Pensons à son cri « I lost my palace » alors qu’on lui demandait un bilan de la situation après le tremblement de terre du 12 janvier et surtout à son attitude face à la crise de l’université où l’objectif du pouvoir était tout simplement de protéger le pouvoir du Président. En fait tous les pouvoirs qui sont fondé sur le clientélisme c’est-à-dire qui gravite autour d’un chef décidant de tout et qui entretien des rapports personnalisés de patron à serviteur avec ses hommes, qu’il soit autoritaire-dictatorial (F. Duvalier), prophétique-populiste (J. B. Aristide) ou débonnaire-populiste (R. Préval) doivent nécessairement pour survivre sacrifier l’intérêt général au profit de ceux des hommes au pouvoir. En fait ces régimes sont qualifiés de patrimoniaux. Un régime patrimonial possède certaines caractéristiques précises d’où l’on peut très rapidement extraire certains traits fondamentaux:– C’est un pouvoir centralisateur. « tout le système politique repose sur le leader patrimonial et dépend de la pérennité de son pouvoir. »[1]
-« Le pouvoir patrimonial est fondé sur le clientélisme, le leader patrimonial s’appuie sur une cohorte d’officiels, de fonctionnaires, de politiciens véreux, des hommes de sa famille, de sa tribu, de sa région.{..} ces hommes de clans détiennent leur statut, leur pouvoir, leur richesse du pouvoir patrimonial… » [2]
Quant au néo-patrimonialisme, S, Eisenstadt le défini comme suit[c’est] la situation où le centre politique est approprié dans la perspective de maintenir au Pouvoir une élite politique qui s’est investie de la mission de modernisation et de construction nationale et étatique. Le Néo-patrimonialisme constitue un passage par lequel la société traditionnelle cherche à se frayer un chemin vers la modernisation. Les manifestations externes les plus frappantes sont la privatisation et la personnalisation du Pouvoir, destinées sans doute à anéantir les allégeances traditionnelles au profit de l’autorité de l’Etat, s’incarnant dans la figure du Chef du Gouvernement. Le néo-patrimonialisme apparaît donc comme une transition au cours de laquelle les communautés traditionnelles cherchent à se recomposer en Etat-nation moderne, uni par des liens de solidarité qui auront

supplanté ceux basés sur les sentiments tribaux et régionalistes. La personnalisation du Pouvoir et sa privatisation, sont les conséquences d’une situation historique qui a bien dépassé le régime de la chefferie traditionnelle et de la monarchie patrimoniale sans pour autant déboucher sur l’Etat moderne de type représentatif.
Se référant aux expériences africaines de néo-patrimonialisme, JF. Médart constate : « La privatisation du pouvoir entraine deux corollaires d’ordre général : les rapports publics deviennent personnalisés, particularistes plutôt qu’universalistes; ils deviennent aussi patrimonialisés ; les affaires publiques étant gérées en fonction d’une finalité privée, la politique et l’administration deviennent sources d’avantages économiques » [3]
Ainsi on peut aisément se rendre compte que les trois régimes suscités (Duvalier, Aristide, Préval) sont des versions graduées du même modèle d’état patrimonial.

Le premier (Duvalier) est le régime patrimonial classique avec un leader et ses cohortes (les macoutes) qui, en posture de défiance face à l’international (etranje pa mele), balaient tout pour assurer la pérennité du pouvoir du chef dictateur et écrasent dans le sang toute opposition. Le propre fils du dictateur lui succède.
Le second (Aristide) est le leader super-charismatique qui semble investit d’une mission de rédemption-délivrance dont tout le monde dépend, qui utilise les structures étatiques à son profit et mobilise les masses autour de sa personne bien qu’étant en dépendance de la communauté internationale et sous-pression de l’opposition (les GNBistes ). Le marassa d’Aristide, Préval lui-même, lui succède.
Le troisième (Préval) est à la fin de son dernier mandat, à la tête d’une forme d’état transitoire entre le patrimonialisme pur et dur d’un Duvalier et le néo-patrimonialisme proprement dit. Préval ne peut par exemple qu’amender partiellement la constitution et non pas de manière significative à son profit. Il est entouré d’une élite politique qui est en tout point conforme au profil, mais il est obligé de composer avec l’opposition qu’il invite à participer à son gouvernement quoique pour la neutraliser dans un premier temps et la mettre politiquement hors d’état de nuire dans un second. Cependant, il essaie de placer son protégé (Jude Célestin) au pouvoir et fait tout pour entretenir la même « famille politique » autour de sa personne. Enfin il est obligé de s’investir d’une sorte de mission de « refondation de l’état » suite au séisme du 12 janvier sans pouvoir réellement passer à l’acte.
Le régime Prévalien est t’il en transition vers un état plus moderne ?
Les considérations précédentes m’incitent à tenter une première réponse à cette question. Pour ce faire je trace le petit schéma suivant qui présente une vue globale et évolutive des principaux régimes politiques de ces cinquante dernières années. Cela me permet de changer de perspective et de voir plus grand.
Etat Patrimonial
Ere duvaliériste :
1957 > F. Duvalier
1971 > J.C. Duvalier
1991 > J.B Aristide
Ere « Lavallas » :
1996 à 2011 > Préval-Aristide
Néo-Patrimonial
Ere Prévaliste ?
2011 à 2016 > ?
Moderne
2016 à ?
Je peux formuler les remarques suivantes :
– Il est clair que, durant les cinquante dernières années, une transition pénible, graduelle et parfois chaotique s’opère d’un type de gouvernance caractérisé par le pouvoir absolu d’un individu (Duvalier 1957-1986) à celui d’un état néo-patrimonial ( ou « semi-néo-patrimonial » à partir de Préval 2006 ou de 2010) en passant par l’ère « « lavallas » charismatique et populiste (1991-2206).
– Le passage d’un régime à un autre est marqué par une instabilité chronique où des gouvernements et régimes transitoires-provisoires de courtes durées ont dû à plusieurs reprises prendre le relais pour assurer une continuité de l’état dont les fondements sont fortement menacés. En trois fois, le système s’ajuste et reproduit le même schéma patrimonial en allant cependant du plus au moins traditionnel. Compte tenu des cycles qui émergent du schéma, peut t’on s’attendre à une autre forme de régime politique plus moderne pour 2016 ? La question reste ouverte.
Préval joue un rôle particulier dans ce mouvement transitoire car il chevauche trois époques:

1. Celle du premier mandat d’Aristide qui débute en 1991, alors qu’il était son Premier Ministre et qui correspond au pouvoir charismatique quasi-absolu mais de courte durée du père de Saint-Jean Bosco. Préval lui vouait à cette époque une adoration sans borne.
2. Celle du régime Préval-Aristide qui comprend le premier mandat de Préval suivi du second mandat d’Aristide pendant lequel il s’était éclipsé à Marmelade. Le second mandat de l’ancien prêtre tourne lui aussi au vinaigre, il ne le termine pas d’ ailleurs et ceci marque la fin du pouvoir populiste-charismatique pour cause de mauvaise gouvernance et de politique chaotique.
3. Enfin celle de son second mandat au cours duquel il a acquis de l’expérience, a pu maitriser et se défaire de l’opposition (ancienne et nouvelle) et conforter son pouvoir patrimonial. Cependant ce pouvoir semble vouloir évoluer vers un néo-patrimonialisme compte tenu des principales circonstances particulières suivantes: les catastrophes naturelles successives qui remettent en question le pouvoir central et requièrent une réponse appropriée (à la suite du tremblement de terre du 12 janvier dernier par exemple, Préval se prononce pour une refondation de la nation, ce qui est un discours de type néo-patrimonial), même quand son régime et son pouvoir semblent incapables de délivrer, de plus l’internationalisation encore plus poussée du problème d’Haïti surplombe l’état et le pouvoir patrimonial Prévalien et le presse vers plus de modernisation.. Est-ce la fin prochaine du régime débonnaire-populiste ? Cette question reste aussi ouverte.
Je me rends compte que j’ai été plus long que d’habitude, aussi je renvoie la suite et l’approfondissement des réflexions sur René Préval, son régime, son style et son rôle à une prochaine chronique.
Claude Carré

 

La BID élimine définitivement la dette d’Haïti

Cette décision sur le désendettement résulte d’une avance de 484 millions de dollars des Etats-Unis et permettra à la banque régionale de développement d’accorder au pays de nouvelles subventions

Radio Kiskeya / vendredi 1er octobre 2010

La Banque interaméricaine de développement a annoncé jeudi l’effacement total de la dette d’Haïti à la suite du versement de 484 millions de dollars par les Etats-Unis, selon un communiqué rendu public à Washington.

« La BID a reçu une avance sur la contribution des Etats-Unis dédiée aux prêts du Fonds pour les opérations spéciales de 204 millions de dollars », souligne l’institution financière régionale qui figurait parmi les principaux créanciers d’Haïti.

Environ 144 millions de prêts concessionnels approuvés avant 2007, mais jamais décaissés, seront convertis en subventions à la suite de cette contribution de l’administration américaine, a poursuivi le communiqué.

« Grâce à l’appui déterminé du Congrès, les Etats-Unis fournissent aujourd’hui une aide essentielle en numéraire pour améliorer la vie des haïtiens », a pour sa part affirmé le secrétaire adjoint américain au trésor, Lael Brainard.

Depuis le tremblement de terre dévastateur du 12 janvier l’ayant cruellement frappée, Haïti a vu s’accélérer le processus d’annulation de sa dette envers le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et la BID. Ces trois institutions multilatérales détenaient près de trois quarts de la dette externe du pays dont le montant global, jamais connu avec précision, avoisinerait 1,5 milliard de dollars.

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