MARDI 05 OCTOBRE 2010

5 Oct

Mirlande Manigat en tête de deux sondages sur les présidentielles

Créditée de plus de 23% d’intentions de vote dans le premier baromètre, la candidate du RDNP retombe à 16% dans le second au profit de son rival du parti officiel INITE, Jude Célestin, qui s’installe désormais à la deuxième place avec 13% ; confiées au BRIDES, les deux études d’opinion ont été commanditées par le secteur privé des affaires

Radio Kiskeya / lundi 4 octobre 2010

La candidate du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP), Mirlande Hyppolite Manigat, 69 ans, domine les deux premiers sondages d’opinion réalisés sur les prochaines présidentielles, dont l’un a été rendu public lundi par son commanditaire, le Forum économique du secteur privé des affaires.

Menée par le Bureau de recherche en informatique et en développement économique et social (BRIDES) auprès d’un échantillon de 6.030 personnes, cette enquête attribue 16,7% d’opinions favorables à Mme Manigat devant les électeurs indécis qui ne se sont prononcés en faveur d’aucun candidat (14,8%) et Jude Célestin, représentant de la plateforme présidentielle INITE, en nette progression avec 13%.

Par rapport au premier sondage dans lequel elle était créditée d’un peu plus de 23% des intentions de vote, la constitutionnaliste et épouse de l’ex-Président démocrate-chrétien Leslie Manigat accuse une chute brutale de 7 points. Parallèlement, son plus proche rival, Jude Célestin, a vu son score passer entre les deux enquêtes d’opinion de 7 à 13%, soit un gain spectaculaire de six points.

Derrière les deux aspirants à la présidence ayant supposément la meilleure cote de popularité, viennent dans l’ordre l’industriel Charles Henri Baker (RESPE) et le chanteur Michel Martelly alias “Sweet Micky”, ex-aequo avec chacun 12,5% d’intentions de vote, l’ancien Premier ministre Jacques-Edouard Alexis (MPH) 7,5%, le pasteur Jean Chavannes Jeune (ACCRHA) 3,8% et le notaire Jean Henry Céant (Renmen Ayiti) 2,2%.

Les autres concurrents ne recueillent qu’une part d’adhésion marginale de l’électorat potentiel oscillant entre 0 et 1%. Dans ce bas de tableau, on retrouve l’ex-Premier ministre Lavalas Yvon Neptune (Ayisyen Pou Ayiti) 1,9% ; l’ancien ministre des affaires sociales, Yves Cristallin (Oganizasyon Lavni) 1,7% ; l’ex-ministre Leslie Voltaire (Paltfòm Ansanm Nou Fò) 1,3% ; le maire de Delmas, Wilson Jeudy (Force 2010) 1% ; Génard Joseph (Groupement Solidarité) 0,7% ; le Sénateur de l’ouest, Jean Hector Anacacis (MODEJHA) 0,6% ; Eric Charles (PENH) et Axan Abellard (KNDA), tous deux 0,4% ; l’ancienne ministre Josette Bijou (indépendante) et Garaudy Laguerre (WOZO) 0,3% ; Dr Gérard Blot (Plateforme 16 Décembre) et Léon Jeune (KLE) 0,2%.

Intervenant lors de la présentation des résultats du sondage, premier d’une série de quatre commanditée par le Forum économique du secteur privé des affaires, son président et principal dirigeant de la Chambre de commerce et d’industrie d’Haïti, Dr Réginald Boulos, a défendu la valeur scientifique de la deuxième enquête d’opinion, réalisée, précise-t-il, tout comme la première, par le BRIDES qui jouit d’une solide crédibilité en la matière.

M. Boulos souligne toutefois à l’attention de tous que ces baromètres ne représentent qu’une photographie instantanée de l’état de l’opinion publique qui peut changer à tout moment.

Outre les sondages, dont les plus prochains sont à paraître le 24 octobre, le 16 et le 25 novembre, le secteur privé entend s’impliquer dans le processus électoral à travers l’organisation de débats entre les candidats à la présidence, au Sénat et à la députation, a dit l’entrepreneur tout en rejetant les critiques assimilant à de la soumission l’attitude de la classe d’affaires vis-à-vis du Président René Préval.

Aux côtés de Réginald Boulos, on notait la présence d’autres membres du Forum économique du secteur privé, Bernard Craan, Bernard Fils-Aimé et Pierre Marie Boisson.

Invitée lundi à l’émission inaugurale de Radio Kiskeya sur les élections, le professeur Mirlande Manigat a accueili avec scepticisme le score de 16% d’opinions favorables qui lui est attribué de même que l’ascension vertigineuse de Jude Célestin.

Commanditées toutes deux par deux groupes distincts du secteur privé, les deux enquêtes d’opinion ont été conduites à l’échelle nationale respectivement entre fin août et le 5 septembre et entre le 19 et le 26 septembre dans des ménages identifiés dans les différentes communes.

Le BRIDES soutient que la méthode de probabilité proportionnelle à la taille a été utilisée avec une marge d’erreur de 1,27%.

Sans remettre en cause le bien-fondé de cette démarche scientifique qui se situe dans le sens de la modernisation de l’exercice électoral en Haïti, d’aucuns s’interrogent sur la forte présence dans les données recueillies de certaines variables telles les indécis qui représentent 14,8% des sondés et l’ignorance totale des candidats par l’électorat potentiel qui atteint 7,5%.

Au bout d’un processus électoral controversé et plein de suspicions, les haïtiens seront appelés à élire le 28 novembre le successeur du Président René Préval, lui-même inéligible après deux mandats alternés de cinq ans, 11 Sénateurs et 99 Députés.

 

Jacques Edouard Alexis « se déchaine » : « Préval veut garder le pouvoir, des armes ont été distribuées », dénonce-t-il

Le candidat lançait sa campagne sous le signe de la lutte contre le « petit groupe » qui veut tout accaparer

Radio Kiskeya / lundi 4 octobre 2010

L’ancien premier ministre Jacques Edouard Alexis, candidat à la présidence sous la bannière du parti Mobilisation pour le Progrès d’Haïti (MPH), a inauguré lundi sa campagne électorale à Port-au-Prince par une attaque en règle contre le chef de l’Etat, ses candidats et le « petit groupe » qu’il dit être derrière eux et dont le mobile n’est autre que de garder le pouvoir.

« Je n’ai plus aucun rapport avec le président René Préval », a scandé M. Alexis, ovationné par plusieurs dizaines de supporters, des jeunes pour la plupart. Il a imputé au chef de l’Etat l’intention de tout faire en vue de garder le pouvoir. Au nombre des manœuvres entreprises à cette fin, le candidat a fait état de la distribution d’armes à travers le pays.

« Le président Préval a bouclé son mandat, il doit partir », a encore déclaré M. Alexis sur un ton enflammé. Comme pour paraphraser l’ancien président Jean Bertrand Aristide réfugié en Afrique du Sud qui, dans ses rares interventions, a implicitement qualifié M. Préval de traitre, M. Alexis a dénoncé les traitres et l’ingratitude, terme qu’il a tout de suite traduit en créole (engratitid) pour mieux indiquer ce à quoi il voulait faire référence, la consonnance des deux dernières syllabes du mot référant au sobriquet d’Aristide « Titid ». Le chef de l’Etat avait rejeté le choix de M. Alexis au profit de celui de M. Jude Célestin (alors directeur du Centre National des Equipements, CNE) pour représenter la plateforme officielle INITE (Unité) à l’élection présidentielle.

L’ancien premier ministre s’est engagé à lutter contre le « petit groupe » qui cherche à tout accaparer, tout en reconnaissant que les choses ne seront pas faciles.

Il a aussi préconisé l’art de ne plus négocier « tête baissée » et de retrouver la fierté qui caractérisait l’haïtien, se référant implicitement à la toute puissance de l’étranger actuellement sur le terrain.

Evoquant l’année scolaire dont l’ouverture coïncidait avec le lancement de sa campagne électorale, M. Alexis qui a été ministre de l’éducation nationale puis deux fois premier ministre, s’est engagé à doubler le budget de l’éducation s’il accède à la présidence.

Il a également promis de tout entreprendre en vue de favoriser l’afflux d’investissements directs en Haïti.

Le candidat à la présidence du MPH a enfin lancé un appel à la mobilisation pour éviter la manipulation des résultats des élections.

Outre les partisans chauffés à blanc, dont l’épouse du candidat Mme Fédérika Alexis, on pouvait remarquer dans l’entourage de M. Alexis le président du MPH, Samir Mourra, et l’ancien vice-président du Conseil Electoral Provisoire (CEP), Rodol Pierre, qui avait dénoncé, jusqu’à devoir abandonner son poste, les graves irrégularités dont l’organisme électoral s’était rendu coupable dans l’Artibonite et le Sud, lors des dernières élections pour le renouvellement du tiers du Sénat.

 

Haïti – Reconstruction : Bill Clinton en Haïti mercredi
HAITI LIBRE – 05/10/2010 18:07:31

Haïti - Reconstruction : Bill Clinton en Haïti mercrediL’ex-Président américain Bill Clinton sera en Haïti, demain mercredi 6 octobre. Il visitera un camps d’hébergement, aura une réunion sur le logement avec le Premier Ministre haïtien, Jean Max Bellerive avant de co-présider, ce même jour, la troisième réunion de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH)
Lors de cette réunion les membres du Conseil feront le suivi des projets approuvés lors de la réunion précédente du 17 août dernier [état d’avancement et financement] et verra à l’approbation de nouveaux projets visant à faire progresser la reconstruction du pays.
Rappelons que des projets pour près d‘1,6 milliards avait été approuvés lors de la réunion précédente mais que moins de la moitié du financement avait été identifié ou était disponible.

 

9 mois après le séisme du 12 janvier 2010
Haïti n’a pas rompu avec le cycle de dépendance internationale, selon la Papda

P-au-P, 5 octobre 2010 [AlterPresse] — Près de 9 mois après le séisme du 12 janvier 2010, le pays demeure très vulnérable et les mécanismes comme la commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (Cirh) et l’annulation des dettes ne font que renforcer sa dépendance vis-à-vis de la communauté internationale, considère la plateforme de plaidoyer pour un développement alternatif (Papda).

« Après les grandes promesses faites le 31 mars, la situation du pays demeure fragile. Nous faisons face à une très grande vulnérabilité et une très grande précarité », analyse Camille Chalmers, secrétaire exécutif de la Papda, lors d’une conférence de presse ce mardi 5 octobre, à laquelle a assisté l’agence en ligne AlterPresse.

« 9 mois après le tremblement de terre, il est inacceptable que seulement 4% des débris aient été ramassés, seulement 2 à 3% des fonds promis décaissés, qu’un organisme qui s’est donné des responsabilités aussi importantes dans le cadre de la crise comme la Cirh réalise seulement sa 3e rencontre », juge la Papda.

Institution « grandement dominée par la volonté des institutions financières internationales, notamment la Banque mondiale », responsable de la gestion du fonds multidonneurs, la Cirh pourrait se réunir davantage via des téléconférences, signale la Papda.

Aide internationale ou “business as usual” ?

La Papda trouve « choquant » que la crise post-séisme n’ait pas modifié les rapports des puissances donatrices avec l’État pauvre caribéen.

Alors que, le 31 mars 2010, le principe adopté consistait à soutenir, par des dons, le pays, tout juste ravagé par un violent tremblement de terre, le Fonds monétaire international (Fmi) a plutôt mis en place un mécanisme financier pour prêter de l’argent à Haïti « à des taux d’intérêts croissants à partir de la première année ».

Comme plusieurs institutions internationales, la Banque inter-américaine de développement (Bid) a annulé totalement la dette d’Haïti à son égard.

Cependant, « Haïti n’est pas vraiment sortie du piège de la dette, même s’il y a une réduction significative du volume des dettes réclamées »

De plus, « le dossier de la dette [contractée] envers la Bid est entaché de plusieurs scandales… Suite à la crise de 1995, certains fonds déjà votés par la Bid n’ont jamais été décaissés, mais ont, tout de même, donné lieu à des flux de paiements. Haïti a payé pour des sommes d’argent qu’elle n’a jamais reçues », rappelle l’économiste Chalmers.

Tout en reconnaissant que les annulations de la dette externe constituent un pas en avant.

La Papda condamne les conditions de ces annulations.

« Il n’y a aucune réponse possible à la crise aujourd’hui à l’intérieur des mécanismes traditionnels. Et toutes les annonces, à travers la Cirh ou par l’annulation de dettes, rentrent dans le cadre des mêmes mécanismes de renforcement de la dépendance et de domination du pays ».

Pour cette raison, la Papda appelle le gouvernement et la population à ne pas « rester les bras croisés à attendre le décaissement des fonds [de reconstruction] qui ne sont que des promesses ».

« Une solidarité inter-haïtienne extraordinaire s’était déjà manifestée après le 12 janvier et doit aujourd’hui être appuyée par des politiques concrètes et des mécanismes de financements alternatifs ».

La solidarité haïtienne doit être la première réponse à la crise post-séisme et les ressources externes doivent rester complémentaires, martèle Camille Chalmers, réitérant la proposition de la Papda en vue de créer « un impôt de la solidarité haïtienne ».

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