MARDI 12 OCTOBRE 2010

12 Oct

Jean-Max Bellerive attendu mercredi en Argentine

Le Premier ministre doit discuter notamment avec la Présidente Cristina Fernàndez de Kirchner du renforcement de la coopération bilatérale

Radio Kiskeya / lundi 11 octobre 2010

Le Premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, effectue à compter de mercredi une visite officielle à Buenos Aires au cours de laquelle il s’entretiendra notamment avec la Présidente Cristina Fernàndez de Kirchner du renforcement des relations bilatérales, rapporte un communiqué du gouvernement argentin.

Durant son séjour, M. Bellerive aura aussi des discussions avec le chancelier argentin Héctor Timerman et l’ancien Président Néstor Kirchner, actuel secrétaire général de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR).

La durée de la visite en Argentine du chef du gouvernement haïtien n’a pas été précisée.

Le communiqué souligne qu’en 15 ans de solidarité, Buenos Aires n’a cessé de « se joindre aux efforts du gouvernement et du peuple haïtiens en vue de consolider le système démocratique, renforcer les institutions du pays et promouvoir le bien-être de la population ».

Rappelant son engagement militaire au sein de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) déployée en Haïti depuis 2004, l’Argentine a également mis en relief son assistance post-séisme au pays à travers, d’une part, les mécanismes bilatéraux de coopération et de l’autre, par le biais de l’UNASUR.

Cette entité qui réunit les douze Etats sud-américains a créé le 31 août dernier un bureau technique à Port-au-Prince destiné à dynamiser la coopération entre les deux parties en fonction des priorités du gouvernement haïtien.

 

RADIO METROPOLE / Mardi, 12 octobre 2010 05:44

Candidats et électeurs se méfient des sondages

Des électeurs et des candidats affichent leur scepticisme vis-à-vis des sondages réalisés au cours de ces derniers mois. Alors que les 6 candidats arrivés en tête lors des deux sondages sont relativement satisfaits, la majorité des candidats à la présidence et au sénat critiquent les résultats de ces enquetes du Brides.
Plusieurs candidats et dirigeants de partis politiques dont, Jean Henry Ceant ( Renmen Ayiti) et Genard Joseph ( Solidarité), estiment que les résultats des sondages du Bureau de Recherches en Informatique et en Développement Economique et Social (BRIDES) ne reflètent pas la réalité. Les dirigeants du regroupement Lavni de Yves Christalin ont également critiqué les résultats du sondage l’assimilant à du copier-coller d’enquête réalisée dans les pays développés. Selon M. Christalin ces sondages traduisent la méconnaissance des réalités du pays par ses élites.
Les deux sondages du Brides avaient été commandités par le Forum Economique du Secteur Privé (FESP).
Wyclef Jean, qui entend jouer un rôle important dans la campagne électorale, est également sceptique vis-à-vis du sondage. Le candidat exclu de la course présidentielle craint une tentative de manipulation de l’opinion.
Cet avis est partagé par de nombreux électeurs potentiels. Des résidents de la capitale ne font pas foi aux résultats des sondages. La majorité des Port-au-Princiens, interrogés lors d’un micro-trotoir de radio Métropole, sont méfiants vis-à-vis des sondages réalisés en Haïti.
En fait les haïtiens doutent de la crédibilité des institutions impliquées dans la collecte des données. Un résident de la capitale assure que les résultats d’un sondage fiable ou non influeront le vote des citoyens.
Selon les deux derniers sondages du Brides, 6 personnalités se détachent du groupe des 19 candidats. Il s’agit de Myrlande Manigat, Jude Célestin, Charles Henry Baker, Michel Martelly, Jacques Edouard Alexis et Chavannes Jeune.

 

Andy Apaid, chef de campagne de Charles Henri Baker, selon Margareth Fortuné

L’ancien leader du Groupe des 184 revient sur la scène politique après une longue éclipse qui a vu disparaître tant le mouvement de convergence des différentes composantes de la société civile que le projet de « nouveau contrat social »

Radio Kiskeya / lundi 11 octobre 2010

André Apaid Junior, l’ancien leader du Groupe des 184, une plateforme de la société civile haïtienne qui avait joué un rôle historique dans la chute de Jean-Bertrand Aristide, en 2004, est devenu le chef de campagne de Charles Henri Baker, candidat à la présidence de RESPE, a annoncé lundi l’une des candidates du parti, Margareth Fortuné.

Beaux-frères et industriels, Apaid et Baker, faisaient tous deux partie de l’état-major du Groupe des 184, fer de lance avec les partis de l’oppostion démocratique, du mouvement de contestation populaire GNB qui -parallèlement aux pressions diplomatiques des puissances occidentales et à la progression d’une insurrection armée- allait jouer un rôle déterminant dans le départ en exil du Président Lavalas.

Totalement retiré de la vie publique depuis près de six ans, Andy Apaid n’avait pas encore lundi confirmé son nouveau rôle central au sein de la campagne électorale de Charles Henri Baker. Le candidat était troisième aux présidentielles de 2006 derrière René Préval, arrivé aujourd’hui presqu’à la fin de son deuxième mandat, et Leslie Manigat, Président éphémère d’Haïti de février à juin 1988.

Beaucoup n’ont toujours pas compris la disparition inexpliquée de M. Apaid de la scène politique, encore moins la dissolution du Groupe des 184 dont les principaux leaders, issus de l’aile dite « progressiste » du secteur privé des affaires et de l’avant-garde de la société civile organisée, ambitionnaient de proposer au peuple haïtien un projet révolutionnaire baptisé « nouveau contrat social ».

 

Le sénateur de l’Artibonite Youri Latortue dénonce des violations par INITE des règles fixées par le CEP et des actes d’intimidation contre la population

Il annonce avoir entrepris « des démarches » en vue de protéger la population contre les manœuvres d’intimidation

Radio Kiskeya / lundi 11 octobre 2010

Le dirigeant du parti « Haïti en action » et sénateur de la république, Youri Latortue, a dénoncé lundi le fait par des candidats de la plateforme présidentielle INITE (Unité) et leurs partisans de tenir des rassemblements publics dans le département de l’Artibonite, en dépit de l’interdiction y relative jusqu’au 15 octobre décidée par le Conseil Electoral Provisoire (CEP) .

Le parlementaire déclare partager les inquiétudes de la population que des troubles n’éclatent à l’occasion des élections. Pour cette raison, il appelle les conseillers électoraux à assumer leurs responsabilités en sanctionnant les auteurs des violations.

Il demande aussi à la justice d’agir avec impartialité contre « les dirigeants de la plateforme INITE qui ont mis des ressources publiques à la disposition de leurs candidats ». Il juge anormal que des candidats proches du pouvoir utilisent lesdites ressources à leur profit et à celui de leurs partisans et menacent de surcroit les partisans des autres partis et candidats.

Sans donner trop de précision, Youri Latortue déclare avoir entrepris des « démarches » en vue de faire cesser les manœuvres d’intimidation des partisans de INITE contre la population de l’Artibonite.

Ces dénonciations surviennent à un moment où de plus en plus de voix s’élèvent pour faire état de l’éventualité que les élections donnent lieu à des actes de violence en certains endroits. Ce fut le cas dans l’Artibonite et le Centre lors de récentes législatives.

 

Haïti-Elections : La Mission d’Observation OEA CARICOM signale des accrocs

P-au-P, 12 oct. 2010 [AlterPresse] — La Mission d’Observation Electorale Conjointe de l’Organisation des Etats Américains (OEA) et de la Communauté Caribéenne (CARICOM) (MOEC), présente dans les 10 départements du pays, signale des accrocs au niveau de la campagne électorale.

Certains candidats se sont impatientés et n’ont pas observé les consignes de mutisme au cours de la première phase de la campagne, débutée le 27 septembre dernier, déclare la mission dans un communiqué transmis à AlterPresse.

Durant la première phase de la campagne, le CEP a autorisé les candidats à entreprendre une campagne visuelle consistant à apposer des posters et des affiches dans des lieux stratégiques de la capitale.

La MOEC indique également qu’elle a reçu des plaintes selon lesquelles des matériels et ressources de l’État sont utilisés dans la campagne électorale.

Cette pratique est interdite par l’article 121 de la loi électorale.

Les observateurs invitent toutes les parties engagées dans la course électorale à respecter tous les principes destinés à garantir l’équité et la bonne marche du processus des élections.

« La vigilance combinée des acteurs politiques et des observateurs nationaux et internationaux contribuera à assurer des élections libres et crédibles », estime la MOEC.

La seconde phase de la campagne électorale commencera le 15 octobre et la diffusion de spots publicitaires dans les médias ainsi que des rassemblements politiques sur la voie publique sont prévus.

 

Haïti – Patrimoine : Le marché Hyppolite, étape décisive
HAITI LIBRE – 12/10/2010 05:09:04

Haïti - Patrimoine : Le marché Hyppolite, étape décisive La restauration du marché Hyppolite, classé Patrimoine National par arrêté présidentiel en date du 11 mai 2010, est arrivée, à une étape décisive de son exécution. Nombres de pièces métalliques de la structure du marché, particulièrement les colonnes, ou des parties entière de l’édifice, tels les pignons du pavillon central, les quatre tours, les ouvertures, les arcades et les grillage en fer forgé ont été transportés aux ateliers de ferronnerie Art et Ambiances de Drouillard pour subir des interventions de restauration. Ces interventions ont débuté par le décapage des couches de peintures appliquées successivement depuis plus d’un siècle sur le bâtiment. Puis les ouvriers ont procédé au brossage délicat de chacune de ces pièces métalliques afin d’ôter toute traces de rouille ou de résidus de peinture.
Des interventions de restauration ou de substitution de parties manquantes suivent au fur et à mesure de l’avancement des travaux de nettoyage. Une fois ce lent et ardu processus terminé, les pièces métalliques seront prêt à recevoir une couche de peinture de base servant de protection contre les intempéries avant de recevoir les couches finales. Le choix des teintes finales à appliquer sur le bâtiment restauré n’a pas été simple. Des rapports d’analyse en laboratoire ont décelé que le bâtiment avait en plusieurs fois changée de coloris en son siècle d’existence. Le choix définitif porta, après maintes considérations esthétiques et historiques, sur la teinte la plus proche de celle qu’elle portait avant l’incendie du 29 mai 2008.Trois hangars industriels ont été nécessaires pour héberger les pièces et les parties de l’édifice en restauration. Encore que les quatre tourelles centrales ont du être posées sur des socles en béton aménagées pour elles sur la cour : leur imposantes dimensions empêchaient leur installation dans les hangars.
A l’atelier de Drouillard, une soixantaine d’ouvriers, formée en la circonstance, et de techniciens spécialisés en constructions métalliques s’activent à des tâches diverses, sous la direction des restaurateurs : Eveline Craan, architecte, Philipe Dodard, peintre et sculpteur, Dimitri Craan, ingénieur, Guy Constant, graphiste. Françoise Kénol-Berhmann, architecte de la firme IDCO assure la supervision technique et architecturale des travaux de restauration au nom de l’ISPAN.
Georges Howard, opérateur des travaux de restauration du Marché Hyppolite fait la navette entre les Ateliers de Drouillard et le chantier de la rue Traversière où les travaux de reprise des fondations de la halle nord sont achevées, ainsi que la dalle de plancher. Une première cargaison de pièces métalliques (colonnes, poutres, etc.) forgée à Etats-Unis dans les ateliers de la Helmark Steel Inc. est arrivée au port le 28 septembre et immédiatement acheminée à pied d’œuvre. Leur montage a débuté le 29 septembre.
A cette étape, tous les efforts des architectes, des ingénieurs, des techniciens et des ouvriers sont concentrés sur la date butoir du 12 Janvier 2011, qui ramènera le premier anniversaire du séisme, date retenue pour l’achèvement des travaux.

 

Edwin Paraison croit au «Haitian Dream»
HAITI LIBRE – 12/10/2010 11:50:37

Haïti - Économie : Edwin Paraison croit au «Haitian Dream» Lors de la clôture, ce week-end dernier à Montréal, du premier forum d’Affaires Québec-Haïti, Edwin Paraison, le Ministre des Haïtiens vivant à l’étranger a offert à la diaspora, l’encadrement de son ministère dans leur quête de participation aux activités économiques et financières du pays.
Le Ministre Paraison juge incontournable « la création de partenariats et d’alliances stratégiques » entre les gens d’affaires de la diaspora, les intervenants canadiens et les acteurs locaux en Haïti.
Le Ministère des Haïtiens Vivants à l’Étranger (MHAVE) se veut être la « porte d’entrée de la diaspora en Haïti afin de faciliter toutes les démarches administratives visant le placement de capitaux et la création d’emplois par la diaspora et ses partenaires étrangers » a précisé le Ministre.
Edwin Paraison a notamment fait état de services d’accompagnement du ministère aux acteurs potentiels, d’assistance juridique et technique pour l’enregistrement de nouvelles compagnies, la participation aux centres de décision, l’intégration aux projets de reconstruction, les services de communication et de diffusion d’informations. Il a par ailleurs rappelé la loi sur les privilèges de Juin 2002, qui dispense les membres de la diaspora ayant acquis entre autres une autre nationalité, d’avoir un visa d’entrée au pays, et de l’accomplissement des formalités relatives au permis de séjour, de la formalité liée a la licence des étrangers, de l’autorisation du Ministère de la justice pour acquérir toutes propriétés immobilières et du paiement des taxes afférentes.
De même, le MHAVE a soumis à l’exécutif un projet de loi pour l’organisation de la coopération inter-haïtienne, et se dit prêt à signer avec le Ministère des Affaires Étrangères un accord facilitant sa représentation permanente auprès des communautés de l’extérieur. Pour le Ministre le « Haitian Dream » d’une nouvelle Haïti est possible avec la « pleine et entière participation de la diaspora ».

 

Haïti – UEH : Rentrée universitaire en janvier 2011
HAITI LIBRE – 12/10/2010 10:11:27

Haïti - UEH : Rentrée universitaire en janvier 2011 Wilson Laleau, le vice-recteur de l’Université d’État d’Haïti (UEH) a confirmé hier que la rentrée universitaire se fera en janvier 2011, pour toutes les entités de l’UEH à l’exception de la Faculté des Sciences Humaines et de la Faculté d’Odontologie.
Le vice-recteur à tenu à préciser qu’aucun étudiant ne pourra fréquenter deux entités de l’UEH à la fois » et que le recteur prendra toutes les mesures nécessaires contre tout étudiant qui voudrait contourner cette disposition. Il a profité de cette annonce pour faire appel à la compréhension des étudiants.
Margareth René, quant à elle, a fait savoir que l’inscription se fera en trois étapes. Paiement de 500 gourdes pour chaque dossier déposé (3 au maximum), remplir les formulaires d’inscription, déposer les dossiers d’inscription dans les facultés choisies par l’étudiant. « Une fois admis, l’étudiant devra choisir l’une d’elles, même s’il réussit le concours de toutes les facultés ».
Pour sa part, Gerin Colo, le doyen de la Faculté de Droit a indiqué que « chaque étudiant postulant peut s’inscrire dans trois unités de l’UEH mais qu’il devra ensuite choisir l’unité au sein de laquelle il suivra ses cours ». Il a rappelé que la plupart des universités publiques et privées du pays ont été détruites ou gravement endommagées par le séisme de janvier, et que ces mesures visaient à faciliter l’entrée à l’UEH au plus grand nombre possible d’étudiants, ajoutant que « l’UEH n’a pas les moyens de faire face a la pression de la demande ».

 

Haïti – Insécurité : Tentative de kidnapping à Thomassin, un blessé
HAITI LIBRE – 12/10/2010 13:29:22

Haïti - Insécurité : Tentative de kidnapping à Thomassin, un blessé Vendredi dernier, une semaine après un cas semblable qui avait échoué, des hommes armés ont tendu une nouvelle fois, une embuscade devant une résidence de Thomassin. Les ravisseurs ont forcé le conducteur à descendre de son véhicule et à les suivre sous la menace de leurs armes.
Rapidement alerté par les proches de la victime, le commissariat de Thomassin a immédiatement fait bouclé le secteur. L’intervention rapide des forces de l’ordre a contraint les ravisseurs a abandonner leur sordide projet. Malheureusement lors de cette opération, l’un des ravisseurs avant de s’enfuir, à fait feu à deux reprises sur leur otage, le blessant à la main et au visage avant d’abandonner la victime dans son sang. Le conducteur blessé à été rapidement transporté à l’hôpital où ses jours ne sont pas en danger.
Toutefois, malgré le déploiement rapide des forces de l’ordre, et le bouclage de la zone, les ravisseurs ont pu passer au travers des mailles du filet policier. Aucune personne n’a été appréhendée.

 

RADIO METROPOLE / Mardi, 12 octobre 2010 10:58

Un employé de Caritas abattu par des bandits

Un employé de Caritas Suisse a été abattu vendredi dernier à Port-au-Prince. La victime avait quelques minutes auparavant effectué une transaction dans une banque commerciale. L’identité de l’individu âgé de 27 ans n’a pas été révélée par les autorités.
Le porte-parole de Caritas, Grégoire Praz, révèle que la victime, chauffeur du délégué de Caritas Suisse, venait d’encaisser un chèque de 2.000 dollars sur mandat de Caritas pour changer la batterie de la voiture. M. Praz a soutenu que le malfrat n’avait pas pu s’emparer de l’argent car le chauffeur s’était enfermé dans la voiture.
Les autorités policières haïtiennes auraient ouvert une enquête sur ce crime.
Des dispositions visant à mieux protéger les employés de Caritas n’ont pas encore été appliqués.
En dépit de cet assassinat, Caritas entant poursuivre son œuvre humanitaire en Haïti. L’organisation vient de débuter la reconstruction de 1.700 maisons à Gressier, à l’ouest de Port-au-Prince. Ces derniers jours une certaine recrudescence des actes de violence est enregistrée dans la région métropolitaine.

 

Haïti: la république des ONG

La reconstruction est mal partie. La mise en... (PHOTO: MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE)

La reconstruction est mal partie. La mise en oeuvre des projets est lente, plus d’un million de sinistrés vivent toujours dans le dénuement complet.

PHOTO: MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

Jocelyn Coulon
L’auteur (j.coulon@cerium.ca) est directeur du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix, affilié au CERIUM de l’Université de Montréal.

Au moment où l’ancienne gouverneure générale du Canada Michaëlle Jean s’apprête à assumer ses responsabilités d’envoyée spéciale de l’UNESCO en Haïti, le représentant de l’ONU sur place lance un cri d’alarme. Ce pays est devenu une république aux mains des ONG et les choses stagnent dans ce pays, dit-il. Il faut tout revoir.

Edmund Mulet, le représentant spécial de l’ONU en Haïti et chef de la MINUSTAH, est d’un naturel calme et posé. Il a traversé de rudes épreuves comme opposant au Guatemala où il a été emprisonné. Négociateur impliqué dans les processus de paix en Amérique centrale, il sert l’ONU depuis une décennie. Il y représente la quintessence de son corps diplomatique. Au cours des dernières années, j’ai eu la chance de le rencontrer et de discuter longuement avec lui. Jamais un mot plus haut que l’autre. Sur Haïti, visiblement, il est exaspéré. Il ne mâche pas ses mots.

Dans un entretien accordé à l’agence Reuters la semaine dernière, M. Mulet regrette que les milliards de dollars investis en Haïti depuis longtemps n’aient eu «?aucun impact sur l’État de droit?». «?Cela doit changer?», insiste-t-il. Il reconnaît que la communauté internationale, inquiète des risques de corruption et d’instabilité politique, est responsable d’avoir affaibli le gouvernement haïtien et d’avoir fait du pays une «?république des ONG?» en créant des «?structures parallèles dans l’éducation, la santé et toutes sortes de secteurs que les Haïtiens eux-mêmes devraient assumer?». Pour le diplomate, «?nous devons changer notre manière de travailler en Haïti?» et «?oeuvrer avec le gouvernement et les institutions en place.?»

L’attaque est frontale. Est-elle justifiée?? Edmond Mulet est un témoin privilégié et crédible. Il était déjà en Haïti comme représentant spécial de l’ONU entre 2006 et 2007, avant les ravages du tremblement de terre, avant que l’industrie des bonnes causes ne s’installe pour apporter le bien. Il constate, et ce qu’il voit ne lui plaît pas. Il reprend, à sa manière, l’adage voulant que l’enfer soit pavé de bonnes intentions. Les Haïtiens sont exclus, ils n’ont pas voix au chapitre. Les quelque 10 000 ONG présentes en Haïti et les représentants des organisations internationales et des gouvernements étrangers font la pluie et le beau temps. Ils ont créé un état de dépendance envers l’aide étrangère qui favorise l’irresponsabilité et l’inertie. La reconstruction est mal partie, elle risque de dérailler. La mise en oeuvre des projets est lente, plus d’un million de sinistrés vivent toujours dans le dénuement, et la campagne électorale apporte chaque jour son lot de frustration.

Les interventions internationales en Haïti depuis 1990 ont souvent fait l’objet de critiques sévères. Ainsi, en 2003, une évaluation de l’ACDI sur l’intervention canadienne dans ce pays entre 1994 et 2002 afin de former la police nationale et de moderniser les institutions judiciaires et politiques a conclu à l’inefficacité de plusieurs programmes d’aide en Haïti. En particulier, les résultats obtenus après quelque 60 millions de dollars d’investissement dans l’aide à la gouvernance et au développement de la démocratie ont fortement déçu.

Edmond Mulet serine un air déjà connu. Sa dénonciation de la république des ONG est sans doute sévère, car, après tout, ces dernières font un travail nécessaire dans un pays où 30?% des fonctionnaires et des cadres étatiques ont péri dans le tremblement de terre de janvier dernier. Pourtant, nous aurions tort d’ignorer son constat. Le contexte est aujourd’hui différent d’il y a une décennie. La volonté internationale et l’aide financière sont présentes afin, non de tout changer, mais d’offrir un espoir aux Haïtiens. Quelque 10 milliards de dollars ont été promis pour la reconstruction, et un ancien président américain porte le flambeau de cet effort. Cela ne se représentera pas. D’où la nécessité de bien écouter Edmond Mulet et de réfléchir sérieusement à l’avenir de Haïti, avec les Haïtiens.

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