MERCREDI 13 OCTOBRE 2010

13 Oct

 

ÉDITORIAL :

Magistral cours inaugural !

LE SOLEIL, DAKAR / 14 OCTOBRE 2010

Hier, le peuple sénégalais a accueilli dans la dignité et l’honneur des enfants d’Haïti, avec à sa tête le président de la République, Me Abdoulaye Wade, entouré des membres de l’Assemblée nationale, du Sénat, du Gouvernement, du Corps diplomatique, d’éminentes personnalités et de nombreux invités. A travers un discours de très haute facture, Me Wade a reçu ses hôtes du jour, étudiants et étudiantes haïtiens, les invitant à s’abreuver au puits du savoir, au pays de Kocc Barma, celui de la Téranga.

Dans son adresse, il a encore magnifié la solidarité africaine, une solidarité agissante par l’exemple, loin des discours creux, comme il a eu à le démontrer dans d’autres circonstances, par exemple lors d’un autre élan de solidarité qu’il avait manifesté, il y a quelques années, après qu’un cataclysme naturel a frappé le peuple algérien.

Cette solidarité agissante, que le Sénégal et ses enfants ont manifestée, hier, au peuple haïtien à travers ces 163 étudiants et étudiantes, est le signe évident et manifeste que nous constituons une nation de cœur et de générosité, qualités portées très haut par son premier Magistrat. Intellectuel désintéressé et fier de son continent, confiant en ses fils qu’ils sauront relever les défis du développement, Me Wade vient encore une fois de démontrer que, comme l’enseignent les Livres saints, la Thora, la Bible et le Coran, la seule quête de l’Homme doit être la sollicitude envers son prochain.

Dans les universités et écoles qui vont les accueillir, les jeunes haïtiens cohabiteront dans la fraternité avec d’autres Sénégalais et Africains qui ont pris la ferme résolution d’aller à la source du Savoir où il ne peut exister aucune discrimination si l’on a la foi devant la connaissance que tous les hommes sont égaux. Petit pays sahélien sans grandes richesses naturelles particulières, le Sénégal a démontré, hier, à la face du monde, que la seule vraie richesse est le partage sincère et profond, l’amour et la générosité non feints envers son semblable. Lors de cette arrivée à Dakar, aux pieds du majestueux Monument de la Renaissance, les étudiants haïtiens ont suivi leur premier cours inaugural avec, à la chaire, un professeur de talent en la personne du président de la République.

Le discours de Me Abdoulaye Wade a été un cours magistral, le premier que ces jeunes haïtiens ont suivi avec intérêt avant d’intégrer dans quelques jours les différentes facultés qui vont les accueillir. Le décor rappelait ces grands temples de la Rome antique, lieux de savoir, de science et de sagesse. Dans les pensées de ces jeunes se bousculaient certainement les images de leur pays ravagé par un violent séisme, le 12 janvier dernier, la séparation avec leur famille et leurs proches certainement empreinte d’émotion et inondée de pleurs, le rêve de revenir pour participer à la construction d’un pays qui les a vu naître et grandir. Me Wade, le professeur du jour, le professeur qu’il est resté, a aussi assurément touché une fibre sensible lorsqu’il a évoqué la Renaissance africaine.

Ces étudiants, porteurs des aspirations de développement de la lointaine, mais si proche Haïti, ont suivi, avec toute l’attention qui sied devant un sage, le discours empreint d’espoir que leur hôte leur a servi : un message optimiste, rempli de dignité. Ils se sont subitement retrouvés à Dakar, sur la terre de leurs ancêtres, par un hasard que les caprices de la nature ont dicté, sans y avoir peut-être jamais pensé. Un rêve vécu par ces fils de Haïti, loin de la capitale, Port-au-Prince. Petits-fils d’esclaves de Saint-Domingue dont le violent soulèvement fut à l’origine de la naissance d’Haïti, laquelle devint, en 1804, la première République indépendante composée d’une population essentiellement noire, ils ont de qui tenir par la lignée, le courage et l’abnégation. Me Wade a su toucher une corde sensible en évoquant largement la Renaissance africaine, ciment d’un continent en devenir dans un monde turbulent dont la marche effrénée est dictée par l’avoir et le pouvoir. Haïti et le Sénégal ont des destins communs, pays pauvres, certes, mais où la dignité et l’honneur ont pétri les cœurs, partageant la même langue officielle héritée de la colonisation, séparés par l’Océan Atlantique, mais unis par la solidarité et un amour viscéral de la liberté, de la vérité et de l’honneur.

Ce soir du 13 octobre, date que l’Histoire et l’amitié entre les deux peuples retiendra à jamais, Me Wade a fait vibrer cette fibre profonde qui tisse la noblesse des actes et des propos de deux peuples liés par leur négritude et leur soif de bien-être. L’Histoire retiendra que l’élan de solidarité et de générosité dont Me Wade a fait montre, son peuple partageant cette passion de l’autre, est un acte de foi en l’Homme.

Par Cheikh THIAM

 

Me ABDOULAYE WADE AUX ÉTUDIANTS HAÏTIENS :

« Vous êtes chez vous en terre africaine du Sénégal »

LE SOLEIL, DAKAR / 14 OCTOBRE 2010

Le Monument de la Renaissance africaine a abrité, hier, la cérémonie d’accueil de 163 étudiants haïtiens venus poursuivre leurs humanités en terre africaine du Sénégal. Cela après le tragique tremblement de terre qui a ravagé leur pays, Haïti, le 12 janvier dernier.

Arrivés en bus de l’aéroport, les étudiants haïtiens descendent en ordre et s’installent dans la partie qui leur est réservée sous l’immense tente installée pour les accueillir devant le Monument de la Renaissance. C’est devant ce « symbole de l’Afrique libérée de cinq siècles d’esclavage et deux siècles d’occupation et de domination coloniales », que le chef de l’Etat, Abdoulaye Wade, en présence de son homologue de la Guinée-Bissau, Malam Bacaï Sanha, du Premier ministre du Niger, des chefs du Parlement sénégalais, de membres du Gouvernement, de diplomates et d’une nombreuse foule, leur a souhaité la bienvenue. « Mes collègues, ainsi que vos frères et sœurs du Sénégal, joignent leurs voix à la mienne pour vous dire notre fierté et notre joie de vous compter parmi nous », a lancé Me Wade à l’endroit des 163 étudiants haïtiens. Le président de la République les a rassurés qu’ils sont partie intégrante de nous-mêmes. « Nous vous devons plus que la Teranga. Vous avez une place dans nos cœurs. Vous êtes chez vous en terre africaine du Sénégal, et je vous invite par conséquent à prendre parmi nous toute la place qui vous revient de droit », a-t-il ajouté.

Le Gouvernement, souligne le président Abdoulaye Wade, a mis en œuvre toutes les mesures nécessaires pour la prise en charge académique, sociale et administrative des 163 jeunes haïtiens afin qu’ils puissent poursuivre leurs études dans les meilleures conditions possibles et être demain les cadres qui seront au premier rang de la reconstruction de leur pays dévasté.

A ces jeunes étudiants haïtiens revenus sur la terre de leurs ancêtres par la « grande porte », Me Wade a dit qu’ils ne sont pas en terrain inconnu du peuple caribéen. Selon le président de la République, des générations d’intellectuels et artistes haïtiens les ont précédés ici. Il a cité parmi eux Gérard Chenet, Jean Fernand Brière, Roger Dorsinville et le célèbre couple, « ses amis » Lucien Lemoine et Jacqueline Scott Lemoine, arrivés au Sénégal en avril 1966, à l’occasion du premier Festival mondial des Arts nègres dont la troisième édition se tiendra au Sénégal, du 10 au 31 décembre prochain. Me Abdoulaye Wade a exhorté les étudiants haïtiens à s’inspirer de ces illustres pionniers, figures emblématiques du monde des arts et de la culture sénégalais qui ont, tous, par leur talent exceptionnel, apporté une contribution inestimable au patrimoine national du Sénégal, leur pays d’adoption.

« Vous pouvez le faire parce que je sais que chacun de vous porte en lui une formidable ambition de réussir pour être utile à lui-même, à sa famille et à son pays. Vous pouvez le faire parce que je sais qu’en chacun de vous habite un génie créateur qui ne demande qu’à éclore tel le bourgeon fécondant qui porte l’heureuse promesse d’une moisson future », a-t-il lancé à l’endroit des jeunes étudiants.

Aboutissement d’un long combat

En remerciant Malam Bacaï Sanha, président de la République de Guinée-Bissau et Mahamadou Danda, Premier ministre du Niger, témoins de la cérémonie d’hier, Me Wade, affirme que par leur présence, ils donnent assurément à la manifestation l’élan de solidarité panafricaine que « nous devons à Haïti, première force noire ayant défait le colon pour s’établir en République ». Cette expédition humanitaire concernant 163 étudiants, geste du chef de l’Etat sénégalais, est, selon Lamine Bâ, ministre conseiller auprès du président, chargé des Affaires internationales et des Actions humanitaires, l’aboutissement d’un long combat pour la Renaissance africaine. Chaque étudiant et étudiante haïtiens, selon le ministre conseiller, aura dès aujourd’hui un parrain, une marraine.

« Ce pays est le vôtre, vous y serez accueillis en fils, fille, frère, sœur », a alors lancé le Professeur Iba Der Thiam. En évoquant l’histoire pour rappeler les liens profonds qui lie le Sénégal, l’Afrique, à Haïti et à la diaspora noire, le Pr. Thiam juge que l’accueil des étudiants haïtiens est une merveilleuse leçon d’humanisme, de partage, d’amour dans la pure Téranga sénégalaise. Un don de soi aux autres, qui ne connaît ni race, ni pauvre, ni riche…

Diaspora haïtienne à Dakar

Le Sénégal et Abdoulaye Wade, son président, estime le ministre haïtien de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique, Evans Lescouflair, en choisissant d’accueillir une cohorte aussi importante d’étudiants haïtiens, envoie un signal fort qui revêt une triple signification. « Vous aidez Haïti à se reconstruire, en permettant à sa force vive de se doter de savoir, de savoir-faire l’habilitant à participer à cette tâche de refondation du pays… », a affirmé Evans Lescouflair, chef de la délégation haïtienne et représentant, hier, à la cérémonie de Dakar, le président René Préval, empêché. Visiblement très émue, Jacqueline Scott-Lemoine, artiste d’origine haïtienne et veuve du poète et comédien Lucien Lemoine, a ensuite témoigné et raconté sa passion pour l’Afrique qui dure depuis 1966 aux 163 jeunes étudiants haïtiens. « Le 10 avril 1966, le Sénégal nous accueillait les bras ouverts, avec Téranga, sans même que nous connaissions la signification du mot. Nous étions adoptés, mon mari et moi. Partout où je me suis trouvée en Afrique, je me suis fait des amis. Faites comme moi… », a lancé la doyenne Jacqueline à ses jeunes compatriotes. Elle leur a demandé également de suivre les pas de leurs illustres aînés haïtiens et prédécesseurs à Dakar, avant d’entonner l’hymne national du Sénégal sous les applaudissements du nombreux public présent au pied du Monument de la Renaissance africaine.

Omar DIOUF

 

Haïti – Sénégal : 163 étudiants haïtiens sur la terre de leurs ancêtres
HAITI LIBRE – 13/10/2010 19:43:21

Haïti - Sénégal : 163 étudiants haïtiens sur la terre de leurs ancêtres Les 163 étudiants haïtiens, invités à poursuivre leurs études au Sénégal dans les différentes universités sénégalaises, sont arrivés en provenance de Port-au-Prince aux environs de 17:00 heures, à l’aéroport international Léopold Sedar Senghor de Dakar à bord d’un vol spécial affrété par le gouvernement sénégalais.
À leur descente d’avion, les étudiants haïtiens vêtu de tee-shirts pour la circonstance sur lesquels on pouvait lire « Merci au président Wade et au peuple sénégalais » ont été accueillit par Amadou Tdiane Ba, le ministre ministre de l’Enseignement supérieur, des centres universitaires régionaux et de la Recherche scientifique et Kalidou Diallo, le ministre de l’Enseignement préscolaire, du Moyen secondaire et des Langues nationales.
Étaient aussi présents Moustapha Guirassy, le ministre de la Communication et des Télécommunications et porte-parole du gouvernement et Ibrahima Sarr, le ministre délégué chargé de l’Ėnergie à côté d’autres personnalités et de nombreux Sénégalais venu réserver un accueil chaleureux aux étudiants haïtiens.
Les étudiants ont ensuite prit la direction du Monument de la Renaissance africaine, où une cérémonie était organisée en leur honneur en présence du président de la République, Abdoulaye Wade. Était aussi présent Malam Bacaï Sanhai, le président de la Guinée Bissau et Mahamadou Danda le Premier ministre du Niger.
Au pied du Monument de la renaissance africaine, inauguré il y a six mois à Dakar, le président Abdoulaye Wade a fait longuement le lien entre l’arrivée de ces 163 jeunes Haïtiens et le départ, autrefois, de l’île de Gorée (à 3 km au large de Dakar) de millions d’Africains vendus comme esclaves et transportés par les négriers vers l’Amérique et les Antilles. « Nous vous accueillerons comme membres à part entière de nos familles […] le Sénégal n’est pas une terre inconnue pour les Haïtiens […] vous êtes chez vous en terre africaine du Sénégal […] vos ancêtres étaient partis sous la force physique, vous êtes revenus sous la force morale […] ce 13 octobre 2010, marqué du retour de jeunes Haïtiens sur la terre de leurs ancêtres, est une victoire éclatante de l’Afrique, une victoire du peuple noir » a déclaré le Président Wade avant de lancé « vive l’Afrique éternelle, vive le panafricanisme ».
Très émue, la comédienne sénégalaise d’origine haïtienne Jacqueline Scott Lemoine, née il y a 87 ans dans ce petit pays lointain des Caraïbes, a chanté successivement des extraits des hymnes nationaux de ses deux pays.
Prenant la parole au cours de cette cérémonie, Malan Bacai Sanha le Président bissau guinéen a souligné « Je suis venu sur invitation du président Abdoulaye Wade à l’accueil des étudiants haïtiens au Monument de la Renaissance africaine qui montre la grandeur de l’Afrique […] je crois que cet évènement marque le symbole de la solidarité internationale, la solidarité africaine […] Vous êtes chez vous au Sénégal, en Guinée Bissau, en Côte d’Ivoire comme partout en Afrique »
Pour sa part, Evans Lescouflair , le ministre haïtien de la Jeunesse et des Sport, a remercié, au nom du président Réné Préval, le geste du Sénégal. « En choisissant d’accueillir les étudiants haïtiens, vous envoyez un signal, vous aidez Haïti à se reconstruire »

 

Haïti – Jacmel : Faux séisme, au moins 10 élèves blessés
HAITI LIBRE – 13/10/2010 09:35:57

Haïti - Jacmel : Faux séisme, au moins 10 élèves blessés Exactement 9 mois après le séisme qui a frappé Haïti, une situation de panique a régné hier après-midi, 12 Octobre, au Collège Saint Louis de Jacmel situé sur la Barranquilla.
Au moins une dizaine d’élèves ont été blessés et d’autres se sont évanoui lors du passage d’un bulldozer devant cet établissement scolaire.Sentant le sol vibrer, les élèves ont immédiatement pensé qu’il pouvait s’agir d’une réplique sismique, pris de panique beaucoup d’entre eux, qui se trouvaient à l’étage du bâtiment ont sauté par les fenêtres se blessant dans leur chute.
Au moins une dizaine d’élèves ont été transportés rapidement à l’hôpital par une Ambulance de la Croix Rouge régionale. Certains élèves du Collège Saint Louis gravement choqués par cet événement, interrogés par Haitilibre, ont exprimé leurs inquiétudes, malgré que le bâtiment logeant l’école, dont deux étages avaient été détruits a depuis été reconstruit. « Nous sommes tous traumatisés depuis le tremblement de terre dévastateur qui a coûté la vie à plusieurs milliers de nos compatriotes, nous ne pouvons pas oublier cette date du 12 Janvier ni les sensations des secousses » ont-ils précisé.
Djennie Théodore, directrice du Collège Saint Louis de Jacmel qui elle aussi était sous le choc a indiqué que « les autorités de la commune de Jacmel devraient adopter des mesures afin d’interdire la circulation de véhicules lourd pendant les heures de classe ou de ne pas fréquenter les rues où il y a des établissements scolaires en activités ».
Cette situation de panique a paralysé certaines d’autres écoles de la ville, notamment le Lycée Pinchinat et l’école Normale Instituteur. Des rumeurs circulaient en ville concernant un risque de réplique sismique, après vérification auprès du U.S. Geological Survey (USGS) et d’autres centres de surveillance, aucune activité tellurique n’a été signalé à Jacmel ce jour là. La psychose du séisme du 12 janvier dernier demeure un véritable trauma pour de nombreux haïtiens de tout âge et la moindre vibration peut provoquer encore aujourd’hui des mouvements de panique dramatique.
Jean Marc Marcelin, président de l’Association des Éducatrices et Éducateurs de Jacmel (AEJ) qui participait Dimanche 10 Octobre à une émission de Radio, animé par notre Journaliste Claudy Bélizaire à Jacmel, avait plaidé en faveur d’une campagne d’éducation civique dans les écoles visant à former et à sensibiliser les élèves sur le comportement qu’ils devraient avoir en cas d’une éventuelle catastrophe naturelle. Le président de l’AEJ sollicitait du ministère de l’Éducation Nationale, un encadrement psychosocial pour les enseignants pour l’année académique 2010-2011.

 

Jean Max Bellerive annule son voyage en Argentine
HAITI LIBRE – 13/10/2010 11:08:36

Haïti - Politique : Jean Max Bellerive annule son voyage en Argentine Jean Max Bellerive, le Premier ministre d’Haïti, qui devait se rendre aujourd’hui en Argentine dans le but de renforcer (entre autres) les relations bilatérales entre les deux pays et qui devait rencontrer lors de son séjour, la Présidente Cristina Fernandez, Néstor Kirchner, le secrétaire général de l’Union des Nations Sud-américaines (UNASUR) et Héctor Timerman le Ministre des Affaires étrangères du Commerce international et du culte, a annoncé le report de son voyage pour cause de problèmes d’agenda de politique intérieur en Haïti.

 

Qui est responsable du relogement des 1.3 million de personnes déplacées ?

ALTERPRESSE / mercredi 13 octobre 2010

Enquête / Dans le cadre du partenariat médiatique « Ayiti Je Kale », dont AlterPresse fait partie

P-au-P., 13 oct. 2010 [Ayiti Je Kale / AlterPresse] — Cinq ministères du gouvernement haïtien sont en quelque sorte touchés par la question du relogement des 1.3 million de personnes déplacées suite au séisme du 12 janvier (Planification, Intérieur, Travaux Publics, Affaires Sociales et Economie et des Finances).

Cependant, il apparaît que la planification et la coordination interne ont jusqu’ici été supervisées et gérées par des entités étrangères – deux des 12 « Clusters » (« regroupements ») – le Cluster Logement et celui de la Coordination et de la Gestion des Camps (CCCM).

Les Clusters sont des regroupements d’organismes des Nations Unies, des Organisations non-gouvernementales (ONG) et d’autres organisations internationales autour d’un secteur ou d’un service fourni au cours d’une crise humanitaire. Le personnel international essaie de réunir et de coordonner les ONG et les organismes en fonction du domaine d’intervention.

Les réunions nationales et locales des Clusters se produisent chaque semaine, mais les comptes rendus et les rapports des participants indiquent que – dans les cas de Logement et CCCM – les ministères participent rarement a ces réunions, dont beaucoup se déroulent en anglais. (Il faut indiquer que les représentants du gouvernement au niveau local participent dans les réunions des Cluster.)

Le manque de coordination et de participation du gouvernement au niveau national est un obstacle, d’après Gehard Tauscher, le coordonnateur du Cluster Logement. Il ajoute qu’il souhaite que « tous les représentants du gouvernement se réunissent pour parler d’une seule voix. »

« Je voudrais que tout le monde soit enfermé dans un endroit agréable pour un week-end – l’ONU, le personnel des ONGs et le gouvernement national – et qu’on ne les laisse pas sortir tant qu’ils ne prennent des décisions », dit-il.

Un membre du personnel du Cluster Logement, Deborah Hyde, gestionnaire de l’information pour le Cluster à Léogane, a utilisé un peu moins de tact.

« Nous avons besoin de leadership et, malheureusement, dans ce pays, ca n’existe pas », déclare Hyde à « Ayiti Kale Je ».

Tauscher et d’autres ont reconnu que le gouvernement n’a pas pu prendre la question du logement en main immédiatement, en partie à cause du fait qu’il a été directement touché par le tremblement de terre – environ 20% des employés d’administration publique ont été tués ou blessés, et sept des 11 ministères se sont effondrés.

Mais neuf mois plus tard, il semble qu’il y a encore un manque de coordination et de leadership.

L’absence des ministères pourrait également être due à l’usurpation, réelle ou apparente, du pouvoir par la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), la commission de 30 membres dirigée par l’ancien président américain Bill Clinton et le premier ministre haïtien Jean Max Bellerive.

Il semble qu’il y a un manque de coordination entre la CIRH et le Cluster Logement également.

Un Powerpoint du Cluster Logement obtenu par « Ayiti Kale Je » en date du 4 octobre se termine sur cette proposition : « A l’avenir …[ne faut-il pas réaliser] la coopération / intégration de S[helter] C[luster] / Système Cluster avec la CIRH ? » [notre traduction]

La question posée dans cette présentation indique que jusqu’à présent, « la coopération » et l’ »intégration » entre le Cluster Logement et la CIRH n’ont pas encore eu lieu.

Malheureusement, de nombreuses tentatives pour parler avec les autorités gouvernementales haïtiennes – ministères et CIRH – se sont heurtées à des portes closes et des appels téléphoniques sans réponse.

Malgré plusieurs tentatives pour interroger des membres de la CIRH, y compris Priscilla Phelps, « Senior Shelter Advisor  » à la CIRH, qui est une contractante de l’US AID, « Ayiti Kale Je » a été plutôt renvoyé aux hommes d’affaires du secteur privé, membres d’une commission ad hoc créée en Janvier, mais qui, semble-t-il, n’existe plus.

Elle comprenait le banquier Charles Clermont, le ministre du tourisme Patrick Delatour, qui est également copropriétaire d’une entreprise de construction et de ciment, et Gérald-Emile « Aby » Brun, architecte et hommes d’affaires.

Clermont et Delatour n’ont pas répondu à nos appels et courriels, et Brun nous a suggéré d’appeler plutôt le ministère de l’intérieur. Ensuite il a plaisanté : « Nous sommes tous en train de nous renvoyer la balle, n’est-ce pas ? »

Interrogé sur le rôle des ONG, des plans de relogement des résidents du camp et les menaces d’expulsion, Brun a critiqué les ONG, qui, selon lui, « protègent les squatters ». Brun est propriétaire d’une partie des terres choisies par le gouvernement pour installer un camp de relocalisation.

Quel est le contenu du plan ?

Jusqu’à présent, aucun organisme n’a rendu public un plan, mais « Ayiti Kale Je » a obtenu un document daté du 27 Septembre intitulé « Stratégie de retour et de relocalisation – Draft 5 », qui décrit le plan des agences de l’ONU et des Clusters.

Selon des sources au sein du Cluster Logement, le plan a été remis au « gouvernement haïtien », mais on ignore à quels ministères, organismes, commissions ou bureaux.

Le plan prévoit : « [1] Le retour sur lieu d’origine… ; [2] La relocalisation en province d’où ils sont originaires et/ou ils possèdent des terres … ; [3] La relocalisation vers un site planifié, en dernier recours. »

Le plan prévoit que « les services de base seront graduellement accessibles dans les quartiers d’origine et diminueront progressivement dans les camps afin de créer un facteur d’attraction vers les quartiers d’origine… »

Afin de pousser les habitants des camps à partir, les agences vont leur offrir aussi ce que l’USAID appelle les « paquets de retour. »

Par exemple, un déplacé peut recevoir en espèces (US$150 pour les personnes dont le logement est en bon état, une moyenne de US$1,000 pour ceux qui ont besoin de réparer leurs maisons), un contrat de travail au salaire minimum « argent-contre-travail » pour un mois, et des bons scolaires et des nourriture.

En raison de la surdensité des anciens quartiers avant le 12 janvier, et du fait que certains quartiers sont inadaptés pour le logement, tout le monde ne pourra pas retourner dans les quartiers d’origine. Ces personnes seront relocalisées dans de nouvelles cités, probablement situées sur un morceau de 7,000 hectares de terres que le gouvernement a déclaré « d’utilité publique » plutôt cette année.

Avant la construction de logements permanents, les ONG et les organismes prévoient de construire 135.000 « abris transitoires » ou « T-Shelters », qui sont de 12 à 18 mètres carrés, ossature en bois ou en métal, murs de bois ou de plastique, et toit de tôle. Le coût, incluant le transport, les frais de douane et la main d’oeuvre, est d’environ US$1500 à US$2500 chacun. Les bailleurs de fonds ont déjà financé 120.000, ce qui signifie que US$240 millions de dollars ont été alloués pour ces derniers. Jusqu’à présent, seulement environ 15.000 ont été construits.

Les 135.000 T-Shelters ne seront pas achevés avant Septembre 2011, selon un document récent du Cluster Logement. Dans l’intervalle, diverses ONG, comme CHF International travaillent sur des petits projets de quartier.

Un autre exemple est « Habitat for Humanity », qui prévoit de construire des logements pour 50.000 familles dans tout le pays au cours des cinq prochaines années, selon le directeur Claude Jeudy. Mais, a t-il noté, à ce jour il n’existe pas de plan coordonné global qui dit à « chaque acteur … quel rôle il doit jouer … s’il y a un plan, je ne l’ai pas vu. »

De retour au bureau Cluster Logement, des cartes murales indiquent quelle ONG s’est portée volontaire pour coordonner la réinstallation dans quelle zone, mais il y a de grands espaces blancs, ce qui signifie que dans les camps qui se trouvent dans les espaces blancs, il n’y a aucune ONG, aucun organisme étranger ou local, aucune agence des Nations Unies qui est responsable de la réinstallation des déplacés.

« On a besoin de plus d’agences dans ces régions », dit Tauscher, en montrant des régions de Tabarre et le bidonville de Cité Soleil.

Entretemps, la grand-mère de Saint-Félix, qui ne peut plus supporter la chaleur sous les tentes, est revenue dans sa maison. Une fissure géante traverse l’un des murs. Un autre mur est totalement par terre. Une feuille de plastique bleu l’a remplacé.

Benjamin n’a pas la même chance. Le tempête du 24 Septembre détruit sa tente et abimé tous ses effets personnels. Sa famille s’est installée avec un ami, sous une tente étouffante, bondée, poussiéreuse.

Les rayons bleutés du soleil brillent à travers les parois en plastique et donnent aux piles de vêtements et de vaisselle une apparence encore plus sordide et triste. [akj apr 13/10/2010 07 :00]

………………

* « Ayiti Kale Je » (http://www.ayitikaleje.org/) est une initiative de partenariat médiatique en vue d’assurer des investigations journalistiques sur la reconstruction d’Haïti suite au séisme dévastateur qui a frappé le pays et fait 300.000 morts et autant de blessés.

Le Groupe Médialternatif est un des partenaires de cette initiative, à travers son agence multimédia AlterPresse (http://www.alterpresse.org/), avec la Société pour l’Animation de la Communication Sociale (SAKS – http://www.saks-haiti.org/). Deux réseaux participent également : le Réseau des Femmes Animatrices des Radios Communautaires Haïtiennes (REFRAKA) et l’Association des Médias Communautaires Haïtiens (AMEKA), qui est composé de stations de radios communautaires à travers le pays.

Aux Etats-Unis, la télévision communutaire de Somerville, Massachusetts (SCAT) sera un partenaire privilégié (http://access-scat.org/).

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