JEUDI 14 OCTOBRE 2010

14 Oct

163 ETUDIANTS DEBARQUENT A DAKAR

Publié par Sud Quotidien le 13 octobre 2010

 

Les étudiants en provenance d’Haïti sont arrivés hier, mercredi 13 octobre, à l’aéroport Léopold Senghor de Dakar. Ces 162 jeunes haïtiens vont poursuivre leurs études dans les différentes universités sénégalaises à l’aide d’une bourse mise à leurs dispositions par le gouvernement sénégalais.Après l’accueil par les autorités, c’était autour du Chef de l’Etat Abdoulaye Wade de les convier autour du monument de la Renaissance africaine en compagnie de son homologue guinéen, le président Bécaye Malang Sahna.

Attendus à 15 heures, c’est finalement à 17h et 20 minutes que l’avion en provenance de Port- au-Prince s’est immobilisé sur le tarmac de l’aéroport international Léopold Sédar Senghor. A bord de cet avion se trouvaient les 162 jeunes haïtiens, venus poursuivre leurs études au Sénégal.

Ce déplacement fait suite à l’appel du président de la république Me Abdoulaye Wade au lendemain du violent séisme qui s’est abattu sur leur pays. Ces étudiants, dont la majorité a perdu ses parents vont bénéficier de bourses offertes par le gouvernement sénégalais.

Après les formalités administratives, la caravane s’ébranle pour le monument de la Renaissance. Africaine où les attendait une forte mobilisation.Cinq minutes après, c’était la venue du Président de la république Abdoulaye Wade accompagné de son homologue bissau- guinéen, Malang Bécaye Sanha.

Les larmes de Jacqueline Lemoine

Le discours émotif de la Sénégalaise d’origine haïtienne, Jacqueline Lemoine a fait vibrer toute l’assistance de la place du monument de la Renaissance. Une occasion pour elle de retracer son histoire avec le peuple sénégalais qui l’a accueilli et adopté. Un peuple auquel elle s’identifie de par son sens du partage, de la solidarité et de la « téranga ».Cette artiste qui se veut comme l’illustration parfaite des relations étroites, toujours entretenues par son pays d’origine et son pays d’accueil. Ce qui lui a permis d’entonner à la fois les hymnes nationaux de ses amours (Sénégal et Haïti) mais aussi de terminer par des larmes qui n’ont pas laissé indifférente l’assistance.

Les membres du gouvernement dont Moustapha Mamba Guirassy, Serigne Bousso Lèye, Ndéye Khady Diop ont tenu également à marquer leur présence à la descente d’avions des jeunes étudiants haïtiens et saluer ce geste historique.Tout comme le coordonnateur du festival mondial des arts nègres Alioune Badara Bèye, le directeur du patrimoine bâti de l’Etat Pape Alioune Sarr et le secrétaire général du mouvement national des étudiants libéraux, Toussaint Manga.

« Ce geste est à saluer et à magnifier. Et j’invite tout le monde à venir partager cet élan de solidarité. Nous ne sommes pas une super puissance, nous voulons seulement montrer que nous savons partager et que nous appartenons à une société. Autrement dit nous sommes humains et revendiquons une conscience humaine que l’humanité doit aujourd’hui partager », déclare Moustapha Guirassy, ministre de la Communication.

Les communicateurs traditionnels n’ont pas été en reste et se sont fortement mobilisé à l’image de Abdoulaye Mbaye « Pékh », Mamadou Mbaye Garmi, Lamine Thiam Dogo, Aziz Mbaye, Khadim Samb et Bécaye Mbaye, El hadj Mansour Mbaye qui se sont signalés.

Les délégations venues de l’Université de Thiès, les jeunes responsables libéraux et quelques dignitaires Lébou ont tenu à souhaiter la bienvenue aux Etudiants. Des banderoles et affiches à l’effigie du président de la république sur lesquels on pouvait lire « Merci au président Wade, le panafricaniste », « bienvenue à nos frères « haïtiens » ont également accompagné le passage des hôtes du Sénégal.Le tout dans une animation assurée d’une part par les femmes lébous, vêtues de boubous traditionnels aux couleurs du parti démocratique sénégalais et d’autre part par un groupe d’artistes venus du centre Blaise Senghor, dénommé « Bakalam ». Sans compter le dispositif sécuritaire mis en place un détachement de la gendarmerie.

Bounama SALL

 

Bienvenue aux parents haïtiens, de retour dans le pays de leurs ancêtres

WALF FADJRI / 14-10-10

Si la République d’Haïti est si chère au cœur du monde noir, c’est parce qu’elle incarne un symbolisme incandescent, un modèle admirable de dignité et de courage, d’humanisme et de grandeur, de fierté et d’audace et une continuité historique de résistance et de stoïcisme, qui a su affronter toutes les épreuves, malgré une conspiration internationale sournoise et obstinée, qui a déployé des trésors d’ingéniosité pour l’empêcher, à tout prix, d’être une référence et un exemple pour l’Afrique et sa Diaspora.

Ce fut le 6 décembre 1492 que Christophe Colomb, après avoir jeté l’ancre dans l’Ile d’Espagnola, y établit l’autorité de l’Espagne. Les premiers Africains ont été débarqués à Haïti, dès 1503. Ce processus connut une accélération à partir de 1515, lorsque le religieux Las Casas parvint à convaincre Charles Quint de renoncer à utiliser les Indiens, qui occupaient l’île avant l’arrivée des Espagnols, dans les travaux des mines et des plantations et à les remplacer par la main-d’œuvre noire dans la culture de la canne à sucre, de l’indigo et du tabac et l’exploitation de l’or.

Dès 1526, des troubles sont signalés dans les rangs des esclaves noirs, à cause des mauvais traitements que leur infligeaient leurs bourreaux blancs. Malgré la cruauté de la répression, cette forme de résistance n’a jamais cessé. Ce furent les Espagnols qui restèrent les maîtres de l’île jusqu’au début du 17ème siècle, qui en portent largement témoignage. Les Français ne prirent pied sur cette terre, qu’en 1625. Quarante ans plus tard, Louis XIV y nomma un gouverneur. En 1697, date de la signature du Traité Ryswick, consécutive à la guerre de la Ligue d’Augsbourg, la France obtint de l’Espagne, la propriété du tiers de l’Ile de Saint Domingue.

Pendant tout le 18è siècle, elle est considérée comme ‘la perle des Antilles’ et contribuera, fortement, à enrichir la Métropole. Un pays comme le Sénégal a d’autant plus de devoirs, vis-à-vis de Saint Domingue que, selon Jean Fouchard, sur les 355 navires négriers qui ont jeté l’ancre au Cap Haïtien entre 1783 et 1789, près d’une cinquantaine, au moins, venaient de notre pays, alors que la traire négrière sévissait, à vaste échelle, sur toute la côte occidentale d’Afrique. Ce fut un fils de Gorée, Jean Baptiste Belley qui, lors des Assemblées révolutionnaires, proposa que le mot ‘Fraternité’ soit ajouté à la devise française qui, à l’origine, se résumait à ‘Liberté’ et ‘Egalité’.

Cet attachement du peuple haïtien à des valeurs cardinales fortes a poussé le Contre-amiral d’Estaing à se porter, avec 800 soldats, au secours des troupes de Georges Washington, à la bataille de Savannah, mettant ainsi en échec la contre- offensive que le Colonel Maitland avait déclenchée, pour couper la retraite de l’Armée américaine et anéantir l’essentiel de ses troupes. Ce fut au nom des mêmes valeurs que, pour mettre fin aux injustices, à l’oppression et aux humiliations infligées par les 30 000 colons blancs à l’écrasante majorité du peuple noir, que la révolte armée éclata en 1791, pour gagner, ensuite, peu à peu, toute l’île, avant de connaître son épilogue, par un pacte de sang, à l’occasion duquel les révolutionnaires haïtiens s’engagèrent à mettre un terme à l’esclavage et à libérer leur pays de la domination coloniale, fût-ce au prix de leur vie. Et c’est pourquoi, lorsqu’en 1793, les révoltés haïtiens décrètent la suppression de l’esclavage (mesure qui ne sera prise par la Convention, en France, qu’un an après, c’est-à-dire en 1794), les propriétaires d’esclaves se dressèrent comme un seul homme, pour faire échec à cette décision.

Le combat du peuple haïtien n’en triompha pas moins, puisque le 14 décembre 1801, Saint Dominique proclama sa propre Constitution (l’une des plus avancées de l’époque), remplaça le nom de l’île de Saint Domingue par celui d’Haïti (exemple que N’Krumah va dupliquer, en 1957, en remplaçant le nom de Gold Coast par celui de Ghana), que les Indiens Harawaks, qui occupaient l’île avant l’arrivée de Christophe Colomb, avaient donné à leur pays et organisa la résistance, pour faire face au projet de reconquête de Napoléon.

Ce dernier, après le coup d’Etat du 18 Brumaire, qui le nomma 1er Consul, décida d’envoyer plus de 80 vaisseaux, fortement équipés, pour rétablir l’autorité de la France dans l’île, sous la houlette du Général Leclerc. Sa mission consistait à reconquérir Saint Domingue, à y rétablir l’esclavage, par la force, à arrêter tous les meneurs et à les exiler, cela fait, en Métropole. Toussaint Louverture était l’âme de cette insurrection armée. Attiré dans un guet-apens, honteusement arrêté, exilé du Fort de Joux, il y meurt en 1803, dans conditions mal éclairées. Sa disparition, loin d’affaiblir la révolution, la radicalisa, au contraire. Tour à tour, les Généraux Leclerc, puis Rochambeau et leurs troupes sont écrasés. A la bataille de Vertières, le 18 novembre 1803, la révolution haïtienne triompha, définitivement, de la colonisation.

Le 31 décembre, les généreux noirs, réunis à Gonaïves, décident de proclamer, le 1er janvier 1804, l’indépendance d’Haïti. Ainsi, non content d’avoir sauvé la Révolution américaine, d’avoir terrassé l’esclavage, le grand peuple noir d’Haïti venait, en plus, à bout de la domination coloniale, dès le début du 19è siècle, c’est-à-dire bien avant la Révolution industrielle et l’entrée en scène des théoriciens de ‘la mission civilisatrice’, ‘du fardeau de l’homme blanc’ et autres niaiseries, qui servaient de justification à l’aventure coloniale et connaîtront leur couronnement à la Conférence de Berlin de 1884-1885.

On le voit, la trajectoire historique d’Haïti contredisait, dès le début du XIXe siècle, toutes les thèses de légitimation de la colonisation, toutes les théories raciales et racistes et les fausses idées, dont Hegel et Gobineau seront les thuriféraires attitrés sur l’infériorité de la race noire. Cela, l’impérialisme ne pouvait le supporter. Son exemplarité était d’autant plus inquiétante pour lui, que la nouvelle République d’Haïti avait décidé, dès sa souveraineté recouvrée, d’encourager, à travers Simon Bolivar et Miranda, la libération de l’Amérique Latine, de la domination espagnole. Son action au Venezuela, à Cuba, au Mexique, en Bolivie et ailleurs a été déterminante, dans les succès enregistrés par le Mouvement de libération nationale, dans cette partie du monde.

Pour éviter qu’Haïti ne soit jamais un symbole vers lequel, tout le monde noir allait regarder et une référence à imiter, l’impérialisme organisa, systématiquement, son étouffement politique, économique, culturel et diplomatique. Pour tuer dans l’œuf la nouvelle république noire naissante, l’impérialisme occidental décida, en effet, de poser une chape de plomb sur l’île d’Haïti. La France, qui ne la reconnaît qu’en 1825, organisa sa faillite économique, par le biais de l’endettement de l’île, auprès de la Banque Laffite, dès 1826. En 1874, ce processus d’endettement s’emballa et permit de mettre le pays en coupe réglée. Allant plus loin, elle imposa à la Nouvelle République noire, le paiement de compensations d’un montant de 150 millions de francs or, qui seront ensuite ramenés à 60 millions. Cet endettement visait la recolonisation du pays, par les banquiers étrangers, la mise sous tutelle de ses douanes et de ses recettes diverses, son appauvrissement durable et sa dépendance économique endémique. Ce processus connut son apogée en 1915, avec l’occupation douanière de Haïti par les Etats-Unis, ouvrant ainsi une période de recolonisation, qui s’étendit jusqu’en 1934. On connaît la suite.

On oublie souvent que ce sera la même politique d’endettement en vue de la colonisation, qui sera appliquée, plus tard, en Egypte, à travers les Banques Rothschild, Paribas, Société Générale, Oppenheimer, etc. Puis, au Libéria et en Ethiopie et, plus tard, au reste de l’Afrique Noire, au point de nécessiter l’instauration de l’ajustement structurel, qui fut un véritable processus de paupérisation. Tous ces mécanismes visaient à plomber l’économie, à retarder le pays, à détruire tout progrès significatif, à promouvoir une culture de sous-développement permanent, de coups d’Etat, de violences institutionnalisées, de violations massives des Droits de l’Homme et de contreperformances invincibles, dans le domaine de l’Education, de la Santé, de l’Emploi, de l’Habitat social et, en règle générale, du bien-être économique et social, pour culpabiliser la révolution haïtienne, dont l’effet repoussoir serait la démonstration de l’incapacité du monde noir à se gouverner seul et la légitimation de sa mise sous tutelle, par des puissances extérieures.

Haïti devait être puni d’avoir osé défier et triompher de l’impérialisme colonial. Aujourd’hui, encore, pour décourager les Noirs des Antilles et de la Guyane, de réclamer l’indépendance, on leur dit souvent : ‘Allez voir ce qui passe en Haïti, avant de rêver’. Tout ceci s’accompagne, évidemment, d’un processus de falsification délibérée de l’Histoire. Alors que les Haïtiens ont écrasé les troupes de Leclerc et de Rochambeau dès 1803 et que les Ethiopiens avaient défait les italiens en 1896, à Adoua, on continue d’enseigner aux écoliers français, par exemple, que ce n’est qu’en 1905 que, pour la première fois, un peuple blanc a été vaincu par un peuple non blanc, lors de la guerre russo-japonaise, comme si ceux qui avaient triomphé des Anglais, des Espagnols et des Français étaient des extra-terrestres, venus d’une autre planète.

Malgré la dictature de Duvalier et les exactions des ‘Tontons Macoutes’, les fils d’Haïti n’ont jamais baissé la tête, ni courbé l’échine. Debout, fiers, ils ont continué de lutter avec dignité, courage et honneur. Adossées à leur culture, ils nous ont donné des personnes comme Antênor Firmin, qui réduisit à néant les thèses de Gobineau sur l’inégalité des races, ainsi que quelques-uns des pères fondateurs du panafricanisme et de la négritude. Ce fut Firmin qui, dès 1885, avait annoncé le triomphe d’Obama. Des Haïtiens comme Benito Sylvain établirent, dès le début du siècle, des relations entre leur pays et l’Ethiopie. Des Haïtiens comptent parmi les premiers qui ont volé au secours de la Guinée, en 1958 et du Congo, en 1960, à l’ère des indépendances. Leur rôle dans le Festival mondial des arts nègres de 1966 à Dakar et de 1977 à Lagos, a été déterminant.

Tout cela fait qu’Haïti occupe dans le cœur du monde noir, une place à part, que personne ne pourra lui ravir. Nous devons à son peuple notre indépendance, parce qu’il nous a montré comment vaincre ceux qui ‘n’ont pas raison’, comme le firent, également, Benkos Bohio, entre 1599 et 1621, en Colombie, dans la Province de Carthagène, Zoumbi au Brésil, dans l’Etat de Palmarès, entre 1630 et 1667, Nat Turner aux Usa en 1831. Il nous a donné les plus belles leçons de dignité, de courage, d’abnégation, de refus de la soumission, de résistance contre toutes les formes de domination. Voilà pourquoi, Thabo Mbeki avait tenu à honorer, de sa présence, le bicentenaire de la Révolution haïtienne, en 2004.

En choisissant de revenir dans la mère-patrie, par le Sénégal, Haïti a honoré notre pays. Il a réconcilié Senghor, Cheikh Anta Diop et Abdoulaye Wade. Il a définitivement rétabli le cordon ombilical entre l’Afrique et sa Diaspora, pour écrire, ensemble, les nouvelles pages de l’Histoire du Monde noir, au seuil du XXIème siècle. Le Sénégal doit être, pour les Haïtiens, que nous accueillons ce jour, avec fierté et honneur, une terre de paix, de bonheur, d’amour, de fraternité, de solidarité agissante, de réconciliation, de pardon et de confiance retrouvée ; une seconde patrie, où ils trouveront tout le réconfort auquel ils ont droit sur cette parcelle de leur continent qui est, aussi, la leur.

C’est pourquoi nous leur disons, du fond du cœur, ‘Bissimillah’, comme le veut l’usage au Fouta.

Pr Iba Der THIAM Agrégé de l’Université Docteur d’Etat Ancien Ministre Député à l’Assemblée Nationale

 

Sen-Eldorado: Bienvenue aux étudiants haïtiens !

Par Momar Mbaye / SENEWEB.COM / 14-10-10

Les compatriotes que nous sommes ne peuvent que se réjouir et souhaiter la bienvenue aux étudiants haïtiens, qui viennent d’élire domicile chez nous, au Sénégal, devenu le nouvel eldorado sub-saharien grâce à la magie de l’illustre président Wade, qui, en si peu de temps, a réalisé dans son pays l’autosuffisance alimentaire, le paiement dans les délais des bourses allouées aux étudiants sénégalais à l’étranger, la fourniture en énergie et le relogement de tous les sinistrés des inondations. Bienvenue à Sen-Eldorado, le pays de vos ancêtres !
Bienvenue dans un monde de promesses !
Dire que les autorités sénégalaises, pour l’accueil des 163 étudiants haïtiens, ne pouvaient choisir un lieu beaucoup plus symbolique que ce gigantesque monument qui surplombe Dakar et son univers, ce symbole de la Renaissance africaine tant chère au président Wade, qui a fait don à l’Afrique tout entière de cette huitième merveille du monde. Il va falloir à ces vaillants étudiants haïtiens beaucoup de courage et d’abnégation pour arriver à intégrer sans désespérer, le train de vie de la séné-galère, qui consiste à se munir de bougies en permanence, à défaut s’offrir un groupe électrogène. Il va leur falloir aussi s’armer de moustiquaires « imprégnées », de serpillères et de seaux, et acheter des gants s’il le faut, en attendant la fin de la saison des pluies et son lot quotidien d’inondations, qui ont fait de certains d’entre nous des « Sans Domicile Saisonnier ». Les étudiants haïtiens peuvent donc se réjouir d’avance, que leur nouveau pays d’accueil sera prochainement doté d’un tramway et de TGV pour faciliter leurs déplacements, sans mentionner qu’il va assurer aussi la fourniture en énergie de tout un continent, même si entre temps, les ordinateurs dans les bureaux ne fonctionnent pas, le matériel électroménager se dégrade, les tailleurs et autres petits commerces ferment boutique.
Bienvenue dans un univers très agité !
Quant à  la vie sur le campus, on peut souhaiter à nos hôtes la bienvenue dans un univers très agité avec des tensions sociales ou religieuses qui frôlent l’émeute, un temple du savoir où les étudiants et le personnel sont toujours à la veille d’une grève et au lendemain d’une autre manifestation, soit pour exiger le paiement des bourses d’études pour les uns, ou réclamer de meilleures conditions de travail pour les autres. Les syndicalistes étudiants et nostalgiques des années 88, 93 ou 2000, et surtout les « venant de Thiès » peuvent déjà initier les nouveaux arrivants à cette pratique dégueulasse qui consiste à brûler des pneus sur la voie publique et à incendier des véhicules de Dakar Dem Dikk après avoir séquestré pendant des heures le conducteur. De même qu’il faudra apprendre à ces derniers à résister aux forces de l’ordre qui n’hésiteront pas à investir le campus pour déloger les étudiants grévistes sur qui ils n’hésiteront pas à tirer, parfois à balles réelles, comme c’était déjà arrivé par le passé.
Quant à  leurs proches restés en Haïti, les nouveaux arrivants peuvent remercier la société en « rupture » de contrat, « Global Voice », qui leur facilite désormais les communications à des tarifs défiant toute concurrence. Le Sénégal n’est pas l’enfer, certes, même s’il est mieux « loti » que Haïti (c’est selon), pour certains, passer un coup de fil de Dakar vers Port-au-Prince reviendrait à passer un appel « local », et non international… En attendant, bienvenue chez vous, et bienvenue nous, et vive le retour aux sources! Marcus Garvey en avait rêvé, Wade l’a réalisé, enfin !
Momar Mbaye
mbayemomar@yahoo.fr

 

Evans Lescouflair, ministre haïtiens de la Jeunesse et de l’action civique : ‘Votre geste traduit une conviction profonde de solidarité’

WALF FADJRI / 14-10-10

Les 163 étudiants haïtiens, arrivés hier à Dakar, ont été accompagnés d’une forte délégation, conduite par Evans Lescouflair, ministre de la Jeunesse et de l’action civique d’Haïti, la première République noire indépendante qui sort peu à peu des traumatismes du tremblement du 12 janvier dernier. Prenant la parole, au nom du président haïtien, René Préval, cloué au lit par une ‘gênante grippe’ selon Me Wade, le ministre de la Jeunesse d’Haïti n’a pas tari d’éloges envers le chef de l’Etat sénégalais. ‘Le président René Préval, empêché, par ma voix, vous transmet avec respect son sentiment de vive reconnaissance pour ce geste ô combien noble de votre part’, déclare l’émissaire de René Préval. Et de poursuivre en ajoutant : qu’’En décidant d’accueillir une cohorte aussi importante d’Haïtiens chez vous vous donnez un signal fort qui revêt une triple signification : vous aidez Haïti à se reconstruire en permettant à la jeunesse, la force vive, d’acquérir le savoir et le savoir faire nécessaires aux tâches de reconstruction du pays. Cette mesure prise est celui d’un chef d’Etat certes, mais elle honore l’universitaire de longue carrière que vous habite toujours (…). Le geste posé par vous, monsieur le président, traduit au-delà des mots la conviction profonde de la solidarité à l’égard d’Haïti’.

Selon Evan Lescouflair, le ministre haïtien de la Jeunesse, la catastrophe du 12 janvier dernier a causé la mort de milliers d’écoliers et d’étudiants qui gisent sous les décombres de leurs établissements comme l’étudiante sénégalaise Fatou Fall boursière de la Francophonie et près de quatre mille professeurs sont morts dans le séisme. ‘Vous avez mis tout votre poids de chef d’Etat, mais aussi de l’Afrique, pour une coopération sud sud à réaffirmer et à étendre au bénéfice de nos intérêts’, souligne-t-il avant de remercier Me wade de les ouvrir les portes du voyage sans retour. ‘Vous nous ouvrez la porte du voyage sans retour’, se réjouit le ministre haïtien de la Jeunesse.

M. SARR

 

Une mission sénégalaise en Haïti du 25 au 30 octobre

Dakar, 14 Oct. (APS) – Une mission de renforcement des capacités des élus et administrateurs locaux d’Haïti séjournera dans ce pays du 25 au 30 octobre sous la conduite d’El Hadji Malick Diop, député à l’Assemblée nationale et maire de Tivaouane, a appris l’APS de bonne source.

Mise sur pied sous l’égide du CRDI, cette mission sera composée de chercheurs et de fonctionnaires de l’administration sénégalaise.

Ce qui fait dire au maire de la ville de Tivaouane qu’au moment où le Sénégal vient d’accueillir 163 étudiants haïtien sur son sol, ’’notre pays s’illustre de fort belle manière dans son hospitalité légendaire’’.

Le CRDI, a précisé El Hadji Malick Diop, a initié cette mission en partenariat avec les élus locaux sénégalais, après le violent sésime qui a touché ce pays en janvier dernier, provoquant la destructuration de tout son système administratif.

L’organisation entend ainsi apporter sa pierre dans la reconstruction d’Haïti, dans le cadre de son programme ‘’Observatoire de suivi communautaire de la pauvreté’’.

Le maire de la ville de Tivaouane ambitionne également de nouer des relations de partenariat, en vu d’un jumelage entre sa commune et la ville de Port-au-Prince.

Une manière selon lui de bien renforcer et d’illustrer la démarche du président Abdoulaye Wade dans le cadre du rapprochement entre ce pays meurtri et le Sénégal.

L’Association des maires du Sénégal (AMS) est de tout cœur avec le peuple haïtien dans le combat qu’il est ent train de mener pour relever la tête à la suite du séisme qui a durement frappé ce pays.

 

Juan Luis Guerra s’engage dans la reconstruction de l’Hôpital Saint François de Sales

P-au-P., 14 oct. 2010 [AlterPresse] — Le chanteur dominicain Juan Luis Guerra a pris part le mercredi 13 octobre à une messe de lancement du processus de reconstruction de l’Hôpital Saint François de Sales, à partir de fonds provenant d’un grand concert qui a eu lieu à Santo Domingo en avril dernier.

La cérémonie a eu lieu sur le site même de l’ancien hôpital, partiellement détruit, qui se situe au cœur du centre-ville, fortement affecté par le séisme du 12 janvier dernier.

La messe a été conduite par l’évêque administrateur de Port-au-Prince, Mgr Joseph Lafontant, et le nonce apostolique, Mgr Bernardito Auza. Elle s’est déroulée en présence de l’ambassadeur dominicain en Haïti, Rubén Silié Valdez, et l’ambassadeur haïtien en République Dominicaine, Fritz Cinéas.

La cérémonie religieuse a également été un hommage aux victimes du tremblement de terre, dont une centaine est décédée au sein de l’hôpital.

Juan Luis Guerra s’est dit « très heureux » de prendre part à l’initiative de reconstruction de l’Hôpital Saint François de Sales.

Le chanteur a, en même temps, confié, à AlterPresse, sa « peine » devant l’ampleur des destructions au centre-ville, en particulier l’effondrement partiel de l’hôpital.

Mais, a-t-il assuré, « nous ferons de notre mieux avec cette aide » et « le Ségneur (Dieu) reconstruira Haïti ».

L’aide est fournie par la Fondation Juan Luis Guerra et Sur Futuro, une autre fondation dominicaine, en partenariat avec la nonciature apostolique d’Haïti.

L’initiative est également supportée par Catholic Relief Service (CRS), partenaire de l’hôpital depuis deux ans.

Les fonds qui seront engagés, proviennent d’un grand concert intitulé « Un chant d’espoir pour Haïti », organisé par Juan Luis Guerra à Santo Domingo en avril, 3 mois après le tremblement de terre qui a tué 300 000 personnes et fait 1,5 million de sans abri, selon les statistiques officielles.

Le concert, qui a rapporté 2,5 millions de dollars, a bénéficié de la participation de plusieurs grands artistes du monde hispanophone, dont Enrique Iglesias, Miguel Bosé, Alejandro Sanz, Jonny Ventura et Maridalia Hernandez.

 

14/10/2010

Conseil de sécurité

CS/10054


Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6399e séance – après-midi

LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROROGE D’UN AN LE MANDAT DE LA MISSION DES NATIONS UNIES POUR LA STABILISATION EN HAÏTI (MINUSTAH)

Le Conseil de sécurité a décidé, cet après-midi, de proroger jusqu’au 15 octobre 2011, dans l’intention de le renouveler encore, le mandat de la MINUSTAH.  Par la résolution 1944 (2010), adoptée à l’unanimité de ses 15 membres, le Conseil décide aussi de maintenir à leur niveau actuel les effectifs de la Mission, qui comprend une composante militaire pouvant compter jusqu’à 8 940 soldats et d’une composante policière pouvant atteindre 4 391 membres.

Le Conseil de sécurité demande au Secrétaire général de procéder à une évaluation complète de la situation sur le plan de la sécurité après l’élection d’un nouveau gouvernement et la passation des pouvoirs à celui-ci en 2011. 

Le Conseil de sécurité appelle ainsi la MINUSTAH à soutenir le processus politique en cours en Haïti, notamment en faisant appel aux bons offices du Représentant spécial du Secrétaire général dans le pays.  Il encourage également la Mission à continuer de prêter son concours au Gouvernement haïtien et au Comité électoral provisoire pour préparer et tenir l’élection présidentielle et les élections législatives ainsi que pour coordonner l’assistance internationale fournie à Haïti.  

Toujours en vertu de la résolution 1944, le Conseil appelle en outre tous les donateurs et toutes les organisations internationales, intergouvernementales et non gouvernementales, à coordonner leurs actions et à travailler en étroite collaboration avec la Commission intérimaire pour le relèvement, en vue de renforcer la capacité du Gouvernement à mettre à exécution le Plan d’action national pour le relèvement et le développement d’Haïti. 

Le Conseil de sécurité souligne qu’il importe de maintenir et d’accroître l’appui de la communauté internationale au renforcement des capacités de la Police nationale haïtienne.  Il encourage la MINUSTAH à continuer d’aider le Gouvernement haïtien à offrir une protection adéquate à la population civile et à faire face au risque de résurgence de la violence en bande, de la criminalité organisée et du trafic d’enfants. 

Par ailleurs, le Conseil de sécurité condamne fermement les violations graves commises contre les enfants victimes de la violence armée, ainsi que les viols et autres sévices sexuels généralisés commis sur la personne des femmes et des filles.  Il demande au Gouvernement haïtien de continuer, avec l’appui de la MINUSTAH et de l’Équipe de pays de l’ONU à promouvoir et protéger les droits des femmes et des enfants, conformément à ses résolutions pertinentes. 

Prenant la parole après l’adoption de la résolution 1944, le représentant d’Haïti a salué l’appui de la communauté internationale, qui, « grâce à la MINUSTAH, reste engagée à accompagner les autorités et le peuple haïtiens vers la tenue d’élections libres transparentes et démocratiques ».

Le Conseil avait tenu un débat sur la question, le 13 septembre dernier.

LA QUESTION CONCERNANT HAÏTI

Texte du projet de résolution S/2010/519

Le Conseil de sécurité,

Réaffirmant ses précédentes résolutions sur Haïti, en particulier ses résolutions 1927 (2010), 1908 (2010), 1892 (2009), 1840 (2008), 1780 (2007), 1743 (2007), 1702 (2006), 1658 (2006), 1608 (2005), 1576 (2004) et 1542 (2004),

Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’unité d’Haïti,

Considérant les effets dévastateurs du tremblement de terre du 12 janvier 2010 pour le Gouvernement et le peuple haïtiens, se déclarant préoccupé par les nouveaux défis et menaces qui en sont la conséquence, partageant l’évaluation du Secrétaire général selon laquelle le séisme n’a pas détruit les acquis de la stabilisation de ces dernières années mais a créé de nouveaux obstacles et ouvert de nouvelles possibilités, et soulignant que la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) doit continuer de s’efforcer en priorité à assurer la sécurité et la stabilité d’Haïti, comme il lui a donné le mandat de le faire, y compris dans le contexte des prochaines élections présidentielle et législatives,

Demandant au Gouvernement haïtien et à toutes les autres parties haïtiennes concernées d’assurer la tenue d’élections présidentielle et législatives crédibles et légitimes le 28 novembre 2010, ce qui renforcera encore la démocratie, permettra l’achèvement de la réforme constitutionnelle et facilitera le processus de reconstruction, et soulignant qu’il faut continuer à promouvoir la participation des femmes au processus électoral,

Insistant sur le fait que la réalisation de progrès dans le relèvement et la reconstruction d’Haïti est essentielle pour instaurer durablement la stabilité et réaffirmant que la sécurité doit aller de pair avec le développement social et économique,

Soulignant le rôle directeur qui est celui du Gouvernement haïtien dans l’effort de relèvement et de reconstruction après le séisme et insistant sur la nécessité d’une coordination et d’une complémentarité renforcées de l’action menée par l’ensemble des organismes des Nations Unies et les autres parties prenantes concernées pour soutenir le Gouvernement dans ce contexte, et accueillant avec satisfaction la création de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti et le Fonds de reconstruction d’Haïti, qui jouent un rôle central dans les efforts de reconstruction à moyen et à long terme dans ce pays,

Se félicitant de la création de la Commission présidentielle spéciale de réinstallation chargée de coordonner l’action de toutes les parties participant au transfert et à la réinstallation des personnes déplacées,

Demandant aux donateurs d’honorer sans retard les engagements qu’ils ont pris lors de la Conférence internationale des donateurs tenue sur le thème « Un nouvel avenir pour Haïti » le 31 mars 2010, afin que les efforts de reconstruction procurent rapidement des bienfaits tangibles et visibles,

Soulignant le rôle que jouent les organisations régionales dans le processus de stabilisation et de reconstruction en cours en Haïti et demandant à la MINUSTAH de continuer de collaborer étroitement avec les organisations régionales et sous-régionales, les institutions financières internationales et d’autres parties prenantes, en particulier l’Organisation des États américains (OEA) et la Communauté des Caraïbes (CARICOM),

Reconnaissant le soutien que l’Organisation des États américains continue d’apporter à la modernisation du ficher électoral haïtien, et soulignant qu’il importe de mettre à jour les listes électorales à la suite des destructions causées par le tremblement de terre du 12 janvier 2010,

Conscient du caractère interdépendant des défis à relever en Haïti, réaffirmant que les progrès durables de la sécurité, de l’état de droit, de la réforme institutionnelle, de la réconciliation nationale et du développement se renforcent mutuellement, et saluant les efforts persévérants du Gouvernement haïtien et de la communauté internationale pour relever ces défis,

Se déclarant préoccupé par l’augmentation du nombre d’armes en circulation, l’intensification du trafic de drogues et la situation en matière de sécurité dans les camps de personnes déplacées, et se déclarant également préoccupé par les crimes sexuels et sexistes commis en Haïti,

Conscient que le renforcement des organismes nationaux de défense des droits de l’homme, le respect des droits de l’homme et de la légalité, la lutte contre la criminalité et la violence sexuelle et sexiste et les efforts faits pour mettre fin à l’impunité sont essentiels pour garantir l’état de droit et la sécurité en Haïti,

Louant les mesures extraordinaires mises en œuvre par l’Organisation des Nations Unies face au séisme, reconnaissant le rôle déterminant joué par la MINUSTAH pour ce qui est d’assurer la stabilité et la sécurité en Haïti et reconnaissant également la complémentarité des rôles qu’ont joué jusqu’à maintenant la MINUSTAH et l’équipe de pays des Nations Unies pour aider Haïti dans ses efforts de relèvement, et réaffirmant l’autorité confiée au Représentant spécial du Secrétaire général s’agissant de la coordination et de la conduite de toutes les activités des institutions spécialisées, fonds et programmes des Nations Unies en Haïti,

Félicitant la MINUSTAH de ce qu’elle continue à aider le Gouvernement haïtien à assurer un environnement sûr et stable, exprimant sa gratitude aux personnels de la Mission et à leurs pays d’origine respectifs et rendant hommage à ceux qui ont été blessés ou tués dans l’exercice de leurs fonctions,

Appelant le Gouvernement haïtien à continuer, en coordination avec la communauté internationale, de progresser dans la réforme du secteur de la sécurité, comme le prévoit en particulier le Plan de réforme de la Police nationale d’Haïti (PNH) adopté par le Gouvernement haïtien,

Soulignant la nécessité de renforcer encore l’appareil judiciaire et pénitentiaire haïtien, conformément au plan national de réforme du système judiciaire, notamment en modernisant les institutions judiciaires et en améliorant l’accès à la justice, y compris en ouvrant de nouveaux bureaux d’aide judiciaire,

Saluant les efforts déployés par l’ancien Président des États-Unis d’Amérique William J. Clinton en sa qualité d’Envoyé spécial des Nations Unies pour Haïti pour renforcer l’action menée par l’Organisation des Nations Unies en réponse au tremblement de terre, au niveau tant des opérations humanitaires que des activités de développement, ainsi que pour effectuer le suivi des promesses de contribution et le décaissement des fonds promis, assurer la liaison entre la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti et les institutions financières internationales, assurer la cohérence des interventions des organismes des Nations Unies présents en Haïti et améliorer la coordination entre les organisations non gouvernementales, dans le respect des priorités d’Haïti,

Soulignant l’importance d’une coordination vigoureuse entre le bureau de l’Envoyé spécial des Nations Unies pour Haïti, les autres entités des Nations Unies et les États Membres, ainsi que la nécessité d’une coordination entre tous les acteurs internationaux intervenant sur le terrain,

Insistant sur la nécessité de mettre en œuvre des projets d’une grande efficacité et d’une grande visibilité exigeant une forte proportion de travail, qui aident à créer des emplois et à dispenser les services sociaux de base,

Accueillant avec satisfaction le rapport du Secrétaire général S/2010/446, en date du 1er septembre 2010,

Constatant que la situation en Haïti demeure dangereuse pour la paix et la sécurité internationales dans la région, malgré les progrès accomplis jusqu’ici,

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, ainsi qu’il l’exposait à la section I du paragraphe 7 de sa résolution 1542 (2004),

1.    Décide de proroger jusqu’au 15 octobre 2011, dans l’intention de le renouveler encore, le mandat de la MINUSTAH défini dans ses résolutions 1542 (2004), 1608 (2005), 1702 (2006), 1743 (2007), 1780 (2007), 1840 (2008), 1892 (2009), 1908 (2010) et 1927 (2010);

2.    Décide aussi de maintenir à leur niveau global actuel les effectifs de la Mission, qui comprend une composante militaire qui pourra compter jusqu’à 8 940 soldats de tous rangs et d’une composante policière pouvant atteindre 4 391 membres, et demande au Secrétaire général de procéder à une évaluation très complète de la situation générale sur le plan de la sécurité après l’élection d’un nouveau gouvernement et la passation des pouvoirs à celui-ci en 2011, ainsi qu’il est dit au paragraphe 56 du rapport du Secrétaire général;

3.    A conscience que c’est au Gouvernement et au peuple d’Haïti qu’appartient la maîtrise et qu’incombe au premier chef la charge de la stabilisation du pays sous tous ses aspects, se félicite des dispositions prises par la MINUSTAH pour fournir au Gouvernement haïtien, ainsi que celui-ci l’a demandé, un soutien logistique et une expertise technique, dans la limite des moyens disponibles, en vue de l’aider à poursuivre les activités destinées à renforcer les capacités des institutions garantes de l’état de droit aux échelons national et local et pour accélérer la mise en œuvre de sa stratégie de réinstallation des personnes déplacées, sachant que ces mesures sont temporaires et seront progressivement supprimées à mesure qu’Haïti verra ses capacités progresser, et demande à la Mission de mener avec célérité les activités y afférentes, ainsi que le Secrétaire général l’a recommandé;

4.    A également conscience que la bonne tenue d’élections présidentielle et législatives libres, régulières, ouvertes à tous et transparentes, conformément au calendrier constitutionnel, est une condition décisive de la consolidation d’un climat politique stable, dans lequel les efforts de relèvement et de reconstruction puissent progresser, appelle de nouveau la MINUSTAH à soutenir le processus politique en cours en Haïti, notamment en faisant appel aux bons offices du Représentant spécial du Secrétaire général, et encourage la Mission à continuer de prêter son concours au Gouvernement haïtien et au Comité électoral provisoire pour préparer et tenir l’élection présidentielle et les élections législatives haïtiennes ainsi que pour coordonner l’assistance internationale fournie à Haïti à cette fin, en coopération avec les autres acteurs internationaux intéressés, et notamment l’OEA et la CARICOM;

5.    Appelle tous les donateurs et toutes les organisations internationales, intergouvernementales et non gouvernementales, à coordonner leurs actions et à travailler en étroite collaboration avec la Commission intérimaire pour le relèvement d’Haïti, en vue de renforcer la capacité du Gouvernement de mettre à exécution le Plan d’action national pour le relèvement et le développement d’Haïti;

6.    Se félicite de ce que fait actuellement la MINUSTAH pour tâcher de renforcer la coordination avec la Police nationale haïtienne et pour accroître l’aide qu’elle apporte aux activités de gestion des frontières en vue de décourager les activités illicites et appelle les partenaires internationaux et régionaux d’Haïti à intensifier l’aide qu’ils apportent au Gouvernement haïtien à cet égard, comme celui-ci l’a demandé;

7.    Prie l’équipe de pays des Nations Unies, et demande à toutes les parties prenantes, de compléter les mesures adoptées dans le domaine de la sécurité et du développement par le Gouvernement haïtien, avec le soutien de la MINUSTAH, par des activités visant à améliorer véritablement les conditions de vie des populations intéressées, en particulier les femmes et les enfants;

8.    Prie la MINUSTAH de continuer à exécuter des projets à effet rapide qui renforcent encore la confiance de la population haïtienne à son endroit;

9.    Encourage les autorités haïtiennes à tirer pleinement parti de ce soutien, notamment en renforçant les capacités de la Police nationale haïtienne, tout particulièrement pour la modernisation des lois essentielles et l’exécution du plan de réforme de la justice, à prendre les mesures nécessaires, y compris par des nominations, pour permettre le bon fonctionnement des juridictions supérieures, et à chercher des solutions au problème des détentions provisoires prolongées et de la surpopulation carcérale, en prêtant une attention particulière au sort des enfants;

10.   Appelle le Gouvernement haïtien à élaborer, avec l’appui de la MINUSTAH, la prochaine version du plan de réforme de la Police nationale haïtienne afin d’assurer la continuité à l’expiration du plan actuel et du plan stratégique de la Direction de l’administration pénitentiaire, encourage la mise en œuvre de ces plans, et prie la MINUSTAH de continuer d’appuyer l’agrément, l’encadrement et la formation des fonctionnaires de police et du personnel pénitentiaire et de renforcer les capacités institutionnelles et opérationnelles des services pénitentiaires;

11.   Se félicite de la reprise de la formation des recrues de la Police nationale haïtienne et souligne qu’il importe de maintenir et d’accroître l’appui de la communauté internationale au renforcement des capacités de la Police haïtienne;


12.   Encourage la MINUSTAH à continue d’aider le Gouvernement haïtien à offrir une protection adéquate à la population civile, en prêtant tout particulièrement attention aux besoins des déplacés et des autres catégories vulnérables, notamment les femmes et les enfants, y compris en mettant en place des dispositifs conjoints de police de proximité dans les camps et en renforçant les mécanismes de lutte contre les violences sexuelles et sexistes;

13.   Encourage également la MINUSTAH à aider le Gouvernement à faire face au risque de résurgence de la violence en bande, de la criminalité organisée et du trafic d’enfants;

14.   Condamne fermement les violations graves commises contre les enfants victimes de la violence armée, ainsi que les viols et autres sévices sexuels généralisés commis sur la personne des femmes et des filles, et demande au Gouvernement haïtien de continuer, avec l’appui de la MINUSTAH et de l’équipe de pays des Nations Unies, à promouvoir et protéger les droits des femmes et des enfants, ainsi que stipulé dans ses résolutions 1325 (2000), 1612 (2005), 1820 (2008), 1882 (2009), 1888 (2009), et 1889 (2009);

15.   Prie le Secrétaire général de continuer à prendre les mesures nécessaires pour que l’ensemble du personnel de la MINUSTAH observe scrupuleusement la politique de tolérance zéro mise en œuvre par l’Organisation des Nations Unies à l’égard de l’exploitation et des violences sexuelles et de le tenir informé, et exhorte les pays qui fournissent des contingents et du personnel de police à faire en sorte que les actes mettant en cause leur personnel fassent l’objet d’enquêtes en bonne et due forme et soient sanctionnés;

16.   Réaffirme le mandat de la MINUSTAH dans le domaine des droits de l’homme, exhorte les autorités haïtiennes à continuer de s’employer à promouvoir et défendre ces droits et invite la MINUSTAH à continuer d’assurer la formation aux droits de l’homme des membres de la Police nationale d’Haïti et des autres institutions concernées, y compris les services pénitentiaires;

17.   Salue l’important travail accompli par la MINUSTAH pour aider à répondre aux besoins immédiats d’Haïti, engage la Mission, dans les limites de son mandat, à continuer d’exploiter pleinement les moyens et capacités dont elle dispose actuellement, notamment ses ingénieurs, en vue de renforcer encore la stabilité du pays, et prie la Mission de planifier son action à plus long terme en vue de soutenir les initiatives prises par Haïti pour renforcer encore la stabilité du pays;

18.   Prie la MINUSTAH de continuer à lutter contre la violence communautaire, en adaptant le programme aux besoins changeants d’Haïti après le tremblement de terre, et en concentrant ses efforts sur les déplacés et les personnes qui vivent dans des quartiers en proie à la violence;

19.   Prie également la MINUSTAH de continuer d’appuyer les efforts déployés par les autorités haïtiennes en vue de contrôler les flux d’armes légères, notamment les projets à forte intensité de main-d’œuvre, l’ouverture d’un registre des armes, la révision des lois en vigueur en matière d’importation et de détention d’armes, la réforme du régime des permis de port d’armes ainsi que l’élaboration et l’application d’une doctrine de la surveillance policière de proximité;

20.   Souligne qu’il importe que les documents de programmation des composantes militaire et de police, tels que le concept d’opérations et les règles d’engagement, soient régulièrement mis à jour, selon qu’il convient, et cadrent avec les dispositions de toutes ses résolutions pertinentes, et prie le Secrétaire général de lui faire rapport à leur sujet, ainsi qu’aux pays qui fournissent des contingents militaires ou des forces de police;

21.   Prie le Secrétaire général de lui faire rapport deux fois par an sur l’exécution du mandat de la MINUSTAH, en veillant à présenter son second rapport 45 jours au moins avant la date d’expiration du mandat de la Mission;

22.   Prie également le Secrétaire général de faire figurer dans son rapport une évaluation très complète des menaces qui planent sur la sécurité en Haïti, en prêtant une attention particulière à l’instauration d’un environnement protecteur pour tous, en particulier les femmes et les enfants, et sur les progrès accomplis pour ce qui est de la réinstallation durable des personnes déplacées, et de proposer, le cas échéant, divers moyens de reconfigurer la composition de la MINUSTAH;

23.   Décide de demeurer saisi de la question.

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