VENDREDI 22 OCTOBRE 2010

22 Oct

 

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 Cholera crisis

 

«Nous aimons parler de refondation d’Haïti»

Il faut tirer les leçons de ce drame et donc faire les choses différemment, reconnaît la ministre des affaires étrangères.

Légende: Il faut tirer les leçons de ce drame et donc faire les choses différemment, reconnaît la ministre des affaires étrangères. (swissinfo)

Par Pierre-Francois Besson, swissinfo.ch / 22-10-10


Membre fondateur de l’OIF, Haïti est un thème fort à Montreux après le séisme qui a frappé le pays en janvier. De quoi réjouir la ministre haïtienne des affaires étrangères Marie Michèle Rey, qui représente le président René Préval lors du sommet de ce week-end. Interview.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’OIF réunis à Montreux ce week-end devraient adopter une résolution qui demande à tous les pays membres de venir en aide à Haïti.
Mais la Francophonie n’a pas attendu pour se confronter à ce chantier gigantesque, comme le confirme Marie Michèle Rey, qui fut aussi ministre des finances et de l’économie dans les années nonante.

swissinfo.ch: Quelle est votre analyse de la situation actuelle en Haïti après le séisme de janvier dernier?

Marie Michèle Rey: La situation en Haïti est toujours difficile, complexe, à plus d’un titre. Le tremblement de terre du 12 janvier a causé des dégâts énormes. Sur le plan des infrastructures, il y a d’énormes tâches à accomplir. Malheureusement, ce ne sont pas des choses qui vous pouvoir être réalisées du jour au lendemain – il y a eu tant de destructions.
Mais il est impératif de refaire, et de bien faire. C’est pourquoi nous aimons parler de refondation d’Haïti. Nous ne pouvons pas refaire les mêmes choses de la même manière. Il faut tirer les leçons de ce drame, d’où la nécessité impérieuse de faire les choses différemment.
Je souhaite aussi parler de la dimension humaine du problème. Les pertes en vies humaines ont été énormes. Comme je le dis souvent, on peut reconstruire, on ne peut pas refaire les êtres humains. Les survivants ont connu des traumatismes et des séquelles énormes. Cela va prendre du temps, à penser à guérir et à apprendre à vivre avec.
Mais nous avons une population en majorité jeune. J’aime en toutes circonstances faire un plaidoyer pour les jeunes, qui doivent assurer la relève de notre pays. Ils ont besoin d’accompagnement, de formation, d’éducation. Ce sont de gros défis que nous avons pour devoir, tous, de relever.

swissinfo.ch: Après la séisme, la Francophonie vous a-t-elle aidé, et si oui, comment concrètement?

M.M.R.: La Francophonie a été là dès les premières heures. Le Secrétaire général a mobilisé tout ce qu’il pouvait, tous les pays membres de la Francophonie.
Ils étaient sur le terrain, dans les situations d’urgence, ensuite, pour la continuité, avec des actions bien cadrées et ciblées, dans un esprit de respect et de coopération avec le gouvernement et le peuple haïtien.
Ils ont été là bien avant le séisme, puisque certains états membres de la Francophonie font partie de la MINUSTAH, qui est la force de stabilisation des Nations unies.
Ils nous accompagnent actuellement dans le processus électoral [élections présidentielles le 28 novembre prochain]. Je dirais donc que ce sont là des actions vraiment concrètes, sans compter les programmes d’éducation, de formation à distance, qu’ils continuent de mener.
La Francophonie est en train de réorganiser une équipe formelle, qui devra être sur place de manière définitive à travers une antenne [Antenne régionale pour les Caraïbes], comme cela était le cas il y a quelques années. Je crois donc que de ce point de vue là, nous avons été bien accompagnés par les pays membres de la Francophonie. C’est l’occasion pour moi de remercier tous ceux qui y travaillent, et en particulier le Secrétaire général, Monsieur Diouf.

swissinfo.ch: Mais voyez-vous des manques dans l’action francophone en Haïti?

M.M.R.: Je ne pense pas que nous soyons dans la situation de tirer des bilans, de dire ce que celui-ci ou celui-là aurait dû faire ou pas. Vous savez, quand on a connu un drame comme le nôtre, tout ce qui vient de manière spontanée est apprécié. Chacun a ses problèmes, et nous étions à mille lieues d’imaginer une catastrophe de cette envergure.
Je reconnais, et je ne suis pas la seule dans le gouvernement à le faire: le président, le premier ministre et chacun des ministres chaque fois qu’il a l’opportunité d’intervenir, reconnaît l’aide, le support que nous avons eu de la communauté internationale, dès les premières heures, les premiers jours, à un moment où nous étions complètement désarçonnés, démunis, K-O, sans communications, sans aéroport, les routes encombrées, des cadavres dans toutes les rues… C’était dur. C’était dur. Et nous remercions tous ceux qui étaient avec nous.

swissinfo.ch: Avec quoi souhaiteriez-vous quitter ce sommet de la Francophonie?

M.M.R.: J’ai été très satisfaite de la première partie de la rencontre, au niveau ministériel. Encore une fois, nous avons fait l’expérience dans toutes les rencontres auxquelles nous avons eu à participer que tout le monde est mobilisé sur le cas Haïti. Et ce ne sont pas que des vains mots. On sent que le souci de faire bien est là. Le souci de bien aider est là. Le souci d’aider autrement, également. Si nous continuons sur cette voie, je crois que nous réussirons à relever ce défi. C’est un long chemin à parcourir, mais ensemble, nous pouvons réussir.

swissinfo.ch: Lorsque vous dite «aider différemment», qu’entendez-vous par là?

M.M.R.: Les conséquences du 12 janvier ont été dramatiques. Ça a été comme un coup de fouet. Quelques semaines après, nous avons eu un tremblement de terre encore plus fort au Chili, et les pertes n’ont pas été les mêmes. Il y a donc eu des leçons à tirer, tant du côté haïtien que de ceux qui nous accompagnent sur le plan technique, financier, humanitaire. Nous avons donc pour devoir de faire différemment. Car cela veut dire que quelque part, quelque chose n’a pas marché. C’est la plus grosse leçon, au-delà du drame humain.

Pierre-Francois Besson, swissinfo.ch
Montreux

 

Sommet de la Francophonie

Le Québec veut prendre les devants pour Haïti

Agence QMI / Karine Gagnon / 22/10/2010 12h45

Sommet de la Francophonie - Le Québec veut prendre les devants pour Haïti

Monique Gagnon-Tremblay 

© Agence QMI / Karine Gagnon

SUISSE – Le Québec a décidé de prendre les devants pour la reconstruction d’Haïti et proposera, dans le cadre du Sommet de la Francophonie, une résolution pour mobiliser les pays membres et les inciter à mettre l’épaule à la roue.

La semaine dernière, le gouvernement Harper annonçait son intention d’amener la reconstruction d’Haïti à l’avant-plan lors du 13e Sommet de la Francophonie qui s’amorce aujourd’hui, à Montreux en Suisse. Or le Québec y ira, a-t-on appris hier, de sa propre résolution qui sera présentée aux 56 pays membres, en collaboration avec Haïti.

Parlant du Québec comme d’un «pays qui a des budgets modestes, limités» au chapitre de l’aide humanitaire, Monique Gagnon-Tremblay, ministre responsable de la Francophonie et des Relations internationales, a souligné qu’Haïti avait tout de même toujours été placé en priorité dans tous les programmes d’aide québécois.

Le Québec n’est pas un bâilleur de fonds, et il s’agit d’une compétence fédérale, a expliqué la ministre, «mais depuis 2003, il a quand même donné 18 millions de dollars à Haïti, et ça, c’est indépendamment de ce qu’on a fait depuis le tremblement de terre».

La ministre souligne qu’il y a plusieurs façons d’aider, dans ce pays où les ressources sont souvent insuffisantes, sur le terrain, pour bien identifier les besoins.

«Il y a des pays comme le Sénégal qui a accueilli 163 universitaires haïtiens, illustre-t-elle. Je pense que si tous les pays le faisaient, peut-être si on multipliait par 50, ce serait déjà quelque chose.»

 

RADIO METROPOLE / Vendredi, 22 octobre 2010 17:01

L’état d’urgence sanitaire est décrété en Haïti suite à l’épidémie de cholera

Les autorités haïtiennes viennent de décréter l’état d’urgence sanitaire sur toute l’étendu du territoire, suite à une épidémie de choléra qui frappe plusieurs communes du département de l’Artibonite.
Le ministre haïtien de la santé Alex Larsen a confirmé qu’il s’agit effectivement d’une épidémie de cholera et qu’elle a déjà tué plus d’une centaine de personnes dans l’Artibonite.
Il a indiqué que toutes les structures de santé du pays sont actuellement mobilisées pour faire face à la situation.
Monsieur Larsen invite les élus locaux de la région de l’Artibonite à travailler de concert avec les autorités sanitaires.
Le responsable du ministère de la santé lance un appel à la population en lui demandant de suivre les consignes d’hygiène de manière à éviter la propagation de la maladie.
Entre temps, sur le terrain l’épidémie progresse et menace de se répandre à grande échelle, des cas sont recensés à l’Arcahaie, une petite ville située à 35 km au nord de la capitale haïtienne, Port-au-Prince.
Alors, les habitants L’île de la Gonâve, confirment l’apparition de la maladie. Une quinzaine de cas ont déjà été enregistrés, mais jusqu’à présent aucun décès n’a été signalé.
Rappelons que, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), il n’y avait pas eu d’épidémie de choléra en Haïti depuis un siècle au moins.

 

Haïti-Choléra : L’Espagne offre une aide de 100 000 euros

P-au-P, 22 oct. 2010 [AlterPresse] — L’Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AEICD) annonce la création d’un fonds de 100 000 euros pour venir en aide à Haïti dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de choléra, selon la presse espagnole.

Cette épidémie qui s’est déclarée en début de semaine a déjà fait 118 morts dans deux départements du pays, selon les estimations officielles. D’autres sources font état de 142 personnes décédées.

Le fonds de 100 000 euros permettra notamment à l’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS) de mobiliser une équipe multidisciplinaire d’experts qui aura pour tâche de confirmer le diagnostic officiel de cholera.

Le fonds servira aussi à dépêcher des médecins spécialisés dans le pays et une fois le diagnostic officiel confirmé par l’OPS, aider à acquérir les médicaments nécessaires.

Des experts en eau, assainissement et hygiène viendront également en Haïti pour travailler avec la population.

Par ailleurs selon le ministre de la santé, Alex Larsen, le gouvernement doit débloquer 30 millions de gourdes (environ 800 mille dollars) pour entreprendre les premières actions de lutte contre l’épidémie.

 

HAÏTI: Résoudre l’énigme de l’assistance américaine à Haïti

nouvelles et analyses humanitaires

Un projet du Bureau pour la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies


Photo: sskennel/Flickr

Hillary Clinton – continue à s’occuper de la question (photo d’archives)

NEW YORK, 22 octobre 2010 (IRIN) – En annonçant que « pas un centime » des 1,15 milliard de dollars promis par les Etats-Unis pour la reconstruction d’Haïti lors de la conférence des donateurs organisée par les Nations Unies en mars n’avait atteint les victimes, l’Associated Press en a largement attribué la responsabilité à un seul sénateur, Tom Coburn, républicain conservateur d’Oklahoma qui s’était opposé à une condition mineure dans la législation autorisant cette dépense.
M. Coburn a « retardé » la loi « de façon anonyme » jusqu’à ce que ses questions aient obtenu une réponse, a indiqué l’agence de presse le 28 septembre, et le sénateur a rapidement été vilipendé par des libéraux influents pour sacrifier les pauvres d’Haïti sur l’autel de sa campagne actuelle en faveur de la prudence fiscale. Le comédien Jon Stewart l’a qualifié « d’en** international du mystère » pour avoir émis une « objection secrète » au projet de loi. Le présentateur de MSNBC Keith Olbermann a déclaré que M. Coburn « commettait un véritable crime envers le peuple haïtien et qu’il le faisait au nom de “Nous, le peuple” des Etats-Unis ».
Il est vrai que M. Coburn a mis en attente des fonds pour Haïti – 500 millions de dollars en fait – dont le pays a grand besoin. Mais ce n’est pas lui qui retarde les 1,15 milliard de dollars que la secrétaire d’Etat Hillary Clinton avait promis sous les applaudissements à la conférence des donateurs des Nations Unies.
Cet argent a été inclus dans une loi de financement annexe qui a été adoptée par les deux chambres du Congrès, après des mois d’allers-retours entre les différents bureaux, et a été signée par le président Barack Obama le 29 juillet 2010. L’administration Obama avait demandé au Congrès un total de 2,8 milliards de dollars pour aider Haïti, mais la version définitive de la loi (H.R. 4899, P.L. 111-212) a inclus un total de 2,93 milliards de dollars. L’argent se divisait en trois catégories : 1,642 milliard étaient destinés aux secours d’urgence, 1,140 milliard au relèvement et la reconstruction – l’argent promis par Mme Clinton – et 147 millions à des opérations diplomatiques, selon un rapport du Service de recherche du Congrès du 6 août 2010.
En septembre, l’Agence américaine pour le développement international (USAID) a indiqué que plus de 1,1 milliard sur les 1,642 milliard de secours d’urgence à Haïti avaient été dépensés depuis le séisme. Mais les 1,140 milliard prévus pour le relèvement et la reconstruction n’ont pas quitté le Trésor américain, parce que la majeure partie de cette aide ne peut pas être déboursée tant que la secrétaire d’Etat n’a pas indiqué aux diverses commissions du Congrès la façon exacte dont cet argent sera dépensé et comment sera gérée la supervision des fonds. Le Sénateur Coburn n’a rien à voir avec le blocage de ces fonds.
Selon un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Mme Clinton vient seulement de commencer à remplir les conditions imposées par la loi. L’administration « est encore en train de travailler sur ces questions avec les commissions compétentes », a-t-il dit. « Nous avons mené toute une série de réunions au Capitole, afin d’assurer la coordination et la consultation ». Entre temps, le gouvernement américain a reprogrammé « environ 300 millions de dollars pour la phase initiale de relèvement en Haïti… afin de poser les bases d’un développement durable à long terme ».
« Nous pensons que nous serons bientôt en mesure de débloquer notre aide à la reconstruction », a-t-il ajouté.
En réponse au tollé provoqué par son blocage, M. Coburn a fait remarquer que c’était l’administration Obama qui était responsable du retard des fonds de reconstruction, blâmant la complexité de « la bureaucratie de la branche exécutive » pour le délai. « Quoique plus de 10 semaines se soient écoulées depuis que ce projet de loi a été voté, la secrétaire d’Etat ne semble avoir rempli cette condition [de déblocage des fonds] que cette semaine, » a-t-il écrit le 7 octobre.
Deux objections

Mais tout ceci ne change rien au fait que M. Coburn retient 500 millions de dollars destinés à Haïti et qui font partie d’une autre section de la loi, la Loi sur l’autonomisation, l’assistance et la reconstruction d’Haïti, qui a été adoptée par la Commission des affaires étrangères du Sénat le 25 mai. Le sénateur d’Oklahoma a deux objections à cette loi : il pense que la création d’un nouveau poste de conseiller et coordinateur de la politique des Etats-Unis ferait double emploi avec les tâches déjà entreprises par l’ambassadeur américain en Haïti. Il affirme également que les 500 millions compris dans la loi « doivent être compensés par des coupes ailleurs dans les programmes de moindre priorité du budget annuel démesuré du gouvernement fédéral qui atteint 3,7 trillions de dollars ».
« Il est irresponsable d’autoriser une nouvelle dépense pour laquelle l’argent n’est pas disponible, parce que le résultat serait d’abaisser le niveau de vie aux Etats-Unis et de mettre notre nation dans l’incapacité de fournir de l’aide quand des désastres et d’autres crises frapperont à l’avenir », a-t-il écrit.
Un membre de la Commission des Affaires étrangères du Sénat a dit à IRIN que des négociations étaient en cours avec M. Coburn pour trouver une solution. « Nous sommes certains que nous serons en mesure de faire avancer la situation », a-t-il indiqué.
En attendant, Haïti continue de souffrir. D’autres pays ont également repoussé l’envoi de leur aide à la reconstruction. Moins de 15 pour cent de l’argent promis à la conférence des donateurs pour 2010-2011 a été reçu. « Les tergiversations américaines en matière de remise des fonds d’aide… établissent un précédent négatif », a dit Dan Beeton du Center for Economic and Policy Research de Washington. « Cela pourrait décourager d’autres pays, dont certains ont sans doute nettement moins d’argent mais qui autrement seraient peut-être plus enclins à partager, à soutenir Haïti au moment où le pays en a le plus besoin ».

 

LE NOUVELLISTE / 21 Octobre 2010

Haïti: Jude Célestin dans le collimateur du fisc

Le Miami Herald a publié ce mercredi 20 octobre un article sur le candidat de INITE, Jude Célestin, avec la collaboration des journalistes Trenton Daniel et Jacqueline Charles, la correspondante du journal dans la Caraïbe. Le texte ci-dessous est traduit de l’anglais.

Selon des informations dignes de foi, M. Jude Célestin, le candidat désigné du président René Préval à la présidentielle du 28 novembre 2010, fait face à une vague de tracasseries liées à la saisie de ses propriétés du sud de la Floride.

En effet, une vieille connaissance de M. Célestin, Tania Chihimie, a acheté une maison au prix de 1,1 million de dollars à Weston en 2006, au plus fort de la période du boom immobilier, selon les dossiers. Au début de cette année, des scellés ont été apposés sur la maison faute de versement au propriétaire de la somme de $ 1,06 million. La propriété de 5 117 mètres carrés, qui fait face à un canal, a des arriérés de taxes de $13 961, selon des chiffres fournis par le comté de Broward. Cette propriété fait partie des trois maisons achetées par M. Célestin en 2002, dans la partie sud de l’État de Floride. Elle est la seconde à être saisie, ou sur le point de l’être.

 

The home of Jude Celestin, the suspected heir apparent in Haiti's presidential elections, is pictured on Thursday, Oct. 14.

Contactée à ce sujet, une source proche de l’équipe de campagne de M. Célestin a indiqué que le candidat était indisponible pour se pencher sur ses démêlés avec le fisc de la Floride du Sud, et a proposé que cette question soit abordée avec Tania Chihimie.
« M. Célestin n’a rien à voir avec la propriété en question », pouvait-on lire dans un courriel parvenu au Miami Herald mercredi. « Il n’habite pas Weston, mais Haïti dont il est un citoyen. »
Dans un courriel au Miami Herald, Chihimie a dit « endosser la responsabilité entière » pour la maison de Weston et les taxes immobilières y relatives. Elle a ajouté avoir obtenu un prêt de son employeur, une banque située à Antigua, sans préciser qui – la banque ou elle – devrait payer les taxes et l’assurance de ladite propriété. Des frais de créance mensuels devaient être déduits de ses dépenses, pouvait-on lire.
Gérer des milliards
La divulgation d’informations sur les finances personnelles de M. Célestin survient au moment où les électeurs doivent prendre une décision sur qui des 19 candidats à la présidence ils vont voter. Quel candidat sera plus apte à gérer les milliards de dollars en provenance de la communauté internationale pour la reconstruction post-séisme, thème déjà très présent à la campagne présidentielle ? Le tremblement de terre du 12 janvier a fait près de 300 000 morts et 1 500 000 sans-abri.
Célestin, un célibataire de 48 ans, est considéré comme le protégé de Préval. Mais l’ingénieur en mécanique est perçu dans son pays comme un novice en politique. Malgré ses propriétés immobilières dans le sud de la Floride, M. Célestin est l’un des rares candidats aux élections de novembre à n’avoir pas mis les pieds en Floride et au-delà – alors que cela semble une aubaine pour se faire connaître à l’étranger et collecter des fonds pour la campagne. Les analystes politiques ont prédit que les candidats devraient dépenser beaucoup d’argent pour gagner la présidentielle.
Les portraits géants et les banderoles à l’effigie de Célestin, sur fond jaune et vert, dominent les tentes des campements et ce qui reste d’immeubles dans la capitale. Certains portent le slogan « 100 pour 100 pour Haïti ». Mercredi, des milliers de personnes se sont rassemblées sur une place de la commune de la Croix-des-Bouquets, dans la banlieue nord de Port-au-Prince, pour écouter Célestin, qui a tenu son premier meeting électoral.
« Ils croient en une nouvelle génération à laquelle nous appartenons aussi », a-t-il dit à une foule majoritairement composée de jeunes supporters. « Aujourd’hui, je représente Haïti… C’est une preuve de la réconciliation que nous appelons de tous nos voeux. La preuve de l’unité que nous réclamons. »
Ingénieur formé en Suisse, Célestin a eu à gérer les fonds gouvernementaux destinés au Centre national des équipements (CNE) pour la construction des routes, avant de s’engager dans la course à la présidence. Fondé en 1997, la CNE a contribué au ramassage des moellons et le placement de milliers de corps dans des fosses communes hors de Port-au-Prince après le séisme de magnitude 7.3.
Marché local
Après cinq ans à la tête du CNE, Célestin devint très actif dans l’immobilier au sud de la Floride. Des documents du comté de Broward montrent qu’il acheté, le 20 novembre 2002, une maison de 1 879 mètres carrés au 1125 Bluewood Terrace, à Weston, qui coûte $233 000. Moins d’une semaine après, soit le 26 novembre, Célestin acheta une autre maison de 1 877 mètres carrés à Weston, au 616 Stanton Drive d’un montant de $215 000.
Jude Célestin a payé les maisons grâce à deux prêts hypothécaires de la World Savings Bank à San Antonio -$163 100 pour la propriété de Bluewood Terrace et $139 750 pour celle de Stanton Drive qui devait par la suite être menacée de saisie.
Une source proche du candidat a affirmé que M. Célestin a « essayé d’étendre ses investissements. L’immobilier n’en était qu’une composante, et certains investissements étaient plus porteurs que d’autres.
La compagnie des câbles de la ville a adressé une seconde mise en demeure à Célestin pour des arriérés s’élevant à $402 68 pour la propriété de Stanton Drive. Cette démarche fut abandonnée par la suite. Les documents révèlent que le 6 avril 2004, Célestin vendit la maison de Bluewood Terrace à $272 000. En 2008, il céda la propriété de Stanton Drive pour $340 000 à sa soeur Rita Célestin Rancy, ex-conseillère spéciale au ministère du plan en Haïti. Car le propriétaire avait initié la procédure de saisie.
En 2006, Jude Célestin et Tania Chihimie ont acheté une propriété à $1,1 million actuellement sous scellé. Chihimie a refusé de dire pourquoi ils ont acheté ensemble la maison à 16340 Padock Ln. Chihimie a déclaré avoir reçu un prêt grâce à son travail de consultante à la ABI Financial Group, propriétaire de la Antigua Overseas Bank – le prêt a été accordé par la banque. Elle a signifié au Miami Herald, par courriel, que les versements mensuels étaient déduits de son salaire.
De tels prêts n’étaient pas inhabituels en 2006 au summum du boom immobilier, mais ce serait vraiment plus difficile de nos jours. […] La Saddle Club Estates Homeowners Association » a sommé Célestin et Chihimie de verser des arriérés impayés de l’ordre de $2 236,90.
Tentative de vente
Après le crash immobilier de 2008, Chihimie a tenté de vendre la maison.
« Suite à nos récentes conversations téléphoniques et échanges de courriels, nous avons cru comprendre que vous cherchez à vendre la maison », a écrit Carole Schlott Donelan, manager adjoint de « Offshore Operations » à « Antigua Overseas Bank à Chihimie le 31 janvier 2009. Cette lettre a été incluse dans un dossier du tribunal de Broward.
La banque a accepté de prolonger l’accord de dette sur la maison – à hauteur de $612 820 – jusqu’à mars 2009.
Mais vers la fin de l’été tous les espoirs de clémence restèrent vains.
« Suite à votre courriel du 3 septembre 2009, nous regrettons les difficultés et défis auxquels vous faites face », a écrit Donelan à Chihimie le 15 octobre. « Le business de la banque doit se poursuivre et par conséquent le prêt de USD 1 000 000 – après plusieurs rappels et reports a trop duré – doit être honoré.
Célestin et Chihimie n’ont pas non plus payé les taxes immobilières sur cette propriété de 2006 à 2008, selon les documents.
Le 28 janvier 2010, les dossiers montrent que la banque a payé $60 052,17 de taxes sur la propriété pour éviter des représailles pour retard de paiement.
La somme totale que la banque réclame actuellement à Jude Célestin et Tania Chihimie s’élève à $ 1 062 143,83. L’avocat de Broward Antigua Overseas Bank, John Primeau, s’est gardé de tout commentaire.
Chihimie a dit qu’elle « endossait toute la responsabilité pour la maison ».
« Je prendrai la responsabilité pour les taxes de cette année », a-t-elle écrit. « Une certaine confusion régnait autour de celui qui devrait payer les taxes et l’assurance sur la propriété, la banque ou moi. »

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