Archive | novembre, 2010

L’ESSENTIEL DE L’ACTUALITE – MARDI 30 NOVEMBRE 2010

30 Nov

Données préliminaires, Martelly 39%, Manigat 31%
HAITI LIBRE – 30/11/2010 08:06:26

Haïti - Élections : Données préliminaires, Martelly 39%, Manigat 31%Selon le journal espagnol El Mundo, qui fait référence à des sources diplomatiques de l’ONU et des informations obtenues auprès du bureau du Candidat Michel Martelly, les résultats préliminaires (partiels) donneraient, actuellement le candidat Michel Martelly «Repons peyizan» en tête dans les villes de : Port-au-Prince, Cap-haïtien et aux Cayes avec 39 % des votes suivi de Mirlande Manigat «Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP)» 31 % et Jude Célestin «INITE» 12 %.
Notez que ces informations doivent être prises avec réserve, il ne s’agit en aucun cas de données validées par les autorités électorales.
Michel Martelly serait en tête dans 4 départements représentants 40% de l’électorat. Si la tendance se poursuit nous aurons un deuxième tour Martelly – Manigat.

 

Le parti au pouvoir en Haïti admet une possible défaite électorale

De Clarens RENOIS (AFP) – Mardi 30 novembre 2010

CPhoto 1 sur 3

                   

Affiche électorale présentant 6 des 18 candidats à la présidentielle haïtienne, le 28 novembre 2010 à Port-au-Prince

PORT-AU-PRINCE — Le parti au pouvoir en Haïti a reconnu mardi qu’il pourrait avoir perdu les élections présidentielle et législatives, deux candidats à la succession du président René Préval ayant donné la veille l’impression de croire en leurs chances de l’emporter.

« Nous sommes des démocrates convaincus, Inité est prêt à accepter l’alternance démocratique », a déclaré le sénateur Joseph Lambert, coordonnateur du parti présidentiel Inité (« Unité » en créole).

« Si on rate les élections au niveau présidentiel, on passe à l’opposition ou bien on peut cohabiter avec le groupe qui aurait gagné les élections », a-t-il ajouté devant la presse.

Les élections ont donné lieu à des incidents qui ont fait plusieurs morts, tandis qu’une majorité des 18 candidats à la présidentielle ont exigé dimanche l’annulation du scrutin, se disant victimes de fraudes au profit du candidat d’Inité, Jude Célestin, considéré comme très proche de René Préval.

Deux des favoris de la rue et des sondages, Mirlande Manigat et le chanteur Michel Martelly, qui avaient dans un premier temps exigé également l’annulation du scrutin, ont indiqué lundi qu’ils se ralliaient au processus électoral, confiants dans leurs chances de se retrouver au second tour le 16 janvier.

« Je suis toujours dans la course, j’ai de bonnes chances de gagner les élections », avait déclaré lundi Mme Manigat, la championne des sondages.

« Nous commençons à recevoir des procès verbaux qui montrent clairement » que « là où il n’y a pas eu de magouilles c’est le changement qui mène. On s’attend à ce que le changement gagne les élections », avait pour sa part affirmé la star de la chanson Michel Martelly. « Maintenant que je sais que je mène… », avait-il lancé.

En raison de ce revirement rapide le chanteur populaire dont le sobriquet est « sweet Martelly » depuis des années est maintenant surnommé « switch Martelly » par les Haïtiens dans la rue.

Le Conseil électoral haïtien a promis de publier les résultats des scrutins d’ici le 5 décembre et se préparait entre-temps à dresser un bilan des incidents enregistrés dans le pays, qui ont conduit à l’annulation du vote dans 3,5% des centres de vote.

Mardi le conseiller technique du Conseil électoral pour les opérations de comptages, Alain Gauthier, a indiqué que 45% des procès-verbaux dressés dans toute le pays avaient été reçus. Et le CEP, qui continuait à recevoir mardi ces PV scellés dans une enveloppe transparente, espère les avoir reçus dans leur quasi-totalité mercredi à la mi-journée.

Interrogé sur les résultats, favorables à l’opposition, qui commencent à circuler sous le manteau dans Port-au-Prince, M. Gauthier a précisé que le centre de traitement ne communiquait aucun résultat. Il peut néanmoins y avoir des « comptages » parallèles plus ou moins précis, compte-tenu de l’existence de six exemplaires de chaque PV, dont deux sont envoyés aux candidats, a-t-il dit.

« On attend la publication des résultats pour recourir éventuellement aux instances électorales si nous avons des contestations », a déclaré M. Lambert, du parti Inité.

Jugeant que les élections se sont « globalement bien déroulées », le sénateur a regretté des manquements et des faiblesses lors de la journée de vote, qui ont alourdi la machine et provoqué la colère de certains électeurs impatients.

M. Lambert a accusé les candidats qui réclament l’annulation des élections de tenter « d’organiser un coup d’Etat électoral ».

Le chef de la mission d’observateurs conjointe de l’Organisation des Etats américains (OEA) et des pays du Marché commun de la Caraïbe (Caricom), Colin Granderson, a jugé lundi que les élections étaient valides, malgré les « irrégularités ».

 

Le conseil électoral a reçu 45% des procès-verbaux des élections

AFP / 30 novembre 2010 22h17

PORT-AU-PRINCE – Le conseil électoral provisoire (CEP) chargé de l’organisation des élections présidentielle et législatives en Haïti avait reçu mardi à la mi-journée 45% des procès-verbaux des bureaux de vote dans son centre de traitement.

Mardi à midi, quelque 15.000 des 33.500 procès verbaux attendus avaient été reçus, a indiqué à l’AFP Alain Gauthier, conseiller technique canadien du directeur du centre. Sur ces 15.000 PV, 10.000 ont été traités, soit près de 30% des procès verbaux qui doivent être saisis.

La « plupart » de ces procès-verbaux viennent de la région métropolitaine de Port-au-Prince, a-t-il précisé.

Des cartons remplis d’enveloppes transparentes scellées contenant les procès-verbaux des élections continuaient d’arriver mardi de tout le pays, a constaté l’AFP.

Ces PV sont identifiés par un lecteur optique grâce à un code barre. Il y a ensuite un contrôle visuel pour examiner leur conformité. Ceux qui ne posent pas problème font l’objet d’une saisie informatique validée par deux agents puis d’un ultime contrôle avant de partir aux archives.

Ceux qui posent problème, une minorité, sont envoyés en « quarantaine », a expliqué Alain Gauthier.

« Une bonne partie de ces PV en quarantaine sont jugés irréguliers ou frauduleux », a-t-il dit. Ils sont alors examinés par des avocats. Si une fraude est constatée, tous les votes du candidat à qui la fraude a profité sont annulés dans le bureau de vote où le PV a été dressé.

Le centre de traitement espère avoir reçu tous les procès-verbaux dressés « dans les 24 heures », a dit M. Gauthier. La saisie et la validation de ces PV seront assurées jusqu’au 6 décembre et les résultats seront transmis au CEP le 7 décembre, a-t-il encore précisé.

Quelque 600 personnes travaillent dans ce centre depuis lundi matin.

M. Gauthier a en outre précisé qu’il existait six exemplaires de chaque procès-verbal. Il y a un PV pour le bureau de vote, un pour le bureau des élections communal (BEC), un pour le bureau des élections départemental (BED), un pour le candidat arrivé en tête dans le bureau, un pour le candidat arrivé en seconde position et un pour le CEP.

Interrogé sur les résultats qui commencent à circuler sous le manteau dans Port-au-Prince, M. Gauthier a précisé que le centre de tabulation ne communiquait aucun résultat et se concentrait sur l’aspect technique de sa tâche.

Il peut néanmoins y avoir des « comptages » parallèles plus ou moins précis, compte-tenu de l’existence de six exemplaires de chaque PV, a-t-il dit. « C’est comme ça dans toutes les élections », a-t-il noté.

Les élections ont donné lieu à des incidents qui ont fait plusieurs morts, tandis qu’une majorité des 18 candidats à la présidentielle ont exigé dimanche l’annulation du scrutin qui a finalement été validé dans la grande partie du pays par la CEP.

 

Grosse manifestation à Saint-Marc
HAITI LIBRE – 30/11/2010 12:02:24

Haïti - Social : Grosse manifestation à Saint-MarcAprès les importantes manifestations de dimanche, des milliers de personnes à Saint-Marc ont tenté d’attaquer hier lundi, une base des casques bleus. La foule très en colère, manifestait contre les fraudes électorales, contre la la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation (Minustah) et contre le Gouvernement, réclamant le départ du Président Préval et la démission du CEP.
Manifestants et soldats de la Minustah se sont affrontés pendant plusieurs heures, les premiers jetant pierres et bouteilles, les seconds chargeant la foule, tirant en l’air et utilisant des gaz lacrymogènes.
Les manifestants très déterminés ont opposés une vive résistance, il a fallut plusieurs heures avant le retour au calme.

 

Reprise progressive des activités – Calme apparent

P-au-P, 30 nov. 2010 [AlterPresse] — Les activités tendent à reprendre leur cours normal ce 30 novembre, à travers le pays, contrairement à ce qui était constaté 24 heures après la tenue des élections législatives et présidentielles, entachées de fraude, d’irrégularités et émaillées de violence.

Le transport en commun fonctionne plus ou moins normalement, ainsi que les marchés publics et le commerce informel. Les banques, les supermarchés et divers magasins ont commencé à ouvrir leurs portes, de même que les bureaux publics et privés. Mais de rares élèves sont remarqués dans les rues.

Un calme apparent règne à la capitale. Cependant, des barricades enflammées étaient remarquées tôt dans la matinée sur l’axe Delmas 33, dans le secteur nord de la capitale, suivant des témoignages recueillis par AlterPresse.

Lundi 29 novembre, les activités fonctionnaient au ralenti dans les principales villes des 10 départements du pays, alors qu’une situation de tension se développait dans quelques régions.

Des personnes ont été blessées par balles lors de manifestations dans les rues de Saint Marc (Artibonite, Nord) en faveur de la candidate Myrlande Manigat. Des manifestations ont également eu lieu aux Gonaives, toujours dans le même département.

Une situation similaire s’est développée au centre de ville de Jacmel (Sud-est), alors que les dépouillements se poursuivaient dans des centres de votes.

Il a été également rapporté que des barricades de pneus enflammés ont été érigées à Ganthier et à Croix-des-Bouquets (Ouest) et au centre-ville de Port-au-Prince.

La journée d’élections du 28 novembre s’est clôturée sur fond d’agitations dans au moins 4 départements géographiques (Ouest, Nord, Artibonite, Sud-est), où plusieurs milliers de personnes ont gagné les rues dans le but de protester, entre autres, contre le mode d’organisation du scrutin.

 

Le Canada appelle au dialogue
HAITI LIBRE – 30/11/2010 10:08:20

Haïti - Élections : Le Canada appelle au dialogueLawrence Cannon, le ministre des Affaires étrangères, a déclaré hier, relativement aux élections présidentielles et législatives tenues en Haïti le 28 novembre 2010 : « À la suite des événements d’hier survenus en Haïti, maintenir un dialogue politique devient encore plus essentiel aux efforts de reconstruction et de développement du pays. »
« Il est primordial que les acteurs politiques haïtiens prennent leurs responsabilités et manifestent un engagement ferme envers les principes démocratiques, notamment le respect de l’intégrité du processus électoral. Cela est particulièrement important, compte tenu de la gravité des nombreux défis auxquels est confrontée la population d’Haïti. »
« Il est crucial d’examiner avec calme et transparence et sans délai, les constats d’irrégularités électorales. Nous continuons de consulter et de travailler avec nos partenaires sur le terrain en Haïti, notamment la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) et l’Organisation des États Américains (OEA) afin d’aider Haïti à surmonter ces défis majeurs. »
« Nous sommes solidaires du peuple haïtien dans ses efforts pour reconstruire son pays. »

 

Des entités de la communauté internationale invitent au dialogue pour sortir de l’impasse

P-au-P, 30 nov.2010 [AlterPresse] — Des instances de la communauté internationale lancent un appel au calme et demandent aux acteurs politiques haïtiens au dialogue pour résoudre les problèmes qui surviennent à l’occasion des élections législatives et présidentielles du 28 novembre dernier, entachées d’irrégularités et de fraudes.

Le secrétaire général de l’Organisation des États Américains (OEA), José Miguel Insulza, lance un appel à la paix et au calme pour les prochains jours et affirme, prendre « bonne note » du rapport initial qui a présenté les difficultés et les défis du jour des élections. Il déclare également attendre un rapport complet du chef de la Mission OEA/CARICOM, Collin Granderson.

De leur coté, les Chefs de mission de l’Union européenne en Haïti « appellent toutes les parties prenantes au processus électoral à s’atteler à la recherche de solutions avec responsabilité et dans la transparence. »

Le Secrétaire général de la Francophonie Abdou Diouf, qui partage cette position encourage aussi « la concertation » entre les responsables politiques impliqués dans l’actuelle crise.

Selon les membres du club de Madrid, un dialogue est fondamental afin « de récupérer et maintenir le cadre institutionnel dont le pays a désespérément besoin, dans le but d’avancer dans le processus de reconstruction ».

Ils demandent aux candidats présidentiels d’agir selon les prescrits constitutionnels pour favoriser la récupération du développement socio-économique et démocratique du pays.

« Nous sommes convaincus que seul un gouvernement « résistant » et formé suite à un processus légitime, peut mener à bien la reconstruction d’Haïti et gagner le soutien de la communauté internationale en faveur de la vision proprement haïtienne du pays », concluent les membres du club de Madrid.

Des manifestations sont enregistrées ce 30 novembre encore dans quelques régions du pays, soit pour demander l’annulation des élections, soit pour proclamer la victoire de tel candidat.

Les candidats Joseph Michel Martelly et Myrlande Hyppolite Manigat, qui avaient opté pour une annulation des élections, sont revenus sur leurs positions le 29 novembre.

 

Haïti – Dominicanie :

 L’armée dominicaine déploie 250 soldats d’élite
HAITI LIBRE – 30/11/2010 12:58:52

Haïti - Insécurité : L’armée dominicaine déploie 250 soldats d’éliteLes Forces armées ont envoyé en renfort, 250 soldats du corps d’élite « Los Cimarrones », afin de renforcer la sécurité à la frontière avec Haïti. Ce corps d’élite a pour mission d’empêcher, entre autres : les trafic illégaux de personnes, la contrebande de marchandises, d’armes, de drogue, de vol bétail et de véhicules.
Le corps d’élite a été accueilli par le Général Rafael Perez Florentino, qui commande la quatrième brigade de l’Armée Nationale basée à Mao Valverde. Le haut responsable militaire a expliqué que ces renforts font partie des mesures annoncées par le ministre des Forces armées, le lieutenant-général Joaquín Pérez Virgilio Félix.
De plus, le Général Florentino Perez, a fait savoir que la surveillance militaire, des points de contrôle à la frontière, sera encore renforcé. Il a précisé, que depuis la mise en place du dispositif militaire, le trafic d’haïtiens sans papier, était réduit au minimum.
Un calme relatif régnait aujourd’hui sur la frontière entre les deux pays, après les incidents de lundi, qui ont fait au moins 7 blessés parmi les haïtiens, lors des violents affrontements entre des manifestants haïtiens et les membres du CESFRONT en République Dominicaine et entre des manifestants et les forces de la Minustah en Haïti.
Marciano Mateo Espinosa, le Vice-consul dominicain à Ounaminthe, a déclaré au sujet de l’évacuation [hier] du consulat dominicain, que des mesures de sécurité vont être mise en place afin de permettre le retour du personnel diplomatique.

 

Haïti – Épidémie :

 Les besoins en personnels médical révisés à la hausse
HAITI LIBRE – 30/11/2010 13:58:06

Haïti - Épidémie : Les besoins en personnels médical révisés à la hausseLe 24 novembre dernier, Valerie Amos la secrétaire général adjointe aux affaires humanitaires des Nations Unies a déclaré qu’Haïti avait un urgent besoin de 1,000 infirmières et d’au moins 100 médecins supplémentaires pour alléger les besoins de santé générés par l’épidémie de choléra.
2 jours plus tard, le 26 novembre 2010, l’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS), estime qu’il faut au moins 350 médecins, 2,000 infirmières et 2,200 personnels de soutien santé supplémentaires pour les trois prochains mois pour faire face à l’épidémie.
Cette révision à la hausse, intervient après que l’ONU ait averti que 400.000 personnes pourraient être infectées par le choléra au cours des 12 prochains mois, dont 200,000 dans les 3 mois à venir.
En réponse à cet appel d’urgence, Andrew Mitchell, Secrétaire pour le développement international à annoncé que la Grande-Bretagne s’engageait à payer pour 115 médecins, 920 infirmières et 740 employés de soutien, ainsi que des fournitures d’urgence. Le personnel médical sera mis en place dans 12 grands Centres de Traitement du Choléra (CTC) et 60 Unités de Traitement du Choléra (UTC) capables de traiter plusieurs milliers de patients au cours des deux prochains mois.
« Malgré les promesses de soutien considérable pour aider Haïti, il y a encore de grave lacunes dans la fourniture de matériel médical d’urgence et une grave pénurie de personnel médical qualifié […] Il est clair qu’il reste encore beaucoup à faire, la réponse doit être considérablement accrue si nous voulons sauver des milliers de personnes de la maladie » a précisé Andrew Mitchell.

 

Haïti – Épidémie :

 Aux Cayes, situation dramatique
HAITI LIBRE – 30/11/2010 09:49:31

Haïti - Épidémie : Aux Cayes, situation dramatique
La situation sur le front de l’épidémie de Choléra dans le département du Sud et en particulier dans la ville des Cayes, est extrêmement préoccupante. Les services de santé sont totalement dépassés alors que le nombre de cas ne cesse d’augmenter et qu’aucune agence humanitaire médicale majeure n’est présente dans la zone. La quatrième ville du pays ne dispose pas aujourd’hui de centre de traitement à la mesure de la crise humanitaire qui va en s’intensifiant. L’ONG « Terre des Hommes » (TDH) lance un appel urgent à tous les acteurs ayant une expertise dans la prise en charge et le traitement du choléra pour qu’ils se mobilisent dans les plus brefs délais, afin de mettre sur pied un Centre de Traitement du choléra (CTC).
L’agglomération des Cayes compte une population globale de plus de 320,000 habitants. La ville est sensiblement de la taille de Cap Haïtien. Les zones urbaines sont densément peuplées, les populations les plus pauvres vivent à proximité des embouchures de rivières, sans aucun système d’assainissement. Avec ses canaux d’évacuation à ciel ouvert et la majeure partie du centre ville située à en zone inondable, les Cayes présente de hauts risques de contamination.
Le nombre de personnes contaminées dans le département du Sud, même s’il reste en chiffre absolu, bien inférieur au nombre de cas comptabilisés à Port au Prince (notez que le gouvernement refuse de révéler le véritable bilan de PAP et zone Métropolitaine depuis le 24 novembre 2010), ne cesse d’augmenter. Jusqu’à présent, dans l’ensemble du département, 12 foyers de contamination, dont 5 situés dans la ville, ont été recensés. Les chiffres officiels font état de 160 cas traités, mais ils sont largement sous-évalués.
Les autorités sanitaires manquent déjà cruellement de moyens, humain et matériel, pour faire face à une situation qui ne cesse de s’aggraver. L’unique centre de traitement, une petite structure érigée en urgence à l’hôpital des Cayes par Médecin Sans Frontière (MSF) Suisse avec le concours de TDH, se retrouve sans le soutien continu d’organisations médicales. Situé dans l’enceinte de l’hôpital, le CTU transitionnel, a une capacité de seulement 25 lits. Les femmes, les hommes et enfants ne disposent pas d’espaces séparés. Géré par du personnel insuffisamment formé et débordé, manquant d’encadrement, il enregistre 10 à 15 admissions quotidiennes depuis quelques jours. Il est totalement saturé. Les détenus de la prison centrale y sont également référés.
Il n’y a pas de système de gestion des déchets contaminés, les drums de vomissements et diarrhées sont pleins, d’autres débordent de matériel médical mélangés aux habits des malades et à d’autres déchets ménagers. TDH tente de parer au plus pressé en fournissant un appui WASH, mais sans zone de dépotage attitrée, le stockage et le traitement des déchets restent un problème majeur. Aucun lieu n’a été identifié par les autorités malgré des sollicitations répétées depuis un mois.
MSF, qui traite 80% des cas de choléra dans le pays, a dû se retirer faute de personnel disponible. Face à la gravité de la situation, Médecins du Monde (MDM – Suisse) y a dépêché pour quelques jours deux membres de son personnel médical.
Tous les indicateurs montrent que l’épidémie va exploser dans la ville des Cayes. Elle commence déjà à frapper les agglomérations voisines. Il y a un besoin urgent de mobilisation d’acteurs médicaux et WASH afin d’ériger dans les plus brefs délais un CTC d’au moins 100 lits, dimensionné aux besoins d’une ville de 140,000 habitants et ainsi d’éviter que la situation au Sud soit hors de contrôle.
Le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) manque de moyen et peine à mobiliser son personnel. L’intervention d’une ONG médicale forte est une nécessité absolue. TDH lance un appel d’urgence !

 

Haïti-Elections

Mirlande Manigat se voit gagner les présidentielles et réclame des « garanties » pour un second tour, après le fiasco de dimanche

Radio Kiskeya / lundi 29 novembre 2010

La candidate du RDNP, qui rend le Président Préval responsable de l’échec des élections, nie toute appartenance au groupe des douze candidats ayant demandé l’annulation du scrutin ; l’un de ses principaux rivaux, Michel Martelly, abandonne pratiquement le groupe sans l’assumer en raison du début d’accomplissement du « respect du vote populaire »

Mirlande Manigat, principale favorite de l’élection présidentielle selon les sondages, a déclaré lundi, au lendemain du scrutin très controversé de dimanche, qu’elle avait de « bonnes chances de gagner » lors d’un éventuel second tour auquel elle est prête à participer moyennant des garanties pour éviter la répétition d’un nouveau scandale électoral.

« Je suis toujours dans la course, j’ai de bonnes chances de gagner les élections », a confié, dans une interview à l’AFP, la dirigeante du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP) qui rejette sur le Président René Préval la responsabilité de l’anarchie ayant caractérisé la journée électorale.

« Si le Président René Préval n’avait pas voulu que des hommes armés du parti au pouvoir Inité viennent troubler le vote, cela ne se serait pas produit », a fait savoir Mme Manigat.

Créditée d’une avance de 16 points sur le candidat officiel, Jude Célestin, dans la dernière enquête d’opinion publiée juste avant les élections, la constitutionnaliste est intéressée à prendre part à un second tour si, précise-t-elle, »des garanties sont données par le Conseil électoral et le gouvernement que le brigandage de dimanche ne se répète pas ».

« Si les choses sont différentes, si les électeurs peuvent voter normalement, si les mandataires des partis sont admis dans les bureaux alors oui j’irai à un second tour », a renchéri Mirlande Manigat qui avait pourtant appelé dimanche à l’annulation du scrutin devant l’ampleur des fraudes et irrégularités.

« Compte tenu des circonstance dans lesquelles je me trouvais, j’avais demandé l’annulation, mais il y a de nouvelles données, alors je peux revenir sur ma décision », a-t-elle répété pour justifier l’évolution de sa position.

Dans la foulée, Mme Manigat a nié avoir fait partie du groupe des 12 candidats à la présidence ayant demandé, dans une déclaration conjointe, l’annulation de la consultation en raison de « fraudes massives » constatées dans les bureaux de vote.

« On a cité mon nom dans un document, mais je n’ai jamais participé à l’élaboration d’une déclaration, je n’ai pas signé », a réagi la secrétaire générale du RDNP qui ambitionne de devenir la première Présidente élue de l’histoire d’Haïti.

Cette déclaration a surpris plusieurs de ses compétiteurs qui ont sévèrement critiqué son retrait inexpliqué tout comme celui de Michel Martelly (Repons Peyizan).

Principal instigateur de l’initiative collective des candidats face au déraillement du processus électoral, le chanteur mué en leader politique a qualifié de « mouvement spontané » cette démarche qui, observe-t-il, a été rejetée par le CEP.

Lors d’une conférence de presse, M. Martelly, qui prétend incarner le changement, a exigé le « respect du verdict populaire » après avoir affirmé que la déclaration commune, rédigée avec ses collègues, avait fait évoluer la tendance du vote en sa faveur.

Il est prêt à s’incliner devant la décision du Conseil électoral, sauf, prévient-il, en cas de victoire de Jude Célestin poussé par son mentor, René Préval. Le peuple ne veut plus de ces deux hommes, a conclu le candidat.

En dépit d’incidents en cascade enregistrés, de cas de fraudes flagrantes et d’irrégularités dénoncés tant par les partis en compétition que les observateurs nationaux, le président du CEP, Gaillot Dorsinvil, et son directeur général, Pierre-Louis Opont, se sont félicités de la tenue d’élections « bouclées et réussies ».

Alors que les mouvements de protestation tendent à s’amplifier dans plusieurs villes du pays, l’institution électorale se prépare à communiquer, à partir du 5 décembre, les résultats du premier tour de ces présidentielles et législatives.

Un éventuel second tour pourrait se dérouler le 16 janvier.

 

La mission d’observation OEA/CARICOM juge « injustifiée » une annulation des élections

Radio Kiskeya / lundi 29 novembre 2010

Disant déplorer de nombreuses irrégularités, le chef de la mission, Colin Granderson, demande aux candidats ayant réclamé l’interruption du processus d’administrer au CEP les preuves des « fraudes massives » dénoncées ; leur démarche est qualifiée de « précipitée et regrettable »

La mission d’observation conjointe de l’OEA et de la CARICOM a admis lundi que les élections présidentielles et législatives tenues dimanche en Haïti étaient entachées d’irrégularités, mais a estimé que les faits constatés ne peuvent justifier l’annulation du processus sollicitée par la majorité des candidats à la Présidence.

S’exprimant lors d’une conférence de presse bilan, le chef de la mission, Colin Granderson, a qualifié de « précipitée et regrettable » la demande d’annulation présentée par une liste de douze aspirants au fauteuil présidentiel, réduite à dix après le retrait de Mirlande Manigat (RDNP) et Michel Martelly (Repons Peyizan), deux des candidats les mieux cotés dans les sondages.

Le diplomate trinidadien juge que l’interruption du processus de vote, l’une des irrégularités dénoncées, ne constitue pas une « raison pour annuler les élections », en vertu de la loi électorale.

Les observateurs dépêchés par l’Organisation des Etats américains et la Communauté Caraïbe demandent aux partis politiques contestataires de soumettre au Conseil électoral provisoire les preuves de « fraudes massives » qu’ils affirment détenir.

Aucune mention n’a été faite des opérations de « bourrages d’urnes » ou de transfert d’urnes remplies, tôt le matin, auxquelles se seraient livrés des partisans zélés de la plateforme présidentielle INITE dans différents points du territoire.

Toutefois, Colin Granderson reconnaît que beaucoup d’électeurs n’ont pu exercer leur droit de vote et que d’autres ont été confrontés à d’énormes difficultés pour retrouver leurs noms sur les listes électorales.

« Chaque électeur a le devoir de s’informer à temps pour savoir où il doit voiter », a indiqué le chef de la mission OEA/CARICOM qui déplore que l’orientation des électeurs vers les bureaux de vote n’ait pas fait l’objet d’un effort supplémentaire de la part du CEP.

« En général, les citoyens haïtiens et les partis politiques se sont comportés fort bien », a par ailleurs dit Granderson à propos du déroulement de la campagne électorale en notant cependant que les derniers jours ont été émaillés d’incidents violents.

Des disparités énormes entre les moyens dont disposaient le parti officiel INITE et les autres compétiteurs ont été relevées, selon la mission qui promet de continuer à observer le processus électoral entré lundi dans une nouvelle phase avec le début des opérations de comptage au centre de tabulation.

L’ESSENTIEL DE L’ACTUALITE

29 Nov

Incident à la frontière, au moins 5 haïtiens blessés par balle
HAITI LIBRE – 29/11/2010 17:59:57

Haïti - Insécurité : Incident à la frontière, au moins 5 haïtiens blessés par balleAu moins cinq Haïtiens ont été blessés par balles aujourd’hui, à Dajabon, lors de violents affrontements avec d’une part, des membres de la sécurité à la frontière dominicaine (CESFRONT), et d’autre part avec les soldats de la Mission des Nations Unies en Haïti (Minsustah), selon des médecins et des autorités haïtiennes.
La confrontation a commencé lorsqu’un groupe d’haïtiens en colère, a attaqué avec des pierres, des bâtons et des armes blanche, des membres du (Cesfront) en République Dominicaine, ils accusaient ces derniers d’avoir saisie une cargaison d’ail, qui aurait été supposément introduite en contrebande sur le territoire dominicain, par un homme d’affaires haïtien.
Selon le Cesfront, les haïtiens ont attaqué les bureaux des douanes dominicaine à Dajabon, brûlé un camion transportant du ciment et détruit les pares-brise de nombreux véhicules. Au cours de ces affrontements, Junior Floresta, un haïtien de 19 ans a été touché d’une balle à la poitrine tiré par un soldat dominicain. Le blessé à été transporté à l’Hôpital de Santiago pour y recevoir des soins.
En Haïti, les manifestants ont causé des dommages à un véhicule de la Minustah dans la ville de Ouanaminthe, à la frontière avec la République dominicaine. En raison des protestations violentes en Haïti, les casques bleus ont évacué le personnel du consulat dominicain de la ville, menacé d’attentat d’après des sources militaires.
Plus tard dans la journée, des manifestants ont attaqué les forces de la Minustah en Haïti, un affrontement qui a fait au moins 4 blessés par balle chez les manifestants. Les blessés ont été pris en charge à l’hôpital public de Ouanaminthe et Fort-Liberté en Haïti. Les médecins et des militants des droits de l’homme ont confirmés les faits.
Une commission de fonctionnaires et de haut responsables militaires a ouvert une enquête sur les incidents côté dominicain.

 

Haïti-Cholera : 1721 décès et plus de 75 000 personnes contaminées

P-au-P, 29 nov. 2010 [AlterPresse] — 1721 décès et 75 888 cas de contamination, c’est le dernier bilan de l’épidémie de cholera qui frappe Haiti depuis la mi-octobre.

Le Ministère de la Santé Publique et de la Population indique que 33 485 personnes ont été hospitalisées, selon ce bilan.

Toujours aucun décès dans les Nippes, et les autorités n’ont enregistré aucun décès communautaire dans la Grand Anse et dans le Sud-Est.

Le taux de mortalité général qui au début était de plus de 4% est maintenant en dessous de 3%.

Alors que la préoccupation concernant l’origine de la maladie ne s’est pas dissipée, un éminent expert français, Renaud Piarroux, a confirmé que le cholera était bel et bien « importé » en Haiti.

La souche présente dans le pays avait déjà été identifiée comme semblable à celle présente en Asie.

 

L’épidémie de choléra en Haïti importée, selon un épidémiologiste réputé

De Deborah PASMANTIER (AFP) – LUNDI 29 NOVEMBRE 2010

Photo 1 sur 3

                   

Des soignants prennent en charge le corps d »une victime du choléra à l’extérieur de Port-au-Prince, le 27 novembre 2010

PARIS — L’épidémie de choléra en Haïti a été importée, la souche ne pouvant provenir ni de l’environnement ni des camps de sinistrés du séisme du 12 janvier, a déclaré à l’AFP le professeur français Renaud Piarroux, épidémiologiste de retour d’une mission pour le gouvernement haïtien.

Le Pf Piarroux, spécialiste du choléra revenu dimanche d’une mission de trois semaines en Haïti à la demande du ministère haïtien de la Santé et de l’ambassade de France est formel : l’épidémie « n’est pas liée au séisme, elle ne provient pas non plus d’une souche environnementale ».

« Cela a commencé dans le centre du pays. Pas au bord de la mer ni dans les camps de sinistrés (où vivent 1,3 million de personnes). L?épidémie ne peut donc être d’origine locale. C’est-à-dire que c’est importé », explique ce chef de service dans un hôpital de Marseille (sud de la France).

Selon des responsables haïtiens, les premiers cas sont apparus mi-octobre sur les bords d?un affluent du fleuve de l’Artibonite, à proximité de la base des Casques bleus népalais de la Mission de l’ONU en Haïti (Minustah) à Mirebalais (centre).

Ces derniers ont été accusés par une partie de la population d’avoir importé la maladie qui a fait plus de 1.721 morts.

Le docteur français Gérard Chevallier, qui a travaillé avec le professeur Piarroux, a récemment estimé que « la probabilité épidémiologique est élevée ».

Des accusations démenties par la Minustah qui a indiqué que les tests réalisés dans les latrines et eaux du camp népalais étaient « négatifs ».

« L’épidémie a explosé sur un mode extrêmement violent le 19 octobre avec plusieurs milliers de cas et plusieurs centaines de morts en quelques jours après que de très nombreuses personnes ont bu l’eau du fleuve dans le delta de l’Artibonite. On n’a jamais vu ça en termes de rapidité de démarrage depuis l?épidémie autour de Goma (ex-Zaïre) en 1994 », poursuit le professeur Piarroux.

La bactérie se transmet généralement d’homme à homme. Elle peut aussi se transmettre par de l’eau « mais normalement avant d’arriver à toucher plusieurs milliers de personnes, il se passe des semaines ou des mois. Là, on parle de jours », poursuit l’épidémiologiste qui a fait de nombreuses missions sur le choléra en Afrique.

L’épidémie a aussi connu « une vitesse de diffusion exceptionnelle car les gens ont fui et amené en quelques jours le choléra dans de nombreuses communes à la périphérie de l’Artibonite ». Elle va continuer à s’étendre, mais avec une vitesse de propagation bien moins rapide notamment dans le sud du pays, selon M. Piarroux.

A ce stade, « à peu près la moitié des communes du pays sont touchées plus ou moins fortement », selon les constatations faites par le professeur sur le terrain. « On en est à plus de 70.000 cas, on peut facilement imaginer qu’on atteigne les 200.000. Mais il n’y aura pas des dizaines de milliers de morts ni de pic majeur ».

Plusieurs zones restent très vulnérables en particulier dans les montagnes situées au nord de la plaine de l’Artibonite. « Ce sont des zones rurales avec des villages isolés où il y a peu d’accès aux soins et où l?eau potable manque. Par endroits, on compte déjà plus d’un mort pour 1.000 habitants ».

La situation est également très tendue dans certaines zones urbaines, telles que le faubourg de Cité Soleil à Port-au-Prince et la ville de Cap-Haïtien (nord).

Le professeur, qui remettra un rapport au ministère français des Affaires étrangères, estime que l’accès aux soins et leur qualité sont « bons » avec une létalité autour de 1% dans la plupart des structures d’accueil.

Il estime également que la récente mise en place avec les Haïtiens d’un système permettant de recueillir les informations sur le choléra dans chaque commune, avec un délai de deux ou trois jours, devrait permettre de mieux cibler la prise en charge des malades.

HAITI ELECTIONS: LE JOUR APRES

29 Nov

Manigat et Martelly se désolidarisent des 10 autres candidats qui demandent l’annulation du scrutin

HAITI LIBRE / lundi 29 novembre 2010

P-au-P, 28 nov. 2010 [AlterPresse] — Les candidats à la présidence Michel Martelly et Myrlande Manigat sont revenus ce 29 novembre sur leur demande d’annulation des élections de la veille entachée d’irrégularités et de fraude.

Une douzaine de candidates et candidats (sur 19 officiellement en lice) à la présidentielle ont exigé, le 28 novembre, dans une déclaration conjointe, que ces élections soient annulées.

Michel Martelly déclare lors d’une conférence de presse qu’il n’a signé aucun document, même s’il admet s’être mis d’accord avec les autres candidats « sur un point : les magouilles » qui ont eu lieu, selon lui, durant ces élections.

Mais, a-t-il dit, « c’est le CEP (Conseil Électoral Provisoire) qui a le mot final ».

Il ajoute qu’il est prêt à recevoir tout résultat qui ne donnerait pas Jude Celestin, candidat du pouvoir, gagnant de ces joutes.

Pour sa part, Myrlande Manigat, qui compte parmi les favoris de l’élection présidentielle, estime ce 29 novembre qu’elle dispose de « bonnes chances de gagner », et se dit prête à participer à un éventuel second tour.

« Compte tenu des circonstances dans lesquelles je me trouvais, j’avais demandé l’annulation, mais il y a de nouvelles données, alors je peux revenir sur ma décision », déclare-t-elle à l’Agence France Presse.

Un ensemble d’irrégularités flagrantes, constatées dans les bureaux de vote jusqu’à 11:00 am et vraisemblablement planifiées en faveur du candidat officiel Jude Célestin de la plateforme “Inite” (Unité), était à la base de la décision prise par les 12 postulantes et postulants à la présidentielle, suivant la teneur du texte lu dans un hôtel à l’est de la capitale.

Les candidates et candidats, qui ont avalisé la déclaration du 28 novembre 2010, sont les suivants : Charles Henry Baker, Jean Henry Ceant, Joseph Michel Martelly, Lesly Voltaire, Jacques Edouard Alexis, Wilson Jeudy, Josette Bijou, Erick Charles, Jean Chavannes Jeune, Garaudy Laguerre, Léon Jeune, Myrlande Hyppolite Manigat.

Dès le début de la matinée du28 novembre, la presse nationale et internationale a relevé différents problèmes techniques dans le déroulement du vote, entre autres : de nombreuses électrices et électeurs n’ont pas pu retrouver leurs noms sur les listes électorales ; des actes de violence (y compris la mort d’électeurs) ont émaillé les opérations enclenchées vers 6:00 am en certains endroits, mais très en retard dans d’autres endroits, plusieurs mandataires de partis politiques ont été interdits d’accès à des bureaux de vote où ils étaient affectés.

 

René Préval, un président « têtu » au « caractère de caméléon »

Le Monde.fr | 29.11.10 | 22h32  •  Mis à jour le 29.11.10 | 22h46

Le président haïtien René Preval, le 30 juin 2010.

Le président haïtien René Preval, le 30 juin 2010. AFP/THONY BELIZAIRE

Pour l’ambassade américaine à Port-au-Prince, le président sortant d’Haïti, René Préval, est un allié, mais sa « personnalité » pose problème. Lors de son élection, en 2006, M. Préval avait pu compter sur le soutien des Etats-Unis, du Brésil et de la France, très impliqués en Haïti. « Son engagement pour la construction d’institutions démocratiques, la promotion de la stabilité politique et le développement de l’économie correspond à notre propre intérêt », affirme un message diplomatique de mars 2007 obtenu par WikiLeaks et examiné par Le Monde.

« Préval reste l’homme indispensable d’Haïti », insiste un long mémo de juin 2009 intitulé « Déconstruire Préval ». Cependant, « la relation avec lui est un défi qui peut être frustrant et parfois gratifiant », explique ce texte. La difficulté découle de sa « vision du monde, sa personnalité et son style de leadership renfermé », ainsi que d’un « caractère de caméléon ». « Personnalité discrète et complexe, le président partage peu. Son cercle rapproché a beaucoup rétréci ces deux dernières années. » D’ailleurs, « l’isolement de Préval dans le palais au cours de la dernière année est notable ». « Il quitte rarement le palais, sauf pour aller chaque soir à sa résidence ou au refuge qu’il a acheté à sa fiancée sur les hauteurs de Port-au-Prince. »

VISION « CYNIQUE  » DE LA POLITIQUE HAÏTIENNE

Femme d’affaires formée aux Etats-Unis, « Elizabeth Delatour est la seule conseillère avec laquelle il a des discussions significatives », précisait le mémo de 2007, deux ans avant qu’elle n’épouse René Préval. Le mémo avouait néanmoins qu’il était difficile d’évaluer son influence. En fait, « Préval n’a confiance ni en ses conseillers ni en ses ministres pour prendre des décisions, et même pour les appliquer ». Résultat, « Préval est très peu incliné à déléguer le pouvoir et les détails les plus insignifiants arrivent même sur son bureau », explique le mémo de 2009.

Le président haïtien accepte rarement les « opinions divergentes ». Cette prise de décision « unilatérale » et sa « tendance à la micro-gestion » s’accompagnent d’une vision « cynique «  de la politique haïtienne (« souvent justifiée », ajoute l’auteur de la note. « Têtu et soupçonneux », le président haïtien reste « sceptique sur les engagements de la communauté internationale ». « Préval demeure essentiellement un nationaliste », « méfiant à l’égard des intentions des étrangers et convaincu que personne ne comprend Haïti aussi bien que lui ». M. Préval « admet qu’il ne lit ni n’écoute les nouvelles, locales ou internationales ».

« PERSONNAGE INACTIF »

« Le comportement parfois erratique de Préval ces dernières années a suscité de larges rumeurs sur le fait qu’il souffre de son ancien cancer de la prostate ou qu’il a recommencé à boire. » Le président haïtien a ignoré les conseils de ses proches de procéder à un bilan de santé aux Etats-Unis et ne s’est pas rendu à Cuba pour les tests de suivi depuis un an. Lors d’un premier mandat présidentiel (1996-2001), René Préval était perçu comme un « personnage inactif ».

« Tantôt déterminé, tantôt distrait, Préval est souvent réticent à utiliser les leviers de pouvoir de la présidence. » Il en résulte un « vide politique » occupé par « ceux qui ne pensent pas nécessairement aux intérêts de la nation ». A propos de l’exercice du pouvoir exécutif, le mémo de 2007 évoquait déjà les « faiblesses » de M. Préval et même une « passivité générale ». En 2010, cela lui a été reproché après le séisme de janvier et l’essor du choléra.

 

Le Canada demande aux candidats de calmer le jeu

Huguette Young / Agence QMI / 29/11/2010 16h09

Haïti - Le Canada demande aux candidats de calmer le jeu

Lawrence Cannon 

OTTAWA – Le ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon a demandé à tous les candidats à l’élection présidentielle en Haïti de calmer le jeu, lundi, au lendemain d’un scrutin hautement contesté.

«Nous pensons qu’il est essentiel que le calme puisse revenir, qu’il y ait un dialogue serein entre les individus qui sont les principaux acteurs politiques, a souligné le ministre lors d’un point de presse à Ottawa. On sait que ce pays a traversé des bouleversements incroyables au cours des 12 derniers mois.»

Pour M. Cannon, ce qui importe, c’est de retrouver la stabilité politique dans ce pays secoué au cours de la dernière année par un tremblement de terre dévastateur, un ouragan et par une épidémie de choléra.

«J’ai eu l’occasion de converser avec l’ambassadeur Henri-Paul Normandin qui s’active avec ses collègues sur le plan international, de concert avec [des] ambassadeurs d’autres pays, pour être capable de calmer le jeu pour que l’on puisse avoir le dialogue nécessaire pour la suite des choses.»

L’Organisation des Nations unies et la communauté internationale ont exprimé leurs vives préoccupations relativement à une série d’incidents de violence qui ont ravagé ce pays.

M. Cannon ne s’est pas prononcé à savoir s’il exigeait de nouvelles élections en Haïti.

 

Les organismes nationaux d’observation « déplorent la façon désastreuse » dont s’est déroulé le scrutin

ALTERPRESSE / lundi 29 novembre 2010

Note de presse de 6 organismes d’observation

Les institutions signataires de la présente déplorent la façon désastreuse dont se sont passées les élections législatives et présidentielles du 28 Novembre 2010. Plusieurs citoyens ont perdu leur vie ou ont été grièvement blesses, des bulletins parallèles ont été frauduleusement introduits dans le circuit, des centres de vote ont été saccages ou incendies, des bulletins réguliers ont été emportes, déchires ou renverses, beaucoup de bureaux se sont fermes de façon anticipée sans procès verbal, un vent de grogne, de révolte et de fronde a souffle dans les dix départements du pays, treize candidats a la présidence ont demande l’annulation des élections. Plutôt que de se terminer dans, le dépouillement serein des urnes, la journée s’est achevée dans des manifestations ou des affrontements de rue.

Tout ceci était prévisible vu que les recommandations faites par les partis politiques, la société civile et les organismes d’observation électorale de mettre en place un Conseil Electoral crédible, de respecter les prescrits de la loi électorale ont été ignores aussi bien par le Pouvoir Exécutif que par le CEP lui-même. La délocalisation massive des électeurs, a la faveur de la campagne des COV, qui a prive un grand nombre d’électeurs de la possibilité d’exercer leurs droits civiques, la mise en place d’une machine politique partisane au niveau des délégations et des collectivités territoriales, le changement arbitraire et illégal des superviseurs et des membres de bureaux de vote, les difficultés données aux mandataires et aux observateurs pour remplir leur fonction dans certains bureaux, représentent les gouttes d’eau qui ont fait déborder le vase.

Les institutions signataires de la présente recommandent aux dirigeants nationaux, et a la communauté internationale de prendre très au sérieux l’échec de cette journée électorale, de tirer les leçons qui s’imposent et d’éviter que ce mouvement de colère qui s’amorce ne s’étende a d’autres sphères de la vie nationale. Une concertation politique appropriée s’impose pour sortir le pays de cette nouvelle impasse.

Pour les Organisations :

Conseil National D’Observation des Elections : (CNO)

Initiative de la Société Civile (ISC)

Conseil Haïtien des Acteurs Non Etatiques. (CONHANE)

Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH)

Centre d’Education, de Recherches et d’Action en Sciences Sociales et Pénales (CERESS)

Mouvman Fanm Aktif Kafou (MOFKA)

 

Le CEP se félicite du succès des élections !!
HAITI LIBRE – 29/11/2010 15:06:23

Haïti - Élections : Le CEP se félicite du succès des élections !!Dimanche Haïti s’attendait à vivre un rendez-vous historique avec l’avenir ce fut un rendez-vous démocratique raté. Après la farce électorale de dimanche, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) a offert un spectacle du plus mauvais goût, devant la presse internationale et locale hier à 20:00. Avec comme acteurs principaux : Gaillot Dorsainvil son Président et Pierre-Louis Opont son Directeur Général qui incarnaient tour à tour la mauvaise fois et l’hypocrisie.
Le président du CEP et son directeur général, ont parlé d’une «journée bouclée et réussie» (?). D’après eux, seulement 56 centres de vote sur 1,500 auraient été affectés par les irrégularités dénoncées pendant la journée du dimanche et s’en sont félicités (!). Comment à à peine 4 heures après la fermeture du scrutin, le CEP peut-il avoir toutes les informations en mains pour soutenir une telle affirmation ? D’ailleurs, en pleine contradiction, les responsables déclarent au cours de la conférence de presse, qu’un autre bilan sera fait dans 48 à 72 heures au retour des conseillers électoraux partis en région, qui auront à fournir leurs rapports sur le déroulement du scrutin dans les différents départements géographiques où ils étaient déployés (ce qui confirme qu’ils ne disposaient pas des informations pour faire cette affirmation).
Gaillot Dorsainvil, a écarté toute possibilité d’annulation des élections générales en réponse aux accusations de fraudes formulées par la plupart des candidats à la présidence (15). La demande de ces candidats n’a pas été prise en compte par le CEP, qui évoque seulement des dérapages et des incidents mineurs dans ses comptes-rendus qui ne sont pas de nature à altérer la crédibilité du processus. En résumé le CEP se retranche derrière deux arguments :

  • Les candidats n’ont pas formulé légalement une demande d’annulation et donc, le CEP ne peut pas considérer cette demande, en plus d’insinuer, lors de cette conférence, à l’attention de la presse internationale, que la déclaration des candidats faisait partie d’une stratégie électorale habituelle en Haïti.
  • De plus, le CEP rappelle que ces compétitions, n’ont pas été réalisée pour seulement 19 candidats à la présidence, mais aussi pour 96 candidats au sénatoriale et 816 postulants à la chambre des députés. Pour une question de justice, les responsables ont dit, qu’ils ne peuvent pas annuler les élections parce que 12 candidats le demande… [Peut-être mais il ne s’agit pas de n’importe quels candidats…]

Pierre Louis Opont a affirmé que personne n’avait empêché les électeurs d’exercer leurs droits de vote… À une question concernant le fait que le noms de nombreux électeurs figuraient sur la liste à l’extérieur du bureau de vote, et non à l’intérieur, Philippe Augustin, le directeur du registre électoral a répondu qu’il s’agissait d’«un faux problème» et que les deux listes étaient identiques, sans apporter la réponse attendue… Plus tard, ce sont les responsables des bureaux de vote qui seront accusés de ne pas savoir bien lire et d’être à l’origine de ces erreurs… là ou il n’y en a pas…
En résumé, et dans diverses réponses aux journalistes, le CEP accuse tour à tour, les électeurs d’avoir été mal informé et d’avoir voulu voter à la mauvaise place ce qui explique l’absence des noms sur les listes… Le personnel qui a mal fait son travail… Ou les candidats qui exagèrent les irrégularités et les fraudes qui ne concernent qu’une toute petite partie des élections…
En conclusion les responsables du CEP ont affirmé que les élections s’étaient déroulées normalement et que les bureaux de vote avaient fermé leurs portes à 16H00. Ils ont fait savoir que le CEP compte mener le processus jusqu’au bout, en procédant au décompte et à la tabulation des voix, jusqu’à la date du 7 décembre, dans un premier temps. Ensuite les résultats préliminaires du scrutin seront rendus publics en vue de la période de contestation des candidates et candidats. Puis le 20 décembre les résultats définitifs seront publiés.
L’épreuve de force est donc engagée entre le Gouvernement Préval, le CEP et le reste de la classe politique. N’oublions pas un dernier point celui du taux de participation. Pour que le futur gouvernement soit crédible et légitime, ce taux devra largement dépasser 40%. La participation des électeurs restent pour le moment une grande inconnue. Toutefois, gageons que ce taux sera «très élevé» si c’est nécessaire pour servir une cause partisane.
Nous attendons avec impatience le rapport des observateurs internationaux.
Faut-il en rire ou en pleurer ? Doit-on voir dans ces déclarations (en dehors de la mauvaise foi) une preuve d’incompétence du CEP ou la manifestation d’un piège politique dirigé par le Gouvernement ? Une chose est certaine ces justifications et explications confuses et souvent contradictoires ne convaincront personnes.

 

Haïti : Manigat a de « bonnes chances »

AFP – 29/11/2010

Mirlande Manigat, qui compte parmi les favoris de l’élection présidentielle en Haïti, a estimé au lendemain du scrutin qu’elle disposait de « bonnes chances de gagner », et s’est dite prête à participer à un éventuel second tour. « Je suis toujours dans la course, j’ai de bonnes chances de gagner les élections », a déclaré Mme Manigat à l’AFP. Elle a également affirmé ne pas faire partie du groupe des 12 candidats qui ont demandé dimanche l’annulation de la consultation.
« On a cité mon nom dans un document, mais je n’ai jamais participé à l’élaboration d’une déclaration, je n’ai pas signé », a ajouté Mme Manigat, qui avait cependant fait une déclaration personnelle demandant l’annulation du scrutin.
« Compte tenu des circonstance dans lesquelles je me trouvais, j’avais demandé l’annulation, mais il y a de nouvelles données, alors je peux revenir sur ma décision », s’est-elle justifiée.

 

Le chaos politique s’installe en Haïti

Par Thierry Oberlé  / LE FIGARO / 29/11/2010

Wyclef Jean, star mondiale du hip-hopaux côtés de Michel Martelly et de Charles Henri Baker (de gauche à droite), deux candidats à l'élection, dimanche,lors d'un mouvement de protestation pacifique en faveur de l'annulation du scrutin.
Wyclef Jean, star mondiale du hip-hopaux côtés de Michel Martelly et de Charles Henri Baker (de gauche à droite), deux candidats à l’élection, dimanche,lors d’un mouvement de protestation pacifique en faveur de l’annulation du scrutin. Crédits photo : Dieu Nalio Chery/AP

Au lendemain des élections, le très populaire Wyclef Jean, ex-chanteur des Fugees, appelle à une révolte citoyenne.

Les artistes occupent le devant de la chaotique scène politique haïtienne. Dimanche, la journée électorale s’est ainsi achevée en kermesse populaire. Peu après la demande d’annulation des élections par douze candidats qui dénoncent «des irrégularités et une fraude massive», des cortèges ont parcouru à pied et en voiture les rues des quartiers de Pétionville et de Delmas. Le chanteur Michel Martelly dit Sweet Micky ou encore Têt Kalé et l’homme d’affaires blanc Charles Henri Baker ouvraient la marche debout à l’arrière d’une camionnette en compagnie de la star mondiale du hip-hop, Wyclef Jean. Des milliers de personnes se précipitaient sur le passage du convoi. Elles tenaient des affiches de couleur rouge à l’effigie de Michel Martelly, le candidat numéro 8. Les gens souriaient. Certains dansaient, d’autres couraient.

«On voulait voter, ils nous ont pas laissés» 

Le mouvement de protestation pacifique devait avoir valeur d’avertissement aux autorités. La crainte de violences et de «déchoucages» (pillages) s’est estompée. «On voulait voter, ils nous ont pas laissés», chantonnaient les plus jeunes. «La meilleure arme que nous avons, c’est la carte électorale. Je me battrais toujours pour ça», affirmait Wyclef Jean dont la popularité est immense.

Enfant de New York mais resté attaché à ses racines, l’ex-chanteur des Fugees avait vu sa propre candidature à la présidence invalidée en août. Dimanche, il s’est présenté au cours d’une conférence de presse en porte-parole des laissés-pour-compte de son pays natal. «Je ne suis pas un expert en politique, mais je connais ma ville», a-t-il assuré, flanqué de son garde du corps. La casquette en cuir vissé sur un crâne rasé, il a appelé à une révolte citoyenne. «On ne doit pas voler le vote populaire.» Interrogé sur l’origine des fraudes, il s’est retranché derrière l’«avis de la rue», une stratégie populiste pour le moins risquée en ces jours de tensions. «Vous savez bien que la rue dit la vérité et la rue dit que c’est l’unité (le parti du gouvernement)», assurait-il.

Suspicion de trafic 

Mise en cause par la plupart des candidats, la commission électorale provisoire (CEP) est accusée d’avoir «trafiqué les élections au profit du candidat du pouvoir», Jude Célestin, un proche du président sortant René Préval. Elle a répliqué en validant le scrutin. Son président Gaillot Dorsainvil s’est même félicité d’«une journée électorale réussie». Selon la CEP, seuls 3,56 % des bureaux de vote ont connu des problèmes. Mais de nombreux témoignages rapportent des tricheries grossières et peu discrètes.

Les observateurs citent pour l’anecdote le cas d’une tentative de bourrage d’urne par son côté fermé ou mieux le vol de la boîte transparente par un homme qui l’a porté chez lui pour la remplir de bulletins. Plus généralement, le scrutin qui devait permettre d’élire un président, des députés et des sénateurs a tourné à la cacophonie pour des raisons d’organisation. Beaucoup d’électeurs ignoraient dans quel centre de vote, ils avaient été inscrits.

Dimanche des émissaires ont commencé à faire la navette entre les poids lourds de la présidentielle et le pouvoir pour tenter de trouver une issue à la crise. La tâche s’annonce rude. Les protagonistes semblent naviguer à vue et les dangers d’escalade sont plus que jamais à l’ordre du jour.

 

Des secteurs de la communauté internationale souhaitent une solution par le dialogue

P-au-P, 29 nov. 2010 [AlterPresse] — Alors qu’une douzaine de candidats sur les 18 en lice à la présidentielle du 28 novembre ont demandé une annulation, la communauté internationale appelle au dialogue.

L’organisation des Nations Unies et les pays partenaires d’Haïti se disent « préoccupés » par les « incidents » ayant émaillé la journée électorale et appellent au « calme ».

La France prescrit plus particulièrement le dialogue entre les candidats et le gouvernement.

Dans un entretien accordé à Radio France Internationale, l’ambassadeur de France en Haïti, Didier Le Bret, a souligné qu’il fallait « se mettre autour d’une table, pour essayer de retrouver le chemin du dialogue pour organiser sans doute à une date ultérieure, les élections, ou toute forme…de consensus qui pourrait émerger de cette table ronde dans le contexte actuel, serait bonne à prendre. »

« Mais il ne me semble pas que la demande d’un départ du président puisse être considérée comme un préalable à la négociation », a-t-il précisé.

Parlant des élections, une mission d’observation américaine a demandé à la communauté internationale de rejeter « cette farce ».

Pour sa part, la mission d’observation OEA-CARIICOM ne s’est toujours pas prononcée.

Les États-Unis et l’Union Européenne n’ont pas non plus fait connaitre leur position.

Des sources diplomatiques ont indiqué à AlterPresse qu’au niveau de la communauté internationale il n’était pas encore possible d’harmoniser une position.

 

Wyclef Jean craint un bain de sang si…
HAITI LIBRE – 29/11/2010 13:05:56

Haïti - Élections : Wyclef Jean craint un bain de sang si...Wyclef Jean s’est adressé aux médias ce matin pour lancer un appel au calme. Il a dit craindre un bain de sang, si les autorités ne trouvent pas, dans les prochaines 24 heures, une solution à la crise politique.
Suite à la position prise dimanche par 12 candidats à la présidence, qui évoquaient un complot «Gouvernement-CEP» et réclamaient, dans une déclaration commune, l’annulation des élections, Wyclef à exigé une enquête indépendante de la communauté internationale, afin de faire toute la lumière sur les allégations de «fraude massive» responsable de cette crise.
Quant à savoir qui est responsable, Wyclef à répondu « C’est évident […] vous savez tous, qui est le responsable. Le Parti INITE de René Preval, vous l’avez entendu dans la rue. Je ne veux pas spéculer… je veux une enquête ».
« Je suis ici parce que je ne veux pas voir mon pays s’enflammer »

 

La situation au pays est explosive
HAITI LIBRE – 29/11/2010 12:37:03

Haïti - Élections : La situation au pays est explosive« Les Haïtiens sont mécontents parce qu’ils savent reconnaître une élection frauduleuse quand ils en voient une, et ils pensent que la communauté internationale va donner leur bénédiction à cette élection » a déclaré Nicole Phillips, avocate pour l’Institut pour la Justice et la Démocratie en Haïti (IJDH) et professeur de droit à l’Université de San Francisco.
D’après l’avocate, les fraudes et irrégularités du 28 novembre vont miner davantage la crédibilité des élections, dont les préparatifs et le déroulement, ont été marqués par des violences et un scepticisme généralisé « Je pense que vous allez avoir un peuple haïtien qui ne respectera pas leur nouveau gouvernement ».
Tout au long de la journée, la violence s’est invitée dans les élections. Après la déclaration des 12 candidats appelant à l’annulation des élections, les électeurs à travers le pays ont cessé, pour la plupart de voter, et ont commencer à organiser des manifestations parfois pacifiques mais le plus souvent, violentes.
Un véritable bras de fer s’engage entre le Gouvernement et la population, qui considère que les fraudes et irrégularités, visaient à voler leurs votes. Ce lundi, le pays est devenu une véritable poudrière, les décisions des autorités dans les jours à venir, face à ces élections frauduleuses, pourraient facilement servir de détonateur dans une population qui dans ces élections, a trouvé les raisons de s’unire et faire bloc face au gouvernement. La situation est très instable et ce n’est pas les discours rassurant des autorités qui vont changer la situation.
Port-au-Prince / Pétionville :
Près de l’aéroport, un important centre de vote (25 BV – plus de 10,000 électeurs inscrit) a complètement été saccagé dans la matinée de dimanche par un commandos d’une trentaine de personnes non identifiées. Urnes détruites, bulletin cochés par les électeurs éparpillé au vent par centaine… À 1:00 de l’après midi, seul le superviseur était sur place, le CV était fermé.
Après la décision de 12 candidats à la présidence de demander l’annulation des élections, des milliers de manifestants ayant à leur tête des candidats à la présidence dont Michel Martelly (repons Peyzan), Charles Henri Baker (Respè) et Wyclef Jean ont manifesté contre les fraudes qui ont faussées le déroulement du scrutin. D’autres groupes de manifestants en provenance de Port-au-Prince ont rejoint les manifestants à Pétion ville et se sont rendus devant le local du Conseil Électoral Provisoire (CEP) à Delmas en lançant des slogans hostiles au chef de l’État. Des Casques bleus de l’ONU et des policiers haïtiens (PNH) ont été appelés en renfort devant le siège du CEP. Des manifestants ont lancé des pierres sur la police nationale qui a repliqué en tirant en l’air.
À Carrefour :
Le centre de vote situé au lycée de Diquini a été fermée par une population furieuse du manque d’organisation. Des registres électoraux et des bulletins ont été déchirés et jetés dans la rue par des électeurs furieux du fait que leurs noms ne se trouvaient pas sur les listes électorales du centre de vote de l’Ecole Nationale. En fin d’après-midi des milliers de personnes ont pris part à une manifestation anti-gouvernementale.
À Saint Marc :
Des centaines de «partisans» de Mirlande Manigat ont attaqué (après la déclaration d’annulation des élections) des centres de vote, et détruit tout le matériel sous les yeux impuissants des casques bleus de la Minustah.
À Jacmel :
Au lycée Célie Lamour, le centre de vote a été saccagé par des individus en colère, qui ont mis les employés à la porte. Un juge de paix à fait un constat avant la fermeture du centre. À la Vallée (Jacmel), des manifestants ont érigés des barricades de pneus enflammés et jetés des pierres et des bouteilles. La police à fait venir des renfort pour faire face à la situation. Plusieurs blessés ont été rapportés chez les manifestants et les forces de l’ordre.
À  Tabarre :
Plusieurs manifestations violentes étaient signalées
À Petit Goâve :
Les deux centres de vote de la commune ont été saccagés par des individus qui ont chassé les agents électoraux et empêché le vote.
Aux Cayes :
Une manifestation «pacifique» de partisans de Michel Martelly et de Jean Henry Céant, protestaient contre les irrégularités  et réclamaient l’annulation des élections.
Artibonite :
De nombreuses manifestations d’électeurs en colère ont été signalées. À Desdunes, des affrontements entre partis rivaux ont occasionné la fermeture temporaire d’un centre de vote. Un mort par balle et plusieurs blessés ont été rapportés.
En vrac dans le pays :
À Travers le pays de nombreux actes violents se sont produit. Notamment à St-Raphaël où des hommes armés ont fait irruption dans des centres de vote et tout saccagé sur leur passage. Après les incidents de Desdunes, le chef de la mission de l’ONU en Haïti (Minustah) Edmond Mulet avait déclaré à Léogâne, « …Il y a eu quelques incidents à Desdunes, des incidents mineurs » http://www.haitilibre.com/article-1771-haiti-elections-pour-mulet-tout-est-paisible-c-est-une-fete-electorale.html . La Minustah à envoyé une demi-douzaine de véhicules blindés pour reprendre le contrôle de la situation et régler «ces incidents mineurs…»
Patrick Julien, le maire de l’Acul-du-Nord, a fait savoir que des partisans ont tiré en l’air, et rapporte des blessés « des hommes armés de machettes ont mis à sac six centres de vote, les élections ont été annulées ». À Trou-du-Nord, le maire Jacques Gustave a indiqué qu’une foule avait pénétré dans les bureaux et saccagé les bureaux de vote « les bulletins ont été jetés partout, le président du bureau de la localité a fait le constat et a annulé l’élection ». http://www.haitilibre.com/article-1779-haiti-elections-a-acul-du-nord-et-trou-du-nord-les-elections-ont-ete-annulees.html
A Port-au-Prince, a Petit Goâve, Saint Marc, Gonaïves et Jérémie les bulletins de vote étaient jetés des les rues et les égouts par des foules en colère. Dans les villes de province les manifestants ont également réclamé le départ du chef de l’Etat et des conseillers électoraux. Des manifestations ont également été signalé en fin d’après-midi à Petit-Goâve puis en soirée au Cap-Haïtien (plusieurs blessés), aux Gonaïves et à Saint-Marc…
Les candidats accusent le chef de l’Etat d’être les instigateurs de ces magouilles et le candidat du pouvoir, Jude Célestin INITE, d’en être le bénéficiaire. Les candidats appellent à la mobilisation pacifique de la population pour défendre leur vote. Leon Jeune à invité la population à gagner les rues afin de protester contre un «scrutin piégé»

 

Positions des 18 candidats face à l’annulation du scrutin
HAITI LIBRE – 29/11/2010 10:28:51

Haïti - Élections : Positions des 18 candidats face à l’annulation du scrutin

Un mouvement planifié de fraudes à grande échelle a poussé 15 des 18 candidats à la présidence à exiger, dimanche, l’annulation du scrutin. Léon Jeune qui avait voté au lycée de Pétion-Ville a été le premier candidat à appeler publiquement (dimanche vers midi) à l’annulation du scrutin, pour cause d’irrégularités et de fraude, accusant clairement le parti INITE. http://www.haitilibre.com/article-1773-haiti-elections-leon-jeune-appelle-a-l-annulation-du-scrutin.html
Devant la presse locales et internationale nombreuse, et une foules de militants déchaînés, 12 candidats, signataires d’une déclarations commune, ont dénoncé « le détournement du processus électoral dans tout le pays » par le « régime corrompu du président Préval » et réclamé un nouveau scrutin « Nous avons récupéré des données enregistrées qui prouvent des fraudes organisées à haut niveau » à déclaré Mirlande Manigat.
Liste des candidats qui demandent l’annulation du scrutin :
Charles Henri Baker < Regwoupman sitwayen pou espwa (Respè)»
Jean Henry Céant « Renmen Ayiti »
Joseph Michel Martelly « Repons peyizan »
Leslie Voltaire « Ansanm nou fò»
Jacques Edouard Alexis « Mobilisation pour le Progrès d’Haïti (MPH)»
Jeudy Wilson « Fòs 2010 »
Josette Bijou (Indépendante)
Erick Smarcki Charles « Parti de l’Évolution nationale d’Haïti (PENH) »
Jean Chavannes Jeune « Alliance Chrétienne Citoyenne pour la Reconstruction d’Haïti (ACCRHA) »
Garaudy Laguerre « (WOZO) »
Leon Jeune « Konbit liberasyon ekonomik (KLE) »
Mirlande Hyppolite Manigat « Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP) »
http://www.haitilibre.com/article-1778-haiti-elections-12-candidats-reclament-l-annulation-des-elections.html
http://www.haitilibre.com/article-1774-haiti-elections-mirlande-manigat-demande-l-annulation-des-elections.html
Génard Joseph (Groupement Solidarité), arrivé au moment de la déclaration d’annulation du scrutin, a approuvé la position des 12. Après cette conférence, Yves Cristalin « Oganizasyon Lavni (LAVNI) » et Yvon Neptune « Ayisyen pou Ayiti » se sont exprimés en faveur de l’annulation du scrutin.
Portant à 15 sur 18 le nombre de candidats à la présidence exigeant l’annulation du scrutin du dimanche 28 novembre.
Le sénateur Jean Hector Anacacis « Mouvement Démocratique de la Jeunesse Haïtienne (MODEJHA) » n’a pas pris position en faveur de l’annulation, il a seulement qualifié « d’échec » le scrutin de dimanche. Rappelons que Axan Abellard « Konbit nasyonal pou devlopman Ayiti (KNDA) » avait jeté l’éponge de la course une semaine avant le scrutin. http://www.haitilibre.com/article-1709-haiti-elections-axan-abellard-jette-l-eponge.html
La position du candidat Gérard Marie Necker Blot « Platfòm 16 Désanm » n’est pas encore connu.
Quant au candidat du pouvoir, Jude Célestin « INITE » il a déclaré (loin de ce meeting) que les élections se sont « déroulé normalement ».
Les candidats vont maintenant se réunir pour décider des prochaines étapes, a fait savoir M. Céant, estimant que toute la presse et la communauté internationale ont été témoins de ce qui s’est passé le 28 novembre.

 

Premier tour des élections générales:

la France exprime sa préoccupation

FRANCE DIPLOMATIE / 29 novembre 2010

La France exprime sa préoccupation devant les nombreux incidents intervenus au cours de la journée électorale de dimanche dernier en Haïti.

Outre des violences ponctuelles, qui ont coûté la vie de plusieurs personnes, de nombreux dysfonctionnements ont été observés dans le processus électoral. Ceux-ci ont conduit une majorité de candidats à demander l’annulation du scrutin.

Dans ces conditions, nous appelons l’ensemble des acteurs au dialogue, au calme et à la responsabilité.

Nous attendons également les premières conclusions de la mission d’observation électorale de l’Organisation des États américains.

 

Elections: Haïti sous tension

Marie Desnos / Paris Match / Lundi 29 Novembre 2010

Elections: Haïti sous tension

Wyclef Jean dans une manifestation aux côtés de Michel Martelly. | Photo Keith Bedford / Reuters

Les élections présidentielle et législatives ont eu lieu comme prévu dimanche en Haïti. Une journée parsemée de manifestations dans lesquelles au moins deux personnes ont péri. Le Conseil électoral validé le scrutin, tandis que quinze candidats demandent son annulation pour fraudes.

L’ambiance est électrique en Haïti. Certes, les élections législatives et présidentielle ont eu lieu ce dimanche malgré tout dans ce pays dévasté par un terrible séisme il y a un an, puis par des inondations qui ont provoqué une épidémie de choléra qui a déjà fait près de 2000 morts. Mais les conditions n’étaient comme prévu pas optimales; des incidents ont eu lieu tout le week-end, coûtant la vie à deux personnes, et quinze des dix-huit candidats réclament l’annulation du scrutin dénonçant des fraudes massives. «Nous dénonçons une fraude massive qui a lieu dans tout le pays (…) Nous réclamons l’annulation pure et simple des élections», ont déclaré douze candidats –ensuite rejoints par trois autres- dans un communiqué conjoint lu aux journalistes dans un hôtel de Port-au-Prince. Le groupe comprend les principaux candidats de l’opposition à la présidence, dont beaucoup avaient déjà accusé la coalition du président René Préval, Inite (Unité), dont le candidat est Jude Célestin, de chercher à l’emporter par des moyens frauduleux. Parmi eux figurent l’ancienne Première dame et autre favorite Mirlande Manigat, le musicien Michel Martelly ou encore l’avocat Jean-Henry Céant (*). Mirlande Manigat avait appelé ses partisans à manifester pacifiquement ce week-end.

Mais les manifestations n’avaient rien de pacifique. Les stations de radio haïtiennes ont fait état de la mort de deux personnes lors de violences dans le Sud du pays, dimanche, à la fermeture des bureaux à 16h00 (21h00 GMT). Aucune information supplémentaire n’a été donnée sur les circonstances du drame. Plusieurs personnes ont été blessées, dont une par balle par des inconnus dans un bureau de vote de Fort-Liberté, dans le Nord-Est, a précisé Radio Caraïbes. Dès vendredi soir, des coups de feu avaient été tirés lors du dernier rassemblement de campagne, faisant un mort et plusieurs blessés. Dimanche, c’est notamment en raison de problèmes empêchant les électeurs de voter que la tension est montée. Le pays a en effet eu du mal à faire face, à temps, aux conséquences du tremblement de terre dans lequel nombre d’Haïtiens ont perdu leurs papiers d’identités. Pour parer à ce problème, les votants ont été marqués à l’encre indélébile pour identifier ceux qui avaient déjà voté et éviter la fraude, mais encore fallait-il qu’ils soient inscrits sur une liste pour s’exprimer par les urnes. Or, de nombreux électeurs ont passé des heures à chercher, sous un soleil de plomb, les centres électoraux où leurs noms étaient enregistrés. De nombreux retards ont également été enregistrés -à Fermathe, par exemple, 6 heures après l’ouverture officielle, les citoyens ne pouvaient pas encore voter, selon «Haïti Libre». Au Lycée Anacaona (Grande Rivière), de même source, le bureau de vote a été confronté à une rupture de bulletins…

Wyclef Jean soutient Michel Martelly

Le chanteur Wyclef Jean, écarté de la course à la présidence (**), était dimanche à la tête d’une manifestation à Port-au-Prince pour réclamer l’annulation des élections, aux côtés de Michel Martelly, dont il brandissait une affiche. «On ne doit pas voler le vote populaire», a déclamé l’ex-Fugees. Interrogé sur son soutien –de poids- au chanteur Martelly, Wyclef Jean, a simplement répondu: «Je supporte des élections justes et c’est pourquoi je suis au sommet de cette voiture avec Micky !», rapporte encore «Haïti Libre». De son côté, le Conseil électoral provisoire (CEP) semble être satisfait du déroulement du scrutin. Il a en effet annoncé que les élections s’étaient «dans l’ensemble bien déroulées», arguant que seuls 56 centres de vote sur 1 500 (soit 3,73%) avaient été affectés par les irrégularités, selon AlterPresse. Des irrégularités qui plus est ne seraient pas de nature à altérer la crédibilité du processus, puisque le CEP valide le scrutin (sauf dans quelques bureaux de vote). Aucune estimation ni même taux de participation n’a été révélé pour le moment, et les résultats définitifs ne seront pas dévoilés avant le 20 décembre. Mais l’organisme électoral promet de faire un autre bilan devant la presse dans les 48 à 72 heures.

(*) Les candidates et candidats, initialement signataires de la déclaration du 28 novembre 2010, sont les suivants : Charles Henry Baker (Respè), Jean Henry Céant (Renmen Ayiti), Joseph Michel Martelly (Repons peyizan), Lesly Voltaire (Ansanm nou fò), Jacques Edouard Alexis (Mobilisation pour le progrès d’Haïti / Mph), Wilson Jeudy (Force 2010), Josette Bijou (Indépendante), Erick Smarcki Charles (Parti de l’évolution nationale d’Haïti / Penh), Jean Chavannes Jeune (Alliance chrétienne et citoyenne pour la reconstruction d’Haïti / Accrha), Garaudy Laguerre (Wozo), Leon Jeune (Konbit liberasyon ekonomik / Kle), Myrlande Hyppolite Manigat (Rassemblement des démocrates nationaux progressistes). Un 13 e candidat à la présidence, Génard Joseph (Solidarité), arrivé au moment de la lecture de la déclaration de demande d’annulation du scrutin, a approuvé la position des 12.
Par la suite, les partis “Lavni” de Yves Cristallin et “Ayisyen pou Ayiti” de Yvon Neptune se sont exprimés en faveur de l’annulation du scrutin.

(**) Le chanteur Wyclef Jean avait annoncé sa candidature en août dernier, mais son dossier a été rejeté par le Conseil électoral provisoire (CEP), qui a jugé que l’ex-Fugees, natif de l’île mais vivant aux Etats-Unis, ne remplissait pas la condition d’avoir vécu cinq années consécutives en Haïti pour être éligible.

 

Débat

René Préval a tout perdu en jouant à la roulette russe

par Leslie Péan / AlterPresse / lundi 29 novembre 2010

L’attachement du président Préval à la fraude électorale est connu et bien documenté. À plusieurs reprises, il a avoué être devenu un expert en matière d’organisation de victoire électorale. Depuis qu’il a commencé sa carrière en décembre 1990, il a accumulé à son palmarès toute une liste de forfaitures dans lesquelles il affiche sa volonté de corruption généralisée des institutions. Son acte de brigandage le plus spectaculaire est la mascarade qu’il vient d’orchestrer à l’occasion des élections du 28 novembre 2010. Les manifestations spontanées survenues aux Cayes, Jacmel, Petit-Goâve, Desdunes, Port-au-Prince, Pétion-ville, Cap-Haitien, Acul du Nord, Trou du Nord, etc. mettent au grand jour le crime électoral perpétré avec sa complicité par le Conseil Électoral Provisoire (CEP). De nombreuses et massives irrégularités sont dénoncées dans plusieurs autres villes du pays. La communauté internationale feint toujours de ne pas comprendre que les Haïtiens disent NON aux diktats du CEP et à son effronterie à prétendre que tout s’est bien passé. La communauté internationale a encore une chance, en se mettant du côté du peuple haïtien, de faire en sorte que Préval ne puisse continuer à perpétrer ses méfaits. Sinon les Haïtiens le feront tout seuls. Dans le fil de la tradition des aïeux de 1804.

Rat-la pran nan pèlen

Dans ces évènements qui se déroulent en Haïti, c’est la communauté internationale qui en prend plein la figure dans son obstination à soutenir à tous les coups sa marionnette René Préval. L’opposition démocratique réalise une unité dans la lutte. Douze candidats, la main sur le cœur, écrivent la plus belle page de ce mois de novembre 2010. Quel coup de fouet à la conscience haïtienne ! Quelle élévation de l’âme haïtienne contre la continuité prévalienne ! Charles Henry Baker, Jean Henry Céant, Joseph Michel Martelly, Lesly Voltaire, Jacques Edouard Alexis, Wilson Jeudy, Josette Bijou, Erick Charles, Jean Chavannes Jeune, Garaudy Laguerre, Léon Jeune, Myrlande Hyppolite Manigat rentrent dans les annales historiques par la grande porte. Face à la dégénérescence du pouvoir, l’intelligence haïtienne se révèle dans toute sa beauté. La photo de famille des douze publiée dans le journal Le Nouvelliste montre tous les âges, sexes, couleurs, unis dans la lutte contre l’aberration soutenue par la communauté internationale. Cette dernière peut encore sauver les apparences en demandant officiellement à Préval de partir. Le rat Préval est pris à son propre piège électoral. Rat-la pran nan pèlen. Préval est un perdant qui ne peut plus défendre les intérêts des puissances qui l’ont maintenu au pouvoir.

Ce n’est pas aujourd’hui que Préval refuse de respecter la Constitution en matière électorale. On se rappelle son renvoi du Conseil Électoral Provisoire (CEP) dirigé par Jacques Bernard. Bien qu’il ait été élu président de la république par ledit CEP en 2006, sous les diktats des baigneurs de la piscine de l’hôtel Montana, le président Préval a voulu d’un CEP à ses ordres afin d’exercer une dictature qui ne dit pas son nom. Aussi a-t-il refusé de faire les élections du tiers du Sénat et de la Chambre des députés afin de se donner le monopole du pouvoir. De même, il a laissé en quelque sorte mourir la Cour de cassation qui par suite de son insouciance calculée n’a pas le nombre de neuf juges nécessaires pour siéger. En outre la Cour de cassation n’a même pas un président qui succéderait au président de la république en cas de vacance. La crise que nous vivons aujourd’hui est le résultat de cette politique aveugle dont les derniers soubresauts sont le remplacement des délégués départementaux et des vices délégués par des hommes totalement inféodés au président Préval ainsi que la désignation de candidats fantômes appelés à participer à la fraude électorale.

Un soulèvement général pour une révolution démocratique

Signalons tout de suite qu’il ne s’agit pas ici de contester au président Préval le droit d’appuyer tel ou tel candidat afin de s’assurer de la continuation de sa politique de vente à l’encan d’Haïti. Mais ce droit, il doit l’exercer selon les règles démocratiques et non pas en excluant ex-catedra ceux qui ne lui plaisent pas. Aucun président de la République n’a le droit de diriger Haïti comme s’il s’agissait de sa propriété privée. Aucune loi ne lui donne ce droit. Et s’il prétend se l’octroyer avec les forces étrangères qui le protègent, le peuple a aussi le droit de le chasser du pouvoir en utilisant tous les moyens à sa disposition. C’est de la perversion de la démocratie quand le président s’arroge le droit de vouloir changer la Constitution pour prolonger son mandat, de publier des décrets liquidant la souveraineté nationale, etc. Le mauvais chemin pris la bande à Préval ne demande pas moins qu’un soulèvement général, bref une révolution démocratique comme seule issue à la crise actuelle. Il faut un chambardement général du statu quo avec les sacrifices que cela exige.

Les luttes pour la liberté ne sont pas vaines. Pacifiques, violentes, actives, passives, ces luttes prennent différentes formes. Les peuples organisent leur résistance parfois sur des siècles. Quand l’ennemi est trop fort, les partisans organisent des retraits, font un pas en arrière pour ensuite faire deux pas en avant. On l’a vu en Haïti en 1803 où, après leur retrait de 1802, les anciens esclaves firent alliance avec d’autres couches de la population et même avec des soldats déserteurs accompagnant l’expédition Leclerc, pour relancer leur offensive et battre les troupes françaises. La politique, c’est la guerre. Il faut de l’organisation, des troupes de choc, des commandos, de l’artillerie lourde, du renseignement, etc. Certains utilisent le harcèlement, la guérilla tandis que d’autres utilisent les méthodes classiques avec les bombardements de la marine et de l’aviation avant le débarquement des troupes pour occuper le terrain. Bref, comme le souligne le Département de la Défense américaine, il y a des guerres de haute, moyenne et basse intensité. Les troupes étrangères sur le sol national sont la preuve qu’Haïti est en guerre.

Bravo pour la lucidité et le courage

En présentant six candidats à la présidence aux élections du 28 novembre 2010, le parti INITE s’était lancé dans une autre aventure pour tenter de rebâtir ce que René Préval a dilapidé au cours des quatre dernières années. La coalition qui a porté le président Préval au pouvoir en 2006 a volé en éclats. Des six candidats (Jacques Édouard Alexis, Jean Hector Anacassis, Yvon Neptune, Leslie Voltaire, Yves Cristallin et Jude Célestin) de la nébuleuse INITÉ, quatre ont pris leurs distances et se cherchent une base nouvelle pour entrer sur un terrain politique où les données ont changé. Jacques Édouard Alexis, Yvon Neptune et Leslie Voltaire ont largué les amarres et rejoint le camp de la liberté. Bravo pour leur lucidité et leur courage.

En effet, le ticket d’entrée n’est plus le même. Malgré un Conseil Électoral Provisoire (CEP) aux ordres et capable de fabriquer les résultats, la mobilisation de l’opinion publique nationale et internationale a fermé le robinet de la fraude et de la corruption. Au moins pour cette raison, la mobilisation dans les rues doit continuer sous toutes ses formes. Car sans une mobilisation permanente, la fraude électorale a encore des chances de triompher. Il importe d’attirer l’attention des medias internationaux sur la forfaiture électorale organisée en Haïti. Cela revient à rendre l’oppression haïtienne insupportable en l’exposant devant la conscience universelle. Mais ce sont les Haïtiens qui ont la première responsabilité dans cette affaire.

Même le mal, Préval le fait mal

Avec les six candidats qui étaient six balles dans le barillet de son revolver, le président Préval n’avait pas compris qu’il perdrait inévitablement en jouant à la roulette russe. Il a beau manier la démagogie avec habileté, ce que malheureusement notre créole nomme « intelligent », ses jours sont comptés. Croyant tenir par le CEP la recette du succès de son candidat , Préval est interpellé par la bataille pour le pouvoir dans son propre camp. Il a joué sa dernière carte. Une chance pour Haïti selon certains. La clé de l’énigme haïtienne selon d’autres. Un fait est clair : cela fait longtemps que Préval ne dirige rien. Il navigue à vue, sans boussole, et de surcroit, la barre du gouvernail tourne au gré du vent. On en veut pour preuve son erreur stratégique de ne pas faire les élections législatives quand elles devaient avoir lieu.

Même le mal, Préval le fait mal. Il a invalidé ainsi le processus de décharge au bénéfice de sa propre formation politique. Il a exigé que le CEP s’engage dans des manifestations grotesques de manipulation des conditions d’éligibilité pour permettre aux six candidats de l’INITÉ de participer à la course électorale en n’ayant pas à présenter des certificats de décharge. Et au fil de ses errances, il a insisté pour que la communauté internationale l’accompagne dans sa jubilation. Le président Préval refuse de comprendre qu’il est un article jetable. Surtout quand il prend des décisions extrêmes et embarrassantes pour ses protecteurs qui ne veulent pas se retrouver, comme lui, dans le gouffre de l’impuissance. La façade des faux-semblants du milieu diplomatique risque de se défaire à tout moment du tout au tout.

Depuis 25 ans, sous un air faussement débonnaire, René Préval a su cacher sa passion pour le pouvoir. Une passion maladive qui va jusqu’à cautionner le crime, comme le cas de Robert Marcello en atteste. Une obsession diabolique qui l’a portée à organiser des agressions armées contre de paisibles citoyens comme dans le cas de Mme. Cottin dans la nuit du 29 au 30 octobre 2010. Après avoir imposé une cure de minceur à la classe politique par une systématique politique électorale frauduleuse, le président Préval a versé dans le dumping en lançant des candidatures au-dessous de leurs prix de revient. Certains attribuent cette politique de dévalorisation et de mépris de la classe politique à un règlement de comptes du président avec la société haïtienne. Des blessures familiales et personnelles, dues au mépris que son père lui vouait pour sa piètre performance universitaire, l’auraient affecté profondément. C’est ce mépris de soi, un mépris indicible que le président Préval impose à la société. Un mépris doublé d’une psychose paranoïaque de ne pas se retrouver en prison, une fois qu’il ne sera plus président. Quels crimes a-t-il sur la conscience pour avoir si peur ?

Même combat en acceptant ou en refusant l’invitation du président

Le président Préval est confiant et a foncé dans le mur en toute confiance. Pour tenter de sauver ce qu’il craint pour sa peau, après son mandat. Dans sa vision des choses, les Haïtiens ne sont pas des kamikazes. Ils ne se mettent pas des ceintures d’explosifs à la manière des jihadistes pour se faire sauter en y entrainant leurs victimes. Ils sont plus dociles, victimes peut-être du dressage imposé par l’occupation américaine de 1915 à 1934. Mais ce dressage a des limites. Le président Préval semble ignorer ce dernier point. Aussi a-t-il cru pouvoir se situer au-dessus des lois, au-dessus de la Constitution, et agir en dictateur en prenant des décisions qui seraient sans appel. Son gouvernement peut construire le mur de l’inégalité en refusant d’appliquer un salaire minimum de 200 gourdes reflétant la hausse du coût de la vie. Préval renforce le mur de la perte de la souveraineté nationale. Le mur de la division. Le mur de la honte. Ses convocations et visites aux candidats pour tenter l’impossible n’ont rien changé. Aussi bien pour ceux qui ont accepté son invitation que pour ceux qui l’ont refusé. Ils participent tous du même combat. Les solutions bancales qui lui sont imposés par ses maitres pour faire taire les revendications populaires à la démocratie sont restées sans effet.

Le temps est venu d’inventer un autre avenir pour notre peuple afin qu’il ne préfère plus mourir dans des embarcations de fortune sur les mers agitées au lieu de se révolter contre ses oppresseurs. Il importe de libérer notre peuple prisonnier du tropisme du départ comme solution à son désespoir. L’analyse pour trouver du sens à cette complexité n’a rien de chimérique. Elle demeure la flamme de l’esprit pour de meilleurs lendemains. Pour faire revenir les sourires sur les visages meurtris par la catastrophe populiste.

En prenant la mesure de son outrecuidance, le président Préval doit réaliser maintenant à quel point son projet d’imposer Jude Célestin au pays était risqué et aléatoire. Partout, un mauvais sort a été réservé à son candidat. Au Cap-Haitien, les manifestants ont refusé qu’il dorme dans un hôtel de la ville. Aux Gonaïves, il a été chahuté. À la capitale il a reçu des jets de pierre des quartiers Korido Labou et Dèyé Simitiè, près du stade Sylvio Cator. La semaine dernière encore, les étudiants lui chantaient des funérailles symboliques et promènaient dans les rues de la capitale un cercueil à son effigie. Triste fin de règne pour un président qui hier encore pensait rentrer dans l’histoire comme l’unique président à remplir deux mandats au complet et à désigner son successeur !

 

Déclaration de Jean-Claude Bajeux *

Le temps est venu de reprendre le chemin de la volonté générale

AlterPresse, lundi 29 novembre 2010

Le temps est venu de reprendre le chemin de la volonté générale. C’est quoi, la volonté générale ?

C’est celle qui exprime le destin profond d’un peuple et le peuple haïtien, résistant jusqu’au bout, a toujours affirmé sa volonté de liberté, d’équité et de solidarité sociale. Il a su résister aux bassesses de ses prétendus représentants, à leurs commerces, à leur petitesse, leur négligence, leur paresse et leur frivolité.

Maintenant, il faut sauver ce qui est à sauver, la dignité nationale, le respect des urnes, le refus de vendre le vote. Nous voulons, dans la loi et la justice, retrouver, la vérité des votes, retrouver notre volonté de vivre ensemble, de progresser ensemble, pour finir par bâtir cette patrie que d’autres veulent rendre impossible.

Nous demandons donc que les mécanismes constitutionnels et légaux soient observés, malgré ce qu’il en coûte. Il y a cinq ans, une entorse fut faite à la vérité des urnes, suivie par des pièges minutieusement montés pour bloquer l’exercice des lois et la liberté des institutions démocratiques comme la Cour de Cassation, le système de justice, la Cour Supérieure des Comptes, l’Assemblée Législative, le Sénat. Tout ceci a culminé, en ce dimanche 28 novembre 2010, dans la pénible farce montée par le CEP qui provoque l’indignation, les protestations et les manifestations que l’on sait.

Il est temps que cela cesse. Il est temps de prendre les chemins tracés par les sages de notre histoire et ses fondateurs, le respect républicain pour les normes de la loi.

Port-au-Prince, le 28 novembre 2010.

 

Le Cep “satisfait” du déroulement du vote de dimanche, malgré les violences et irrégularités
Épreuve de force en vue entre les candidats à la présidence et l’organisme électoral

P-au-P, 29 nov. 2010 [AlterPresse] — Seulement 56 centres de vote sur 1,500 (soit 3.73%) ont été affectés par les irrégularités dénoncées pendant la journée électorale présidentielle et législative du dimanche 28 novembre 2010 en Haït, se félicite le Conseil électoral provisoire (Cep) intervenant devant la presse nationale et internationale vers 20:00 heures locales (1:00 am gmt le 29 novembre).

Contrairement au vœu d’annulation du scrutin, initialement formé par 12 candidates et candidats à la présidence (rejoints plus tard par 3 autres postulants au fauteuil présidentiel) [1], les irrégularités flagrantes constatées ne seraient pas de nature à altérer la “crédibilité du processus”, semble dire le Cep qui valide ainsi le scrutin dans la plupart des bureaux de vote du pays.

L’organisme électoral promet de faire un autre bilan devant la presse dans les 48 à 72 heures, au retour des “conseillers (électoraux) partis en région” qui auront à fournir leurs rapports sur le déroulement du scrutin dans les différents départements géographiques où ils étaient déployés.

Officiellement, dans la soirée de dimanche, le Cep n’est pas tenu par la demande d’annulation du scrutin de la plupart des candidats à la présidence qui n’ont pas encore, formellement, notifié leur souhait à l’organisme électoral.

Lors même que cette demande aurait été introduite auprès de l’organisme électoral, les candidates et candidats à la présidence, qui semblent “contester” le mode d’organisation du scrutin, n’ont rien dit sur la position qu’ils comptent adopter au cas où les résultats (à publier) leur seraient favorables, avance le Cep.

De plus, l’organisme électoral affirme avoir réalisé des compétitions, pas seulement pour 19 prétendantes et prétendants à la présidence, mais aussi pour 96 candidates et candidats pour 11 sièges de sénateurs ainsi que 816 postulantes et postulants briguant 99 sièges à la chambre des députés.

Conclusion : le conseil électoral provisoire compte mener le processus jusqu’au bout, en procédant au décompte et à la tabulation des voix : jusqu’à la date du 7 décembre dans un premier temps, quand les résultats préliminaires du scrutin seront rendus publics en vue de la contestation des candidates et candidats ; jusqu’au 20 décembre 2010, lorsque seront publiés les résultats définitifs.

Au terme de la journée électorale controversée du dimanche 28 novembre, aucune donnée officielle n’existe sur le taux de participation des électrices et électeurs dans un scrutin jugé satisfaisant par le Cep, mais calamiteux par candidats et électeurs ainsi qu’observateurs nationaux.

Toujours est-il qu’environ 2 heures avant la fermeture des bureaux de vote, beaucoup de potentiels électeurs ont été démobilisés par la décision des candidats à la présidence de demander l’annulation pure et simple du scrutin, en raison d’irrégularités flagrantes imputées favorables à la plateforme officielle “Inite” (Unité).

En fin d’après-midi et en début de soirée, ce dimanche 28 novembre 2010, plusieurs milliers de personnes ont gagné les rues, principalement dans l’Ouest, le Nord, l’Artibonite et le Sud-Est du pays, pour protester contre le mode d’organisation du scrutin.

Reste à savoir quels comportements les candidats à la présidence ainsi que les électeurs afficheront devant la position du Cep, selon laquelle le scrutin du dimanche 28 novembre aura été “un succès”, en dépit des violences et irrégularités signalées dans un processus de vote, au cours duquel 2 personnes ont été tuées. [rc apr 29/11/2010 00:30]

[1] Les candidates et candidats, initialement signataires de la déclaration du 28 novembre 2010, sont les suivants : Charles Henry Baker (Respè), Jean Henry Céant (Renmen Ayiti), Joseph Michel Martelly (Repons peyizan), Lesly Voltaire (Ansanm nou fò), Jacques Edouard Alexis (Mobilisation pour le progrès d’Haïti / Mph), Wilson Jeudy (Force 2010), Josette Bijou (Indépendante), Erick Smarcki Charles (Parti de l’évolution nationale d’Haïti / Penh), Jean Chavannes Jeune (Alliance chrétienne et citoyenne pour la reconstruction d’Haïti / Accrha), Garaudy Laguerre (Wozo), Leon Jeune (Konbit liberasyon ekonomik / Kle), Myrlande Hyppolite Manigat (Rassemblement des démocrates nationaux progressistes). Un 13 e candidat à la présidence, Génard Joseph (Solidarité), arrivé au moment de la lecture de la déclaration de demande d’annulation du scrutin, a approuvé la position des 12.

Par la suite, les partis “Lavni” de Yves Cristallin et “Ayisyen pou Ayiti” de Yvon Neptune se sont exprimés en faveur de l’annulation du scrutin.

Globalement, 15 candidats à la présidence se prononcent pour l’annulation du scrutin du dimanche 28 novembre.

Le sénateur Jean Hector Anacacis, candidat à la présidence sous la bannière du mouvement pour le développement de la jeunesse d’Haïti (Modejha), qualifie seulement le scrutin d’ “échec”. Le postulant officiel Jude Célestin considère “normal” le processus. Axan Abellard de Konbit nasyonal pou devlopman Ayiti / Knda avait déclaré son retrait de la course une semaine avant le scrutin.

 

Manifestations antigouvernementales de protestation dans les rues de 4 départements géographiques

P-au-P, 28 nov. 2010 [AlterPresse] — Plusieurs milliers de personnes ont gagné les rues dans au moisn 4 départements géographiques (Ouest, Nord, Artibonite, Sud-Est), pour protester contre le mode d’organisation du scrutin du dimanche 28 novembre en Haïti et exprimer leur colère contre la plateforme officielle “Inite” (Unité) et son postulant Jude Célestin, en scandant des slogans contre le président René Garcia Préval, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Un premier mouvement a été enclenché dans l’Ouest, principalement à Pétionville vers 2:00 pm locales (19:00 gmt), peu après une demande d’annulation du scrutin produite par 12 candidates et candidats à la présidence, rejoints plus tard par 3 autres postulants au fauteuil présidentiel.

Par la suite, des manifestations ont également eu lieu à Port-au-Prince et Delmas, avec, de temps à autre, des slogans aux cris de Michel Martelly (d’une part) et de Jean Henri Céant (d’autre part) comme possible vainqueur de la présidentielle du 28 novembre, malgré les violences, les irrégularités et les accusations de fraude ayant émaillé le processus de vote.

Des démonstrations de rue ont également eu lieu en fin d’après-midi de dimanche à Petit-Goâve (Ouest) et à Jacmel (Sud-Est), puis en début de soirée au Cap-Haïtien (Nord, où des manifestants auraient été blessés), aux Gonaïves et à Saint-Marc (Artibonite).

Des analystes s’interrogent sur l’impact de cette nouvelle mobilisation, conséquence d’irrégularités flagrantes dans le processus de vote de dimanche, lesquelles pourraient conduire à une nouvelle crise politique avec une possible épreuve de force entre candidats et électeurs contestataires en face du Conseil électoral provisoire (Cep).

L’organisme électoral haïtien affirme sa détermination à avancer, malgré les dénonciations d’irrégularités et de fraudes en faveur des candidats de la plateforme officielle “Inite”.

 

Une honte, selon des observateurs

P-au-P, 28 nov. 2010 [AlterPresse] — Le processus de vote qui s’est déroulé ce dimanche en Haiti, et au cours desquelles deux personnes ont été tuées, est une honte pour les autorités, selon le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH).

Ce fut « un désordre total, une honte pour le CEP et la mission des Nations Unies dans le pays » a déclaré à AlterPresse Pierre Espérance, directeur du RNDDH, qui observait les opérations de vote dans le département de l’Ouest.

Deux personnes ont été tuées dans des violences qui se sont produites dans le Sud, selon des informations rapportées par des observateurs et non encore confirmées par des autorités policières.

Les 11 000 bureaux de vote ont fermé à 16 heures, comme prévu dans une atmosphère marquée par de nombreuses manifestations anti-gouvernementales dans plusieurs villes du pays.

A Port-au-Prince, le rappeur Wyclef Jean, originairement écarté de la course, Charles Henry Baker (RESPE) et Michel Martelly (Repons Peyizan) ont été remarqués dans ces mobilisations.

De nombreuses irrégularités se sont produites dans le Sud. Des agents de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti (MINUSTAH) ont apporté une liste différente de celle dont disposaient les membres de Bureaux de Vote (BV) à Aquin. Et à Torbeck, des membres de BV ont été surpris en train de déposer les bulletins dans les urnes à la place des électeurs.

Des hommes armés proches du parti au pouvoir ont pénétré dans un centre de vote à Cavaillon afin de s’accaparer de bulletins de vote, témoignent des observateurs. Mais la police a pu récupérer les bulletins et le dépouillement a finalement eu lieu au commissariat de la ville.

Depuis le début de l’après-midi, les observateurs et les mandataires avaient déjà quitté les centres de vote dans le département du Sud-Est, notamment à la vallée de Jacmel.

Le processus avait été suspendu dans la seconde circonscription de cette ville à cause du manque de bulletins pour certains candidats à la députation.

Des affrontements ont également été enregistrés entre sympathisants de plusieurs formations politiques dans le Plateau Central. Ces échauffourées n’ont cependant fait ni de morts ni de blessés.

 

Le point sur les élections en Haïti – 19h00 Heure de l’est

Des manifestations à travers le pays

Radio Kiskeya / dimanche 28 novembre 2010

En ce début de soirée, des affrontements ont été rapportés au Cap-Haïtien entre partisans de INITE et des partisans de Michel Martelly. Des partisans de INITE auraient utilisés des armes blanches, des bâtons et des jets de pierre dans leurs échauffourées contre les manifestants pro-Martelly.

D’autres manifestations pro-Martelly ont aussi eu lieu aux Champs-de-Mars et à Delmas (Port-au-Prince). Des milliers de manifestants ont investi les rues en scandant des slogans pro-Martelly.

Il y a, par contre, eu des manifestations anti-gouvernemental à Saint-Marc, à Jacmel et à Petit-Goâve et à Saint-Marc.

À l’Acul-du-Nord et à Cabaret, les opérations électorales ont été perturbées.

Une coalition de 13 candidats dont Mme Mirlande Manigat demande l’annulation de l’élection ainsi que la démission du président René Préval.

En fin de matinée, les problèmes d’accès des mandataires de partis politique aux centres de vote ainsi que les omissions de nombreux citoyens sur les listes électorales se sont révélés d’une ampleur nationale.

Cette journée avait pourtant commencé relativement bien avec notamment des retards dans l’ouverture des centres de votes.

Maintenant, la presse attend le point de presse du CEP.

Plus de détails, un peu plus tard…

JOURNEE ELECTORALE

28 Nov

 Haïti - Élections : Mirlande Manigat demande l'ANNULATION des élections                   Haïti - Élections : La violence s’ajoute maintenant aux fraudes

 

Plusieurs milliers de manifestants réclament l’annulation du scrutin

RADIO METROPOLE / Dimanche, 28 novembre 2010 18:14

Plusieurs milliers d’électeurs haïtiens ont manifesté dans les différentes villes d’Haïti pour réclamer l’annulation du scrutin du 28 novembre.
Quelques minutes après l’appel des 12 candidats, plusieurs centaines de partisans de Michel Martelly avaient gagné les rues de Pétion ville pour réclamer le départ des conseillers électoraux et du chef de l’Etat. Les manifestants reprochent au président Préval d’avoir orchestré les fraudes massives visant à favoriser le candidat de l’Inité.
D’autres groupes de manifestants en provenance de Port-au-Prince ont rejoint les manifestants de Pétion ville et se sont rendus devant le local du CEP à Delmas. Des milliers de personnes ont défilé dans les rues de Delmas lançant des slogans hostiles au chef de l’Etat.
D’autres manifestations ont eu lieu à Carrefour où des milliers de personnes ont pris part à une manifestation antigouvernementale. Dans les villes de province les manifestants ont également réclamé le départ du chef de l’Etat et des conseillers électoraux.
A Saint Marc des milliers de partisans de Mirlande Manigat ont attaqué les centres de vote et détruit les matériels sous les yeux impuissants des casques bleus de la Minustah. Dans le Haut Artibonite aux Gonaïves, des manifestants ont également réclamé l’annulation du scrutin.
A Port-au-Prince, a Petit Goave, Saint Marc, Gonaïves et Jérémie les bulletins de vote étaient jetés des les rues et les égouts par des foules en colère.

 

Wyclef appuie Michel Martelly ?
HAITI LIBRE – 128/11/2010 17:29:26

Haïti - Élections : Wyclef appuie Michel Martelly ?

Wyclef Jean, écarté de la course à la présidence, était dimanche à Port-au-Prince à la tête d’une manifestation aux côtés de Michel Martelly, un des favoris à la présidentielle, pour réclamer l’annulation des élections en raison des fraudes et d’irrégularités massives au profit du candidat Jude Célestin de la plateforme INITE.
« On ne doit pas voler le vote populaire », a déclaré Wyclef Jean alors que le cortège se dirigeait vers le centre-ville de Port-au-Prince. « Quelqu’un vient de me demander si je supporte Micky, je supporte des élections justes et c’est pourquoi je suis au sommet de cette voiture avec Micky ! » a fait savoir Wyclef Jean.
Il semble, que Michel Martelly vienne de recevoir de Wyclef Jean un appui non négligeable pour la suite des événements, suite qui va dépendre du Conseil Électoral Provisoire (CEP), du gouvernement et probablement de l’international… à moins que ce soit la population qui tranche, si les décisions ne vont pas de le bon sens…
Alors que 12 des 18 candidats à l’élection présidentielle ont réclamé l’annulation du scrutin, Gaillot Dorsainvil, le président du Conseil Électoral Provisoire (CEP) a indiqué « Le vote se poursuit » (les bureaux fermaient à 4:00), rappelant que le CEP, était la seule instance à pouvoir annuler des élections et « que la situation serait évaluée en fin de journée ».

 

Contestations de candidats et d’électeurs

P-au-P, 28 novembre 2010 [AlterPresse] — 12 candidats (*) à la Présidence de la République d’Haïti ont réclamé officiellement l’annulation des élections de ce 28 novembre suite à des constats qu’ils ont fait de fraudes, lors d’une conférence de presse qui s’est tenue ce dimanche à l’Est de la capitale, Port-au-Prince.

« Nous demandons l’annulation des élections », ont déclaré les candidats dans une déclaration commune lue par l’un d’entre eux.

Ils affirment avoir pris acte de fraudes et du détournement du vote du peuple qui ont eu lieu dans les centres de vote à travers tout le pays.

Ils ont déclaré qu’il « est clair que le gouvernement et le CEP [Centre électoral provisoire] se sont unis pour organiser un complot contre les élections du 28 novembre ».

Par ailleurs, ils invitent le peuple à exercer son devoir en se mobilisant pacifiquement contre « les actes de brigandages et antidémocratiques de Préval », en défendant leurs votes.

Des électeurs de plusieurs centres de vote dans des quartiers de la zone métropolitaine, dont les noms ne figurent pas sur les listes électorales, accusent eux aussi le Conseil électoral provisoire (CEP) d’organiser des élections frauduleuses et menacent de descendre dans les rues ce lundi 29 novembre pour réclamer leur droit au vote.

« Les listes des noms publiées sont des listes de personnes mortes, elles sont fausses et nous demandons à ce qu’on dresse un procès verbal pour que tous les détenteurs de la carte électorale puissent voter  », déclarent pour leur part des électeurs dans le centre de vote placé à l’École normale de Martissant (sortie sud de la capitale).

Au lycée Toussaint, un jeune électeur, Montas Djempsy, qui n’a pas trouvé son nom sur la liste, affirme voir celui de son frère Montas Julien , mort lors du tremblement de terre du 12 janvier.

« Le quartier de Martissant sera bloqué demain si la situation continue ainsi », avance un autre électeur.

Des électeurs du centre de vote Durand Dumerlin, non loin du lycée Toussaint, auraient voté à plusieurs reprises, ce qui a créé des tensions et nécessité l’arrivée du maire de Port-au-Prince, Jean Yves Jason, qui est descendu sur le terrain pour tenter de calmer la situation.

Les douze candidats aux élections présidentielles, lors de la conférence de presse qu’ils ont tenus ce 28 novembre pour l’annulation du scrutin, se sont en outre adressés directement aux médias internationaux, afin qu’ils relaient leur position et qu’ils présentent les preuves des fraudes en diffusant largement les photographies et vidéos disponibles.

En marge de la conférence, des candidats tels Michel Martelly et Jean Henry Céant ont demandé le départ de René Préval, l’actuel Président, alors que le candidat Jacques Édouard Alexis a demandé à ce que l’actuel gouvernement soit remplacé par un gouvernement provisoire.[rh mm apr 28/11/2010 17:00]

(*) Les candidates et candidats, signataires de la déclaration du 28 novembre 2010, sont les suivants : Charles Henry Baker, Jean Henry Ceant, Joseph Michel Martelly, Lesly Voltaire, Jacques Edouard Alexis, Wilson Jeudy, Josette Bijou, Erick Charles, Jean Chavannes Jeune, Garaudy Laguerre, Léon Jeune, Myrlande Hyppolite Manigat.

 

Le Cep “confortable”, malgré les irrégularités et la demande d’annulation du scrutin

P-au-P, 28 nov. 2010 [AlterPresse] — « Le vote continue » et « nous n’allons pas nous laisser intimider », déclare le président du Conseil électoral provisoire (Cep), Gaillot Dorsainvil, dans une conférence de presse / bilan à la mi-journée, quelques minutes après une demande d’annulation formulée par 12 candidats à la présidence (rejoints en dernière minute par un treizième postulant au fauteuil présidentiel Gennard Joseph).

L’organisme électoral, qui affirme ne pas pouvoir avancer des chiffres ni des pourcentages par rapport à la participation, parle d’ « une grosse mobilisation de l’électorat ».

En réponse aux différentes irrégularités, qui ont émaillé le scrutin depuis ce matin, le Cep assure que le processus continue jusqu’à 16 heures locales (21:00 gmt), comme prévu.

« Jusqu’à présent, le Cep est confortable par rapport au déroulement du vote », fait savoir Gaillot Dorsainvil.

De plus, « beaucoup d’informations concernant la liste électorale sont inexactes », précise -t-il.

La question de personnes retrouvant leur nom sur la liste à l’extérieur du bureau de vote, et non à l’intérieur, est « un faux problème », indique, pour sa part, le directeur du registre électoral, Philippe Augustin.

Les deux listes sont identiques, tente de garantir le Cep.

En réponse aux irrégularités liées à la liste électorale partielle, l’institution a jeté le blâme sur les électrices et électeurs qui n’auraient pas pris le soin de vérifier, avant les élections, où ils devaient voter.

Le conseil a également transféré la responsabilité à l’Office national d’identification (Oni) de noms de personnes décédées sur les listes électorales, par rapport aux informations faisant croire à des électeurs zombis sur les listes électorales.

« Il n’y a pas moyen » d’introduire des faux bulletins dans le système, souligne, de son côté, le directeur général du Cep, Pierre-Louis Opont, ajoutant que « cela ne veut pas dire que ce n’est pas arrivé ».

Ces déclarations contradictoires ont été appuyées par Gaillot Dorsainvil, qui a fait savoir qu’il était « sûr que certaines personnes pourraient profiter pour voter deux fois », signalant avoir reçu, par mégarde, deux bulletins de vote au moment où il (Dorsainvil) allait remplir son devoir civique ce dimanche 28 novembre.

Le Cep confirmé être au courant de la demande d’annulation du scrutin par 13 candidats à la présidence.

Pour Gaillot Dorsainvil, ces candidats « ont pris les devants pour annoncer des choses qu’eux-mêmes ne peuvent pas contrôler ». Le président a martelé que son institution n’allait pas se laisser « intimider ».

Alors que le Cep faisait son bilan, des centaines de personnes manifestaient, non loin du siège de l’organisme électoral, arrachant, au passage, les photos et affiches du candidat de la plateforme officielle “Inite” ( Unité), Jude Célestin.

 

Plus de 20 ans après, les mêmes problèmes
De flagrantes irrégularités poussent des candidats à demander l’annulation du scrutin

P-au-P, 28 nov. 2010 [AlterPresse] — De nombreuses irrégularités marquent le début des élections législatives et présidentielles de ce 28 novembre, poussant une douzaine de candidats à demander l’annulation du scrutin.

Des observateurs présents dans plusieurs départements géographiques du pays déclarent noter « beaucoup d’irrégularités » dans le processus qui a de plus démarré très tard par rapport à l’heure prévue.

C’est le 6e scrutin présidentiel depuis la chute de la dictature des Duvalier en 1986, lorsque le processus de transition démocratique a commencé conduisant en mars 1987 à l’adoption de la Constitution actuelle.

Les premières élections démocratiques n’ont cependant eu lieu qu’en 1988. Le Président élu, Leslie Manigat, séjourne durant 130 jours au Palais National avant d’être renversé par un coup d’Etat militaire. Les putschistes, Henry Namphy et Prosper Avril seront contraints de démissionner et céder la place début 1990 à un gouvernement de transition civil.

Cette année là, un ancien prêtre Jean Bertrand Aristide, accède au pouvoir avec 67,5% des voix. Mais 7 mois après, il est évincé par un autre coup d’Etat militaire orchestré par le général Raoul Cédras.

Aristide restera trois ans en exil aux Etats-Unis avant de revenir au pouvoir avec le soutien de la communauté internationale. En 1995, l’année suivant son retour, des élections générales sont organisées et, quoique contestées par l’opposition au niveau législatif et municipal, elles conduisent à la tête du pays, son ancien Premier Ministre, René Préval (87,9% des voix).

Durant ce premier mandat, le régime de Préval connait une crise institutionnelle importante liée aux Législatives partielles d’avril 1997. Par la suite il y aura plusieurs reports des compétitions électorales pour le renouvellement du parlement.

En mai 2000, Fanmi Lavalas fait une véritable razzia dans les deux chambres, avec 75 Députés sur 83 et 18 Sénateurs sur 19. La même année, Jean Bertrand Aristide est élu à nouveau Président avec 91,69% des voix et 20% de participation.

Ce second mandat ne dure que 3 ans, marqués par la grogne de l’opposition et la recrudescence de la violence. En 2004, un gouvernement de transition reprend les rennes du pouvoir, sous la direction de Boniface Alexandre, président de la Cour de Cassation.

2004 c’est aussi l’année de la venue de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haïti (MINUSTAH) dans le pays. L’année suivante, de nouvelles élections sont réalisées.

En 2006, René Préval brigue son second mandat. Deux Premiers Ministres, Jacques Edouard Alexis et Michèle Duvivier Pierre Louis, ne restent qu’environ un an à la tête du gouvernement dans un contexte dominé tour à tour par une crise alimentaire et des désastres naturels (passage de 4 cyclones coup sur coup) et humain (effondrement de l’école la Promesse Evangélique).

L’actuel gouvernement est intronisé fin 2009 avec pour chef, le Ministre de la planification qui conserve d’ailleurs ce poste, Joseph Jean Max Bellerive.

Le 12 janvier 2010, un violent séisme tue près de 300 000 personnes. L’immense catastrophe éveille la solidarité des peuples du monde entier. Le 31 mars, plusieurs pays et bailleurs internationaux promettent à Haïti 10 milliards de dollars pour sa reconstruction.

Alors que ces milliards tardent à arriver sur la table et qu’un peu plus d’un million de personnes vivent dans des conditions très précaires dans des camps, une épidémie de cholera tue plus de 1600 personnes à travers le pays.[

 

À Acul-du-Nord et Trou-du-Nord les élections ont été annulées
HAITI LIBRE – 28/11/2010 15:37:59

Des incidents violents se sont également produits à l’Acul-du-Nord et Trou-du-Nord, près de Cap-Haïtien.
Patrick Julien le maire de l’Acul-du-Nord, a fait savoir que la population était prête à voter mais des partisans des candidats ont tiré en l’air, il y a eu des blessés et lui même n’a pas été en mesure de voter « des hommes armés de machettes ont mis à sac six centres de vote, les élections ont été annulées » a-t-il précisé.
À Trou-du-Nord, le maire Jacques Gustave a indiqué qu’une foule avait pénétré dans les bureaux et saccagé les bureaux de vote: « les bulletins ont été jetés partout, le président du bureau de la localité a fait le constat et a annulé l’élection »
À Desdunes, dans le nord, après des incidents et des coups de feu qui ont fait des blessés, la Minustah a envoyé dimanche matin une demi-douzaine de véhicules blindés « pour reprendre le contrôle de la situation ». Rappelons que ce matin même le chef de la mission de l’ONU en Haïti (Minustah) Edmond Mulet avait déclaré « En général tout se passe bien, tout est paisible. Il y a eu quelques incidents à Desdunes, des incidents mineurs ». Edmond Mulet a expliqué qu’il n’y a aucune raison d’avoir peur. « C’est une fête électorale »… Une déclaration qui devant les moyens utilisés pour rétablir l’ordre se passe de commentaire…

 

12 candidats à la présidence exigent l’annulation du scrutin en raison d’irrégularités flagrantes

P-au-P, 28 nov. 2010 [AlterPresse] — Une douzaine de candidates et candidats (sur 19 officiellement en lice) à la présidentielle de ce 28 novembre 2010 exigent formellement, dans une déclaration conjointe, l’annulation du scrutin de ce dimanche.

Un ensemble d’irrégularités flagrantes, constatées dans les bureaux de vote jusqu’à 11:00 am et vraisemblablement planifiées en faveur du candidat officiel Jude Célestin de la plateforme “Inite” (Unité), est à la base de la décision prise par les 12 postulantes et postulants à la présidentielle, suivant la teneur du texte lu dans un hôtel à l’est de la capitale.

Dès le début de la matinée de ce 28 novembre, la presse nationale et internationale a relevé différents problèmes techniques dans le déroulement du vote, entre autres : de nombreuses électrices et électeurs n’ont pas pu retrouver leurs noms sur les listes électorales ; des actes de violence (y compris la mort d’électeurs) ont émaillé les opérations enclenchées vers 6:00 am en certains endroits, mais très en retard dans d’autres endroits, plusieurs mandataires de partis politiques ont été interdits d’accès à des bureaux de vote où ils étaient affectés.

Une procédure spéciale a été faite pour le candidat Jude Célestin, dont le numéro d’identification nationale ne figurait pas à un bureau de vote de Pétionville (à l’est de la capitale) où il s’est présenté pour remplir son devoir civique.

Les candidates et candidats, signataires de la déclaration du 28 novembre 2010, sont les suivants : Charles Henry Baker, Jean Henry Ceant, Joseph Michel Martelly, Lesly Voltaire, Jacques Edouard Alexis, Wilson Jeudy, Josette Bijou, Erick Charles, Jean Chavannes Jeune, Garaudy Laguerre, Léon Jeune, Myrlande Hyppolite Manigat.

Au moment de mettre sous presse, le Conseil électoral provisoire (Cep) était en train de donner un point de presse explicatif sur les irrégularités flagrantes ayant marqué le scrutin entre 6:00 am locales (11:00 gmt) et 2:00 pm locales (19:00 gmt).

 

12 candidats réclament l’annulation des élections
HAITI LIBRE – 28/11/2010 15:01:22

Haïti - Élections : 12 candidats réclament l’annulation des élections

Douze des 18 candidats à l’élection présidentielle haïtienne, ont dénoncé en conférence de presse au Karibe Convention Center, des fraudes et des irrégularités massives. Ils ont lancé un appel unanime à l’annulation du scrutin, à la suite des protestations des électeurs qui n’ont pas pu voter et des nombreux cas de fraudes et d’irrégularités observées depuis l’ouverture officielle des bureaux de vote.
Certains bureaux ont ouvert avec plusieurs heures de retard, certains sont n’ont pas ouvert… Les fraudes sont multiples et parfois massives : bulletins pré remplis au nom d’INITE, bourrage d’urnes, noms d’électeurs inscrit mais absent des listes, intimidations, électeurs avec plusieurs cartes électorales, bureaux de vote déplacés ou supprimés, poursuite illégale de la campagne de Jude Célestin, absence de matériels électoraux ou de bulletins de vote etc… Autant d’actes qui compromettent gravement l’exercice démocratique du droit de vote des citoyens haïtiens inscrit à cette consultation nationale.
Le Président Préval est désigné comme le premier responsable de cette situation, dans la population des slogans demandent la démission du chef de l’État, et si les forces de l’ordre n’interviennent pas, la population pourrait descendre dans la rue et la situation devenir incontrôlable.

 

Annulation du scrutin ? «La candidate Fraude» largement en tête
HAITI LIBRE – 28/11/2010 14:03:06

Trois candidats à l’élection présidentielle haïtienne, dont Mirlande Manigat, Yvon Neptune et Jacques Edouard Alexis dénoncent les fraudes et réclament l’annulation des élections, ajoutant leurs voix à celles d’autres candidats favorables à la fin de ce simulacre d’élection démocratique…
Pour Patrice Dumond, porte parole de la candidate Manigat « Il ne s’agit pas uniquement de fraudes, c’est un véritable scandale, un véritable kidnapping des élections ». Mirlande Manigat en conférence de presse avait déclaré « Je demande l’ANNULATION formelle de toute activités électorales sur toute l’étendue du territoire, ce qui se passe maintenant c’est du brigandage organisé […] des institutions de l’État sont complice de ce brigandage »
Pour sa part Jacques Edouard Alexis, a également demandé l’annulation du scrutin en invoquant une succession d’irrégularités et mettant en cause le Président René Préval « Je ne veux plus d’élection avec lui ».
Quant à Yvon Neptune, lui aussi favorable à une annulation, s’interroge « Que peut-on faire en attendant de bonnes élections? Il faut une solution concertée entre tous les candidats ».

 

La violence s’ajoute maintenant aux fraudes
HAITI LIBRE – 28/11/2010 13:43:12

À Verrettes des personnes rapportent que des bureaux de vote sont fermés et que les observateurs des partis politiques (mandataires) ont quittés les lieux. Des coups de feu se font entendre un peu partout… La Minsutah et la Police Nationale Haïtienne (PNH) n’interviennent pas.
Aux Cayes, un électeur aurait été arrêté dans un centre de vote, en possession d’un revolver de calibre 9 mm.
Des fermetures de bureaux de vote a Carrefour et des tirs d’armes automatiques sont rapportés.
Au Lycée Jean Jacques (à Port-au-Prince) un groupe de personnes menacerait les électeurs qui auraient l’intention de voter pour les candidats Manigat ou Baker.
Des témoins affirment avoir vu des partisans du candidat Michel Martelly, déchirer des bulletins et forcer la fermeture de bureaux de vote à Delmas…

 

Mirlande Manigat demande l’ANNULATION des élections
HAITI LIBRE – 28/11/2010 12:54:21

Mirlande Manigat, Charles H. Baker, Michel Martelly, Leslie Voltaire, Jacques E. Alexis, Jean H. Ceant, Yvon Neptune, Eric Charles, Wilson Jeudy, donnent une conférence de presse en ce moment, au Karibe Convention Center, sur le déroulement du processus électorale et dénoncent les fraudes et irrégularités massives.
Mirlande Manigat, candidate à la présidence, a déclarée avec force « Je demande l’ANNULATION formelle de toute activités électoral sur toute l’étendue du territoire, ce qui se passe maintenant c’est du brigandage organisé […] des institutions de l’État sont complice de ce brigandage »
La tension monte aux Cayes sur fond de panique dans la population, du côté de Marcelin où les partisans d’INITE poursuivent leur campagne électorale brandissant des photos du candidat en main, en incitant la population à voter pour INITE (Jude Célestin).

LESLIE PEANT: ENTRE SAVOIR ET DEMOCRATIE … (2)

27 Nov

Entre Savoir et Démocratie
Les Luttes de l’Union Nationale des Étudiants haïtiens sous le gouvernement de Duvalier (Bonnes feuilles 2)

par Leslie Péan * / AlterPresse / samedi 27 novembre 2010

Le charbon et la farine

On ne saurait nier l’existence du préjugé de couleur en Haïti, mais en faire la question sociale par excellence en accentuant les horreurs qui en découlent représente une imposture. L’emploi abusif du préjugé de couleur par les noiristes pour prendre le pouvoir politique est diabolique. En citant Jean Price-Mars, l’UNEH fait une critique de la propagande noiriste du gouvernement dans le numéro 5 de la Tribune des étudiants, daté du 27 janvier 1961. Notre histoire enseigne que, depuis les luttes pour l’indépendance de 1804, Noirs et Mulâtres ont su surmonter les contradictions racistes et coloristes instituées par la puissance coloniale. Il est absolument faux de croire et de faire croire que les devoirs antagonistes des Blancs, des Mulâtres et des Noirs ont épousé uniquement les lignes de couleur.

Qu’on lise l’Histoire de Toussaint Louverture de Pauléus Sannon [1] pour apprendre que des Blancs, parmi lesquels des curés, des prêtres et des abbés dont le père Corneille Brelle, ont contribué à la préparation de la cérémonie du Bois-Caïman [2]. Nos aïeux, les pères fondateurs de la nation haïtienne, ne se sont pas laissés prendre au piège racialiste, coloriste et discriminatoire des colons français. Ils ont ouvert leurs bras aux 5,000 blancs polonais et 1,000 blancs allemands qui ont rejoint les troupes indigènes dans la guerre de l’Indépendance et versé leur sang pour contribuer à créer Haïti, un projet de liberté ancré dans tous les esprits. Mais s’ils ont su coaliser leurs forces avec d’autres en y acceptant même un Blanc Français comme le colonel Malet, signataire de l’Acte de l’Indépendance d’Haïti, leurs efforts ont été vaincus par le racisme dominant à l’échelle internationale, qui les a ensuite divisés. Ils se retrouvèrent donc comme Sisyphe, poussant le rocher de l’égalité des races et des couleurs, mais prétendant être contraints de le laisser retomber avant d’avoir atteint le sommet.

Lors de la guerre du Sud, le Mulâtre Rigaud avait des Noirs parmi ses partisans dont Lamour Dérance, Goman, Sanglaou et d’autres chefs de bande noirs. Des deux fils de Toussaint Louverture, c’est Placide, le mulâtre, qui le soutient dans la lutte contre la France, tandis qu’Isaac, le noir, appuie et rejoint les Français. Lors de rares élections à la présidence qui furent témoins du duel entre deux candidats mulâtres, Boisrond Canal et Boyer Bazelais en 1876, ou encore entre Boyer Bazelais et Lysius Salomon en 1879, ce sont les considérations financières et non coloristes des milieux affairistes qui primèrent.

Rony Durand, un des économistes de l’école noiriste qui devint doyen de la Faculté de droit et des sciences économiques en 1986, a disséminé pendant quatre décennies le venin du racisme noiriste dans les têtes des étudiants haïtiens. Exprimant à haute voix le dogme noiriste et le rentrant à coups de marteau dans les consciences de la jeunesse, Rony Durand a complètement évacué la complexité de la question sociale et a déclaré que « la bourgeoisie « mulâtre » qui gouverne Haïti depuis les jours enfiévrés de « l’indépendance » porte la responsabilité historique de notre stagnation [3] ». Et il a du même coup légitimé la corruption financière, le vol des deniers publics et le brigandage des noiristes. Dans son entendement, leur accumulation sauvage est légitime car, dit-il, « la bourgeoisie « noire » a retourné contre la bourgeoisie « mulâtre » ses propres armes. Au demeurant, aucune bourgeoisie n’a les mains pures dans la formation du capital [4] ».

De telles représentations semant la haine et véhiculées par le discours noiriste sont prégnantes dans le corps social. Pour bien saisir comment le peuple haïtien se pense et se représente, il faut aller aux sources réelles de la négrophobie et démystifier l’aliénation de l’homme haïtien (noir et mulâtre), comme Anténor Firmin, dans son magnum opus oparum intitulé De l’égalité des races humaines. La réduction à néant d’Haïti est justement due au triomphe de certaines alliances politiques pernicieuses.

L’alliance infantilisante Duvalier/Rigal, on le sait, a permis d’isoler Louis Déjoie lors de la campagne électorale de 1957. Antoine Rigal fait alors une déclaration révoltante qui provoque la colère de la majorité de l’électorat. En proclamant dans un discours tristement célèbre, « Maintenant toutes les avenues du pouvoir sont encombrées par les ruraux [5] », Antoine Rigal écœure les Noirs, leur donne un goût amer à la bouche et assassine les idéaux d’industrialisation et de développement que représentait Déjoie. Le candidat François Duvalier reprendra pourtant cette phrase méprisante de Rigal pour mettre en marche une machine électorale broyant tout sur son passage. Il l’utilisera comme une lamentation afin que les Noirs adhèrent, même passivement, à sa candidature et voient en lui une raison d’espérer. Duvalier déclamera le message discriminatoire de Rigal au cours de ce fameux discours intitulé « Ils sont devenus fous » et dans lequel il dira :

“Heureux et se congratulant d’être enfin seuls, entre honnêtes gens, entre gens du monde, entre gens de société, débarrassés enfin des « ruraux » que nous sommes, selon l’acrimonieuse et imprudente expression de Me Antoine Rigal, ils ont concerté eux-mêmes, la mise en place de leurs dispositifs d’élimination. Ils sont devenus fous [6].”

Duvalier utilisait Rigal pour créer un fossé irrémédiable entre les masses noires et Déjoie. Le coup allait porter surtout quelques années après le mouvement de 1946, qui a modelé la conscience populaire sur la question de couleur. Rigal sera récompensé par l’attitude bienveillante de François Duvalier à son endroit, jusqu’à sa mort en 1971. Le discours de Rigal a cassé en quelques jours le lien social que Déjoie a construit pendant vingt ans avec la paysannerie noire à Saint Michel de L’Attalaye, aux Cayes, sur ses plantations agricoles. Déjoie se retrouve la victime d’un mulâtrisme qui bloque la cohésion sociale, entretient la méfiance et freine l’exécution d’un projet social collectif. Le mulâtrisme, en charriant la blanchitude occidentale et en mettant des Mulâtres incompétents aux commandes du système politique, des affaires, de l’administration et de la diplomatie, contribue à maintenir la société dans le dénuement tout comme le noirisme, en faisant la promotion de Noirs ignares à des postes de prestige, renforce le préjugé voulant que les Noirs soient incompétents.

Le noirisme boit à la même source coloriste et racialiste que le mulâtrisme en avançant la thèse de l’infériorité congénitale des Mulâtres. Les révocations de Mulâtres en 1946, simplement parce qu’ils sont des Mulâtres, sont aussi exécrables que les pratiques discriminatoires envers les Noirs sous les gouvernements mulâtristes. Les victimes deviennent des bourreaux en adoptant les attitudes et le type de pensée discriminatoires reprochés aux bourreaux. C’est de la mauvaise foi que de vouloir continuer dans la voie de la racialisation des rapports sociaux, que de vouloir l’instauration d’une pyramide sociale toujours basée sur la hiérarchie des couleurs de peau et la structuration coloriste. La vision de l’UNEH, présentée à chaud, combat cette forme de pensée racialiste dans son numéro 5 de Tribune des étudiants, daté du 27 janvier 1961.

Des destructions tous azimuts

Tout au long de l’histoire d’Haïti, le libéralisme en tant que principe sacro-saint de la bourgeoisie a été combattu par le dirigisme d’État appuyé sur la pensée racialiste et coloriste. Les efforts de développement national se sont révélés futiles, qu’ils viennent de l’État ou de l’activité productrice privée, car le minimum de connaissances nécessaires à un tel développement a toujours fait défaut. Les luttes de pouvoir ont surfé sur l’ignorance encouragée et maintenue à travers les manipulations coloristes de toutes sortes. Le combat des adversaires noiristes et mulâtristes s’est poursuivi au détriment de l’entité nationale, qui a périclité pendant deux siècles jusqu’à atteindre aujourd’hui son point d’effondrement, pour utiliser le langage de Jared Diamond [7]. Il y a en effet de sérieux indicateurs qui révèlent l’agonie de la société haïtienne. Cette agonie résulte de l’incapacité des adversaires noiristes et mulâtristes, en lutte pour l’hégémonie, à s’entendre sur un minimum d’objectifs pour répondre aux défis de l’environnement extérieur hostile. La possibilité de la disparition de la civilisation haïtienne, tout comme celle des Vikings démontrée par Jared Diamond, est donc bien réelle. Par-delà les théories fumeuses de l’essence de l’homme noir qui serait d’une radicale altérité par rapport aux autres êtres humains, les brigands de l’école des Griots sont parfaitement conscients de la « nourriture intellectuelle et morale [8] » qu’ils offraient à la population haïtienne, tant dans leur journal Les Griots que dans les autres publications dans lesquels ils exposaient leurs marchandises.

Sous le fallacieux prétexte de la « régénération des grandes masses », François Duvalier et Lorimer Denis utilisent, pour prendre le pouvoir, des processus identitaires et des pratiques mystificatrices qui privilégient la couleur noire de la peau et une certaine apparence physique. Les brigands des Griots s’amusent à brouiller la question sociale par ce que Frantz Fanon, en 1954, a nommé « l’apparente surdétermination par l’ordre « racial » du classement hiérarchique qu’opère la société sur elle-même [9] ». L’hégémonie de la pensée coloriste mulâtriste jusqu’en 1946 et la domination du courant de pensée noiriste qui s’en est suivi ont détruit les possibilités de formation d’une bourgeoisie nationale capable de propulser le développement. Ici encore, l’idéologie des jeunes de l’UNEH, dans l’éditorial du numéro 6 de Tribune des étudiants de juin 1960, a pris le contre-pied en appelant à la mobilisation de la bourgeoisie nationale. En présentant le Problème des classes à travers l’histoire d’Haïti comme leur Mein Kampf, les idéologues noiristes mettaient dans les têtes de la jeunesse les bases fascistes de leur future puissance, mais aussi les bases de l’enterrement de la nation haïtienne. Leur désir de gouverner n’avait d’égal que leur passion d’un pouvoir à retentissement chaotique. Paradoxalement, même des professeurs réputés progressistes recommanderont les thèses pernicieuses des Griots à leurs élèves. Avec un discours à la fois misérabiliste et moderne, la logorrhée de François Duvalier et de Lorimer Denis s’est propagée comme un SIDA de l’esprit. En manipulant l’histoire, les brigands des Griots ont préparé en toute sérénité le naufrage de la nation haïtienne. Leur passion pour le pouvoir a été étalée avec une grande charge affective et une sentimentalité qui ont séduit leurs disciples et que ceux-ci ont intériorisées. Leur œuvre continue de s’insinuer partout où le désespoir règne.

On pourra se demander ad nauseam s’ils savaient qu’ils préparaient les ruines d’Haïti. L’obscurantisme et la déchéance qu’a entraînés la pensée duvaliériste ont perverti la société dans ses valeurs existentielles de base, et il sera trop tard quand Jean Price-Mars [10] ou Roger Dorsinville dénonceront la débilité du discours noiriste. En 1990, Roger Dorsinville écrira :

« Pour ce qui concerne le bilan chez nous de ces trente dernières années, il est tragique, mais facile à établir, si bien qu’il faut espérer n’entendre plus jamais parler de « noirisme » en tant que doctrine ou définition de projets politiques. Le résultat n’est pas seulement la ruine économique, et, sur le délabrement des institutions, l’établissement de l’autorité publique d’une armée de faucons. Il faut surtout déplorer la disparition de toutes les vertus civiques ou morales, ce qu’un auteur étranger [11] a pu décrire « la démocratisation de la corruption [12]. » Les cris du cœur de Price-Mars et de Dorsinville n’auront d’échos que dans les esprits d’une faible minorité d’intellectuels. La fibre nationale était détruite et la tombe de la société haïtienne était déjà creusée. Les pratiques et les conduites nihilistes des tontons macoutes Ti Bobo, Boss Pinte, et autres Ti Cabiche s’étaient déjà propagées. Le pouvoir était remis à la jeunesse des Roger Lafontant et autres briseurs de grève qui attendaient leur tour pour cueillir les fruits mûrs de ce travail commencé en 1932, persuadés à tout jamais que ce qui sied à Haïti, c’est la démocratie des cadavres. Jacques Fourcand dira qu’il vaut mieux faire un Himalaya de cadavres que de perdre le pouvoir. La messe était dite. Faisant le bilan de ce voyage en enfer, Roger Dorsinville écrivait en 1990 : « Cette république qui se déglingue de partout, c’est le résultat de trente ans de Pouvoir Noir [13]. » Il ne croyait pas si bien dire sur cette époque « de nuit, de guerre et de mort » pour employer le langage de Jan Patocka [14]. Mais en laissant de côté l’arrière-fond de cette dégringolade, Roger Dorsinville ne permet pas de comprendre les origines et le déclenchement de ce malheur qui s’est abattu sur la société haïtienne au XXe siècle. Des origines qui ne remontent pas à 30 ans, mais plutôt à 55 ans, c’est-à-dire à 1932. Toutefois, il donne l’ampleur et la dimension de la mort organisée sous le régime duvaliériste :

« Nous avons ouvert la porte à des gens traditionnellement méprisés pour leur bâtardise, dans un pays où la légitimité des imitateurs date tout juste d’hier, et ces bâtards avaient des comptes à régler tous azimuts, y compris entre eux. Ils ont tué, embastillé, avili hommes, femmes et enfants, de cent manières et dans toutes les directions. Quant au paysan, ce noir, prétexte du combat pour le « plus grand nombre », il s’est trouvé plus que jamais trituré par les hommes nouveaux, une « élite lorage calé » sans tradition de bonté, de générosité, de solidarité, acharnée à se laver du souvenir de son abjection de naguère. Dès lors, où était la promesse : « C’est à nous, opprimés, de lutter pour tous les opprimés » ? Et, parce que l’État s’était avili, il y a eu le retour de bâton : la disparition de son autorité civique et morale, l’évacuation de sa pertinence à gouverner, l’instauration pure et simple du banditisme officiel [15]. »

Les brigands voulaient garder le pouvoir en transformant Haïti en un vaste camp de concentration. Ils exécutaient le travail des capos et décidaient de la destruction, de la récupération, de la conservation et de la classification des rebuts d’humanité créés par leur politique mortifère. Les recettes pour détruire l’âme du peuple haïtien seront de plus en plus sophistiquées. Elles passeront par la destruction de la mémoire, des travailleurs, des entrepreneurs, des cochons créoles, de l’armée, de l’intelligentsia, etc. Un anéantissement tous azimuts. Une dévastation sans cesse perfectionnée. C’est dans ce contexte qu’il faut replacer, pour bien les comprendre, les luttes de l’UNEH, qui représentent un moment crucial du combat de la jeunesse haïtienne contre ceux et celles qui voulaient garder le pouvoir à tout prix. Les jeunes de l’UNEH avaient su reconnaître les caractéristiques fondamentales qui soutenaient le courant des Griots et avaient subodoré leur démarche d’élimination d’une civilisation. Ils firent de leur mieux pour empêcher ces cannibales d’entamer leur festin et la grève de 1960-1961 en est le témoignage fondamental.

[1] Horace Pauléus Sannon, Histoire de Toussaint Louverture, Tome I, Collection Patrimoine, Presses Nationales d’Haïti, 2003, p. 179-188.

[2] Jacques de Cauna, Haïti : L’éternelle révolution. Histoire de sa décolonisation (1789-1804), PRNG Editions Pyremonde, Monein, France, 2009, p. 146.

[3] Rony Durand, Regards sur la croissance économique d’Haïti, Imprimerie des Antilles, 1965, p. 165.

[4] Ibid., p. 117.

[5] Arthur Rouzier, Les belles figures de l’intelligentsia jérémienne. Du temps passé et du présent, Imprimerie Service Multi-Copies, 1986, p. 117.

[6] Colbert Bonhomme, Révolution et contre-révolution en Haïti, op. cit., p. 277.

[7] Jared Diamond, Effondrement. Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, Gallimard, 2006.

[8] François Duvalier et Lorimer Denis, Le problème des classes…, op. cit. p. 89.

[9] Frantz Fanon, Peaux noires, masques blancs. Paris, Le Seuil, 1954.

[10] Jean Price-Mars, Lettre ouverte à René Piquion sur son « Manuel de la négritude » ; le préjugé de couleur est-il la question sociale ?, Éditions des Antilles, P-au-P, 1967.

[11] André Corten.

[12] Roger Dorsinville, Marche arrière II, Éditions des Antilles, 1990, pp. 223-224.

[13] Ibid, p. 233.

[14] Jan Patocka, Essais hérétiques sur la philosophie de l’histoire, Verdier, Paris, 1981.

[15] Roger Dorsinville, Marche arrière II, Éditions des Antilles, 1990, p. 223-224.

L’ESSENTIEL DU SAMEDI 27 NOVEMBRE 2010

27 Nov

Reuters, le 27/11/2010 à 18:53

Fusillade lors d’un meeting la veille des élections haïtiennes

Des coups de feu ont perturbé le dernier rassemblement de campagne en vue des élections présidentielle et législatives de dimanche en Haïti, ajoutant aux tensions qui affectent ce pays en proie au choléra et aux incertitudes politiques.

Pris de panique, des partisans du musicien Michel Martelly se sont enfuis en même temps que le candidat et sa famille lorsque les tirs ont interrompu son meeting vendredi soir aux Cayes, dans le sud du pays, ont rapporté ses agents de campagne et des témoins.

Selon des médias locaux, une personne au moins a été tuée et plusieurs autres ont été blessées dans ces incidents. Un porte-parole de la police a déclaré à Reuters qu’une enquête était en cours, mais sans pouvoir avancer de bilan des victimes.

« Michel était en train de marcher au milieu de la foule immense (…) quand une fusillade à l’arme automatique a été déclenchée contre le cortège« , a déclaré l’épouse de Martelly, Sophia, au journal Le Nouvelliste.

Antonio Sola, collaborateur de « Sweet Micky » Martelly, a déclaré à Reuters que le candidat, qui n’a pas été blessé, avait été conduit en toute hâte jusqu’à sa voiture blindée où il a revêtu un gilet pare-balles.

Le candidat, vedette de la musique de danse Kompa, est l’un des 19 candidats à la présidence. Plusieurs ont des chances de l’emporter mais aucun ne semble en mesure d’atteindre les 50% nécessaires pour être élu dès le premier tour, ce qui laisse présager qu’un second tour sera nécessaire, le 16 janvier.

Pascal Fletcher, Philippe Bas-Rabérin pour le service français

 

Haïti – Épidémie :

 Fidel Castro annonce l’envoi de renforts médicaux
HAITI LIBRE – 27/11/2010 13:09:06

Haïti - Épidémie : Fidel Castro annonce l’envoi de renforts médicauxL’ex président Fidel Castro, a annoncé que Cuba va augmenter ses ressources humaines médicales déjà présentent en Haïti, afin de lutter contre l’épidémie de choléra, qui a déjà fait près de 2,000 victimes.
« Aujourd’hui la décision a été prise par le Parti et le Gouvernement de renforcer la Brigade Médicale Cubaine en Haïti avec 300 médecins, infirmières et techniciens de la santé supplémentaires, portant à plus de 1,200 nos effectifs » a déclaré Castro dans une réflexion publiée samedi dans la presse cubaine.
L’épidémie de choléra pourrait toucher plus de 400,000 personnes, selon les Nations Unies.
Castro a déclaré « il est important d’éviter que l’épidémie s’étende à d’autres pays d’Amérique Latine et des Caraïbes, parce que, dans les circonstances actuelles, cela causerait un dommage extraordinaire aux nations de cet hémisphère »
« Il importe de chercher des solutions efficaces et rapides pour lutter contre cette épidémie » a-t-il ajouté.

 

Haïti – Épidémie :

 Frontière fermée, important dispositif militaire dominicain
HAITI LIBRE – 27/11/2010 12:38:21

Haïti - Épidémie : Frontière fermée, important dispositif militaire dominicainL’épidémie de choléra en Haïti, ne cesse de se propager. Les ressources médicales insuffisantes sur le terrain ne sont pas en mesure de contrôler la maladie. Face à cette situation alarmante, la République Dominicaine, qui a décidé de déployer d’important moyens militaires à ses frontières. « Avec le choléra l’on ne peut pas jouer, ni négliger les risques en dépit de toutes les mesures de contrôle des maladies, nous ne sommes pas entièrement blindé face à cette menace » à déclaré un fonctionnaire du gouvernement.
Alors que seulement 4 cas de choléra, ont été confirmés et soignés ces derniers jours, en République dominicaine (sans aucun décès), les autorités ont décidé de fermer la frontière avec Haïti où cette maladie a déjà fait plus de 2,000 morts.
Le Major Général Carlos Alberto Rivera Portes, le Chef de l’armée dominicaine, a déclaré que le renforcement et la fermeture de la frontière pour une durée indéterminée, répondaient aux dispositions adoptées lors d’une réunion qui s’est tenue mercredi dernier, au Palais National, sous la direction du Président de la République Dominicaine Leonel Fernández ou assistaient, entre autres, les ministres : de la Santé publique, des Forces Armées et les directeurs des Cesfront, migrations et autres institutions.
« Nous devons appliquer la décision du gouvernement, renforcer ou fermer les points les plus vulnérables de la frontière, où peuvent s’infiltrer des haïtiens ou autres étrangers, sains ou malades, nous allons suspendre au besoin, les marchés binationaux, même si cela signifie des pertes économiques importantes pour les deux pays » à fait savoir le chef de l’armée.
Rivera Portes, est arrivé à Dajabón dans la nuit de jeudi à la tête d’un imposant convoi militaire. Un cordon militaire, formé par plus de 1,500 membres de l’armée et des centaines de professionnels et de travailleurs de la santé publique a été déployés dans les zones les plus vulnérables de la frontière avec Haïti pour éviter la propagation du choléra. Ce dispositif pourrait être renforcé au besoin.
Les soldats patrouillent la frontière et sont chargés de différents territoires, depuis Pepillo Salcedo jusqu’à Pedernales en attendant un renfort de 500 hommes supplémentaire pour mettre un terme définitif au trafic illégal de personnes à travers la frontière.
Jeudi matin des dizaines d’haïtiens qui ont essayé de traverser la frontière, ont été capturés par les soldats qui gardaient les sentiers et les routes dans les zones boisées et montagneuse, entre les provinces d’Elias Piña et Dajabón.
Dans plusieurs endroits, a précisé le Major Général, les soldats ont pourchassés et appréhendés des haïtiens qui tentaient de rejoindre Santiago en passant à travers les bois et les fermes de la frontière entre Dajabón et Elías Piña.
L’armée, accompagnée d’agents de l’immigration, effectuent également des contrôles aléatoires dans différentes villes proches de la frontière, et expulsent les personnes sans documents ou les soumettent à des examens médicaux dans les centres désignés par le ministère de la Santé publique.
Les arrestations d’haïtiens en situation irrégulière et la saisie de véhicules utilisés par des dominicains et des haïtiens pour le trafic de personnes, ont considérablement augmenté ces dernières heures, depuis l’intensification des contrôles militaires.
Plusieurs dominicains ont été arrêtés et présentés à la justice.
Le commandant de la troisième brigade, le général Jesus Gomez Frias Milton a précisé que toutes les routes sont surveillés, et que des contrôles aléatoires sont effectués dans les petites collectivités et les zones agricoles afin de détecter les immigrants clandestins.
La Marine de guerre dominicaine patrouille 24/24 dans les baies de Manzanillo à Cabo Rojo pour empêcher l’entrée illégale de personnes par voie maritime.
Le gouvernement haïtien, quant à lui, s’apprête à fermer sa frontière aujourd’hui avec la République dominicaine voisine, 24 heures avant le scrutin. Du côté haïtien, les effectifs militaire de la Minustah, chargés de la surveillance aux frontières, ont été doublés en prévision des troubles pouvant survenir avant, pendant et après les élections de dimanche.

 

Haïti – Séisme :

 Nouvelle station de surveillance sismique
HAITI LIBRE – 27/11/2010 08:52:42

Haïti - Géologie : Nouvelle station de surveillance sismiqueLe gouvernement des Etats-Unis, à travers l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID), a aidé à renforcer la capacité du gouvernement d’Haiti à détecter les mouvements sismiques en lui fournissant une station de surveillance composée de cinq sismomètres.
La station de surveillance sismique va contrôler les régions de Port-au-Prince et du Nord, mais un système plus élargi pourrait également couvrir d’autres régions dans le futur. Cet équipement va remplacer l’équipement de surveillance temporaire, que le gouvernement américain avait fourni après le séisme de janvier dernier. Le Bureau de Mines et de l’Énergie recevra également une formation sur les techniques d’utilisation et une assistance logistique pour améliorer la surveillance sismique.
« Au lieu de communiquer les données sur les activités sismiques au gouvernement haïtien, nous lui offrons la capacité de pouvoir faire le travail lui-même», a déclaré Madame Carleene Dei, Directrice de l’USAID en Haiti « C’est ce que nous entendons quand nous parlons de supporter le plan du gouvernement d’Haiti à mieux reconstruire ».

 

Rien de tel que des élections pour changer le mal de place en Haïti

par: Pierre Emmanuel / 27 novembre 2010, 08:14

Dans son ouvrage de littérature haïtienne, Frère Rafaël Berrou invite ceux qui ne connaissent pas Haïti à découvrir un trait particulier de son histoire souvent tragique, où se retrouvent «les rires et les pleurs ainsi que les espoirs d’un peuple sympathique qui chante et danse dans sa misère». Cette phrase tourne en boucle dans ma tête, comme ces images de populations en liesse qu’on voit à la télévision, à l’occasion des dernières journées de la campagne électorale.
Pas plus tard que mardi, j’écrivais dans ces colonnes qu’après les échaufourrées avec les casques bleus, les gens étaient revenus à leur préoccupation première, à savoir l’extension du choléra. Pourtant en quarante-huit heures la priorité est devenue la question électorale. Du moins en apparence.
Malgré certaines réticences, l’impression générale est que tout le monde a embarqué dans la dynamique électorale. En plein coeur des zones catastrophées le 12 janvier, les deux poursuivants de Mirlande Manigat dans les sondages ont fait de véritables démonstrations de force. Jude Célestin avait un hélicoptère et des avions qui déployaient des banderoles aux couleurs de son parti dans le ciel de Port-au-Prince, alors que Michel Martelly animait un véritable parcours de carnaval, de Pétion-ville au Champ de mars, où se trouve l’immense camp de sinistrés.
Les deux envoyés spéciaux de CPAM à Port-au-Prince me racontaient encore hier matin, combien les files d’attente devant les bureaux d’identification étaient interminables. Malgré le fait que 63 unités mobiles aient été créées en plus des 140 bureaux d’enregistrement. Ils ont aussi rapporté l’inquiétude grandissante sur l’existence de faux procès-verbaux et de faux bulletins de vote. Bien pire encore, l’existence de deux listes électorales qui auraient un écart de plus de 71 000 inscrits.
Au moment d’écrire ces lignes, le pays vit les derniers moments d’une campagne électorale relativement mouvementée. La grande mobilisation s’étant concentrée à Port-au-Prince qui représente près de 40% de l’électorat et détermine généralement le gagnant des présidentielles.
Après un séisme, des ouragans à répétition et une épidémie de choléra en pleine extension, le peuple haïtien s ‘est offert ces dernières quarante-huit heures un moment de répit. Une sorte de thérapie collective. Mais, dites vous que les foules en liesse de la campagne ne garantissent pas pour autant une forte participation populaire à ces élections.

 

Londres finance du personnel médical contre le choléra en Haïti

AFP / 27 novembre 2010 13h52

LONDRES – La Grande-Bretagne va financer la mobilisation d’un millier de médecins et d’infirmières pour lutter contre l’épidémie de choléra en Haïti et éviter la propagation de la maladie dans la région, a annoncé samedi le ministère du Développement international.

« Le gouvernement va financer 115 médecins, 920 infirmières et 740 aassistants de la région afin de mettre en place 12 grands centres de traitement contre le choléra et 60 filiales », a indiqué le ministère.

Ces moyens devraient permettre de traiter plusieurs milliers de victimes du choléra au cours des deux prochains mois via un financement de 2 millions de livres à l’Organisation panaméricaine de la santé, précise-t-il dans un communiqué.

Plus de 1.400 personnes ont déjà succombé à la maladie dans le pays et l’ONU a estimé que jusqu’à 400.000 personnes pourraient être infectées par le choléra dans les six prochains mois.

« Malgré des promesses d’aide importantes pour venir en aide à Haïti, il y a des lacunes dangereuse dans la fourniture de matériel médical d’urgence et un manque dramatique de personnel médical, notamment dans le nord du pays », a souligné le ministre au Développement international, Andrew Mitchell.

La Grande-Bretagne va également financer des équipements médicaux, sanitaires et faciliter l’accès à l’eau pour la population via des financements versés à plusieurs ONG.

Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’Onu a déploré cette semaine la lenteur de la réaction des donateurs et précisé n’avoir reçu que 19,4 millions de dollars sur l’appel de fonds de 164 millions réclamé pour faire face à l’épidémie de choléra en Haïti.

 

Le mystère de Jude Célestin

De tous les candidats à l'élection présidentielle haïtienne,... (Photo: AP)

De tous les candidats à l’élection présidentielle haïtienne, Michel Martelly est celui qui soulève l’engouement le plus enthousiaste. Pourtant, selon les sondages, il n’obtiendrait demain que 14% des intentions de vote et il est peu probable qu’il passe au second tour. Photo: AP

Agnès Gruda / La Presse / 27 novembre 2010

Jeudi midi, à Pétion-ville, le quartier huppé de Port-au-Prince, des partisans du chanteur Michel Martelly se pressent autour du candidat à la présidence dans un brouhaha étourdissant. Certains ont transformé son affiche rose en chapeau, d’autres en cravate.

«Martelly? Wow! Il a beaucoup de rêves pour les jeunes, il peut corriger le désordre créé par les élites», s’exclame un jeune homme.

Appelés à se joindre à une «marche de libération», les partisans de «Sweet Micky» descendent vers le Champ-de-Mars où se tiendra le grand rassemblement pro-Martelly.

En Haïti, toute manifestation se fait au pas de course. Des groupes passent en courant, par vagues, sous le soleil brûlant. Les commerçants qui bordent la route lèvent le pouce sur leur passage. «Il va changer les choses, il y aura de quoi manger, des routes, des hôpitaux, des écoles, des universités!», se réjouit Sabrina Saint-Louis, esthéticienne au salon de beauté Studio Modena.

À l’autre bout de la ville, au Carrefour Aéroport, les partisans de Jude Célestin, qui a l’appui du président sortant René Préval, sont rassemblés eux aussi, en attendant leur candidat. Un avion fait pleuvoir des calendriers aux couleurs du candidat du régime. Sur la scène aménagée au milieu de la place, les haut-parleurs crachent une chanson vaudou. La foule est clairsemée et des filles en t-shirt jaune et vert dansent de façon suggestive. Nadine, Barbara et Muscardy ont entre 16 et 19 ans. Depuis le tremblement de terre, elles vivent dans un camp de déplacés.

«Si nous sommes là, c’est parce qu’on nous a donné ces t-shirts», dit Barbara en toute candeur. «On est ici pour s’amuser, pas pour Célestin. Moi, je préfère Michel Martelly…»

Quand Jude Célestin finit par rejoindre ses troupes, avec trois heures de retard, il promet des routes, des emplois. Un discours de moins de 10 minutes, puis il s’en va. Michel Martelly, lui, tient son auditoire en haleine avec des blagues, des imitations et une charge à fond de train contre l’establishment politique haïtien.

Le contraste entre ces deux événements en dit long sur cette campagne électorale qui s’achève aujourd’hui, alors que plus de quatre millions d’Haïtiens s’apprêtent à élire leur prochain président.

De tous les candidats, Michel Martelly est celui qui soulève l’engouement le plus enthousiaste. Et les fans de Jude Célestin ne courent vraiment pas les rues.

Encore hier, alors que Jude Célestin clôturait sa campagne électorale dans le quartier Carrefour, une passante qui tenait une de ses affiches nous a dit: «Je ne vais pas vous mentir, moi c’est Martelly.»

Dans les camps de déplacés, dans les quartiers populaires ou à l’université, le nom de Jude Célestin suscite des sourires ironiques. Et c’est sans grand enthousiasme que ses supporters affirment qu’une fois président, leur candidat apportera «du changement» et des emplois.

Inconnu il y a six mois, le poulain du président Préval se classe pourtant deuxième, derrière la favorite Mirlande Manigat, à qui le plus récent sondage accorde 36% des intentions de vote, contre 20% à Jude Célestin et 14% à Michel Martelly.

Jude Célestin a donc de bonnes chances de survivre au premier tour du scrutin de demain. Et même de remporter le second tour, le 16 janvier, au hasard des ralliements des candidats défaits. Et des tours de passe-passe électoraux qui, comme on s’y attend, risquent d’influer sur le résultat du vote.

L’ingénieur Don Juan

À 48 ans, Jude Célestin a une image sulfureuse. On lui attribue un passé de playboy, qui aurait eu 13 enfants de huit femmes différentes, et qui serait le concubin de la propre fille de René Préval.

«Nous n’avons jamais pu confirmer ces rumeurs», dit le rédacteur en chef du journal Le Nouvelliste, Frantz Duval.

Sur le plan professionnel, Jude Célestin s’est fait connaître en dirigeant le Centre national des équipements, une agence responsable de la construction de routes à laquelle on reproche quelques accrocs aux règles d’attribution de contrats.

Jude Célestin se présente comme un ingénieur qui a obtenu son diplôme de l’École polytechnique fédérale de Lausanne. Mais le journal suisse 24 heures n’a trouvé aucune trace de son passage dans les registres de cette institution.

Le candidat du parti INITE (Unité, en créole) fuit littéralement les médias. Il a refusé systématiquement toutes les demandes d’entrevues. En revanche, son portrait est omniprésent. D’immenses panneaux publicitaires à son effigie surplombent la capitale. Et son avion tourne de façon insistante au-dessus de la capitale.

«Les gens ne connaissent toujours pas vraiment ses idées, mais ils connaissent sa photo», résume Frantz Duval.

 

L’UNICEF a un besoin urgent d’infirmières et d’infirmiers francophones autorisés pour lutter contre l’épidémie de choléra en Haïti

MONTRÉAL, le 27 nov. /CNW Telbec/ – UNICEF Canada adresse une demande urgente de personnel infirmier autorisé francophone dans l’ensemble du Canada pour se rendre immédiatement en Haïti afin de travailler auprès du personnel de l’UNICEF sur place, qui lutte déjà contre l’épidémie de choléra. Dans cette situation de crise, les enfants, qui représentent plus de la moitié de la population du pays, sont les plus vulnérables.

L’UNICEF expédie actuellement des fournitures additionnelles et déploie davantage de personnel sur le terrain, mais le manque de partenaires et de ressources humaines, notamment de personnel médical dans un système de santé débordé, constitue un obstacle sérieux aux efforts déployés pour endiguer l’épidémie et réduire la mortalité.

UNICEF Canada communique directement avec la communauté médicale canadienne pour obtenir son aide et continue de recueillir des précisions auprès d’UNICEF Haïti concernant les besoins spécifiques.

Pour obtenir de plus amples renseignements, les infirmières et infirmiers autorisés qui souhaitent travailler en Haïti doivent consulter le site www.unicef.ca.

 

Haïti : agir contre le choléra dès les premiers symptômes

Plusieurs semaines après la découverte du choléra en Artibonite, la maladie prend de l’ampleur. Les dix départements que compte Haïti sont aujourd’hui tous affectés. Le bureau de l’Unicef en Haïti met tout en œuvre pour prévenir la maladie.

UNICEF / Friday 26 November 2010

Haïti : agir contre le choléra dès les premiers symptômes

Dans les quartiers vulnérables, comme ici à Cité l’Eternel, les bonnes pratiques de l’hygiène sont affichées.

Avec près de 30000 cas de choléra déclarés dans les hôpitaux et 1603 décès recensés, d’après les autorités haïtiennes, l’épidémie de choléra est loin d’arriver à sa fin. Désormais, ce sont surtout les quartiers surpeuplés qui préoccupent les acteurs humanitaires.  La promiscuité, le manque d’eau potable multiplie les risques de propagation de la maladie au moment où  l’épidémie se répand comme une trainée de poudre à travers tout le pays . C’est notamment le cas à Port-au-Prince, la capitale. L’Unicef a déjà distribué des tentes pour dix centres de traitement du choléra autour de la ville et les approvisionne en sachets de sels de réhydratation . 

Dans le même temps, ces centres de traitement sont prêts à faire face à de nouveaux cas, comme le dispensaire de Gheskio. C’est là qu’a été pris en charge le fils de Fabiula Deballe. « Nous l’avons emmené ici en moto-taxi, on s’est immédiatement occupé de lui et le médecin m’a dit qu’il allait s’en sortir », raconte cette jeune maman soulagée. Actuellement, le dispensaire de Gheskio dispose d’une quarantaine de lits. Mais d’après le Docteur Margarethe Colepodre, cela ne va pas suffire : « De la façon dont  évolue  l a situation , je pense que nous  devons rapidement  augmenter le nombre de lits » s’inquiète t -elle.

La maladie peut être évitée et soignée

Le dispensaire jouxte la Cité l’Eternel, un des quartiers les plus pauvres de Port-au-Prince est doté de peu d’infrastructures et  quasiment pas  d’assainissement. Ici, les lieux souffrent d’une surpopulation évidente. Et depuis l’arrivée des sinistrés du 12 janvier, les installations se sont davantage dégradées. 

Face à cette situation, l’Unicef et ses partenaires ont apposé des affiches et diffusé par mégaphone des informations sur la prévention du choléra, dans les quartiers touchés. « La principale information est que le choléra est évitable et curable, » dit Mireille Tribie, chargée de Santé à l’Unicef. « Une fois que le malade a été diagnostiqué, le choléra est traité ». À présent, la plupart de la population de la Cité l’Éternel prend son eau à des points publics où l’Unicef et ses partenaires distribuent gratuitement des comprimés chlorés pour la purification de l’eau.

D’après certaines estimations, le pic de l’épidémie pourrait avoir lieu, au plus tard, à la fin du mois de décembre. Dans le même temps, certaines régions comme l’Artibonite, où l’épidémie s’était initialement déclarée, le nombre de nouveaux cas au quotidien a tendance à baisser ces jours-ci. Mais il faut rester très prudent avec ces estimations, car on ne peut pas savoir si le pic de l’épidémie aura lieu à une échelle localisée ou à une échelle nationale.

 

Haïti-Elections

Passe d’armes entre Manigat et le duo Martelly-Céant

Cible privilégiée de ses deux rivaux, la candidate du RDNP les accuse de véhiculer de fausses rumeurs sur une prétendue « alliance » avec Préval

Radio Kiskeya / vendredi 26 novembre 2010

Deux des principaux candidats aux présidentielles de dimanche, Mirlande Hyppolite Manigat (RDNP) et Michel Martelly (Repons Peyizan) ont croisé l’épée à distance vendredi, la première rejetant catégoriquement des accusations personnelles du second auxquelles a été également associé un troisième concurrent, Jean Henry Céant (Renmen Ayiti).

« J’accuse deux candidats à la présidence, Jean-Henry Céant et Michel Martelly, de véhiculer à mon sujet des rumeurs faisant croire que j’aurais reçu de l’argent du Président Préval », a lancé lors d’une conférence de presse Mirlande Manigat qui souligne que la prétendue somme est passée, en quelques jours, de 8 à 18 millions de dollars. Soit plus que la moitié du budget général des élections qui se chiffre à 29 millions.

« On ne devient pas immorale à 70 ans », a soutenu la dirigeante démocrate-chrétienne en parodiant une journaliste avant d’attribuer aussi à MM. Céant et Martelly (3e et 4e dans les intentions de vote) d’autres méchantes rumeurs sur un « accord secret » qu’elle aurait scellé avec l’actuel chef de l’Etat ou son poulain, Jude Célestin.

Un peu plus tôt dans la journée, Michel Martelly s’en était pris une fois de plus à Mme Manigat à qui elle reproche d’avoir « reçu de Préval un véhicule blindé et de l’argent » à l’issue d’une rencontre.

Tout en reconnaissant les qualifications académiques de sa rivale, une constitutionnaliste et universitaire qui fait autorité, le candidat de Repons Peyizan lui a rappelé qu’elle n’avait pas le « monopole du savoir ».

Me Jean Henry Céant a été le premier à déclencher la polémique en accusant la secrétaire générale du RDNP d’être la « candidate du pouvoir » et en affirmant qu’il n’y aurait pas de « nouvelle percée louverturienne tragique ». Allusion à l’élection controversée en 1988 de l’époux de la compétitrice, Leslie Manigat, à la suite du massacre des électeurs, lors de la première tentative d’élections démocratiques en Haïti, le 29 novembre 1987.

Mercredi, après avoir accusé sa rivale du RDNP de “complicité politique” avec René Préval, Michel Martelly s’était vu taxer, à son tour, “d’immoralité” pour les années de grivoiserie ayant marqué sa carrière artistique.

Le chanteur de Compas, devenu tout récemment leader politique sous la bannière de la plateforme Repons Peyizan, avait revendiqué la première place dans les enquêtes d’opinion et dénoncé une alliance entre le Président René Préval et Mme Manigat dont l’objectif serait un partage du pouvoir à partir de la création d’un “mouvement populaire”.

“Préval et Mme Manigat ne font que perdre leur temps, car, je vais gagner”, avait-il martelé sous les applaudissements nourris de plusieurs dizaines de partisans.

Un sondage réalisé par le gouvernement lui accorderait la victoire aux présidentielles, avait ajouté « Sweet Micky » en accusant le pouvoir de chercher à lui mettre des bâtons dans les roues.

Dans la foulée, le candidat, arrivé en troisième position derrière Mirlande Manigat et Jude Célestin dans la dernière enquête d’opinion du BRIDES publiée mercredi, avait rejeté sur le candidat officiel la responsabilité de “violences incontrôlées” enregistrées dans plusieurs points du pays, à la veille des élections.

Peu après la diffusion sur nos ondes de ces déclarations, le chef de campagne de Mme Manigat, Dr Gérard Evans Beaubrun, avait, dans une réplique cinglante, catégoriquement démenti les allégations de Martelly relatives au supposé “pacte secret” entre la responsable du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes et le Président sortant.

Reprenant une intervention faite la veille, M. Beaubrun avait dépeint René Préval comme le responsable par excellence du recul économique et social et de la désinstitutionnalisation ayant caractérisé la gestion du pays au cours de ces 20 dernières années. Comme alternative à ce modèle d’échec politique, il promet une gouvernance de “rupture” sous le leadership de Mme Manigat.

Le dirigeant du RDNP a aussi dénoncé les excentricités passées de M. Martelly, un homme qu’il qualifie “d’immoral” qui n’hésistait pas, jusqu’à tout récemment, à se montrer sur ses chars de carnaval en “jupe et petite culotte”.

Outre des attaques et accusations mutuelles de plus en plus fielleuses, les candidats les plus en vue ont préparé psychologiquement leurs partisans à revendiquer la victoire.

L’enjeu du scrutin de dimanche concerne non seulement la succession du Président Préval, mais aussi le renouvellement d’un tiers du Sénat (19 sièges) et de la Chambre basse (99 sièges).

L’ESSENTIEL DE L’ACTUALITE DU VENDREDI 26/11/10

26 Nov

Haïti – Élections :

 Poursuite de la distribution des Cartes d’Identification Nationale

HAITI LIBRE – 26/11/2010 17:28:25

Haïti - Élections : Poursuite de la distribution des Cartes d’Identification Nationale L’Office National d’Identification (ONI), avec le soutien Technique de l’Organisation des États Américains (OEA) et l’appui financier de l’Agence Canadienne de Développement International (ACDI), informe le public en général et surtout les potentiels électeurs que la campagne de distribution des Cartes d’Identification Nationale (CIN) se poursuit dans les 10 départements du pays ce vendredi 26 et samedi 27 novembre 2010, jusqu’à la fin de la journée.
En conséquence, l’ONI invite tous les électeurs qui n’ont pas encore retiré leur carte, de le faire dans tous les bureaux de l’ONI.
L’Office National d’Identification rappelle à la population que, selon la loi électorale, seulement les personnes ayant fait leurs nouvelles inscriptions avant le 28 septembre 2010, pourront voter. Les personnes qui ont fait leur demande après le 28 septembre 2010 recevront leurs CIN à une date ultérieure que l’ONI communiquera à la population.
Les personnes qui se sont présentées à un bureau de l’ONI pour faire leur demande de réimpression avant le 28 octobre, 2010, pourront également retirer leur carte.

 

Haïti-Présidentielle: « 500.000 » faux bulletins

Par Europe1.fr / Publié le 26 Novembre 2010 à 20h58

Mirlande Manigat, une des favoris de l’élection présidentielle haïtienne, a affirmé vendredi l’existence de quelque « 500.000 » faux bulletins de vote qui seront selon elle mis en circulation le jour du scrutin, dimanche, pour « favoriser le candidat du pouvoir« . « Je suis mise au courant que 500.000 bulletins (frauduleux) de vote sont stockés pour être utilisés dans 500 bureaux (de vote) à travers le pays le jour des élections pour favoriser le candidat du pouvoir« , Jude Célestin, proche du président sortant René Préval, a déclaré Mme Manigat.

 

Haïti – Élections :

 Michel Martelly, prévoit des fraudes et de la violence
HAITI LIBRE – 26/11/2010 13:53:49

Haïti - Élections : Michel Martelly, prévoit des fraudes et de la violenceMichel Martelly, l’un des 4 candidats vedettes de ces élections, ne se fait pas d’illusion « c’est certain, cette élection ne sera pas crédible. Il va y avoir des fraudes massives. Nous les prévoyons. Le résultat ne va sans doute pas être l’expression du vote populaire » a-t-il déclaré aujourd’hui.
« Si le peuple n’a pas la possibilité de faire entendre sa voix par le vote, il la fera connaître autrement, quel qu’en soit le moyen […] s’il doit faire la révolution pour se faire entendre, il le fera par la révolution » a-t-il ajouté.
Des propos qui s’ajoutent à ceux de Mirlande Manigat et d’autres candidats inquiets à moins de 48 heures du scrutin. Le seul candidat à ne pas manifester son inquiétude sur des fraudes ou de la violence c’est Jude Célestin du parti INITE… Allez donc savoir pourquoi…

 

Le choléra en Haïti a fait 1.648 morts, selon un nouveau bilan

AFP – 26/11/10

Des malades du choléra dans un hôpital en Haïti le 20 novembre 2010

PORT-AU-PRINCE — L’épidémie de choléra qui sévit en Haïti depuis la mi-octobre a fait 1.648 morts, selon un nouveau bilan publié vendredi par le ministère de la Santé, à deux jours des élections présidentielle et législatives.

Ce bilan, qui porte sur une période comprise entre le 20 octobre et le 24 novembre, fait état de 45 morts de plus que le précédent communiqué jeudi. Aucun nouveau décès n’est à signaler dans la capitale Port-au-Prince, où 146 personnes ont été tuées par la bactérie depuis le début de l’épidémie.

Le choléra a touché au total 72.017 personnes et entraîné 31.210 hospitalisations, soit 1.339 de plus que le précédent bilan.

Le département de l’Artibonite (nord), où s’est déclarée la maladie, reste le plus touché, avec environ la moitié des décès (754) et plus de 14.000 personnes hospitalisées.

Malgré le chaos provoqué par le choléra, les autorités ont refusé de reporter les élections présidentielle et législatives qui doivent avoir lieu dimanche.

L’épidémie a provoqué des violences la semaine dernière à l’encontre des Casques bleus de l’ONU, accusés par une partie de la population d’avoir importé la maladie et des manifestations ont fait six morts.

Tant les Nations unies que l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), branche de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), jugent que le cap des 200.000 cas pourrait être franchi dans trois mois.

 

Haïti – Élections :

 350,000 cartes de mandataires pour les partis politiques
HAITI LIBRE – 26/11/2010 11:58:17

Haïti - Élections : 350,000 cartes de mandataires pour les partis politiquesAu cours de la dernière réunion de la «Table sectorielle sur les élections » qui s’est tenue lundi 22 novembre, au Quartier Général de la Minustah à Port-au-Prince, Gaillot Dorsainvil, le président du Conseil Electoral Provisoire (CEP) a déclaré que les demandes de report du scrutin, formulées par certains acteurs politiques, ne vont pas dans le sens des intérêts de la Nation. « Reporter les élections consiste à donner le coup de grâce au pays »
On a appris aussi à cette réunion, qu’au Centre d’Opération Électorale (COE), le personnel travaille à la livraison des cartes de mandataires des partis politiques ainsi que des cartes d’accréditation aux journalistes et aux observateurs nationaux et internationaux. « D’ici samedi, nous délivrerons environ 40,000 accréditations aux membres de la Société Civile et aux Organisations Internationales ainsi que 350,000 cartes aux mandataires des partis politique », a indiqué Louiner Jean Marie, responsable du COE.
14 millions de bulletins de vote (matériel sensible), dont la fabrication a été confiée aux Imprimeries Deschamps, sont stockés dans 17 bases de la Minustah, sous bonne protection… qui se chargera de les acheminer dans les Centres de Vote, la veille du scrutin.
D’autre part, devant la crainte d’une faible participation, les responsables haïtiens, ont estimé cette semaine, que des élections avec un taux de participation de moins de 40 % ne seront pas crédibles.

 

Haïti – Élections :

 La grande magouille est prête pour dimanche
HAITI LIBRE – 26/11/2010 09:27:33

Haïti - Élections : La grande magouille est prête pour dimancheListe des électeurs trafiquées :
Personne ne s’y retrouve, plusieurs listes «officielles» d’électeurs existent avec des chiffres différents. L’ONI fait état de 4,565,000 électeurs inscrits, alors que le CEP avance le nombre de 4,694,961 soit un écart de 129,961 électeurs (+2.84%). Edmond mulet la semaine passée déclarait en conférence de presse que 4.174.112 Haïtiens était inscrits sur les listes électorales. Alors que sur le site de l’ONI le chiffre publié est de 4,712,693 et contredit ses déclarations…
La société civile indique dans son « rapport préliminaire d’observation électorale » que le CEP n’a pas toujours fait montre de transparence dans la préparation de la liste électorale nationale et des listes électorales partielles. Concernant la fiabilité de ces listes, les organisations formulent toutes leurs réserves sur la régularité de ces listes.
http://www.haitilibre.com/article-1737-haiti-elections-faits-alarmants-et-irregularites-constates.html
Citons de plus, la constitution par le CEP, d’une base de données spéciale mise en œuvre par les Centres d’Opération et de Vérification (COV) et l’acceptation sans justification, par le CEP, après la date règlementaire, d’une liste spéciale de trente-cinq mille (35,000) électeurs, communiquée par l’ONI…
Ginette Chérubin (conseillère électorale au CEP) a révélé l’existence de listes parallèles aux listes authentiques. Elle a déclaré que c’est une machination.
http://www.haitilibre.com/article-1720-haiti-elections-la-grande-magouille-d-inite-se-met-en-place.html
Déplacements et créations de bureaux de vote illégaux :
La création sans raison apparente, de nouveaux centres de vote situés en des endroits où ils seront facilement contrôlables par des dirigeants des partis politiques ou toutes autres personnalités qui auraient intérêt à frauder lors du scrutin et influencer ainsi, les résultats du vote et la mise à l’écart par le CEP de l’Office National d’Identification (ONI), dans le processus d’enregistrement des demandes de transfert d’un bureau de vote à un autre, qui normalement est de la compétence de l’ONI.
http://www.haitilibre.com/article-1737-haiti-elections-faits-alarmants-et-irregularites-constates.html
Zidor Fednel, l’ex Vice-délégué de l’arrondissement de Jacmel et coordonnateur départemental du parti MPH a dénoncé la violation des lois électorales, à moins de 15 jours du scrutin, de nouveaux bureaux de vote sont en train d’être installés de façon isolée… Relocalisation de certains bureaux à Jacmel « Tous ces bureaux de vote vont être placés à l’école Nationale de Bréman à environ 10 mètres de la résidence du sénateur Joseph Lambert, coordonnateur National de la Plateforme INITE où les électeurs ne seront pas en sécurité lors du déroulement des joutes, en raison du commando d’INITE [aux ordres du Sénateur Lambert], qui à déjà commencé à semer la terreur dans la ville. » http://www.haitilibre.com/article-1684-haiti-jacmel-les-partis-politiques-denoncent-les-malversations-d-inite-et-du-cep.html
Yves Rabel, coordonnateur de « Ansanm nou fò » du Sud-Est a dénoncé des irrégularités dans le processus électoral. Il a fait savoir que les bureau de vote sont passé de 545 à 621 illégalement.
Révocations et remplacement des superviseurs par des partisans d’INITE :
La Société Civile confirme qu’à quelques jours des élections, une opération absolument illégale de remplacement de superviseurs de centres de vote et de membres de bureaux de vote est en cours.
Yves Rabel, coordonnateur de « Ansanm nou fò » du Sud-Est a dénoncé que dans 228 bureaux de vote, 75 % des superviseurs électoraux avaient été révoqués sans motif. « Tous ces changements se font sans l’aval des partis politiques »
http://www.haitilibre.com/article-1684-haiti-jacmel-les-partis-politiques-denoncent-les-malversations-d-inite-et-du-cep.html
Impression de faux bulletins et procès verbaux :
Jeudi, Richard Dumel, le porte-parole du Conseil électoral provisoire (CEP) a indiqué que le CEP « est au courant » qu’il y avait « des faux bulletins et des faux procès-verbaux en circulation ». Mais, sans montrer de faux bulletin ni avancer de chiffres, il a ensuite largement nuancé ses propos en parlant de « rumeurs véhiculées pour hypothéquer le processus électoral ». En parlant de rumeur il se dit que ces faux auraient été imprimé à Miami.
Corruption des responsables de camps de réfugiés :
Le paiement des responsable de camps par le parti INITE a été dénoncé dans une vidéo d’Aljazeera. « Nous ne disons pas qu’il est un bon candidat [Jude Célestin]. Nous devons manger. Il est le seul qui a de l’argent maintenant. Nous avons besoin d’argent, voilà pourquoi.  Et non pas parce que nous l’aimons. Oui, il nous a donné de l’argent déjà. Il nous donnera encore plus d’argent.»
http://www.haitilibre.com/article-1716-haiti-elections-jude-celestin-president-tous-les-moyens-sont-bons.html
Magouille générale :
Philippe RJ Augustin directeur du registre électoral national, a exprimé à l’AFP ses craintes de magouilles et de fraude partout en Haïti.
Edmond Mulet, le chef de la mission de l’ONU en Haïti (Minustah) a reconnu en conférence de presse la semaine dernière qu’il y aurait « des dérapages et des magouilles »
Mirlande Manigat, candidate à la présidentielle dit se préparer à « des fraudes massives », avec des bureaux de vote « pas prévus » gérés par les partisans d’un candidat rival et des faux bulletins de vote « en extra »…
A ces faits, s’ajouteront les actes d’intimidations et de violences qui viendront sans aucun doute appuyer ces magouilles afin d’en assurer l’efficacité. Sans oublier comme à chaque élection, les traditionnelles fraude aux urnes, leurs destructions ou disparitions mystérieuses… Nous sommes loin des ces élections transparentes, honnêtes, inclusives et démocratiques, promises par les officiels de toutes origines, à une population qui voudrait tant y croire, mais qui ne se fait guère d’illusions.

 

Comprendre l’épidémie de choléra en Haïti

Par LEXPRESS.fr, publié le 26/11/2010 à 11:07

Comprendre l'épidémie de choléra en Haïti

Combustion des déchets dans le centre-ville de Port-au-Prince le 23 novembre 2010. L’épidémie en Haïti de choléra se propage plus rapidement que prévu et est susceptible d’entraîner des centaines de milliers de cas. Elle pourrait durer jusqu’à un an, selon un haut fonctionnaire des Nations Unies.  

REUTERS/Eduardo Munoz

L’épidémie de choléra a fait plus de 1500 victimes dans l’île. LEXPRESS.fr fait le point sur les causes et les développements de ce fléau.

Qu’est-ce que le choléra?

Le choléra est une infection entérique aiguë provoquée par l’ingestion d’une bactérie, le bacille Vibrio cholerae lors d’une contamination fécale des aliments ou de l’eau explique l’Organisation mondiale de la santé (OMS).  

La maladie qui se développe faute d’accès à une eau salubre, peut être aggravée par les catastrophes, qui détruisent les infrastructures. Rony Brauman, ancien président de Médecin sans frontières, interrogé par France Info, nuance cette donnée: une flambée épidémique a bien eu lieu au Pakistan après les inondations de l’été dernier, mais elle n’a pas été plus virulente que l’épidémie précédente qui n’avait pas coïncidé avec une catastrophe naturelle.  

D’où vient la maladie et où la trouve-t-on?

Le choléra s’est répandu au 19ème siècle, dans le monde entier à partir de son réservoir d’origine, dans le delta du Gange en Inde.  

Selon les estimations de l’OMS, il y a chaque année 3 à 5 millions de cas de choléra dans le monde, avec 100 000 à 120 000 décès. L’Afrique est le continent le plus touché. Le taux global de létalité est de 2,3%, pour l’année 2007, mais a atteint jusqu’à 35% parmi les groupes vulnérables résidant dans des zones à haut risque de choléra indique l’Institut Pasteur. Pour Rony Brauman, le choléra n’est cependant pas un fléau majeur comme le sont le sida, la tuberculose ou le padulisme. Le traitement est en effet simple à condition que les mesures thérapeutiques soient prises à temps. 

Combien de victimes en Haïti?

En Haïti, le choléra a fait plus de 1500 morts. Le nombre de cas pourrait doubler d’ici douze mois pour atteindre 400 000, selon le Dr Jon Andrus, directeur adjoint de l’OPS, émanation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 

Quels sont les symptômes?

Après une période d’incubation, qui va de deux heures à cinq jours, le malade est atteint de diarrhées aiguës qui peuvent entraîner la mort en quelques heures. Les pertes d’eau et d’électrolytes peuvent atteindre 15 litres par jour.  

Les personnes atteintes par le bacille ne développent pas toutes la maladie mais le vibrion, qui reste présent dans leurs selles pendant sept à 14 jours, éliminé dans l’environnement, peut infecter d’autres personnes. Une partie des malades n’est confrontée qu’à des symptômes bénins. Seules 20% des personnes touchées connaissent des diarrhées aqueuses sévères accompagnées de déshydratation.  

Comprendre l'épidémie de choléra en Haïti

REUTERS/ Eduardo Munoz

Pris en charge suffisamment tôt, la maladie peut être facilement traitée par réhydratation, orale dans les cas les plus simples ou en intraveineuse pour les cas sévères.  

Quels soins pour les malades?

Pris en charge suffisamment tôt, la maladie peut être facilement traitée par réhydratation, orale dans les cas les plus simples ou en intraveineuse pour les cas sévères. « Tout cholérique parvenu à temps dans un centre de traitement équipé doit en sortir guéri au 3e jour » indique le site Médecine tropicale.  

Quelle est la particularité de la flambée de choléra en Haïti?

L’apparition de la maladie a été confirmée le 22 octobre par le ministre haïtien de la Santé, qui a précisé qu’il s’agissait d’une souche « O1 » de choléra, le « type le plus dangereux ». La bactérie est similaire à des souches trouvées en Asie, ont indiqué des analyses de laboratoires publics américains, selon un communiqué publié le 1er novembre. La souche de la maladie a d’abord été localisée dans le département de l’Artibonite et dans le fleuve du même nom qui traverse la région, qui a connu un afflux de réfugiés, vivant dans des conditions d’hygiène précaires, après le séisme dévastateur du 12 janvier.  

Selon le docteur français Gérard Chevallier, qui travaille avec le professeur français Renaud Piarroux, épidémiologiste spécialiste du choléra, pour conseiller le ministère de la santé haïtien, « la mécanique épidémique est inhabituelle, rapide et sévère », et « comme toujours dans ce type d’épidémie », les bilans des autorités haïtiennes sont « sous-évalués ». « Les notifications sont imparfaites, il y a des zones où des personnes meurent et personne ne le sait » affirme-t-il en précisant que les « deux tiers du territoire ne sont accessibles qu’à pied ». 

La vaccination peut-elle être une solution?

Son utilisation n’est pas recommandée par l’OMS en cas de flambée de choléra en raison de la complexité de son emploi et de son coût. Il faut en effet administrer deux doses à 15 jours d’intervalle, ce qui n’apporte qu’une protection différée. Une campagne de vaccination en Haïti nécessiterait d’importantes infrastructures et « trois fois 12 millions de doses » explique Gérard Chevallier. « Cela prendrait des mois avant d’avoir des résultats et retarderait la réponse sanitaire » précise-t-il. 

Comprendre l'épidémie de choléra en Haïti

REUTERS/Allison Shelley

Plusieurs centaines de jeunes ont pris pour cible des soldats de l’ONU dans le centre de Port-au-Prince, les accusant d’être à l’origine de l’épidémie.  

Pourquoi la population s’en est-elle prise aux forces de l’ONU?

Depuis le 16 novembre, des affrontements ont éclaté après la mise en cause des Casques bleus, accusés de propager le choléra. La petite ville de Mirebalais qui abrite une base de Casques bleus népalais aurait été une des premières touchées par la bactérie du choléra, fléau inconnu jusqu’alors dans le pays. En outre, le type choléra qui vient de se développer est de la même souche que celle qui sévissait au Népal il y a quelques mois.  

Les latrines de la base étaient à proximité d’un affluent de l’Artibonite, et la majorité des premiers malades recensés vit en aval du fleuve. Selon un scénario juge crédible par les initiés, la responsabilité incomberait pour l’essentiel à l’entreprise chargée de vidanger les fosses septiques de la base népalaise. Ses agents ont pu, si l’on en croit cette thèse, déverser dans la rivière Artibonite des déjections infectées. Mais un épidémiologiste interrogé par L’Express, la traçabilité du vibrion est aléatoire. Il peut avoir voyagé depuis des décennies, frappant l’Amérique latine ou l’Afrique avant d’accoster dans les Caraïbes (Lire La colère et le choléra). mais c’est surtout la mécanisme du bouc émissaire qui à l’oeuvre dans ce pays frappé de tant de malheurs

 

LIBERATION – 26/11/2010 à 15h27

Haïti: Jude Célestin, candidat du pouvoir et outsider de la présidentielle

A trois jours du scrutin, le poulain de l’actuel président René Préval, en retard dans les sondages, donne un dernier coup de collier à sa campagne.

Par FABRICE ROUSSELOT

Des supporteurs du candidat Jude Célestin, le 25 novembre 2010 à Port-au-Prince.

Des supporteurs du candidat Jude Célestin, le 25 novembre 2010 à Port-au-Prince.

AFP / Thony Belizaire /

Les deux avions passent et repassent dans le ciel de Port-au-Prince et lâchent leurs nuages de tracts. Les gamins courent dans tous les sens et s’arrachent les morceaux de papier jaune et vert marqués du numéro 10. Le message est assez simple: «Jude Célestin prezidan». Tout autour, la foule a commencé à se rassembler à l’intersection de la route de Delmas et de l’avenue Martin Luther King.

Le candidat du pouvoir, choisi par le président René Préval, a installé un immense podium qui bouche toute la circulation. «C’est lui le meilleur, c’est lui qui va gagner», hurle une jeune fille en transe qui se déchanche au son du kompa, la musique traditionnelle haïtienne. Ce qui est sûr, c’est que Jude Celestin a décidé de mettre le paquet dans les dernières heures de la campagne présidentielle.

Loin derrière la favorite, Mirlande Manigat

Personne ne s’attendait à voir cet ingénieur bâtisseur de routes sans expérience politique arpenter le pays pour prendre la tête de l’Etat. Mais à la surprise générale, l’actuel Président René Préval, qui ne pouvait plus se présenter après ses deux mandats, en a fait son poulain officiel. Peut-être, disent certains Haïtiens, parce que Célestin est le fiancé de sa fille. Une façon de garder éventuellement la main sur le pouvoir, alors que Préval a déjà laissé entendre qu’il  serait intéressé par un éventuel poste de Premier ministre, «à la Poutine».

L’appui de Préval semble pourtant avoir été un handicap pour le candidat Célestin. Depuis des mois, surtout après le tremblement de terre du 12 janvier, le Président est vivement critiqué pour son incompétence et son incapacité à gérer la crise. Préval a été également surpris par l’épidémie de choléra, et a mis plusieurs jours à réagir.

Du coup, Jude Célestin est à plus de huit points dans les sondages, loin derrière la favorite, Mirlande Manigat. Dans un pays toutefois où la fraude est partie intégrante de la vie politique, Célestin, qui refuse de parler à la presse, pourrait bien se retrouver au second tour. Et tous les scénarios politiques sont ouverts.

«Les numéros 10 sont les meilleurs!»

Célestin n’a pas de programme particulier mais promet à chacun de ses meetings de «continuer à aider le pays sur tous les fronts». Pendant trois heures, ils sont des milliers à danser et à chanter. Sur le podium, un homme part dans les comparaisons footballistiques et assure  que «c’est bien pour le numéro 10 (il y a dix-huit candidats) qu’il faut voter». «Vous les connaissez les numéros 10, ce sont les meilleurs, lâche-t-il, il y a Maradona, il y a Messi». A l’évidence, le candidat n’a pas choisi les couleurs jaune et verte de l’équipe nationale brésilienne au hasard…

Vers cinq heures et demie, Jude Célestin monte enfin sur le podium. Plus de trois heures après le début du meeting. Il ne parlera pas plus  de dix minutes. Un discours qui n’en est pas un, juste des promesses sur le choléra, l’économie et le retour de l’emploi.

 

Une odeur de fraude règne en Haïti

Une femme marche devant une affiche de Jude... (Photo: Reuters)

Une femme marche devant une affiche de Jude Célestin, à Port-au-Prince.

Photo: Reuters

Agnès Gruda, envoyée spéciale
La Presse / 26 novembre 2010

(Haïti) À la sortie du bureau de Nawoon Marcellus, candidat au Sénat pour le parti INITE du président sortant René Préval, des femmes jouent les groupies en scandant «Chico,Chico!»

Leur joie exubérante tranche avec les mines patibulaires de la vingtaine d’hommes qui ont assisté à notre rencontre avec un des politiciens les plus en vue au Cap-Haïtien, deuxième ville du pays.

«Il va nous sauver, il va nous rendre riches», crie une des femmes, Yvenie, en frappant dans ses mains. Une de ses compagnes ouvre son sac à main, à l’intérieur duquel nous avons la surprise d’apercevoir une bonne cinquantaine de cartes d’identité indispensables pour aller voter le 28 novembre.

«Nous sommes une association de femmes et tous ces gens sont avec nous!» affirme fièrement la propriétaire du sac, qui ne semble pas consciente du fait que son butin n’est pas tout à fait régulier.

Nawoon Marcellus, un bel homme au sourire à faire craquer le coeur des filles, nous a reçus dans une pièce de la maison familiale qui lui sert de bureau électoral, au centre de la ville. «C’est à l’État et non aux ONG qu’appartient la responsabilité de venir en aide au peuple, notre pays souffre d’une faible structure économique et sociale», a-t-il plaidé avec éloquence.

Mais au-delà de ses beaux discours, cet ancien maire et député est aussi une sorte de roi du département du Nord. Il a ses influences partout. Comme le résume Yvenie, sur un ton admiratif: «Quand on est malade, il nous fait conduire à l’hôpital, quand quelqu’un meurt, il s’occupe des funérailles, et quand quelqu’un est en prison, il s’arrange pour le faire sortir.»

Il faut dire que Nawoon Marcellus a un lourd passé. Selon le Réseau national de défense des droits humains, il s’est fait révoquer son visa américain à cause de soupçons de trafic de drogue. Le même organisme lui reproche d’avoir été mêlé à des actes de vandalisme contre une station de radio, il y a cinq ans.

Un personnage haut en couleur, donc. Mais revenons à ce sac bourré de cartes d’identité. Au cours des derniers jours, nous avons demandé à une bonne dizaine de personnes comment on pouvait interpréter le fait que des partisans d’un candidat se baladent avec des tas de cartes d’identité entre les mains. Tous évoquent un scénario similaire, qui fonctionnerait grosso modo comme suit: certains candidats envoient des émissaires dans les quartiers populaires pour recueillir les cartes électorales, en échange de ce que l’on appelle ici des «avantages». Un peu d’argent. De la nourriture. Des promesses d’aide. Les besoins des électeurs sont sans fond.

Oui, mais pourquoi recueillir les cartes? «Pour empêcher ces gens d’aller voter, ou pour faire voter quelqu’un à leur place», résume le journaliste Cyrus Sibert, du Cap-Haïtien.

Pluie de critiques

Le trafic de cartes? «Oui, j’en ai entendu parler, il y a des rumeurs à ce sujet», reconnaît Jean François Alexis, responsable des communications à l’Office national d’identification (ONI), qui délivre les fameuses cartes, quand on lui parle de notre découverte.

«Vous avez VRAIMENT vu ça? Ah bon… Pourtant la carte, c’est la responsabilité de chaque citoyen», dit-il, stupéfait.

Jean François Alexis ne croit pas qu’il soit facile de faire voter quelqu’un avec une carte qui n’est pas la sienne. Après tout, les cartes d’identité comportent une photo. Et puis, les électeurs qui ont voté doivent tremper leur pouce dans de l’encre. Impossible de voter une deuxième fois.

Encore faut-il que le personnel des bureaux électoraux soit vigilant. Or, au cours des derniers jours, la Commission électorale provisoire, qui supervise le processus électoral, a été la cible d’une tempête de critiques.

Les reproches viennent de partout: le Sud, le Nord, le Plateau central. Dans plusieurs bureaux de scrutin, la Commission aurait modifié les listes de superviseurs, de manière à écarter les représentants des partis de l’opposition et à favoriser les gens proches du régime.

Un exemple: à Miragoâne, au sud-est de Port-au-Prince, des allégations de manipulation des listes de superviseurs ont causé un début d’émeutes, lundi matin. Des hommes ont brûlé des pneus et érigé des barricades pour protester contre la composition du personnel dans quelques bureaux de vote.

Les voix critiques ne viennent pas uniquement de l’extérieur. Dans un coup de théâtre survenu cette semaine, une des membres du Conseil électoral provisoire, Ginette Chérubin, a accusé sa propre organisation d’être à l’origine du traficotage de listes. Elle a eu la surprise de s’apercevoir que la liste définitive de superviseurs pour la région du sud-est du pays ne correspondait pas du tout à celle qu’elle avait déjà en sa possession.

«Je suis choquée», a dit Ginette Chérubin dans une déclaration à la radio. Selon elle, la nouvelle liste émane de la Commission électorale elle-même, un organisme qui s’est souvent fait accuser de marcher main dans la main avec le pouvoir.

«Nous favorisons les critères de performance, d’ancienneté et de proximité du bureau de vote», explique le porte-parole de la Commission électorale, Richardson Dumel, quand on lui demande de commenter les allégations de fraude.

Selon lui, les superviseurs sont choisis parmi ceux qui ont exercé ce rôle lors d’élections précédentes. Quant à ceux qui ont été écartés, ils avaient des «rapports disciplinaires défavorables», assure-t-il. Ce qui ne l’empêche pas d’admettre qu’il y a «de faux bulletins et de faux procès verbaux en circulation». Où? Combien? Il ne le sait pas.

Le directeur du registre national, Philippe Augustin, est plus précis: il s’attend à ce qu’il y ait «de la fraude partout», selon une déclaration faite cette semaine.

La fraude électorale est endémique en Haïti. «Chez nous, c’est surtout lors du décompte des votes que cela se passe», explique Frantz Duval, rédacteur en chef du principal quotidien de Port-au-Prince, Le Nouvelliste. D’où l’importance de contrôler le personnel électoral.

Chaque jour apporte son lot de nouvelles troublantes. Mardi, la radio Kiskeya révélait l’existence de deux listes électorales. L’une émane de l’Office d’identification nationale, l’autre du Conseil électoral provisoire. La seconde compterait 71 039 électeurs de plus que la première. D’où vient cet écart? Mystère.

Élection ou sélection?

Tous ces incidents n’empêchent pas le chef de la mission de l’ONU en Haïti, Edmond Mulet, d’assurer que tout se passe très bien. «Le climat est apaisé, tranquille, serein et sans violence dans les circonstances haïtiennes», a-t-il assuré en conférence de presse hier.

Pourtant, dans la rue, cet optimisme est inexistant. Et les soupçons de fraude font monter la tension, à la veille d’un vote où le régime du président René Préval se sent menacé. Ils alimentent aussi le scepticisme des électeurs, qui sont nombreux à résumer le processus électoral par un seul mot: magouille.

«Notre pays est entre les mains de gens immoraux», dénonce Jean Pierre Frécher, organisateur communautaire dans le quartier Carrefour Feuilles, un des plus ravagés par le séisme du 12 janvier.

«Beaucoup d’argent est gaspillé pour que Jude Célestin (le candidat appuyé par le régime) gagne les élections, et pendant ce temps, la population n’a rien», déplore-t-il.

Mêmes commentaires à la «Faculté libre», une petite place aménagée sous un arbre d’acajou, en plein camp de déplacés du Champ-de-Mars, où des hommes ont l’habitude de se rassembler pour discuter. Le jour de notre passage, le scrutin de dimanche ne leur inspirait rien de bon: «Les élections, c’est une perte de temps, de la magouille.»

À la faculté des sciences humaines de l’Université d’État d’Haïti, les étudiants sont tout aussi désabusés. «La politique traditionnelle est totalement corrompue», dénonce l’un d’entre eux.

Pour résumer les choses, Jean Pierre Frécher lance une phrase que l’on entend beaucoup ces jours-ci en Haïti: «Ce n’est pas une élection, mais une sélection!

 

Haïti: trois heures de fête et 10 minutes de discours au meeting de Célestin

AFP / 26 novembre 2010 03h38 / PORT-AU-PRINCE – Trois heures et demie de chanson, de danse, de fête, d’alcool. Et dix minutes de discours politique. Jude Célestin, le candidat du pouvoir, tenait jeudi un meeting à Port-au-Prince devant des dizaines de milliers d’Haïtiens, à trois jours de l’élection présidentielle.

L’ingénieur placé à la tête de l’organisme chargé de la reconstruction du pays après le séisme du 12 janvier, a été choisi par le président sortant, René Préval, pour défendre les couleurs d’Inite (Unité). Il est, avec l’ex-Première dame d’Haïti Mirlande Manigat, l’un des favoris du scrutin de dimanche.

L’estrade en bois est installée à « Carrefour aéroport », un grand croisement de la capitale. Dessus, un DJ, un orchestre et deux animateurs qui alpaguent la foule. Devant, des milliers de partisans chauffés à blancs, dont beaucoup arborent un tee-shirt aux couleurs jaune et verte du parti Inite.

Certains tiennent un petit verre en plastique rempli de Tafia, l’alcool local. Il y a des odeurs de marijuana. On s’empoigne pour monter à la tribune. Dans le ciel, un hélicoptère jaune et vert d’Inite fait des ronds dans l’air. La sono crache des rythmes sacadés à tout berzingue. Des filles dansent.

Petites lunettes et polo vert, Bej Danda, un fonctionnaire de 31 ans, regarde la foule grossir. « Jude Célestin est un ingénieur. Ca va nous faire du bien. Il construit des routes dans tout le pays. Des routes, des écoles, c’est ça qui va sauver Haïti », dit-il d’un ton posé qui contraste avec la ferveur.

Sur scène, le chanteur star Fredo, chauffe la foule. Entre deux morceaux, les animateurs prennent la parole. « Il ne va pas y avoir de coup d’Etat cette fois, le peuple va voter n°10 », dit l’un d’eux en faisant référence au numéro qui ornera les bulletins de vote « Célestin ».

« Voilà c’est ça les sondages », crie-t-il dans le micro en montrant la foule, alors qu’une nouvelle enquête d’opinion, diffusée jeudi, place Mirlande Manigat en tête des intentions de vote.

Le hit qui entraîne la foule, c’est « prisonnier fédéral », le tube de Blaise one, un ancien prisonnier, qui dénonce les conditions de vies dans les prisons d’Haïti, ce pays où trois-quart des détenus sont en attente d’un procès.

Dans cette marée humaine, un homme tient une photo d’Aristide, l’ancien président condamné à l’exil: « je ne la quitte jamais ». Des policiers se filment avec le meeting en arrière plan. Comme la place n’a pas été fermée à la circulation, bus et voitures se fraient difficilement un chemin.

De petits mouvements de foule rythment ce concert-meeting. A cause de débuts de bagarre, de courses poursuites avec les policiers, d’interpellations musclées: un jeune à la nuque en sang est jeté dans un fourgon de la police.

Puis Jude Célestin est annoncé dans une avenue qui donne sur la place. Nouveau mouvement de foule. L’homme est ballotté. Il saisit les mains sans voir les visages, tente de ne pas tomber, garde son sourire. Il est porté par la foule.

Après trois heures et demie de fête, le public applaudit pour la première fois: Célestin va parler. « On va gagner parce qu’on est les plus forts », lance-t-il au bord de la tribune, au milieu de ses supporters. « Personne ne peut réunir autant de monde. Jamais », dit-il.

Education, prison, choléra, sont évoqués en quelques secondes. C’est quand il promet des emplois aux jeunes que tout le monde applaudit.

Dix minutes après avoir commencé, il s’arrête. Fin du meeting. La foule se disperse dans une pagaille généralisée. Un camion aux couleurs de la marque de beurre « Président » traverse par hasard la place. A croire, comme l’assurent ses adversaires, que Jude Célestin contrôle vraiment tout.

 

Haïti – Insécurité : Hold-up à Lalue, 2 morts
HAITI LIBRE – 25/11/2010 19:26:12

Haïti - Insécurité : Hold-up à Lalue, 2 mortsDeux personnes ont été tuées ce jeudi lors d’un hold up dans une succursale de la SogeXpress, dans le quartier de Lalue.
Un groupe d’individus armés a attaqué la succursale non sans difficultés. Une fusillade à éclaté entre les agents de sécurité et les bandits, semant la panique dans la zone, au moment où de nombreux élèves quittaient l’école. 2 personnes ont été tué dans la fusillade, un élève et un passant d’après nos informations.
Des témoignages confus, de l’attaque meurtrière rapportent qu’il y aurait plusieurs blessés, sans autre précision. Les bandits ont réussit à s’emparer de la caisse et à s’enfuir, ont confirmé les responsables de la SogeXpress.

 

Le choléra: pourtant si facile à combattre

Agence Science-Presse, le 26 novembre 2010, 9h48

(Agence Science-Presse) Pas assez de lits, pas assez de médecins, pas assez d’hygiène. Pourtant, la science sait presque tout du choléra : elle sait comment le combattre et comment limiter sa progression dans une population. Le problème en Haïti, n’est pas un déficit de connaissances.

La bactérie tellement connue.

Cliquer sur la photo pour voir plus d’images

La bactérie tellement connue. Carte interactive de la progression de l'épidémie (new.paho.org). Au début de la semaine du 21 novembre, la moitié des morts (621) était dans la région de l'Artibonite (au centre).

Témoignage de David Olson, Médecins sans frontières en Haïti (Cholera Epidemics, dans PLOS Medicine, 23 novembre)

Témoignage du président de l’ONG InterAction (Rebuilding Haiti in the time of Cholera, 23 novembre)

Opinion du journaliste aux affaires étrangères Brian Stewart (How naive to have thought we might have done some good, CBC, 24 novembre)

Quelques faits
Le choléra est causé par une bactérie, Vibrio cholerae, qui se propage par de l’eau entrée en contact avec les matières fécales d’une personne contaminée.

80% des cas de choléra sont « légers » ou « modérés », ce qui contribue à la propagation de la bactérie : la plupart des gens en ont été porteurs sans le savoir —ou, dans l’état de désorganisation en Haïti, ne sont pas allés se faire soigner.

Le 20% restant se caractérise par une rapide déshydratation qui peut tuer en quelques heures, si personne n’est là pour réhydrater le malade.

Est-ce qu’un vaccin contre le choléra aurait aidé Haïti? (Nature, 23 novembre)

Le choléra sévit en Asie et en Afrique. Il n’y a pas eu de cas de choléra en Haïti depuis plus d’un siècle, et dans l’ensemble de l’Amérique latine, la seule pandémie de tout le 20e siècle, a eu lieu au Pérou, en 1991.

Les chiffres officiels grossissent sans cesse depuis le 21 octobre : 500 morts, un millier, 1500… Et les épidémiologistes répètent à l’unisson que le pire pourrait être à venir. Selon l’estimation du coordonnateur humanitaire de l’ONU en Haïti, Nigel Fisher, le 24 novembre : peut-être 200 000 malades d’ici la fin de l’année, 425 000 d’ici six mois, avec le sommet de la courbe qui serait atteint autour de Noël.

Parce que la bactérie responsable du choléra bénéficie depuis un mois des conditions idéales : de l’eau contaminée, côtoyant une population très nombreuse, vivant dans des conditions d’hygiène déplorables, avec un système immunitaire affaibli.

Rien de tout cela n’est nouveau pour un médecin : la bactérie responsable du choléra a été identifiée pour la première fois en 1854, puis confirmée en 1884. Dès le début du 20e siècle en Inde, on démontre qu’on peut réduire considérablement le taux de décès (de 60 à 30%) en réhydratant les patients par intraveineuse. Parallèlement, on constate qu’il est possible de décontaminer l’eau avec du javellisant. Aujourd’hui, en Asie, on réduit le taux de mortalité à moins de 1%. En ce moment en Haïti, les estimations, très incertaines, donnent des taux de mortalité variant entre 5 et 10%; il est possible que les violences des derniers jours aient empiré la situation, en retardant l’arrivée d’une partie de l’aide humanitaire, ou en empêchant des malades de se rendre jusqu’aux centres de soins.

Par ailleurs, on sait tout du mode de transmission de la bactérie : elle se propage par les matières fécales —et de là, par l’eau contaminée— et tous les services médicaux de la planète qui ont été confrontés à une telle épidémie savent que d’isoler la population touchée, ou isoler les sources de contamination, ou les deux, permet presque infailliblement de mettre fin à la progression de l’épidémie. Dans les mots du Dr Unni Krishnan, coordonnateur de l’ONG Plan International :

Combattre [le choléra] n’est pas de la grande science. C’est une maladie facile à prévenir et la plupart des gens récupéreront parfaitement, si on les réhydrate simplement et rapidement, en plus d’un traitement dans les cas critiques.

Mais comment isoler près d’un million de personnes entassées dans 1300 camps de fortune, sans toilettes ni égouts dignes de ce nom, la science ne dit rien là-dessus.

 

Haïti – Épidémie :

 Merci à l’Espagne
HAITI LIBRE – 26/11/2010 11:09:59

Haïti - Épidémie : Merci à l’EspagneL’Ambassadeur d’Espagne en Haïti, Monsieur Juan Fernández Trigo, a reçu ce matin à 9:30 du matin, heure locale, à l’aéroport International Toussaint Louverture, un nouvel envoi de 39 tonnes de matériel sanitaire destiné aux personnes touchées par l’épidémie de choléra en Haïti, et en vue de limiter sa propagation. Était présent la Coordonnatrice Générale du Bureau Technique de Coopération de l’Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AECID), Madame Carmen Rodriguez, et des représentants des ONGS avec lesquelles l’AECID travaille sur le terrain.
Cette cargaison, de 37 tonnes est composée de sérums, de sels de réhydratation et des sets d’infusion universels, qui seront livrés à l’ONG Médecins sans Frontières en Haïti, pour le traitement de patients touchés par le choléra. Les deux autres tonnes sont composées de motopompes et de réservoirs de stockage d’eau, entre autres. Ce matériel servira pour les actions liées à l’eau et l’assainissement, effectuées par la Croix Rouge Espagnole en guise de prévention de la maladie.
En rajoutant la cargaison d’aujourd’hui, l’Espagne a envoyé au total 90 tonnes de matériel à Haïti : précédemment, sont arrivés trois envois aériens de plus de 34 tonnes de médicaments essentiels pour le traitement de la maladie ainsi que le matériel de potabilisation d’eau ; un envoi maritime a été effectué le week-end dernier depuis le Port de Tarragone avec 17 tonnes de sérum.
L’activation précoce du Fonds Espagne (OPS), a permis à l’Organisation Mondiale de la Santé de mettre en place, dans les premières heures, des équipes d’attention et de diagnostic dans le pays face aux premiers signes de l’épidémie.
De plus, à travers le Fonds d’Urgence que le Fonds de Coopération pour l’Eau et l’Assainissement de l’AECID (FCAS, son acronyme en espagnol) a mis à la disposition de la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA) d’Haïti, une livraison de 99.5 millions de pastilles de potabilisation qui couvriront les nécessités d’eau chlorée de plus de deux millions de personnes a déjà été effectuée. A ceci s’ajoute l’approvisionnement de 7.8 tonnes de HTH (chlore en poudre), 43,810 cartons de savon et 2,200 kg de sels de réhydratation orale. Récemment, l’AECID et la Banque Interaméricaine de Développement (BID) ont décidé d’étendre le Fonds d’Urgence pour l’achat 80 millions de pastilles de potabilisation supplémentaires. Ils ont également décidé de promouvoir la potabilisation massive de l’eau dans le pays.

 

Jimmy Jean-Louis : il nous parle de son documentaire sur Haïti

PREMIERE.FR / 2010-11-26

 EXCLU - Jimmy Jean-Louis : il nous parle de son documentaire sur Haïti Visual

Le comédien Jimmy Jean-Louis a présenté au Festival international du film d’environnement 15 minutes de son documentaire sur le tremblement de terre à Haïti.

Le 28ème Festival international du film d’environnement est en train de se dérouler au cinéma La Pagode (57 rue de Babylone, Paris 7ème), jusqu’au 30 novembre. A cette occasion, le comédien Jimmy Jean-Louis (qui joue le Haïtien dans Heroes) présentait hier, jeudi 25 novembre, 15 minutes de son documentaire, Haïti 16h53, actuellement en montage, en exclusivité.

En janvier 2010, Jimmy Jean-Louis était en train d’être filmé pour un documentaire lorsqu’il a appris la nouvelle du tremblement de terre. Il a aussitôt embarqué son cameraman pour se rendre dans son pays natal. Depuis, Jean-Louis a ramené des centaines d’heures de rushes, parfois insoutenables (des piles de corps brûlés en pleine rue), et est en train de mettre la touche finale au montage de son documentaire. Le bilan du tremblement de terre s’élève à plus de 220 000 morts, sans compter les blessés et les sans abri.

A l’issue de la projection, le comédien a pu répondre aux questions du public, et s’est interrogé avec les spectateurs sur l’état actuel de l’aide humanitaire envers Haïti, qui est en train de subir une épidémie de choléra. « Où est passé l’argent des dons ? Si vous avez donné, posez des questions, demandez où est passée l’aide aux ONG… » Il a également rappelé assez justement que « les problèmes d’Haïti ne commencent pas en janvier 2010 ». Et a signalé que l’acteur Sean Penn se trouve toujours sur place, et fait selon lui « un travail extraordinaire ». L’engagement de Jimmy Jean-Louis envers son pays natal s’était déjà concrétisé avec la création de sa fondation« Hollywood Unites for Haiti ».

Premiere.fr a pu l’interroger à la sortie de la projection.

Tu étais à Haïti tout de suite après la catastrophe. L’idée de faire un documentaire t’est venue quand ?

J’avais déjà une caméra qui me suivait parce que j’avais quelqu’un qui voulait faire un documentaire sur moi, le cameraman Josh Ready. C’est lui qui a fait les premières images. Après, Matt Shaper, un autre cameraman nous a rejoints, et à eux deux, ils ont fait tous les plans.

Tu n’as pas tenu la caméra ?

Non, j’ai aussi filmé, j’ai fait pas mal de plans avec une petite caméra flip. On a énormément de rushes. J’étais aussi là pour avoir l’oeil, pour communiquer avec les gens, comme je parle français et créole, c’était plus facile, alors que Josh et Matt ne parlaient qu’anglais.

Qu’est-ce que tu penses de l’état actuel de l’aide internationale ? Tu penses que ton film peut servir à relancer les choses ?

Il faut garder espoir. L’espoir, c’est de continuer à faire partager ce qui s’est passé là-bas. C’est l’une des plus grosses catastrophes de l’histoire. il faut continuer à sensibiliser le public, faire savoir que des gens vivent dans des conditions lamentables. L’aide doit continuer, durer des années, et pas un mois ou un an.

Haïti 16h53 sera fini quand ?

J’aimerais qu’il soit prêt dans un mois, au cas où le Festival de Sundance décide de l’accepter. Sinon, je suis toujours à la recherche d’un distributeur, ça serait bien de le sortir en 2011.

Retrouvez toutes les infos sur la programmation du Festival (l’entrée est gratuite) sur le site officiel .

 

Haïti-Élections/Reconstruction : Les limites du modèle américain

ALTERPRESSE / vendredi 26 novembre 2010

Enquête

Dans le cadre du partenariat médiatique « Ayiti Je Kale »*, dont AlterPresse fait partie

P-au-P., 25 nov. 2010 [Ayiti Je Kale / AlterPresse] — La somme que les gouvernements dépensent en moyenne pour les élections varie entre un dollar américain par électeur, dans les pays qui ont une grande expérience électorale, et 45 dollars américains par électeur dans les pays en « transition » comme le Cambodge.

En Haïti le processus de 2005 a coûté entre 49 millions et 70 millions de dollars… les chiffres varient suivant les sources consultées. Cela signifie en tout cas que ce processus a coûté jusqu’à 30 dollars américains par électeur, suivant l’un des rapports.

Les Sénatoriales de 2009 ont couté 16 millions de dollars, selon ce que rapporte la presse.

Le budget des élections de 2010 est de 29 millions de dollars américains. La majorité de ce montant provient de bailleurs étrangers. Selon un rapport, la mission conjointe d’observation OEA/CARICOM, qui comptera 100 observateurs en Haïti le jour du scrutin, coute 5,3 millions de dollars.

D’après les medias, 7 des 29 millions de dollars le financement des joutes du 28 novembre proviennent du trésor public. Près d’un million de dollars américains de cette somme est allé aux candidats à la présidence, parce que chaque candidat approuvé par le CEP a reçu 50 000 dollars.

Mais considérant les dépenses effectuées pour la propagande électorale ( affiches, annonces à la radio et la télévision) et tous les déplacements effectués par les candidats, beaucoup d’entre eux ont dépensé plus de 50 000 dollars. Cela signifie que les élus, le président, ne représenteront pas ceux qui les auront choisis, comme l’a expliqué Anselme Rémy, ancien président du Conseil Électoral Provisoire (CEP).

Les élections en Haïti « coutent de plus en plus d’argent », a admis Granderson, qui souligne « la dimension américaine avec les posters ». Mais, ajoute-t-il, « nous avons des élections avec des candidats très peu connus. Comment donc les faire connaitre ? »

Haïti serait-elle en voie d’adopter le système américain où c’est l’argent qui domine ? Depuis 30 ans, Washington travaille à cet effet.

Outre l’argent alloué au processus formel – enregistrement des électeurs, bureaux de vote, centre de tabulation et financement de la campagne des candidats – les gouvernements étrangers et les agences internationales, spécialement les américains, dépensent plusieurs millions de dollars dans « l’éducation » politique et la construction de partis politiques depuis 1987.

La France, le Canada et surtout les Etats-Unis ainsi que ses organisations partenaires- comme l’Institut National Démocratique(NDI), l’Institut National Républicain (IRI) et le Fonds National Pour la Démocratie (NED), de même que plusieurs autres agences – ont alloué plusieurs millions de dollars à la promotion de la démocratie. Leur site Web donne certains détails sur leurs programmes récents, mais ils sont insuffisants.

Il y a des cas d’intervention de diplomates américains ou d’autres pays étrangers dans le processus formel. La tentative d’intervention dans les élections de 1990 et le rôle de la CIA dans le coup d’Etat contre Aristide en 1991 sont abordés par plusieurs auteurs.

Remy a vécu une intervention de ce genre alors qu’il était président du CEP en 1995. Le gouvernement américain a exigé que les bulletins de vote soient imprimés en Californie aux Etats-Unis.

« C’était un cas classique d’ingérence étrangère » se souvient-il. « Les Haïtiens s’inquiètent pour l’instant de l’ingérence gouvernemental. L’ingérence du gouvernement haïtien existe elle aussi. Mais…l’ingérence américaine est davantage intolérable ».

Selon lui, l’ancien président des Éats-Unis, Bill Clinton, et d’autres autorités américaines ont fait pression pour l’écarter du CEP. « Ils ont dit qu’ils allaient reconsidérer toute l’aide, toutes les relations entre Haïti et les Etats-Unis », se rappelle t-il. « J’ai analysé le pour et le contre…et je me suis retiré…c’est cela l’ingérence »

Quelle alternative et quels défis ?

Peut-être que les élections suivant le modèle américain et la « démocratie bourgeoise » n’offrent pas à Haïti les réponses qu’elle cherche ?

« 23 ans se sont écoulés depuis le départ de la dictature des Duvalier, et ce sont 23 ans d’instabilité politique. Et même si la conférence de New York (31 mars), même si les bailleurs de fonds ont promis des milliards à Haïti, tant que nous n’avons pas cette stabilité nous ne pourrons pas développer le pays », a déclaré Préval aux journalistes au cours du mois d’Avril de cette année.

Mais Préval s’est pratiquement contredit. Ces 23 ans de « démocratie » n’ont toujours pas conduit à la stabilité et au « développement ». Les élections de 2010 produiront=-elles un résultat différent ?

Selon Rémy la société capitaliste est vouée à l’échec et ne peut apporter que le malheur au peuple haïtien. Il se dit prêt comme, beaucoup d’individus et d’organisations, à appuyer des élections dans le cadre d’une démocratie « réelle » ou une « démocratie populaire ». Pour lui le plus important ce n’est pas seulement le type d’élections ou la qualité des représentants politiques, mais la nécessité de « restructurer la société haïtienne ».

Les élections du 28 novembre auront lieu en dépit de la méfiance de Rémy et de celles de plusieurs organisations populaires et paysannes, ainsi que d’un ensemble de partis politiques et d’acteurs nationaux et internationaux.

Cependant, quels que soient les élus, ils auront à faire face à de grands défis- sans doute les plus grands auxquels le peuple haïtien aura à répondre depuis 1804. Outre une économie en crise qui- comme l’a dit Remy- ne peut offrir rien de plus que ce qu’elle est en train de fournir- la réalité d’Haiti est marquée par :

-  une capitale en ruine,

-  plus d’un million de personnes qui vivent pratiquement dans les rues, sous des tentes et sans logement, plus de 10 mois après le séisme,

-  une situation sanitaire très précaire au moment où une épidémie de choléra frappe sévèrement l’ensemble des régions d’Haiti,

-  plusieurs millions de personnes qui ont besoin de vrais emplois et non de « cash for work », en plus,

-  L’omniprésence d’une série d’acteurs étrangers et d’organisations non gouvernementales qui œuvrent sur le terrain suivant leurs propres intérêts.

Ces défis, entre autres, conditionnent fortement l’avenir d’Haiti. [akj apr 26/11/2010 14:00]

………………

* « Ayiti Kale Je » (http://www.ayitikaleje.org/) est une initiative de partenariat médiatique en vue d’assurer des investigations journalistiques sur la reconstruction d’Haïti suite au séisme dévastateur qui a frappé le pays et fait 300.000 morts et autant de blessés.

Le Groupe Médialternatif est un des partenaires de cette initiative, à travers son agence multimédia AlterPresse (http://www.alterpresse.org/), avec la Société pour l’Animation de la Communication Sociale (SAKS – http://www.saks-haiti.org/). Deux réseaux participent également : le Réseau des Femmes Animatrices des Radios Communautaires Haïtiennes (REFRAKA) et l’Association des Médias Communautaires Haïtiens (AMEKA), qui est composé de stations de radios communautaires à travers le pays.