L’ACTUALITE DU 11-11-10 (2)

11 Nov

Vivement une révolution à Haïti!

  Jacques Lanctôt / Agence QMI / 11/11/2010 16h54

Chronique - Vivement une révolution à Haïti!Vous n’êtes pas tannés d’entendre parler d’Haïti? Haïti qui demande de l’aide, Haïti qui sen va en élections pour élire son nouveau président qui sera aussi corrompu que les précédents, Haïti qui pleure ses morts à la suite du tremblement de terre, Haïti qui s’enlise un peu plus tous les jours dans la misère noire, Haïti qui est frappée encore et toujours par des nouveaux ouragans, cyclones ou tempêtes tropicales, Haïti en proie à une épidémie de choléra, etc.

Haïti chérie qui n’arrive pas à se gouverner, jamais, et qui est, en fait, sous la gouverne des ONG qui font la loi et l’ordre et, en même temps, leur fonds de commerce très lucratif. Haïti, nouvelle plaque tournante du trafic de cocaïne…

Haïti toujours incapable de se relever, de faire face au déchaînement de la nature et qui sollicite sans arrêt l’aide internationale. Sans qu’on sache vraiment où va cette aide, qui la reçoit et à qui elle profite.

Comment se fait-il qu’Haïti n’arrive jamais à s’en sortir, beau temps mauvais temps, et qu’on a l’impression très nette que le pays régresse plutôt que d’avancer? Avec les milliards de dollars que lui envoient les puissances occidentales parmi les plus riches, comme le Canada, les États-Unis, la France, l’Allemagne, entre autres? Et pourquoi ne conclut-on pas tout simplement à l’échec du capitalisme, ce qui me semblerait raisonnable et évident?

N’est-ce pas de cela qu’il s’agit lorsqu’on voit, comme cette semaine, les gens marcher dans la boue et dans l’eau souillée à mi-jambe, lorsqu’on les voit combattre maintenant l’épidémie meurtrière de choléra, ou vivre dans des campements de misère depuis des mois voire des années? Est-ce une simple question de circonstance, de cyclones, de fatalités, comme si Haïti se trouvait toujours au mauvais endroit au mauvais moment? Trop facile à conclure. On esquive ainsi les vrais problèmes.

Ça ne se peut tout simplement pas! Si on regarde juste à côté, à quelques kilomètres des côtes de Port-au-Prince, l’île de Cuba, toute voisine qu’elle est, ne présente jamais un spectacle aussi catastrophique et désolant, malgré le blocus de la plus grande puissance économique et militaire, les États-Unis. Jamais, la valse des milliards de l’aide internationale n’a atteint l’île communiste. Jamais! Et pourtant, Cuba, sans être un «paradis tropical» comme certains imbéciles se plaisent à la décrire pour mieux la ridiculiser, s’en tire dignement, avec une espérance de vie de 78 ans, au même niveau que les grandes puissances occidentales, et exporte même ses médecins et sa méthode d’alphabétisation dans cette Haïti où ni les soins de santé ni même l’éducation sont gratuits.

En 2004, lors du passage du puissant cyclone Ivan, le plus redoutable à frapper les Caraïbes, le gouvernement communiste a pu déplacer, sans heurts, sans problème majeur, quelque 1 million 600 000 personnes, dont 7000 touristes, pour parer à tout danger. Faut le faire! On a réquisitionné tout ce qu’il y avait de transport motorisé sur l’île pour le faire: trains, autobus, autos, motos, camions, tracteurs et sans aucun doute des charrettes à bœufs et des bicyclettes. C’est ce qu’on appelle gouverner, assumer ses responsabilités, en ne comptant que sur ses propres moyens, avoir à cœur de protéger sa population. C’est ce qu’on appelle une vraie révolution populaire!

Alors quand j’entends cette blogueuse cubaine devenue une star internationale en se faisant du capital à même les difficultés de ses concitoyens à cause du blocus économique et commercial ignoble, déblatérer contre son propre pays et alimenter de sa haine et de son ressentiment toute la mouvance terroriste de Miami et de Madrid, je souhaiterais simplement qu’on l’envoie dans l’île voisine d’Haïti, avec un droit de retour dans un an seulement. Afin qu’elle connaisse ce qu’est la réalité d’un pays sous-développé capitaliste, sans révolution socialiste et sans gouvernement, qui reçoit des milliards de dollars en aide internationale mais qui ne permet pas à ses habitants de vivre et de mourir dans la dignité.

 

Haïti: Faible séisme, plusieurs blessés légers

Par Europe1.fr / Publié le 11 Novembre 2010 à 19h09

Un séisme de faible magnitude a touché jeudi le sud de la capitale haïtienne Port-au-Prince, a indiqué à l’AFP Alex Auriol, directeur du collège Saint-Jean de la ville, qui a expliqué que « quatre ou cinq » élèves de son établissement avaient été légèrement blessés. Cette secousse fait partie des « répliques qui continuent, avec une magnitude faible, » après le séisme du 12 janvier en Haïti, qui avait fait plus de 250.000 morts, a expliqué à l’AFP un sismologue haïtien.

 

Aide d’urgence de 100,000 dollars de la Corée du Sud
HAITI LIBRE – 11/11/2010 14:42:55

Haïti - Humanitaire : Aide d'urgence de 100,000 dollars de la Corée du SudL’agence coréenne de nouvelles Yonhap, a rapporté aujourd’hui que la Corée du Sud a promis 100,000 dollars d’aide d’urgence à Haïti pour aider l’État à faire face à l’épidémie massive de choléra et au dégâts provoqués par l’ouragan Tomas.


L’ouragan et l’épidémie de choléra (qui a contaminé à ce jour 11,125 personnes et fait 724 mort), ont ajouté aux malheurs d’Haïti, qui avait déjà du mal à se remettre du séisme de janvier dernier.
L’ouragan Tomas a fait 21 morts, 36 blessés, et sept autres personnes sont portées disparues. Plus de 1,000 maisons ont été détruites, a précisé le ministère et les dommage à l’agriculture sont considérable.


Rappelons que 240 soldats de la Corée du Sud sont présent en Haïti, à Léogâne, depuis février dans le cadre de la mission de l’ONU. Ce sont principalement des ingénieurs en génie civile chargés d’aider à la reconstruction d’Haïti.

 

Haïti – Élections :

«Trop tôt pour parler d’un report des élections»
HAITI LIBRE – 11/11/2010 12:38:09

Haïti - Élections : «Trop tôt pour parler d’un report des élections»Pierre Louis Opont, le directeur général du Conseil Électoral Provisoire (CEP), a qualifié de rumeurs les informations laissant croire, qu’en raison de l’épidémie de choléra dans le pays, les élections prévues dans 17 jours pourraient être reportées.
Toutefois, sans relever la contradiction de ses propos, il affirme qu’il « est trop tôt pour parler de report des élections en raison du choléra » Une affirmation révélatrice, qui laisse penser implicitement, que des scénarios de report d’élections, hors rumeurs, ont bien été examinés.
Le directeur général a souligné que le CEP tiendrait compte de toute situation qui pourrait exiger un report de ces joutes, car il peut toujours y avoir des impondérables, citant comme exemples : un cyclone la veille des élections ou une catastrophe sanitaire… « Dans le cas du choléra, ce sont les autorités compétentes, dont le ministère de la santé publique qui auront à se prononcer » précise-t-il, indiquant que le CEP fera alors une analyse de cette décision pour pouvoir agir en conséquence…
En d’autre terme, rien n’est exclus… et les rumeurs ne sont pas infondées.
M. Opont, rappelle qu’actuellement, toutes les opérations se poursuivent en vue de l’organisation des élections a la date prévue, rejoignant ainsi les le discours d’Edmond Mulet de la Minustah, qui ne cesse d’affirmer que sur le plan « technique, logistique, sécurité, budget, tout est en place » et qu’il n’y a pas de raisons objectives de ne pas avoir des élections le 28 novembre. Propos que le premier Ministre Jean Max Bellerive, reprend à son actif, en bon figurant…
Une question à se poser est de savoir, si cette éventuelle décision, relèverait effectivement du ministère de la santé et des autorités haïtienne ou de la communauté internationale, pour ensuite être reprise par les autorités haïtienne, comme étant leurs propres décisions? Dans les faits, quelle est la marge de manœuvre du gouvernement Haïtien, quant on sait que 66% du prochain budget de l’État proviendra de l’international?

 

Haïti – Épidémie :

Port-au-Prince, 278 cas confirmés, 10 morts
HAITI LIBRE – 11/11/2010 10:14:45

Haïti - Épidémie : Port-au-Prince, 278 cas confirmés, 10 mortsLe Dr Jon K. Andrus de l’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS) à déclaré lors d’une conférence de presse « Nous nous attendons à une diffusion très rapide, voire explosive, de cette épidémie » précisant qu’il était impossible de prévoir actuellement, l’ampleur de l’évolution de l’épidémie car de nombreuses personnes infectées ne consultent pas de médecin.
Pour le docteur Jon K. Andrus, les conditions sanitaires de Port-au-Prince sont très mauvaises et représentent les conditions optimales pour une propagation rapide du choléra. De plus, les conditions d’hygiène dans les camps surpeuplés de réfugiés, font craindre une aggravation de l’épidémie.
La situation en chiffres :
Port-au-Prince: Carrefour, Cité Soleil, Delmas, Kenscoff, Pétion Ville, Port-au-Prince, et Tabarre, Croix-des-Bouquets :
Depuis les 73 premiers cas confirmés le 10 novembre (situation du 7 novembre), le nombre de personnes hospitalisés est passé à 278 dans le dernier rapport du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) publié aujourd’hui (situation du 9 novembre) soit une augmentation de + 380%
L’évolution à partir des rapports officiels du MSPP, (175 cas, situation du 8 novembre) et le rapport d’aujourd’hui (278 cas, situation au 9 novembre) indique une augmentation de + 59%.
Le nombre de morts est passé entre le 7 et le 9 novembre de 1 à 10
Capitale Port-au-Prince :
Pour la capitale seulement, le premier bilan officiel du MSPP indiquait 39 cas hospitalisés (situation au 8) et 99 cas dans le rapport d’aujourd’hui (situation du 9 novembre) soit une augmentation de + 253 %
Chiffres globaux Haïti – rapport du MSPP :
Le rapport du 8 novembre (situation du 7 novembre) indiquait :
Nombre de cas atteints de choléra et hospitalisé : 9,971 cas
Nombre de personnes décédés : 643
Le rapport publié aujourd’hui (situation du 9 novembre) indique :
Nombre de cas atteints de choléra et hospitalisé : 11,125 cas (+ 111.58 %)
Nombre de personnes décédés : 724 (+112.5 %)

 

Haïti – Le choléra, nouvelle peste des pays pauvres

Alain Vincenot – FRANCE SOIR – 11/11/10 à 16h21

L’épidémie de choléra qui sévit depuis la mi-octobre en Haïti ne cesse de s’aggraver. Elle a déjà fait plus de 700 morts. France Soir passe à la loupe ce fléau devenu pire que la peste.

Des milliers d'Haïtiens vivent dans des camps de fortune et les conditions d'hygiène déplorables favorisent la propagation de l'épidémie Des milliers d’Haïtiens vivent dans des camps de fortune et les conditions d’hygiène déplorables favorisent la propagation de l’épidémie © SIPA Un bilan qui risque de s’alourdir dans ce pays, le plus pauvre du continent américain, ayant été dévasté lors du séisme de janvier dernier. Des milliers d’Haïtiens vivent dans des camps de fortune et les conditions d’hygiène déplorables favorisent la propagation de l’épidémie. De plus, les inondations provoquées par le récent ouragan Tomas aggravent la situation.

Qu’est-ce que le choléra?

Si, depuis l’Antiquité, la peste a été considérée comme le plus terrifiant des fléaux qui régulièrement frappait l’humanité, le choléra, apparu il y a des siècles en Inde, dans le delta du Gange, l’a supplanté. Après avoir envahi, à partir de 1817, l’Asie, le Moyen-Orient et une partie de l’Afrique, il n’a pas tardé, en  Europe, à devenir l’émissaire le plus efficace de la grande faucheuse. Ainsi,  l’épidémie de 1832 qui s’est abattue sur la France a fait 100 000 morts, dont environ 20 000 à Paris. Deux ans auparavant, un article de « La Gazette médicale de Paris » avait prévenu ses lecteurs: « Cette effrayante maladie que l’on avait cru confinée pour jamais dans l’Asie, a trouvé le chemin de l’Europe septentrionale et frappe aux portes de l’Europe Occidentale ». Il s’agit d’une infection diarréhique aigüe provoquée par un bacille, le « Vibrio cholerae », qui affectionne particulièrement les zones aquatiques et présente une grande mobilité. L’absence d’hygiène favorise son développement.

Quelles sont les régions du monde plus touchées?

L’OMS considère le choléra comme « un indicateur clef de l’insuffisance du développement social ». Répandu au monde entier depuis le XIXème siècle, il sévit de façon endémique dans les zones tropicales humides d’Afrique et d’Asie, mais, parfois, lors d’épidémie, il peut frapper des régions sèches comme le Sahel. Les camps de réfugiés ou de personnes déplacées, les déplacements massifs de populations favorisent son développement. Ainsi, selon l’Institut Pasteur, le choléra aurait tué 23 800 personnes en quelques semaines dans les camps de réfugiés rwandais installés en juillet 1994 à Goma, au Congo. A noter qu’il ne touche qu’exceptionnellement les voyageurs bénéficiant d’une hygiène de vie satisfaisante (un cas pour un million). 

Quel sont les symptômes?

Après une brève période d’incubation variant entre trois et cinq jours, la maladie débute par des vomissement et une diarrhée très liquide, qui peut atteindre quinze litres par jour. S’ensuit une intense fatigue, une grande soif et des crampes musculaires dues à la déshydratation. Le malade ne tarde pas à maigrir de manière spectaculaire. Et s’il n’est pas rapidement soigné, il risque de mourir en quelques heures.

Comment la maladie se contracte-t-elle?

La maladie se contracte par l’absorption d’eau ou d’aliments contaminés. Or, le malade étant le principal réservoir du bacille, ses rejets constituent pour son environnement le vecteur le plus virulent de propagation.

Comment le choléra se soigne-t-il?

De manière très simple. L’absorption par voie orale de sels de réhydratation suffit dans 80% des cas. Pour les autres, une perfusion par intraveineuse peut s’imposer. Le tout accompagné d’un léger traitement antibiotique. Mais, la principale des armes est la prévention. D’où l’urgence, lors du départ d’une épidémie, de garantir aux populations l’accès à de l’eau et des aliments non contaminée.

Combien le choléra fait-il de victimes par an dans le monde?

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS), estime entre trois et cinq millions,  le nombre de cas de choléra par an dans le monde. Or il est en constante progression. Pour la période 2004-2008, il a augmenté de 24% par rapport aux années 200-2004. En ce qui concerne le bilan annuel des morts est évalué de 100 000 à 120 000 morts.

La France pourrait-elle être atteinte par une épidémie de choléra?

Non. On ne compte, en France, que quelques cas isolés par an. Généralement, des malades rentrant d’un voyage à l’étranger. Et qui se guérissent très rapidement.

 

Haïti – Épidémie :

Les vrais responsables de l’épidémie
HAITI LIBRE – 11/11/2010 14:16:11

Haïti - Épidémie : Les vrais responsables de l’épidémie La situation dans l’Artibonite et dans le Nord Ouest du pays et maintenant à Port-au-Prince est extrêmement inquiétante. Mais au-delà de la nécessaire réponse d’urgence à ces crises, les besoins structurels en eau, assainissement et hygiène, sont les vrais responsables de l’épidémie actuelle et doivent être pris en compte dès maintenant dans ces zones et plus globalement dans l’ensemble du pays.
Selon une étude réalisée en 2008 par Action Contre la Faim (ACF) dans chaque département haïtien, seulement 41% des haïtiens ont accès à des latrines dans leur domicile et 51% un accès à l’eau «qualifié de sûr».
Dans l’Artibonite, ces chiffres tombent a moins d’un tiers des habitants ayant un accès à une «eau potable de qualité» et un accès aux latrines. Dans la majorité des foyers ces latrines familiales ne fonctionnent pas. Dans les zones rurales les plus vulnérables, moins de 5% de la population a accès à l’assainissement. Les systèmes de gestion des déchets solides et liquides sont largement sous-dimensionnés dans tout le pays.
Au-delà de l’urgence actuelle visant à prévenir un plus grand nombre de décès et de contamination, il s’agit donc dès maintenant de mettre en place des systèmes durables et efficaces d’accès à l’eau potable et à l’assainissement, seule solution pour éviter qu’une telle épidémie se reproduise en Haiti.
« Avec le manque d’infrastructures d’eau potable et l’assainissement en Haïti, il était difficile d’imaginer que nous n’aurions pas à faire face un jour à une importante épidémie », a dit Joia Mukherjee, directrice médicale de Partners in Health (PIH), une ONG de Boston, qui travaille depuis 20 ans en Haïti et qui est présente dans l’Artibonite.
En 2008, PIH et trois autres organismes ont publié un rapport sur le manque d’accès à l’eau potable, chronique en Haïti. Selon le rapport, ce manque « compte comme l’un des obstacles les plus considérables pour Haïti quand il s’agit de satisfaire aux standards les plus élémentaires des droits humains. Un héritage historique d’inégalités, une gouvernance sans pouvoir ou corrompue et des niveaux persistants d’extrême pauvreté ont contribué à l’incapacité intrinsèque des gouvernements haïtiens successif, à fournir de l’eau potable à sa population ».
Selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) Haïti est l’un des rares pays au monde où la couverture des besoins des habitants des villes, en matière d’assainissement a régressé entre 1990 et 2006.
Selon Mme Mukherjee, le développement d’un système d’eau potable et d’assainissement relève de la responsabilité du gouvernement. Depuis le séisme de janvier 2010, PIH s’inquiète du peu de fonds reçus par le gouvernement « Les infrastructures ne peuvent pas être mises en place par les ONG. Il est important d’aider le gouvernement à obtenir une partie des financements qui entrent dans le pays, c’est essentiel ».

 

Haïti – Économie :

Le Budget 2010-2011, dépend à 66% de l’aide internationale
HAITI LIBRE – 11/11/2010 11:28:14

Haïti - Économie : Le Budget 2010-2011, dépend à 66% de l’aide internationale

L’Initiative Société Civile (ISC), livre ses commentaires autour du budget prévu pour l’exercice 2010-2011
1.- CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES :
Pour l’Exercice fiscal 2010-2011, un budget conforme aux exigences constitutionnelles n’a pas été préparé en raison de l’absence d’un Parlement opérationnel. Un Budget Rectificatif 2009-2010 promulgué par le Pouvoir Exécutif sans l’aval du Pouvoir Législatif tient lieu de Budget 2010-2011. C’est une situation regrettable qui représente une régression en matière de pratique budgétaire. En effet, le Parlement qui est appelé à défendre les intérêts de la population n’a pas exercé son rôle de décideur en ce qui concerne la loi de finances qui va régir l’action gouvernementale pour cette nouvelle année. Le Parlement n’a pas non plus exercé sa fonction de contrôle sur le Gouvernement étant donné que la Loi de Règlement du Budget 2008-2009 n’a pas été présenté pour adoption par les deux Chambres, opération qui constitue un préalable exigé par la loi pour l’examen et le vote de tout nouveau budget.
Cette anomalie nous rappelle que durant les années 1997 à 2000 également, les budgets n’ont pas été votés par le Parlement. Ceci représente un sérieux accroc à l’Etat de Droit et à la Démocratie. L’Initiative de la Société Civile espère vivement qu’à l’occasion des prochaines élections, le peuple haïtien choisira des Députés et des Sénateurs qui sauront assumer jusqu’au bout leurs responsabilités de parlementaires et un Chef d’Etat soucieux de respecter la Constitution, les Lois et les Institutions du pays.
Autre aspect inconstitutionnel de ce Budget, c’est que contrairement aux prescrits de la Constitution qui veut, dans son article 217, que les finances publiques soient décentralisées, aucun effort n’est fait dans ce budget pour amorcer cette décentralisation dans la préparation et la présentation du Budget. Les leçons du séisme du 12 Janvier qui a montré les méfaits de l’hypercentralisation de l’Etat haïtien sont déjà oubliées. Les ressources destinées aux collectivités territoriales restent à la discrétion du Prince. Les autorités locales ne peuvent pas véritablement planifier, elles ne sont guère responsabilisées. Tant que cette dépendance et cette tutelle prévaudront, il n’y aura pas de développement local, autant dire qu’il n’y aura pas non plus de développement national. Il faut également souhaiter que nous aurons cette fois un Parlement et un Exécutif qui prendront au sérieux la Décentralisation, voteront et promulgueront la loi y relatif, que le pays réclame de tous ses vœux.
Toutefois, il y a lieu de signaler qu’en matière de transparence dans la gestion des finances publiques, un pas important a été fait cette année. En effet, sur son Site Web, le Ministère de l’Economie et des Finances, en plus du Tableau des Opérations Financières de l’Etat et de l’Etat d’Exécution des Dépenses Budgétaires par Institutions et par Secteurs, a présenté à la fin de l’exercice, le Tableau Mensuel des Opérations Financières par Programmes et par Projets. Ce tableau fait état aussi bien des dépenses effectuées par le Trésor Public que par les Agences Bilatérales et les Agences Multilatérales. Ceci permettra un meilleur suivi de l’action gouvernementale par le Pouvoir Législatif, la Société Civile et la Communauté Internationale.
2. RENFORCEMENT DE LA DÉPENDANCE HAITIENNE :
Les Budgets de ces dernières années mettaient déjà à nu la forte dépendance de l’Etat haïtien par rapport à l’Aide Internationale. Le séisme du 12 Janvier vient encore aggraver cette dépendance. Le montant global du budget de 2010-2011 et celui du Budget précédent est presque identique. Il se situe au niveau de 88 Milliards de Gourdes. L’ensemble des recettes de l’Etat, soit 30 Milliards de Gourdes, c’est tout juste ce qu’il faut pour faire tourner l’Administration Publique, payer les fonctionnaires, les véhicules, le carburant, les voyages, les frais de bureaux etc. Soit 28 Milliards de gourdes.
L’apport de l’International passe d’une année à l’autre de 61 à 66% (58 milliards de gourdes) du budget national, soit prés des 2/3 de nos dépenses publiques (!)
L’apport international est ainsi constitué : Dons : 46.34 % du Budget – Prêts : 9,39 % – Fonds Petro Caribe 8,07 %.
Une bonne nouvelle : Le Fonds Petro Caribe est cette année intégré dans le Budget. Il faut espérer que ce fonds servira en grande partie à financer les secteurs de l’éducation et de la santé et qu’un meilleur contrôle de son utilisation en sera fait par le nouveau Parlement. Là encore il y a lieu d’insister sur la nécessité pour le peuple haïtien de faire de bons choix et d’avoir des élections honnêtes et sincères oú le vote des citoyens et des citoyennes sera scrupuleusement respecté.
En ce qui concerne l’apport de l’International, il y a lieu de signaler que la Banque Interaméricaine reste le grand pourvoyeur de fonds en matière de prêts. A elle seule la BID fournit 93.7 % des prêts. Le reste provient du FIDA : Fonds International pour le Développement Agricole.
Les dons de la communauté internationale se présentent soit sous la forme d’Appui Budgétaire, soit sous la forme d’Appui aux Programmes et aux Projets. Avec le séisme et la diminution des recettes de l’Etat (12% en moins par rapport à l’année dernière), l’appui budgétaire apporté par l’International a augmenté de 231%. Elle provient des instances et pays suivants par ordre d’importance de l’appui :
(1) Union Européenne plus de 10% de l’appui Budgétaire, (2) BID, (3) Banque Mondiale, (4) France, (5)Norvège et Brésil, (6) USA, (7) CARICOM, (8) Espagne, (9) Pérou, (10) Equateur.
L’Appui aux Programmes et aux Projets apporté par l’International, soit plus de 30 Milliards de Gourdes, est fourni par les instances et pays suivants par ordre d’importance de l’appui :
(1) Etats-Unis : 40% des Dons destinés aux Programmes et Projets, (2) Union Européenne 20 % des dons, (3) Canada 13.3%, (4) Banque Mondiale, (5) Espagne, (6) Vénézuela, (7) Taïwan, (8) BID, (9) France, (10)PNUD, (11) IICA, (12) Allemagne, (13) FIDA, (14) Brésil, (15) Fonds d’Equipement des Nations Unies (FENU), (16) UNICEF, (17) Agence Internationale de l’Energie Atomique, (18) UNESCO, (19) FAO.
Ces dons financent en grande partie, des services (éducation, santé) et infrastructures (routes, ponts etc.). Plusieurs de ces programmes et projets, tout en figurant dans le Budget National, sont exécutés par les bailleurs eux-mêmes ou par leurs agences et partenaires. Est-ce que les citoyennes et les citoyens haïtiens réalisent ce que seraient les conditions de vie du peuple haïtien déjà précaires, sans cet apport ? Est-ce que les candidats à la Présidence qui prétendent diriger le pays sont conscients du défi qu’ils ou elles auront à relever : Renverser la tendance, mettre progressivement fin à cette dépendance pour reconquérir notre autonomie et notre indépendance économique. On parle beaucoup de souveraineté aujourd’hui. Il faut se rappeler que la souveraineté politique passe par la souveraineté économique. Nos candidats ont-ils des politiques et des programmes pour relancer l’économie et la production, attirer des investissements, créer des emplois stables, assurer la sécurité physique, juridique et augmenter substantiellement les recettes de l’Etat ? Ou ont-ils l’intention de venir simplement tirer leur portion de cette manne internationale ?
3. LES CHOIX BUDGÉTAIRES :
Les choix qui ont été faits dans ce Budget Rectificatif n’ont rien de rectificatif par rapport au passé. Tout a été fait comme si le 12 Janvier 2010 n’avait pas eu lieu.
Les Travaux Publics Transports et Communications continuent à avoir la part du lion : 22.47 % de l’ensemble du Budget contre 25.4% l’an dernier. ; 33% des investissements contre 29 % l’an dernier.
Alors que le Parc scolaire national a eu plus de 4000 écoles détruites ou endommagées, le budget de l’Education au lieu d’augmenter a diminué, passant de 9% à 8.3 %. Et dire que le Chef de l’Etat avait présenté à la Conférence de New-York l’Education comme la priorité des priorités.
Alors que l’économie de la Santé du pays est démantelée par le double effet du séisme et d’une intervention non régulée des ONGs internationales, que nos meilleurs centres de traitement sont détruits, fermés ou en difficulté, le budget de la santé continue à tourner autour d’un dérisoire 4%. Si une plus grande priorité avait été accordée à la santé, aujourd’hui, nous ne serions pas aussi démunis face au choléra.
L’Agriculture, l’Environnement restent pratiquement au même niveau. Seul changement significatif : la rubrique : « Autres Dépenses Publiques », (plus de 5 Milliards de Gourdes), dont on ne sait pas toujours très bien ce qu’elle finance, et qui, vers la fin des années 90 avaient une forte tendance à l’embonpoint a encore gagné du poids en s’octroyant une augmentation de 31% par rapport à l’année dernière.
Dans ce Budget, aucune référence n’a été faite au PARDN le Plan d’ Action Pour le Relèvement et le Développement National, qui en fait, aurait du fixer les priorités de ce Budget. Aucune mention non plus n’est faite des fonds de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti. Y aura-t-il deux budgets parallèles ou un Budget intégré ? Le Pouvoir Législatif s’est sabordé. Il n’y a plus de Parlementaires pour poser des questions. Cependant la nation attend des explications. L’Initiative de la Société Civile espère vivement que les prétendants à la direction du pays travaillent déjà sur un nouveau Budget qui réponde aux défis de l’heure, aux attentes de la population, particulièrement du million de concitoyens et de concitoyennes qui croupissent encore sous des tentes, dans des conditions sociales et sanitaires inacceptables.

 

Haïti – Social : Début d’émeute à Kenscoff
HAITI LIBRE – 11/11/2010 13:44:21

Haïti - Social : Début d’émeute à KenscoffUn policier à ouvert le feu hier, sur un taxi-moto qui avait refusé de s’arrêter à un contrôle de routine à Kenscoff, blessant le motard et faisant, selon des témoins, d’autres blessés parmis la population. Furieux, les riverains ont jetés des pierres aux forces de l’ordre et dressés des barricades enflammées, menaçant d’incendier le commissariat où le policier, auteur des tirs, s’était réfugié sous la protection de ses collègues. Cet incident survient au moment où la Police National Haïtienne PNH) renforce ses actions contre certains motards soupçonnés d’actes criminels dans la région.
Très en colère, la population à tenté en vain d’investir le commissariat. Devant leur échec, les riverains ont incendié le véhicule 4X4 du commissaire de police, et cassé les pare-brises de plusieurs autres véhicules, paralysant la circulation durant plusieurs heures.
Des renforts ont été dépêchés sur les lieux pour lever le siège du commissariat et rétablir l’ordre. Le calme est revenu tard dans l’après-midi mais la tension restait vive. La police n’a procédé à aucune arrestation, l’état de santé du motard transporté à l’hôpital n’a pas été communiqué.

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