L’ACTUALITE DU VENDREDI 12 NOVEMBRE 2010

12 Nov

Haiti – Séisme :

 Nouvelle réplique à 18km de Léogâne
HAITI LIBRE – 12/11/2010 16:13:27

Haiti - Séisme : Nouvelle réplique à 18km de Léogâne10 mois après le séisme qui frappa durement Haïti, une réplique d’une magnitude 4.4 sur l’échelle de Richter a été légèrement ressentie ce matin 12 novembre à 11h58 et 59 secondes. L’épicentre a été localisé à 10.6 km de profondeur, il se situe en plein mer entre l’île de la Gonâve et Léogâne. Soit à 18 km au Nord Ouest de Léogâne, 45 km à l’Ouest Nord-Ouest de Port-au-Prince, 90 km au Sud des Gonaïves et 115 km à l’Est Nord-Est des Cayes.
Pour le moment la protection civile n’a rapportée aucun dommage ni victimes.

 

Plus 800 morts trois semaines après la découverte de l’épidémie de cholera en Haïti

RADIO METROPOLE / 12-11-10

Le Cholera a déjà fait plus de 800 morts à travers le pays, c’est ce qu’ont annoncé, les autorités sanitaires haïtiennes dans un nouveau bilan présenté ce vendredi, sur le site du ministère de la santé publique.
Ils ont fait remarquer, que plus d’une dizaine de personnes sont déjà décédées des suite, de cette maladie qui semble désormais s’installer dans la capitale haïtienne.
Selon les statistiques publiées par le ministère de la santé publique, plus deux tiers du total des morts, soit 497 sont recensés dans le département de l’Artibonite.
Les autorités haïtiennes se disent préoccupées par les nouveaux cas de choléra, enregistrés dans le sud du pays, notamment dans la ville des Cayes.
Les sections communales et villes de Grand Boucan, Grande Saline et Drouin avaient enregistrées les premiers cas de choléra le 19 octobre 2010.
Rappelons les résultats des tests réalisés par le Center for Desease Control (CDC) démontre que la souche du choléra qui frappe Haïti est originaire d’Asie du sud.

 

L’épidémie de choléra inquiète un expert du CDC

RADIO METROPOLE / 12-11-10

Un épidémiologiste des Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), Ezra Barzilay, affirme que l’épidémie de choléra a causé le décès de 800 personnes.
Il estime que la situation se détériore de jour en jour dans plusieurs régions d’Haïti. « Les Haïtiens font la queue, il n’y a plus de lits d’hôpital, les hôpitaux sont totalement débordés », a-t-il ajouté, notant que des équipes médicales étaient contraintes de choisir parmi les malades lesquels elles allaient pouvoir soigner.
Au Gonaïves, le principal centre hospitalier ne peut répondre à la demande. Les personnes, soufrant de diarrhée, sont allongées à même le sol. Plus de 80 cas de décès ont été enregistrés au cours des 5 derniers jours dans la cité de l’indépendance.
Dans le Nord, à Pilate le seul centre de santé de la région a dénombré 12 décès. Les malades sont assis devant le centre et dans la rue dans l’espoir d’avoir accès à des soins médicaux.
L’épidémie de choléra considérée désormais comme un problème de sécurité nationale a déjà entraîné l’hospitalisation de plus de 11 000 personnes. Les autorités locales sont de moins en moins enclin à fournir des informations sur les cas de décès. Les autorités ont récemment décidé de procéder à l’inhumation des cadavres afin d’éviter de nouvelles contamination.

 

Choléra

Haïti: l’ONU appelle à l’aide

LCN.CANOE – 12/11/2010 08h17

L’organisation des Nations unies (ONU) lance un appel à l’aide aux donateurs de partout dans le monde pour endiguer l’épidémie de choléra en Haïti.

L’ONU a besoin de 163,8 millions de dollars pour éviter d’être dépassée par la propagation de la maladie.

Jusqu’à présent, le choléra a fait 724 morts dans le pays. Le bilan pourrait cependant s’alourdir rapidement parce que 11 000 personnes atteintes de la maladie sont actuellement hospitalisées.




Les autorités craignent que la situation dégénère à Port-au-Prince, où plus d’un million de personnes vivent dans des conditions sanitaires précaires.

Cinq des dix départements du pays sont touchés. Le principal foyer de l’épidémie se trouve dans le département de l’Artibonite, au nord du pays. Mais les autorités craignent que la situation dégénère dans la capitale Port-au-Prince, où plus d’un million de personnes vivent dans des conditions sanitaires précaires depuis le séisme du 12 janvier dernier.

L’ONU s’attend à ce que 200 000 Haïtiens soient infectés par le choléra. Elle a besoin de cet argent pour prodiguer des soins à la population et assainir les conditions d’hygiène dans le pays.

(TVA Nouvelles et AFP)

 

Haïti – Épidémie :

 Dernier bilan, la situation s’aggrave à Port-au-Prince
HAITI LIBRE – 12/11/2010 12:12:31

Haïti - Épidémie : Dernier bilan, la situation s’aggrave à Port-au-PrinceEn dépit du dispositif, mis en place par le gouvernement et les partenaires humanitaires, l’épidémie continue à se propager rapidement. La situation à Port-au-Prince et la zone Métropolitaine (Port-au-Prince: Carrefour, Cité Soleil, Delmas, Kenscoff, Petion Ville, Port-au-Prince, Tabarre et Croix des Bouquets) c’est considérablement aggravée en 24 heures.
Le dernier bilan officiel du Ministère de la Santé (cumulatif), en date du 9 novembre faisait état de 278 cas hospitalisés et 10 décès. 24 heures plus tard, le bilan du 10 novembre (cumulatif) fait état de 443 cas hospitalisés (+ 59.35 %) et 13 morts (+ 30 %), soit respectivement + 165 cas hospitalisés et + 3 morts entre le 9 et le 10 novembre.
Au niveau national, où 50% des départements sont touchés par le choléra, le bilan est le suivant :
10 novembre 2010
12,303 cas hospitalisés (+ 8,26 % par rapport à la veille)
796 décès ( + 9.1 % par rapport à la veille)
Notez qu’HaïtiLibre à partir des données sur le terrain, avait publié il y a 48 heures que le bilan du 10 novembre devait s’établir à 12,000 hospitalisations et 845 morts.
« Les ressources nationales et internationales commencent à atteindre leurs limites […] il faut de toute urgence, plus de personnel et d’équipements médicaux, plus de comprimés de purification de l’eau, plus de citernes, plus d’unités de traitement de l’eau, plus de kits d’hygiène pour les familles […] un effort important a déjà été fait, mais la quantité colossale de matériel de secours qui doit être livrée dans les jours et semaines à venir va nécessiter davantage de soutien logistique et financier au gouvernement […] sans cet effort, l’épidémie risque de nous dépasser » a déclaré Nigel Fisher, le Coordonnateur des opérations humanitaires de l’ONU en Haïti.

 

Médecins sans Frontières : « la mobilisation doit être générale »

Des malades atteints du choléra à l’hôpital de Cité Soleil, le 10 novembre 2010 à Port-au-Prince, en Haïti (Photo AFP)

Alors que l’épidémie de choléra s’aggrave en province et s’installe dans la capitale, Stéphane Reynier de Montlaux, chef de mission de Médecins sans frontières en Haïti, déplore les lenteurs des opérateurs internationaux à se déployer et appelle à une mobilisation « réellement générale ».

11.11.2010Propos recueillis par Pascal Priestley
L’épidémie de choléra est-elle en train d’envahir Port-au-Prince ?

Depuis quelques jours, à Port-au-Prince, le nombre d’admissions quotidiennes a doublé dans les centres de Médecins sans Frontières et cela, c’est une vraie inquiétude. L’augmentation du nombre des cas est assez significative pour laisser penser que la capitale est touchée par l’épidémie.
Particulièrement les camps de sinistrés ?
En fait, les quartiers les plus pauvres, notamment Cité Soleil. Mais c’est aussi parce que c’est là que nous intervenons et nous n’avons pas une vue exhaustive. Dans d’autres quartiers, à l’inverse, l’augmentation n’est pas significative. Mais pour les camps, il est évident que leur présence même, leur état, leur manque d’hygiène ne peuvent que favoriser la propagation de l’épidémie et c’est une source d’inquiétude.
La propagation est-elle en train de devenir « hors contrôle »?
Hors contrôle, non, pas encore. Mais cela augmente assez vite pour qu’on soit très soucieux.
Depuis le séisme, la capitale est pourtant pourvue d’une structure médicale assez dense. Cela ne suffit pas à affronter ce genre d’épidémie ?
Pour l’instant, non. Ce dont on a besoin, ce sont des centres de traitement du choléra et c’est particulier. Dans l’immédiat, leur nombre semble suffisant pour le nombre de cas à traiter mais, à ce rythme, dans quelques jours, ils seront surchargés. Donc, on cherche à identifier des lieux pour en installer de nouveaux. Mais le problème ne se pose pas seulement à Port-au-Prince.

Des malades atteints du choléra à l’hôpital de Cité Soleil, le 10 novembre 2010 à Port-au-Prince, en Haïti

La situation vous parait plus inquiétante en province ?
La carence est plus grande en province qu’à Port-au-Prince. Port-au-Prince est sous le feu des médias, il y a beaucoup de monde et il est clair qu’un début de couverture commence à s’y mettre en place. Mais je constate que dans les régions du Nord, de Cap Haïtien, ou celle de Léogane dont nous nous occupons, on ne voit pratiquement aucun acteur. Même si la capitale représente un souci majeur et légitime, parce que la ville est énorme, on ne doit pas s’y focaliser exclusivement. Il faut que la réponse soit nationale et que les O.N.G. se positionnent là où l’épidémie est en train de flamber..
La mobilisation n’est pas à la hauteur de la situation ?
Ce qu’on observe, et c’est une source d’inquiétude c’est que MSF est en première ligne. Nous avons une collaboration excellente avec les autorités haïtiennes, il faut le reconnaitre. Elles sont conscientes de la situation et de leurs capacités et font ce qui est en leur pouvoir mais les relais tardent. Il y a une présence énorme d’ONG en Haïti et nous aurions besoin de ne pas être presque seul à aider le ministère de la santé dans cette réponse. Nous avons besoin que d’autres organisations s’impliquent, soit dans la prise en charge, soit dans la couverture sanitaire, l’approvisionnement en eau et le travail au niveau des agents de santé communautaires pour avoir une réponse plus rapide.
Vous vous sentez seuls ?
Que M.S.F. soit en première ligne, c’est logique. Nous avons un mode de fonctionnement qui est indépendant, non tributaire des administrations des
Nations-Unies. Mais aujourd’hui, il est urgent que les Nations-Unies fournissent les leviers d’action aux O.N.G. qui travaillent dans leur réseau pour permettre une réponse plus complète, une couverture plus générale des besoins. Parce que finalement on voit que cette épidémie tend à se propager et touche chaque jour des zones qui n’étaient pas affectées la veille. Il est important que la mobilisation soit réellement générale.

 

Haïti – Reconstruction :

Les États-Unis débloquent 120 millions de dollars

HAITI LIBRE – 12/11/2010 09:27:01

Haïti - Reconstruction : Les États-Unis débloquent 120 millions de dollars Plus de 7 mois après la promesse de 1,15 milliard de dollars, faite par la secrétaire, d’État Hillary Clinton, à la conférence des donateurs le 31 mars dernier, le gouvernement américain, après de multiples retards, va transférer dans les prochains jours, 120 millions de dollars (environ 10% du montant promis) au Fonds de reconstruction de la Banque Mondiale, à annoncé PJ Crowley, porte-parole du département d’État américain, qui précise que les instructions ont déjà été envoyées au département du Trésor pour le transfert.
Cet argent sera utilisé entre autres : pour l’enlèvement des débris, le logement, un fonds de garantie partielle pour des crédits, la réforme de l’éducation et l’appui budgétaire pour le gouvernement haïtien. Rappelons que les projets du Fonds de reconstructions doivent être approuvés par la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), co-présidé par l’ancien président Bill Clinton et le Premier Ministre haïtien, Jean Max Bellerive.
Les États-Unis ont déjà dépensé, plus de 1,1 milliard de dollars d’aide humanitaire en Haïti cette année, la majorité de ce montant dans les premières semaines suivant le séisme. La promesse de reconstruction fait partie d’un engagement financier distinct, destiné à soutenir la reconstruction et l’économie à long terme d’Haïti.
Dans les camps ou dans des abris de fortune au milieu des décombres, plus de 1,5 millions de sinistrés ne se font plus aucune illusion sur les promesses de l’internationale. Après le passage du l’ouragan Tomas, ils vivent maintenant dans la peur du choléra « Cet argent ira aux riches » à déploré un réfugié, « cela ne changera rien dans nos conditions de vie ».

 

A Haïti, Sean Penn a trouvé le rôle de sa vie

A Haïti, Sean Penn a trouvé le rôle de sa vie

« Papa Penn » C’est ainsi qu’on l’appelle, à Pétionville. Jeudi 4 novembre, il prépare le camp au possible passage de l’ouragan Tomas. Des rigoles sont creusées, l’hôpital de campagne est démonté… Mais, derrière lui, la tente igloo utilisée comme salle d’obstétrique reste en place pour accueillir d’éventuelles parturientes. | Photo Alfred de Montesquiou

A Hollywood, il a accumulé les récompenses, mais c’est dans l’ile dévastée qu’il a révélé sa véritable humanité

De notre envoyé spécial Alfred de Montesquiou – Paris Match – 12/11/10

Un groupe d’hommes fend la foule des réfugiés. Ils transportent un garçon en larmes, avec une plaie sévère à la jambe. Le chef du camp laisse immédiatement tomber la caisse qu’il déchargeait d’un camion pour venir en aide au blessé. Ce chef de camp en treillis camouflage, qui s’affaire, les pieds dans la boue, c’est Sean Penn. Petit, sec, nerveux, le visage crispé, il fume cigarette sur cigarette et dirige la manœuvre avec fermeté. Une course contre la montre pour arrimer solidement les logis de fortune, démonter l’hôpital de campagne et creuser des rigoles : l’ouragan Tomas fait route sur Haïti et menace plus d’un million de réfugiés entassés sous des tentes. « Nous préparons tout ce qui peut l’être, explique mister Penn. Nous essayons d’anticiper, de prévoir les dégâts éventuels : la liste est longue comme un jour sans pain. » Il allume une énième American Spirit avant d’ajouter, ­laconique : « C’est tendu. » Puis il reprend sa radio et continue de donner des ordres. Ici, le comédien ne joue aucun rôle. Depuis dix mois, il vit parmi les réfugiés haïtiens, presque en permanence.

Une implication sans faille, qui a convaincu l’Onu de confier la direction du camp de Pétionville, l’un des plus gros du pays, à J/P HRO, l’ONG créée par Sean Penn, après le tremblement de terre de janvier dernier, et qu’il dirige personnellement. Une demi-douzaine d’autres organisations humanitaires y interviennent. Sean Penn est donc responsable de la sécurité et des conditions de vie des 50 000 à 60 000 réfugiés… Voilà des mois qu’il s’évertue à rendre plus salubre ce labyrinthe de tentes et d’abris de fortune dressés sur l’ancien parcours de golf du Pétionville Club, autrefois repère des Haïtiens nantis de ce qui fut le faubourg « chic » de Port-au-Prince.

« Papa Penn, il travaille dur »

Avec Médecins sans frontières, Oxfam et d’autres ONG, Sean Penn a installé deux dispensaires, des écoles, des latrines, des stations d’eau potable, et distribué des milliers de kits de purification d’eau. Et, ce week-end, l’ouragan qui approche risque de réduire ses efforts à néant. Alors, il faut démonter dans l’urgence les cent lits qui venaient d’être installés à ciel ouvert pour les victimes de l’épidémie de choléra. Le vent souffle en rafales, les premières pluies s’abattent sur le camp. Tout le monde devient nerveux. Le gouvernement haïtien a invité les réfugiés à quitter les camps pendant la tempête. Sean Penn, lui, refuse de les évacuer : « On ne va pas dire aux gens de partir dans le reste du pays alors qu’ils risquent d’y contracter le choléra. » Mais il faut déplacer une centaine de familles qui vivent sur une pente vraiment trop raide, où une coulée de boue pourrait les emporter.

Dans tout le pays, des générations de paysans démunis ont coupé les arbres. Plus rien ne retient la terre détrempée. Les ouragans ont fait, par le passé, des centaines de victimes et le séisme a rendu la population encore plus vulnérable. Les réfugiés non plus ne veulent pas bouger : ils craignent que leurs terrains ne leur soient confisqués s’ils s’en vont. Les artisans, qui ont réussi à conserver quelques outils, craignent, quant à eux, des pillages en leur absence. Les discussions n’en finissent pas. Sean Penn s’immisce dans la palabre… Un interprète traduit ses propos en créole : « Les gars, on est prêts à discuter avec vous, tout le temps. Mais pas au point de bloquer tout le monde, sinon ça va être le chaos. » Les délégués semblent acquiescer. Ils ne cèdent pas à une star. Rares sont ceux qui ont une idée, même vague, de son statut hors d’Haïti. S’ils écoutent « M. Sean », c’est parce qu’ils l’ont vu travailler jour après jour à leurs côtés. En aparté, Joseph Stevenson, 26 ans, ancien ramasseur de balles au tennis du club, décrit certains humanitaires comme « un peu des touristes. Mais papa Penn, il est sympa, et il travaille dur. On le respecte ».

La nouvelle stature de Sean Penn en Haïti n’allait pas de soi. L’acteur a un long passé d’activiste que nombre d’Américains lui reprochent. Invité de Saddam Hussein en Irak, il a aussi visité l’Iran, le Venezuela et dialogué avec Fidel Castro. L’ex de Madonna, parfois agressif et même violent, a longtemps été considéré comme le mauvais garçon de Hollywood. A Port-au-Prince, il est arrivé six jours après le tremblement de terre, à bord de l’avion cargo qu’il avait affrété pour transporter une trentaine de médecins volontaires. Sean Penn s’est imposé. Aujourd’hui, plus personne ne le voit comme une vedette en mal de communication. Il arrive même que l’armée américaine s’inquiète pour sa sécurité. Et Sean Penn a découvert qu’il pouvait s’entendre avec les soldats et coordonner l’aide avec eux. Diana Jenkins, une riche activiste américaine, le soutient, mais c’est son propre argent que l’acteur a investi dans l’aventure. La styliste new-yorkaise Donna Karan lui a fourni les premières couvertures qu’il a distribuées.

Quelques sceptiques s’étonnent de le voir déambuler avec un pistolet Glock dans un étui de ceinture. Et le colonel du régiment américain sur place lui a remis une médaille (modeste). L’implication de Sean Penn en Haïti n’est pas sans raison. D’abord, le comédien a eu 50 ans cette année, et il s’est investi dans cette mission juste après son divorce avec Robin, qui a été sa compagne puis sa femme pendant vingt ans. Mais c’est encore un autre événement qui l’a très probablement décidé. Son fils, Hopper, a été victime d’un grave accident cérébral. Il a survécu par miracle. Après sa guérison, Sean Penn a souhaité donner en retour. « Je voulais aider ceux qui souffrent, a-t-il déclaré dans une interview au magazine “Vanity Fair”, mais je ne savais pas comment m’y prendre. Quand Haïti a sombré dans le chaos, il n’a pas hésité. Il clame qu’il n’en partira pas tant qu’il n’aura pas relogé tous les réfugiés de son camp.

Sans concession

Certes, il y a aussi un peu d’esbroufe. Les 8 Jeep, noires ou gris platine flambant neuves de sa petite agence humanitaire, ne passent pas inaperçues dans un pays où l’on ne croise que des tacots déglingués. Certains volontaires de son ONG prennent parfois un peu la pose dans leurs jolis tee-shirts. Mais le doute n’est pas permis : Sean Penn mène ses équipes sans concession. Les 10 salariés et les 30 volontaires vivaient, encore récemment, sous la tente… Comme leur patron d’ailleurs. Ils s’entassent à présent dans une maison très simple, et triment dur, encadrant 120 Haïtiens qui sont, eux, tous payés.

« Honnêtement, il n’y a rien de Hollywood ici, c’est du vrai travail, et difficile », affirme Alastair Lamb, le directeur pays de J/P HRO, qui a travaillé du Darfour au Niger et à l’Indonésie pendant le tsunami. L’insécurité est permanente dans le camp, les gangs tentent de s’infiltrer malgré la présence permanente des Casques bleus. Humanitaire chevronné, Alastair Lamb décrit Sean Penn comme « l’un des meilleurs patrons » qu’il ait jamais rencontrés : « Quelqu’un qui bosse, qui fait avancer les choses. » Depuis qu’Alastair Lamb est là, Sean Penn peut parfois s’absenter d’Haïti pendant plusieurs semaines et tourner à nouveau. « Quand il revient, raconte Alastair, on s’assied, il me prépare un café et je le briefe. Comme il est très rapide d’esprit, c’est vite fait. » Après la tempête, Alastair Lamb et Sean Penn ont été les premiers à regagner le camp. Les pluies torrentielles ont fait au moins 7 morts dans le pays, mais les réfugiés de Pétionville sont indemnes. Sous la pluie qui ne cesse pourtant pas de tomber, Sean Penn a rassemblé ses équipes. Le briefing a été des plus courts : « Bon, maintenant on repart sur le problème d’avant. Il faut tout de suite remonter le dispensaire pour le choléra. »

 

Haiti-Elections :

 La Fondation Heritage pour Haiti « inquiète de l’opacité qui entoure le financement des activités de la campagne électorale »

ALTERPRESSE / vendredi 12 novembre 2010

Communiqué de la Fondation Heritage pour Haiti (FHF) section haïtienne de Transparency International (TI)

Inquiète de l’opacité qui entoure le financement des activités de la campagne électorale 2010, La Fondation Héritage pour Haïti exhorte les candidats indépendants, les partis et plateformes politiques à rendre compte de leurs sources de financement en publiant la liste des subventions et dons reçus en espèces et en nature ainsi que leur provenance. La Fondation souhaite aussi la divulgation de la liste des dépenses effectuées dans le cadre des campagnes de chaque candidat.

LFHH rappelle que La loi électorale de 2008, en ses articles 134, 135 et 136, fait obligation aux candidats et partis politiques d’informer le Conseil Electoral sur la liste des dons reçus pour le financement de la campagne électorale.

« Article 134.- Tout don en espèces à un parti politique, groupement ou regroupement de partis politiques fait par une personne physique ou morale ne peut être supérieur à la somme de deux millions (2, 000,000) de gourdes par personne et par assemblée électorale. Ce don est déductible d’impôts pour le donateur.

Article 135.- Toute personne physique ou morale ayant fait un don de plus cent mille (100, 000) gourdes à un candidat, à un parti politique, groupement ou regroupement de partis politiques devra informer le Conseil Electoral.

Article 136.- Tout candidat, parti politique, groupement ou regroupement de partis politiques devra remettre au Conseil Electoral une liste détaillée et complète de tous les dons de plus de cent mille (100,000) gourdes faits par les personnes physiques ou morales à son organisation. » »

LFHH invite les candidats indépendants, les partis et plateformes politiques à observer ces dispositions légales en vue de démontrer leur engagement pour la transparence et la probité. Elle les encourage aussi à publier la liste des dépenses effectuées au cours de la campagne électorale.

Nul ne nie l’importance de l’argent en politique, les partis ayant besoin de toujours plus de ressources pour le financement de leur fonctionnement au quotidien et des campagnes électorales. Pour autant, l’argent ne doit pas servir à acheter l’accès au pouvoir de décision.

Les financements occultes ou d’origine douteuse peuvent provenir tant des entreprises corrompues qui comptent bénéficier du système de clientélisme qui a traversé nos deux siècles d’histoire que des réseaux franchement criminels et mafieux qui ne peuvent fonctionner que dans un régime de chaos et d’impunité fondé sur la connivence des décideurs. Ils posent non seulement un problème d’indépendance évident des autorités qui seront prochainement élues mais menacent d’anéantir toutes les aspirations des haïtiens et haïtiennes pour un changement réel dans la gouvernance de leur pays.

A quelques jours des élections, les partis et les candidats indépendants qui respectent les normes d’éthique et d’intégrité peuvent encore rassurer les citoyens en ce qui concerne l’origine de leur financement en divulguant la liste complète des contributions et des donateurs ainsi que la liste des dépenses de leurs campagnes. LFHH encourage tous les partis, plateformes et candidats indépendants à envoyer les listes aux médias, à l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) et à les afficher dans les sièges sociaux des partis avant la date du 22 novembre. L’électorat ne pourra que tirer ses propres conclusions sur les partis qui manqueront à ce devoir.

 

Haïti – Élections :

 Préoccupations de la mission de surveillance
HAITI LIBRE – 12/11/2010 08:44:12

Haïti - Élections : Préoccupations de la mission de surveillanceLa JEOM (Joint Election Observation Mission), mission conjointe OEA/CARICOM, en Haïti, continue de suivre la deuxième phase de la campagne électorale qui a commencé le 15 octobre dernier.
La JEOM est préoccupé par les incidents de violence liés aux élections qui ont eu lieu au cours des dernières semaines et invite les candidats à mener leur campagne dans une atmosphère calme et à afficher la tolérance, et le respect mutuel.
La Mission rappelle les partis politiques et les candidats, conformément à l’article 115.1 de la loi électorale, ils doivent informer la Police Nationale Haïtienne (PNH) deux jours à l’avance, de tout rassemblement public afin d’éviter des situations fâcheuses. De cette manière, ils contribueront au maintien d’un environnement sécuritaire.
La JEOM réitère sa préoccupation à l’égard de l’utilisation des ressources de l’Etat pendant la campagne électorale. La Mission appelle au respect des dispositions visant à garantir l’équité dans la course électorale. Les autorités de l’État doivent adopter une position ferme contre ceux qui enfreignent ces dispositions et s’assurer que les agents de l’État ne soient pas impliqués dans des activités liées à la campagne comme le souligne l’article 121 de la loi électorale.
Article 115.1
Lors des réunions publiques, les candidats doivent, pour des fins de sécurité, aviser la police quarante-huit (48) heures à l’avance, en indiquant le lieu, le jour, la date et l’heure.
Article 121
Un agent de l’autorité publique ne peut, dans l’exercice de ses fonctions, se livrer à aucune activité de propagande électorale en faveur d’un ou de plusieurs candidats, d’un ou de plusieurs partis, groupement politiques ou regroupements de partis politiques.

 

Haiti : SOS en faveur des clients de banques commerciales exposés à l’insécurité

ALTERPRESSE / vendredi 12 novembre 2010

Communiqué de presse du CARLI

Le Comité des Avocats pour le Respect des Libertés Individuelles (CARLI) constate que depuis quelque temps, le client d’une quelconque institution bancaire est en butte à d’énormes difficultés s’agissant de faire un dépôt ou d’effectuer un retrait à cause d’une longue file d’attente.

Mis à part cet inconvénient, le secret bancaire fait défaut dans la plupart de ces institutions, si bien que le client, immédiatement après avoir effectué un retrait et laissé les lieux est poursuivi par des bandits, informés même du montant décaissé, en connivence avec certains caissiers ou employés desdites banques.

Il ne se passe une semaine sans que des clients ne soient victimes du comportement malhonnête et criminel desdits employés de banque ; situation à la fois inacceptable et révoltante. Le dernier cas en date est celui d’un employé de Moulin d’Haïti, Paul Lemoine attaqué le 29 octobre dernier par des bandits à sa sortie de la UNIBANK de Damien. La victime a reçu deux (2) balles au ventre selon des informations relayées par Alerte Haïti.

Ces actes de brigandage se font parfois sous les yeux complaisants de la Police Nationale d’Haïti qui assez souvent prend du temps pour arriver sur les lieux et procéder à l’arrestation des bandits contrairement au prescrit formel de l’article 19 de la constitution du 29 mars 1987 selon lequel : « l’État a l’impérieuse obligation de garantir le droit à la vie, à la santé, au respect de la personne humaine, à tous les citoyens sans distinction, conformément à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ».

De plus, la constitution, en son article 269-1 stipule ‘’la police est créée pour la garantie de l’ordre public et la protection des vies et des biens des citoyens’’.

Face à ces actes de banditisme contre les clients des banques, le CARLI s’interroge sur la non présence des agents de police et même aussi de ceux de la MINUSTHA aux abords des institutions bancaires.

Le CARLI recommande :

1- aux Responsables des institutions bancaires particulièrement l’Association des Professionnels de Banque (APB)

a) d’installer des caméras de surveillance afin de détecter tout employé utilisant un téléphone portable pour communiquer avec l’extérieur à des fins illicites,

b) d’interdire à un employé caissier en service de transmettre un quelconque message en utilisant le portable, exception faite du responsable de la Banque ou de la succursale,

c) de visualiser constamment la caméra surveillance,

d) de simplifier la procédure de transaction en fournissant un minimum de confidentialité et de sécurité aux clients trop souvent exposés aux yeux des bandits dans de longues files d’attente sous le soleil ou parfois sous la pluie.

2- à la Police Nationale et aux Forces de la MINUSTAH

a) d’adopter des dispositions concrètes visant la surveillance de périmètre de chaque banque dans l’aire métropolitaine.

Il y va de l’avenir du pays car l’insécurité constitue, à bien des égards, un fléau pour le développement socio-économique d’Haïti.

Port-au-Prince, le 03 novembre 2010

 

Haïti – Économie :

Réouverture sous tension, des 3 marchés binationaux
HAITI LIBRE – 12/11/2010 10:51:26

Haïti - Économie : Réouverture sous tension, des 3 marchés binationauxAprès 4 semaines d’interruption, les 3 marchés binationaux de Dajabon, Jimani et Elías Piña ont réouvert aujourd’hui, sous haute sécurité, tant militaire que sanitaire. Le cordon sanitaire vise à s’assurer que les dominicains, qui viennent vendre ou acheter sur ces marchés, ne soient pas contaminés par le choléra en provenance d’Haïti.
Les 3 marchés disposent d’unités de soins, avec du sérum de réhydratation et du personnel de santé prêt à intervenir en cas de besoin. Le Ministère de la Santé dominicaine, à fait installer des toilettes mobiles et des lavabos pour la désinfection. Les hôpitaux de proximité ont réservé des chambres isolées pour accueillir d’éventuels cas de choléra. Des haut-parleurs diffusent des messages à l’intention des commerçants pour les inciter à se rendre aux installations sanitaires pour le lavage des mains où du savon et du désinfectant sont disponibles. L’ensemble de ces mesures sanitaires se déroulent sous une étroite surveillance militaire.
À Dajabon, tous les commerçants venant d’Haïti par le nouveau pont doivent passer par une porte contrôlée par l’unité spéciale du CESFRONT qui assure le contrôle des personnes et des marchandises.
Sur le marché de Dajabon, qui peut accueillir jusqu’à 3,000 commerçants et 18,000 clients au cours de ses marchés bi-hebdomadaire, les dominicains pourront vendre tous les types de produit incluant des produits alimentaires alors que les commerçant haïtiens peuvent vendre tout type de produits à l’exception de produit destiné à la consommation humaine.
Les relations restent tendues entre dominicains et haïtiens. La plupart des commerçants connaissent les dangers du choléra, mais ils ont besoin de vendre pour survivre. Pour les 4 dernières semaines, les résidents de Dajabón estiment que les perturbations du commerce à la frontière, depuis le début de l’épidémie de choléra, sont la cause d’un manque à gagner, d’environ 190 millions de pesos.

 

Entente entre les Barreaux de Montréal et de Port-au-Prince

Agence QMI  / 12/11/2010 10h59

Justice - Entente entre les Barreaux de Montréal et de Port-au-PrinceMONTRÉAL – Le Barreau de Montréal et le Barreau de Port-au-Prince, à Haïti, ont signé vendredi une entente de collaboration qui permettra aux avocats de Montréal d’apporter un soutien à leurs confrères haïtiens.

Dix mois après le séisme survenu en Haïti, deux des plus anciens barreaux francophones s’uniront dans une entente visant à créer un jumelage entre les deux communautés juridiques.

Ils mettront sur pied un comité conjoint qui garantira que les efforts des avocats d’ici seront utiles aux avocats de là-bas.

Ce jumelage permettra un échange entre les membres des deux barreaux et devrait aider les avocats haïtiens à reprendre leur pratique.

«Nous comprenons humblement que cette initiative du Barreau de Montréal n’éliminera pas les épreuves, la misère, la tristesse ou la faim de ce pays dans la tourmente, mais nous souhaitons qu’ils constituent, avec ceux des autres organismes d’entraide déjà en place, le début de la renaissance de la Perle des Antilles», a déclaré le bâtonnier de Montréal, Me Marc Charbonneau.

On retrouve à Montréal la plus grande communauté de juristes issus de la diaspora haïtienne à l’extérieur d’Haïti.

 

Haïti : Le social pris au piège de la politique et de l’humanitaire

Réflexion

Par Wooldy Edson Louidor

P-au-P., 12 nov. 2010 [AlterPresse] — Trois grands agendas semblent se chevaucher en Haïti dans une âpre lutte : le social, la politique et l’humanitaire. Mais, tout semble indiquer que le social est pris entre la valse électorale de la politique et le règne « assistancialiste » de l’humanitaire.

Quel sort est réservé à la « question sociale » en Haïti ? Par voie de conséquence, quel futur pour les droits humains, pour la citoyenneté et pour le développement en Haïti ?

La valse électorale

La majorité des acteurs politiques nationaux, ainsi que les patrons de la communauté internationale donnent l’impression de défendre à cor et à cris le maintien de la date fixée pour la réalisation des élections présidentielles et législatives, à savoir le 28 novembre, en dépit des inquiétudes accrues à cause de la propagation du choléra et des actes de violence émaillant la campagne électorale.

Pour leur part, les candidats continuent de faire campagne en vue d’obtenir les votes des électeurs à travers les dix départements du pays. Des partis et regroupements politiques, qui dans un premier temps se refusaient à participer aux élections, ont emboîté le pas en inscrivant leurs candidats et/ou en scellant des alliances avec d’autres groupes.

Tout parait indiquer que la menace du choléra ne pourra pas arrêter la valse électorale à laquelle un électorat attristé et en détresse est vivement invité par la communauté internationale, les dirigeants haïtiens et les candidats à remplir leur devoir civique.

Un électorat en détresse

D’autre part, la détresse de la population haïtienne, notamment les 1,3 million de sinistrés et les déplacés des camps, est marquée à feu et à sang par des priorités à caractère fondamentalement social : une meilleure réponse des autorités face au choléra en train de se convertir en pandémie, des logements décents et sécuritaires, des emplois dignes et réels, la satisfaction de leurs besoins primaires tels l’alimentation, l’eau potable, l’hygiène…

Les déplacés ne cessent de manifester, dans les différents médias de Port-au-Prince et dans les rues, leur refus de participer aux prochaines élections, tant qu’ils ne sont pas relogés dans des abris dignes et sûrs. Leurs cris désespérés semblent résonner dans des oreilles de sourds qui ne veulent entendre parler que des discours électoraux et réduire la condition de « citoyen » à celle de simple « électeur ».

Le règne de l’humanitaire

Dans cette logique, la démocratie se limite aux élections et à l’exercice des droits civils et politiques. « Et les droits économiques et sociaux ? » pourrait-on se demander. L’humanitaire semble s’en occuper, à sa manière, comme d’habitude, avec son cortège d’experts et d’institutions (les Organisations Non Gouvernementales et agences internationales).

Les organisations étrangères viennent au chevet d’un État haïtien irresponsable pour le supplanter surtout dans les domaines sociaux et économiques. Le logement, l’éducation, la santé, le service d’hygiène, l’emploi… cessent d’être des droits sociaux et économiques qui devraient être garantis par l’État à travers des politiques publiques cohérentes pour devenir des champs d’intervention des ONG et agences internationales. C’est le règne de l’assistance et de l’assistanat, sur lequel se greffent l’économie et l’organisation sociale.

Les rois de ce règne sont les bienfaiteurs qui semblent en bénéficier beaucoup plus que les sujets qui sont considérés plus comme des assistés (des bénéficiaires) que des citoyens dotés de droits fondamentaux. Les droits humains en général et le social, en particulier, deviennent des orphelins entre le règne de l’humanitaire et celui de la politique.

Jusqu’à quand la vraie démocratie à la fois politique et sociale en Haïti ? Quelle chance de développement pour Haïti ?

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