L’ACTUALITE DU MARDI 16 NOVEMBRE 2010

16 Nov

Le président Préval appelle au calme après les troubles en Haïti

ROMANDIE NEWS / ©AFP / 17 novembre 2010 00h03

PORT-AU-PRINCE – Le président haïtien René Préval a lancé mardi soir un appel au calme après les heurts qui ont opposé des manifestants à des casques bleus de l’ONU dans plusieurs villes en proie à une psychose du choléra.

« Créer le désordre et l’instabilité n’a jamais apporté de solution dans un pays qui traverse des moments difficiles », a déclaré le président dans un message préenregistré.

Il a dénoncé, sans les nommer, des groupes qui profitent de la situation du pays frappé par une épidémie de choléra et les intempéries pour semer le trouble, bloquer les routes et attiser la discorde entre la population, les autorités nationales et la mission de maintien de la paix de l’ONU (Minustah).

« Les tirs d’armes à feu, les jets de bouteille, les barricades de pneus enflammés ne permettront pas d’éliminer le germe du choléra. Au contraire, cela empêchera les malades de recevoir des soins et de livrer les médicaments là ou cela est nécessaire », a ajouté M. Préval.

Mardi de nouveaux heurts ont opposé des jeunes manifestants et des soldats de la Minustah dans plusieurs villes du pays. Au Cap-haïtien (nord), la deuxième ville du pays, des jeunes ont lancé des pierres et des bouteilles contre des véhicules des casques bleus, soupçonnés par une partie de la population d’avoir propagé la maladie.

« La seule façon de faire face au choléra, c’est de maintenir la solidarité avec les autorités nationales et la communauté internationale », a lancé M. Préval.

A l’approche des élections présidentielle et législatives, il a appelé les candidats et les partis à « se joindre à la chaine de solidarité pour combattre le choléra tout en poursuivant la campagne électorale ».

 

Un premier cas de choléra en République Dominicaine

ROMANDIE NEWS / ats / 17 novembre 2010 00:39

Un premier cas de choléra a été détecté mardi en République Dominicaine, a annoncé le ministre dominicain de la santé publique, Bautista Rojas, à Saint Domingue. Ce pays est voisin d’Haïti où plus de 1000 personnes ont déjà succombé à une épidémie de cette maladie.

Le patient décédé est « un homme de 32 ans, de nationalité haïtienne qui a été admis au centre hospitalier de la ville de Higuey », à 140 km à l’est de la capitale, a précisé le ministre, au cours d’une conférence de presse.

Depuis plusieurs semaines le gouvernement dominicain a mis en oeuvre de sévères mesures de contrôle pour prévenir le développement de cette maladie, extrêmement contagieuse.

La République dominicaine a notamment renforcé sa présence militaire à la frontière et limité le commerce avec Haïti, ainsi que l’entrée des Haïtiens sur le territoire dominicain.

Saint-Domingue a doublé ses effectifs à la frontière de 376 km de long séparant les deux pays se partageant l’île caribéenne d’Hispaniola pour empêcher l’entrée clandestine sur son territoire de citoyens haïtiens. Quelque 170 personnes ont déjà été arrêtées.

L’une des dernières mesures des autorités dominicaines est l’interdiction de la vente de vêtements d’occasion d’origine américaine et de chaussures canadiennes ou européennes, vendus par les commerçants haïtiens sur le marché de la ville frontalière de Dajabon et dans d’autres villes voisines d’Haïti.

 

Haïti – Épidémie :

 16,799 cas déclarés, 1,034 morts, la riposte s’intensifie
HAITI LIBRE – 16/11/2010 11:58:26

Haïti - Épidémie : 16,799 cas déclarés, 1,034 morts, la riposte s’intensifieLa flambée de choléra continue de se propager. « Nous avons des cas dans tous les départements » a déclaré hier Nigel Fisher, coordinateur de la l’action humanitaire pour les Nations Unies en Haïti « bien que les autorités haïtiennes ce week-end disent que seulement six des dix départements ont été touchés par la maladie » soulignant que « Selon les épidémiologistes, le nombre de cas va augmenter de manière significative.
Bilan au niveau national :
Le dernier bilan (cumulatif), en date de dimanche 14 novembre 2010 et publié aujourd’hui mardi, par le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) fait état de 16,799 hospitalisation depuis le début de l’épidémie soit 2,157 cas supplémentaires de plus que le dernier bilan du 12 novembre (+14.73 %) et 1,034 décès soit 117 nouveaux décès supplémentaires (+ 12,75 %).
Port-au-Prince et région métropolitaine :
À Port-au-Prince et la région métropolitaine (Port-au-Prince: Carrefour, Cité Soleil, Delmas, Kenscoff, Pétion-Ville, Port-au-Prince, Tabarre et Croix des Bouquets) il est fait état de 875 hospitalisation depuis le premier cas déclaré dans ces zones, soit 268 cas supplémentaires de plus que le dernier bilan (12 nov) (+ 44%) et 38 décès, soit 11 nouveaux décès supplémentaires (+ 40.74 %)
Note : Les comparaisons sont faites entre les bilans du 12 et du 14 novembre 2010. Les chiffres officiels, intègrent les données envoyées par les départements à la Direction de l’Épidémiologie et incluent désormais, les cas notifiés par les ONG et la Mission médicale cubaine.
Plus de 70 organisations interviennent contre la flambée de choléra en Haïti, parmi lesquelles le Comité International de la Croix Rouge (CICR), Médecins sans Frontière (MSF), Médin du Monde (MDM-Espagne), Merlin, International Medical Corps, Partners in Health (PIH), Save the Children, ainsi que des institutions des Nations Unies et des organismes bilatéraux. L’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS) et l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) coordonnent le Groupe Santé.
Le MSPP a élaboré une stratégie nationale pour lutter contre l’épidémie de choléra. Elle vise à protéger les familles au niveau communautaire, à renforcer les centres de soins primaires déjà opérationnels dans tout le pays. Actuellement, les services pour le choléra s’organisent en trois niveaux: les Centre de Traitement du Choléra (CTC), de grandes tentes indépendantes dont la capacité moyenne s’établit à 100-400 lits (actuellement 1,000 lits pour la zone métropolitaine de Port-au-Prince); les Unité de Traitement du Choléra (UTC), situées dans un établissement de santé ou à proximité immédiate et qui ont une capacité moindre que les CTC (en général 15 à 20 lits) et les Centre de Réhydratation Orale (CRO, au nombre de 300 environ dans tout le pays), qui traitent les patients dont le pronostic vital n’est pas engagé. Les UTC sont conçues pour permettre aux hôpitaux ou aux centres de santé de continuer à fonctionner normalement, tout en dispensant les soins pour les cas de choléra. Ils évitent à ce établissements d’être dépassés par l’afflux de patients et garantissent que les patients qui n’ont pas le choléra peuvent néanmoins être traités. La nécessité de mettre sur pied les UTC est apparue avec l’expérience de St- Marc, où les établissements de santé ont été rapidement dépassés par l’afflux de cas de choléra.
Les humanitaires pensent que les UTC et les centres de réhydratation seront le point d’entrée pour les patients présentant une diarrhée aqueuse sévère. Soit ils stabiliseront leur état et les renverront chez eux, soit ils les transfèreront aux CTC pour un traitement plus complet.
Les départements du Nord-Ouest, Nord et Nord-Est ont reçu des kits contenant suffisamment de médicaments et de fournitures pour soigner 60,000 personnes pendant un mois. L’OPS/OMS coordonnent l’action avec le MSPP pour procurer des quantités suffisantes de SRO à GrosMorne, Bassin-bleu et Port-de-Paix, dans les départements de l’Artibonite et du Nord-Ouest.
Les partenaires de ce groupe aident les 14 hôpitaux de Port-au-Prince, ainsi que des hôpitaux dans d’autres régions du pays, qui doivent avoir des UTC, afin de veiller à ce qu’ils disposent des services WASH, à savoir de l’eau, des latrines, des procédures de désinfection et des fournitures.
Les partenaires organisent un système de collecte des excréta dans les CTC et les UTC. Il y aura également une formation du personnel à la lutte contre les infections dans les CTC et les UTC. Ils donnent des instructions sur la désinfection, s’appuyant sur les lignes directrices de l’OMS.
Enfin, on procède à des estimations des fournitures et des équipements WASH qui seront nécessaires pour couvrir les 40 hôpitaux et les 300 établissements de santé où l’on prévoit de mettre en place des UTC et des CRO.

 

Le choléra fait plus de mille morts en Haïti, la situation reste tendue

De Clarens RENOIS (AFP) / 16-11-10

PORT-AU-PRINCE — La situation restait tendue en Haïti mardi, au lendemain de heurts entre casques bleus et manifestants en colère contre la gestion par les autorités de l’épidémie de choléra qui a fait plus de mille morts, avec des barricades en feu et des tirs sporadiques par endroits.

Des barricades de pneus en feu ont été érigées à Cap-Haïtien (nord) et Hinche (centre), et des tirs sporadiques s’y sont produits, a indiqué à l’AFP un responsable de la police de la capitale Port-au-Prince sous couvert d’anonymat.

Des heurts avaient éclaté lundi dans ces deux villes, faisant deux morts et quatorze blessés à Cap-Haïtien et six blessés parmi les soldats de l’ONU à Hinche. L’ONU a reconnu lundi avoir tiré, en état de légitime défense, sur un des hommes qui est décédé.

« On est en train de suivre l’évolution de la situation dans d’autres villes où il y a eu des tentatives de manifestations ce matin », a ajouté le responsable de la police, indiquant que le ministre de l’Intérieur Paul-Antoine Bien-Aimé et le directeur général de la police Mario Andrésol allaient se rendre dans le nord du pays pour tenter de ramener le calme.

A Cap-Haïtien, deuxième ville du pays située à quelque 300 km au nord de Port-au-Prince, des manifestants avaient mis le feu lundi à un commissariat. Les écoles étaient restées fermées, certains parents refusant d’y envoyer leurs enfants de peur qu’ils soient contaminés par le choléra.

Le même jour à Hinche, des casques bleus népalais, accusés par une partie de la population d’avoir propagé l’épidémie de choléra, avaient été la cible de jets de pierre lors d’un rassemblement de quelque 400 personnes.

Une rumeur affirme que l’épidémie a été causée par les fosses septiques d’une base de l’ONU situé près de Mirebalais (centre), où beaucoup de soldats népalais sont stationnés.

« De fausses rumeurs » pourraient avoir été la cause des attaques d’une partie de la population contre les soldats népalais, a déclaré mardi à l’AFP Ramindra Chhettri, porte-parole de l’armée népalaise. Mais les tests sanitaires effectués auprès de nos soldats prouvent qu’ils n’ont rien à voir avec l’épidémie, a-t-elle précisé.

L’armée népalaise a renforcé la protection de son millier de casques bleus travaillant dans le pays avec la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah).

Dans un communiqué publié lundi soir, cette dernière a dénoncé « des actes de violence contre les forces de l?ordre haïtienne et onusienne ». « La façon dont les événements se sont déroulés porte à croire que ces incidents ont une motivation politique, visant à créer un climat d?insécurité à la veille des élections », a ajouté la Minustah. Des élections présidentielle et législatives sont prévues le 28 novembre prochain.

Fin octobre, un centre de traitement du choléra de Médecins sans Frontières à Saint-Marc (centre) avait été attaqué par des manifestants qui redoutaient une propagation de l’épidémie. Aucun blessé grave n’avait été déploré.

Le ministère de la Santé haïtien a indiqué mardi que l’épidémie de choléra avait fait jusqu’à présent 1.034 morts, soit 117 de plus que le dernier bilan fourni dimanche. Le ministère haïtien a dénombré aussi 16.799 hospitalisations depuis le début de l’épidémie, soit 2.157 de plus que lors du dernier bilan. Il a aussi fait état de 38 décès à Port-au-Prince, contre 27 précédemment.

Les mauvaises conditions d’hygiène dans les camps de réfugiés du séisme du 12 janvier font craindre une progression rapide du choléra, maladie hautement contagieuse, dans le pays le plus pauvre des Amériques.

 

Mirlande Manigat

Haïti: « Les causes du choléra sont politiques »

Par Vincent Hugeux, L’EXPRESS.FR, publié le 16/11/2010 à 10:30

Mirlande Manigat pourrait conquérir la présidence à la faveur d’un scrutin dont le premier tour est programmé le 28 novembre.

Haïti: "Les causes du choléra sont politiques"

Le fait d’être une femme est sans nul doute l’un des atouts de ma candidature.

Joe Raedle/Getty Images/AFP

Candidate du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNC), Mirlande Manigat a de sérieuses chances de sortir en tête du premier tour, le 28 novembre. Du moins si l’on en croit les trois sondages conduits par le Bureau de recherche en informatique et en développement économique et social (Brides). Le dernier en date, publié le 11 novembre, la crédite de 30,3% des intentions de vote, soit plus de neuf points de mieux que Jude Célestin, dauphin du chef de l’Etat sortant René Préval, investi par le parti Inite (Unité en créole). Vice-recteur de l’Université Kiskeya et professeur de droit constitutionnel, l’épouse de l’ex-président Leslie Manigat souffre pourtant d’un handicap: elle parle plus en juriste et en politologue qu’en « bête de meeting ». Samedi dernier, cette ancienne sénatrice a répondu aux questions de Clarens Renois, correspondant de l’Agence France-Presse à Port-au-Prince, et de l’envoyé spécial de L’Express.

En quoi les élections combinées programmées le 28 novembre -présidentielle, législatives, sénatoriales partielles- constituent-elles un enjeu singulier?

Il s’agit en effet d’une campagne très particulière. Si les scrutins ont été couplés, l’intérêt éveillé par la présidentielle écrase l’ensemble du processus. Le microcosme Lavalas [allusion au mouvement fondé par l’ex-président Jean-Bertrand Aristide, contraint à l’exil le 29 février 2004] présente plusieurs candidats, bien qu’Aristide, qui bénéficie toujours d’une certaine popularité, n’en ait adoubé aucun. 

L’enjeu pour cette mouvance fragmentée réside dans la préservation ou l’effritement de son électorat. Quant au parti Inite [celui du chef de l’Etat sortant René Préval], il avait dans un premier temps envisagé d’investir l’ancien Premier ministre Jacques-Edouard Alexis. Avant de se raviser et de désigner, en la personne de Jude Célestin, le pire prétendant possible. A l’évidence, ce choix ne passe pas. 

Autre phénomène notable: l’intérêt populaire croissant pour cette échéance. Longtemps, nombre d’électeurs ont pensé que le scrutin n’aurait pas lieu, d’où une impression d’apathie générale, davantage perceptible dans la zone de Port-au-Prince qu’en province. Disons que la capitale a pris le train en marche. 

Les plaies béantes du séisme du 12 janvier dernier le choléra, les ouragans et autres tempêtes tropicales: est-il sage de maintenir le rendez-vous à la date prévue?

Il survient à un moment charnière. Lesté par les conséquences du tremblement de terre et la propagation du choléra, génératrice de panique, le contexte n’est pas objectivement favorable à la tenue d’élections. La maladie, qui avait disparu, a fait son retour à l’état épidémique; elle s’installera à l’état endémique. Même si l’on parvient à juguler sa diffusion, il faudra pour l’extirper entreprendre une intense politique de prévention. 

Le gouvernement a tenté d’utiliser la crise du choléra pour retarder les élections 

Je me refuse pour ma part à exploiter ce fléau pour des motifs électoraux. Reste que ses causes sont politiques, car elles renvoient aux carences de la gestion de l’eau. Environ 40% de la population de la capitale a accès à l’eau potable ; proportion moitié moindre dans le reste du pays. Les fleuves et rivières constituent la source n°1 d’alimentation d’Haïti. Or il suffit de longer un cours d’eau vers l’aval pour voir, tous les 300 mètres, des femmes y laver le linge et les enfants, s’y baigner et y faire leurs besoins. 

Le gouvernement a tenté d’utiliser la crise du choléra pour retarder les élections. Mais ce ne serait pas raisonnable. Rien ne dit que nous n’aurons pas dans un mois davantage de décès et de malades. Différer jusqu’à quand? Six mois? Un an? C’est peut-être le mauvais moment, mais il n’y en aura pas de bon dans les années à venir. 

Quel crédit accordez-vous aux sondages qui vous promettent de virer en tête le 28?

Ma formation en sciences politiques m’a rendu familière de ces photographies de l’opinion à l’instant T, qui ne sont apparues en Haïti qu’en 1986. J’aurais mauvaise grâce à dénoncer un procédé conduit conformément à une méthodologie aussi classique que correcte, et dont je bénéficie de manière continue, comme l’atteste la progression de mon score entre la deuxième et la troisième enquête. Satisfaction donc, mais sérénité. 

Je le dis a mes équipes: ces sondages doivent nous inciter à travailler davantage encore. Ils ont bien sûr un impact politique. Des candidats mal placés envisagent maintenant un ralliement; ceux qui n’ont jamais franchi le seuil des 1% d’intentions de vote cessent d’ailleurs d’engager des frais. Ce mouvement, déjà perceptible, s’amplifiera à l’heure de la quatrième et dernière enquête, qui sera publiée peu avant le jour J. Je suis aujourd’hui approché par des rivaux prêts à se désister en ma faveur, soit qu’ils m’en informent directement, soit qu’ils me le fassent savoir par des tiers. 

On peut tirer de ces indices convergents deux enseignements: la consolidation de l’hypothèse d’un second tour entre Mirlande Manigat et Jude Célestin; le rejet de la politique gouvernementale. S’il est bien sûr trop tôt pour parler d’un vote-sanction, un tel phénomène paraît probable. J’espère en outre élargir sous peu mon socle de soutiens. L’Eglise protestante pourrait ainsi se prononcer en ma faveur. La Conférence épiscopale, côté catholique? Je n’y crois pas trop. En revanche, il est probable que des curés appelleront en chaire à voter pour moi, et que certains évêques manifesteront à titre individuel leur préférence. C’est ainsi que celui des Gonaïves a tenu récemment à me recevoir à dîner. 

Compte tenu de la couleur du parlement, votre victoire ne dessinerait-elle pas le plus court chemin vers l’impasse institutionnelle?

De nombreux électeurs redoutent le schéma de la cohabitation. La présidence pour moi; le parlement au parti Inite. Auquel cas la primature reviendrait automatiquement à cette formation. Si ce scénario prévaut, je m’inclinerai: je suis constitutionnaliste, mais aussi légaliste. Le Sénat semble imprenable: Inite détient déjà 12 sièges, il lui suffit d’en conquérir 4 sur les 11 à pourvoir. En revanche, du côté de la Chambre des députés, l’affaire paraît certes difficile, notamment du fait des risques de combines et de fraudes, mais pas injouable. Mon espoir, c’est que la perspective d’une telle cohabitation, donc la menace d’une crise institutionnelle, amplifie le rejet évoqué précédemment. 

Haïti passerait-il alors du statut de pays en partie ingouverné à celui de pays totalement ingouvernable?

Ce danger existe. Depuis que j’admets la possibilité, voire la probabilité, d’une victoire, il s’agit là de mon souci majeur. Je m’assigne donc trois objectifs: obtenir, en cas de second tour, un mandat populaire clair, avec un score supérieur à 55%, afin que ma légitimité ne puisse être contestée; sceller des alliances dès le premier tour; et, grâce à la dynamique ainsi créée, priver Inite de la majorité absolue parmi les députés. Pas facile: le pouvoir a corrompu les élus de la législature qui s’achève, soit par l’argent, soit sous forme de projets financés dans leur circonscription. Ceux-là savent que je ne serai pas la présidente de leurs rêves; avec moi, ils ne pourront pas perpétuer leurs habitudes.  

Le fait d’être une femme est-il à Haïti un atout ou un handicap?

C’est sans nul doute l’un des atouts de ma candidature. Laquelle s’inscrit dans un élan national et international. Notre société n’est pas misogyne, mais le rôle dévolu à la femme sur l’échiquier politique a longtemps été secondaire. Par ailleurs, la victoire récente de Dilma Rousseff au Brésil contribue à créer un climat propice. D’autant que le pays qu’elle préside désormais est très présent chez nous, et depuis longtemps, ne serait ce que par l’importance de son contingent au sein de la Minustah [Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti]. Nombre d’électeurs et d’électrices se disent ceci: les hommes on toujours échoué; donnons lui sa chance. Une dernière chance. Ce qui bien entendu accroît l’acuité du défi. Disons que je bénéficie d’un préjugé favorable, que je suscite un espoir dubitatif. 

Haïti est-il un pays souverain?

Nous nous trouvons dans une situation de tutelle militaire et économique. Qu’est-ce qu’une nation souveraine dont la communauté internationale finance 60% du budget et 80% du coût des élections prochaines? Au nom de la continuité de l’Etat, je m’engage à assumer le Plan de sauvetage national arrêté par l’équipe sortante. Mais je tâcherai de me montrer dure quant à la révision de l’ordre des priorités, des mécanismes de décision et du rôle excessif confié aux ONG. Entre la petite Haïti et la nébuleuse étrangère, il y a inégalité de puissance. Je ne prétends pas imposer une égalité parfaite, mais au moins faire prévaloir notre dignité. Par la voie de la négociation, non de la confrontation. 

Votre mari, l’ancien président Leslie Manigat, évincé en 1988 par un coup d’Etat militaire après n’avoir siégé que 120 jours au Palais National, serait-il aussi votre mentor?

Le nom de Manigat est un avantage. Mais mon époux s’est retiré pour de bon de la scène politique; il ne participe pas à ma campagne. Bien entendu, je prendrai conseil auprès de lui, tant il serait absurde de se priver de son expérience et de son exceptionnelle intelligence politique. Mais il ne jouera en aucun cas un rôle de prince consort. 

 

L’Onu incrimine des agitateurs à Haïti

Les Nations unies ont imputé mardi à toute une série d’éléments criminels et politiques les attaques dont les casques bleus ont été victimes la veille dans deux villes haïtiennes.

L'Onu incrimine des agitateurs à Haïti

VIOLENCES CONTRE DES CASQUES BLEUS À HAÏTI SUR FOND DE CHOLÉRA

Pour le chef de la Minustah, Edmond Mulet, ces agitateurs ont profité de la psychose autour de l’épidémie en cours de choléra pour tenter de saboter les élections présidentielle et législatives prévues le 28 novembre.

Lundi, Cap-Haïtien et Hinche ont été le théâtre d’émeutes populaires dirigées contre les casques bleus népalais de la Mission de stabilisation de l’Onu en Haïti, accusés d’avoir propagé le choléra sur l’île caraïbe. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a dû démentir semblable allégation.

L’épidémie, qui a éclaté il y a un mois dans le centre avant de gagner Port-au-Prince où vivent des milliers de rescapés du tremblement de terre du 12 janvier, a franchi le seuil du millier de morts.

La capitale, mardi, était calme et des renforts de casques bleus – ils sont 12.000 en tout sur l’île – équipés de véhicules blindés ont été dépêchés à Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays, où la Minustah et la police haïtienne redoutent de nouvelles violences.

Un petit groupe de manifestants a scandé mardi matin des slogans hostiles aux Nations unies et lancé des pierres à proximité du QG de la Minustah mais on ne signale aucun nouvel acte important de violence.

A Hinche, le porte-parole des casques bleus, André Leclerc, a déclaré à Reuters que la situation était calme.

LATRINES ONUSIENNES

« Ce qui s’est passé lundi n’est en rien spontané« , a estimé le patron de la Minustah dans un courriel adressé à Reuters. Il a ajouté que selon l’Onu, les violences qui se sont déroulées à Cap-Haïtien avaient été « bien planifiées et concertées« .

« Des empêcheurs de tout acabit, d’anciens membres de l’armée haïtienne, certains responsables politiques, des criminels, des groupes hostiles aux élections se cachent derrière ces incidents« , écrit le Guatémaltèque Edmond Mulet. « L’épidémie de choléra est tombée à point nommé pour que ces gens-là, qui ont créé ce genre de situation« .

Le patron de la Minustah croit néanmoins que les élections peuvent toujours être un succès.

« Nous nous attendions à ce genre d’incidents, qui ont déjà eu lieu dans le passé avant une consultation. Mais la vaste majorité des Haïtiens souhaitent des élections, et ce malgré des initiatives de dernier ressort de la part de forces anti-démocratiques« .

L’hostilité contre les casques bleus est tout particulièrement dirigée contre le contingent népalais, cantonné dans la province du Centre où coule le fleuve Artibonite, au coeur de toutes les rumeurs sur le choléra.

Les Nations unies ont ainsi réfuté à plusieurs reprises l’allégation selon laquelle l’épidémie serait partie des latrines des casques bleus népalais installées au bord de la rivière.

Selon les dernières statistiques publiées mardi par le ministère de la Santé, l’épidémie de choléra a fait au 14 novembre 1.034 morts dans l’île, et 16.799 personnes ont été hospitalisées pour y être soignées.

 

Haiti-Choléra/MINUSTAH :

 Nouvelle matinée de tension au Cap Haitien

P-au-P., 16 nov. 2010 [AlterPresse] — La situation était encore tendue dans certains quartiers du Cap Haitien, tôt dans la matinée de ce 16 novembre, au lendemain d’une journée de violentes manifestations contre la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti (MINUSTAH), qui ont fait deux morts et une vingtaine de blessés, selon diverses sources.

Des barricades de pneus enflammés jonchaient toujours les rues en milieu de matinée et les activités étaient paralysées, selon des témoignages recueillis par AlterPresse.

Le porte-parole de la MINUSTAH, Vincenzo Pugliese, a indiqué qu’une personne a été tuée, la veille, à Quartier Morin, en périphérie de la ville, lors d’échauffourées entre « des éléments armés » et des soldats de la mission onusienne. Selon lui, ces derniers ont tiré en « légitime défense ».

Un autre décès s’est produit au cours de l’après-midi à la rue 24, où le corps d’un jeune homme tué par balle a été retrouvé, a indiqué la station privée Radio Kiskeya.

Une enquête serait en cours pour déterminer les circonstances de ce décès, selon Pugliese.

Selon divers médias locaux au moins 19 personnes ont été blessées, dont une quinzaine par balles.

A Hinche (Est) des gens étaient massés en milieu de journée devant la base népalaise de la MINUSTAH.

Les manifestations de la veille ont fait six blessés parmi les agents de la mission, selon son porte-parole. Cinq manifestants ont également été blessés, selon les témoignages recueillis.

La MINUSTAH est accusée d’avoir introduit en Haiti la bactérie du choléra qui a officiellement tué un millier de personnes en 3 semaines.

L’épidémie est partie de Mirebalais (Est) où la base népalaise installée prés d’un affluent du fleuve Artibonite est soupçonnée de l’avoir contaminée en y versant des matières fécales.

 

Émeute à Cap-Haïtien, 16 blessés, 2 morts
HAITI LIBRE – 16/11/2010 09:37:35

Haïti - Social : Émeute à Cap-Haïtien, 16 blessés, 2 mortsLundi, une importante manifestation, initialement pacifique, à Cap-Haïtien, une ville située à près de 300 km au nord de la capitale Port-au-Prince, à rapidement tournée à la violence et à l’émeute. Les manifestants réclamaient le départ de la Minustah du pays et une meilleure gestion de la crise sanitaire. En début d’après-midi, des manifestants avaient coupé l’accès du pont qui relie les départements du Nord et du Nord-Est.
Les forces de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (Minustah) et la Police Nationale Haïtienne (PNH) sont rapidement intervenus afin de tenter de disperser les manifestants en colère, a coup de gaz lacrymogène.
Plusieurs centaines (des témoins parlent de plusieurs milliers) de manifestants, armés de bâtons et de barre de fer, ont réagit en jetant des pierres et tes bouteilles sur les forces de l’ordre. Les manifestant ont essayé en vain, d’atteindre deux bases de la Minustah au Cap-haïtien, l’une occupée par des chiliens et l’autre par des népalais pour leur demander de quitter la ville et le pays. Les citoyens appelaient les autorités à assumer leurs responsabilités, d’autres lançaient des slogans hostiles au gouvernement.
De plus, la population accuse les autorités sanitaires de mal gérer le choléra. L’épidémie de choléra a déjà fait plus de 200 morts dans le Nord du pays dont une centaine à Cap-Haïtien, selon un responsable local du ministère de la Santé. Des cadavres de personnes mortes de choléra jonchaient pendant le week-end les rues de la ville. « Au moins 20 cadavres ont été ramassés depuis vendredi par les autorités sanitaires » a rapporté un responsable de la ville.
La tension est rapidement montée et des barricades de pneus enflammés ont été érigées dans plusieurs rues de la ville, deux sous-commissariats ont été incendiés et des véhicules qui se trouvaient à l’intérieur ont été incendiés, des pare-brises de véhicules ont été cassés, a rapporté la police.
Les forces de l’ordre ont fait usage de leurs armes. Vincenzo Pugliese, porte-parole de la Minustah a déclaré dans un premier temps que c’était les policiers nationaux qui avaient tiré. Une Information rejetée par Canéus Joanis, le directeur départemental de la PNH qui a tenu a préciser, que des instructions avaient été données aux agents pour ne pas utiliser leurs armes « Nous n’avons pas tiré » a affirmé le directeur « Nous sommes intervenus pour disperser la manifestation ». Il n’a toutefois pas été en mesure de préciser d’où venaient réellement les tirs qui ont blessé des manifestants et fait deux morts. Il n’a  pas écarté qu’il y ait eu des gens armés dans la manifestation qui auraient tiré sur les forces de l’ordre.
Ces émeutes ont fait 2 morts par balles et au moins 16 blessés dont 2 sont dans état grave d’après une source policière. Le corps d’un des deux manifestants tué a été retrouvé devant une base de la Minsutah à Quartier-Morin, une localité de la banlieue de Cap-Haïtien. Une enquête a été ouverte pour déterminer avec précision les circonstances de ce décès.
Le juge de paix Bimps Noël, qui a fait le constat des décès à déclaré en parlant des casques bleus « Dans un premier temps, ils ont tiré pour disperser les manifestants et, dans un deuxième temps, j’ai l’impression qu’ils ont tiré à hauteur d’homme »
Le Dr Yves Jasmin, directeur départemental du ministère de la Santé à indiqué avoir reçu de nombreux blessés, précisant que l’usage de grenades lacrymogènes à fait des blessés, ainsi que les mouvements de foule. Il n’a pas pu préciser le nombre exacte des blessés ni les 2 blessés graves.
Plus tard dans la journée, les forces onusiennes ont reconnu avoir tiré sur un manifestant « Il s’agit d’un manifestant qui a tiré en direction d’un soldat, et le soldat a riposté en légitime défense » a affirmé le porte-parole de la Minustah, qui déplore les actes de violence contre les forces de l’ordre haïtienne et onusienne survenus au cours des manifestations violentes au Cap-Haïtien.
« La façon dont les événements se sont déroulés porte à croire que ces incidents ont une motivation politique, visant à créer un climat d’insécurité à la veille des élections » a déclaré la Minustah dans un communiqué, appelant la population à rester vigilante et à ne pas se laisser manipuler par des ennemis de la stabilité et de la démocratie.
Le candidat a la présidence, Leslie Voltaire qui était en campagne dans la région du grand Nord, a appelé les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux à intervenir de manière a calmer la population et a lui redonner confiance « La réponse doit être sanitaire et rapide et non policière, sinon ce mouvement risque de gagner d’autres régions du pays ».
Des tirs ont été entendus jusqu’en fin de journée dans le quartier de Carrénage. Au Cap-Haïtien, la situation était toujours tendue dans la nuit de lundi à mardi. Selon des témoins, des tirs sporadiques ont été entendus dans la ville, tandis que des bandes de pillards avaient commencé à saccager un entrepôt de nourriture d’une organisation internationale. Les citoyens du Cap ont annoncé la poursuite de leur mouvement.

 

Haïti – Épidémie :

 Le choléra fait des victimes dans les prisons
HAITI LIBRE – 16/11/2010 05:14:41

Haïti - Épidémie : Le choléra fait des victimes dans les prisonsAprès la mort, le mois dernier, de 5 détenus à la prison Civile de Hinche (du choléra), c’est au tour du Pénitencier Nationale d’être touché par l’épidémie de choléra. Au cours des derniers jours, 4 détenus sont décédés, a rapporté un porte parole de la Police Nationale Haïtienne (PNH), indiquant que plus d’une dizaine d’autres présentaient tous les symptômes du choléra.
Le Pénitencier National, principal centre carcéral de la capitale, abrite 1,469 détenus (chiffre d’octobre 2010) et les conditions de vie infra humaine font passer les camps de réfugier pour des endroits ou il fait bon vivre. Mme Danielle Boisvert, qui dirige l’unité correctionnelle de la Minustah depuis le 1er juin 2010 avait déclaré en septembre dernier « En moyenne, chaque détenu en Haïti, a accès à moins de 1 m2 et dans certaines prisons, tel que le Pénitencier National, ils ont moins de 0,5 m2. Dans moins d’un demi-m2, une personne ne peut pas dormir étendue ni même accroupie » des conditions idéales pour la propagation du choléra.
Marie-Yolaine Gilles, du réseau haïtien de défense des droits de l’homme à alerté les autorités sur la situation des détenus, alors que la maladie a fait son entrée dans les prisons. « Les malades sont actuellement soignés par la Croix Rouge à l’infirmerie du pénitencier » a t-elle confirmé. Dans l’enfer des prisons, maintenant il y a pire : le choléra.

 

Haïti: les Casques bleus népalais pris pour cible par des manifestants

LIBERATION / 16-11-10

(REUTERS/Logan Abassi/UN/MINUSTAH/Handout)

L’armée népalaise a indiqué mardi avoir renforcé la protection des casques bleus népalais, accusés par une partie de la population haïtienne d’avoir propagé l’épidémie de choléra dans ce pays.

Selon l’armée népalaise, dont un millier de soldats travaillent avec la mission de l’ONU à Haïti, «de fausses rumeurs» pourraient avoir été la cause des attaques d’une partie de la population contre les soldats népalais lundi.

«Nous sommes inquiets» et «la police haïtienne aide les casques bleus à se protéger des attaques», a déclaré Ramindra Chhettri, porte-parole de l’armée népalaise. Des heurts ont éclaté lundi en Haïti entre casques bleus et manifestants en colère contre les soldats de l’ONU et la gestion du choléra par les autorités, faisant deux morts et plusieurs blessés. L’ONU a reconnu avoir tiré, en légitime défense, sur un des hommes décédés.

Les casques bleus népalais ont été la cible de jets de pierre lors d’une manifestation à Hinche (centre). Une rumeur affirme que l’épidémie de choléra, qui a fait plus de 900 morts jusqu’à présent, a été causée par les fosses septiques d’un camp situé près de Mirebalais (centre), où beaucoup de soldats népalais sont basés.

Mais les tests sanitaires effectués auprès des soldats népalais prouvent qu’ils n’ont rien à voir avec l’épidémie, a précisé Ramindra Chhettri.

 

Haïti-Rép. Dominicaine :

 10 morts, 17 blessés dans un accident de circulation lié à un trafic de personnes

P-au-P, 16 nov. 2010 [AlterPresse] — Une dizaine de ressortissants haïtiens sont morts et 17 autres blessés, dans la nuit du 1er au 2 novembre 2010, quand un véhicule transportant un groupe de sans papiers a percuté un arbre en direction de Santiago de Los Caballeros (Nord de la République Dominicaine), rapporte, dans une note transmise à AlterPresse, le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr) citant les témoignages de rescapés de l’accident.

Les victimes de l’accident de début novembre faisaient partie d’un groupe de 150 Haïtiennes et Haïtiens, emmenés depuis Jacmel (Sud-Est d’Haïti) à Ouanaminthe (un des points frontaliers du Nord-Est d’Haïti) le 28 octobre par un trafiquant du nom de Voyèle Lafleur, contre un paiement de 4,000.00 gourdes chacun, affirment les blessés.

Arrivés dans la localité frontalière de Meillac, « le trafiquant nous a répartis en petits groupes de 30 personnes afin de faciliter l’entrée en territoire voisin ».

Après avoir passé 3 nuits dans les buissons, les voyageurs clandestins ont essuyé, sains et saufs, des tirs d’une patrouille militaire avant l’accident fatal qui a fait 10 morts et 17 blessés.

Les accidents mortels, liés à la traite et au trafic de personnes, se produisent de façon répétée en divers endroits sur le territoire dominicain, notamment au Nord du territoire voisin d’Haïti.

Contrairement à la République Dominicaine, aucune législation spécifique, punissant la traite et le trafic de personnes, n’existe en Haïti, malgré la ratification, en mars 2009, par le parlement haïtien de la convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et ses deux protocoles additionnels, dont celui relatif à la traite et le trafic de personnes, signale le Garr.

 

Haïti-Canada/Culture :

 17 auteurs haïtiens participeront à la 33e édition du salon du livre de Montréal

P-au-P, 16 nov. 2010 [AlterPresse] — 17 auteurs haïtiens sont invités à participer à la 33e édition du salon du livre de Montréal, qui se déroulera du 17 au 22 novembre, apprend l’agence en ligne AlterPresse.

Cette initiative est prise dans le cadre de l’événement « Haïti Solidarité », qui se déroule sous la présidence de Dany Laferrière (Prix Médicis 2009).

« Haiti Solidarité », mise en place par les éditions Mémoire d’Encrier en collaboration avec le Salon du livre de Montréal, doit contribuer à faire connaître la richesse et l’originalité de la littérature haïtienne.

Trois tables rondes seront organisées sous les thèmes « Refonder Haïti par qui, pour qui, pour quoi ? », « Lire et écrire en Haïti aujourd’hui » et « Écrire le séisme »

Les auteurs présenteront plus de 200 titres et dialogueront autour des thèmes de la culture, la littérature et l’imaginaire.

Le salon du livre est une manifestation annuelle, publique, visant la promotion de la lecture tout en favorisant le contact entre le public et les auteurs.

Par ailleurs, le thème de la reconstruction est au centre d’un livre récemment publié par le Groupe de réflexion et d’action pour une Haïti nouvelle (GRAHN) et qui a été l’occasion, le 3 novembre dernier, d’une importante manifestation culturelle à l’Université de Montréal.

Plusieurs thèmes, tels : la reconstruction, l’environnement, la culture, le patrimoine, sont abordés dans cet ouvrage.

 

Haïti – Épidémie :

 Nigel Fisher, fait le point sur l’épidémie
HAITI LIBRE – 15/11/2010 16:40:12

Haïti - Épidémie : Nigel Fisher, fait le point sur l’épidémie« Le nombre de cas continu de croître rapidement, comme prévu » a dit Nigel Fisher, coordinateur de la l’action humanitaire pour les Nations Unies en Haïti lors d’une vidéoconférence avec des journalistes au siège de l’ONU à New York.
« Nous avons des cas dans tous les départements » a déclaré Fisher, « bien que les autorités haïtiennes ce week-end disent que seulement six des dix départements ont été touchés par la maladie » soulignant que « Selon les épidémiologistes, le nombre de cas va augmenter de manière significative […] cela pourrait durer des années, ici, en Haïti, nous sommes dans un pays inconnu » a-t-il ajouté.
« C’est maintenant une question de sécurité nationale » en faisant allusion aux manifestation d’aujourd’hui à Cap Haïtien contre l’installation de Centres de Traitement du Choléra dans les quartiers de la ville. « La population craint que ce soit une menace pour leur santé ». Selon une information rapportée, des manifestants auraient été blessés, lors de cette manifestation, par des éléments de l’Unité Départementale de Maintien d’Ordre (UDMO) de la Police Nationale d’Haïti (PNH) qui auraient ouvert le feu en direction d’un groupe de manifestants. En représailles, des manifestants auraient incendié deux sous-Commissariats.
« La stratégie de communication est d’élargir, non seulement l’information sur la façon dont les gens peuvent se protéger grâce à une meilleure hygiène mais aussi de faire comprendre qu’avoir un centre de traitement du choléra dans leur quartier est à leur avantage et non une menace pour leur santé.»
Fait plus alarmant, le coordinateur de la l’action humanitaire pour les Nations Unies, a fait savoir que des cas de choléra s’étaient déclaré dans le ministère de la santé et dans des hôpitaux. Précisant que le gouvernement haïtien, doit maintenant traiter de nouveaux aspects de l’épidémie, telles que la gestion des personnes décédées du choléra, le transport de leur corps et le transport des personnes malades vers des sites de traitement, sources potentielles d’infections. Ajoutant qu’à ce jour, aucun cas de choléra n’avait été signalé dans les camps de réfugiés ou vivent près de 1,5 millions de personnes. Omettant de faire référence aux cas suspects en cours de confirmation entre autres, dans le camp du Champs-de-mars… Les autorités gouvernementales craignent pour leur part, que l’épidémie atteignent les camps insalubres où les réfugiés sont entassés…
Selon les estimations des Nations Unies, jusqu’à 200.000 personnes pourraient être infectées par le choléra. L’ONU a lancé un appel de fonds d’urgence pour un montant de 163,8 millions de dollars afin « Nous avons absolument besoin de cet argent dès que possible pour éviter d’être submergés par cette épidémie », a déclaré récemment, Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).
Dans l’immédiat, les autorités haïtiennes sont inquiètes avant tout par les élections présidentielles et législatives qui doivent se tenir le 28 Novembre prochain.
Malgré la crise sanitaire, les candidats ne sont pas d’accord pour reporter les élections. « Il est déraisonnable de penser à un report » a déclaré Mirlande Manigat, favorite dans les sondages, tout en reconnaissant que « le contexte général n’est pas propice à des élections ». Leslie Voltaire, qui avait déclaré le mois dernier « Les élections doivent avoir lieu, mais pour nous, la chose la plus importante est que les gens continuent à vivre […] je pense que si l’épidémie se propage, il faudra reporter les élections dans mon pays parce que c’est le meilleur choix », change d’idée aujourd’hui et s’oppose à un report du scrutin qui provoquerait, d’après lui la mise en place d’un gouvernement provisoire, cause d’une grave crise politique en plus de la crise sanitaire…
François Servranckx, de Médecins Sans Frontières, (MSF) a précisé quant à lui, que son organisation était pour le moment en mesure de gérer la situation et de faire face « Mais néanmoins, je crains qu’un trop grand nombre de patients dépasse nos capacités ».

 

Haïti-Cholera/MINUSTAH :

 Soirée tendue au Cap Haïtien – Les mouvements anti-Minustah se poursuivent

P-au-P, 15 Nov. 2010 [AlterPresse] — La situation demeure tendue dans la soirée de ce 15 novembre au Cap Haitien où des tirs sont entendus et des barricades enflammées jonchent certaines rues, dans le cadre d’un mouvement de protestation contre les casques bleus accusés d’être à l’origine de la propagation du cholera qui a fait 917 morts en Haïti, suivant des témoignages recueillis par AlterPresse.

Le corps d’un jeune homme tué vraisemblablement par balle a été découvert à la Rue 24, selon la station privée Radio Kiskeya.

Des correspondants de presse font état également d’une quinzaine de blessés par balle.

« Nous préférons mourir sous des balles que d’être décimés par l’épidémie de choléra », scandaient dans la soirée des groupes de manifestants qui continuaient de lancer des jets de pierres contre la base népalaise de la MINUSTAH dans la ville.

Les rues étaient désertes et la présence des forces de l’ordre se faisait rare, selon des habitants du Cap Haïtien qui ont été contactés au téléphone.

Le mouvement a commencé très tôt dans la matinée après que le cadavre d’une personne vraisemblablement victime du choléra ait été retrouvé à la rue 2, a rapporté un témoin.

Des manifestations du même genre ont également été signalées à Grande Rivière et Limbé, deux villes du département du Nord, affectées par l’épidémie.

De nombreux manifestants ont également gagné les rues à Hinche (Plateau Central / Est) et ont lancé des jets de pierres contre la base de la MINUSTAH dans cette ville.

Un agent de la mission de l’ONU aurait été blessé de même que 5 manifestants, a appris AlterPresse.

Des informations circulant depuis l’apparition du vibrio cholerae, laissent croire que le contingent népalais de la MINUSTAH, basé dans le Plateau Central (Est), aurait introduit la bactérie dans le pays en déversant des matières fécales dans le fleuve de l’Artibonite.

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