L’ACTUALITE DU LUNDI 22-11-10 (2)

22 Nov

Haïti-Cholera :

1344 morts sur plus de 55 000 cas de contamination

P-au-P, 22 novembre 2010 [AlterPresse]— 1344 personnes sont mortes de l’épidémie de cholera qui frappe le pays depuis un peu plus d’un mois, selon le dernier bilan du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP).

Entre le dernier bilan et celui publié précédemment, 94 personnes ont succombé à la maladie, suivant les données officielles.

56 901 personnes ont déjà été contaminées par la maladie alors que l’organisation des Nations Unies (ONU) prévoit que 200 000 personnes pourraient être touchées.

23 377 personnes ont été hospitalisées et 22 487 d’entre elles ont pu bénéficier d’un exeat.

Les données des autorités sanitaires haïtiennes indiquent que les départements des Nippes et de la Grand Anse (Sud-ouest) sont épargnés par la maladie.

Cependant, le nombre de foyers de contagion aurait augmenté également d’après les experts.

A 6 jours des élections la situation demeure toutefois préoccupante selon plusieurs organisations humanitaires qui ne cessent de lancer des appels à l’aide internationale qu’elles jugent insuffisante.

La polémique autour de l’implication des casques bleus dans l’apparition de la maladie en Haïti continue d’alimenter les débats à travers les médias.

La semaine dernière 4 morts et une vingtaine de blessés ont été enregistrés lors d’une vague de protestations contre présence de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) dans le pays.

 

Haïti – Épidémie :

 Dernier bilan, 23,377 cas, 1,344 décès, le choléra gagne le Sud
HAITI LIBRE – 22/11/2010 11:23:40

Haïti - Épidémie : Dernier bilan, 23,377 cas, 1,344 décès, le choléra gagne le SudL’épidémie en Haïti pourrait facilement s’aggraver malgré les efforts pour la contrôler, affirment le Centre pour Contrôle et la Prévention des maladies américain et l’Organisation Mondiale de la Santé (OPS).
Le Dr Scott Dowell spécialiste des maladies infectieuses a déclaré « en ce qui concerne l’éradication du choléra en Haïti, nous avons peu d’espoir à ce sujet, nous pensons qu’Haïti devra traiter le choléra pendant plusieurs années ». Rappelant que « le traitement est simple et rapide et peu sauver de nombreuses vie et c’est sur cet aspect que les autorités sanitaires se concentrent ».
L’ONG Terre des hommes (TDH) intensifie les séances d’information et de prévention du choléra, dans les départements haïtiens de l’Ouest et du Sud, où la grande organisation suisse d’aide à l’enfance soutient quelque 50,000 victimes du séisme de janvier dernier.
Le professeur Michel Roulet, de TDH, qui a effectué de nombreuses missions en Haïti met en garde « J’ai personnellement été témoin de quatre épidémies de choléra dans divers endroits du monde mais je n’ai jamais vu s’arrêter la dissémination, quelle que soit la dureté des mesures mises en oeuvre. Nous devons nous préparer à faire face à de longues semaines de maladie jusqu’au pic de l’épidémie. Puis il faudra encore des semaines avant qu’elle se réduise, en sachant qu’il y aura de nouvelles poussées les années suivantes ».
Bilan au niveau national :
Le dernier bilan (cumulatif), en date de vendredi 19 novembre 2010 et publié aujourd’hui lundi 22, par le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) fait état de 23,377 hospitalisation depuis le début de l’épidémie soit 2,510 cas supplémentaires de plus que le dernier bilan du 17 novembre (+ 12.02 %) et 1,344 décès soit 94 décès supplémentaires (+ 7.52 %).
Port-au-Prince et région métropolitaine :
À Port-au-Prince et la région métropolitaine (Port-au-Prince: Carrefour, Cité Soleil, Delmas, Kenscoff, Pétion-Ville, Port-au-Prince, Tabarre et Croix des Bouquets) il est fait état de 1,618 hospitalisations depuis le premier cas déclaré dans ces zones, soit 161 cas supplémentaires de plus que le dernier bilan du 17 novembre (+ 11.05 %) et 77 décès, soit 13 nouveaux décès supplémentaires (+ 20.31 %)
De nombreux travailleurs humanitaires estiment que les chiffres officiels sont sous-estimé, les informations en notre position le confirme. Les victimes dans des communauté isolés sont peu ou pas rapporté. Les taux de mortalité dans le Nord-Est (14%), le Sud (9.5%) et le Sud-Est (18.2%) sont les plus élevé du pays (taux de mortalité incluant les décès en hôpital et dans la communauté)

Note (1) : Les comparaisons sont faites entre les bilans du 16 et du 17 novembre 2010 (48 heures). Les chiffres officiels, intègrent les données envoyées par les départements à la Direction de l’Épidémiologie et incluent désormais, les cas notifiés par les ONG et la Mission médicale cubaine.

 

Haïti-Insécurité :

 Quatre coopérants français agressés à Pétionville

P-au-P, 22 nov. 2010 [AlterPresse] — Quatre coopérants français du secteur de l’éducation ont été attaqués par des membres de la population de Pétionville [périphérie est de la capitale], le dimanche 21 novembre, a appris AlterPresse.

L’information a été confirmée par le commissaire de police de Pétionville, Vanel Lacroix, qui précise que l’un d’entre eux a été blessé.

Selon le responsable policier, les coopérants français faisaient leur jogging dominical lorsqu’ils ont été pris a partie par plusieurs individus.

Il indique qu’aucune arrestation n’a pu être effectuée et que les quatre ressortissants ont été retenus temporairement au commissariat de Pétionville « pour leur sécurité ».

Cet incident s’est produit quelques jours après les violentes manifestations qui se sont déroulées au Cap (Nord), à Hinche (Est) et à Port-au-Prince (Ouest) pour réclamer le départ des casques bleus.

Ces derniers sont accusés d’être responsables de la propagation de l’épidémie de choléra qui a fait 1344 morts durant les 4 dernières semaines.

Le contingent népalais basé à Mirebalais (Est) est particulièrement pointé du doigt pour avoir apparemment déversé des matières fécales dans un affluent du fleuve Artibonite.

Dans le contexte actuel, des Organisations Non Gouvernementales (ONG) auraient fait circuler des messages vers leurs employés étrangers leur demandant d’observer la prudence.

 

Haïti – Épidémie :

 Valerie Amos arrive demain en Haïti
HAITI LIBRE – 22/11/2010 16:33:55

Haïti - Épidémie : Valerie Amos arrive demain en HaïtiValerie Amos, la Sous-secrétaire générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU) aux affaires humanitaires, arrivera en Haïti demain mardi, pour une visite de 2 jours. Lors de son séjour, la Sous-secrétaire tiendra des réunions avec des représentants du gouvernement et des agences de l’ONU présentent dans le pays.
La fonctionnaire visitera plusieurs camps de réfugiés, ainsi que diverses régions touchées par le choléra, afin d’évaluer sur le terrain, l’action humanitaire déployée contre l’épidémie. Le dernier bilan officiel (19 novembre 2010) fait état de 1,344 victimes et 23,377 cas qui ont été hospitalisés et traités depuis le début de l’épidémie (le 19 octobre dernier).
L’arrivée de Valerie Amos intervient peu de temps après que Nigel Fisher, Coordonnateur des opérations humanitaires en Haïti, ait déclaré « nous avons reçu moins de 10% [des 164 millions de l’appel de fonds d’urgence de l’ONU] nous avons besoin d’urgence de médecins, d’infirmières, de systèmes de purification de l’eau, de comprimés de chlore, de savon, de sels de réhydratation orale, de tentes pour les centres de traitement du choléra et une gamme d’autres fournitures médicales ».

 

Haïti-Elections :

 Aucun obstacle à la tenue du prochain scrutin, selon l’UE

P-au-P, 22 nov 2010 [AlterPresse] — Il n’y a aucun obstacle à la tenue des élections présidentielles et législatives du 28 novembre, a déclaré ce lundi le chef de la délégation de l’Union Européenne (UE) en Haïti, Lut Faber au cours d’une conférence de presse.

« Jusqu’à présent la préparation des élections est à jour, donc il n’y pas de problème spécifique pour aller voter », observe-t-elle.

Lut Fabert a indiqué que le climat à 6 jours du scrutin est comparable à ce qu’on pourrait trouver dans tout pays s’apprêtant à organiser des élections.

Selon elle, les récentes manifestations contre la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haïti (MINUSTAH) sont à mettre sur le compte de la frustration et d’un manque de communication.

« Il n’y a pas eu trop de violences, il n’y a pas eu trop d’interférences, donc jusqu’à maintenant la préparation des élections se déroule comme prévu », indique t-elle.

« C’est vrai que les gens pourraient avoir peur de se rassembler (…). Mais il faudrait informer la population que ce n’est pas parce qu’on est ensemble dans un endroit en train de faire la file qu’on va attraper le cholera », a t-elle ajouté.

Les candidats Gérard Blot, Garaudy Laguerre, Josette Bijou et Wilson Jeudy ont, la semaine dernière, demandé un report des élections à cause de l’épidémie qui a fait à date 1344 décès dans 8 départements selon les autorités.

L’Union Européenne, qui contribue à la réalisation des joutes du 28 novembre à hauteur de 5 millions d’euros, a dépêché depuis le 17 novembre une mission de 7 experts électoraux en Haiti. Cette mission reste dans le pays jusqu’au mois de décembre et est conduite par Marie Violette César.

La mission d’experts électoraux est différente d’une mission d’observation électorale parce qu’il n’y aura pas d’observateurs déployés sur le terrain, ni de déclaration publique après les élections, a tenu à préciser la responsable de la mission.

Le rôle de ces experts est d’évaluer le contexte légal et politique, de suivre le processus afin de formuler des recommandations qui permettront d’améliorer la réalisation d’élections dans le futur, a fait savoir Marie Violette César.

La mission doit pour cela analyser les textes juridiques en vigueur mais aussi rencontrer les différents acteurs nationaux et internationaux impliqués. Des rencontres ont déjà eu lieu avec les candidats Mirlande Manigat et Chavannes Jeune, selon Marie Violette César, qui dit espérer pouvoir « rencontrer le plus de candidats possible ».

La mission d’experts électoraux fait partie de l’appui global de l’UE au processus électoral qui inclut notamment un financement de l’observation des élections par la société civile à hauteur de 600000 euros.

 

Haïti – Élections :

 Jude Célestin Président ? Tous les moyens sont bons
HAITI LIBRE – 22/11/2010 13:45:37

Haïti - Élections : Jude Célestin Président ? Tous les moyens sont bonsL’homme du président René Préval, Jude Célestin, se fait discret dans la campagne. Il refuse de rencontrer la presse afin d’éviter d’avoir à répondre à des questions embarrassantes et laisse le soin à ses partisans de faire campagne à sa place le jour… et a ses commandos la nuit…
Les sondages donnent le candidat perdant. Mais ses partisans crient à la manipulation. Pour eux, la victoire de Jude Célestin ne fait aucun doute…
Ce qui ne fait aucun doute, ce sont les méthodes peu orthodoxes utilisées par la plateforme INITE pour conduire le candidat Célestin à la victoire. Une campagne où la dialectique des armes remplace les long discours…
Rappelons deux exemples parmi d’autres : l’incident qui s’est produit dans la nuit du Jeudi 11 au vendredi 12 novembre 2010, aux environs de 2 heures du matin, ou des partisans et des sympathisants d’INITE, ont semé la terreur à l’entrée de la ville de Jacmel, au « portail Léogâne ». Yves Rabel, coordonnateur dans le Sud-Est, du parti « Ansanm nou fò » y avait été malmené et menacé par un commando d’individus lourdement armés, dirigé par le sénateur Joseph Lambert. Certains de ces individus se s’étaient clairement identifié, comme des partisans d’INITE.
Ou encore l’incident du lundi 25 Octobre aux environs de 15:00 heures, à Maissade, Hinche (département du Centre) ou quatre individus armés, dans un véhicule identifié au parti INITE, ont tirée des coups de feu sur le véhicule utilisé par M. Jean Leonard Joseph, et son entourage, candidat pour Union de Citoyens Haïtiens Démocrates pour le Développement et l’Education (UCADDE).
Bien sûr les armes ne sont qu’un élément utilisé dans la campagne d’INITE, il faut aussi prévoir la manipulation du scrutin et agir sur les bureaux de vote. Richard Désir, l’un des représentants du parti « Renmen Ayiti », du Candidat à la présidence, Jean Henry Céant, a dénoncé récemment la relocalisation de certains bureaux de vote habituellement placés au centre ville de Jacmel, et qui se trouvent actuellement dans la localité de Bréman située à l’Est de Jacmel. « Tous ces bureaux de vote vont être placés à l’école Nationale de Bréman à environ 10 mètres de la résidence du sénateur Joseph Lambert, coordonnateur National de la Plateforme INITE où les électeurs ne seront pas en sécurité lors du déroulement des joutes, en raison du commando d’INITE [aux ordres du Sénateur Lambert], qui à déjà commencé à semer la terreur dans la ville. ».
Si cela n’est pas encore insuffisant INITE n’hésite pas à payer les gens. Un reportage vidéo d’Aljazeera met en lumière cette pratique.
Journaliste d’Aljazeera (JA) : Combien d’argent le comité du camp reçoit t-il pour supporter Jude Célestin, et aller dans les rallye… ?
Le responsable du camp (RC) : Juste un exemple, s’il nous donne 200,000 gourdes, je peux garder 5,000 gourdes et donner aux gens 500 gourdes ou 1,000 gourdes. Ils n’ont pas d’argent [les autres candidats], la seule personne qui a de l’argent dans ce pays en ce moment est Jude Célestin!
JA : Vous pensez que Célestin est un bon candidat ?
RC : Nous ne disons pas qu’il est un bon candidat. Nous devons manger. Il est le seul qui a de l’argent maintenant. Nous avons besoin d’argent, voilà pourquoi.  Et non pas parce que nous l’aimons. Oui, il nous a donné de l’argent déjà. Il nous donnera encore plus d’argent.
Quelque semaines avant cette entrevue, des accusations similaires avaient déjà été portés contre Jude Célestin, qui les avait rejeté (lors d’un entretien avec la même journaliste), affirmant que « Ce n’est pas l’argent qui peut acheter des votes en Haïti. C’est une question de conviction et d’idéologie politique ».
Il suffit de constater l’utilisation de commandos de partisans d’INITE dans les rassemblement d’autres candidats, dont la mission consiste à semer le désordre et empêcher le bon déroulement de ces manifestations politiques, pour avoir une bonne idée de ce que Jude Célestin entend par «Idéologie politique» et la définition personnelle qu’il a du mot «démocratie».
Dans 7 jours nos compatriotes sont appelés à voter, mais peut-on réellement affirmer qu’il s’agit d’élection libre? D’un processus démocratique dans de telles circonstances? Ces actes et manœuvres dignes du banditisme, vont probablement se multiplier d’ici à dimanche. Rappelons que jusqu’à présent, aucune mesure judiciaire n’a été prise contre les personnes identifiées et impliquées dans ces faits, [sous protectorat du pouvoir en place] et que toutes ces personnes, continueront en toute impunité au grand jour comme ne nuit, à multiplier leurs actions d’intimidation pour convaincre les électeurs de faire le bon choix, celui de voter pour Jude Célestin ou de s’abstenir.

 

Epidémie de Choléra en Haïti : La République Dominicaine rassure

LE QUOTIDIEN DU TOURISME / lundi 22 novembre 2010 (16h38)

Epidémie de Choléra en Haïti : La République Dominicaine rassureAprès un premier cas de choléra observé en République Dominicaine, le ministère de la Santé préconise de faire davantage attention à la propreté des aliments et de l’eau ou encore à la gestion des déjections humaines.

Le gouvernement dominicain va généraliser l’utilisation de chlore pour purifier l’eau et a « décidé de renforcer les contrôles sanitaires et de tout type dans la zone frontalière ». La République Dominicaine limite déjà au maximum l’entrée d’Haïtiens sur son territoire et les échanges commerciaux avec son voisin depuis le début de l’épidémie mi-octobre. Pour le ministre dominicain de la Santé, si la population continue à respecter les mesures préconisées, il n’y aura « aucun problème ». l’Organisation mondiale de la santé s’attend « à voir des cas de choléra en République dominicaine » et « travaille en étroite collaboration avec le le ministère de la Santé en vue de se préparer à toute flambée éventuelle dans ce pays ».

 

Haiti-Rép. Dominicaine/Choléra :

 Un terreau pour la stigmatisation des migrants haïtiens en R.D.

Par Wooldy Edson Louidor

P-au-P., 22 nov. 2010 [AlterPresse] — La psychose de peur qui a régné dans un grand pan de la société dominicaine quant à la propagation du choléra sur leur territoire semble se justifier.

Le premier cas de choléra identifié le 16 novembre en République Dominicaine n’est autre qu’un migrant haïtien qui, selon les premières informations disponibles, était venu d’Haïti après avoir pris des vacances dans son pays natal entre le 31 octobre et le 12 novembre.

Stigmatiser les migrants haïtiens, est-ce pour autant justifiable ? Tout semble indiquer que le choléra offre un terreau pour la stigmatisation des ressortissants haïtiens dans la république voisine.

Nécessité de mesures d’accompagnement pour la mise en œuvre de dispositions contre la propagation du choléra

En dépit du renforcement des contrôles frontaliers, migratoires et épidémiologiques à la frontière commune, les autorités dominicaines n’ont pas pu empêcher l’introduction du choléra sur leur territoire.

Maintenant elles s’attellent à « contenir » et prévenir la propagation de la maladie, en annonçant tout un train de dispositions.

Certaines de ces dispositions gouvernementales visent directement les migrants haïtiens, par exemple l’arrêt temporaire de l’embauche de la main d’œuvre haïtienne dans les secteurs du tourisme et de la construction.

Cependant, sans des mesures d’accompagnement efficaces pour prévenir et punir toute forme de discrimination contre la minorité haïtienne, ces dispositions à l’origine bien-intentionnées (visant à empêcher la propagation de l’épidémie) ne risquent-elles pas d’être utilisées à mauvais escient par des groupes ultranationalistes dominicains et même par des employeurs ?

Un « autre » motif de stigmatisation contre les migrants haïtiens

En outre, les ultranationalistes dominicains ne chôment pas, ils profitent du moindre prétexte pour passer à l’attaque avec leur lourde artillerie : « trop d’haïtiens dans notre pays », « ils sont partout dans notre pays », « c’est une invasion pacifique haïtienne », « ils prennent nos emplois », « ils nous apportent tous leurs maux : misère, maladies, insalubrité, coutumes africaines sataniques », « ils sont une charge sociale »…

Le choléra, considéré comme maladie de la pauvreté, pourrait devenir une nouvelle étiquette collée aux migrants haïtiens.

La maladie pourrait se convertir en un autre motif de stigmatisation contre les migrants haïtiens qui sont déjà accusés par les ultranationalistes dominicains d’être à l’origine de tous les maux connus par le pays voisin dont la pauvreté, le VIH Sida, le sous-développement…

Un nouveau prétexte pour mieux exploiter la main d’œuvre haïtienne

Le choléra pourrait également favoriser l’exploitation de la main d’œuvre haïtienne dans les secteurs du tourisme et surtout de la construction.

L’arrêt temporaire de l’embauche de la main d’œuvre haïtienne dans les deux secteurs susmentionnés ne risque-t-il pas de rendre beaucoup plus vulnérables les droits et la dignité des travailleurs haïtiens ?

Des employeurs ne vont-ils pas profiter de la disposition gouvernementale pour ne pas payer leur dû aux travailleurs de nationalité haïtienne après des jours ou des semaines de dur labeur ? Quelles sont les mesures qui seront prises pour veiller à l’application de cette disposition ? En cas de violation, qui sera puni : le travailleur ou l’employeur ? Comment s’assurer que les autorités migratoires, militaires et policières dominicaines vont respecter les droits des travailleurs haïtiens en faisant appliquer ces dispositions ?… Autant de questions qui exigent des réponses claires.

À l’instar de leur condition de « sans papier », la situation actuelle de présumé « porteur de choléra » peut être instrumentalisée par les employeurs dominicains à des fins de discrimination, d’exploitation et d’abus de toute sorte, quand on connait déjà la vulnérabilité des travailleurs migrants haïtiens dans le pays voisin.

À rappeler que des médias dominicains n’ont cessé, surtout après le 12 janvier 2010, d’attirer l’attention sur le phénomène de l’accélération de la migration haïtienne dans le pays voisin et sur les conditions de vie insalubres dans lesquelles vivent nos ressortissants dans plusieurs bidonvilles ou « ceintures de misère » dominicains.

Ils ont également souligné l’invasion du secteur de la construction et du tourisme par les migrants haïtiens réputés pour leur main d’œuvre bon marché qui sont préférés aux citoyens dominicains par les employeurs.

Des journalistes et des ultranationalistes dominicains, avec une verve par moment agressive, ont insisté sur la nécessité urgente pour l’État dominicain de renforcer le contrôle frontalier et migratoire en vue d’empêcher et de contrecarrer l’arrivée massive des Haïtiens surtout dans les zones touristiques dominicaines telles que Higüey, Bávaro, Punta Caná, Verón.., ainsi que dans les principales villes du pays voisin.

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