L’ESSENTIEL DE L’ACTUALITE DU MERCREDI 24/11/10

24 Nov

Israël va construire un méga-hôpital pour lutter contre le choléra à Haïti

Rédigé par JSS le Nov 24th, 2010 and filed under Israël-Relations internationales, Israël-Territoires Disputés

Après des médicaments envoyés d’urgence il y a un mois et plus tôt cette semaine pour combattre l’épidémie de choléra à Haïti, L’agence israélienne d’aide internationale enverra demain une unité traumatisme permanent pour former les équipes locales dans la deuxième ville de l’île.

Le ministère des Affaires étrangères a déjà envoyé quelque 200.000 doses de médicaments contre le choléra en Haïti cette semaine, où plus de 1.300 personnes sont déjà mortes de l’épidémie. Israël a donc également l’intention de mettre en place, dès cette semaine, un centre permanent de lutte contre les traumatisme. Il devrait pouvoir aider des dizaines de milliers de patients.

«Il s’agit d’un projet d’aide dans un endroit où l’on voit un besoin non comblé par d’autres», a déclaré le Dr Yossi Peretz, un consultant pour les questions médicales et humanitaires. «De nombreux groupes sont déjà en place, mais pas tous avec une bonne réputation… Et tous ne sont coordonnés de manière appropriée et, au vu de la sécurité sanitaire, nous ne sont pas à un niveau acceptable. ”

“L’unité sera déployée dans la deuxième ville de l’ile, Cap-Haïtien, qui a été choisi après que les autorités aient dit qu’il y avait un besoin urgent et concret de mettre en place’une unité de la qualité dans la ville”, a déclaré M. Peretz. Cap-Haïtien a plus d’un million d’habitants, et les opérations de l’unité devront également aider à remettre sur place l’économie locale.

«Nous y allons pour construire une grande unité répondant aux normes israéliennes,” a déclaré Peretz. “Il s’agit d’un projet pilote. Il n’existe actuellement aucune infrastructure de cette taille et répondant à ces besoins aussi divers que précis, pour aider les victimes des traumatismes et les blessés. Il y a un manque d’expérience et de connaissances. Nous allons donc apprendre aux gens à pêcher (ndlr: plutôt que de donner le poisson directement, proverbe israélien). Tout le matériel sera prêt d’ici peu et envoyé d’ici la fin de semaine. Cela nécessitera de nombreux conteneurs et des équipes de construction israélienne. Ainsi que des formateurs. Tous des «bleu et blanc» (ndlr: des israéliens). Nous avons l’intention de terminer le projet dans les quatre mois et remettre les clefs aux personnes les plus responsables. “

L’ONU a récemment appelé les Etats à travers le monde à donner 164 millions de dollars pour accroître les efforts internationaux et lutter contre l’épidémie de choléra. Pendant ce temps, l’Europe a donné un peu plus de 3 milliards de dollars au peuple palestinien. Tout autant d’argent a été donné par les Etats-Unis. Et plusieurs centaines de millions par les états arabes et musulmans. Il semblerait, une fois de plus, que la vie des gens aient un prix différent selon que l’on soit noir ou palestinien.

Selon Save the Children, une association israélienne, 40% des victimes du choléra n’ont pas été traités avec des soins adéquates. Selon les estimations de l’ONU, le nombre de personnes infectées est susceptible d’atteindre 200.000  (15.000 pour l’instant), soit environ 2% de la population haïtienne.

Jonathan-Simon Sellem – JSSNews

 

Choléra: les Etats-Unis devraient avoir des vaccins en stock

AFP / 24 novembre 2010 23h00

WASHINGTON – Les Etats-Unis devraient fabriquer et stocker à grande échelle des doses de vaccin contre le choléra pour pouvoir intervenir rapidement dans des cas d’épidémies comme celle qui frappe actuellement Haïti, estiment trois chercheurs dans une lettre publiée mercredi.

« Les coûts de création et de gestion d’un stock de plusieurs millions de doses de vaccins contre le choléra seraient faibles », écrivent Matthew Waldor de l’école de médecine de l’université Harvard, Peter Hotez de l’université George Washington, et John Clemens, directeur de l’Institut international des vaccins (International Vaccine Institute, IVI), en Corée du Sud.

« Mais les bénéfices humanitaires d’une distribution rapide de vaccins anticholériques dans des régions présentant un risque élevé d’épidémie de choléra, –comme la capitale haïtienne Port-au-Prince, détruite par un séisme et où 1,3 million de personnes vivent dans des camps de réfugiés aux mauvaises conditions sanitaires–, seraient énormes », poursuivent les chercheurs dans leur lettre publiée par le New England Journal of Medicine.

L’épidémie de choléra qui frappe Haïti depuis le mois dernier a fait 1.415 morts dans ce pays et environ 56.000 personnes ont été touchées, selon les derniers chiffres du ministère haïtien de la Santé.

« Si le vaccin était disponible actuellement, il serait encore temps de le faire parvenir dans les régions d’Haïti pas encore infectées pour stabiliser » l’évolution de l’épidémie dans le pays, insistent les chercheurs.

Trois vaccins différents existent contre le choléra, mais les fabricants n’ont que 500.000 doses disponibles, soulignent ces chercheurs, « ce qui rend impossible d’envisager une vaccination à grande échelle des populations à risque ».

Constituer un stock de vaccins permettrait en outre à Washington de « contribuer à promouvoir la stabilité et la paix internationale à travers une diplomatie des vaccins », soulignent les auteurs.

Le choléra infecte trois à cinq millions de personnes et fait entre 100.000 et 130.000 morts par an dans le monde.

 

Haïti – Dominicanie :

«Le droit du sol» contre «le droit du sang», une source de conflits
HAITI LIBRE – 24/11/2010 14:56:36

Haïti - Social : «Le droit du sol» contre «le droit du sang», une source de conflitsEnviron 4 millions d’Haïtiens et leurs descendants vivent dans le monde. À la naissance, dans les pays le leur  naissance, ils sont libres d’obtenir une autre nationalité, mais perdent celle de leur pays d’origine à laquelle ils ont droit par le «droit du sang» a déclaré Edwin Paraison, le Ministre des Haïtiens Vivant à l’Étranger, (MHAVE), au cours d’une conférence tenue la semaine dernière, à l’Université  Autonome de Santo Domingo (UASD). Il a souligné que cet aspect fait l’objet d’intenses débats en République Dominicaine et se transforme en une «  affaire interne dominicaine » quand  la nationalité haïtienne n’est pas sollicitée par les parents, en faveur de leurs enfants.

Le ministre Paraison note que « des groupes locaux et internationaux de droits humains, des dirigeants chrétiens, des organisations de la société civile, des personnalités politiques et des chefs de partis soutiennent, le droit à la nationalité dominicaine pour les enfants d’haïtiens nés en République dominicaine » mais que paradoxalement il est presque impossible de faire appliquer le «droit du sol» inscrit dans la constitution dominicaine, en raison du «droit du sang» prévu dans la Constitution haïtienne de 1987. Concernant la nationalité, la Constitution précise dans son article 11, « Possède la nationalité haïtienne d’origine, tout individu né d’un père haïtien ou d’une mère haïtienne, qui eux-mêmes sont nés haïtiens, et n’avaient jamais renoncé a leur nationalité au moment de la naissance ».


Le ministre Paraison a précisé, que du point de vue du droit international, le «droit du sang» haïtien, ne peut pas être imposé à un individu qui se trouve dans un territoire étranger, où la législation locale, lui donne également le droit à la nationalité.


« À la naissance à l’étranger, les parents sont libres de décider pour leurs enfants, s’ils seront haïtiens ou de la nationalité de leur pays d’accueil. » Dans les deux cas a-t-il expliqué, « il y a des procédures juridiques et administratives à remplir. Dans les deux cas, la personne concernée peut utiliser tous les recours juridiques à sa disposition pour défendre ce droit. S’il choisit une autre nationalité, il aura toujours le droit à celle de ses parents, mais, pas les deux en même temps, car en Haïti, la double nationalité n’existe pas encore. Cela devrait changer avec un amendement constitutionnel au cours de la 49E  législature » a fait savoir le ministre.

Edwin Paraison a souligné que des dizaines de milliers de personnes d’origine haïtienne, nés sur le territoire dominicain, se sentent culturellement dominicains et n’ont montré, jusqu’à présent, aucun intérêt à opter pour la nationalité haïtienne, au contraire,ils défendent leur droit à la nationalité dominicaine. À ce stade, ce dossier devient « un problème interne dominicain » à cause de l’interprétation que ce pays fait de sa constitution, ce qui crée « des complications dans la gestion des relations bilatérales ».


Le 12 décembre, journée International des droits humains, un réseau d’organisations sociales et syndicales a annoncé une marche, pour protester « contre la menace de dépossession de la nationalité aux dominicains d’origine haïtienne »
Ce « bon voisinage », révèle rapidement sa superficialité, lorsque l’on prend la peine d’aller au delà de la simple lecture des discours politiquement correctes des dirigeants de ces deux pays.

 

RADIO METROPOLE / Mercredi, 24 novembre 2010 13:09

Don de 19 véhicules de l’UNICEF au gouvernement haïtien

Le Fonds des Nations unies pour l’enfance a fait don de 19 véhicules au ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP). Cette aide s’inscrit dans le cadre de l’appui qu’offre l’agence des Nations Unies aux autorités haïtiennes, dans la lutte contre l’épidémie de choléra.
La remise des clés de ces véhicules, s’est faite en présence de la Représentante de l’UNICEF en Haïti, Françoise Gruloos-Ackermans et du ministre de la Santé, Dr Alex Larsen. La cérémonie s’est déroulée ce samedi 20 novembre à l’hôpital La Paix à Delmas 33.
Les véhicules seront envoyés dans les différents départements sanitaires du pays et dans quelques directions centrales. Ces équipements seront utilisés dans le cadre des activités de suivi et d’évaluation du Programme Santé. Ils serviront notamment à la bonne marche des activités, au transport du personnel soignant, à la distribution du matériel et des équipements médicaux. Tous les départements du pays bénéficieront d’au moins une voiture. Cependant ceux du Nord, du Nord-Est et du Nord-Ouest recevront deux chacun. Peut-on- lire dans un communiqué de l’UNICEF.
Le Dr Alex Larsen, s’adressant à Françoise Gruloos-Ackermans, a exprimé sa satisfaction du soutien de l’Organisation. « Encore une fois, je remercie l’UNICEF pour le support que vous nous donnez en Haïti. Un soutien extraordinaire et de grande qualité », a-t-il déclaré. « La remise de ces véhicules nous prouve que vous travaillez à côté du peuple haïtien pour améliorer la santé de la population », a-t-il poursuivi. « Je dois dire que ces voitures viennent à point car cela va nous donner un coup de main extraordinaire dans la lutte acharnée que nous menons contre l’épidémie de choléra », a-t-il fait remarquer, remerciant à nouveau l’UNICEF.
Pour sa part, la Représentante de l’UNICEF en Haïti, Françoise Gruloos-Ackermans, a mis l’accent sur le fait que ces voitures vont aider les directions départementales pour soutenir la politique de déconcentration du ministère. D’autres programmes du ministère de la Santé profiteront de l’utilisation de ces véhicules, en particulier la Direction du Programme élargi de la vaccination et de la Direction de la Santé de la famille.
« Dans la lutte contre le choléra, il faut aller sur le terrain et aider les directeurs départementaux. Nous sommes heureux de contribuer de manière générale au renforcement du système de santé et de voir que les véhicules seront utilisés immédiatement dans le cadre de la réponse au cholera et de pouvoir aider encore pendant ce moment très difficile », a souligné Françoise Gruloos-Ackermans. La Représentante de l’UNICEF en Haïti a salué la bonne collaboration qui existe entre l’UNICEF et l’Etat haïtien. Conclut le communiqué.

 

Haïti – Envoi d’une aide matérielle d’urgence à Port-au-Prince

FRANCE DIPLOMATIE / 24.11.10

Dans le cadre de l’aide humanitaire française d’urgence contre l’épidémie de choléra en Haïti, le Centre de crise du ministère des Affaires étrangères et européennes, en lien avec l’Etablissement de Préparation et de Réponse aux Urgences Sanitaires, apporte une assistance matérielle spécifique à l’hôpital universitaire d’Etat d’Haïti, à Port au Prince

Le Quai d’Orsay acheminera par avion en Haïti, à partir du 24 novembre, des médicaments, du matériel médical de soin, d’hygiène et de protection du personnel soignant ainsi que des produits désinfectants destinés à l’Hôpital Universitaire d’Haïti.

Cet établissement hospitalier, le plus important du pays et qui a avait été fortement endommagé par le tremblement de terre du 12 janvier dernier est en cours de réhabilitation grâce à une coopération entre la France et les Etats-Unis conformément aux engagements du président de la République d’aider à la reconstruction d’Haïti.

L’envoi à l’hôpital universitaire d’Etat de cette aide spécifique d’urgence s’ajoute aux actions entreprises par la France, aux côtés des autorités haïtiennes, pour combattre l’épidémie de choléra, notamment les missions médicales menées par les experts de la lutte contre cette maladie et le dispositif d’aide au profit de structures locales de la petite enfance.

Pour répondre à l’appel de la Commissaire Kristalina Georgieva, qui a demandé aux Etats membres de l’Union européenne de fournir une aide en nature aux autorités haïtiennes, les autorités françaises ont signalé cet envoi au Centre de suivi et d’information (MIC) de la DG ECHO. Ce mécanisme, activé dès le 5 novembre mis en place par la Commission européenne permet en effet de mutualiser les moyens aériens mis en place par les Etats-membres pour transporter les aides d’urgence jusqu’à Port-au-Prince et de coordonner l’action des Européens en Haïti pour faire face à la progression du choléra.

 

Haïti-Cholera :

 La psychose gagne les morgues

P-au-P, 24 nov. 2010 [AlterPresse] — L’épidémie de choléra a réussi à introduire sa psychose dans les entreprises funéraires où les cadavres de personnes décédées par la maladie sont devenus indésirables, selon le quotidien Le Nouvelliste.

Par peur de contamination les morgues privées se montrent intraitables quand il s’agit de cas de cholera, ce qui leur vaut parfois des attaques de la part de la famille des victimes, d’après le journal.

Selon les autorités sanitaires une personne décédée de cholera ne peut être admise à la morgue en raison du risque de propagation.

A l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH) des mesures de prudence sanitaire spéciales ont été adoptées. Les cadavres dont la cause de décès n’a pas pu être établie ne sont pas admis à la morgue de l’institution hospitalière.

Il a été rapporté à AlterPresse que des cadavres de personnes apparemment décédées du choléra ont été abandonnés dans certaines rues de la capitale. 2000 personnes seraient mortes de l’épidémie depuis son apparition dans le pays au mois d’octobre dernier, a estimé hier le coordonnateur humanitaire de l’ONU en Haïti, Nigel Fischer.

70 000 cas de contamination ont été recensés alors que l’Organisation Panaméricaine de Santé prévoit plus de 200 000 cas dans les trois mois qui viennent. Tout porte à croire que l’épidémie n’a pas atteint son pic. Jusqu’ici 36 Centres de Traitement de Cholera (CTC) et 61 unités de traitement ont pu être mis en place sur le territoire.

Mardi, un homme d’une quarantaine d’années est mort dans l’enceinte du Sanatorium à Carrefour Feuilles (secteur sud) où il espérait trouver des soins. Un CTC y est en construction, et la victime a succombé avant d’être emmené vers un autre CTC.

 

Haïti – Épidémie :

 Un scénario d’apocalypse
HAITI LIBRE – 24/11/2010 11:47:04

Haïti - Épidémie : Un scénario d'apocalypsePremier scénario :
Au début de l’épidémie, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), dans un premier scénario, avait estimé que le nombre de personnes infectées pourrait atteindre 270,000 sur plusieurs années et causer près de 10,000 morts, en prenant comme modèle, l’épidémie péruvienne de 1991. Rappelons que l’épidémie de choléra au Pérou, qui s’est répandue dans plus de 16 pays, et fut éradiqué en 2005, a infecté près d’un million de personnes et fait plus de 10,000 victimes en 14 ans.
Deuxième scénario :
La situation en Haïti s’aggravant rapidement, les experts ont revu leur modèle épidémique pour Haïti, en se fondant cette fois-ci, sur l’épidémie de choléra d’août 2008 au Zimbabwe. Dans ce deuxième scénario, ils prévoyaient alors que l’épidémie en Haïti, pourrait infecter 200,000 personnes et faire plus de 10,000 morts dans les 6 à 12 prochains mois s’il n’y avait pas d’amélioration. Une mise en garde faite par le docteur Ciro Ugarte, de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), une branche de l’OMS, qui soulignait toutefois, qu’il s’agissait du scénario «le plus sombre». Rappelons qu’au Zimbabwe, avec une population de 12 millions d’habitants, le choléra avait touché 89,000 personnes et fait 4,000 morts (taux de mortalité proche de 5%), les 8 premiers mois (même si l’OMS reconnaît que ces chiffres étaient sous-évalué). Il a fallu 2 ans et près d’un milliard de dollars pour contrôler l’épidémie dans ce pays d’Afrique, qui disposait d’un système de distribution d’eau supérieur à celui d’Haïti.
Troisième scénario :
Avec 60,240 cas infectés et traités dont 25,248 ont nécessité une hospitalisation et 1,415 victimes en 39 jours en Haïti (bilan du 20 novembre 2010), les experts de la santé proposent maintenant un troisième scénario, car la propagation de l’épidémie en Haïti n’est comparable à aucune épidémies antérieures dans le monde. Dans ce 3ème scénario d’apocalypse, le Dr Jon Andrus, directeur adjoint de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) estime maintenant, qu’il pourrait y avoir jusqu’à 400.000 cas de choléra en Haïti dans les 12 prochains mois dont 200.000 dans les 3 prochains mois. « Nous travaillons avec les partenaires-clé pour affiner ces estimations préliminaires de manière à améliorer et à maintenir durablement la réponse à l’épidémie ».
Ajoutant « Étant donné les conditions sanitaires extrêmement précaires (58% de la population n’a pas accès à l’eau potable) qui existaient bien avant le séisme, et qui ont empiré après le passage d’un ouragan et avec l’épidémie de choléra, nous nous attendons à voir le nombre de cas continuer à augmenter», Ajoutant que « l’épidémie n’a pas encore atteint son pic. Nous ignorons quand cela pourrait se produire ».
M. Nigel Fischer, le coordonnateur de l’action humanitaire de l’ONU en Haïti, citant des chiffres en circulation, a déclaré que la réalité devait plutôt se situer à près de 2 000 morts et 60 à 70 000 cas, en raison des difficultés qui se posent dans l’obtention de statistiques précises sur l’impact de l’épidémie dans les zones reculées et enclavées du pays. Il a souligné combien il est important de procéder à une accélération de la mise en œuvre des programmes d’accès à l’eau et à l’assainissement.  « Au-delà des moyens financiers, il nous faut plus de médecins et beaucoup plus d’infirmiers », a-t-il insisté, en rappelant que l’épidémie continuera à se propager au cours des mois, ou même de l’année à venir.
M. Fischer a précisé que tous les départements d’Haïti étaient désormais touchés. Il a rappelé qu’une personne pouvait être atteinte par le virus et en être le vecteur pendant plusieurs jours avant que les effets de la maladie ne deviennent évidents.  La personne peut même être porteuse asymptomatique du virus (sans déclaration des symptômes) et contaminer d’autres personnes.
L’ONU a lancé il y a dix jours un appel de 164 millions de dollars (121 millions d’euros), mais seulement 6,8 millions de dollars (4.14%) ont été récoltés jusqu’à présent. « Le financement est beaucoup trop faible. C’est une situation d’extrême urgence, une question d’heures. L’épidémie n’attend pas et continue d’évoluer » a déclaré la porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), Elisabeth Byrs. Elle a ajouté également, qu’il était urgent de réapprovisionner les stocks de matériel et de médicaments et de remplacer le personnel qui est épuisé rappelant qu’il faut en moyenne « 130 personnes pour s’occuper d’un centre de traitement du choléra de 100 lits ».
Entre les spécialistes de la santé qui semblent avoir de grandes difficultés a modéliser l’évolution de cette épidémie «inédite», particulièrement virulente et rapide en Haïti, et la communauté internationale qui semble peu intéressé par le sort des haïtiens en n’apportant pas l’aide financière d’extrême urgence, réclamé par l’ONU, que reste-il comme espoir pour Haïti? Un miracle? Il est vrai que si notre pays avait des richesses naturelles autre que sa pauvreté endémique, la situation serait sans doute très différentes au yeux des bailleurs de fonds.

 

Banque mondiale: 10 millions de dollars pour Haïti consacrés au choléra

AFP / 24 novembre 2010 17h08

WASHINGTON – La Banque mondiale a annoncé mercredi qu’elle préparait un don de 10 millions de dollars à Haïti pour améliorer l’accès aux services de santé et lutter ainsi contre l’épidémie de choléra.

La somme, qui doit encore être débloquée par un conseil d’administration prévu en décembre, doit aller au ministère de la Santé publique, à la Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement, et à des organisations non gouvernementales, a précisé l’institution dans un communiqué.

Ces ONG travaillent « pour améliorer l’accès à l’eau potable, fournir des services de santé de base pour les populations touchées et les groupes vulnérables, ainsi qu’un assainissement et une gestion des déchets sûrs dans les zones à haut risque », a expliqué la Banque mondiale.

L’épidémie a tué 1.415 personnes pour plus de 60.000 cas déclarés selon un bilan officiel, mais des experts estiment que la maladie a fait 2.000 morts pour 70.000 personnes touchées.

« Haïti a besoin de toute l’aide possible pour réagir face à l’épidémie (…) Le soutien de la Banque mondiale sera essentiel pour sauver des vies et rétablir le réseau de services de santé publique », a affirmé le ministre des Finances du pays, Ronald Baudin, cité dans un communiqué.

La Banque mondiale a indiqué que depuis le séisme de janvier, elle avait engagé 479 millions de dollars pour aider Haïti, dont 320 millions de dons pour financer des projets pilotés par le gouvernement de Port-au-Prince, 39 millions pour annuler la dette du pays, et 49 millions pour le secteur privé via la Société financière internationale.

 

Haïti-Séisme-Reconstruction :

 30 millions de dollars pour 5000 logements

P-au-P, 24 nov. 2010 [AlterPresse] — Le gouvernement haïtien et la Banque Mondiale ont paraphé le mardi 23 novembre un accord de financement de 30 millions de dollars pour la mise en œuvre d’un projet de construction de logements au bénéfice de 5000 familles.

Il s’agit d’un financement additionnel au Projet de Développement Communautaire Participatif en Milieu Urbain (PODEPUR) déjà soutenu par la Banque Mondiale à hauteur de 16 millions de dollars. L’exécution des travaux de réparation et de reconstruction des logements endommagés ou détruits sera assurée à travers ce projet présent dans plusieurs communes, selon son directeur Michael Lecorps.

Les 5000 familles sélectionnées résident dans les quartiers de Carrefour Feuilles et Delmas 32, choisis comme zones pilotes.

Chaque construction sera de 18 mètres carrés avec la possibilité de l’agrandir en fonction des besoins de la famille et coutera 3.500 dollars américains, a expliqué Michael Lecorps.

Selon Ronald Baudin, ministre de l’économie et des finances, les travaux concerneront également le système d’eau potable et la voirie de ces quartiers.

En attendant la publication du code de construction, un manuel agréé par le ministère haïtien des travaux publics servira de guide dans le cadre du projet, a fait savoir Alexandre Abrantès, représentant de la Banque Mondiale. Il a précisé que le code de construction est « déjà très avancé » et attend l’approbation des autorités haïtiennes.

Par ailleurs, Abrantès a révélé que le projet ne vise pas seulement à réparer les maisons marquées jaune et reconstruire celles qu’il faut démolir, mais aussi d’ « établir dans ces quartiers les services sociaux et les infrastructures de base qui permettraient aux gens de laisser les tentes et de rentrer chez eux ».

« Une partie des travaux sera mise en place avec la population des quartiers. Et cela aussi va générer des emplois, un aspect très important pour que les gens soient de nouveau attirés vers les quartiers d’origine », a-t-il souligné.

Cependant aucune précision n’a pu être fournie par rapport au calendrier de mise en œuvre du projet.

Plus de 10 mois après le tremblement de terre 1,3 millions de personnes n’ont pas de logements décents et vivent dans des camps où elles demeurent vulnérables à d’autres catastrophes. Des milliers d’entre eux sont victimes d’expulsions forcées ou sont sur le point de l’être.

Alors qu’il s’apprêtait à parapher l’accord de financement pour ce projet de logement, premier signe de réponse du gouvernement, le ministre des finances a tenu à se montrer une fois de plus très attaché au respect de la propriété privée.

« Nous savons que des centaines de milliers de personnes vivent encore sous des tentes. Mais nous ne souhaiterions pas que des gens prennent la situation comme un prétexte pour occuper illégalement des terrains qui appartiennent à des particuliers », a t-il déclaré.

 

Haïti – Éducation :

 Une première tranche de 50 millions pour la réforme de l’éducation
HAITI LIBRE – 24/11/2010 13:09:31

Haïti - Éducation : Une première tranche de 50 millions pour la réforme de l'éducationLa Banque interaméricaine de développement (BID) a approuvé hier un don de 50 millions de dollars pour la réforme de l’éducation en Haïti. Cette première contribution s’inscrit dans un engagement de 250 millions de dollars, approuvé le mercredi 6 octobre à la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) sous le titre « Projet # 4 : Reconstruction du secteur de l’enseignement (SE) ».
La BID a également promis de mobiliser 250 millions de dollars supplémentaire en provenance de donateurs non traditionnels. Le premier intervenant à s’engager est la First Citizens Bank, une institution financière à Trinité-et-Tobago, avec un don de 1 million de dollars pour la construction d’une nouvelle école.
Le plan de réforme de l’éducation en Haïti vise à créer un système d’éducation financé par le gouvernement qui englobe et les écoles publiques et privés. L’objectif est de subventionner l’éducation afin de réduire les frais de scolarité dans les écoles participantes et de permettre à plus d’enfants inscrits de terminer leurs études. Même avant le séisme du 12 Janvier dernier, plus de 500,000 d’enfants d’âge scolaire, ne fréquentaient pas l’école, principalement parce que leurs parents ne pouvaient pas payer les frais de scolarité.
Un autre objectif de ce plan est la construction de plus de 2,500 écoles aux normes sismiques. Les nouveaux bâtiments plus grands permettront d’accueillir plus d’élèves de la maternelle à la 9 e année. rappelons que le séisme a détruit ou endommagé plus de 4,000 installations scolaires, des centres de formation et des établissements d’enseignement supérieur.
Le plan vise également à améliorer la formation des enseignants et la certification des écoles. Avant le séisme, 1 enseignant sur 4 n’avaient pas de diplôme d’études secondaires et 3 écoles privées sur 4 opéraient sans licence officielle. Pour participer à ce nouveau système, les écoles privées devront respecter des normes plus strictes tant au niveau des qualifications des enseignants que des conditions des bâtiments.
Pour bénéficier des subventions de réduction des frais de scolarité établis en vertu du programme d’éducation pour tous, (un programme lancé en 2007 avec la Banque mondiale), les écoles devront se soumettre à des contrôles indépendants afin de vérifier la façon dont elles utilisent les subventions et s’assurer qu’elles ne facture pas de frais supplémentaires pour les familles de leurs élèves.
Au total, le plan ambiteux de réforme, allant de la maternelle au collège, coûtera environ 4.2 milliards de dollars sur cinq ans. Le gouvernement haïtien, qui consacre actuellement environ 1,5 % du produit intérieur brut à l’éducation, espère augmenter graduellement ses dépenses dans ce secteur à 4 % du PIB, soit la moyenne latino-américaine.
Ce vaste plan de réforme, nécessitera le soutien des pays donateurs et des institutions qui ont depuis des décennies travaillé sur le système éducatif haïtien, et fourni des ressources financières et techniques. Cependant, la réforme a été conçue de façon que ses composantes puissent être ajustés en fonction des fonds disponibles.
Cette première subvention de la BID, prévoit des investissements à court terme et long terme. Le plus immédiat est la construction de 25 écoles temporaires de 10 salles de classe chacune, équipées de meubles, de l’eau et l’assainissement et de l’électricité. 20 de ces structures légères, mais solides, doivent être construite dans les régions touchées par le séisme et 5 seront construits dans les zones de réinstallation des personnes sans-abri.
La subvention permettra également de financer la construction de 30 écoles permanentes. Les bâtiments seront dotés de panneaux solaires, de réservoirs d’eau, de toilettes, d’une cantine, de soins infirmiers et de bureaux pour l’administration. Les écoles seront équipées de pupitre d’étude, au lieu de tables et de bancs, afin de faciliter l’accès aux enfants ayant un handicap physique.
La construction de ces écoles sera supervisés par le Fonds d’Aide Économique et Social et économique de l’aide (FAES), un organisme gouvernemental qui a déjà dirigé la construction de 600 salles de classe temporaires financés par la BID après le séisme. Le FAES a élaboré des lignes directrices pour la construction sur la base des expériences de la Nouvelle-Orléans et de la Martinique, qui ont souffert de catastrophes naturelles.
Une partie des ressources fournies par la BID aidera à étendre l’octroi de subventions pour 35.000 étudiants issus de familles dans une pauvreté extrême et financera également la formation des enseignants et du personnel administratif de 55 nouvelles écoles ainsi que l’achat de matériel scolaire pour 27,500 élèves, y compris les uniformes. Plus de 600 enseignants recevront du matériel pédagogique.
En outre, une partie de ces 50 millions sera investi dans le renforcement du ministère haïtien de l’Éducation pour accroître sa capacité de mener à bien la réforme, de moderniser ses systèmes de gestion, mettre à jour son cadre juridique pour les partenariats public-privé et créer un système de contrôle autonome des infrastructures scolaires.

 

Haïti – France :

 Aide humanitaire aux réfugiés et aux victimes du choléra
HAITI LIBRE – 24/11/2010 08:26:47

Haïti - France : Aide humanitaire aux réfugiés et aux victimes du choléraDans le cadre du plan de lutte contre l’épidémie de choléra et à la demande du gouvernement haïtien,100 lits adaptés au traitement des malades du choléra et 10,000 bâches offerts par le Centre de crise du Ministère des Affaires étrangères sont arrivés samedi 20 novembre à l’Ambassade de France en Haïti.
80 lits et 200 bâches ont été remis à la Croix Rouge Française. Ils seront ensuite distribués dans les Centres de traitement contre le choléra (CTC) mis en place à travers le pays. Les 20 derniers lits ont été remis à l’Hôpital d’Université d’État d’Haïti.
200 bâches ont été offertes à la ville des Abricots, une des zones les plus touchées par le cyclone Tomas. 50 ont été remises à la place des Artistes pour reloger des sinistrés vivant dans le camp du champ de Mars. Les bâches restantes ont été mises à la disposition de la Direction de la Protection Civile du Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Locales.

 

Haiti-Choléra :

 Les décès estimés à 2.000 et les infections à 70.000

P-au-P., 24 nov. 2010 [AlterPresse] — 2.000 personnes seraient décédées de l’’épidémie de choléra qui sévit en Haiti et 70.000 cas d’infection auraient été recensés, selon le coordonnateur humanitaire de l’ONU en Haïti, Nigel Fisher.

Le haut fonctionnaire de l’ONU a communiqué ces chiffres mardi au cours d’une visioconférence à laquelle il participait aux cotés du chef de la Mission des Nations Unies en Haiti (MINUSTAH), Edmond Mulet.

Le dernier bilan en date établi par le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), fait état de 1415 morts et 60240 cas d’infection.

Selon l’Organisation panaméricaine de la santé plus de 200.000 personnes pourraient être contaminées dans les trois prochains mois.

La porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA), Elysabeth Byrs, a indiqué mardi lors d’une conférence de presse à Genève, en Suisse, que « seulement 6,8 millions de dollars ont été versés sur les 164 millions de dollars » demandés par l’ONU et ses partenaires pour lutter contre le choléra qui est apparu dans le pays à la fin du mois d’octobre.

« Les fonds restants et les donations sont nécessaires pour assurer durant les six prochains mois le réapprovisionnement des stocks et la présence des ressources humaines nécessaires », a déclaré Elysabeth Byrs qui a souligné que les campagnes de communication et sensibilisation des populations continuaient afin de limiter la propagation de l’épidémie de choléra.

 

Haïti – Élections :

 Kenneth H. Merten appelle les Haïtiens à voter massivement dimanche
HAITI LIBRE – 24/11/2010 05:53:58

Haïti - Élections : Kenneth H. Merten appelle les Haïtiens à voter massivement dimancheKenneth H. Merten, l’ambassadeur des États-Unis à Port-au-Prince, a appelé mardi la population à voter en masse ce dimanche pour élire un président, un tiers du Sénat et l’ensemble des députés.
Le diplomate a déclaré « Nous sommes prêts à appuyer une politique de développement capable de transformer la situation socio-politico-économique d’Haïti », rappelant que cet accompagnement se fera aux côtés de la communauté internationale en vue de l’amélioration des conditions de vie des citoyens haïtiens.
Concernant les acteurs politiques qui réclament le report des élections, l’ambassadeur a tenu à préciser que les élections doivent avoir lieu ce dimanche, conformément a la constitution haïtienne, soulignant que la majorité des candidats sont favorables à la tenue des élections ce dimanche. Ajoutant que le terme du mandat du Président René Préval prenait fin le 7 février 2011, et qu’il faut des élections pour nommer son remplacement.
En ce qui concerne les récentes manifestations organisées à Port-au-Prince et dans plusieurs villes de province, notamment au Cap-Haïtien et à Hinche, Kenneth Merten a dit croire que les élections qui auront lieu ce 28 novembre, donneront à la population la possibilité d’exprimer dans leur vote les mécontentements qu’elle pourrait avoir de la gestion de l’équipe en place.
Concernant la sécurité de ces élections, le diplomate a dit avoir consulté à ce sujet la Minustah et la Police Nationale Haïtienne, et qu’il a pleinement confiance dans leur capacité à faire face aux éventuels dérapages.

 

Ce que les Haïtiens attendent des élections

BASTA / 24 novembre 2010

Des élections présidentielles et législatives auront lieu en Haïti le 28 novembre. Et ce, malgré la profonde instabilité que connaît le pays depuis le tremblement de terre. La reconstruction a peu avancé depuis neuf mois. Une épidémie de choléra progresse. Les incidents se multiplient. Plusieurs candidats demandent le report du scrutin, et des citoyens appellent au boycott. Quel regard les Haïtiens portent-ils sur la situation de leur pays à la veille de ces élections ? Le site américain Truthout a recueilli leurs témoignages.

Nous avons demandé à des Haïtiens de différents horizons ce qu’ils pensent des élections du 28 novembre, ce qu’ils veulent ou attendent d’un nouveau gouvernement. Voici quelques unes de leurs réponses.

« Mobiliser pour le boycott des élections »

Suze Jean est enseignante en école primaire et étudiante en électronique. Elle se décrit comme révolutionnaire. Elle est élue du comité de gestion de son camp pour personnes déplacées, situé sur le terrain d’une église évangélique. Suze a été expulsée, sa tente et ses biens ont été détruits par le fils du pasteur après qu’elle ait publié avec d’autres un communiqué de presse sur les conditions de vie dans le camp, en septembre. Elle vit maintenant dans la rue, elle est enceinte de huit mois.

« Je vois les élections du 28 novembre comme une injustice faite aux populations victimes du tremblement de terre du 12 janvier. Cet argent [de la campagne électorale] pourrait être utilisé pour aider les gens qui sont en difficulté.

Et tous ces candidats… nous avons vécu sous des bâches pendant neuf mois, et nous n’avons pas vu une seule de ces personnes faire quelque chose pour nous. Ils sont sourds, ils n’entendent rien. Nous voulons que les expulsions forcées s’arrêtent. Nous ne pouvons plus les supporter.

Dix camps, dans le quartier de Carrefour, se sont réunis pour se mobiliser contre les élections. Nous allons résister. Nous ne participerons pas aux élections tant que nous vivons sous des bâches, sous la pluie et dans la boue, tant qu’ils nous jettent hors des camps. Nous allons manifester, faire des sit-in, tout ce que nous pouvons pour ne pas participer aux élections. Nous encouragerons les autres comités de camp à ne pas participer. Nous n’utiliserons pas la violence pour empêcher les gens, mais nous essayons de les mobiliser pour le boycott.

Nous participerons aux élections seulement lorsqu’ils répondront à nos demandes, quand ils aborderont les problèmes des personnes vivant dans les camps et qui se font expulser, quand ils arrêteront de forcer les gens à travailler comme soi-disant « bénévoles » dans les camps, quand ils arrêteront de forcer les femmes à coucher avec les hommes qui contrôlent [la distribution de] l’aide humanitaire pour y avoir accès.

L’alternative positive que nous voulons, c’est un candidat sensible à nos besoins, ayant une vision claire de la façon de s’occuper de nos problèmes, et qui pourrait créer un gouvernement tourné vers le peuple. Quelqu’un qui ferait part de nos besoins à la communauté internationale. Nous avons besoin de quelqu’un qui connaisse nos souffrances, et qui a la maturité et l’honnêteté pour gouverner le pays. Nous avons besoin de quelqu’un qui soit du même niveau que le peuple. »

« Que nos voix comptent »

Louisiane Nazaire se définit elle-même comme paysanne. Elle est membre d’un groupe local de paysans de Grande-Anse et coordinatrice de la Commission nationale des femmes paysannes.

« Nous n’avons pas confiance dans ces élections, dans le pouvoir ni dans le conseil électoral. Mais nous avons pris conscience que ces élections auront lieu quoi qu’il en soit. Nous avons donc décidé de participer, pour que nous, paysans, ne restions pas dans la situation où nous sommes aujourd’hui. C’est pourquoi la commission nationale des femmes paysannes (KONAFAP), le Mouvement national des paysans du congrès de Papaye (MPNKP), et le Réseau national haïtien pour la souveraineté alimentaire et la sécurité alimentaire (RENHASSA) présentent des candidats locaux dans de nombreux endroits, des paysans qui vont porter nos voix et nos intérêts. Cela peut nous aider à avoir un pouvoir qui représente vraiment les paysans et toute la population.

Actuellement nous, les paysans et femmes pauvres, sommes traités de façon terrible par la société. En particulier les femmes : en tant que citoyennes, nous voulons que nos droits, nos voix, et les lois soient respectées. Nous ne devrions pas être traitées différemment des hommes, quelle que soit notre classe sociale.

Une chose que nous voulons d’un nouveau gouvernement : que le budget national reflète les intérêts des paysans et de l’agriculture. Nous avons aussi besoin de crédits. Le pays dépend de nous, les paysans, mais il ne nous donne rien. Si les agriculteurs ne travaillaient pas pendant un mois, la nation toute entière périrait. Pourtant, le [pourcentage du] budget alloué aux paysans et à l’agriculture était seulement de 3%, pendant des années, et après de nombreuses mobilisations, il est monté à 4%.

Nous revendiquons notre droit de vote, nous participons pour nous assurer que notre vote a une valeur. Si nous constatons que nos voix ne sont pas comptées, nous descendrons dans la rue et demanderons une nouvelle élection ou l’annulation de celle-ci. »

« Une élection, pas une sélection ! »

Jocie Philistin est défenseur des droits de l’Homme. Elle coordonne un réseau d’organisations de femmes, pour le Bureau des avocats internationaux de Port-au-Prince.

« Une fois que nous avons le candidat dont nous avons besoin – quelqu’un qui peut entendre et s’occuper des droits du peuple – vous verrez, la majorité des gens le ou la soutiendront pour les élections. Comme en 1990, quand tout le peuple haïtien a décidé qu’il soutenait un candidat [Jean-Bertrand Aristide]. Ils [67 % de l’électorat] ont voté pour lui. Naturellement, les gens devraient s’assurer que leurs demandes sont satisfaites et mises en œuvre une fois le candidat élu.

Ce que je vois avec ces élections, c’est que le parti Unité [le parti du président Préval] cherche juste à faire valider une sélection déjà faite. Ils ont déjà volé la présidence et le Parlement. La sélection, ce n’est pas une élection.

Je sais que la communauté internationale joue toujours un rôle important dans les élections. Si elle se contente de préserver cette sélection, les gens vont simplement rester comme ils sont actuellement, dans leurs camps et dans leur insécurité. Un seul mot : bloquer toute sélection. »

« Un candidat avec un programme pour l’éducation »

Wilner Jean-Charles était étudiant en marketing jusqu’à ce que les bouleversements politiques de 2004 le forcent à quitter l’école. Wilner sert désormais de guide et de chauffeur pour les groupes touristiques.

« Je ne suis pas engagé politiquement. Mais je crois que si quelqu’un avait un très bon programme à long terme pour la jeunesse, nous pourrions avoir un développement réel. Si ce candidat a un programme d’éducation pour que tous les enfants de la rue aillent à l’école, leur donne l’accès à une bonne éducation universitaire, et développe de bons emplois pour ces enfants une fois qu’ils sortent de l’école, on pourrait construire des citoyens différents. Projetez-vous dans 50 ans et imaginez le genre de personnes que ces enfants pourraient être.

Quel candidat je soutiens ? Je n’ai pas pris le temps de lire et voir si l’un des candidats a un programme pour l’éducation en Haïti. Mais si j’en trouve un, et si cette personne a un minimum de crédibilité, je voterai pour lui. »

« Que les gens soient partie prenante du processus de changement »

Josette Pérard est directrice de Fon Lanbi Haïti, l’homologue haïtien du Fonds Lambi. Travailleuse sociale, Josette s’occupe d’un programme qui vise à former, soutenir et trouver des crédits pour les organisations de femmes et de petits agriculteurs dans les zones rurales.

« Il n’y a pas si longtemps, un petit groupe de personnes utilisait le français comme moyen pour isoler tout le monde. Les gens ne pouvaient participer à rien s’ils ne parlaient pas français. Ils ne pouvaient même pas comprendre ce qui se disait à la radio. Aujourd’hui, tout le monde dit ce qu’il pense, les gens veulent participer, entrer dans le débat. C’est un changement.

Les gens devront être partie prenante de tout changement de la situation. Sinon, ça ne marchera pas. Mais pour cela, ils [le président et le gouvernement] devront faire confiance aux gens. J’entends des candidats qui ouvrent la bouche pour parler « du peuple ». Ils parlent de ce qu’ils vont faire pour les gens, mais jamais de ce qu’ils vont faire avec eux. De belles visions et de beaux discours du président ne sont pas suffisants. La seule façon pour nous d’avoir un changement, c’est que les gens soient partie prenante du processus. »

Les candidats ? « Un groupe de personnes qui nous ont toujours exploités »

Ludovic Cherustal est un jeune technicien en base de données, travaillant pour une ONG d’aide humanitaire canadienne. Il espère un emploi plus stable pour pouvoir fonder une famille.

« Les gens seraient intéressés par les élections, s’ils pensaient que les résultats auraient un impact sur leurs besoins. Mais les candidats sont tous gwo manjè, de « gros mangeurs », appartenant au même groupe de personnes qui nous ont toujours exploités. La plupart d’entre eux « ont été le système », ils en tirent profit, depuis longtemps. Ils ne vont rien faire pour nous, les petites gens pauvres. »

« Sans changement des consciences, Haïti restera fragile comme un cristal »

Alina « Tibebe » Cajuste était esclave quand elle était enfant. Elle est aujourd’hui militante pour les Droits de l’enfant et poète. Son rêve est de s’instruire, et de voir la fin de l’esclavage des enfants.

« J’ai perdu ma carte d’électeur dans le tremblement de terre [quand ma maison a été détruite]. Et c’est très difficile d’en obtenir une nouvelle. Je dois voter, mais je ne sais pas comment je vais faire.

Un nouveau président peut arriver au pouvoir et Haïti peut rester toujours la même, surtout si tout ce que voit ce nouveau président, ce sont ses poches et non le peuple. Si un nouveau président ne nous donne pas des écoles primaires, des écoles professionnelles et du travail dans les campagnes, ce sera comme se laver les mains et les sécher dans la boue.

Si nous n’avons pas un changement des consciences, nous pourrons avoir toutes les élections possibles, mais Haïti restera fragile comme un cristal. »

Publié par Truthout, sous le titre Beyond Wyclef : What Haitians Want From Elections, le 20 novembre 2010. Auteur : Beverly Bell. Traduction : Agnès Rousseaux / Basta !

 

Haïti : Une femme à la tête du pays?

Agence QMI / Jean-Luc Lavallée / 23/11/2010 22h05

Haïti - Une femme à la tête du pays?PORT-AU-PRINCE – À cinq jours du scrutin en Haïti, le comité de la candidate Mirlande Manigat est gonflé à bloc et confiant qu’elle devienne la première femme élue présidente de ce pays des Antilles.

Si l’on se fie aux sondages qui la placent en tête, elle devrait à tout le moins franchir le premier tour de l’élection présidentielle, qui aura lieu dimanche. «Nous sommes plus que confiants, mais nous savons que celui qui est en face de nous est très coquin. C’est pour ça que nous avançons avec prudence et sérénité, mais nous nous dirigeons vers la victoire finale», a déclaré Hugues Sylvain, coordonnateur du comité de Mirlande Manigat dans le département de l’Ouest.

Ce responsable électoral travaille dans un édifice endommagé, voire insalubre, qui fait office de bureau de campagne. Une situation qui détonne avec le budget de son principal adversaire, Jude Célestin, dauphin du président actuel René Préval, qui semble regorger de moyens. Son visage est d’ailleurs tapissé partout dans les rues de Port-au-Prince, capitale dévastée par un séisme en janvier et où les détritus et les gravats jonchant le sol sont omniprésents.

Célestin aurait dix fois plus d’affiches que tout autre candidat selon diverses personnes consultées sur le terrain. «C’est très indécent de s’afficher de la sorte, et avec quel argent? Celui du gouvernement, du pays, de la population», a lancé Hugues Sylvain. Celui-ci est incapable de chiffrer le nombre de pancartes à l’effigie de Mme Manigat, mais il affirme qu’elle a prôné la retenue dans le contexte actuel. «Il faut penser aux autres, à ceux qui souffrent, il faut faire quelque chose pour eux.»

Manigat et le choléra

M. Sylvain est convaincu que Mme Manigat saura gérer l’épidémie de choléra si elle est choisie par le peuple haïtien. «Elle va tout de suite avoir le support des autres pays pour remédier à la situation. Elle va pouvoir prendre soin de ses enfants, de ses fils et ses filles, nous en avons besoin. Elle a une équipe dynamique qui va contribuer à ce que nous ayons le changement tant espéré dans ce pays. Elle ne va pas diriger avec une baguette magique, mais quand même, vous allez voir du changement dans les quatre mois à venir», a-t-il soutenu.

Mirlande Manigat est mariée à un ancien président d’Haïti, Leslie Manigat, qui a gouverné pendant quelques mois en 1988. Elle est âgée de 70 ans, ce qui semble être à la fois une force et une faiblesse aux yeux de l’électorat. «Mon expérience me met à l’abri des vanités, des ambitions, surtout la richesse et la gloire», peut-on lire sur son profil diffusé sur le web. Elle dit espérer un «changement radical d’attitudes de la part de gouvernants incapables et corrompus», faisant référence aux gouvernements précédents.

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