HAITI ELECTIONS: LE JOUR APRES

29 Nov

Manigat et Martelly se désolidarisent des 10 autres candidats qui demandent l’annulation du scrutin

HAITI LIBRE / lundi 29 novembre 2010

P-au-P, 28 nov. 2010 [AlterPresse] — Les candidats à la présidence Michel Martelly et Myrlande Manigat sont revenus ce 29 novembre sur leur demande d’annulation des élections de la veille entachée d’irrégularités et de fraude.

Une douzaine de candidates et candidats (sur 19 officiellement en lice) à la présidentielle ont exigé, le 28 novembre, dans une déclaration conjointe, que ces élections soient annulées.

Michel Martelly déclare lors d’une conférence de presse qu’il n’a signé aucun document, même s’il admet s’être mis d’accord avec les autres candidats « sur un point : les magouilles » qui ont eu lieu, selon lui, durant ces élections.

Mais, a-t-il dit, « c’est le CEP (Conseil Électoral Provisoire) qui a le mot final ».

Il ajoute qu’il est prêt à recevoir tout résultat qui ne donnerait pas Jude Celestin, candidat du pouvoir, gagnant de ces joutes.

Pour sa part, Myrlande Manigat, qui compte parmi les favoris de l’élection présidentielle, estime ce 29 novembre qu’elle dispose de « bonnes chances de gagner », et se dit prête à participer à un éventuel second tour.

« Compte tenu des circonstances dans lesquelles je me trouvais, j’avais demandé l’annulation, mais il y a de nouvelles données, alors je peux revenir sur ma décision », déclare-t-elle à l’Agence France Presse.

Un ensemble d’irrégularités flagrantes, constatées dans les bureaux de vote jusqu’à 11:00 am et vraisemblablement planifiées en faveur du candidat officiel Jude Célestin de la plateforme “Inite” (Unité), était à la base de la décision prise par les 12 postulantes et postulants à la présidentielle, suivant la teneur du texte lu dans un hôtel à l’est de la capitale.

Les candidates et candidats, qui ont avalisé la déclaration du 28 novembre 2010, sont les suivants : Charles Henry Baker, Jean Henry Ceant, Joseph Michel Martelly, Lesly Voltaire, Jacques Edouard Alexis, Wilson Jeudy, Josette Bijou, Erick Charles, Jean Chavannes Jeune, Garaudy Laguerre, Léon Jeune, Myrlande Hyppolite Manigat.

Dès le début de la matinée du28 novembre, la presse nationale et internationale a relevé différents problèmes techniques dans le déroulement du vote, entre autres : de nombreuses électrices et électeurs n’ont pas pu retrouver leurs noms sur les listes électorales ; des actes de violence (y compris la mort d’électeurs) ont émaillé les opérations enclenchées vers 6:00 am en certains endroits, mais très en retard dans d’autres endroits, plusieurs mandataires de partis politiques ont été interdits d’accès à des bureaux de vote où ils étaient affectés.

 

René Préval, un président « têtu » au « caractère de caméléon »

Le Monde.fr | 29.11.10 | 22h32  •  Mis à jour le 29.11.10 | 22h46

Le président haïtien René Preval, le 30 juin 2010.

Le président haïtien René Preval, le 30 juin 2010. AFP/THONY BELIZAIRE

Pour l’ambassade américaine à Port-au-Prince, le président sortant d’Haïti, René Préval, est un allié, mais sa « personnalité » pose problème. Lors de son élection, en 2006, M. Préval avait pu compter sur le soutien des Etats-Unis, du Brésil et de la France, très impliqués en Haïti. « Son engagement pour la construction d’institutions démocratiques, la promotion de la stabilité politique et le développement de l’économie correspond à notre propre intérêt », affirme un message diplomatique de mars 2007 obtenu par WikiLeaks et examiné par Le Monde.

« Préval reste l’homme indispensable d’Haïti », insiste un long mémo de juin 2009 intitulé « Déconstruire Préval ». Cependant, « la relation avec lui est un défi qui peut être frustrant et parfois gratifiant », explique ce texte. La difficulté découle de sa « vision du monde, sa personnalité et son style de leadership renfermé », ainsi que d’un « caractère de caméléon ». « Personnalité discrète et complexe, le président partage peu. Son cercle rapproché a beaucoup rétréci ces deux dernières années. » D’ailleurs, « l’isolement de Préval dans le palais au cours de la dernière année est notable ». « Il quitte rarement le palais, sauf pour aller chaque soir à sa résidence ou au refuge qu’il a acheté à sa fiancée sur les hauteurs de Port-au-Prince. »

VISION « CYNIQUE  » DE LA POLITIQUE HAÏTIENNE

Femme d’affaires formée aux Etats-Unis, « Elizabeth Delatour est la seule conseillère avec laquelle il a des discussions significatives », précisait le mémo de 2007, deux ans avant qu’elle n’épouse René Préval. Le mémo avouait néanmoins qu’il était difficile d’évaluer son influence. En fait, « Préval n’a confiance ni en ses conseillers ni en ses ministres pour prendre des décisions, et même pour les appliquer ». Résultat, « Préval est très peu incliné à déléguer le pouvoir et les détails les plus insignifiants arrivent même sur son bureau », explique le mémo de 2009.

Le président haïtien accepte rarement les « opinions divergentes ». Cette prise de décision « unilatérale » et sa « tendance à la micro-gestion » s’accompagnent d’une vision « cynique «  de la politique haïtienne (« souvent justifiée », ajoute l’auteur de la note. « Têtu et soupçonneux », le président haïtien reste « sceptique sur les engagements de la communauté internationale ». « Préval demeure essentiellement un nationaliste », « méfiant à l’égard des intentions des étrangers et convaincu que personne ne comprend Haïti aussi bien que lui ». M. Préval « admet qu’il ne lit ni n’écoute les nouvelles, locales ou internationales ».

« PERSONNAGE INACTIF »

« Le comportement parfois erratique de Préval ces dernières années a suscité de larges rumeurs sur le fait qu’il souffre de son ancien cancer de la prostate ou qu’il a recommencé à boire. » Le président haïtien a ignoré les conseils de ses proches de procéder à un bilan de santé aux Etats-Unis et ne s’est pas rendu à Cuba pour les tests de suivi depuis un an. Lors d’un premier mandat présidentiel (1996-2001), René Préval était perçu comme un « personnage inactif ».

« Tantôt déterminé, tantôt distrait, Préval est souvent réticent à utiliser les leviers de pouvoir de la présidence. » Il en résulte un « vide politique » occupé par « ceux qui ne pensent pas nécessairement aux intérêts de la nation ». A propos de l’exercice du pouvoir exécutif, le mémo de 2007 évoquait déjà les « faiblesses » de M. Préval et même une « passivité générale ». En 2010, cela lui a été reproché après le séisme de janvier et l’essor du choléra.

 

Le Canada demande aux candidats de calmer le jeu

Huguette Young / Agence QMI / 29/11/2010 16h09

Haïti - Le Canada demande aux candidats de calmer le jeu

Lawrence Cannon 

OTTAWA – Le ministre des Affaires étrangères Lawrence Cannon a demandé à tous les candidats à l’élection présidentielle en Haïti de calmer le jeu, lundi, au lendemain d’un scrutin hautement contesté.

«Nous pensons qu’il est essentiel que le calme puisse revenir, qu’il y ait un dialogue serein entre les individus qui sont les principaux acteurs politiques, a souligné le ministre lors d’un point de presse à Ottawa. On sait que ce pays a traversé des bouleversements incroyables au cours des 12 derniers mois.»

Pour M. Cannon, ce qui importe, c’est de retrouver la stabilité politique dans ce pays secoué au cours de la dernière année par un tremblement de terre dévastateur, un ouragan et par une épidémie de choléra.

«J’ai eu l’occasion de converser avec l’ambassadeur Henri-Paul Normandin qui s’active avec ses collègues sur le plan international, de concert avec [des] ambassadeurs d’autres pays, pour être capable de calmer le jeu pour que l’on puisse avoir le dialogue nécessaire pour la suite des choses.»

L’Organisation des Nations unies et la communauté internationale ont exprimé leurs vives préoccupations relativement à une série d’incidents de violence qui ont ravagé ce pays.

M. Cannon ne s’est pas prononcé à savoir s’il exigeait de nouvelles élections en Haïti.

 

Les organismes nationaux d’observation « déplorent la façon désastreuse » dont s’est déroulé le scrutin

ALTERPRESSE / lundi 29 novembre 2010

Note de presse de 6 organismes d’observation

Les institutions signataires de la présente déplorent la façon désastreuse dont se sont passées les élections législatives et présidentielles du 28 Novembre 2010. Plusieurs citoyens ont perdu leur vie ou ont été grièvement blesses, des bulletins parallèles ont été frauduleusement introduits dans le circuit, des centres de vote ont été saccages ou incendies, des bulletins réguliers ont été emportes, déchires ou renverses, beaucoup de bureaux se sont fermes de façon anticipée sans procès verbal, un vent de grogne, de révolte et de fronde a souffle dans les dix départements du pays, treize candidats a la présidence ont demande l’annulation des élections. Plutôt que de se terminer dans, le dépouillement serein des urnes, la journée s’est achevée dans des manifestations ou des affrontements de rue.

Tout ceci était prévisible vu que les recommandations faites par les partis politiques, la société civile et les organismes d’observation électorale de mettre en place un Conseil Electoral crédible, de respecter les prescrits de la loi électorale ont été ignores aussi bien par le Pouvoir Exécutif que par le CEP lui-même. La délocalisation massive des électeurs, a la faveur de la campagne des COV, qui a prive un grand nombre d’électeurs de la possibilité d’exercer leurs droits civiques, la mise en place d’une machine politique partisane au niveau des délégations et des collectivités territoriales, le changement arbitraire et illégal des superviseurs et des membres de bureaux de vote, les difficultés données aux mandataires et aux observateurs pour remplir leur fonction dans certains bureaux, représentent les gouttes d’eau qui ont fait déborder le vase.

Les institutions signataires de la présente recommandent aux dirigeants nationaux, et a la communauté internationale de prendre très au sérieux l’échec de cette journée électorale, de tirer les leçons qui s’imposent et d’éviter que ce mouvement de colère qui s’amorce ne s’étende a d’autres sphères de la vie nationale. Une concertation politique appropriée s’impose pour sortir le pays de cette nouvelle impasse.

Pour les Organisations :

Conseil National D’Observation des Elections : (CNO)

Initiative de la Société Civile (ISC)

Conseil Haïtien des Acteurs Non Etatiques. (CONHANE)

Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH)

Centre d’Education, de Recherches et d’Action en Sciences Sociales et Pénales (CERESS)

Mouvman Fanm Aktif Kafou (MOFKA)

 

Le CEP se félicite du succès des élections !!
HAITI LIBRE – 29/11/2010 15:06:23

Haïti - Élections : Le CEP se félicite du succès des élections !!Dimanche Haïti s’attendait à vivre un rendez-vous historique avec l’avenir ce fut un rendez-vous démocratique raté. Après la farce électorale de dimanche, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) a offert un spectacle du plus mauvais goût, devant la presse internationale et locale hier à 20:00. Avec comme acteurs principaux : Gaillot Dorsainvil son Président et Pierre-Louis Opont son Directeur Général qui incarnaient tour à tour la mauvaise fois et l’hypocrisie.
Le président du CEP et son directeur général, ont parlé d’une «journée bouclée et réussie» (?). D’après eux, seulement 56 centres de vote sur 1,500 auraient été affectés par les irrégularités dénoncées pendant la journée du dimanche et s’en sont félicités (!). Comment à à peine 4 heures après la fermeture du scrutin, le CEP peut-il avoir toutes les informations en mains pour soutenir une telle affirmation ? D’ailleurs, en pleine contradiction, les responsables déclarent au cours de la conférence de presse, qu’un autre bilan sera fait dans 48 à 72 heures au retour des conseillers électoraux partis en région, qui auront à fournir leurs rapports sur le déroulement du scrutin dans les différents départements géographiques où ils étaient déployés (ce qui confirme qu’ils ne disposaient pas des informations pour faire cette affirmation).
Gaillot Dorsainvil, a écarté toute possibilité d’annulation des élections générales en réponse aux accusations de fraudes formulées par la plupart des candidats à la présidence (15). La demande de ces candidats n’a pas été prise en compte par le CEP, qui évoque seulement des dérapages et des incidents mineurs dans ses comptes-rendus qui ne sont pas de nature à altérer la crédibilité du processus. En résumé le CEP se retranche derrière deux arguments :

  • Les candidats n’ont pas formulé légalement une demande d’annulation et donc, le CEP ne peut pas considérer cette demande, en plus d’insinuer, lors de cette conférence, à l’attention de la presse internationale, que la déclaration des candidats faisait partie d’une stratégie électorale habituelle en Haïti.
  • De plus, le CEP rappelle que ces compétitions, n’ont pas été réalisée pour seulement 19 candidats à la présidence, mais aussi pour 96 candidats au sénatoriale et 816 postulants à la chambre des députés. Pour une question de justice, les responsables ont dit, qu’ils ne peuvent pas annuler les élections parce que 12 candidats le demande… [Peut-être mais il ne s’agit pas de n’importe quels candidats…]

Pierre Louis Opont a affirmé que personne n’avait empêché les électeurs d’exercer leurs droits de vote… À une question concernant le fait que le noms de nombreux électeurs figuraient sur la liste à l’extérieur du bureau de vote, et non à l’intérieur, Philippe Augustin, le directeur du registre électoral a répondu qu’il s’agissait d’«un faux problème» et que les deux listes étaient identiques, sans apporter la réponse attendue… Plus tard, ce sont les responsables des bureaux de vote qui seront accusés de ne pas savoir bien lire et d’être à l’origine de ces erreurs… là ou il n’y en a pas…
En résumé, et dans diverses réponses aux journalistes, le CEP accuse tour à tour, les électeurs d’avoir été mal informé et d’avoir voulu voter à la mauvaise place ce qui explique l’absence des noms sur les listes… Le personnel qui a mal fait son travail… Ou les candidats qui exagèrent les irrégularités et les fraudes qui ne concernent qu’une toute petite partie des élections…
En conclusion les responsables du CEP ont affirmé que les élections s’étaient déroulées normalement et que les bureaux de vote avaient fermé leurs portes à 16H00. Ils ont fait savoir que le CEP compte mener le processus jusqu’au bout, en procédant au décompte et à la tabulation des voix, jusqu’à la date du 7 décembre, dans un premier temps. Ensuite les résultats préliminaires du scrutin seront rendus publics en vue de la période de contestation des candidates et candidats. Puis le 20 décembre les résultats définitifs seront publiés.
L’épreuve de force est donc engagée entre le Gouvernement Préval, le CEP et le reste de la classe politique. N’oublions pas un dernier point celui du taux de participation. Pour que le futur gouvernement soit crédible et légitime, ce taux devra largement dépasser 40%. La participation des électeurs restent pour le moment une grande inconnue. Toutefois, gageons que ce taux sera «très élevé» si c’est nécessaire pour servir une cause partisane.
Nous attendons avec impatience le rapport des observateurs internationaux.
Faut-il en rire ou en pleurer ? Doit-on voir dans ces déclarations (en dehors de la mauvaise foi) une preuve d’incompétence du CEP ou la manifestation d’un piège politique dirigé par le Gouvernement ? Une chose est certaine ces justifications et explications confuses et souvent contradictoires ne convaincront personnes.

 

Haïti : Manigat a de « bonnes chances »

AFP – 29/11/2010

Mirlande Manigat, qui compte parmi les favoris de l’élection présidentielle en Haïti, a estimé au lendemain du scrutin qu’elle disposait de « bonnes chances de gagner », et s’est dite prête à participer à un éventuel second tour. « Je suis toujours dans la course, j’ai de bonnes chances de gagner les élections », a déclaré Mme Manigat à l’AFP. Elle a également affirmé ne pas faire partie du groupe des 12 candidats qui ont demandé dimanche l’annulation de la consultation.
« On a cité mon nom dans un document, mais je n’ai jamais participé à l’élaboration d’une déclaration, je n’ai pas signé », a ajouté Mme Manigat, qui avait cependant fait une déclaration personnelle demandant l’annulation du scrutin.
« Compte tenu des circonstance dans lesquelles je me trouvais, j’avais demandé l’annulation, mais il y a de nouvelles données, alors je peux revenir sur ma décision », s’est-elle justifiée.

 

Le chaos politique s’installe en Haïti

Par Thierry Oberlé  / LE FIGARO / 29/11/2010

Wyclef Jean, star mondiale du hip-hopaux côtés de Michel Martelly et de Charles Henri Baker (de gauche à droite), deux candidats à l'élection, dimanche,lors d'un mouvement de protestation pacifique en faveur de l'annulation du scrutin.
Wyclef Jean, star mondiale du hip-hopaux côtés de Michel Martelly et de Charles Henri Baker (de gauche à droite), deux candidats à l’élection, dimanche,lors d’un mouvement de protestation pacifique en faveur de l’annulation du scrutin. Crédits photo : Dieu Nalio Chery/AP

Au lendemain des élections, le très populaire Wyclef Jean, ex-chanteur des Fugees, appelle à une révolte citoyenne.

Les artistes occupent le devant de la chaotique scène politique haïtienne. Dimanche, la journée électorale s’est ainsi achevée en kermesse populaire. Peu après la demande d’annulation des élections par douze candidats qui dénoncent «des irrégularités et une fraude massive», des cortèges ont parcouru à pied et en voiture les rues des quartiers de Pétionville et de Delmas. Le chanteur Michel Martelly dit Sweet Micky ou encore Têt Kalé et l’homme d’affaires blanc Charles Henri Baker ouvraient la marche debout à l’arrière d’une camionnette en compagnie de la star mondiale du hip-hop, Wyclef Jean. Des milliers de personnes se précipitaient sur le passage du convoi. Elles tenaient des affiches de couleur rouge à l’effigie de Michel Martelly, le candidat numéro 8. Les gens souriaient. Certains dansaient, d’autres couraient.

«On voulait voter, ils nous ont pas laissés» 

Le mouvement de protestation pacifique devait avoir valeur d’avertissement aux autorités. La crainte de violences et de «déchoucages» (pillages) s’est estompée. «On voulait voter, ils nous ont pas laissés», chantonnaient les plus jeunes. «La meilleure arme que nous avons, c’est la carte électorale. Je me battrais toujours pour ça», affirmait Wyclef Jean dont la popularité est immense.

Enfant de New York mais resté attaché à ses racines, l’ex-chanteur des Fugees avait vu sa propre candidature à la présidence invalidée en août. Dimanche, il s’est présenté au cours d’une conférence de presse en porte-parole des laissés-pour-compte de son pays natal. «Je ne suis pas un expert en politique, mais je connais ma ville», a-t-il assuré, flanqué de son garde du corps. La casquette en cuir vissé sur un crâne rasé, il a appelé à une révolte citoyenne. «On ne doit pas voler le vote populaire.» Interrogé sur l’origine des fraudes, il s’est retranché derrière l’«avis de la rue», une stratégie populiste pour le moins risquée en ces jours de tensions. «Vous savez bien que la rue dit la vérité et la rue dit que c’est l’unité (le parti du gouvernement)», assurait-il.

Suspicion de trafic 

Mise en cause par la plupart des candidats, la commission électorale provisoire (CEP) est accusée d’avoir «trafiqué les élections au profit du candidat du pouvoir», Jude Célestin, un proche du président sortant René Préval. Elle a répliqué en validant le scrutin. Son président Gaillot Dorsainvil s’est même félicité d’«une journée électorale réussie». Selon la CEP, seuls 3,56 % des bureaux de vote ont connu des problèmes. Mais de nombreux témoignages rapportent des tricheries grossières et peu discrètes.

Les observateurs citent pour l’anecdote le cas d’une tentative de bourrage d’urne par son côté fermé ou mieux le vol de la boîte transparente par un homme qui l’a porté chez lui pour la remplir de bulletins. Plus généralement, le scrutin qui devait permettre d’élire un président, des députés et des sénateurs a tourné à la cacophonie pour des raisons d’organisation. Beaucoup d’électeurs ignoraient dans quel centre de vote, ils avaient été inscrits.

Dimanche des émissaires ont commencé à faire la navette entre les poids lourds de la présidentielle et le pouvoir pour tenter de trouver une issue à la crise. La tâche s’annonce rude. Les protagonistes semblent naviguer à vue et les dangers d’escalade sont plus que jamais à l’ordre du jour.

 

Des secteurs de la communauté internationale souhaitent une solution par le dialogue

P-au-P, 29 nov. 2010 [AlterPresse] — Alors qu’une douzaine de candidats sur les 18 en lice à la présidentielle du 28 novembre ont demandé une annulation, la communauté internationale appelle au dialogue.

L’organisation des Nations Unies et les pays partenaires d’Haïti se disent « préoccupés » par les « incidents » ayant émaillé la journée électorale et appellent au « calme ».

La France prescrit plus particulièrement le dialogue entre les candidats et le gouvernement.

Dans un entretien accordé à Radio France Internationale, l’ambassadeur de France en Haïti, Didier Le Bret, a souligné qu’il fallait « se mettre autour d’une table, pour essayer de retrouver le chemin du dialogue pour organiser sans doute à une date ultérieure, les élections, ou toute forme…de consensus qui pourrait émerger de cette table ronde dans le contexte actuel, serait bonne à prendre. »

« Mais il ne me semble pas que la demande d’un départ du président puisse être considérée comme un préalable à la négociation », a-t-il précisé.

Parlant des élections, une mission d’observation américaine a demandé à la communauté internationale de rejeter « cette farce ».

Pour sa part, la mission d’observation OEA-CARIICOM ne s’est toujours pas prononcée.

Les États-Unis et l’Union Européenne n’ont pas non plus fait connaitre leur position.

Des sources diplomatiques ont indiqué à AlterPresse qu’au niveau de la communauté internationale il n’était pas encore possible d’harmoniser une position.

 

Wyclef Jean craint un bain de sang si…
HAITI LIBRE – 29/11/2010 13:05:56

Haïti - Élections : Wyclef Jean craint un bain de sang si...Wyclef Jean s’est adressé aux médias ce matin pour lancer un appel au calme. Il a dit craindre un bain de sang, si les autorités ne trouvent pas, dans les prochaines 24 heures, une solution à la crise politique.
Suite à la position prise dimanche par 12 candidats à la présidence, qui évoquaient un complot «Gouvernement-CEP» et réclamaient, dans une déclaration commune, l’annulation des élections, Wyclef à exigé une enquête indépendante de la communauté internationale, afin de faire toute la lumière sur les allégations de «fraude massive» responsable de cette crise.
Quant à savoir qui est responsable, Wyclef à répondu « C’est évident […] vous savez tous, qui est le responsable. Le Parti INITE de René Preval, vous l’avez entendu dans la rue. Je ne veux pas spéculer… je veux une enquête ».
« Je suis ici parce que je ne veux pas voir mon pays s’enflammer »

 

La situation au pays est explosive
HAITI LIBRE – 29/11/2010 12:37:03

Haïti - Élections : La situation au pays est explosive« Les Haïtiens sont mécontents parce qu’ils savent reconnaître une élection frauduleuse quand ils en voient une, et ils pensent que la communauté internationale va donner leur bénédiction à cette élection » a déclaré Nicole Phillips, avocate pour l’Institut pour la Justice et la Démocratie en Haïti (IJDH) et professeur de droit à l’Université de San Francisco.
D’après l’avocate, les fraudes et irrégularités du 28 novembre vont miner davantage la crédibilité des élections, dont les préparatifs et le déroulement, ont été marqués par des violences et un scepticisme généralisé « Je pense que vous allez avoir un peuple haïtien qui ne respectera pas leur nouveau gouvernement ».
Tout au long de la journée, la violence s’est invitée dans les élections. Après la déclaration des 12 candidats appelant à l’annulation des élections, les électeurs à travers le pays ont cessé, pour la plupart de voter, et ont commencer à organiser des manifestations parfois pacifiques mais le plus souvent, violentes.
Un véritable bras de fer s’engage entre le Gouvernement et la population, qui considère que les fraudes et irrégularités, visaient à voler leurs votes. Ce lundi, le pays est devenu une véritable poudrière, les décisions des autorités dans les jours à venir, face à ces élections frauduleuses, pourraient facilement servir de détonateur dans une population qui dans ces élections, a trouvé les raisons de s’unire et faire bloc face au gouvernement. La situation est très instable et ce n’est pas les discours rassurant des autorités qui vont changer la situation.
Port-au-Prince / Pétionville :
Près de l’aéroport, un important centre de vote (25 BV – plus de 10,000 électeurs inscrit) a complètement été saccagé dans la matinée de dimanche par un commandos d’une trentaine de personnes non identifiées. Urnes détruites, bulletin cochés par les électeurs éparpillé au vent par centaine… À 1:00 de l’après midi, seul le superviseur était sur place, le CV était fermé.
Après la décision de 12 candidats à la présidence de demander l’annulation des élections, des milliers de manifestants ayant à leur tête des candidats à la présidence dont Michel Martelly (repons Peyzan), Charles Henri Baker (Respè) et Wyclef Jean ont manifesté contre les fraudes qui ont faussées le déroulement du scrutin. D’autres groupes de manifestants en provenance de Port-au-Prince ont rejoint les manifestants à Pétion ville et se sont rendus devant le local du Conseil Électoral Provisoire (CEP) à Delmas en lançant des slogans hostiles au chef de l’État. Des Casques bleus de l’ONU et des policiers haïtiens (PNH) ont été appelés en renfort devant le siège du CEP. Des manifestants ont lancé des pierres sur la police nationale qui a repliqué en tirant en l’air.
À Carrefour :
Le centre de vote situé au lycée de Diquini a été fermée par une population furieuse du manque d’organisation. Des registres électoraux et des bulletins ont été déchirés et jetés dans la rue par des électeurs furieux du fait que leurs noms ne se trouvaient pas sur les listes électorales du centre de vote de l’Ecole Nationale. En fin d’après-midi des milliers de personnes ont pris part à une manifestation anti-gouvernementale.
À Saint Marc :
Des centaines de «partisans» de Mirlande Manigat ont attaqué (après la déclaration d’annulation des élections) des centres de vote, et détruit tout le matériel sous les yeux impuissants des casques bleus de la Minustah.
À Jacmel :
Au lycée Célie Lamour, le centre de vote a été saccagé par des individus en colère, qui ont mis les employés à la porte. Un juge de paix à fait un constat avant la fermeture du centre. À la Vallée (Jacmel), des manifestants ont érigés des barricades de pneus enflammés et jetés des pierres et des bouteilles. La police à fait venir des renfort pour faire face à la situation. Plusieurs blessés ont été rapportés chez les manifestants et les forces de l’ordre.
À  Tabarre :
Plusieurs manifestations violentes étaient signalées
À Petit Goâve :
Les deux centres de vote de la commune ont été saccagés par des individus qui ont chassé les agents électoraux et empêché le vote.
Aux Cayes :
Une manifestation «pacifique» de partisans de Michel Martelly et de Jean Henry Céant, protestaient contre les irrégularités  et réclamaient l’annulation des élections.
Artibonite :
De nombreuses manifestations d’électeurs en colère ont été signalées. À Desdunes, des affrontements entre partis rivaux ont occasionné la fermeture temporaire d’un centre de vote. Un mort par balle et plusieurs blessés ont été rapportés.
En vrac dans le pays :
À Travers le pays de nombreux actes violents se sont produit. Notamment à St-Raphaël où des hommes armés ont fait irruption dans des centres de vote et tout saccagé sur leur passage. Après les incidents de Desdunes, le chef de la mission de l’ONU en Haïti (Minustah) Edmond Mulet avait déclaré à Léogâne, « …Il y a eu quelques incidents à Desdunes, des incidents mineurs » http://www.haitilibre.com/article-1771-haiti-elections-pour-mulet-tout-est-paisible-c-est-une-fete-electorale.html . La Minustah à envoyé une demi-douzaine de véhicules blindés pour reprendre le contrôle de la situation et régler «ces incidents mineurs…»
Patrick Julien, le maire de l’Acul-du-Nord, a fait savoir que des partisans ont tiré en l’air, et rapporte des blessés « des hommes armés de machettes ont mis à sac six centres de vote, les élections ont été annulées ». À Trou-du-Nord, le maire Jacques Gustave a indiqué qu’une foule avait pénétré dans les bureaux et saccagé les bureaux de vote « les bulletins ont été jetés partout, le président du bureau de la localité a fait le constat et a annulé l’élection ». http://www.haitilibre.com/article-1779-haiti-elections-a-acul-du-nord-et-trou-du-nord-les-elections-ont-ete-annulees.html
A Port-au-Prince, a Petit Goâve, Saint Marc, Gonaïves et Jérémie les bulletins de vote étaient jetés des les rues et les égouts par des foules en colère. Dans les villes de province les manifestants ont également réclamé le départ du chef de l’Etat et des conseillers électoraux. Des manifestations ont également été signalé en fin d’après-midi à Petit-Goâve puis en soirée au Cap-Haïtien (plusieurs blessés), aux Gonaïves et à Saint-Marc…
Les candidats accusent le chef de l’Etat d’être les instigateurs de ces magouilles et le candidat du pouvoir, Jude Célestin INITE, d’en être le bénéficiaire. Les candidats appellent à la mobilisation pacifique de la population pour défendre leur vote. Leon Jeune à invité la population à gagner les rues afin de protester contre un «scrutin piégé»

 

Positions des 18 candidats face à l’annulation du scrutin
HAITI LIBRE – 29/11/2010 10:28:51

Haïti - Élections : Positions des 18 candidats face à l’annulation du scrutin

Un mouvement planifié de fraudes à grande échelle a poussé 15 des 18 candidats à la présidence à exiger, dimanche, l’annulation du scrutin. Léon Jeune qui avait voté au lycée de Pétion-Ville a été le premier candidat à appeler publiquement (dimanche vers midi) à l’annulation du scrutin, pour cause d’irrégularités et de fraude, accusant clairement le parti INITE. http://www.haitilibre.com/article-1773-haiti-elections-leon-jeune-appelle-a-l-annulation-du-scrutin.html
Devant la presse locales et internationale nombreuse, et une foules de militants déchaînés, 12 candidats, signataires d’une déclarations commune, ont dénoncé « le détournement du processus électoral dans tout le pays » par le « régime corrompu du président Préval » et réclamé un nouveau scrutin « Nous avons récupéré des données enregistrées qui prouvent des fraudes organisées à haut niveau » à déclaré Mirlande Manigat.
Liste des candidats qui demandent l’annulation du scrutin :
Charles Henri Baker < Regwoupman sitwayen pou espwa (Respè)»
Jean Henry Céant « Renmen Ayiti »
Joseph Michel Martelly « Repons peyizan »
Leslie Voltaire « Ansanm nou fò»
Jacques Edouard Alexis « Mobilisation pour le Progrès d’Haïti (MPH)»
Jeudy Wilson « Fòs 2010 »
Josette Bijou (Indépendante)
Erick Smarcki Charles « Parti de l’Évolution nationale d’Haïti (PENH) »
Jean Chavannes Jeune « Alliance Chrétienne Citoyenne pour la Reconstruction d’Haïti (ACCRHA) »
Garaudy Laguerre « (WOZO) »
Leon Jeune « Konbit liberasyon ekonomik (KLE) »
Mirlande Hyppolite Manigat « Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP) »
http://www.haitilibre.com/article-1778-haiti-elections-12-candidats-reclament-l-annulation-des-elections.html
http://www.haitilibre.com/article-1774-haiti-elections-mirlande-manigat-demande-l-annulation-des-elections.html
Génard Joseph (Groupement Solidarité), arrivé au moment de la déclaration d’annulation du scrutin, a approuvé la position des 12. Après cette conférence, Yves Cristalin « Oganizasyon Lavni (LAVNI) » et Yvon Neptune « Ayisyen pou Ayiti » se sont exprimés en faveur de l’annulation du scrutin.
Portant à 15 sur 18 le nombre de candidats à la présidence exigeant l’annulation du scrutin du dimanche 28 novembre.
Le sénateur Jean Hector Anacacis « Mouvement Démocratique de la Jeunesse Haïtienne (MODEJHA) » n’a pas pris position en faveur de l’annulation, il a seulement qualifié « d’échec » le scrutin de dimanche. Rappelons que Axan Abellard « Konbit nasyonal pou devlopman Ayiti (KNDA) » avait jeté l’éponge de la course une semaine avant le scrutin. http://www.haitilibre.com/article-1709-haiti-elections-axan-abellard-jette-l-eponge.html
La position du candidat Gérard Marie Necker Blot « Platfòm 16 Désanm » n’est pas encore connu.
Quant au candidat du pouvoir, Jude Célestin « INITE » il a déclaré (loin de ce meeting) que les élections se sont « déroulé normalement ».
Les candidats vont maintenant se réunir pour décider des prochaines étapes, a fait savoir M. Céant, estimant que toute la presse et la communauté internationale ont été témoins de ce qui s’est passé le 28 novembre.

 

Premier tour des élections générales:

la France exprime sa préoccupation

FRANCE DIPLOMATIE / 29 novembre 2010

La France exprime sa préoccupation devant les nombreux incidents intervenus au cours de la journée électorale de dimanche dernier en Haïti.

Outre des violences ponctuelles, qui ont coûté la vie de plusieurs personnes, de nombreux dysfonctionnements ont été observés dans le processus électoral. Ceux-ci ont conduit une majorité de candidats à demander l’annulation du scrutin.

Dans ces conditions, nous appelons l’ensemble des acteurs au dialogue, au calme et à la responsabilité.

Nous attendons également les premières conclusions de la mission d’observation électorale de l’Organisation des États américains.

 

Elections: Haïti sous tension

Marie Desnos / Paris Match / Lundi 29 Novembre 2010

Elections: Haïti sous tension

Wyclef Jean dans une manifestation aux côtés de Michel Martelly. | Photo Keith Bedford / Reuters

Les élections présidentielle et législatives ont eu lieu comme prévu dimanche en Haïti. Une journée parsemée de manifestations dans lesquelles au moins deux personnes ont péri. Le Conseil électoral validé le scrutin, tandis que quinze candidats demandent son annulation pour fraudes.

L’ambiance est électrique en Haïti. Certes, les élections législatives et présidentielle ont eu lieu ce dimanche malgré tout dans ce pays dévasté par un terrible séisme il y a un an, puis par des inondations qui ont provoqué une épidémie de choléra qui a déjà fait près de 2000 morts. Mais les conditions n’étaient comme prévu pas optimales; des incidents ont eu lieu tout le week-end, coûtant la vie à deux personnes, et quinze des dix-huit candidats réclament l’annulation du scrutin dénonçant des fraudes massives. «Nous dénonçons une fraude massive qui a lieu dans tout le pays (…) Nous réclamons l’annulation pure et simple des élections», ont déclaré douze candidats –ensuite rejoints par trois autres- dans un communiqué conjoint lu aux journalistes dans un hôtel de Port-au-Prince. Le groupe comprend les principaux candidats de l’opposition à la présidence, dont beaucoup avaient déjà accusé la coalition du président René Préval, Inite (Unité), dont le candidat est Jude Célestin, de chercher à l’emporter par des moyens frauduleux. Parmi eux figurent l’ancienne Première dame et autre favorite Mirlande Manigat, le musicien Michel Martelly ou encore l’avocat Jean-Henry Céant (*). Mirlande Manigat avait appelé ses partisans à manifester pacifiquement ce week-end.

Mais les manifestations n’avaient rien de pacifique. Les stations de radio haïtiennes ont fait état de la mort de deux personnes lors de violences dans le Sud du pays, dimanche, à la fermeture des bureaux à 16h00 (21h00 GMT). Aucune information supplémentaire n’a été donnée sur les circonstances du drame. Plusieurs personnes ont été blessées, dont une par balle par des inconnus dans un bureau de vote de Fort-Liberté, dans le Nord-Est, a précisé Radio Caraïbes. Dès vendredi soir, des coups de feu avaient été tirés lors du dernier rassemblement de campagne, faisant un mort et plusieurs blessés. Dimanche, c’est notamment en raison de problèmes empêchant les électeurs de voter que la tension est montée. Le pays a en effet eu du mal à faire face, à temps, aux conséquences du tremblement de terre dans lequel nombre d’Haïtiens ont perdu leurs papiers d’identités. Pour parer à ce problème, les votants ont été marqués à l’encre indélébile pour identifier ceux qui avaient déjà voté et éviter la fraude, mais encore fallait-il qu’ils soient inscrits sur une liste pour s’exprimer par les urnes. Or, de nombreux électeurs ont passé des heures à chercher, sous un soleil de plomb, les centres électoraux où leurs noms étaient enregistrés. De nombreux retards ont également été enregistrés -à Fermathe, par exemple, 6 heures après l’ouverture officielle, les citoyens ne pouvaient pas encore voter, selon «Haïti Libre». Au Lycée Anacaona (Grande Rivière), de même source, le bureau de vote a été confronté à une rupture de bulletins…

Wyclef Jean soutient Michel Martelly

Le chanteur Wyclef Jean, écarté de la course à la présidence (**), était dimanche à la tête d’une manifestation à Port-au-Prince pour réclamer l’annulation des élections, aux côtés de Michel Martelly, dont il brandissait une affiche. «On ne doit pas voler le vote populaire», a déclamé l’ex-Fugees. Interrogé sur son soutien –de poids- au chanteur Martelly, Wyclef Jean, a simplement répondu: «Je supporte des élections justes et c’est pourquoi je suis au sommet de cette voiture avec Micky !», rapporte encore «Haïti Libre». De son côté, le Conseil électoral provisoire (CEP) semble être satisfait du déroulement du scrutin. Il a en effet annoncé que les élections s’étaient «dans l’ensemble bien déroulées», arguant que seuls 56 centres de vote sur 1 500 (soit 3,73%) avaient été affectés par les irrégularités, selon AlterPresse. Des irrégularités qui plus est ne seraient pas de nature à altérer la crédibilité du processus, puisque le CEP valide le scrutin (sauf dans quelques bureaux de vote). Aucune estimation ni même taux de participation n’a été révélé pour le moment, et les résultats définitifs ne seront pas dévoilés avant le 20 décembre. Mais l’organisme électoral promet de faire un autre bilan devant la presse dans les 48 à 72 heures.

(*) Les candidates et candidats, initialement signataires de la déclaration du 28 novembre 2010, sont les suivants : Charles Henry Baker (Respè), Jean Henry Céant (Renmen Ayiti), Joseph Michel Martelly (Repons peyizan), Lesly Voltaire (Ansanm nou fò), Jacques Edouard Alexis (Mobilisation pour le progrès d’Haïti / Mph), Wilson Jeudy (Force 2010), Josette Bijou (Indépendante), Erick Smarcki Charles (Parti de l’évolution nationale d’Haïti / Penh), Jean Chavannes Jeune (Alliance chrétienne et citoyenne pour la reconstruction d’Haïti / Accrha), Garaudy Laguerre (Wozo), Leon Jeune (Konbit liberasyon ekonomik / Kle), Myrlande Hyppolite Manigat (Rassemblement des démocrates nationaux progressistes). Un 13 e candidat à la présidence, Génard Joseph (Solidarité), arrivé au moment de la lecture de la déclaration de demande d’annulation du scrutin, a approuvé la position des 12.
Par la suite, les partis “Lavni” de Yves Cristallin et “Ayisyen pou Ayiti” de Yvon Neptune se sont exprimés en faveur de l’annulation du scrutin.

(**) Le chanteur Wyclef Jean avait annoncé sa candidature en août dernier, mais son dossier a été rejeté par le Conseil électoral provisoire (CEP), qui a jugé que l’ex-Fugees, natif de l’île mais vivant aux Etats-Unis, ne remplissait pas la condition d’avoir vécu cinq années consécutives en Haïti pour être éligible.

 

Débat

René Préval a tout perdu en jouant à la roulette russe

par Leslie Péan / AlterPresse / lundi 29 novembre 2010

L’attachement du président Préval à la fraude électorale est connu et bien documenté. À plusieurs reprises, il a avoué être devenu un expert en matière d’organisation de victoire électorale. Depuis qu’il a commencé sa carrière en décembre 1990, il a accumulé à son palmarès toute une liste de forfaitures dans lesquelles il affiche sa volonté de corruption généralisée des institutions. Son acte de brigandage le plus spectaculaire est la mascarade qu’il vient d’orchestrer à l’occasion des élections du 28 novembre 2010. Les manifestations spontanées survenues aux Cayes, Jacmel, Petit-Goâve, Desdunes, Port-au-Prince, Pétion-ville, Cap-Haitien, Acul du Nord, Trou du Nord, etc. mettent au grand jour le crime électoral perpétré avec sa complicité par le Conseil Électoral Provisoire (CEP). De nombreuses et massives irrégularités sont dénoncées dans plusieurs autres villes du pays. La communauté internationale feint toujours de ne pas comprendre que les Haïtiens disent NON aux diktats du CEP et à son effronterie à prétendre que tout s’est bien passé. La communauté internationale a encore une chance, en se mettant du côté du peuple haïtien, de faire en sorte que Préval ne puisse continuer à perpétrer ses méfaits. Sinon les Haïtiens le feront tout seuls. Dans le fil de la tradition des aïeux de 1804.

Rat-la pran nan pèlen

Dans ces évènements qui se déroulent en Haïti, c’est la communauté internationale qui en prend plein la figure dans son obstination à soutenir à tous les coups sa marionnette René Préval. L’opposition démocratique réalise une unité dans la lutte. Douze candidats, la main sur le cœur, écrivent la plus belle page de ce mois de novembre 2010. Quel coup de fouet à la conscience haïtienne ! Quelle élévation de l’âme haïtienne contre la continuité prévalienne ! Charles Henry Baker, Jean Henry Céant, Joseph Michel Martelly, Lesly Voltaire, Jacques Edouard Alexis, Wilson Jeudy, Josette Bijou, Erick Charles, Jean Chavannes Jeune, Garaudy Laguerre, Léon Jeune, Myrlande Hyppolite Manigat rentrent dans les annales historiques par la grande porte. Face à la dégénérescence du pouvoir, l’intelligence haïtienne se révèle dans toute sa beauté. La photo de famille des douze publiée dans le journal Le Nouvelliste montre tous les âges, sexes, couleurs, unis dans la lutte contre l’aberration soutenue par la communauté internationale. Cette dernière peut encore sauver les apparences en demandant officiellement à Préval de partir. Le rat Préval est pris à son propre piège électoral. Rat-la pran nan pèlen. Préval est un perdant qui ne peut plus défendre les intérêts des puissances qui l’ont maintenu au pouvoir.

Ce n’est pas aujourd’hui que Préval refuse de respecter la Constitution en matière électorale. On se rappelle son renvoi du Conseil Électoral Provisoire (CEP) dirigé par Jacques Bernard. Bien qu’il ait été élu président de la république par ledit CEP en 2006, sous les diktats des baigneurs de la piscine de l’hôtel Montana, le président Préval a voulu d’un CEP à ses ordres afin d’exercer une dictature qui ne dit pas son nom. Aussi a-t-il refusé de faire les élections du tiers du Sénat et de la Chambre des députés afin de se donner le monopole du pouvoir. De même, il a laissé en quelque sorte mourir la Cour de cassation qui par suite de son insouciance calculée n’a pas le nombre de neuf juges nécessaires pour siéger. En outre la Cour de cassation n’a même pas un président qui succéderait au président de la république en cas de vacance. La crise que nous vivons aujourd’hui est le résultat de cette politique aveugle dont les derniers soubresauts sont le remplacement des délégués départementaux et des vices délégués par des hommes totalement inféodés au président Préval ainsi que la désignation de candidats fantômes appelés à participer à la fraude électorale.

Un soulèvement général pour une révolution démocratique

Signalons tout de suite qu’il ne s’agit pas ici de contester au président Préval le droit d’appuyer tel ou tel candidat afin de s’assurer de la continuation de sa politique de vente à l’encan d’Haïti. Mais ce droit, il doit l’exercer selon les règles démocratiques et non pas en excluant ex-catedra ceux qui ne lui plaisent pas. Aucun président de la République n’a le droit de diriger Haïti comme s’il s’agissait de sa propriété privée. Aucune loi ne lui donne ce droit. Et s’il prétend se l’octroyer avec les forces étrangères qui le protègent, le peuple a aussi le droit de le chasser du pouvoir en utilisant tous les moyens à sa disposition. C’est de la perversion de la démocratie quand le président s’arroge le droit de vouloir changer la Constitution pour prolonger son mandat, de publier des décrets liquidant la souveraineté nationale, etc. Le mauvais chemin pris la bande à Préval ne demande pas moins qu’un soulèvement général, bref une révolution démocratique comme seule issue à la crise actuelle. Il faut un chambardement général du statu quo avec les sacrifices que cela exige.

Les luttes pour la liberté ne sont pas vaines. Pacifiques, violentes, actives, passives, ces luttes prennent différentes formes. Les peuples organisent leur résistance parfois sur des siècles. Quand l’ennemi est trop fort, les partisans organisent des retraits, font un pas en arrière pour ensuite faire deux pas en avant. On l’a vu en Haïti en 1803 où, après leur retrait de 1802, les anciens esclaves firent alliance avec d’autres couches de la population et même avec des soldats déserteurs accompagnant l’expédition Leclerc, pour relancer leur offensive et battre les troupes françaises. La politique, c’est la guerre. Il faut de l’organisation, des troupes de choc, des commandos, de l’artillerie lourde, du renseignement, etc. Certains utilisent le harcèlement, la guérilla tandis que d’autres utilisent les méthodes classiques avec les bombardements de la marine et de l’aviation avant le débarquement des troupes pour occuper le terrain. Bref, comme le souligne le Département de la Défense américaine, il y a des guerres de haute, moyenne et basse intensité. Les troupes étrangères sur le sol national sont la preuve qu’Haïti est en guerre.

Bravo pour la lucidité et le courage

En présentant six candidats à la présidence aux élections du 28 novembre 2010, le parti INITE s’était lancé dans une autre aventure pour tenter de rebâtir ce que René Préval a dilapidé au cours des quatre dernières années. La coalition qui a porté le président Préval au pouvoir en 2006 a volé en éclats. Des six candidats (Jacques Édouard Alexis, Jean Hector Anacassis, Yvon Neptune, Leslie Voltaire, Yves Cristallin et Jude Célestin) de la nébuleuse INITÉ, quatre ont pris leurs distances et se cherchent une base nouvelle pour entrer sur un terrain politique où les données ont changé. Jacques Édouard Alexis, Yvon Neptune et Leslie Voltaire ont largué les amarres et rejoint le camp de la liberté. Bravo pour leur lucidité et leur courage.

En effet, le ticket d’entrée n’est plus le même. Malgré un Conseil Électoral Provisoire (CEP) aux ordres et capable de fabriquer les résultats, la mobilisation de l’opinion publique nationale et internationale a fermé le robinet de la fraude et de la corruption. Au moins pour cette raison, la mobilisation dans les rues doit continuer sous toutes ses formes. Car sans une mobilisation permanente, la fraude électorale a encore des chances de triompher. Il importe d’attirer l’attention des medias internationaux sur la forfaiture électorale organisée en Haïti. Cela revient à rendre l’oppression haïtienne insupportable en l’exposant devant la conscience universelle. Mais ce sont les Haïtiens qui ont la première responsabilité dans cette affaire.

Même le mal, Préval le fait mal

Avec les six candidats qui étaient six balles dans le barillet de son revolver, le président Préval n’avait pas compris qu’il perdrait inévitablement en jouant à la roulette russe. Il a beau manier la démagogie avec habileté, ce que malheureusement notre créole nomme « intelligent », ses jours sont comptés. Croyant tenir par le CEP la recette du succès de son candidat , Préval est interpellé par la bataille pour le pouvoir dans son propre camp. Il a joué sa dernière carte. Une chance pour Haïti selon certains. La clé de l’énigme haïtienne selon d’autres. Un fait est clair : cela fait longtemps que Préval ne dirige rien. Il navigue à vue, sans boussole, et de surcroit, la barre du gouvernail tourne au gré du vent. On en veut pour preuve son erreur stratégique de ne pas faire les élections législatives quand elles devaient avoir lieu.

Même le mal, Préval le fait mal. Il a invalidé ainsi le processus de décharge au bénéfice de sa propre formation politique. Il a exigé que le CEP s’engage dans des manifestations grotesques de manipulation des conditions d’éligibilité pour permettre aux six candidats de l’INITÉ de participer à la course électorale en n’ayant pas à présenter des certificats de décharge. Et au fil de ses errances, il a insisté pour que la communauté internationale l’accompagne dans sa jubilation. Le président Préval refuse de comprendre qu’il est un article jetable. Surtout quand il prend des décisions extrêmes et embarrassantes pour ses protecteurs qui ne veulent pas se retrouver, comme lui, dans le gouffre de l’impuissance. La façade des faux-semblants du milieu diplomatique risque de se défaire à tout moment du tout au tout.

Depuis 25 ans, sous un air faussement débonnaire, René Préval a su cacher sa passion pour le pouvoir. Une passion maladive qui va jusqu’à cautionner le crime, comme le cas de Robert Marcello en atteste. Une obsession diabolique qui l’a portée à organiser des agressions armées contre de paisibles citoyens comme dans le cas de Mme. Cottin dans la nuit du 29 au 30 octobre 2010. Après avoir imposé une cure de minceur à la classe politique par une systématique politique électorale frauduleuse, le président Préval a versé dans le dumping en lançant des candidatures au-dessous de leurs prix de revient. Certains attribuent cette politique de dévalorisation et de mépris de la classe politique à un règlement de comptes du président avec la société haïtienne. Des blessures familiales et personnelles, dues au mépris que son père lui vouait pour sa piètre performance universitaire, l’auraient affecté profondément. C’est ce mépris de soi, un mépris indicible que le président Préval impose à la société. Un mépris doublé d’une psychose paranoïaque de ne pas se retrouver en prison, une fois qu’il ne sera plus président. Quels crimes a-t-il sur la conscience pour avoir si peur ?

Même combat en acceptant ou en refusant l’invitation du président

Le président Préval est confiant et a foncé dans le mur en toute confiance. Pour tenter de sauver ce qu’il craint pour sa peau, après son mandat. Dans sa vision des choses, les Haïtiens ne sont pas des kamikazes. Ils ne se mettent pas des ceintures d’explosifs à la manière des jihadistes pour se faire sauter en y entrainant leurs victimes. Ils sont plus dociles, victimes peut-être du dressage imposé par l’occupation américaine de 1915 à 1934. Mais ce dressage a des limites. Le président Préval semble ignorer ce dernier point. Aussi a-t-il cru pouvoir se situer au-dessus des lois, au-dessus de la Constitution, et agir en dictateur en prenant des décisions qui seraient sans appel. Son gouvernement peut construire le mur de l’inégalité en refusant d’appliquer un salaire minimum de 200 gourdes reflétant la hausse du coût de la vie. Préval renforce le mur de la perte de la souveraineté nationale. Le mur de la division. Le mur de la honte. Ses convocations et visites aux candidats pour tenter l’impossible n’ont rien changé. Aussi bien pour ceux qui ont accepté son invitation que pour ceux qui l’ont refusé. Ils participent tous du même combat. Les solutions bancales qui lui sont imposés par ses maitres pour faire taire les revendications populaires à la démocratie sont restées sans effet.

Le temps est venu d’inventer un autre avenir pour notre peuple afin qu’il ne préfère plus mourir dans des embarcations de fortune sur les mers agitées au lieu de se révolter contre ses oppresseurs. Il importe de libérer notre peuple prisonnier du tropisme du départ comme solution à son désespoir. L’analyse pour trouver du sens à cette complexité n’a rien de chimérique. Elle demeure la flamme de l’esprit pour de meilleurs lendemains. Pour faire revenir les sourires sur les visages meurtris par la catastrophe populiste.

En prenant la mesure de son outrecuidance, le président Préval doit réaliser maintenant à quel point son projet d’imposer Jude Célestin au pays était risqué et aléatoire. Partout, un mauvais sort a été réservé à son candidat. Au Cap-Haitien, les manifestants ont refusé qu’il dorme dans un hôtel de la ville. Aux Gonaïves, il a été chahuté. À la capitale il a reçu des jets de pierre des quartiers Korido Labou et Dèyé Simitiè, près du stade Sylvio Cator. La semaine dernière encore, les étudiants lui chantaient des funérailles symboliques et promènaient dans les rues de la capitale un cercueil à son effigie. Triste fin de règne pour un président qui hier encore pensait rentrer dans l’histoire comme l’unique président à remplir deux mandats au complet et à désigner son successeur !

 

Déclaration de Jean-Claude Bajeux *

Le temps est venu de reprendre le chemin de la volonté générale

AlterPresse, lundi 29 novembre 2010

Le temps est venu de reprendre le chemin de la volonté générale. C’est quoi, la volonté générale ?

C’est celle qui exprime le destin profond d’un peuple et le peuple haïtien, résistant jusqu’au bout, a toujours affirmé sa volonté de liberté, d’équité et de solidarité sociale. Il a su résister aux bassesses de ses prétendus représentants, à leurs commerces, à leur petitesse, leur négligence, leur paresse et leur frivolité.

Maintenant, il faut sauver ce qui est à sauver, la dignité nationale, le respect des urnes, le refus de vendre le vote. Nous voulons, dans la loi et la justice, retrouver, la vérité des votes, retrouver notre volonté de vivre ensemble, de progresser ensemble, pour finir par bâtir cette patrie que d’autres veulent rendre impossible.

Nous demandons donc que les mécanismes constitutionnels et légaux soient observés, malgré ce qu’il en coûte. Il y a cinq ans, une entorse fut faite à la vérité des urnes, suivie par des pièges minutieusement montés pour bloquer l’exercice des lois et la liberté des institutions démocratiques comme la Cour de Cassation, le système de justice, la Cour Supérieure des Comptes, l’Assemblée Législative, le Sénat. Tout ceci a culminé, en ce dimanche 28 novembre 2010, dans la pénible farce montée par le CEP qui provoque l’indignation, les protestations et les manifestations que l’on sait.

Il est temps que cela cesse. Il est temps de prendre les chemins tracés par les sages de notre histoire et ses fondateurs, le respect républicain pour les normes de la loi.

Port-au-Prince, le 28 novembre 2010.

 

Le Cep “satisfait” du déroulement du vote de dimanche, malgré les violences et irrégularités
Épreuve de force en vue entre les candidats à la présidence et l’organisme électoral

P-au-P, 29 nov. 2010 [AlterPresse] — Seulement 56 centres de vote sur 1,500 (soit 3.73%) ont été affectés par les irrégularités dénoncées pendant la journée électorale présidentielle et législative du dimanche 28 novembre 2010 en Haït, se félicite le Conseil électoral provisoire (Cep) intervenant devant la presse nationale et internationale vers 20:00 heures locales (1:00 am gmt le 29 novembre).

Contrairement au vœu d’annulation du scrutin, initialement formé par 12 candidates et candidats à la présidence (rejoints plus tard par 3 autres postulants au fauteuil présidentiel) [1], les irrégularités flagrantes constatées ne seraient pas de nature à altérer la “crédibilité du processus”, semble dire le Cep qui valide ainsi le scrutin dans la plupart des bureaux de vote du pays.

L’organisme électoral promet de faire un autre bilan devant la presse dans les 48 à 72 heures, au retour des “conseillers (électoraux) partis en région” qui auront à fournir leurs rapports sur le déroulement du scrutin dans les différents départements géographiques où ils étaient déployés.

Officiellement, dans la soirée de dimanche, le Cep n’est pas tenu par la demande d’annulation du scrutin de la plupart des candidats à la présidence qui n’ont pas encore, formellement, notifié leur souhait à l’organisme électoral.

Lors même que cette demande aurait été introduite auprès de l’organisme électoral, les candidates et candidats à la présidence, qui semblent “contester” le mode d’organisation du scrutin, n’ont rien dit sur la position qu’ils comptent adopter au cas où les résultats (à publier) leur seraient favorables, avance le Cep.

De plus, l’organisme électoral affirme avoir réalisé des compétitions, pas seulement pour 19 prétendantes et prétendants à la présidence, mais aussi pour 96 candidates et candidats pour 11 sièges de sénateurs ainsi que 816 postulantes et postulants briguant 99 sièges à la chambre des députés.

Conclusion : le conseil électoral provisoire compte mener le processus jusqu’au bout, en procédant au décompte et à la tabulation des voix : jusqu’à la date du 7 décembre dans un premier temps, quand les résultats préliminaires du scrutin seront rendus publics en vue de la contestation des candidates et candidats ; jusqu’au 20 décembre 2010, lorsque seront publiés les résultats définitifs.

Au terme de la journée électorale controversée du dimanche 28 novembre, aucune donnée officielle n’existe sur le taux de participation des électrices et électeurs dans un scrutin jugé satisfaisant par le Cep, mais calamiteux par candidats et électeurs ainsi qu’observateurs nationaux.

Toujours est-il qu’environ 2 heures avant la fermeture des bureaux de vote, beaucoup de potentiels électeurs ont été démobilisés par la décision des candidats à la présidence de demander l’annulation pure et simple du scrutin, en raison d’irrégularités flagrantes imputées favorables à la plateforme officielle “Inite” (Unité).

En fin d’après-midi et en début de soirée, ce dimanche 28 novembre 2010, plusieurs milliers de personnes ont gagné les rues, principalement dans l’Ouest, le Nord, l’Artibonite et le Sud-Est du pays, pour protester contre le mode d’organisation du scrutin.

Reste à savoir quels comportements les candidats à la présidence ainsi que les électeurs afficheront devant la position du Cep, selon laquelle le scrutin du dimanche 28 novembre aura été “un succès”, en dépit des violences et irrégularités signalées dans un processus de vote, au cours duquel 2 personnes ont été tuées. [rc apr 29/11/2010 00:30]

[1] Les candidates et candidats, initialement signataires de la déclaration du 28 novembre 2010, sont les suivants : Charles Henry Baker (Respè), Jean Henry Céant (Renmen Ayiti), Joseph Michel Martelly (Repons peyizan), Lesly Voltaire (Ansanm nou fò), Jacques Edouard Alexis (Mobilisation pour le progrès d’Haïti / Mph), Wilson Jeudy (Force 2010), Josette Bijou (Indépendante), Erick Smarcki Charles (Parti de l’évolution nationale d’Haïti / Penh), Jean Chavannes Jeune (Alliance chrétienne et citoyenne pour la reconstruction d’Haïti / Accrha), Garaudy Laguerre (Wozo), Leon Jeune (Konbit liberasyon ekonomik / Kle), Myrlande Hyppolite Manigat (Rassemblement des démocrates nationaux progressistes). Un 13 e candidat à la présidence, Génard Joseph (Solidarité), arrivé au moment de la lecture de la déclaration de demande d’annulation du scrutin, a approuvé la position des 12.

Par la suite, les partis “Lavni” de Yves Cristallin et “Ayisyen pou Ayiti” de Yvon Neptune se sont exprimés en faveur de l’annulation du scrutin.

Globalement, 15 candidats à la présidence se prononcent pour l’annulation du scrutin du dimanche 28 novembre.

Le sénateur Jean Hector Anacacis, candidat à la présidence sous la bannière du mouvement pour le développement de la jeunesse d’Haïti (Modejha), qualifie seulement le scrutin d’ “échec”. Le postulant officiel Jude Célestin considère “normal” le processus. Axan Abellard de Konbit nasyonal pou devlopman Ayiti / Knda avait déclaré son retrait de la course une semaine avant le scrutin.

 

Manifestations antigouvernementales de protestation dans les rues de 4 départements géographiques

P-au-P, 28 nov. 2010 [AlterPresse] — Plusieurs milliers de personnes ont gagné les rues dans au moisn 4 départements géographiques (Ouest, Nord, Artibonite, Sud-Est), pour protester contre le mode d’organisation du scrutin du dimanche 28 novembre en Haïti et exprimer leur colère contre la plateforme officielle “Inite” (Unité) et son postulant Jude Célestin, en scandant des slogans contre le président René Garcia Préval, a observé l’agence en ligne AlterPresse.

Un premier mouvement a été enclenché dans l’Ouest, principalement à Pétionville vers 2:00 pm locales (19:00 gmt), peu après une demande d’annulation du scrutin produite par 12 candidates et candidats à la présidence, rejoints plus tard par 3 autres postulants au fauteuil présidentiel.

Par la suite, des manifestations ont également eu lieu à Port-au-Prince et Delmas, avec, de temps à autre, des slogans aux cris de Michel Martelly (d’une part) et de Jean Henri Céant (d’autre part) comme possible vainqueur de la présidentielle du 28 novembre, malgré les violences, les irrégularités et les accusations de fraude ayant émaillé le processus de vote.

Des démonstrations de rue ont également eu lieu en fin d’après-midi de dimanche à Petit-Goâve (Ouest) et à Jacmel (Sud-Est), puis en début de soirée au Cap-Haïtien (Nord, où des manifestants auraient été blessés), aux Gonaïves et à Saint-Marc (Artibonite).

Des analystes s’interrogent sur l’impact de cette nouvelle mobilisation, conséquence d’irrégularités flagrantes dans le processus de vote de dimanche, lesquelles pourraient conduire à une nouvelle crise politique avec une possible épreuve de force entre candidats et électeurs contestataires en face du Conseil électoral provisoire (Cep).

L’organisme électoral haïtien affirme sa détermination à avancer, malgré les dénonciations d’irrégularités et de fraudes en faveur des candidats de la plateforme officielle “Inite”.

 

Une honte, selon des observateurs

P-au-P, 28 nov. 2010 [AlterPresse] — Le processus de vote qui s’est déroulé ce dimanche en Haiti, et au cours desquelles deux personnes ont été tuées, est une honte pour les autorités, selon le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH).

Ce fut « un désordre total, une honte pour le CEP et la mission des Nations Unies dans le pays » a déclaré à AlterPresse Pierre Espérance, directeur du RNDDH, qui observait les opérations de vote dans le département de l’Ouest.

Deux personnes ont été tuées dans des violences qui se sont produites dans le Sud, selon des informations rapportées par des observateurs et non encore confirmées par des autorités policières.

Les 11 000 bureaux de vote ont fermé à 16 heures, comme prévu dans une atmosphère marquée par de nombreuses manifestations anti-gouvernementales dans plusieurs villes du pays.

A Port-au-Prince, le rappeur Wyclef Jean, originairement écarté de la course, Charles Henry Baker (RESPE) et Michel Martelly (Repons Peyizan) ont été remarqués dans ces mobilisations.

De nombreuses irrégularités se sont produites dans le Sud. Des agents de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti (MINUSTAH) ont apporté une liste différente de celle dont disposaient les membres de Bureaux de Vote (BV) à Aquin. Et à Torbeck, des membres de BV ont été surpris en train de déposer les bulletins dans les urnes à la place des électeurs.

Des hommes armés proches du parti au pouvoir ont pénétré dans un centre de vote à Cavaillon afin de s’accaparer de bulletins de vote, témoignent des observateurs. Mais la police a pu récupérer les bulletins et le dépouillement a finalement eu lieu au commissariat de la ville.

Depuis le début de l’après-midi, les observateurs et les mandataires avaient déjà quitté les centres de vote dans le département du Sud-Est, notamment à la vallée de Jacmel.

Le processus avait été suspendu dans la seconde circonscription de cette ville à cause du manque de bulletins pour certains candidats à la députation.

Des affrontements ont également été enregistrés entre sympathisants de plusieurs formations politiques dans le Plateau Central. Ces échauffourées n’ont cependant fait ni de morts ni de blessés.

 

Le point sur les élections en Haïti – 19h00 Heure de l’est

Des manifestations à travers le pays

Radio Kiskeya / dimanche 28 novembre 2010

En ce début de soirée, des affrontements ont été rapportés au Cap-Haïtien entre partisans de INITE et des partisans de Michel Martelly. Des partisans de INITE auraient utilisés des armes blanches, des bâtons et des jets de pierre dans leurs échauffourées contre les manifestants pro-Martelly.

D’autres manifestations pro-Martelly ont aussi eu lieu aux Champs-de-Mars et à Delmas (Port-au-Prince). Des milliers de manifestants ont investi les rues en scandant des slogans pro-Martelly.

Il y a, par contre, eu des manifestations anti-gouvernemental à Saint-Marc, à Jacmel et à Petit-Goâve et à Saint-Marc.

À l’Acul-du-Nord et à Cabaret, les opérations électorales ont été perturbées.

Une coalition de 13 candidats dont Mme Mirlande Manigat demande l’annulation de l’élection ainsi que la démission du président René Préval.

En fin de matinée, les problèmes d’accès des mandataires de partis politique aux centres de vote ainsi que les omissions de nombreux citoyens sur les listes électorales se sont révélés d’une ampleur nationale.

Cette journée avait pourtant commencé relativement bien avec notamment des retards dans l’ouverture des centres de votes.

Maintenant, la presse attend le point de presse du CEP.

Plus de détails, un peu plus tard…

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