L’ESSENTIEL DE L’ACTUALITE – Dimanche 12 déc. 2010

12 Déc

Place Saint-Pierre, Pétionville, métaphore grinçante d’Haïti

Ce square des beaux quartiers de Port-au-Prince résume les contradictions d’un pays en crise.

Bernard Bridel / 24 HEURES | 13.12.2010 | 00:01

Il s’appelle Benito, Benito Sano. Il est le gardien de la place Saint-Pierre, à Pétionville. Depuis l’angle sud-ouest de cet espace dont le parc coquet est aujourd’hui submergé par des centaines de tentes de rescapés du séisme du 12 janvier, Benito surveille tout. Il voit tout ce qui se passe en contrebas de ce square étagé le long de la route en pente qui arrive de Port-au-Prince vers les beaux quartiers. Normal, depuis plus de dix ans, Benito, qui en a 26, tient un petit kiosque abrité par deux parasols rouges Digicel.

Mais voilà, depuis mardi soir, Benito n’a plus vendu grand-chose. En un clin d’œil, comme souvent en Haïti, la place Saint-Pierre de Pétionville, ou plutôt les rues qui l’encadrent, s’est transformée en zone de guérilla urbaine.

Explosion de colère
Peu après 21 heures, le Conseil électoral provisoire (CEP), dont le siège se trouve au nord-est de la place, un peu en contrebas, avait annoncé les résultats du premier tour de l’élection présidentielle du 28 novembre. Contre toute attente, le favori des habitants du camp de la place Saint-Pierre, le nouveau «messie des déshérités», le chanteur de compas créole Michel Martelly, n’est pas qualifié pour le second tour. Arrivé troisième, derrière Jude Célestin (le candidat du pouvoir) avec moins de 6000 voix d’écart, il n’affrontera pas Mirlande Manigat lors du tour final, le 16 janvier.

Les cris fusent dans le camp poussiéreux dominé au nord-ouest par le commissariat de police de Pétionville. D’abord de joie, à cause d’un malentendu. Puis c’est l’explosion de colère. Elle va durer jusqu’au jeudi soir, quand un bulldozer jaune – denrée rare dans ce pays où il en faudrait des centaines pour dégager les millions de tonnes de gravats du séisme – viendra dégager, dans un enfer de fumée de pneus et d’ordures brûlés, les barricades dressées par les manifestants.

Mais si la circulation reprend timidement vendredi devant chez Benito, rien n’est réglé sur le fond. La colère des petites gens pourrait exploser une nouvelle fois quand le CEP donnera les résultats du «recomptage» des voix. Place Saint-Pierre, comme ailleurs en Haïti. Rien n’étant jamais acquis dans ce pays de la télédjol (la rumeur créole), la situation s’est encore compliquée durant le week-end. Michel Martelly «tete kalé» (boule à zéro, vu son crâne luisant) et Mirlande Manigat ont fait savoir qu’ils ne voulaient plus d’un recomptage. Pour mettre la pression, les «martellystes» ont refait samedi soir un tour place Saint-Pierre, affolant chalands et petits marchands des rues. Sauf Benito.

On se prépare au pire
Chacun se prépare au pire autour de la place. A l’ambassade de Suisse, à l’est, où on hésite à changer les vitres cassées lors de la première vague de colère. Au poste de police, où le commissaire Lacroix est assailli de journalistes demandant si les agents montés sur leur pick-up Toyota laisseront aux casques bleus nigérians le soin de balancer les gaz lacrymogènes. Ou s’ils appelleront en renfort les Brésiliens qui ont fait fort mercredi.

C’est aussi l’inquiétude à l’Hôtel Kinam, situé plein sud et peuplé de gens de presse et de représentants d’ONG. Ainsi que dans le poussiéreux village de tentes, où la rumeur dit que deux bébés sont morts après avoir inhalé le gaz piquant des Cariocas. Pire que le choléra.

Mais on se prépare aussi, un peu plus haut, route de Laboule, où le président René Préval se demande si son poulain Jude Célestin, prétendu ingénieur de l’EPFL, réussira à perpétuer son régime le 16 janvier. Il devrait être fixé le 20 décembre, date limite pour la publication des résultats définitifs du premier tour. Mais d’ici là, la rue et ceux qui l’utilisent pourraient en décider autrement.

Place Saint-Pierre, Pétionville: quelle formidable métaphore d’Haïti, où tout se mélange dans une sarabande grinçante!

 

Présidentielle en Haïti: le Canada propose d’aider au recomptage des votes

AFP – 12/12/10

MONTREAL — Le Canada a offert de prendre part à un recomptage des votes du premier tour de la présidentielle haïtienne qui serait mené par un comité international mixte, a indiqué dimanche le chef de la diplomatie canadienne Lawrence Cannon.

« Il y a l’opportunité de mettre en place un comité international mixte pour superviser le recomptage des votes », a expliqué Lawrence Cannon, interrogé sur la chaîne de télévision canadienne CTV.

« Le Canada a offert sa coopération et nous attendons des informations supplémentaires », a-t-il poursuivi.

Selon des résultats préliminaires publiés mardi soir en Haïti, le deuxième tour opposera l’ex-Première Dame Mirlande Manigat et le candidat du pouvoir Jude Célestin, mais ces résultats ont provoqué des manifestations violentes qui ont fait plusieurs morts dans le pays.

Jeudi, le Conseil électoral provisoire haïtien (CEP) a annoncé un recomptage des voix, mais Mirlande Manigat et Michel Martelly, arrivé troisième, ont dit ne pas vouloir y participer, accentuant la crise politique.

Le processus de vérification serait assuré par une commission mixte composée du CEP, des candidats à la présidence concernés, d’observateurs nationaux et internationaux ainsi que des partenaires de la communauté internationale.

Le ministre des Affaires étrangères canadien a aussi indiqué avoir discuté vendredi avec le président René Préval et son Premier ministre Jean-Max Bellerive des préoccupations canadiennes sur des « irrégularités » qui ont eu lieu durant le scrutin, et M. Cannon les a « encouragés à prendre les dispositions nécessaires pour y remédier ».

« Et j’ai eu l’assurance que cela sera fait », a précisé le ministre.

Selon Lawrence Cannon, il ne sera pas demandé au Canada d’envoyer de nouvelles troupes pour prendre part à la force de stabilisation de l’ONU.

« Nous contribuons à cet effort avec plus de 100 personnes et nous sommes actifs dans ce pays. Nous continuons ce que nous devons faire en terme de capacité de reconstruction avec les institutions (…) mais je doute qu’il y aura d’autres demandes », a indiqué le ministre Cannon, précisant au journaliste de CTV, « au moment où nous nous parlons, le calme a été restauré dans les rues ».

Concernant la reconstruction du pays, le chef de la diplomatie canadienne a reconnu que « c’était lent, extrêmement lent » pointant du doigt « les problèmes de propriété foncière ».

Mercredi, le Canada a appelé les différents acteurs impliqués dans les élections à « remédier aux irrégularités ». Jeudi, l’ambassade canadienne à Port-au-Prince a été fermée « jusqu’à nouvel ordre » en réaction aux manifestations violentes qui ont agité la capitale.

 

Denis Coderre veut un débat sur la situation en Haïti

La Presse Canadienne / Publié le 12 décembre 2010 à 16h44

Denis Coderre... (Photo: Robert Mailloux, La Presse)

Le député fédéral libéral, Denis Coderre, réclame la tenue d’un débat d’urgence lundi sur la situation en Haïti et qu’un envoyé extraordinaire du Canada y soit nommé.

Le député de Bourassa a déposé vendredi une lettre au président de la Chambre des communes pour lui faire part de ses demandes.

Selon lui, le Canada doit jouer un rôle de premier plan dans ce pays des Antilles, où le sort semble s’acharner. Après un tremblement de terre en janvier, Haïti a été la proie d’une épidémie de choléra.

Les récentes élections, entachées d’irrégularités, ont provoqué la colère de nombreux citoyens, qui se sont rebellés la semaine dernière au moment du dévoilement des résultats du premier tour.

Dans ce climat d’instabilité, les députés fédéraux doivent débattre afin de trouver les façons appropriées pour venir en aide au gouvernement haïtien afin qu’il trouve des solutions aux divers problèmes qui affligent le pays.

Puisque le Canada a participé au financement et à la légitimation du processus électoral, Ottawa doit s’assurer que le scrutin connaisse un dénouement positif, a soutenu Denis Coderre.

Un envoyé extraordinaire pourrait jouer un rôle à la fois politique et diplomatique, a renchéri le député, sans toutefois fournir davantage d’explications sur le mandat qui serait confié à cette personne.

M. Coderre souhaite un débat aux Communes alors que ministre canadien des Affaires étrangères, Laurence Cannon, recevra ses homologues des États-Unis et du Mexique, Hillary Clinton et Patricia Espinosa, lundi, à Wakefield, au Québec. La situation tendue en Haïti devrait être au coeur des discussions.

 

Reportage à Haïti : Oh, ma jolie Sarah!

Après cinq minutes de traitement, elle a dit: « Ah, je me sens beaucoup mieux ».

  • Après cinq minutes de traitement, elle a dit: « Ah, je me sens beaucoup mieux ».

     De notre envoyé spécial à Haïti, Marc MAHUZIER, Ouest-France, Faits de société dimanche 12 décembre 2010

Petit déjeuner chez l’ambassadeur, ce samedi matin. Il est jeune, pas du genre à avoir avalé un parapluie comme beaucoup au quai d’Orsay. Et il parle franc. Avec les confrères présents, on a surtout évoqué la commission spéciale qui va revérifier les comptes de l’élection présidentielle. L’ambassadeur n’a pas l’air trop confiant dans le résultat. « Ca risque de faire « pschitt… », a-t-il pronostiqué. En attendant, la manip a eu pour effet de calmer la rue, bien agitée ces derniers jours.

Du coup avec mes copains de la télé, on est allé à Cité Soleil, énorme bidonville où s’entassent 200 000 personnes dans des conditions totalement indignes. Là on a retrouvé un personnage hors normes, Bob Duval.

L’ami Bob a connu les geôles de l’époque Duvalier et a failli y crever comme un rat. Plus tard, il a monté un club de foot où plus d’un millier de gosses trouvent tous les jours le seul moment agréable de la journée – et un repas chaud, ce qui n’est pas rien dans cet enfer.

La semaine dernière, il a prêté un bout de terrain à une ONG américaine, Samaritan’s Purse, pour qu’elle y installe un centre anti-choléra.

Le choléra, c’est pire que la peste à Cité Soleil. Pas de WC, chacun fait où il peut. Pas d’eau. Des conditions d’hygiène effroyables. Cette maladie fait penser à ces grands balèzes qui s’allongent au premier coup de poing. Elle vous tue un humain en quatre heures. Mais il suffit d’un rien pour en venir à bout. Au centre de Samaritan’s Purse, les médecins et les infirmières voient arriver hommes, femmes et enfants au seuil de la mort. Certains se sont vidés jusqu’à la moitié de leur poids. Parfois, on ne sent même plus leur pouls.Il leur font absorber des litres et des litres d’un mélange d’eau, de sel, de sucre et de jus de citron. Et vous les remettent sur pied parfois en moins d’une journée.

Avant de commencer la visite du centre sous un soleil de plomb, une des responsables m’annonce, d’un air gourmand, une « surprise »: la venue de Sarah Palin. Vous connaissez Sarah Palin ? C’est cette Américaine, gouverneur de l’Etat d’Alaska, qui s’est fait connaître à la dernière présidentielle . Sourire Ultra Brite et lunettes à la Nana Mouskouri. A l’aile droite du parti républicain, ce qui n’est pas peu dire.

Elle vient faire quoi, en Haïti, la Palin ? Sans doute, de bonnes images en vue de la prochaine élection où elle pourrait candidater. A part ça, je ne vois pas. Pour être franc, Sarah Palin, journalistiquement, je peux vivre sans. J’ai demandé à Gawoulé, mon guide haïtien, s’il la connaissait.Mine dégoûtée : « Celle qui est contre Obama ? » Alors, je me suis payé le luxe de ne pas l’attendre. Une fois le reportage terminé, j’ai pris mes cliques et mes claques et je suis parti. Tant pis pour la photo. Elle payait pour toutes les fois où j’ai poireauté pour des gens importants qui ne l’étaient pas.

Et puis, j’avais dans mon petit Canon une image autrement intéressante : celle d’une fillette de 5 ans, arrivée au bout du rouleau et qui au bout de dix minutes de traitement s’est assise sur son lit et a dit : « Ah, je me sens beaucoup mieux ».

 

Commission Mixte bilatérale mardi prochain ?
HAITI LIBRE – 12/12/2010 12:35:25

Haïti - République Dominicaine : Commission Mixte bilatérale mardi prochain ?Le Président Leonel Antonio Fernández, en compagnie du Ministre de la santé publique dominicain, Bautista Rojas, a reçu cette semaine le Premier ministre d’Haïti, Jean Max Bellerive et le Ministre haïtien de la santé publique, le docteur Alex Larsen. Les deux gouvernements ont discuté essentiellement de la lutte contre l’épidémie de choléra qui ravage Haïti.
Depuis que l’épidémie de choléra a fait son apparition en Haïti, (19 octobre 2010), 97,595 personnes ont été infectées et traitées, 46,749 personnes ont dû être hospitalisées et 2,193 personnes sont décédées. Selon le dernier bilan du MSPP, daté du 6 décembre 2010. Des chiffres important, mais largement sous-estimé par le gouvernement d’après les experts de la santé de l’ONU, qui estiment que ces chiffres pourraient être le double de ceux publié.

En République Dominicaine, le premier cas de choléra a été confirmé le mardi 16 novembre. Depuis, 21 autres cas ont été confirmés mais aucun décès. La République Dominicaine a déployée des moyens de prévention considérables auprès de sa population, ainsi qu’un important dispositif de surveillance aux frontières afin de limiter la propagation de cette maladie, qui se limite actuellement qu’à des cas isolés.
« La seule chose qui compte pour nous, c’est de protéger nos voisins, mais pas seulement la République Dominicaine, la maladie a été importée en Haïti, et maintenant nous ne devons pas la réexporter vers d’autres pays » a déclaré le premier Ministre haïtien. « Les autorités haïtiennes et dominicaines, travaillent conjointement à l’installation de Centre de Traitement du Choléra le long de la frontière » a déclaré Jean Max Bellerive.
Le Président Fernández et le Président d’Haïti René Préval, devraient se réunir la semaine prochaine dans le cadre d’une réunion de la Commission mixte bilatérale haïtienne. Il sera question en priorité, mais pas seulement, de la lutte que mènent les deux pays contre l’épidémie de choléra. Bien que prévue pour mardi, la date n’est pas encore confirmée par le gouvernement haïtien.

 

Risques d’aggravation du choléra en zone Métropolitaine
HAITI LIBREE – 12/12/2010 11:03:14

Haïti - Épidémie : Risques d’aggravation du choléra en zone MétropolitaineLe Docteur, Jocelyne Pierre Louis, directrice de la promotion du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP) a déclaré vendredi, craindre dans les prochains jours, une explosion de l’épidémie de choléra, notamment à Port-au-Prince et la région Métropolitaine en raison de l’état d’insalubrité de la ville.
Les émeutes post-électorales qui ont éclaté dans plusieurs régions du pays et particulièrement à Port-au-Prince ont plongé la capitale dans un état d’insalubrité majeur. Les détritus des poubelles ont été dispersés dans toute la ville, des matières fécales ont été répandues dans les rues, suite aux renversements de toilettes mobiles, et des milliers de manifestants ont négligés les règles élémentaires d’hygiène, buvant et mangeant sans aucune précaution.
Le docteur Jocelyne Pierre Louis, a fait remarquer que ce sont des conditions idéales pour une explosion de l’épidémie. Soulignant la nécessité de prendre des mesures d’urgence afin d’éviter la catastrophe.  Elle a rappelé que les Centres de Traitement de Choléra (CTC) se trouvant dans les hôpitaux de Médecin Sans Frontière (MSF) et à l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH) fonctionnent comme d’habitude et demande aux citoyens de s’y rendre très tôt en cas de diarrhée suspecte.
Depuis que l’épidémie de choléra a fait son apparition dans le pays (19 octobre 2010), 97,595 personnes ont été infectées et traitées, 46,749 personnes ont dû être hospitalisées et 2,193 personnes sont décédées. Selon le dernier bilan du MSPP, daté du 6 décembre 2010. Des chiffres important, mais largement sous-estimé par le gouvernement d’après les experts de la santé de l’ONU, qui estiment que ces chiffres pourraient être le double de ceux publié.

 

Sommet Canada-États-Unis-Mexique

Hillary Clinton attendue à Wakefield

Radio-Canada.ca avecPresse canadienne / Mise à jour le dimanche 12 décembre 2010 à 9 h 35

La secrétaire d'État Hillary ClintonLes préparatifs vont bon train en Outaouais où est attendue, lundi, la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton. Elle participera à une rencontre des ministres des Affaires étrangères d’Amérique du Nord au Moulin de Wakefield en compagnie de ses homologues du Canada, Lawrence Cannon, et du Mexique, Patricia Espinosa.

La situation postélectorale instable en Haïti devrait dominer les discussions, alors que le dévoilement des résultats du scrutin présidentiel a déclenché des violences dans la capitale, Port-au-Prince, et ailleurs dans le pays.

Hillary Clinton effectue son troisième voyage au Canada cette année. Au cours d’un sommet tenu à Montréal après le tremblement de terre de janvier dernier en Haïti, Mme Clinton avait souligné la nécessité d’une plus grande imputabilité des élus haïtiens, alors que la communauté internationale s’apprêtait à envoyer des milliards de dollars pour la reconstruction de l’île.

Il sera question d’économie, mais aussi probablement de la création d’un périmètre de sécurité avec les États-Unis pour mieux contrer la menace terroriste tout en s’assurant de la fluidité des échanges commerciaux à la frontière canado-américaine.

Les forces policières seront très présentes même si le mauvais temps risque de freiner les ardeurs des manifestants.

 

Dakar : ouverture du 3e festival mondial des Arts nègres

Quelque 30.000 spectateurs étaient rassemblés dans le stade Leopold Senghor pour assister à un spectacle son et lumière sur le thème de « la renaissance de l’Afrique ».

Spectacle son et lumière sur le thème de "la renaissance de l'Afrique". (AFP)

Spectacle son et lumière sur le thème de « la renaissance de l’Afrique ». (AFP)

Le président du Sénégal Abdoulaye Wade, a donné, vendredi 10 décembre à Dakar, le coup d’envoi du troisième Festival mondial des arts nègres lors d’une cérémonie d’ouverture à laquelle participaient quelques unes des plus grandes stars de la musique africaine.

Quelque 30.000 spectateurs étaient rassemblés dans le stade Leopold Senghor pour assister à un spectacle son et lumière sur le thème de « la renaissance de l’Afrique », suivi d’un concert au cours duquel se sont succédés le Camerounais Manu Dibango, la Béninoise Angélique Kidjo les Sud-africaines Mahotella Queens, les Sénégalais Youssou Ndour, Baaba Mal et Ismaël Lô.

Musique et politique

La soirée a également été marquée par plusieurs interventions politiques. Outre le président Wade,  le président équatoguinéen Teodoro Obiang Nguema, le Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, le Bissau-Guinéen Malam Bacai Sanha ou encore le chanteur d’origine haïtienne Wyclef Jean se sont succédés à la tribune.

Dans un long discours marqué par de nombreuses références au panafricanisme, le président Wade, âgé de 84 ans et candidat à un troisième mandat en 2012, s’en est pris aux « gens certes intelligents mais ignorants de l’histoire de l’Afrique ». « Nous menons la bataille contre le préjugés selon lequel nous sommes un peuple de consommation d’idées et d’innovations mais pas un peuple créateur », a-t-il lancé, en appelant à reconnaître « la contribution des savants noirs à la création de tous les objets dont se servent les peuples » et des soldats noirs aux « grandes batailles qui ont fait le monde libre ».

« Refusons de rester dans la stagnation alors que notre continent est un continent riche mais qui – du fait de notre faiblesse, qui est la conséquence de notre division -continue à être exploité », a lancé Abdoulaye Wade, vêtu d’un grand boubou blanc aux broderies dorées, poursuivant: « Essayez de voir les flux financiers, les flux de matières premières qui sortent de l’Afrique depuis deux siècles (…) L’Afrique n’est pas pauvre, elle a été appauvrie ».

L’universitaire sénégalais Iba Der Tiam, proche du président Wade, a de son côté appelé les intellectuels d’Afrique et de la diaspora à « mener le combat de la décolonisation mentale ». « L’Afrique est la mère des civilisations et le berceau de l’humanité, sa contribution au patrimoine universel est incommensurable », « elle sera le continent du 21e siècle », a affirmé l’universitaire, comme en réponse à un discours très controversé du président français Nicolas Sarkozy prononcé à Dakar en 2007, dans lequel il avait affirmé que « l’homme africain » n’était pas « suffisamment entré dans l’Histoire ».

Haïti c’est beau, c’est fort

Autre intervention marquante, celle du rappeur Wyclef Jean, invité pour donner le lendemain un concert « VIP », et qui a annoncé qu’il offrirait un concert gratuit supplémentaire au « peuple » le lundi. L’ex-chanteur des Fugees est également revenu sur les troubles qui frappent son pays d’origine en déclarant :  « Si vous voulez savoir à quoi ressemble Haïti, regardez-moi: Haïti c’est beau, c’est fort, plein de jeunesse, Haïti c’est l’Afrique ».

La cérémonie s’est achevée par la prestation d’un grand ensemble de percussionnistes sénégalais, dirigés par le maître des tambours Doudou Ndiaye Rose, 80 ans.

Le budget du festival est estimé à 35 milliards de FCFA (53 millions d’euros) avec des contributions de plusieurs pays africains et du Brésil, « invité d’honneur ».

L’opposition a cependant critiqué « une dilapidation des ressources publiques ». Et des quotidiens privés ont souligné que le président avait choisi un membre de sa famille, sa fille Sindiély, pour co-diriger l’évènement, de même qu’il avait confié, en 2007, l’organisation du Sommet de la conférence islamique à son fils Karim.

 

Haïti – Patrimoine : L’église du Sacré-Coeur de Turgeau n’existe plus
HAITI LIBRE – 12/12/2010 09:39:16

Haïti - Patrimoine : L’église du Sacré-Coeur de Turgeau n’existe plusL’actualité très chargée, ces dernières semaines, nous ont fait presque oublier, que l’église du Sacré-Coeur de Turgeau, gravement endommagée lors du séisme de janvier, et qui devait initialement être restauré, a finalement été complètement rasé.
Le curé de la paroisse de Turgeau, le Père Hans Alexandre, a fait procéder à la démolition des ruines de l’église du Sacré-Cœur. Dans une lettre adressée à la Direction Générale de l’ISPAN en date du 25 octobre 2010, le curé a fait savoir que « le Conseil s’estime heureux de voir son église avoir une si haute considération aux yeux de l’ISPAN. Mais, il croit préférable, vu l’état des choses, d’opter pour une reproduction externe du bâtiment en lieu et place d’une conservation.». Rappelons que le Bureau du Représentant résidant de l’UNESCO avait financé, au mois de mars dernier, un clôture de protection du monument historique, sauvant provisoirement l’édifice des actes de vandalisme dont il était menacé.
Cette démolition a été réalisée alors que les techniciens de l’ISPAN effectuaient les relevés architecturaux du monument historique ainsi que les premières expertises en vue de sa restauration intégrale. Oeuvre de l’architecte haïtien Georges Baussan, cet édifice centenaire entièrement construit en briques avec une ossature de bois portait le témoignage de l’implantation de l’église catholique en Haïti suite à la signature du Concordat signé entre Haïti et le Saint-Siège à Rome, en 1860, sous la présidence de Nicolas Geffrard.
Le savant appareillage des briques de ce monument historique était exemplaire et constituait un témoignage éloquent sur la qualité de la main d’œuvre des ouvriers maçons haïtiens, au début de XXème siècle. De malheureux ajouts en béton réalisés par la suite ont sensiblement modifié l’architecture intérieure ainsi que la silhouette du bâtiment : l’aménagement d’une mezzanine surmontée d’un lourd dôme à base carrée au niveau du choeur et d’un second clocher, intégrant sa façade est, ont très probablement été à l’origine des dommages causés par le séisme du 12 janvier 2010. Ces structures en béton armé beaucoup plus rigides ont dû transmettre de violentes ondes de chocs aux murs de la structure ancienne et provoquer ainsi l’effondrement de la façade principale de l’édifice.
Après la chapelle Saint-Louis, Roi de France, l’église Saint-Joseph de la Croix-des-Bossales, l’église du Perpétuel-Secours du Bel-Air et la petite chapelle de l’école du Sacré-Coeur, l’église du Sacré-Coeur de Turgeau est le cinquième lieu de culte catholique, construit après le Concordat, à être rasé, suite aux dommages causés par le séisme de janvier dernier.

 

250 M$ de dommages et de pertes pour l’économie haïtienne
HAITI LIBRE – 12/12/2010 09:07:11

Haïti - Économie : 250 M$ de dommages et de pertes pour l’économie haïtienneLes nombreuses manifestations qui ont suivit la publication des résultats préliminaires de élections (mardi dernier), ont été victimes de nombreux dérapages. Une situation qui a servi de prétexte à des éléments délinquants et criminels de la société, qui ont vandalisés, pillés, endommagés ou détruits de nombreux magasins et commerces, incendiés des édifices publiques et privés, détruits des véhicules, volés et endommagés des résidences et paralysés totalement l’économie du pays : commerces, industries, transports public et aériens etc…
Des dommages considérables sont à déplorer notamment à Port-au-Prince, dans la zone Métropolitaine et aux Cayes où les émeutes ont été les plus violentes. L’économiste Eddy Labossière, président de l’Association Haïtienne des Economistes (EHE) estime à près de 250 millions de dollars, le coût des dommages et des pertes économiques pour cette semaine d’émeutes post-électorales. Il lance un appel d’urgence aux protagonistes de la crise pour trouver une sortie de crise.
Haïti qui a été durement frappée par le séisme du 12 janvier, par la saison cyclonique et maintenant par l’épidémie de choléra, est aujourd’hui à bout de souffle, a fait savoir Eddy Labossière qui attire l’attention des protagonistes sur les risques qu’encourt le pays, de faire face à une intervention étrangère plus prononcée, si la crise n’est pas résolue. Eddy Labossière rappelle qu’historiquement, les occupations qu’a connues Haïti, ont généralement fait suite à de graves crises.
L’économiste Eddy Labossière a une nouvelle fois pointé du doigt la communauté internationale qui, dit-il, n’a « aucune volonté de contribuer à une sortie de crise puisqu’elle fait elle-même partie du problème […] elle dépense des millions de dollars pour maintenir une présence étrangère dans le pays alors que cette présence n’a pas su apporter une amélioration dans les conditions de vie des Haïtiens ».
La Minustah fait l’objet de nombreuses contestations, accusées entre autres, d’avoir importé le choléra en Haïti, son incapacité à assurer la sécurité des haïtiens, des bavures qui ont causées la morts de personnes dans des manifestations, ou encore d’être restée « relativement passive» devant les violences lors des élections.
La participation positive de la Minustah dans des actions de soutien humanitaire, ne fait malheureusement pas oublier ces faits au sein de la population.

 

DÉCLARATION À LA PRESSE DU CONSEIL DE SÉCURITÉ SUR HAÏTI

UN.ORG / 11/12/10

On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite aujourd’hui par la Présidente du Conseil de sécurité pour le mois de décembre, Mme Susan Rice (États-Unis), sur la situation en Haïti:

Les membres du Conseil de sécurité ont entendu l’exposé du Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Alain Le Roy, sur la situation en Haïti.

Les membres du Conseil ont souligné l’importance critique que revêtent des élections pacifiques et dignes de foi pour la poursuite du relèvement, de la reconstruction et du développement d’Haïti et ne doutent pas qu’avec l’aide de la communauté internationale, les Haïtiens parviendront à mener la consultation électorale jusqu’à son heureuse conclusion.

Les membres du Conseil se sont déclarés profondément préoccupés par les actes de violence qui ont suivi l’annonce des résultats préliminaires du scrutin.  Ils ont appelé tous les candidats et leurs partisans, les partis politiques et les autres intervenants politiques à rester calmes, à s’abstenir de violences et de provocations et à résoudre les différends électoraux par les voies légales établies.

Les membres du Conseil ont exprimé les préoccupations que leur inspirent les allégations de fraude et se sont déclarés fermement résolus à soutenir des élections libres et loyales; ils ont appelé toutes les forces politiques à mener à bien la consultation électorale afin que la volonté du peuple puisse s’exprimer dans les suffrages.

Les membres du Conseil ont appelé les autorités haïtiennes à maintenir une atmosphère calme et pacifique et prié instamment la MINUSTAH de continuer à leur fournir dans ce domaine un soutien décisif.

Les membres du Conseil se sont déclarés en faveur des activités de la Mission d’observation électorale commune OAS-CARICOM et soulignent qu’il est important que les autorités électorales et les partis politiques haïtiens prennent en considération les recommandations de la Mission.

Les membres du Conseil soulignent d’autre part la responsabilité collective de tous les acteurs politiques haïtiens dans le maintien de la stabilité obtenue ces dernières années grâce au soutien de la MINUSTAH.

Les membres du Conseil se félicitent des efforts que continuent de faire l’ONU, les autres institutions multilatérales et les États Membres des Nations Unies pour répondre aux besoins fondamentaux d’Haïti.

Les membres du Conseil resteront attentifs à la situation qui règne sur le terrain en Haïti.

 

Sarah Palin en Haïti, de l’opportunisme «politico-humanitaire»
HAITI LIBRE – 10/12/2010 17:02:37

Haïti - Politique : Sarah Palin en Haïti, de l’opportunisme «politico-humanitaire»L’ultra-conservatrice Sarah Palin devrait accompagner le président de l’ONG Samaritan’s Purse, l’évangéliste Franklin Graham lors d’un voyage en Haïti ce week-end. D’après l’ONG, Mme Palin vient se rendre compte, du travail fait auprès des personnes atteintes par le choléra. Elle visitera entre autres, un Centre de Traitement du Choléra au cours de son séjour.
Ce voyage en Haïti pourrait servir de fins politiques pour Palin, premièrement élargir son image, sur le plan internationale, jusqu’alors très limitée (des rumeurs annoncent des voyages en Israël et en Grande-Bretagne début 2011). Deuxièmement, dans la perspective ou Sarah Palin briguerait la candidature de son parti pour l’élection présidentielle de 2012, elle pourrait en profiter pour courtiser l’électorat évangéliste, qui favorise largement l’ancien gouverneur d’Arkansas Mike Huckabee, parmi les candidats potentiels du Parti républicain, à l’élection présidentielle de 2012. Malgré que Franklin Graham, (fils du Prédicateur Billy Graham) ne fasse pas l’unanimité comme figure religieuse, en raison de ses positions sur l’islam, qu’il a plusieurs fois diabolisé.
Après le défilé en Haïti des Stars post-séisme et la visite des camps de réfugiés, voici venir le temps des visites de Centre de Traitement de Choléra… Sans commentaire.

 

Patrick Leahy suggère des mesures contre le gouvernement haïtien
HAITI LIBRE – 10/12/2010 14:54:09

Haïti - Élections : Patrick Leahy suggère des mesures contre le gouvernement haïtienSuite aux résultats préliminaire des élections en Haïti, le 28 novembre dernier, le Gouvernement américain a exprimé sa préoccupation au sujet des nombreuses irrégularités et fraudes rapportées. Le porte-parole du Département d’Etat, Philip Crowley, avait à ce sujet, déclaré mercredi, que le gouvernement de Washington était préoccupé par les «contradictions» dans les résultats préliminaires, tout en réaffirmant le soutien des États-Unis à Haïti.
« Comme si Haïti n’avait pas assez de problèmes, maintenant à nouveau, ceux qui exercent le pouvoir, essaient de contourner la volonté du peuple » a déclaré dans un communiqué, le Sénateur du Vermont, Patrick Leahy Leahy, qui préside la Sous-commission du « Senate Appropriations Committee’s » au Département d’Etat et des opérations étrangères, qui gère les activités du Sénat dans le financement de l’aide étrangère, y compris l’aide à Haïti, et le « State Department’s budget ». Leahy préside également le Comité judiciaire du Sénat, qui gère les questions de politique d’immigration.
Il a fait savoir que les États-Unis devraient soutenir le droit du peuple haïtien à « choisir ses dirigeants d’une façon libre et juste » dans le processus électoral afin d’obtenir « un gouvernement légitime qui soit respecté par le peuple haïtien et reconnu par la communauté internationale », ajoutant qu’en « suspendant l’aide directe au gouvernement central et des visas aux hauts dirigeants et à leurs familles immédiatement, l’Amérique enverrait ce message » et ce jusqu’à ce que les mesures nécessaires soient prises pour assurer un résultat juste et démocratique aux élections du 28 Novembre, 2010.

 

La violence n’est pas que partisane ou politique…
HAITI LIBRE – 10/12/2010 13:54:24

Haïti - Élections : La violence n’est pas que partisane ou politique...Alimentée par un grand nombre de rumeurs, la peur dans la population est palpable. Les haïtiens craignent et se préparent à des affrontements armés dans les prochaines heures ou les prochains jours… Tandis que les candidats lancent des appels au calme à leurs partisans dans la rue.
Des rumeurs de distributions d’armes, d’argents versés à des chef de gang alimentent cette crainte dans la population. D’autant, qu’au delà des manifestations politiques des partisans des candidats, il est évident que ces désordres sociaux, favorisent les activités criminelles nombreuses (saccages de résidences, vol, agression de passants pour demander des rançons, pillages de magasins, meutre etc..) qui n’ont rien de politique et qui ne relèvent d’aucun des candidats qui s’opposent.
Le Conseil Électoral Provisoire (CEP) a annoncé, jeudi après-midi, qu’il allait procéder à une vérification des résultats du premier tour de la présidentielle, ce qui est loin d’avoir fait l’unanimité… Les trois candidats en tête du scrutin sont invités à assister aux opérations, a précisé Gaillot Dorsinvil, le président du CEP. Une annonce qui n’a pas empêché la situation de continuer à se détériorer dans le pays.
Les États-Unis ont de nouveau recommandé à leurs citoyens d’éviter tout voyage non essentiel en Haïti, évoquant la criminalité élevée, l’épidémie de choléra et les troubles sociaux. Pour sa part, le Canada a fermé son ambassade jusqu’à nouvel ordre en raison de la violence post-électorale. Tous les vols au départ et à destination de la capitale sont fortement perturbés ou annulés.
L’ex-commandant de l’organisation paramilitaire le Front de résistance nationale (FRN), Guy Philippe, a publiquement accusé tous les candidats d’avoir triché lors de la présidentielle, avivant encore plus les tensions sur le terrain, bien que ce ne soit pas un fait nouveau, puisque largement constaté et rapporté dans le rapport d’observation préliminaire du Réseau National de Défense de Droits Humains (RNDDH) sur la journée du scrutin du 28 novembre 2010.
Le candidat Michel Martelly, pour sa part, reproche au directeur de la campagne du Candidat Célestin, le sénateur Joseph Lambert, d’être à l’origine des violences.
Dans les circonstances et la confusion qui règne, chacun a intérêt à accuser son adversaire et à le rendre responsable de la crise et des violences. Revêtir ses partisans des T-shirts du parti adverse, est devenu la règle, au point qu’il est difficile sur le terrain de distinguer qui est responsable… d’autant que les malfaiteurs ne se privent pas d’utiliser le même stratagème.

 

Haïti-Caricom. Un régime préférentiel d’exportation

Port-au-Prince. 9 décembre 2010. CCN/RHC/PL. À partir du 1er janvier 2011, Haïti exportera des produits vers des pays de la Communauté des Caraïbes (Caricom), sous un régime préférentiel non réciproque, pour une période de trois ans.

Haïti pourra vendre 42 produits dans le cadre du « Plan de Marché Unique » du Caricom, sans être obligé d’ouvrir son propre réseau commercial pour établir la concurrence.

La décision a été prise lors de la récente 31è Rencontre du Conseil Ministériel pour le Commerce et le Développement Economique qui a eu lieu à Georgetown, la capitale du Guyana.
En mai dernier, le gouvernement d’Haïti avait demandé des concessions spéciales pour un total de 62 produits à cause des pertes occasionnées par le tremblement de terre de janvier dernier.

 

Haïti: Vive les motos chinoises !

Marc MAHUZIER / OUEST FRANCE / vendredi 10 décembre 2010

  • Des motos chinoises, démodées, rustiques.

    Des motos chinoises, démodées, rustiques.

En temps ordinaire, il n’est déjà pas facile de se déplacer dans Port au Prince. Le taxi y est d’un naturel furtif . Quant au « tap-tap », les voitures collectives où l’on s’entasse à vingt dans dix places, il faut être Haïtien pour en comprendre le mode d’emploi.

En ces journées troublées qui voient la rue laissée aux caprices des émeutiers, c’est devenu encore plus compliqué. Jeudi, les barrages qui avaient été dégagés au cours de la nuit ont réapparu dans l’après-midi. La situation est tendue. L’ambassade du Canada a fermé. Des affrontements entre partisans de Célestin et de Martelly ont fait des morts. On parle de deux tués au Champ de Mars. Les ONG ne fonctionnent plus. Les habitants de Port au Prince se terrent chez eux de nouveau. Commerces et écoles restent fermés.

Dans le quartier de Pétion Ville, tout près de mon hôtel, les véhicules blindés de la Minustah se font caillasser par de très jeunes manifestants. Heureusement, les soldats de l’Onu ne répliquent pas.

Aux carrefours, des blocs de pierre, des parpaings, des bennes à ordures, des arbres incendiés parfois, bloquent la circulation. Bref, il est devenu très compliqué de se rendre d’un endroit à un autre, ce qui est embêtant quand on prétend faire du reportage.

A cause des journalistes américains, les tarifs s’envolent

D’un naturel plutôt indépendant, le journaliste n’hésite pas à s’associer à des confrères quand les ciconstances le commandent. Cela vaut surtout pour les déplacements : on loue à plusieurs une voiture avec chauffeur. Ami internaute, ne va pas imaginer la limousine avec larbin en tenue d’amiral. En général, c’est un gars du coin qui rentabilise les traites de son 4×4 en le proposant au prix max.

Hier matin, puisque les évènements semblaient se calmer – mauvaise analyse, la fin de la journée a été chaude -, l’idée a été de se rendre à Canapé Vert, un des quartiers qui a le plus souffert du tremblement de terre. Quelle allure a, onze mois après, cette colline pentue où l’on n’aurait jamais dû construire ? Bonne question, bon sujet. Mais comment y aller. En voiture ? Impossible : les barrages !

Gawoulé, mon guide haïtien jamais à court d’idée, a dit : « Prenons des motos ! » Car à Port au Prince, c’est désormais en passagers sur des deux-roues que les correspondants de presse sillonnent la ville. Des motos chinoises, démodées, rustiques. En un mot, épatantes. On en a loué quatre avec les confrères de la télé avec qui je fais équipe en ce moment. Il a fallu négocier les prix : à cause des journalistes américains, les tarifs se sont envolés.

«Floup floup»

La mienne, hier, était une Gadjin noire, avec pare-choc chromé et compteurs carrés. Le « floup floup » de son moteur monocylindre quatre temps m’a plu tout de suite. Elle me rappelait une Honda 125 SL que j’ai beaucoup aimée.

Dans les descentes, Jurgens, mon pilote, coupe les gaz par économie. Aux carrefours, ce petit gars doux et souriant klaxonne comme un furieux. Curieusement, cela n’énerve personne. Evidemment, on ne porte pas de casque. Personne. Dans un pays en proie au choléra, aux affrontements armés, qui a connu le tremblement de terre, les cyclones et où l’on passe du Michèle Torr le soir à la télévision, le risque motocycliste est considéré avec raison comme totalement négligeable.

 

Visite de l’égérie ultra-conservatrice américaine Sarah Palin

Agence France-Presse  / 11/12/2010 19h51

Haïti - Visite de l'égérie ultra-conservatrice américaine Sarah PalinPORT-AU-PRINCE – La figure de proue des ultra-conservateurs américains Sarah Palin est arrivée samedi en Haïti pour se rendre compte de l’action d’une ONG chrétienne américaine en faveur des victimes du choléra et du tremblement de terre, a constaté un correspondant de l’AFP.

Se déplaçant à bord d’un hélicoptère jaune, Mme Palin a rendu visite à un centre communautaire où l’organisation chrétienne Samaritan’s Purse fournit des abris à des victimes du tremblement de terre qui a fait 250 000 morts et 1,5 million de sans-abris en janvier.

«J’ai vraiment apprécié de rencontrer cette communauté», a commenté Mme Palin: «Ils sont tellement remplis de joie. Nous avons tant de chance aux Etats-Unis et nous avons la responsabilité d’aider ceux qui ont moins de chance».

Vendredi, Samaritan’s Purse avait annoncé que «l’ancien gouverneur de l’Alaska Sarah Palin devait accompagner le président de Samaritan’s Purse Franklin Graham pour un voyage en Haïti».

Mme Palin va «se rendre compte du travail que nous effectuons pour prendre soin des personnes touchées par le choléra» qui a tué plus de 2 100 personnes depuis la mi-octobre, ajoutait Samaritan’s Purse qui dit aussi avoir traité «plus de 4 000 patients depuis le début de l’épidémie».

Sarah Palin est adulée par la frange ultra-conservatrice du parti républicain et pourrait briguer la candidature de son parti pour l’élection présidentielle de 2012.

 

Lettre de réponse de Michel Martelly au CEP
HAITI LIBRE – 11/12/2010 15:05:47

Haïti - Élections : Lettre de réponse de Michel Martelly au CEPMonsieur Gaillot Dorsinvil
Président du Conseil Électoral Provisoire Pétion-Ville 
Monsieur le Président,
Accusant réception de votre invitation à participer au recomptage des procès-verbaux des résultats du scrutin du 28 novembre 2010, je m’empresse de vous informer qu’en ma qualité de candidat à la Présidence de mon pays, par respect pour moi-même et surtout pour le Peuple haïtien, je me vois contraint de décliner cette invitation.
La question que tout un chacun est amené à se poser en cette circonstance bien malheureuse, est celle-ci : quel est l’intérêt et quelle est l’économie de cette démarche tout à fait surprenante et illégale du CEP, démarche  qui, à n’en point douter, ne vise qu’à conforter ce dernier dans sa position exprimée le mardi 7 décembre 2010, qui viole les intérêts et les droits de l’immense majorité du Peuple haïtien, victime expiatoire d’une véritable machination politique.
La solution à cette farce publique qui a déjà occasionné des pertes regrettables en vies humaines, ne consiste certainement pas en un recomptage pur et simple des procès-verbaux en possession du CEP, mais bien en l’annulation radicale des procès-verbaux des centres et/ou bureaux de vote saccagés, vandalisés, objet de fraudes massives et scandaleuses en faveur du candidat du Parti au pouvoir, M. Jude Célestin, tel que constaté par la presse tant nationale qu’internationale, le Peuple haïtien en son entier et le Centre national d’Observation électorale (CNO) ; ce que ce CEP n’est pas sans ignorer.
Vous vous rappelez, Monsieur le Président, que bien nombreux étaient les citoyens qui, en violation de la Constitution et de la loi électorale, ont été empêchés d’exercer leurs droits politiques en raison, d’une part, des voies de fait et autres menaces exercées contre eux et d’autre part, des irrégularités flagrantes observées dans l’organisation des élections.
Le Centre national d’Observation électorale (CNO), présent le jour des élections dans tous les centres et bureaux électoraux, jusqu’à la fermeture des bureaux de vote, agissant en toute indépendance et sous aucune pression, avait rendu public les vrais résultats, les seuls et uniques résultats crédibles des élections présidentielles, à partir des procès-verbaux non truqués.
Il est à se demander par quel moyen, par quel artifice et suite à quelles pressions politiques gouvernementales ou autres, ce CEP croupion est parvenu à réduire à sa portion congrue le quantum des voix que j’ai obtenu pour, avec la même vitesse, augmenter celui de Jude Célestin. Cette fraude patente et inadmissible a été immédiatement éventée et démasquée par une population en fureur.
Les crimes et délits contre la Constitution, les crimes et délits relatifs à l’exercice des droits politiques, les attentats à la liberté sont prévus et sévèrement punis par la Loi pénale.
Les membres du Conseil électoral provisoire (CEP) en aucune façon, n’auraient du ni valider, ni cautionner ces actes arbitraires, illégaux et scandaleux, engageant leur responsabilité personnelle.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, mes salutations très distinguées que vous aurez l’obligeance d’étendre aux autres membres du Conseil électoral provisoire.
Michel J. MARTELLY                                    
Candidat à la Présidence,  Repons Peyizan

 

Spectacles – Cinéma

Marie-Ange Barbancourt prépare un film coup de poing sur Haïti

Écrit par Jean-Paul Sylvain / RUE FRONTENAC / Samedi, 11 décembre 2010 13:53

Marie-Ange Barbancourt était à l’aube de son adolescence quand elle est arrivée au Québec, au début des années 1970. Mais elle garde des souvenirs terrifiants d’Haïti, son pays d’origine.

En effet, son père, se souvient-elle avec douleur, homme prospère de la famille des Rhum Barbancourt, a été séquestré puis assassiné d’une balle dans la tête lorsqu’elle était une enfant de six ans.

Puis, l’an dernier, sa maman, Antoinette, 89 ans, qui vivait en Floride depuis quelques années, s’ennuyant de son pays d’origine, décida d’y retourner. Mal lui en prit, elle a à son tour été sauvagement tuée de deux balles dans la tête.

«Ils n’ont rien volé, rien pris. Ils auraient pu s’enfuir avec des bijoux, des tableaux», raconte Marie-Ange Barbancourt avec une amertume qu’elle peut difficilement dissimuler. Marie-Ange a encore une sœur qui vit à Miami et elle espère bien qu’elle ne retournera pas dans son pays d’origine.

Marie-Ange Barbancourt, une comédienne bien connue des téléspectateurs québécois. Elle a joué notamment dans L’Héritage. Photo courtoisie

«Moi, je ne suis allée que trois fois en Haïti depuis que j’ai quitté le pays. Je ne compte pas y retourner non plus.»

Croix des Bouquets

Pas une inconnue que Marie-Ange Barbancourt, une Haïtienne d’origine qui fait partie intégrante depuis belle lurette de la nation québécoise et qui me souligne que la première personne qui ait écrit sur elle, c’était l’auteur de cet article.

Rien de surprenant à cela! Elle était une brillante jeune comédienne noire, une des première «ethniques» de couleur à jouer dans un de nos fameux téléromans, soit L’Héritage. Puis elle fit sa marque comme animatrice verbomotrice à MusiquePlus et fit ses débuts au cinéma dans Un cargo pour l’Afrique.

Femme de cœur et de tête, bien structurée, maman de trois enfants, Marie-Ange entreprendra fin janvier le tournage d’un docu-drame, Croix des Bouquets, dont elle est la scénariste, la coréalisatrice avec son associé dans ZMA, son acolyte Zénon Olejniczak.

Comédienne professionnelle, elle y jouera également le rôle principal, soit celui de Mia La Groue.

«On va prochainement faire trois jours de repérage, puis on commencera le tournage fin janvier à Cuba. Les sites sont déjà choisis.»

– Pourquoi Cuba?

«Pour des problèmes de sécurité. À Cuba, on trouve des techniciens professionnels de premier niveau. On va tourner aux environs de La Havane et on nous garantit notre sécurité. C’est un film à grande portée socio-politique. Un long métrage coup de poing.»

Le film mettra en outre en vedette Bruny Surin, qui a accepté avec enthousiasme d’y tenir un rôle de premier plan et qui incarnera un fier-à-bras qui éprouve des remords de conscience, de même que Jimmy Jean-Louis, Tchetchena Bellange, la Française Céline France et deux autres Québécois: Angelo Cadet et Jeff Boudreault.

Le titre Croix des bouquets se veut un hommage à Henriette de Saint-Marc, première femme noire révolutionnaire, pendue pour ses idées sur la place du marché de Croix des Bouquets, au temps de la révolution d’Haïti, le premier peuple noir à faire son indépendance.

20 ans de gestation

«Je suis Mia, une des trois sœurs, qui va vivre des choses très dures», lance Marie-Ange.

Marie-Ange se défend de vouloir régler ses comptes avec Haïti, son pays d’origine, mais elle dénonce le fait que les Haïtiens ne parlent jamais de corruption, de viol, de violence faite aux individus ni de kidnapping. Le personnage de Mia dénoncera cette situation.

En gros, le synopsis raconte que Mia La Groue, une comédienne bien connue des Québécois, apprend que sa mère a été assassinée en Haïti. La voici qui s’envole dans son pays d’origine dans le but d’assister aux funérailles et qui tente de récupérer l’héritage de la famille La Groue, des riches propriétaires terriens et industriels.

Sa comparution au tribunal débouche sur un bras de fer avec les autorités et sur une confrontation violente avec sa sœur qui s’est ralliée aux héritiers illégitimes, des magouilleurs. Mia est arrêtée, emprisonnée, agressée et elle s’enfuira finalement.

La comédienne sait fort bien que cela ressemble un peu pas mal à sa propre histoire, romancée mais proche d’une certaine réalité. À l’antenne de Radio-Canada, la scénariste-réalisatrice déclarait «que ce sera une charge contre le mensonge qui mine Haïti».

Elle ne s’en cache pas. Elle pourrait être victime de représailles même ici, chez elle.

Ce film qu’elle rumine et dont elle a accouché courageusement du script dénonce «une société qui vit dans le mensonge», ce qui nous rappelle bizarrement Z, le long métrage franco-algérien de Costa-Gavras qui se voulait un réquisitoire contre la dictature des colonels, en Grèce, et de son douloureux passage du fascisme à la démocratie. Mais jamais toutefois ce pays ne fut explicitement mentionné dans le film, qui rafla finalement un Oscar à Hollywood.

Le financement de Croix des Bouquets, un film de près de un million et demi, est assuré «par nos propres sources privées», assure Marie-Ange. Et en coproduction très minoritaire avec Cuba et la Belgique.

 

Présidentielle en Haïti: l’espoir d’une résolution de la crise s’amenuise

De Clarens RENOIS (AFP) – 11/12/10

      

PORT-AU-PRINCE — La présidentielle haïtienne se dirigeait samedi vers une impasse alors qu’une proposition de recompter les voix du premier tour, censée sortir le pays de la crise, était contestée par plusieurs candidats et par des organisations non gouvernementales.

Six ONG haïtiennes jouant un rôle d’observateurs du scrutin ont estimé samedi que cette initiative, lancée par le Conseil électoral haïtien (CEP), ne répondait pas à l’urgence de la situation.

« Toute disposition de ce genre doit faire l?objet d?un dialogue, d?une concertation susceptible de déboucher sur un consensus suffisant, condition indispensable pour aboutir à des résultats acceptés par tous », affirment ces organisations, parmi lesquelles figure le Conseil national d’observation électorale, financé par l’Union européenne.

Elles estiment en outre que les vérifications ne peuvent concerner seulement les trois candidats à la présidentielle qui auraient recueilli le plus grand nombre de voix le 28 novembre.

« Toutes les contestations doivent être entendues aussi bien pour les législatives que pour les présidentielles », soulignent-elles dans un communiqué.

Le CEP a annoncé jeudi qu’il allait « enclencher une procédure d’urgence et exceptionnelle de vérification » des résultats des trois candidats en tête, après deux jours de manifestations post-électorales dénonçant des fraudes au profit du candidat du pouvoir, Jude Célestin.

Mais cette solution ne satisfait aucun des adversaires de M. Célestin, un proche du président sortant René Préval.

Michel Martelly, chanteur populaire arrivé en troisième position, et par conséquent évincé du deuxième tour, a dénoncé vendredi une manipulation.

« Nous avons un gros problème avec le recomptage des voix dans la mesure où pas moins de 3.000 procès-verbaux frauduleux ont été ajoutés », a-t-il déclaré dans un entretien avec l’AFP. « Cela a été fait sur instruction du président Préval pour que M. Célestin l’emporte. Il essaye d’installer son homme à la tête du pouvoir », a affirmé M. Martelly.

« Je ne veux pas faire partie de ça », a déclaré M. Martelly. « Ils ont organisé la fraude et je suis convaincu qu’ils sont prêts à tout pour rester au pouvoir. C’est un piège », a-t-il lâché.

Vendredi soir, la candidate arrivée en tête du premier tour, Mirlande Manigat, a enfoncé le clou en annonçant qu’elle ne voulait plus d’un nouveau comptage des voix, le CEP n’ayant indiqué « ni la date ni l?heure d?une éventuelle invitation des intéressés, ni surtout la procédure envisagée pour une telle opération ».

Elle a toutefois indiqué dans un communiqué qu’elle « demeure ouverte à toute initiative pouvant favoriser un dénouement de la crise ».

Les résultats définitifs du premier tour doivent être annoncés le 20 décembre et le deuxième tour doit être organisé le 16 janvier.

La publication mardi des résultats du premier tour avait provoqué la colère des partisans de M. Martelly et de violentes manifestations ont fait plusieurs morts.

La situation était plus calme samedi matin dans les rues de Port-au-Prince, où banques, supermarchés et stations-service, fermés depuis mardi, ont rouvert, provoquant de longue files d’attente et des embouteillages.

Cette crise politique intervient au moment où le pays, exsangue après le séisme du 12 janvier qui a fait 250.000 morts, se débat avec une épidémie de choléra qui a tué 2.193 personnes depuis la mi-octobre.

Les Haïtiens devaient recevoir ce week-end la visite de la figure de proue des ultra-conservateurs américains, Sarah Palin, qui souhaite constater sur place les besoins du pays.

 

Mirlande Manigat refuse à son tour de participer au recomptage
HAITI LIBRE – 11/12/2010 08:13:17

Haïti - Élections : Mirlande Manigat refuse à son tour de participer au recomptage Après la décision de Michel Martelly de refuser de participer à la vérification des procès verbaux, c’est au tour de la candidate Mirlande Manigat de ne plus vouloir s’associer à ce processus de vérification. Dans un communiqué, signé de son avocat, elle dit avoir pris acte de la proposition du Conseil Électoral Provisoire (CEP) portant sur la vérification des procès-verbaux de l’élection du 28 novembre 2010 et ne plus vouloir s’associer à cette opération.
« A l’analyse, il résulte que ce communiqué [du CEP] n’indique ni la date ni l’heure d’une éventuelle invitation des intéressés, ni surtout la procédure envisagée pour une telle opération. Dans ces circonstances, la candidate regrette de ne pouvoir s’associer à une pareille démarche » précise-t-elle, indiquant qu’elle « demeure ouverte à toute initiative pouvant favoriser un dénouement de la crise, pourvu que la solution soit empreinte de transparence et de légalité ».

 

Position de la Société Civile sur la proposition du CEP
HAITI LIBRE – 11/12/2010 08:05:20

Les Organisations engagées dans l’observation électorale constatent avec satisfaction le crédit que le peuple haïtien et les instances qui suivent de près le déroulement des élections accordent à l’observation nationale indépendante. Elles constatent également la vigueur dont fait preuve le peuple haïtien dans la défense de son vote et de l’intégrité du processus électoral.
La détermination de la population haïtienne à défendre ses droits est aujourd’hui manifeste et ne laisse aucun doute à personne. Les organisations signataires estiment que le moment est venu pour passer a la table de négociation, une négociation franche, honnête, qui considère les intérêts de toutes les parties en présence mais aussi et surtout qui prend eHn compte le bien commun, le bien de notre nation, qui fait face aujourd’hui a des menaces d’une extrême gravité.
Dans ce sens, elles prennent acte du communiqué du Conseil Electoral Provisoire faisant état de la création d’une commission mixte pour la vérification des procès verbaux. Elles estiment toutefois que cette proposition ne suffit pas pour nous conduire à une éventuelle sortie de crise.
D’abord, le CEP ne peut seul décider d’une mesure qui sort du cadre légal. Toute disposition de ce genre doit faire l’objet d’un dialogue, d’une concertation susceptible de déboucher sur un consensus suffisant, condition indispensable pour aboutir à des résultats acceptés par tous et pour une mise en œuvre réussie. La présence des observateurs nationaux est nécessaire dans le cadre de cette concertation. Les candidats et les partis politiques doivent aussi participer à ce dialogue et faire valoir leur point de vue.
Par ailleurs, ces vérifications ne peuvent concerner uniquement les trois candidats à la présidence qui auraient recueilli le plus grand nombre de voix. Toutes les contestations doivent être entendues aussi bien pour les législatives que pour les présidentielles.
Cette vérification doit enfin aller en profondeur et tenir compte de tous les facteurs qui au cours de la journée du scrutin, auraient pu altérer la volonté exprimée par les électeurs.
Tout en présentant leurs sympathies à tous ceux qui d’une façon ou d’ une autre ont été victimes au cours des récentes manifestations, les organisations signataires espèrent vivement que tous ceux qui ont une responsabilité dans ce processus électoral, feront cette fois preuve de sagesse et de patriotisme et sauront placer le bien de la nation au dessus de leurs intérêts personnels.
Signataires :
Conseil National d’Observation Electorale : (CNO)
Initiative de la Société Civile : (ISC)
Conseil Haïtien des Acteurs Non Etatiques (CONHANE)
Réseau National De Défense des Droits Humains (RNDDH)
Centre d’Education, de Recherches et d’actions en Sciences Sociales et pénales (CERESS)
Mouvman Fanm Aktif Kafou (MOFKA)

 

Des Américains s’inquiètent de l’introduction du variant sud-asiatique du choléra en Amérique

LEMONDE pour Le Monde.fr | 11.12.10 | 08h18  •  Mis à jour le 11.12.10 | 10h10

Dans les rues de Port-au-Prince, le 10 décembre.

Dans les rues de Port-au-Prince, le 10 décembre.AFP/HECTOR RETAMAL

Depuis plus d’un siècle, Haïti n’avait pas connu le choléra. Ce pays, l’un des plus pauvres du monde, a été frappé brutalement en octobre et là où ne l’attendait pas.

Révélées par Le Monde le 5 décembre, les conclusions de l’enquête épidémiologique conduite sur place en novembre par le professeur Renaud Piarroux, spécialiste du choléra (CHU de Marseille) envoyé par le gouvernement français, ont pointé une origine à l’épidémie : le camp du bataillon népalais de la Minustah, les Casques bleus en Haïti. Une épidémie, importée du Népal, a touché les soldats de ce contingent. Leurs excréments, auraient été déversés « en quantités phénoménales » par un sous-traitant haïtien dans le fleuve Artibonite, contaminant l’eau utilisée par la population des localités environnantes et répandant la maladie à une vitesse foudroyante.

Ce scénario a été rejeté par les responsables du bataillon népalais et le rapport du professeur Piarroux a été mis sous le boisseau afin de ne pas perturber le processus électoral en Haïti.

Il est pourtant conforté à présent par une publication scientifique analysant l’origine de la souche en cause dans l’épidémie haïtienne. Une équipe regroupant des scientifiques haïtiens et américains, notamment de la faculté de médecine de Harvard (Boston, Mass.), confirme en effet, dans un article publié jeudi 9 décembre par le New England Journal of Medicine, l’origine asiatique et importée de la souche de vibrion cholérique, la bactérie qui provoque la choléra, à l’origine de l’épidémie touchant Haïti depuis la mi-octobre.

« L’épidémie d’Haïti résulte probablement de l’introduction par l’homme d’une souche de vibrion cholérique provenant d’une source géographique éloignée », écrivent Chen-Shan Chin et ses collègues américains.

Une pandémie de choléra sévit actuellement au niveau mondial – la septième connue dans l’histoire – est responsable annuellement, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de 3 millions à 5 millions de cas, qui provoquent de 100 000 à 300 000 décès.

Cette pandémie est due à un type de vibrion cholérique baptisé « El Tor o1 », apparu pour la première fois en 1961 en Indonésie. Les souches « El Tor o1 » qui sévissent de manière permanente en Amérique du Sud et centrale n’avaient jusqu’ici jamais entraîné de choléra sur l’île d’Hispaniola, que se partagent Haïti et la République dominicaine, rappellent les auteurs de l’étude américaine.

De ce fait, les experts ont cherché à déterminer l’origine géographique responsable de l’épidémie qui a déjà fait plus de 2 000 morts en Haïti. Pour cela, ils ont procédé au séquençage du génome des vibrions cholériques retrouvés dans les selles de deux malades haïtiens, de celui d’une souche de « El Tor 01 » isolée en 1991 au Pérou lors de son apparition en Amérique latine et de ceux de deux autres souches identifiées en 2002 et en 2008 au Bangladesh (Asie du Sud).

Ils ont également comparé les séquences génétiques obtenues à celles de 23 autres souches. Leur conclusion est claire : « Il existe une étroite relation entre les souches isolées en Haïti et les souches ‘El Tor o1’ isolées au Bangladesh en 2002 et 2008. Par contraste, l’analyse des variations du génome des prélèvements haïtiens révèle une relation plus distante avec les souches circulant en Amérique latine. » De même, ils diffèrent de souches retrouvées en Afrique de l’Est.

Autre point important, les analyses montrent que l’épidémie a bien été provoquée par une souche unique. Les auteurs indiquent que leurs données ne vont pas dans le sens de l’hypothèse selon laquelle la souche haïtienne serait issue de l’environnement aquatique. « De ce fait, il est peu vraisemblable que des événements climatiques soient à l’origine de l’épidémie en Haïti », écrivent-ils, estimant que la détermination exacte de la manière dont la souche sud-asiatique du vibrion cholérique a été introduite en Haïti requiert une enquête épidémiologique.

Ce travail de l’équipe américano-haïtienne complète donc et conforte l’enquête épidémiologique conduite par le professeur Piarroux, en écartant la piste d’une origine locale ou régionale de l’épidémie et en pointant l’Asie du Sud. Dans son rapport, le professeur Piarroux rappelle qu’à l’époque où des soldats du bataillon de la Minustah ont quitté Katmandou (Népal), une épidémie de choléra y sévissait.

Dans leur article du New England Journal of Medicine, Chen-Shan Chin et ses collègues s’inquiètent des conséquences que pourrait avoir, au-delà même des frontières d’Haïti, l’« introduction accidentelle du variant sud-asiatique du vibrion El Tor » dans la région. Plus adaptée à se répandre et plus résistante aux antibiotiques que d’autres, cette souche semble donner des formes plus sévères de choléra. Des caractéristiques qui pourraient, selon les chercheurs, lui faire supplanter le vibrion cholérique « El Tor o1 » actuellement installé en Amérique latine.

 

Haïti: la crise persiste, un nouveau comptage des voix refusé

De Andrew GULLY (AFP) – 10/12/10

Des partisans du candidat Michel Martelly, le 8 décembre 2010 à Pétionville, en Haïti

PORT-AU-PRINCE — La crise ne semblait pas prête d’être dénouée vendredi en Haïti où les candidats arrivés en première et troisième positions lors du premier tour de la présidentielle ont refusé un nouveau comptage des votes, proposé par le Conseil électoral (CEP) face aux soupçons de fraude.

Michel Martelly, chanteur populaire arrivé juste derrière Jude Célestin, candidat du parti du président René Préval, Inite, (Unité) lors du premier tour, le 28 novembre dernier, et évincé donc du deuxième tour, s’est dit convaincu que les deux hommes avaient manipulé les résultats du scrutin.

« Nous avons un gros problème avec le recomptage des voix dans la mesure où pas moins de 3.000 procès-verbaux frauduleux ont été ajoutés. Ils n’auraient pas du être comptés », a déclaré M. Martelly au cours d’un entretien avec l’AFP.

« Cela a été fait sur instruction du président Préval pour que M. Célestin l’emporte. Il essaye d’installer son homme à la tête du pouvoir », a-t-il poursuivi.

« Je ne veux pas faire partie de ça », a déclaré M. Martelly. « Ils ont organisé la fraude et je suis convaincu qu’ils sont prêts a tout pour rester au pouvoir. C’est un piège », a-t-il dit.

Vendredi soir, la candidate arrivé en tête, Mme Mirlande Manigat a à son tour annoncé qu’elle ne voulait plus d’un nouveau comptage des voix, le CEP n’ayant indiqué « ni la date ni l?heure d?une éventuelle invitation des intéressés, ni surtout la procédure envisagée pour une telle opération ».

Elle a toutefois indiqué dans un communiqué qu’elle « demeure ouverte à toute initiative pouvant favoriser un dénouement de la crise, pourvu que la solution soit empreinte de transparence et de légalité ».

La publication mardi des résultats du premier tour avait soulevé la colère des partisans de Martelly et provoqué des manifestations pendant deux jours qui on fait plusieurs morts.

Le Conseil électoral avait annoncé jeudi qu’il allait « enclencher une procédure d’urgence et exceptionnelle de vérification » des résultats des trois candidats en tête .

Le processus de vérification devait initialement être assuré par une commission mixte composée du CEP, des candidats à la présidence concernés, d’observateurs nationaux et internationaux ainsi que des partenaires de la communauté internationale.

Les résultats définitifs du premier tour doivent être annoncés le 20 décembre et le deuxième tour doit être organisé le 16 janvier.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a de nouveau exprimé vendredi « son inquiétude à propos des allégations de fraude » et a appelé tous les acteurs politiques et leurs partisans au calme.

Le patron de la puissante commission judiciaire du sénat américain a demandé vendredi le gel des aides américaines à Haïti et un moratoire sur l’attribution de visas aux responsables haïtiens, à défaut d’obtenir la garantie d’élections démocratiques en Haïti.

« Comme si Haïti ne faisait pas face à suffisamment de problèmes, maintenant, une fois encore, ceux qui sont au pouvoir essayent de corrompre la volonté du peuple », a déclaré le sénateur démocrate Patrick Leahy.

La figure de proue des ultra-conservateurs américains, Sarah Palin, a, elle, décidé de se rendre sur place ce week-end afin de se rendre compte des besoins du pays touché par une épidémie de choléra qui a fait 2.193 morts depuis la mi-octobre, selon un dernier bilan diffusé vendredi.

Seule touche positive dans le pays: le nombre de réfugiés vivant dans des camps depuis le séisme du 12 janvier, qui a dévasté une partie d’Haïti, a baissé d’un tiers ces derniers mois, a annoncé vendredi l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en passant de 1,5 à un million.

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