L’ESSENTIEL DE L’ACTUALITE – Mardi 14 déc. 2010

14 Déc

Préval sollicite deux nouvelles missions électorales à l’OEA

P-au-P, 14 déc. 2010 [AlterPresse] — Le président de la République, René Préval, a sollicité lundi l’envoi de deux nouvelles missions techniques d’appui au processus électoral auprès de l’Organisation des Etats Américains (OEA), apprend AlterPresse de source officielle.

Selon un communiqué émanant du Palais National, les deux missions devraient arriver dans le pays demain mercredi pour y rester jusqu’à la proclamation des résultats définitifs du premier tour des élections.

Haiti est plongée dans une crise depuis la proclamation des résultats préliminaires des élections présidentielles et législatives du 28 novembre qui ont été contestées.

L’une des missions demandée par Préval est une « mission d’expertise d’appui à la vérification de la tabulation des votes », et l’autre une « mission d’assistance technique légale d’accompagnement de la phase contentieuse du processus électoral ».

La période de contestation des résultats préliminaires a débuté lundi 13 décembre et s’achève ce mercredi 15 décembre.

L’OEA a déjà conduit conjointement avec la CARICOM une mission d’observation électorale qui a validé le scrutin du 28 novembre.

 

Michel Martelly propose une sortie de crise
HAITI LIBRE – 14/12/2010 15:53:06

Haïti - Élections : Michel Martelly propose une sortie de criseLors d’une conférence de presse tenue ce mardi, le candidat Michel Martelly, dans le cadre d’un compromis politique a exposé aux médias une solution pour sortir de la crise.
Il propose qu’un deuxième tour soit organisé le 16 janvier 2011, avec tous les candidats, mais une élection supervisée par des organismes indépendants nationaux et internationaux. Précisant que cela ne peut-être fait sans des remaniement au sein du Conseil Électoral Provisoire, « il faut qu’il y est des révocations, des changements. Parce que nous ne faisons plus confiance à ces personnes. Si cela n’est pas fait, je ne crois pas, que les personnes qui vont sortir dans la prochaine élection, auront la légitimité et le respect de la population ni de la communauté international » Ajoutant que « dans une vrai démocratie chaque vote compte ».
Michel Martelly, s’est dit ouvert « à toutes autres propositions parce que c’est l’intérêt d’Haïti qui compte et que la crise doit être résolue » il a encouragé toutes autres initiatives allant dans ce sens « j’ai appris que les autorités morales et religieuses dans le pays font des consultations sur la crise, je les supporte et les encourage ».
Le candidat a déploré tout l’argent qui a été dépensé dans cette élection, qui aurait pu servir « à soulager la misère du peuple, à combattre le choléra, et servir au gens, pour arrêter de vivre comme des animaux et sous des tentes […] on ne peut pas continuer à gaspiller, alors regardons comment l’on peut faire avancer les choses, je crois que cette solution peut résoudre la crise » .
Michel Martelly a terminé son intervention en lançant un appel à la mobilisation à ses partisans « dans la paix, dans la discipline, et dans l’ordre »

 

Michel Martelly préconise un remaniement du CEP et l’organisation d’un second tour avec tous les candidats

P-au-P, 14 déc.2010 [AlterPresse] — Joseph Michel Martelly, candidat à la présidence sous la bannière de Repons Peyizan (Réponse Paysanne) a proposé un remaniement du Conseil Électoral Provisoire (CEP) et l’organisation du second tour le 16 janvier avec tous les candidats, sous la supervision indépendante d’organismes nationaux et internationaux.

Lors d’une conférence de presse en sa résidence à Péguy Ville (périphérie est), Michel Martelly, arrivé officiellement en 3e position avec 21,84% des voix, déclare que « tous les candidats ont été victimes de magouilles » durant le déroulement du scrutin.

Martelly affirme également que la sortie de crise doit passer par la reforme du Conseil électoral qui, selon lui, n’inspire pas « confiance ».

« Si cela n’est pas fait, je ne crois pas que celui qui sera élu aura le respect du peuple et de la communauté internationale », soutient-il.

En faisant cette proposition Joseph Michel Martelly dit choisir « de donner une autre chance » au pays pour que cesse « l’effusion de sang », pour créer des conditions favorables au développement et l’investissement.

Il se dit ouvert à toute autre proposition, car « l’essentiel c’est la résolution de la crise », dit-il.

Martelly critique la proposition du CEP, invitant à un recomptage des votes. « Ils nous invitent à recompter aujourd’hui alors qu’ils n’avaient jamais bien compter », avance le chanteur. « Ils préparent des pièges pour nous éliminer définitivement », ajoute-t-il.

Le candidat salue la mémoire des victimes mortelles des dernières manifestations violentes qui se sont produites dans la capitale haïtienne et dans les principales villes du pays.

Le CEP a ouvert une période de contestation de 3 jours qui doit prendre fin ce mercredi 15 décembre.

 

Le budget d’Haïti 2010-2011, passe la barre des 100 milliards de gourdes
HAITI LIBRE – 14/12/2010 14:14:43

Haïti - Économie : Le budget d’Haïti 2010-2011, passe la barre des 100 milliards de gourdesRonald Baudin, le Ministre de l’économie et des finances, a présenté hier lundi, le budget de l’État pour l’exercice 2010-2011. Pour la première fois, le budget dépasse la barre des 100 milliards pour atteindre un montant total de 106.3 milliards de gourdes. De ce budget, 34.3 milliards de gourdes seront allouées aux dépenses de fonctionnement de l’État et 71.9 milliards pour les investissements.
Il a indiqué que les dépenses d’investissements seront financées par les fonds du trésor public (12,5 milliards), le programme Petro Caribe (12,5 milliards), [intégré pour la première fois dans le budget] et la coopération internationale (43.9 milliards de gourdes).
Quelque soit la façon dont Ronald Baudin présente son budget, il faut se rappeler que ± 66% du budget national, soit prés des 2/3 de nos dépenses publiques, dépendent de la communauté internationale [d’après l’Initiative Société Civile] soit : Dons (46.34%), Prêts (9,39%), Fonds Petro Caribe (8,07%). Pour plus d’informations : http://www.haitilibre.com/article-1636-haiti-economie-le-budget-2010-2011-depend-a-66-de-l-aide-internationale.html
Selon le Ministre de l’Économie, ce budget permettra au gouvernement haïtien, de faire face a l’épidémie de choléra (250 millions de gourdes additionnelles pour le MSPP) mais également de poursuivre ses interventions dans les infrastructures économiques afin de conforter les investissements du secteur privé.
Malgré les difficultés que traverse Haïti, Ronald Baudin estime pour cet exercice, un taux de croissance de 10% et une inflation ne dépassant pas 7%. Le Ministre prévoit des recettes de 36 milliards de gourdes en provenances de l’Administration Générale des Douanes (22.2 milliards) et de la Direction Générale des Impôts (DGI) 12.9 milliards de gourdes.
Note : 1 US$ = ± 40 Gourdes

 

Haïti-Cholera : 2 323 morts sur 94 172 cas enregistrés

P-au-P, 14 déc. 2010 [AlterPresse] — 2 323 personnes sont décédées du cholera en un peu moins de deux mois, selon le dernier bilan du Ministère de la Santé Publique et de la Population.

94 172 cas ont été enregistrés alors qu’on s’attend à 400 000 dans les 12 prochains mois, dont la moitié au cours des 3 prochains mois.

Le dernier bilan faisait état de 2 120 morts et 93 222 cas de contamination.

Il y a à l’heure actuelle 105 unités de traitement du choléra, d’une capacité de 1.222 lits et 56 centres de traitement d’une capacité de 4.681 lits.

Le gouvernement haïtien compte accorder un montant de 250 millions de gourdes supplémentaires au MSPP en faveur de la lutte contre le cholera, d’après le ministre des finances, Ronald Baudin.

Pour sa part, l’Union Européenne s’apprête à ajouter un montant de 10 millions d’euros à l’aide de 12 millions déjà engagés pour lutter contre l’épidémie en Haïti.

 

Lettre de Mgr Guy Sansaricq, aux protestataires haïtiens
HAITI LIBRE – 14/12/2010 12:23:55

Haïti - Social : Lettre de Mgr Guy Sansaricq, aux protestataires haïtiensL’ancien pasteur de l’église Saint-Jérôme de Flatbush et coordonnateur diocésain de l’Apostolat haïtien [à la retraite], Mgr Guy Sansaricq, âgé de 76 ans, lance un appel à la retenue, au nom de la diaspora haïtienne.
Au nom de la population Haitienne de la Diaspora je demande aux protestataires qui en Haiti mettent le feu aux édifices publics de contrôler leur colère.
Il est légitime de manifester publiquement son indignation aux actes injustifiables d’un gouvernement coupable. La presse nous renseigne sur les graves irrégularités de ces dernières élections. L’on peut comprendre l’éclatement de la colère populaire. Mais la colère est une émotion humaine qui conduit souvent à des actes d’injustice plus graves encore que ceux que l’on dénonce.  Et alors la protestation perd son efficacité. Quand l’on met le feu à un édifice public, l’on fait du tort à la Nation. Qui va payer pour sa reconstruction? Quand l’on cause la mort de citoyens innocents, comment peut- on réparer ce tort?
La modernité et la sagesse nous enseignent à diriger notre colère. L’on est appelé à construire non pas à détruire. L’on doit apprendre à manifester avec force mais avec discipline et ordre. Martin Luther King, Walesa et Mandela nous l’ont appris. L’on doit pouvoir articuler clairement ses objectifs et ainsi gagner le respect du monde. Le candidat à la présidence du pays qui tolère que ses partisans commettent des actes incendiaires se disqualifie devant l’opinion publique. S’il croit au pouvoir du feu, qu’il incendie sa propre maison comme Christophe non pas celles de la nation ou d’autres citoyens. Le monde entier se penche sur notre cas pour nous aider à reconstruire notre pays.
Quel  spectacle nous offrons!
En cette heure très grave les candidats doivent avoir le courage de se rencontrer pour chercher une solution raisonnable à cette crise. Nous ne pouvons pas nous permettre le luxe de dissensions interminables alors que notre peuple périt. Mettons fin à notre insanité collective. La violence aveugle ne sert pas la cause de la RECONSTRUCTION, ni de la libération ni du progrès.
Au nom de Dieu pour ceux qui croient encore, réfléchissez au lieu de vociférer. L’Union fait la force!

Monseigneur Guy Sansaricq

 

Processus de vérification, le RNDDH dénonce…
HAITI LIBRE – 14/12/2010 12:55:43

Haïti - Élections : Processus de vérification, le RNDDH dénonce...Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) prend acte de la décision du Conseil Electoral Provisoire (CEP) de former une Commission de Vérification des Procès-verbaux en vue de juguler la situation de contestations et de manifestations violentes engendrées par la publication des résultats préliminaires des présidentielles et législatives du 28 novembre 2010.
Le RNDDH émet ses réserves quant à la mission de ladite commission pour les raisons suivantes :
1.- La formation de cette commission avec pour mandat de vérifier les procès- verbaux au Centre de Tabulation heurte les dispositions de l’article 190 de la Loi électorale qui stipule :
« Dans les cas nécessitant des vérifications soit dans les bases de données de l’institution électorale (BED, BEC), soit sur le terrain, l’organe contentieux, par avant dire droit, ordonne que les vérifications soient effectuées par une commission de trois (3) membres. La composition de ladite commission est de la compétence de l’organe saisi. Toutefois, seul le BCEN est habilité à ordonner et à réaliser une vérification au Centre de Tabulation.La partie ou son avocat, si elle la juge nécessaire, peut assister à l’opération de vérification et fournir tout renseignement utile ».
2.- Cette commission ne pourra que confirmer ou infirmer les résultats préliminaires publiés par le CEP. Ce qui sera loin de solutionner le problème né de l’organisation générale du scrutin du 28 novembre et de la publication des résultats. A titre d’exemple la question de la gestion des matériels sensibles par le CEP mérite une réponse et ne semble pas faire partie du mandat de cette commission. Il a été constaté bien avant le jour du scrutin comme à Thomassique et à Ouanaminthe que des lots de bulletins se trouvaient en possession de certaines personnes. Ce problème est-il né de la gestion faite par l’institution chargée d’imprimer les bulletins, par le CEP ou par la Mission des Nations-Unies pour la Stabilisation en Haïti (Minustah) ? Voilà une question à laquelle une commission chargée simplement de vérifier les procès-verbaux ne pourra pas répondre. La commission que le CEP décide de former ne sera donc pas en mesure de cerner le problème dans toute son acuité.
3.- Quelle institution sera chargée légalement d’apprécier le rapport de cette commission ? Le CEP, déjà décrié, n’inspire confiance à personne pour jouer le rôle d’instance appelée à décider sur le rapport d’une telle commission.
4.- En toute logique, les opérations de vote auraient dû être reprises dans certaines régions du pays où elles ont été interrompues ce, bien avant la publication des résultats préliminaires. Or, le CEP a publié les résultats pour toutes les circonscriptions de la République. De plus, les résultats publiés par le CEP sont de nature à récompenser des personnes impliquées au su et au vu de tout le monde dans des actes graves de violence électorale le jour du scrutin. En effet, le CEP a validé des élections dans des circonscriptions où plus de la moitié des centres de vote ont été vandalisés. A titre d’exemple :

  • Pour la circonscription de Saint-Marc, les candidats, avec la complicité du BEC, ont ramassé çà et là des bulletins de vote en provenance de quatre (4) des vingt-quatre (24) centres de vote – (4/24) installés dans cette commune. Le CEP a comptabilisé ces bulletins et a proclamé les résultats.
  • L’ancien Député Levaillant LOUIS-JEUNE, candidat à sa succession pour la circonscription de Desdunes, sous la bannière de la plateforme présidentielle INITE, a entretenu un climat de violence dans la commune entrainant ainsi l’interruption prématurée des opérations de vote dans cette circonscription. Il est déclaré élu au premier tour, avec 83 % des voix.
  • Pour la ville de Jacmel, neuf (9) des trente-huit (38) bureaux de vote ont été comptabilisés par le CEP. Les résultats publiés pour l’un de ces bureaux sont présentés de telle sorte que le nombre de voix attribué aux candidats correspond à leur numéro d’inscription au CEP. De plus, à la Montagne, treizième (13ème) section communale de Jacmel, aucun des bureaux de vote n’est comptabilisé. Pourtant, les résultats ont été proclamés tant pour la députation que pour les sénatoriales.
  • L’ancien Député Donald DORSAINVIL, candidat à sa succession pour la circonscription Trou du Nord – Caracol, sous la bannière de la plateforme présidentielle INITE, à la tête d’un commando armé composé entre autres de Iphène CADEAU, Philomy SAINT VIL, John Merry LAMBERT, Carlo LAMBERT, Pagnoly et Gaby, ainsi connus, a vandalisé tous les huit (8) centres de vote placés dans cette commune. Il est habilité à prendre part au second tour alors que seulement quinze (15) des soixante-dix (70) – (15/70) bureaux de vote installés dans cette circonscription ont été comptabilisés par le CEP.
  • Occinjac BENJAMIN, candidat à la députation pour la circonscription de la Grande Rivière du Nord – Bahon, sous la bannière de la plateforme présidentielle INITE, Yvon JEAN NOËL, Président du Bureau Electoral Départemental (BED) du Nord, Jean JOSEPH, Président du Bureau Electoral Communal (BEC), Denis PHILIPPE, Vice-délégué de la commune de Grande Rivière du Nord et quatre (4) agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH) dont l’agent I Garry LORMEUS ont procédé au remplissage d’urnes dans dix-sept (17) des vingt (20) centres installés dans cette circonscription. Le CEP a comptabilisé vingt et un (21) des soixante dix sept (77) – (21/77) bureaux de vote placés dans ces centres de vote et a proclamé le candidat Occinjac BENJAMIN vainqueur au premier tour avec 66.72 % des votes.
  • Dans la circonscription de l’Acul du Nord, le CEP a comptabilisé les votes de quatorze (14) sur soixante quatorze (74) – (14/74) bureaux de vote. Floreal CINEUS, Michel Job JOLICAIRE et Joseph LOREUS, respectivement candidats sous les bannières des partis VEYE YO, ALTERNATIVE et RASANBLE sont autorisés à prendre part au second tour des élections.
  • Dans la circonscription de Saint Raphaël / Dondon, le candidat Chéry HARROLD, sous la bannière du parti RASANBLE est élu au premier tour des élections à 65.01 % des voix, suite au comptage des bulletins de vote de treize (13) des quatre-vingt-onze (91) – (13/91) bureaux de vote.
  • Dans la circonscription de Port à Piment, le candidat Julner LAINE, sous la bannière de la plateforme présidentielle INITE, est élu à 56.62 %. Le CEP a décidé de comptabiliser les votes de dix (10) des vingt-deux (22) – (10/22) bureaux installés dans cette circonscription en dépit du fait que le parti INITE a créé un climat de violence dans cette circonscription le jour du scrutin, portant les responsables électoraux à arrêter les opérations de vote.

Les exemples ci-dessus mentionnés, non exhaustifs, sont constatés à travers tout le pays.
De plus, après le scrutin, certains procès-verbaux ont été rédigés en violation de la Loi électorale dans des bases de la Minustah, dans des BED ou dans des BEC et sont scandaleusement validés par le CEP.
Le RNDDH rappelle que la loi électorale prévoit des peines allant de six (6) mois à quinze (15) ans de prison pour ces infractions. Or, aucun fonctionnaire du CEP, identifié dans la perpétration de ces infractions n’est révoqué, aucun candidat, aucun partisan ou sympathisant, auteur ou co-auteur des actes de violence n’est poursuivi. Les Commissaires du Gouvernement ne sont pas saisis contre les auteurs de ces graves violations à la loi électorale. Au contraire, ces derniers sont plutôt récompensés de leur forfait.
Le RNDDH condamne les actes de violence ayant suivi la publication des résultats préliminaires des élections du 28 novembre 2010 et présente ses sympathies à toutes les victimes, en particulier aux Responsables, aux partisans et sympathisants de la plateforme présidentielle INITE. Le RNDDH estime que ces actes de violence auraient pu être évités si le CEP avait fait preuve d’une plus grande responsabilité et avait pris en compte les rapports des différentes organisations d’observation électorale.
Le RNDDH croit qu’il est urgent de rechercher une solution à cette situation de crise postélectorale qui ne peut plus durer. Cependant, cette solution ne passe certainement pas par la création de cette Commission de Vérification des Procès-verbaux au Centre de Tabulation. Elle passe nécessairement par des mesures susceptibles d’assurer la sincérité du scrutin, la sanction des auteurs et complices des infractions à la Loi électorale perpétrées le 28 novembre 2010 et la reprise des opérations de vote dans les régions où elles ont été perturbées.
Port-au-Prince, le 14 décembre 2010
L’Observation du processus électoral par le RNDDH est rendue possible grâce au financement de l’Union Européenne. Le contenu de cette publication relève de la seule responsabilité du RNDDH et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant la position de l’Union européenne.

 

CIRH et Commission Bilatérale sans Préval…
HAITI LIBRE – 14/12/2010 11:55:54

Haïti - Reconstruction : CIRH et Commission Bilatérale sans Préval...La quatrième réunion de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), prévue initialement ce mardi à Port-au-Prince, a du être déplacée à cause des violences post-électorales. Cette réunion, se tiendra ce mardi, à Santo-Domingo à l’Hôtel Hilton à compter de 14:00 heures.
Le Président d’Haïti, René Préval sera le grand absent, il vient d’annuler sa visite en République dominicaine, au cours de laquelle il devait avoir, avec le Président Leonel Fernández, des entretiens au cours de la Commission Mixte Bilatérale.
Edwin Paraison, le ministre de la diaspora haïtienne, a précisé que l’annulation du voyage du Président Préval est due à la crise post-électorale. Le chef de l’État est impliqué dans de nombreuses réunions et contacts avec les acteurs locaux ainsi que des fonctionnaires internationaux à la recherche d’une solution à la crise politique qui sévit en Haïti depuis la publication des résultats préliminaires contesté, des élections du 28 novembre 2010.
La CIRH sera co-présidé par l’ancien président américain Bill Clinton et le Premier ministre Jean Max Bellerive, pour discuter, en présence des délégations des 26 pays membres, des représentants de l’Organisation des États Américains (OEA) et des représentants des Organisations Non Gouvernementales (ONG), de nouveaux projets soumis pour approbation par les autorités d’Haïti.
Cette réunion sera suivi « des engagements » des bailleurs de fonds internationaux. La CIRH continue de faire l’objet de beaucoup de critiques pour son immobilisme, son déficit de résultat et son orientation stratégique décidée en dehors des secteurs organisés de la société haïtienne.
Alors que moins de 10% des fonds promis par l’internationale ont été décaissés, Temístocles Montás, le ministre dominicain de l’Économie, Planification et Développement, montre un optimisme réservé, craignant que ce soit encore la même chose. De nombreux projets seront soumis et approuvés, alors que le financement des projets déjà approuvés antérieurement, n’est toujours pas complété ou est inexistant…
À cet égard, il a rappelé fermement à la communauté internationale, à tenir ses promesses, et à débloquer aussi rapidement que possible, les ressources financières pour la reconstruction d’Haïti.

 

Accord franco-haïtien pour évacuer les enfants en cours d’adoption

Frédéric Helbert – FRANCE SOIR – 14/12/10 à 16h48

Info France-Soir – La France et Haïti ont signé un accord d’Etat à Etat pour permettre l’évacuation en urgence de près de 300 enfants en cours d’adoption encore bloqués à Port-au-Prince.

Rose, 2 ans, fait partie des 300 enfants adoptés en attente de rapatriement vers la France Rose, 2 ans, fait partie des 300 enfants adoptés en attente de rapatriement vers la France © Frédéric Helbert Cet accord prévoit que soit autorisé le départ de tous les enfants, quelque soit le degré de la procédure d’adoption les concernant.

Dès sa prise de fonctions, le ministre des Affaires Etrangères, Michelle Alliot-Marie, avait fait de ce dossier, une priorité. Un échange de lettres officielles, paraphées dimanche dernier par l’ambassadeur de France, Didier le Bret, et le premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, officialise l’accord dont France-Soir a pu prendre connaissance. Cet accord prévoit que «les enfants pourront quitter Port-au-Prince, sans que les parents adoptants n’aient l’obligation de venir les chercher. Les enfants seront munis d’un laissez-passer consulaire délivré par l’ambassade de France». Autrement dit l’obligation d’avoir un passeport et un visa en bonne et due formes, est levée.

Selon les termes des courriers diplomatiques, le Premier ministre haïtien a également confirmé que des instructions avaient été données à l’ensemble des différents services investis dans ce dossier, pour faciliter l’exécution de l’accord. Afin de s’assurer de la collaboration des autorités haïtiennes, Jean-Paul Monchau, directeur du Service de l’Adoption Internationale au Quai d’Orsay, a effectué ces derniers jours une visite de travail en Haïti, pour rencontrer les responsables des ministères concernés. Compte-tenu du contexte sécuritaire et sanitaire, le Quai d’Orsay déconseille pour l’heure, fortement aux familles adoptantes de se rendre à Port-au-Prince. Il rappelle que les compagnies aériennes ont été amenées à suspendre un temps les vols commerciaux (suite aux troubles et violences survenus après la diffusion des résultats du premier tour de l’élection présidentielle en Haïti).

Un enfant victime du choléra soigné et sauvé à temps

Ces vols viennent maintenant de reprendre, mais de fortes incertitudes demeurent. En l’état, les réunions de travail se succèdent. Le ministère des Affaires étrangères, en liaison avec l’ambassade de France, étudie toutes les solutions logistiques possibles, pour permettre le départ des enfants dans les meilleures conditions sanitaires et de sécurisation. L’ambassade a part ailleurs densifié son réseau médical, et installé un dispositif spécial dans l’enceinte de l’ancienne résidence de l’ambassadeur, pour protéger les enfants de l’épidémie de choléra, surveiller les crèches et intervenir au plus vite et au mieux en cas de danger. Selon nos informations, un enfant adopté a déjà reçu un traitement complet après avoir été touché par le virus et pu ainsi être sauvé à temps. Le ministère des Affaires Etrangères communiquera aux familles, en fonction de l’évolution de la situation, les dispositions qui seront prises pour permettre l’évacuation des enfants qui étaient encore bloqués depuis le séisme.

Six enfants adoptés sont morts dans des crèches insalubres

Jointe par France-Soir, Emanuelle Guerry, présidente du Collectif «SOS Haïti enfants adoptés», mère adoptante d’un petit garçon qu’elle a réussi à ramener en France au mois de juillet dernier, se félicite de cette avancée décisive qui préfigure sans doute la fin d’un long et douloureux combat.
«Nous remercions chaleureusement Mme Alliot-Marie, et nous nous réjouissons du fait qu’elle ait traité ce dossier avec autant de détermination». Mais Emmanuelle Guerry tient à rappeler que le collectif avait juste après le séisme, survenu le 12 janvier 2010, réclamé cet accord permettant l’évacuation en urgence, et qu’il s’était heurté à l’inflexibilité de l’ex-ministre des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, au nom du respect de la légalité et de la souveraineté haïtienne.

«Mr Kouchner avait laissé des centaines de familles dans le plus grand désarroi. Nous n’oublions pas que six enfants adoptés sont morts dans des crèches insalubres, et l’insupportable douleur de leurs parents. Aujourd’hui le Quai d’Orsay a pris la seule décision qui s’imposait dans l’intérêt de nos enfants, et nous la saluons. Les familles entrevoient désormais la fin du tunnel, dit Emanuelle Guerry, mais nous restons vigilantes, et attendons maintenant de connaître les modalités exactes de sortie de nos enfants. Notre combat ne cessera que lorsque tous les enfants adoptés auront enfin pu quitter Haïti et retrouver les bras de leurs parents».

 

L’ambassadeur américain presse les acteurs politiques de trouver une solution a la crise électorale

RADIO METROPOLE / Mardi, 14 décembre 2010 10:47

L’ambassadeur des Etats-Unis à Port-au-Prince, Kenneth Merten, exhorte les autorités haïtiennes à prendre au sérieux les menaces du sénateur américain Patrick Leahy relatives au gel de l’aide américaine à Haïti. M. Leahy est le président de la sous commission du département d’Etat et des opérations étrangères chargée d’approuver l’assistance américaine à Haïti.
En ce qui a trait à la demande de suspension des visas des officiels haïtiens et de leurs familles, le diplomate américain s’est refusé à tout commentaire.
Au cours d’une conférence de presse, M. Merten a rappelé la position du gouvernement américain dans la crise électorale. Les Etats-Unis ne supportent aucun candidat mais souhaitent la réussite du processus électorale a expliqué M. Merten qui a une fois de plus invité les candidats à contester les résultats par les voies légales.
Les Etats-Unis n’ont pas encore décidé s’ils participeront ou à la commission de vérification envisagée par le CEP. M. Merten est plus préoccupé par les violences postélectorales. Le gouvernement américain, l’un des principaux contributeurs du processus électoral, envisage de favoriser des investissements de l’ordre d’un milliard de dollars en Haïti en 2011.
Interrogé sur les diverses propositions de sortie de crise, Kenneth Merten a rappelé que les Etats-Unis sont opposés à toute formule de gouvernement provisoire. Par ailleurs, le diplomate américain a démenti les rumeurs relatives au déploiement de marines sur le territoire national.

 

Le sénateur américain Patrick Leahy réclame des sanctions contre le gouvernement Préval

RADIO METROPOLE / Mardi, 14 décembre 2010 10:45

L’un des influents sénateurs américains, Patrick Leahy, appelle l’administration Obama à suspendre l’appui budgétaire au gouvernement haïtien et à annuler les visas des principaux officiels du gouvernement Préval jusqu’au dénouement de la crise postélectorale.
Les déclarations du sénateur Leahy interviennent alors que la communauté internationale intensifie la pression contre les autorités haïtiennes pour une correction des résultats du scrutin contesté du 28 novembre.  » Comme si le pays n’avait pas assez de problème, ceux qui sont au pouvoir, une fois de plus essaient de corrompre la volonté du peuple », insiste le sénateur démocrate.
M. Leahy est le président de la sous commission du département d’Etat et des opérations étrangères chargée d’approuver l’assistance américaine à Haïti.  » Les Etats Unis doivent intervenir directement pour supporter les droits du peuple haïtien à choisir librement et honnêtement leurs dirigeants », insiste M. Leahy.
Il précise qu’Haïti a besoin d’un gouvernement légitime respecté par les haïtiens et reconnu par la communauté internationale.  » En suspendant l’appui budgétaire ainsi que les visas des officiels du gouvernement et des membres de leurs familles les Etats-Unis enverront un message clair au gouvernement », assure M. Leahy.

 

Mirlande Manigat ouverte à des pactes mais…
HAITI LIBRE – 14/12/2010 10:19:55

Haïti - Élections : Mirlande Manigat ouverte à des pactes mais...Mirlande Manigat, candidate à la présidentielle, a déclaré dans une entrevue lundi, que des accords entre son parti « Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP) » et d’autres partis seront essentiels pour résoudre la crise.
Elle a précisé qu’elle était ouverte a des pactes avec les partisans des candidats, Jude Célestin et Michel Martelly, mais pas nécessairement avec les hommes eux-mêmes. Rappelant que l’élection avait coûté 29 millions dont 14 millions avaient été fournis par les Etats-Unis, et que les ambassadeurs des pays ayant financés ces élections, n’avaient pas l’intention de payer pour de nouvelles élections.
Elle a qualifié le candidat Martelly « d’homme intelligent » précisant toutefois, que la musique de Sweet Micky [nom de scène du candidat Martelly] n’était pas son type de musique… Néanmoins, elle reconnaît la popularité de Martelly auprès des jeunes, précisant, qu’en tant que spécialiste en sciences politiques, et indépendamment du fait qu’elle soit candidate à la présidentielle, Martelly était pour elle « une étude de cas »…
Concernant Jude Célestin, le candidat du pouvoir, elle a dit qu’il ne fallait pas se faire une opinion basée sur ce que les gens disaient, précisant « Je ne le connais pas. C’est tout. »
Au sujet de ses changements de positions, son volte face concernant le recomptage des voix, et sa désolidarisation du Groupe des 12 (Karibe Convention Center), elle a reconnu sur ce dernier point, que le chef de la mission du maintien de la Paix (Minustah), Edmond Mulet, l’avait appelé deux fois pour l’encourager à rester dans la course, mais que même après une rencontre avec lui, cela n’avait pas influencé sa décision « Je ne suis pas quelqu’un qui change facilement d’avis. J’ai des principes forts, mais une spécialiste en sciences politiques, sait que parfois… une nouvelle situation, peut vous amener à changer d’avis »…

 

Jude Célestin revendique la victoire au premier tour !
HAITI LIBRE – 14/12/2010 09:07:43

Haïti - Élections : Jude Célestin revendique la victoire au premier tour !Afin de permettre à tous les candidats de soumettre leurs recours à l’instance légale du contentieux, avant le décompte final des voix, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) a fixé au 13 décembre le début du délai de contestation qui prendre fin Mercredi (72 heures).
Philomé Pierre-Noël, Président du Bureau Electoral Départemental (BED) de l’Ouest 1, a confirmé lundi, que les avocats représentant des candidats d’INITE, avaient soumis aux autorités électorales des éléments juridiques remettant en question les résultats des présidentielles et législatives. Ainsi, le candidat Jude Célestin «INITE» et Marie Denise Claude, candidate du parti au Sénat pour le département de l’Ouest, revendiquent tous les deux une victoire au premier tour.
Jude Célestin, qualifié pour le second tour, avec 241,462 voix (22.48%) derrière Mirlande H. Manigat 336,878 voix (31,37%) «Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP)» « revendique une victoire dès le premier tour avec 52 ou 54% des voix exprimées !»
Dans un message radio, Jude Célestin a appelé au respect du vote populaire, déplorant les manifestations violentes de ces derniers jours. Il a assuré que le vote populaire ne sera pas piétiné, et qu’il défendrait ce vote dans le cadre de la loi. Des dispositions ont déjà été prises en ce sens. Appelant ses partisans à rester mobilisés dans le calme dans l’attente du résultat final et d’éviter les provocations.
Jude Célestin va-t-il déposer les preuves de ses fraudes pour expliquer qu’elle sont sous-évaluée? Une des techniques utilisées par INITE et mise à jour… consistait à modifier à la saisie (centre de tabulation) le nombre de votes du Procès Verbal (PV) «INITE» comme l’indique l’exemple reproduit ci-dessous : où 10 votes deviennent 110. Cet exemple est loin d’être un cas isolé, d’autres PV passent ainsi de 11 à 111, de 18 à 118 etc… Ce qui est très préoccupant, c’est que ces résultats ont été validés et entrés dans le système informatique, en total désaccord avec les PV des Bureaux de Vote, ce qui suppose des complicités au centre de tabulation…
Nous ignorons si cette façon de frauder à été utilisée pour les votes au Sénat et à la Présidence, mais le doute existe.

 

Haïti, vous avez un problème!

Raymond Giroux / Le Soleil / Publié le 14 décembre 2010 à 05h00

(Ottawa) Haïti, vos amis commencent à s’impatienter. J’espère qu’un responsable politique quelconque, à Port-au-Prince, avait l’oeil sur la visite de Hillary Clinton à Wakefield, dans une auberge québécoise à 30 minutes du parlement canadien, hier.

Et j’espère que les membres de l’élite haïtienne, qui ignoraient les besoins de la population même avant le tremblement de terre de janvier dernier, liront la déclaration finale de cette rencontre entre Mme Clinton et ses homologues du Mexique, Patricia Espinosa, et du Canada, Lawrence Cannon.

Nul besoin de lire entre les lignes, ce qui est écrit noir sur blanc et les paroles prononcées clairement donnent l’heure juste : «Les acteurs de la scène politique haïtienne doivent s’acquitter de leurs responsabilités», leur a dit M. Cannon.

Et cela, ils ne le font pas plus aujourd’hui que l’an dernier.

L’aide internationale tarde à se rendre aux principaux intéressés, sur le terrain. Pendant quelques mois, les pays amis d’Haïti ont avalisé le thème du respect de la souveraineté de ce pays même après la catastrophe.

Ceux qui ont suivi la conférence des donateurs à Montréal, ce printemps, se montraient abasourdis devant cette exigence ferme de ce qui restait du gouvernement local, et de l’absolu manque de résistance de la communauté internationale face à ces velléités.

Il était déjà visible que les autorités légales n’avaient aucune capacité d’agir. Mais il fallait respecter le processus politique normal et croire en la possibilité d’élections honnêtes dans le cadre du calendrier prévu.

L’expérience est concluante, les élections ont donné un improbable deuxième tour dont fait partie le protégé du président sortant René Préval, totalement déconsidéré dans son pays.

Le Canada offre ses services pour vérifier un recomptage électoral. Les États-Unis aussi, mais y croit-on vraiment, à ce recomptage?

Les observateurs internationaux tout comme les journalistes sur le terrain ont croisé des dizaines d’électeurs incapables de voter, et vu des urnes bourrées de votes. Recompter les mêmes votes ne servira à rien, la fraude a été commise en amont.

Mme Clinton a dressé un portrait fort sombre de la situation, alimenté peut-être par les comptes rendus personnalisés de son mari, l’ancien président Bill Clinton, actuellement émissaire spécial des Nations unies pour Haïti.

Défis humanitaires, défis économiques, défis électoraux aigus, rien ne manquait de sa description.

Elle a même ajouté qu’il était difficile de choisir une priorité entre tous ces défis et manifesté sa frustration constante devant le manque de réformes cohérentes de la part du gouvernement de Port-au-Prince.

«Même affaibli, le gouvernement doit faire plus d’efforts, a-t-elle dit. Nous attendons plus de sa part.»

Mais pas question encore de couper l’aide comme le suggère un influent sénateur démocrate, Patrick Leahy. «Nous ne voulons pas punir le peuple haïtien», a-t-elle répliqué.

Mais attention, le sénateur Leahy représente un important secteur de l’opinion et soutient justement par principe les programmes d’aide internationale. Si un vent mauvais souffle de ce côté, les Haïtiens ont matière à s’inquiéter.

Pas de progrès économique dans ce pays sans stabilité gouvernementale, a lancé M. Cannon après la rencontre. La communauté internationale ne peut pas tout faire en Haïti.

L’élection devait relancer le pays, en théorie. Dans les faits, elle l’a enfoncé un peu plus dans la misère.

Le mot tutelle fait partie des tabous dans ce dossier. Mais elle vaudrait mieux que la rupture et l’abandon, et la saison de la chasse aux idées pour sortir les Haïtiens de la dèche reste ouverte, pour le moment.

 

Haïti. Simple comme un coup de fil

Faits de société

Marc MAHUZIER / OUEST FRANCE / mardi 14 décembre 2010

Tout le monde a son portable à Haïti

Tout le monde a son portable à Haïti

De notre envoyé spécial

Deux conversations intéressantes hier, à mon hôtel, le Doux Séjour, dans le quartier de Pétion Ville, redevenu bien calme ces deux derniers jours. Comme quoi il n’est pas forcément besoin d’aller loin pour trouver de la bonne info.

«Ils se laissent mourir chez eux pour ne pas dépenser»

La première avec François, médecin français. Ce n’est pas la première fois, loin s’en faut, qu’il est en mission dans le pays. Il vient de boucler une étude dont la conclusion émet une recommandation essentielle : si l’on veut améliorer l’accès aux soins en Haïti, plutôt que de construire de nouveaux hôpitaux, mieux vaudrait mettre en place un système d’assurances maladie. La santé est payante. Trop de petites gens s’endettent, se ruinent en se soignant. Il faut commencer par là : les fondations (j’espère ne pas trahir sa pensée. François est quelqu’un de très bien que je ne voudrais pas décevoir).

Il y a trois ans, je m’étais rendu en reportage dans la région de Jérémie, à l’ouest. J’y avais rencontré le directeur de l’hôpital régional qui m’avait montré l’extrême indigence de ses moyens. Et m’avait dit cette phrase terrible: « Ici, les gens quand ils sentent qu’ils sont malades et que c’est grave, ils se laissent mourir chez eux pour ne pas dépenser. »

C’est dire si l’assurance maladie dont parle François me semble une idée à creuser. Pour le moment, elle ne parvient pas à trouver un écho suffisant chez les autorités au pouvoir. « Mais tous les Haïtiens sont fatigués. Après un tremblement de terre, les cyclones, le choléra et les événements politiques, on le serait à moins », justifie-t-il.

Le téléphone sert à survivre

Seconde conversation avec un petit monsieur qui loge dans une chambre tout près de la mienne. Il est canadien – québécois, devrais-je dire – et bosse pour une grosse boite anglaise Cell-com.

Cell-com possède « Voila », un des deux réseaux de téléphonie mobile en Haïti. Il m’apprend qu’elle est en train de boucler un chantier de 7 millions de dollars pour la construction d’un central destiné à répandre la technologie 4G.

La 4G, un Haïtien sur cent va pouvoir l’utiliser. Mais tant pis, « Voila » y croit. Il faut dire que dans ce pays parmi les plus pauvres de la planète, tout le monde a son portable. « Voila », et surtout Digicel, son concurrent, s’affichent partout dans le pays. Pas d’abonné, tout le monde achète des cartes. A partir de 25 gourdes la carte (moins d’un euro) donnant droit à « 3 ou 4 minutes », selon Jonas, mon chaufeur, qui est client.

L’équipe nationale de foot a des maillots Digicel, les gens dans la rue portent des T Shirt Digicel. Hier, soir, à la télé, je suis tombé sur les « Digicel stars », version locale de La Nouvelle Star. Dans Port au Prince, on passe à chaque coin de rue devant un vendeur de carte téléphonique sous un parasol à la couleur de son employeur : rouge pour Digicel, jaune pour Voila.

Qu’ont-ils de si important à se dire, les Haïtiens, pour ne pas pouvoir se passer d’un portable ? Rien, le téléphone ici ne sert pas à tchatcher, mais à survivre. Dans un pays démoli, où tant de gens n’ont pas de foyer, c’est le seul moyen d’être contacté. Par la diaspora qui envoie de l’argent. Par un ami, qui va proposer un « ti boulo ».

C’est vital. Ca rapporte un pognon phénoménal aux opérateurs. Ca justifie qu’on investisse sept millions. Et pendant ce temps, l’assurance maladie…

 

Haïti ou la géopolitique du choléra

Jérôme LarchéYOUPHIL.COM – 14/12/2010

Pour le médecin Jérôme Larché, les enjeux géopolitiques liés à la propagation du choléra en Haïti sont tout aussi importants que les risques sanitaires encourus par la population.

A l’heure où l’on décompte aujourd’hui en Haïti plus de 2.100 morts et près de 140.000 personnes atteintes par le choléra, les conclusions du Pr. Piarroux, corroborées par une étude américaine récente parue dans le New England Journal of Medicine, mettent en évidence l’origine asiatique de la souche de choléra responsable de cette épidémie.

Officiellement débutée dans le département de l’Aribonite, elle atteint aujourd’hui l’ensemble du pays et l’Organisation Mondiale de la Santé estime qu’elle devrait provoquer au moins 400.000 cas dans les trois prochains mois. Au-delà des difficultés logistiques et organisationnelles de cette prise en charge par les autorités sanitaires haïtiennes et les ONG médicales présentes en Haïti, ce nouvel éclairage vient pointer la responsabilité potentielle, bien qu’accidentelle, des soldats de la MINUSTAH, et notamment ceux d’origine népalaise.

Epidémie de choléra à Katmandou

En effet, le séquençage génétique des souches de vibrion cholérique de patients haïtiens montrent des relations étroites avec les souches de type El Tor O1, isolées au Bangladesh lors des épidémies de 2002 et 2008. De plus, comme l’indique Renaud Piarroux dans son rapport, une épidémie de choléra sévissait à Katmandou (Népal) à l’époque où sont arrivés les contingents népalais du bataillon de la MINUSTAH.

Si le gouvernement français ne veut, pour l’instant, pas se prononcer sur les conclusions de celui qu’elle avait mandaté pour faire la lumière sur l’origine de cette grave épidémie, c’est parce qu’il a saisi les évidentes implications géopolitiques qui allaient en découler. Celles-ci risquent en effet de se montrer aussi dévastatrices que l’épidémie elle-même, pas pour les haïtiens mais pour les Nations Unies et la communauté internationale.

Des promesses, toujours pas concrétisées

Dans un contexte politique électoral tendu, associé à une situation humanitaire critique pour de nombreuses personnes, les promesses de dons des principales puissances économiques restent, pour l’instant… des promesses. En effet, malgré l’appel de 174 millions de dollars lancé par le secrétaire Général des Nations Unies le mois dernier pour mettre en place une réponse effective de lutte contre l’épidémie de choléra, seuls 20% ont été à ce jour financés. Le travail de prise en charge médicale et de sensibilisation, notamment auprès des populations déplacées, mené par les ONG – comme Médecins du Monde ou Médecins sans frontières – et les mouvements de la Croix-Rouge ne saurait suffire à contenir le phénomène dont le risque à moyen terme est l’évolution vers l’installation durable d’une endémie de choléra dans un pays qui est déjà l’un des plus pauvres au monde.

La responsabilité de l’origine épidémique pointant vers les pays d’Asie du Sud, combinée à la passivité d’une communauté internationale, notamment occidentale, peut se révéler un détonateur social et politique extrêmement préoccupant. Comme pour le tremblement de terre qui a fait près de 200.000 morts, cette épidémie de choléra se déroule sur un terrain de grande précarité socio-sanitaire, dans un pays où 80% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour et où le taux de mortalité infantile, de 60/1000 naissances, est un des plus élevé au monde. Comme l’a très justement souligné le chercheur allemand, Harald Welzer, « les catastrophes sociales mettent à nu les coulisses de la société et en révèlent les fonctionnements et dysfonctionnements cachés ; elles ouvrent des fenêtres sur la vie souterraine des sociétés […]. Elles font ressortir, en matière d’espérance de vie et de survie, les inégalités normalement amorties par les institutions […] ».

Aubaine pour les sociétés militaires privées?

Plus que jamais, Haïti semble désormais incarner le double discours des grandes puissances face aux situations catastrophiques, qu’elles ont parfois provoqué ou tout au moins laissé perdurer. Le discours politique d’affichage, vocal et ambitieux, et celui de l’action, en retrait et sous-financé. Cela, les populations le comprennent et le tolèrent de moins en moins. Il est donc à prévoir que la perception par les Haïtiens de ces puissances économiques, comme des organisations gouvernementales ou non gouvernementales qui y sont associées, devienne de plus en plus négative et que cela engendre des enjeux de sécurité ayant pour conséquence ultime un accès de plus en plus difficile à ces populations aux besoins humanitaires, économiques et sociaux majeurs.

Dans un monde d’interdépendance, globalisé et où l’information se transmet de façon instantanée, il est fort à parier que cet « accident » onusien en Haïti soit le prétexte d’un refus de certains pays au déploiement de casques bleus, voire d’ONG humanitaires, arguant que même le principe de primum non nocere n’est plus respecté.

Il va constituer également un « effet d’aubaine » pour les lobbys de sociétés militaires privés qui, depuis des années, assènent qu’elles seraient en mesure de remplacer plus efficacement les forces de maintien de la paix des Nations Unies sur les terrains de conflits et de post-conflits. La communauté internationale doit donc arrêter la politique de l’autruche en Haïti, assumer ses responsabilités et ses erreurs, impliquer et financer bien plus fortement qu’elle ne le fait aujourd’hui les ONG locales haïtiennes, afin de ne pas laisser le champ libre à une perception négative irréversible qui, à terme, serait au détriment de la population haïtienne et qui ternirait de façon conséquente l’image des Nations Unies, en Haïti mais aussi sur bien d’autres terrains.

Au-delà de ses conséquences sanitaires majeures, cette épidémie de choléra risque donc d’être le déclencheur d’un nouveau séisme d’ordre géopolitique, dont on connait aujourd’hui l’épicentre mais dont, ni l’intensité ni les répliques, ne sont prévisibles.

 

Haïti

Cannon persiste et signe

Dominique La Haye / Agence QMI / 13/12/2010 22h04

Haïti - Cannon persiste et signeOTTAWA — Le ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, persiste et signe : le Canada n’a pas l’intention d’intervenir dans le processus électoral des présidentielles en Haïti, malgré la situation politique houleuse que traverse le pays.

Le ministre Cannon a réitéré la position de son gouvernement à l’occasion d’un débat d’urgence sur la situation en Haïti qui s’est tenu lundi soir, aux Communes, à la demande du député libéral de Bourassa, Denis Coderre.

«Ni le Canada, ni même toute la communauté internationale ne peuvent régler tous les problèmes d’Haïti et je dis franchement à nos amis haïtiens, il vous appartient d’élire un gouvernement démocratique, efficace et intègre», a-t-il soutenu en Chambre.

Cette déclaration est conforme à celle qu’il a faite en début de journée, à l’issue d’une rencontre tripartite à Wakefield au Québec avec son homologue mexicaine Patricia Espinosa et la secrétaire d’État américaine Hillary Clinton.

Tout en voulant respecter la «souveraineté» d’Haïti, le ministre a tout de même envoyé un message clair aux politiciens du pays. «Nous verrons au cours des prochains jours si ces acteurs politiques seront à la hauteur de leurs responsabilités», a-t-il déclaré.

Le ministre a aussi coupé court à une proposition de M. Coderre qui suggère que le second tour de scrutin prévu le 16 janvier prochain soit considéré comme un premier tour à majorité simple. Plusieurs contestent en effet les récents résultats provisoires de l’élection présidentielle du 28 novembre dernier, donnant lieu à de vives manifestations.

«Magouille en français et puis en créole, ça veut dire exactement la même chose, fait remarquer le député libéral. Les gens n’ont pas confiance au système et se demandent comment ils vont recompter des boîtes quand ils savent qu’elles ont déjà été remplies», a-t-il dit.

Le député a aussi demandé lors du débat d’urgence que le Canada déploie un envoyé spécial en Haïti pour faire le pont entre les différents intervenants et ministères impliqués.

Il exige aussi qu’Ottawa envoie l’Équipe d’intervention en cas de catastrophe (DART) pour s’occuper de l’épidémie du choléra.

 

Haïti-Reconstruction

La CIRH se réunit mardi en République Dominicaine

Le siège de la rencontre a été déplacé à cause des troubles politiques qui secouent Haïti

Radio Kiskeya / lundi 13 décembre 2010

Une réunion de la Commission intérimaire mixte pour la reconstruction d’Haïti (CIRH), prévue initialement ce mardi à Port-au-Prince, a du être déplacée à cause des violences post-électorales et se tiendra en République Dominicaine sous la co-présidence de l’ex-Président américain Bill Clinton et du Premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive.

« Au vu de l’imprévisibilité de la situation à Port-au-Prince, la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti a décidé d’organiser sa prochaine réunion à Santo-Domingo », a annoncé la CIRH dans un communiqué.

Très impliqué dans le processus de reconstruction post-séisme en sa qualité d’émissaire spécial du Secrétaire général de l’ONU pour Haïti, M. Clinton assure avec Bellerive le pilotage d’un organisme chargé de la gestion d’une assistance de 10 milliards de dollars sur cinq ans promise par la communauté internationale.

Les responsabilités de la CIRH semblent devenues plus importantes alors qu’elle continue de faire l’objet de beaucoup de critiques pour son immobilisme, son déficit de résultat et son orientation stratégique décidée en dehors des secteurs organisés de la société haïtienne.

La rencontre de Santo Domingo survient au moment où le pays fait face à une grave épidémie de choléra -ayant déjà causé plus de 2.000 morts et touché près de 100.000 personnes- ainsi qu’à des violences politiques consécutives à l’annonce des résultats des élections du 28 novembre.

Plusieurs milliers de manifestants en colère avaient eu recours à des méthodes souvent très violentes pour paralyser, durant trois jours, Port-au-Prince et plusieurs autres villes en réaction à l’exclusion du second tour des présidentielles de Michel Martelly.

Le chanteur de Compas Direct (musique de danse haïtienne) est arrivé en troisième position, tout juste derrière le candidat du pouvoir, Jude Célestin, qui devrait affronter Mirlande Manigat, vainqueure du premier tour.

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