L’ESSENTIEL DE L’ACTUALITE – vendredi 17 déc. 2010

17 Déc

FLASH Élections : Report de la date des résultats finaux
HAITI LIBRE – 17/12/2010 21:02:43

Haïti - FLASH Élections : Report de la date des résultats finaux (MAJ 21:25)L’Organisation des États américains (OEA) a annoncé ce vendredi, avoir demandé au Président haïtien René Préval, le report des résultats définitifs du premier tour prévu initialement le 20 décembre 2010.
MA 21:25 – J Albert R. Ramdin, le Secrétaire Général adjoint l’OEA, a confirmé que cette demande avait été formulée par José Miguel Insulza, le secrétaire général de l’OEA. Le Président Préval a confirmé qu’il était d’accord pour demander au Conseil Électoral Provisoire (CEP) de ne pas annoncer de résultats tant que l’OEA n’aurait pas participé au processus de vérification des résultats [recomptage et vérifications des procès verbaux).
à suivre…

 

Mirlande Manigat ne veut pas d’un second tour à trois ou plus

Agence France-Presse  / 17/12/2010 19h51

Haïti - Mirlande Manigat ne veut pas d'un second tour à trois ou plusPORT-AU-PRINCE – La candidate arrivée en tête lors du premier tour de l’élection présidentielle en Haïti, Mirlande Manigat, a refusé vendredi que le second tour oppose plus de deux prétendants comme l’ont suggéré la France et le candidat arrivé en troisième position.

«Je suis pour un second tour, mais pas avec trois candidats ou plus», a indiqué vendredi Mme Manigat au siège de son parti, le Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP), à Port-au-Prince. «La Constitution ne prévoit pas un second tour à plus de deux candidats», a-t-elle dit.

La France avait évoqué mercredi la possibilité de la tenue en Haïti d’un deuxième tour ouvert à trois candidats et non deux comme initialement prévu, afin de trouver une issue à la crise politique qui sévit dans le pays.

«Il semblerait que juridiquement il serait possible d’avoir un élargissement du nombre des candidats» lors du deuxième tour, avait déclaré la ministre française des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, lors d’une audition devant la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale.

Mirlande Manigat a ainsi également rejeté l’idée soutenue par le chanteur Michel Martelly, arrivé en troisième position lors du premier tour, d’organiser un deuxième tour avec tous les candidats, où celui qui arriverait en tête serait élu président.

Ces suggestions faisaient suite aux incidents et accusations de fraudes qui ont entaché le premier tour qui s’est tenu le 28 novembre dernier.

Selon le calendrier électoral, la publication des résultats définitifs du premier tour est prévu pour le 20 décembre à l’issue de la prise en compte des recours et contestations. Le deuxième tour doit se tenir le 16 janvier. Il est censé opposer Mirlande Manigat au candidat du pouvoir Jude Célestin.

 

Les Montréalais d’origine haïtienne réclament une enquête indépendante

«L’ONU s’est invité en Haïti et elle ne semble pas avoir de calendrier de retrait. Du moins les Haïtiens ne le connaissent pas.» – Jean-Ernest Pierre, directeur de la station de radio CPAM

MARIE-EVE SHAFFER / MÉTRO MONTREAL / Publié: 17 décembre 2010 16:34

Haïti - L’occupation de l’ONU serait «inutile est inefficace»

Le trio réclame «retrait réaliste, méthodique et rapide des troupes» onusienne d’Haïti.  

© Agence QMI / Joël Lemay

La diaspora haïtienne établie à Montréal réclame qu’une enquête indépendante se penche sur la mission de l’Organisation des Nations unies (ONU) engagée dans la Perle des Antilles.
«Bien que l’ONU ait englouti 3G$ dans cette mission, le sort du paysan ou du citoyen haïtien n’a pas changé. Il croupit toujours avec moins de 2$ par jour. C’est un non sens», s’est insurgé vendredi le professeur Wilson Saintelmy.
Dans une lettre adressée au secrétaire générale de l’ONU, Ban Ki-moon, des Montréalais d’origine haïtienne disent redouter une«occupation inutiles et inefficace». En 2004, lorsque la communauté internationale a décidé d’intervenir en Haïti, elle voulait stabiliser le pays. «Mais le pays est plus instable que jamais», a indiqué le directeur de la station de radio CPAM, Jean-Ernest Pierre.
Le gâchis des élections haïtiennes est un autre exemple, selon eux, des manquements de la mission onusienne. «Des urnes ont été emportées et elles ont été introduites dans des bureaux de vote au su et au vu de l’ONU, a dit le pasteur Jean Fils-Aimé. S’il y a une responsabilité, elle ne doit pas être exclusivement assumée par l’État haïtien. L’ONU a sa part de responsabilité.»
Les exilés haïtiens suspectent également un contingent népalais de l’ONU d’être à l’origine de l’épidémie de choléra. D’après eux, plusieurs études pointent vers ces soldats qui sont arrivés en Haïti au mois d’octobre. «Une semaine après leur arrivée, on a détecté le premier cas de choléra», a rapporté M. Pierre.
Ces Haïtiens exaspérés ne revendiquent pas le départ immédiat de la mission onusienne. Ils veulent que l’ONU détermine un calendrier au terme duquel ses représentants auront quitté le pays gouverné présentement par le président René Préval. Si les fautes des Nations unies sont démontrées, ils aimeraient qu’Haïti reçoive un dédommagement.

 

La Justice partisane au service d’INITE ?
HAITI LIBRE – 17/12/2010 16:10:52

Haïti - Élections : La Justice partisane au service d’INITE ?Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) constate que l’appareil judiciaire est, depuis quelques jours, mis en branle dans plusieurs régions du pays dans le but de réprimer les auteurs présumés des actes de violence électorale enregistrés le 28 novembre 2010 et au lendemain de la publication des résultats des élections. Le RNDDH, a toujours été favorable à la lutte contre l’impunité, et ne peut et ne saurait s’opposer à des actions tendant véritablement à punir les auteurs d’infractions à la Loi pénale et à la Loi électorale.
Cependant, le RNDDH est profondément préoccupé par le caractère sélectif des actions entreprises. Les actes de poursuite ne concernent jusqu’ici que des candidats de l’opposition admis à se présenter au second tour et leurs partisans ou sympathisants. En effet, si les candidats de la plateforme politique du pouvoir, impliqués activement dans beaucoup d’actes de violence enregistrés le jour du scrutin ne sont toujours pas inquiétés et ne font l’objet d’aucune sorte de poursuite, il est évident que depuis près d’une semaine, des partisans et sympathisants des candidats de l’opposition agréés pour le second tour des élections ainsi que ces candidats eux-mêmes, font l’objet d’actes d’intimidation, de menaces, d’invitations, d’arrestations et de poursuites judiciaires. Citons quelques cas portés à la connaissance du RNDDH.
1. Le candidat à la députation sous la bannière de la plateforme ALTERNATIVE pour la première circonscription d’Aquin, Jean Robert BOSSE ainsi que plusieurs de ses proches dont Bellegarde FRANÇOIS, EdrasFELICIN, Samson Fils FELICIN, Elton LEDITON, Sobner PAUL, sont sous le coup d’un mandat d’amener émis par le Commissaire du Gouvernement Près le Tribunal de Première Instance d’Aquin, Me Saint Julien CHERIMOND pour Association de malfaiteurs. Des patrouilles policières ainsi que des groupes d’individus armés, composés entre autres du coordonnateur du Conseil d’Administration de la première Section Communale d’Aquin, Appolon HYPPOLITE, de Jojo, de Ti Manno et de Ronald ainsi connus, tous travaillant ouvertement pour le compte du candidat à la députation, Emmanuel Fritz Gérald BOURJOLLY sous la bannière de la plateforme présidentielle INITE, recherchent activement le candidat Jean Robert BOSSE et ses proches susmentionnés. Ces derniers sont contraints de se mettre à couvert. Pourtant, selon les observations du RNDDH, les graves incidents survenus à Aquin le jour du scrutin seraient plutôt l’œuvre des partisans armés de la plateforme INITE.
2. A Marchand Dessalines, plusieurs partisans de Gracia DELVA, candidat à la députation admis au second tour des élections sous la bannière du parti politique LAVNI, sont arrêtés et traduits au correctionnel sur ordre du Commissaire du Gouvernement de Saint-Marc, Me Cina BERNADIN. Ce dernier agit suivant les instructions de Charles SUFFRARD, son supérieur hiérarchique, représentant de la plateforme INITE dans l’Artibonite et membre du cabinet particulier du Président de la République.
3. Dans la circonscription de Plaisance, Jean Baptiste RENAUD et Ducheine FRANKLIN, respectivement candidats à la députation sous les bannières des partis politiques KONBIT et ANSANM NOU FÒ ainsi que leurs partisans et sympathisants ont pris le maquis en raison du fait que le Juge de Paix, Pierre MAXIME, ait émis un mandat d’amener à leur encontre sous le chef d’accusation d’association de malfaiteurs.
4. Dans la commune de la Grande Rivière du Nord, des partisans du pouvoir en place se sont rassemblés autour d’un groupe armé dénommé Lame Zo Reken, composé de Inopère CHARLES alias Pitopè, Raoul SAINT JUSTE, Wilner CHERELUS alias Bòkò, Tèton et Sonson ainsi connus. Lame Zo Reken, dont le fief est localisé à Baz 50, Anba Bouk, a à sa tête l’agent I Garry LORMEUS et est supportée par le vice-délégué de l’Arrondissement de la Grande Rivière du Nord, Denis PHILIPPE et par le candidat à la députation du parti au pouvoir pour la circonscription Grande Rivière du Nord / Bahon, Occinjac BENJAMIN. Depuis le 28 novembre 2010, un climat de terreur est installé dans cette commune par les membres de cette armée au point que même les activités scolaires y ont été paralysées ce, jusqu’au mardi 14 décembre 2010. Aujourd’hui, plusieurs membres de cette armée assurent la sécurité du bâtiment logeant le Bureau Electoral Communal (BEC) de la Grande Rivière du Nord.
5. A Port-au-Prince, le professeur, journaliste et entraineur de football bien connu, Pierre Paul Patrice DUMOND est invité par le Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, le 16 décembre 2010, à répondre des allégations d’Association de malfaiteurs et de Tentative d’incendie de la Télévision Nationale D’Haïti (TNH). Il lui est reproché sa participation présumée à une réunion qui serait organisée le 12 décembre 2010 à Delmas 22 en vue d’incendier la TNH. Pierre Paul Patrice DUMOND est responsable de communication de la campagne de Mirlande Hyppolite MANIGAT, candidate en ballotage favorable pour les présidentielles sous la bannière du RASSEMBLEMENT DES DEMOCRATES NATIONAUX PROGRESSISTES (RDNP), pour avoir obtenu le plus grand nombre de voix sur l’ensemble du territoire national au cours des élections du 28 novembre 2010.
6. Maxime MENARD, candidat à la députation pour la circonscription de Saint Michel de l’Attalaye / Marmelade, sous la bannière du parti politique AYITI AN AKSYON (AAA) et quatre (4) de ses proches à savoir, Yves VILON, Roland DUPITON alias Diapòt, Rony CHARLES et Michelet ANTOINE sont arrêtés le 2 décembre 2010 et détenus au Commissariat des Gonaïves sous le chef d’accusation d’incendie du Tribunal de Paix de Saint Michel de l’Attalaye survenu dans la nuit du 1er au 2 décembre 2010.
7. Me Jean Robert TAXIL, Conseiller Juridique du Bureau Electoral Départemental (BED) du Sud, proche de la plateforme présidentielle INITE est nommé Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de Première Instance des Cayes dans l’objectif avoué de s’en prendre aux opposants du Pouvoir en place, sous couvert des violences graves et inacceptables survenues aux Cayes après la publication des résultats des élections du 28 novembre 2010. Le nouveau Commissaire est pourtant sous le coup d’une sanction disciplinaire du Conseil de l’Ordre des Avocats des Cayes pour conduite incorrecte dans l’exercice de la profession d’avocat. Sa nomination rentre dans le cadre d’une série de nominations, de transferts et de révocations orchestrée par le Pouvoir en place, au sein des institutions judiciaire et policière ce, depuis l’annonce des élections.
Le RNDDH constate que ces actes susmentionnés surviennent après la publication des résultats du scrutin du 28 novembre 2010 par le Conseil Electoral Provisoire (CEP) et sont réalisés dans le but évident de saper, chez certaines personnalités politiques haïtiennes, toute velléité de prendre part à la campagne électorale à venir pour le second tour du scrutin.
Le RNDDH déplore que le gouvernement Préval / Bellerive, activement impliqué dans la campagne électorale du parti au pouvoir utilise les institutions policière et judiciaire à des fins politiques.
Le RNDDH croit que les Commissaires du Gouvernement et Juges de Paix ne doivent pas se ranger aux côtés des fauteurs de troubles pour imposer, par une utilisation malsaine de la Loi, le silence aux candidats de l’opposition, habilités à prendre part au second tour des élections ainsi qu’à leurs partisans et sympathisants. Les partisans et candidats du parti au pouvoir ne doivent pas non plus continuer à bénéficier de l’impunité officielle pour semer la peur au sein de la population et en tirer avantage.
Le RNDDH estime que tous ceux qui sont effectivement impliqués dans des actes de violence électorale et postélectorale doivent être poursuivis ce, dans le cadre d’une justice indépendante, saine et impartiale car à date, les principaux auteurs des actes de violence et de fraudes massives enregistrés lors des joutes électorales du 28 novembre 2010, identifiés pour la plupart, ne sont nullement inquiétés. Ceci porte à croire qu’il s’agit là de persécutions politiques orientées vers les candidats de l’opposition, agréés pour le second tour des élections.
Le RNDDH condamne avec véhémence l’utilisation de l’appareil judiciaire à des fins politiques et souligne que la justice ne doit ni être asservie, ni représenter une arme au service du pouvoir politique en place pour contraindre au silence les opposants politiques.
Le RNDDH enjoint le gouvernement Préval / Bellerive à mettre un terme à ces actes de persécutions politiques qui constituent en soi une atteinte aux droits politiques des citoyens et aux libertés proclamés par la Constitution de 1987 et consacrés par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, le Pacte International relatif aux Droits Civils et Politiques et la Convention Américaine relative aux Droits de l’Homme.

 

35 millions de dollars pour rendre le crédit plus accessible en Haïti

RADIO METROPOLE / Vendredi, 17 décembre 2010 12:49

Les autorités financières haïtiennes viennent de lancer officiellement ce jeudi le Fonds de garantie partielle de crédit (FGPC).
Ce programme financé par la Banque Interaméricaine de Développement (BID), la Banque Mondiale et l’USAID doit servir à la recapitalisation des entreprises qui avaient subi des dommages lors du séisme du 12 janvier.
Selon le gouverneur de la Banque centrale, Charles Castel, ces institutions financières internationales ont mis à la disposition du gouvernement haïtien une première tranche de 35 millions de dollars, qui sera utilisée pour le financement des entreprises qui ont été touchées par le séisme du 12 janvier.
Monsieur Castel fait remarquer que ce fonds ne vient pas de garantir le système bancaire haïtien, mais de préférence les entreprises qui ont contracté des prêts au niveau des banques.
« Ce fonds pourra favoriser l’octroi de plus de 140 millions de dollars américains de crédits », précise le gouverneur de la BRH.
Il a indiqué que certaines caisses populaires qui sont supervisées par la banque centrale, pourront également bénéficier de ces fonds de garantie partielle.
Pour sa part, le représentant de la BID en Haïti, M. Edouardo Almeida a fait savoir que cette institution financière vient d’approuver un fond d’investissement social de l’ordre de 67 millions qui permettra aux Petites et Moyennes Entreprises (PME) de se renforcer. Le décaissement de cette somme sera effectué en janvier 2011, souligne Monsieur Almeida.
De son coté le ministre haïtien des finances Ronald Baudin a salué le décaissement de ce fonds par l’institution financières internationales. Il en a profité pour rappeler, que l’état haïtien vient d’adopter, pour l’exercice fiscal 2010-2011 tout un ensemble des dispositions afin d’encourager les investissements privés dans le pays.
Rappelons que selon les résultats d’une ‘enquête menée par le projet WINNER, financé par l’USAID, les per les pertes totales du secteur privé toute catégorie confondue mais en dehors des établissements financiers et des assurances, sont évalués à environ de 2 milliards de dollars américains.

 

L’affaire Patrice Dumont…
HAITI LIBRE – 17/12/2010 12:31:23

Haïti - Politique : L’affaire Patrice Dumont...Patrice Dumont, chroniqueur sportif très connu en Haïti et porte-parole de la campagne de Mirlande Manigat « Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP)», a été auditionné, hier jeudi dans le milieu de la journée, au Parquet de Port-au-Prince. Il est accusé par Pradel Henriquez, le Directeur Général de la Télévision Nationale d’Haïti (TNH), d’avoir organisé un complot chez un membre du RDNP, à Delmas 22 le 12 décembre dernier, en vue d’incendier la TNH.
Après 3 heures d’audition, Patrice Dumont est ressorti libre mais à la disposition de la justice. « C’est tout simplement une machination, parce que je fais de la politique aux côtés de Mirlande Manigat », croit Patrice Dumont, qui qualifie cette convocation de « souillure ». Il accuse le Directeur Géneral de la TNH de vouloir salir son image « Il s’agit là de persécution politique,  mais je ne me laisserai pas faire ».
« Le parquet n’a été saisi par personne, c’est une démarche personnel qu’a fait le commissaire du gouvernement, en dehors de la loi », a déclaré Me Mozard Clérison, l’un des huit avocats de Patrice Dumont, précisant qu’aucune plainte n’avait été portée contre Patrice Dumont et que, sans plainte, le commissaire du gouvernement ne peut pas agir.
De nombreux journalistes et hommes politiques étaient venu apporter leur soutient à Patrice Dumont.
Youri Latortue du COREH, qui a fait alliance avec le RDNP, a affirmé vigoureusement « Il n’y a aucun élément matériel pour auditionner Patrice Dumont. J’assimile cette audition à de la persécution politique effectuée par un régime en fin de règne ».
Mirlande Manigat, candidate à la présidence, qui était venu témoigner « sa solidarité » à M. Dumont, a confié qu’elle ne pouvait pas dire s’il s’agissait de persécution politique. Cependant, elle a fait savoir « Il paraît que le RDNP est sous enquête. Je ne sais pas pour quel motif », ajoutant qu’elle fera incessamment des révélations à la presse en laissant planer le mystère sur ses révélations…
Joseph Guyler C Delva, le secrétaire de SOS Journaliste, a dit espérer que l’affaire sera classée sans suite, à moins de preuves contre Patrice Dumont. Il reste convaincu que Patrice Dumont ne saurait descendre à un tel niveau.

 

Décès Mgr Francois Gayot, ancien président de la conférence épiscopale

RADIO METROPOLE / Vendredi, 17 décembre 2010 10:54

Mgr. Francois Gayot, ancien archevêque du Cap Haïtien est décédé hier jeudi à Rome suite à un malaise. En retraite depuis plusieurs mois, Mgr Gayot représentait l’église Catholique d’Haïti à la rencontre de la Commission internationale de la migration (CIM).
Mgr Gayot a été entre 1992 et 1998 président de la conférence épiscopale d’Haïti.
Né à Saint Louis du Nord en 1927, Francois Gayot a été ordonné prêtre en 1954. Nommé le 22 août 1974, Evêque de la province ecclésiastique du Cap-Haïtien, en remplacement de Mgr Albert Cousineau, Mgr Gayot a été promu Archevêque, en 1988.
François Gayot s’était déchargé de ses responsabilités sacerdotales le 4 novembre 2003.

 

Un groupe de sénateurs de l’opposition avancent des propositions pour une sortie de crise

P-au-P, 17 déc. 2010 [AlterPresse] — Cinq sénateurs opposés au pouvoir en place, demandent l’annulation des élections présidentielles et législatives du 28 novembre, entachées d’irrégularités et de fraudes, et la formation d’un nouveau gouvernement de consensus pour l’organisation d’un nouveau scrutin après le départ du président René Préval le 7 février 2011.

Ces propositions font partie d’un paquet communiqué à la presse à l’issue d’une rencontre qui s’est déroulée à huis clos le 16 décembre sur le site du parlement (en ruine) avec une délégation des 12 candidats à la présidence qui réclament l’annulation des dernières élections.

Jean William Jeanty, Edmonde Supplice Beauzile, Maxime Roumer, Mélius Hyppolite et Nènel Cassis sont les sénateurs à la base de cette initiative.

Ils exigent également l’application de sanctions légales contre les auteurs et co-auteurs de l’actuelle crise que connait le pays, le dialogue et l’entente nécessaire avec la communauté internationale sur le droit du peuple haïtien à choisir ses propres dirigeants.

« Donner une solution à la nation face à ce crime contre la démocratie » est à la base de cette démarche des sénateurs, déclare à AlterPresse, la sénatrice Edmonde Supplice Beauzile.

Elle annonce la formation d’un comité de suivi. Des rencontres auront lieu avec les plateformes politiques en vue de discuter de la proposition.

8 des 12 candidats à la présidence qui sont en faveur de l’annulation des élections du 28 novembre ont pris part à la rencontre du 16 décembre.

« La solution sera nationale ou elle ne sera pas », avance le candidat Jacques Edouard Alexis, ancien chef de gouvernement.

Jean Henry Céant affirme pour sa part que la communauté internationale souffre « d’insuffisance d’autorité ». Il croit que les élections peuvent se faire sans elle.

 

L’Action Citoyenne – propositions de sortie de crise
HAITI LIBRE – 17/12/2010 09:07:28

Haïti - Élections : L’Action Citoyenne - propositions de sortie de criseL’Action Citoyenne, une organisation de la société civile, suite aux innombrables fraudes et irrégularités du scrutin du 28 Novembre 2010, et la crise politique qui s’en est suivi, fait une série de propositions afin de tenter de dénouer la crise.

  • L’Action Citoyenne propose au gouvernement, au Conseil Électoral Provisoire (CEP), aux dirigeants des partis politiques, aux candidats, á la société civile et aux pays amis d’Haïti de faire un dépassement de soi.
  • L’Action Citoyenne propose de remplacer tous les membres des bureaux de vote (BV) á travers le pays, qui ont aidé á commettre les irrégularités et les fraudes lors du scrutin du 28 Novembre 2010.
  • L’Action Citoyenne propose de remplacer le Directeur Général du Conseil Electoral Provisoire Monsieur Pierre-Louis Opont, le Président du CEP, Monsieur Gaillot Dorsainvil, qui ont organisé ces élections frauduleuses, afin de gagner la confiance des candidats et des électeurs.
  • L’Action Citoyenne propose au Président de la République Monsieur René Préval de solliciter l’expertise et le support des pays amis, avec l’aide de la Minustah et de la Police Nationale (PNH) pour un déploiement effectif et efficace dans tous les centres de vote lors du second tour.
  • L’action citoyenne propose dans le but de ne pas empirer la situation du pays, de faire participer tous les 19 candidats á la présidence au second tour des élections « que le meilleur gagne » tout en respectant le droit de tous les citoyens, sans exception ni exclusion, et en respectant les résultats du premier tour des législatives.
  • L’Action Citoyenne propose, dans l’optique de faciliter les électeurs et favoriser les citoyens à jouir de leurs droits et devoirs civiques lors du second tour, en faisant en sorte que tous les citoyens puissent aller voter, un président, un sénateur et un député, en ayant soin de vérifier que la Carte d’Identification Nationale (CIN) soit émise dans cette même circonscription tout en perforant sa carte après le vote afin d’empêcher les fraudes et les risques de voter plusieurs fois.
  • L’Action Citoyenne propose au Président de la République, afin de punir des fraudeurs de sortir un arrêté sur les peines lors du second tour.

 

Le CRAN prone le dialogue

ALTERPRESSE / vendredi 17 décembre 2010

Note de presse de la Cellule de Réflexion et d’Action Nationale (CRAN) des Jésuites et de la Société Civile

La CRAN (Cellule de Réflexion et d’Action Nationale) initiative des Père Jésuites et de la Société Civile haïtienne, lève la voix dans la conjoncture que traverse le pays après la préoccupante journée électorale du 28 novembre 2010 et les manifestations violentes qui ont suivi la proclamation des résultats.

Alarmée et préoccupée par les menaces graves que représente l’escalade de violence qui semble embraser le pays entier, la CRAN s’est mise à l’écoute de tous ceux et celles qui, par un biais ou par un autre, se sont prononcés en faveur de la réouverture des voies de la paix et de l’entente citoyenne , indispensable pour éloigner du pays des déchirements sans précédent et des morts inutiles

Dans cette perspective, la CRAN a, au cours de sa rencontre hebdomadaire du dimanche 12 décembre 2010, 11 mois après le tremblement de terre, saluée les appels au calme, à la raison et la concertation lancés par les leaders religieux du pays : M. Beauvoir, Ati national du Vodou, Pasteur Exantus, Président de la Fédération protestante d’Haïti, Mgr Duracin, Evêque de l’Eglise Episcopale d’Haïti., Mgr Dumas, Evêque catholique des Nippes.

La CRAN épouse ces prises de position et clame à son tour au pays entier que la solution de la crise sans précédent engendrée par les élections est dans la résolution pacifique du conflit par un dialogue, à la fois, ouvert et constructif entre les parties concernées.

En conséquence,

1. La CRAN est convaincue que ce dialogue doit impliquer, en priorité les différents acteurs politiques (Le Groupe des 12, les 3 candidats classés en tête dans les résultats et les autres).

2. Elle lance, un appel instant aux acteurs politiques impliqués dans la crise pour qu’ils acceptent tous et toutes, dans un élan d’humilité et de patriotisme de s’asseoir autour d’une table en vue de trouver ensemble une solution haïtienne à la crise, compromis ou démarche qui mettra le pays et le bien être du peuple haïtien avant tout intérêt personnel.

Haïti est souffrante ! Accourons tous à son chevet !

3. La CRAN se propose de rencontrer les leaders religieux précités, dans le plus bref délai, en vue de les encourager, les porter à poursuivre leurs efforts et rester solidaires de leurs initiatives de convier autour d’une table de concertation les protagonistes de la crise..

4. La CRAN invite tous les acteurs à fuir les voies dangereuses de la violence qui détruit la vie et les biens. La violence ne crée pas de ponts ! Elle aggrave la méfiance et élargit les distances entre frères et sœurs d’une même patrie !

5. En particulier, la CRAN appelle le Président de la République, M. René Préval à :
a) Se hisser à la hauteur de ses devoirs du moment.
b) Entendre les cris d’un peuple en détresse dont l’existence même est menacé
c) Chercher et proposer des issues pour résorber la crise et mettre les populations du pays hors de danger.
d) Mettre, en avant, en sa qualité de chef d’Etat, les intérêts supérieurs du peuple haïtien

Fait à Port-au-Prince, le 12 décembre 2010

Pour La Cellule de Réflexion et d’Action Nationale ( CRAN)

Le Noyau Stratégique de la CRAN :

1o) Révérend Père François Kawas, SJ, Directeur de CRIE et Coordonnateur Général de la CRAN,

2o) Professeur. Amary Joseph NOEL, Coordonnateur Général de la Confédération des Haitiens pour la Réconciliation (CHAR)

3o) Révérend Père Jan Hanssens, CICM,

4o) Révérend Père Wismith Lazard SJ, Directeur du Service Jésuite aux Réfugiés (SJR-Haiti)

 

 

Persécutions à l’encontre de ressortissants haïtiens en R.D. sous prétexte de choléra

P-au-P., 17 déc. 2010 [AlterPresse] — Une chasse aux Haïtiens est entreprise à Puerto Plata, Sosua et d’autres aires touristiques au Nord de la République Dominicaine, rapporte la plate forme haïtienne Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr) citant des sources dignes de foi.

Se sentant aussi menacés par ces rafles, des Dominicains à la peau noire ont confié à des Haïtiens qu’ils ne circulent plus sans leur “cedulas” (cartes d’identité).

Des dizaines de commerçantes et commerçants haïtiens, évoluant à Banica, Pedro Santana, Hondo Valle, Sabana Cruz et ailleurs dans la province d’Elias Pina, ont été arrêtés, puis déportés afin, disent les autorités, de combattre la propagation du choléra en République Dominicaine, écrit le quotidien EL Nacional du 9 décembre 2010.

« Les autorités dominicaines ont délogé des commerçants haitiens durant des opérations réalisées dans des hôtels, des dortoirs, des résidences où ils passaient la nuit et dans leurs entrepôts de marchandises, en prévention du choléra », indique El Nacional.

 

Haïti: un Américain accusé d’enlèvement d’enfant

JACOB KUSHNER, JONATHAN M. KATZ, THE ASSOCIATED PRESS / METRO MONTREAL / Publié: 16 décembre 2010 20:03

Haïti: un Américain accusé d'enlèvement d'enfant

PORT-AU-PRINCE, Haïti – Un Américain qui a vendu son entreprise de construction pour se rendre en Haïti afin d’aider les victimes du tremblement de terre a été placé en détention jeudi à Port-au-Prince, pendant que les autorités du pays enquêtent sur des allégations selon lesquelles il aurait enlevé un enfant.
Paul Waggoner, co-fondateur d’un groupe qui procure des fournitures médicales et du transport pour des missions d’aide, devait être transféré au pénitencier national haïtien, surpeuplé et considéré comme dangereux. Il pourrait devoir y passer les prochains mois pour des accusations que ses collègues et lui affirment avoir été fabriquées de toutes pièces.
M. Waggoner et des membres de son organisation, appelée Materials Management Relief Corps, affirment que le bébé de 15 mois qu’il est accusé d’avoir enlevé est mort de fièvre et de détresse gastro-intestinale à l’hôpital en février.
Mais le père du garçon, Frantz Philistin, soutient que l’enfant est toujours vivant.
Lors d’une audience mercredi, l’avocat de M. Waggoner a montré un certificat de décès indiquant la mort de l’enfant, un document que le père considère comme non authentique.
Le juge a décidé d’ouvrir une enquête de trois mois sur les allégations portées par le père, et la loi haïtienne permet de détenir des suspects sans accusation pendant la durée de l’enquête.
Le cas de M. Waggoner est compliqué par un système de justice défaillant où la corruption est endémique et où plus de 80 pour cent des détenus n’ont pas été condamnés. Plusieurs attendent leur procès depuis des années.
Les deux parties sont d’accord sur une chose: le père a emmené son bébé, Keevins, à un hôpital privé de Pétionville le 23 février, où M. Waggoner travaillait comme volontaire.
L’enfant était dans un état grave et avait besoin d’oxygène après des jours de fièvre, a indiqué Paul Sebring, un ancien technicien médical de l’Arizona qui a fondé l’organisation avec M. Waggoner. Alors que les médecins s’occupaient de Keevins, une réplique sismique de magnitude 4,7 a frappé l’hôpital et la plupart du personnel s’est enfui dans la nuit.
M. Sebring a expliqué que M. Waggoner ne faisait que transporter des fournitures et diriger les patients et n’était pas impliqué dans les soins. «Paul n’a jamais traité ni touché l’enfant. Il n’a rien à voir dans cette affaire», a-t-il dit.
Selon les travailleurs humanitaires, M. Philistin s’est fait dire que son fils était mort, mais il n’a pas récupéré son corps parce qu’il n’avait pas d’argent pour les funérailles. Le père est revenu à l’hôpital cinq fois, a indiqué M. Sebring. M. Waggoner l’a accompagné et a tenté de le calmer.
Après deux jours, le corps de l’enfant a été incinéré, selon les travailleurs humanitaires. Quand le père est revenu et qu’il a vu que son enfant n’était plus là, il est devenu furieux.
«Ils sont venus vers moi et m’ont dit: « votre bébé est mort ». J’ai dit: « Ne me mentez pas ». J’ai tenté de fermer ses yeux, et ils se sont ouverts. Je les ai encore refermés et ils se sont rouverts», a dit M. Philistin à l’Associated Press. «Je veux trouver mon bébé. Je sais que mon bébé est vivant.»
Il a indiqué que M. Waggoner lui avait dit qu’il avait pris l’enfant, ce que les volontaires américains nient.
M. Philistin a porté plainte contre l’hôpital en mars. M. Waggoner a quitté le pays par crainte de représailles du père, mais il y est revenu peu de temps après.
M. Philistin a vu MM. Waggoner et Sebring avec plusieurs amis dans un restaurant dimanche et a appelé la police. Les Américains ont été arrêtés et ont tous été relâchés par la suite, sauf M. Waggoner.
Ses amis disent avoir peur de ce qui pourrait se produire s’il est mis en détention avec les autres prisonniers à l’infâme pénitencier national, dans le centre de Port-au-Prince, un établissement surpeuplé où le choléra est présent et où des mutineries meurtrières surviennent couramment.
L’organisation humanitaire et la famille de M. Waggoner tentent de le faire déplacer dans une cellule privée ou ailleurs à Port-au-Prince.
«Néanmoins, l’objectif ultime est d’assurer le droit de Paul à un procès équitable et à une enquête rapide afin de prouver que les accusations sont sans fondement», a dit le groupe dans un communiqué.

 

Makenzy Orcel : le jour où les bordels sont tombés

On n'a pas fini d'ausculter le corps ... (Photo: fournie par Mémoires d'encrier)

On n’a pas fini d’ausculter le corps abîmé d’Haïti, mais «les bien-pensants se sont occupés de tout sauf des putes, ces immortelles qui donnent sens, vie et tendresse au corps de la ville», écrit Makenzy Orcel dans Les immortelles, ce roman qu’il leur dédie.

Photo: fournie par Mémoires d’encrier

Chantal Guy / La Presse / Publié le 17 décembre 2010 à 08h11 | Mis à jour à 08h11

Dans les jours qui ont suivi le séisme en Haïti, alors que tout le monde était à la recherche de ses proches, le jeune Makenzy Orcel avait une pensée pour les prostituées de Grand-Rue, disparues dans l’indifférence. Il a écrit son premier roman pour les rendre immortelles. Rencontre avec un écrivain qui a décidé de tout transformer par la poésie.

L’éditeur Rodney Saint-Éloi dit de lui qu’il est un «promeneur solitaire» qui écrit «pour ne pas flancher». Makenzy Orcel est l’auteur du recueil de poésie À l’aube des traversées et du tout nouveau roman Les immortelles, chez Mémoire d’encrier. À 27 ans, le poète dit en avoir vu assez dans sa vie pour «cinq siècles». Et comme si ce n’était pas assez, il lui a fallu aussi voir la ville de ses premiers poèmes détruite par le tremblement de terre. Ce qui frappe en premier chez le jeune homme, que nous avons rencontré lors de son passage à Montréal pour le Salon du livre, ce sont précisément ses yeux, dans lesquels on sent une tristesse malheureusement bien ancrée.

Comme beaucoup de jeunes haïtiens, il est né «par accident», n’a pas vraiment connu son père et voue un immense respect teinté de culpabilité à sa mère. «La plupart des pères haïtiens sont des cons, lance-t-il sans appel. Ils laissent la maison pour aller vivre ailleurs, ils abandonnent la malheureuse avec les enfants.»

«Je suis né fâché, j’ai été fâché toute ma vie, ajoute-t-il. C’est cette colère qui m’a donné envie d’écrire.» Ce qui lui a fait le plus mal dans sa vie? «Tout ce que ma mère a fait pour moi, pour que je sois là.» En colère contre quoi? «Contre la vie, contre le monde, contre moi. Contre ce que je suis. Contre les hommes parfois. Mais il y a aussi de la magie, dans ce qu’on voit, ce qu’on entend et surtout ce qu’on lit. La lecture m’a apporté beaucoup de choses.»

Les immortelles

On n’a pas fini d’ausculter le corps abîmé d’Haïti, mais «les bien-pensants se sont occupés de tout sauf des putes, ces immortelles qui donnent sens, vie et tendresse au corps de la ville», écrit-il dans ce roman qu’il leur dédie. Dans lequel un écrivain anonyme lisait les Fleurs du mal de Baudelaire quand le tremblement de terre est arrivé. Incapable d’écrire, il se réfugie chez une prostituée qui lui racontera l’histoire de «la petite», qu’elle avait prise sous son aile comme sa propre fille, et qui est morte sous les décombres. Dès lors, l’écrivain ne devient que le scribe de cette femme, que Makenzy Orcel fait parler d’étonnante façon, dans une surprenante lucidité sur le rapport mère-fille, mère-putain. «L’écrivain peut être n’importe quoi», répond-il à propos de ce travestissement dans la parole. Celui qui est dans ce roman fuit l’écriture, mais l’écriture est incontournable. On ne peut y échapper. Ce que «la petite», passionnée de littérature, a appris à cette femme, c’est que les gens dans les livres ne meurent jamais, ils sont les maîtres du temps.

Makenzy Orcel raconte qu’il a écrit ce roman derrière une voiture garée, dans sa ville ravagée après le séisme. Mais l’écriture dans la précarité, il connaissait déjà. «Je suis un miracle. Quand on rentre chez soi, qu’il faut traverser des cadavres… Je viens des quartiers où l’on tue, où l’on matraque. J’ai tout vu. Je ne veux pas écrire sur ce que tout le monde voit et ce que tout le monde aime, ça ne m’intéresse pas. Je veux être dans le sous-bassement des choses. Des lettres, de la société, de tout. Haïti, c’est un pays d’ombres et je puise dans l’ombre.» Son prochain roman parlera des latrines…

Pour Makenzy Orcel, un écrivain est toujours en devenir, c’est un voyageur et un observateur. Il n’aime pas le mot «inspiration». «Je suis plutôt dans un espace que je partage avec les écrivains que j’ai lus, et puis il y a mon vécu, la rue, ma vie, la voiture qui passe, le chien qui crie…» Lorsque nous l’avons rencontré dans un restaurant de la rue Mont-Royal, il en était à son deuxième voyage à Montréal. Il aime bien, malgré le froid, mais le regard du poète est toujours actif. «Ici, j’ai l’impression que tout est contrôlé, tout le monde marche de la même façon, les gens vont tous quelque part», dit-il en riant.

Quant à lui, il va vers son oeuvre, car, croit-il, on ne peut être écrivain qu’avec un seul livre, il pense même qu’il n’a pas encore vraiment commencé… Et malgré sa colère originelle, il demeure fidèle à ses origines. «C’est Haïti qui m’a permis d’être là, ce soir, avec vous. Si j’étais né à New York ou à Paris, je ne serais peut-être pas ici aujourd’hui.»

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Les immortelles. Makenzy Orcel. Mémoire d’encrier, 143 pages.

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