L’ESSENTIEL DE L’ACTUALITE – Samedi 18 déc. 2010

18 Déc

Bilan humain des émeutes, nettement sous-évalué
HAITI LIBRE – 18/12/2010 12:13:44

Haïti - Élections : Bilan humain des émeutes, nettement sous-évaluéAlors que le bilan des émeutes post-électorales, auraient faits, selon les médias, 5 morts et une trentaine de blessés, Médecin Sans Frontière (MSF) nous livre le bilan des ses propres interventions. Un bilan qui révèle que la situation était beaucoup plus grave que tout ce qui a été rapporté.
Lors des violences qui ont frappées Port-au-Prince et plusieurs villes du pays entre le 7 et le 12 décembre, MSF a pris en charge 96 blessés, dont 38 présentant des plaies par balle. Quatre personnes sont décédées des suites de leurs blessures. MSF dispose de matériel chirurgical et d’équipes médicales au sein de six structures à Port-au-Prince et deux en région, prêtes à soigner d’éventuels blessés. Malgré l’insécurité, les équipes MSF sont parvenues, durant cette période, à assurer la continuité des activités médicales, y compris la réponse à l’épidémie de choléra et la prise en charge des personnes blessées dans les violences.
MSF n’étant pas la seule ONG a disposer de structures médicales permettant de soigner des blessés à travers le pays, il est à craindre que le bilan total des émeutes, qui ne sera probablement jamais connu, pourrait être encore plus important.

 

SOS Haïti enfants adoptés salue la décision française d’affréter deux avions

De Philippe RATER (AFP) – 18/12/10

Des enfants haïtiens en cours d’adoption en France, le 21 janvier 2010 à Port-au-Prince

PARIS — Les familles qui réclament depuis près d’un an de faire venir d’Haïti plus de 300 enfants adoptés vont pouvoir passer Noël avec eux: deux avions ont été affrétés pour les transférer la semaine prochaine, a annoncé samedi la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie.

« Pour permettre aux familles françaises d’aller chercher en Haïti les enfants en cours d’adoption, et compte tenu de l’incertitude pesant sur les vols commerciaux, deux avions ont été spécialement affrétés. Ils quitteront Paris pour Port-au-Prince les 21 et 23 décembre », a-t-elle déclaré dans un communiqué.

Au total, 318 enfants, dépourvus de passeport mais bénéficiant d’un laisser-passer consulaire exceptionnel, devraient être concernés. Ce laisser-passer a été rendu possible par un échange de lettres gouvernementales entre la France et Haïti.

« Les enfants seront acheminés par notre ambassade, avec le soutien des autorités haïtiennes et de la Mission des Nations unies en Haïti (Minustah), dans des conditions sécurisées jusqu’à un point de regroupement où les attendront les familles ». Tous rejoindront ensuite l’aéroport de Port-au-Prince, a précisé Mme Alliot-Marie.

La France est l’un des premiers pays d’accueil pour les enfants haïtiens. Image d’archives. © REUTERS

« Durant le retour vers la France, les enfants et leurs familles d’accueil seront accompagnés de membres du Centre de Crise du ministère des Affaires étrangères, du Service de l’Adoption Internationale (SAI) et d’un encadrement médico-psychologique adapté à la situation et à l’âge des enfants ».

« A l’arrivée à Paris, familles et enfants seront accueillis par un dispositif de personnels médicaux et de représentants des différentes administrations qui faciliteront les premières formalités des familles adoptantes sur le territoire national », a-t-elle ajouté.

Jeudi, le collectif SOS Haïti enfants adoptés avait demandé à la France d’affréter des avions en urgence, en faisant valoir que l’épidémie de choléra continuait de progresser en Haïti où une crise politique s’est ajoutée à la reconstruction du pays meurtri par le séisme du 12 janvier (plus de 250.000 morts).

« C’est une extrêmement bonne nouvelle, c’est ce que le collectif demandait depuis onze mois » a réagi auprès de l’AFP Emmanuelle Guerry, présidente du collectif ». « On aurait pu épargner à des familles onze mois d’attente, on n’oubliera rien, il y a six enfants qui sont morts », a-t-elle toutefois ajouté.

Depuis son apparition à la mi-octobre, l’épidémie de choléra a fait plus de 2.000 morts en Haïti. Les résultats contestés de la présidentielle du 28 novembre ont provoqué ensuite des manifestations violentes.

L’opération d’affrètement a été décidée à l’issue de plusieurs réunions interministérielles. Son coût n’a pas été précisé.

« Elle illustre de façon concrète notre volonté d’assurer un accompagnement adapté, humain et efficace, des démarches d’adoption en direction des enfants d’Haïti », a fait valoir Mme Alliot-Marie.

Le collectif SOS Haïti enfants adoptés s’en est pris à plusieurs reprises à la politique de l’ex-chef de la diplomatie Bernard Kouchner, accusé d’avoir laissé les familles dans « le plus grand désarroi ». Ce dernier avait mis en garde contre les trafics d’enfants et justifié son approche prudente par la nécessité d’un statut juridique clair pour les enfants visés par une adoption.

Au total, un millier d’enfants étaient en cours d’adoption avant le séisme et quelque 700 ont depuis rejoint leur famille. Les 318 mentionnés par le communiqué de la ministre bénéficiaient d’un jugement haïtien sur leur adoption mais il leur manquait un passeport pour venir en France.

« L’ambassade de France (en Haïti) poursuit son travail pour finaliser les démarches concernant les autres enfants en voie d’adoption, dans les meilleurs délais », a précisé Michèle Alliot-Marie.

 

Mirlande Manigat refuse tout et ne propose rien…
HAITI LIBRE – 18/12/2010 10:36:01

Haïti - Élections : Mirlande Manigat refuse tout et ne propose rien...Mirlande Manigat, candidate à la présidence, arrivée en tête (31,37 %) dans les résultats préliminaires du premier tour, a déclarée hier vendredi, en conférence de presse, qu’elle était prête à prendre part au second tour et qu’elle rejetait les solutions «préfabriquées» proposées pour résoudre la crise politique.
Ainsi, elle rejette l’idée de la formation par le CEP d’une commission en vue du recomptage et des vérifications des procès-verbaux « Cette commission n’est pas basée sur la loi… la loi ne donne pas la permission de former une pareille commission ». Bien qu’antérieurement elle avait été publiquement en faveur d’un recomptage, estimant que son score devrait être plus élevé, avant de changer d’idée et rejeter cette option.
Elle refuse d’être présente (ou représenté) sur cette commission « Moi, je n’ai pas envoyé un délégué prendre siège a cette commission car, en plus du caractère inconstitutionnel d’une telle commission, l’invitation m’a été faite d’une manière inélégante, par internet. C’est un manque d’égard qu’on choisisse de s’adresser ainsi à une prétendante a la Magistrature suprême du pays…»
Elle refuse un second tour à 3 affirmant « La constitution ne prévoit pas un deuxième tour avec trois candidats mais avec deux ». Une position surprenante car la loi électorale (1) prévoit la possibilité d’un second tour avec plus de 2 candidats. L’article stipule « s’il y a égalité de voix entre plusieurs candidats ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages au premier tour, ils participent tous au second tour ». Cette notion d’égalité semble être interprétable comme «des résultats très proches entre deux ou plusieurs candidats» puisque, contrairement à l’article 42, il n’est pas fait mention «d’égalité parfaite», donc le CEP peut probablement utiliser légalement cette option de compromis. À moins que la loi électorale soit anticonstitutionnelle à ses yeux?
Elle refuse un deuxième tour à 17 affirmant « De toute façon, je suis définitivement en tête », après, il faut le rappeler, sa position publique sur l’annulation des élections suivit d’une volte face quelques jours plus tard…

Elle refuse toutes les propositions et interventions de la communauté internationale, allant jusqu’à nié l’existence des deux commissions sollicitées auprès de l’OEA, par le Président Préval cette semaine [ La première mission technique devrait avoir pour tache d’appuyer  la vérification de la Tabulation alors que la seconde donnerait une assistance technique légale d’accompagnement de la phase contentieuse du processus, dans un souci de rassurer tous les acteurs du processus.
Pour Mirlande Manigat, constitutionnaliste « il faut rester le plus proche possible de la constitution […] une solution politique ne doit pas forcément signifier fouler au pied la constitution de 1987 »
Après tout ces refus, elle se dit néanmoins « disposée et disponible » pour toute concertation en vue de trouver une solution à la crise (!) et reconnaît « Je n’ai aucune solution personnelle  à la crise électorale qui affecte le pays depuis la publication des résultats préliminaires le 7 décembre » ajoutant « Il ne reste plus au Président René Préval que 52 jours à passer au pouvoir avant de partir le 7 février. Et à compter de cette date, avec mon arrivée à la Présidence, les choses vont changer ».
Madame Mirlande Manigat à bien le droit d’exprimer ses opinions, mais, nous ne voyons pas très bien ce que son ouverture à la « concertation » va bien pouvoir apporter à moins que concertation, ne signifie pour elle, que les autres doivent se rallier à sa candidature… Nous ne reviendrons pas sur les volte-face de la candidate où elle s’en était expliqué récemment « Je ne suis pas quelqu’un qui change facilement d’avis. J’ai des principes forts, mais une spécialiste en sciences politiques, sait que parfois… une nouvelle situation, peut vous amener à changer d’avis »…
Ce qui dérange dans toutes ses déclarations, c’est qu’une candidate a la Magistrature suprême du pays, puisse déclarer à la presse (devant le peuple) n’avoir aucune solution à la crise politique qui règne dans le pays.
Que se passera-t-il, si elle accède à la Présidence, et qu’elle héritera d’un pays en crise : choléra, reconstruction, économie, social, santé, éducation etc… Aura-t-elle des solutions à ces crises? Ou la population devra-t-elle se contenter de la franchise de Madame Manigat qui leur déclarera « je n’ai aucune solution pour régler.. telle ou telle crise ? »
Indépendamment des grandes qualités de Madame Manigat, un Président se doit être un leader, faire des propositions, des compromis dans l’intérêt supérieur du peuple, et ne pas se contenter seulement de critiquer ou de rejeter les solutions des autres. Un Président doit soumettre ses propres solutions après concertations et conseils, il doit arbitrer les conflits et les résoudre, il doit prendre des risques et en assumer les conséquences. Jusqu’à présent nous restons dans l’attente Madame Manigat de vos solutions, autres que de savoir que vous êtes prête pour le second tour… et qu’il ne reste que 52 jour au mandat du Président Préval.
(1) L’article 40.1 de la loi électorale prévoit en effet la possibilité d’un second tour avec plus de 2 candidats. L’article stipule « s’il y a égalité de voix entre plusieurs candidats ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages au premier tour, ils participent tous au second tour ». Cette notion d’égalité semble être interprétable comme «des résultats très proches entre deux ou plusieurs candidats» puisque, contrairement à l’article 42, il n’est pas fait mention «d’égalité parfaite», donc le CEP peut probablement utiliser cette option de compromis.
Article 40.1
Si cette majorité n’est pas obtenue au premier tour du scrutin, il est procédé à un second tour dans les délais fixés par le Conseil Electoral Permanent. Les deux (2) candidats qui recueillent au premier tour le plus grand nombre de voix peuvent se présenter au second tour. Néanmoins, s’il y a égalité de voix entre plusieurs candidats ayant obtenu le plus grand nombre de suffrages au premier tour, ils participent tous au second tour.
Article 42
Au second tour, en cas d’égalité parfaite entre les candidats, l’élu est celui qui avait le plus grand nombre de suffrages au premier tour.

 

L’ONU annonce l’ouverture d’une enquête internationale sur l’origine du choléra en Haïti

Le Secrétaire général Ban Ki-moon affirme qu’un panel scientifique de haut niveau aura pour mandat de clarifier la situation alors que deux récentes études française et américaine sont presque formelles : les soldats népalais seraient porteurs de la bactérie qui s’est propagée à travers le pays où les victimes sont de plus en plus nombreuses

Radio Kiskeya / vendredi 17 décembre 2010

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a annoncé vendredi la création d’un panel scientifique qui doit mener une enquête internationale sur l’origine de la virulente épidémie de choléra sévissant en Haïti depuis deux mois.

« J’annonce aujourd’hui la création d’un panel scientifique international pour examiner l’origine de l’épidémie de choléra en Haïti ; il sera totalement indépendant et aura un accès total à tous les sites et au personnel de l’ONU », a indiqué le diplomate sud-coréen lors de sa conférence de presse de fin d’année.

Devant les journalistes réunis au siège de l’organisation à New York, le patron de l’ONU a fait savoir que l’objectif de cette démarche était simple « nous voulons faire tout ce qui est possible pour trouver les réponses que mérite la population d’Haïti « .

Depuis la mi-octobre, la maladie a causé près de 2.500 décès et plus de 100.000 hospitalisations sur l’ensemble du territoire national.

« Il y a plusieurs théories sur l’origine de l’épidémie de choléra. Tous les rapports n’arrivent pas aux mêmes conclusions. La MINUSTAH et le gouvernement haïtien ont conduit un certain nombre de tests. Tous se sont révélés négatifs », a expliqué le Secrétaire général en tentant de prendre le contre-pied des travaux de l’éminent épidémiologiste français Renaud Piarroux et de scientifiques américains selon lesquelles la souche de la maladie vient d’Asie du sud et serait propagée par les casques bleus népalais.

« Il y a encore des questions et des préoccupations justes et légitimes, qui nécessitent et méritent les meilleures réponses que la science puisse apporter », a poursuivi Ban Ki-moon dans ses considérations sur une situation qui a rendu les haïtiens encore plus hostiles à la présence des troupes onusiennes.

Plus loin, il rappelle que la priorité de l’ONU aujourd’hui face à l’expansion du choléra est de « continuer de sauver des vies ». « Nous travaillons à rassurer la population, la maladie peut être soignée avec des traitements dispensés rapidement et quelques actions simples et claires », a-t-il dit en soulignant que les agences présentes sur le terrain avaient besoin de plus de fonds pour financer leurs opérations de secours.

« La stratégie de réponse à l’épidémie que nous avons lancée le mois dernier n’a été financée qu’à hauteur de 21%, Haïti a besoin de plus de médecins, d’infirmières, d’équipement médical et en a besoin en urgence », a insisté M. Ban.

Enfin, se prononçant à nouveau sur le scrutin présidentiel et législatif du 28 novembre dont les résultats ont été violemment contestés par des partisans de candidats malheureux, le chef de l’ONU a exhorté « tous les candidats et leurs partisans à rester calmes et à éviter la violence ».

« Un second tour est prévu à la mi-janvier. Nous continuerons à soutenir des élections libres et équitables qui reflètent la volonté du peuple haïtien », a-t-il répété sans plus de précisions.

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