L’ESSENTIEL DE L’ACTUALITE – Mercredi 22 déc. 2010

22 Déc

Mirlande Manigat ne veut pas d’une solution imposée par l’étranger

Agence France-Presse
Port-au-Prince

Mirlande Manigat, candidate à la présidentielle d'Haïti.... (Photo: Reuters)

Mirlande Manigat, candidate à la présidentielle d’Haïti.

Photo: Reuters

La candidate à l’élection présidentielle d’Haïti arrivée en tête du premier tour, Mirlande Manigat, s’est prononcée mardi soir contre une solution à la crise post-électorale «élaborée par l’étranger» et craint que le processus électoral ne soit retardé.

Le Conseil électoral haïtien a suspendu lundi la publication des résultats définitifs du premier tour des élections présidentielle et législatives prévue initialement le 20 décembre, en attendant l’arrivée d’une mission de l’Organisation des États américains (OEA) demandée par le président d’Haïti René Préval pour aider les autorités électorales dans les opérations de recomptage.

«C’est une crise haïtienne, ce sont les Haïtiens qui devraient trouver la solution», a déclaré Mirlande Manigat à l’AFP en précisant que cette crise ne vient pas de «l’exterieur» et que la solution à cette crise ne doit pas être «élaborée par l’étranger».

«L’OEA semble être le grand ordonnateur des solutions de la crise. Combien de temps prendra-t-elle pour travailler, quels sont les termes de référence de cette mission, qu’est-ce qu’elle va recompter?», s’est interrogée Mirlande Manigat qui craint des retards dans le calendrier électoral.

La mission technique de l’OEA va commencer lundi.

Mirlande Manigat est qualifiée pour le second tour avec 31% des voix devant le candidat du pouvoir Jude Célestin (22%), selon les résultats préliminaires déjà diffusés, et en attente de confirmation, qui ont provoqué des violences et de nombreuses contestations sur fonds d’allégations de fraudes.

 

5 sénateurs réclament la formation d’un gouvernement de transition

RADIO METROPOLE / Mercredi, 22 décembre 2010 10:08

Les sénateurs de l’opposition sont divisés sur l’attitude à adopter pour résoudre la crise électorale. 5 sénateurs du groupe minoritaires, Edmonde Supplice Beauzile, William Jeanty, Maxime Roumer, Melius Hypolithe et Nenel Cassy préconisent le départ du chef de l’Etat et le lancement des poursuites judiciaires contre les conseillers électoraux.
Cet avis n’est pas partagé par leurs collègues du groupe minoritaire Youri Latortue et Evalière Beauplan, membres du Collectif pour le Renouveau d’Haïti (Coreh) qui supporte la candidature de Mirlande Manigat.
Youri Latortue admet que pour l’instant les points de vue divergent sur la stratégie à adopter face à la crise électorale. Il Latortue estime qu’une évaluation du processus doit permettre de confirmer ou d’infirmer la validité du scrutin du 28 novembre. Toutefois le sénateur Latortue se dit prêt à demander l’annulation des dernières élections si elles ont été caractérisées par des fraudes massives. Il est convaincu qu’une victoire dans un scrutin contesté nuirait à la légitimité des élus.
Cet aspect de l’analyse est pris en compte par le groupe des 5. Le sénateur William Jeanty rappelle que l’échec du 28 novembre est l’échec de Edmond Mulet et de l’OEA qui sont fortement impliqués dans le processus électoral. En vue de proposer une solution nationale à la crise électorale, les 5 sénateurs de l’opposition entendent poursuivre les rencontres avec les différents acteurs politiques et sociaux.
Au cours de la séance de travail prévue pour ce mercredi, les représentants des partis politiques, de la société civile et des confessions religieuses analyseront les différentes propositions de sortie de crise. L’annulation du scrutin tel que réclamé par les 12 candidats à la présidence est la première proposition des sénateurs minoritaires. Le sénateur Jeanty précise qu’aucune solution technique ne peut être apportée au scrutin du 28 novembre. Les autres propositions sont l’incarcération des responsables de l’organisme électoral et la formation d’un gouvernement de transition.

 

Haïti – Épidémie : Le MSPP cache la vérité à la population
HAITI LIBRE – 22/12/2010 13:03:30

Haïti - Épidémie : Le MSPP cache la vérité à la populationDernier Bilan choléra : Depuis que l’épidémie de choléra a fait son apparition dans le pays (19 octobre 2010), 121,518 personnes ont été infectées et traitées, 63,711 personnes ont dû être hospitalisées et 2,591 personnes sont décédées. Selon le dernier bilan du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), daté du 17 décembre 2010. Notez que ces chiffres sont largement sous-estimé par le gouvernement, d’après les experts de la santé de l’ONU qui estime que le bilan pourrait être le double des chiffres publiés.
Malgré la gravité de la situation, l’aide des donateurs n’est pas suffisamment mobilisé. Sur les 174 millions de dollars [appel de fonds d’urgences de l’ONU] seulement 44 millions (25%) ont été reçus jusqu’à présent. « Au Nord-Ouest, on a besoin d’acteurs qui travaillent dans le domaine de l’eau et de l’assainissement en milieu rurale, et notamment pour désinfecter l’eau. Au moins 2 millions de tablettes de purification d’eau, 1,000 boîtes de savon, 800 kilos de poudre de chlore, sont demandés d’urgence dans le département du Sud-Est. Dans l’Ouest c’est le problème de la gestion des cadavres qui pose problème, parce qu’il faut identifier les sites où l’on va pouvoir les enterrer de façon tous à fait sûr, et on a également un problème pour transporter l’eau par camions notamment à cause du manque de financement » à résumé Élisabeth Byrs, porte-parole de l’OCHA.
Depuis plusieurs semaines, les autorités haïtiennes donne de faux indicateurs à la population, laissant croire que dans la département de l’Ouest (Port-au-Prince, Carrefour, Cité Soleil, Delmas, Kenscoff, Pétion Ville, et Tabarre) la situation se stabilise à Port-au-Prince et dans l’Artibonite. Nous dénonçons une manipulation des chiffres du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP). Le Ministère publie des bilans où la mortalité globale (hôpital et communautaire) dans l’Ouest ne cesse de baisser pour atteindre le niveau le plus bas du pays, dans une zone qui représente plus de 40% de la population (!).
Pour en arriver à ce résultat, le MSPP ne comptabilise pas (entre autres) les mort en milieu communautaire. Ainsi entre le 9 novembre 2010 et le 17 décembre 2010 on constate, à la lecture des rapport officiels, que le nombre de décès en milieu communautaire (Port-au-Prince et zone métropolitaine) est passé de 6 morts à 9 morts, soit 3 morts de plus en 38 jours, alors que dans le même temps, le taux de mortalité, en milieu hospitalier et/ou Centre de Traitement du Choléra (CTC) pour cette zone est passé de 4 morts à 232.
Autre exemple, pour l’ensemble du Département de Grand’Anse, le gouvernement indique 1,045 cas hospitalisé depuis le début de l’épidémie, alors que, pour la seule ONG Médecin du Monde (MdM), le nombre de cas depuis le 22 novembre, et pour les 2 centres sous son contrôle, est de 2,600 cas.
Même si le MSPP indique que ses donnés pour Grand’Anse, sont partielles en raison du délai de collecte (48 à 72 heures) cet écart ne peut s’expliquer par cette seule raison. D’autres part, l’analyse des rapports officiels du MSPP offrent de nombreux autres exemples de chiffres qui ne correspondent pas à l’ampleur de l’épidémie et qui masque la réalité de la situation à la population d’Haïti.
Contredisant les messages d’amélioration des autorité de santé haïtienne, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), indique le 21 décembre 2010, une augmentation du nombre de cas de choléra dans l’Artibonite et dans le département de l’Ouest où il y a un manque d’eau, et de bonnes conditions d’assainissement et d’hygiène. Le département de Grande Anse a un besoin urgent en ambulance, une seule étant disponible pour le transport des patients pour l’ensemble du département.
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à reconnu, vendredi 17 décembre que l’épidémie de choléra ne pouvait pas être arrêté à cours terme.
De retour en Suisse, mardi soir d’une mission en Haïti de trois semaines pour la Croix Rouge suisse, à Grand-Goâve, dans l’ouest du pays, où il a participé avec Médecins du Monde à la mise sur pied d’un centre de traitement du choléra (CTC), Martin Weber, spécialiste des maladies tropicales assure que « la maladie tue bien plus qu’on ne le dit » affirmant selon-lui que « les chiffres publiés sont totalement sous évalués. Je pense que  l’on peut facilement multiplier par dix le nombre des victimes de l’épidémie ». Des propos pour le moins effrayant si cette estimation se confirmait, mais à moitié seulement.

 

L’Italie donne 500,000 dollars pour lutter contre le choléra
HAITI LIBRE – 22/12/2010 15:22:39

Haïti - Épidémie : L’Italie donne 500,000 dollars pour lutter contre le choléraFranco Frattini, le Ministre des Affaires étrangères italienne à confirmé que la Coopération italienne va verser 500,000 dollars à l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) pour aider au financement du Plan National haïtien de réponse à l’épidémie de choléra, du Ministère de la Santé Public et de la Population (MSPP).
Cette subvention servira à la construction de Centres de Traitement du Choléra (CTC), aux traitements médicaux et à la distribution de médicaments au profit des personnes infectées par la maladie. En outre, cette subvention permettra de soutenir des activités de contrôle de la qualité de l’eau, la promotion de programmes de sensibilisation et d’information sur les mesures préventives d’hygiène et au renforcement des systèmes de surveillance pour contenir la propagation de l’épidémie.
C’est la deuxième fois que l’Italie vient en aide à Haïti. Le mois dernier, l’Italie avait octroyée une subvention de 130,000 dollars à la Fédération Internationale de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge afin de fournir des soins de santé et garantir la distribution d’eau potable à la population.
Dernier Bilan : Depuis que l’épidémie de choléra a fait son apparition en Haïti (19 octobre 2010), 121,518 personnes ont été infectées et traitées, 63,711 personnes ont dû être hospitalisées et 2,591 personnes sont décédées. Selon le dernier bilan du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), daté du 17 décembre 2010. Notez que ces chiffres sont largement sous-estimé par le gouvernement, d’après les experts de la santé de l’ONU qui estime que le bilan pourrait être le double des chiffres publiés.

 

400,000 dollars contre la violence faite aux femmes
HAITI LIBRE – 22/12/2010 08:02:16

Haïti - Social : 400,000 dollars contre la violence faite aux femmesL’UNIFEM, qui deviendra dès le 1er janvier «ONU Femmes» sous la présidence de Michelle Bachelet, [l’ex-Présidente du Chili], annonce la création prochaine au Cap Haïtien et à Jacmel de deux maisons d’hébergement pour des femmes victimes de violence en situation critique et leurs enfants. Elles seront gérées par deux organisations non-gouvernementales, l’Asosyasyon Fanm Solèy Dayiti (AFASDA) et Fanm Deside. En effet, c’est le 10 Décembre 2010, lors de la clôture des 16 jours d’activisme contre la violence faite aux femmes, que le siège social d’UNIFEM à New York a approuvé ces deux projets totalisant près de 400,000 $US qui couvriront les frais de construction et d’opération pendant deux ans.
Voilà plusieurs années que les femmes de ces deux départements attendaient l’ouverture d’une maison d’hébergement qui puisse accueillir les femmes dont la situation exige, pour leur intégrité, qu’elles sortent du milieu violent où elles vivent au quotidien. Ces refuges leur offrent donc la possibilité de briser le cycle de la violence, d’être accompagnées dans des démarches juridiques ou médicolégales, puis de reprendre graduellement le contrôle de leur vie.
Ces maisons seront ouvertes 24h/24, 7 jours par semaine, 365 jours par an. Des intervenantes psychosociales formées y travailleront pour apporter un appui et un soutien psychologique aux femmes comme aux enfants et les aider à faire le point sur leur situation et à prendre les décisions qu’elles considèrent les meilleures pour reconstruire leur vie.
Pour UNIFEM, cette subvention entre dans le cadre de son programme sur la sécurité économique, l’autonomie et les droits des femmes. Il faut mentionner qu’elle est également l’expression d’une volonté partagée entre divers acteurs engagés dans la promotion des droits des femmes, issus aussi bien du secteur étatique que non-gouvernemental. Linda Tremblay, actuellement officière de programme d’UNIFEM, a conduit l’année dernière une étude pour développer des modèles de maisons d’hébergement qui soit adapté à Haïti. Cette étude précise l’importance d’avoir de telles maisons dans chaque département, puisqu’il y a des besoins dans tout le pays. Pour l’instant, il n’est pas rare que les femmes des organisations accueillent chez elles, à leurs risques et périls, ou bien encore dans de frêles installations, ces femmes qui ont besoin d’un lieu sécuritaire.
La gamme de services qui seront dispensés pourrait évoluer selon Madame Kathy Mangones, Représentante d’UNIFEM en Haïti, mais au moins dès 2011, plus de femmes pourront être hébergées dans ces départements. Un autre défi auxquels les différents intervenants dans la prise en charge auront à faire face, poursuit-elle, sera de développer des mécanismes pour renforcer la réponse, standardiser les services et partager les bonnes pratiques.

 

Une association de vodouisants menace de passer à l’offensive contre les auteurs d’actes de lynchage d’adeptes de la religion populaire accusés d’être les propagateurs du choléra

Le gouvernement, la police et la société civile mis en cause en raison de leur passivité

Radio Kiskeya / mercredi 22 décembre 2010

Le Conseil National des Vodouisants Haïtiens (sigle créole KNVA) a appelé mardi ses membres à travers le pays à se mobiliser en vue de se défendre contre les agressions qui sont perpétrées contre eux sous prétexte qu’ils seraient les propagateurs du choléra.

« Les vodouisants vont passer à l’offensive contre les auteurs du lynchage d’environ une quarantaine des leurs à Jérémie (Grand’Anse, Sud-Ouest) et dans certaines communes du Plateau central sous l’accusation d’avoir répandu la maladie dans ces contrées », ont déclaré des dirigeants du KNVA, dont la prêtresse Euvonie Auguste et le prêtre vodou (houngan) Dieudonné Jean-Jacques.

« La plupart des personnes tuées dans ces conditions sont des adeptes du vodou, la religion populaire. Ce serait une nouvelle forme prise par la campagne anti-vodou menée par des sectes religieuses rivales », de l’avis des dirigeants du KNVA.

Ils dénoncent le fait que la plupart des crimes sont perpétrés au vu et au su de la police et des autorités judiciaires. Des démarches menées auprès de la Direction générale de la police pour des interventions appropriées, seraient restées sans suite.

Les responsables du vodou dénoncent pour cette raison l’institution policière ainsi que les Ministères de la Justice, de l’Intérieur et des Cultes et les organisations de la société civile, dont celles des droits humains. « Ils devraient tous intervenir pour exiger le respect de la liberté religieuse consacrée par la Constitution haïtienne et les conventions signées par Haïti », soulignent-ils.

L’épidémie de choléra a déjà causé la mort de plus de 2.000 personnes, tandis que des milliers d’autres ont été hospitalisées.

 

Don d’un nouveau bateau de pêche pour Haïti
HAITI LIBRE – 22/12/2010 09:38:55

Haïti - France : Don d’un nouveau bateau de pêche pour Haïti L’association «Solidarité Pêche» a été créée en février 1999, à Concarneau (France), par Jean-Pierre Coïc un pêcheur côtier. L’association avait pour objectif de récupérer des bateaux de pêche promis à la casse pour venir en aide à une association de pêcheurs artisans d’Haïti, l’APAH (Association de pêche artisanale haïtienne). Aujourd’hui, les bateaux offert à Haïti sont remis à un partenaire locale de «Solidarité Pêche», la «Fondation Verte» une ONG haïtienne qui demeure propriétaire des bateaux et qui travaille entre autres dans le domaine de la pêche.
Le but de «Solidarité Pêche» n’est pas de faire de l’assistanat, mais de donner les moyens aux pêcheurs haïtiens de gagner leur vie, de nourrir et d’éduquer leur famille, en utilisant des techniques de pêche qui respectent l’environnement et la ressource de l’île en poisson. Il a permis aux pêcheurs haïtiens d’augmenter leurs revenus de 2 dollars à 15 dollars par jour, « Avec ça, ils peuvent s’habiller, manger, se soigner et envoyer leurs enfants à l’école » a précisé Jean-Pierre Coïc.
Un nouveau bateau est en préparation le «Nymphéa» caseyeur d’une longueur de 18 mètres, construit à Carantec il y a une trentaine d’années « Contrairement au Breizh da Viken, c’est un bateau en bon état, Il marche même très bien […] c’est un bateau intéressant, parce qu’il possède des viviers. Il va nous permettre de développer la pêche à la langouste en Haïti. » a fait savoir Jean-Pierre Coïc, président de Solidarité pêche.
Le Nymphéa est totalement équipé au niveau électronique et doté d’un solide moteur Volvo de 350 chevaux. La contrepartie, c’est que l’association devra verser une compensation financière, dont le montant n’est pas encore fixé, au propriétaire. Des travaux légers sont à prévoir, une réparation du pont, le démontage des structures en aluminium qui servaient à ranger les 960 casiers embarqués, l’installation d’un mât et d’un gréement pour aider la traversée.
Beaucoup plus spacieux que les bateaux précédents, le Nymphéa va aussi permettre de transporter de l’aide humanitaire. « Nous allons contacter les associations qui aident Haïti pour leur proposer de transporter leur matériel. Nous lancerons aussi un appel au public pour remplir le bateau au maximum. » Le pays en a bien besoin, l’épidémie de choléra a atteint le département de Grand’Anse, où sont envoyés les bateaux.
Après le «Le Mystère» simple canot de pêche, offert en 2003, puis en 2007, le «Mercenaire», un fileyeur en bois, toujours en activité à Haïti et le « Breizh da Viken» un fileyeur de 12 mètres, qui a rejoint Haïti en mai 2010, le « Nymphéa» sera le 4 ème bateau offert aux pêcheurs haïtiens. Un cinquième bateau «Rêve de Mousse», un fileyeur de 15 mètres va être donné à l’association. « Mais le moteur est à refaire, ça ne sera pas pour cette année » a précisé Jean-Pierre Coïc.
Une solidarité et une générosité remarquables dans la grande famille des pêcheurs, qui au travers des océans, se poursuit depuis 1999.

 

Arrivée des enfants haïtiens à Paris après de longs mois d’attente

FRANCE 24 / 22-12-10

No Flash 
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Cent treize enfants haïtiens adoptés ont atterri mercredi à Paris. Une arrivée qui clôt un long et douloureux « parcours du combattant » pour ces familles françaises qui patientaient depuis le séisme de janvier que la procédure d’adoption reprenne.

Par Aurore DUPUIS , envoyée spéciale à l’aéroport de Roissy-CDG (vidéo)
Sarah LEDUC (texte)

C’est probablement la première fois qu’ils voient la neige. Cent treize enfants haïtiens sont arrivés en France avec leurs familles d’adoption pour passer leur premier Noël dans leur nouveau foyer.

À l’aéroport parisien de Roissy-Charles-de-Gaulle, familles et enfants ont été accueillis par des personnels médicaux qui examineront les enfants en raison de l’épidémie de choléra qui a fait plus de 2500 morts en Haïti.

No Flash 
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Par FRANCE 24

Beaucoup d’émotion…

Une maman à l’arrivée de l’avion

Dans le comité d’accueil parisien, Michèle Alliot-Marie, ministre des Affaires étrangères et Roselyne Bachelot-Narquin, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale ont passé en revue le dispositif d’accueil avant l’arrivée des petits. « Ces enfants arrivent en totale sécurité juridique. Je me réjouis que le Premier ministre haïtien ait accepté un accord inter-gouvernemental », a déclaré à la presse la ministre des Affaires étrangères.

Des représentants de différents ministères étaient également présents afin de faciliter les premières formalités administratives des familles adoptantes. Dépourvus de passeports pour la grande majorité, les enfants bénéficient pour l’instant d’un laissez-passer consulaire.

Polémique sur une procédure trop tardive

L’arrivée en France des petits est un soulagement majeur pour les parents qui se battent depuis onze mois pour les faire venir en France. Ils dénoncent l’inefficacité de l’ex-ministre des Affaires étrangère, Bernard Kouchner.

L’association « SOS Haïti enfants adoptés », qui demande l’évacuation des enfants depuis le lendemain du séisme, regrette qu’elle ait été aussi tardive. « M. Bernard Kouchner a laissé pendant près d’un an les familles dans le plus grand désarroi », écrit-elle dans un communiqué.

La France a été l’un des seuls pays à ne pas avoir évacué en urgence les enfants qui étaient en cours d’adoption avant le séisme. Durant les onze mois d’attente, au moins six d’entre eux en voie d’adoption auraient perdu la vie, dénonce encore l’association.

Une juridiction d’exception

Toutes les procédures d’adoption ont été interrompues le 12 janvier dernier par le séisme qui a fait plus de 250 000 victimes, les jugements et pièces administratives ayant disparu sous les décombres.

Séisme, inondations, choléra, troubles politiques ont par ailleurs ralenti les démarches, ainsi qu’un principe de prudence, accentuée depuis l’affaire de l’Arche de Zoé. En octobre 2007, les membres de l’association française étaient arrêtés au Tchad alors qu’ils s’apprêtaient à emmener illégalement en France 103 enfants. Ils ont été condamnés pour tentative d’enlèvement.

Cette fois-ci, les procédures ont été respectées. Une fois le processus en marche, tout est allé très vite et les mesures ont été accélérées et finalisées grâce à un accord spécial conclu entre la France et Haïti, à l’initiative de Michèle Alliot-Marie.

Pas de reprise des adoptions

La Convention de La Haye

La Convention de La Haye, signée le 29 mai 1993, porte sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale. Elle énonce quatre grands principes :

– l’intérêt supérieur de l’enfant doit être la considération primordiale.

– le principe de subsidiarité : l’adoption internationale ne doit être envisagée que lorsqu’il ne peut être trouvé dans l’État d’origine de l’enfant une solution nationale.

– le passage obligé par des organismes agréés. Les adoptants doivent a minima s’adresser à l’autorité centrale de leur pays.

– la prohibition des profits indus afin d’éviter et de prévenir l’enlèvement, la vente ou la traite d’enfants.

70 pays sont signataires de la Convention dans le monde : 38 considérés comme des pays d’origine et 32 comme des pays d’accueil.

Si la France procède dans cette opération à une mesure de régulation des adoptions en cours, il n’y a cependant pas de reprise de nouvelles adoptions entre la France et Haïti. La France attend notamment du gouvernement haïtien qu’il ratifie la convention de La Haye signée en 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d’adoption internationale.

« Nous ne pouvons toujours pas récupérer de nouveaux dossiers », explique à France 24.com une représentante de l’Agence française de l’adoption (AFA). L’enjeu est de taille pour les familles adoptantes, Haïti étant le premier pays d’origine des enfants adoptés en France. 651 enfants y ont été adoptés en 2009, plus de 1000 en 2010. Or la plupart de ces adoptions se sont faites dans le cadre de procédures individuelles – et non via des organismes agréés -, une démarche qui sera interdite si Haïti ratifie la convention.

« ll faut savoir que moins de 5% des enfants adoptés en 2009 en Haïti étaient orphelins. Les familles biologiques sont dans une logique du « laisser partir » pour que les enfants aient une vie meilleure. Mais cela ne rentre pas dans les critères de la Convention », explique l’AFA.

Dans ce cadre, l’accélération des procédures demeure risquée, selon certains détracteurs. « C’est prendre des risques juridiques majeurs et que ces enfants ne soient pas légitimement adoptables, explique Pierre Lévy-Soussan, pédopsychiatre, à l’antenne de FRANCE 24, c’est un scandale sur le plan de l’éthique et de l’adoption internationale.  »

Un millier d’enfants étaient en cours d’adoption avant le séisme et environ 700 ont déjà rejoint leur famille. Quelque 90 autres devraient arriver vendredi par un second vol affrété depuis Paris. 

 

Impasse postélectorale en Haïti

Cathy Ceïbe / L’HUMANITE / 21-12-10

L’annonce des résultats définitifs du premier tour de la présidentielle a été reportée, entamant davantage la crédibilité du scrutin et l’issue du second tour prévue le 16 janvier.

Impossible d’y voir plus clair. Trois semaines après le premier tour des élections présidentielle et législatives en Haïti, les candidats n’ont toujours pas été départagés. À la demande du secrétaire général de l’Organisation des États américains, José Miguel Insulza, le conseil électoral provisoire (CEP) a annoncé, dimanche, qu’il ne publierait pas les résultats définitifs, « en attendant la fin de la phase contentieuse du processus électoral, l’arrivée et l’accomplissement des travaux d’une mission d’experts de l’OEA sollicitée par le président René Préval », a précisé le controversé organisme dans un communiqué. Mais l’impasse semble totale.

Le 7 décembre, la proclamation des résultats provisoires, qualifiant pour le second tour la démocrate chrétienne Mirlande Manigat (31 %) et le candidat du pouvoir, Jude Célestin (22 %), avait provoqué une vague de contestation. Aujourd’hui encore, une dizaine de candidats à la présidentielle réclament leur annulation en raison des nombreuses irrégularités. Jean-Charles Henri Baker et Jude Célestin ont, quant à eux, déposé des recours. Le premier pour « fraudes massives », le second, gendre du président sortant René Préval, revendique, avec cynisme, la victoire dès le premier tour avec 52 % des suffrages, en dépit des accusations de pratiques mafieuses qui l’accablent. Enfin, Michel Martelly, arrivé en troisième position, propose d’organiser un second tour en présence de… tous les candidats. Proposition improbable. Néanmoins l’ex-chanteur populaire pourrait être repêché. « Il nous faut un gouvernement provisoire de consensus pour refaire ces élections », a plaidé le candidat et ex-premier ministre, Jacque-Édouard Alexis. Selon lui, les scrutins du 28 novembre « constituent l’échec du chef de l’État, du CEP et de la communauté internationale ». L’ONU, l’OEA, les États-Unis, la France, le Canada, et le gouvernement haïtien ont leur part de responsabilité dans la farce électorale qui a conduit à l’imbroglio politique actuel. Au regard des conditions postséisme, et en prenant soin d’écarter de manière arbitraire les candidats jugés gênants. La vérification des procès-verbaux, sous la surveillance d’institutions peu crédibles aux yeux des Haïtiens, ne devrait d’ailleurs rien changer à la donne. Notamment auprès des milliers d’électeurs interdits d’exercer leur droit. Durant la campagne électorale, nombre d’entre eux avaient critiqué l’opacité des organismes chargés d’organiser la journée du 28. À commencer par le centre de tabulation, censé centraliser les suffrages, et que les Haïtiens ont rebaptisé de « centre de fabulations »…

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