L’ESSENTIEL DE L’ACTUALITE – Vendredi 24 déc. 2010

24 Déc

René Préval pour une solution « légale » à la crise postélectorale

RADIO METROPOLE / Vendredi, 24 décembre 2010 18:29

RENE PREVAL Le président de la République René Préval affirme que toutes les solutions à la crise électorale doivent respecter la constitution et la loi électorale.
En effet lors d’une intervention à la Télévision d’Etat ce jeudi, le Chef de l’Etats invite tous les acteurs à passer par les voies légales pour contester les résultats des élections du 28 novembre.
Monsieur Préval a Fait remarquer que les manifestations de rues ne pourront pas changer les résultats de ces joutes.
Interrogé sur son éventuel départ le 7 février, le président Préval a indiqué qu’il restera au pouvoir jusqu’à l’arrivée d’un gouvernement démocratiquement élu.
« Le mandat présidentiel est de 5 ans, selon la constitution » a déclaré le président de la République tout en rappelant, qu’il avait été intronisé en mai 2006.
« Il n’est pas souhaitable, que le pouvoir soit confié à un président provisoire qui conduirait le pays vers l’instabilité », souligne Monsieur Préval.
« Les hommes d’affaires étrangers hésiteront à venir s’installer en Haïti, s’il n’y pas un parlement, la communauté internationale, peut ne pas décaisser des fonds promis à Haïti pour sa reconstruction, à un gouvernement provisoire » prévient, le numéro un de la nation.
Par ailleurs le président Préval, a fait remarquer qu’il n’a pas peur de l’exil mais selon lui il est anormal que l’exil et la prison soit un carrefour obligé pour la majorité des anciens présidents haïtiens.
D’un autre coté le président de la République, a fait savoir que le Conseil Electoral a été très indépendante et neutre, dans le traitement des résultats de ces élections.
Toutefois il admet qu’il a eu effectivement des problèmes lors de ces élections, c’est ce qui l’a motivé à solliciter de l’OEA l’envoi de deux missions en Haïti, devant participer à la revérification des procès verbaux.

 

René Préval au pouvoir jusqu’au 14 mai 2011 ?
HAITI LIBRE – 24/12/2010 09:53:25

Haïti - Élections : René Préval au pouvoir jusqu’au 14 mai 2011 ?Lors d’une conférence de presse jeudi matin, le Président haïtien René Préval a reconnu cette semaine qu’il y avait eu « des problèmes le jour du scrutin » et que toutes les conditions n’étaient pas réunies… Mais, il a rejeté fermement toute idée de gouvernement provisoire comme le demande des sénateurs et des dirigeants politiques de l’opposition, si son successeur n’était pas désigné d’ici le 7 février 2011 en raison de la crise politique « Il ne serait pas bon pour le pays, pour la stabilité et pour la reconstruction d’entrer dans un gouvernement de transition. Mon objectif comme président, c’est qu’à mon départ je sois remplacé par un président élu et qu’un parlement élu soit mis en place »
Rappelant que la loi permet à l’opposition de déposer des contestations « La loi fixe les règles, et les règles ne demandent pas à un candidat ce qu’il pense du recomptage, du contentieux. La loi stipule aussi que le candidat a accès au centre de tabulation. C’est pareil pour le contentieux […] une fois les règles du jeu établies par une loi votée par le Parlement, on ne peut pas la modifier…» précisant « On peut toujours faire des propositions et des suggestions, mais tout ce qui est en dehors de la loi et de la Constitution peut empirer le problème […] s’il y a une solution que l’on trouve sans moi, elle est vouée à l’échec. Faites-moi confiance, les chemins de travers ne mènent nulle part sinon dans des fossés ».
Concernant la date du 7 février, il a rappelé ses propos antérieurs ou il avait dit « si l’on accuse du retard dans le processus électoral, pourquoi ne pas arriver jusqu’au 14 mai pour qu’un président élu transmette le pouvoir à un président élu » faisant allusion, sans le mentionner ouvertement, à la modification controversée de la loi électorale de 2008, qui lui accorde 90 jours supplémentaires, soit jusqu’au 14 mai 2011, correspondant à la durée d’un mandat présidentiel effectif (et non plus en fonction d’une date), conformément à la constitution qui fixe la durée du mandat présidentiel à 5 ans. Prorogation votée, rappelons-le, en mai 2010 à la chambre basse par 56 voix, 3 contre et 3 abstentions et à la chambre haute (Sénat) par 14 voix pour, 0 contre et 2 absentions en raison de la prise de pouvoir du mandat du Président Préval différée de 3 mois…
Visiblement le «maître du jeu» compte utiliser ce « Joker » et jouer les prolongations, si la situation l’exige. Un calendrier flexible, loin d’être partager par les forces de l’opposition et une partie de la population.

 

Gaillot Dorsinvil fait le point sur le processus électoral
HAITI LIBRE – 24/12/2010 12:09:59

Haïti - Élections : Gaillot Dorsinvil fait le point sur le processus électoralDans un communiqué, le Président du Conseil Électoral, Gaillot Dorsinvil, rappelle que suite aux événements ayant marqué le premier tour des élections du 28 novembre 2010 et, en vue de rétablir la confiance des acteurs impliqués dans le processus en particulier et de la population en général, le Président de la République a sollicité de l’Organisation des États Américains (OEA) une mission d’expertise d’appui à la vérification de la Tabulation des Votes et une assistance légale d’accompagnement de la phase contentieuse du processus électoral en renforcement de la mission d’observation déjà sur place. En attendant la fin de la phase contentieuse et l’accomplissement des travaux de la mission de l’OEA, le CEP avait décidé de surseoir à la publication des résultats définitifs du premier tour.
De plus il précise les dispositions relatives à la poursuite du processus électoral :
1) Les décisions du Bureau du Contentieux Électoral Départemental (BCED) relativement aux contestations déjà traitées seront affichées immédiatement dans les Bureaux Électoraux Départementaux (BED) respectifs.

2) Les contestations pendantes seront entendues et leurs résultats affichés à partir de la date de la présente jusqu’au 26 décembre 2010, à la diligence des différents BCED.

3) La mission d’expertise d’appui à la vérification de la Tabulation des Votes de
l’OEA conduira ses travaux du 27 au 30 décembre 2010.
Des résultats définitifs début janvier? Rien n’est moins sûr, l’Ambassadeur de France, Didier le Bret, affirmait dans une entrevue cette semaine sur une radio de la Capitale, que les résultats pourrait être publiés début février 2011…

 

Mirlande Manigat prône une sortie de crise haïtienne
HAITI LIBRE – 24/12/2010 12:56:44

Haïti - Élections : Mirlande Manigat prône une sortie de crise haïtienneMirlande Manigat, candidate à la présidence, arrivée en tête (31,37 % des voix) dans les résultats préliminaires du premier tour, s’est déclarée opposée à toute solution « élaborée par l’étranger » en vue de solutionner la crise post-électorale, rappelant que la crise ne vient pas de l’extérieur « C’est une crise haïtienne, ce sont les haïtiens qui devraient trouver la solution » a-t-elle affirmé.
« L’Organisation des États Américains (OEA) semble être le grand ordonnateur des solutions de la crise… Combien de temps prendra-t-elle pour travailler, quels sont les termes de référence de cette mission, qu’est-ce qu’elle va recompter ? » s’est interrogée la candidate, qui s’est dit inquiète des retards prévisible du processus électoral. Des craintes d’autant plus justifiées, que le Président René Préval, a publiquement manifesté jeudi, son intention de se maintenir au pouvoir au-delà du 7 février, si à cette date, son successeur n’était pas encore élu, afin de maintenir « la stabilité politiques »… De plus, le chef de l’État haïtien, s’oppose fermement à la mise en place d’un gouvernement provisoire et fait référence à une loi controversée votée en mai 2010, qui l’autorise à rester, à la tête du pays, si la situation l’exige jusqu’au 14 mai 2011.

 

Les étudiants haïtiens au Sénégal à la table du Cardinal Adrien Sarr
HAITI LIBRE – 24/12/2010 11:39:14

Haïti - Sénégal : Les étudiants haïtiens à la table du Cardinal Adrien SarrPour communier à l’approche de Noël avec les 161 jeunes étudiants haïtiens, venus poursuivre leurs études au Sénégal, l’église catholique du Sénégal leur a offert mardi dernier un banquet convivial et fraternel à la résidence du Cardinal Théodore Adrien Sarr.
En plus des étudiants et du Nonce apostolique, représentant du Vatican à Dakar, était présent les prêtres, les sœurs, les figures du laïcat catholique sénégalais ainsi qu’une importante délégation du gouvernement sénégalais conduite par le Dr Lamine Bâ, Ministre en charge des Affaires humanitaires internationales et de la diaspora considéré par les étudiants haïtiens comme « le plus Haïtiens des Sénégalais ».
Dans son message le Cardinal Théodore Adrien Sarr s’adressant aux étudiants haïtiens leur a dit « ce dîner est une manière de vous accueillir et la communauté catholique dans son ensemble s’engage à trouver pour vous des parrains et des marraines au sens où on l’entend sur le chemin du Christ » Après avoir exprimé sa joie de les accueillir il a rappelé les principes fondamentaux de la foi chrétienne pour dire que « l’hospitalité et la solidarité font partie des caractéristiques du chrétien » invitants tous les chrétiens à faire preuve « d’une solidarité sans faille à l’égard de la détresse qui frappe Haïti en général, et les jeunes étudiants haïtiens vivant parmi nous en particulier ».
Pierre Marie Michelle Chimène, la porte-parole des étudiants haïtiens, a exprimé toute sa reconnaissance au cardinal Théodore Adrien Sarr, au peuple sénégalais et au Président Wade. « Nous sommes émus par tous ces sacrifices du peuple sénégalais pour nous faire sentir qu’on est chez nous, qu’on n’est pas en terre étrangère. Vous ne cessez de nous considérer comme vos filles et fils » un effort d’autant plus significatif à t-elle souligné « que, malgré ses maigres moyens, le Sénégal a voulu partager cela avec eux. Ce qui est tout à l’honneur de ce pays qui a administré au monde entier une formidable leçon de solidarité ».
A sa suite, le ministre Lamine Bâ, a fait savoir que suite à l’initiative du Président Abdoulaye Wade, le Bénin va accueillir l’année prochaine 100 étudiants haïtiens, et le Rwanda 50, soulignant que la liste des pays africain intéressé à accueillir des étudiants haïtiens est loin d’être terminée.

 

Haïti • Noël sous la tente !

Les 1,5 million de sinistrés du séisme du 12 janvier dernier se préparent à passer leur premier Noël sous des tentes, alors que les cas mortels de choléra se multiplient. Le journal haïtien Le Nouvelliste est allé à leur rencontre.

24.12.2010 | Robenson Geffrard | Le Nouvelliste

Dans un camp de réfugiés de Port-au-Prince, en novembre 2010.

Dans un camp de réfugiés de Port-au-Prince, en novembre 2010.

Bon gré mal gré, voilà Noël. Contrairement aux années précédentes, il n’y aura probablement pas d’agréables surprises. Les retrouvailles en famille, les sapins étincelants, les chansons circonstancielles qui marquent la Nativité, les achats, les échanges de cadeaux, les enfants joyeux …ne sont que souvenir et nostalgie. Haïti est en état d’urgence. Onze mois sous des tentes et environ deux mois en proie à l’épidémie de choléra. Les 1,5 million de sinistrés du séisme du 12 janvier 2010 vont « fêter » Noël dans un contexte désastreux.
Leur seule satisfaction, c’est d’être encore en vie, en dépit du fait qu’ils ne sont pas sûrs d’être en bonne santé. Pourtant, beaucoup d’entre eux ne se laissent pas abattre par les vicissitudes du quotidien. « Il est des jours où j’aurais franchement aimé être parmi ceux qui ont péri dans le tremblement de terre. Mais, en regardant mes trois enfants jouer et se taquiner l’un l’autre, je me reprends vite, car de ma survie dépend leur avenir, dit Paulette, une dame d’une quarantaine d’années, résidante au vaste camp d’hébergement de Delmas 33, qui compte environ 30 000 sinistrés.
« Je ne peux pas parler de Noël cette année. Ce n’est pas simplement parce que le pays a été frappé par un tremblement de terre. Non. C’est surtout parce que, onze mois après la catastrophe, les responsables ne se montrent pas à la hauteur de leur tâche, a-t-elle expliqué. Maintenant vient l’épidémie de choléra, qui complique encore la situation. Il ne se passe pas un jour sans qu’il ait au moins un mort de la maladie ici dans ce camp. On ne sait pas quand ni qui sera la prochaine victime. Je prie tous les jours le Bon Dieu d’épargner mes enfants. »
Comme Paulette, ils sont des milliers à se retrouver coincés dans un centre d’hébergement et à se préparer contre leur gré à passer Noël sous les tentes. Malheureusement, ils ne sont pas tous aussi déterminés à se battre et à refuser la fatalité. « Personne n’est venu nous voir ni le gouvernement ni les ONG. Il n’y aura pas de Noël pour nous cette année », se plaignent les sinistrés du « Champ-de-Mars » [l’un des plus grands camps], qui se disent privés presque de tout.
Certains comités de centres d’hébergement n’entendent pas laisser passer les fêtes de fin d’année sans organiser des activités pour distraire les sinistrés. « S’il est vrai que rien n’a été fait pour soulager les sinistrés, il est aussi vrai qu’on ne peut rester sans rien faire, nous autres, pour marquer Noël et les fêtes de fin d’année », a indiqué Dieudonné Auguste, l’un des responsables du camp de Delmas 33. « Nous avons sous notre responsabilité 30 000 personnes – soit 6 000 familles. Malgré tout, les sinistrés de ce vaste camp, qui est divisé en deux grandes branches pour une meilleure gestion, auront la possibilité pour cette fin d’année d’assister à des activités culturelles. « Les jeunes se sont organisés pour présenter des pièces de théâtre, chanter, raconter des blagues… histoire de passer le temps », a conclu Dieudonné Auguste.
En tout cas, Noël sous les tentes, c’est Noël quand même ! Bon gré mal gré.

 

Haïti-Choléra : La Jilap condamne les assassinats d’adeptes du vaudou

P-au-P, 23 déc. 2010 [AlterPresse] — La commission épiscopale nationale de l’église catholique romaine Justice et Paix (Jilap) dénonce les récentes violences contre des adeptes du vaudou accusés de répandre de la « poudre (magique) de choléra ».

« La maladie ne doit pas nous diviser. Devant la maladie du choléra c’est la solidarité et l’union qui doivent prévaloir », souligne Jilap » dans un communiqué transmis à AlterPresse ce jeudi.

« Ce n’est pas dans la division et les règlements de compte que nous allons combattre cette crise. La commission Justice et Paix demande à tout le monde de se ressaisir », ajoute le communiqué.

45 personnes ont été tuées à coup de machette et certaines fois brulées vives par des individus les accusant de propager le choléra au moyen de la sorcellerie, selon ce qu’a fait savoir le ministère de la culture et de la communication.

La Jilap demande à l’Etat de mettre en place des centres de soins proches des populations vivant en zone rurale en respect de leur droit à la santé. Elle recommande en même temps à ses unités basées dans les paroisses des différentes localités en province de sensibiliser les habitants sur la maladie et les comportements qu’il faut adopter.

Un dernier bilan des autorités sanitaires fait état de 121 518 cas et 2 591 morts depuis l’apparition de l’épidémie en octobre dernier.

 

Martelly veut un résultat « normal et légal »

P-au-P, 23 déc.2010 [AlterPresse] — Les avocats du candidat à la présidence Michel Martelly, ont présenté, ce jeudi 23 décembre, les différentes irrégularités appuyant leur contestation et demandent la proclamation d’un résultat « normal et légal » en vue de connaitre leur vraie position dans la course électorale.

« Je veux qu’on donne un résultat normal et légal », déclare Gregory Mayard Paul, un des avocats de Michel Martelly, au cours d’une conférence de presse. C’est, selon lui, la meilleure façon de connaitre la vraie position occupée par le candidat.

« Jusqu’à date il y a des gens qui ne savent pas où ils sont positionnés », ajoute-t-il.

Les avocats de Michel Martelly soutiennent à nouveau que le scrutin présidentiel et législatif du 28 novembre était truffé d’irrégularités.

Le nombre de bulletins valides ne correspond pas au nombre de votes dans plus de 38% des bureaux qui ont accueilli les électeurs, relèvent-ils.

Ils affirment que le Conseil électoral provisoire (Cep) a distribué 1000 bulletins dans des bureaux de plusieurs régions du pays, notamment, à Bainet et Cayes Jacmel (Sud-est), à Tabarre et Pétion-ville (Ouest) ou dans la Grande Rivière du Nord, au lieu de 480 qui est la quantité normale.

Me Gregory Mayard Paul dénonce le fait que le Cep a compté des procès verbaux là ou il n’y avait pas délections.

D’après l’avocat, qui reprend un rapport d’observation de l’organisme américain Haiti Democracy Project, « il y a plus de 14 408 votes – acceptés comme valides par le cep – qui mériteraient d’être considérés comme frauduleux et mis à l’écart ».

Ces anomalies présentées par les avocats du candidat de Repons Peyizan (Réponse Paysanne), sont le fruit de « recherches et études » réalisées sur 312 procès verbaux mis en quarantaine par le Conseil électoral.

Les avocats proclament leur refus des résultats déjà publiés et exigent un « audit » des élections du 28 novembre par un organisme indépendant.

La publication des résultats définitifs a été officiellement reportée sur demande du président de la république, René Préval, après un avis émis en ce sens par l’Organisation des États Américains (OEA).[

 

Haïti – BID : Près de 200 millions de subventions en 2010, tous les détails
HAITI LIBRE – 23/12/2010 15:40:04

Haïti - BID : Près de 200 millions de subventions en 2010, tous les détailsLa Banque interaméricaine de développement a déboursé une somme record de 176 millions de dollars à Haïti en 2010. En plus de ce montant record, la BID dans les prochaines semaines versera une subvention 15 millions d’urgence pour soutenir la lutte contre le choléra en Haïti, somme approuvée le 15 décembre par le Conseil d’administration de la BID. L’opération anti-choléra de la Banque est couplée avec une subvention de 5 millions de l’Espagne pour une somme totale de 20 millions.
La BID a également fourni des subventions non remboursables de coopérations techniques de 6,5 millions, dont 1,5 millions pour améliorer la survie des enfants et des programmes de protection sociale. Haïti a obtenu un montant additionnel 17 millions en décaissements du gouvernement du Canada, l’UE et l’OPEP à travers des projets opérés par la BID. Tout l’ensemble, subventions de la BID, subventions de coopérations techniques et les décaissements des tiers s’élève jusqu’à 199,5 millions de dollars pour Haïti par le biais de divers mécanismes de la BID.
La BID s’est engagée à fournir 200 millions en subventions par année, jusqu’en 2020, en plus d’une allocation supplémentaire du Fonds d’opérations spéciales de 137 millions. Cela porte l’aide totale dans le pays jusqu’en 2020 à 2,3 milliards de dollars pour la reconstruction du pays et le développement.
Le président Moreno a signalé l’immense défi de la reconstruction d’Haïti et a encouragé les bailleurs de fonds à continuer de fournir de l’aide aux pays les plus pauvres de l’hémisphère. « Nous devons éviter la fatigue des bailleurs de fonds », a déclaré le président Moreno. « Il y a cinq ans il était presque inconcevable que nous serions en mesure de décaisser 50 millions par an. Nous sommes maintenant dans l’espoir d’atteindre 200 millions/an. C’est un défi majeur, car la capacité d’absorption du gouvernement haïtien n’a pas quadruplé. Elle a plutôt diminuée suite au séisme de janvier dernier. La Banque travaille pour renforcer les capacités institutionnelles du pays. »
« Mettre en place des institutions en Haïti est un travail difficile » a déclaré le président Moreno. « Mais c’est le seul moyen de garantir que, dans le long terme, Haïti pourra briser sa dépendance de l’aide internationale. »
La BID a également fourni des ressources pour aider à reconstruire les institutions d’Haïti. Le président Moreno a déclaré que ceci est essentiel pour bâtir une fondation pour que dans l’avenir, Haïti s’engage dans une trajectoire d’auto croissance durable, réduisant ainsi sa dépendance des organisations non-gouvernementales et d’autres institutions internationales. Par exemple, la BID a contribué à renforcer DINEPA, l’autorité locale de l’eau, qui sera en mesure d’acheter plus de chlore, des comprimés de purification d’eau et du savon, grâce à la subvention contre le choléra qui date du 15 décembre.
La construction d’écoles permanentes peut prendre près d’un an, et Haïti veut construire plus de 2,500 nouvelles écoles en vertu de son plan de réforme de l’éducation soutenue par la BID. En novembre, la Banque a décaissé les premiers 50 millions de subventions pour ce plan, d’un engagement à fournir 250 millions de dollars pour ce secteur en cinq ans.
« Nous devons aider Haïti à créer plus d’emplois », a déclaré le président Moreno. « Nous renforçons le système financier pour débloquer le crédit aux entreprises. Nous construisons des capacités dans les parcs industriels pour attirer plus de fabricants. Nous aidons le gouvernement haïtien à améliorer le climat des affaires pour le commerce et les investisseurs locaux et étrangers. Tout cela est nécessaire pour changer les perspectives à long terme pour Haïti. »
Répartition des décaissements en 2010 :
Agriculture : 8,651,280
Infrastructure de base : 8,054,651
Appui budgétaire : 50,000,000
Education : 19,566,281
Énergie : 2,633,129
Santé : 1,126,732
Capacités institutionnelles : 1,308,892
Catastrophes naturelles :1,936,937
Transports : 63,469,721
Réhabilitation urbaine : 6,512,908
Eau et assainissement: 12,853,130
Total : 176,113,661

 

Haïti : L’industrie de la misère
Blogues – Marco Fortier sur le trottoir / Jeudi, 23 décembre 2010 12:15

Tremblement de terre, tempêtes tropicales, émeutes et choléra : l’année qui s’achève a été terrible pour nos amis d’Haïti. Encore une fois.

Près d’un an après le séisme qui a ravagé le pays, les Haïtiens en ont encore plein les bras. À peu près rien n’a été reconstruit. La majorité de la population vit encore dans des abris temporaires ou dans des tentes plantées au milieu des débris. Des gens meurent du choléra. Le taux de chômage officiel dépasse 80 %.

C’est quand même étrange, parce qu’Haïti est l’endroit dans le monde qui reçoit le plus d’aide humanitaire depuis un an. Les engagements de la communauté internationale dépassent 10 milliards de dollars. Mais les Haïtiens et les travailleurs humanitaires ont l’impression de revivre sans cesse le jour de la marmotte : tout est toujours à recommencer, rien ne se règle jamais.

J’ai parlé cette semaine à Michel Verret, coordonnateur de l’aide à Haïti chez Oxfam Québec. Ce Montréalais fait de l’humanitaire depuis 1968. Il ne compte plus ses séjours en Haïti. « Le pays se trouve en situation d’urgence permanente », confirme-t-il.

Lui et ses 86 collègues d’Oxfam — dont 80 Haïtiens — savourent les petites victoires, une à la fois. Fournir de l’eau potable à des villageois. Installer des latrines et des douches. Distribuer du savon, du shampooing, des serviettes sanitaires, des couvertures, des matelas de camping, des moustiquaires. Payer les jeunes d’un quartier pour qu’ils ramassent les débris du tremblement de terre et les déchets.

« Peu de gens ont le choléra sur les sites dont nous avons la gestion. On sauve des vies », dit Michel Verret.

Échec de l’humanitaire

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais une question me hante depuis longtemps : pourquoi Haïti est-elle toujours dans la misère ?

Haïti se trouve en situation d’urgence permanente depuis le séisme de janvier dernier. Photo d’archives RueFrontenac

J’ai trouvé des pistes de réponse dans une récente entrevue de Ricardo Seitenfus, représentant de l’Organisation des États américains (OEA) en Haïti, publiée dans le journal suisse Le Temps. Ce diplomate d’origine américaine n’a pas peur de dire les « vraies affaires ». Pas besoin de WikiLeaks pour connaître le fond de sa pensée.

Pour Seitenfus, la présence des Casques bleus de l’ONU vise d’abord à empêcher les Haïtiens de fuir leur île. D’après lui, la communauté internationale travaille à rendre la vie des Haïtiens juste assez endurable pour les décourager de partir par bateau vers les États-Unis, situés tout près.

Le diplomate se montre aussi très critique envers l’aide humanitaire. Il applaudit l’aide d’urgence en cas de catastrophe, comme le font Oxfam, la Croix-Rouge et d’autres depuis le séisme. « Mais lorsque l’aide devient structurelle, lorsqu’elle se substitue à l’État dans toutes ses missions, on aboutit à une déresponsabilisation collective », plaide Seitenfus.

Développer l’autonomie

Au lieu de donner des poissons aux gens, montrez-leur à pêcher, dit l’adage. Il faudrait aider Haïti à devenir un pays autonome, souverain, aider les paysans à cultiver leur lopin de terre, encourager le commerce équitable et le tourisme responsable (1700 kilomètres de côtes vierges dans les Caraïbes, ce n’est pas rien !), fait valoir le diplomate. Construire des routes, bâtir un État, un système judiciaire.

Je lui laisse la parole, ce Seitenfus, j’aime sa vision: « Il faut aller vers la culture haïtienne, il faut aller vers le terroir. Je crois qu’il y a trop de médecins au chevet du malade et la majorité de ces médecins sont des économistes. Or, en Haïti, il faut des anthropologues, des sociologues, des historiens, des politologues et même des théologiens.

« Haïti est trop complexe pour des gens qui sont pressés; les coopérants sont pressés. Personne ne prend le temps ni n’a le goût de tenter de comprendre ce que je pourrais appeler l’âme haïtienne. Les Haïtiens l’ont bien saisi, qui nous considèrent, nous la communauté internationale, comme une vache à traire. »

 

Haïti, une mine d’or pour les exportations dominicaines
HAITI LIBRE – 23/12/2010 11:18:05

Haïti - Économie : Haïti, une mine d’or pour les exportations dominicaines Les exportations dominicaines vers Haïti pour la période de Janvier à Novembre 2010 ont augmentées de 35,67% par rapport à la même période en 2009 pour une valeur de 801,27 millions de dollars. Haïti devient cette année, avec 16% du commerce transfrontalier, le deuxième partenaire en importance pour les dominicains.
Les exportations vers Haïti enregistrent une hausse constante, depuis plus de 10 ans, passant de 61,93 millions de dollars en l’an 2000 à 647,59 millions en 2009. Les exportations de produits non traditionnels (industriels, agricoles, agro-industrielles et artisanales) représentent 99.54% contre seulement 0.46% pour les produits traditionnels.
Le secteur industriel représente à lui seul 621,61 millions de dollars (77.6% des exportations), en croissance de 27% par rapport à 2009. Parmi les produits industriels exportés par la République Dominicaine notons : le coton tissé (175,63 millions), les pyjamas pour homme (76,98 millions), le ciment gris (36,39 millions), le fer à béton (24,38 millions), les engrais minéraux (19.43 millions de dollars).
Quant aux produits agro-industriels, ils représentent 18.81% des exportations dominicaines en Haït. Ce secteur a connu la plus forte croissance, avec 98,12% entre janvier et novembre 2010, passant de 75,72 millions de dollars à 150,02 millions.

 

Ricardo Seitenfus, une vérité qui ne plait pas à l’OEA
HAITI LIBRE – 23/12/2010 08:27:37

Haïti - Politique : Ricardo Seitenfus, une vérité qui ne plait pas à l’OEA24 heures après la publication de ses critiques envers l’ONU et l’aide Internationale dans une entrevue publiée dans le quotidien Suisse «Le Temps» et relayé sur de nombreux site dont HaïtiLibre, l’Organisation des États Américains (OEA) a rappelé son «ambassadeur» Ricardo Seitenfus. Il va s’en dire que le diplomate va devoir s’expliquer sur ses prises de positions publiques devant l’OEA qui décidera de la suite à donner…
Rappelons que Ricardo Seitenfus dans cette entrevue avait surtout insisté sur la manière dont la communauté internationale gérait sa relation avec Haïti depuis 2004. Critiquant sans détour la Minustah, l’ONU, l’aide d’urgence, les ONG et affirmant que « s’il existe une preuve de l’échec de l’aide internationale, c’est Haïti » concluant que s’il y avait une chose que la communauté internationale devrait prendre le temps de comprendre c’est l’âme haïtienne. « Les coopérants sont pressés et Haïti est trop complexe pour des gens pressés ».
En politique, toute vérité n’est pas bonne à dire, ce haut fonctionnaire de 62 ans va devoir s’expliquer devant l’OEA, qui décidera de la suite à donner à sa mission qui devait s’achever dans 2 mois mais aussi sur l’avenir de la carrière de Ricardo Seitenfus…
En savoir plus sur Ricardo Seitenfus :
Spécialiste d’Haïti, pays sur lequel il a publié plusieurs ouvrages d’analyse historique, Ricardo Seitenfus a été l’envoyé spécial dans le pays du président brésilien Lula avant d’être mandaté par l’OEA. Diplôme en sciences politiques (Université de Genève 1973), diplôme en économie et développement ( Université de Genève 1973), diplôme en histoire moderne et contemporaine (Université de Genève 1978), doctorat à l’Institut des Hautes Etudes Internationales (IHEI ) (Université de Genève 1980). Il a été aussi : Professeur à l’Universidade Federal de Santa Maria, rédacteur en chef du Journal of Latin American Integration (Rila), Directeur Général du Collège académique de droit à Santa Maria (FADISMA), Consultant pour le Ministère des Affaires étrangères de l’Organisation des Nations Unies (ONU), Vice-Président de la commission juridique (CJI) de l’Organisation des États américains (OEA).
Aujourd’hui, il est le Représentant spécial du Secrétaire général de l’OEA et Chef du Bureau de l’OEA en Haïti. C’est un spécialiste reconnu du Mercosur, en relations internationales, en diplomatie brésilienne, et en politique extérieure d’Haïti et du Brésil.

 

Le ministère haïtien de la santé publique pas encore prêt à opter en faveur d’une campagne de vaccination massive contre le choléra, telle que préconisée par l’OPS

Le MSPP évoque les problèmes de coût et d’efficacité du vaccin disponible

Radio Kiskeya / jeudi 23 décembre 2010

Le ministère haïtien de la Santé Publique et de la Population (MSPP) n’a pas encore opté en faveur d’une campagne massive de vaccination contre le choléra, a déclaré mercredi au micro de Radio Kiskeya le directeur général de ce ministère, le Dr Gabriel Timothée en réaction à une annonce faite en ce sens la veille par l’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS).

Emboîtant le pas au directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), Anthony Lake, en visite récente en Haïti, l’OPS a en effet annoncé pour le début de l’année prochaine le lancement d’une telle campagne en Haïti compte tenu de l’ampleur prise par l’épidémie dans le pays.

« Le vaccin dont il s’agit n’est efficace qu’à 60%, il est particulièrement coûteux et il en faut deux doses par an. Davantage d’arguments scientifiques sur son efficacité sont nécessaires », a soutenu le Dr Timothée en justification du refus du MSPP de s’engager quant à présent dans cette voie.

Il a toutefois admis la possibilité que le vaccin soit utilisé dans des cercles restreints et concernés par les risques de contamination, tels les personnels des Centres de Traitement du Choléra (CTC) au nombre de 60 actuellement . Le ministère ne voit par ailleurs aucun inconvénient au fait que les Organisations Non Gouvernementales (ONG) oeuvrant dans le pays veuillent éventuellement vacciner les membres de leur personnel arrivant de l’étranger. « Le MSPP privilégie pour le moment l’application scrupuleuse des principes d’hygiène qui demeurent les plus efficaces dans la lutte contre l’extension de la maladie », a ajouté M. Timothée.

Plus de 2.540 personnes sont mortes du choléra et plus de 114.000 en ont été infectées d’octobre à aujourd’hui, informe le responsable de la santé publique. Des personnes infectées, environ 62 mille sont encore hospitalisées. Le MSPP compte bientôt porter à 102 le nombre des CTC disponibles à travers le pays.

 

Rétrospective. Mon année 2010

L’État s’est effondré, le peuple haïtien reste debout

Par Jean-Marie Théodat, directeur du Bureau Haïtien de l’Agence universitaire de la Francophonie.

L’HUMANITE / 22-12-10

L’année 2010 restera dans les annales comme l’une des plus éprouvantes de la longue crise qui caractérise l’histoire d’Haïti. Par l’ampleur des dégâts entraînés par le séisme du 12 janvier, par la virulence de l’épidémie de choléra qui continue de se propager dans le pays, et enfin par la difficulté à organiser des élections présidentielle et législatives libres et transparentes, c’est la nation entière qui semble aujourd’hui en danger.

Faut-il en conclure que 2010 signe l’irrémédiable échec d’un État haïtien libre et souverain ? Ce serait mal juger de la vitalité de la société haïtienne. C’est dans cette perspective de nécessaire reviviscence qu’il faut interpréter la contestation des résultats des élections du 28 novembre 2010.

Le cas d’Haïti est emblématique des paradoxes et des contradictions de l’aide humanitaire et des lois d’airain des relations internationales. La communauté internationale est censée renforcer la reconstruction de l’État, mais à plusieurs égards, elle ne fait que la démolir plus avant, par un travail tacite de substitution à l’autorité publique. En effet, la Minustah, avec plus de 9 000 policiers et soldats chargés de renforcer la police nationale d’Haïti dans les tâches de maintien de l’ordre, est désormais perçue par la population comme une force d’occupation. Et la CIRH, composée des principaux bailleurs de l’aide à Haïti, des autorités haïtiennes et des institutions internationales, dont la quatrième rencontre tenue en République dominicaine les 14 et 15 décembre 2010, à distance de la scène haïtienne où la mobilisation sociale contre le régime sortant bat son plein, ne donne pas l’exemple d’un engagement à toute épreuve. Quant aux ONG, elles ont reçu l’essentiel de l’argent décaissé dans le cadre de l’aide à la reconstruction ou de la lutte contre le choléra. Mais de toute la somme promise (9 milliards d’euros), à peine 10 % ont été réellement donnés. Onze mois après le tremblement de terre, tout reste encore à faire, plus d’un million et demi de personnes vivent sous des abris provisoires et des tentes. Pendant ce temps, le choléra progresse à travers le pays : plus de 2 300 morts en un mois et demi. On estime que 400 000 personnes seront touchées dans les six prochains mois, par la maladie.

L’actualité du choléra a pesé lourdement sur la campagne électorale, empêchant la mise en place d’un véritable débat sur la nécessaire reconstruction de la capitale et le renforcement de l’État. Paradoxalement, la mobilisation sociale en faveur d’élections libres et transparentes est le signe d’un ancrage réussi des institutions et des habitudes démocratiques dans l’esprit de l’électorat. La contestation provoquée par les fraudes massives constatées dans le déroulement des élections est en soi une bonne nouvelle. Signe que le calcul sur l’indifférence de la population pour la politique était faux. Le peuple dont on a sous-estimé l’impatience et le ras-le-bol silencieux a attendu calmement le moment de s’exprimer dans les urnes. Et la joyeuse pagaille qui a suivi la publication des résultats donnant Mirlande Manigat en tête avec 31 % des voix, Jude Célestin deuxième avec environ 21 % des votes et Michel Martelly avec 20,8 %, n’a rien à voir avec les scènes de déchoukaj ou de chaos qui ont suivi la chute des Duvalier : c’est une levée spontanée, civique et massive. Par ailleurs, la crise n’a pas dégénéré en bain de sang, mais en bras de fer entre le Conseil électoral provisoire (CEP) et les candidats contestataires. Au final tout le débat que nous n’avons pas eu durant la campagne électorale peut enfin avoir lieu. Il ne s’agit pas (encore ?) d’un conflit armé, mais d’un coup de poker qui n’a pas réussi. Quoi que l’on puisse penser de l’opportunité des revendications des partisans de Martelly, leur mobilisation est avant tout l’expression d’une indignation fondée sur une éthique collective blessée par une fraude manifeste. Les murs sont par terre, l’État s’est effondré, mais le peuple reste debout ! C’est la seule bonne nouvelle à tirer de cette annus horribilis.

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