REVUE DE LA PRESSE – Lundi 27 déc. 2010

27 Déc

Haïti – Épidémie : La descente aux enfers ?
HAITI LIBRE – 27/12/2010 13:02:51

Haïti - Épidémie : La descente aux enfers ?Dernier Bilan choléra : Depuis que l’épidémie de choléra a fait son apparition dans le pays (19 octobre 2010), 128.251 personnes ont été infectées et traitées, 68,764 personnes ont dû être hospitalisées et 2,707 personnes sont décédées. Selon le dernier bilan du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), daté du 18 décembre 2010.
Entre le bilan publié le 17 décembre et celui du 18 décembre par le MSPP :
Le nombre de personnes infectées à augmentées de + 6,733 cas (1 cas toutes les 12 secondes)
Le nombre de personnes hospitalisées de + 5,328 (une toutes les 17 secondes)
Le nombre de décès de + 116 (1 décès toutea les 12 minutes 24 secondes)
Entre ces deux jours le bilan explose (entre le 17 et 18 + 6733 cas) comparé aux jours précédents :
entre le 16 et le 17 : + 1,755
entre le 15 et le 16 : + 2,183
entre le 14 et le 15 : + 3,083
On peut expliquer partiellement cette hausse importante par :
L’ajustement des chiffres de Grand’Anse qui entre le 17 et le 18 décembre sont passés de 1,161 à 2,986 cas (+ 1,825 cas + 287%) données toujours incomplètes d’après le bilan du ministère.
Ceux de Port-au-Prince entre le 17 et le 18 décembre qui sont passés de 19,585 à 20,853 cas (+ 1,268 cas)
Notez que cette augmentation pour cette période est très anormale puisqu’elle est 36 fois supérieure à l’écart des chiffres de la veille
entre le 17 et le 18 : + 1,268
entre le 16 et le 17 : + 35
entre le 15 et le 16 : + 69
Rappelons que ces chiffres reflètent une situation datant de 9 jours… Espérons qu’il s’agit d’ajustements et non pas d’une nouvelle tendance, ce que nous vérifierons dès que le MSPP aura rendu disponible des bilans plus récent.
Enfants (chiffres cumulatif) :
Depuis le début de l’épidémie et selon le dernier bilan en date du 18 décembre :
9.56 % des personnes infectées était des enfants de moins de 5 ans
7.74% des personnes hospitalisées était des enfants de moins de 5 ans
6.64 % des personnes décédées était des enfants de moins de 5 ans
Ce pourcentage est malheureusement, inférieur à la réalité, mais le MSPP ne permet pas d’en connaître le nombre distinct, puisque le Ministère assimile les enfants de plus de 5 ans aux adultes.
Notez que ces chiffres sont largement sous-estimé par le gouvernement, d’après les experts de la santé de l’ONU qui estime que le bilan pourrait être le double des chiffres publiés.

 

Jean-Max Bellerive critique et défend son gouvernement
HAITI LIBRE – 27/12/2010 10:00:34

Haïti - Reconstruction : Jean-Max Bellerive critique et défend son gouvernementJean-Max Bellerive, le Premier ministre d’Haïti, a critiqué ce lundi, sur les ondes de la BBC, la communauté internationale, qui ne permet pas à son pays de jouer un rôle plus important dans sa propre reconstruction. Il a dit que son gouvernement avait trop peu d’influence, parce que l’argent de l’aide était majoritairement acheminée par des organismes externes. Précisant qu’il est nécessaire d’avoir plus de contrôle sur les organisations non-gouvernementales (ONG). « Soyons clair, je n’ai rien contre les ONG, nous en avons besoin. Ce dont nous avons besoin c’est d’avoir le contrôle sur ce qu’ils font dans mon pays, où ils le font, avec qui ils le font, et à quel prix ».
Il a rappelé que seulement 20% de l’aide promise par les bailleurs de fonds, pour la première année, [moins de 1 milliard de dollars ] ont été reçu à ce jour, que les changements dans la vie des haïtiens n’étaient pas visibles et que 1.5 millions d’haïtiens vivaient toujours dans des camps.
Il a déploré que l’on tienne pour responsable, l’exécutif, des lenteurs de la reconstruction, compte tenu de la situation, et que l’on accuse son gouvernement de corruption sur de l’argent qu’il n’a jamais reçu.
Il a souligné que suite aux troubles sociaux qui ont suivi la publication des résultats préliminaires du premier tour des élections présidentielles du 28 novembre, il y a aux yeux de la communauté internationale, un manque de crédibilité du gouvernement haïtien « quel que soit le prochain président, la prochaine législature, aura un problème de crédibilité à résoudre. » a affirmé le Premier Ministre.

 

Le Gouvernement interdit de consommer le poisson du lac Azuéi
HAITI LIBRE – 27/12/2010 10:14:52

Haïti - Environnement : Le Gouvernement interdit de consommer le poisson du lac AzuéiDans un communiqué qui vient d’être publié, le gouvernement haïtien demandent  à la population  des régions de Ganthier et de Fond Parisien, d’éviter de consommer jusqu’à nouvel ordre l’eau du lac et les  poissons retrouvés morts sur les berges en provenance de cette zone du lac Azuei. Le Gouvernement exhorte les populations des zones avoisinantes à des consignes de prudence et de vigilance en cas d’extension éventuelle du phénomène.
« Depuis le 24 décembre  2010, il a été constaté la mort d’une quantité anormale  de poissons au niveau du lac Azuei, plus précisément dans les zones de Fond Parisien et Malpasse. Alertées par les structures de Protection Civile et les autorités locales,  des  missions techniques des Ministères de l’Environnement et de l’Agriculture  ont effectué  des prélèvements d’échantillons d’eau et de poissons morts dans les zones de Fond Parisien et Malpasse. Les  analyses sont en cours en vue de déterminer les causes exactes de ces cas de mortalité. Des mesures de protection ont été établies depuis le 24 décembre avec les autorités communales avec l’appui du niveau départemental de l’Ouest et du niveau central du Gouvernement. La situation pour le moment reste sous contrôle.
Dans l’attente des résultats des analyses, les Ministères de l’Agriculture,  de l’Environnement  et de la Santé Publique ainsi que le Secrétariat permanent de Gestion des Risques et des Désastres demandent  à la population  des régions de Ganthier et de Fond Parisien, d’éviter de consommer jusqu’à nouvel ordre l’eau du lac et les  poissons retrouvés morts sur les berges en provenance de cette zone du lac Azuei. Le Gouvernement exhorte les populations des zones avoisinantes à des consignes de prudence et de vigilance en cas d’extension éventuelle du phénomène ».

Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales

Ministère de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural

Ministère de l’Environnement

Ministère de la Santé Publique et de la Population

 

Des poissons du lac Azuei retrouvés morts mystérieusement

RADIO METROPOLE / Lundi, 27 décembre 2010 12:57

Haïti - Environnement : Des dizaines de poissons morts mystérieusement dans le lac AzuéiPlusieurs milliers de poissons morts, ont été retrouvés sur le rivage du lac Azuei dans la zone de Ganthier, non loin de la frontière haitiano-dominicaine.
Les habitants de la région estiment que la situation est préoccupante et demandes aux autorités de prendre des dispositions nécessaires pour pallier le problème.
En réaction, le gouvernement se dit informé de la situation .Il invite la population à la prudence.
Le secrétaire d’état à la production animale annonce des dispositions sont déjà prises par le gouvernement en vue d’éviter toute dégénérescence de cette situation.
Il a fait remarquer que des analyses sont en cours, afin de déterminer les causes de ce phénomène.
Invité à la rubrique le point sur le cent point de radio Métropole le docteur Michel Chancy a indiqué que pour l’instant des spécimens sont analysés dans des laboratoires tant en Haïti qu’en République Dominicaine dans le but de faire la lumière sur ce dossier.
Le pasteur Saintil Cineas, un habitant de la région se dit lui aussi inquiet par rapport à ce phénomène dont l’origine reste jusqu’à présent inconnue.
En plus des poissons retrouvés morts, le religieux rapporte avoir entendu des informations faisant croire que des chiens et d’autres animaux qui consomment ces poissons sont également décédés après.

 

L’OEA dans l’impossibilité de commencer sa mission
HAITI LIBRE – 27/12/2010 06:46:46

Haïti - Élections : L’OEA dans l’impossibilité de commencer sa missionGaillot Dorsinvil, le Président du Conseil Électoral Provisoire (CEP), avait annoncé la semaine dernière, que la mission de l’Organisation des États Américains (OEA), chargée des vérifications du scrutin du 28 novembre, allait conduire ses travaux du 27 au 30 décembre 2010… Une fois de plus, le calendrier ne sera pas respecté.
Annoncé pour lundi, le début de la mission est reporté à une date indéterminée…
Albert Ramdin, le Secrétaire Général adjoint de l’OEA, a fait savoir hier dimanche, que les termes de la mission « n’ont pas encore été déterminé pour l’instant […] tant qu’on ne s’est pas mis d’accord sur les termes de cette mission, nous n’enverrons pas nos experts. » Il a dit espéré que la mission puisse commencer sa tâche cette semaine, soulignant que le temps passait…
Rappelons qu’a la demande du chef de l’État Haïtien René Préval, l’OEA a constitué une équipe internationale de six personnes (deux experts juridiques, deux experts électoraux, un statisticien et un spécialiste des technologies de l’information) leur mission : aider les autorités électorales dans la vérification des procès-verbaux et la phase de contentieux électoral. Pour le moment l’équipe, prête à partir pour Port-au-Prince, attend ses instructions…
Albert Ramdin a précisé que l’envergure de cette mission, pourraient évoluer en fonction des termes du mandat, mais qu’il y aurait au minimum ces six experts « L’équipe de l’OEA va devoir vérifier le recomptage des procès-verbaux opérés par le CEP » a fait savoir le Secrétaire Général, « en dehors de cela, des recommandations seront faites, que les résultats reflètent ou non le comptage qui aura été fait. »
À l’évidence, les termes de référence de cette mission, sont source de désaccord entre l’OEA et les autorités haïtiennes concernées, sur ce qui doit être recompté et vérifié. Depuis une semaine, l’OEA «discute» ces fameux termes et rien n’avance…

 

Funérailles émouvantes de l’ex-première femme députée de Gros-Morne, Gérandale Thélusma, tuée dans un accident de la circulation

Ses proches mettent en doute la thèse de l’accident/Au nombre des personnalités présentes, le candidat à la présidence du parti officiel, Jude Célestin

Radio Kiskeya / lundi 27 décembre 2010

Les funérailles de l’ex-députée de Gros-Morne (Artibonite, Nord) tuée le 20 décembre dernier dans un accident de la circulation sur la route Nationale No 1, ont été chantées dimanche dans sa ville natale en présence d’une foule nombreuse composée de parents, d’amis, de parlementaires, de membres du gouvernement, de responsables politiques et de représentants de certaines organisations de la société civile.

L’émotion se lisait sur tous les visages. Certains des proches de la défunte, tombés en syncope ou victimes de convulsions dues à l’hystérie collective, ont dû être évacués. La mère de la défunte, Mme Renette Thélusma, drapée dans sa dignité, a tenté à maintes reprises de calmer l’assistance afin de permettre le déroulement de la cérémonie religieuse à la Chapelle catholique de Gros-Morne. A l’issue de celle-ci, Mme Thélusma a soulevé des doutes sur les circonstances réelles de l’accident ayant causé la mort tragique de sa fille unique, rappelant en ce sens l’attaque contre sa résidence dans la nuit du 6 au 7 décembre derniers.

Mettant pour sa part l’accent sur les bonnes qualités de Gérandale Thélusma, un de ses cousins, Christian Bellemare, a pointé du doigt le parti « Haiti en Action » (sigle créole AAA) auquel appartient le rival de l’ex-députée aux élections législatives du 28 novembre dernier, Fritz Chéry. Il soutient que des graffitis annonçaient sur les murs de la ville la fin tragique de Gérandale, mais que ses proches refusaient d’y croire.

Il a d’autre part souligné le fait que de nombreux jeunes de Gros-Morne peuvent désormais ne pas poursuivre leurs études, Gérandale Thélusma ayant été en ce sens leur principal soutien.

L’homélie de circonstance a été prononcée par le père Joseph Telcin qui, parlant de la véritable signification de la mort du point de vue théologique, en a profité pour rappeler l’engagement de la députée Thélusma en faveur de la paix, de la justice et de la vérité.

L’ancien président de la Chambre des députés, Louisjeune Levaillant, était à la tête d’une forte délégation d’ex-députés de la 48ème Législature (2006-2010) et de membres du personnel administratif du Parlement haitien. Réélu au 1er tour pour la circonscription de Desdunes (Artibonite), selon les résultats préliminaires des élections controversées du 28 novembre dernier, Louisjeune Levaillant a promis que tout sera fait pour que la Loi sur la paternité responsable, pour laquelle la défunte avait combattu, porte son nom.

Membre de la direction du Mouvement Chrétien pour le Renouveau d’Haïti (MOCHRENHA), le pasteur Sadrac Dieudonné a estimé que la brutale disparition de Mme Thélusma laisse un vide qui sera difficile à combler au sein de ce parti. Il a réclamé justice pour Gérandale, mettant l’accent sur le fait que des gens contre qui des mandats d’amener n’ont pas été exécutés, continuent de proférer des menaces contre des membres de ce parti dans le département de l’Artibonite

La représentante de « Femmes en démocratie », l’ex-ministre du Commerce et de l’Industrie, Danielle Saint-Lot, propose l’élaboration d’un « agenda Gérandale Thélusma » par les femmes qui feront bientôt partie de la 49ème Législature. Elle a souligné l’intérêt dont a fait montre pour sa communauté la première femme députée de Gros-Morne. Danielle Saint-Lot relève en ce sens un projet de Lycée et celui de la création d’un système de maternité devant permettre les accouchements sans difficulté. Elle a exhorté les autorités présentes à la cérémonie à s’efforcer à donner suite à de tels projets.

Au nombre des officiels et des représentants de divers secteurs présents à la cérémonie on pouvait distinguer : le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé ; le ministre à la Condition féminine et aux Droits de la femme, Marjorie Michel ; le ministre de l’Agriculture, Joanas Gué ; les sénateurs de l’Artibonite Youri Latortue et Willy Jean-Baptiste, tous deux membres de AAA ; l’ex-député Jean Beauvoir Dorson et le candidat à la présidence de la plateforme officielle INITE, Jude Célestin.

Après la cérémonie, une foule nombreuse escortée par des agents de la police nationale et des casques bleus de l’ONU, a accompagné Gérandale Thélusma jusqu’à sa dernière demeure, au cimetière de la ville.

 

24 agents de la PNH formés en Colombie
HAITI LIBRE – 27/12/2010 14:16:55

Haïti - Police : 24 agents de la PNH formés en Colombie24 agents de la Police Nationale d’Haiti sont de retour en Haïti, après avoir participé en Colombie, à une formation financée par le gouvernement des Etats-Unis sur le Kidnapping et le trafic de la drogue. 
Cette formation qui a été rendue possible grâce aux ambassades américaines de Port-au-Prince et de Colombie et organisée par la Police Nationale de Colombie, à leur centre de formation situé dans la jungle, est le début de ce qui s’annonce un modèle de formation régionale à long-terme.  Cette formation souligne l’engagement des Etats-Unis à renforcer la capacité de la Police Nationale à travers des opportunités de formations innovatrices. 
Ce même groupe de policiers devrait retourner en Colombie en 2011 pour une deuxième phase qui mettra l’accent sur les opérations et la planification urbaines pour le contrôle de troubles civiles.

 

Première mission du Paraguay en Haïti
HAITI LIBRE – 27/12/2010 15:44:34

Haïti - Humanitaire : Première mission du Paraguay en HaïtiUn contingent paraguayen est arrivé en Haïti peu avant Noël pour participer à la reconstruction du pays, dans le cadre de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah). C’est la première mission d’aide humanitaire que déploie le Paraguay dans un pays étranger.
Composé de cinq officiers supérieurs, 15 subalternes et 80 sous-officiers, ces hommes ont été formés pendant 3 ans au Centre d’entrainement conjoint des opérations de la Paix. Avant de partir, Lorenzo Jimenez, le représentant de l’ONU au Paraguay, a remis le drapeau de l’organisation mondiale au commandant de la compagnie.
Ce contingent de la Marine et de l’armée de l’air paraguayenne, équipés de camions, d’excavatrices et de tracteurs, effectuera des travaux de constructions de routes, de logements et de forages de puits et de purification de l’eau.
Rappelons qu’un mois après le séisme de janvier dernier, le Paraguay avait créé une commission permanente pour évaluer les besoins d’Haïti et fournir une assistance pour le développement dans quatre domaines spécifiques: Travaux publics, santé, assainissement et l’agriculture.

 

Derrière l’épidémie de choléra
Haiti-Choléra/Recontruction : Une situation d’extrême urgence

Enquête dans le cadre du partenariat médiatique « Ayiti Je Kale »*, dont AlterPresse fait partie

P-au-P., 27 déc. 2010 [Ayiti Kale Je / AlterPresse] — Chaque 30 minutes, une personne meurt du choléra en Haïti.

Au cours des six premières semaines de l’épidémie, plus de 2000 personnes, et probablement beaucoup plus, ont succombé au choléra. Quelque 100 000 personnes ont atteint les hôpitaux, mais d’innombrables autres n’y sont jamais parvenues en raison de la dévastation des routes et du manque de centres de soins adéquats. Le 17 décembre, le nombre officiel de morts s’élève à 2.535, avec un taux de mortalité de 2 pour cent.

Mais dans la Grande Anse, dans les premières deux semaines de décembre, la fatalité est plus proche de 12 pour cent. On transporte les malades sur des planches de contreplaqué, pendant parfois quatre heures, tandis que la diarrhée et la vomissure éclaboussent les transporteurs et dégoulinent dans leurs sillages, infectant de nouvelles communautés.

Près de la capitale, il y a une géante « piscine d’excreta » de la périphérie nord de la capitale, qui contient des milliers de litres d’excréments, certains probablement infectés par le choléra. La fosse est située à 2 kilometres de la Baie de Port-au-Prince, et au-dessus de la nappe phréatique de la Plaine du Cul de Sac.

Plusieurs médias ont déjà couvert l’éclosion du choléra.

Ils ont enquêté sur l’origine du choléra en Haïti. Ils ont fait état des « ravages » de l’épidémie dans le pays et réalisé d’innombrables articles sur les élections, les manifestations et autres sujets d’actualité « au temps du choléra », dans un pays « occupé » et « sinistré ».

Les articles sont surmontés de titres truffés d’adjectifs et se réfèrent à un pays « ravagé par le séisme » et « dévasté par le choléra ».

En utilisant la voix passive, on donne l’impression que ces catastrophes arrivent naturellement, comme la foudre. Mais c’est faux.

Les Haïtiens ne courent pas tous les mêmes risques. Le choléra est une maladie des pauvres, des sans-voix. Une maladie des pauvres des pays pauvres. Le choléra se propage dans les conditions d’insalubrité, là où l’eau manque et où les systèmes de santé sont insuffisants.

Si l’on comprend maintenant que le Vibrio cholera est arrivé en Haïti avec les Casques Bleus et qu’on peut en limiter les ravages avec un accès à de l’eau potable et des installations sanitaires, avec un bon système de santé, une bonne hygiène et des vaccins, on comprend moins bien comment réunir toutes ces conditions avant que des milliers de personnes succombent à la maladie.

Et même si on parvient à vaincre le choléra, des douzaines d’autres maladies véhiculées par l’eau menacent Haïti.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, 1,4 million de personnes meurent annuellement de maladies hydriques – soit quatre personnes par minute – principalement en raison du manque ou de la mauvaise qualité de l’eau et des installations sanitaires. [akj apr 27/12/2010 16:30]

………………

* « Ayiti Kale Je » (http://www.ayitikaleje.org/) est une initiative de partenariat médiatique en vue d’assurer des investigations journalistiques sur la reconstruction d’Haïti suite au séisme dévastateur qui a frappé le pays et fait 300.000 morts et autant de blessés.

Le Groupe Médialternatif est un des partenaires de cette initiative, à travers son agence multimédia AlterPresse (http://www.alterpresse.org/), avec la Société pour l’Animation de la Communication Sociale (SAKS – http://www.saks-haiti.org/). Deux réseaux participent également : le Réseau des Femmes Animatrices des Radios Communautaires Haïtiennes (REFRAKA) et l’Association des Médias Communautaires Haïtiens (AMEKA), qui est composé de stations de radios communautaires à travers le pays.

(Source de la photo : http://goatpath.wordpress.com/

 

Haiti-Cholera : Quelle place pour un vaccin ?

ALTERPRESSE / lundi 27 décembre 2010

Débat

Par le docteur Bernard Liautaud *

Le recours au vaccin contre le cholera en Haïti a été discuté très tôt au début de l’épidémie de choléra en Haïti par la Pan American Health Organization (PAHO) et des échos de ces discussions avaient été rapportés dans le New-York Times dès le 25 octobre 2010.

Plus récemment le docteur Gérard Chevallier enquêtant en Haïti avec le professeur Renaud Piarroux et les autorités haïtiennes jugeait que l’épidémie est « inhabituelle et sévère ». Il soulignait que « Les notifications sont imparfaites, et qu’il il y a des zones où des personnes meurent et personne ne le sait ». (voir journal Le Monde du 21 novembre 2010).

Beaucoup s’interrogent encore sur l’absence d’un programme de vaccination pouvant contribuer à prévenir l’extension d’une épidémie que l’OMS prédit catastrophique avec des centaines de milliers de victimes.

Existence de vaccins efficaces :

Des vaccins contre le cholera existent qui pourraient être utilisés en Haïti. Le mieux testé et le seul déjà validé par l’OMS est le Dukoral®. Il est constitué d’une part de Vibrio cholerae O1 (biotype classique et El Tor, serotypes Inaba et Ogawa tués) et de la sous-unité B de la toxine cholérique obtenue par recombinaison génétique. La souche isolée en Haïti est du serotype Ogawa, et donc couverte par le Dukoral. Trois essais cliniques ont établi l’efficacité de la protection à 85% et elle se maintient au-delà de 2 ans pour les adultes et les enfants de plus de 6 mois. Dukoral a été agréé dans 60 pays, et a été utilisé dans les camps de réfugiés de l’Indonésie, du Soudan, de l’Ouganda et dans les bidonvilles du Mozambique. Le vaccin se donne par voie orale en 2 prises espacées de 7 jours. Le fabriquant est SBL Vaccin AB. Ce vaccin offre l’intérêt d’une protection supplémentaire contre un agent très fréquent de diarrhée sévère, l’Escherichia coli entérotoxicogénique.

Un autre vaccin oral le Sanchol® a été mis au point en Corée du Sud et il est produit en Inde par une filiale de Sanofi-Aventis, la Shanta Bioethics. Il est constitué de Vibrio cholerae O1 et ne protège pas contre E.coli. Utilisé au Vietnam ce vaccin se donne aussi par voie orale en 2 ou 3 prises et a une efficacité de 66%. Il est en attente de validation par l’OMS.

Accès réaliste à la vaccination cholérique par les haïtiens ?

Une question vient à l’esprit : pourquoi mettre au point des vaccins si c’est pour les garder en tiroirs ou les réserver aux seules organisations humanitaires capables de payer et ne pas les utiliser quand une épidémie se développe ?

L’un des arguments pour ne pas lancer en octobre un programme en Haïti était qu’il était déjà trop tard pour une campagne de vaccination puisque la protection n’intervient, au mieux, que 3 semaines après le début de la vaccination. Deux autres arguments semblent avoir paralysé la PAHO : la lourdeur connue des campagnes de mobilisation vaccinale de masse et surtout, le prix « prohibitif » des vaccins : US$ 40,00 à 60,00 pour les 2 doses de Dukoral et US$ 1,00 à 2,00 pour le Sanchol. Selon le Dr Chevallier « Une campagne de vaccins nécessiterait d’importantes infrastructures et trois fois 12 millions de doses. Cela prendrait des mois avant d’avoir des résultats et retarderait la réponse sanitaire ». Il faudrait donc se replier sur le renforcement des mesures d’hygiène préventive et la prise en charge la plus précoce possible des patients déshydratés.

Il est pourtant évident que le gigantesque déficit de sanitation en Haïti va persister pendant des années et que l’adduction d’eau potable dans les villages totalement négligés par les dirigeants d’Haïti ne sera pas comblée de sitôt. Les recommandations d’hygiène et d’utilisation du chlore pour désinfecter l’eau sont difficilement à portée des villages reculés dont la seule source d’eau potable et pour la toilette restera pour longtemps encore constituée par le cours d’eau du voisinage. Et si dans un camp de personnes déplacées dans le plateau central on ne dispose que de 200 latrines pour 51.000 personnes, cela signifie que ces camps relativement épargnés jusqu’ici restent à haut risque au moindre écart de gestion d’eau potable. De nombreuses contaminations continueront à se faire après la prise en charge en phase aigue des plus de 400.000 personnes qui vont être touchées selon la PAHO et la sanitation est une exigence nationale et un challenge surtout pour le futur.

On est au prime abord choqué par le renoncement à un outil capable d’empêcher des décès massifs parce que cela serait trop coûteux. Mais ceux qui côtoient les décideurs de santé publique savent bien que des vaccins contre l’hépatite B ou contre la Typhoïde (autre épidémie attendue en Haïti, liée au péril fécal), les vaccins contre la méningite (redoutée dans les camps), voire encore les nouveaux vaccins contre le cancer du col ne sont pas à la portée de la majorité des pays à ressources limitées qui en auraient besoin.

Mais voilà que des voix d’experts se lèvent en face du drame haïtien pour appeler à un assouplissement du dogme de la PAHO.

D’abord trois experts, dans l’édition du 24 novembre 2010 du New England Medical Journal ont exprimé leurs regrets face à la non disponibilité des vaccins pour la population. Ils évoquent les bénéfices énormes qu’aurait offert la vaccination, y compris dans la prévention d’une extension aux bidonvilles de Santo Domingo et un apaisement de la tension à la frontière des 2 pays voisins. L’extension à d’autres pays fait que le cholera est déjà une préoccupation régionale et non plus uniquement haïtienne.

Puis les études de la souche haïtienne du vibrion publiées le 9 décembre et le rapport d’enquête épidémiologique du Professeur Piarroux ont souligné le caractère explosif de l’épidémie haïtienne et l’hypervirulence de la souche importée d’Asie. Sous la pression, une réunion d’experts s’est tenue à Washington le 17 décembre sous les hospices de la PAHO et celle-ci envisage désormais de procéder à un essai de vaccination en Haïti vers mars et avril, car ils ont découvert que les stocks de vaccins Sanchol disponibles sont plus importants qu’on ne l’avait cru. Selon le Dr Ciro de Quadros de l’Institut Sabin de vaccination, à eux deux les fabricants actuels pourraient produire 2 à 3 millions de dose de vaccin contre le cholera par an.

Pour des raisons logistiques incontournables et vu le retard pris il est donc impossible d’envisager dans l’immédiat une vaccination à grande échelle pour protéger les populations exposées. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il faudrait y renoncer pour les zones les plus à risques comme les bidonvilles. Contrairement au Sanchol, le Dukoral a déjà subi plusieurs essais cliniques et il est déjà agréé par l’OMS, faudra-t-il obligatoirement attendre les essais du Sanchol en Haïti pour une l’adoption d’un programme vaccinal ? On ne peut pas dire qu’une accélération de production soit hors de portée de l’industrie pharmaceutique après l’impressionnante démonstration de ses capacités de créer et produire massivement un nouveau vaccin contre le virus H1N1 responsable de la dernière épidémie de grippe….Question de coûts ? Certes, on se heurte à la brutale réalité économique d’une Haïti devenue totalement dépendante de l’aide externe. La responsabilité de militaires de l’ONU déplacés d’une zone d’épidémie vers Haïti et de possibles négligences de génie sanitaire ont été incriminés dans l’origine de l’explosion épidémique dans la Caraïbe. Une demande des autorités haïtiennes pour un engagement de l’Organisation dans un programme vaccinal pourrait avoir un accueil d’autant plus favorable que l’enquête ouverte par les Nations Unies elles-mêmes mettra du temps avant une conclusion ferme. Enfin seule une organisation d’envergure a la capacité de négocier à la baisse les prix des vaccins avec les fabriquants.

Objectifs réalistes à court et moyen terme : Si la vaccination de masse reste problématique, rien n’empêche de se pencher sur des catégories particulièrement vulnérables qui devraient pouvoir bénéficier des stocks de vaccins déjà disponibles chez les fabricants.

1. Les travailleurs de santé haïtiens et étrangers qui s’occupent des patients dans les Centres de Traitement du cholera (CTC) et qui sont malgré les précautions sanitaires plus exposés aux éclaboussures d’ excreta humains. Certains infectiologues considèrent que des contacts secondaires avec des patients en phase diarrhéique aigue pouvaient être infectants malgré un inoculum faible. Une telle contamination secondaire a probablement eu lieu pour le premier patient diarrhéique rapatrié d’Haïti en Martinique et trouvé porteur de cholera.

2. Les personnes fragilisées par une autre pathologie apportant un risque supplémentaire d’évolution sévère : patients ayant une basse acidité gastrique soit pathologique soit entretenue par médicaments anti-acides, patients VIH et ceux atteints d’autres pathologies graves.

3. Les personnes travaillant dans la restauration et dans la manipulation des aliments destinés à la commercialisation. La campagne erronée conduite contre la consommation des poissons et fruits de mer aura endommagé l’économie de plus de 300.000 familles vivant de la pêche en Haïti. Une fois bien cuits et non contaminés ensuite par de l’eau polluée ou par une personne porteuse de cholera, il n’y a pas plus de danger à consommer la viande que le poisson. Une vaccination prioritaire dans ces secteurs professionnels s’ajoutant à un resserrement des normes d’hygiène pourrait toutefois recréer la confiance des consommateurs et, en consultation au plus tôt avec les pays importateurs, prévenir d’éventuelles restrictions à l’exportation qui seraient catastrophiques.

4. Les personnes contraintes de vivre de façon prolongée à plus de 3 heures des centres de soins du cholera

Cela fait déjà beaucoup de candidats potentiels au vaccin… Il ne s’agit ici que de suggestions et de pistes non limitatives, la responsabilité et les choix relevant en dernière instance du MSPP. Mais on peut difficilement accepter que les vaccins contre un cholera qui tue ne restent accessibles qu’aux voyageurs, aux étrangers des organisations humanitaires ou encore aux missions diplomatiques et militaires en Haïti.

* Membre fondateur du GHESKIO et des Centres GHESKIO
Service des Maladies Infectieuses et Tropicales de Fort-de-France

 

Point de vue

Haïti : vers une solution constitutionnelle, consensuelle et haïtienne

LEMONDE.FR | 27.12.10 | 09h34

« Si l’on voit où les bonnes têtes ont mené la France, a écrit le comte de Mirabeau, il ne serait pas mauvais d’essayer les mauvaises. » Dans le cas d’Haïti, il sied d’inverser cette citation et se dire de préférence, si l’on voit où les mauvaises têtes, incluant la Minustah, ont mené ce pays, il serait temps d’essayer les bonnes. Pari fort risqué cependant que de croire qu’après une course bicentenaire vers le quai du désastre et de la tragédie, il serait encore possible de recruter une bonne tête parmi l’élite politique et créole haïtienne. Une tête bien faite et unificatrice, capable de forger un vivre ensemble, de fédérer les énergies, les talents et l’intelligence collective autour d’un nouveau contrat social.

Pour trouver une solution constitutionnelle à la présente crise, il faut une figure politique d’envergure, susceptible d’instituer une opposition d’alternance et de gouvernement face à la constellation formée par le parti Unité. Autrement dit, la solution à la crise haïtienne suppose comme préalable un leadership fédérateur d’une opposition fragmentée et, de surcroit, terrifiée par l’idée d’affronter un adversaire coriace supposément impopulaire mais, de toute évidence, mieux organisé et craint. Qui a raflé 60 % des élus du premier tour à la chambre des députés sans susciter, paradoxe haïtien, trop de contestation. Par-delà ce paradoxe, comment expliquer le désarroi de l’opposition quant Madame Mirlande Manigat dispose d’une avance quasi-irrécupérable sur l’ennemi commun qu’est le Parti Inité ?

De l’impératif d’un leadership fédérateur de l’opposition comme préalable à une solution constitutionnelle de la crise haïtienne

« Tout le monde veut gouverner, personne ne veut être citoyen. Où est donc la cité » comme lieu du bien commun et du vivre ensemble, s’interrogea le Montagnard Louis Antoine de Saint-Just ? Tel est donc le paradoxe comportemental, fondateur de la suite ininterrompue de crises politiques haïtiennes. Telle est également l’une des causes du destin tragique imposé au peuple haïtien depuis 206 ans de gouvernance créole et depuis 6 ans de tutelle onusienne. Il y a donc lieu de se poser la question suivante : si tous les membres de l’opposition veulent se faire élire président à un hypothétique second tour de scrutin, où est donc la cité haïtienne, c’est à dire « le bien commun » et le « vivre ensemble » ? Pourtant, ceux-ci devaient l’emporter sur les divisions et ambitions présidentielles des membres de l’opposition. Ne sommes-nous pas sommés par les circonstances exceptionnelles qui sont celles d’Haïti de faire preuve de civisme, d’abnégation, de patriotisme, de désintéressement, de pragmatisme et de maturité politique ? Où est l’avatar haïtien de Nelson Mandela ou de Charles De Gaule ou encore de Thomas Jefferson ? L’opposition compte-t-elle dans ses rangs des descendants de Dessalines et de Toussaint Louverture ? Sommes-nous dignes de l’héritage de ces Titans de l’épopée de l’indépendance ? On peut en douter.

Autrement, on aurait consenti les sacrifices requis pour ériger le vivre ensemble et le bien commun en principes directeurs des actions à envisager. Une issue constitutionnelle à la crise est encore possible, pour peu que l’opposition s’y investisse. N’est-ce pas vrai que le mot crise juxtapose en chinois deux caractères, qui signifient respectivement « menaces » et « opportunités ». La présente crise n’offre-t-elle pas une opportunité abyssale d’instituer une opposition d’alternance et de gouvernement ; et ceci, en lieu et place des groupuscules insignifiants qui polluent l’écosystème politique haïtien ? Il manque l’essentiel : une figure politique d’envergure et fédératrice.

Une opposition unifiée autour d’un leadership fédérateur ferait fondre tout avantage virtuel ou réel du parti présidentiel au second tour

L’émergence d’un leadership fédérateur de l’opposition face au parti Inité dans le cadre d’un second tour sous la codirection opérationnelle de la communauté internationale, éliminerait tout avantage virtuel ou réel dont disposerait Inité sur le terrain. Cela aurait permis à l’opposition unifiée de gagner les législatives et d’ainsi prévenir une cohabitation obligée avec son adversaire. C’est ici que le dicton chinois selon lequel « lorsque les hommes travaillent ensemble, les montagnes se changent en or », s’avère plus que pertinent. Voilà une occasion en or pour l’opposition haïtienne d’expérimenter cette citation d’Henry Ford : « se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ; travailler ensemble est la réussite. »

La présente crise n’offre-t-elle pas l’occasion à l’opposition haïtienne de travailler ensemble contre l’ennemi commun qu’est l’Inité? Cela est d’autant plus indiqué que son poids électoral représente plus de 75 % du vote exprimé au premier tour. Que l’opposition paraphrase Ronald Reagan et se dise: « si ce n’est pas nous, c’est qui ? Et si ce n’est pas maintenant, c’est quand ? » Si ce n’est pas maintenant, ce sera trop tard pour une opposition myope et divisée. À trois au second tour, ils triplent les chances de Jude Célestin de l’emporter ; A 18, ils la décuplent. Pourtant, une opposition fédérée et unifiée aurait certainement congédié le prévalisme, une doctrine anarcho-populiste aux rendements négatifs. Du coup, une telle opposition se transformerait en une institution prééminente, capable de canaliser et d’optimiser les inputs de la communauté internationale et d’en dégager la meilleure synergie possible.

En tant que doyenne de l’opposition et meneuse au premier tour, Mirlande Manigat peut-elle s’avérer la figure fédératrice de l’opposition face à Inité au Second tour ?

La solution préconisée ci-dessus est porteuse d’un nouveau paradigme en matière de gestion de crises et de conflits en Haïti. Un paradigme axé sur le dialogue intra-haïtien, sur la quête du compromis, du consensus, de la réconciliation, du bien commun et d’un meilleur vivre ensemble. Ce serait là l’étincelle d’une dynamique vertueuse et transformationnelle. À l’instinct politique et au pragmatisme du président Préval, l’opposition doit opposer le civisme et un pragmatisme politique plus redoutable. Là encore, Saint-Just s’avère inspirant lorsqu’il dit, parlant de son temps, que « la tragédie est la politique. » Selon lui, « le peuple n’a qu’un ennemi dangereux, c’est son gouvernement. » En Haïti, c’est aussi l’opposition, le CEP et peut-être la Minustah. C’est ici que se pose dans toute son acuité la problématique d’un Mandela haïtien. Sans incarner le leadership requis, Mme Manigat, gagnante du premier tour, demeure une alternative en tant que doyenne de l’opposition. Pour peu que cette dernière s’affranchisse de sa myopie historique et privilégie le primat du bien commun et non de l’esprit partisan, elle peut transformer la présente crise en un pont d’or vers un meilleur avenir collectif en Haïti. A suivre.


Wilson Saintelmy est aussi fondateur de la revue Gouvernance, Université d’Ottawa, doctorant en droit.

Wilson Saintelmy, expert en gouvernance

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