REVUE DE LA PRESSE – MARDI 28 DECEMBRE 2010

28 Déc

Haïti – Élections :

 Tous les détails sur l’entente OEA, Gouvernement, CEP
HAITI LIBRE – 28/12/2010 14:51:21

Haïti - Élections : Tous les détails sur l’entente OEA, Gouvernement, CEPAlbert Ramdin, Secrétaire Général adjoint de l’Organisation des États américains (OEA) a annoncé hier soir que le gouvernement haïtien et le Conseil Électoral Provisoire (CEP) avaient acceptés les conditions posées par l’OEA pour la bonne exécution de sa mission de vérification. Il a fait savoir qu’en vertu de cette entente « les experts techniques auront un accès illimité à l’information et aux bâtiments, et pourront examiner les procès-verbaux des résultats et les procédures suivies pour déterminer l’issue du scrutin. »
Maintenant que cette entente est approuvée, espérons que l’équipe de l’OEA se mettra rapidement au travail en toute « indépendance » et que les résultats de sa mission rendrons justice à nos concitoyens. La mission n’est pas limitée dans le temps et se veut exhaustive. »

Accord entre le Secrétariat Général de l’Organisation des États Américains,
Le Gouvernement de la République d’Haïti
et le Conseil Électoral Provisoire
sur la mission d’experts de de la mission d’observation électorale conjointe de
l’Organisation des États Américains et de la Communauté des Caraïbes

LE SECRÉTARIAT général de l’Organisation des États Américains (« SG/OEA »), le Gouvernement de la République d’Haïti et le Conseil électoral provisoire (« CEP »), Parties au présent Accord,
CONSIDÉRANT :
Que le 4 août 2010, le SG/OEA et le Gouvernement de la République d’Haïti ont signé un Accord concernant l’observation des élections du 28 novembre ainsi que d’un deuxième tour qui pourrait en découler, le cas échéant, en Haïti, (« Accord P&I »), et que le 9 novembre 2010, le SG/OEA et le CEP ont convenu d’un Accord avec le CEP concernant ces mêmes élections (« Accord d’observation »);
Que pour accomplir leurs fonctions aux termes de ces Accords, le SG/OEA et la CARICOM ont créé la Mission d’Observation Électorale Conjointe de l’Organisation des États Américains et de la Communauté des Caraïbes (« MOEC ») en vertu de l’Accord de coopération signé entre le SG/OEA et la Communauté des Caraïbes le 22 octobre 2010;
Que le 13 décembre 2010, le Président de la République d’Haïti, l’Honorable René Préval, a demandé à l’OEA d’envoyer une mission d’experts dont les objectifs sont établis ci-dessous (la « Mission »). Le Secrétaire général de l’Organisation des États Américains (« OEA »), José Miguel Insulza, a accédé à la demande le 15 décembre 2010, selon les conditions établies ci-dessous;
Que le 17 décembre 2010, lors d’une réunion avec le Secrétaire général adjoint de l’OEA, l’Ambassadeur Albert R. Ramdin, le Président de la République d’Haïti et le Directeur général du CEP, Pierre-Louis Opont, ont indiqué que l’accès de la Mission à tous les documents, au matériel et à toute autre information demandée par la Mission pour réaliser sa tâche ne serait pas limité,

DÉCIDENT:

1. Que l’Accord P&I et l’Accord d’observation doivent tous deux demeurer en vigueur selon les conditions qu’ils contiennent, et le présent Accord doit être interprété de façon conséquente avec ces Accords.

2. La Mission sera composée d’experts en droit, en statistique, en technologie électorale et en technologie de l’information (« Experts »), choisis par des membres du SG/OEA en consultation avec les gouvernements du Canada, de la France et des États-Unis d’Amérique. En tant que membres de la MOEC, ils jouiront de tous les privilèges et immunités conférés aux membres de la MOEC aux termes de l’Accord P&I et de l’Accord d’observation.

3. Les objectifs de la Mission sont les suivants:

  • Réviser, dans la mesure que la Mission jugera appropriée, et à la lumière du droit et des normes applicables, les pratiques, procédures et procédés appliqués lors des élections présidentielles du 28 novembre 2010 en ce qui concerne les résultats de celle-ci;
  • Fournir au CEP, et rendre public immédiatement lorsqu’il est terminé, un rapport sur les questions révisées en vertu du paragraphe 3 a ci-dessus, y compris, sans toutefois s’y limiter, les conclusions concernant l’exactitude du processus de tabulation ainsi que tout ajustement le cas échéant pour rendre plus exacts les résultats tabulés, de même que les recommandations correspondantes;
  • Accroître la confiance du peuple haïtien dans le résultat final de l’élection du 28 novembre 2010.

4. Pour atteindre ses objectifs, la Mission doit faire ce qui suit:

  • Examiner les feuilles contenant les résultats ou procès-verbaux (« PV ») des bureaux de scrutin et tout autre document électoral que la Mission jugera pertinent;
  • Réaliser des entrevues avec des chefs de partis politiques, des candidats à la présidence, des dirigeants d’organisations non gouvernementales qui ont participé au processus d’observation des élections, ainsi qu’avec d’autres intervenants importants dans le processus, choisis par la Mission;
  • Prendre toute mesure qu’elle juge nécessaire pour faire enquête.

5. Le CEP garantira à la Mission un accès illimité à toute personne et lui fournira tous les documents, toute l’assistance et toute l’information qu’elle jugera utiles pour atteindre ses objectifs, y compris mais sans s’y limiter:

  • Tous les PV originaux, y compris ceux qui auront été rejetés pour les résultats préliminaires, la liste électorale partielle, les feuilles de dépouillement du scrutin/de comptage, et les déclarations d’irrégularités de chaque bureau de scrutin;
  • Une analyse statistique de tous les résultats pour identifier des anomalies dans ces résultats, y compris des échantillons spécifiques à des fins statistiques demandées par la Mission;
  • Toutes les comparaisons des PV avec les listes électorales partielles;
  • Tous les PV mis de côté ainsi que les documents d’appui (registre des électeurs /listes partielles, feuilles de dépouillement du scrutin/de comptage et PV d’irrégularités et d’incidents), y compris l’accès aux documents des bureaux de vote qui n’ont pas transmis de résultats le jour de l’élection;
  • Un accès illimité aux experts du Centre de tabulation des votes (CTV) et l’aide des experts et du personnel du CTV pour fournir les PV, ainsi qu’à toute autre personne ayant des connaissances relatives au processus électoral;
  • Une révision comparative des PV ainsi que des documents d’appui de chaque bureau de scrutin avec les résultats préliminaires publiés par le CEP.

6. Le CEP fera tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir de tous les partis politiques et de tous les candidats à la présidence pour la Mission, leurs copies carbone des PV, si disponibles, des divers bureaux de scrutin.

 

75 Haïtiens arrivent sans visa à Paris

Ils attendent depuis une semaine dans les aéroports parisiens d’être fixés sur leur sort.

Par Europe1.fr avec AFP / Publié le 28 décembre 2010 à 21h40

Haïti - France : 75 haïtiens arrêtés à l’aéroport d’Orly et Charles de GaulleIls disent fuir la misère ou les violences politiques. Des dizaines d’Haïtiens sont arrivés la semaine dernière en France sans visa, deux semaines avant le premier anniversaire du séisme qui a dévasté leur pays. Ils attendaient mardi dans les aéroports parisiens d’être fixés sur leur sort.

« Il doit y avoir un organisateur »

Ils sont au moins 75 à être arrivés, en deux vagues, jeudi et dimanche, à Orly et Roissy. Munis de simples visas de transit, ils ont été interpellés par la police aux frontières (PAF) et placés en zone d’attente. Leur arrivée « n’est pas spontanée, il doit y avoir un organisateur », estime une source préfectorale.

A Bobigny et à Créteil, un juge des libertés et de la détention (JLD) a ordonné lundi la remise en liberté de 31 d’entre eux principalement parce qu’ils ont de la famille en France et disposent à ce titre de « garanties de représentation suffisantes ». A l’initiative du parquet de Créteil, quinze cas devraient être réexaminés mercredi par la Cour d’appel de Paris. Le parquet de Bobigny, lui, n’a pas fait appel. La quarantaine d’autres Haïtiens, arrivés dimanche, devraient être présentés jeudi à un JLD, selon une source judiciaire.

« La France, c’est le seul moyen de sauver ma vie »

A Haïti, « il y a le problème de la misère, de la faim, une crise politique. Le pays est bouleversé (…) La France, c’est le seul moyen de sauver ma vie », dit par téléphone Marie-Gerda, 24 ans, retenue depuis jeudi dans la zone d’attente d’Orly et dont le père réside en banlieue parisienne. « On vient en France parce qu’ici on peut nous comprendre, parce qu’il y a beaucoup de Français qui nous aident en Haïti et qui savent ce qu’est vraiment la situation là-bas », confie Erline, également retenue à Orly.

Face à cette situation, le Réseau éducation sans frontières (RESF) s’est empressé de dénoncer une « injustice » en rappelant que près de 200 enfants haïtiens adoptés avaient, eux, été accueillis en grande pompe en France la semaine dernière. RESF estime également que l’engagement pris au lendemain du drame de faciliter le regroupement familial des Haïtiens en France n’a pas été respecté par le gouvernement.

 

Renforcement de la capacité institutionnelle du gouvernement haïtien
HAITI LIBRE – 28/12/2010 12:11:12

Haïti - CARICOM : Renforcement de la capacité institutionnelle du gouvernement haïtienDes fonctionnaires de la CARICOM (Caribbean Community) se réuniront avec leurs homologues haïtiens les 5, 6 et 7 janvier prochain en vue d’élaborer des propositions à soumettre à la Commission intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) en accord avec le Premier ministre haïtien Jean Max Bellerive.
Cette réunion permettra également de discuter et de finaliser d’autres dispositions visant à renforcer la capacité institutionnelle du gouvernement haïtien. L’initiative prévoit également d’ajouter à cette rencontre, des représentants du secteur privé et de la diaspora haïtienne. Des experts en administration publique et en politique budgétaire feront aussi partie du groupe de spécialistes qui travailleront directement avec le gouvernement haïtien.
Selon les organisateurs, l’amélioration des capacités institutionnelles en Haïti était une idée promue par l’ancien Premier ministre jamaïcain Percival Patterson, au cours d’une récente visite en Haïti avec le chef du gouvernement. Les deux parties avaient conclu un accord pour réviser le plan national de relance et de développement en Haïti.
Grâce à la CIRH, la CARICOM entend mettre en œuvre rapidement des projets prioritaires pour l’administration d’Haïti. La CARICOM offrira également du personnel qualifié pour mettre au point un ordre du jour par ordre de pertinence.

 

110 haïtiens boursiers feront leurs études au Bénin
HAITI LIBRE – 28/12/2010 08:20:08

Haïti - Bénin : 110 haïtiens boursiers feront leurs études au BéninAprès le Sénégal et ses 163 boursiers, c’est au tour du Bénin d’ouvrir les portes de ses universités à 110 jeunes haïtiens. Le Bénin avait proposé en septembre dernier d’accueillir des étudiant boursier dans ses universités. Toutefois cet accord a pris du temps à se concrétiser en raison de certains antécédents dans les affaires de bourses entre les deux pays.
« En arrivant au ministère en 2008, nous avons découvert qu’une vingtaine de jeunes boursiers du ministère des Sports au Bénin se trouvaient dans une situation difficile et une quinzaine d’autres étaient abandonnés à eux-mêmes sans pouvoir étudier. On ne pouvait rien réclamer de l’Etat du Bénin vu qu’aucun accord ne nous liait sur les conditions de l’octroi de ces bourses » a fait savoir le Ministre des Sports, Evans Lescouflair. « Nous avons exigé que le gouvernement du Bénin s’engage dans un accord entre l’État du Bénin et l’Etat haïtien qui précise les conditions dans lesquelles seront reçus, formés, nourris et logés les ressortissants haïtiens par le biais du ministère des Affaires étrangères avant d’accepter ces bourses. »


Le Bénin a répondu officiellement et positivement a ces exigences en signant un accord avec l’État haïtien pour recevoir, héberger, et offrir à 110 jeunes haïtiens le cadre nécessaire à leur formation supérieure :

  • Sciences administratives (Marketing et Management des Organisations, Planification, Gestion des transports et logistiques)
  • Sciences Economiques et Financières (Economie et Finance Internationale, Analyse et politiques économiques)
  • Sciences Biologiques et Environnementales (17 filières)
  • Sciences humaines et sociales ( Journalisme, Economie et vulgarisation rurale)
  • Sciences et Techniques (Sciences et Techniques de l’information, informatique et gestion statistique, génie informatique et télécommunication).

Les inscriptions pour les bourses du Bénin ont eu lieu du 16 au 21 décembre 2010 le concours d’admission le 23 décembre. Les 110 jeunes qui seront sélectionnés devraient quitter Haïti entre le 3 et le 6 janvier prochain à destination du Bénin pour entamer leurs études universitaires.

 

Haïti – Épidémie : Don d’une usine de traitement de l’eau
HAITI LIBRE – 28/12/2010 11:26:50

Haïti - Épidémie : Don d’une usine de traitement de l’eauLes ONG Pharmaciens Sans Frontières (PSF) et Enfants Sans Frontières finalisent l’envoi en Haïti d’une usine de traitement d’eau d’une capacité de 150.000 litres d’eau par jour, ce qui permettra de répondre aux besoins de 10.000 personnes.
Comme l’a signalé hier PSF, assurer l’accès à l’eau potable, grâce à l’installation d’une usine de traitement de l’eau, est l’une des mesures les plus efficaces pour prévenir la propagation du choléra. Outre l’installation de l’usine de traitement de l’eau, PSF en collaboration avec l’Agence Espagnole de Coopération Internationale (AECI) enverra sérums, gels, désinfectants et de matériel pour administrer par intraveineuse du sérum aux patients.
La mise en œuvre de ce projet a été rendue possible grâce à des fonds collectés au cours d’une campagne menée après le séisme de janvier dernier, impliquant de nombreuses institutions du secteur pharmaceutique, des écoles, des pharmacies de détails et des universités.

 

Haïti – Santé : Fidel Castro, 12 ans de collaboration cubaine
HAITI LIBRE – 28/12/2010 09:56:09

Haïti - Santé : Fidel Castro, 12 ans de collaboration cubaineFidel Castro, le leader de la Révolution cubaine, lors d’une de ses réflexions à la presse, a retracé l’histoire de la coopération médicale entre Cuba et Haïti.
Il a rappelé qu’à la fin des années 90, après la fin de la dictature de Duvalier et des Tontons Macoutes « imposé depuis des décennies par les États-Unis » et la mise en place d’un gouvernement élu par le peuple d’Haïti, Cuba avait envoyé 100 médecins exercer dans ce pays [4 décembre 1998]. Le premier contingent de jeunes diplômés haïtiens de l’école secondaire, a été envoyé à Cuba pour commencer leurs études de médecine en 1999.
« En 2001, nous avons initié une collaboration avec l’Université de médecine créée par le président Jean-Bertrand Aristide, et nous avons envoyé des professeurs qui ont également travaillé comme médecin au service du peuple haïtien. Quand les yankees ont organisé un coup d’État, l’école de médecine a été transformée en caserne. Environ 270 étudiants et leurs professeurs sont retourné à Cuba poursuivirent leurs études »
Durant cette période, rappelle le leader révolutionnaire, « la mission médicale cubaine a continué a offrir ses services humanitaires en Haïti, malgré les problèmes politiques internes du pays sous l’occupation des puschistes, des troupes yankees ou des forces de la Minustah ».
En août 2005, les 128 premiers étudiants haïtiens de sixième année de médecine, sont rentrés chez eux pour pratiquer aux côtés des médecins cubains et servir en Haïti.
Depuis la seconde moitié de 2006 jusqu’à la seconde moitié de 2010, 625 jeunes médecins haïtiens ont été diplômés à Cuba. Parmi ceux-ci, 240 travaillent dans les établissements médicaux du gouvernement d’Haïti, 125 sont aujourd’hui engagé dans la lutte contre le choléra, dans des Centres de Traitement du Choléra (CTC) ou dans des communautés en collaboration avec des médecins cubains et des diplômés de l’École latino-américaine de médecine de La Havane (ELAM). 72 travaillent dans des centres médicaux d’ONG, 20 dans des «Centres mixtes» et 41 poursuivent des études pour une seconde spécialité médicale à Cuba. 14 étudiants diplômé n’ont pas exercé la médecine en raison de problèmes personnels, de grossesses et de maternité, 4 autres pour des raisons inconnues et 1 est décédé.
109 médecins, travaillent aujourd’hui à l’étranger, principalement en Espagne, aux États-Unis, au Canada, et en France, 1 en Suisse et 4 en Amérique latine. Fidel Castro a tenu à préciser « qu’il ne serait pas correct de porter un jugement sur le choix de ces jeunes médecins haïtiens, parce que leur pays est très pauvre et qu’il manque de ressources et d’emplois, et qu’aucun n’a refusé de servir son pays » Mais comme le rappelle le Leader révolutionnaire cubain, « les médecins formés à Cuba sont très recherché ».

 

Haïti-2010 : Sombre panorama social

Par Gotson Pierre, Pour AlterPresse et America Latina en Movimiento *,   mardi 28 décembre 2010

P-au-P., 28 déc. 2010 [AlterPresse / Alai] — Le panorama social s’est assombri durant les derniers mois en Haiti où les effets du tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010 se conjuguent à des faiblesses récurrentes en matière de services sociaux de base et l’absence d’une politique adéquate pour faire face à la situation.

L’exclusion s’est accrue avec les difficultés d’accès notamment à la santé, au logement, à l’éducation, au travail et à l’alimentation, soit comme conséquence directe du tremblement de terre, soit à cause de déficiences du système en place.

Un malheur de plus

L’épidémie de choléra qui s’est déclenchée dans le pays à la mi-octobre a mis à nu l’incurie des équipes successives qui ont eu les rennes du pouvoir durant plusieurs dizaines d’années.

La maladie, apparue dans le Plateau Central (est), s’est rapidement propagée dans les 10 départements faisant, suivant les chiffres officiels de la mi-décembre, plus de 2600 morts, alors qu’environ 115.000 personnes ont été contaminées.

Une polémique persiste sur l’origine de la maladie et le contingent népalais de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti (MINUSTAH) est mis en cause par la population. Les militaires du Népal, qui a connu des poussées de choléra, sont soupçonnés d’avoir déversé des matières fécales dans un fleuve qui traverse la région où les premiers cas ont apparu.

Au-delà des responsabilités à fixer dans cette question fondamentale, ce qui saute aux yeux c’est l’abandon dont est victime la majeure partie de la population, qui vit dans l’insalubrité la plus totale, sans accès à l’eau potable et à des latrines.

Des opérations d’urgence ont été mises en œuvre afin de distribuer de l’eau, du chlore, des médicaments et des sacs mortuaires dans plusieurs régions, tandis que des campagnes de sensibilisation de la population au respect des principes d’hygiène ont été initiées à la va-vite.

Très rapidement, les autorités locales ont été complètement dépassées et structures d’ONG ou de la coopération internationale se sont empressées d’étendre leurs services d’urgence dans les régions les plus touchées, au moment où l’on craint 400.000 cas d’infection dans les prochains mois.

Des facteurs aggravants de cette situation ne pourront certainement pas être adressés à court terme, notamment en ce qui concerne les besoins en eau potable, assainissement et hygiène.

Des estimations disponibles font savoir que seulement 41 % des 10 millions d’Haïtiens a accès à des latrines dans leurs résidences et 51 % à l’eau potable. Dans les zones rurales dépourvues d’infrastructures collectives, moins de 5 % de la population bénéficie de l’assainissement.

Dans les régions éloignées des villes, dans les bidonvilles de la capitale et des grandes agglomérations, beaucoup de personnes sont mortes sans avoir pu atteindre un poste de santé. La situation a pris une telle proportion dans des régions comme la Grand Anse (Sud ouest) ou le Plateau Central, des franges de la population en viennent à lier le choléra à la sorcellerie. Une vingtaine de personnes accusées de semer une « poudre magique » de choléra a été lynchée.

Elites insouciantes

La propagation du choléra ne peut nullement être vue comme une conséquence du tremblement de terres, qui a fait craindre le déclenchement de vagues d’épidémie dans les régions directement touchées où la promiscuité s’est accrue.

1,5 millions de personnes se sont réfugiées sous des tentes de fortune dans 1300 camps improvisés au lendemain du tremblement de terre. La plupart y sont toujours sans aucun espoir d’accéder à un logement à moyen terme.

Cette réalité a quasiment surpris les élites haïtiennes, alors que depuis longtemps aucune politique de logement n’a été mise en œuvre, livrant le secteur de la construction à l’anarchie.

Résultat : 81% de l’espace bâti dans le pays, avant le séisme du 12 janvier 2010, était des structures fragiles mises en place en dehors des normes, alors qu’avec l’exode rural la pression s’est accrue sur les villes. 72% des habitants de la capitale sont arrivés à Port-au-Prince après 1995, indiquent les experts, qui soulignent que plus des ¾ des 2 millions d’habitants de la capitale sont des sans-abri.

Selon le premier ministre Bellerive, il faudrait 5 milliards de dollars pour offrir à tous ces sinistrés un meilleur abri que des tentes ou des bâches. Mais, ce que souhaitent les sans-abri, c’est plutôt un plan de relogement, qui n’existe toujours pas.

Entre irresponsabilité de l’État et menaces d’expulsion qui affectent environ 17% des camps, des centaines de sans-abri ont à maintes reprises manifesté devant les bureaux du premier ministre pour réclamer des logements décents, en vertu des droits constitutionnels que leur confère la constitution haïtienne.

La question du relogement fait partie de celles qui ont été confiées à des ONG à travers un « Cluster », suivant la formule de l’ONU. Les bailleurs de fonds ont promis de consacrer US$240 millions de dollars à la construction de plus de 100.000 abris transitoires, dont à peine le quart a été construit en un an.

Droits sociaux ignorés

Entretemps, les populations sinistrées demeurent vulnérables aux intempéries et leurs droits sociaux sont ignorés dans un contexte où ces derniers n’ont jamais été véritablement pris en compte.

Les alertes se multiplient sur les risques encourus par les populations démunies de voir s’aggraver par exemple l’insécurité alimentaire qui les frappe. Déjà depuis des années on constatait « un déficit quantitatif et qualitatif dans l’alimentation de la plupart des individus. La majorité des produits de consommation tels le maïs, le riz, le haricot, le sucre, les légumes, le fromage, les fruits, la viande de bœuf ou de chèvre, le poisson, le lait, ne sont pas accessibles aux petites bourses en raison de leur coût élevé sur le marché », selon la Plateforme des Organisations Haïtiennes de Défense des Droits Humains (POHDH).

Pourtant la situation économique s’est encore aggravée après le 12 janvier, privant des milliers de personnes d’un emploi ou d’une activité quelconque qui leur permettait de subvenir à leurs besoins. Les pertes causées par le séisme sont estimées à plus de sept milliards de dollars au niveau des secteurs productifs, dont 70 % dans le secteur privé et 30 % dans le secteur public. 30 % des emplois disponibles avant le 12 janvier ont été perdus.

Les familles ont cependant consenti des efforts surhumains pour envoyer leurs enfants à l’école, même si le nombre d’enfants oisifs s’est accru avec la destruction de 4200 écoles, dont des établissements publics. Aujourd’hui, 500 000 enfants ne sont pas scolarisés, selon les chiffres officiels du ministère de l’éducation nationale, tandis que 80% de l’offre scolaire est aux mains du secteur privé.

Cette réalité a provoqué en octobre dernier la colère de centaines d’élèves et d’enseignants non rémunérés depuis deux ans, qui ont crié leur désarroi devant le ministère de l’éducation nationale. Ces mobilisations se sont soldées par un mort, le normalien Jean Philibert Louis, 35 ans, décédé des suites de ses blessures après avoir été atteint d’un projectile tiré par la police.

A cette occasion, les parents ont encore dénoncé le gouvernement qui refuse de promulguer une loi en faveur de la réduction des frais scolaires, votée au parlement dans l’objectif de diminuer les charges annuelles consenties par les familles en Haïti. [gp apr 28/12/2010 07 :00]

………………

* Mensuel de l’Agence latino-américaine d’information (ALAI)

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