REVUE DE LA PRESSE – MERCREDI 29 DECEMBRE 2010

29 Déc

Alexandre Boniface évoque un risque de guerre civile en Haïti
HAITI LIBRE – 29/12/2010 13:05:01

Haïti - Politique : Alexandre Boniface évoque un risque de guerre civile en HaïtiBoniface Alexandre, l’ancien Président provisoire haïtien (2004 à 2006, après la chute de J. Bertrand Aristide), dit craindre que la crise politique actuelle, ne dégénère en une situation sociale incontrôlable.
« Ce processus électoral, à la phase où il se trouve, peut déboucher sur une guerre civile dont nous serions tous à la fois responsables et victimes » a averti M. Alexandre.
Rappelons que les fraudes massives, au profit du candidat (Jude Célestin) et de la plateforme au pouvoir (INITE), les violences et les intimidations des électeurs lors du scrutin du 28 novembre dernier, ont précédé une vague de manifestations violentes à travers tout le pays, suite à la publication des résultats préliminaires contestés du premier tour. Crise politique qui a fait 5 morts et plus de 96 blessés dont 38 par balles.
Il n’est pas sûr que les résultats du recomptage et des vérifications des procès-verbaux de la mission de l’Organisation des États Américain (OEA) dont les experts doivent arriver à Port-au-Prince aujourd’hui, suffisent à ramener le calme dans une population, dont la patience a visiblement atteint ses limites.
D’autant plus, que l’OEA manque de crédibilité et d’impartialité aux yeux de la population qui voit dans l’entente « OEA – Conseil Électoral Provisoire (CEP) – Gouvernement » une stratégie de la communauté internationale visant à légitimer le candidat du pouvoir Jude Célestin.
Ajoutons à ce cocktail explosif, le deuxième tour prévu initialement le 16 février 2011 qui sera inévitablement repoussé, comme l’a admis le Chef de l’État. Et enfin, le départ du Président René Préval, le 7 février mais qui pourrait, en l’absence d’un président élu pour le remplacer à cette date, jouer les prolongations jusqu’au 14 mai 2011. Ce qui inévitablement, sera perçu par la population comme la volonté du Chef de l’État de rester au pouvoir.
En présence de tout ces facteurs, sans parler de guerre civile, le risque de dérapage majeur est grand.

 

Le mystère du lac Azuéi bientôt résolu
HAITI LIBRE – 29/12/2010 14:59:23

Haïti - Environnement : Le mystère du lac Azuéi bientôt résoluDepuis le 24 décembre, plusieurs centaines de poissons ont été retrouvés morts sur les rives de L’étang Saumâtre aussi connu sous le nom de lac Azuéi et située à une trentaine de kilomètres à l’Est de Port-au-Prince, au sud-est d’Haïti dans la plaine du Cul-de-Sac et jouxtant la frontière, avec la République Dominicaine.
Comme causes probables du décès des poissons, Michel Chancy, le ministre de l’agriculture évoque un possible déséquilibre des matières organiques se trouvant dans le Lac. Hypothèse que semble partager l’agronome Arnoux Séverin, responsable du Programme environnemental transfrontalier (PET), qui cite la teneur en calcaire des tonnes de remblais empilées sur les rives du lac Azuei qui pourrait augmenter l’alcalinité de l’eau du lac. D’un autre côté, la baisse de la température du lac pourrait avoir, des conséquences sur certains poissons, ajoutant que « les tilapias sont la seule espèce ayant été touchée par cette contamination ».
Pierre Garo Nérée, Coordonnateur adjoint de l’association Conscience Citoyenne pour la Protection de l’Environnement d’Haïti (COCIPEH) a fait part des inquiétudes de toute la communauté face a ce qu’il qualifie de catastrophe écologique « Les poissons sont morts par dizaines voire par milliers à Fond-Parisien et à Thomazeau » précisant que des tortues, ont également été retrouvés mortes au bord du Lac. M. Nérée rappelle que cette catastrophe a de graves incidences sur la vie économiques des habitants de la région « Le Lac Azuei et le marché de Malpasse constituent les piliers de l’économie dans la région » invitant les autorités haïtiennes à faire toute la lumière sur ce dossier.
Le directeur de la section « Pêche et Aquaculture » au MARNDR, Robert Badio, a fait savoir pour sa part que ce n’est pas un phénomène nouveau en Haïti et affirme que les autorités s’activent de manière a connaitre la cause exacte de ces décès.
Dernière minute : Les premiers résultats des analyses menées dans le lac azuei, montrent qu’un manque d’oxygène dû à l’utilisation de matériaux calcaires dans les travaux de rehaussement du tronçon de route affecté par la remontée des eaux du lac serait à l’origine de la mort des poissons. « Ces matériaux proviennent des collines avoisinantes du lac riches en calcaires. La dissolution et le mélange des ces composés calcaires semble avoir modifié momentanément l’acidité naturelle de l’eau en cette zone, entrainant ainsi une rareté d’oxygène au niveau du lac ». Des analyses complémentaires sont en cours, afin de compléter et confirmer les premiers résultats informe le gouvernement. Si les résultats sont confirmés l’interdiction de la pêche, la consommation et la vente de poissons pourrait être levé prochainement.

 

Le RNDDH peu optimiste sur la mission de l’OEA
HAITI LIBRE – 29/12/2010 09:25:08

Haïti - Élections : Le RNDDH peu optimiste sur la mission de l’OEALe Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) se montre peu optimiste quant aux résultats du travail de la mission de vérification de Organisation des États Américains (OEA) qui vient d’être signé entre l’OEA le Gouvernement et le Conseil Électoral Provisoire (CEP).
http://www.haitilibre.com/article-1999-haiti-elections-tous-les-details-sur-l-entente-oea-gouvernement-cep.html
Pour Vilès Alizar, Responsable de programmes au RNDDH, le problème se situe à un niveau plus élevé qu’un simple recomptage de procès-verbaux. Rappelant que des milliers d’électeurs ont été empêchés de prendre part aux élections [ 1,074,056 votants sur 4,694,961 d’inscrit] « Nous devons adresser le problème dans son intégralité car les solutions superficielles ou temporaires ne vont pas contribuer à résoudre la crise » ajoutant que « le mieux, c’est la recherche de solutions durables basées sur le respect des droits des citoyens de choisir eux-mêmes leurs dirigeants. »
Le RNDDH rappelle également que de nombreux bureaux de l’État ainsi que des biens privés ont été incendies, vandalisés et pillés, lors des manifestations de protestations qui ont suivi la publication des résultats préliminaire et exige que des mesures, non partisane, soient prises contre les auteurs de ces actes criminels.

 

Renforcement des relations entre la Caricom et Haïti

RADIO METROPOLE / Mercredi, 29 décembre 2010 07:21

Le représentant spécial de la Caricom à Port-au-Prince, PJ Patterson et le Premier Ministre haïtien, Jean Max Bellerive ont signé un accord visant le renforcement de la capacité des institutions haïtiennes. L’aide mémoire pour le renforcement de la capacité des institutions démocratiques haïtiennes a été signée à l’issue de discussions entre le président Préval et M. Patterson.
La consultation a révisé la mise en œuvre du plan de reconstruction nationale et déterminé que la Caricom pourrait améliorer le fonctionnement des institutions étatiques dans le meilleur délai.
De nombreux membres de la fonction publique haïtienne ont été tués lors du violent séisme du 12 janvier.
Dans le cadre de cet accord la Caricom a convenu de fournir du personnel qualifié et expérimenté dans la fonction publique pour aider Haïti à reprendre son agenda prioritaire. Le soutien inclura une expertise technique dans l’administration publique et du système judiciaire et de la sécurité.
La prochaine étape dans le renforcement de la coopération entre la Caricom et Haïti aura lieu lors d’une rencontre le 5 janvier 2011. Les officiels haïtiens, les dirigeants de la Caricom et les responsables de la Banque Caraibéenne de Développement devront finaliser les arrangements pour renforcer les institutions gouvernementales haïtiennes par le bais des partenaires de la Caricom y compris le secteur privé.
Les participants à cette réunion de trois jours devront formuler des projets qui seront soumis à la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH).

 

Ricardo Seitenfus départ volontaire ou forcé ?
HAITI LIBRE – 29/12/2010 08:25:20

Haïti - Politique : Ricardo Seitenfus départ volontaire ou forcé ?Si l’on en croit le Secrétaire Général de l’Organisation des États Américains (OEA), Albert Ramdin, les propos du brésilien Ricardo Seitenfus, Représentant spécial de l’OEA en Haïti, reproduit dans le journal Suisse «Le Temps», sont « malheureux » mais n’aurait rien à voir avec le départ de M. Seitenfus.
Le Secrétaire Général de l’OEA a fait savoir que Ricardo Seitenfus quittera Haïti en Janvier 2011 au terme de sa mission de deux ans, précisant qu’Albert Ramdin avait informé l’OEA de son départ il y a 4 mois et que L’OEA n’avait pas encore pris de décision concernant son remplacement.
Le manque de crédibilité notoire de l’OEA dans les affaires haïtiennes nous fait douter de cette explication, départ volontaire ou démission exigée? Seul Ricardo Seitenfus connaît la vérité.

 

Fidel Castro soutient l’ex-représentant spécial de l’OEA en Haïti remercié

Ricardo Seitenfus a été renvoyé parce que ses « vérités » dérangent dit le « Lìder Màximo » à propos des récentes critiques du diplomate brésilien contre la présence en Haïti des casques bleus et la responsabilité historique des grandes puissances dans l’extrême pauvreté du pays

Radio Kiskeya / mardi 28 décembre 2010

L’ancien Président cubain Fidel Castro a pris mardi la défense de Ricardo Seitenfus en qualifiant de « vérités lapidaires » les propos du diplomate brésilien démis samedi dernier de ses fonctions de Représentant spécial de l’OEA en Haïti pour ses considérations acerbes sur l’action contre-productive dans le pays de la communauté internationale.

« On peut être ou ne pas être d’accord avec chacun des propos du brésilien Ricardo Seitenfus, mais il est indéniable qu’il a dit des vérités lapidaires dans ses réponses », relève le « Lìder Màximo » dans un article diffusé par les médias locaux dont le quotidien Granma, organe officiel du parti communiste cubain.

Dans un entretien au journal suisse Le Temps, l’ambassadeur Seitenfus avait ouvertement remis en question la présence de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH), « non adaptée au contexte haïtien » et dénoncé les graves incohérences de la politique des partenaires traditionnels d’Haïti incapables d’appréhender les spécificités et l’identité culturelle du pays.

L’OEA a mis fin à ses services deux mois avant la fin de son mandat.

Citant plusieurs passages de l’interview, Fidel Castro a expliqué à ses compatriotes que le diplomate avait fait l’objet d’une « mesure drastique » parce qu’il avait exposé ses points de vue avec « sincérité ».

S’appuyant sur les remarques de Ricardo Seitenfus, le chef historique de la révolution cubaine affirme que les Etats-Unis sont le « créateur de la pauvreté et du chaos en Haïti ». C’est à l’instigation de Washington que l’ONU a envoyé ses « forces d’occupation » dans le pays, insiste-t-il.

« La MINUSTAH qui, au passage, a introduit l’épidémie de choléra dans ce pays frère », déclare Castro avant de saluer le travail des brigades médicales cubaines en Haïti où, note-t-il, 1.295 coopérants participent à la lutte contre la maladie.

Le dirigeant communiste, qui s’est retiré de la vie politique active à cause de son état de santé, a promis de continuer à émettre des réflexions sur la situation en Haïti, l’un de ses thèmes favoris depuis un certain temps.

 

Situation désastreuse des droits humain en 2010
HAITI LIBRE – 29/12/2010 11:56:44

Haïti - Social : Situation désastreuse des droits humain en 2010Maître Renan Hedouville, Secrétaire exécutif du Comité des Avocats pour le Respect des Libertés Individuelles (CARLI), a dressé hier mardi, un tableau pessimiste de la situation des droits humains en 2010.
Le séisme de janvier dernier, les évasions massives de prisonniers, la saison cyclonique, le choléra et la crise politique sont les principaux facteurs qui ont contribué à de graves violations des droits civils, politiques et économique des citoyens a-t-il rappelé.
Me Renan Hedouville a fait savoir que durant cette année, les citoyens ont été victimes de l’insécurité, les élections les ont privé de leur droit de choisir librement leurs dirigeants, les personnes atteintes du choléra sont victimes de stigmatisation et de discrimination.
Comme principaux responsables de la détérioration des droits humains, Maître Hedouville pointe du doigt les leaders politiques, qui n’ont pas su donner la priorité aux intérêts supérieurs de la Nation et dont la position jusqu’au-boutiste a aggravé la situation.
Il accuse la mauvaise gouvernance, le dysfonctionnement des structures étatiques et l’absence de politique préventive qui ont contribué à la détérioration des droits humains dans le pays et surtout le manque de volonté des autorités politiques qui affichent une insouciance face aux différents problèmes de la société. Il reproche aux organisations de la société civile leur passivité.
Rappelant que le non-respect et les violations des droits humains ont aussi de graves conséquences sur les droits économiques des citoyens.

 

Derrière l’épidémie de choléra
Haiti-Choléra/Recontruction : La question des excréments

ALTERPRESSE / mardi 28 décembre 2010

Enquête Dans le cadre du partenariat médiatique « Ayiti Kale Je »*, dont AlterPresse fait partie

P-au-P., 28 déc. 2010 [Ayiti Kale Je / AlterPresse] — L’idée de fournir de l’eau potable à tous les Haïtiens est cruciale pour combattre le choléra et les maladies hydriques, mais à l’autre extrémité de la consommation humaine, il y a un élément tout aussi important.

La plupart des sources d’eau en Haïti sont contaminées – les puits, les sources et certaines nappes phréatiques – et la raison est claire. Elles sont contaminées par la pollution agricole, le fumier animal et les excréments humains.

Les premiers Haïtiens à avoir contracté le choléra vivaient ou travaillaient le long d’une rivière à proximité de la base de l’ONU, d’où les excréments des soldats sont soupçonnés de s’être infiltrés dans l’eau dont la population s’abreuve ou se sert pour cuisiner et se laver.

« Nous nous concentrons actuellement sur l’eau, car nous pouvons la traiter assez rapidement, mais dans les deuxième et troisième phases de notre Stratégie Nationale de Réponses à l’Épidémie de Choléra, nous allons nous concentrer davantage sur la gestion des excréments et la construction de latrines », annonçait Pierre-Yves Rochat, responsable des programmes ruraux de la nouvelle agence, la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA), dans une entrevue accordée à Ayiti Kale Je.

La DINEPA est la première agence nationale dont le mandat englobe l’assainissement. Avant la création de la DINEPA, en 2009, l’assainissement était une responsabilité municipale, mais la plupart des administrations ne prenaient pas cette responsabilité au sérieux. Pas une ville haïtienne a un système d’égout ou un centre de traitement des eaux usées.

Selon le Comité international de la Croix-Rouge, en 2006, seuls 19 pour cent des Haïtiens avaient accès à des toilettes ou à des latrines décentes, ce qui faisait d’Haïti le pays le plus « insalubre » au monde, soit le 11e au bas de la liste, à égalité avec la République Démocratique du Congo et la Somalie. Et des 15 derniers pays de la liste, Haïti est le seul affichant des pertes nettes au chapitre de l’accès à une « meilleure salubrité », passant de 29 à 19 pour cent entre 1990 et 2006.

Pendant que les autres pays construisaient des réseaux d’égouts sous leurs villes en expansion, les villes comme Port-au-Prince ont simplement étendu leurs canaux à flanc de collines. Aujourd’hui, si un faible pourcentage de la population possède une fosse septique, la plupart des deux millions d’habitants de la capitale utilisent des latrines ou se soulagent dans des sacs de plastique, qu’ils jettent sur une pile de déchets ou dans un canal à proximité.

Les excréments restent souvent à découvert pendant des jours, voire des semaines, jusqu’à ce qu’une pluie intense les transporte, avec des tonnes d’autres détritus, dans les ravins et les canaux, puis vers les bidonvilles du littoral ou la baie de Port-au-Prince.

Avant le 12 janvier, les fosses septiques et les latrines étaient nettoyées de temps à autre par le « camion vidangeur » conduit par un bayakou – qui travaille de nuit – et qui déchargeait là où bon lui semblait, car il n’y avait ni décharges officielles… ni règlements.

Des excréments infectés à Cité Soleil ?

Avec la prolifération des camps de réfugiés et l’arrivée de milliers de toilettes portatives – la capitale en compte actuellement environ 15 000 selon la DINEPA – Haïti s’est retrouvé « le nez dans son caca ».

La nouvelle industrie du déchet prospérait, et la DINEPA et ses agences partenaires se démenaient pour trouver un endroit où tout décharger. Ils ont creusé une fosse à la décharge de Trutier, au nord de la capitale.

D’après M. Rochat, « ce fut le début d’une première forme de gestion des excréments » dans l’histoire d’Haïti. « Mais il faut cesser d’envoyer les excréments à Trutier. Nous en sommes très conscients. C’est une situation temporaire. »

Temporaire parce que le centre de traitement et d’enfouissement des déchets, un site en construction plus au nord, à Titanyen, devrait entrer en exploitation la première semaine de janvier. Or cette réalité est « temporaire » depuis maintenant plusieurs mois.

Et en attendant, déchets humains non traités – susceptibles de contenir la bactérie du choléra et de nombreuses autres maladies – ont été déversés dans la fosse à ciel ouvert qui se trouve à environ 2 km de Duvivier, et très près du site Trutier décharge normale, où environ 250 familles vivent et trient les déchets médicaux et autres déchets.

L’alarme a été déclenchée le 1er décembre, à la rencontre du Cluster de l’eau et de l’assainissement (WASH) – présidé par la DINEPA et l’UNICEF, et réunissant les agences gouvernementales et non gouvernementales qui travaillent ensemble depuis le séisme.

Asia Ghemri, de l’UNOPS (ONU), qui organise avec la DINEPA la gestion des excréments, déclare à ses collègues que « la piscine excreta [sic] est presque pleine. »

« Ce n’est qu’une question de semaines », ajoute-t-elle.

La communauté en aval – Duvivier – en a ras le bol.

« Nous nous mobilisons. Nous n’en pouvons plus de ces relents, et avec le choléra, c’est devenu dangereux », explique Salvatory Saint Victor, du Comité de Relèvement de Duvivier (KRD). « Et si ces germes atteignaient la nappe phréatique ? »

(Deux jours plus tard, Saint-Victor et des centaines d’autres résidents de Duvivier ont manifesté davant l’entrée de la fosse. Un résident de Duvivier a été abattu par la police, selon AlterPresse et Haïti Libre. Dans une note en date du 21 décembre, KRD indique que trois personnes ont été abattues durant et après la manifestation.)

La fosse – qui fait environ quatre terrains de football et qui n’est pas isolée – est située juste au dessus de la nappe phréatique de la Plaine du Cul-de-Sac, l’une des principales sources d’eau de la région métropolitaine. Il y a des inquiétudes que les excréments contaminés de Trutier s’infiltrent dans la nappe phréatique, dont les nombreux camions-citernes privés pompent des milliers de gallons chaque jour.

Dès 2002, une étude rapportait que l’eau de la nappe phréatique contenait des coliformes.

« Le danger c’est que la bactérie atteigne la nappe phréatique ou la mer », s’inquiétait le Dr. Homero Silva, de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), à la rencontre du cluster WASH tenue le 15 décembre. « Le Vibrio cholerae peut survivre pendant des années. »

M. Silva a déjà travaillé au Pérou, où une épidémie de choléra s’est propagée à travers l’Amérique Latine et atteint des centaines de milliers de personnes. On croit maintenant que la bactérie a vécu dans la mer et a atteint plusieurs villes portuaires en même temps.

À cette même rencontre du 15 décembre, Kelly Naylor, de l’UNICEF et de l’équipe UNICEF/DINEPA, qui ébauche les règlements régissant toutes agences et firmes d’enlèvement des excréments, confirmait que la fosse et son contenu, ainsi que les zones humides avoisinantes, devaient être analysées pour déterminer si le V. cholerae survit.

« Nous sommes très sérieusement préoccupés par ce qui se passe là-bas », a-t-elle ajouté à la rencontre.

M. Rochat, de la DINEPA, en convient et a confirmé à « Ayiti Kale Je » que les analyses sont en cours, mais que les résultats ne sont pas encore publiés.

« Lorsque tous les camions d’excréments auront cessé d’aller se vider à Trutier, nous devrons établir un plan de décontamination du site, si c’est nécessaire. »

Les camps présentent un défi particulier

On compte actuellement de 1 à 1,3 million de personnes dans les camps de réfugiés de la capitale et de trois autres villes plus durement affectées par le séisme du 12 janvier. Certains camps ont des latrines au sol, qui débordent déjà, et d’autres ont des latrines qui doivent être pompées chaque jour.

Selon les normes minimales humanitaires de la SPHERE, on doit avoir un maximum de 20 personnes par latrine, mais selon un rapport émis par l’Action humanitaire de l’ONU en juin, ce nombre est plus près de 50 à 100 réfugiés par latrine.

Le camp Bon Berger à Mariani, au sud de la capitale, n’en possède aucune. Environ 250 à 300 familles y vivent dans des tentes et des baraques, entassées dans à peine plus qu’un terrain de football. Peu après le séisme du 12 janvier, CARE a construit des latrines « d’urgence », selon Renol Jeudi Jean, le directeur du camp. Mais après six mois, « elles se sont remplies » et attendent toujours d’être remplacées.

« Depuis, les gens vont se soulager autour du camp », confiait M. Jean à « Ayiti Kale Je ».

Pour confirmer ses dires, « Ayiti Kale Je » a enquêté auprès de six familles réfugiées choisies au hasard. Toutes ont admis qu’elles utilisaient des sacs de plastique ou allaient dans les herbes près de la rivière.

Les camps ne manquent pas tous de latrines, mais dans plusieurs camps, elles ne suffisent pas ou elles ne sont pas vidées aussi souvent qu’elles le devraient. Les latrines se « remplissent » régulièrement et peuvent déborder ou, comme c’est arrivé plus tôt ce mois-ci, être renversées par des manifestants. [akj apr 28/12/2010 20:00]

………………

* « Ayiti Kale Je » (http://www.ayitikaleje.org/) est une initiative de partenariat médiatique en vue d’assurer des investigations journalistiques sur la reconstruction d’Haïti suite au séisme dévastateur qui a frappé le pays et fait 300.000 morts et autant de blessés.

Le Groupe Médialternatif est un des partenaires de cette initiative, à travers son agence multimédia AlterPresse (http://www.alterpresse.org/), avec la Société pour l’Animation de la Communication Sociale (SAKS – http://www.saks-haiti.org/). Deux réseaux participent également : le Réseau des Femmes Animatrices des Radios Communautaires Haïtiennes (REFRAKA) et l’Association des Médias Communautaires Haïtiens (AMEKA), qui est composé de stations de radios communautaires à travers le pays.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :