Archive | janvier, 2011

REVUE DE LA PRESSE – Samedi 29 janvier 2011

29 Jan

Haiti-Conjoncture : Zone de confusion

par Gotson Pierre

P-au-P., 29 janv. 2010 [AlterPresse] — Haiti est entrée depuis quelques semaines dans une zone de confusion avec la conjonction de plusieurs faits qui suscitent des interrogations, alors qu’aucun agenda clair n’est mis sur la table en ce qui concerne l’avenir immédiat.

Sous pressions internationales, le parti au pouvoir, Inite, a publiquement fait retrait de sa participation dans la course à la présidence, mais n’est pas parvenu à temporiser les divergences que cette décision « patriotique » ont fait éclater en son sein.

L’impasse électorale ne semble pas encore résolue, malgré la publication par le Conseil Électoral Provisoire (CEP) d’un calendrier pour le second tour des élections générales.

A moins qu’on se trompe, la tension va surement augmenter à l’approche du 2 février, date prévue pour la publication des résultats définitifs du premier tour.

Si les recommandations de l’OEA devaient être prises en compte, ces résultats seraient connus d’avance au niveau de la présidentielle, soit un second tour entre Mirlande Manigat et Michel Martelly, ce dernier prenant la place attribuée préalablement à Celestin.

Moment crucial ? Les trois acteurs concernés figurent dans l’agenda de la visite le 30 janvier en Haiti de la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton. Sans oublier le président sortant, René Préval, qui est entré dans un apparent bras de fer avec Washington.

La visite surprise de Préval en République Dominicaine, le week-end écoulé, à quelques semaines de la fin de son mandat, retient l’attention.

Il en est de même de l’apparition soudaine, le mercredi 26 janvier sur la scène politique nationale, d’un groupe d’anciens militaires, s’identifiant comme “fusils croisés d’Amérique noire” et affirmant leur volonté de sortir de l’exclusion.

Ce mouvement intervient moins d’une semaine après le retour en Haiti de l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier, dont la venue, après 25 ans d’exil en France, a créé l’émoi.

D’autre part, des partisans lavalas ont tenu un sit-in devant l’ambassade américaine (au nord-est de la capitale) pour exiger la contribution de l’administration du président Barack Obama au retour physique de leur leader en exil en Afrique du Sud depuis 2004.

Aucun observateur ne s’étonnera de voir les évènements s’accélérer dans les jours qui viennent.

 

La plateforme d’organisations populaires Tèt Kole veut voir Préval partir au plus tard le 7 février

P-au-P, 29 janv. 2011 [AlterPresse] — La plateforme d’organisations populaires Tèt Kole lance un appel à une manifestation de rue le 1er février prochain pour réclamer le départ du président René Préval le 7 février.

Tèt Kole entend également obtenir, avec ce mouvement de protestation, l’annulation des élections présidentielles et législatives du 28 novembre et l’arrestation des membres du Conseil Electoral Provisoire (CEP).

Le mouvement prône aussi la formation d’un gouvernement provisoire et le retour dans le pays de l’ex-président jean Bertrand Aristide.

Dans l’appel de la plateforme d’organisations populaires, aucune allusion n’est faite à la présence en Haiti de l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier, contre qui plusieurs plaintes ont été déposées pour crimes contre l’humanité.

La manifestation débutera simultanément à la Place Jérémie et devant l’Eglise St Jean Bosco.

Tèt Kole dit constater que le président Préval a perdu « tout contrôle » des affaires du pays et abandonné les rennes aux acteurs internationaux.

La manifestation du 1er février constitue le lancement de toute une mobilisation que l’organisation compte entreprendre contre le chef de l’Etat.

 

Un collectif de candidats du Sud-Est réclame l’annulation des élections
HAITI LIBRE – 29/01/2011 09:22:20

Haïti - Élections : Un collectif de candidats du Sud-Est réclame l’annulation des électionsLe collectif des candidats du Sud-Est, interprète la conclusion du rapport des experts de l’Organisation des États Américains (OEA), comme une nouvelle preuve qui confirme que les élections du 28 novembre ont été truquées. Selon Wilnet Content, le porte-parole de ce collectif «  le pouvoir exécutif de même que le Conseil Électoral Provisoire (CEP) finiront tôt ou tard par entendre raison, afin de permettre que d’autres élections crédibles et démocratiques puissent être réalisées dans le pays. »
Ils sont au nombre de 11 candidats aux prochaines législatures dans tout le Sud-Est du pays, à faire partie de ce collectif qui réclame l’annulation des dernières élections :
Membres du collectif

  • Moril Jeudi : Candidat à la députation (MAS) Circonscription Cayes- jacmel, Marigot.
  • Tranquille Fritzner : Député Jacmel (Solidarité)
  • Content Wilnet : Député Jacmel (Ansan Nou fò)
  • Saingladix Fleurinvil : Sénateur Commune Bainet (Solidarité)
  • Immacula Jeannnis Bazil : Sénateur (Lavni)
  • Marie Silvia Fabien Moise : Député, Bainet (Ansann nou fò)
  • Jean Joissaint Rodney : Député, Bainet (Repons peyizan)
  • Carlos Jean Bernard : Députe Anse-à-pitre (Ansanm nou fò)
  • Marius Pascal : Député Belle-Anse (MAS)
  • Colin Francès : Depute Lamontagne de Jacmel (Lavni)
  • Laurent Fequière Mathurin : ex senateur de lespwa (Ansanm Nou fò)

Selon le porte-parole du collectif, les méthodes utilisées par les experts de l’OEA pour évaluer les résultats, ne sauraient refléter la volonté du peuple haïtien. D’autant que ce rapport n’a pas tenu compte, des problèmes de la grande majorité des candidats aux législatures. Il a par ailleurs mis l’accent, sur le fait que le président René Préval va devoir laisser le pouvoir la 7 février prochain. Wilnet Content annonce une vague de mobilisations à partir du 2 février 2011, en vue de contraindre le chef de l’exécutif à respecter le délai constitutionnel.
Près de 2 mois après la réalisation des élections du 28 novembre, les candidats au sein du collectif dans le Sud-est se déclarent plus que jamais confiant, quant à une satisfaction éventuelle de leurs recommandations par rapport au processus électoral.

 

14,9 millions pour le nouveau Centre de Convention de la BRH
HAITI LIBRE – 29/01/2011 11:35:55

Haïti - Reconstruction : 14,9 millions pour le nouveau Centre de Convention de la BRHLa cérémonie de pose de la première pierre du nouveau « Centre de Convention et Documentation BRH » s’est déroulée jeudi dernier dans le centre-ville de Port-au-Prince sur l’ancienne propriété « La Madeleine », des Soeurs de la Providence, située en face du siège de la Banque Centrale. Était présent à cette cérémonie le Président René Préval, des hommes d’affaires, des représentant du corps diplomatique et d’officiels du gouvernement dont le ministre de l’Economie et des Finances, Ronald Baudin.
Ce Centre de Convention d’une superficie de 3,939 m2 abritera :

  • Sept salles de conférence
  • Une bibliothèque où les étudiants et les chercheurs pourront consulter les livres et documents
  • Le Musée de la Monnaie (accessible au grand public)
  • Des bureaux administratifs
  • Une cafétaria

Charles Castel, Gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH) a indiqué que « Ce centre fournira à la basse ville, une infrastructure fondamentale en matière de documentation et en termes de capacité de réunions. »
La maquette d’un monument dédié à la mémoire des disparus du séisme de janvier 2010, qui sera placé dans le hall d’entrée du Centre de Convention, sera réalisé (en marbre et bronze) par le sculpteur Ludovic Booz.
Le Gouverneur a fait savoir que l’appel d’offre lancé en Août 2010, au niveau local et international, tel que prescrit par la loi sur les marchés publics, a été remporté par l’entreprise dominicaine « Constructora Mar ». Cette entreprise sera donc chargé de l’exécution des travaux qui dureront 22 mois et coûteront 14,9 millions de dollars.
René Préval a affirmé que l’argent de la construction de ce Centre de Convention sera entièrement payé par le Trésor public.

 

Haïti – Insécurité : Une semaine mortelle pour la police…
HAITI LIBRE – 29/01/2011 09:06:02

Haïti - Insécurité : Une semaine mortelle pour la police...L’inquiétude grandit au sein du corps policier qui a perdu plusieurs de ses membres dans une série d’assassinats depuis le début de l’année. Le Champs de Mars est devenu l’épicentre de la violence mais est loin d’être la seule zone concernée…
Lundi 24 janvier :
Michel Wilfonde, Agent 3 affecté au Bureau de Lutte contre le Trafic des Stupéfiants (BLTS) a été abattu dans la matinée du 24 janvier par des individus non identifiés à l’angle des Rues des Casernes et de l’Enterrement. Selon des témoins, les tueurs étaient déjà sur place avant même l’arrivée de la victime. Ils ont attendu que le policier descende de son véhicule pour l’abattre à bout portant avant de s’enfuir en moto…
Jeudi 27 janvier :
Le Centre ville de Port-au-Prince a été le théâtre d’un double meurtre jeudi soir. Deux agents de la Police Nationale d’Haïti (Johnny Jean Louis et Titi Louis) ont été tués à bord de leur voiture alors qu’ils regagnaient leur domicile en compagnie d’un troisième policier et d’un citoyen. Le 3ème policier (Marie Judith Charles) a reçu trois projectiles (à la bouche, au thorax et au bras) et le passager (Ralph Mathurin) a également été blessé. La voiture aurait été la cible de tireurs à pied qui ont pris la fuite après leur forfait…
Vendredi 28 janvier :
Deux policiers qui avaient pris en chasse un individu qui avait fuit après un début de contrôle ont été blessés par balle vendredi matin à Frères. C’est après une course poursuite, alors que l’individu abandonnait son véhicule que l’homme à ouvert le feu sur les policiers. Selon des sources policières, l’individu identifié au nom de Mackenson, serait un détenu évadé. Ce dernier est toujours en fuite…
Vendredi 28 janvier :
Ricardo Valcin, un étudiant finissant à la faculté d’ethnologie a été grièvement blessé par balle au ventre avant d’être dévalisé par plusieurs individus. Il a été conduit d’urgence à l’hôpital pour y subir une intervention chirurgicale. Selon des témoignages la présence massive de sinistrés sur le Champs de Mars, serait à l’origine de la recrudescence des actes de banditisme constatés dans les quartiers environnants.

 

CHOLÉRA en HAÏTI : Enquête de l’OMS sur des cas de paralysie

ACTU SANTE / OPS – OMS / 29-01-11

Des représentants de Organisation mondiale de la Santé (OPS / OMS), en liaison avec le Ministère de la Santé haïtien et les US Centers for Disease Control and Prevention (CDC) mènent actuellement des recherches à la suite de 4 cas de paralysie dont 3 décès intervenus chez des malades atteints du choléra en Haïti, à l’issue de leur traitement. Pour le moment, la polio est écartée, dans l’attente des résultats de laboratoire.

Des épidémiologistes de terrain de l’OPS / OMS et les autorités sanitaires locales du Nord-Ouest ont signalé ce groupe de syndromes neurologiques, le 10 Janvier 2011. Au 24 janvier, 4 cas de syndrome neurologique aigu, dont 3 décès, étaient signalés. Des entretiens avec le personnel médical et les familles ont montré que ces patients avaient été admis à l’hôpital entre début novembre et fin décembre pour cas grave de choléra puis avaient présenté une paralysie ascendante bilatérale flasque 24 à 72 heures après la fin du traitement du choléra.

Parmi les cas suspects, 4 seulement avaient des symptômes et signes compatibles avec une paralysie. Trois sont décédés, et un est toujours hospitalisé à Port-au-Prince. Il se remet lentement. Par mesure de prudence, la vaccination contre la polio a été ajoutée à la campagne de vaccination prévue contre la diphtérie et la rougeole dans le département du Nord-Ouest d’Haïti.

La poliomyélite a été la première hypothèse étudiée, en raison de ses implications en termes de santé publique. Toutefois, les caractéristiques cliniques et épidémiologiques de ces cas, excluent pour l’instant la poliomyélite qui n’entraîne pas, en général, un taux de mortalité élevé. Bien qu’aujourd’hui considérée comme une cause hautement improbable, la polio n’a néanmoins pas été totalement écartée, dans l’attente des résultats de laboratoire mais les experts dont des toxicologues penchent plutôt vers une contamination à l’hôpital ou à domicile par des médicaments ou encore de la nourriture.

Une surveillance a été mise en place sur recommandation de l’OMS qui poursuit ses recherches. Une infirmière du programme de vaccination de l’OPS / OMS est rentrée d’une visite des communautés touchées le 24 janvier, avec des échantillons venant des familles.

La polio a été éradiquée du continent américain en 1994 et l’initiative mondiale contre la poliomyélite, lancée en 1988 a réduit l’incidence de la maladie de plus de 99% dans le monde. En 1988, plus de 350.000 enfants avaient été touchés et été paralysés dans plus de 125 pays d’endémie. En 2009, 1.595 enfants ont été touchés de paralysie, dans 24 pays. Aujourd’hui, seuls 4 pays d’endémie subsistent, l’Afghanistan, l’Inde, le Nigéria et le Pakistan.

 

Haïti. Le côté obscur de la coopération internationale

rebelion.org / samedi 29 janvier 2011 (12h48)

paru le 28/01/2011 Daniel Martínez Cunill Rebelión.org http://rebelion.org/noticia.php?id=121204 Traduction non officielle.

Le 20 décembre 2010, Ricardo Seitenfus, représentant spécial en Haïti de l’O.E.A. (organisation des états américains), a donné une entrevue au quotidien suisse Le Temps. Il y exprimait son opinion sur les causes et les erreurs qui ont conduit aux échecs de la communauté internationale dans ce pays des Caraïbes. Le jour de noël, alors qu’une bonne partie de l’humanité se remettait des excès dans la célébration de l’enfant Jésus, l’OEA a destitué le fonctionnaire brésilien. Entre autres critiques, le diplomate a souligné que l’ONU a imposé la présence de troupes en Haïti bien que ce pays «  ne connaît pas de guerre civile et n’est pas une menace internationale », mais que son plus grand péché c’est d’être un proche voisin des USA. Pour lui, il s’agissait de « geler le pouvoir et de transformer les haïtiens en prisonniers sur leur île ». Une de ses affirmations les plus fortes, il l’appelle oegénisation c’est à dire « une relation perverse entre la fragilité du pouvoir haïtien et la puissance des ONGs dans le pays. Ici, le « bien » est privé grâce aux médecins, hôpitaux, écoles, nourriture qui arrivent du monde entier alors que le « mal » est public puisque l’état haïtien n’est présent que par sa police. L’ex-fonctionnaire n’a pas tort. Haïti manque de ressources publiques pour pouvoir jeter les bases d’un minimum de système étatique et quand le taux de chomage atteint les 80 %, il devient impossible à l’ONU ou à l’OEA de déployer un mission de stabilisation. Il n’y a rien à stabiliser et tout est à faire, mais chaque entité coopérante dispose d’une niche des besoins et la développe à sa façon, en prenant garde à ce que les haïtiens n’interviennent en rien dans la gestion et le contrôle. La plupart des fonctionnaires de la coopération ignore ou méprise les ministères locaux, les rendant par là dysfonctionnels.

En Haïti, la coopération internationale a fait place à la charité. Et la charité ne peut être un point de départ pour les relations internationales ni pour l’apport de la communauté mondiale à un pays aux carences extrêmes. Peut-être les choses fonctionneraient-elles mieux si elles étaient basées sur le respect de l’autonomie et la souveraineté du pays. La dictature de la coopération internationale n’a porté comme fruits que la dépendance, elle a empêché l’organisation de la société civile en agissant comme facteur de démobilisation permanent. La solidarité sociale qui résulte généralement d’un traumatisme grave tel qu’un tremblement de terre ou une guerre, a été totalement et consciemment inhibée par la « communauté internationale » emmenée par Bill Clinton et une foule d’ONGs.

Cela ne veut pas dire que les ONGs soient mauvaises en soi. Au contraire, elles neutralisent partiellement la burocratie onusienne et de l’oea qui gaspillent des sommes gigantesques dans leurs salaires et leur logistique mais il est avéré que l’implication excessive des coopérants empêche la consolidation des structures de la société civile. Là est la perversion de cette coopération internationale qui veut imposer la démocratie depuis le sommet mais anéanti toute velléité de participation communautaire dans le diagnostic des priorités, l’élaboration des projets, le contrôle/gestion de ceux-ci. Il existe des exceptions telles l’OXFAM ou MSF entre autres, mais les grands donateurs ont peur de la participation communautaire naisse la rébellion. Personne, pas même l’exécutif n’a la moindre idée des sommes d’argent qui arrivent en Haiti. Ni de la façon dont sont organisées les dépenses ni de qui décide des priorités. C’est ainsi que les habitants qui sont supposés être les destinataires de cette aide sont infantilisés et finissent par faire la queue entourés de policiers et de militaires, que leur rôle se réduit à recevoir ce que d’autres ont décidé qu’ils ont besoin. En rang pour l’eau, pour la nourriture, pour les vaccins, en rang et votez pour recevoir la démocratie et ainsi de suite… Les haitiens n’existent qu’alignés dans un longue et interminable file d’attente où des agences étrangères leur promettent une vie meilleure mais auxquels personne n’a jamais demandé à quel genre de vie ils aspirent.

D’ailleurs, seuls l’élite du pays et les étrangers ont fêté noël dans l’ile naufragée des caraïbes.

Tremblements de terre : Nicaragua, Mexique, Haïti.

Les tremblements de terre et d’autres catastrophes sont source de solidarité sociale et de participation communautaire.

Cela s’est démontré par exemple au Nicaragua, à Managua, capitale détruite le 23 décembre 1972. Devant l’adversité, les “nicas” se sont mis spontanément à venir en aide aux blessés, à remuer les décombres, enterrer les cadavres, trouver et répartir l’eau et la nourriture. Les actes de pillage quasi inexistants et les actes d’héroïsme innombrables. La population s’est découverte elle-même et dans le même temps, le potentiel immense de l’action collective. Somoza, le dictateur ne s’y est d’ailleurs pas trompé et s’est rapidement chargé de réprimer, de voler et de revendre l’aide internationale, de déplacer des milliers d’habitants dans des zones non urbanisées. Le tyran savait que la capacité d’organisation du peuple était l’ennemi, il l’a dissuadée ou réprimée selon les cas. Cependant, les germes étaient semés dans la population et sept ans plus tard, la Révolution sandiniste renversait “Tacho” soutenue par la majorité de ces nicaraguayens qui vécurent le tremblement de terre comme une immense ligne de partage des eaux dans la vie de la nation. Bien d’autres facteurs socio-économiques ont joué, mais tous les analystes nicasraguayens reconnaissent que c’est le tremblement de terre qui agit comme détonateur sur la société civile, qui a pu prendre la mesure de sa force et valoriser ce qu’elle pourrait obtenir par un effort collectif.

Au Mexique, les tremblements de terre des 19 et 20 septembre 1985 ont aussi précédé une moblisation sociale sans précédent dans l’histoire du pays. La population de la capitale sinistrée a developpé sans attendre aucune consigne gouvernementale un torrent de solidarité et d’entraide dans le travail de secours bien supérieur aux actions officielles. Les habitants de la capitale (Mexico D.F.) et la société civile en général se sont jetés à corps perdu dans la recherche organisée, le travail intense de secours aux prisonniers des décombres. Dans une maternité, des brigades de citoyens ont encore sauvé 16 bébé dont un neuf jours après le séisme. A la différence de la dictature de Somoza, le PRI au pouvoir eut l’habileté politique d’octroyer une médaille à l’action solidaire de milliers d’individus et des centaines d’organisations sociales, privées, nationales, étrangères. Toutes ces personnes, toutes ces organisations ont reçu la médaille de la “Reconnaissance nationale 19 septembre” attibuée pour comportement héroïque, la solidarité sociale et internationale. L’habileté du gouvernement mexicain lui permit la récupération de la solidarité sociale, forme initiale de la participation communautaire et la reconvertit dans sa stratégie du Système National de Santé et de Prévention des désastres naturels qui date de ces années_là.. Puis on commémora régulièrement la date du séisme par une mobilisation de masse qui réaffirmait chez les mexicains le sentiment de solidarité et leur capacité de mobilisation. Malgré cette instrumentalisation politique par le régime la gauche mexicaine reconnait que nombre d’organisations populaires nées dans la capitale et qui culmineraient dans leur opposition au PRI, viennent de la découverte par les mexicains de leur capacité de mobilisation et d’exécution sans intructions étatales. Fronts populaires, groupements urbains ont dévouverts leurs “muscles” et 26 ans après, continuent leur action.

Que s’est-il passé en Haïti ?

Les habitants de Port-au-Prince sont-ils moins solidaires et fraternels que les nicaraguayens ou les mexicains ? On a relevé des actes de solidarité, de secourisme héroïque, nombreux même. Mais il est évident que le tissu social haïtien et tout spécialement dans la capitale est fortement endommagé et que la présence de troupes étrangères sur le territoire national, troupes chargées de tout, a contribué à ce que tout « naturellement » on attende d’elles et qu’elles soient chargées des secours puis de la reconstruction. Sous couvert d’action humanitaire et avec l’argument massue bien qu’usé de « d’état en faillite », la communauté internationale a privé du droit du peuple haïtien à la possibilité d’auto-organisaton et de d’avoir sa propre prise en charge.

Les désastres naturels enseignent aux peuples mais les grands pouvoir politiques et économiques tirent aussi leurs leçons rapidement et sont voraces dans leurs réactions. Les ereurs et les échecs de l’OEA et de l’ONU prennent une autre dimension.

Vaut-il vaut mieux un dictateur connu qu’une démocratie à construire ?

On trouve un bel exemple de double morale de la part de la coopération internationale dans les élections haïtiennes qui devaient voir élu le président pour la période 2011/2016  : le second tour prévu initialement le 16 janvier a été repoussé siné dié du fait de l’incertitude du résultat du premier tour, entachés de fraude. Le Comité Electoral Provisoire (CEP) a annoncé que le second tour n’aurait pas lieu avant février et menace de repousser encore la date. Les réactions des démocrates ont été conformes à leur habitude. O.E.A. ? Très bien, bons baisers de P.A.P. Abandonnés dans la nostalgie, le désespoir et l’oubli, la majorité des haïtiens en âge de voter n’étaient pas nés quand Bébé Doc dû quitter précipitamment le pays. Il est d’une extrême gravité que le fils de Duvalier rentre au pays. Il est clair que le retour de l’ex-dictateur n’est pas improvisé. Bébé Doc est le tonton macoute numéro un et s’il revient 25 ans après d’un exil doré en France, c’est qu’il connaît la précarité du pays et que « l’absence » d’état le laisse envisager un retour au pouvoir. Plusieurs ONGs et l’opposition ont réclamé la détention de Duvalier pour violations des Droits de l’homme, tortures et assassinats commis durant ses années de règne (1971/1986). Ils ne rencontrèrent que peu d’écho et les tribunaux haïtiens de focaliser sur les délits financiers comme par hasard prescrits après 25 ans. Les poursuites pour violation des Droits de l’homme elles seraient bien possibles mais le gouvernement Préval ne semble pas interessé à demander des comptes sur le chapitre des crimes contre l’humanité à Jean-Claude Duvalier dit Bébé Doc. Le retour du dictateur sent le piège. Une embuscade où le cynisme français rejoint l’opportunisme des Etats-Unis et des organismes internationaux. Duvalier a dit qu’il voulait montrer sa solidarité avec le peuple et qu’il veut prendre sa part au renouveau du pays. Il parie sur l’oubli et la mauvaise mémoire en voulant prendre un bain de pureté démocratique pour se présenter à des élections avec la complicité des élites haitiennes. Il est cependant difficile aux forces internationales présentes de l’accuser de cacher ses véritables intentions derrière un rideau de fumée, un geste de bonne volonté et ses souhaits d’aider à reconstruire le pays. N’est-ce pas ce même discours que de nombreux gouvernements, y compris celui des USA tiennent ? Le désespoir est mauvais conseiller  : il existe un espace pour la démagogie de l’ex-tyuran. En fin de compte, son raisonnement c’est qu’il vaut mieux un ex-dictateur reconverti à la démocratie que le désastre actuel qui règne au pays. Et si la France pariait sur l’oubli et soutenait cette option avec l’indifférence voire la complicité de ses partenaires ? Le gouvernement français jouit d’une vieille expérience dans la reconversion de dictateurs africains en démocrates pro-occidentaux, le cas d’Haïti ne semble pas si différend pour des yeux néo-coloniaux. Le précédent créé serait fort néfaste et il est urgent de sonner l’alarme.

REVUE DE LA PRESSE – Vendredi 28 janvier 2011 (2)

28 Jan

Le second tour des élections devrait avoir lieu le 20 mars prochain

De Jonathan M. Katz (CP) – 28/01/11

PORT-AU-PRINCE, Haiti — Le conseil électoral provisoire haïtien a annoncé vendredi que le deuxième tour des élections présidentielle et législatives aura lieu le 20 mars et que les résultats du premier tour seraient officialisés d’ici le 2 février.

Cette nouvelle planification a été rendue publique après de nombreux retards et modifications d’horaires. Des copies ont été distribuées aux médias.

Le deuxième tour des élections haïtiennes, qui devait se tenir plus tôt en janvier, a été retardé par des conflits internes et des manifestations publiques quant aux résultats préliminaires du scrutin de novembre dernier.

Selon ces données, le candidat du pouvoir, Jude Célestin, aurait dû affronter l’ancienne première dame Mirlande Manigat au cours du second tour des élections. Mais l’Organisation des États américains (OEA) a affirmé que les résultats ajustés, selon des estimations des fraudes orchestrées par le parti de M. Célestin, montraient que son nom ne devrait pas se retrouver sur le bulletin de vote du second tour et que le candidat Michel Martelly pouvait légitimement réclamer cette place.

Washington a fait pression sur le gouvernement haïtien et sur son président sortant, René Préval, afin qu’ils acceptent les recommandations de l’OEA. Le soutien américain à Haïti dépend de cette décision, ont indiqué les États-Unis.

Les leaders du parti au pouvoir avaient annoncé, mercredi, que le successeur désigné du président René Préval se retirait du second tour, face aux multiples pressions.

Mais Jude Célestin lui-même n’a pas voulu confirmé son retrait des bulletins de vote.

La campagne électorale devrait donc recommencer le 17 février et se terminer le 18 mars, le scrutin ayant lieu deux jours plus tard. Les résultats devraient être publiés le 31 mars.

Si tout se déroule comme prévu, Haïti devrait officiellement avoir un nouveau président le 16 avril prochain.

 

Résultats du 1er tour le 2 février, second tour le 20 mars

AFP / 29 janvier 2011 02h22

PORT-AU-PRINCE – La publication des résultats définitifs du premier tour de la présidentielle haïtienne aura lieu le 2 février prochain, a annoncé vendredi le Conseil électoral provisoire haïtien (CEP), indiquant que que le second tour aurait lieu le 20 mars.

« Les résultats finaux du second tour des élections seront connus le 16 avril », lit-on dans le calendrier électoral.

Dans le détail, le calendrier électoral se décompose comme suit: la publication des résultats finaux du premier tour aura lieu le 2 février, puis la campagne électorale du 17 février au 18 mars. Le second tour du scrutin se tiendra le 20 mars, les résultats préliminaires du second tour seront annoncés le 31 mars et enfin, les résultats définitifs du second tour seront proclamés le 16 avril.

Depuis le premier tour de la présidentielle du 28 novembre, le pays est plongé dans une crise politique liée à la qualification pour le second tour, aux côtés de l’ex-Première dame Mirlande Manigat, de Jude Célestin, candidat du pouvoir, selon les résultats préliminaires diffusés début décembre par le CEP.

Ces résultats ont été dénoncés par les partisans du candidat arrivé à la troisième place, Michel Martelly. Ils ont aussi été remis en cause par une mission de vérification des votes de l’Organisation des Etats américains (OEA), qui a suggéré un duel entre Mme Manigat et M. Martelly au second tour.

Proche du président sortant René Préval qui l’avait désigné pour lui succéder, Jude Célestin est accusé de fraude par ses adversaires.

Pour débloquer la situation, le parti de M. Célestin a pris mercredi la décision de l’écarter du scrutin, mais le candidat n’a toujours pas fait savoir quelles étaient ses intentions.

Le président Préval, qui devait initialement quitter le pouvoir le 7 février, a déjà fait savoir qu’il comptait rester en poste en attendant que le processus électoral aboutisse.

« Il faut que les choses soient clarifiées avant le 7 », avait exhorté mercredi le secrétaire général adjoint de l’OEA, Albert Ramdin. « Nous devons savoir ce qui va se passer parce que la situation est trop confuse », avait-il déclaré à des journalistes avant une réunion de l’organisation à Washington.

 

Le groupe des 12 invite Célestin à ne pas céder aux pressions
En même temps, il continue de demander l’annulation des élections

 P-au-P, 28janv. 2011 [AlterPresse] — Le groupe des 12 candidats en faveur de l’annulation des élections conseille au candidat du pouvoir de ne pas céder aux pressions de son parti Inite qui s’est retiré de la course à la présidentielle.

L’invitation a été lancée à Celestin lors d’une conférence de presse de plusieurs candidats du groupe le 27 janvier, à laquelle a assisté AlterPresse.

Céant encourage Celestin à « ne pas abandonner la course électorale », car « il n’a aucun intérêt d’abandonner maintenant ».

En même temps, cependant, le groupe des 12 continue de plaider en faveur de l’annulation des élections considérées frauduleuses.

La situation parait toujours inchangée au niveau du processus électoral, malgré l’annonce, le 26 janvier, du retrait du parti au pouvoir de la compétition pour la présidence.

Aucun document signifiant officiellement le retrait du candidat Jude Célestin n’a été jusqu’ici déposé au Conseil Electoral Provisoire(CEP), a pu confirmer AlterPresse auprès de l’institution.

Rien ne laisse présager du développement qui peut se produire au moment où les pressions internationales se maintiennent pour porter le CEP ainsi que le gouvernement à appliquer les recommandations de l’Organisation des Etats Américains (OEA) en faveur d’un second tour sans Celestin.

Céant estime que les démarches de la communauté internationale ne « mèneront pas le pays à une situation d’apaisement ».

 

Pour sa part, Jacques Édouard Alexis déplore la façon dont la communauté internationale intervient dans la crise haïtienne en passant des ordres au président Préval et au CEP.

« Ce n’est pas parce qu’ils financent les élections que certains groupes de la communauté internationale pensent pouvoir donner des directives au président et au CEP », critique l’ancien premier ministre.

Il considère ce comportement comme une atteinte à la dignité du peuple haïtien et invite la société haïtienne et tous les haïtiens vivant à l’étranger à se mobiliser pour une sortie de crise.

 

Le groupe des 12 a fait mener une étude sur le travail effectué autour du vote du 28 novembre par une mission d’experts de l’OEA.

Cette étude, conduite par Liné Balthazar, ancien président du CEP sous le gouvernement defacto de Marc Bazin en 1993, établit que le rapport n’a aucune valeur scientifique et ne peut permettre la correction des élections.

Il soutient que les critères retenus par la mission dans la vérification des procès verbaux (PV) ne permettent pas de différencier ceux qui seraient « frauduleux » de ceux qui ne le seraient pas.

Balthazar explique que 92 des 234 procès verbaux écartés par la commission de vérification de l’OEA, n’avaient aucune trace de fraude.

 

A Davos, Bill Clinton demande l’aide de l’Indonésie
HAITI LIBRE – 28/01/2011 15:19:47

Haïti - Reconstruction : À Davos, Bill Clinton demande l’aide de l’IndonésieJeudi dernier, au cours de la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, en Suisse, l’ancien président américain, Bill Clinton, a demandé à Susilo Bambang Yudhoyono, Président de la République d’Indonésie, d’aider Haïti, qui se remet difficilement du séisme de janvier 2010. L’Indonésie a réalisée avec succès sa reconstruction suite au tsunami à Aceh en 2004.
Bill Clinton à également adressé une demande similaire aux participants à Davos. Expliquant que le peuple d’Haïti souffre encore de pénuries de produits alimentaires de base. Même si nous avons, nourriture et eau potable, nous ne pouvons livrer cette aide humanitaire qu’à 15 endroits en même temps, en raison du nombre insuffisant de véhicules.


Bien que beaucoup connaissent des pénuries en Haïti, Clinton reste convaincu que l’économie haïtienne peut se développer et devenir plus puissante que jamais. Citant l’économie du Rwanda en exemple « Quatre ans après le génocide au Rwanda, de 1998, le revenu par habitant était de 268 dollars. huit ans plus tard, le revenu par habitant est de 1,100 dollars, ne me dite pas qu’Haïti ne peut pas faire comme ça? » a affirmé l’ex Président américain devant les participants.

 

Hillary Clinton en Haïti dimanche où elle rencontrera René Préval

ROMANDIE NEWS / AFP / 28 janvier 2011 20h23

WASHINGTON – Hillary Clinton, la chef de la diplomatie américaine, se rendra dimanche en Haïti, où elle rencontrera le président sortant René Préval, au moment où le pays traverse une crise politique née de la présidentielle du 28 novembre, a annoncé vendredi le département d’Etat.

Mme Clinton « consultera des membres de la société civile, des acteurs politiques, le président d’Haïti et les partenaires internationaux sur la situation électorale en cours et les efforts de reconstruction », écrit la diplomatie américaine dans un communiqué.

La secrétaire d’Etat s’entretiendra aussi avec Edmond Mulet, le représentant du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, et visitera par ailleurs un centre de traitement des malades du choléra.

Hillary Clinton s’était rendue pour la dernière fois en Haïti en janvier 2010, quelques jours après le séisme dévastateur qui avait dévasté le pays le plus pauvre des Amériques.

Depuis le premier tour de la présidentielle du 28 novembre, Haïti est plongé dans une crise politique liée à la qualification pour le second tour, aux côtés de l’ex-Première dame Mirlande Manigat, de Jude Célestin, candidat du pouvoir, selon les résultats préliminaires diffusés début décembre par le Conseil électoral provisoire.

Ces résultats ont été dénoncés par les partisans du candidat arrivé à la troisième place, Michel Martelly.

Pour débloquer la situation, le parti de M. Célestin a pris mercredi la décision de l’écarter du scrutin, mais le candidat n’a toujours pas fait savoir qu’elles étaient ses intentions.

Le 21 janvier, les Etats-Unis avaient révoqué les visas d’un nombre indéterminé de « responsables gouvernementaux » haïtiens, une manière de faire pression pour un processus électoral « libre, juste et crédible » dans l’île.

 

Haïti – Reconstruction :

 Premières images du futur Port-au-Prince
HAITI LIBRE – 28/01/2011 14:06:00

Haïti - Reconstruction : Premières images du futur Port-au-PrinceLa fondation « Prince’s Foundation for the Built Environment » du Prince Charles basée à Londre et la firme de Miami, Duany Plater-Zyberk (DPZ), ont été engagées par le Gouvernement haïtien afin d’élaborer un plan de reconstruction de Port-au-Prince et faire des propositions sur l’organisation spatiale du périmètre déclaré d’utilité publique.
La fondation, avec son expérience internationale, a déjà contribué par le passé à redessiner des centres villes dans des conditions souvent difficiles comme ceux de Kingston (Jamaïque) ou de Kaboul (Afghanistan). Des sources proches du projet, indiquent que le centre-ville de Port-au-Prince est le plus grand défi traité à ce jour par la Fondation.
Un plan a été dévoilé cette semaine pour reconstruire le centre-ville historique de Port-au-Prince avec un meilleur environnement urbain que celui qui existait avant le séisme de Janvier 2010. Ce plan prévoit de reconstruire un centre administratif gouvernemental autour du Palais présidentiel avec des bâtiments municipaux et administratifs, des musées, des salles de concert, des écoles et des espaces verts. Il y aura une partie piétonne devant les nouveaux bâtiments. « La grille des rues historiques sera conservée et il y aura des petits parcs aux coins des rues qui se réuniront pour former un carré complet d’une élégance extraordinaire » a expliqué l’architecte urbaniste Andres Duany.

Le front de mer sera reconstruit et comprendra des arbres (mangrove) pour se protéger des tempêtes. Le plan prévoit la construction de logements au-dessus des décombres. L’équipe a calculé que si les décombres des bâtiments démolis sont utilisés comme base pour les nouveaux bâtiments, ceux-ci seront surélevé d’environ 80 centimètres, « assez pour protéger d’une grosse crue, de telle sorte que l’eau s’écoulera dans les rues sans affecter les maisons ou les stationnements » a précisé Duany.

« Les planificateurs se sont concentrés sur la façon dont la classe moyenne et supérieure peuvent être attirés par ce nouveau milieu urbain – qui est la seule manière qu’une reconstruction peut être amortie, » a expliqué l’urbaniste. « Les gens ont besoin de trois choses : la sécurité, le stationnement et un environnement prévisible » a t-il dit. Pour atteindre ces objectifs, le plan propose une gestion de type « sous-gouvernementales » à l’échelle de l’îlot urbain. Chaque bloc d’habitation, surnommé par l’équipe « village urbain », serait conçu pour fournir ses propres services publics et stationnement. Une structure au centre de chaque village urbain fournirait l’électricité, l’eau et les égouts, a expliqué Duany, et serait entourée d’un espace commun de stationnement accessible par les allées. Le bloc central pourrait être surveillé par les résidents, qui ont tous un intérêt personnel, en matière de sécurité. Les services publics et le stationnement seraient détenues et gérés sous la forme d’une coopérative ou d’un condominium.
« La dimension généreuse des blocs historiques de Port-au-Prince fournit l’espace pour l’infrastructure et les stationnements centraux, tout en permettant un certain espace privé pour des résidents. Plusieurs de ces blocs pourraient être conçus avec des espaces verts dans les coins. Nous nous attendons à ce que chaque bloc ait un parc » précise Andres Duany. « Tellement en fait, que chacun verra des arbres » a t-il ajouté.

L’architecture des nouveaux bâtiments sera fondées sur les précédents locaux, ont précisé les planificateurs. L’équipe envisage un développement initial de bâtiments de 1 et 2 étages, ce qui était la condition du centre-ville avant le séisme « il n’y a donc aucune raison de penser qu’après le tremblement de terre il y aura des quatres étages » explique Duany, « toutefois, cela peut évoluer à quatre étages dans le temps ».  Rappelant qu’un cadre légal (code d’urbanisme) doit garantir le respect du plan d’urbanisme afin de conserver l’harmonie de la ville.
Des mesures de modération du trafic, tels que des petits carrefours giratoires sur les coins, permettrait de fluidifier le trafic à un rythme qui ne perturbe pas les piétons. Le plan se penche aussi sur des options pour le transport, y compris une boucle d’autobus, une boucle de tramway, et/ou un transport rapide par autobus.
« En plus de l’administration publique, le tourisme pourrait être une source d’emploi » a rappelé Duany, un aspect essentiel qui permettrait de développer un quartier orienté sur la vente au détail près du port.

 

Ne nous mobilisons pas seulement pour porter plainte contre l’ancien dictateur

Par Guy Pierre * / ALTERPRESSE / vendredi 28 janvier 2011

1. La situation nationale s’est considérablement aggravée avec le débarquement inopiné, le 16 janvier dernier, de l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier à l’aéroport international. Et ce d’autant qu’au lieu d’émettre immédiatement contre lui un mandat d’arrêt et le faire emmener directement en prison, ce qui aurait montré que la nation n’entend pas revivre les années noires de 1957-1986, le gouvernement a fait accompagner M. Duvalier à son hôtel par une escorte policière. Depuis, la question des élections est reléguée au second plan de l’actualité. Un débat sur les crimes commis par celui que le peuple a chassé du pouvoir le 7 février 1986 est lancé.

2. Ce débat interpelle les citoyens et citoyennes sur l’un des principaux problèmes de base que la nation doit résoudre pour pouvoir avancer, le problème de la justice. La nation ne peut encore trouver un moyen pour l’aborder sérieusement et punir tous ceux qui pillent les caisses de l’Etat, qui assassinent des citoyens, qui exploitent impunément les biens publics ou qui s’enrichissent par la contrebande. Un nombre réduit d’individus et de parasites de toutes sortes, fortement liés aux différents gouvernements en place, s’y opposent. Les arguments qu’avancent les avocats de l’ancien dictateur le montrent. Les banalités également que le Président de la République a dévidées en terre voisine. Du reste, tout comme les avocats de l’ancien dictateur et certains hommes politiques et intellectuels, le gouvernement ne veut pas que justice soit rendue. Il cherche à banaliser l’affaire et compte pour cela sur plusieurs facteurs.

3. Il faut encourager tous ceux, toutes les victimes des sévices des hordes des Duvalier à porter plainte contre le tyran et à réclamer son arrestation en faisant pression sur l’Etat pour qu’il assume ses responsabilités, c’est-à-dire qu’il déclare, avec l’appui de toute la nation, que les crimes commis par Jean-Claude Duvalier ne sont pas prescriptibles et qu’il doit être jugé, comme les dictateurs argentins des années 70-80. La nation réclame justice. De nombreuses voix internationales l’appuient et lui demandent d’agir.

4. Mais il y a plus grave. Contrairement à ce que l’on pourrait comprendre, après le coup manqué de Roger Lafontant en 1990, les duvaliéristes n’ont pas renoncé à l’idée de se réinstaller au pouvoir. D’ailleurs certains d’entre eux ont publié récemment des ouvrages et des affiches visant à présenter la période de 1957-1986 d’une façon différente de celle que l’histoire matérialise dans les ouvrages « Papa Doc et les Tontons macoutes et le Prix du sang » de Bernard Dietrich, ou Les Comédiens de Graham Green. On notera par ailleurs avec intérêt que Jean-Claude Duvalier et le candidat Martelly ont les mêmes conseillers juridiques…

5. Il ne faut sans doute pas se hâter de conclure, mais la coïncidence surprend. Elle mérite d’être expliquée. Les souvenirs des relations de « bamboche » d’autrefois peuvent sans doute aider à le faire. En tout cas, une chose est certaine : M. Duvalier entend trouver, selon le premier discours qu’il a prononcé, un poulain pour réhabiliter totalement son père et le régime déchu. Le chanteur serait le candidat parfait.

6. Toutefois la stratégie des duvaliéristes pour se réinstaller au pouvoir ne se limiterait pas seulement à la possibilité de conquérir le candidat classé troisième dans les résultats préliminaires du CEP. Le camp de Jude Célestin, peut aussi, s’il reste dans la course, leur servir de marche-pied. Ceci en raison du fait que le groupe qui l’appuie est un ramassis d’aventuriers en quête d’argent et de miettes de toutes sortes. Ils sont disponibles. Certains secteurs de Lavalas également, et ce d’autant qu’ils peuvent en profiter pour signer avec les duvaliéristes un accord sur le retour d’Aristide au pouvoir.

7. Comme nous le voyons donc, la situation est extrêmement complexe. La nation se trouve brusquement à nouveau, c’est-à-dire comme en 1990, face au danger du retour au pouvoir de ceux – les Mme. Max Adolphe et les Luc Désir – qui l’ont empêché brutalement, par sadisme et cynisme, d’accroître et d’améliorer, pendant la deuxième moitié du XXe siècle, « le peu » qu’elle avait accumulé durant la Deuxième Guerre Mondiale et la Guerre de Corée.

8. Il faut barrer la route aux duvaliéristes. Leur retour au pouvoir par le biais du chanteur ou d’un lavalassien quelconque aggraverait davantage encore la crise dans laquelle le pays se trouve. Le pillage des caisses de l’Etat augmenterait, des centaines de milliers d’enfants continueraient à être privés d’école, les compatriotes qui vivent sous les tentes depuis le tremblement continueraient à y croupir, le système de production national ne pourrait pas reprendre, les grandes questions foncières et d’irrigation retomberaient dans l’oubli, le coût de la vie ne diminuerait pas, le nombre déjà impressionnant de sans travail et de chômeurs augmenterait, le mouvement d’exode de cadres et de travailleurs à l’étranger s’intensifierait, aucune politique de recherche et de formation de cadres de haut niveau ne pourrait être envisagée. L’Etat ne pourrait aborder la refonte du système d’enseignement universitaire, le déficit du système de santé par rapport aux besoins de la population augmenterait, le taux de mortalité infantile ne diminuerait pas. Bref, le pays accélérerait sa marche à reculons, les principaux acquis politiques du 7 février 1986 et du 29 mars 1987 seraient remis en cause.

9. En somme, dans l’hypothèse d’une réhabilitation du duvaliérisme, l’étranger continuera à définir d’autorité la politique du pays, à définir ses priorités, à soutenir son budget par de petits appoints de misère, à lui dicter des ordres sous forme de recommandations, bref à contrôler et à orienter son destin.

10. Nous devons éviter ce scénario, et il nous est possible de le faire en nous mobilisant, en obligeant la justice à reconnaître les plaintes des citoyens contre Jean-Claude Duvalier et à le juger, en dénonçant toutes les formes de financement occulte des campagnes des candidats populistes et toutes les formes de tractations éventuelles que les secteurs duvaliéristes et populistes s’apprêteraient à entamer dans les prochains jours avec le CEP et le président sortant, en obligeant, enfin, la communauté internationale à ne pas forcer les résultats des élections. Le pays ne peut pas retourner aux années macabres des Ti-Boulé et des Roger Lafontant ou des Zakari-Delva et Gracia Jacques. Il doit aussi mettre fin à la longue période anarcho-populiste et néolibérale de Préval-Aristide et définir, de manière souveraine et dans un cadre unitaire et patriotique, un véritable processus d’institutionnalisation politique et de progrès économique.

REVUE DE LA PRESSE – Vendredi 28 janvier 2011

28 Jan

Hillary Clinton en Haïti ce week-end

Les Etats-Unis exigent l’application des recommandations de l’OEA sur les élections

Radio Kiskeya / vendredi 28 janvier 2011

Il est probable que la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton, effectue une visite ce week-end à Port-au-Prince, selon des sources dignes de foi.

La crise postélectorale doit vraisemblablement figurer au menu des discussions que devrait avoir la chef de la diplomatie américaine avec les autorités haïtiennes.

Les Etats-Unis ainsi que tous les autres partenaires étrangers d’Haïti exigent la mise en application des recommandations de l’OEA sur les élections controversées du 28 novembre 2010. Celles-ci prévoient pratiquement la mise à l’écart du candidat officiel Jude Célestin au profit des candidats Mirlande Manigat (RDNP) et Michel Martelly (Repons Peyizan) au second tour des élections.

Si la plateforme officielle INITE a annoncé qu’elle renonçait à briguer la présidence, son candidat, Jude Célestin, n’a encore soufflé mot sur ses intentions. Selon le Conseil Electoral Provisoire lui seul peut décider de son retrait.

 

Deux policiers tués et trois autres blessés par balle à Port-au-Prince en moins de 24 heures

Pas encore de réaction de la Direction générale de la PNH

Radio Kiskeya / vendredi 28 janvier 2011

Deux agents de la Police nationale d’Haïti (PNH) ont été tués jeudi soir à la Cité de l’Exposition (centre ville de Port-au-Prince) à bord de la voiture particulière à bord duquel ils se trouvaient en compagnie d’un troisième policier et d’un citoyen qu’ils déposaient.

Johnny Jean Louis (Agent 2) et Titi Louis (Agent 1) ont été tués sur le champ, tandis que la policière Marie Judith Charles (Agent 3) a reçu trois projectiles respectivement à la bouche, au thorax et au bras. Le nommé Ralph Mathurin qui se trouvait également à bord du véhicule a été lui aussi touché.

Les policiers qui revenaient de service au sous-Commissariat de la Cité de l’Exposition regagnaient leur domicile quand leur véhicule a été pris pour cible par des individus qui circulaient vraisemblablement à pied, selon la police.

Deux policiers ont été blessés par balle vendredi matin dans un autre secteur de la capitale haïtienne, plus précisément à Frères (Pétion Ville, Est de Port-au-Prince). Pris en chasse après avoir refusé de s’arrêter à un point de contrôle, un individu répondant au nom de Mackenson qui, selon la police, serait un évadé de prison, a ouvert le feu sur les policiers qui avaient pu le ratrapper. L’un des policiers blessés répond au nom de Jean Pierre Claude. Il est affecté à la section de la Circulation automobile du Commissariat de Pétion Ville.

Une chasse à l’homme a immédiatement été lancée en vue d’appréhender l’individu qui a fui à pied, abandonnant la mercédès de couleur rouge qu’il conduisait.

La Direction générale de la PNH n’a pas encore réagi officiellement à ces graves incidents.

 

Deux sénateurs américains pressent les autorités haïtiennes de trouver une solution à la crise

RADIO METROPOLE / Vendredi, 28 janvier 2011 10:26

Deux sénateurs américains ont lancé un appel en vue d’une solution pacifique à la crise politique ayant pris naissance après le scrutin du 28 novembre. Les sénateurs de la Floride, le démocrate Bill Nelson et le républicain Marco Rubio dans une résolution symbolique souhaitent qu’un gouvernement légitime entre en fonction quelques semaines après le 7 février.
Dans le communiqué les sénateurs Nelson et Rubio réaffirment l’engagement des Etats-Unis dans les efforts de reconstruction du pays ravagé par le violent séisme du 12 janvier.  » Un leadership politique est nécessaire pour s’assurer qu’un gouvernement élu, respecté par le peuple et reconnu par la communauté internationale, soit prêt à entrer en fonction dans un bref délai après le 7 février », insistent les sénateurs américains.
Ils souhaitent que la communauté internationale appelle les autorités haïtiennes à trouver une issue démocratique à la crise électorale en tenant compte de l’entrée en fonction d’un nouveau gouvernement. Dans le même temps les sénateurs Nelson et Rubio plaident pour une meilleure attention en ce qui concerne les besoins urgents d’Haïti notamment, l’accès à l’éducation, aux soins de santé ainsi qu’aux efforts pour revitaliser l’économie, l’enlèvement des décombres, la construction de logements et d’infrastructures. Les sénateurs de la Floride expriment également leurs préoccupations en ce qui concerne l’insécurité et les violations des droits humains à travers le pays et particulièrement dans les camps d’hébergement.

 

Patterson demande à la communauté des Caraïbes de s’impliquer
HAITI LIBRE – 28/01/2011 10:15:01

Haïti - Reconstruction : Patterson demande à la communauté des Caraïbes de s’impliquerAu cours du colloque de trois jours de la Bourse sur les marchés d’investissement qui s’est tenu à Kingston (Jamaïque), Percival James Patterson, l’Ancien premier ministre de la Jamaïque, Envoyé spécial en Haïti de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a demandé à la communauté d’affaires des Caraïbes de s’impliquer dans la reconstruction d’Haïti (1).
Il s’est dit convaincu que ce pays, qui a été détruit par le séisme de janvier 2010 peut-être la clé du renouveau régional. Soulignant que la plupart des économies des Caraïbes ne devraient pas sortir de la récession internationale au cours des trois prochaines années « Haïti pourrait être le sauveur inattendu de la région. »
Patterson a expliqué que la reconstruction d’Haïti exigera une expertise dans l’agriculture, le tourisme et la construction. Compte tenu des destructions causées par le séisme, le secteur de la construction demandera plus d’expertise pour reconstruire des routes, des écoles, des hôtels et des hôpitaux.
Rappelant les milliards de dollars d’aide promis par la communauté international pour la reconstruction d’Haïti, il a souligné que si la communauté des Caraïbes n’obtient pas sa part, d’autre la prendront et que « nous n’aurons personnes à blâmer que nous même ».
Patterson a révélé que la CARICOM a récemment proposée un fonds pour l’octroi de prêts à des investisseurs potentiels en Haïti, indiquant qu’une équipe technique est en train de former un comité pour diriger ce fonds, qui devrait être doté d’un montant initial de 100 millions de dollars, pouvant atteindre jusqu’à 1 milliard de dollars.
La plupart des fonds proviendront de membres de la CARICOM, d’ententes bi-latérales et d’organismes multilatéraux, du secteur privé et du secteur public, des donateurs privés de la diaspora haïtienne et des Caraïbes « Je vois de grandes possibilités pour nos banques commerciales, nos banques de développement, nos banques EXIM (export Import) et la bourse », a souligné M. Patterson. « Nous considérons que le Fonds de la CARICOM est un véhicule idéal pour stimuler le développement qui est nécessaire [en Haïti]. »
(1)Haïti a été admis comme membre à part entière, de la CARICOM en 1999.

 

Les États-Unis et la France s’impatientent, Jude garde le silence…
HAITI LIBRE – 28/01/2011 09:08:21

Haïti - Élections : Les États-Unis et la France s’impatientent, Jude garde le silence...Le gouvernement américain a demandé jeudi aux autorités haïtiennes de poursuivre le processus électoral à travers l’organisation du second tour, une position exprimée au lendemain de l’annonce par la Plateforme INITE du retrait du candidat du pouvoir, Jude Célestin, de la course à la présidence. Une annonce saluée par Albert Ramdin, le secrétaire général adjoint de l’Organisation des États américains (OEA) qui voit dans cette annonce un « signal positif » pouvant clarifier le processus électoral dans la perspective du second tour.
Toutefois, jeudi soir, le premier concerné, Jude Célestin n’avait toujours pas confirmé sa position face à l’annonce du Directoire d’INITE et le porte parole du candidat, n’a pas été en mesure de confirmer si Jude Célestin avait pris une décision.
Philip Crowley, porte-parole du Département d’Etat, sans commenter directement l’annonce du retrait du candidat Célestin, a rappelé que Washington considère que « le gouvernement devrait accepter les conclusions du rapport de l’OEA et continuer le processus électoral avec le second tour ». Il a rappelé que l’administration américaine n’appuyait aucun des candidats, mais se basait sur les résultats des vérifications des résultats préliminaires du premier tour des présidentielles réalisées par les experts de (OEA) « Les premiers résultats n’ont pas reflété le vote de la population d’Haïti » a-t-il ajouté. « Nous ne sommes pas en train de choisir un candidat au détriment des autres. Il y avait de forts indices selon lesquels des fraudes électorales significatives avaient été enregistrées et les résultats préliminaires communiqués ne reflètent pas le vote réel du peuple haïtien » a insisté le porte parole.
De son coté, la France a appelé hier, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) d’annoncer rapidement les noms des candidats pour le second tour des présidentielles. « Nous avons salué le travail effectué par la mission de vérification de l’OEA, dont il faut tirer toutes les conséquences », a indiqué Bernard Valero, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères lors d’un point de presse. « Il revient au CEP d’ annoncer rapidement les noms des candidats pour le second tour et de fixer le calendrier électoral afin que celui-ci puisse être organisé dans les meilleures conditions » a-t-il souligné.
La veille, le premier ministre haïtien Jean Max Bellerive avait déclaré à la presse qu’il attendait impatiemment que le CEP publie très rapidement les résultats définitifs des élections de novembre 2010.

 

La femme fatale de Baby Doc

Par Vincent Hugeux, l’Express, publié le 28/01/2011 à 07:00

La femme fatale de Baby Doc

Véronique Roy a surgi sur l’avant-scène le 16 janvier, dans le sillage de l’ex-dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, 59 ans, de retour au pays après un quart de siècle d’exil en France.  

REUTERS/Eduardo Munoz

La mystérieuse Véronique Roy est le cerveau du retour inopiné et controversé de Jean-Claude Duvalier à Port-au-Prince. A quoi joue cette compagne très affairée ?

Silhouette fluette et lunettes fumées, elle a surgi sur l’avant-scène le 16 janvier, dans le sillage de l’ex-dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, 59 ans, de retour au pays après un quart de siècle d’exil en France. L’énigmatique Véronique Roy est bien plus que la conjointe et porte-parole de « Baby Doc« . « Sans elle, jamais celui-ci ne serait rentré », tranche l’écrivain américain Bernard Diederich, implacable chroniqueur de la tyrannie duvaliériste. Les proches du revenant reconnaissent l’ascendant qu’exerce sur lui l’ambitieuse Véronique. « Elle a toujours eu envie de jouer un rôle politique », admet Me Sauveur Vaïsse, qui fut l’avocat de François Duvalier, l’ubuesque satrape au pouvoir de 1957 à 1971, puis de son fils Jean-Claude, intronisé à l’âge de 19 ans. 

La rencontre date du début de la décennie 1990. Anéanti par un divorce ruineux, l’héritier destitué, établi sur la Côte d’Azur, flirte alors avec l’indigence. Alcool, dépression: Baby Doc n’est plus que l’ombre pathétique du flambeur épris de bolides de luxe et logé dans des villas de rêve. Un épais mystère flotte sur le parcours de sa nouvelle compagne, connue à l’époque sous le nom d’Hermance. Les uns évoquent un passé de styliste familière des monarchies du Golfe; d’autres une carrière de conseillère en relations publiques. Parce qu’elle parle le créole et porte un patronyme fameux à Port-au-Prince, on lui prêtera même des origines haïtiennes, quitte à lui conférer le statut de petite-fille de Paul Eugène Magloire, chef de l’Etat de 1950 à 1956. « Légende, objecte Bernard Diederich. Elle n’a pas une goutte de sang haïtien dans les veines. » De l’aveu d’un avocat fidèle à Jean-Claude, Véronique détient un passeport français. 

Une certitude: cette brune avenante et manoeuvrière sait faire preuve de constance. En 1995, lorsque Patrick Budail, gérant de L’Eden bleu, à Mougins (Alpes-Maritimes), porte plainte pour grivèlerie et escroquerie contre Duvalier fils et sa mère, Simone, descendus dans son hôtel sous les noms de M. et Mme Valère, elle apure en deux chèques une partie de l’ardoise. De même, raconte Budail, c’est bien elle qui orchestre ensuite la fuite à la cloche de bois du « couple » impécunieux, bientôt hébergé dans sa famille. Pour l’anecdote, l’hôtelier renonça aux poursuites sur l’injonction de deux agents des Renseignements généraux tricolores. Cinq ans plus tard, après une errance qui le conduit de Puteaux (Hauts-de-Seine), au Claridge, palace parisien des Champs-Elysées, Jean-Claude s’installe place du Costa-Rica (XVIe), dans un deux-pièces acquis, ou loué, par sa partenaire. 

Elle plaide la cause de l’ancien « président à vie »

D’emblée, celle-ci chaperonne son compagnon. Elle verrouille l’accès au despote déchu, filtre les demandes d’interviews, voire souffle les réponses. Il lui arriva même de prier en vain un journaliste français de tenir la plume de Jean-Claude, censé rédiger ses Mémoires. « Jamais Mme Roy ne me laissait seul avec lui, raconte Diederich. Après qu’elle eut rompu tout contact, ce pauvre diable téléguidé m’a appelé, embarrassé:  »Pardonne-lui, Bernard, elle aime tant Haïti…' »  

Amour impérieux et méthodique: voilà des lustres qu’à la faveur de maintes tournées Véronique plaide la cause de l’ancien « président à vie » et collecte des fonds, tant au pays qu’au sein de la diaspora haïtienne de Miami, de New York ou du Canada. En octobre 2006, elle oeuvre au lancement d’une Fondation François-Duvalier, vouée à « honorer la mémoire » du défunt Papa Doc. Preuve que Véronique Roy-Duvalier ne doute de rien. 

 

Les Etats-Unis réclament la poursuite du processus électoral

En guise de réaction au désistement annoncé du protégé de Préval, Jude Célestin, le Département d’Etat affirme que selon l’OEA il n’était que troisième au premier tour des présidentielles

Radio Kiskeya / jeudi 27 janvier 2011

Le gouvernement américain a pressé jeudi les autorités haïtiennes de poursuivre le processus électoral à travers l’organisation du second tour, une position exprimée au lendemain de l’annonce du retrait du candidat du pouvoir, Jude Célestin, de la course à la présidence.

« Les premiers résultats n’ont pas reflété le vote de la population d’Haïti », a déclaré à la presse le porte-parole du Département d’Etat, Philip Crowley.

Sans commenter directement le désistement de Célestin, le porte-parole souligne que selon les conclusions de l’OEA l’intéressé était arrivé en troisième position et ne pouvait donc prétendre à une participation au second tour.

Il affirme que Washington suit de près les événements en Haïti et considère que « le gouvernement devrait accepter les conclusions du rapport de l’OEA et continuer le processus avec le prochain tour ».

M. Crowley a aussi tenu à préciser que l’administration Obama n’appuie aucun des candidats en lice, mais, se base sur les données validées par l’Organisation des Etats américains à l’issue d’un processus de vérification des résultats du premier tour des présidentielles qui avait été entrepris face aux fraudes massives dénoncées par l’opposition.

De l’avis des experts de l’OEA, Mirlande Manigat serait arrivée en tête avec 31,6% des voix contre 22,2% à Michel Martelly et 21,9% à Jude Célestin.

Cette évaluation contraste avec les résultats préliminaires officiels du Conseil électoral qui avaient, début décembre, suscité de violentes manifestations de rue et la paralysie de plusieurs villes du pays pendant trois jours.

Si Mme Manigat était bien en première position avec 31,37% des suffrages exprimés, cependant, elle devançait dans l’ordre MM. Célestin et Martelly, deuxième et troisième avec respectivement 22,48% et 21,84%.

« Nous ne sommes pas en train de choisir un candidat au détriment des autres. Il y avait de forts indices selon lesquels des fraudes électorales significatives avaient été enregistrées et les résultats préliminaires communiqués ne reflètent pas le vote réel du peuple haïtien », a fait ressortir Philip Crowley.

Mercredi, le secrétaire général adjoint de l’OEA, Albert Ramdin, avait salué la décision de Célestin d’abandonner la course comme un « signal positif » pouvant clarifier le processus électoral dans la perspective du deuxième tour.

Toutefois, jusqu’à jeudi soir le candidat officiel ne s’était pas aligné sur la position de son parti INITE indiquant qu’il avait renoncé à ses ambitions présidentielles afin d’épargner au pays des sanctions économiques que menace d’appliquer une communauté internationale de plus en plus impatiente et inflexible.

 

Célestin ne s’est pas encore prononcé sur l’appel au retrait de sa candidature

The Associated Press (CP) – 28/01/11

PORT-AU-PRINCE, Haïti — Le parti au pouvoir en Haïti a indiqué jeudi que Jude Célestin n’avait pas encore décidé s’il répondrait favorablement à l’appel de la formation à retirer sa candidature à l’élection présidentielle.

Les leaders du parti Unité avaient annoncé, mercredi, que le successeur désigné du président René Préval se retirait du second tour, face à la pression des États-Unis, de l’Organisation des États américains (OÉA) et des manifestants haïtiens.

Mais Jude Célestin a le dernier mot.

Le coordonnateur du parti, Joseph Lambert, a mentionné jeudi à l’Associated Press que la décision du candidat n’était pas encore prise. Le conseil électoral a aussi dit n’avoir reçu aucune notification formelle de l’équipe de M. Célestin.

Les leaders du parti Unité ont affirmé que leur appel est motivé par la menace de sanctions de la part des États-Unis et d’autres pays qui voudraient voir Jude Célestin se retirer à la faveur du chanteur populaire Michel Martelly.

L’impasse fait peser le rique d’une crise constitutionnelle à la fin du mandat officiel de René Préval, le 7 février.

REVUE DE LA PRESSE – Jeudi 27 janvier 2011 (2)

27 Jan

 

Haïti: une quinzaine de personnes meurent, probablement intoxiquées

Romandie News / AFP / 27 janvier 2011 19h30

PORT-AU-PRINCE – Une quinzaine de personnes sont mortes ces derniers jours en Haïti dans la région de Port-au-Prince, probablement victimes d’une intoxication, a-t-on appris jeudi auprès du ministère de la Santé haïtien et de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS).

« On nous a rapporté une douzaine de décès à Fonds-Baptiste, une localité proche de Cabaret, (à 30 km de la capitale Port-au-Prince). Nous avons envoyé une équipe d’épidémiologistes sur place », a indiqué à l’AFP le docteur Ariel Henry, chef de cabinet au ministère haïtien de la Santé publique.

De son côté, une infirmière contactée par l’AFP au téléphone a indiqué que « 16 morts (avaient) été comptabilisés depuis le début de la semaine ».

Un porte-parole de l’OPS, émanation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Daniel Epstein, a confirmé à l’AFP ces décès, sans toutefois être en mesure d’en préciser le nombre.

« Nous enquêtons sur deux groupes de décès… survenus après une cérémonie vaudou », a indiqué M. Epstein. Ces décès « semble être dus à un empoisonnement », a-t-il précisé, expliquant que les victimes pouvaient soit avoir bu de l’alcool frelaté, soit avoir mangé des fruits de l’arbre akee (Blighia sapida) qui peuvent parfois s’avérer mortels.

Un autre médecin a lui aussi estimé que les victimes auraient été empoisonnées à l’éthanol. « Les premières données recueillies montrent qu’ils auraient bu de l’alcool frelaté », selon cette source.

« Les victimes seraient décédées subitement prises de fortes migraines, de vomissements et frappées de cécité brutale », a souligné le Dr Henry, citant des témoignages.

 

Révélation WikiLeaks : les États-Unis auraient utilisé la Minustah pour maintenir Aristide en Afrique du Sud.


http://www.caraibcreolenews.com/news/haiti/1,2895,27-01-2011-hay-ti-ry-vy-lation-wikileaks-les-yotats-unis-auraient-utilisy-la-minustah-pour-maintenir-aristide-en-afrique-du-sud-.html

Port-au-Prince. Jeudi 27 janvier 2011. CCN/AlterPresse. Les Etats-Unis se sont empressés d’enrôler la Mission des Nations Unis pour la stabilisation en Haïti (Minustah ) afin de maintenir Jean Bertrand Aristide hors du pays, révèlent des câbles diplomatiques américains dévoilés par WikilLeaks.

Washington craignait que le retour de Jean-Bertrand Aristide ne vienne ajouter de l’huile sur le feu, selon ces câbles.
Les documents ont été relayés cette semaine par le journal britannique The Guardian alors que l’ex-président réitère son besoin de revenir sur sa terre natale et que ses partisans ne cessent de réclamer sa présence en Haiti.
Le 8 juin 2005, une rencontre a eu lieu sur le sujet au Brésil entre l’ambassadeur américain, John Danilovich, le conseiller politique de l’ambassade, qui joue le rôle de chef de la CIA sur place, et le ministre brésilien des affaires étrangères de l’époque, Marco Aurelio Garcia, signale le journal.
« L’ambassadeur et le conseiller politique ont continué d’insister sur le fait que tous les efforts doivent être déployés pour empêcher le retour d’Aristide en Haïti ou l’influence de ce dernier sur le processus politique… », rapporte un des câbles. Il note que le gouvernement américain « est de plus en plus attentif à une détérioration majeure de la sécurité ».
Lors de cette rencontre, les américains ont évoqué l’appel de la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice à « renforcer
l’action de la Minustah ». Celle-ci avait aussi souligné que « les Etats-Unis pourraient être amenés à envoyer des troupes (en Haiti) à un certain moment ».
Une autre rencontre a été tenue entre les responsables américains et brésiliens au mois de juin et les câbles révèlent que les Etats-Unis souhaitaient que la Minustah et plus précisément son haut commandement brésilien durcissent le ton.
Tout de suite après, le 5 juillet, les casques bleus ont mené une opération sanglante à Cité Soleil, bastion de nombre de sympathisants de l’ex-président.
Cependant, selon les câbles diplomatiques, les brésiliens avaient une autre opinion sur la manière de gérer l’absence d’Aristide bien qu’ils s’entendaient avec Washington sur le fait que l’ancien prêtre devait rester en Afrique du Sud.
Refusant de céder aux pressions du gouvernement américain en vue de mener un autre raid sur le bidonville, le général Augusto Heleno Ribeiro, chef de la mission, a été vite remplacé par le général Urano Texeira da Matta Bacellar. En janvier
2006, le général Bacellar a été retrouvé mort dans sa chambre d’hôtel avec une balle à la tête, après avoir opposé lui aussi une résistance farouche à l’idée d’attaquer à nouveau Cité Soleil.
A l’époque les autorités brésiliennes avaient avancé la thèse de l’accident avant de conclure par un suicide. Cependant selon un autre câble dévoilé par WikiLeaks, l’affaire avait intrigué le président dominicain Leonel Fernandez, qui s’était montré sceptique.
Selon Fernandez, le crime aurait été commis par « un petit groupe préparé pour créer le chaos en Haïti ». Le président dominicain aurait cité le nom d’un ancien commandant de la « rébellion anti-Aristide » en 2004, qui travaillerait pour les Américains.
Fernandez n’a pas non plus écarté que le gouvernement brésilien trouvait son compte en gardant secret les circonstances de la mort du général. Selon lui, l’ex-président brésilien, Lula Da Silva, misait sur la mission onusienne en Haïti pour gagner un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.
De même, selon les propos attribués à Fernandez dans les câbles, les dirigeants brésiliens craignaient de voir cette affaire inciter la population brésilienne à demander le retrait des troupes d’Haiti.

REVUE DE LA PRESSE – Jeudi 27 janvier 2011

27 Jan

 

Le silence de Jude Célestin fait monter la pression
HAITI LIBRE – 27/01/2011 09:10:31

Haïti - Élections : Le silence de Jude Célestin fait monter la pressionHier soir, le candidat à la présidence Jude Célestin, n’avait toujours pas réagi à l’annonce de la Plateforme INITE qui a décidé dans un communiqué, d’annoncer son retrait du second tour. D’après un proche du candidat, Jude s’est abstenu de prendre part aux réunions organisées pour déterminer son sort et n’aurait pas été consulté au moment de la publication du texte ajoutant que Jude continu de croire que c’est au Conseil Électoral Provisoire de décider de son sort. Un proche d’INITE reconnait qu’il y a de nombreux désaccords au sein de la Plateforme sur cette décision où les membres subissent d’importantes pressions…
Le candidat Jean Henry Céant (Renmen Ayiti), rappelle que la décision de la plateforme INITE, du retrait de leur candidat Jude Célestin du second tour n’a pas de valeur légale. Il souligne qu’en vertu de la loi électorale, « seul le candidat a l’autorité de faire le retrait de sa candidature par acte notarié ». Ajoutant que même si Jude Célestin retirait sa candidature, ce serait en raison des pressions de la communauté internationale et ce n’est pas ce qui « conviendrait le mieux au pays »…
Pour Mirlande Manigat (Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes), vainqueur du premier tour, les jeux sont fait, ignorant totalement la position du principal intéressé… Elle félicite le candidat Célestin pour la décision prise par sa plateforme, qui, dit-elle, va contribuer au déblocage de la situation. En tout cas, « aujourd’hui, je sais que mon concurrent au second tour sera Michel Martelly (Repons Peyizan).»
L’ancien Premier ministre PJ Patterson, Représentant spécial pour Haïti de la CARICOM a déclaré que la communauté internationale devrait permettre au Conseil Électoral Provisoire (CEP) de statuer sur les litiges des résultats du premier tour en toute indépendance…
Aux Etats-Unis, la diaspora, a accueilli (en général) favorablement, l’annonce officielle de la Plateforme INITE. Plusieurs ont qualifié ce geste des membres du directoire d’INITE « d’action courageuse et patriotique » alors que d’autres, déplorent ce retrait forcé sous les pressions de la communauté internationale.
Au lendemain de la publication de la prise de position de la Plateforme INITE la situation reste confuse, une confusion alimentée par les rumeurs et le silence du candidat Jude Célestin. Le Conseil Électoral Provisoire n’a reçu à ce jour, aucune demande formelle du candidat, pour son éventuel retrait du second tour. Pour le CEP, Jude Célestin reste toujours le candidat du second tour des élections présidentielles.

 

Le «Sit-in» Lavalas, peu mobilisateur
HAITI LIBRE – 27/01/2011 11:19:57

Haïti - Politique : Le «Sit-in» Lavalas, peu mobilisateurLe Sit-in organisé par la Commission Permanente de Mobilisation (CMP) de Fanmi Lavalas, devant les locaux de l’Ambassade des États Unis, à Tabarre, a rassemblé moins d’une centaine de participants. Les manifestants brandissaient pancartes et banderoles, réclamant avec vigueur, le retour du Président Aristide et le départ « des forces d’occupation » (Minustah). Ils exigeaient principalement du Gouvernement américain, qu’il s’implique et collabore au retour de leur leader, exilé en Afrique du Sud depuis 2004.
René Civil, un des leaders des manifestants, a déclaré que le retour d’Aristide est une manière d’« unir à nouveau la société haïtienne » et a invité les membres du parti du pouvoir (INITE) à respecter ce qu’il appelle « la cause Lavalas ». Civil à fait savoir qu’Aristide n’était pas au-dessus des lois et que l’ex Président répondrait devant la justice de toutes les allégations faites contre lui.
Dr Maryse Narcisse, la coordonnatrice du comité exécutif de Fanmi Lavalas, a dénoncé pour sa part, l’ingérence de la communauté internationale dans les affaires politiques haïtiennes, soulignant que si la communauté internationale est la clé de l’exclusion, Fanmi Lavalas possède les moyens de mettre un terme à cette exclusion.
Ansyto Félix, porte-parole du CMP a fait savoir que 2011 sera l’année décisive pour Fanmi Lavalas pour obtenir satisfaction à leurs revendications, citant : le retour du Président Aristide, l’annulation des élections, l’installation d’un nouveau gouvernement et de nouvelles élections inclusives.
Les dirigeants ont exprimés leur soutien au groupe des 12 et aux secteurs qui réclament l’annulation des élections du 28 Novembre 2010.

 

«Baby Doc», l’argent suisse et la «loi Duvalier»

Les nostalgiques de «Baby Doc» s'enthousiasment du retour fracassant de l'ancien dictateur haïtien après vingt-cinq ans d'exil.Légende: Les nostalgiques de «Baby Doc» s’enthousiasment du retour fracassant de l’ancien dictateur haïtien après vingt-cinq ans d’exil. (Keystone)

Samuel Jaberg, swissinfo.ch (Avec la collaboration de Jessica Dacey) / 27 janvier 2011 – 13:48

Jean-Claude Duvalier serait-il retourné en Haïti dans le seul but de récupérer les six millions de francs bloqués sur un compte en banque helvétique? L’hypothèse ne convainc pas vraiment en Suisse, où une «loi Duvalier» doit entrer en vigueur le 1er février.

L’appât du gain. Bien plus que le désir de retrouver le pouvoir laissé de force en 1986, l’ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier serait retourné au pays dans le seul but de récupérer 6 millions de francs bloqués sur un compte en banque suisse.
C’est le New York Times, qui le 20 janvier a le premier évoqué cette hypothèse. Durant ses vingt-cinq ans d’exil en France, «Baby Doc» aurait dilapidé près de 300 millions de dollars, pillés lors de ses 15 années au pouvoir.
Ruiné et peut-être atteint d’un cancer du pancréas, selon certains observateurs, l’ancien dictateur haïtien aurait tenté le tout pour le tout. Soit revenir en Haïti, puis repartir discrètement et prouver ainsi qu’il ne fait pas l’objet de poursuites dans son pays. Pour ensuite réclamer la restitution de ses avoirs bloqués par les autorités suisses.
Mais le pari a échoué, puisque l’arrivée de «Baby Doc» en Haïti le 16 janvier, quelques jours après les commémorations du premier anniversaire du tremblement de terre qui a mis à genoux le pays le plus pauvre de l’hémisphère nord, n’est pas passée inaperçue.
Depuis cette date, il a déjà été inculpé de corruption, détournements de fonds publics et association de malfaiteurs. Six plaintes pour crimes contre l’humanité ont été déposées contre lui et les autorités lui ont signifié une «interdiction de quitter le pays».
«Aider la Croix-Rouge»
Olivier Longchamp, de la Déclaration de Berne, qui fait partie de la coalition des organisations non gouvernementales (ONG) pour la restitution des fonds Duvalier à Haïti, estime que l’hypothèse évoquée par le New York Times et reprise par de nombreux experts, ne tient pas la route: «Le simple fait que Duvalier se rende en Haïti et reparte sans qu’une procédure ne soit engagée contre lui ne suffit pas. Les fonds sont bloqués sur la base de la loi sur la restitution des avoirs illicites des dictateurs (LRAI), qui entrera en vigueur le 1er février. Il n’y a pas besoin qu’une procédure soit ouverte en Haïti pour justifier le blocage de fonds». 
Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) refuse de se prononcer sur la raison du retour de «Baby Doc» en Haïti, se contentant d’affirmer «que plusieurs voies de droit existent encore en Suisse pour Jean-Claude Duvalier, indépendamment de son lieu de domicile».  
Jean-Claude Duvalier affirme être revenu au pays pour «aider» Haïti. Il nie avoir des ambitions politiques alors que le processus électoral est paralysé. De quoi alimenter les spéculations sur ses motivations vénales, entretenues par son entourage.
Vendredi dernier, l’un de ses avocats, Me Edwin Marger, déclarait à l’Agence France Presse: «Ce que (Duvalier) aimerait faire avec les fonds suisses c’est contribuer à la reconstruction du pays (…) C’est une des raisons pour laquelle il est revenu». Gervais Charles, un autre de ses avocats, a affirmé que «Baby Doc» voulait récupérer cet argent «simplement pour pouvoir le donner à la Croix-Rouge».

 » Nous sommes loin d’une loi guillotine où il suffirait au Conseil fédéral d’écrire une lettre permettant du jour au lendemain d’exproprier quelqu’un de ses avoirs.
   »
Olivier Longchamp, de l’ONG Déclaration de Berne

Une longue procédure

Jean-Claude Duvalier a jusqu’ici systématiquement contesté toutes les mesures prises à son encontre par la Suisse. Un recours auprès du Tribunal administratif fédéral contre la décision du gouvernement suisse de bloquer un compte de la fondation familiale des Duvalier chez UBS est toujours pendant.
Il y a un an, Jean-Claude Duvalier avait failli récupérer son argent, le Tribunal fédéral, plus haute instance judiciaire du pays, ayant annulé la restitution à Haïti de ses avoirs. Mais la décision, rendue alors que le pays venait d’être secoué par le séisme meurtrier, avait soulevé l’indignation et contraint le gouvernement à publier un décret d’urgence bloquant la restitution des avoirs jusqu’à l’entrée en vigueur le 1er février de la nouvelle loi.
Olivier Longchamp estime que «l’espoir nourri par Duvalier de voir in fine l’argent lui revenir n’est pas totalement erroné». Car avec l’entrée en vigueur de la loi, des possibilités de recours vont une nouvelle fois se présenter. Comme l’a confirmé le DFAE, il appartiendra dès lors au Conseil fédéral (gouvernement), «de décider d’ouvrir une action en confiscation de fonds» auprès du Tribunal administratif fédéral.
Le DFAE se montre prudent et refuse de dire quand les fonds Duvalier pourront être rendus au peuple haïtien. «Cela dépendra de la Justice. On ne peut pas le déterminer de manière précise. (…) Si Monsieur Duvalier peut prouver avec une forte vraisemblance que les avoirs ont été acquis de manière légale, l’argent ne sera pas confisqué. Si le Tribunal administratif décide la confiscation des fonds, les voies usuelles de recours (Tribunal fédéral) s’offriront à lui».
«C’est une procédure lente, avec une multitude de possibilités de recours, affirme Olivier Longchamp. Nous sommes loin d’une loi guillotine où il suffirait au Conseil fédéral d’écrire une lettre permettant du jour au lendemain d’exproprier quelqu’un de ses avoirs.»
Une loi pour un cas?
Directeur du Basel Institute of Governance, Daniel Thelesklaf estime toutefois que cette loi apporte une amélioration significative, «puisqu’elle va faire passer la charge de la preuve de l’Etat haïtien à Jean-Claude Duvalier. S’il n’arrive pas à prouver la légitimité de la provenance des fonds, ceux-ci vont retourner en Haïti». Olivier Longchamp reconnaît que la loi permet une réelle avancée dans le cas Duvalier, puisque des fonds pourront être confisqués sur la base du droit autonome suisse. «Le problème, c’est que la loi a été rédigée sur mesure pour le cas Duvalier. On fait face à un Etat défaillant, qui a déposé une demande d’entraide, les fonds sont bloqués de longue date et il est généralement acquis qu’il s’agit d’argent détourné. Mais ça ne représente qu’une toute petite partie des avoirs illicites déposés en Suisse».
Daniel Thelesklaf souligne également que «les Etats n’étant pas considérés comme défaillants devront formuler une requête d’assistance mutuelle et prouver la culpabilité d’un ancien dictateur. La loi va certainement fournir une solution au cas Duvalier, mais son effet préventif reste limité.» Pour le directeur du Basel Institute of Governance, «la coopération internationale demeure déterminante».   
Le représentant de la Déclaration de Berne est plus sévère: «Le DFAE veut nous faire croire que l’on aura une place financière propre. C’est de la propagande. La réalité, c’est que cette loi sera certainement utile pour le cas Duvalier, et plus jamais ensuite.» Et Daniel Thelesklaf de souligner que le dispositif helvétique de répression des flux financiers illicites n’a «apparemment pas empêché Monsieur Ben Ali d’entretenir des relations commerciales avec les banques suisses».

REVUE DE LA PRESSE – Mercredi 26 janvier 2011 (2)

26 Jan

Des responsables politiques doutent de l’impact positif du retrait de Jude Célestin (INITE) sur la recherche d’une solution à la crise postélectorale

Une petite coalition soutenant la favorite des élections, Mme Mirlande Manigat (RDNP), voit dans ce retrait la perspective de la victoire de cette dernière lors du second tour

Radio Kiskeya / mercredi 26 janvier 2011

Le retrait de Jude Célestin de la course électorale ne résoudra pas la crise politique, a déclaré mercredi le candidat à la présidence de « Renmen Ayiti », Me Jean Henry Céant, en réaction au communiqué pris en ce sens en milieu de journée par le directoire de la plateforme officielle INITE (Unité).

Il relève que le communiqué, qui n’a pas été signé par M. Célestin, n’implique pas que ce dernier ait effectivement abandonné la course. Il faut rappeler en ce sens que le Conseil Electoral Provisoire (CEP) n’avait pas tenu compte de la mise en garde des partis, groupements et regroupements politiques de l’opposition qui l’avaient enjoint de ne pas utiliser leurs emblèmes et les noms de leurs candidats dans des élections dont ils doutaient de la crédibilité. Le CEP avait alors déclaré qu’il avait affaire non avec les partis mais avec les candidats, une fois qu’ils s’étaient régulièrement inscrits.

Appelant à l’annulation de l’ensemble du scrutin controversé du 28 novembre 2011, Me Céant impute à la communauté internationale la responsabilité d’avoir plongé le pays dans la crise pour avoir fait montre de trop de complaisance pendant longtemps envers le chef de l’Etat, René Préval. Ce sont les pressions internationales qui ont créé une certaine panique au sein de INITE, ajoute-t-il.

L’ancien sénateur Turneb Delpé, dirigeant du Parti Nationaliste Démocratique et Progressiste d’Haïti (PNDPH) et de la plateforme politique « Rasanble », estime lui aussi que le retrait de Jude Célestin ne conduira pas à une solution à la crise. « Aucun second tour des élections du 28 novembre n’est possible », déclare-t-il, appelant tous les secteurs de la vie nationale à prendre position contre l’ingérence « flagrante » de la communauté internationale dans le processus électoral.

« Ce n’est pas normal qu’un candidat soit contraint à se retirer d’une course électorale », a conclu l’ancien parlementaire.

Le sénateur des Nippes (Sud-Ouest), Nènèl Cassy, reproche au président René Préval d’avoir facilité l’intrusion de l’étranger dans le processus électoral. Il relève à ce sujet que le chef de l’Etat n’a jamais voulu composer avec ses compatriotes. Il en donne pour preuve sa dernière visite-surprise en République dominicaine pour discuter de la crise politique haïtienne avec son homologue dominicain, Leonel Fernandez.

De l’avis du parlementaire, M. Préval n’est plus en mesure de tenir tête à l’internationale. Il affirme croire que les élections du 28 novembre ne conduiront pas à la stabilité. Le retrait de Jude Célestin ne leur conférera pas plus de crédibilité, souligne-t-il.

Le responsable du « Gwoup 77 » (petite coalition d’organisations soutenant la candidature à la présidence de Mirlande Manigat, Rassemblement des Démocrates Nationaux Progressistes-RDNP) accueille favorablement l’annonce du retrait de Jude Célestin. Le principal dirigeant de cette organisation, Me André Michel, y voit la perspective de l’aboutissement du processus électoral et le dégagement de la voie devant conduire à la victoire de la dirigeante du RDNP. « Ceci nous permettra également de contourner l’éventualité de la formation d’un gouvernement provisoire », a-t-il conclu.

 

INITE se retire des présidentielles et lâche Jude Célestin

Le candidat déchu, dont le retrait ferait place à un second tour Manigat-Martelly, n’a pas encore endossé la décision de son parti ni signifié officiellement son désistement au Conseil électoral ; la plateforme présidentielle s’en prend à la communauté internationale qui s’apprêtait à imposer des sanctions économiques au pays et dit se concentrer maintenant sur les législatives

Radio Kiskeya / mercredi 26 janvier 2011

Haïti - Élections : INITE annonce officiellement le retrait de Jude CélestinAprès de longues heures de rumeurs, de consultations incessantes et de tractations diplomatiques, la plateforme au pouvoir INITE a fini par céder en officialisant mercredi le retrait de son candidat à la présidence, Jude Célestin, qui ne s’est toutefois pas exprimé publiquement sur cette décision censée ouvrir la voie à une résolution de la crise post-électorale du point de vue de la communauté internationale.

« Même si nous sommes certains que Jude Célestin a recueilli le nombre de voix nécessaires pour aller au deuxième tour, INITE est d’accord pour le retirer comme candidat à la présidence », indique dans un communiqué rédigé en créole la plateforme présidentielle qui dit avoir choisi d’éviter les « provocations » des partenaires internationaux d’Haïti en dépit de profonds désaccords sur la conduite du processus électoral.

INITE dénonce également les manoeuvres d’intimidation d’une partie de la communauté internationale ayant menacé « d’imposer au peuple haïtien un embargo générateur de souffrances et de geler l’aide externe ».

D’autre part, il est reproché à la mission technique de l’Organisation des Etats américains d’avoir violé son propre mandat d’évaluation des élections controversées du 28 novembre et la loi électorale. Les conclusions des experts de l’organisation régionale recommandant la mise à l’écart de M. Célestin ont été établies à partir de l’examen de seulement 8% des procès-verbaux représentant 16% des votants, déplore le communiqué.

Le parti du Président Préval met en relief le silence complice qu’avaient observé les organisations des droits humains, le secteur privé des affaires et les ambassades étrangères quand son siège avait été incendié et les commerces de ses partisans pillés début décembre à Port-au-Prince et aux Cayes (sud).

De graves violences post-électorales avaient suivi la publication des résultats partiels des présidentielles selon lesquels Jude Célestin, arrivé en deuxième position derrière Mirlande Manigat, devait affronter la constitutionnaliste au second tour au détriment du chanteur Michel Martelly, alors éliminé.

Selon des sources proches du parti officiel, un grand malaise était ces dernières heures perceptible au sein de la famille politique de René Préval au point où Célestin, dauphin désigné du chef de l’Etat sortant, aurait même menacé de convoquer une conférence de presse dans la journée afin de désapprouver l’annonce de son retrait.

L’ex-candidat s’est abstenu de prendre part aux réunions organisées pour déterminer son sort et ne s’est pas non plus associé au communiqué rendu public. Les signataires du texte sont les Sénateurs Joseph Lambert et Kély Bastien, respectivement coordonnateur et conseiller de INITE, l’ex-ministre Jean Joseph Molière, coordonnateur adjoint, et l’ancien président de la Chambre des députés, Levaillant Louis-Jeune, dont la réélection au premier tour dans la circonscription de Desdune (Artibonite, nord) est contestée.

Le Conseil électoral provisoire n’a pas encore fait état d’une démarche formelle qu’aurait entreprise M. Célestin pour confirmer son désistement.

« Nous allons nous battre pour assurer la victoire de nos candidats au Sénat et à la députation lors du deuxième tour des élections », écrit enfin la plateforme présidentielle qui appelle ses partisans au calme et à la mobilisation.

D’intenses pressions internationales ont été exercées ces derniers jours sur les autorités haïtiennes en vue de l’acceptation intégrale des recommandations de l’OEA et de l’organisation d’un second tour entre les deux présidentiables encore en lice, Mirlande Manigat et Michel Martelly.

Les Etats-Unis ont annulé les visas d’entrée de dirigeants de INITE et de proches collaborateurs de René Préval et d’autres sanctions ciblées allant jusqu’au gel d’avoirs détenus à l’étranger étaient envisagées alors que le chef de l’Etat lui-même courait le risque d’être déclaré « illégitime » par le conseil permanent de l’OEA à l’expiration de son mandat constitutionnel, le 7 février.

Des informations non encore confirmées laissent croire que la date du 20 mars serait retenue pour la tenue du second tour des présidentielles et législatives après la proclamation des résultats définitifs du premier tour fixée à début février malgré les protestations des uns et des autres.

REVUE DE LA PRESSE – Mercredi 26 janvier 2011

26 Jan

Fort Dimanche haut lieu de la torture à l’époque Duvalieriste

Par CCN/LNV – 26/01/11

 

Port au Prince. Mardi 25 janvier 2011. CCN/LNV -Pas de stèle, ni de flamme éternelle. Même pas une plaque. Le site du vieux « Fort Dimanche » est un dépotoir comme un autre, où l’on déverse des déblais, des détritus et des excréments humains, non loin de Bélékou, un des quartiers miteux de Cité Soleil. Les cellules immondes, géhenne des prisonniers politiques, les salles de tortures, le bosquet d’exécution, les quartiers des macoutes et des militaires, exécuteurs des basses oeuvres des Duvalier, ne sont plus là. « Voici tout ce qui reste du vieux fort », indique sans état d’âme Jean Réma, 26 ans, en pointant du doigt deux blocs de béton de l’ancienne installation, symbole des années de plomb de ce régime jadis honni.

Sur ce coin de terre du littoral ceinturé par la mer, les installations du Terminal Varrreux, une autre décharge sauvage et un bidonville…, se trouvent quelques traces scientifiquement contestables de la barbarie du régime : des ossements humains sans âge. « L’eau de pluie, après d’importantes averses,déterre de temps en temps des ossements », confie Réma, harcelé par des moustiques, des « bigay ». « Vous voyez », poursuit-il en montrant tarses, métatarses, fémurs, morceaux de crâne et vertèbres d’un squelette. Une victime des Duvalier ou des gangs de Cité Soleil et des environs ayant utilisé ce site pour exécuter leurs victimes? On ne le saura jamais, sans examens de la police scientifique et technique, sans prélèvement d’ADN. Sans une volonté de savoir.
D’autres soucis
C’est un peu dans cette banalisation de la mort et de la mémoire des lieux, trop soucieux et happés par les tracasseries du quotidien, que quelque 7 000 personnes vivent à Cité Fort Dimanche, une ceinture de cahutes autour de ce qui reste du dépôt de munitions de ce fort. Et où on ne s’enflamme pas ou peu après le retour de Jean-Claude Duvalier.
« Oui, je sais ce que c’est. C’est le Fort Dimanche », répond sans passion ni érudition Monique Chéry, 33 ans. « Et j’ai entendu comme tout le monde que Duvalier est revenu », enchaîne la mère de six enfants entourée de galettes de d’argile séchées au soleil sur un parquet de basket-ball, en face du dépôt de munitions.      

Assise près d’une limoneuse eau en stagnation infestée de moustiques, elle confie avoir d’autres soucis : faire vivre sa famille au quotidien en vendant ses « galettes » d’argile, appréciées par beaucoup de gens qui mangent à leur faim, contrairement aux clichés répandus. La politique est loin d’être la tasse de thé de Monique, la peau calcinée, les pieds nus, sans soutien-gorge sous les yeux chastes, « eunuques » de Pierre Wislet, 18 ans, protestant pratiquant, bouton de puberté au visage.
Comme Monique Chéry, Pierre Wislet, gérant d’une petite entreprise de traitement d’eau, connaît un peu l’histoire des lieux. « Je sais qu’il (JCD) est rentré. On me l’a dit », explique le jeune homme, peu accro aux infos, adossé à un pan de mur à l’entrée de son busines « Lavi a gen reve (la vie a des revers) ».Bosseur, Pierre Wislet est malgré son jeune âge un notable, une personnalité importante dans ce bidonville où vivent des résignés, sans service publique de base. Et où quelque 47 cas de choléra ont jusqu’à date été recensés.
Encéphalogramme moins plat et plus incisif, Louis Alfalaise, 57 ans, amputé des deux jambes, vide son sac. « Je suis content du retour de Jean-Claude Duvalier en Haïti, où personne ne peut le juger », crache l’amputé qui dit avoir vécu durant sa jeunesse, dans un pays tranquille et prospère. « Ceux qui lui ont succédé au pouvoir ont fait pire. Ils ont volé et pillé le pays », ajoute-t-il le visage en sueur,

poussé sur sa chaise roulante dans l’un des corridors exigus encombrés d’enfants non scolarisés, de chômeurs des deux sexes, de jeunes mères nourricières, maigres comme des vaches d’Ethiopie au temps de la famine des années quatre-vingt.
Sans vestiges, Fort Dimanche est-il encore un lieu historique, un lieu de mémoire ?
« Oui, Fort Dimanche est un lieu historique, mais on ne peut pas dire que c’est un lieu où l’on entretient la mémoire », précise et concède un journaliste senior qui observe les différentes réactions, les polémiques entre des anti et des pro-J CD (spontanés) ulcérés par les échecs successifs de la normalisation de la vie politique, du renforcement de « l’Etat service » depuis les 25 dernières années avec une parenthèse Lavalas d’au moins 15 ans avec Jean-Bertrand Aristide et René Préval.
« On avait organisé une exposition de photos de victimes. Il y avait beaucoup de photos. C’était l’exposition « Bay kou bliye pote mak sonje », se rappelle ce journaliste dans un contexte où les anti Duvalier estiment que l’une des raisons de l’accueil triomphale de Jean-Claude Duvalier le 16 janvier est due à l’absence de « mémoire », de la mémoire de ce qu’a été le régime.
Vous avez dit mémoire ?
Si certains ont eu vent au moins une fois de l’histoire de Fort Dimanche empreinte d’une forte odeur de sang, de déshumanisation des prisonniers politiques, peu de gens savent cependant que le vieux Fort Dimanche fut construit durant la colonisation française et restauré sous Soulouque.

 

Réunion extraordinaire de l’OEA aujourd’hui à Washington
HAITI LIBRE – 26/01/2011 10:11:09

Haïti - Élections : Réunion extraordinaire de l’OEA aujourd’hui à WashingtonL’Organisation des États Américains (OEA), a convoqué une réunion extraordinaire ce mercredi pour discuter de la crise électorale en Haïti. L’organe politique du Conseil permanent de l’OEA se réunira ce matin à compter de 11:00 (heure locale) à son siège à Washington, pour « une mise à jour sur la situation en Haïti »…
Cette réunion convoquée par les États-Unis (qui assure actuellement la présidence tournante du Conseil permanent), fait suite aux pressions américaines et de certains pays membres et de l’ONU, sur les autorités haïtiennes afin qu’elles respectent les recommandations de l’OEA.
Cette réunion intervient au lendemain de déclarations contradictoire et de rumeurs qui laissent entrevoir la possibilité que le candidat du pouvoir, Jude Célestin (INITE), en deuxième position dans les résultats préliminaires du premier tour, retire sa candidature. Si ce retrait est confirmé, cela ouvrirait la porte à un second tour entre les candidats Mirlande Manigat (vainqueur du premier tour) et Michel Martelly (candidat en 3 ème position).
Sur le terrain, la mission d’experts juridiques de l’OEA pour l’accompagnement de la phase contentieuse de l’élection présidentielle, sollicitée par Président René Préval, le 13 décembre 2010, est arrivée en Haïti le 22 janvier dernier. Composée de quatre experts juridiques en provenance du Canada, du Chili, du Mexique et de l’Uruguay, la Mission assistera aux auditions du Bureau du Contentieux Électoral National (BCEN) portant sur l’élection présidentielle pour évaluer le processus, faire les observations et les recommandations correspondantes et, au besoin, fournir une assistance technique juridique sur la phase contentieuse à la demande du CEP.
D’après une source, généralement bien informée, le second tour pourrait se tenir autour du 20 mars 2011.

 

Haïti: fin de crise en vue avec le retrait annoncé du candidat du pouvoir

De Clarens RENOIS (AFP) – 25/01/11

Des supporters du candidat Jude Célestin le 9 décembre 2010 à Port-au-Prince

PORT-AU-PRINCE — Le candidat du pouvoir à la présidentielle haïtienne, Jude Célestin, accusé d’avoir bénéficié de fraudes au premier tour, va retirer sa candidature, a déclaré mardi un sénateur de son parti, après deux mois de crise post-électorale.

Jude Célestin « va écrire au Conseil électoral provisoire (CEP) pour lui signifier son retrait », a indiqué à l’AFP Moïse Jean-Charles, sénateur du parti Inité (« Unité » en créole) du président sortant René Préval.

L’annonce officielle de M. Célestin devrait être faite dans un communiqué à un moment non précisé. Le parti au pouvoir a prévu d’organiser une conférence de presse mercredi après avoir dans un premier temps prévu de la réunir mardi.

Depuis le premier tour de la présidentielle du 28 novembre, Haïti est plongé dans une crise politique liée à la qualification pour le second tour, aux côtés de l’ex-Première Dame Mirlande Manigat, du candidat du pouvoir, selon les résultats préliminaires diffusés par le Conseil électoral.

Ces résultats ont été contestés, parfois violemment, sur fond d’accusations de fraude, par les partisans de Michel Martelly, candidat arrivé troisième, à quelques milliers de voix seulement de Jude Célestin.

Une mission d’experts internationaux de l’Organisation des Etats américains (OEA), chargée d’examiner le processus électoral, a recommandé d’écarter M. Célestin du second tour au profit de M. Martelly.

Mais ni le Conseil électoral, ni M. Préval n’ont encore tranché la question, empêchant l’organisation du second tour qui devait se tenir le 16 janvier. Et le retour récent et mystérieux de l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier après 25 ans d’exil n’a fait qu’ajouter à la confusion et aux spéculations.

Mardi matin, un autre sénateur du parti au pouvoir, Joseph Lambert, coordonnateur national du parti présidentiel, a annoncé le premier le retrait de M. Célestin.

« Nous envisageons le retrait de la candidature de M. Célestin quels que soient le cas de figure et les résultats qui seront publiés par le Conseil électoral », a-t-il déclaré à Radio Métropole.

M. Lambert a d’autre part indiqué que sa formation politique pourrait appuyer l’un ou l’autre des candidats admis au second tour.

« De toutes les façons, nous sortirons gagnants, car Inité va remporter les législatives et le prochain président devra cohabiter avec nous », a-t-il soutenu.

Cette sortie d’un des leaders du parti au pouvoir intervient au lendemain d’un appel lancé par des représentants de la communauté internationale, emmenés par Edmond Mulet, représentant en Haïti du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, pour que le Conseil électoral disqualifie Jude Célestin au profit de Michel Martelly.

Si ce retrait se confirme, le second tour opposera M. Martelly, un chanteur populaire mieux connu sous son nom d’artiste de « Sweet Micky », à l’ex-première Dame septuagénaire Mirlande Manigat.

Resterait à fixer la date de cette échéance. Alain Le Roy, chef des forces de maintien de la paix de l’ONU, a déclaré il y a quelques jours que les résultats définitifs du premier tour seraient probablement annoncés le 31 janvier, « de manière à organiser le second tour à la mi-février ». Le mandat de M. Préval s’achève théoriquement le 7 février.

Le Conseil électoral s’est réuni mardi pour examiner les recours déposés contre les résultats du premier tour. Une nouvelle mission de l’OEA arrivée à Port-au-Prince pour appuyer ce processus s’est entretenue lundi soir avec les membres du Conseil électoral.

 

«Sit-In» devant l’Ambassade américaine
HAITI LIBRE – 25/01/2011 16:09:12

Haïti - Aristide : «Sit-In» devant l’Ambassade américaineLa Commission Permanente de Mobilisation (CMP) de Fanmi Lavalas, annonce la tenue d’un sit-in, devant les locaux de l’Ambassade des Etats Unis, à Tabarre, demain mercredi, afin d’exiger des autorités américaines qu’elles s’impliquent activement dans le retour en Haïti de l’ancien Président Jean Bertrand Aristide.
Ansyto Félix, porte-parole de la CMP a expliqué qu’il était normal que les États-Unis s’impliquent dans le retour du Président Aristide, puisqu’ils ont été les principaux responsables de « l’enlèvement du chef de l’État » en février 2004 avec la complicité d’autres pays dont la France et le Canada. Le porte parole a dénoncé des manœuvres qui seraient, selon lui, orchestrées par les État Unis et ses alliés, en vue d’empêcher le retour de l’ex Président de revenir au pays.
Selon The Times, un journal d’Afrique du Sud, des « négociations et des pourparlers » entre le gouvernement de Prétoria et les États Unis, Cuba et Haïti se poursuivraient au sujet d’un éventuel retour de l’ancien Président.
Les partisans du Président Aristide, rappellent que la constitution haïtienne ne reconnaît pas l’exil. Soulignant que Jean-Claude Duvalier, ancien dictateur qui a été, selon les organisations des droits de l’homme à la tête d’un régime de dictature, a pu paisiblement rentrer au pays le 16 janvier dernier…

 

Haïti-Elections : Probable second tour vers le 20 mars

P-au-P., 25 janv. 2010 [AlterPresse] — Le second tour des élections présidentielles et législatives pourrait se tenir aux alentours du 20 mars prochain, apprend AlterPresse auprès d’une source du Conseil Électoral Provisoire (CEP).

Le CEP dispose à présent d’une ébauche de calendrier à mettre en œuvre pour la réalisation du second tour, ajoute la même source, qui confirme également la publication des résultats du premier tour au cours de la première semaine de février.

Cette information concorde avec l’annonce faite le 24 janvier par le chef de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti (MINUSTAH), Edmond Mulet.

Ce dernier s’est adressé à la presse après avoir rendu visite aux membres du CEP en compagnie de plusieurs diplomates, dont l’ambassadeur américain Kenneth Merten et des représentants de l’Union Européenne, l’Espagne et le Brésil.

Les résultats attendus par la communauté internationale supposent un second tour entre Mirlande Manigat et Michel Martelly, écartant le candidat du pouvoir Jude Celestin, tel que recommandé par la mission d’évaluation de l’OEA.

Par ailleurs, on apprend que la Mission d’experts juridiques de l’Organisation des États Américains (OEA) pour l’accompagnement de la phase contentieuse de l’élection présidentielle est présente en Haiti.

Arrivée le 22 janvier en Haiti, la mission s’est réunie le 24 janvier avec le CEP afin de discuter des modalités de son travail, informe l’OEA.

Composée de quatre experts juridiques en provenance du Canada, du Chili, du Mexique et de l’Uruguay, la mission assistera aux auditions du Bureau du Contentieux Électoral National (BCEN) portant sur l’élection présidentielle pour évaluer le processus, faire les observations et les recommandations correspondantes et, au besoin, fournir une assistance technique juridique sur la phase contentieuse à la demande du CEP.

 

Réactions du MHAVE face à la situation des haïtiens en République Dominicaine
HAITI LIBRE – 25/01/2011 12:09:38

Haïti - Social : Réactions du MHAVE face à la situation des haïtiens en République DominicaineLe Ministère des Haïtiens Vivant à l’Étranger (MHAVE) a constaté et ceci depuis le début de l’année 2011, une intensification systématique d’opérations militaires de reconduites de ressortissants haïtiens de la République Dominicaine, sous couvert de mesures de contrôle du choléra. Plus de 3,000 en moins d’un mois selon des sources officielles dominicaines.
Dans le cadre de sa mission, le MHAVE, après avoir partagé avec les instances concernées à Port au Prince, ses inquiétudes et préoccupations grandissantes relatives a une tendance a la stigmatisation des immigrants haïtiens dans cet important pays hôte, a lance une campagne d’information sur cette maladie dans la communauté haïtienne.
Dans le contexte post-séisme en Haïti, qui a donne lieu a un tournant positif sans précédent dans les relations haitiano-dominicaines, notamment la relance des travaux de la Commission Mixte et une redynamisation des relations commerciales et économiques favorable a la République Dominicaine, le MHAVE juge urgente une révision bilatérale des conditions dans lesquelles sont pratiquées ces opérations, qui ne correspondent en aucun cas aux mécanismes arrêtés entre les deux Etats pour les rapatriements.
Il est à noter, a cet égard, les témoignages de plusieurs des citoyens reconduits, faisant état de brutalités, de persécutions humiliantes sur la voie publique, de séparation de familles, de pertes de biens et de marchandises. Une situation qui affecte la tranquillité d’esprit des résidents réguliers et des dominicains d’origine haïtienne, membres d’une laborieuse communauté, dont des investisseurs, des étudiants universitaires et des cadres professionnels.
Le MHAVE, en l’occurrence, exprime toute sa solidarité aux travailleurs migrants et vendeurs ambulants auxquels l’usage du transport public a été refusé et aux humbles familles, qui ont dû abandonner leur lieu de résidence, face aux menaces de persécutions alimentées par le positionnement de certaines personnalités influentes du monde médiatique.
Toutefois, le MHAVE souligne les efforts de certaines autorités dominicaines, responsables religieux et cadres d’ONG, dans l’organisation de rencontres communautaires pour calmer les esprits. De même que les soins reçus par des ressortissants haïtiens affectés par le choléra dans des centres hospitaliers.
Néanmoins, a la différence des déportations effectuées par d’autres pays en coordination avec le gouvernement haïtien, les rapatriements réalisés par la République Dominicaine soulèvent fréquemment, depuis plus d’une décennie des critiques légitimes de groupes de droits humains insulaires et internationaux. Dans ce sens, les dernières opérations ont été effectuées, il faut le souligner, en dehors des normes établis par le protocole d’accord bilatéral de décembre 1999 sur les mécanismes de rapatriements ; particulièrement, en ce qui a trait a l’horaire, l’assistance consulaire et la possibilité d’un accueil adéquat des rapatriés aux postes frontaliers haïtiens.
De plus, dans la majorité des cas, le retour des rapatriés en République Dominicaine par le biais du trafic de personnes a la frontière, révèle d’une part, les faiblesses des systèmes de contrôle des deux pays et d’autre part l’inefficacité de ces opérations plus préjudiciables aux relations harmonieuses entre les deux nations que l’atteinte des finalités recherchées par les autorités dominicaines.
Dans l’attente de la reprise de véritables négociations qui devraient déboucher sur la signature d’un accord migratoire global, le MHAVE encourage le renforcement du dialogue haitiano-dominicain en vue d’un élargissement tripartite de l’accord de 1999 sur les rapatriements, avec la participation de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), comme c’est déjà le cas entre Haïti et Cuba.
Enfin, le MHAVE, suite a l’enquête menée par le consulat d’Haïti a Dajabon, tient a apporter un démenti formel a la nouvelle diffusée il y a quelques jours par certains médias haïtiens, relayée sur le réseau internet, a propos de l’assassinat présumé de 10 commerçants haïtiens a bord d’un autobus d’une compagnie privée de transport public. Ce type d’information non vérifiée, ne peut qu’envenimer les rapports entre Dominicains et Haïtiens, deux peuples frères se partageant l’ile et qui doivent absolument approfondir la voie de la coexistence pacifique au bénéfice de l’épanouissement et du progrès de ces deux communautés.
Le MHAVE, de concert avec les autres organes de l’État haïtien directement concernés, particulièrement le Ministère des Affaires Etrangères (MAE), réitère sa volonté de travailler à la protection efficace des droits des haïtiens vivant a l’étranger, tout en s’assurant que ces derniers accomplissent leurs devoirs dans les différentes sociétés d’accueil, notamment la République Dominicaine.
Edwin PARAISON, Ministre