HAITI: PLAN STRATEGIQUE DE RECONSTRUCTION (V)

8 Jan

Haïti – Reconstruction : (V) Énergie – Plan stratégique
HAITI LIBRE – 08/01/2011 07:21:47

Haïti - Reconstruction : (V) Énergie - Plan stratégique  Aujourd’hui, 12 mois après le tremblement de terre, le financement a commencé à arriver, mais lentement. Les communautés nationales et internationales commencent à travailler conjointement de manière plus efficace. La Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) est en train de jouer un rôle actif dans cette coopération, comme le montrent les projets qu’elle a approuvés (à hauteur de 3 milliards de dollars) et pour lesquels les organisations internationales se sont engagées en partenariat avec des ministères haïtiens.
Alors que les donateurs commencent à honorer leurs engagements, ils sont confrontés à la difficulté d’évaluer les faits reflétant les besoins les plus urgents qui se posent sur le terrain, un grand nombre d’entre eux se demandent comment établir un ordre de priorité pour leurs dépenses.
Le plan stratégique, présenté, lors de la quatrième réunion de la CIRH le 14 décembre 2010 à Santo-Domingo en République Dominicaine, permettra d’orienter les agents d’exécution des projets, les donateurs et les investisseurs à mesure qu’ils honoreront les engagements contractés aux fins de la reconstruction et du développement d’Haïti, et accorderont un financement additionnel qui fait grandement défaut. Élaboré conjointement par la CIRH, les experts internationaux et les dirigeants des ministères, ce plan souligne un grand nombre des besoins les plus importants qu’Haïti devra satisfaire d’ici la fin du mandat de la CIRH (octobre 2011).
Chaque jour de la semaine nous vous ferons découvrir un volet de ce plan stratégique pour 2011. Aujourd’hui nous traiterons de l’Énergie

Cibles visées :

  • Augmenter de 20% les heures d’électricité fournies à 30,000 ménages urbains dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.
  • Étendre la fourniture d’électricité à un minimum de 10,000 familles actuellement non desservies dans des zones rurales en dehors de la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

Contexte :

Même avant le séisme de janvier 2010, le secteur énergétique en Haïti comptait parmi les plus problématiques au monde. Seulement près 25% de la population est alimentée en électricité et de ce pourcentage, la moitié se pourvoit en connections illégales sur le réseau. Bien que les tarifs résidentiels en Haïti soient relativement faibles en comparaison à d’autres pays de la région qui dépendent des carburants fossiles, les tarifs commerciaux et industriels sont parmi les plus élevés à près de $ 0,35/kWh. Le manque d’accès à une énergie à prix abordable et fiable freine les investissements dans le pays, entrave le développement d’entreprises productives, empêche la prestation totale de services sociaux de qualité et dégrade la qualité de vie des clients résidentiels.
De par sa nature, la distribution d’électricité est un processus exigeant un travail de longue haleine et d’importants investissements initiaux avant que des progrès tangibles ne soient réalisés en termes de services de qualité à la clientèle. Pour appréhender ce problème endémique au secteur, il faut une approche axée sur les déficiences structurelles dans la gestion et la gouvernance du secteur, sans oublier des engagements de capitaux importants. Ainsi, afin de faire face aux possibles développements dans le secteur, il faut par définition examiner les activités en cours et déterminer dans quelle mesure ces activités et projets peuvent aider la CIRH à confronter les problèmes de la période post-séisme.
Les investissements déjà effectués ou en phase de proposition à court terme portent sur l’amélioration des circuits ciblés de distribution, la réparation des sous-stations et l’installation de compteurs (en particulier pour les grands consommateurs), le relai de la coordination et l’enregistrement des consommateurs. L’achèvement de ces projets à Port-au-Prince facilitera l’amélioration du service, tout en aidant à atteindre les objectifs visés. Les projets auront pour résultat d’augmenter d’au moins 20 % la moyenne actuelle des heures moyennes de services pour la porter de 6 à 8 heures par jour, ce qui apporterait des résultats tangibles aux clients qui souffrent actuellement d’un service peu fiable.

Programmes requis :

En termes de services énergétiques en milieu rural, vu les faibles taux d’accès dans ces zones, des solutions hors réseau ou de mini-réseaux semblent être les plus convenables, telles que :
(i) La construction de mini-réseaux hybrides à l’aide d’énergies renouvelables appuyée par le diesel
(ii) L’installation de panneaux solaires dans les endroits les plus reculés et moins densément peuplés avec, dans un premier temps, une concentration sur les écoles et les centres de santé.
Le MTPTC doit élaborer un plan d’accès rural sur une grande échelle afin de définir les priorités et les approches relatives à l’accès aux communautés hors réseau. Un plan d’accès rural aidera à définir une stratégie nationale en ce sens. Des projets pilotes visant à tester les éventuels modèles et des plans de financement pourraient être lancés immédiatement avec la participation des communautés locales et du secteur privé.

Besoins de financement :

  • À court et moyen terme, les investissements à consentir pour la réhabilitation du réseau de distribution, y compris l’installation de compteurs à Port-au-Prince seulement, s’élèvent à peu près 65 millions de dollars américains.
  • Dans les zones rurales, la fourniture de services d’électricité à quelque 10 000 familles par l’utilisation d’énergies renouvelables exigerait à peu près 20 millions de dollars (1)
  • De ce fait, les coûts du programme sont d’à peu près 85 millions au total, dont près de 20 millions, toujours en dollars américains, sont déjà engagés pour des projets existants.

(1) Dans ce scénario, une prévision prudente est que chaque famille nécessitera une moyenne d’à peu près 100°watts de service. Cela inclut les systèmes plus larges qui desservent les cliniques, les écoles et les centres communautaires. Le coût prévu est d’à peu près 20 dollars US/watt. Ce chiffre est basé sur les tarifs les plus élevés dans les conditions actuelles du marché afin de tenir compte des incertitudes du marché de l’électricité distribué sur grande échelle en Haïti. Il est possible que ce chiffre puisse être réduit par un programme d’implantation efficace.

Décisions stratégiques et catalyseurs institutionnels :

Il faudra mettre en place un cadre institutionnel, légal et réglementaire en vue d’augmenter la transparence et la reddition de comptes dans le secteur. Il faut qu’il y ait une autorité adéquate et une capacité institutionnelle pour assurer un contrôle réglementaire des contrats avec le secteur privé et appliquer la politique gouvernementale régissant le secteur énergétique.
Une des exigences de base serait le renforcement de l’Unité de gestion du secteur énergétique du MTPTC, ce qui comprendrait le développement possible d’unités sous-sectorielles concentrées sur les énergies renouvelables, l’électrification rurale, l’approvisionnement des ménages ainsi que la préparation d’études pour la promotion d’énergies renouvelables, l’efficience énergétique, et l’élaboration d’une stratégie d’accès à l’électricité et d’approvisionnement des ménages en énergie.
Les principales interventions seraient axées sur :
(i) La création d’une capacité gouvernementale durable à long terme afin de régir et de contrôler le secteur énergétique ;
(ii) L’amélioration de la gouvernance macroéconomique par des apports financiers transparents, notamment par la conclusion de contrats avec des producteurs d’énergie indépendants, des accords d’achat d’électricité et des subventions transversales ;
(iii) L’amélioration du contrôle de la gouvernance au niveau de l’entreprise ; (iv) l’établissement de modalités d’une participation équilibrée et efficiente du secteur privé, et (v) l’appui à la promotion des énergies propres.
Interdépendance avec d’autres secteurs
Il y a un besoin immédiat d’établir, par le biais du secteur de l’éducation, des centres de formation dans le domaine des énergies renouvelables, en vue d’assurer que les gains réalisés durant le mandat de la CIRH durent sur une longue période grâce au travail de techniciens qu’on aura formés pour assurer la relève. L’Unité de gestion du secteur énergétique du MTPTC devra travailler directement avec le ministère de l’Education afin de jeter les bases d’un programme d’éducation visant à fournir aux techniciens les compétences nécessaires dans ce domaine.

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