HAITI: PLAN STRATEGIQUE DE RECONSTRUCTION (VII)

10 Jan

Haïti – Reconstruction : (VII) Eau et hygiène publique – Plan stratégique
HAITI LIBRE – 10/01/2011 07:16:36

Haïti - Reconstruction : (VII) Eau et hygiène publique - Plan stratégique Aujourd’hui, 12 mois après le tremblement de terre, le financement a commencé à arriver, mais lentement. Les communautés nationales et internationales commencent à travailler conjointement de manière plus efficace. La Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) est en train de jouer un rôle actif dans cette coopération, comme le montrent les projets qu’elle a approuvés (à hauteur de 3 milliards de dollars) et pour lesquels les organisations internationales se sont engagées en partenariat avec des ministères haïtiens.
Alors que les donateurs commencent à honorer leurs engagements, ils sont confrontés à la difficulté d’évaluer les faits reflétant les besoins les plus urgents qui se posent sur le terrain, un grand nombre d’entre eux se demandent comment établir un ordre de priorité pour leurs dépenses.
Le plan stratégique, présenté, lors de la quatrième réunion de la CIRH le 14 décembre 2010 à Santo-Domingo en République Dominicaine, permettra d’orienter les agents d’exécution des projets, les donateurs et les investisseurs à mesure qu’ils honoreront les engagements contractés aux fins de la reconstruction et du développement d’Haïti, et accorderont un financement additionnel qui fait grandement défaut. Élaboré conjointement par la CIRH, les experts internationaux et les dirigeants des ministères, ce plan souligne un grand nombre des besoins les plus importants qu’Haïti devra satisfaire d’ici la fin du mandat de la CIRH (octobre 2011).
Chaque jour de la semaine nous vous ferons découvrir un volet de ce plan stratégique pour 2011. Aujourd’hui nous traiterons de

Eau et hygiène publique

Le gouvernement d’Haïti a élaboré récemment une stratégie de l’eau en coordination étroite avec ses grands partenaires et sous le leadership de la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA) du Ministère des Travaux Publics, Transports et Communications (MTPTC). Une loi sur l’eau a également été adoptée l’an dernier, et la DINEPA s’est également doté d’une nouvelle structure. Ces initiatives illustrent la volonté d’Haïti de faire face au problème de l’eau qui est devenu une priorité nationale et internationale.
Divers donateurs (en particulier la BID et l’Espagne) ont approuvé un financement considérable qui permettra de mettre en œuvre la stratégie de l’eau. Une telle réalisation s’échelonnera sur différentes années en raison de l’ampleur du problème qui couvre la protection des sources d’eau, la construction des principales conduites, la rénovation du réseau d’aqueduc dans la plupart des régions urbaines, l’assurance de qualité, la récupération des coûts, la gouvernance.
L’éclosion du choléra a illustré la nécessité d’une telle stratégie. Elle a encore relevé le niveau d’urgence associé à la mise en œuvre de cette stratégie et créé du même coup un besoin plus immédiat de capitaux supplémentaires.

Résultats visés :

Porter le taux d’accès durable à une eau potable contrôlée de 2 % à 50 %.

    A. – Aujourd’hui, rares sont ceux qui ont accès en Haïti à l’eau potable. D’ici la fin de 2011, 6,5 millions de personnes auront accès à la chloration et 5 millions d’entre eux auront un accès garanti à long terme : 3 millions en milieu urbain; 1,5 million en milieu rural ou semi-urbain; 500 000 dans les régions éloignées; 30 000 familles dans les zones sensibles. La chloration sera contrôlée régulièrement par la DINEPA sur toute l’étendue du territoire.
    Porter d’environ 10 % à au moins 27 % le taux d’accès aux toilettes ou latrines conformes aux normes internationales.
    B. – Plus de 250 000 personnes vivant dans la région métropolitaine et 2,5 millions d’autres personnes auront accès d’ici la fin de 2011 à des latrines, selon les normes diffusées par la DINEPA.

Justification :

Devant la magnitude de l’éclosion récente du choléra, la DINEPA a élaboré une stratégie d’intervention qui sera appliquée jusqu’à la fin de 2011. Cette stratégie a été annoncée le 24 novembre. La récente épidémie est une conséquence directe de la négligence qui a caractérisé la situation sanitaire et l’accès à l’eau potable, lesquels se sont en fait détériorés au cours des 10 ou 20 dernières années. Bien qu’elle ait été présentée dans ce contexte, la stratégie de la DINEPA poursuit l’objectif plus vaste de création des outils nécessaires à une amélioration rapide, qui sera contrôlée et mesurable, et elle pose les bases d’une gestion durable de l’infrastructure.
Le plan de financement de cette stratégie est ambitieux, mais il repose intégralement sur le financement déjà engagé et celui déjà affecté à la mise en œuvre du projet. Le plan envisage de réorienter le financement obtenu vers ces priorités ou simplement d’accélérer le processus de mise en œuvre partout où ce sera possible.

Programmes requis :

Pour atteindre les résultats visés, il faudra mettre en œuvre les programmes suivants :

A. – Porter le taux d’accès durable à une eau potable contrôlée de 2 % à 50 %.

  • Accès à la distribution locale de produits chlorés conformément aux normes du gouvernement.
  • Rénovation ou mise à niveau des réseaux urbains d’aqueduc conformément aux normes du Programme de distribution d’eau potable.
  • Création de nouveaux points d’eau dans les zones rurales éloignées.
  • Création de stations de distribution d’eau supplémentaires dans les régions à
    risque (Bas-Artibonite).
  • Certification de l’eau embouteillée.

B. – Porter de 0 % à 27,5 % le taux d’accès aux toilettes ou latrines conformes aux normes internationales

  • Programme d’hygiène publique dans les camps de la région métropolitaine.
  • Campagne de construction et d’installation de latrines en milieu rural et semi-urbain.
  • Mise en place d’une infrastructure et d’un système d’évacuation des eaux usées.

C. – Programmes contribuant indirectement aux résultats A et B

  • Campagne de promotion de l’hygiène.
  • Renforcement de la capacité de coordination et de gestion à l’échelle nationale et régionale.
  • Déploiement d’agents sanitaires sur toute l’étendue du territoire.
  • Programmes de sensibilisation et de distribution (savon, trousses d’hygiène) dans les écoles.
  • Soutien aux centres de santé, notamment les centres et unités de traitement du choléra.

Besoins de financement :

Le financement total nécessaire pour atteindre les résultats visés et exposés ci-dessus est de 69,9 millions de dollars. Un montant d’environ 35 millions de dollars a déjà été directement engagé à cet effet par la BID, l’AECID et la Banque Mondiale. D’autres fonds ont également été promis par diverses autres organisations, par exemple des ONG et des agences de l’ONU, dont le total des engagements est de l’ordre de 51 millions de dollars. Pour atteindre les objectifs énoncés ci-dessus, le programme devra disposer d’environ 19 millions de dollars de plus.

Interdépendence avec d’autres secteurs :

Le secteur de l’eau et de l’hygiène publique est étroitement lié au secteur de la santé. Le ministre de la Santé et la DINEPA ont dévoilé la stratégie adoptée en réaction à l’éclatement du choléra et envisagent de signer un protocole d’entente à ce sujet. La section du présent document consacrée à la santé contient une courte description de l’intervention effectuée en réaction à l’éclosion du choléra en Haïti.

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