HAITI: PLAN STRATEGIQUE DE RECONSTRUCTION (VIII)

11 Jan

Haïti – Reconstruction :

 (VIII) Renforcement des Institutions – Plan stratégique
HAITI LIBRE – 11/01/2011 07:36:19

Haïti - Reconstruction : (VIII) Renforcement des Institutions - Plan stratégique Aujourd’hui, 12 mois après le tremblement de terre, le financement a commencé à arriver, mais lentement. Les communautés nationales et internationales commencent à travailler conjointement de manière plus efficace. La Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) est en train de jouer un rôle actif dans cette coopération, comme le montrent les projets qu’elle a approuvés (à hauteur de 3 milliards de dollars) et pour lesquels les organisations internationales se sont engagées en partenariat avec des ministères haïtiens.
Alors que les donateurs commencent à honorer leurs engagements, ils sont confrontés à la difficulté d’évaluer les faits reflétant les besoins les plus urgents qui se posent sur le terrain, un grand nombre d’entre eux se demandent comment établir un ordre de priorité pour leurs dépenses.
Le plan stratégique, présenté, lors de la quatrième réunion de la CIRH le 14 décembre 2010 à Santo-Domingo en République Dominicaine, permettra d’orienter les agents d’exécution des projets, les donateurs et les investisseurs à mesure qu’ils honoreront les engagements contractés aux fins de la reconstruction et du développement d’Haïti, et accorderont un financement additionnel qui fait grandement défaut. Élaboré conjointement par la CIRH, les experts internationaux et les dirigeants des ministères, ce plan souligne un grand nombre des besoins les plus importants qu’Haïti devra satisfaire d’ici la fin du mandat de la CIRH (octobre 2011).
Chaque jour de la semaine nous vous ferons découvrir un volet de ce plan stratégique pour 2011. Aujourd’hui, dernier article, nous traiterons

Appuyer et renforcer les institutions haïtiennes

Près d’un an après le tremblement de terre, les comptes rendus relatifs à la reconstruction considèrent la coordination comme le principal enjeu auquel sont confrontés l’action humanitaire et les efforts de développement. Le manque de coordination est souvent une conséquence d’un manque de leadership ou de leadership reconnu. La CIRH tentera de combler ce déficit en clarifiant le rôle central du gouvernement dans la reconstruction et en donnant à ce dernier les moyens d’assumer de manière efficace son rôle de leadership.

Pour permettre au pays de réaliser un développement durable, il faut placer la responsabilité de la coordination des activités de reconstruction au sein du gouvernement. Tous les ministères concernés ou les entités haïtiennes doivent participer à toutes les étapes des opérations d’envergure, qu’elles soient humanitaires ou du domaine du développement, de la préparation du concept aux phases de planification et de mise en œuvre.

La meilleure façon d’y parvenir à court terme est de placer le gouvernement au centre des mécanismes existants, qui comprennent les grappes humanitaires et les tables sectorielles. Au bout du compte, les grappes humanitaires devraient incorporer les tables sectorielles et créer des forums en vue de contribuer à l’effort plus large de la reconstruction.
Avant le séisme, les tables sectorielles avaient donné des résultats discutables, mais celles qui ont joué un rôle positif avaient bénéficié du soutien constant donné au plus haut niveau par le ministère compétent, ce qui indique que ces entités peuvent réussir quand elles ont un soutien marqué du gouvernement.

Un certain nombre de mesures positives ont déjà été prises au cours des derniers mois. Le gouvernement a pris le contrôle d’un nombre croissant de grappes humanitaires et est en train maintenant de présider un certain nombre d’entre elles ou de participer à leurs initiatives. Quelques tables sectorielles ont refait surface sous le leadership des ministères concernés. Mais ces développements positifs se perdent dans une multitude de mécanismes de coordination fonctionnant en vase clos et qui n’ont que des liens superficiels entre eux et avec le gouvernement.

Les structures de coordination doivent être adaptées sans délai de façon à s’articuler autour des tables sectorielles dirigées par les ministères. Les tables sectorielles doivent être renforcées, leur composition doit être élargie et elles doivent se doter d’un mandat plus ambitieux que celui qu’elles avaient avant le séisme. Parallèlement, il sera nécessaire de limiter leur nombre en fonction de la capacité des principaux acteurs et d’évite d’adopter, sur le plan du développement, toute approche ou action exagérément compartimentée.

Les tables sectorielles doivent être recrées à la lumière des principes suivants :

    Gestion du ministère :
    Les tables sectorielles doivent être gérées par les ministères aux plus hauts niveaux possibles de la hiérarchie. Les leaders des tables sectorielles des ministères doivent avoir un pouvoir de décision.
    Soutien d’un secrétariat fonctionnant à plein temps :
    Le secrétariat doit être constitué des unités de planification ministérielle existantes ou d’unités similaires et bénéficier au besoin du soutien de ressources ayant un savoir-faire additionnel. La CIRH devra, en guise de soutien direct, mettre sa propre expertise au service de la direction de ce secrétariat.
    Large participation :
    La composition des tables sectorielles doit être élargie pour inclure les principaux donateurs et les partenaires chargés de l’exécution des projets. Tous les partenaires doivent être prêts à se faire représenter par d’autres, à alimenter le bassin des participants et à faciliter la prise de décision. Le secteur privé et la société civile haïtiennes doivent être également représentés toutes les fois que ce sera possible.

    Soutien financier intégral :
    Le coût du secrétariat devra être assumé par le plus gros donateur d’un secteur donné ou par une mise en commun des ressources, selon la formule jugée la plus appropriée par les ministères et les donateurs concernés.

Les mêmes principes devraient s’appliquer, que l’on juge nécessaire d’adopter une configuration ministérielle ou interministérielle.
La structure de coordination de cette nouvelle table sectorielle devra suivre la structure du PARND, celle-ci devra travailler avec la CIRH, conformément à sa mission de coordination et à son orientation stratégique. Des tables sectorielles qui fonctionnent bien ou l’équivalent renforcent en fait l’efficacité de la CIRH.
Un tel mécanisme de coordination exigera un soutien à long terme, de sorte que les participants aux tables doivent s’assurer que leur engagement est aligné sur ces exigences à long terme.

La tâche des tables sectorielles renforcées sera plus facile si les grappes humanitaires concernées se fusionnent avec leurs tables respectives. Cela créera la synergie nécessaire entre l’action humanitaire et le cadre plus large du développement et entraînera un renforcement mutuel des diverses tables. Certaines grappes non couvertes par les tables sectorielles ci-dessus devront probablement poursuivre leurs activités, mais il se pourrait qu’elles doivent se regrouper pour assurer une liaison efficace avec les tables.

Les secrétariats exigeront différents niveaux d’appui financier qui dépendront de la taille et du savoir-faire externe nécessaires. Considérant un secrétariat de cinq à six personnes doté d’un bureau, du matériel nécessaire et de tout le soutien connexe, y compris la sous-traitance de certaines activités nécessaires pour terminer les stratégies et les plans d’investissement, il faudra en moyenne 1,5 million de dollars par année par secrétariat.

La reconstruction d’Haïti avec des ressources beaucoup plus imposantes et avec une présence internationale plus large n’exige rien de moins que cela. Outre le soutien positif et l’inclusion, elle exige des unités œuvrant à plein temps pour appuyer le rôle de coordination des ministères. Il s’agit là d’une exigence du passage du mode humanitaire à celui du développement, à un moment où il faudra accélérer en même temps la mise au point des stratégies sectorielles et leur application.

Les tables sectorielles suivantes et les entités de coordination dotées d’un secrétariat doivent être créées ou renforcées sans délai :
Secteur : Logement (Ministère de tutelle : MAST, en qualité de président de la commission interministérielle du logement)
Secteur : Déblaiement (Ministère de tutelle : MTPTC)
Secteur : Infrastructure (Ministère de tutelle : MTPTC)
Secteur : Santé et nutrition (Ministère de tutelle : MSPP)
Secteur : Éducation (Ministère de tutelle : MENFP)
Secteur : Agriculture et environnement (Ministère de tutelle : MARNDR et MOE)
Secteur : Sécurité alimentaire (Ministère de tutelle : CNSA)
Secteur : Réduction et gestion des risques (Ministère de tutelle : MICT)
Secteur : Eau, assainissement et hygiène (Ministère de tutelle : DINEPA)
Secteur : Primauté du droit (Ministère de tutelle : MSPJ)
Secteur : Création et décentralisation des institutions (Ministères de tutelle : MPCE et MEF)

La CIRH doit aider les ministères à se doter de la capacité nécessaire pour diriger.

Les ministères doivent, avec le soutien de la communauté internationale, mettre en place des mécanismes adéquats pour remplir leur rôle de leadership. À moyen terme, la CIRH doit aider à assurer que le gouvernement crée la capacité nécessaire pour assumer de manière efficace sa responsabilité de coordination. Il peut orienter le soutien vers les ministères clés à mesure qu’ils rédigeront ou mettront à jour leurs plans stratégiques et leurs plans d’investissement.

La CIRH peut également piloter la stratégie à adopter par la communauté internationale pour mettre en place les capacités nécessaires. Il existe certes un consensus de plus en plus fort sur l’idée que le rôle central du gouvernement est un élément clé du succès de la reconstruction du pays, mais ce consensus ne s’est pas encore traduit en une bonne compréhension des besoins des institutions haïtiennes. Trop souvent, la formule accrocheuse d’ « État fragile » dissimule un malentendu sur la capacité réelle du gouvernement. La faiblesse des capacités de gestion, le manque de capacités techniques et la pénurie de ressources financières sont toutes regroupées en un seul mot, tandis qu’il faut appliquer des stratégies différentes pour aborder chacun de ces problèmes.

La CIRH est en mesure de ranimer le dialogue avec la communauté internationale sur la façon d’élaborer une approche concertée et cohérente à la mise en valeur du potentiel des institutions. Il est essentiel que la communauté des donateurs ressuscite ce dialogue, mette à contribution le travail qui avait été fait avant le séisme et s’engage de nouveau à contribuer à la réalisation de cette tâche.

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