REVUE DE LA PRESSE – Mardi 11 janvier 2011

11 Jan

Haïti: hommage aux victimes du séisme à la veille de la date anniversaire

LE PARISIEN / 11.01.2011, 14h59

A la veille du premier anniversaire du séisme du 12 janvier 2010, les Haïtiens, responsables gouvernementaux, réfugiés ou simples citoyens, commençaient à rendre hommage mardi aux plus de 220.000 morts de la catastrophe, dont le pays ne s’est toujours pas relevé.

Hector Retamal

A la veille du premier anniversaire du séisme du 12 janvier 2010, les Haïtiens, responsables gouvernementaux, réfugiés ou simples citoyens, commençaient à rendre hommage mardi aux plus de 220.000 morts de la catastrophe, dont le pays ne s’est toujours pas relevé.
Une première cérémonie du souvenir a eu lieu devant une fosse commune proche de Port-au-Prince, où des responsables du gouvernement du président sortant René Préval ont rendu hommage aux dizaines de morts du séisme qui y reposent.

Les cérémonies culmineront mercredi à 16H53 locales (21H53 GMT), à l’heure où le séisme de magnitude 7 a fait trembler la terre le 12 janvier 2010. Les Haïtiens sont invités à observer une minute de silence et à lâcher des ballons blancs.
Une messe en plein air doit avoir lieu là où s’élevait la cathédrale de Port-au-Prince, dont les décombres n’ont pas été dégagés.
Douze mois après la catastrophe, le pays le plus pauvre des Amériques ne s’est toujours pas relevé. Les quelque 800.000 réfugiés qui continuent à vivre dans des conditions très difficiles dans des camps sont là pour en témoigner.
L’ancien président américain Bill Clinton, très impliqué dans les efforts de reconstruction et venu participer aux cérémonies, s’est dit « irrité » par la lenteur de la reconstruction et a reconnu que « seulement environ 60% de ce qui a été prévu pour la première année a été effectivement dépensé ».
La communauté internationale doit « désormais tenir les promesses qu’elle a faites d’un soutien solide et à long terme », a renchéri le président américain Barack Obama dans un communiqué.
Le Canada a annoncé mardi plusieurs nouveaux programmes d’aide à Haïti, d’une valeur de 93 millions de dollars. L’ex-gouverneure générale du pays, Michaëlle Jean, envoyée spéciale de l’Unesco, sera à Port-au-Prince mercredi.
Une sénatrice américaine a demandé à M. Obama de prolonger l’asile accordé temporairement à des immigrés haïtiens illégaux, qui représentent selon elle un soutien financier important pour leurs familles.
A cela s’ajoute une épidémie de choléra depuis la mi-octobre. Selon les derniers chiffres du ministère de la Santé, 3.759 personnes en sont mortes et, à en croire l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le pic de l’épidémie n’a pas encore été atteint.
Les 48 heures d’hommages interviennent au beau milieu d’une crise politique née du premier tour contesté de la présidentielle du 28 novembre.
Le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA) a dit mardi qu’il remettrait « dans les prochains jours » son rapport sur le scrutin aux autorités haïtiennes, le président René Préval ayant demandé que cela ne perturbe pas les cérémonies marquant l’anniversaire du séisme. Ce rapport préconise le retrait du deuxième tour du candidat du pouvoir, Jude Célestin.
Selon les résultats proclamés début décembre par le Conseil électoral, l’ex-première dame Mirlande Manigat arrive en première position avec 31% des voix, devant Jude Célestin (22%).
Michel Martelly, qui conteste ces résultats, arrive de justesse en troisième position avec 21% des voix et n’est donc pas qualifié pour le second tour, au grand dam de ses partisans qui ont manifesté violemment.
Lundi, René Préval, a expliqué qu’il ne pouvait plus quitter le pouvoir comme prévu le 7 février parce qu’à cette date « on n’aura pas de président élu ».
Selon une copie du rapport de l’OEA vue par l’AFP, la mission préconise l’envoi de davantage d’observateurs internationaux pour superviser le deuxième tour, qui n’a aucune chance de se dérouler dimanche comme prévu.

 

Haïti – 12 janvier 2010 : Programme des principaux événements
HAITI LIBRE – 11/01/2011 12:52:56

Haïti - 12 janvier 2010 : Programme des principaux événementsLes activités commémoratives de cette journée du souvenir, débuteront par le lancement d’un registre d’inscription des personnes décédées lors du séisme du 12 janvier 2010. Tout haïtien ayant perdu un proche lors du séisme est appelé à en faire la déclaration dans la mairie de sa commune de résidence. L’un des objectifs de ce registre est de résoudre le problème des actes de décès « Un mort dont l’acte de décès n’a pas été rédigé est considéré juridiquement vivant » il est donc indispensable que l’État haïtien dispose de la trace de ces milliers de disparus » à expliqué Wilfrid Bertrand, le directeur des archives Nationales. Ces inscriptions qui débuteront le 12 janvier, se poursuivront ensuite sur tout le territoire.
Si vous voulez signaler d’autres événements dans votre région ou dans votre pays pour cette journée du souvenir, HaïtiLibre exceptionnellement met à votre disposition son espace de réactions à cet article, pour en informer le plus grand nombre.
8:00 am : Une messe sera célébrée sur l’esplanade de la Cathédrale. Tout au long de la journée des activités religieuses, de l’église épiscopale, de la conférence épiscopale, des églises de confession protestante auront lieu. Des activités du secteur vaudou se tiendront au bureau d’ethnologie.
10:00 am : Une cérémonie de pose de la première pierre du futur monument du souvenir se tiendra sur le site de la Direction Générale des Impôts (DGI), totalement détruit par le séisme, où de nombreux fonctionnaires sont morts.
11:00 am : Lancement du projet de logements sociaux au Fort National. Plusieurs autres projets devraient être annoncés au cours de la journée (pose de la première pierre de l’hôtel de ville de Port-au-Prince, logements sociaux à Port-au-Prince etc..)
2:00 pm : Sur le Champ de Mars, les Églises évangélistes organiseront une cérémonie religieuse à la mémoire des victimes.
3:30 pm. Le Conseil Exécutif de l’Université d’Etat d’Haïti (CE/UEH), pour honorer la mémoire des membres de la communauté universitaire disparus lors du séisme dévastateur du 12 janvier 2010, organise, une cérémonie d’hommages aux victimes. La Faculté de Linguistique appliquée de l’UEH, sur la rue Dufort, a été symboliquement désignée pour accueillir cet événement qui s’achèvera vers 6:00 pm.
4:00 pm : Marjorie Michel, Ministre à la Condition féminine et aux Droits de la femme, rendra hommage aux femmes victimes du séisme devant le Ministère à la Condition féminine(avenue Magny).
4:53 pm : Une minute de silence sur l’ensemble du territoire et dans la diaspora haïtienne sera observée. C’est à cette heure précise que le séisme a frappé Haïti. Elle sera suivie d’une sonnerie aux morts sur l’ensemble du territoire national et à des lâchés de ballons blancs, dans les différentes zones qui ont été affectées par le séisme.
6:00 pm : Une activité dénommée « célébration de la vie » se tiendra dans les différentes communes frappées par le séisme, activité porteuse d’espoir pour l’avenir.
Au delà des nombreuses activités qui se dérouleront en Haïti, principalement dans les zones touchées par le séisme une campagne nationale de sensibilisation aux catastrophes sera lancé le 15 janvier pour s’achever le 30 janvier 2011. Cette vaste campagne qui comprendra entre autres, une tournée de conférences permettra à la population de voir comment d’autres pays ont réussis à se reconstruire avec succès.
À travers le monde, diaspora haïtienne tiendra de nombreuses activités tout au long de cette journée du souvenir.

 

Haïti – Commémoration :

Message de Michel Martelly au peuple haïtien
HAITI LIBRE – 11/01/2011 14:38:34

Haïti - Commémoration : Message de Michel Martelly au peuple haïtienPeuple haïtien,
Le douloureux devoir de mémoire, chargé d’émotion, qui nous soude aujourd’hui, nous ramène à peine un an arrière.
Les mots nous manquent, la République a mal, le bicolore est en berne.
Plutôt que de vains discours, simplement, que retentisse la sonnerie aux disparus. Avec respect, découvrons nous, recueillons nous en mémoire de toutes celles et ceux, d’ici et d’ailleurs, ravis à notre affection.
Que la terre leur soit légère et que demeure leur souvenir!
Oui, les stigmates de cette tragédie continuent, dans nos cœurs, notre chair et nos pensées, de nous interpeller.
Que de fleurs il nous faudrait pour honorer nos morts, que d’enfants à cajoler, que de veuves à consoler, que de maris au cœur endolori, que de frères et sœurs endeuillés, que de familles ruinées!
Sur ces ruines, seul est resté debout le Peuple haïtien, mon peuple, uni dans sa souffrance, solidaire dans son malheur, mais tourné irrémédiablement vers l’espérance de lendemains plus heureux.
Peuple haïtien, peuple du monde accouru pour nous aider, je vous demande de garder vivace cette extraordinaire solidarité, qui, des décombres, a fait renaître plus d’un d’entre nous, qui viendra à bout du choléra, qui transcendera nos clivages.
Dans ce même élan, avec moi, faisons de cette journée celle de la Fraternité et échangeons entre nous une accolade fraternelle. Celle qui fera tomber les murailles, celle qui gagnera toutes les batailles.

Michel Joseph Martelly
TET KALE

 

Préval confirme qu’il restera au pouvoir après le 7 février…
HAITI LIBRE – 11/01/2011 14:31:42

Haïti - Élections : Préval confirme qu’il restera au pouvoir après le 7 février...La mission technique de l’Organisation des Etats américains (OEA), venue évaluer les résultats des présidentielles contestées du 28 novembre, a recommandé lundi la mise à l’écart du candidat du pouvoir, Jude Célestin, au profit de Michel Martelly…
http://www.haitilibre.com/article-2078-haiti-flash-elections-l-oea-recommande-manigat-martelly-au-second-tour.html
René Préval a affirmé lundi soir ne pas avoir reçu ce rapport, qui recommanderait d’écarter le candidat du pouvoir.
« Je ne peux plus partir le 7 février […] Je voulais partir le 7 février mais, quand on voit ce qui s’est passé avec les contestations, à cette date il n’y aura pas un nouveau président élu » a-t-il déclaré en attendant le rapport des experts de l’OEA sur les résultats du premier tour. Rappelant qu’une loi votée le 4 mai 2010 lui permettait de rester au pouvoir au-delà de la date du 7 février si les élections ne se tenaient pas à temps pour lui permettre de partir.
http://www.haitilibre.com/article-1979-haiti-elections-rene-preval-au-pouvoir-jusqu-au-14-mai-2011.html
Selon la Constitution haïtienne, le Président, élu pour cinq ans, doit en effet laisser le pouvoir le 7 février de la cinquième année de son mandat. Mais René Préval, qui avait prêté serment le 14 mai 2006, a fait valoir qu’il pouvait se maintenir au pouvoir jusqu’au 14 mai 2011maximum afin de boucler son quinquennat « Il faut un Président élu pour remplacer un président élu, cela sera bon pour la continuité, pour la stabilité ». Des propos dans le prolongement de ceux qu’il avait tenu lors du 207 ème anniversaire de l’indépendance d’Haïti.
http://www.haitilibre.com/article-2024-haiti-politique-nous-sommes-a-un-carrefour-dangereux.html
Appelant à la transparence de la suite du processus électoral, Kenneth Merten, l’ambassadeur américain à Port-au-Prince, a fait savoir hier que le rapport devait être envoyé aux autorités haïtiennes lundi en fin de journée ou mardi. S’exprimant sur les risques de nouvelles violences post-électorales face à cette nouvelle donne du second tour, l’ambassadeur a souhaité que « tout le monde garde la tête froide »
Des sources diplomatiques ont confirmé que les ambassadeurs des pays amis d’Haïti (Etats-Unis, Brésil, Canada, France…) comptaient appeler M. Préval rapidement après la remise du rapport en vue d’engager des discussions sur ses conclusions. « Il sera très difficile pour le Président René Préval d’ignorer les recommandations du rapport » a fait savoir une source onusienne sous le couvert de l’anonymat.
L’ambassadeur de France, Didier Le Bret à pour sa part déclaré : « La mission de l’OEA a travaillé de manière indépendante et objective et fait des investigations poussées pour aboutir à des résultats qui soient fiables et proches de la réalité […] la communauté internationale, en faisant le choix d’une médiation, espère que les recommandations de la mission de l’OEA, seront suivies. »
A Washington, le secrétaire général adjoint de l’OEA, Albert Ramdin, a souhaité qu’après avoir pris connaissance du rapport, le gouvernement haïtien « prenne la bonne décision » ajoutant « je crois que personne ne pourra être heureux de ce que dit le rapport » tout en affirmant ne pas connaître son contenu…
Depuis vingt-cinq ans, « un seul président a pu terminer son mandat, un seul président va terminer son deuxième mandat » a déploré le Président René Préval, « ce n’est pas normal que tous les présidents d’Haïti finissent toujours en exil ou en prison. »

 

Montréal organisera 51 missions pour remettre Port-au-Prince sur pied

Jennifer Guthrie / METRO MONTREAL / 11 janvier 2011 04:38

François Pesant/Métro

La planification urbaine sera également à l’ordre du jour des missions de la Ville de Montréal.

La Ville de Montréal amorcera, d’ici deux semaines, la première de 51 missions d’un mois à Port-au-Prince. Ce projet, évalué à 4,2 M$, doit permettre à la capitale haïtienne de se remettre sur pied après que sa structure administrative ait été réduite à néant par le séisme qui a frappé le pays, il y a un an. «Les procédures et règlements n’existent pratiquement plus à Port-au-Prince, a rappelé le maire de Montréal, Gérald Tremblay. Nous allons aider les Haïtiens dans ce que nous connaissons le mieux : l’organisation au quotidien d’une ville. Au cours des prochains mois, nous allons travailler à redonner des bases solides à Port-au-Prince.»
La Ville de Montréal profitera d’une présence permanente dans la capitale haïtienne grâce à la mise sur pied d’un bureau d’appui à la mairie de Port-au-Prince. Pour le moment, la Ville ignore combien d’employés seront envoyés en Haïti. Le recrutement débutera au cours des prochaines semaines. Les premières interventions viseront à redonner à Port-au-Prince un cadre de procédures. Les équipes montréalaises s’attaqueront ensuite aux revenus de la capitale en déterminant de quelles façons elle pourrait récolter des impôts fonciers et développer son économie.
La planification urbaine sera également à l’ordre du jour des missions de la Ville de Montréal. «Notre priorité, c’est le renforcement institutionnel, mais c’est aussi la planification urbaine, a expliqué Gérald Tremblay. Nous devons déterminer où nous pouvons construire du logement adéquat le plus rapidement possible. Ça fait partie du plan d’urbanisme que nous voulons mettre en place.»
Attendues depuis plus de trois ans, ces interventions montréalaises ont eu l’heur de rassurer le maire de Port-au-Prince, Jean-Yves Jason, selon Gérald Tremblay. «Jean-Yves Jason a toujours été un peu sceptique parce que nous avions travaillé avec lui depuis son élection, en 2007, pour nous assurer que nous puissions l’accompagner au niveau de la gouvernance, du renforcement des institutions de la ville, de l’urbanisme et de l’amélioration des infrastructures, a affirmé M. Tremblay. Le plan initial que nous avions était prêt à être signé tout juste avant le séisme, mais il ne s’est jamais réalisé.»
Les missions montréalaises seront financées par l’Agence canadienne de développement international (ACDI) à la hauteur de 3 M$. La Ville fournira le capital humain, ce qui représente un investissement de 1,2 M$.

Autres projets municipaux
L’Union des municipalités du Québec et la Fédération canadienne des municipalités ont aussi annoncé des projets en Haïti.

  • Les villes de Gressier, Léogane, Petit-Goäve et Grand-Goäve seront visées.
  • Les projets viseront à rétablir les capacités institutionnelles des municipalités.
  • Les initiatives devront aussi permettre aux villes de remettre sur pieds les services de base offerts à leurs citoyens.

 

Haïti: un organisme de l’ONU appelle à un plan global de reconstruction

TRIBUNE DE GENEVE /AFP | 11.01.2011 | 18:49

GENEVE, 11 jan 2011 | La Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay, se disant préoccupée par l’ampleur de la tâche restant pour reconstruire Haïti, a appelé mardi le gouvernement haïtien à mettre en place un plan global coordonné qui permette de faire réellement avancer le pays en 2011.

La Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay, se disant préoccupée par l’ampleur de la tâche restant pour reconstruire Haïti, a appelé mardi le gouvernement haïtien à mettre en place un plan global coordonné qui permette de faire réellement avancer le pays en 2011.

« La situation en Haïti reste critique », a déclaré Mme Pillay dans un communiqué.

« L’accès à des abris corrects, de l’eau, des installations sanitaires, l’éducation ou encore des soins médicaux » reste « bien en dessous des niveaux acceptables », a-t-elle poursuivi.

Pour surmonter cette situation, un an après le séisme dévastateur qui a tué plus de 220.000 personnes, Mme Pillay estime qu’un « plan détaillé à long terme doit être mis en place par le gouvernement haïtien, avec l’aide de la communauté internationale ».

Il doit « permette à l’Etat d’apporter des solutions durables concernant l’accès aux services de bases, pour ceux dans les camps comme dans des bidonvilles », a-t-elle ajouté, prévenant que « sans une ligne directrice commune », les nombreuses initiatives nationales et internationales pour le relogement et la reconstruction ne pourront aboutir efficacement.

Elle a par ailleurs estimé que « des efforts supplémentaires significatifs » devaient être faits pour « renforcer les institutions légales ».

« Nous avons tous un rôle à jouer et la responsabilité de faire en sorte qu’en 2011, le maximum est fait pour faire avancer le pays, pas seulement dans le domaine de la reconstruction mais aussi pour assurer que les droits fondamentaux des habitants soient fortement améliorés », a-t-elle insisté.

Mme Pillay a également dit espérer qu’une solution à l’instabilité politique, reflétant les aspirations des électeurs haïtiens, soit rapidement trouvée.

Le premier tour de l’élection présidentielle du 28 novembre a été contesté, provoquant des violences. Le deuxième tour est en principe prévu le 16 janvier, mais le délai semble impossible à tenir.

 

VOUSNOUSILS / 11.01.2011

Haïti: l’éducation est une urgence pour la reconstruction (association)

Un an après le séisme du 12 jan­vier 2010 en Haïti, l’éducation est « une prio­rité » et « une urgence » pour mener la recons­truc­tion, a affirmé mardi Claire Calosci, direc­trice géné­rale de l’ONG inter­na­tio­nale Aide et Action spé­cia­li­sée dans ce secteur.

« L’urgence de la recons­truc­tion, c’est l’éducation dans toutes ses dimen­sions. C’est une prio­rité », a déclaré Mme Calosci devant la presse. « Pour recons­truire, il faut des tech­ni­ciens et des ouvriers spe­cia­li­sés. Il est impor­tant de pou­voir for­mer des jeunes », a-t-elle expliqué.

Aide et Action a pré­senté un pre­mier bilan du pro­gramme de for­ma­tion pro­fes­sion­nelle aux métiers du bâti­ment qu’elle a mis en place en Haïti, avec l’appui du groupe d’équipement élec­trique Schneider Electric.

L’objectif est de for­mer dans les deux ans plus de 2.000 ouvriers qua­li­fiés du BTP parmi des jeunes de 18 à 25 ans, un pro­jet évalué à 6 mil­lions d’euros.

Un pro­gramme pilote de 40 jeunes en for­ma­tion a débuté en sep­tembre der­nier. Il béné­fi­cie du concours de quatre ensei­gnants fran­çais, déta­chés dans le cadre de la mis­sion « Jules Verne » d’enseignement des métiers du bâti­ment du minis­tère fran­çais de l’Education natio­nale, a expli­qué Gilles Vermot-Desroches, direc­teur du déve­lop­pe­ment durable de Schneider Electric.

En Haïti, « les gens qui sont atten­dus sont ceux qui pour­ront aider à recons­truire. La dif­fi­culté est de trou­ver des com­pé­tences », a-t-il souligné.

Aide et Action « a la capa­cité de faire plus », mais « attend qu’un gou­ver­ne­ment s’installe pour déve­lop­per une action pérenne sur ce pro­jet de for­ma­tion pro­fes­sion­nelle », a expli­qué Mme Calosci.

L’association a par ailleurs recons­truit 40 classes en semi-dur à Léogâne, une ville où 80% des construc­tions ont été détruites ou pré­sentent des risques pour leurs occu­pants. Quelque 3.700 enfants sont à scolariser.

 

Préval refuse de se prononcer sur le rapport de la mission de l’OEA d’évaluation du scrutin du 28 novembre
Ce document préconiserait la mise à l’écart du candidat du pouvoir

ALTERPRESSE / lundi 10 janvier 2011

P-au-P., 10 janv. 2011 [AlterPresse] Le président René Préval a déclaré ce 10 janvier qu’il appartient au Conseil Électoral Provisoire (CEP) de se prononcer sur le rapport d’évaluation des élections du 28 novembre 2010 par une mission d’experts de l’Organisation des États Américains (OEA).

Selon les conclusions de ce rapport non acheminé officiellement aux instances haïtiennes, le candidat Jude Celestin, issu du secteur au pouvoir, devrait être écarté du second tour des présidentielles ayant régressé de la seconde à la troisième place après le nouveau comptage.

Cette information, diffusée par la presse internationale, n’a pas été confirmée par le chef de l’État lors d’une interview accordée à plusieurs journalistes locaux.

Le président a nié que le rapport lui a été déjà soumis et il a affirmé ne pas être au courant de son contenu.

Si l’existence du document était confirmée et que celui-ci était accepté par le CEP, Mirlande Manigat, qui est arrivée en tête au premier tour, devrait affronter Michel Martelly au second tour. Ce dernier était arrivé en troisième position dans les résultats préliminaires.

Selon des données disponibles dans la presse internationale, le travail des experts de l’OEA aurait permis à Martellly de dépasser Celestin de 3.000 voix après le traitement des irrégularités détectées.

Le nombre de voix attribués à Mirlande Manigat serait resté inchangé.

Les résultats officiels préliminaires du premier tour avaient donné la victoire à Manigat (31,37 %) contre Jude Celestin (22.48 %), tandis que Michel Martelly était crédité de 21,84 %. Ces résultats, rejetés par des secteurs politiques et d’importantes franges de la population, avaient provoqué des journées d’émeutes faisant 4 morts.

C’est dans ce contexte que le gouvernement avait sollicité l’envoi d’une mission de l’OEA pour évaluer partiellement les opérations.

Selon des membres de l’organisme électoral contactés par AlterPresse, le CEP attend toujours de recevoir le rapport de cette mission avant de décider de la suite du processus électoral.

Dans les circonstances actuelles, la tenue du second tour initialement prévue le 16 janvier est à écarter. Selon les autorités électorales c’est seulement en février qu’il pourrait être réalisé.

Cette situation fait planer des doutes sur le départ du président René Préval à la fin de son mandat à la date constitutionnelle du 7 février prochain.

Dans son entrevue avec les journalistes haïtiens, Préval rejette la perspective de laisser le pouvoir à un gouvernement provisoire, ce qui, selon lui, ne contribuera pas à la stabilité politique dans le pays.

Préval brandit la loi controversée votée par le parlement au lendemain du tremblement de terre pour lui permettre de rester au pouvoir jusqu’au 14 mai 2011 si un président n’est pas élu avant le 7 février.

La constitution qui prévoit la fin du terme présidentiel le 7 février stipule également que son mandat est de 5 ans, souligne Préval, qui avait prêté serment le 14 mai 2006.

 

Un an après le cataclysme, l’État plus faible que jamais

ALTERPRESSE / lundi 10 janvier 2011

Extrait du rapport bilan du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) à l’occasion du premier anniversaire du séisme du 12 janvier 2010

Le séisme du 12 janvier 2010 a rudement frappé le pays et a laissé des séquelles indélébiles. Les pertes humaines et matérielles sont immenses.

Dans des circonstances aussi dramatiques, le rôle de l’Etat aurait dû se trouver renforcé. En effet, l’Etat aurait dû être omniprésent dans la coordination des activités de secours, dans la reprise des activités quotidiennes, dans la distribution de l’aide humanitaire afin de s’assurer que l’aide destinée aux victimes arrive à ceux qui en ont vraiment besoin. La présence de l’Etat aurait dû aussi se faire sentir dans des mesures de reconstruction sur des bases scientifiques, dans des propositions de normes nouvelles adaptées à la nouvelle réalité. Pourtant, aujourd’hui, l’Etat haïtien est devenu plus faible et plus amorphe que jamais.

Il est regrettable que le gouvernement PREVAL / BELLERIVE n’ait pas su, au cours de cette première année, prendre les mesures qui s’imposent en vue d’exploiter ce cataclysme comme une opportunité à faire démarrer le pays sur de nouvelles bases politiques, sociales et économiques. Au contraire, tout semble s’organiser en vue de maintenir le statu quo et d’écarter la population des différentes décisions engageant son avenir. Le gouvernement, de concert avec la communauté internationale, a proposé un plan de reconstruction nationale sans consulter les secteurs vitaux du pays. Ce plan sera mis en oeuvre par la CIRH composée d’étrangers et d’Haïtiens. Cette commission, qui travaille dans l’opacité la plus totale, affirme avoir approuvé des projets représentant plus d’un milliard de dollars américains. A date, aucun de ces projets supposés montés pour embaucher des milliers d’ouvriers, n’est constaté.

La misère de la population, commercialisée à travers le monde, s’est muée en une véritable source de revenus. Des réunions, des Concerts de collecte de fonds, des marathons, des téléthons sont organisés au profit des rescapés du séisme du 12 janvier 2010. Les fonds tirés de ces manifestations sociales passent par des agences internationales et le gouvernement mais ne sont pas arrivés aux victimes. Trois milliards de dollars sont dépensés au nom des victimes du 12 janvier 2010. L’impact de cette somme mirobolante n’est pas mesurable alors que beaucoup de rumeurs font état aujourd’hui de cas de gens qui se sont enrichis impunément à partir de fonds collectés aux noms des victimes du séisme du 12 janvier 2010 ou ont fait une mauvaise gestion des fonds ramassés.

La situation de la population, un an après le séisme du 12 janvier 2010, reste inchangée sinon qu’elle empire avec la propagation du choléra. En effet, la population haïtienne non encore remise de la catastrophe humanitaire engendrée par le séisme du 12 janvier 2010, est frappée par une épidémie de choléra déclarée dans le pays à la mi-octobre. Aujourd’hui, l’épidémie s’est répandue sur tout le territoire national tuant des personnes quotidiennement.

En plus de faire face à des problèmes d’hygiène, d’insalubrité, d’insécurité, etc. les victimes du 12 janvier 2010 sont inquiètes pour leur avenir. En effet, ils sont souvent l’objet d’ultimatum de propriétaires des espaces qu’ils occupent alors que, décapitalisés par le séisme, ils ne s’adonnent à aucune activité génératrice de revenus qui leur permettrait de se trouver un abri. Le processus électoral, décrié dès le début par une frange de la population haïtienne mais supporté par l’OEA, la CARICOM et l’ONU, a accouché d’un scrutin souillé d’irrégularités, de fraudes massives, de violences ayant engendré des pertes humaines et matérielles. Les résultats partiels ont été publiés par le CEP sur fond de manifestations et de contestations qui se sont soldées par la mort d’au moins deux (2) personnes, l’incendie de plusieurs bâtiments publics et institutions privées.

Face à la gravité de la crise post-électorale, une mission d’experts de l’OEA intervient, sur demande du Gouvernement, en vue de vérifier les résultats au centre de tabulation. Dans les termes de référence régissant les attributions de cette mission, pleins pouvoirs lui sont accordés. Cependant, force est de constater que la mission n’est pas aussi indépendante qu’elle devrait l’être. Outre l’inconstitutionnalité de cette Mission, son travail s’est seulement limité aux résultats tabulés pour les Présidentielles alors que les fraudes massives et irrégularités enregistrées dans diverses régions du pays concernaient tant les Présidentielles que les Législatives.

Il est important de signaler que toutes les activités liées au scrutin du 28 novembre 2010 devraient faire l’objet d’une enquête, depuis la distribution des matériels sensibles jusqu’à la tabulation des résultats.

Fort de toutes ces considérations, le RNDDH recommande aux autorités établies de :

- Rompre d’avec les formes de gouvernements rétrogrades et claniques ;

- Prendre effectivement à coeur la reconstruction nationale et l’avenir de la population ;

- Elaborer avec la population des projets générateurs de revenus en vue d’améliorer leurs conditions générales de vie ;

- Fournir aux déplacés des abris respectant les normes internationales en matière d’habitat ;

- Prendre des mesures effectives en vue de juguler l’épidémie de choléra dans le pays ;

- Renforcer les centres de santé, les CTC en ressources humaines et matérielles et placer d’autres CTC tant dans les quartiers défavorisés qu’à proximité des camps et des sites de relocalisation ;

- Prendre les dispositions pour associer des experts nationaux à la définition des projets d’urbanisme, d’assainissement, de réfection des réseaux d’électricité, d’eau potable, des routes interdépartementales et des ponts pour absorber les milliards de la reconstruction ;

- Adopter une approche de développement axé sur les droits humains ;

- Offrir à la population l’opportunité de choisir ses dirigeants par le moyen d’élections honnêtes, crédibles, transparentes et démocratiques.

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