REVUE DE LA PRESSE – Mercredi 12 janvier 2011

13 Jan

Le bilan du séisme en Haïti revu à la hausse à 316.000 morts

TF1 / 12-01-11

Le bilan du séisme du 12 janvier 2010 en Haïti a été revu à la hausse et s’établit désormais à plus de 316.000 morts, a déclaré mercredi le Premier ministre Jean-Max Bellerive. « Il y a eu plus de 316.000 tués », a-t-il dit lors d’une conférence de presse à Port-au-Prince. Le précédent bilan faisait état de 250.000 morts. Il y a un an jour pour jour, à 16h53 locales, Port-au-Prince et sa région étaient réduits à l’état de ruines en vingt secondes par un tremblement de terre de magnitude 7.

 

12 janvier 2011 : Message du ministre Edwin Paraison
HAITI LIBRE – 12/01/2011 14:47:19

Haïti - 12 janvier 2011 : Message du ministre Edwin ParaisonChers compatriotes de la diaspora,
Il y a de cela exactement un an, le 12 janvier 2010, notre pays a été frappé par un terrible tremblement de terre qui a détruit en grande partie Port-au-Prince, la capitale, mais aussi Léogane, Jacmel et Petit-Goave.
Ce séisme, des plus meurtriers a occasionné la mort de 300 mille personnes, en a handicapé des milliers et a laissé sans abri près de 1 500 000 de nos concitoyens.
À l’occasion de ce douloureux anniversaire, il nous faut saluer la détermination de nos compatriotes de la diaspora qui ont été parmi les premiers à faire acte de solidarité en se rendant, au lendemain de la catastrophe et en passant par la République Dominicaine, au chevet de leur pays d’origine. Il nous faut également souligner le flot ininterrompu de secours, transferts de fonds, médicaments, nourriture etc …, en provenance de la diaspora. La nation vous en sera éternellement reconnaissante.
Chers compatriotes, Haïti, notre patrie commune, a été durement touchée dans ses fondements même : institutions quasi détruites et pertes énormes en ressources humaines. Elle ne pourra pas se relever sans une amplification de votre engagement à moyen et long termes dans tous les domaines de la vie nationale.
Aujourd’hui, 12 janvier, jour du souvenir et de recueillement, au nom du MHAVE, du gouvernement de la République et en mon nom personnel, je salue la mémoire de nos nombreux morts et vous invite à garder toujours allumée la flamme du combat et de l’accompagnement indispensable de la diaspora pour une nouvelle Haïti.
Haiti a besoin de vous. Vous avez besoin d’ Haiti. Que Dieu bénisse notre patrie commune.
Edwin Paraison,
Ministre
12 janvier 2011

 

Mgr Guire Poulard, nouvel archevêque de Port-au-Prince

Une décision importante du Pape Benoît XVI, qui a également nommé Mgr Glandas Marie Erick Toussaint evêque auxiliaire de la capitale, et prôné une reconstruction fondée sur la « cohabitation civile, sociale et religieuse »

Radio Kiskeya / mercredi 12 janvier 2011

Le Pape Benoît XVI a nommé mercredi Mgr Guire Poulard, 69 ans, au poste de nouvel archevêque de Port-au-Prince tout en souhaitant un retour à « la cohabitation civile, sociale et religieuse » en Haïti où a été commémoré dans la douleur le premier anniversaire du séisme meurtrier du 12 janvier.

Figure engagée d’une église jugée, depuis un certain temps, trop distante des grandes problématiques politiques et sociales, Mgr Poulard succède à Mgr Joseph Serge Miot, décédé dans la catastrophe en compagnie du vicaire général de la cathédrale de la capitale, Mgr Charles Benoît.

Par ailleurs, Benoît XVI a fait choix de Mgr Glandas Marie Erick Toussaint comme évêque auxiliaire du même archidiocèse.

« Il est temps de reconstruire maintenant, non seulement les structures matérielles mais surtout la cohabitation civile, sociale et religieuse », a affirmé le Souverain Pontife dans un message lu lors d’une messe célébrée sur les ruines de la cathédrale par son envoyé spécial, le cardinal guinéen Robert Sarah.

« Je souhaite que le peuple haïtien soit le premier protagoniste de son histoire actuelle et de son avenir, comptant aussi sur l’aide internationale, qui a déjà donné des signes de grande générosité à travers une aide économique et par des volontaires venus de tous les pays », a répété, au nom du Saint-Père, le prélat, également président du conseil pontifical Cor Unum, instance chargée au Vatican des oeuvres de charité.

Elevant dans ses prières les haïtiens, il a évoqué « particulièrement ceux qui sont morts » dans la tragédie de l’an dernier qui avait emporté 300.000 personnes, fait 300.000 blessés et 1,5 million de sans domicile.

Il s’agissait pour le chef de l’église catholique de « donner une parole d’espérance dans les circonstances présentes particulièrement difficiles », a fait savoir le Vatican dans un communiqué.

Le Saint-Siège a débloqué une aide de 1,2 million de dollars en faveur de la reconstruction des églises et écoles appartenant à différentes congrégations qui ont été détruites par le séisme dévastateur de magnitude 7 sur l’échelle ouverte de Richter.

 

12 janvier 2011 : Déclaration du Président Barack Obama
HAITI LIBRE – 12/01/2011 10:01:00

Haïti - 12 janvier 2011 : Déclaration du Président Barack ObamaAlors que nous célébrons un an après le tremblement de terre catastrophique en Haïti, nous honorons la mémoire des 250,000 haïtiens qui ont perdu la vie, ainsi que plus de cent américains, de nombreux membres des Nations Unies et des citoyens de dizaines de pays. Nous rappelons comment les américains, civils et militaires, ont rejoint, dans l’un des plus grands efforts humanitaires jamais tenté, des gens du monde entier. Nous continuons d’être inspiré par le peuple haïtien avec notre dynamique communauté haïtienne américaine, qui a subi des pertes inimaginables avec un courage et une foi extraordinaire.


Depuis les premiers instants de la catastrophe, les États-Unis ont contribué à mobiliser le soutien international pour la reconstruction d’Haïti et répondre aux nouveaux défis, tels que l’épidémie de choléra ou l’ouragan Tomas. Cet effort mondial, dirigé par le gouvernement haïtien, se poursuit aujourd’hui, aidé par la grande compassion du peuple américain, qui, en période de difficultés économiques a donné généreusement.


Au cours de la dernière année, d’innombrables vies ont été sauvées et de nombreux haïtiens touchés par le tremblement de terre ont maintenant un meilleur accès à la nourriture, l’eau et des soins de santé, plus qu’ils n’avaient avant la catastrophe. Pourtant, trop de décombres continuent de bloquer les rues, trop de gens vivent encore dans des tentes, et les progrès pour de nombreux haïtiens, ne sont pas venu assez vite. Comme nous l’avons toujours dit, aider les plus pauvres de l’hémisphère occidental à se remettre de l’une des pires catastrophes naturelles, prendra des années, sinon des décennies. 


Donc, en ce jour, où nos pensées et nos prières sont avec le peuple haïtien, mon message est le même que l’an dernier. Haïti peut et doit montrer la voie, avec une vision forte pour son avenir. La communauté internationale doit maintenant tenir ses promesses pour assurer un effort important et soutenu à long terme, pour aller de l’avant avec la reconstruction d’Haïti. Les États-Unis continueront d’être un partenaire durable auprès du peuple haïtien.

 

Haïti : message du ministre d’Etat, un an après le séisme du 12 janvier 2010

DIPLOMATIE.GOUV.FR / 12 janvier 2011

« Un an après la tragédie du 12 janvier 2010 qui a endeuillé Haïti, je souhaite au nom du gouvernement français adresser à la nation haïtienne un message d’amitié, de sympathie et de solidarité.

Le peuple haïtien a traversé l’une des pires épreuves de son histoire. Il a fait face avec courage et abnégation. En ce jour de deuil national, nous souhaitons lui dire : votre détermination force l’admiration et le respect. La France se tient résolument et durablement à vos côtés dans cette épreuve.

Ce fut pour la France l’une des plus importantes interventions humanitaires de ces dernières années : un pont aérien de plus de deux mois ; un hôpital de campagne, un navire-hôpital également détaché pour soigner les blessés ; un millier de personnels de sécurité civile, de santé, du génie au service des populations.

Les engagements pris par le président de la République française, lors de sa visite le 17 février 2010, ont été tenus.

La dette haïtienne a été annulée. Les appuis budgétaires ont été effectués. Les matériels de sécurité civile ont été livrés.

La jeunesse française a également participé avec les jeunes volontaires du Service militaire adapté et du Service civique, venus de Martinique, de Guadeloupe et de métropole. Avec leur aide, des dizaines d’écoles, d’orphelinats, de centres de santé ont pu être restaurés.

Grâce au soutien français, le principal hôpital de Port-au-Prince a pu continuer à accueillir des malades. Sa reconstruction va être assurée par un partenariat franco-américain avec le ministère de la santé haïtien.

Deux quartiers populaires de Port-au-Prince sont en cours de réhabilitation.

Pour préparer l’avenir, près de 500 étudiants haïtiens, futurs magistrats ou fonctionnaires ont été accueillis dans nos établissements.

Nos entreprises se mobilisent et contribuent à la relance de l’activité économique, sans laquelle il ne peut y avoir de perspectives de développement et de progrès.

Toute cette action de reconstruction s’inscrit dans la durée et la coordination des efforts. La France continuera d’y jouer son rôle, aux côtés des autres pays donateurs et des organisations internationales, dans le cadre des orientations définies par les Haïtiens eux-mêmes et leurs autorités.

La France aura engagé au total en deux ans, en 2010 et en 2011, 326 millions d’euros pour la reconstruction d’Haïti, ce qui représente un effort sans précédent.

Je forme le vœu que 2011 soit l’année du renouveau, de l’espoir et de la reconstruction. »

Pour en savoir plus: Aide à Haïti : bilan d’étape, un an après le séisme

 

Haïti: La reconstruction prendra dix ans

Marie Desnos – Paris Match – Mercredi 12 Janvier 2011

Haïti: La reconstruction prendra dix ans

| Photo REUTERS/Eduardo Munoz

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L’ancienne perle des Antilles en chiffres

– Revenu par habitant: 660 dollars, soit dix fois moins qu’en République dominicaine voisine, cinquante fois moins qu’en France
– Plus d’un Haïtien sur deux vit avec moins d’1,25 dollar par jour (1 euro), 80% avec moins de 2 dollars
– L’espérance de vie d’un Haïtien à la naissance en 2010 est de 61,7 ans (contre 81,5 en France)
– Mortalité infantile en 2009: 59,69% (France: 3,60%)
– Mortalité maternelle: 630 décès pour 100 000 naissances en 2009 (France: 9,6)
– Indice de développement humain : 145 e place sur 182 pays
– Paradoxalement, sa monnaie s’apprécie. En janvier 2010, un dollar équivalait à environ 39,77 gourdes. En Août, il en valait 39,69.
– Par ailleurs, on estime que le séisme a créé 100 000 «emplois» humanitaire via l’opération «Cash and Food for Work» (qui échange de la nourriture, de l’eau, ou de l’argent, pour quiconque participe à la reconstruction)
(source : «
Revue humanitaire», par Luc Évrard, journaliste, chef du service économie d’Europe 1 )

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Un an après le séisme qui a fait plus de 200 000 morts et 1,5 million de sinistrés en Haïti, l’heure est au bilan qui paraît décevant au regard des efforts de chacun. L’heure est aussi à la détermination de priorités, afin que 2011 soit le début d’une ère nouvelle pour l’ancienne perle des Antilles.

Le 12 janvier 2010, à 16 heures 53 minutes, heure locale, la faille Enriquillo-Plaintain Garden s’est réveillée, pour la première fois depuis 240 ans, provoquant un séisme de magnitude 7,3 sur l’échelle de Richter en Haïti. Durant 45 petites secondes, la terre a tremblé. Bilan: 222 570 tués, 300 572 blessés, selon le bilan de l’ONU, et un million et demi de déplacés qui vivent encore sous des tentes, dont 700 000 dans la capitale Port-au-Prince. Parmi les édifices anéantis, treize ministères (tous sauf un) et le palais présidentiel, tuant des milliers de fonctionnaires parmi les victimes. En moins d’une minute, l’île caribéenne a perdu l’équivalent de 15 mois de PIB, selon une estimation de la «Revue humanitaire», qui a additionné le coût des dégâts à la perte d’activité. Outre les dégâts matériels et humains effroyables, le séisme a frappé au cœur un pays déjà fragile institutionnellement, pauvre –le plus pauvre du continent américain- et déjà attelé à réparer les dégâts de ces précédentes catastrophes, dont la dernière en date: les cyclones de 2008, qui avaient détruit 100 000 maisons, laissé 800 000 sans-abri et provoqué de violentes émeutes de la faim.
Ce mercredi, cela fait donc précisément un an que ce terrible tremblement de terre a eu lieu, suivi d’une épidémie de choléra et de manifestations post-électorales –un scrutin dont les résultats définitifs n’ont toujours pas été proclamés. Le pays peine à se relever. Les Haïtiens survivent grâce à l’aide extérieure des ONG, des agences des Nations unies, des collectivités locales, et des dons, mais son paysage ressemble encore à celui que le séisme a laissé. Le million et demi de sinistrés vit toujours dans les petites tentes qui jonchent les rues de la capitale, voire dans des abris de fortune «en dur» construits à la hâte par les habitants qui s’impatientaient de l’avancement de la reconstruction. Vingt millions de mètres cubes de gravats sont débarrassés au jour le jour, majoritairement à la main, par les habitants. «Port-au-Prince n’est plus une ville, c’est un immense bidonville, témoigne Francis, un habitant du quartier Carrefour-Feuille, dont les propos sont rapportés par Médecins du Monde (MdM). Le séisme, les hommes politiques, le choléra, on vit à travers l’enfer ici.»

10 milliards de dollars de promesses de dons… pas tenues

Au lendemain de la catastrophe, pas moins d’un millier d’ONG plus ou moins recensées, beaucoup d’organisations confessionnelles (Haïti compte plus de 400 Eglises enregistrées) se sont précipitées pour venir au secours de la population. Six mois plus tard, les ONG étaient encore «plus de 350 en activité sur le site, dont soixante seulement enregistrées auprès des autorités locales et agissant plus ou moins en coordination avec elles», selon la «Revue Humanitaire». Pour autant, les humanitaires sont débordés et retardés par chaque nouvelle urgence qui s’impose; et la reconstruction tant espérée semble trop loin pour être vraie. En mars dernier, la conférence de New York par les bailleurs internationaux et les Etats membres des Nations unies avait abouti à 10 milliards de dollars de promesses de dons, dont 5,3 milliards dans les deux ans. Un succès puisque le Plan d’action pour le relèvement et le développement national (PNDA) avait évalué les besoins d’Haïti à 11 milliards de dollars. Finalement, seules quelques centaines de millions ont été décaissés. Avec les dons privés, le séisme a généré une manne d’urgence de 3 milliards de dollars, dont au moins les deux tiers dépensés la première année. Les ONG accusent les Etats et Institutions de ne pas avoir tenu leurs promesses, et ceux-ci s’en défendent. «Si les promesses faites en matière de reconstruction ne sont pas tenues, on peut imaginer, sans trop se tromper, ce qu’il adviendra demain: un second séisme, celui-ci économique et social, craint MdM. A chaque nouvelle catastrophe qui frappera le pays, seules des réponses ponctuelles et prises dans l’urgence seront apportées et le séisme du 12 janvier n’aura été qu’une tragédie de plus dans l’histoire d’Haïti.»
Des accusations totalement récusées par Niels Scott, office de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, qui a souligné qu’il était «contreproductif de dire que rien n’a été fait». «4 300 000 personnes ont reçu de la nourriture, 90% de la population a accès aux institutions de santé publiques, 1 200 000 personnes ont reçu de l’eau au quotidien», a-t-il argué, parmi d’autres chiffres, lors d’une conférence de presse organisée à la Mairie de Paris. De même, Pierre Duquesne, ambassadeur chargé des questions économiques, de la reconstruction et du développement au ministère des Affaires étrangères et européennes (MAE), a lancé lors de cette conférence: «La communauté internationale est au Rendez-vous.» Détaillant précisément les fonds versés, les dettes annulées et autres subtilités financières, Pierre Duquesne en est arrivé à la conclusion qu’un milliard quatre-cents millions de dollars ont été effectivement versés en 2010. «A l’échelle du PIB, cela reviendrait à 400 milliards de dollars pour la France. Cela me paraît conforme aux capacités» d’Haïti d’engranger de l’argent, a-t-il estimé. «Plus aurait été gâché.» En outre, l’ambassadeur a fait valoir que la reconstruction de première priorité n’était pas physique mais institutionnelle. «Le séisme n’aurait pas dû faire autant de dégâts s’il y avait eu moins de problèmes de fond» sur l’île. «La faille sismique a révélé les failles structurelles» de l’Etat, a-t-il poursuivi. Selon lui, il est important d’accepter l’idée que «la reconstruction prendra au moins 10 ans», citant pour exemple l’après-Tsunami en Indonésie, qui a pris «4-5 ans» alors que le pays avait «un Etat stable». Enfin, il a rappelé d’autres mesures non-négligeables et pas directement liées à la reconstruction physique, comme les 450 étudiants haïtiens envoyés dans les universités françaises. «On ne peut pas mesurer les efforts faits au tas de gravats ramassés», a-t-il conclu.

Transfert de compétences et replis des humanitaires

A un an de ce drame, au-delà de la poursuite nécessaire des secours (de nombreuses villes ont notamment été «délaissées», faute de temps), le principal enjeu pour cette petite République antillaise est de sortir de l’urgence humanitaire, sortir de la dépendance humanitaire. Or, nul repli des associations ne s’effectuera sans un préalable transfert de compétences à la population locale, qui est de fait l’un des objectifs clés de l’année qui débute. «Les besoins sur place sont immense et notre présence est toujours nécessaire, mais le rôle principal d’une ONG médicale n’est pas de travailler dans la substitution, avec une grosse équipe d’expatriés. Car pour aider à renforcer le système de santé local il faut avant tout travailler avec les équipes nationales, les former, transférer notre expertise (…) pour que nous puissions (…) passer la main et que nos projets perdurent», explique ainsi Marc, médecin coordinateur général pour MdM, qui compte d’ailleurs 1200 Haïtiens sur 1268 personnes travaillant pour elle en Haïti. «Haïti ne se relèvera pas sans la participation pleine et entière des femmes, des hommes et des enfants de ce pays. Le temps et venu de rompre avec la logique d’assistance qui a transformé Haïti en laboratoire», renchérit Michaelle Jean, gouverneure générale du Canda. Laënnec Hurbon, sociologue, spécialiste d’Haïti et directeur de recherche au CNRS, va même plus loin. Selon lui, la «catastrophe sociale provient d’abord de la fragilité d’Haïti», qui souffre d’une «pathologie du pouvoir» -l’Etat a connu 15 gouvernements de 1986 à nos jours, 26 ministres de la Justice, 16 conseils électoraux provisoires. La dictature a par ailleurs détruit le potentiel touristique de l’île, qui connaît des disparités sociales et culturelles criantes, et dont la chute de la paysannerie a provoqué une migration déstabilisante vers la capitale et l’étranger. Port-au-Prince concentre ainsi 3 millions d’habitants -alors qu’elle a une capacité de …150 000-, et 85% de l’activité économique. C’est pourquoi Laënnec Hurbon préconise la décentralisation du pouvoir et de l’activité, mais aussi un «effort de relèvement, surtout de la classe moyenne», qui a fui vers les Etats-Unis ou le Canada alors que le pays a besoin d’elle. Il prône aussi la promotion de la scolarisation universelle (15% seulement des établissements scolaires sont sous le contrôle de l’Etat, le reste étant privé). Et conclut: «Le tremblement de terre pause la question, pas uniquement pour Haïti, mais pour le reste du monde, de la manière dont l’homme doit et peut habiter la terre aujourd’hui». Point final

 

Un entreprise sud-coréenne devient le plus important employeur privé d’Haïti

Publié par Associated Press le mardi 11 janvier 2011 à 23h03.

Un entreprise sud-coréenne devient le plus important employeur privé d'Haïti

Bill Clinton, Wilston Etienne. Dieu Nalio Chery / The Associated Press

PORT-AU-PRINCE, Haïti – Le gouvernement haïtien a signé, mardi, un accord avec un fabricant de vêtements sud-coréen afin de créer un parc industriel qui exportera des vêtements aux États-Unis.

L’accord, conclu en présence de l’ancien président américain Bill Clinton, fera de l’entreprise Sae-A Trading Co. Ltd. le plus important employeur privé d’Haïti.
Des responsables ont indiqué que l’accord permettrait de créer 20 000 emplois, bien que les salaires dans les usines de vêtements soient connus pour être bas.
Le premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, a affirmé que cet accord permettrait de diminuer la dépendance d’Haïti envers l’aide étrangère. L’aide internationale n’a jamais été en mesure de construire une prospérité économique durable dans aucun pays, a dit M. Bellerive. Il a ajouté que la signature de l’accord était le plus beau jour de sa vie.
Le projet, qui faisait l’objet de négociations bien avant le séisme, a progressé après la nomination de M. Clinton comme envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU en Haïti, en 2009. L’ex-président américain a notamment pour mandat de favoriser l’investissement privé dans le pays.
Les usines de vêtements ont été identifiées comme un secteur clé de croissance économique. Haïti a déjà été un important producteur régional de vêtements et d’autres articles à bon marché.
L’accord permettra de créer un parc industriel près de la ville de Cap-Haïtien, dans le nord du pays, qui pourra accueillir d’autres usines de textile. Son ouverture est prévue au début de 2012.
L’entreprise sud-coréenne investira 78 millions $US en équipement et s’est engagée à adhérer aux standards de l’Organisation internationale du travail.
Les États-Unis fourniront 120 millions $US afin de produire de l’électricité pour l’usine, de loger les travailleurs et d’améliorer les installations portuaires.
La Banque interaméricaine de développement fournira 50 millions $US pour construire la structure de l’usine ainsi que des infrastructures. L’Union européenne apportera aussi sa contribution pour améliorer les routes dans la région.
Le gouvernement haïtien sera propriétaire du parc industriel. Bill Clinton a dit qu’il espérait que cet accord encouragerait d’autres investisseurs à faire avancer leurs projets en Haïti.
Il a identifié les entreprises Gap, Wal-Mart et Hanes Brands comme participants majeurs au projet, puisqu’elles se sont engagées à acheter au moins un pour cent de leur inventaire dans des usines de vêtements haïtiennes.

 

Haïti : les Français mis en garde

Par Europe1.fr / Publié le 12 janvier 2011 à 12h46

Le ministère des Affaires étrangères a mis en garde les Français résidant à Haïti ou s’y rendant dans les prochains jours. « La situation sur le terrain reste volatile dans l’attente de la publication des résultats définitifs » des élections présidentielles, précise le ministère.

« Dans ce contexte, nos compatriotes sont invités à faire preuve de la plus grande prudence, à se tenir informés de l’actualité locale et à se tenir à l’écart de tout rassemblement. Il est également recommandé aux Français résidant à Haïti de s’assurer qu’ils auront les moyens de rester confinés à leur domicile pendant plusieurs jours (en reconstituant, si nécessaire, des stocks d’eau, de nourriture et de médicaments), dans l’hypothèse où de nouveaux troubles à l’ordre public devaient les contraindre à limiter leurs déplacements sur le terrain », précise le communiqué du Quai d’Orsay.

 

«Haïti est dopé à l’aide, le sevrage va faire mal»

Un an après le séisme, Haïti pleure toujours ses morts.

Légende: Un an après le séisme, Haïti pleure toujours ses morts. (Reuters)

Par Samuel Jaberg, Swissinfo.ch , 12. janvier 2011 – 13:42


Les Haïtiens doivent se prendre en mains et rebâtir eux-mêmes leur propre avenir, sans attendre continuellement l’aide extérieure. C’est le plaidoyer de Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste, le quotidien de référence du pays. Interview.

«Célébrer la vie». Comme tous les Haïtiens, Frantz Duval désirait vivre la journée de commémorations du 12 janvier, marquant le premier anniversaire du tremblement de terre qui a fait près de 300’000 morts en Haïti, en oubliant tous les problèmes qui affectent son pays. «Nous sommes tous des survivants», rappelle-t-il humblement.
Mais dès les célébrations terminées, les Haïtiens vont devoir se mettre au travail pour rebâtir un pays qui vit sous perfusion de l’aide internationale. Le rédacteur en chef du Nouvelliste fait le voeu d’un sursaut national en 2011. Faute de quoi les désillusions pourraient être encore plus terribles que les catastrophes qui ont frappé l’île l’année dernière.

swissinfo: Frantz Duval, 2010 fut-elle la pire année de l’histoire d’Haïti?

Frantz Duval: Oui, ce fut une année très difficile. Il y eu le tremblement de terre, le passage de l’ouragan Tomas, le choléra et la crise politique. Mais à côté de tout cela, on a surtout eut un déficit de leadership. Personne n’était prêt à relever le défi de ce qui nous est arrivé. Pas seulement les politiques, mais tous les secteurs de la société. Je le dis en toute humilité, parce que ça concerne aussi la presse.

swissinfo.ch: Vous qui observez la vie au quotidien en Haïti, comment-jugez vous l’état psychologique de la population?

F. D. : En Haïti, l’aspect psychologique n’est pas quelque chose qui est mesuré de manière scientifique. D’habitude, la douleur est personnelle, on l’évacue en pleurant, en hurlant, en parlant aussi. C’est ce qu’on a fait après le séisme, mais cette fois, la catastrophe était si grande que je ne sais pas si ça suffira. Ma fille était sous les décombres, un an plus tard elle ne peut toujours pas dormir dans une maison. Le tremblement de terre a été une expérience difficile et unique pour tout le monde.

swissinfo.ch: Un an plus tard, la reconstruction est au point mort. Pourquoi?

F. D. : Ce que je déplore dans la reconstruction, c’est qu’il a manqué quelqu’un pour nous dire: «prenez-vous en mains, ressaisissez-vous, essayez de reconstruire, de rebâtir votre maison». C’est comme si le pays attendait qu’un avion débarque un matin pour tout reconstruire.
Les Haïtiens pensaient et pensent encore qu’on va leur donner des maisons, de l’eau et de la nourriture. Ils font reposer tous leurs espoirs sur Dieu ou sur les organisations internationales. C’est pourquoi il y a aujourd’hui tant de désillusions et que le procès fait aux organisations internationales et aux pays amis d’Haïti est si important.

swissinfo.ch: La communauté internationale n’a-t-elle pas sa part de responsabilité?

F. D. : Un an après le séisme, j’aurais aussi souhaité que les ONG fassent leur mea culpa. Il faut continuer à aider Haïti, mais il faut regarder le chemin parcouru et corriger ce qui n’a pas fonctionné. Il n’est pas trop tard, nous sommes encore dans l’urgence dans de nombreux secteurs.
L’aide et la solidarité sont incontournables. Mais c’est comme monter à bicyclette, il faut deux pieds pour pédaler. Un exemple frappant: on nous a donné beaucoup d’eau depuis le tremblement de terre, elle arrivait par avions entiers. En réalité, il y a toujours eu de l’eau ici. Ce qu’il manque, ce sont des systèmes d’adduction pour traiter l’eau et la faire parvenir chez les gens. Lorsqu’on cessera de donner l’eau gratuitement, on se retrouvera dans le même embarras qu’avant. Quand on accepte l’aide sans dire à l’autre qu’il est possible de faire mieux, on passe à côté de ce qu’on veut atteindre.
Car le jour où nous n’aurons plus ces béquilles, cette tutelle qui ne dit pas son nom, nous allons nous écrouler plus bas que terre. Nous sommes dopés à l’aide, le sevrage va faire mal.

Une partie de la rédaction du Nouvelliste, sous les arbres de Pétion-Ville.

Une partie de la rédaction du Nouvelliste, sous les arbres de Pétion-Ville. (swissinfo)

swissinfo.ch: Vous parlez de tutelle, certains parlent d’ingérence étrangère, qui dure depuis des décennies. Est-ce l’une des raisons des malheurs d’Haïti?

F. D. : Je ne veux pas culpabiliser l’international. Quelque part, nous sommes tous complices voire coupables de cette tutelle. Si cette tutelle ne marche pas, c’est aussi parce que c’est une tutelle qui ne dit pas son nom. On se retrouve à cheval entre ceux qui voulaient une tutelle complète et ceux qui n’en veulent pas du tout. Ca pose là aussi un problème de leadership.

swissinfo.ch: Actuellement, 10’000 soldats de la MINUSTAH, la force de stabilisation de l’ONU, sont stationnés en Haïti. Cette présence est-elle justifiée?

F.D.: Non, il n’y a jamais eu en Haïti des affrontements armés entre deux camps établis. Il y a toujours eu des désordres, mais soyons sérieux, il y a d’autres pays où la violence est bien pire. Les tanks de la MINUSTAH n’ont jamais tiré sur qui que ce soit. La paix aurait pu être imposée d’une autre façon.
Comme l’a dit le président Préval, il faudrait des casques rouges, des spécialistes des Nations unies affectés au développement. Car le vrai problème d’Haïti, ce sont les moyens inexistants. Le budget de la MINUSTAH est plus important que celui de l’Etat haïtien.

swissinfo.ch: Le processus électoral paralyse encore un peu plus le pays. Était-ce une erreur de vouloir à tout prix organiser des élections?

F. D. : Ces élections étaient inscrites dans l’agenda politique, il était donc normal de les organiser. Le problème, c’est que la communauté internationale s’est entêtée à faire croire que tout allait bien. Dès le mois de juin, nous savions qu’il y avait un problème avec la distribution des cartes d’identification. Aujourd’hui encore, on n’a pas fini de les distribuer.
Mais au-delà de toutes les fraudes et de ces élections, le problème en Haïti, c’est que personne ne veut sortir perdant des élections. Partant de là, il ne peut y avoir de démocratie, car le principe de base de l’élection postule qu’il y ait des perdants.

swissinfo.ch: En 2011, la situation en Haïti va-t-elle se débloquer et le pays enfin pouvoir commencer à se reconstruire?

F. D. : Je suis obligé de répondre par un vœu. J’espère qu’il y aura un sursaut au niveau national. De tous les secteurs, pas seulement du politique, qui n’est qu’une partie de l’iceberg.
Car en Haïti, nous aimons les monstres immenses. Le président et les parlementaires sont érigés en sorte de Léviathan, responsables de tout. En réalité, chacun doit travailler à son niveau pour inventer ce rêve haïtien, pour que le désir de vivre soit un bonheur partagé.
Aujourd’hui, tout le monde veut partir parce que ce pays ne leur vend pas l’espoir d’une vie meilleure. Nous sommes presque tous en transit ici. Un pays ne peut pas se développer avec une population qui espère le quitter par tous les moyens.

 

post non vérifié par la rédaction

HAITI – Séisme naturel ou pas ?

Publié par Affaires AZF – LE POST.FR – 12/01/2011 à 12h11

 

Répliques du séisme de Haiti

Site CEA-DASE

Fin 2009, suite à mes divulgations d’informations et à mes travaux sur les données sismiques de l’affaire AZF-Toulouse, des personnes travaillant indirectement pour du renseignement militaire ont tenu à m’alerter à deux reprises le 18 décembre 2009 et le 12 Janvier 2010, 10 heures avant le séisme qu’ils étaient au courant de préparatifs importants qui avaient pour but de provoquer un énorme séisme meutrier au sein d’une très grande ville. Ce 18 décembre 2009, la date du 7 Janvier 2010 était annoncée et ces services supposaient qu’une grande ville iranienne, siège de bases souterraines militaires secrètes serait très probablement la cible mais ils n’avaient, selon eux, aucune confirmation précise sur la ville et le pays. Ils ont tenu à déclencher une veille sismologique via des « fouineurs techniques » de tout genre en passant par facebook.

Le 7 Janvier 2010, ne voyant rien venir, j’ai repris contact vie facebook et leur ai demandé ce qui se passait. Ils m’ont confirmé que la menace du terrible séisme était toujours bien là et que le 7 Janvier 2010 était la date du début des opérations qu’ils soupçonnaient… il fallait patienter quelques jours.

Le 12 Janvier 2010 vers midi, heure française, un email issu du contact facebook annonce que le séisme est imminent : « opération -1« , ce qui signifie dans moins de 24 heures. Mais ils ne savent toujours pas quelle cible urbaine est visée.
A 22h53, heure française, 17h53 heure haïtienne, le séisme de Haiti, d’une magnitude dépassant 7, survint et fit plus de 200000 victimes.
Le contact osa affirmer quelques jours plus tard que l’opération semblait avoir en partie échoué en survenant quelques heures trop tôt, que la date prévu était le 13 janvier heure GMT, et que le nombre de victimes visé aurait dû être nettement plus important : ils avaient eu comme info que la ville cible devait être entièrement rasée à cause d’une magnitude souhaitée encore bien plus forte.
Apparemment les militaires Russes et le « très catholique » Hugo Chavez ont eu le même type de source d’informations prédicatrices.
Je poursuivis alors le suivi sismologique de cette affaire en consultant la moindre info sismique haïtienne sur le net et sur les sites sismologiques habituels. Après un séisme d’une magnitude 7.1, les répliques bien sûr ne tardèrent pas mais elles avaient un comportement étrange… quasiment toutes étaient situées à l’Ouest de l’épicentre le long de la faille d’Enriquillo, faille Ouest-Est passant près de la capitale Port-au-Prince, longue faille connue pour être l’origine des séismes majeurs de ce pays et faille annoncée par les sismologues comme être la seule cause naturelle de ce séisme. La distribution des répliques dénotait une autre origine sismique, qui aurait pu sensibiliser naturellement la partie de la faille la plus proche de l’épicentre mais qui ne pouvait prendre naissance sur la faille elle-même, car il n’avait aucun effet de répliques de l’autre côté Est de l’épicentre.
Depuis le dernier semestre de 2010, des sismologues à Haiti, sur le terrain, comme Eric Calais, de l’université américaine de Perdue, ont confirmé effectivement que l’origine de ce séisme provenait d’une faille inconnue jusqu’à lors. Cette hypothétique faille serait proche de la ville côtière de Léogâne et aurait une toute autre direction principale que la grande faille d’Enriquillo.
En février 2010, j’ai tenu à alerter de mes informations dont j’avais des preuves écrites les associations d’entre-aides pour Haiti lors d’une réunion inter-associations organisée par la Mairie de Montpellier, proche du lieu où je me trouvais à l’épqoue.
Ces associations ont été attentives mais les responsables politiques de la ville n’ont surtout pas tenu à en savoir plus.
Depuis d’autres recherches de ma part sur certains types de séismes atypiques survenus sur le continent américain se poursuivent dont celles liées au séisme canadien du 23 Juin dernier (près d’Ottawa) deux jours avant le sommet G20 de Toronto.
Les très grandes installations de Haarp ont publiquement montré sur leur site internet une période particulière d’activité magnétométrique de la haute atmosphère pendant 2 jours avec un arrêt juste au moment où mes contact facebook annonçaient « Opération -1 » et avec un démarrage quelques heures après le séisme de magnitude 6.8 au large d’Euréka en Californie.
De plus, à un moment, une censure d’environ 1 heure de ces données atmosphériques a eu lieu au début du 11 janvier 2010.

HAARP Janvier 2010

A l’opposé des thèses sur des projets atmosphériques de type Haarp, une des voies de détection des origines artificielles des séismes est celle exploitant, depuis une source « ponctuelle » souterraine très éloignée de la zone cible, de très grands axes sous la croute terrestre à travers la génération répétée de micro-séismes et l’exploitation d’une forme de » mise en résonnance » souterraine axiale de la dernière et longue phase des ondes sismiques : la coda sismique. Une zone souterraine particulière, proche d’une très grosse base militaire américaine, située au coeur des USA retient l’attention depuis quelques mois déjà car elle est le siège de petits séismes très localisés d’origine minières mais, vu certaines coïncidences sismiques et géographiques, elle pourrait bien être occasionnellement le siège d’expérimentations d’arme sismique.

 

Fritzner Gaspard, chargé d’affaires de l’ambassade d’Haïti en France
Par Frédéric Rivière / RFI / mercredi 12 janvier 2011
 

« Pourquoi, la reconstruction tarde à se matérialiser ? Moi, je ne dirais pas que ça tarde. Pour bien répondre à cette question, il faut bien regarder le document que le gouvernement avait présenté le 31 mars à la conférence des Nations unies, à New York. Il avait fixé un certain nombre d’objectifs, à court terme, à moyen terme et à long terme. »

 

La diaspora haïtienne de Paris entre doute et colère, un an après le séisme

La diaspora haïtienne de Paris entre doute et colère, un an après le séisme

Un an après le séisme qui a dévasté Haïti, le Collectif du 12 janvier a appelé la diaspora haïtienne de Paris à venir place du Trocadéro commémorer la tragédie. Témoignages d’une population qui doute, loin des siens.

Par Charlotte BOITIAUX / FRANCE 24 / 12-01-11

Sur le parvis de la place du Trocadéro, le temps est maussade. A l’image des Haïtiens de Paris, rassemblés ce mercredi pour rendre hommage aux « victimes sous terre ou sous les tentes », un an après la catastrophe. Tous sont en colère.

Depuis le drame du 12 janvier dernier, rien n’a vraiment changé. Leurs esprits s’échauffent devant le « désespérant constat de la reconstruction » du pays. Civil a 70 ans. A 16h53, l’an dernier, à Port-au Prince, elle a perdu tous ses enfants. Aujourd’hui, son courroux se mêle aux larmes. « Je ne dors même plus tellement je suis angoissée », raconte-t-elle. « Il me reste mes quatre petits-enfants là-bas, seuls, livrés à eux-mêmes ». Un an après, « c’est pire », raconte-t-elle. « Toujours pas d’eau, pas d’électricité, pas d’infrastructures, pas de médicaments. [René] Préval n’a rien fait pour nous, absolument rien. Le peuple est à l’abandon ! », s’emporte-t-elle.

Syndiquer le contenuDOSSIER – JANVIER 2010

Pour la majorité des Haïtiens réunis, le président René Préval est en effet le grand responsable des maux de leur pays. Choléra, corruption, misère, pour eux, il ne suffit pas de « blâmer les institutions internationales ou les promesses de dons qui n’ont jamais vu le jour, mais bien ce président corrompu et dangereux pour les Haïtiens », confie Jackson, 20 ans, le poing levé, avant d’aller se déhancher au son du rap haïtien que crachent les enceintes installées pour l’occasion.

« J’ai peur que l’on tombe dans une crise politique grave »

Même constat pour James Saint-Cyr, le président de l’association Kadek (collectif haïtien pour le développement, l’éducation et la culture), qui déplore les « bourdes » du gouvernement. « Quelle idée d’avoir organisé des élections dans ce contexte. C’est vraiment n’importe quoi. J’ai peur que l’on tombe dans une crise politique grave. Qui sait ce qui se passera le 7 février [date à laquelle le mandat de René Préval s’arrête, ndlr] ».

De l’autre côté de la place, la colère change de cap. Les manifestants, plus jeunes, ne comprennent pas, eux, la faible mobilisation. Ils n’étaient, en effet, qu’une petite centaine à s’être déplacée. Travail, mauvais temps, mauvaise organisation, autant d’arguments que d’absents intolérables. « C’est une honte, où sont les Haïtiens de Paris ? », s’égosille Ebene, un jeune Français d’origine haïtienne, enroulé dans le drapeau national. « C’est un jour spécial, il fallait être là. Maintenant, on va dire qu’on est pas solidaires avec ce qui se passe là-bas ».

Syndiquer le contenuLA RECONSTRUCTION

Anne-Laure, une jeune lycéenne à ses côtés, ne comprend pas non plus.  » Au lieu de critiquer l’ONU, et les ONG, balayons devant notre porte. Je m’attendais à beaucoup plus de monde, c’est triste… « , confie celle qui a séché une journée de cours pour être présente.

« Vous verrez ! Un jour, Haïti se relèvera »

Vers 15 heures, une heure après le début du rassemblement, caméras et manifestants ont commencé à se disperser. Avant de partir, les quelques présents ont tenu à chanter l’hymne haïtien, la Dessalinienne. Un court moment de communion entonné entre les crêpes des touristes et les flashs d’appareils photos.

Beaucoup ont promis de revenir au même endroit le 12 janvier 2012 pour faire un nouveau bilan qu’ils espèrent, cette fois, positif. Et l’espoir est là, tapi dans les promesses d’un avenir meilleur. « Même si notre pays est à terre, même si son existence est menacée »,  tempête au micro Lainy Rochambeau, porte-parole du Collectf du 12 janvier « Haïti vivra, vous verrez, un jour Haïti se relèvera ».

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