REVUE DE LA PRESSE – Vendredi 28 janvier 2011 (2)

28 Jan

Le second tour des élections devrait avoir lieu le 20 mars prochain

De Jonathan M. Katz (CP) – 28/01/11

PORT-AU-PRINCE, Haiti — Le conseil électoral provisoire haïtien a annoncé vendredi que le deuxième tour des élections présidentielle et législatives aura lieu le 20 mars et que les résultats du premier tour seraient officialisés d’ici le 2 février.

Cette nouvelle planification a été rendue publique après de nombreux retards et modifications d’horaires. Des copies ont été distribuées aux médias.

Le deuxième tour des élections haïtiennes, qui devait se tenir plus tôt en janvier, a été retardé par des conflits internes et des manifestations publiques quant aux résultats préliminaires du scrutin de novembre dernier.

Selon ces données, le candidat du pouvoir, Jude Célestin, aurait dû affronter l’ancienne première dame Mirlande Manigat au cours du second tour des élections. Mais l’Organisation des États américains (OEA) a affirmé que les résultats ajustés, selon des estimations des fraudes orchestrées par le parti de M. Célestin, montraient que son nom ne devrait pas se retrouver sur le bulletin de vote du second tour et que le candidat Michel Martelly pouvait légitimement réclamer cette place.

Washington a fait pression sur le gouvernement haïtien et sur son président sortant, René Préval, afin qu’ils acceptent les recommandations de l’OEA. Le soutien américain à Haïti dépend de cette décision, ont indiqué les États-Unis.

Les leaders du parti au pouvoir avaient annoncé, mercredi, que le successeur désigné du président René Préval se retirait du second tour, face aux multiples pressions.

Mais Jude Célestin lui-même n’a pas voulu confirmé son retrait des bulletins de vote.

La campagne électorale devrait donc recommencer le 17 février et se terminer le 18 mars, le scrutin ayant lieu deux jours plus tard. Les résultats devraient être publiés le 31 mars.

Si tout se déroule comme prévu, Haïti devrait officiellement avoir un nouveau président le 16 avril prochain.

 

Résultats du 1er tour le 2 février, second tour le 20 mars

AFP / 29 janvier 2011 02h22

PORT-AU-PRINCE – La publication des résultats définitifs du premier tour de la présidentielle haïtienne aura lieu le 2 février prochain, a annoncé vendredi le Conseil électoral provisoire haïtien (CEP), indiquant que que le second tour aurait lieu le 20 mars.

« Les résultats finaux du second tour des élections seront connus le 16 avril », lit-on dans le calendrier électoral.

Dans le détail, le calendrier électoral se décompose comme suit: la publication des résultats finaux du premier tour aura lieu le 2 février, puis la campagne électorale du 17 février au 18 mars. Le second tour du scrutin se tiendra le 20 mars, les résultats préliminaires du second tour seront annoncés le 31 mars et enfin, les résultats définitifs du second tour seront proclamés le 16 avril.

Depuis le premier tour de la présidentielle du 28 novembre, le pays est plongé dans une crise politique liée à la qualification pour le second tour, aux côtés de l’ex-Première dame Mirlande Manigat, de Jude Célestin, candidat du pouvoir, selon les résultats préliminaires diffusés début décembre par le CEP.

Ces résultats ont été dénoncés par les partisans du candidat arrivé à la troisième place, Michel Martelly. Ils ont aussi été remis en cause par une mission de vérification des votes de l’Organisation des Etats américains (OEA), qui a suggéré un duel entre Mme Manigat et M. Martelly au second tour.

Proche du président sortant René Préval qui l’avait désigné pour lui succéder, Jude Célestin est accusé de fraude par ses adversaires.

Pour débloquer la situation, le parti de M. Célestin a pris mercredi la décision de l’écarter du scrutin, mais le candidat n’a toujours pas fait savoir quelles étaient ses intentions.

Le président Préval, qui devait initialement quitter le pouvoir le 7 février, a déjà fait savoir qu’il comptait rester en poste en attendant que le processus électoral aboutisse.

« Il faut que les choses soient clarifiées avant le 7 », avait exhorté mercredi le secrétaire général adjoint de l’OEA, Albert Ramdin. « Nous devons savoir ce qui va se passer parce que la situation est trop confuse », avait-il déclaré à des journalistes avant une réunion de l’organisation à Washington.

 

Le groupe des 12 invite Célestin à ne pas céder aux pressions
En même temps, il continue de demander l’annulation des élections

 P-au-P, 28janv. 2011 [AlterPresse] — Le groupe des 12 candidats en faveur de l’annulation des élections conseille au candidat du pouvoir de ne pas céder aux pressions de son parti Inite qui s’est retiré de la course à la présidentielle.

L’invitation a été lancée à Celestin lors d’une conférence de presse de plusieurs candidats du groupe le 27 janvier, à laquelle a assisté AlterPresse.

Céant encourage Celestin à « ne pas abandonner la course électorale », car « il n’a aucun intérêt d’abandonner maintenant ».

En même temps, cependant, le groupe des 12 continue de plaider en faveur de l’annulation des élections considérées frauduleuses.

La situation parait toujours inchangée au niveau du processus électoral, malgré l’annonce, le 26 janvier, du retrait du parti au pouvoir de la compétition pour la présidence.

Aucun document signifiant officiellement le retrait du candidat Jude Célestin n’a été jusqu’ici déposé au Conseil Electoral Provisoire(CEP), a pu confirmer AlterPresse auprès de l’institution.

Rien ne laisse présager du développement qui peut se produire au moment où les pressions internationales se maintiennent pour porter le CEP ainsi que le gouvernement à appliquer les recommandations de l’Organisation des Etats Américains (OEA) en faveur d’un second tour sans Celestin.

Céant estime que les démarches de la communauté internationale ne « mèneront pas le pays à une situation d’apaisement ».

 

Pour sa part, Jacques Édouard Alexis déplore la façon dont la communauté internationale intervient dans la crise haïtienne en passant des ordres au président Préval et au CEP.

« Ce n’est pas parce qu’ils financent les élections que certains groupes de la communauté internationale pensent pouvoir donner des directives au président et au CEP », critique l’ancien premier ministre.

Il considère ce comportement comme une atteinte à la dignité du peuple haïtien et invite la société haïtienne et tous les haïtiens vivant à l’étranger à se mobiliser pour une sortie de crise.

 

Le groupe des 12 a fait mener une étude sur le travail effectué autour du vote du 28 novembre par une mission d’experts de l’OEA.

Cette étude, conduite par Liné Balthazar, ancien président du CEP sous le gouvernement defacto de Marc Bazin en 1993, établit que le rapport n’a aucune valeur scientifique et ne peut permettre la correction des élections.

Il soutient que les critères retenus par la mission dans la vérification des procès verbaux (PV) ne permettent pas de différencier ceux qui seraient « frauduleux » de ceux qui ne le seraient pas.

Balthazar explique que 92 des 234 procès verbaux écartés par la commission de vérification de l’OEA, n’avaient aucune trace de fraude.

 

A Davos, Bill Clinton demande l’aide de l’Indonésie
HAITI LIBRE – 28/01/2011 15:19:47

Haïti - Reconstruction : À Davos, Bill Clinton demande l’aide de l’IndonésieJeudi dernier, au cours de la réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, en Suisse, l’ancien président américain, Bill Clinton, a demandé à Susilo Bambang Yudhoyono, Président de la République d’Indonésie, d’aider Haïti, qui se remet difficilement du séisme de janvier 2010. L’Indonésie a réalisée avec succès sa reconstruction suite au tsunami à Aceh en 2004.
Bill Clinton à également adressé une demande similaire aux participants à Davos. Expliquant que le peuple d’Haïti souffre encore de pénuries de produits alimentaires de base. Même si nous avons, nourriture et eau potable, nous ne pouvons livrer cette aide humanitaire qu’à 15 endroits en même temps, en raison du nombre insuffisant de véhicules.


Bien que beaucoup connaissent des pénuries en Haïti, Clinton reste convaincu que l’économie haïtienne peut se développer et devenir plus puissante que jamais. Citant l’économie du Rwanda en exemple « Quatre ans après le génocide au Rwanda, de 1998, le revenu par habitant était de 268 dollars. huit ans plus tard, le revenu par habitant est de 1,100 dollars, ne me dite pas qu’Haïti ne peut pas faire comme ça? » a affirmé l’ex Président américain devant les participants.

 

Hillary Clinton en Haïti dimanche où elle rencontrera René Préval

ROMANDIE NEWS / AFP / 28 janvier 2011 20h23

WASHINGTON – Hillary Clinton, la chef de la diplomatie américaine, se rendra dimanche en Haïti, où elle rencontrera le président sortant René Préval, au moment où le pays traverse une crise politique née de la présidentielle du 28 novembre, a annoncé vendredi le département d’Etat.

Mme Clinton « consultera des membres de la société civile, des acteurs politiques, le président d’Haïti et les partenaires internationaux sur la situation électorale en cours et les efforts de reconstruction », écrit la diplomatie américaine dans un communiqué.

La secrétaire d’Etat s’entretiendra aussi avec Edmond Mulet, le représentant du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon, et visitera par ailleurs un centre de traitement des malades du choléra.

Hillary Clinton s’était rendue pour la dernière fois en Haïti en janvier 2010, quelques jours après le séisme dévastateur qui avait dévasté le pays le plus pauvre des Amériques.

Depuis le premier tour de la présidentielle du 28 novembre, Haïti est plongé dans une crise politique liée à la qualification pour le second tour, aux côtés de l’ex-Première dame Mirlande Manigat, de Jude Célestin, candidat du pouvoir, selon les résultats préliminaires diffusés début décembre par le Conseil électoral provisoire.

Ces résultats ont été dénoncés par les partisans du candidat arrivé à la troisième place, Michel Martelly.

Pour débloquer la situation, le parti de M. Célestin a pris mercredi la décision de l’écarter du scrutin, mais le candidat n’a toujours pas fait savoir qu’elles étaient ses intentions.

Le 21 janvier, les Etats-Unis avaient révoqué les visas d’un nombre indéterminé de « responsables gouvernementaux » haïtiens, une manière de faire pression pour un processus électoral « libre, juste et crédible » dans l’île.

 

Haïti – Reconstruction :

 Premières images du futur Port-au-Prince
HAITI LIBRE – 28/01/2011 14:06:00

Haïti - Reconstruction : Premières images du futur Port-au-PrinceLa fondation « Prince’s Foundation for the Built Environment » du Prince Charles basée à Londre et la firme de Miami, Duany Plater-Zyberk (DPZ), ont été engagées par le Gouvernement haïtien afin d’élaborer un plan de reconstruction de Port-au-Prince et faire des propositions sur l’organisation spatiale du périmètre déclaré d’utilité publique.
La fondation, avec son expérience internationale, a déjà contribué par le passé à redessiner des centres villes dans des conditions souvent difficiles comme ceux de Kingston (Jamaïque) ou de Kaboul (Afghanistan). Des sources proches du projet, indiquent que le centre-ville de Port-au-Prince est le plus grand défi traité à ce jour par la Fondation.
Un plan a été dévoilé cette semaine pour reconstruire le centre-ville historique de Port-au-Prince avec un meilleur environnement urbain que celui qui existait avant le séisme de Janvier 2010. Ce plan prévoit de reconstruire un centre administratif gouvernemental autour du Palais présidentiel avec des bâtiments municipaux et administratifs, des musées, des salles de concert, des écoles et des espaces verts. Il y aura une partie piétonne devant les nouveaux bâtiments. « La grille des rues historiques sera conservée et il y aura des petits parcs aux coins des rues qui se réuniront pour former un carré complet d’une élégance extraordinaire » a expliqué l’architecte urbaniste Andres Duany.

Le front de mer sera reconstruit et comprendra des arbres (mangrove) pour se protéger des tempêtes. Le plan prévoit la construction de logements au-dessus des décombres. L’équipe a calculé que si les décombres des bâtiments démolis sont utilisés comme base pour les nouveaux bâtiments, ceux-ci seront surélevé d’environ 80 centimètres, « assez pour protéger d’une grosse crue, de telle sorte que l’eau s’écoulera dans les rues sans affecter les maisons ou les stationnements » a précisé Duany.

« Les planificateurs se sont concentrés sur la façon dont la classe moyenne et supérieure peuvent être attirés par ce nouveau milieu urbain – qui est la seule manière qu’une reconstruction peut être amortie, » a expliqué l’urbaniste. « Les gens ont besoin de trois choses : la sécurité, le stationnement et un environnement prévisible » a t-il dit. Pour atteindre ces objectifs, le plan propose une gestion de type « sous-gouvernementales » à l’échelle de l’îlot urbain. Chaque bloc d’habitation, surnommé par l’équipe « village urbain », serait conçu pour fournir ses propres services publics et stationnement. Une structure au centre de chaque village urbain fournirait l’électricité, l’eau et les égouts, a expliqué Duany, et serait entourée d’un espace commun de stationnement accessible par les allées. Le bloc central pourrait être surveillé par les résidents, qui ont tous un intérêt personnel, en matière de sécurité. Les services publics et le stationnement seraient détenues et gérés sous la forme d’une coopérative ou d’un condominium.
« La dimension généreuse des blocs historiques de Port-au-Prince fournit l’espace pour l’infrastructure et les stationnements centraux, tout en permettant un certain espace privé pour des résidents. Plusieurs de ces blocs pourraient être conçus avec des espaces verts dans les coins. Nous nous attendons à ce que chaque bloc ait un parc » précise Andres Duany. « Tellement en fait, que chacun verra des arbres » a t-il ajouté.

L’architecture des nouveaux bâtiments sera fondées sur les précédents locaux, ont précisé les planificateurs. L’équipe envisage un développement initial de bâtiments de 1 et 2 étages, ce qui était la condition du centre-ville avant le séisme « il n’y a donc aucune raison de penser qu’après le tremblement de terre il y aura des quatres étages » explique Duany, « toutefois, cela peut évoluer à quatre étages dans le temps ».  Rappelant qu’un cadre légal (code d’urbanisme) doit garantir le respect du plan d’urbanisme afin de conserver l’harmonie de la ville.
Des mesures de modération du trafic, tels que des petits carrefours giratoires sur les coins, permettrait de fluidifier le trafic à un rythme qui ne perturbe pas les piétons. Le plan se penche aussi sur des options pour le transport, y compris une boucle d’autobus, une boucle de tramway, et/ou un transport rapide par autobus.
« En plus de l’administration publique, le tourisme pourrait être une source d’emploi » a rappelé Duany, un aspect essentiel qui permettrait de développer un quartier orienté sur la vente au détail près du port.

 

Ne nous mobilisons pas seulement pour porter plainte contre l’ancien dictateur

Par Guy Pierre * / ALTERPRESSE / vendredi 28 janvier 2011

1. La situation nationale s’est considérablement aggravée avec le débarquement inopiné, le 16 janvier dernier, de l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier à l’aéroport international. Et ce d’autant qu’au lieu d’émettre immédiatement contre lui un mandat d’arrêt et le faire emmener directement en prison, ce qui aurait montré que la nation n’entend pas revivre les années noires de 1957-1986, le gouvernement a fait accompagner M. Duvalier à son hôtel par une escorte policière. Depuis, la question des élections est reléguée au second plan de l’actualité. Un débat sur les crimes commis par celui que le peuple a chassé du pouvoir le 7 février 1986 est lancé.

2. Ce débat interpelle les citoyens et citoyennes sur l’un des principaux problèmes de base que la nation doit résoudre pour pouvoir avancer, le problème de la justice. La nation ne peut encore trouver un moyen pour l’aborder sérieusement et punir tous ceux qui pillent les caisses de l’Etat, qui assassinent des citoyens, qui exploitent impunément les biens publics ou qui s’enrichissent par la contrebande. Un nombre réduit d’individus et de parasites de toutes sortes, fortement liés aux différents gouvernements en place, s’y opposent. Les arguments qu’avancent les avocats de l’ancien dictateur le montrent. Les banalités également que le Président de la République a dévidées en terre voisine. Du reste, tout comme les avocats de l’ancien dictateur et certains hommes politiques et intellectuels, le gouvernement ne veut pas que justice soit rendue. Il cherche à banaliser l’affaire et compte pour cela sur plusieurs facteurs.

3. Il faut encourager tous ceux, toutes les victimes des sévices des hordes des Duvalier à porter plainte contre le tyran et à réclamer son arrestation en faisant pression sur l’Etat pour qu’il assume ses responsabilités, c’est-à-dire qu’il déclare, avec l’appui de toute la nation, que les crimes commis par Jean-Claude Duvalier ne sont pas prescriptibles et qu’il doit être jugé, comme les dictateurs argentins des années 70-80. La nation réclame justice. De nombreuses voix internationales l’appuient et lui demandent d’agir.

4. Mais il y a plus grave. Contrairement à ce que l’on pourrait comprendre, après le coup manqué de Roger Lafontant en 1990, les duvaliéristes n’ont pas renoncé à l’idée de se réinstaller au pouvoir. D’ailleurs certains d’entre eux ont publié récemment des ouvrages et des affiches visant à présenter la période de 1957-1986 d’une façon différente de celle que l’histoire matérialise dans les ouvrages « Papa Doc et les Tontons macoutes et le Prix du sang » de Bernard Dietrich, ou Les Comédiens de Graham Green. On notera par ailleurs avec intérêt que Jean-Claude Duvalier et le candidat Martelly ont les mêmes conseillers juridiques…

5. Il ne faut sans doute pas se hâter de conclure, mais la coïncidence surprend. Elle mérite d’être expliquée. Les souvenirs des relations de « bamboche » d’autrefois peuvent sans doute aider à le faire. En tout cas, une chose est certaine : M. Duvalier entend trouver, selon le premier discours qu’il a prononcé, un poulain pour réhabiliter totalement son père et le régime déchu. Le chanteur serait le candidat parfait.

6. Toutefois la stratégie des duvaliéristes pour se réinstaller au pouvoir ne se limiterait pas seulement à la possibilité de conquérir le candidat classé troisième dans les résultats préliminaires du CEP. Le camp de Jude Célestin, peut aussi, s’il reste dans la course, leur servir de marche-pied. Ceci en raison du fait que le groupe qui l’appuie est un ramassis d’aventuriers en quête d’argent et de miettes de toutes sortes. Ils sont disponibles. Certains secteurs de Lavalas également, et ce d’autant qu’ils peuvent en profiter pour signer avec les duvaliéristes un accord sur le retour d’Aristide au pouvoir.

7. Comme nous le voyons donc, la situation est extrêmement complexe. La nation se trouve brusquement à nouveau, c’est-à-dire comme en 1990, face au danger du retour au pouvoir de ceux – les Mme. Max Adolphe et les Luc Désir – qui l’ont empêché brutalement, par sadisme et cynisme, d’accroître et d’améliorer, pendant la deuxième moitié du XXe siècle, « le peu » qu’elle avait accumulé durant la Deuxième Guerre Mondiale et la Guerre de Corée.

8. Il faut barrer la route aux duvaliéristes. Leur retour au pouvoir par le biais du chanteur ou d’un lavalassien quelconque aggraverait davantage encore la crise dans laquelle le pays se trouve. Le pillage des caisses de l’Etat augmenterait, des centaines de milliers d’enfants continueraient à être privés d’école, les compatriotes qui vivent sous les tentes depuis le tremblement continueraient à y croupir, le système de production national ne pourrait pas reprendre, les grandes questions foncières et d’irrigation retomberaient dans l’oubli, le coût de la vie ne diminuerait pas, le nombre déjà impressionnant de sans travail et de chômeurs augmenterait, le mouvement d’exode de cadres et de travailleurs à l’étranger s’intensifierait, aucune politique de recherche et de formation de cadres de haut niveau ne pourrait être envisagée. L’Etat ne pourrait aborder la refonte du système d’enseignement universitaire, le déficit du système de santé par rapport aux besoins de la population augmenterait, le taux de mortalité infantile ne diminuerait pas. Bref, le pays accélérerait sa marche à reculons, les principaux acquis politiques du 7 février 1986 et du 29 mars 1987 seraient remis en cause.

9. En somme, dans l’hypothèse d’une réhabilitation du duvaliérisme, l’étranger continuera à définir d’autorité la politique du pays, à définir ses priorités, à soutenir son budget par de petits appoints de misère, à lui dicter des ordres sous forme de recommandations, bref à contrôler et à orienter son destin.

10. Nous devons éviter ce scénario, et il nous est possible de le faire en nous mobilisant, en obligeant la justice à reconnaître les plaintes des citoyens contre Jean-Claude Duvalier et à le juger, en dénonçant toutes les formes de financement occulte des campagnes des candidats populistes et toutes les formes de tractations éventuelles que les secteurs duvaliéristes et populistes s’apprêteraient à entamer dans les prochains jours avec le CEP et le président sortant, en obligeant, enfin, la communauté internationale à ne pas forcer les résultats des élections. Le pays ne peut pas retourner aux années macabres des Ti-Boulé et des Roger Lafontant ou des Zakari-Delva et Gracia Jacques. Il doit aussi mettre fin à la longue période anarcho-populiste et néolibérale de Préval-Aristide et définir, de manière souveraine et dans un cadre unitaire et patriotique, un véritable processus d’institutionnalisation politique et de progrès économique.

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