REVUE DE LA PRESSE – Samedi 29 janvier 2011

29 Jan

Haiti-Conjoncture : Zone de confusion

par Gotson Pierre

P-au-P., 29 janv. 2010 [AlterPresse] — Haiti est entrée depuis quelques semaines dans une zone de confusion avec la conjonction de plusieurs faits qui suscitent des interrogations, alors qu’aucun agenda clair n’est mis sur la table en ce qui concerne l’avenir immédiat.

Sous pressions internationales, le parti au pouvoir, Inite, a publiquement fait retrait de sa participation dans la course à la présidence, mais n’est pas parvenu à temporiser les divergences que cette décision « patriotique » ont fait éclater en son sein.

L’impasse électorale ne semble pas encore résolue, malgré la publication par le Conseil Électoral Provisoire (CEP) d’un calendrier pour le second tour des élections générales.

A moins qu’on se trompe, la tension va surement augmenter à l’approche du 2 février, date prévue pour la publication des résultats définitifs du premier tour.

Si les recommandations de l’OEA devaient être prises en compte, ces résultats seraient connus d’avance au niveau de la présidentielle, soit un second tour entre Mirlande Manigat et Michel Martelly, ce dernier prenant la place attribuée préalablement à Celestin.

Moment crucial ? Les trois acteurs concernés figurent dans l’agenda de la visite le 30 janvier en Haiti de la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton. Sans oublier le président sortant, René Préval, qui est entré dans un apparent bras de fer avec Washington.

La visite surprise de Préval en République Dominicaine, le week-end écoulé, à quelques semaines de la fin de son mandat, retient l’attention.

Il en est de même de l’apparition soudaine, le mercredi 26 janvier sur la scène politique nationale, d’un groupe d’anciens militaires, s’identifiant comme “fusils croisés d’Amérique noire” et affirmant leur volonté de sortir de l’exclusion.

Ce mouvement intervient moins d’une semaine après le retour en Haiti de l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier, dont la venue, après 25 ans d’exil en France, a créé l’émoi.

D’autre part, des partisans lavalas ont tenu un sit-in devant l’ambassade américaine (au nord-est de la capitale) pour exiger la contribution de l’administration du président Barack Obama au retour physique de leur leader en exil en Afrique du Sud depuis 2004.

Aucun observateur ne s’étonnera de voir les évènements s’accélérer dans les jours qui viennent.

 

La plateforme d’organisations populaires Tèt Kole veut voir Préval partir au plus tard le 7 février

P-au-P, 29 janv. 2011 [AlterPresse] — La plateforme d’organisations populaires Tèt Kole lance un appel à une manifestation de rue le 1er février prochain pour réclamer le départ du président René Préval le 7 février.

Tèt Kole entend également obtenir, avec ce mouvement de protestation, l’annulation des élections présidentielles et législatives du 28 novembre et l’arrestation des membres du Conseil Electoral Provisoire (CEP).

Le mouvement prône aussi la formation d’un gouvernement provisoire et le retour dans le pays de l’ex-président jean Bertrand Aristide.

Dans l’appel de la plateforme d’organisations populaires, aucune allusion n’est faite à la présence en Haiti de l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier, contre qui plusieurs plaintes ont été déposées pour crimes contre l’humanité.

La manifestation débutera simultanément à la Place Jérémie et devant l’Eglise St Jean Bosco.

Tèt Kole dit constater que le président Préval a perdu « tout contrôle » des affaires du pays et abandonné les rennes aux acteurs internationaux.

La manifestation du 1er février constitue le lancement de toute une mobilisation que l’organisation compte entreprendre contre le chef de l’Etat.

 

Un collectif de candidats du Sud-Est réclame l’annulation des élections
HAITI LIBRE – 29/01/2011 09:22:20

Haïti - Élections : Un collectif de candidats du Sud-Est réclame l’annulation des électionsLe collectif des candidats du Sud-Est, interprète la conclusion du rapport des experts de l’Organisation des États Américains (OEA), comme une nouvelle preuve qui confirme que les élections du 28 novembre ont été truquées. Selon Wilnet Content, le porte-parole de ce collectif «  le pouvoir exécutif de même que le Conseil Électoral Provisoire (CEP) finiront tôt ou tard par entendre raison, afin de permettre que d’autres élections crédibles et démocratiques puissent être réalisées dans le pays. »
Ils sont au nombre de 11 candidats aux prochaines législatures dans tout le Sud-Est du pays, à faire partie de ce collectif qui réclame l’annulation des dernières élections :
Membres du collectif

  • Moril Jeudi : Candidat à la députation (MAS) Circonscription Cayes- jacmel, Marigot.
  • Tranquille Fritzner : Député Jacmel (Solidarité)
  • Content Wilnet : Député Jacmel (Ansan Nou fò)
  • Saingladix Fleurinvil : Sénateur Commune Bainet (Solidarité)
  • Immacula Jeannnis Bazil : Sénateur (Lavni)
  • Marie Silvia Fabien Moise : Député, Bainet (Ansann nou fò)
  • Jean Joissaint Rodney : Député, Bainet (Repons peyizan)
  • Carlos Jean Bernard : Députe Anse-à-pitre (Ansanm nou fò)
  • Marius Pascal : Député Belle-Anse (MAS)
  • Colin Francès : Depute Lamontagne de Jacmel (Lavni)
  • Laurent Fequière Mathurin : ex senateur de lespwa (Ansanm Nou fò)

Selon le porte-parole du collectif, les méthodes utilisées par les experts de l’OEA pour évaluer les résultats, ne sauraient refléter la volonté du peuple haïtien. D’autant que ce rapport n’a pas tenu compte, des problèmes de la grande majorité des candidats aux législatures. Il a par ailleurs mis l’accent, sur le fait que le président René Préval va devoir laisser le pouvoir la 7 février prochain. Wilnet Content annonce une vague de mobilisations à partir du 2 février 2011, en vue de contraindre le chef de l’exécutif à respecter le délai constitutionnel.
Près de 2 mois après la réalisation des élections du 28 novembre, les candidats au sein du collectif dans le Sud-est se déclarent plus que jamais confiant, quant à une satisfaction éventuelle de leurs recommandations par rapport au processus électoral.

 

14,9 millions pour le nouveau Centre de Convention de la BRH
HAITI LIBRE – 29/01/2011 11:35:55

Haïti - Reconstruction : 14,9 millions pour le nouveau Centre de Convention de la BRHLa cérémonie de pose de la première pierre du nouveau « Centre de Convention et Documentation BRH » s’est déroulée jeudi dernier dans le centre-ville de Port-au-Prince sur l’ancienne propriété « La Madeleine », des Soeurs de la Providence, située en face du siège de la Banque Centrale. Était présent à cette cérémonie le Président René Préval, des hommes d’affaires, des représentant du corps diplomatique et d’officiels du gouvernement dont le ministre de l’Economie et des Finances, Ronald Baudin.
Ce Centre de Convention d’une superficie de 3,939 m2 abritera :

  • Sept salles de conférence
  • Une bibliothèque où les étudiants et les chercheurs pourront consulter les livres et documents
  • Le Musée de la Monnaie (accessible au grand public)
  • Des bureaux administratifs
  • Une cafétaria

Charles Castel, Gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH) a indiqué que « Ce centre fournira à la basse ville, une infrastructure fondamentale en matière de documentation et en termes de capacité de réunions. »
La maquette d’un monument dédié à la mémoire des disparus du séisme de janvier 2010, qui sera placé dans le hall d’entrée du Centre de Convention, sera réalisé (en marbre et bronze) par le sculpteur Ludovic Booz.
Le Gouverneur a fait savoir que l’appel d’offre lancé en Août 2010, au niveau local et international, tel que prescrit par la loi sur les marchés publics, a été remporté par l’entreprise dominicaine « Constructora Mar ». Cette entreprise sera donc chargé de l’exécution des travaux qui dureront 22 mois et coûteront 14,9 millions de dollars.
René Préval a affirmé que l’argent de la construction de ce Centre de Convention sera entièrement payé par le Trésor public.

 

Haïti – Insécurité : Une semaine mortelle pour la police…
HAITI LIBRE – 29/01/2011 09:06:02

Haïti - Insécurité : Une semaine mortelle pour la police...L’inquiétude grandit au sein du corps policier qui a perdu plusieurs de ses membres dans une série d’assassinats depuis le début de l’année. Le Champs de Mars est devenu l’épicentre de la violence mais est loin d’être la seule zone concernée…
Lundi 24 janvier :
Michel Wilfonde, Agent 3 affecté au Bureau de Lutte contre le Trafic des Stupéfiants (BLTS) a été abattu dans la matinée du 24 janvier par des individus non identifiés à l’angle des Rues des Casernes et de l’Enterrement. Selon des témoins, les tueurs étaient déjà sur place avant même l’arrivée de la victime. Ils ont attendu que le policier descende de son véhicule pour l’abattre à bout portant avant de s’enfuir en moto…
Jeudi 27 janvier :
Le Centre ville de Port-au-Prince a été le théâtre d’un double meurtre jeudi soir. Deux agents de la Police Nationale d’Haïti (Johnny Jean Louis et Titi Louis) ont été tués à bord de leur voiture alors qu’ils regagnaient leur domicile en compagnie d’un troisième policier et d’un citoyen. Le 3ème policier (Marie Judith Charles) a reçu trois projectiles (à la bouche, au thorax et au bras) et le passager (Ralph Mathurin) a également été blessé. La voiture aurait été la cible de tireurs à pied qui ont pris la fuite après leur forfait…
Vendredi 28 janvier :
Deux policiers qui avaient pris en chasse un individu qui avait fuit après un début de contrôle ont été blessés par balle vendredi matin à Frères. C’est après une course poursuite, alors que l’individu abandonnait son véhicule que l’homme à ouvert le feu sur les policiers. Selon des sources policières, l’individu identifié au nom de Mackenson, serait un détenu évadé. Ce dernier est toujours en fuite…
Vendredi 28 janvier :
Ricardo Valcin, un étudiant finissant à la faculté d’ethnologie a été grièvement blessé par balle au ventre avant d’être dévalisé par plusieurs individus. Il a été conduit d’urgence à l’hôpital pour y subir une intervention chirurgicale. Selon des témoignages la présence massive de sinistrés sur le Champs de Mars, serait à l’origine de la recrudescence des actes de banditisme constatés dans les quartiers environnants.

 

CHOLÉRA en HAÏTI : Enquête de l’OMS sur des cas de paralysie

ACTU SANTE / OPS – OMS / 29-01-11

Des représentants de Organisation mondiale de la Santé (OPS / OMS), en liaison avec le Ministère de la Santé haïtien et les US Centers for Disease Control and Prevention (CDC) mènent actuellement des recherches à la suite de 4 cas de paralysie dont 3 décès intervenus chez des malades atteints du choléra en Haïti, à l’issue de leur traitement. Pour le moment, la polio est écartée, dans l’attente des résultats de laboratoire.

Des épidémiologistes de terrain de l’OPS / OMS et les autorités sanitaires locales du Nord-Ouest ont signalé ce groupe de syndromes neurologiques, le 10 Janvier 2011. Au 24 janvier, 4 cas de syndrome neurologique aigu, dont 3 décès, étaient signalés. Des entretiens avec le personnel médical et les familles ont montré que ces patients avaient été admis à l’hôpital entre début novembre et fin décembre pour cas grave de choléra puis avaient présenté une paralysie ascendante bilatérale flasque 24 à 72 heures après la fin du traitement du choléra.

Parmi les cas suspects, 4 seulement avaient des symptômes et signes compatibles avec une paralysie. Trois sont décédés, et un est toujours hospitalisé à Port-au-Prince. Il se remet lentement. Par mesure de prudence, la vaccination contre la polio a été ajoutée à la campagne de vaccination prévue contre la diphtérie et la rougeole dans le département du Nord-Ouest d’Haïti.

La poliomyélite a été la première hypothèse étudiée, en raison de ses implications en termes de santé publique. Toutefois, les caractéristiques cliniques et épidémiologiques de ces cas, excluent pour l’instant la poliomyélite qui n’entraîne pas, en général, un taux de mortalité élevé. Bien qu’aujourd’hui considérée comme une cause hautement improbable, la polio n’a néanmoins pas été totalement écartée, dans l’attente des résultats de laboratoire mais les experts dont des toxicologues penchent plutôt vers une contamination à l’hôpital ou à domicile par des médicaments ou encore de la nourriture.

Une surveillance a été mise en place sur recommandation de l’OMS qui poursuit ses recherches. Une infirmière du programme de vaccination de l’OPS / OMS est rentrée d’une visite des communautés touchées le 24 janvier, avec des échantillons venant des familles.

La polio a été éradiquée du continent américain en 1994 et l’initiative mondiale contre la poliomyélite, lancée en 1988 a réduit l’incidence de la maladie de plus de 99% dans le monde. En 1988, plus de 350.000 enfants avaient été touchés et été paralysés dans plus de 125 pays d’endémie. En 2009, 1.595 enfants ont été touchés de paralysie, dans 24 pays. Aujourd’hui, seuls 4 pays d’endémie subsistent, l’Afghanistan, l’Inde, le Nigéria et le Pakistan.

 

Haïti. Le côté obscur de la coopération internationale

rebelion.org / samedi 29 janvier 2011 (12h48)

paru le 28/01/2011 Daniel Martínez Cunill Rebelión.org http://rebelion.org/noticia.php?id=121204 Traduction non officielle.

Le 20 décembre 2010, Ricardo Seitenfus, représentant spécial en Haïti de l’O.E.A. (organisation des états américains), a donné une entrevue au quotidien suisse Le Temps. Il y exprimait son opinion sur les causes et les erreurs qui ont conduit aux échecs de la communauté internationale dans ce pays des Caraïbes. Le jour de noël, alors qu’une bonne partie de l’humanité se remettait des excès dans la célébration de l’enfant Jésus, l’OEA a destitué le fonctionnaire brésilien. Entre autres critiques, le diplomate a souligné que l’ONU a imposé la présence de troupes en Haïti bien que ce pays «  ne connaît pas de guerre civile et n’est pas une menace internationale », mais que son plus grand péché c’est d’être un proche voisin des USA. Pour lui, il s’agissait de « geler le pouvoir et de transformer les haïtiens en prisonniers sur leur île ». Une de ses affirmations les plus fortes, il l’appelle oegénisation c’est à dire « une relation perverse entre la fragilité du pouvoir haïtien et la puissance des ONGs dans le pays. Ici, le « bien » est privé grâce aux médecins, hôpitaux, écoles, nourriture qui arrivent du monde entier alors que le « mal » est public puisque l’état haïtien n’est présent que par sa police. L’ex-fonctionnaire n’a pas tort. Haïti manque de ressources publiques pour pouvoir jeter les bases d’un minimum de système étatique et quand le taux de chomage atteint les 80 %, il devient impossible à l’ONU ou à l’OEA de déployer un mission de stabilisation. Il n’y a rien à stabiliser et tout est à faire, mais chaque entité coopérante dispose d’une niche des besoins et la développe à sa façon, en prenant garde à ce que les haïtiens n’interviennent en rien dans la gestion et le contrôle. La plupart des fonctionnaires de la coopération ignore ou méprise les ministères locaux, les rendant par là dysfonctionnels.

En Haïti, la coopération internationale a fait place à la charité. Et la charité ne peut être un point de départ pour les relations internationales ni pour l’apport de la communauté mondiale à un pays aux carences extrêmes. Peut-être les choses fonctionneraient-elles mieux si elles étaient basées sur le respect de l’autonomie et la souveraineté du pays. La dictature de la coopération internationale n’a porté comme fruits que la dépendance, elle a empêché l’organisation de la société civile en agissant comme facteur de démobilisation permanent. La solidarité sociale qui résulte généralement d’un traumatisme grave tel qu’un tremblement de terre ou une guerre, a été totalement et consciemment inhibée par la « communauté internationale » emmenée par Bill Clinton et une foule d’ONGs.

Cela ne veut pas dire que les ONGs soient mauvaises en soi. Au contraire, elles neutralisent partiellement la burocratie onusienne et de l’oea qui gaspillent des sommes gigantesques dans leurs salaires et leur logistique mais il est avéré que l’implication excessive des coopérants empêche la consolidation des structures de la société civile. Là est la perversion de cette coopération internationale qui veut imposer la démocratie depuis le sommet mais anéanti toute velléité de participation communautaire dans le diagnostic des priorités, l’élaboration des projets, le contrôle/gestion de ceux-ci. Il existe des exceptions telles l’OXFAM ou MSF entre autres, mais les grands donateurs ont peur de la participation communautaire naisse la rébellion. Personne, pas même l’exécutif n’a la moindre idée des sommes d’argent qui arrivent en Haiti. Ni de la façon dont sont organisées les dépenses ni de qui décide des priorités. C’est ainsi que les habitants qui sont supposés être les destinataires de cette aide sont infantilisés et finissent par faire la queue entourés de policiers et de militaires, que leur rôle se réduit à recevoir ce que d’autres ont décidé qu’ils ont besoin. En rang pour l’eau, pour la nourriture, pour les vaccins, en rang et votez pour recevoir la démocratie et ainsi de suite… Les haitiens n’existent qu’alignés dans un longue et interminable file d’attente où des agences étrangères leur promettent une vie meilleure mais auxquels personne n’a jamais demandé à quel genre de vie ils aspirent.

D’ailleurs, seuls l’élite du pays et les étrangers ont fêté noël dans l’ile naufragée des caraïbes.

Tremblements de terre : Nicaragua, Mexique, Haïti.

Les tremblements de terre et d’autres catastrophes sont source de solidarité sociale et de participation communautaire.

Cela s’est démontré par exemple au Nicaragua, à Managua, capitale détruite le 23 décembre 1972. Devant l’adversité, les “nicas” se sont mis spontanément à venir en aide aux blessés, à remuer les décombres, enterrer les cadavres, trouver et répartir l’eau et la nourriture. Les actes de pillage quasi inexistants et les actes d’héroïsme innombrables. La population s’est découverte elle-même et dans le même temps, le potentiel immense de l’action collective. Somoza, le dictateur ne s’y est d’ailleurs pas trompé et s’est rapidement chargé de réprimer, de voler et de revendre l’aide internationale, de déplacer des milliers d’habitants dans des zones non urbanisées. Le tyran savait que la capacité d’organisation du peuple était l’ennemi, il l’a dissuadée ou réprimée selon les cas. Cependant, les germes étaient semés dans la population et sept ans plus tard, la Révolution sandiniste renversait “Tacho” soutenue par la majorité de ces nicaraguayens qui vécurent le tremblement de terre comme une immense ligne de partage des eaux dans la vie de la nation. Bien d’autres facteurs socio-économiques ont joué, mais tous les analystes nicasraguayens reconnaissent que c’est le tremblement de terre qui agit comme détonateur sur la société civile, qui a pu prendre la mesure de sa force et valoriser ce qu’elle pourrait obtenir par un effort collectif.

Au Mexique, les tremblements de terre des 19 et 20 septembre 1985 ont aussi précédé une moblisation sociale sans précédent dans l’histoire du pays. La population de la capitale sinistrée a developpé sans attendre aucune consigne gouvernementale un torrent de solidarité et d’entraide dans le travail de secours bien supérieur aux actions officielles. Les habitants de la capitale (Mexico D.F.) et la société civile en général se sont jetés à corps perdu dans la recherche organisée, le travail intense de secours aux prisonniers des décombres. Dans une maternité, des brigades de citoyens ont encore sauvé 16 bébé dont un neuf jours après le séisme. A la différence de la dictature de Somoza, le PRI au pouvoir eut l’habileté politique d’octroyer une médaille à l’action solidaire de milliers d’individus et des centaines d’organisations sociales, privées, nationales, étrangères. Toutes ces personnes, toutes ces organisations ont reçu la médaille de la “Reconnaissance nationale 19 septembre” attibuée pour comportement héroïque, la solidarité sociale et internationale. L’habileté du gouvernement mexicain lui permit la récupération de la solidarité sociale, forme initiale de la participation communautaire et la reconvertit dans sa stratégie du Système National de Santé et de Prévention des désastres naturels qui date de ces années_là.. Puis on commémora régulièrement la date du séisme par une mobilisation de masse qui réaffirmait chez les mexicains le sentiment de solidarité et leur capacité de mobilisation. Malgré cette instrumentalisation politique par le régime la gauche mexicaine reconnait que nombre d’organisations populaires nées dans la capitale et qui culmineraient dans leur opposition au PRI, viennent de la découverte par les mexicains de leur capacité de mobilisation et d’exécution sans intructions étatales. Fronts populaires, groupements urbains ont dévouverts leurs “muscles” et 26 ans après, continuent leur action.

Que s’est-il passé en Haïti ?

Les habitants de Port-au-Prince sont-ils moins solidaires et fraternels que les nicaraguayens ou les mexicains ? On a relevé des actes de solidarité, de secourisme héroïque, nombreux même. Mais il est évident que le tissu social haïtien et tout spécialement dans la capitale est fortement endommagé et que la présence de troupes étrangères sur le territoire national, troupes chargées de tout, a contribué à ce que tout « naturellement » on attende d’elles et qu’elles soient chargées des secours puis de la reconstruction. Sous couvert d’action humanitaire et avec l’argument massue bien qu’usé de « d’état en faillite », la communauté internationale a privé du droit du peuple haïtien à la possibilité d’auto-organisaton et de d’avoir sa propre prise en charge.

Les désastres naturels enseignent aux peuples mais les grands pouvoir politiques et économiques tirent aussi leurs leçons rapidement et sont voraces dans leurs réactions. Les ereurs et les échecs de l’OEA et de l’ONU prennent une autre dimension.

Vaut-il vaut mieux un dictateur connu qu’une démocratie à construire ?

On trouve un bel exemple de double morale de la part de la coopération internationale dans les élections haïtiennes qui devaient voir élu le président pour la période 2011/2016  : le second tour prévu initialement le 16 janvier a été repoussé siné dié du fait de l’incertitude du résultat du premier tour, entachés de fraude. Le Comité Electoral Provisoire (CEP) a annoncé que le second tour n’aurait pas lieu avant février et menace de repousser encore la date. Les réactions des démocrates ont été conformes à leur habitude. O.E.A. ? Très bien, bons baisers de P.A.P. Abandonnés dans la nostalgie, le désespoir et l’oubli, la majorité des haïtiens en âge de voter n’étaient pas nés quand Bébé Doc dû quitter précipitamment le pays. Il est d’une extrême gravité que le fils de Duvalier rentre au pays. Il est clair que le retour de l’ex-dictateur n’est pas improvisé. Bébé Doc est le tonton macoute numéro un et s’il revient 25 ans après d’un exil doré en France, c’est qu’il connaît la précarité du pays et que « l’absence » d’état le laisse envisager un retour au pouvoir. Plusieurs ONGs et l’opposition ont réclamé la détention de Duvalier pour violations des Droits de l’homme, tortures et assassinats commis durant ses années de règne (1971/1986). Ils ne rencontrèrent que peu d’écho et les tribunaux haïtiens de focaliser sur les délits financiers comme par hasard prescrits après 25 ans. Les poursuites pour violation des Droits de l’homme elles seraient bien possibles mais le gouvernement Préval ne semble pas interessé à demander des comptes sur le chapitre des crimes contre l’humanité à Jean-Claude Duvalier dit Bébé Doc. Le retour du dictateur sent le piège. Une embuscade où le cynisme français rejoint l’opportunisme des Etats-Unis et des organismes internationaux. Duvalier a dit qu’il voulait montrer sa solidarité avec le peuple et qu’il veut prendre sa part au renouveau du pays. Il parie sur l’oubli et la mauvaise mémoire en voulant prendre un bain de pureté démocratique pour se présenter à des élections avec la complicité des élites haitiennes. Il est cependant difficile aux forces internationales présentes de l’accuser de cacher ses véritables intentions derrière un rideau de fumée, un geste de bonne volonté et ses souhaits d’aider à reconstruire le pays. N’est-ce pas ce même discours que de nombreux gouvernements, y compris celui des USA tiennent ? Le désespoir est mauvais conseiller  : il existe un espace pour la démagogie de l’ex-tyuran. En fin de compte, son raisonnement c’est qu’il vaut mieux un ex-dictateur reconverti à la démocratie que le désastre actuel qui règne au pays. Et si la France pariait sur l’oubli et soutenait cette option avec l’indifférence voire la complicité de ses partenaires ? Le gouvernement français jouit d’une vieille expérience dans la reconversion de dictateurs africains en démocrates pro-occidentaux, le cas d’Haïti ne semble pas si différend pour des yeux néo-coloniaux. Le précédent créé serait fort néfaste et il est urgent de sonner l’alarme.

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :