mercredi 20 avril 2011

20 Avr

Haïti – Politique : Hillary Clinton déjeune avec Michel Martelly
20/04/2011 14:32:55

Haïti - Politique : Hillary Clinton déjeune avec Michel MartellySigne de l’importance des relation avec les Etats-Unis, le nouveau Président d’Haïti, Michel Martelly a quitté son pays mardi, pour une visite de trois jours à Washington DC, avant même la proclamation des résultats définitif qui le crédite de 67,57% des suffrages [résultats préliminaires du second tour, non contestés].
La Secrétaire d’Etat Hillary Clinton, chef de la diplomatie américaine, a reçu le nouveau Président d’Haïti, Michel Martelly, à déjeuner au département d’Etat. Elle l’a félicité formellement au nom de l’administration Obama. « Je me sens très encouragée par la campagne menée par M. Martelly, » a-t-elle ensuite confié lors d’un point de presse conjoint, en mentionnant l’insistance de Mr Martelly sur le peuple et ses besoins, sa volonté d’être clair sur ce qu’il espérait réussir au nom des Haïtiens. « Nous sommes derrière lui, nous sommes très enthousiastes », a-t-elle ajouté. « Le peuple d’Haïti a une longue route devant lui, mais les États-Unis seront avec vous tout au long du chemin » a promis ce mercredi Hillary Clinton au nouveau Président haïtien.

Pour sa part, Michel Martelly, qui doit être officiellement désigné ce mercredi comme le nouveau président d’Haïti, a déclaré « Ma nouvelle vision pour mon pays est d’engager toutes les réformes utiles et nécessaires » estimant à l’issue de cette rencontre « que la reconstruction d’Haïti est d’une lenteur désespérante…»
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2775-haiti-washington-premiere-journee-de-michel-martelly-tous-les-details.html
HL/ HaïtiLibre

 

Martelly évalue les programmes des institutions financières internationales en Haïti

Le président élu haïtien, Michel Martelly, s’est entretenu hier avec les présidents de la Banque Mondiale, Robert Zoelick et du Fonds Monétaire International (FMI) Dominique Strauss-Khan.
Des rencontres fructueuses selon le bureau de communication de M. Martelly. Le président élu a sollicité un rapport complet des actions de ces institutions en Haïti afin d’éviter des duplications et de s’assurer que les projets entre dans le cadre des priorités du prochain gouvernement. Au cours de l’entretien de 45 minutes avec M. Zoelick, le président élu a mis l’accent sur les priorités de son gouvernement, la gratuite de l’éducation gratuite, la relance de la production agricole et le relogement des sans abris.
La rencontre avec le président du FMI a permis d’analyser les différents programmes en cours. M. Martelly et Strauss-Khan ont pris des engagements en ce qui a trait à la poursuite de la coopération.
Au cours d’une rencontre avec les membres de la chambre de commerce M. Martelly a mis l’accent sur l’opportunité d’investir en Haïti « Haïti est désormais ouverte et propice à l’investissement », a assuré le président élu promettant d’accorder des avantages fiscaux aux investisseurs.
M. Martelly est accompagné de son chef de cabinet Me Thierry Mayard Paul, son conseiller en affaires juridiques Gregory Mayard-Paul, de son conseiller en affaires économique Wilson Laleau et d’un membre de la « American Chamber of Commerce » Daniel-Gérard Rouzier.
LLM / radio Métropole Haïti / Mercredi, 20 avril 2011 09:33

 

Haïti – Washington : Première journée de Michel Martelly, tous les détails
20/04/2011 08:49:49

Haïti - Washington : Première journée de Michel Martelly, tous les détails

Michel Martelly est en visite à Washington pour une visite de trois jours avec un agenda très chargé. Voici en détails, le déroulement de sa première journée de travail.

« …nous avons commencé à établir des contacts avec les partenaires d’Haïti, nous sommes parti avec une délégation qui représente l’équipe qui va marcher avec la présidence Martelly […] nous avons fait des rencontres avec différentes institutions, des institutions qui par le passé, ont toujours assistés le pays, nous ont encadré et qui parfois ont été déçu par le manque de résultats […] Aujourd’hui, la raison qui me fait dire que c’est un grand jour, c’est que nous avons commencé à vendre et à construire une confiance, une autre image d’Haïti… Devant la nécessitée de trouver de l’argent pour faire le travail qu’il y a à faire en Haïti, nous avons mis également devant ces gens la nécessité ; de changer la façon, de ce que nous faisons avec leur argent, pour arriver à un développement durable, de tel sorte que l’assistanat, dans le lequel nous vivons et dont nous sommes dépendant, dans le long terme s’arrête […] que nous fassions des investissements sérieux avec l’argent de ces institutions […] de telle sorte, que le développement et la croissance économique puisse se faire pour mener à un développement durable, pour qu’un jour nous puissions devenir moins dépendant financièrement.
Dans ce sens nous avons rencontré le Président de la Banque Mondiale, monsieur Zoellick, nous avons discuté pendant près de 45 minutes. Dans mon équipe il y avait mon chef de cabinet Me Thierry Mayard Paul, mon conseiller en affaires juridique Gregory Mayard-Paul, nous avions également un entrepreneur qui est membre de la « American Chamber of Commerce » Daniel-Gérard Rouzier qui gère la Sun Auto, un conseiller dans les affaires économique Wilson Laleau qui a participé à la réunion.


Le Président Michel Martelly avec
Bob Zoellick, Président de la Banque Mondiale

…Je peux dire que cette réunion s’est bien passé et nous avons garanti et nous avons obtenu la garantie également, que les relations entre la Banque Mondiale et Haïti vont continuer dans le même sens. Nous leur avons demandé de m’aider à faire en sorte que nous obtenions des résultats concrets […] J’ai également parlé des promesses que j’ai faites comme candidat : l’éducation gratuite, la relance agricole (banque de crédit agricole, relance de l’agriculture…) et comme troisième point, nous avons discuté de retirer les gens de sous les tentes […] nous n’avons pas oublié de mentionner que tout est une urgence en Haïti, nous avons des problèmes d’eau potable, de santé, de sécurité, d’État de droit, d’autorité de l’État, de corruption, de transparence… Tous ces points ont été débattus dans la réunion avec le Président de la Banque Mondiale.
Ensuite, j’ai passé dix minutes en tête à tête, avec le Président de la Banque Mondiale, nous sommes entrés plus en détails sur certains points. Ce sont des engagements que nous avons prit l’un envers l’autre. J’ai également passé 10 minutes avec une représentante de la  World Food Programme. Nous avons abordé les problèmes de la crise alimentaire qui peut frapper Haïti, ainsi que de la hausse des prix des produits alimentaires. […] nous avons discuté d’une certaine assistance qu’il pourrait nous apporter, dans le cas où Haïti serait touché par une crise de ce type.
Nous nous sommes ensuite rendu dans le bureau du Fonds Monétaire International (FMI), nous avons rencontré Monsieur Dominique Strauss Kahn et je peux dire que cette réunion s’est bien passé. Nous avons abordé cette réunion dans le même sens que la première, à l’exception que nous avons d’avantage parlé des programmes, que de projets, puisque le FMI a des programmes d’assistances […] nous avons permis à « nos techniciens » : M. Wilson Laleau et M. Daniel Rosier, de prendre la parole. Encore une fois, nous avons prit des engagements les uns envers les autres […] ensuite, ils nous ont invité à la Chambre de Commerce américaine où il y avait des hommes d’affaire, des entrepreneurs qui nous attendaient.
D’entrer de jeu, j’ai eu à m’adresser à la Chambre de Commerce. En résumé, le but de mon discours était de remettre les investisseurs en confiance. J’ai dis que j’ai promis du travail à la population et que ce travail ne peut venir que des investissements de l’étranger, de la diaspora. Nous leur avons promit la sécurité, les infrastructures qu’ils ont besoin, des avantage fiscaux, des garanties sur la propriété privée […] Ils m’ont fait part de leurs intentions et de leur bonne volonté à apporter leurs expertises, leurs services, leurs entreprises en Haïti […] il y avait des représentants de la Chambre de Commerce haïtiano-américaine (AMCHAM) présents […] En fin de compte, nous avons parlé, en tête à tête, avec différents acteurs, des gens qui ont déjà fait des présentations de projet à Haïti et qui attendent des réponses affirmatives, qui ont l’espoir qu’ils pourront apporter ce qu’ils connaissent à Haïti et encore une fois, je leur ai promis que nous allons étudier comment ils pourraient aider Haïti. D’autre part, nous allons mettre sur pied une équipe qui aura pour but de détailler tous ce qu’il y a faire […] l’intérêt demeure, l’intérêt du peuple haïtien.
Demain matin [mercredi], nous allons rencontrer la Secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton. Nous allons discuter des différentes façons pour améliorer les relations avec Haïti, surtout dans le domaine du développement et de la reconstruction. Une des questions que je compte aborder avec la Secrétaire d’État, c’est la diaspora haïtienne et le « Temporary protected status TPS » […] qui permet aux haïtiens, qui ont fait le voyage après le tremblement de terre de travailler [aux États-Unis]. Nous allons mettre corps et âme pour défendre les haïtiens qui sont ici à l’étranger, qui bénéficient de ce statut, nous voulons remettre la diaspora en confiance […] je discuterai aussi d’un dossier important : le rapatriement massif des ex-prisonniers haïtiens.
Demain [mercredi 20 avril] c’est le jour où devrait être proclamé les résultats des élections et la victoire de Michel Martelly comme prochain Président de la République, alors je vous dis, qu’une fois que les résultats auront été donnés, la réaction que vous devez avoir, si vous voulez fêter, c’est de commencer à prendre vos outils pour nettoyer le pays, pour commencer à travailler, c’est comme ça que je vois la victoire […] structurez-vous, faites des comités de quartiers, des comités régionaux… […] car je vais venir vous voir, c’est à vous de me dire ce que vous voulez, comment vous voulez avancer […] comme Président, je suis votre serviteur. »

HL/ HaïtiLibre / Entrevue réalisée dans l’émission «Tribunal du soir» / Signal FM avec le Dr Harrison Ernest

 

Le nouveau président d’Haïti va devoir composer avec un parlement éclaté

De Clément SABOURIN (AFP) – 20/04/11

PORT-AU-PRINCE — Michel Martelly, qui doit être officiellement désigné mercredi comme le nouveau président d’Haïti, n’aura pas les coudées franches pour mener la politique de rupture qu’il a promis pendant sa campagne en raison d’un parlement sans majorité claire.

L’ex-chanteur populaire, connu par le passé pour ses comportements hauts en couleur sur scène, ne sera toutefois pas à Port-au-Prince pour célébrer avec ses partisans son triomphe: avant même la proclamation officielle, il a quitté Haïti mardi pour une visite de trois jours à Washington.

Crédité de 67% des suffrages au second tour, selon les résultats préliminaires dévoilés il y a deux semaines, Michel Martelly n’a fait élire que trois députés de son parti au parlement, selon les estimations.

Dans une chambre basse éclatée, seul le parti Inité du président sortant René Préval, arrive à tirer son épingle du jeu, avec environ 34 députés — sur 99 –, selon le chef de cette formation, le sénateur Joseph Lambert.

M. Lambert a indiqué à l’AFP qu’Inité était actuellement en train de négocier avec d’autres groupes politiques en vue de former une coalition majoritaire au parlement.

Le président haïtien devant faire approuver son Premier ministre et son gouvernement par le parlement, il apparaît de plus en plus probable que l’administration de « Tet Kalé » (crâne chauve), comme M. Martelly est surnommé, soit fortement influencée par Inité. Même chose au sénat: sur les 30 sénateurs de la chambre haute, 16 proviennent du parti de M. Préval, selon M. Lambert.

Aucune heure précise n’a encore été fixée par le Conseil électoral provisoire (CEP) pour la présentation des résultats définitifs des législatives et de la présidentielle, qui ont déjà été reportés à deux reprises.

Tenu le 20 novembre, le 1er tour avait été suivi de violences, des manifestants protestant contre l’éviction de M. Martelly au profit du candidat du pouvoir Jude Célestin. Après enquête, des fraudes ont été constatées et M. Célestin a été relégué à la troisième place.

Si la victoire de M. Martelly n’est pas contestée, les législatives sont beaucoup plus serrées et la publication des résultats laisse craindre des violences dans certaines régions, comme c’est le cas depuis les résultats préliminaires.

A Port-au-Prince, la situation était calme et aucun dispositif de sécurité spécial n’était visible autour du CEP mercredi matin, a constaté l’AFP.

Sans expérience politique et souvent raillé pour son passé grivois, M. Martelly, 50 ans, s’est efforcé ces derniers temps de démontrer qu’il a bien l’intention de tenir ses engagements de rupture.

Sa visite dans la capitale américaine s’inscrit dans cette optique. Mardi, il a rencontré le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, et le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick. Mercredi après-midi, il doit s’entretenir avec la chef de la diplomatie américaine, Hillary Clinton.

Tributaire de l’aide internationale depuis des décennies, Haïti est souvent décrit, y compris par l’ONU, comme « une république d’ONG » où l’action gouvernementale est concurrencée par les organisations présentes dans le pays, suscitant parfois la défiance des habitants.

La communauté internationale « doit fournir au peuple haïtien des résultats plus tangibles », a d’ailleurs reconnu mercredi le secrétaire général de l’Organisation des Etats Américains, José Miguel Insulza.

Selon plusieurs sources proches du président-élu, l’équipe de transition de M. Martelly est déjà à l’oeuvre pour planifier les projets prévus dès sa prise de fonction, au plus tard le 14 mai, afin d’aboutir à des résultats concrets dans les 100 premiers jours de son mandat.

 

Coeur haïtien choeur cubain

Charentelibre.fr – 20 avril 2011 | 04h00

Photo DR

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The Creole Choir of Cuba, qui rassemble quatre hommes et six femmes, Cubains descendants d’Haïtiens, publie son premier album «Tande-La» (Real World/Harmonia Mundi). La formation avait déjà publié un disque en 1984, mais alors sous le nom de «Desandann». Ses chants et contre-chants vibrants sont entonnés avec une certaine véhémence, le plus souvent a capella ou soutenus parfois par quelques percussions légères et une clave.
S’en détache la voix puissante du ténor Fidel Miranda. Les membres de The Creole Choir of Cuba viennent de Camagüey, au centre de Cuba. Ils appartiennent à la communauté cubaine originaire d’Haïti, constituée par plusieurs vagues d’émigration depuis le XVIIIe siècle, et mêlent dans un répertoire en créole des chants haïtiens et d’autres d’inspiration cubaine (son, cha-cha-cha…).

 

Haïti – Société : Bonne fête à tout nos compatriotes de la diaspora
20/04/2011 15:26:06

Haïti - Société : Bonne fête à tout nos compatriotes de la diasporaA l’initiative du Ministère des Haïtiens Vivant à l’Etranger (MHAVE), un colloque sous le thème « Une diaspora solidaire pour une Haïti prospère » est prévu ce mercredi 20 avril à Pétion-Ville, dans le cadre du lancement de la Journée Nationale de la Diaspora.
Rappelons que la Journée Nationale de la Diaspora a été instituée par un arrêté présidentiel en date du 16 mars 2011 . Il est établi à l’article 2 dudit arrêté que « Le Ministère des Haïtiens Vivant à l’Etranger, en collaboration avec ceux des Affaires Etrangères, de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales, de la Culture et de la Communication et du Tourisme, organisera, chaque année, à cette date, et sur tout le territoire national, ainsi que dans les communautés haïtiennes de l’extérieur, des activités culturelles, touristiques et éducatives visant à promouvoir la participation de la diaspora dans la reconstruction et le développement du pays ».
Le MHAVE avec cette première manifestation « inaugure la commémoration annuelle de la Journée Nationale de la Diaspora comme outil d’intégration et de participation des Haïtiens et leurs descendants vivant à l’étranger au processus de refondation et de développement durable d’Haïti », précise le Ministère dans un document.
Une dizaine de délégations d’Haïtiens/Haïtiennes sont attendues. Elles arrivent de la République Dominicaine, de la Jamaïque, du Mexique, des Etats-Unis d’Amérique, du Canada et de la France. Le colloque propose plusieurs panels dont l’un sur la vision officielle de la Journée Nationale de la Diaspora avec les interventions prévues des ministres du Tourisme, de la Culture et la Communication, de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales. Un second présentera la vision des pays d’accueil à travers les exposés de représentants diplomatiques de plusieurs pays, entre autres, ceux de la France, de l’Espagne et du Canada. Le troisième panel constitué exclusivement de membres de la diaspora, soulignera la contribution des Haïtiens/Haïtiennes de l’extérieur au développement du pays, selon la même source.
Notez que la date du 20 avril, a été retenue comme Journée Nationale de la Diaspora, en mémoire d’une grande manifestation organisée par des immigrants haïtiens à New-York le 20 avril 1990 en réponse à des pratiques de stigmatisation à leur encontre. Cette manifestation avait mobilisé plus de 120,000 personnes.
lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2667-haiti-societe-la-diaspora-sera-fetee-chaque-annee-le-20-avril.html
HL/ HaïtiLibre

 

Haiti-Diaspora : Un concept ambigu et une réalité duale

mercredi 20 avril 2011

Débat

Par Edson Louidor *

La décision de l’État haïtien de déclarer le 20 avril « Journée Nationale de la Diaspora » est à saluer, dans le sens qu’elle constitue un tout premier pas vers la constitution d’une véritable diaspora haïtienne, soudée par la conscience libre et volontaire d’être membre d’un même peuple par-delà les blessures de la dispersion et les déchirures de l’histoire ! Cependant, gare à toute tentative de promouvoir une conception élitiste du concept de diaspora qui tienne compte seulement des « cerveaux » ! Les ouvriers, les cultivateurs, les marchands haïtiens, tous ceux et celles qui n’ont pas « une préparation académique » font également partie de la diaspora haïtienne, s’ils veulent bien devenir membres de cette « communauté imaginaire », s’ils choisissent de cultiver la conscience et la volonté de rester souder à leur « haïtianité ».

C’est également l’occasion d’inviter tous les Haïtiens et Haïtiennes qui ont été forcés à l’exil et se trouvent actuellement en « diaspora » à prêter main forte à la re-construction de leur pays ! Que l’État haïtien crée les conditions légales, politiques, économiques et sociales pour faciliter la participation de la diaspora haïtienne à la vie du pays.

La diaspora : un concept ambigu et une réalité duale

L’origine ambiguë du concept de « diaspora » fait référence à une réalité duale marquée par la dispersion « volontaire » et l’exil forcé, violent et traumatique.

Déconstruction de l’acception élitiste du concept de « diaspora »

Le concept de diaspora en Haïti charrie une dimension élitiste, voire empreinte de préjugés et de stigmatisation, qu’il faut absolument déconstruire.

D’aucuns parlent d’une « profonde blessure » provoquée par l’émigration ; blessure qui serait encore rendue plus profonde par la « qualité de la préparation académique » de ceux qui partent, soit près de 85% du potentiel du pays.

N’est-on pas en train de forger un concept élitiste de « diaspora », en mettant unilatéralement l’accent sur la « fuite de cerveaux » ? Si les cerveaux ont fui Haïti, les autres Haïtiens et Haïtiennes qui restent dans le pays sont des « écervelés », des « têtes creuses »… ?

Donc, les migrants haïtiens qui n’ont pas une « préparation académique » sont des « bras », des « pieds », d’ « autres parties du corps » excepté des cerveaux ?

Un concept ambigu et une réalité duale

Avant tout, il faudrait préciser l’origine ambiguë du concept de « diaspora ». Quoique dérivé du grec διασπορά qui signifie “dispersion”, le concept de diaspora est originairement lié à l’expérience juive et fait référence à l’ « ensemble des communautés juives dispersées hors de la Palestine depuis des temps immémoriaux jusqu’à nos jours ». Pourtant, le mot hébreu utilisé par la tradition juive pour désigner la diaspora est Galut qui signifie « déportation », « exil » …

« Vivre en galut c’est vivre la souffrance du déracinement, produit d’un exil traumatique, forcé et violent qui s’associe dans la mémoire juive aux deux destructions du Temple de Jérusalem, d’abord par Nabucodonosor de Babylone (587 avant Jésus-Christ.) et après par Titus en 70 après Jésus-Christ », précise José R. Ayaso Martínez, professeur du Département d’Études Sémitiques de l’Université espagnole de Granada, dans son texte La Diáspora Judía.

En ce sens, des spécialistes suggèrent l’utilisation du concept de « galut pour faire référence à la dispersion forcée des juifs après la disparition de leur État » (fin de la Première Guerre Juive entre les années 66 et 70 après Jésus-Christ jusqu’à la fondation de l’État moderne juif) et celle de « diaspora » pour signifier la dispersion volontaire applicable aux communautés juives d’aujourd’hui et celles qui ont été formées avant l’an 70 après Jésus-Christ.

Cette origine ambiguë du concept de diaspora nous amène à poser la question suivante : à parler de diaspora, fait-on référence à « galut » (exil forcé, violent, traumatique d’un peuple) ou à la « dispersion » volontaire d’une communauté humaine qui se sent soudée par une même histoire au-delà de son éparpillement un peu partout sur le globe ?

Plusieurs de nos compatriotes haïtiens de la diaspora ont été obligés de prendre un exil forcé et traumatique (de vivre en galut), alors que d’autres ont « choisi » (de manière plus ou moins « volontaire ») de se disperserhors de leur pays : aux États-Unis d’Amérique, au Canada, en France, en République Dominicaine, à Cuba, en Amérique du Sud, dans les Antilles, en Afrique…

Reste à définir dans quelle mesure on peut parler de « choix » et de « volonté » de laisser Haïti dans les « situation-limites » qui ont prévalu dans ce pays depuis plus d’un demi-siècle. En outre, plusieurs cas de figure sont à considérer : par exemple, une émigration qui a commencé comme produit d’un « choix » devient, dans plusieurs cas, un « exil » et « une expérience traumatique ».

Le maintien de liens objectifs ou symboliques, plus qu’une dispersion géographique à partir d’un lieu original

Outre la nature de la dispersion (plus ou moins « volontaire »), un autre point important dans le cadre de la définition du concept de diaspora, c’est l’essence même de la population dispersée : s’agit-il de la dispersion de quelques membres du peuple (les « cerveaux », les « bras », les « mains »…) ou de celle d’un peuple ?

Là on est en train de parler du « maintien de liens objectifs ou symboliques, d’ordre culturel, politique ou caritatif ; entre les groupes dispersés, généralement en situation de minorité, et pas seulement avec un lieu dit ‘d’origine’ ; où se maintient une forme de solidarité culturelle, sentimentale ou politique, plus ou moins active, entre les différents établissements du peuple », comme le soulignent Bordes-Benayoun et Dominique Schnapper dans leur livre Diasporas et Nations(Édition Odile Jacob, Paris, Janvier 2006).

Les deux auteurs précités critiquent la conception qui s’en tient seulement « aux seuls critères géographiques et se contente d’appeler ‘diaspora’ la dissémination d’une population dans l’espace mondial à partir d’un lieu originel ou supposé originel » .

Ils dénoncent le mythe du « lieu originel » tout en incluant dans le concept de diaspora non seulement « la dispersion géographique et les relations, matérielles ou symboliques, qui demeurent entre les établissements dispersés du peuple, mais aussi les expériences vécues des individus qui se réclament de leur appartenance à une diaspora, en entretenant la conscience d’un destin historique particulier » .

Une communauté « imaginaire » à inventer

Cette approche de la diaspora restitue au concept sa dimension d’être « volontaire » et produit d’un choix à la fois individuel et collectif. Choix de l’individu de faire partie de la diaspora, c’est-à-dire de construire des liens objectifs, des réseaux, des relations concrètes, en un mot, une interdépendance avec d’autres éléments dispersés en vue de « rétablir la continuité du peuple par-delà les déchirures de l’histoire ».

Choix d’un État ou d’une communauté quelconque de former une diaspora en utilisant des arguments historiques, politiques, culturels… comme « autant de moyens par lesquels s’élabore la diaspora ». La diaspora n’est pas une réalité toute faite, mais une « communauté imaginaire » à inventer, en créant une conscience et une volonté « par la revendication même du terme ».

Donc, le travail de former une diaspora haïtienne ne fait que commencer avec la noble initiative de l’État haïtien de déclarer le 20 avril « Journée de la Diaspora ».

Bibliographie

José R. Ayaso Martínez, La Diáspora Judía. LA ESPIRAL, Espacio para el Pensamiento y las Culturas del Valle del Ebro

Bordes-Benayoun et Dominique Schnapper, Diasporas et Nations, Édition Odile Jacob, Paris, Janvier 2006

 

Haïti-Amendement constitutionnel : Une organisation de la diaspora veut mettre la pression sur la question de la nationalité

P-au-P, 19 avril 2011 [AlterPresse] — Le Congrès des Haïtiens pour Fortifier Haïti, une organisation de la diaspora haïtienne aux Etats-Unis, entend mettre la pression pour obtenir l’amendement des articles de la Constitution de 1987 qui rejettent la double nationalité.

La proposition d’amendement votée par la 48e législature en 2009 ne peut être approuvée que par la suivante. La publication des résultats définitifs des élections de 2010, attendue pour ce 20 avril signera l’arrivée de ce nouveau parlement.

La date du 20 avril coïncidera également avec la Journée nationale de la diaspora haïtienne, initiative de l’actuel ministre des haïtiens vivant à l’étranger, Edwin Paraison.

Le Congrès des Haïtiens pour Fortifier Haïti basé à Chicago affirme vouloir rappeler au pays cette tâche particulière qui attend les élus.

« Cette rentrée parlementaire est un moment décisif de l’histoire notre pays », déclare Alix Claude, membre de ce Congrès, lors d’une conférence de presse ce mardi.

« Nous comptons sur le patriotisme des nouveaux élus pour qu’ils votent dans le même sens que la 48e législature », poursuit-il. Selon lui, « il ne s’agit pas d’intérêts personnels…Nous luttons pour recouvrer des droits civils et politiques que n’importe quel haïtien né en Haïti possède. Ce sont des droits « légitimes et inaliénables », relève-t-il.

Dans la Loi mère non encore amandée, les articles 10 à 15 abordent la question de la nationalité et selon l’article 15, « la double nationalité haïtienne et étrangère n’est admise dans aucun cas ».

Mes parents « n’ont jamais voulu quitter Haïti. J’ai découvert que ce sont certaines conditions de vie qui les ont empêché de rester dans le pays. Alors j’ai intégré le Congrès pour aider à améliorer les conditions de vie dans le pays et permettre à tous ceux qui souhaitent revenir de rentrer » dans le pays, explique Alexandre Viard, dirigeant du Congrès, né aux Etats Unis.

La Constitution n’interdit pourtant à personne de venir en Haïti, d’investir ou d’apporter son aide. Interrogé sur cette idée, Alix Claude évoque des entraves psychologiques.

« Ce serait plus intéressant si lorsque vous rentrez en Haïti vous aviez le sentiment de rentrer à la maison… Mais si vous avez dans l’esprit que le pays vous considère comme un étranger, vous êtes réticent…Pourquoi doit-il y avoir un Haïti du dedans et un Haïti du dehors ? », s’interroge Claude, ajoutant qu’ « Haïti a besoin de tous les fils, filles de ses entrailles ».

Cependant l’amendement de la Constitution de 1987 ne fait pas l’unanimité. Malgré le feu vert d’une commission d’experts dirigée par l’historien Claude Moise, le sujet continue de faire débat.

Incohérente sur la question de la nationalité pour certains, et souple pour d’autres, cette Constitution a toutefois toutes les chances d’être amendée avant l’entrée en fonction du successeur de René Préval le 14 mai prochain. [kft gp apr 19/04/2011 14 :10]

Haïti – UNESCO : 700,000 dollars de l’Espagne pour la culture
19/04/2011 15:05:46

Haïti - UNESCO : 700,000 dollars de l’Espagne pour la culturePart essentielle de l’identité haïtienne, la culture était au centre d’une conférence sur la reconstruction d’Haïti qui s’est tenue aujourd’hui au siège parisien de l’UNESCO. Son objectif : mobiliser la communauté internationale et le secteur privé pour restaurer le patrimoine culturel endommagé par le séisme et remettre les institutions culturelles en état de marche.
Des représentants des États membres, des organisations multilatérales, des banques de développement, du secteur privé et de la société civile étaient conviés à la rencontre présidée par Irina Bokova la Directrice Générale de l’UNESCO et Soraya Rodríguez Ramos la Secrétaire d’État à la coopération internationale espagnole. Michaëlle Jean, l’Envoyée spéciale de l’UNESCO pour Haïti et Stefan Malebranche le Directeur Général du Ministère de la Culture d’Haïti, ont également pris part à cette conférence intitulée « Haïti : faire de la culture un moteur de reconstruction ».
Suite au tremblement de terre qui a frappé le pays en janvier 2010, l’UNESCO a rappelé, qu’elle avait mobilisé 9 millions de dollars pour la reconstruction et près de 23 millions sont en cours de négociation. Ces fonds ont notamment permis de mettre en œuvre des projets dans le domaine de l’éducation et de la science.
« Aujourd’hui, le temps est venu de nous mobiliser davantage pour la culture », a déclaré Irina Bokova « La culture est constitutive de l’identité haïtienne, elle est partout dans la rue, dans les maisons, dans la manière de vivre est de penser. La culture est une force mobilisatrice, une force de rassemblement ».
« Il y a un état d’urgence. Nous devons redoubler d’énergie pour soutenir le rêve auquel aspirent chaque Haïtien et chaque Haïtienne. Tout ce qui est chiffré est réalisable. Notre solidarité ne doit pas fléchir » a déclaré à cette conférence Michaëlle Jean.
Irina Bokova, a déploré le pillage qui affecte les monuments et sites historiques en Haïti, même les tuiles des églises sont volées. En outre, Mme Bokova a souligné l’importance de revitaliser la culture comme un outil de développement et de l’artisanat en particulier, comme une source de revenus qui contribue à promouvoir le tourisme.
Parmi les projets présenté aujourd’hui par l’UNESCO : la réhabilitation des quartiers du centre-ville de Port-au-Prince, la reconstruction du réseau de bibliothèques, la protection de la citadelle historique national du Parc et de Sans-Souci Ramiers, le seul site classé au patrimoine mondial, la sécurisation des sites contre le pillage et la conservation des collections issues de musées publics et privés endommagés lors du séisme.
Les actions à financer présentées aujourd’hui, concernaient cinq grands secteurs :

  • Le patrimoine mondial (culturel et naturel)
  • Le patrimoine culturel immatériel
  • Le patrimoine mobilier (musées, fonds d’archives, bibliothèques)
  • Les industries culturelles
  • Les politiques culturelles

A l’issue de cette réunion, l’Espagne s’est engagée à contribuer pour 700,000 dollars au financement de ces projets.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2756-haiti-unesco-importance-de-la-culture-comme-moteur-de-la-reconstruction.html
TB/ HaïtiLibre

Haïti – Reconstruction : Les engagements de la France, des chiffres étranges…
19/04/2011 16:20:09

Haïti - Reconstruction : Les engagements de la France, des chiffres étranges...Roland Dubertrand, l’Ambassadeur de France en République Dominicaine a déclaré aux journalistes, après avoir accompagné un groupe de sénateurs français qui se sont rendu hier au Congrès, pour échanger des idées avec leurs homologues dominicains, que « la France s’est engagée, depuis le séisme de janvier 2010, pour 486 millions d’euros d’aide à la reconstruction en Haïti » [?]
Selon le diplomate, sur ce total, plus de 50 % ont été décaissés et ont permis de construire des écoles, des hôpitaux et des édifices publics [?] Toutefois, l’Ambassadeur a reconnu que le processus de reconstruction n’a pas progressé comme cela avait été prévu, justifiant la lenteur par le fait qu’il s’agit d’un processus très complexe…
Si l’on se réfère à l’article que nous avions publié en mai 2010, sur les engagements financiers de la France, qui était à l’époque supposément de 306 millions d’euros, http://www.haitilibre.com/article-151-haiti-reconstruction-aide-de-la-france-des-promesses-a-moitie-prix.html il semble bien que rien n’a vraiment changé et que les engagements de la France sont en réalité au moins, à 50% des effets d’annonces…
D’autant que les chiffres officiels (Source CIRH) indiquent pour la seule année 2010, les engagements de la France (en dollars américains) sont :
Fonds reprogrammé : 23,427,867 millions de dollars
Nouveaux fonds : 145,992,602 millions de dollars
Total : 169,420,469 de dollars (2010 seulement soit ± 120 millions d’euros)
Ce qui est loin des 486 millions d’euros supposément engagés depuis le séisme.
Si l’on ajoute les engagements de la France pour 2011
Fonds reprogrammé : 18,494,684 millions de dollars
Nouveaux fonds : 67,817,509 millions de dollars
Total : 86,313,194 millions de dollars (pour 2011)
Pour un Grand total (2010-2011): 255,733,663 de dollars (soit ± 200 millions d’euros… soit ± 40% du montant avancé par l’Ambassadeur)
Sur «ces engagements» de 255 millions de dollars, 46 millions sont non alloués, 74 millions le sont en appui budgétaire et 136 millions en projets d’assistances. Première question : où sont ces écoles, hôpitaux et ces édifices publics, qui d’après l’ambassadeur représentent plus de 50% de 486 millions d’euros ? Seconde question d’où viennent ces 486 millions d’euros d’engagements qui ne figurent pas dans les chiffres de la CIRH (même sous forme de simples promesses)?
Il est temps que notre nouveau Président demande au «pays amis» des comptes détaillés sur ce qui est réellement promis, engagés, déboursés, ce qu’il reste à payer et ce qui a été fait concrètement avec cet argent. Ce serait un véritable premier pas vers le changement.
HL/ HaïtiLibre

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