mardi 26 avril 2011

26 Avr

Haïti – Éducation : Martelly, l’éducation gratuite et la diaspora
26/04/2011 11:43:38

Haïti - Éducation : Martelly, l’éducation gratuite et la diasporaEn visite à Miami lundi, le Président élu d’Haïti, Michel Martelly, a demandé à la diaspora haïtienne de soutenir la gratuité de l’enseignement primaire en Haïti grâce à un prélèvement sur les transferts d’argent et sur les appels téléphoniques.
Près de quatre millions d’Haïtiens vivent à l’extérieur du pays et constituent la diaspora, dont près de la moitié en Amérique du Nord, l’argent que cette diaspora envoie au pays, a atteint 1,8 milliard de dollars, soit près de 25% du Produit Intérieur Brut (PIB) d’Haïti.
Le Président Martelly a confié à des journalistes qu’il avait l’intention de créer un fonds pour financer la gratuité de l’enseignement primaire en Haïti, il entend ainsi dégager chaque année 50 millions de dollars destinés à l’éducation « L’éducation est l’avenir d’Haïti […] Disons que vous transférez 100 dollars de Miami en Haïti, un petit pourcentage, serait directement versé au fonds pour l’éducation, afin de payer l’école, le transport et un repas par jour pour plus de 500,000 enfants de 6 à 12 ans qui n’ont actuellement pas accès à l’école. »
De plus, Michel Martelly a fait savoir qu’il s’était mis d’accord avec des opérateurs téléphoniques en Haïti afin que, pour chaque minute d’appel téléphonique en provenance des États-Unis vers Haïti, 5 cents américain, soient prélevés et versés à ce même fonds pour l’éducation « Cela rapporterait 36 millions de dollars supplémentaire par année et permettrait de scolariser 360,000 enfants de plus. »

Combinée avec le projet de la Banque Intéraméricaine de Développement (BID) qui s’est engagée, le 6 octobre 2010, à la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) sous le titre « Projet # 4 : Reconstruction du secteur de l’enseignement (SE) », à fournir 250 millions de dollars sur 5 ans (autant reste à trouver), ce projet de fonds pour l’éducation, financé par la diaspora pourrait être un financement complémentaire non négligeable pour permettre d’initier plus rapidement, les promesses électorales du Président élu. Ce serait sans aucun doute, une des avenues futures à considérer, pour le financement de la gratuité scolaire, lorsque les pays donateurs se seront retirés et qu’Haïti devra assumer seule ces dépenses.
En savoir plus sur le projet « Reconstruction du secteur de l’enseignement » :
Agence d’exécution : Banque Interaméricaine de Développement
Partenaire financier : Banque Interaméricaine de Développement
Coût total : $474.0M
Montant du financement : 225 M$
Date de début : Octobre 2010
Durée : 5 ans
Description du projet :
Le projet appuiera le secteur de l’enseignement en : 1) renforçant l’infrastructure scolaire; 2) fournissant des trousses éducatives et en élaborant des programmes; 3) contribuant à la formation des professeurs; 4) intensifiant la formation technique et professionnelle; 5) finançant les subventions publiques à l’enseignement pour les élèves d’âge préscolaire et pour l’éducation de base (de la 1ère à la 9e année); 6) renforçant la gestion et la gouvernance du secteur.
Commentaires généraux :
Le projet est à tout à fait conforme au plan du gouvernement en matière d’éducation. Il devrait accorder une attention particulière à la création de la capacité d’exécution avec les partenaires pour assurer que ceux-ci puissent réaliser un projet si ambitieux. Il est essentiel que le projet puisse évaluer l’influence budgétaire à long terme du soutien du programme une fois le projet réalisé pour s’assurer que le gouvernement est conscient de ses implications budgétaires du projet et soit capable de le prendre en main après cinq ans.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-1734-haiti-education-une-premiere-tranche-de-50-millions-pour-la-reforme-de-l-education.html
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti – Politique : Ginette Chérubin démissionne
26/04/2011 08:06:09

Haïti - Politique : Ginette Chérubin démissionneSuite aux allégations de fraudes, aux décisions surprenantes du Bureau du Contentieux Électoral National (BCEN), et à diverses irrégularités constatées tant au niveau du BCEN que du Conseil Électorale Provisoire (CEP), Ginette Chérubin, Conseillère électorale au CEP, avait refusé de parapher les résultats et s’était expliquée dans une lettre datée du 24 avril 2011. Au lendemain de ses explications, la conseillère annonce dans une note d’information, sa démission et les raisons qui motivent cette décision.
NOTE d’Information Démission de Ginette Chérubin du Conseil Electoral Provisoire :
« Par la présente, j’annonce a la Presse parlée et écrite, au public en général que j’ai remis ma lettre de démission au Président de la République, S.E. M. René Préval.
Je quitte, ainsi, le poste de Conseillère Électorale ou j’ai été nommée par Arrêté Présidentiel sur désignation d’un ensemble d’Associations de Femmes intéressées à la démarche de consensus établi, en 2007, entre l’Exécutif et une représentation significative du secteur politique, consensus appliqué a nouveau en 2009, à travers une consultation des secteurs impliqués initialement, dans la perspective d’une option de reconduction ou de changement des personnalités désignées pour le CEP. Dans ces circonstances, pour avoir bénéficié d’un renouvellement de confiance des Associations qui m’avaient désignée, je me suis retrouvée au CEP de 2009 encore en poste à date.
Après une longue période d’épreuves ou un discrédit avait été jeté sur le CEP, les dernières élections, apparemment satisfaisantes pour tous, avaient ouvert une brèche pour la réhabilitation de l’Institution électorale. Ce qui me confortait dans l’idée de n’être pas restée en vain et d’avoir, en un certain sens, contribué à cette restauration d’une image de marque qui courait, à un certain moment, le risque d’être à jamais ternie. Mais, la dernière phase du processus ayant conduit à des résultats définitifs douteux a encore entaché, cette fois de manière irréversible, je pense, l’honorabilité et le prestige du CEP.
La solidarité, comme je l’ai toujours dit au CEP, ne pouvant être inconditionnelle et devant se fonder, avant tout, autour d’un consensus sur les principes ainsi que les valeurs éthiques et morales, n’a absolument rien à voir avec la complicité quand celle-ci est malsaine.
Aujourd’hui, certains Membres du CEP impliqués au BCEN comme Juges électoraux ont atteint des seuils qui révoltent ma conscience citoyenne et que mes convictions ne me permettent pas de franchir. Je suis rendue à la phase ou aucun de mes arguments n’arrivent à me convaincre. À ce tournant, comme je l’avais promis dans des écrits, je dois reconnaître, humblement n’être plus à la hauteur d’un tel combat. Aussi, le moment est venu, pour moi, de partir.
Je pense avoir mis en œuvre toutes mes ressources pour accomplir, honnêtement, ma mission et valoriser l’institution électorale par un engagement inconditionnel pour le respect du droit, des principes, des valeurs éthiques et morales et, également, pour innover en terme de transparence et de communication avec les acteurs concernés; en terme de réddition de compte par les hauts Responsables de l’Etat. Mais, enfin de compte, je pense avoir été très mal comprise au CEP et il ne s’y est produit que trop de scandales à répétition.
Toutefois, je pense légitime de dire que j’ai usé de toutes mes compétences et de tout mon savoir-faire pour mettre en œuvre ce que prône le mouvement féministe haïtien : « promouvoir le leadership féminin et faire la politique autrement » et je ne pense pas avoir démérité de leur confiance.
En outre, j’ai recouru à toute ma patience et à tout mon courage pour éviter le coup de tête d’une démission anticipée, en dépit de toutes sortes de pressions, mue par l’intuition que la victoire est bien dans la persévérance, non dans la fuite et qu’il importe, pour reconstruire l’Etat haïtien, de mener, en synergie, un combat sur deux fronts : de l’espace extérieur d’où doivent s’exercer des forces de pression dissuasives et possédant certaines capacités de nuisance aptes à exiger une rupture avec les pratiques courantes néfastes et à prévenir ou sanctionner socialement toute imposture; de l’espace intérieur ou il faut exercer une veille permanente et une vigilance pragmatique.
Ai-je reussi ? Ce qui est sûr, c’est que j’aurai contribué à enclencher une dynamique novatrice au sein de l’Appareil d’Etat. Tout en renouvelant ma détermination à servir mon pays et à me tenir disponible, le cas échéant, pour toute démarche visant a apporter un éclairage sur le fonctionnement du CEP pendant la durée d’accomplissement de mon mandat, je me retire en adressant mes sincères remerciements à mon père, mon conjoint, mon fils, mon frère qui m’ont apportée un infatigable soutien, à toute ma famille, aux Membres de mon Cabinet, à mes amis et aux Associations de femmes qui m’ont soutenue. Ces remerciements vont également à ceux de mes collaborateurs du CEP qui, en certaines circonstances, ont supporté mes positions; aux compatriotes d’Haiti et de la diaspora qui, sans me connaitre personnellement, ont eu a me témoigner leur admiration; enfin, a toutes celles et tous ceux qui m’en ont voulu d’être restée trop longtemps au CEP, parfois, à cause d’une amitié surprotectrice, je leur dis, aujourd’hui, que je les ai compris.
Mon départ du CEP me permettra de reprendre mes activités professionnelles d’architecte et de me remettre au service des nouvelles générations à l’Université. »

Port-au-Prince, le 25 avril 2011
Ginette Chérubin, Architecte
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2800-haiti-elections-ginette-cherubin-revele-des-irregularites-et-des-fraudes.html
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti-Elections législatives/Résultats : Pierre Louis Opont s’en lave les mains

P-au-P, 26 avril 2011 [AlterPresse] — Le directeur général du Conseil Electoral Provisoire(CEP), Pierre Louis Opont, affirme n’être nullement impliqué dans le processus ayant abouti aux résultats définitifs du scrutin législatif, alors que le CEP est pointé doigt dpour fraudes et corruption.

Pierre Louis Opont indique qu’il était à l’étranger au moment de la publication des résultats définitifs et souligne également que sa responsabilité au regard de la loi électorale s’arrête à la publication des résultats préliminaires.

« Pour la suite je n’ai aucun contrôle, aucune autorité…Lorsqu’on parle de résultats définitifs il s’agit de la responsabilité de juges de contentieux électoraux. Ma responsabilité s’est achevée avec la publication des résultats définitifs le 4 avril », déclare-t-il dans une interview à la station privée Vision 2000.

Trois jours avant la publication des résultats contestés, cependant, Opont dit avoir proposé de publier des résultats partiels, anticipant une vérification au Centre de Tabulation.

Le directeur général du CEP a fait savoir qu’une telle proposition visait à « éviter toute précipitation parce qu’il pourrait y avoir des vérifications au Centre de Tabulation ».

Publier des résultats partiels c’est finalement la décision prise par le CEP alors que les contestations enflamment plusieurs villes de province. Le président élu, Michel Martelly, a pris la parole pour contester les résultats définitifs au niveau législatif. Des organismes nationaux d’observation ainsi qu’un groupe de sénateurs ont eux aussi produit des dénonciations.

La mission d’observation OEA-CARICOM s’est rendue hier lundi 25 avril au centre de tabulation et aurait débuté la verification des procès verbaux, selon Opont.

Pierre Louis Opont plaide pour qu’une commission d’enquête fasse la lumière sur les faits et établisse les responsabilités. Mais il rejette l’idée que l’affaire soit portée devant l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC).

« C’est un appareil électoral où l’on prétend que les décisions ont été monnayées, les décisions définitives ne sont pas ce qu’elles devraient être. Les résultats ne respectent pas le vote qui a été exprimé…c’est une affaire extrêmement complexe qui va au delà d’une technique d’information de corruption », soutient-il.

Par ailleurs, pressée par le calendrier, la nouvelle législature a débuté ses travaux sans les élus contestés. Une séance doit se dérouler ce 26 avril au Senat. [kft gp apr 26/04/2011 10 :00]

 

Haïti – Politique : La rentrée Parlementaire a finalement eu lieu sans les élus contestés
26/04/2011 09:32:37

Haïti - Politique : La rentrée Parlementaire a finalement eu lieu sans les élus contestésLa validation des pouvoirs et la prestation de serment des parlementaires, qui avait été annoncée comme reportée à finalement eu lieu. Le Gouvernement a publié lundi dans le journal officiel, « Le Moniteur» une liste d’élus issus du second tour des élections législatives, dont été provisoirement écartés, 19 parlementaires (17 députés et 2 sénateurs), suite aux victoires suspectes constatées dans les résultats définitifs du second tour des législatives, en attendant les résultats des investigations de la Mission conjointe OEA/CARICOM (MOEC) qui devrait, en principe, rendre ses conclusions aujourd’hui, mardi 26 avril 2011…
La 49e législature a donc tenue, lundi soir, sa séance inaugurale. Par groupe de six, les 79 Députés, ont prêté serment sous la présidence provisoire du député de Carrefour, Élie Blaise, le doyen d’âge [membre d’INITE]. Une cérémonie qui ouvre la voie à la convocation de la première Assemblée Nationale, prévue au calendrier parlementaire pour le 27 avril et qui devrait permettre, dans la période allant jusqu’au 9 mai 2011, la ratification de l’amendement de la constitution, qui concerne 50 articles, devant être votés séparément.
La publication tardive dans le journal officiel des résultats définitifs, a nécessité le report à aujourd’hui de la validation des pouvoirs et la prestation de serment des 9 nouveaux Sénateurs, a confirmé Ariel Joseph, Secrétaire Général. Toutefois, la décision de publié une liste partielle, a permis l’entrée en fonction dès lundi soir des parlementaires de la chambre basse, pour les Sénateurs ce sera mardi a fait savoir Kély Bastien. Mardi, la Chambre des Députés tout comme le Sénat, vont élire leur premier bureau, qui devrait sans surprise, revenir à INITE qui, avec ses alliés, pourrait réunir au moins 17 Sénateurs et une cinquantaine de Députés.
La session de la 49e législature, qui aurait dû débuter le deuxième lundi de janvier, s’ouvre finalement avec plus de 4 mois de retard. D’une durée initiale de 5 mois, cette législature, dans un délai très court, va devoir se pencher sur la proposition d’amendement de la constitution, laissée par la précédente législature et devra obligatoirement conclure, avant la fin de la session, soit le 9 mai prochain.
La cérémonie de validation de ce 25 avril a été précédée de violentes manifestations près du Parlement où des manifestants ont incendiés quatre véhicules. La journée a également été particulièrement mouvementée dans le haut Plateau Central où la circulation automobile, a été paralysé à hauteur de la ville frontalière de Belladère et de Maïssade.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2805-haiti-elections-reponse-du-cep-a-michel-martelly.html
http://www.haitilibre.com/article-2797-haiti-elections-les-nations-unies-et-les-donateurs-doutent-des-resultats.html
http://www.haitilibre.com/article-2801-haiti-elections-6-institutions-haitiennes-d-observation-electorale-contestent-les-resultats.html
http://www.haitilibre.com/article-2800-haiti-elections-ginette-cherubin-revele-des-irregularites-et-des-fraudes.html
http://www.haitilibre.com/article-2759-haiti-elections-nouveau-calendrier-parlementaire.html
HL/ HaïtiLibre

 

Mardi, 26 avril 2011 11:55

Reginald Delva tire la sonnette d’alarme face à l’insécurité

L’expert en sécurité Reginald Delva se dit préoccupé par une hausse sensible des cas de banditisme dans la capitale haïtienne durant ces derniers jours.
Intervenant à la rubrique de Radio et Télé Métropole Monsieur Delva estime que les bandits profitent du laxisme des autorités policières pendant la période de transition pour opérer en toute quiétude.
Il a indiqué que des cas d’assassinats très préoccupants ont été recensés ces derniers jours notamment ceux qui ont été commis sur des personnes venant de l’étranger.
Par ailleurs le spécialiste en sécurité, a dénoncé une politique de deux poids et deux mesures dans le traitement de certains cas de banditisme.
Le responsable du site alerte Haïti, a souligné la nécessité d’une présence de la police scientifique sur les lieux lors des investigations.
Rappelons que le directeur central de la Police Judiciaire (DCPJ), Frantz Thermilus, avait tiré la sonnette d’alarme en raison d’une hausse sensible des cas de kidnapping dans la région métropolitaine. Au moins 8 cas d’enlèvement ont été recensés par la police judiciaire au cours du mois d’Avril.
EJ/Radio Métropole Haïti

 
Appel à la diaspora haïtienne pour une aide à l’éducation

L’Express.fr – publié le 26/04/2011 à 08:56

Le président élu d’Haïti, Michel Martelly, a demandé lundi à la diaspora haïtienne de soutenir le redressement du pays, dévasté l’an dernier par un tremblement de terre, en contribuant à un fonds pour l’éducation grâce à un prélèvement sur les transferts d’argent et sur les appels téléphoniques.

Plus de quatre millions de Haïtiens sont expatriés, pour moitié en Amérique du Nord, et l’argent qu’ils envoient dans leur pays atteint 1,8 milliard de dollars, soit près du quart du PIB.

En visite à Miami où il a rencontré les représentants de la communauté haïtienne, Martelly a confié à des journalistes qu’il avait l’intention de créer un fonds pour financer la gratuité de l’enseignement primaire en Haïti.

« L’éducation est l’avenir d’Haïti« , a-t-il dit.

Les infrastructures d’Haïti ont été durement touchées par le séisme de janvier 2010 qui a détruit des dizaines d’écoles. De nombreux enseignants figurent parmi les quelque 300.000 personnes tuées.

Martelly, ancien chanteur sans expérience politique jusqu’ici, a proposé de puiser dans les transferts d’argent pour dégager chaque année 50 millions de dollars destinés à un fonds pour l’éducation.

« Disons que vous transférez 100 dollars de Miami en Haïti. Un dollar sera directement versé au fonds pour l’éducation afin de payer l’école, le transport et un repas par jour pour plus de 500.000 enfants de 6 à 12 ans qui n’ont actuellement pas accès à l’école« , a-t-il expliqué.

Martelly a ajouté qu’il s’était mis d’accord avec des opérateurs téléphoniques présents en Haïti afin que, pour chaque minute d’appel téléphonique des Etats-Unis en Haïti, cinq cents soient prélevés et versés au même fonds pour l’éducation.

Cela rapporterait 36 millions de dollars par an, ce qui permettrait de scolariser 360.000 enfants supplémentaires, a-t-il dit.

Pascal Fletcher; Nicole Dupont pour le service français

Par Reuters

 
La 49e législature entre en scène : 79 Députés sur 96 élus assermentés

Séance reportée au Sénat où est prévue mardi l’élection d’un nouveau bureau, exercice d’une grande importance politique auquel se livrera également la Chambre basse ; un département et 17 circonscriptions attendent parallèlement le verdict de la mission d’observation OEA/CARICOM après celui du CEP censé être définitif, mais vivement contesté

lundi 25 avril 2011,

La 49e législature a tenu lundi soir sa séance inaugurale au cours de laquelle 79 Députés ont prêté serment sur la constitution, en l’absence notable de 17 autres élus contestés, dont le sort restait suspendu aux conclusions de la mission d’observation électorale OEA/CARICOM appelée à vérifier des allégations de fraudes concernant les résultats définitifs du second tour à l’origine de graves violences dans plusieurs régions du pays.

Sous la présidence provisoire d’Elie Blaise (MAS/Carrefour, banlieue sud de Port-au-Prince), doyen d’âge d’une assemblée que dominera la plateforme au pouvoir INITE, avec une majorité relative confortable, les nouveaux parlementaires sont entrés en fonction au terme du processus de validation de leurs pouvoirs confié à huit commissions.

Par groupe de six, les Députés, dont 29 réélus, ont prêté serment sous l’oeil vigilant de l’ancien parlementaire duvaliériste Rony Gilot, aujourd’hui chef de protocole très influent à la Chambre basse.

Parmi les nouvelles têtes accueillies dans les locaux provisoires préfabriqués du Parlement -plus d’un an après le séisme destructeur de janvier 2010- figurait la vedette du Compas Direct, Gracia Delva dit « Ti Blada ».

Avec un menu législatif surchargé, la Chambre des Députés doit élire dès mardi son premier bureau, comme le Sénat d’ailleurs.

D’un côté comme de l’autre, la présidence devrait revenir sans surprise à INITE qui, avec ses alliés, pourrait réunir au moins 17 Sénateurs et une cinquantaine de Députés.

Au grand corps, la cérémonie de validation des pouvoirs et de prestation de serment des neuf nouveaux élus reconnus comme légitimes n’a pu se tenir. Selon le secrétaire général, Ariel Joseph, la promulgation tardive dans le journal officiel Le Moniteur des résultats définitifs du scrutin du 20 mars a été la cause essentielle de ce report.

En revanche, les Sénateurs de la plateforme présidentielle Edwin « Edo » Zenny (sud-est), Fritz Carlos Lebon (sud), Jocelerme Privert (Nippes, sud-ouest) et Lucas Saint-Vil (nord-ouest) se sont présentés en vue de remplir les formalités d’enregistrement.

Les deux représentants du Plateau Central (centre) de même que 17 Députés -appartenant dans leur grande majorité à INITE- n’ont pas été autorisés à siéger en raison de la controverse entourant leur élection, objet d’une ingérence à visière levée de la communauté internationale.

Les trois autres sièges de Député encore vacants seront attribués lors d’élections complémentaires prévues dans trois circonscriptions.

Avec le feu vert des principaux partenaires d’Haïti, Etats-Unis en tête, la mission internationale d’observation de l’OEA et de la CARICOM -dont le Président élu d’Haïti, Michel Martelly, avait souhaité l’intervention d’urgence- s’apprêtait à rendre publiques, au plus tard mardi, les conclusions de son rapport d’investigation sur les renversements suspects constatés dans les résultats définitifs du second tour des législatives.

Dans une tentative d’explication à cet imbroglio de plus dans un processus électoral, qui risque de battre tous les records, le Conseil électoral provisoire a mis en avant les « intérêts supérieurs » de la nation et la « sagesse » de l’institution face à l’énième intervention directe de l’Organisation des Etats américains.

Comme pour ajouter à la confusion, Gaillot Dorsinvil, le président du CEP, prend le soin de rappeler que les décisions du Bureau du contentieux électoral national (BCEN) ne sont susceptibles d’aucun « recours ».

Malgré un lourd bilan de deux morts, de maisons et autobus incendiés et de chasses à l’homme dans plusieurs régions où les résultats proclamés sont vivement contestés, les incidents post-électoraux se sont poursuivis lundi gagnant la capitale. Quatre véhicules ont été brûlés à proximité du Parlement.

Ces actes ont été perprétés par les partisans d’Alméthys St-Fleur Junior qui n’ont toujours pas digéré la défaite annoncée de leur candidat sous la bannière d’Alternative à Cité Soleil (banlieue nord de Port-au-Prince), battu par son rival de INITE, Daniel Saint-Hilaire.

La journée a été particulièrement mouvementée dans le haut Plateau Central où la circulation automobile était paralysée à hauteur de la ville frontalière de Belladère et de Maïssade, deux circonscriptions électorales où le triomphe officiel des candidats du parti au pouvoir, Luther King Marcadieu et Reynold Beaugé, n’ont cessé d’irriter les camps adverses. spp/Radio Kiskeya

 
Tension et questionnements maintenus 5 jours après la publication des résultats définitifs des législatives

P-au-P, 25 avril 2011[AlterPresse] — La publication des résultats définitifs des élections législatives du 20 mars dernier ont provoqué de violentes réactions en Haiti et des questionnements au niveau de plusieurs organisations haïtiennes et des membres de la communauté internationale. Le département du Centre (Est) parait le plus affecté, avec des manifestations de colère, des incendies et des routes barricadées.

Un tribunal de paix a été incendié par des inconnus dans la commune de Maissade (17 kms de Hinche) dans la nuit du 24 au 25 avril, selon un correspondant d’AlterPresse.

Plusieurs centaines de gens, dont des membres de l’organisation paysanne Mouvement Paysan Papaye (MPP), ont manifesté dans les rues de Hinche le 25 avril pour réclamer la victoire du candidat au sénat, sous la bannière de la plateforme politique Alternative, Francisco De La Cruz, relégué en 4eplace après avoir occupé la première place dans les résultats préliminaires.

La route nationale # 3 a été bloquée, isolant de fait la ville de Hinche du reste du pays depuis près d’une semaine.

Jean Baptiste Chavannes du Mouvement Paysan papaye (MPP) souhaite que « le prochain gouvernement change le mode d’organisation des élections dans le pays afin d’en finir avec les cas de fraude ».

Les résultats vont maintenant en faveur du candidat au sénat Bazelet François du parti au pouvoir (INITE).

La Grand’ Anse (Sud-ouest) est aussi affectée. Des personnes non identifiées ont incendié le Bureau électoral Communal de la commune d’Abricot (une trentaine de kilomètres de la ville Jérémie) ainsi que le tribunal de Paix.

La population dénonce la « victoire » du candidat à la députation Rigaud Bélizaire de INITE.

Plusieurs maisons, dont une radio communautaire, ont également été détruites par des flammes à Carice, commune située à 4 kilomètres de la ville de Fort-Liberté (Nord-est).

La route nationale # 2 reliant le département géographique de l’Ouest à celui du Sud a été bloquée au niveau de plusieurs zones.

Des manifestations ont aussi eu lieu un peu partout dans le grand Sud du pays ainsi qu’à Port-au-Prince où plusieurs voitures ont été endommagées par des jets de pierres.

La Mission conjointe OEA-Caricom (MOEC), les États-Unis et les Nations-Unies et certains bailleurs ont lancé un appel à la transparence en ce qui concerne les résultats définitifs contestés dans plusieurs régions du pays.

« La Mission rappelle que la transparence demeure un élément essentiel pour l’intégrité et la légitimité du processus électoral » rapporte un communiqué de la MOEC, qui appelle le CEP « à afficher les décisions du BCEN dans les plus brefs délais afin d’en informer les candidats et partis politiques concernés des faits qui ont motivé leurs décisions ».

18 candidats, dont 17 à la députation et 1 au sénat, arrivés en tête selon les résultats préliminaires du 4 avril sont déclarés perdants par le CEP.

Le gouvernement américain convie le « Gouvernement d’Haïti et le Conseil Electoral Provisoire à fournir des explications approfondies et publiques en ce qui concerne ces 18 cas où ces revirements ont été notés. ».

Ces décisions présentent des irrégularités d’après le document transmis à AlterPresse par le service de communication de l’ambassade des États-Unis en Haiti.

Les États-Unis invitent la MOEC « à vérifier les documents supportant les résultats définitifs publiés par le CEP pour ces 18 cas en vue de faire montre de transparence »

Dans une déclaration conjointe, les Nations Unies et des pays donateurs, tels, le Brésil, le Canada, la France et l’Espagne, qui ont soutenu le processus électoral, lancent « un appel pressant à tous les acteurs politiques et à leurs partisans pour qu’ils demeurent calmes et utilisent des voies pacifiques pour résoudre cette situation. »

Face au climat de violence et de méfiance, les organismes nationaux d’observation électorale, dont le Conseil National d’Observation (CNO), estiment qu’il est encore temps de réparer les injustices commises, rétablir la vérité des urnes ainsi que la paix publique.

« Il est donc impératif que l’Exécutif s’abstienne de publier officiellement ces résultats largement contestés, en attendant qu’ils fassent l’objet d’un examen sérieux, fiable et crédible », déclarent ces organismes dans une note conjointe.

De son coté la Commission Episcopale Nationale Justice et Paix estime qu’ il « est difficile de croire que le CEP a respecté le vote du peuple ».

Elle appelle le conseil à expliqué ses décisions. La commission dit appuyer toute proposition d’une commission indépendante d’observation pour évaluer la base des décisions du CEP.

Une idée émise par le président élu, Michel Martelly, qui remet lui aussi en question les résultats législatifs.

Le CEP a finalement décidé de ne pas publier les résultats pour les 18 cas contestés, une décision qui n’apporte aucun changement dans l’attitude des partisans de ces candidats, qui ne cachent pas leur frustration.

La 49e législature haitienne a tenu sa première séance ce 25 avril avec la participation de 79 députés. [rh gp apr 25 /04/2011 16 :00]

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