Archive | mai, 2011

mardi 31 mai 2011

31 Mai

Haïti – Politique : Ratification de Rouzier ce mercredi 1er juin ?
31/05/2011 09:06:17

Haïti - Politique : Ratification de Rouzier ce mercredi 1er juin ?Jean Rodolphe Joazile, le Président du Sénat, a annoncé l’ouverture mercredi 1er juin, de la Session extraordinaire [en Assemblée Nationale] convoquée par le Chef de l’État, Michel Martelly, pour la ratification du Premier Ministre désigné, Daniel Gérard Rouzier.
À l’ouverture de l’Assemblée Nationale, le Premier ministre désigné, sera invité dans un premier temps, à déposer tous les documents requis par la loi. Ils seront examinés par une Commission parlementaire pour en confirmer la validité. Si les documents sont conformes, le Premier Ministre désigné procédera dans un deuxième temps à la présentation de sa politique générale, ainsi qu’à la présentation des membres de son cabinet ministériel pour ratification…
Pour ce qui est des négociations, entre le Groupe de Parlementaires pour le Renouveau (GPR) et l’Exécutif autour de la ratification du premier ministre et la formation du gouvernement, Jean Rodolphe Joazile a révélé que l’ancien Président René Préval avait proposé à INITE, de laisser toute la latitude à son successeur pour former son Gouvernement. Toutefois, le GPR, composé en majorité d’élus d’INITE, a confirmé qu’il tenait à ce que les responsabilités de la gestion du pays soit partagée avec le Chef de l’État et son Premier Ministre….
Rodolphe Joazil, a apporté quelques précisions : « Au niveau de la plateforme INITE nous avons fait plusieurs réunion avec le Président Préval et il a été clair qu’INITE ne participerait pas dans la formation du Gouvernement, c’était clair. Cependant, lorsque que le directoire s’est assit avec le GPR, ils ont dit qu’ils n’est pas question qu’ils ne participent pas dans le Gouvernement. INITE, qui avait évoqué qu’il ne participerait pas dans le gouvernement, dit le contraire maintenant qu’il y a des négociations […] Nous nous sommes réunis avec le Premier-Ministre désigné dimanche en tant que groupe majoritaire au Sénat et je pense que les consultations vont continuer… ce que j’aurais souhaité c’est que les consultations se fassent dans le calme, dans la sérénité pour ne pas rentrer dans des pratiques qui mènent le pays nul part. Je pense qu’aujourd’hui, il nous faut un peu de sagesse au niveau du Sénat […] et au niveau de l’Exécutif, il nous faut un peu de retenu également pour nous permettre d’avancer correctement. »
Le Député Sinal Bertrand, membre du GPR, avertit, lui aussi, que « le Premier Ministre désigné n’aura pas la bénédiction de la chambre des députés si les négociations entre l’Exécutif et les Parlementaires n’arrivent pas à une conclusion satisfaisante. »
Le Sénateur Jocelerme Privert (INITE) souligne que les parlementaires ont l’obligation, de se faire représenter au Gouvernement afin de s’assurer que les ressources et richesses nationales soient distribuées équitablement à travers tout le pays.
Quant au Sénateur Michel Clérié (INITE), il ne partage pas ce point de vue. Il croit qu’aucun secteur politique ne devrait se prévaloir de son poids au Parlement pour réclamer des portefeuilles ministériels, pour lui c’est le Président et son Premier Ministre qui devraient former le Gouvernement. Pour sa part il a déclaré qu’il s’engageait à accorder son vote à M. Daniel Gérard Rouzier.
Cette séance de ratification s’annonce mouvementée compte-tenu des nombreuses divergences tant à la chambre basse qu’au Sénat. Souhaitons que tous et chacun mercredi, trouve le chemin de la raison et privilégie, pour une fois dans notre histoire, l’intérêt de la population au delà des lignes de partis et des intérêts personnels. Malheureusement avec les forces en présence, rien n’est acquis, tout est possible, le meilleur comme le pire…
HL/ HaïtiLibre

 

Ronald Beaudin et Charles Castel attendus ce mercredi au sénat de la République

Le ministre démissionnaire de l’économie et des finances et le gouverneur général de la Banque Centrale sont attendus ce mercredi au sénat de la République. Les deux grands commis de l’Etat doivent être entendus par la commission de l’économie du grand corps sur les nouvelles taxes imposées par le président de la République pour renflouer le compte du Fonds national de l’éducation (FNE).

31/05/2011

Haïti - Économie : Ronald Baudin et Charles Castel vont devoir s’expliquer sur les taxes Le ministre démissionnaire de l’économie et des finances et le gouverneur général de la Banque Centrale sont attendus ce mercredi au sénat de la République. Les deux grands commis de l’Etat doivent être entendus par la commission de l’économie du grand corps sur les nouvelles taxes imposées par le président de la République pour renflouer le compte du Fonds national de l’éducation (FNE).
Cette mesure qui doit entrer en vigueur à partir du 15 juin prochain doit fait l’objet d’une loi de l’avis de plusieurs parlementaires et de certains spécialistes. Selon la constitution, toute nouvelle taxe doit faire l’objet d’une loi, voilà pourquoi le ministre et le gouverneur doivent s’expliquer sur cette mesure du président Martelly.
Selon ce qu’a rappelé le président de la république lors du lancement de ce fonds, 1,5 doit être prélevé sur tous les transferts en provenance de l’étranger et 0,5 centime sur tous les appels internationaux entrant. M. Martelly avait tenu à rappeler également que ce sera pas une nouvelle taxe sans préciser de quoi s’agit-il vraiment.

 

Jean Rodolphe Joazile tire la sonnette d’alarme

Le président du sénat Jean Rodolphe Joazile demande au président de la République de publier dans le journal officiel Le Moniteur les noms des dix neuf (19) élus du BCEN spécial.

31/05/2011

 Le président du sénat Jean Rodolphe Joazile demande au président de la République de publier dans le journal officiel Le Moniteur les noms des dix neuf (19) élus du BCEN spécial. Il pense que le chef de l’Etat devait choisir une formule pour sortir le pays de l’impasse. L’élu du Nord-Est a fait savoir que trois formules avaient été proposées au président Joseph Michel Martelly.
Le président Martelly pourrait publier les noms des quatorze (14) députés élus qui reflètent le vote populaire en attendant de trancher sur les autres cas.
Madame Laurette Croyance qui avait présidé le Bureau du contentieux électoral national spécial avait déjà fait savoir que la liste des élus avait été déjà acheminée au secrétariat de la présidence deux jours avant l’entrée en fonction de M. Martelly

 

Lettre du Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Port-au-Prince, Gervais CHARLES à M. Max Chauvet

Haïti: Le 26 mai 2011
Monsieur Max Chauvet
Directeur du Nouvelliste
En ses Bureaux


Monsieur le Directeur
J’ai lu avec attention l’éditorial publié à la page 3 de l’édition du 25 mai 2011 de votre journal intitulé «Sur quelle Constitution Martelly a-t-il prêté serment ? »
Une erreur s’est glissée dans votre éditorial. Le président Michel Martelly n’a pas prêté serment sur la Constitution amendée comme vous le prétendez. Il a prêté serment sur la Constitution de 1987, non amendée.
L’article 284-2 de la Constitution de 1987 prévoit que l’amendement obtenu ne peut entrer en vigueur qu’après l’installation du prochain président élu. La prestation de serment constitue l’essentiel de l’installation. Le serment est donc prêté avant que l’amendement rentre en vigueur.
Je partage l’opinion que l’amendement en application de l’article 126, est acquis le jour de son adoption définitive par les deux chambres, cette fois en session réunie.
Il est tout aussi exact que la Constitution devra être visée dans toute loi ou arrêté.
Le président Martelly doit absolument prendre une décision de manière urgente pour que le texte inexact publié dans Le Moniteur ne soit considéré comme le véritable amendement.
L’amendement étant acquis sous l’ancienne présidence, rien ne s’oppose à ce que le président Michel Martelly le fasse rectifier ou même publier.
Haute considération.

Gervais Charles, av.
Bâtonnier

 

Haïti – Justice : Le Directeur de l’OAVCT en garde à vue
31/05/2011 13:02:05

Haïti - Justice : Le Directeur de l’OAVCT en garde à vueEdric Léandre, le Directeur Général de l’Office Assurance des Véhicules Contre Tiers (OAVCT), a été placé lundi en garde à vue. Il fait l’objet d’une enquête suite a de nombreuses accusations dont, détournements de fonds publics, corruption, usage de faux… Le Commissaire Félix Léger à indiqué « Nous avons pris une mesure de garde à vue, il est accusé de beaucoup de faits et nous allons continuer de l’interroger… »
Georges Ady, l’un des membres influents du syndicat de l’OAVCT, qui a quitté cette institution, depuis plus de 4 ans, dénonce un réseau, qui selon lui, opèrerait au sein de l’annexe de cette institution. « Beaucoup de véhicules volés en République Dominicaine ou entrés dans le pays, dans des condition peu orthodoxes, en provenance du Canada et des États-Unis, ont été enregistrés au sein de cet annexe par le biais de ce réseau. »
Selon les résultats du rapport d’enquête de l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) sorti récemment, le Directeur de l’OAVCT aurait détourné plus de 17 millions de gourdes durant son administration entre 2004 et 2009.
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti – Justice : La Commission Sénatoriale d’enquête poursuit ses auditions
31/05/2011 11:45:36

Haïti - Justice : La Commission Sénatoriale d'enquête poursuit ses auditionsAprès la comparution vendredi dernier, des conseillers électoraux, Laurette Croyance et Ribel Pierre, la Commission Sénatoriale d’enquête sur la corruption et les fraudes a poursuivi ses auditions lundi avec Ginette Cherubin.
En sortant de cette audition, la conseillère démissionnaire a déclaré aux journalistes : « Nous avons beaucoup parlé de ma position que j’avais rendu publique, où j’expliquais clairement pourquoi j’avais démissionné du CEP [Conseil Électoral Provisoire]
http://www.haitilibre.com/article-2811-haiti-politique-ginette-cherubin-demissionne.html , j’avais trouvé qu’il y avait un manque d’équité, que les choses se sont faites dans la précipitation et j’avais également cité des cas en exemples. »
Précisant qu’elle n’avait pas participé au niveau du Bureau de Contentieux Électoral National (BCEN) et qu’elle avait refusé de siéger au niveau du BCEN Spécial, l’ex-conseillère a expliqué qu’elle avait suivi plusieurs assises où des avocats étaient venu avec des preuves sous forme de duplicata «… lorsqu’un avocat présente un duplicata qui montre, par exemple, le contraire de ce qui est publié sur le site du CEP, pour moi il [le BCEN] aurait du aller au Centre de Tabulation des votes [CTV] pour vérifier… Il y a eu des cas comme ça, malgré ces preuves […] elles n’ont pas été vérifiées au CTV et les jugements ont été rendus, c’est ça que j’appelle un manque d’équité… »
« Nous avons aussi abordé la question d’interdiction de départ, parce que par rapport à des Conventions, comme la Convention Interaméricaine des Droit de l’Homme, tous les citoyens ont droit à leur liberté de mouvement. Ils [les Sénateurs] n’étaient pas supposé demander une telle décision et je l’ai répété plusieurs fois […] j’ai dis que je serais toujours présente pour me mettre au service de la justice, si la justice avait besoin de moi, je suis venue librement, maintenant j’ai une interdiction de départ, je regrette cette décision. »
Le Sénateur Youri Latortue qui préside la Commission à fait savoir que les auditions se poursuivront cette semaine «… avec l’audition des avocats qui ont siégé au niveau du BCEN, puis avec des candidats qui ont répondu à notre appel à témoignage. Nous avons encore des gens à entendre cette semaine, nous attendons et espérons que Mr Gaillot Dorsinvil et Mr Belzin auront le temps de venir, pour que la Commission les entendent, avant que notre délai arrive à terme »
Répondant à la question d’un journaliste sur ce qui va se passer, si Gaillot Dorsinvil, le Président du CEP refusait de se présenter devant la commission, Youri Latortue à répondu :
« de toute façon, nous avons reçu beaucoup de déclarations à propos du Président du CEP et d’autre conseillers, s’il ne se présente pas, la Commission, va quand même conclure en fonction de ce qu’elle a reçu […] Sa présence était importante pour nous mais également pour lui […] nous avons reçu beaucoup de déclarations qui ne vont pas tout le temps dans le sens de Mr Dorsinvil… je pense qu’il devrait venir pour faire l’équilibre. Nous pouvons seulement inviter les personnes, nous ne pouvons pas les forcer. »
Parallèllement, Jean Thélève Pierre Toussaint, Vice-président du (CEP), a invité lundi les conseillers à tout faire pour laver les accusations de fraudes et de corruptions électorales portées contre eux « Il y a des choses avilissantes qui se disent sur des conseillers électoraux, il est du devoir de ceux qui estiment être victimes d’accusations gratuites, de prendre position publiquement contre les faits qu’on leur reproche » soulignant qu’il avait la conscience tranquille, n’ayant été mêlé a aucun acte de corruption ou de fraude électorale…
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3046-haiti-politique-des-conseillers-electoraux-devant-la-commission-d-enquete-senatoriale.html
HL/ HaïtiLibre

 

Gaillot Dorsinvil a brillé par son absence

Le président du Conseil électoral provisoire Gaillot Dorsinvil a boudé l’invitation de la commission sénatoriale d’enquête sur les fraudes au sein de l’institution électorale. Le président Gaillot devait s’expliquer sur les accusations de pot-de-vin portées contre certains membres du CEP dont le président lui-même.

31/05/2011

 Le président du Conseil électoral provisoire Gaillot Dorsinvil a boudé l’invitation de la commission sénatoriale d’enquête sur les fraudes au sein de l’institution électorale. Le président Gaillot devait s’expliquer sur les accusations de pot-de-vin portées contre certains membres du CEP dont le président lui-même.
Par ailleurs, la conseillère démissionnaire Ginette Chérubin a répondu ce lundi aux questions de ladite commission. Le président de la commission Youri Latortue s’est dit satisfait de l’audition de madame Chérubin qui s’était faite accompagner de documents pouvant justifier les informations avancées.
Jusqu’à vendredi de cette semaine, les membres de la commission doivent auditionner plusieurs grands manitous du conseil électoral provisoire et certains candidats malheureux des dernières élections. Les résultats du rapport doivent être connus dans moins d’un mois.

 

Un réseau de gang opère au sein de l’OAVCT

L’un des membres influents du syndicat de l’Office d’assurance véhicules contre tiers (OAVCT), Georges Ady dénonce un réseau de gang, qui selon lui, opère au sein de cette institution. Le syndicaliste a fait savoir que ce réseau évolue à l’annexe de l’OAVCT à Carrefour.

31/05/2011

 L’un des membres influents du syndicat de l’Office d’assurance véhicules contre tiers (OAVCT), Georges Ady dénonce un réseau de gang, qui selon lui, opère au sein de cette institution. Le syndicaliste a fait savoir que ce réseau évolue à l’annexe de l’OAVCT à Carrefour.
Il accuse la femme du directeur général de l’institution d’être de connivence avec les malfaiteurs. « Beaucoup de véhicules volés en république Dominicaine ou entrés dans le pays dans des condition peu orthodoxes en provenance du Canada et des Etats-Unis d’Amérique ont été enregistrés au sein de cet annexe par le biais de ce réseau », a précisé monsieur Georges Ady sur une station privée de la Capitale ce mardi.
Ce dernier a cessé de travailler depuis plus de quatre (4) ans sous les ordres du président de la République de l’époque, René Préval. Il a avait demandé à plusieurs syndicalistes d’observer un arrêt de travail en vue d’attendre les résultats du rapport de l’enquête de l’ULCC. Ce rapport accablant sorti, il y a quelques jours, a révélé que le directeur de l’OAVCT , Edric Léandre a détourné plus de 17 millions de gourdes durant son administration de 2004 à 2009.

 

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Haiti-Éducation : Une campagne d’alphabétisation pour les Haïtiens ?

Par Peter Costantini * / AlterPresse le 31 mai 2011

À travers la gamme politique d’Haïti, l’éducation a surgi comme un thème central dans les projets pour la reconstruction et développement du pays.

Le Président Michel Joseph Martelly, dans son discours d’investiture, a proposé l’éducation gratuite et obligatoire pour tous les enfants. Et pour sa part, l’ancien président Jean-Bertrand Aristide, quand il est rentré à Haïti, a déclaré qu’il voulait contribuer à l’éducation.

L’éducation des enfants est leur intérêt primaire, et avec raison. Mais dans une nation ou 55 pourcent des adultes ne savent ni lire ni écrire, selon l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (l’UNESCO), la valeur potentielle d’un effort à grande échelle pour augmenter leur taux d’alphabétisme vaut bien la peine d’être considérée.

Bien que beaucoup de pays en voie de développement aient organisé des campagnes nationales d’alphabétisation, l’expérience peut-être la plus pertinente se trouve dans un pays frère d’Amérique Centrale. Nicaragua, comme Haïti, a souffert une longue occupation par les U.S. Marines dans la partie initiale du siècle passé, suivi par des décades d’abus aux mains d’une dictature de famille étroitement alliée avec Washington. La kleptocratie de Somoza père et fils a subjugué le pays de 1936 à 1979, même plus longtemps que les Duvalier. Comme leurs confrères haïtiens, les Somoza ont pillé des grandes étendues de l’économie et étranglé la vie politique du pays. Quand ils sont tombés ils ont laissé leur fief en ruines, aux prises avec une pauvreté profonde et un taux d’analphabétisme d’à peu près 50 %.

Après une insurrection qui a expulsé Anastasio Somoza Debayle, la première initiative du nouveau gouvernement du Frente Sandinista de Liberación Nacional (Front Sandiniste pour la Libération Nationale) était une campagne d’alphabétisation nationale. En 1980, moins d’une année après la fin de la guerre, le FSLN a recruté quelque 60,000 étudiants et 30,000 enseignants, surtout des villes, pour se déployer bénévolement dans la campagne et enseigner plus de 400,000 personnes à lire et écrire. En tout, la campagne a impliqué plus d’un cinquième des citoyens. Soixante pourcent des bénévoles étaient des femmes, ainsi que 50 pourcent des étudiants. Entre cinq mois, l’initiative a réussi à réduire le taux d’analphabétisme par deux-tiers, à 13 pourcent.

La campagne se basait en partie sur la pédagogie de l’éducateur brésilien Paulo Freire, qui a servi de conseiller. Il a souligné l’importance de l’engagement actif des étudiants à lire, écrire et examiner leur propre vie. L’éducation a eu lieu dans les deux sens, et souvent a changé la vie des participants. Pour beaucoup de bénévoles urbains c’était leur première expérience personnelle de la pauvreté écrasante endémique dans la campagne, et elle a inspiré a quelques-uns à se consacrer à diverses formes d’éducation.

À cause de leur grande échelle et inclusivité, les efforts d’alphabétisation ont pris essor rapidement à travers le pays. Ils devenaient un thème central du débat public et touchaient les vies de peut-être la majorité des familles nicaraguayennes. Des amis qui ont vécu ce moment m’ont décrit le sens d’exaltation et de fierté nationale que la campagne a suscité. Avec cette entreprise, le nouveau gouvernement a fait une forte déclaration de ses priorités et ses objectifs.

À la fin de la campagne en septembre 1980, l’UNESCO a octroyé le Prix “Nadezhda K. Krupskaya” au gouvernement et au peuple de Nicaragua pour la campagne. Amadou M. M’Bow, le directeur général en ce temps-là, l’a caractérisé comme « une expérience passionnante du point de vue éthique aussi bien que pédagogique ».

« La croisade, » a dit le Père Fernando Cardenal, le coordinateur national, « n’est pas une histoire de techniques compliquées ou d’une analyse complexe de coûts et d’avantages ; c’est une histoire du peuple et du potentiel extraordinaire de la libération et la création qui existe dans les nations ».

Beaucoup d’autres pays d’Amérique Latine et du reste du monde ont conduit des programmes pareils d’alphabétisation à grande échelle. Ceux-ci renferment un réservoir profond de compréhension, des matériaux et pratiques exemplaires, dont l’UNESCO est un entrepôt important.

En Haïti, comme au Nicaragua, une campagne d’alphabétisation d’une ampleur capable d’atteindre la masse critique pourrait contribuer à renforcer les droits humains et augmenter la productivité de la majorité des Haïtiens.

Ceux qui ne savent ni lire ni écrire ne peuvent guère participer pleinement dans la vie politique, sociale et économique. Une campagne répandue à travers tout le territoire national pourrait accueillir plus de la moitié des haïtiens dans le débat public, en leur offrant les outils nécessaires pour faire écouter leurs revendications et améliorer leur propre vies. Une telle entreprise favoriserait la croissance du capital humain, des capacités humaines et des libertés démocratiques.

Haïti avait réalisé des programmes d’alphabétisation des adultes auparavant sous les deux gouvernements Aristide tronqués. De 2001 à 2004, 300.000 personnes ont participé, selon le philosophe politique canadien Peter Hallward, et le taux d’analphabétisme adulte a été réduit de 65 pourcent à 45 pourcent.

Depuis 2007, l’UNESCO et le gouvernement espagnol ont collaboré avec la Secrétairerie d’État pour l’Alphabétisation d’Haïti sur un petit projet dans le département du Sud-Est. Quelques 5.000 jeunes ont été alphabétisés, ont reçu les compétences professionnelles et en jardinage. Le projet a été mis en œuvre dans le cadre de LIFE (Literacy Initiative for Education – Initiative d’Alphabétisation pour l’Éducation), la campagne globale de l’UNESCO pour vaincre l’illettrisme.

Les chiffres sont minuscules par rapport aux 3 millions d’haïtiens analphabètes. Le budget du programme a été coupé sévèrement par rapport aux estimations originelles, et l’appui politique était maigre, selon les rapports. Mais le Secrétaire d’État à l’Alphabétisation, Carol Joseph, a raconté à Le Nouvelliste que 2.200 nouveaux centres d’alphabétisation, chacun capable de recevoir 25 étudiants, ont été établis dans sept des 10 départements haïtiens. Ces centres pourraient servir des bases d’efforts futurs.

À la suite du tremblement de terre de l’année passée, Haïti possède une ressource que Nicaragua n’avait pas : un réservoir de probablement plusieurs milliers de gens éduqués dont les emplois et les maisons ont été détruits et qui restent coincés dans les camps pour personnes déplacées. J’en ai connu quelques-uns quand je travaillais comme bénévole dans un centre d’hébergement en mai dernier. Dans ces mêmes camps se trouvent beaucoup de gens pauvres et illettrés.

Dans cette situation, employer les gens lettrés à entreprendre l’alphabétisation de leurs voisins qui en ont besoin représenterait une récolte des fruits les plus mûrs. Bien que les programmes d’espèces-contre-travail qui paient les gens pour creuser des fossés peuvent être utiles lorsqu’il y a besoin des fossés, utiliser ses compétences de plus haut niveau serait un engagement plus fructueux des ressources humaines qui existent déjà en Haïti.

Au-delà des camps, des initiatives répandues dans les régions rurales pourraient atteindre des quantités plus importantes de gens qui ont besoin d’apprendre à lire et écrire. Recruter des étudiants et enseignants urbains (aussi bien que les habitants des camps) à faire l’alphabétisation dans la campagne représenterait aussi une étape modeste vers la décentralisation. En exportant l’expertise des villes, il renforcerait les communautés et économies rurales. Un effort assez massif, couplé avec d’autres incitations, pourrait aider à alléger le surpeuplement de la métropole.

Dans un pays déchiré par de profondes divisions historiques entre les classes sociales, la participation pourrait accroître la compréhension de la vie de l’autre côté de la rupture sociale, et ouvrir un chemin vers la réconciliation entre les couches aliénées de la société.

La campagne de Nicaragua était principalement volontaire et n’a coûté qu’environ 30 $ US par personne alphabétisée. Il se peut que Haïti ferait mieux de payer les enseignants avec de l’aide internationale pour l’éducation, générant ainsi des emplois et de la demande intérieure sur le marché.

Quoi que l’éducation des adultes puisse paraître concourir avec celle des enfants, en fait elles sont complémentaires. Des programmes d’alphabétisation des adultes inspirent les parents à respecter l’éducation et la revendiquer pour leurs enfants (même si, dans mon expérience, bien d’haïtiens montrent déjà une vénération pour l’éducation). De telles campagnes peuvent également servir de terrains de formation de futurs professeurs qui pourraient ensuite être recrutés dans l’éducation formelle des jeunes.

Évidemment, ces efforts doivent faire partie d’une stratégie d’alphabétisation à long terme intégrée avec des plans nationaux et locaux pour l’éducation, afin que des gens ne glissent de nouveau dans l’illettrisme. Il faut également les coordonner avec des initiatives de développement qui permettent aux gens d’utiliser leurs nouvelles capacités pour améliorer leurs conditions économiques.

Haïti pourrait apprendre des difficultés du Nicaragua à maintenir ses progrès. Les avances en alphabétisation du début des années 80 ont été érodées plus tard dans la décennie par la guerre des « Contras » et la crise économique résultante. Des programmes de suivi ont continué pendant les années 80, mais ont été terminés par les gouvernements suivants. Au cours de ces dernières années, néanmoins, un gouvernement sandiniste élu de nouveau a repris des efforts d’alphabétisation à grande échelle encore une fois.

Historiquement, les dictatures et oligarchies d’Amérique Latine ont réprimé l’éducation populaire. Mais à moins que, comme eux, on préfère un modèle de capitalisme sauvage style-19e Siècle, érigé sur les dos cicatrisés d’une force de main-d’œuvre malnutrie, sans instruction et « flexible », il faut comprendre l’alphabétisation des agriculteurs et travailleurs comme une clé à la croissance de la productivité dans tout modèle économique moderne de développement. Elle jette les bases pour la formation continue et impulse la croissance de revenu et demande domestiques. Elle permet des approches au développement rural axées sur les petits agriculteurs, aussi bien que des stratégies pour la croissance industrielle et technologique qui ajoute de la valeur grandissante.

Au-delà du capital humain, cependant, l’alphabétisme sert aussi de catalyseur pour la croissance d’autres capacités et libertés humaines. C’est une nécessité pour permettre aux gens de participer de manière significative à la démocratie et d’autres formes de la vie publique. À un niveau plus personnel, il constitue un élément fondamental du respect de soi, et une porte qui s’ouvre sur le monde entier.

Dans Le Développement Comme La Liberté, l’économiste Amartya Sen, lauréat du prix Nobel, réfléchit sur les divers apportés de l’éducation : « si l’éducation rend une personne plus efficace dans la production des produits de base, alors c’est clairement une augmentation du capital humain. Elle peut ajouter à la valeur de la production dans l’économie et également au revenu de la personne qui a été instruite. Mais même avec le même niveau de revenu, un individu peut bénéficier de l’éducation – en lisant, en communiquant, en inter-changeant, en pouvant choisir de manière plus informée, en étant pris au sérieux par d’autrui, et ainsi de suite ».

La reconnaissance de l’importance des qualités humaines dans la promotion de la croissance économique, affirme-t-il, « ne nous dit rien sur la raison pour laquelle on recherche la croissance économique en premier lieu. »

« Si, au contraire, on met l’accent en fin de compte sur l’expansion de la liberté humaine à vivre les genres de vies que les gens ont raison de valoriser, » conclut-il, « puis le rôle de la croissance économique dans l’expansion de ces opportunités doit être intégrée dans cette compréhension plus fondamentale du processus de développement comme l’expansion de la capacité humaine à mener des vies plus dignes et plus libres. »

Références

Peter Hallward. Damming the Flood : Haiti, Aristide and the Politics of Containment. Verso Press, 2007, p. 133.

Dr. Ulrike Hanemann. “Nicaragua’s literacy campaign”. UNESCO Institute for Education, Hamburg, Germany, March 2005. http://unesdoc.unesco.org/images/00…

Le Nouvelliste. « Discours d’investiture du président Michel Joseph Martelly ». 14 mai 2011. http://www.lenouvelliste.com/articl…

“Orígenes de la Cruzada Nacional de Alfabetización”. 1 febrero 2004. http://www.sandinovive.org/cna/CNA-…

Amartya Sen. Development as Freedom. New York : Alfred A. Knopf, 1999.

Jean Max St-Fleur. « L’alphabétisation : entre l’alpha et l’oméga ». Port-au-Prince : Le Nouvelliste, 14 Juillet 2008. http://www.lenouvelliste.com/articl…

UNESCO Haiti (newsletter). June 2010. http://unesdoc.unesco.org/images/00…

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* Peter Costantini est un journaliste et analyste basé à Seattle dans le nord-ouest des États-Unis. Il a fait des reportages sur Haiti, Nicaragua et d’autre parties d’Amérique Latine au cours des dernières 25 années.

 

Libéré, l’ex commissaire de police, Ernst Dorfeuille, est acclamé aux Gonaïves

Le juge d’instruction n’a retenu aucune charge contre l’ancien commissaire de police des Gonaïves, Ernst Dorfeuille, jusque-là inculpé d’enlèvement, de meurtre et d’association de malfaiteurs. Il a laissé la plus grande prison d’Haïti, le pénitencier national, le lundi 23 mai 2011 après y avoir passé environs deux ans et cinq mois. Ce weekend, il s’est rendu aux Gonaïves où il a été acclamé comme un leader.

30/05/2011

L’ex commissaire de police, Ernst Dorfeuille

Le juge d’instruction n’a retenu aucune charge contre l’ancien commissaire de police des Gonaïves, Ernst Dorfeuille, jusque-là inculpé d’enlèvement, de meurtre et d’association de malfaiteurs. Il a laissé la plus grande prison d’Haïti, le pénitencier national, le lundi 23 mai 2011 après y avoir passé environs deux ans et cinq mois. Ce weekend, il s’est rendu aux Gonaïves où il a été acclamé comme un leader.
Ses avocats, Mes Rigaud Duplan et Ephésien Joassaint n’avaient pas cessé de clamer l’innocence de leur client dans l’enlèvement suivi de l’assassinat de sa femme, Monique Pierre.
Le commissaire de police a été arrêté en décembre 2008, seulement une semaine après le meurtre de Monique Pierre. Cette dernière avait de grands moyens financiers et était impliquée dans des histoires de drogue. Elle était aussi la propriétaire de plusieurs maisons louées par la mission des Nations-Unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah). Sophie Boutaud de Lacombe, alors porte-parole de la mission onusienne, l’avait confirmé à la presse peu après l’assassinat.
Lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti, le commissaire Dorfeuille avait profité de l’évasion des prisonniers du pénitencier national. Il s’est ensuite rendu aux autorités policières et judiciaires, deux mois après.
L’ordonnance de non-lieu qui blanchit l’ancien chef de la police des Gonaïves, a été rendue par un nouveau juge instructeur ayant hérité de son dossier.
Ernst Dorfeuille, ancien joueur du Violette athlétique club a rendu, ce weekend, une visite de courtoisie aux footballeurs du Racing des Gonaïves. Il a été accueilli triomphalement dans la cité de l’indépendance.
Parallèlement, l’ancien commissaire de police, Carel Alexandre chercherait actuellement à réintégrer la police nationale. Le directeur général de la PNH Mario Andrésol s’y oppose, en dépit des accointances politiques de M. Alexandre. Ce dossier soulève déjà des malaises au sein de l’institution policière.

 

Le CEP a fait son boulot

30/05/2011

Richardson Dumesle, porte-parole du CEP

Six (6) candidats s’affrontaient pour les trois places restantes à la chambre basse. Le premier tour des élections ayant été annulé dans trois circonscriptions du pays à cause des actes de violences et des irrégularités enregistrées. Ces élections, reprises le 20 mars dernier, ont été tenues sans aucune difficulté selon des membres du Conseil électoral provisoire. Et, hier dimanche, les électeurs de La Vallée de Jacmel, de Verrettes, et de Fonds-Verrettes / Ganthier se rendaient aux urnes pour un second tour afin d’élire leurs représentants. Pour ce faire, quarante-et-un (41) superviseurs, quarante-cinq (45) agents de sécurité électoraux et neuf cents soixante-quinze (975) membres de bureaux, desservaient les 325 bureaux de vote repartis dans les quarante (40) centres de vote destinés à cet effet.
Au cours de ces législatives partielles, Labbé Ruffine de l’Ansanm nou fò affrontait Jean Etzer Valentin de l’Inite dans la circonscription de la Vallée de Jacmel. A Verrettes, dans le département de l’Artibonite l’ancien député, Dorsonne Jean Beauvois de l’AAA faisait face à Vikens Dérilus de MODEL-PRDH. Et, dans la commune de Fonds-Verettes / Ganthier, Sanozier François de l’Alternativ et Pierre Jude Destiné de l’Inite étaient en course pour remporter le siège de la chambre basse. .
A en croire Richardson Dumesle, porte-parole de l’institution électorale, la journée du 29 mai a été une réussite dans ces trois circonscriptions. Cependant, un homme a été surpris avec plusieurs cartes électorales et a été appréhendé par la police dans un bureau de vote à Verettes, tandis qu’un superviseur a été arrêté après avoir tenté d’orienter le vote des électeurs, à La Vallée de Jacmel. Hormis ces deux forfaits, aucun grave incident n’a été enregistré au cours de la journée, a-t-il dit en substance. .
Si l’on respecte le calendrier électoral, les résultats préliminaires du scrutin partiel du 29 mai, seront publiés le jeudi 02 juin. La phase contentieuse s’étendra du 2 au 13 juin et la publication des résultats définitifs est prévue pour le 13 du même mois. Tout compte fait, le processus électoral arrivera sous peu à son terme. Pourtant, dix-neuf parlementaires approuvés par le Conseil électoral provisoire (CEP) sont encore en attente suite à de nombreuses contestations qui ont suivi le scrutin du 20 mars.

 

Politique / Partage du pouvoir

Pourquoi convoiter le ministère de l’Agriculture ?

Le président de la République Michel Martelly envisage-t-il de concéder le ministère de l’Agriculture à la plateforme Inite ? C’est en tout cas ce que laissent croire les rumeurs. Comment mesurer les conséquences de ce « deal » politique si tel était le cas ?

30/05/2011

 Partout où il s’était rendu au cours de sa campagne électorale, Michel Martelly s’était efforcé de persuader ses partisans que sa vision gouvernementale priorise le développement agricole. L’autosuffisance agricole était au centre de ses discours électoraux.
M. Martelly a vendu son plan de renforcement économique d’Haïti, lequel devrait passer par la grande culture dans la paysannerie, soit la mise ensemble des propriétés parcellaires à travers des associations paysannes qui auraient à faire usage de l’outillage moderne et bénéficieraient de formation adéquate en vue du développement du secteur. Notons que les statistiques indiquent que la population rurale haïtienne représente 62% de la population totale.
Michel Martelly avait annoncé que les paysans haïtiens pourraient « retourner » à la terre, car des banques agricoles, hangars de conservation des produits et marchés d’État seraient mis à leur disposition. « C’est à ce prix, uniquement, que l’autosuffisance alimentaire, véritable affranchissement de notre asservissement économique honteux, serait atteinte », avait soutenu le candidat Michel Martelly, estimant que l’exportation des produits locaux (production nationale de façon globale, production agricole en particulier), saurait arrêter l’exode rural chronique et diminuerait, du même coup, le taux de chômage et l’importation des denrées alimentaires de l’étranger.
Son gouvernement s’évertuerait à estomper l’assistanat, disait-il à chaque occasion. Sous le contrôle et la coordination de l’État, les ONG auxquelles on reproche, à tort ou à raison, d’accorder une aide déstabilisante au peuple haïtien, devraient rendre leur travail plus visible en réalisant des projets de développement communautaire durable, procéder à la construction de villages un peu partout à travers le pays avec toutes les infrastructures de base.
Toutes les promesses du candidat Martelly renvoyaient à la production nationale dont l’agriculture serait le pilier.
Aujourd’hui, si l’on tient compte des rumeurs , quelques jours après son investiture comme chef de l’Etat et avant la présentation au Parlement du Premier ministre désigné, Daniel G. Rouzier, le président de la République, Michel Martelly, serait prêt à concéder le ministère de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR). Une organisation en position confortable au Parlement aurait obtenu la promesse d’avoir ce portefeuille ministériel dans le contexte des « deals » politiques qui se font dans le cadre du processus de ratification du Premier ministre désigné. Mais, se demandent des observateurs, comment le président Michel Martelly pourra-t-il tenir ses promesses électorales relatives à l’agriculture si le MARNDR échappe à son contrôle ?
La question est d’autant plus pertinente quand on sait que le MARNDR est l’organe étatique chargé de : « définir la politique du secteur économique du gouvernement haïtien dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, des ressources naturelles renouvelables et du développement rural ». Les obligations de ce ministère ne s’arrêtent pas là. C’est au MARNDR de « promouvoir l’augmentation des principales productions, la formation paysanne, le transfert de technologies adaptées, la recherche de créneaux porteurs et de marchés favorables aux producteurs, la promotion de l’entreprenariat agricole, la recherche de valeurs ajoutée par la promotion des techniques de transformation des produits, la création d’emplois agricole et non-agricole dans le milieu rural ». Ces attributions du ministère de l’Agriculture ont reçu l’aval de M. Martelly et ont même été présentées comme base du développement de l’économie haïtienne sous sa présidence. Concéder ce ministère ne reviendra-t-il pas à renoncer à des objectifs annoncés lors de la campagne électorale. De plus, sur le plan politique, l’organisation qui héritera du MARNDR aura la latitude de renforcer sa popularité auprès des couches paysannes dans la perspective d’élections futures.
Des perspectives électorales non négligeables
Selon un ancien haut fonctionnaire du ministère, l’agronome Jean-Marie Binette, bien d’élus de la République auraient pu se servir de la large représentativité qu’offre cet appareil de l’Etat à l’intérieur du pays pour accéder au pouvoir. A en croire M. Binette, ancien chef de cabinet de l’ex-ministre Séverin, cela arrive très souvent que certains fonctionnaires du ministère profitent de leur poste pour poser leurs tentacules sur de potentiels électeurs. Bien avant 1991, dans chaque zone, chaque section communale, il y avait des agents agricoles, des animateurs ruraux, à représenter le MARNDR au niveau national. Actuellement, ce ministère s’occupe des tâches dites essentielles, laissant certaines de ses attributions au ministère de l’Environnement, suivant les prescrits du décret de janvier 2005.
Le ministère de l’Agriculture dispose à sa tête d’un ministre. Vient ensuite un secrétaire d’Etat. Il y a aussi le « Bureau central de Damien, comprenant une direction générale, 14 directions techniques réparties entre quatre filières d’intervention, une direction de la Planification, Suivi et Evaluation, une Direction administrative ». L’agronome Jean-Marie Binette a aussi rappelé que dix Directions départementales agricoles (DDA) contrôlent les Bureaux agricoles communaux. Ces Bureaux agricoles communaux (BAC) sont placés dans les communes et fournissent un appui aux autorités locales.
Trois organismes autonomes fonctionnent sous le label du MARNDR : l’ODVA (dans l’Artibonite), l’INARA (pour la réforme agraire), l’INCAH (dans la filière café), le BCA (Bureau de crédit agricole). De plus, il faut aussi compter la CNSA, une institution publique attachée au ministère et qui opère dans le domaine de la sécurité alimentaire. Le ministère de l’Agriculture offre donc des atouts considérables pour un responsable politique soucieux de la popularité de son organisation et de son intégration dans les milieux ruraux aux frais de l’Etat. De plus, n’offre-t-il pas l’opportunité de caser des militants à un titre ou à un autre. D’où l’objet de la convoitise dont il fait l’objet dans cette conjoncture où l’on parle tant du partage du pouvoir. Vouloir un ministère peut ne pas être seulement pour le salaire, mais aussi pour le tremplin pour l’avenir politique que ce ministère peut représenter.

 

Haïti – Politique : La Commission Mixte attend la ratification du Premier Ministre haïtien
30/05/2011 13:44:21

Haïti - Politique : La Commission Mixte attend la ratification du Premier Ministre haïtienCarlos Morales Troncoso, le Ministre des Affaires étrangères dominicaines à fait savoir que lorsque le Premier Ministre haïtien sera ratifié, la Commission Mixte Bilatérale se réunira pour discuter, sans délai, des problèmes du choléra et de l’immigration illégale qui affectent les deux Nations.
Morales Troncoso a informé, qu’il restait en contact avec les autorités de la santé publique haïtienne, qui lui avait signalé une diminution des cas de choléra dans leur pays. Il a insisté sur la nécessité pour les services de santé des deux pays, d’être très prudent et de ne pas renvoyer la question.
Un second point qui sera a l’ordre du jour est le dossier sensible de l’immigration haïtienne illégale en République Dominicaine. Sur ce point, Morales a noté, que la modernisation du contrôle des documents à la Direction Générale de l’immigration, devrait permettre une amélioration de la situation « Je dois souligner l’excellent travail que fait José Ricardo Taveras, le nouveau Directeur de l’Immigration et la mise en œuvre d’une technologie, en temps réel, permettant le contrôle de tous les étrangers entrant au pays par la frontière. »
De son côté, Vinicio Marino Castillo, l’influent avocat dominicain, consultant au Gouvernement, a rappelé que la migration haïtienne illégale sur le territoire dominicain, était un mal qui affecte la République Dominicaine depuis de nombreuses années. Il a fait savoir, qu’il était nécessaire de fournir des documents aux Haïtiens dans le pays, mais avec un statut d’étrangers et non pas comme des ressortissants dominicains… « Le grand échec a été les centaines de milliers de fausses cédulas [carte d’identité] émises depuis 25 ans qui permettent de procurer aux haïtiens illégaux une fausse identité « dominicaine ».
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti – Climat : Martelly se prépare à faire face à la saison cyclonique
30/05/2011 16:39:29

Haïti - Climat : Martelly se prépare à faire face à la saison cycloniqueAujourd’hui, Michel Martelly, le Président de la République, a rencontré au Palais National les responsables de la Direction de la Protection Civile (DPC). La DPC a été représentée, entre autres, par sa directrice Mme Alta Jean–Baptiste et la coordonnatrice du Programme d’Urgence de Gestion des Risques et Désastres (PUGRD), Mme Yolène Suréna. Il s’agissait pour le Chef de l’État de s’informer des planifications de la DPC et les structures mises en place afin de protéger la population à l’approche de la saison cyclonique qui débute ce 1er juin. Le Président a donné des instructions claires à la DPC afin de renforcer les lignes de coordination entre l’institution et ses différents partenaires.
Des représentants de certains partenaires de la DPC, dont Edgard Célestin du programme d’appui au Système National de Gestion des Risques et Désastres (PASNGRD), et Ronald  Semelfort du Centre National de Météorologie (CNM) ont aussi pris part à cette rencontre.
Voulant se démarquer de la tendance qui consiste à limiter les « désastres » aux intempéries, le Président Martelly a mis l’accent sur la nécessité de rendre le système plus efficace et plus apte à intervenir dans d’autres cas dont les pandémies et autres risques de pertes considérables en vies humaines.

Durant cette réunion, l’équipe de la DPC a présenté au Président de la République son plan national de gestion des risques et désastres.  Ce fut une occasion pour la Présidence et la DPC de s’entretenir sur les mesures préventives à prendre dans l’immédiat et pendant toute la saison cyclonique. Le Président de la République entend visiter le Centre d’opération d’urgence, les centres hébergement en cas d’intempéries et s’assurer de la participation citoyenne et une bonne coordination entre les différents partenaires.
La responsabilité en matière de réponse aux désastres est multisectorielle et requiert l’appui et la collaboration de tous les secteurs de la vie nationale.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2886-haiti-climat-preparatifs-pour-le-debut-de-la-saison-des-ouragans.html
http://www.haitilibre.com/article-2732-haiti-climat-les-usa-inquiet-des-consequences-d-un-ouragan-majeur-sur-haiti.html
http://www.haitilibre.com/article-2695-haiti-climat-previsions-annuelles-des-ouragans-pour-la-saison-2011.html
HL/ HaïtiLibre

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lundi 30 avril 2011

30 Mai

Haïti – Humanitaire : Les dominicains aident des communautés haïtiennes frontalières
30/05/2011 10:28:31

Haïti - Humanitaire : Les dominicains aident des communautés haïtiennes frontalièresVendredi dernier, le Gouvernement dominicain a apporté son aide à plusieurs dizaines de familles haïtiennes qui vivent dans l’extrême pauvreté dans des communautés frontalières avec Haïti. Au cours de cette opération humanitaire, des rations alimentaires [riz, haricots, huile, sardines, lait, sucres, farine de maïs et pâtes de farine de blé] ont été distribuées sous les applaudissements et des manifestations de joie de la population qui remerciait le Gouvernement dominicain pour cette aide.
« À la maison, nous restions souvent plusieurs jours sans manger, parce que personne ne travaille et qu’il n’y a pas de l’argent pour acheter des repas. Je sais maintenant que nous allons cuisiner, grâce au gouvernement dominicain », a déclaré pleine d’émotion, Nilatrenne Louis Pierre, l’une des bénéficiaires de ce programme.
Cette opération de distribution alimentaire, a été supervisée par les casques bleu de l’Uruguay, membres de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (Minustah), qui contrôlent la ville de Ouanaminthe [Haïti].
Paul Alonso, porte-parole de la Commission des droits de l’homme à Ouanaminthe, a déclaré aux journalistes dans la ville dominicaine de Dajabon, que cette aide bénéficiait aux haïtiens vivant dans des villages près de la frontière commune ou de nombreux enfants sont pour la plupart, sous-alimentés. Soulignant qu’à d’autres occasions, le gouvernement dominicain avait effectué des missions médicales et réparé des logements d’haitiens dans ces communautés. Il a fait savoir aux journalistes, qu’il gardait l’espoir que le Président Michel Martelly, gère les ressources au niveau international afin de permettre d’augmenter la production agricole, construire des canaux d’irrigation, améliorer le système génétique, tant animal que végétal, reboiser et assurer la propreté dans ces différents villages.
BF/ HaïtiLibre

 

Des élections déroulées dans le calme

Le directeur général du Conseil électoral provisoire (CEP), Pierre Louis Opont, se dit satisfait du bon déroulement hier du deuxième tour des élections pour les trois (3) circonscriptions

30/05/2011

Le directeur général du Conseil électoral provisoire (CEP), Pierre Louis Opont, se dit satisfait du bon déroulement hier du deuxième tour des élections pour les trois (3) circonscriptions (Fond-verettes/Ganthier, Ouest, de La Vallée de Jacmel, Sud-est et de Verettes dans l’Artibonite) où elles ont été reprises.
Un homme retrouvé avec plusieurs cartes électorales a été appréhendé par la police dans un bureau de vote à Verettes, tandis qu’un superviseur a été arrêté à La Vallée de Jacmel. Aucun grave incident n’a été enregistré a indiqué Pierre Louis Opont. Les résultats partiels de ces élections seront connus ce mercredi et les résultats définitifs dans quinze jours.
WPC/LM

 

Lundi, 30 mai 2011 11:23

Daniel Rouzier doit négocier selon Christian Rousseau.

Les chances de Daniel Rouzier d’accéder à la primature dépendent de sa capacité de négocier avec les blocs politiques au parlement. C’est ce qu’a affirmé, le professeur Christian Rousseau.
Intervenant à la rubrique le point sur Radio et Télé Métropole, le professeur Rousseau a indiqué qu’actuellement les partis souhaitent un partage du pouvoir sans préciser ce qu’ils veulent en faire en terme politique.
Monsieur Rousseau estime que les intérêts individuels sont malheureusement priorisés dans le cadre de ces négociations devant aboutir à la ratification du prochain chef de gouvernement.
Par ailleurs Le professeur Christian Rousseau pense qu’il important les problèmes liés à l’amendement de la constitution soient réglés une fois pour toute.
Il réclame des sanctions à l’encontre de tous ceux qui ont tenté, selon lui, de souiller la loi-mère.
Rappelons que monsieur Rousseau est professeur à l’Université d’Etat d’Haïti et ancien membre du Conseil des Sages, une entité qui a été mise en place pendant la période de transition, après le départ de jean Bertrand Aristide en 2004.

EJ/Radio

 

Lundi, 30 mai 2011 05:49

Kenneth Merten supporte changement prôné par le chef de l’Etat

L’ambassadeur des Etats-Unis à Port-au-Prince, Kenneth Merten, réitère l’engagement de son pays auprès du gouvernement de Michel Martelly. M. Martelly représente le changement en Haïti, a martelé le diplomate américain soulignant que son pays entend contribuer au progrès économique et à l’amélioration des conditions de vies de la population.
Il plaide également pour qu’Haïti soit un Etat souverain capable de coordonner la coopération internationale dans le domaine de la reconstruction. A l’instar du président Martelly l’ambassadeur américain a souhaité l’avènement d’un état au service de la population.
Il exhorte les autorités à communiquer à la population des informations relatives a la vie de la nation. Nous poursuivons contre œuvre aux cotés du gouvernement, a insisté le diplomate américain qui de concert avec le président Michel Martelly, a inauguré le marché de Savane Pistache à Carrefour feuilles.
Le gouvernement des Etats-Unis, à travers l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID), a travaillé en partenariat avec la CHF International et les membres de la communauté locale dans la construction du marché mis à la disposition de 300 marchands et des 25.000 habitants de la communauté.
 » Nous sommes heureux d’avoir pu collaborer avec les autorités du gouvernement haïtien et les membres de la communauté locale dans la construction de ce marché », a déclaré l’Ambassadeur des Etats-Unis en Haïti, Kenneth H. Merten. «Nous sommes déterminés à continuer à travailler avec le gouvernement haïtien en vue de trouver des moyens novateurs et durables pour la reconstruction du pays», a-t-il conclu.
LLM / radio Métropole Haïti

 

Haïti-Politique : Quand-est ce que débutera le processus de ratification du premier ministre désigné ?

P-au-P., 30 mai 2011 [AlterPresse]— Le président de la Chambre des députés, Sorel Jacinthe, affirme avoir reçu du chef de l’Exécutif, Michel Martelly, la lettre de convocation de la 49e législature en session extraordinaire en vue de se pencher sur le dossier du premier ministre désigné, Daniel Gérard Rouzier.

« Nous avons reçu ce vendredi une lettre de la part du président de la République Michel Joseph Martelly convoquant l’assemblée des députés à l’extraordinaire afin de statuer sur le cas du premier ministre désigné », précise Sorel Jacinthe lors d’une conférence de presse le 27 mai.

Toutefois, le président de la chambre basse n’a avancé aucune date pour la tenue de cette séance.

Le président du Sénat, Jean Rodolph Joazile, avait précisé à AlterPresse, au début de la semaine dernière, que la séance extraordinaire devait avoir lieu sous peu.

Entre-temps, Michel Martelly et le premier ministre désigné poursuivent des rencontres avec les députés et sénateurs toujours dans la perspective de dégager une majorité favorable à la ratification de Rouzier et aussi sa déclaration de politique générale.

Depuis près de deux semaines, le chef de l’exécutif a désigné officiellement Daniel Gérard Rouzier au poste de premier ministre.

« La tâche ne sera pas facile pour le prochain gouvernement. Malgré les menaces directes de l’exécutif, nous ne manquerons pas de jouer notre rôle de contrôle du gouvernement, car le peuple nous a votés aussi », déclare fermement le député de Gros-Morne, Fritz Chéry, en plein débat, sur la cour du parlement, avec des collègues.

Dans une interview à AlterPresse, Lubern Pierre, député de Petit Trou de Nippes/Plaisance, indique que l’assemblée des députés, contrairement à ce que l’on pense, ne va pas donner un « chèque en blanc » au premier ministre désigné.

« Le président Martelly, qui ne détient que trois députés, doit travailler beaucoup pour trouver une majorité nécessaire dans les deux chambres afin de s’assurer de la ratification de Daniel Gérard Rouzier sans difficulté », souligne ce député, membre du Regroupement des parlementaires pour le changement (RPC).

Pour sa part, le député Sinal Bertrand (Port-Salut/Sud), membre du Groupe des parlementaires pour le renouveau (GPR) à la chambre basse, avertit, lui aussi, que « le premier ministre désigné n’aura pas la bénédiction de l’assemblée des députés si les négociations entre l’exécutif et les parlementaires n’arrivent pas à une conclusion satisfaisante. »

Par ailleurs, les deux parlementaires, de tendances et blocs politiques différents, précisent qu’ « aucune séance n’aura lieu à la chambre basse tant que le président Martelly ne se prononce sur la problématique de l’amendement de la Constitution et le cas de 17 députés et 2 sénateurs qui ne peuvent toujours siéger au parlement à cause des controverses soulevées par ces cas.

« Nous ne pouvons pas entrer dans une phase de ratification sans savoir clairement sous quelle constitution nous allons ratifier le nouveau premier ministre. Est-ce sous la Constitution de mars 1987 ou sous la Constitution amendée ? », s’interrogent des parlementaires.

Les sénateurs Moïse Jean-Charles et Wencesclas Lambert, respectivement de la plate-forme Inite (Unité/Nord et Sud-Est), tous deux membre du GPR au Sénat, indiquent dans la presse que « le premier ministre désigné n’aura pas leur vote sans la négociation d’au moins quatre ministères. » [sfd gp apr 30/05/2011 05:00]

 

Haïti – Politique : Décentralisation, corruption, Michel Martelly s’explique…
30/05/2011 08:36:31

Haïti - Politique : Décentralisation, corruption, Michel Martelly s'explique...Lors d’une entrevue accordée la semaine dernière à la RTVE [Télévision espagnole], dont nous publions les extraits les plus importants, le Président Martelly, sur la situation actuelle en Haïti a déclaré « la situation pour les gens dans les rues est pratiquement la même. Je suis à la présidence depuis seulement 12 jours et tant que mon Premier Ministre ne sera pas ratifié par le Parlement, je n’aurai pas le pouvoir dans mes mains ». À savoir comment il compte exercer ce pouvoir, Mr. Martelly a précisé, « j’ai déjà démontré que j’ai un leadership différent. J’ai été dans les rues, pour m’assurer que ceux qui effectuent des travaux publics ont les moyens nécessaires, par exemple en améliorant le drainage, maintenant que la saison des pluies est arrivée, il s’agit de choses que nous devons régler… »
Concernant ses priorités, le Président a souligné que « c’est vraiment une tâche énorme… mais le problème était déjà là avant le tremblement de terre. Le tremblement de terre a mis devant nos yeux ce qui était caché : la pauvreté, les bidonvilles partout, etc… Il y a plusieurs priorités, l’une d’elles est l’éducation. Nous allons créer un Fonds national de l’éducation (
http://www.haitilibre.com/article-3034-haiti-education-lancement-du-fonds-national-pour-l-education-fne-par-martelly-maj-13h03.html ) avec les contributions des entreprises. Je veux que l’éducation soit gratuite pour tous les enfants haïtiens. Je pense que pour sortir Haïti de la pauvreté, nous devons le faire par l’éducation. Je tiens également à apporter de l’eau potable à tous les habitants de Port-au-Prince. »
Interrogé sur la reconstruction à Port-au-Prince ou tout est presque comme le jour après séisme, le Chef de l’État a expliqué « Nous devons résoudre le problème de la surpopulation à Port-au-Prince. Je veux créer de nouvelles communautés […] avec des écoles, des églises, des marchés et des cliniques. Nous avons besoin d’énormes terrains vacants en dehors de Port-au-Prince, pour construire ces communautés et permettre aux gens de quitter les zones surpeuplées. Nous devons travailler à développer des zones hors de la ville […] Port-au-Prince a été construit pour deux cent mille personnes aujourd’hui il y a entre trois ou quatre millions d’habitants… Donc, je pense que le mieux que nous pouvons faire maintenant, c’est construire en dehors de Port-au-Prince pour encourager les gens qui sont venus chercher du travail à le faire, mais dans ces nouvelles communautés. »
Répondant à la question du journaliste, à savoir comment en tant que Président il entendait faire face aux problèmes de la corruption, alors que des capitaux importants vont affluer pour la reconstruction « Tout d’abord, je ne suis pas un corrompu, donc personne autour de moi ne doit être corrompu » a-t-il précisé fermement, expliquant « il est nécessaire d’orienter les systèmes juridiques et judiciaires pour qu’ils agissent quand cela est nécessaire. Si quelqu’un est soupçonné de corruption, la loi et la justice devront faire leur travail. Nous devons établir un système par lequel les citoyens pourront signaler, de façon anonyme, [les personnes ou organismes] qu’ils soupçonnent de corruption. De plus, en publiant les projets, par exemple sur un site internet, la population pourra voir comment l’argent est dépensé […] ainsi les choses seront visibles et les gens pourront confirmer que ces projets ont bien été effectués. »
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti – Social : La camp Corail bientôt une section communale de la Croix-des-Bouquets ?
30/05/2011 09:21:39

Haïti - Social : La camp Corail bientôt une section communale de la Croix-des-Bouquets ?Après une année de coordination des activités de l’ensemble des partenaires humanitaires intervenant dans le Camp de déplacés de Corail Cesse-Lesse [7,500 personnes] situé à quelque 20 km au nord de Port-au-Prince sur 25 hectares, l’American Refugee Committee (ARC) a transféré, le 15 mai dernier, la gestion de ce camp à la municipalité de la Croix-des-Bouquets.
D’après Bryan Castro de l’Organisation Internationale pour les Migrations (IOM), depuis décembre 2010, la population du camp est restée stable, il s’attend toutefois à une augmentation de ce nombre dans les prochains mois [jusqu’à 10,000] d’autant que d’ici juillet prochain, « l’OIM va construire environ 300 abris provisoires dans le secteur 3 ».
Afin de permettre une bonne transition 15 employés municipaux ont reçu une formation en «Droits de l’Homme» et « protection de l’environnement », sous la supervision de l’ONG World Vision. Sur place, la sécurité continue d’être assurée par des agents de la Police Nationale d’Haïti (PNH) appuyés par les Casques bleus, en attendant la construction d’un sous-commissariat , les policiers haïtiens sont installés dans un kiosque en bois situé dans l’enceinte du camp, par ailleurs divisé en 6 secteurs.
La nouvelle équipe municipale envisage de transformer le camp Corail en section communale. Pour cela, il a été décidé d’empêcher les constructions anarchiques sur le site comme c’est le cas dans les camps voisins, « Jérusalem » et « Canaan », où les terrains sont « envahis ». « Les seules institutions autorisées à faire des constructions à Corail sont l’OIM et la World Vision », a souligné Jean-Claude Pierre, membre de l’équipe de la Mairie de Croix-des-Bouquets.
Dans le cadre de cette transformation progressive, plusieurs projets sont déjà à l’étude dans ce camp. En plus d’une école fondamentale et d’une école professionnelle déjà fonctionnelles, un marché public dans les secteurs 3 et 4 est envisagé. De plus, Jacques Bonil St-Louis de l’ARC précise que « l’ONG Oxfam, travaille sur un système d’approvisionnement en eau utilisant un système de pompage. Il reviendra à la population d’en assurer la gestion. Les fonds obtenus par la vente de l’eau permettra à la Mairie, avec le soutien du Centre National des Equipements (CNE), de poursuivre sur place le ramassage des ordures et d’alimenter la pompe à eau en carburant ».
Les déplacés du camp se réjouissent de cette transformation et Jean Jacques Charles, responsable du secteur 6 du camp, dit compter sur la Mairie de la Croix-des-Bouquets pour mettre tout en œuvre, afin de fournir du travail, de l’électricité et des vivres à la population du camp.
S/ HaïtiLibre / Minustah

 

La CIRH peut et doit faire mieux selon Jean Max Bellerive

Le premier ministre démissionnaire, Jean Max Bellerive, dit partager le sentiment que la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) peut et doit faire mieux.
Le co-président de la CIRH continue cependant à croire en son utilité pour combler des déficiences du système de coordination de l’aide internationale en Haïti.
Comme mentionné par le bureau du Président de la République mercredi soir et lors des récents entretiens entre les deux coprésidents de la Commission, le Président Martelly a clairement confirmé son intention de continuer à améliorer le fonctionnement de cette structure institutionnelle, afin de la rendre encore plus performante au niveau des déboursements des fonds, plus alignée avec les priorités du gouvernement et d’arriver à une plus grande gestion des projets de reconstruction de la part des autorités haïtiennes.
Il reviendra au prochain gouvernement de trouver un accord avec le Parlement sur l’avenir de cette commission, lorsque son mandat actuel prendra fin en octobre 2011.
Jean Max Bellerive a fait ses déclarations en réaction aux rapports de certains medias concernant les travaux de la commission qu’il copréside avec l’ancien président américain Bill Clinton.
EJ/Radio Métropole Haïti

dimanche 29 mai 2011

29 Mai

Haïti – Élections : Jour d’élections dans 3 circonscriptions
29/05/2011 05:59:59

Haïti - Élections : Jour d'élections dans 3 circonscriptionsAujourd’hui ont lieu les élections partielles pour les circonscriptions de La Vallée de Jacmel, Verrettes, et Fonds-Verrettes / Ganthier. Rappelons que les élections du 28 novembres 2010, dans ces 3 circonscriptions, avaient été annulées, et que la reprise de ces élections, premier tour, avait eu lieu le 20 mars dernier.
Pierre-Louis Opont, Directeur Général du Conseil Électorale Provisoire (CEP) dans le communiqué #107 annonçant la fin de la campagne électorale pour ces trois circonscriptions, demande aux candidats d’éviter toutes manifestations publiques jusqu’à la publication des résultats prévu pour le 2 juin pour les résultats préliminaires et le 13 juin pour les résultats définitifs.
Les candidats en lice pour la députation sont :
La Vallée de Jacmel :
Labbé Ruffine (Ansanm nou fò)
Valentin Jean Edzer (Inite)
Verrettes :
Dérilus Vikens (MODEL-PRDH)
Dorsonne Jean Beauvois (AAA)
Fonds-Verettes / Ganthier :
Sanozier François (Alternativ)
Pierre Jude Destiné (Inite)
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2823-haiti-elections-calendrier-du-second-tour-des-elections-partielles.html
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti – Politique : Rien n’est joué pour Daniel Gérard Rouzier
29/05/2011 10:57:26

Haïti - Politique : Rien n'est joué pour Daniel Gérard RouzierVendredi, lors d’une conférence de presse, Saurel Jacynthe, Président de la Chambre basse a confirmé avoir reçu l’arrêté présidentiel de convocation des députés en session extraordinaire pour la ratification du choix du Premier Ministre désigné, Daniel Gérard Rouzier. C’est seulement demain lundi que la date de cette dernière sera choisie car Rodolphe Joazile, Président de la Chambre haute (Sénat) n’était pas disponible ce weekend.
Pour que le choix du Président Michel Martelly, de Daniel Gérard Rouzier au poste de Premier Ministre soit ratifié, il doit obtenir un vote favorable dans chacune des deux Chambres, qui sont dominées par la plateforme INITE.
Négociations
Depuis quelque jours les négociations sont ouvertes, entre autres, une rencontre a eu lieu mercredi au restaurant Tiffany entre Premier Ministre désigné et le Groupe des parlementaires du renouveau (GPR). Le partage de cinq ministères entre l’administration Martelly et le GRP aurait été évoqué pendant la rencontre. Le sénateur Fritz Carlos Lebon (INITE) a pour sa part déclaré « Il faut un partage de responsabilités, en d’autres termes un partage des postes ministériels » ajoutant que « le Premier Ministre sait qu’en se présentant devant la majorité qu’il y aura cohabitation. C’est peut-être ce qu’il cherche en demandant cette rencontre ».
Les sénateurs Jean Hector Anacacis et Moise Jean Charles (INITE), membres du bloc majoritaire au Parlement, réclameraient tant qu’à eux des postes ministérielles importants (Finance, Travaux Publiques, Justice…) sinon ils ne ratifieront pas l’énoncé de politique générale du Mr. Rouzier.
Carte de résidence, les avis divergent
Mr Rouzier avait déclaré à propos de sa carte de résidence « J’ai également une carte de résidence américaine, comme j’ai étudié à l’extérieur, j’ai vécu 8 ans aux États-Unis. Quand je suis retourné en Haïti, j’avais près de 26 ans, donc cela fait près de 24 ans que je suis dans le pays et que je travaille, mais j’ai une carte de résidence, que je dois remettre également », mais pour Me Samuel Madistin, un ancien sénateur, Mr Rouzier ne peut pas être ratifié « s’il est résident aux États-Unis, il ne répond tout simplement pas aux critères établis par la constitution » ajoutant que « le parlement n’a qu’à constater cela et statuer sur le dossier. Il n y a pas de marchandage au niveau de la constitution », même constat pour Me Carlos Hercule, du barreau de Port-au-Prince « il ne pourra donc pas être ratifié Premier Ministre, même s’il était dans le pays ». D’autres hommes de loi parlent de résidence primaire et de résidence secondaire qui sont clairement définis au niveau des lois américaines.
Le sénateur Steven Benoît avait déclaré mardi « Mon vote est déjà acquis, si le Premier Ministre satisfait les conditions d’éligibilité. Le Premier Ministre n’a aucun problème, c’est une personne qui fonctionne depuis 25 ans dans le pays, il a une carte de résidence [américaine] d’ailleurs il a dit qu’il allait la remettre, tous le monde sait qui est Daniel Rouzier. »
Rien n’est joué
À l’heure actuelle rien n’est joué pour le Premier Ministre désigné, « est-ce que le Parlement va ratifier ou pas le choix ? Étant donné que le Premier ministre désigné entame des pourparlers, attendons-voir » s’interroge Saurel Jacinthe.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3013-haiti-politique-daniel-gerard-rouzier-reponds-aux-questions-de-michel-martelly.html
http://www.haitilibre.com/article-3003-haiti-premier-ministre-le-president-martelly-explique-son-choix.html
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti – Social : Impact du 12 janvier sur la vie et les opinions des citoyens – Partie I
29/05/2011 08:51:11

Haïti - Social : Impact du 12 janvier sur la vie et les opinions des citoyens - Partie I« Haïti en détresse : impact du séisme de 2010 sur la vie et les opinions des citoyens » présente les résultats d’un sondage face-à-face d’opinion publique. Cette enquête a été spécialement conçue dans le but d’évaluer l’impact humain sur les survivants du séisme dévastateur qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010. L’enquête a été menée par le Projet d’Opinion Publique en Amérique Latine (LAPOP) de l’Université Vanderbilt dans le cadre du projet régional Baromètre des Amériques avec le soutien financier de l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID).
Dans cette première partie, les opinions des citoyens sur la démocratie après le séisme, l’appui au système politique, la participation politique et capital social, la criminalité et corruption, la Confiance envers le système juridique et soutien envers l’état de droit, le Gouvernement local et les conditions économiques après le séisme.
Les opinions des citoyens sur la démocratie après le séisme
Une des plus encourageantes conclusions de cette étude est que, malgré les conséquences sociales et économiques catastrophiques du séisme, les Haïtiens n’ont pas tournés le dos à la démocratie en continuant de croire qu’elle est le meilleur système de gouvernement. Le degré de soutien à la démocratie après le séisme est demeuré inchangé dans les communes qui ont subi des dommages importants et dans les communes qui ont été moins touchées.
Lorsqu’interrogés sur leur degré d’accord sur la notion que la démocratie est le meilleur système de gouvernement, 64,3 % des sondés en 2010 ont donné une cote de plus de 5 points sur une échelle de 1 à 7. Toutefois, il est important de noter que, comparativement aux autres pays, Haïti est parmi les pays dans les Amériques qui présentent la plus faible moyenne à l’égard du soutien à la démocratie. Les années de scolarité et l’évaluation de la performance de travail du Président actuel sont des facteurs qui déterminent le degré de soutien à la démocratie des citoyens en Haïti.
Appui au système politique
Alors que la catastrophe n’a pas ébranlé le soutien à la démocratie, l’enquête a permis de constater un grand mécontentement concernant la réaction du gouvernement national face à l’urgence, résultant en un découragement généralisé envers le système politique proprement dit. Interrogés après le séisme sur la question de la performance des institutions, les citoyens accordent au gouvernement national le taux le plus bas, soit une moyenne de 40,0 points sur une échelle de 0 à 100. À l’inverse, les ONGs et les gouvernements étrangers ont obtenu les meilleurs résultats, soit 68,1 et 59,7 points respectivement.
Le découragement des citoyens quant à la performance du gouvernement national après le séisme a certainement ébranlé la légitimité du système politique déjà contesté, passant de 40,6 points en 2008 à 32,0 points en 2010. L’enquête du Baromètre des Amériques a démontré qu’après le séisme, le faible appui au le système politique était généralisé en Haïti.
Comparativement à 2008, une baisse statistiquement significative d’environ 10 points a été constatée concernant l’appui au système politique dans les communes épargnées où il était plus élevé avant le séisme que dans les communes touchées. Une diminution a également été constatée dans les communes touchées. Ce n’est pas étonnant, car la majorité des survivants ont perdu un parent ou un ami dans la catastrophe et la période prolongée de reconstruction du pays a provoqué un mécontentement généralisé du système politique qui, quoi qu’il en soit, était fortement contesté avant le séisme.
Participation politique et capital social
Au moment où les Haïtiens vivent une des périodes les plus difficiles de leur histoire et qu’ils n’ont plus confiance envers leurs institutions politiques, un nombre important d’entre eux sont descendus dans les rues pour exiger qu’elles agissent et ils se sont joints à des organismes de citoyens.
Les résultats indiquent que 25 % des Haïtiens vivant sous des tentes ont affirmés avoir participé à une manifestation.
Le pays, dans son ensemble, présente le taux de participation le plus élevé à des manifestations dans les Amériques avec un taux moyen de 17,2 %. Les résultats de l’enquête ont également démontrés que, dans les Amériques, le taux de participation le plus élevé à des organismes de citoyens (sans tenir compte des organisations religieuses) appartient à Haïti avec 76,6 % des sondés qui ont déclaré avoir participé à au moins une association civique au cours des douze derniers mois. De plus, nous avons constaté que, entre 2008 et 2010, le taux de participation à des associations d’amélioration des communautés a considérablement augmenté dans les communes touchées par la catastrophe, passant de 34,9 % à 45,6 %
Alors que dans les communes touchées par le séisme, les citoyens participent davantage à des organismes civiques, leur degré de confiance envers leurs concitoyens, un autre élément primordial du capital social, a diminué considérablement à la fois dans les communes touchées et celles épargnées.
Par contre, nous avons constaté que les personnes vivant dans les communes touchées et dont le logement a subi de lourds dommages, parmi lesquelles un grand nombre ont été contraintes de vivre sous des tentes, sont les plus méfiantes de la population. L’ampleur des dommages au logement est associée à un degré de confiance interpersonnelle inférieur, tel qu’évalué par le degré de confiance envers les autres.
Après le séisme, le taux moyen de confiance interpersonnelle en Haïti était de 32 points (sur une échelle de 0 à 100), le plus bas des Amériques. Il est probable que le faible degré de confiance soit la conséquence de la dissolution des réseaux sociaux causée par les gens qui ont quitté leur communauté d’origine pour se réfugier sous des tentes. Nous croyons que le faible degré de confiance est également une conséquence du taux de criminalité tel que décrit plus bas.
Criminalité et corruption
Les statistiques sur la criminalité révèlent qu’en 2010, 19,3 % des sondés ont déclaré avoir été victime d’un crime dans les douze mois précédents l’enquête. Même si le pourcentage de victimes de crime a légèrement diminué entre 2006 et 2008 (de 16,9 % à 14,3 %), une des plus inquiétantes conclusions est qu’environ 63 % des victimes de crime ont déclaré qu’elles ont vécu un crime avec violence. Sur la question du type de crime subit, la majorité des victimes (51,2 %) ont déclaré avoir vécu soit un vol avec agression physique, soit un vol à main armée. Par ailleurs, environ 12 % des victimes de crimes ont été agressées sexuellement, kidnappées ou agressées physiquement.
De plus, les résultats de l’enquête du LAPOP révèlent que le séisme a significativement fait augmenter la criminalité et la violence dans les communes touchées. Après le séisme, notre enquête a permis de constater que le taux de criminalité dans les communes touchées était plus que deux fois supérieur à celui des communes épargnées (26,4 % comparativement à 12,1 %). Entre 2008 et 2010, le taux de victimisation est passé de 15,4 % à 26,4 % dans les communes touchées.
Les personnes vivant dans les communes touchées par le séisme n’ont pas toutes été exposées également à la criminalité. Nous avons constaté que les femmes vivant sous des tentes ont été les principales victimes de la vague de violence et de criminalité après le séisme.
Parmi les personnes vivant sous des tentes qui ont déclaré avoir été victime d’un crime, 36,2 % sont des femmes, tandis que 22,9 % sont des hommes. À l’inverse, dans les communes épargnées l’écart est faible entre les femmes et les hommes. Ces résultats confirment ce que les médias rapportaient : les femmes vivant sous des tentes ont été plus vulnérables à des abus après le séisme en Haïti et des mesures ciblées afin de mieux protéger les femmes doivent être entreprises.
Cependant, le degré de corruption chez les fonctionnaires, une autre forme de comportement illégal, est demeuré inchangé après le séisme. Toutefois, il est possible que ce soit parce que le degré de corruption avant le séisme en Haïti était déjà beaucoup plus élevé que partout ailleurs dans le monde et peut-être que la limite supérieure de déclaration a été atteinte. En 2010, 53,6 % de la population a révélé avoir payé un pot-de-vin à un fonctionnaire au cours des douze derniers mois, comparativement à 48,2 % en 2008.
Confiance envers le système juridique et soutien envers l’état de droit
Le pouvoir réduit des institutions judiciaires à cause du séisme et le degré plus élevé d’insécurité ont incité les citoyens à être plus méfiants envers le système juridique national et à approuver davantage les autorités qui agissent en marge de la loi pour combattre le crime. Le degré de confiance envers le système juridique, d’une moyenne de 43,1 points (sur une échelle de 0 à 100) en 2008, est descendu à 36,2 points en 2010. Comme on pouvait s’y attendre, le degré de confiance envers le système juridique a principalement diminué dans les régions où le taux de criminalité est le plus élevé, c’est-àdire dans les communes touchées par le séisme, passant d’une moyenne de 39,1 à 33,0 points.
Le nombre de citoyens qui appuie l’état de droit a considérablement chuté. En 2008, 81,4 % de la population qui habitait dans des communes touchées par le séisme étaient d’avis que pour arrêter les criminels, « les autorités devraient toujours respecter la loi », mais seulement 57,2 % étaient de cet avis après le séisme.
Alors que les Haïtiens ont une mauvaise opinion du système juridique, ils ont une meilleure opinion de la performance de la police nationale. En 2010, le degré de confiance envers la police en Haïti était tout de même élevé comparativement à d’autres pays dans les Amériques. Avec une cote moyenne de 53,7 points sur une échelle de 0 à 100, Haïti se place au 10e rang sur 26 pays. Néanmoins, dans les communes touchées par le séisme avec un taux élevé de criminalité, le degré de confiance envers la police a diminué. Le degré de confiance moyen envers la police est passé de 57,0 à 50,1 points sur une échelle de 0 à 100 dans ces communes.
Étonnamment, même si nous avons constaté qu’une importante proportion d’Haïtiens accepte que les autorités ou la police contournent la loi à l’occasion pour arrêter des criminels, les résultats démontrent qu’après le séisme, un grand nombre de citoyens étaient moins en faveur que des personnes fassent leur propre justice lorsque le gouvernement ne punit pas les criminels, craignant peut-être que ces actes illégaux pourraient entraîner un chaos social.
Gouvernement local
Sur l’étude des perceptions des citoyens à propos des gouvernements locaux et le taux de participation à leurs activités. La méfiance envers les autorités communales est un phénomène généralisé en Haïti, qui est demeuré stable ces deux dernières années, malgré les effets dévastateurs du séisme sur celles-ci. En 2010, le degré de confiance moyen envers le gouvernement municipal était de 33,9 points sur une échelle de 0 à 100.
Toutefois, l’enquête révèle que les personnes dont le logement a subi de lourds dommages sont moins confiantes envers le gouvernement municipal, ce qui signifie qu’ils sont particulièrement insatisfaits de la manière que leur administration municipale a géré la crise.
En outre, les résultats de l’enquête démontrent qu’en dépit des grands besoins du pays, la vaste majorité des citoyens, soit 85,8 %, n’a pas demandé d’aide auprès de leur gouvernement municipal. Aussi, la décision de ne pas communiquer avec les gouvernements locaux est fondée sur des évaluations rationnelles puisque seulement un petit nombre de personnes, plus précisément seulement 26,9 %, se sont tournées vers leur gouvernement municipal et ont déclaré que leurs problèmes avaient été résolus. Dans le même ordre d’idées, les citoyens ne participent pas davantage aux activités du gouvernement local, telles que des rencontres organisées par les municipalités, qu’avant le séisme.
Conditions économiques après le séisme
L’enquête de 2010 comprenait une série de questions afin d’évaluer les opinions des citoyens au sujet de leur économie personnelle et de leur condition économique actuelle. Étant donné le taux élevé de pauvreté en Haïti, il n’est pas étonnant que la majorité de la population considère leur situation économique personnelle comme « mauvaise » ou « très mauvaise ». 43,1 % des gens perçoivent leur situation économique en tant que « mauvaise » et 20,3 % la considèrent « très mauvaise ». Les mesures objectives de la situation économique calculées d’après les données recueillies par le LAPOP indiquent que la condition économique de la population en Haïti est critique.
Les résultats indiquent que 47,9 % des sondés n’avaient pas d’emploi lors du sondage, 34,5 % d’entre eux en avaient un et 17,6 % se sont identifiés en tant qu’étudiants ou retraités. Parmi ceux qui ne travaillaient pas, 56,5 % ont affirmé qu’ils étaient activement en recherche d’emploi. En outre, un grand nombre de travailleurs occupaient un emploi de piètre qualité puisque 55,7 % des sondés qui ont déclaré avoir un emploi ont été identifiés comme des travailleurs « informels » ou des employés sans contrat officiel et sans sécurité sociale. (Les travailleurs informels sont des personnes qui travaillent dans le secteur privé sans contrat ni assurance maladie de leur employeur (sans tenir compte des employeurs et des propriétaires d’entreprises).
Les données révèlent également que les femmes sont en grande partie celles qui occupent des postes avec une faible qualité d’emploi, telle que mesurée par l’emploi informel.
Lorsque les données du LAPOP sur les biens ménagers et l’accès aux services de base sont analysées, une diminution significative de la « richesse » des ménages est observée après le séisme. Ce qui signifie une augmentation de la pauvreté et que les conditions de vie des Haïtiens se détériorent. Comme on peut le constater, après le séisme, un très grand nombre de personnes (45 %) se retrouvent dans le premier quintile de richesse (c’est-à-dire le plus pauvre), ce qui signifie qu’un nombre nettement plus grand d’Haïtiens se sont retrouvés pauvres après le séisme. Plus précisément, le pourcentage de la population du premier quintile de richesse est passé d’environ 20 % à 45 %.
Partie II
http://www.haitilibre.com/article-3052-haiti-social-impact-du-12-janvier-sur-la-vie-et-les-opinions-des-citoyens-partie-ii.html
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti – Social : Impact du 12 janvier sur la vie et les opinions des citoyens – Partie II
29/05/2011 09:55:01

Haïti - Social : Impact du 12 janvier sur la vie et les opinions des citoyens - Partie II

« Haïti en détresse : impact du séisme de 2010 sur la vie et les opinions des citoyens » présente les résultats d’un sondage face-à-face d’opinion publique. Cette enquête a été spécialement conçue dans le but d’évaluer l’impact humain sur les survivants du séisme dévastateur qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010. L’enquête a été menée par le Projet d’Opinion Publique en Amérique Latine (LAPOP) de l’Université Vanderbilt dans le cadre du projet régional Baromètre des Amériques avec le soutien financier de l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID).
Dans cette deuxième partie, prestation des services de base, la satisfaction face à la vie et accès à l’électricité et à l’eau courante, comment améliorer le niveau de vie en Haïti et les conclusions de l’étude.
Prestation des services de base
L’accès aux services de base comme l’eau, l’électricité, la nourriture, les soins de santé et l’éducation
est considérablement limité au pays et certaines populations ont clairement un accès plus limité aux
services de base que d’autres.
Une inégalité déconcertante dans l’accès aux services de base est une des caractéristiques principales du
sous-développement d’Haïti.
Par exemple, l’étude permet de constater que plus de la moitié de la population (53,2 %) n’avait pas d’accès direct à l’électricité après le séisme. L’inégalité est d’autant plus évidente lorsque l’échantillon est séparé entre les zones rurales et urbaines selon le niveau de richesse. En zone rurale, 79,1 % des personnes du troisième tercile de richesse ont l’électricité à la maison, tandis que seulement 7,9 % des personnes dans le premier tercile y ont accès. De même, en ce qui a trait au service d’eau, seulement 40,1 % de la population a accès à l’eau courante. En revanche, seulement 12,6 % des personnes du premier tercile de richesse qui vivent en zones rurales ont l’eau courante comparativement à 48,2 % à ceux du troisième tercile.
Électricité
– Seulement 48,8 % des ménages ont un accès direct à l’électricité en Haïti.
– Environ 68 % des ménages en zone métropolitaine et 26,7 % en zones rurales ont accès à l’électricité.
– L’inégalité d’accès est plus marquée en zones rurales : seulement 7,9 % des ménages du premier tercile de richesse ont l’électricité comparativement à 79,1 % des ménages du troisième tercile.
– Plus de la moitié des ménages qui ont l’électricité ont le service moins de sept heures par jour.
– Dans les zones rurales, le taux de satisfaction à l’égard du service d’électricité est de loin le plus bas avec 27,5 points sur une échelle de 0 à 100.
Eau
– Seulement 40,1 % des familles ont accès à l’eau courante en Haïti.
– Environ 68 % des ménages en zone métropolitaine et 22,9% en zones rurales ont accès à l’eau courante.
– L’inégalité d’accès est plus marquée en zones rurales : seulement 12,6 % des ménages du premier tercile de richesse ont l’eau courante comparativement à 48.2 % des ménages du troisième tercile.
– Seulement 47 % des gens qui ont l’eau courante ont déclaré qu’ils avaient ce service quotidiennement.
– Les personnes en zones rurales présentent le taux moyen de satisfaction le plus bas à l’égard des installations d’eau courante avec 32,1 points sur une échelle de 0 à 100.
Soins de santé
– Environ 37 % des personnes ont affirmé avoir eu personnellement besoin (ou quelqu’un d’autre vivant sous le même toit) de soins médicaux au cours de la dernière année.
– Environ 30 % des personnes qui ont eu des soins médicaux ont consulté un généraliste, suivi par un spécialiste (28,3 %) ou une infirmière (25,7 %).
– Les personnes qui résident en zone métropolitaine présentent le plus haut taux de satisfaction des installations de soins de santé avec 70,2 points sur une échelle de 0 à 100.
– Les personnes qui résident en zones rurales présentent le taux moyen de satisfaction le plus bas à l’égard des installations de soins de santé (58 points).
– Environ la moitié de la population a évalué le système de soins de santé primaires dans leur pays comme étant « ni bon ni mauvais ».
Alimentation
– Environ le tiers des sondés ont déclaré qu’au moins un adulte de leur ménage a été privé de nourriture pendant toute une journée au moins une fois au cours des trois mois précédents l’enquête.
– L’insécurité alimentaire est un problème important dans toutes les zones du pays.
Éducation
– Environ 65 % des ménages en Haïti ont des enfants d’âge scolaire (entre 6 et 17 ans).
– Un enfant d’âge scolaire dans une famille moyenne de deux enfants d’âge scolaire a 73 % de chance de fréquenter l’école.
– Un enfant d’âge scolaire dans une famille de quatre enfants d’âge scolaire a 44 % de chance de fréquenter l’école.
– Les sondés qui habitent avec des enfants qui étudient dans des écoles privées sont considérablement plus satisfaits de la qualité de l’éducation que ceux qui ont des enfants qui fréquentent les écoles publiques, indépendamment du lieu de résidence.
– Environ 44 % de la population a évalué la qualité du système d’éducation comme étant « ni bon ni mauvais ». Par contre, 36,2 % de la population a une perception négative de l’éducation, jugeant les services comme « mauvais » ou « très mauvais ».
Satisfaction face à la vie et accès à l’électricité et à l’eau courante
Comme c’est le cas pour de nombreux autres indicateurs dans l’étude, nous avons constaté qu’Haïti est au dernier rang comparativement aux autres pays des Amériques pour ce qui est du degré de satisfaction des citoyens à l’égard de la vie. Sur une échelle de 0 à 100, le degré moyen de satisfaction face à la vie en Haïti est de seulement 35,4 points. Inversement, le Brésil et le Costa Rica sont les pays qui affichent les résultats les plus élevés avec 67,7 et 71,6 points respectivement. De plus, le degré moyen de satisfaction face à la vie en Haïti est bien inférieur à la deuxième cote la plus faible de tous les pays avec un peu plus de 50 points.
Le degré de satisfaction face à la vie, les Haïtiens sont de loin les citoyens les plus tristes dans l’hémisphère occidental.
Les facteurs de l’accès à l’électricité et à l’eau courante ont un effet important sur l’insatisfaction généralisée face à la vie en Haïti. Même si le degré général de satisfaction face à la vie est faible au pays, les gens n’ayant pas accès à l’électricité ou à l’eau courante présentent des résultats encore plus inférieurs.
Comment améliorer le niveau de vie en Haïti?
Nous constatons que, parce que les Haïtiens ont peu confiance à la performance du gouvernement, le soutien du public à l’égard des mesures gouvernementales pour améliorer le sort des pauvres est très faible. En effet, Haïti présente le degré de soutien le plus faible pour les mesures actuelles de réduction de la pauvreté et de l’inégalité en Amérique latine et aux Caraïbes avec 62,7 points sur une échelle de 0 à 100.
Comme on peut le constater, le soutien aux mesures économiques gouvernementales est fortement lié aux opinions des citoyens sur la performance du président, donc, du gouvernement. Les personnes qui perçoivent négativement la performance du président sont peu en faveur des mesures publiques visant à améliorer les conditions de vie des personnes dans le besoin. Cette constatation a d’importantes répercussions dans l’élaboration de stratégies de développement en Haïti.
Les conclusions de l’étude tendent à démontrer que, compte tenu du faible degré de confiance envers le gouvernement, une stratégie de développement en Haïti a plus de chances de réussir si elle implique la participation du secteur privé et des institutions non-gouvernementales combinée à des efforts visant à renforcer la capacité des institutions gouvernementales.
PARTIE I
http://www.haitilibre.com/article-3051-haiti-social-impact-du-12-janvier-sur-la-vie-et-les-opinions-des-citoyens-partie-i.html
HL/ HaïtiLibre

samedi 28 mai 2011

28 Mai

Edito

Haïti: Cohabitation ou affrontement ?

Le Nouvelliste

Y a-t-il vraiment d’énormes difficultés pour former le gouvernement de Daniel Gérard Rouzier ? Oui et non.
Oui, si le président Michel Martelly et ses principaux conseillers cherchent à diriger sans la participation des groupes parlementaires, notamment le parti INITE, alias Regroupement des parlementaires pour le Renouveau (GPR).
Non, si la sagesse politique et le pragmatisme, alimentés par les normes et les exigences de notre régime semi-parlementaire, semi-présidentiel, guident les décisions de nos nouveaux dirigeants, conscients du primat de la négociation pour inclure les groupes parlementaires dans la composition du cabinet ministériel.
Voila en bref le dilemme terrifiant auquel doit faire face notre fringant chef d’Etat : la cohabitation ou l’affrontement, le consensus ou le blocage, la gouvernabilité ou l’instabilité. Il n’y a pas à en sortir de là. On ne peut pas nier l’importance incontournable du Parlement dans la gestion (bonne ou mauvaise) du pouvoir.
A bien y regarder, la difficulté de gouverner ce pays a toujours été liée en grande partie à la nature tyrannique ou hégémonique des vainqueurs du jour ou des heureux élus. L’exclusion est un mal qui ronge notre société à tous les niveaux. Pourtant, dans un passé pas trop lointain, le président René Préval, en formant en 2006 avec le Premier ministre Jacques Edouard Alexis un gouvernement de coalition dit « gouvernement pluriel», avait donné un bel exemple d’inclusion politique et parlementaire. Mais il y avait malheureusement un hic dans cette formule : l’absence d’un véritable programme de gouvernement patiemment élaboré avec la participation de tous les partis, fondé sur des feuilles de route cohérentes et détaillées en guise d’un pacte de stabilité que le Parlement aurait pour devoir d’évaluer par la suite en toute objectivité.
L’élaboration de ce programme commun de gouvernement aurait pour vertu de prévoir les problèmes d’incohérence et de leadership gouvernemental, les luttes de personnes, les rivalités partisanes susceptibles d’entraîner la paralysie et l’implosion du gouvernement.
Cette lecture sereine et froide de l’après-Préval revêt au fond un caractère certes positif mais exigeant, car Haïti n’est pas un pays apaisé ni stable. Au contraire. Les leçons essentielles des élections du 28 novembre 2010 et du 20 avril 2011 exigent de nos nouveaux dirigeants – y compris nos parlementaires- qu’ils fassent preuve de retenue, de réalisme, de grandeur d’âme, de pondération et d’ouverture mais surtout de flexibilité et de courage patriotique pour ne pas nous entraîner, comme par le passé, dans un tourbillon de crises institutionnelles, de malheurs, d’incertitudes.
Pierre-Raymond Dumas

 

Haïti-CEP-Corruption

Deux membres du CEP par-devant la commission sénatoriale d’enquête sur la corruption au sein de l’institution électorale

La conseillère électorale Laurette Croyance affirme n’avoir jamais entendu parler de corruption lors des réunions au CEP

samedi 28 mai 2011

Les auditions dans l’enquête sur la corruption au Conseil Electoral Provisoire (CEP) se sont poursuivies vendredi au Sénat avec la comparution des conseillers électoraux Laurette Croyance et Ribel Pierre.

Ils ont été entendus séparément par les membres de la commission sénatoriale d’enquête présidée par le sénateur de l’Artibonite Youri Latortue.

Au sortir de l’audition, Mme Croyance a affirmé avoir répondu à toutes les questions des sénateurs chargés de l’enquête. Quant à l’objet même de la convocation, en l’occurrence la question de la corruption au sein de l’institution électorale, elle a soutenu n’en rien savoir vu que « pareil sujet n’a jamais été abordé lors des réunions du conseil ».

C’était la première fois que la commission rencontrait des membres du CEP dont elle a sollicité et obtenu l’interdiction de laisser le pays. Auparavant, elle avait rencontré des candidats, des ministres du gouvernement démissionnaire Préval/Bellerive et le chef de la Police Nationale d’Haïti. [jmd/Radio Kiskeya]

 

Haïti – Économie : «Ce marché est une oeuvre d’art» dixit Martelly
27/05/2011 19:14:41

Haïti - Économie : «Ce marché est une oeuvre d'art» dixit MartellyDe concert avec le Président haïtien Michel Martelly, le gouvernement américain a inauguré le marché de Savane Pistache en Haiti en vue de supporter les marchands locaux et promouvoir la stabilité dans la communauté. De nombreuses personnalités comme le maire de Port-au-Prince Muscadin Jean Yves Jason, le député de la troisième circonscription de Port-au-Prince Jean Baptiste M’Zou Naya Belange, l’Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique Kenneth H. Merten, des représentants de la Fondation SOGEBANK , de l’USAID, de CHF et des membres d’associations locales, étaient présent.
Savane Pistache, située à Carrefour-Feuilles, à Port-au-Prince, est une zone densément peuplée qui connait un taux de chômage très élevé. Le marché de Savane Pistache, érigé sur une superficie de 5.000 mètres carrés, sera mis à la disposition de 300 marchands et des 25.000 habitants de la communauté en attirant plus d’activités commerciales.
Le gouvernement des Etats-Unis, à travers l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID), a travaillé en partenariat avec la CHF International et les membres de la communauté locale dans la construction du marché. Cette cérémonie d’inauguration tenait également lieu de remise officielle de la gestion du marché à la mairie de Port-au-Prince et aux membres des organisations locales.
« Nous sommes heureux d’avoir pu collaborer avec les autorités du gouvernement haïtien et les membres de la communauté locale dans la construction de ce marché », a déclaré l’Ambassadeur des Etats-Unis en Haiti, Kenneth H. Merten. « Nous sommes déterminés à continuer à travailler avec le gouvernement haïtien en vue de trouver des moyens novateurs et durables pour la reconstruction du pays », a-t-il poursuivi.
« Ce marché est une œuvre d’art », s’est réjouit le Chef de l’Etat, adressant ses remerciements aux différents acteurs impliqués dans la construction de cette importante infrastructure. « Haïti peut changer, Haïti va changer », a-t-il rappelé.

Le bâtiment à plusieurs niveaux est construit de manière à faciliter l’accès aux personnes handicapées, et comprend de toilettes et de salles de bain. Les caractéristiques qui respectent l’environnement incluent un système permettant de recueillir l’eau de pluie captée sur le toit dans un réservoir d’une capacité de 10.000 gallons. Le marché bénéficiera également des avantages de recyclage et de compostage du Programme des Nations-Unies pour le Développement (PNUD).
Les 15 pavillons du marché sont peints de couleurs vives et des fresques réalisées par des artisans locaux ornent les allées et les murs intérieurs. Au cours de cette cérémonie d’inauguration, des juges ont décerné des prix aux meilleures réalisations.
Un sous-commissariat de Police pour Savane Pistache
Au cours de cette cérémonie d’inauguration, le Président Martelly a annoncé qu’il va s’entretenir dans l’immédiat avec le directeur général de la Police Nationale d’Haïti (PNH), Monsieur Mario Andresol, afin de prendre des dispositions nécessaires pour que Savane Pistache puisse se doter d’un sous-commissariat de Police. « Avec les maigres ressources que nous disposons, nous allons voir ensemble ce qui doit être fait, peut-être aussi avec nos partenaires, pour construire ce sous-commissariat », a promis le Président de la République.
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http://www.haitilibre.com/article-3036-haiti-economie-inauguration-du-marche-de-savane-pistache.html
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti-Politique : Les quatre « e » de Martelly

P-au-P, 27 mai 2011 [AlterPresse] — La tâche qui attend la nouvelle administration parait immense et tout semble prioritaire, alors que le premier ministre désigné, Daniel Rouzier, poursuit son opération de séduction auprès du Parlement.

En attendant d’obtenir ou non sa ratification et de présenter sa politique générale, l’Etat de droit, l’éducation, l’environnement et l’emploi sont les quatre axes déjà dégagés par le président Michel Martelly. Quatre axes comme dans la roue d’un cercle vicieux, où chaque défi en appelle un autre.

A plusieurs reprises, les Nations Unies ont signalé que l’instauration d’un Etat de droit est incontournable. L’absence d’Etat de droit mine les institutions publiques avait d’ailleurs estimé récemment Edmond Mulet, ex-représentant de Ban Ki Moon en Haïti.

« E » pour « en finir avec l’impunité »

Selon Pierre Esperance, du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), le procès de l’ancien dictateur Jean Claude Duvalier représente à la fois « un gros défi pour le gouvernement » et un signe qu’Haïti se dirige dans cette direction. Duvalier est dans le collimateur de la justice haïtienne depuis son retour le 16 janvier dernier. Il est poursuivi entre autres pour crimes contre l’humanité et détournements de fonds.

« Il faut qu’ils[les nouveaux responsables] donnent un signal clair, qu’ils veulent rompre avec l’arbitraire et combattre l’impunité » en contribuant à faire avancer le processus, souligne Esperance.

Les organisations nationales et internationales de droits humains ont résolument les yeux rivés sur l’attitude des nouveaux responsables vis-à-vis du dossier de Duvalier. Plusieurs ont, cette semaine enjoint Michel Martelly, d’« affecter les ressources humaines suffisantes à l’enquête et aux poursuites ».

L’une des faiblesses du système judiciaire haïtien, souvent mise en avant, est sa subordination à l’Exécutif. Pour Pierre Esperance, un Etat de droit implique non seulement un appareil judiciaire indépendant mais que « tous les citoyens soient soumis à la loi sans considérations économiques, sociales ou politiques ».

Instaurer l’Etat de droit suppose aussi la réduction des écarts au sein d’une population dont 68% des habitants vivent avec moins de deux dollars par jour, soit en dessous du seuil de pauvreté.

« Il y a trop d’inégalités », souligne Esperance, et l’Etat de droit implique « des institutions fonctionnelles » qui délivrent les services aux citoyens en ayant « la loi comme boussole ». Il faudra sortir les sinistrés sous les tentes, et préparer un plan de retrait de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti(MINUSTAH), poursuit le responsable du RNDDH entre autres priorités.

« Le retrait de la MINUSTAH ne signifie pas forcément le retour de l’armée d’Haïti… Je ne crois pas que le pays ait besoin d’une armée », précise Esperance plaidant pour une force de police équipée.

La police compte un peu plus de 9 mille agents actifs et Martelly manifeste sa volonté de créer une force de sécurité complémentaire.

« E » pour « éradiquer la misère »

Le président de la République a souvent affirmé son intention de « créer un climat » favorable aux investissements dans le pays considéré comme le mauvais élève en matière de stabilité dans la région. La création d’emplois constitue l’une de ses principales promesses, lui qui a vanté lors de son investiture l’esprit travailleur du peuple haïtien.

Selon un rapport du Bureau International du Travail (BIT) paru en 2010, seules 2,3 millions de personnes sur une population totale de 10 millions d’habitants ont une occupation. Et sur ce chiffre 80% vivent d’emplois informels.

Cependant « il ne s’agit pas d’une question d’emplois mais de conditions de travail et de salaire », affirme Didier Dominique de l’organisation Batay Ouvriye.

Le chef de l’Etat aurait pu montrer sa rupture avec « le statu quo » en réclamant une augmentation du salaire minimum ou au moins le respect de la loi actuelle le fixant à 200 gourdes, explique Dominique.

Le militant rappelle que le président compte appuyer la stratégie d’implantation de zone franche et d’industries de sous-traitance dans le pays. Une stratégie qui, selon lui, a abouti à la destruction de la production nationale et l’exode rural, gage d’un afflux de main d’œuvre pour la sous-traitance. En 2009 ce secteur comptait un peu plus de 300 mille ouvriers et ouvrières.

« Il s’agit d’une démarche des Etats-Unis entamée depuis 30-50 ans et qui n’a abouti qu’à l’appauvrissement et l’exploitation » du pays, analyse t-il.

Didier Dominique juge que le président symbolise en ce sens un « retour en arrière et non le changement ». « Il (Martelly) va mettre une pierre en plus dans l’édifice érigé par les multinationales » et « s’apprête à entrer dans la même logique », anticipe t-il.

Par ailleurs 40% de la population haïtienne travaille dans l’agriculture, selon le BIT. Et dans le milieu rural ce chiffre atteint 72%. Il s’agit d’un secteur marginalisé, ayant une maigre part dans le budget national.

Pour Filfranc Saint-Naré, du Mouvement des Paysans Papaye(MPP), la création d’emploi en milieu rural est une priorité. Selon lui, le gouvernement peut développer toute une série d’activités allant de la construction de routes agricoles à la mise en place de système d’irrigation, « pour que le paysan ne soit pas contraint qu’à prendre une machette [pour travailler la terre] quand il doit envoyer ses enfants à l’école ».

L’administration aura à répondre aux desiderata habituels des planteurs en fournissant encadrement technique, moyens et outils de production, mais aussi en investissant dans la transformation des produits agricoles.

« Aujourd’hui les paysans récoltent mais ils n’ont pas de moulins pour transformer la canne, le manioc », explique Sénaré, appelant aussi à des investissements dans l’élevage.

Eviter une crise environnementale

« Dans plusieurs régions rurales, surtout en période sèche, les pratiques de brulis détruisent non seulement les micros organismes mais aussi les petits arbustes. Et les mornes finissent totalement nues », relève Vilfranc Sénaré. « Il faut rebâtir les forêts de ce pays », ajoute-t-il.

Il appelle en outre à l’« utilisation d’énergies alternatives comme le soleil et l’eau pour réduire la pression qui existe sur les arbres avec le charbon de bois ».

Le charbon de bois représente les trois quart de la consommation en énergie du pays, selon le Bureau des Mines et de l’Energie (BME). En 2006, plus de la moitié des réserves d’arbres du pays était déjà utilisée. [kft apr 27/05/2011 14 :40]

 

Haïti: La signature de Préval sera gardée

Le Nouvelliste

Le chef de l’Etat et les présidents du Sénat et de la Chambre des députés ont convenu de corriger la version de l’amendement constitutionnel contenant des erreurs matérielles et publiée dans Le Moniteur, journal officiel du pays. La signature de l’ex-président René Préval et celles de ses ministres seront gardées dans le document, selon Saurel Jacinthe, vice-président de l’Assemblée nationale, quand les deux Chambres se réunissent.
Le chef de l’Etat, Michel Martelly, détient déjà le texte corrigé. Il devra autoriser les Presses Nationales d’Haïti à publier la bonne version dans Le Moniteur, a confié Saurel Jacynthe, lors d’une conférence au Parlement. Une entente, dit-il, a été trouvée mercredi dernier entre le président Martelly, celui du Sénat, Rudolphe Joazile et moi-même. « Il s’agit d’une erreur à corriger. Le président Martelly va seulement autoriser les corrections», a fait savoir le député Jacynthe. Les signatures qu’elles soient des membres du bureau de l’Assemblée nationale ou de M. Préval, président d’alors, n’auront aucun changement. »
Six parlementaires dont les sénateurs Rudolphe Joazile, Kely C. Bastien, Mélius Hypollite et le député Saurel Jacynthe se sont entretenus à ce sujet, il y a deux jours, avec le président Martelly pour trouver une issue à la version erronée de l’amendement de la Constitution, publiée dans le journal officiel du pays, la veille de l’investiture de Michel Martelly. Pas moins de 8 articles ont été manipulés dans le document, au grand scandale des parlementaires.
« Le Pouvoir législatif peut prendre, à l’endroit du Premier ministre, plus d’un vote de censure par an. Tout Premier ministre ayant obtenu un vote de confiance peut-être interpellé dans un délai de six mois après ce vote de confiance. L’échec d’une motion de censure, soumise au vote dans l’une des deux Chambres, à l’endroit du Premier ministre équivaut à un vote de confiance », stipule l’article 129.6 de l’acte publié dans Le Moniteur du vendredi 13 mai 2011. Cet article est contraire au voeu des parlementaires qui avaient opté pour un moratoire d’une année. Les articles (63, 68, 90.1, 92, 92.3, 94.3, et 95) traitant du mandat des députés, sénateurs et élus locaux ont été littéralement modifiés.

 

Haïti: Le Parlement n’est pas encore prêt

Le Nouvelliste

Aucune date n’a été retenue pour l’ouverture de la session extraordinaire de la Chambre des députés convoquée par le chef de l’Etat, Michel Martelly. Les présidents du Sénat et de la Chambre basse accordent, cependant, leurs violons pour lancer le processus de ratification du choix de Daniel Gérard Rouzier, Premier ministre désigné.
« Ce n’est qu’aujourd’hui, 27 mai, que j’ai eu la lettre de convocation des députés en session extraordinaire », a dit d’entrée de jeu le président de la Chambre basse, Saurel Jacynthe, lors d’une conférence de presse. Cette précision a son pesant d’or pour M. Jacinthe qui peine à cacher un léger malaise entre la présidence de la Chambre des députés et celle du Sénat sur le processus de ratification du choix de Daniel Gérard Rouzier, candidat à la Primature. Le président du grand corps, Rodolphe Joazile, confirme avoir reçu depuis vendredi dernier la lettre de convocation, à l’insu de son homologue de la Chambre des députés. « Il y a eu une erreur de procédure sur laquelle je n’entends pas revenir. Evitons de faire de cette erreur un drame », a supplié Saurel Jacynthe qui répondait aux questions des journalistes accrédités au Parlement. Entre les deux branches d’un même pouvoir – législatif -, nuance-t-il, il peut y avoir un différend. Chose certaine, a assuré M. Jacinthe, la date de la convocation des parlementaires (députés et sénateurs) en Assemblée nationale pour ouvrir la session extraordinaire. Cette session convoquée par le chef de l’Etat est nécessaire à la ratification du choix de Daniel Rouzier.
Pour que le choix du Premier ministre soit ratifié, celui-ci doit obtenir un vote favorable dans chacune des deux Chambres, dominées par la plateforme Inité de l’ancien président René Préval. De quoi pousser Daniel Rouzier, 51 ans, à engager des discussions pour s’assurer d’un vote favorable dans les deux Chambres. Le partage de quelque cinq ministères stratégiques entre l’administration Martelly et le GRP aurait été évoqué lors d’une première rencontre dans un restaurant au bas de la ville, en ruine. « Il faut un partage de responsabilités, en d’autres termes un partage des postes ministériels », a exigé le sénateur Fritz Carlos Lebon de l’Inite. « Le Premier ministre sait qu’en se présentant devant la majorité qu’il y aura cohabitation. C’est peut-être ce qu’il cherche en demandant cette rencontre », a noté le parlementaire.
Issu de la même plateforme Inite, Saurel Jacinthe entend faire, pour sa part, la démarcation entre sa fonction de président de la Chambre basse et sa famille politique quand les journalistes évoquent les retards accumulés dans le processus de ratification du Premier ministre désigné. « La procédure constitutionnelle ne dépend pas des sentiments des présidents de la Chambre des députés et du Sénat. Le chef de l’Etat nous a consultés et désigné son Premier ministre ; c’est une obligation de convoquer la 49e législature en session extraordinaire », a fait savoir Saurel Jacinthe. « Est-ce que le Parlement va ratifier ou pas le choix, s’interroge-t-il ? Etant donné que le Premier ministre désigné entame des pourparlers, attendons-voir ».
En attendant un éventuel vote collectif du bloc majoritaire, Daniel Rouzier pourra compter sur des amis de longue date au Parlement. L’une des voix du groupe minoritaire, le sénateur Evallière Beauplan, n’est pas de la liste des amis de l’entrepreneur. Celui qui avait fait chanter une ancienne Premier ministre avant de lui donner son vote n’entend pas faire de chantage politique à M. Rouzier. Nous allons nous baser sur son programme politique, dit-il, pour voter. Dans la foulée des négociations pour prendre les commandes de la Primature – siège du gouvernement -, Daniel Rouzier laisse ses documents au bon soin de ses avocats. Des juristes considèrent la « carte de résidence américaine » comme un obstacle à la ratification de son choix.
Claude Gilles

 

Séisme/Haïti: doutes sur le bilan officiel

AFP – 28/05/2011

Un projet de rapport commandé par l’Agence américaine d’aide au développement (Usaid), que l’AFP a pu consulter, met en doute le bilan officiel des victimes du séisme dévastateur du 12 janvier 2010 en Haïti, en mettant en avant des chiffres bien inférieurs.
Selon le bilan officiel des autorités haïtiennes, entre 200.000 et 250.000 personnes ont trouvé la mort dans le séisme du 12 janvier 2010.
Le rapport, qui n’est pas finalisé et n’a pas encore été publié, met en avant une estimation bien moindre. « Le nombre de personnes qui ont trouvé la mort dans le séisme est estimé entre 46.190 et 84.961 », est-il écrit dans ce rapport daté du 13 mai.
« Les chiffres avancés par les autorités haïtiennes sont basés sur les rapports des municipalités des régions touchées par le séisme et sont tirés des registres de la compagnie qui avait ramassé les cadavres », a réagi à Port-au-Prince un fonctionnaire travaillant au bureau du Premier ministre haïtien.
Parlant sous le couvert d’anonymat, un ministre du gouvernement sortant a fait référence aux registres de l’Etat. « Il y a des chiffres officiels que je connais, c’est le même bilan (250.000 à 300.000 morts). C’est curieux de présenter de nouveaux chiffres plus d’un an après la catastrophe », a-t-il déclaré à l’AFP.
L’estimation faite dans le rapport de l’Usaid s’appuie sur un travail d’enquête, en porte-à-porte, qui a été mené en Haïti dans les jours qui ont suivi le séisme puis un an après.
Mark Toner, porte-parole du département d’Etat qui chapeaute l’agence Usaid, a confirmé auprès de l’AFP que l’Usaid avait bien commandé ce rapport et qu’il avait été mené sur le terrain avec l’aide du cabinet LTL Strategies, dont le siège est à Washington.
Mark Toner a indiqué qu’il y avait des « incohérences » dans ce projet de rapport. « Nous sommes en train d’examiner ces incohérences avec LTL Strategies pour nous assurer que l’information que nous allons diffuser est exacte », a-t-il déclaré sans plus de précisions.
Le rapport met aussi en doute les derniers chiffres officiels de l’ONU portant sur le nombre de personnes vivant dans la rue. Selon l’ONU, 630.000 personnes vivent sans toit en Haïti. D’après le rapport, la réalité sur le terrain serait plus près d’un chiffre compris entre 5 et 10% du bilan de l’ONU.
« Les résultats de ce rapport, les résultats du programme du (ministère des travaux publics) et la plupart des autres estimations laissent penser que les chiffres cités sont improbables », dit le rapport commandé par l’Usaid.
Intitulé « Evaluations structurelles et déblaiement des débris dans les quartiers d’Haïti touchés par le séisme » (Building Assessments and Rubble Removal in Quake-Affected Neighborhoods in Haiti), ce rapport, s’il est confirmé, pourrait avoir des implications majeures dans l’aide et la reconstruction à venir d’Haïti.
Le Premier ministre désigné d’Haïti, un entrepreneur, Daniel-Gérard Rouzier a récemment indiqué dans la presse qu’il envisageait de prendre en main la reconstruction de son pays jusque-là confiée à une commission internationale (CIRH) financée par la communauté internationale à hauteur de 11 milliards de dollars sur 5 ans.

 

Haïti: Cité Soleil livré aux bandits

Depuis plusieurs semaines, on enregistre dans la commune de Cité Soleil, un regain de violence entrainant chez la population une réelle psychose de peur justifiée par la carence de patrouilles policières et l’impuissance des forces de l’ordre.
Les bandits armés ont désormais repris du service dans la quasi-totalité des quartiers de Cité Soleil. Des citoyens de cette communauté sont de plus en plus inquiets face à une insécurité galopante. Ils dénoncent la présence de bandits armés dans leurs quartiers, qui rançonnent jour et nuit commerçants et passants, au vu et au su de tout le monde. Cette situation inquiète de plus en plus les résidents de ces quartiers. Le mardi 12 avril, vers 9 heures du matin, des bandits, ont cambriolé l’Institution d’éducation chrétienne, un établissement scolaire de renom qui dessert Cité Soleil depuis plus de trente ans.
Quelques jours plus tard, dans la matinée, aux heures de classe, des bandits armés ont investi l’économat du même centre d’éducation. Ils ont tout emporté et ont même menacé de mort la directrice de cette école qui ne cesse de recevoir depuis lors des appels anonymes. Une situation qui a révolté la conscience des habitants de la commune. Nous avons pu confirmer les informations communiquées par une interlocutrice en interrogeant un policier affecté au sous-commissariat de police de Cité Soleil. D’après cet agent de la force publique, qui déplore le manque d’équipements de la PNH, il y a bien recrudescence de l’insécurité dans le plus grand bidonville du pays.
Récemment, une étudiante d’un prestigieux centre universitaire de la capitale a été agressée par des malfrats qui l’ont dépouillée de tout ce qu’elle avait dans sa voiture au moment où elle sortait du centre hospitalier Sainte-Catherine en compagnie de son fils et de son mari. Plus loin, elle nous explique que la présence des casques bleus ne sert à rien. « Ils restent dans leurs chars. Ils interviennent seulement s’ils sont attaqués », crache la victime. « On vient tout juste de tuer une dame qui essayait de tromper la vigilance de certains bandits», ajoute-t-elle.
A notre arrivée, jeudi matin, dans cette commune, aucun dispositif de sécurité n’était remarqué. Les forces de l’ordre étaient totalement absentes. La frayeur se lisait sur le visage des riverains. La population est victime tous les jours de rapine, de viol, de meurtre, etc. Les écoles, les églises, les boutiques et les maisons ne sont pas épargnées. Des tirs nourris d’armes automatiques sont entendus quotidiennement dans cette commune, ce qui crée des moments de panique au sein de la population. Des individus armés, localisés dans les quartiers de « Ti Ayiti », « Boston », « Bélékou », « Babèt », « Cité Gérard », etc. reprennent leurs opérations criminelles.
« Ce bidonville qui avait été sous le contrôle de gangs armés tente de reprendre son rythme normal. A visage découvert et à toute heure de la journée, des malfrats ne cessent de dépouiller les passants et les résidents de leurs effets, particulièrement les bijoux et les téléphones portables. La faible présence de la police à Cité Soleil n’est pas une garantie pour la sécurité de la population », nous confie un riverain.
Alors que le président de la République Michel Joseph Martelly ne cesse d’exprimer sa volonté de mettre un terme à l’insécurité qui sévit particulièrement dans la zone métropolitaine, les actes de banditisme n’ont pas cessé d’augmenter au cours de la semaine qui a suivi sa prestation de serment. Il faut noter que six personnes ont été tuées et plusieurs autres blessées la semaine écoulée dans les communes de Delmas et de Pétion-Ville. Ainsi, l’alerte est donnée. Les bandits gagnent du terrain dans la commune. Les cris de détresse viennent presque de partout. Qui doit veiller à la sécurité de la population de Cité Soleil ?
Amos Cincir
mcincir@lenouvelliste.com

 

Haïti: Les petites phrases du président de la République

Le Nouvelliste

Près de deux semaines après son investiture, le 56ème premier mandataire haïtien, Michel Joseph Martelly, imprime progressivement sa marque de fabrique, son style oratoire. Ses faits et gestes bousculent les vieilles habitudes et sont suivis de près par les médias, ses admirateurs et par d’autres encore. Chronique d’une communication sans fard.

Le mois de mai, avec sa cohorte d’activités, aura été celui de la véritable rentrée politique en Haïti. Les médias raffolent de l’actualité dite institutionnelle et ne ratent pas les moindres déclarations de ces nouveaux élus du peuple aussi volubiles que leurs prédécesseurs. L’imbroglio judiciaire autour des membres du Conseil électoral provisoire (CEP), les tractations ou pré-consultations du Premier ministre désigné, Daniel Rouzier, et les discours du président Martelly alimentent toutes les conversations. C’est la preuve que, la politique, après le football est le sport favori des habitants de nos cités.
Lors de son investiture le 14 mai, le nouveau président a terminé son discours par une phrase extraite d’une chanson évangélique bien connue : « Ayiti yo pa vle wè a » (Haïti que l’on méprise…). Un message en pointillé et à connotation nationaliste. Un gage de volonté pour redonner à Haïti un autre visage. Le mot fétiche « Tèt Kale », traduisant la fermeté, la détermination ou le sublime est revenu plus d’une fois. Dans les tribunes et aux abords des ruines du Palais national, la foule jubilait, en réaction à ces leitmotivs puisés dans les tréfonds de la culture populaire. Le mardi 17 mai, alors qu’il participait à l’inauguration d’un jardin d’enfants à Zoranje, Michel Martelly a renouvelé l’une de ses promesses de campagne sur la gratuité de l’enseignement, comme pour dire aux sceptiques que sa position sur cette question n’avait pas changé d’un iota.
Le 18 mai, à l’Arcahaie, à l’occasion de la Fête du drapeau, c’est un président de la République dithyrambique, dans la peau des ancêtres et rassembleur, qui a invité ceux qui priaient pour son fiasco à se joindre à lui. Car, devait-il souligner, son échec serait le leur et par ricochet, celui de toute la nation. Le 20 mai, lors de sa participation à la cérémonie de sortie de la 22ème promotion de l’académie de police, Michel Martelly avait invité les agents de la Police nationale d’Haïti (PNH), à plus de posture et de convenance. Mon attitude d’antan a changé, depuis que je suis devenu chef de l’Etat, devait-il déclarer, en guise d’exemple. Pour l’homme de la rue, il ne faisait pas l’ombre d’un doute, que le nouveau président faisait à la fois preuve de fermeté et d’ouverture dans ses propos. Dans une déclaration métaphorique en créole, lors de sa participation à l’inauguration d’un Centre d’opérations d’urgence (C.O.U) situé dans la commune de Tabarre, Michel Martelly a dit: « Se avèk anpil fyète ke mwen antre nan kay sa a. Yon enstitisyon flanban nèf, byen kale, byen bande ». Il a salué cette initiative et félicité les responsables du bureau de la protection civile pour leur détermination à sécuriser la population. Il a aussi promis de travailler de concert avec les partenaires d’Haïti pour combler les besoins de ce centre. Le 27 mai, le président haïtien, qui venait d’assister à l’inauguration du marché de Savane Pistache, un quartier de Carrefour-Feuille, a choisi, selon des témoignages concordants, de rejoindre les abords du Champ de Mars à pied, ajoutant ainsi une quinte à ce nouveau style de communication politique.
L’humour couleur locale se mêle désormais au discours politique, à la volonté affichée de faire triompher la justice et de rompre avec les pratiques du passé. Le peuple aime rire et aura pris l’habitude de se délecter de ces images qui font partie de son univers culturel. D’autres pourraient être tentés de gloser. Mais l’artiste, et aujourd’hui le président d’Haïti, s’affiche comme un grand communicateur. Outre son aisance langagière qui lui a permis de gagner des galons durant les différentes campagnes électorales, Michel Martelly ne lésine pas sur les nouvelles technologies de la communication qu’il utilise à fond. Une mutation qui bouscule la culture politique d’Haïti.
Belmondo Ndengué

 

Haïti / Politique

Daniel Rouzier a-t-il les coudées franches ?

L’horizon politique s’obscurcit au fil des jours pour Daniel Gérard Rouzier. Les choses ont grandement changé. La grande bataille politique semble atteindre son plus haut sommet. Les tractations que l’on prétendait aller bon train ont pris une courbe dont le Premier ministre désigné lui-même semble avoir perdu le contrôle. Inite et ses alliés seraient sur le point d’imposer leur veto à la ratification du Premier ministre désigné.

Le Matin / 2011-05-27 10:27:10

En moins d’une semaine, la donne semble changer et le Premier ministre désigné Daniel-Gérard Rouzier pourrait ne pas avoir son destin en main. Les hommes de Inite ont changé leur fusil d’épaule et veulent désormais intégrer le nouveau gouvernement. Si , dans un premier temps, le Groupe des parlementaires du renouveau (GPR), majoritaire au Parlement, avait choisi de donner libre champ au président Michel Martelly, ils ont, en quelques jours, changé de stratégie.
Personne ne veut jouer au chat et à la souris. Tout est clair. Les pontes du groupe majoritaire entendent non seulement détenir certains portefeuilles ministériels, mais aussi ont désigné les ministères dont ils veulent avoir le contrôle. Les poulains de René Préval imposeraient même leur loi au président de la République. Ils veulent négocier même l’impensable, selon plus d’un.
Sans ambages, le groupe majoritaire au Parlement, formé de plus d’une trentaine de députés d’Inite, opte, au premier abord, pour le ministère de l’Economie et des Finances. On ne saurait prétendre qu’un président de la république laisse un tel ministère si stratégique entre les mains des personnes contre qui il avait fait campagne. Le sénateur Jean Hector Anacacis, membre de GPR, croit important que son groupe soit représenté au sein des ministères clés.
D’autres exigences faites par cette force au Parlement concernent les ministères de la Justice et de la Sécurité publique et le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales. Le bien-fondé de cette démarche, selon le sénateur du Nord, Moïse Jean-Charles, est de s’assurer qu’ils aient une présence au sein du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN). Le sénateur Jean-Charles dit craindre que le président de la république n’instrumentalise le CSPN en un outil de représailles contre ses adversaires politiques.
Une importante rencontre tenue, mercredi dernier, au restaurant Tifany au Bicentenaire, entre le Premier ministre désigné et le Groupe des parlementaires du renouveau a terminé en queue de poisson. Rien de grand n’en est sorti. Selon une source proche du GPR, aucune chose concrète n’a été promise. Le Premier ministre s’est contenté d’exposer une partie de sa politique générale qui est sur le point d’être peaufinée.
Le groupe emmené par le sénateur Joseph Lambert avait finalement exposé leur cahier de doléances à Daniel Rouzier et son équipe. Plusieurs ministères ont été clairement réclamés et la participation du groupe parlementaire, peut-être à un autre niveau moindre, dans d’autres ministères importants dont celui de l’Economie et des Finances et de la Planification et de la Coopération externe.
Les ministères de la Justice et de la Sécurité publique, de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, de l’Agriculture et des Ressources naturelles et celui des Affaires sociales sont donc formellement demandés à l’éventuel chef de la Villa d’accueil. Une situation extrêmement embarrassante pour Rouzier qui tentait auparavant de dégager une majorité à la 49e législature.
Les négociations ont pris une autre allure depuis ces dernières soixante douze (72) heures. Inite et alliés tirent les ficelles et en remontrent au président inexpérimenté Michel Martelly. Ils font monter les enchères. Les esprits sont surchauffés et les palabres étaient encore, jeudi matin, bloqués à ce niveau.
Que faire, se demandent Martelly, Rouzier et leur équipe ? Voilà une question à laquelle ces néophytes tentent encore de répondre. La stratégie à utiliser n’est pas encore conçue. Les « robots call » pleuvent et la pression semble s’accentuer. Les parlementaires ont vertement dénoncé ces appels téléphoniques et voient, en la démarche du président de la république, une forme de chantage. Les co-dépositaires de la souveraineté nationale sont à couteaux tirés.
Entre-temps, le pays attend son 16e Premier ministre. Des rêves à concrétiser, des promesses à satisfaire et le chronomètre des cent (100) jours de grâce avance à grand pas. Une situation de blocage semble se profiler à l’horizon. Les prochains jours seront très décisifs pour le camp Martelly et les hommes de Inite, vu les multiples besoins d’une population sur les genoux. L’ère du changement annoncé semble loin d’être arrivée. L’on se demande quel sera le sort de Daniel-Gérard Rouzier au Bicentenaire ?

cjchanoine@yahoo.fr

Joseph Chanoine Charles

 

Tractations et convoitise: les grands enjeux

Le terrain politique se révèle aujourd’hui des plus épineux. Des démarches un peu partout et des négociations à n’en plus finir sont à leur plus haut niveau. Le temps presse. Les militants de tous poils font signe d’impatience. Aujourd’hui, le temps est au partage du « butin ». Les « grands ministères » font l’objet de toutes les convoitises. Soit pour des raisons de stratégie politique, de contrôle du territoire national, soit pour leur budget, ces ministères constituent une véritable pomme de discorde autour de laquelle responsables de partis politiques, parlementaires, président et Premier ministre mènent des négociations ardues.

Le Matin / 2011-05-27 15:13:14

Le terrain politique se révèle aujourd’hui des plus épineux. Des démarches un peu partout et des négociations à n’en plus finir sont à leur plus haut niveau. Le temps presse. Les militants de tous poils font signe d’impatience. Aujourd’hui, le temps est au partage du « butin ». Les « grands ministères » font l’objet de toutes les convoitises. Soit pour des raisons de stratégie politique, de contrôle du territoire national, soit pour leur budget, ces ministères constituent une véritable pomme de discorde autour de laquelle responsables de partis politiques, parlementaires, président et Premier ministre mènent des négociations ardues.
Le jeu politique se fait à la minute dans cette ville de Port-au-Prince fatiguée et délabrée. Les hommes politiques sont constamment occupés. Ils sont soit au téléphone ou enfermés dans des conciliabules pour tenter de répondre à une question : Que faire pour intégrer le prochain gouvernement ? Les hommes de Inite, fidèles de René Préval, tirent les ficelles et font monter les enchères. Le groupe majoritaire au Parlement veut garder certains ministères clés, tandis que le président de la République et son équipe ne l’entendent pas de cette oreille. Une véritable pierre d’achoppement entre les forces en présence.
Compromis et discordance
Certains ministères, mêmes stratégiques, ne sont pas au centre des discussions. Un consensus aurait été déjà trouvé entre les grandes forces politiques sur le terrain. Qu’il s’agisse de la minorité ou de la majorité au Parlement, le mot d’ordre est clair : pas question de barrer la route à Michel Martelly. Les ministères de l’Economie et des Finances, de la Planification et de la Coopération externe et celui des Affaires étrangères et des Cultes n’ont jamais été au centre des débats.
Cependant, les principaux acteurs politiques et l’équipe de Martelly semblent être à couteaux tirés sur certains portefeuilles ministériels représentant des points stratégiques et détenant une part importante du budget national. Garder le contact avec des structures de base sur le terrain au moyen d’un job ou d’autres avantages offerts par certains ministères, chercher à gagner les prochaines élections, sont autant d’enjeux majeurs qui sous-tendent les grandes négociations pour le contrôle de ces ministères considérés comme névralgiques.
Les ministères de l’Agriculture, des Ressources naturelles et du Développement rural, des Affaires sociales et du Travail, de la Justice et de la Sécurité publique, de l’Intérieur et des Collectivités territoriales et celui des Travaux publics, Transport et Communication détiennent plus de 44% du budget et représentent des pôles stratégiques pour des structures politiques. Tout le débat aujourd’hui se tourne autour de ces grands morceaux du gâteau. Comment les partager et à qui les donner ?
Les forces politiques et leurs ambitions
Le coordonateur de Inite semble vouloir faire le jeu du président Martelly. Au fil des négociations, le degré de satisfaction du sénateur Joseph Lambert parait de plus en plus en nette augmentation. L’ex-président du Sénat s’affirme en un fin négociateur. Joseph Lambert joue gros et se montre, ces derniers jours, plus conciliant que jamais. Il ne veut pas barrer la route à Martelly, mais indexe déjà de grands ministères. Le sénateur du Sud’Est, intéressé au premier abord, à un portefeuille ministériel, semble être d’avis différent aujourd’hui. Qu’il soit Lambert ou un autre, Inite s’accroche à certains portefeuilles importants dont celui de l’Intérieur et des Collectivités territoriales.
Par ailleurs, l’ex-président René Préval, l’un des pions stratégiques de ces grandes négociations, n’a pas tout à fait rendu le tablier. Il a dirigé près de quatre réunions en sa résidence privée à Laboule afin de donner le mot d’ordre à ses poulains. M. Préval serait d’accord que ses hommes facilitent le processus de ratification du Premier ministre désigné en votant favorablement. Toutefois, l’homme fort et l’un des véritables maitres du jeu opte pour le contrôle de trois grands ministères (Agriculture, Intérieur et Affaires sociales).
L’Alternative de son côté, deuxième force au Parlement, joue la carte de la prudence. Les dirigeants encore en consultation n’ont pas encore une position officielle, mais seraient favorables au choix de Daniel Gérard Rouzier pour le poste de Premier ministre. Au cours de plusieurs réunions tenues la semaine dernière, les responsables de ce regroupement se disent prêts à servir le pays, mais n’exigent pas encore le contrôle d’un ministère donné, contrairement aux hommes d’Inite.
Le bouillant sénateur de l’Ouest, Steven Benoit (Alternative), se dit déjà prêt à voter en faveur de monsieur Rouzier. Le sénateur Benoit se fait même passer pour un lobbyiste du Premier ministre désigné tant il cherche à convaincre d’autres parlementaires du bien-fondé de ce choix. Le père de la loi sur le salaire minimum soutient que Daniel Rouzier est un homme intègre, sérieux, honnête et qui a déjà fait preuve de son pragmatisme en Haïti.
Le Premier ministre désigné, comme un pèlerin, fait le tour des médias et des bureaux des partis politiques. Pour l’heure, Daniel Gérard Rouzier a déjà rencontré au moins un représentant de tous les blocs au Parlement. L’homme d’affaires, qui se montre très confiant, semble ne pas s’inquiéter du grand test qui l’attend à la cité de l’Exposition. Les différentes démarches qu’il a déjà entreprises pourraient porter fruit et la route qui doit le conduire à la Primature semble se débroussailler de plus en plus.
En effet, M. Rouzier, travaillant avec plusieurs groupes ayant à leur tête des vieux briscards de la politique haïtienne, acquiert à sa cause, au fil des heures, certains hommes forts du Parlement. Des leaders au Bicentenaire auraient même participé à des séances de travail avec de proches conseillers du Premier ministre désigné sur l’élaboration d’un plan stratégique et de l’énoncé de politique générale du probable chef de la Villa d’accueil.
Des tractations en cascade, des réunions à longueur de journée, des séances de travail avec près d’une vingtaine de groupuscules sur les différents dossiers et sujets importants de la nation occupent le quotidien de l’ex-patron d’E-power (Centrale électrique à Port-au-Prince). Monsieur Rouzier, un néophyte en politique, comme le président de la République, se dit prêt à travailler avec tous les secteurs de la vie nationale pour faire sortir Haïti du gouffre de la misère et du pétrin de la pauvreté.

cjchanoine@yahoo.fr

Joseph Chanoine Charles

 

Politique / Partage du pouvoir

MICT : instrument de contrôle du territoire national ?

Le pays est en train d’ouvrir un autre chapitre de son histoire. Tous les yeux sont rivés sur le Parlement. La formation du prochain gouvernement est à la une de l’actualité. La population attend la ratification du chef du gouvernement pour connaitre la composition du cabinet ministériel. Cependant, certains portefeuilles font déjà l’objet des convoitises de forces politiques diverses. Dans cette lutte pour le partage du Pouvoir exécutif, le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT) ne laisse pas indifférent. Pour, entre autres, des raisons d’ordre de contrôle du territoire national.

Le Matin – 27/05/2011

Le sénateur des Nippes, Jocelerme Privert.

Le président Michel Joseph Martelly a choisi Daniel Gérard Rouzier pour exécuter ses plans de changement. Cependant la formation du gouvernement s’annonce difficile. Ne disposant pas de majorité parlementaire qui lui aurait permis d’imposer de manière unilatérale un cabinet ministériel acquis à sa cause, M. Rouzier devra s’atteler à dégager une majorité en vue de la ratification de sa politique générale. Les tractations continuent. Rageusement. Ouvertement ou subtilement, acteurs et forces politiques représentées au Parlement convoitent certains portefeuilles ministériels qui leur permettront de rester visibles au cours des prochains cinq ans.
Parmi les ministères les plus convoités figure celui de l’Intérieur et des Collectivités territoriales. Ce ministère peut servir, estime-t-on, d’instrument politique dans la préparation des prochaines campagnes électorales. Ce serait, avec la tutelle exercée sur les collectivités territoriales, le ministère le plus proche de la population. Le désir ouvertement exprimé du sénateur Joseph Lambert de la plateforme Inite d’être le titulaire de ce ministère attise la curiosité des citoyens. Toutefois, pour d’autres comme le sénateur Jocelerme Privert, ex-ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, l’intérêt démesuré voué à ce ministère par les leaders et partis politiques est dû à leur ignorance. Ces intéressés, avance-t-il, n’ont pas réalisé la profonde mutation qu’a subie le MICT. En effet, le rôle prépondérant que jouait ce ministère sous la dictature des militaires grâce à ses multiples fonctions, a aujourd’hui profondément été altéré. Il faudrait, si l’on veut que ce ministère intervienne dans les affaires électorales, d’après Privert, le détourner de sa mission première qui a été fixée par le décret loi organique du 17 mai 1990. « Ce ne sera alors plus de la gestion », lance-t-il.
Organisation et fonctionnalité…
Ce décret loi organique, pris en la date ci-devant indiquée par le gouvernement d’Ertha Pascal Trouillot, a divisé le ministère de l’Intérieur et de la Défense nationale d’alors en deux branches. Deux ministères distincts avec deux fonctions différentes ont alors pris naissance : le ministère de la Défense nationale et le ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT).
Le nouveau ministère de l’Intérieur, tout en assumant des missions d’ordre et de souveraineté, aura une mission totalement orientée vers le progrès et le développement. Sa structure organique est ainsi constituée : le bureau du ministre qui comprend son secrétariat ; le cabinet particulier du ministre qui est un organe de réflexion, de consultation, de conception, d’étude et d’analyse ; la direction générale qui est l’organe d’exécution du ministère ; les directions techniques qui comprennent la direction de l’Immigration et de l’Emigration, la direction de la Protection civile, une direction des Collectivités territoriales et une direction des Affaires politiques. En dernier lieu, la direction administrative qui prépare le budget, gère les ressources financières et humaines et les archives.
Les organes de sécurité et de défense nationale ont été transférés ailleurs. La Police sous l’autorité du ministère de la Justice. L’Armée et les services techniques s’occupant de l’intelligence gérés par le ministère de la Défense nationale.
Décentralisation, mission impossible ?
Le ministère de l’Intérieur est alors devenu un ministère d’organisation du territoire, un ministère du progrès. En plus de sa mission qui est d’assurer la tutelle de l’Etat sur les Collectivités territoriales sans les gérer, il assure la coordination des organes déconcentrés et décentralisés de l’administration d’Etat. Par conséquent, c’est le ministère de la Décentralisation.
Après le séisme du 12 janvier 2010, la décentralisation parait, en effet, incontournable et représenterait, selon nombre de spécialistes, la solution indiquée au problème d’absence de l’Etat dans l’arrière-pays. Suivant l’ex-ministre Jocelerme Privert, cette solution devra tenir compte de deux paramètres fondamentaux : les paramètres territorial et technique. La décentralisation technique est perçue à travers les entités que l’Etat central crée ou que les collectivités peuvent eux-mêmes créer afin d’assurer aux populations locales les services de base. Dans la perspective de la décentralisation territoriale, la constitution reconnait à trois entités le statut de collectivité territoriale. Il s’agit du département, de la commune et de la section communale. Ces trois entités ont pour mission de s’occuper de l’administration locale et d’aider l’Etat dans ses tâches de développement. Pourtant, elles n’ont jamais bénéficié des conditions nécessaires pour jouer leur rôle dans le grand projet d’un « Etat déconcentré et décentralisé ».
Ce concept est présent dans toutes les constitutions depuis 1843. La décentralisation n’est donc pas une création de la constitution de 1987. La commune a toujours été reconnue comme entité territoriale autonome. Redéfinir le cadre légal en vu du bon fonctionnement des collectivités, voilà le grand défi et la condition indispensable à l’avènement d’un Etat décentralisé. Avec moins de 10% du budget national alloué au MICT, la décentralisation parait plus un idéal que toute autre chose. De ce fait, l’Etat doit effectuer un nouveau partage des compétences et des responsabilités, notamment pour le département, la commune et la section communale. En leur attribuant de nouvelles responsabilités, il faudrait également les doter de ressources afin de répondre aux nouvelles exigences, estime Privert. La décentralisation reste encore donc un rêve qu’il faudra matérialiser afin de promouvoir la capacité de l’Etat à assurer le développement national. Ce sera un vrai challenge pour Michel Martelly et son équipe, sachant que, suivant la constitution de 1987 en son article 64 de la section A, la section communale s’occupe de la formation de la population, une des priorités du nouveau chef de l’Etat que toute organisation politique voudrait bien faire sienne et réaliser compte tenu de la popularité qu’elle est susceptible d’accorder.
Les ressources économiques qui manquent au MICT et aux collectivités sont de vrais obstacles au processus de décentralisation. Sous l’administration de Jocelerme Privert, le budget de ce ministère ne dépassait pas 300 millions de gourdes par an. Cependant, d’autres fonds comme celui de la contribution à la gestion des collectivités territoriales qui est un fonds de péréquation horizontale, est également géré par le ministère en attendant la mise sur pied du Conseil interdépartemental. Ce fonds est évalué aujourd’hui à près d’un milliard de gourdes. « Ce n’est pas un fonds du ministère », a tenu à préciser Privert. C’est un fonds géré par le ministère et destiné à la couverture des salaires des organes des collectivités territoriales et de certaines petites dépenses de fonctionnement. Il ne fait donc pas partie intégrante du budget alloué au MICT. Suivant le professeur Rénol Elie, récemment interviewé par l’équipe du Matin, la crainte des autorités centrales vis-à-vis des pouvoirs locaux qui risquent de leur faire de l’ombre, entravent également la décentralisation.
Aucune commune du pays ne dispose de recettes lui permettant de répondre à ses responsabilités, selon Jocelerme Privert. De ce fait, l’autonomie de ces entités paraît chimérique. Il n’y a pas d’autonomie sans ressources. Conséquemment, ces entités placées sous tutelle du ministère de l’Intérieur sont susceptibles, estime-t-on, d’être contrôlées par le pouvoir central ou la force politique aux commandes du MICT qui pourra ainsi influencer l’électorat. Selon les promesses de sa campagne électorale, il existe plusieurs postes ministériels clés pour le président Martelly, notamment le ministère de l’Agriculture et du Développement rural, le ministère des Travaux publics, Transport et Communication, ministère de l’Education nationale, ministère de l’Intérieur. Ils sont pour la plupart tous convoités par les organisations de l’opposition. Le sénateur Privert estime que M. Martelly ne saurait se désintéresser de ces ministères, vu qu’ils représentent les piliers qui lui permettront d’implémenter ses promesses de campagne. Sorel Jacinthe, président de la Chambre basse, estime, lui, que le nouveau chef de l’Etat, dans une perspective de conciliation des forces politiques, doit se faire le devoir de consulter, avant la formation du cabinet ministériel, la majorité dégagée au Parlement à travers le Groupe de parlementaires du renouveau (GPR).

Lionel Edouard

vendredi 27 mai 2011

27 Mai

Haïti – Reconstruction : Bellerive opposé à la suppression de la CIRH, Rouzier veut du changement
27/05/2011 12:04:52

Haïti - Reconstruction : Bellerive opposé à la suppression de la CIRH, Rouzier veut du changementLe Premier ministre sortant d’Haïti, Jean-Max Bellerive, s’est montré hier opposé à la suppression de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH). Dans une déclaration, il dit croire en l’utilité de la commission « pour combler les lacunes dans la coordination de l’aide internationale à Haïti » mais il a le « sentiment » que la CIRH « peut et doit mieux faire » son travail.
De son coté le possible successeur au poste de Premier Ministre, Daniel Gérard Rouzier, a déclaré mardi sur les ondes d’une radio de la capitale « Nous sommes en pleine séance de réflexion pour la faire changer en « Agence de la Reconstruction », nous pensons que la CIRH doit devenir une institution Haïtiano-Haïtienne […] nous essayons de faire notre possible pour garder le Président Clinton […] l’agenda pour moi, doit être un agenda Haïtiano-Haïtien et c’est une proposition que je vais faire au Parlement dans mon énoncé de Politique Générale. Je veux parler avec eux pour qu’ensemble, avec le Parlement, nous puissions arriver à un programme qui est conséquent et qui va faire que des programmes atterrissent pour Haïti. »
Suite à cette déclaration, Mr Rouzier a accordé une interview à l’agence Associated Press, dans laquelle il avait qualifié la Commission de « dysfonctionnel », précisant sa pensé « Ce que je peux vous dire, c’est que la (commission) telle qu’elle existe aujourd’hui ne va pas continuer […] Je ne veux pas crucifier les gens qui sont venus avec le concept. Mais parfois, quand quelque chose ne fonctionne pas, vous devez la corriger », concernant Clinton il a déclaré « Quand vous avez quelqu’un du calibre de Clinton – c’est un homme qui a une vision extraordinaire, nous devons « prendre » son cerveau [?] et nous assurer que nous avons la bonne stratégie. »
Globalement Rouzier n’a jamais parlé de suppression mais de changement, changement de Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti en Agence de la Reconstruction.
Bellerive, cependant, affirme que Martelly a « clairement » confirmé son intention de continuer à améliorer le fonctionnement de la CIRH, pour offrir de meilleures performances en termes de décaissement des fonds, une plus grande harmonisation avec les priorités du gouvernement et une plus grande responsabilité des autorités haïtiennes dans la gestion des projets de reconstruction.
Pour conclure, Jean-Max Bellerive déclare que « c’est au gouvernement de parvenir à un accord avec le Parlement sur​l’avenir de la Commission après la fin de son mandat actuel en Octobre 2011. »
Puis hier, un communiqué de presse émanant du Bureau de Communication de la Présidence indique que « le Président de la République, Michel Joseph Martelly, et le Premier ministre désigné, M. Daniel-Gérard Rouzier, tiennent à informer le public qu’ils sont très ouverts et disposés à entamer des discussions avec l’ex-président des Etats-Unis William Jefferson Clinton et la communauté internationale concernant la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), de manière à rendre plus efficients les efforts de reconstruction en Haïti. »
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti-Patrimoine : Le monument de Vertières, vandalisé par des marchands de ferraille !

Correspondance : Wedlyne Jacques

P-au-P, 27 mai 2011 [AlterPresse] — Des individus non identifiés ont récemment emporté, au monument de Vertières (Nord d’Haïti), deux sabres ainsi que la bride du cheval de François Capois, surnommé “Capois La mort”, grande figure héroïque de l’indépendance d’Haïti, apprend l’agence en ligne AlterPresse.

Les objets dérobés faisaient partie du monument historique « Les Héros de Vertières » au Cap-Haïtien, deuxième ville du pays à 248 kilomètres au nord de la capitale Port-au-Prince.

Vertières est le lieu témoin de l’ultime bataille, le 18 novembre 1803, au cours de laquelle les troupes haïtiennes ont terrassé l’armée française et scellé la fondation de la nation.

Le monument, élevé à la gloire des Héros de cette bataille, en 1953 (sous le gouvernement de Paul Eugène Magloire) et classé patrimoine national selon le décret-loi du 23 août 1995, représente quatre (4) Héros et deux (2) Héroïnes.

Il s’agit également d’un site touristique.

Le vol, enregistré au monument historique de Vertières, doit être lié à l’augmentation de la demande de ferraille (débris de pièces de fer, de fonte, d’acier et d’autres métaux) sur le marché national, considère Eddy Lubin, ancien directeur régional de l’institut de sauvegarde du patrimoine national (Ispan) et actuel chargé de mission du ministère du tourisme dans le Nord.

Au même titre qu’à Port-au-Prince et ses banlieues, la récupération d’objets métalliques est une activité courante au Cap-Haïtien, depuis quelques années.

Une fois ces objets métalliques récupérés, leur destination demeure inconnue.

Cependant, cette activité conduit a des actes de sabotage et de vandalisme, visant notamment les câbles installés par la nouvelle compagnie de télécommunication Natcom, notamment dans le Nord et l’Ouest (particulièrement Port-au-Prince et ses périphéries).

Aujourd’hui, même les monuments historiques et touristiques ne seraient pas épargnés dans cette quête aux objets métalliques, attrait d’une demande en hausse sur le marché national.

Vertières n’est pas le premier site, dans le Nord, à subir des actes d’agressions.

La citadelle Lafferrière, érigée par Henri Christophe sur le Bonnêt-à-l’Evêque à Milot (à quelques kilomètres du Cap-Haïtien) est aussi affectée. Des vols subtils de petits boulets de canon (datant de l’époque de l’indépendance nationale en 1804) sont perpétrés, de temps à autre, par des touristes, selon des informations fournies à AlterPresse.

Le marché public (de distribution de biens essentiels à la consommation et autres), dénommé “Cluny” (ancien marché des esclaves à l’époque coloniale), le fort Magny, la place Bréda (sur l’habitation du même nom qui a vu naître le précurseur de l’indépendance d’Haïti, Toussaint Louverture), le centre ville historique du Cap-Haïtien, entre autres, sont victimes d’un phénomène accéléré de bidonvillisation, alors que les habitants vivent sous la menace d’un tremblement de terre qui pourrait être accompagné de tsunami.

« C’est une preuve de la déliquescence de la société, de la faiblesse du sentiment d’appartenance et de l’identité. Cela découle également de la précarité des conditions de vie de la population, condamnée à la survie », relève Eddy Lubin, en guise d’explications.

Pour sa part, Mario Brunache, actuel directeur régional de l’Ispan, impute cette situation aux autorités municipales, qui ont la responsabilité de surveiller et de nettoyer les lieux de patrimoine dans le chef-lieu du département géographique du Nord d’Haïti.

Brunache indique avoir déjà alerté la branche départementale de la police nationale d’Haïti (Pnh), le parquet du tribunal civil et la mairie du Cap-Haïtien, afin de prévenir les actes de vandalisme, d’appréhender et de poursuivre en justice les voleurs, autres auteurs et complices de ces forfaits contre le patrimoine historique du pays dans le Nord.

Un rapport de constat, des forfaits perpétrés, sera dressé avant que des mesures de clôture du site soient envisagées, annonce Brunache. [wj kft rc apr 27/05/2011 12:49]

 

L’édito

Haïti: Négociations ou marronnage ?

Le Nouvelliste

Les interventions intempestives du sénateur du Nord, Moïse Jean-Charles, et celles du président de la République, Michel Joseph Martelly, ne donnent pas l’impression que les négociations entamées depuis plusieurs jours entre le pouvoir et le Parti INITE peuvent déboucher sur un consensus pour la formation du prochain gouvernement. Il paraît que les violons ne s’accordent pas entre les deux parties sur la répartition des postes ministériels. Le souhait de la bande à Lambert ne rejoint pas les préoccupations de la délégation présidentielle.
Il est de bon ton que deux courants d’idées se partagent les pouvoirs exécutif et législatif dans le cadre d’une cohabitation. Tel n’est pas le cas apparemment. Etant donné qu’aucun parti n’a obtenu la majorité dans les deux Chambres, le président choisit son Premier ministre. En faisant ce choix, le chef de l’Etat doit savoir que la ratification de son Premier ministre ne dépend pas de sa popularité, mais de la volonté souveraine des députés et des sénateurs. L’expérience du premier mandat de René Préval doit permettre de tirer des leçons. Le président était issu d’un même courant politique que la majorité parlementaire, mais cela n’a pas empêché que trois Premiers ministres choisis par le président ont été rejetés par le Parlement, parce que les deux parties ne parvenaient pas à trouver un accord. Le pays était resté pendant dix-huit mois sans Premier ministre. Le mandat du président Préval était en partie perturbé en raison de ce blocage.
Dans l’entourage du parti de l’ex-président Préval, on estime que la ratification du choix du Premier ministre désigné et la formation du gouvernement sont inséparables. Michel Martelly a intérêt à trouver un accord avec le parti majoritaire le plus vite possible pour ne pas donner l’impression de faire du surplace. La stratégie utilisée par l’état-major de INITE de solliciter des postes clés dans la formation du cabinet ministériel peut être contournée sans la moindre déception. Avec détermination, explication et justification, l’équipe au pouvoir peut obtenir gain de cause.
Martelly doit à la fois résoudre la crise électorale laissée par René Préval contenant dix-sept députés et deux sénateurs dans le doute, et trouver une solution avec la loi constitutionnelle dont la version erronée a été publiée en lieu et place de la version réelle votée par les parlementaires.

 

Haïti – Économie : Inauguration du marché de Savane Pistache
27/05/2011 09:59:32

Haïti - Économie : Inauguration du marché de Savane PistacheAujourd’hui à 8 heures du matin a été inauguré le nouveau marché de Savane Pistache à Carrefour-Feuilles, les nouveaux locaux ont été remis aux membres de l’administration municipale de Port-au-Prince et au Comité des Marchands de Savane Pistache. La construction de ce marché a été financée par l’Agence Américaine pour le Développement Américain (USAID) à travers le programme Konbit Ak Tèt Ansanm (KATA), qui est mis en œuvre par CHF International. Le quartier de Savane Pistache, dans la commune de Carrefour-Feuilles, à Port-au-Prince est une zone très peuplée, et qui connait un taux de chômage très élevé.
Ce marché va aider à améliorer l’activité économique et apporter une certaine stabilisation au sein de la communauté.
Étaient présent à la cérémonie, le Président de la République d’Haiti, M. Michel Martelly, l’Ambassadeur des Etats-Unis, Kenneth H. Merten et le Directeur régionale de la CHF-Haiti, Alberto Wilde.
Rappelons que la semaine dernière le Président Martelly avait également participé à l’inauguration du nouveau marché « La Coupe » de Pétion ville.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3011-haiti-economie-le-marche-de-petion-ville-reconstruit-au-cout-de-230-000-dollars.html
HL/ HaïtiLibre

 

La résidence américaine de Daniel Rouzier, pourrait-elle nuire à sa ratification ?

vendredi 27 mai 2011Par Ralph Henry

P-au-P, 24 mai 2011 [AlterPresse] — Les juristes ne s’entendent pas sur l’effet que pourrait avoir la résidence américaine du premier ministre désigné, Gérard Daniel Rouzier, sur ses chances d’être ratifié ou non par le parlement.

« S’il est résident aux États-Unis, il ne répond tout simplement pas aux critères établis par la constitution », déclare Me Samuel Madistin, ancien sénateur, à l’agence en ligne AlterPresse.

Suite à sa désignation, l’homme d’affaires Gérard Daniel Rouzier a fait part à la presse d’un ensemble de fonctions et de privilèges dont il entend se départir pour pouvoir remplir son rôle de premier ministre, y compris sa « résidence américaine ».

La constitution haïtienne de 1987, stipule, en son article 157 -5, que pour devenir premier ministre, il faut « résider dans le pays depuis cinq (5) années consécutives ».

Cet article n’a pas été révisé au cours du récent amendement de la constitution qui fait encore l’objet de débat, vu que la version publiée dans le journal officiel le Moniteur (13 mai) ne correspond pas à celle votée par les sénateurs et députés, tard dans la soirée du 9 mai.

« Le parlement n’a qu’à constater cela et statuer sur le dossier. Il n y a pas de marchandage au niveau de la constitution », ajoute Madistin.

« Il ne pourra donc pas être ratifié premier ministre, même si le bonhomme était dans le pays », prévoit Me Carlos Hercule, du barreau de Port-au-Prince.

Toutefois, des hommes de loi soulignent que la notion de résidence est nuancée. En fait on peut parler de « résidence primaire – demeure habituelle / principale – et de résidence secondaire », explique Georges Greffin, professeur de droit constitutionnel à la Faculté de droit de Jacmel (Sud-est).

Le docteur Greffin, qui est l’un des constituants ayant rédigé la constitution de 1987, estime qu’« il n’y a aucun obstacle » à la ratification de Daniel Rouzier en tant que premier ministre du pays.

Pour lui, le premier ministre désigné à sa « résidence primaire » en Haiti.

La différence entre les deux niveaux de domiciles est clairement établie par la loi américaine, souligne l’homme de loi.

Par ailleurs, « la constitution n’a pas dit que la personne ne doit pas avoir une autre résidence à l’étranger », indique Me Henri Dorléans, ancien ministre de la justice.

Les 5 années consécutives ne signifient pas être présent « sans arrêt » sur le territoire, c’est-à dire que « la personne doit rester dans le pays 365 jours multipliés par 5 », mais surtout qu’elle « connait au moins les réalités du pays pendant les 5 ans antérieurs à sa nomination », ajoute-t-il.

La prudence est de rigueur chez divers sénateurs et députés quant aux chances de ratification ou non du premier ministre désigné par-devant les deux chambres legislatives.

Aucune information n’est disponible sur la recherche de compromis politique avec les forces majoritaires au parlement, dont le Groupe parlementaire pour le renouveau (Gpr) composé de membres de la plateforme “Inite (Unité de l’ancien président René Garcia Préval) et d’alliés.

Une telle entente devrait permettre au futur gouvernement, non seulement d’obtenir un vote favorable de sa politique, mais aussi de disposer d’appuis parlementaires pour appliquer son plan de gestion dans les mois à venir.[rh gp apr 27/05/2011 08:00]

 

Haiti-Éducation : Martelly annonce pour la mi-juin le début des activités du Fonds National pour l’Éducation

jeudi 26 mai 2011

Haïti - Éducation : Lancement du Fonds National pour l'Education (FNE) par MartellyP-au-P, 26 mai 2011 [AlterPresse] — Le président haïtien, Michel Martelly a procédé, ce jeudi 26 mai, au lancement solennel du Fonds National pour l’’Education (FNE) et annoncé pour la mi-juin le début des activités de cette entité en vue d’une accessibilité de tous les enfants haitiens, les plus démunis, à l’école.

Il s’agit d’une initiative prise « en concertation avec les partenaires de la téléphonie et des institutions bancaires, particulièrement, les maisons de transferts en Haiti », indique Martelly lors de la cérémonie qui s’est déroulée dans un hôtel privé situé à l’est du capital.

Pour mettre en place ce fonds, 5 centimes (USD) seront prélevés sur les appels internationaux vers Haiti ainsi qu’un montant de 1.50 USD sur chaque transfert d’argent vers Haiti.

Les appels internationaux devraient apporter 144 millions de USD (1 USD= 40 gourdes – monnaie haitienne), pendant les 5 ans du mandat de Michel Martelly et faciliter la scolarisation de 1.44 millions d’enfants sur la même période.

Les prélèvements commenceront à partir du 15 juin informe Jean Marie Guillaume, de l’équipe de communication du président Martelly.

Au niveau des transferts, il devrait être possible de collecter 38.5 millions de USD, ce qui permettrait de venir en aide à 384 mille enfants.

Le processus commencera le 1er juin.

Le président a précisé que ces prélèvements ne sont pas des taxes, mais « une façon intelligente pour nous de ne pas taxer les gens ». Il souligne « que l’argent ne sortira pas directement du client mais des opérateurs. »

La gestion du fonds se fera par un conseil de 15 membres avec l’apport du Fonds Monétaire International (FMI), la Banque de la République d’Haiti (BRH). Une firme internationale (Price Waterhouse Cooper) sera chargée des audits.

Les projets scolaires viseront d’abord le grand Sud, ensuite le grand Nord puis l’Ouest et le Plateau Central (est).

La première vague de scolarisation devrait bénéficier à 350 mille enfants et aura lieu à la rentrée scolaire de septembre 2012, informe Jean Marie Guillaume.

Michel Martelly assure « que la volonté politique – pour réaliser l’objectif d’enseignement primaire gratuit dans le pays d’ici 2015 – est là ».

« L’enseignement élémentaire est obligatoire, l’enseignement technique et professionnel doit être généralisé. L’accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine intégralité à tous, en fonction de leur mérite », martèle Martelly.

Il convie tous les secteurs à s’engager à ses cotés, notamment les ONG, qu’il invite à lancer « avec effet immédiat une imitative mondiale visant à élaborer les stratégies et mobiliser les ressources nécessaires pour apporter un soutien effectif aux efforts nationaux » en matière d’éducation, dit il.

Le premier ministre sortant, Jean Max Bellerive, le ministre de l’éducation nationale, Joël Desrosiers Jean Pierre, le gouverneur de la Banque de la République d’Haiti, Charles Castel, le directeur général du Conseil National des Télécommunications (CONATEL), Jean Jaunasse Élysée, et le représentant de l’Unesco en Haiti, Béchir Lamine, ont pris part à la cérémonie.

Le fonds a été officiellement lancé le vendredi 20 mai dernier dans le Sud d’Haiti lors de l’inauguration d’une école publique. [ rh gp apr 26/05/2011 15 :55]

 

Haïti – Climat : Le Président Martelly exprime sa profonde tristesse
26/05/2011 18:03:50

Haïti - Climat : Le Président Martelly exprime sa profonde tristesse (MAJ 27-05-2011)Le Président Michel Martelly, adresse ses mots de sympathie à l’endroit des parents et proches des trois enfants qui ont perdu la vie dans un terrible glissement de terrain ayant détruit une maisonnette dans la nuit du 25 au 26 mai 2011 au Cap-Haitien dans le département du Nord. Il partage sincèrement la douleur de ces familles éplorées.
Ardouin Zéphyrin, le commandant des sapeurs-pompiers du Cap-Haïtien donne plus de précisions « trois enfants âgés de 6 à 14 ans d’une même famille sont morts et leur mère a été grièvement blessée lorsque leur maison a été emportée par un glissement de terrain » ajoutant que « l’accident est survenu dans un quartier pauvre du Bel-air au Cap-haïtien où des petites constructions sont érigées dans des zones à risque. »
De plus la Présidence donne la garantie que des dispositions sont déjà prises par la Direction de la Protection civile (DPC) au niveau de la Délégation départementale pour que le suivi soit assuré dans le cadre de cet évènement tragique.
Le Président Martelly demande à nouveau à la population des zones à risque de rester vigilant et de respecter les consignes de sécurité établies afin d’éviter d’être victimes.
Le Président de la République promet d’accompagner la population haïtienne et renouvelle sa détermination à être de jour en jour plus proche de ses concitoyens.
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti: Appel aux hommes d’affaires

Le Premier ministre désigné, Daniel Gérard Rouzier, a fait part le mercredi 25 mai 2011 de son engagement – s’il est ratifié – de travailler avec tous les secteurs de la vie nationale dans la perspective de la reconstruction et du développement du pays. M. Rouzier – qui intervenait devant un groupe d’hommes d’affaires et membres de différentes associations de la société civile qui participaient à une journée de réflexion au local de la représentation de la Banque interaméricaine de développement à Port-au-Prince – a dit reconnaitre qu’il y a beaucoup à faire, mais affirme qu’avec le soutien de tous, son équipe arrivera à livrer la marchandise.
Daniel Rouzier a également mis l’accent sur la nécessité de garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire par rapport à l’exécutif. Pour cela, il annonce la nomination prochaine du président de la Cour de cassation et la reprise des activités à l’Ecole de la Magistrature.
Le Premier ministre désigné a affirmé que son gouvernement n’a pas l’intention de se passer des services de l’ancien président américain qui codirige la Commission intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), mais il a placé cette institution au rang de celles qui n’ont pas su atterrir et qu’il faudra redynamiser, tout en s’assurant que l’agenda de la reconstruction sera réellement haïtien.
Le travail commence maintenant; préparez-vous à travailler comme vous ne l’avez jamais fait pour aider à structurer le pays, a lancé M. Rouzier aux hommes d’affaires. Cette journée, la deuxième d’une série qui a commencé il y a un mois, a été réalisée sur le thème « Secteur privé : moteur de croissance économique soutenable pour Haïti ».
Le représentant de la BID en Haïti, Eduardo Almeida, a salué la volonté exprimée tant par la nouvelle équipe que par le secteur privé des affaires de conjuguer leurs forces dans la perspective de la reconstruction et du développement d’Haïti.
C’est ensemble que le gouvernement, le secteur privé, la société civile et les bailleurs de fonds pourront contribuer de manière efficace au développement d’Haïti, a-t-il dit, en soulignant que le pays a aujourd’hui une grande opportunité de se relever.
Pour ce qui est de la demande que le président Michel Martelly avait faite à Washington au sujet d’une redéfinition du mode de coopération entre Haïti et les institutions internationales de financement, M. Almeida a fait savoir que la BID va continuer sa politique de don en faveur d’Haïti qui, dit-il, va continuer de recevoir pas moins de 200 millions de dollars américains annuellement de l’institution régionale.
Michel Martelly avait questionné la politique de transit de l’aide internationale par les ONG. L’économiste Pierre-Marie Boisson (pressenti pour être ministre des Finances ), membre de la commission présidentielle sur la compétitivité, a salué le choix du président Michel Martelly qui a jeté son dévolu sur M. Rouzier.
C’est un homme très engagé dans le social et qui a réussi dans le monde des affaires, a-t-il dit, soutenant qu’Haïti a intérêt dans la ratification de M. Rouzier comme chef du prochain gouvernement.
Source: AHP

 

Haïti-Constitution

Des organisations de la société civile protestent contre la publication dans Le Moniteur d’un amendement constitutionnel non voté par le parlement

Elles exigent de l’Exécutif la publication sans délai du texte de l’amendement authentique

jeudi 26 mai 2011

Des organisations de la société civile, dont des organismes de défense des droits humains, ont exprimé jeudi dans un communiqué conjoint leurs préoccupations et leur stupéfaction du fait que, contrairement à la déclaration d’amendement modifiée et publiquement votée par l’Assemblée nationale dans la nuit du 9 mai 2011, un autre texte d’amendement constitutionnel « truffé d’erreurs, de contradictions et de dispositions non adoptées » a été publié dans la nuit du 13 mai écoulé par les Presses nationales, quelques heures seulement avant la prestation de serment du nouveau président de la République.

Le texte voté, finalisé par une Commission ad hoc et initialement signé par les six (6) membres du bureau de l’Assemblée nationale, ne comportait aucunement les fautes constatées dans le document acheminé aux Presses nationales et publié dans Le Moniteur du 13 mai 2011 avec seulement quatre (4) signatures de membres du bureau, relèvent les organisations.

Réclamant des explications et que toute la lumière soit faite sur ce qu’elles qualifient de « scandale inqualifiable », les organisations appellent à identifier les responsables d’un tel acte et à adopter contre eux les sanctions appropriées. Elles demandent au Pouvoir exécutif de s’assurer de « la publication sans délai du texte constitutionnel authentique avec les corrections nécessaires dans le journal Le Moniteur concerné, reproduit à cet effet ». Au peuple haïtien, elles lancent un appel à la plus grande vigilance en vue de défendre les acquis démocratiques et républicains de la Constitution de 1987, d’exiger le respect de cette Constitution et des amendements qui y ont été apportés.

Le communiqué est signé de Rosny Desroches, pour l’Initiative de la Société Civile (ISC) ; Léopold Berlanger pour l’Organisation des Patriotes pour Haïti (OPA) ; Edouard Paultre, du Conseil Haïtien des Acteurs non Etatiques (CONHANE) ; Pierre Espérance, du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) ; Jean-Claude Bajeux, du Centre Œcuménique des Droits Humains (CEDH) ; Garry Denis, de l’Initiative Citoyenne (IC) et Woldson Bertrand du Centre d’Etudes et de Recherches en Sciences Sociales et Pénales (CERESS). [jmd/Radio Kiskeya]

 

Est-ce le début de l’escalade entre Martelly et Inite ?

Des mammouths et des jeunes loups de Inite n’y vont pas quatre chemins : il faut un partage de postes ministériels. Sinon ce sera l’impasse. Les petits ministères qu’offrent le président Michel Joseph Martelly en échange de la ratification de son Premier ministre désigné Daniel-Gérard Rouzier sont, selon un élu de Inite, insuffisants et expriment à la limite un manque de respect du président « Tet kale », arrivé au pouvoir avec seulement trois députés élus sous la bannière de son parti, Repons Peyizan.
Privé de majorité pour faire ratifier son Premier ministre et la politique générale du prochain gouvernement, Martelly semble jouer sur le temps. Les négociations se poursuivent. « On négocie depuis un certain temps. Je crois que les négociations avancent très bien », a révélé le président Martelly, jeudi 26 mai, en marge du lancement du Fonds national pour l’éducation au Karibe Convention Center. « On avance dans la bonne direction. Il y a un bon vent qui souffle jusqu’à présent », a poursuivi le chef de l’Etat.
Cependant, Martelly a souligné qu’il ne sait pas de quoi demain sera fait, si le vent changera de direction. Il prévient: « Si le vent souffle dans la mauvaise direction,ce ne sera jamais profitable pour le pays, pour la population », a-t-il dit avant de souligner que la mission de tous les élus est de travailler au bien-être de la population. « Le peuple nous attend. Et nous autres qui travaillons pour lui n’avons aucun intérêt à le faire attendre », soutient Michel Joseph Martelly.
Laissant l’impression d’être capable du meilleur comme du pire en allant à la confrontation avec Inite et le GPR, groupe majoritaire au Parlement, le président Martelly a, avec le style du musicien à l’aise dans les polémiques, tourné en dérision le sénateur Moise Jean-Charles qui a associé son nom au déguerpissement de sinistrés vivant sous des tentes à Carrefour Aéroport en début de semaine. « Le sénateur Moïse Jean-Charles est venu deux fois à mon bureau. Etant très occupé, je ne pouvais pas le recevoir. C’est sûrement parce qu’il est colère qu’il s’attaque au président. Je dirais au sénateur de venir me voir afin de ne plus avoir à dire ces choses », a dit le président.
Le président de la république a toutefois souligné qu’il priorise la négociation en vue de faciliter l’évacuation des gens qui vivent sous des tentes. A Canaan, par exemple, nous avons rencontré des leaders de la communauté avec qui nous avons discuté. Ils ont exprimé leurs préoccupations et nous avons annoncé la construction de maisons pour eux, a expliqué le chef de l’Etat.
Cet échange verbal dans la presse est intervenu moins de 24 heures après la rencontre du Premier ministre désigné Daniel Gérard Rouzier avec le GPR au restaurant Tiffany au Bicentenaire au cours de laquelle l’entrepreneur s’est dit « ouvert».
Cet échange vise-t-il à faire grimper les enchères ? Est-ce qu’il est l’indicateur l’achoppement des négociations en vue de former le prochain gouvernement qui héritera d’une administration en lambeaux et des problèmes avec lesquels on ne saura négocier comme les inondations et leurs cohortes de malheurs ?
Le temps le dira !!!
Roberson Alphonse
ralphonse@lenouvelliste.com

 

Daniel Rouzier cible deux secteurs clés: la diaspora et la femme

26/05/2011 19:37:00 Auteur(e) La Redaction

(AHP) – Le premier ministre désigné Daniel Rouzier, a annonce hier à Port au Prince, un projet de refonte ministérielle qui sera exécuté par son gouvernement s’il passe le cap de l’approbation parlementaire.
Selon le candidat a la primature, l’administration Martelly a élaboré un plan de reforme de l’Etat qui priorise la concentration dans un seul organe l’exécution de la politique d’autres entités connexes. Dans ce contexte, il a précisé que le Ministère des Haïtiens Vivant à l’Etranger (MHAVE) serait transféré au Ministère des Affaires Étrangères, sans définir à quel titre.
De même, le Ministère à la condition féminine serait absorbé par le Ministère des Affaires Sociales et du Travail
Cette refonte qui affecte notamment deux secteurs clés de la nation, la diaspora et la femme sera mise en application a partir de la nouvelle année fiscale, a  souligne Mr Rouzier qui n’a cependant fourni aucun détail en rapport avec la procédure qui sera adoptée, considérant que la majorité des ministères fonctionnent depuis le séisme dans une précarité totale, ne pouvant recevoir que la  totalité de leur personnel.
Si à Port au Prince, le secteur féminin annonce déjà les couleurs, dans la diaspora la nouvelle a provoqué beaucoup d’émoi. Plusieurs soulignent l’incohérence d’une telle disposition puis que le MHAVE a pris un nouveau cap, et que les Haïtiens vivant à l’étranger qui ont grandement contribué financièrement à la campagne électorale, sont déjà sollicites par le président de la République pour son programme d’éducation avec l’application de taxes sur les transferts d’argent et les appels téléphoniques.
Il est encore difficile de comprendre comment seront gérées les relations officielles d’Haïti avec sa diaspora éparpillée dans le monde, sans une structure adéquate pouvant couvrir efficacement 4 millions d’Haïtiens et leurs descendants.
De nouveaux ministères seront cependant créés, tel celui de l’emploi et de la defense ainsi qu’une réforme en profondeur du Ministère de l’Intérieur.

 

Education: Des nouvelles taxes imposées sans débat ni loi

27/05/2011 10:34:00 Auteur(e) La Redaction

La taxe sur les transferts d’argent de la diaspora entre en vigueur le 1er juin 2011, après celle des télécommunications qui sera appliquée à partir du 15 juin prochain. Des taxes imposés sans débat ni même un cadre légal.

Au terme de “taxes”, les autorités actuelles préfèrent celui de “prélèvements”.

L’impôt sur les télécommunications est désigné par « surplus tarifaire », tandis que la « taxe » de 1,50 dollars US sur les transferts d’argent est décrite comme « frais de test, de certification, d’utilisation et d’inspection » dans le circulaire # 98 émise par la Banque de la République d’Haïti (BRH), en date du 20 mai 2011, sous la signature de Charles Castel, le Gouverneur de la Banque.

Selon ce circulaire, ces « frais » de 1,50 dollars sur chaque transaction seront collectés par les banques commerciales, les banques d’épargne et de logement et les maisons de transfert et concernera tous les transferts d’argent internationaux, entrant ou sortant du pays, à l’exception des transferts effectués par les banques pour leur propre compte.

Aucun cadre légal pour la mise en place du Fonds national d’éducation lancé ce matin au Karibe, pas plus que les taxes sur les transferts et les télécommunications devant l’alimenter.

L’actuelle équipe gouvernementale a préféré sauter la case parlement pour imposer ces taxes, craignant que le projet ne soit bloqué à ce niveau-là, constate un observateur.

Ces fonds devraient être utilisés pour le programme d’éducation gratuite prôné par le Président Martelly.
Source: HPN

 

Haïti – Social : Martelly n’a rien à voir avec les destructions de camps à Delmas
27/05/2011 10:56:05

Haïti - Social : Martelly n'a rien à voir avec les destructions de camps à DelmasHier jeudi, le Président Martelly s’est entretenu avec le maire de Delmas Wilson Jeudy à propos des opérations de destruction de camps de déplacés dans sa commune.
Pour se justifier de cette opération musclée, Wilson Jeudy, le Maire de Delmas avait expliqué «… On ne saurait donner aux gens, en cadeau, une place publique pour y établir des tentes favorables aux activités de gangs […] cette évacuation se fait en deux étapes : la première étape consiste à l’élimination de toutes les tentes vides, soupçonnées de servir de repaires à des gangs; la deuxième étape, sera de rentrer en pourparlers dès aujourd’hui avec les personnes résidant dans les autres tentes, pour voir par quels moyens la mairie peut parvenir à les déplacer… »
Le Président Martelly a voulu par cette rencontre s’enquérir personnellement de la situation après les dénonciations mardi de certaines organisations de droits humains, …la POHDH, la PAPDA et l’ACPRODDH ont dénoncé […] l’intervention musclée du Maire de Delmas. Ces organisations ont exprimé leurs volontés de forcer le Gouvernement à définir une politique globale de logement, afin de fournir des abris respectant la dignité humaine des citoyens…. Mr Martelly confirme que M. Jeudy affirme avoir mener cette opération pour déloger les bandits.
Martelly a également fait savoir que son administration priorise toujours la voie du dialogue pour chercher à résoudre les problèmes des victimes du tremblement de terre du 12 janvier 2010, qui vivent encore à ce jour dans des camps, il en a profité pour dénoncer les propos du sénateur Moise Jean-Charles l’accusant d’être lié à ces opérations « contrairement aux propos du sénateur Moise Jean-Charles, je n’ai rien à voir avec ces opérations » , ajoutant que peut-être le Sénateur avait voulu se venger, car à deux reprises il n’avait pas été reçu en ses bureaux.
Hier Jeudi, au cours de la période de questions du point de presse hebdomadaire, de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (Minustah), Sylvie Van Den Wildenberg, porte parole de la Mission, a déclarée concernant ces événements « nous les jugeons inquiétants. Nous sommes en train d’enquêter sur ces évictions. Le Représentant Spécial adjoint qui est lui aussi le Coordonnateur Résident et Humanitaire des Nations Unies, Monsieur Nigel Fischer a pris contact avec les autorités, l’équipe de transition du Président Martelly pour les alerter des informations dont nous disposions a ce sujet » ajoutant « les expulsions forcées vont à l’encontre des principes directeurs portant sur les personnes déplacées et l’encontre des instruments internationaux relatifs au droit humanitaire et aux droits de l’homme, dont Haïti est signataire comme par exemple le Pacte international sur les droits civils et politiques. Mr Fischer a demandé à l’équipe de transition d’informer les autorités municipales des zones concernées sur l’importance du respect de ces droits en attendant qu’une solution adaptée soit trouvée en évitant de faire l’usage de la force, des actes d’intimidation ou des menaces à l’encontre des déplacés…» précisant que la Minustah et l’UNPol n’ont pas participé à ces actions « le soutien de notre police est un soutien technique et de formation à la PNH. Nous faisons des patrouilles conjointes, certes, mais en aucune manière, notre police n’est et ne sera jamais impliquée dans des opérations d’expulsions forcées. »
Mercredi, le Congressman Donald M. Payne (New Jersey) et les Congresswoman Yvette D. Clarke (NY), Frederica Wilson (FL) et Maxine Waters (CA) dans une déclaration commune ont écrit « Nos bureaux ont été alarmés par des nouvelles effrayantes, nous signalant que trois camps de personnes déplacées dans le quartier de Delmas ont été détruit […] nous n’allons pas rester les bras croisés à écouter de tels rapports d’expulsions, sans chercher des explications ou prendre des mesures… »
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3026-haiti-social-operation-musclee-de-destruction-d-un-camps-de-deplaces-a-delmas.html
http://www.haitilibre.com/article-3032-haiti-social-des-membres-du-congres-revoltes-par-les-violentes-expulsions-de-deplaces.html
HL/ HaïtiLibre

 

Michel Martelly répond au Sénateur du Nord Moise Jean Charles

27/05/2011 13:17:00 Auteur(e) La Redaction

Le président Michel Joseph Martelly a administré jeudi une cinglante réplique au sénateur du Nord, Moïse Jean Charles, qui l’a accusé dans la presse de s’être entendu avec des maires de l’aire métropolitaine de Port-au-Prince pour déguerpir « manu militari » les habitants des camps d’hébergement érigés au lendemain du séisme du 12 janvier 2010.

Le parlementaire, membre du parti INITE de l’ancien président René Préval, avait soutenu que, voyant qu’il ne pourra pas sortir ces gens des tentes aussi rapidement qu’il l’avait promis lors de la campagne électorale, le nouveau chef de l’Etat aurait résolu d’utiliser la manière forte pour y parvenir.

En marge de la cérémonie de lancement du Fond National de l’Education, Michel Martelly a rejeté de telles allégations, précisant qu’il avait personnellement appelé le maire de Delmas Wilson Jeudy pour s’informer d’une opération qu’il avait entreprise en ce sens. Ce dernier lui a expliqué qu’il s’agissait d’une action contre des bandits tapis sous les tentes dans la zone de l’aéroport suite à un incident au cours duquel 4 riverains avaient été abattus par balle.

Martelly en a profité pour attribuer les diatribes à son encontre à des gens qui rechignent encore à réaliser qu’il est effectivement au timon de l’Etat. « Ils n’auront d’autre choix que de se résoudre à admettre une telle réalité », a-t-il déclaré, précisant que le sénateur Jean Charles a dû réagir de la sorte simplement parce qu’il n’a pas eu le temps de le recevoir par deux fois à son office.

« Venez encore, sénateur, pour que je vous reçoive afin que vous cessiez de m’attaquer de la sorte », a conclu Michel Martelly sur un ton ironique. [jmd/Radio Kiskeya]

 

Des membres du Congrès américain révoltés par les violentes expulsions de déplacés…
26/05/2011 14:46:59

Haïti - Social : Des membres du Congrès révoltés par les violentes expulsions de déplacés...Hier mercredi 25 mai 2011, le Congressman Donald M. Payne (New Jersey) et les Congresswoman Yvette D. Clarke (NY), Frederica Wilson (FL) et Maxine Waters (CA) ont fait une déclaration commune en réponse à l’expulsion et à la destruction des camps situés sur des places publiques dans le quartier de Delmas à Port-au-Prince.
« …Nos bureaux ont été alarmés par des nouvelles effrayantes, nous signalant que trois camps de personnes déplacées dans le quartier de Delmas ont été détruit. Cela comprenait le camps installé sur une place publique [qui abritait plusieurs centaines de personnes] à l’intersection de la Route de Delmas et de la Route de l’aéroport, détruit par la police haïtienne, sous la direction du Maire Wilson Jeudy. Les déplacés ont été témoin de la destruction de leurs effets personnels alors que certains ont été violemment battus à coups de matraque par la police.
Dans le même temps, l’OCHA (Office for the Coordination of Humanitarian Affairs) et le CCCM (Camp Coordination and Camp Management Cluster) ont envoyé une correspondance au sujet de l’annulation de la réunion de groupe de cette semaine, ainsi que l’ordre du jour de la prochaine réunion qui comprend une discussion sur l’administration Martelly et le Programme pilote de « Retour et de relocalisation ». Cependant, ils n’avaient pas encore eu connaissance des expulsions violentes des camps dans Port-au-Prince. C’est une grande préoccupation et comme membres du Congrès des États-Unis, nous allons examiner minutieusement cette affaire.
Il n’est pas pensable, pour n’importe quel fonctionnaire du gouvernement, de pardonner ou d’ignorer de telles actions à un moment où Haïti cherche à se récupérer du séisme de janvier 2010, dans un lent processus de reconstruction.
Face à des conditions hostiles, y compris des conditions météorologiques défavorables, la violence et la maladie; le logement et le travail sont les priorités pour chaque déplacé haïtien, qui ne doivent pas être compromises. Au cours de la visite du Président Martelly aux États-Unis, nous avons tous été encouragés par son affirmation selon laquelle Haïti faisait face à un nouveau jour, un nouveau départ. Nous avons tendu et continuer de tendre nos bras pour aider et soutenir la population d’Haïti et son gouvernement pour une transition vers l’amélioration. Cependant, nous n’allons pas rester les bras croisés à écouter de tels rapports d’expulsions, sans chercher des explications ou prendre des mesures.
Nous comprenons que les problèmes fonciers sont extrêmement complexes en Haïti et qu’il y a un besoin urgent de créer l’apparence de progrès. Toutefois, cela ne peut être fait par l’expulsion des gens hors des terres publiques, avec nulle part où aller. Il doit y avoir un effort plus intense pour déblayer les débris, réparer des bâtiments habitables et construire des abris permanents. En tant que représentants, qui ont toujours appuyé l’avancement et la prospérité d’Haïti et de sa diaspora, nous espérons que le Président Martelly, les États-Unis et la communauté internationale seront au courant de ces expulsions forcées et prendront des mesures appropriées pour régler ce problème. »

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3026-haiti-social-operation-musclee-de-destruction-d-un-camps-de-deplaces-a-delmas.html
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti: Opont se retire du lot

Le directeur général du Conseil électoral provisoire, Pierre-Louis Opont a nié, jeudi au Parlement, toute implication de près ou de loin dans les allégations de fraudes massives ayant entaché les récentes législatives et présidentielle. « Je n’ai rien à voir avec les éventuelles fraudes dénoncées dans la presse », a indiqué Pierre-Louis Opont aux journalistes à l’issue de sa rencontre avec la Commission sénatoriale spéciale chargée de faire la lumière sur les allégations de fraudes.
M. Opont dit avoir expliqué aux membres de la commission son rôle et ses attributions au Conseil électoral provisoire, décrié et vilipendé depuis la publication des résultats définitifs du second tour des récentes élections. Le CEP est accusé de modifier les résultats au profit de la plateforme Inite sans tenir compte du vote exprimé par la population. Le président du CEP, Gaillot Dorsinvil est, quant à lui, accusé d’avoir reçu de l’argent cash de certains candidats pour les déclarer vainqueurs. Si le principal accusé se garde de se prononcer, Pierre-Louis Opont dit attendre des preuves. « On ne fait qu’accuser des citoyens qui ont accepté de servir leur pays, mais personne n’a avancé de preuve », a précisé le directeur général du CEP.
Pierre-Louis Opont ainsi que les conseillers électoraux sont frappés d’une mesure d’interdiction de départ prise à leur encontre par le parquet de Port-au-Prince. Cette décision fait suite à une requête du Bureau du Sénat qui a été saisi par la commission dirigée par le sénateur Youri Latortue. La commission a déjà interrogé de hautes personnalités du pays dans le cadre de cette enquête, notamment le ministre démissionnaire, Paul Antoine Bien-Aimé, celui de la Justice, Paul Denis et le directeur de la Police nationale, Mario Andrésol.
Parallèlement à sa convocation au Parlement, Pierre-Louis Opont, tout comme les membres du CEP a été convoqué hier mercredi au parquet de Port-au-Prince, toujours sur la question des élections. Seuls trois conseillers électoraux – Ginette Chérubin, Laurette Croyance et Thélève Pierre Toussaint – et Pierre-Louis Opont – ont répondu au rendez-vous du parquet. Les autres conseillers électoraux dont le président Gaillot Dorsinvil disposaient d’un délai de 48h qui prendra fin jeudi pour se présenter au parquet.
Les mêmes conseillers électoraux et le directeur général de l’institution en panne de crédibilité s’apprêtent à organiser des élections législatives complémentaires dans des circonscriptions où le processus électoral a été saboté.
Jean Pharès Jérôme

 

Haïti-MINUSTAH : Retrait envisagé

P-au-P, 26 mai 2011 [AlterPresse] — Une mission d’évaluation du Conseil de sécurité des Nations Unies est attendue en Haïti au mois de juin prochain, annonce la porte-parole de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), Sylvie Van Den Wildenberg, lors d’une conférence de presse ce 26 mai.

Cette mission aura à travailler sur un nouveau calendrier de retrait de la MINUSTAH, indique la porte parole de la mission.

« En octobre 2009 le Conseil de sécurité était en train de travailler sur le retrait progressif des troupes de la MINUSTAH » et ce calendrier « a été complètement chamboulé…par le tremblement de terre », explique t-elle.

« Le succès d’une mission de maintien de la paix c’est quand elle s’en va… Plus vite on part, mieux c’est pour tout le monde et en particulier les populations », martèle t-elle. Selon ses déclarations des discussions ont été ouvertes avec le président Michel Martelly autour du sujet.

Le président souhaite établir une nouvelle force de sécurité dont le statut demeure encore flou. Depuis la dissolution de l’armée en 1995, la police est l’unique force de sécurité nationale avec un peu plus de 9 mille agents actifs pour tout le territoire.

La MINUSTAH compte pour sa part 9 mille soldats et 3 mille 500 policiers, selon les chiffres fournis par Sylvie Van Den Wildenberg.

En attendant son retrait du pays, elle s’apprête à enclencher dans les prochains jours une véritable opération de charme auprès des Haïtiens.

La mission fait l’objet de temps à autre de controverses. Sa responsabilité par rapport à l’introduction du cholera dans le pays, maladie qui a causé plus de 5 mille décès, est avérée par divers experts.

A l’occasion de la célébration de la journée internationale des casques bleus, le 29 mai, la mission va « multiplier les actions de proximité », annonce Van Den Wildenberg, se défendant de vouloir faire « un coup de pub ».

Le 3 juin la MINUSTAH organise une journée porte ouverte au camp de déplacés Charlie à Tabarre. Une vaste campagne de sensibilisation doit être lancée le 29 mai pour informer la population du rôle de la Police des Nations Unies (UNPOL), selon son porte-parole Jorge Moreno Inocencio.

« Nous voulons avoir une approche plus interactive avec les communautés, être plus proches d’elles, afin de mieux connaitre leurs demandes et leurs attentes », explique le policier espagnol. Plus de 10 mille dépliants et mille posters seront distribuées dans le cadre de cette campagne notamment dans les commissariats, annonce t-il.

La journée mondiale des casques bleus est célébrée tous les ans depuis 2003. Le thème retenu cette année est « Etat de droit ».

Par ailleurs le mois de juin ramène le 7e anniversaire de l’arrivée de la MINUSTAH en Haïti. Sylvie Van Den Wildenberg dit refuser de « s’accorder un auto-satisfecit », mais dresse un bilan positif.

« Il y a encore des actes de criminalité en Haïti. Mais combien y en aurait-il de plus et dans quel état serait le pays aujourd’hui si le travail que la MINUSTAH a fait au niveau de la sécurisation et de la stabilisation n’avait pas été fait ? », se demande-t-elle, soulignant un certain rôle dissuasif des troupes onusiennes.

Sur les 14 missions de maintien de la paix actuellement en cours dans le monde, il n’y en a qu’une en Amérique et c’est celle présente en Haïti, rappelle t-elle. [kft gp apr 26/05/2011 13 :40]

 

Haïti: Un dilemme qui annonce une nouvelle ère pour la transition démocratique

Le Nouvelliste

La probité intellectuelle exige que je rappelle d’entrée de jeu qu’en tant qu’avocat faisant partie de la commission d’expert mise sur pied par le Conseil de l’Ordre des Avocats de Port au prince, dont l’appui technique à la commission bicamérale chargée de travailler sur la proposition d’amendement de la Constitution du 29mars 1987 a été très bien appréciée par beaucoup de citoyens avisés et par la quarante-neuvième législature, je suis particulièrement préoccupé par ce revirement spectaculaire constaté dans les amendements adoptés par la quarante-neuvième législature en date du 9 mai 2011, se rapportant notamment à l’harmonisation du mandat des élus.
C’est donc avec stupéfaction que j’avais appris par la voix des ondes que le texte voté par l’assemblée nationale n’est pas celui publié dans le journal officiel, Le Moniteur. Cette anomalie constitue la plus grande entorse au processus d’amendement, initié par le pouvoir exécutif, conformément aux prescrits des articles 282 à 284-2 de la Constitution de 87.
Pour tenter de traiter un tel problème nous allons essayer de répondre à ces trois questions :
1) Doit-on considérer nul l’amendement publié pour n’être pas conforme à la volonté de l’assemblé constituante?
2) Une solution politique est-elle valable pour restaurer l’autorité et l’intégrité de l’assemblée constituante ?
3) Serait-il vraiment impossible de trouver une solution juridique au problème constaté ?
1) L’amendement vicié publié le 13 mai 2011 n’est pas nul.
En raison d’éventuels écarts à la compétence rationae personae et à la compétence rationae loci, certains juristes font valoir la thèse de nullité du texte publié, au motif selon lequel aucune correction ne peut intervenir à cette étape du processus. A cet effet, ils s’appuient sur l’article 283 qui précise que :
« A la première session de la législature suivante, les chambres se réunissent en Assemblée nationale et statuent sur l’amendement proposé. »
Selon la logique de cette disposition, toute intervention de l’assemblé constituante est inconstitutionnelle. Elle est incompétente en raison du temps, puisque cette étape est déjà franchie depuis le 9 mai dernier. Cependant, ils oublient qu’en raison de cette même compétence rationae loci, la loi amendée est déjà entrée en vigueur, conformément à l’article 284, précisant à son tour que :
« L’amendement obtenu ne peut entrer en vigueur qu’après l’installation du prochain président élu. En aucun cas, le président sous le gouvernement de qui l’amendement a eu lieu ne peut bénéficier des avantages qui en découlent. »
On peut donc logiquement admettre que c’est sur la Constitution amendée que le président Joseph Michel Martelly avait juré de respecter et de faire respecter lors de sa prestation de serment le 14 mai dernier et le dilemme annoncé reste entier. Ceci dit, l’amendement vicié du 13 mai 2011 est toujours en vigueur.
2) Vers une solution politique mesurée.
Certains juristes n’hésitent pas à faire appel à l’article 136 de la Constitution du 29 mars 1987 pour trouver une solution constitutionnelle au dilemme dans lequel la publication du 13 mai a plongé le pays. Ils pensent que le président peut en faire usage pour offrir une solution au problème. Cet article dispose :
« Le président de la République, chef de l’Etat, veille au respect et à l’exécution de la Constitution et à la stabilité des institutions. Il assure le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’Etat. »
Une solution politique ne nous renvoie pas automatiquement en dehors du droit, puisque le droit constitutionnel n’est rien d’autre que celui de la politique. La recherche de solution de cette nature n’ouvre pas la voie à toute forme de raisonnement dénuée de référence doctrinale ou théorique.
De Gaulle avait déjà reconnu la justesse d’une telle réflexion, en reconnaissant que, dans des situations exceptionnelles, il faut accepter de rester en dehors de la normalité constitutionnelle pour rentrer définitivement dans la normalité constitutionnelle.
Une telle souplesse d’analyse résoud à l’avance les éventuels écarts aux règles positives que la solution proposée peut affecter explicitement ou implicitement, tout en prévenant les débats fortuits. Dans cette perspective, l’idée émise par le sénateur Edgard Leblanc, selon laquelle il faut associer les trois pouvoirs de l’Etat à la solution, me parait plus perspicace et plus réaliste.
Les trois grands pouvoirs de l’Etat dont: les présidents des deux Chambres, celui de la Cour de cassation et le président de la République auraient pu se réunir pour trouver un consensus politique, autorisant le chef de l’Etat à faire publier dans Le Moniteur l’amendement régulier du 9 mai 2011, tout en faisant retrait de celui publié par le président Préval.
Cette formule permettrait au président Martelly de prévenir les éventuelles chicanes du pouvoir législatif, visant à lui ravir, à l’avenir, les avantages que la Constitution lui accorde en la matière, par mésinterprétation, de bonne ou de mauvaise foi, de l’article 282-2 de la Constitution.
Cependant, est-il possible de soumettre les solutions politiques au droit ?
3) Vers une solution juridique confirmée
Un Etat qui se veut un Etat de droit doit prévoir des institutions susceptibles de soumettre la politique au droit. L’inexistence d’un texte de loi habilitant une autorité à accomplir un acte ne rend pas ce dernier automatiquement ou définitivement arbitraire. Le parachèvement de l’Etat de droit, dû aux succès retentissants des mécanismes de contrôle de constitutionnalité un peu partout à travers le monde, permet d’en dégager une toute autre conception.
Désormais, le contrôle de constitutionnalité ne consiste pas seulement à vérifier la conformité de la lettre de la loi ordinaire à la Constitution. Il consiste encore et surtout à vérifier la conformité de l’esprit des actes des pouvoirs publics à la constitution. Actuellement, il constitue le mécanisme le plus efficace en matière de régulation des rapports et des activités des pouvoirs publics.
Si la solution politique telle que proposée ne génère jamais de conflit, nous sommes dans un Etat de police, mais si elle génère un conflit dans sa mise en oeuvre matérielle, il faut trouver la juridiction constitutionnelle susceptible de transformer cet Etat de police en Etat de droit.
S’il est de principe qu’un acte irrégulier n’est pas automatiquement nul, il n’en demeure pas moins vrai qu’un tel acte ne peut être favorable à l’émergence de l’Etat de droit. Pour qu’il lui soit compatible, il doit être confirmé par une juridiction compétente.
Il serait plus facile d’envisager des solutions politiques qui entrent dans le champ de compétence de l’organe de contrôle de constitutionnalité. Il s’agit, en termes plus clairs, de rendre la légitimité politique indissociable de la légitimité constitutionnelle.
Fort de ces considérations, nous proposons que les présidents des deux Chambres et celui de la Cour de cassation se réunissent en toute urgence pour trouver un consensus, autorisant le président de la République à faire retrait de l’amendement irrégulier et de faire publier l’amendement tel que voté par l’assemblé constituante. Comme toute loi, elle portera la date de son adoption, soit le 9 mai, pour sauvegarder sa validité constitutionnelle.
Cela étant dit, les détenteurs de la saisine du Conseil constitutionnel, l’organe compétent en la matière, peuvent toujours le saisir pour se prononcer sur la validité de cet acte politique. Toutefois, je souhaite vivement que la question soit abordée sous l’angle d’un conflit d’attribution entre les pouvoirs publics pour trouver une décision le plus vite possible sur la question.
Ainsi, le Conseil constitutionnel aura la possibilité de débuter sa mission avec des notes positives et d’attirer la sympathie des citoyens avisés qui, depuis l’entrée en vigueur de la Constitution de 87, ne cessent d’exprimer leur méfiance à l’égard des institutions fondamentales à la démocratie, tant leur performance se révèle décevante.
Le chef de l’Etat est donc habilité à faire publier l’amendement avec les rectifications du parlement, sans risque de perdre les avantages qui en découlent, au nom du principe de la continuité de l’Etat. D’ailleurs, les termes de l’article 284-2 peuvent être toujours évoqués pour justifier que l’amendement n’a pas eu lieu sous le gouvernement du nouveau chef d’Etat.
De plus, la modification de la durée du mandat des élus ne constitue-t-elle pas en elle-même une motivation de plus pour l’organe de contrôle de constitutionnalité d’intervenir en vue de soumettre le pouvoir constituant délégué au pouvoir constituant originaire ?
Dans cette perspective, le Conseil constitutionnel constatera que, pour changer la durée du mandat des élus, il faut d’abord amender l’article 284-3 pour permettre à la population de se prononcer sur la question par voie de référendum. Cet article dispose :
« Toute consultation populaire tendant à modifier la présente Constitution par voie de référendum est formellement interdite. »
Il pourra également évoquer la nécessité de protéger le noyau dur de la Constitution qui, en principe, doit être intangible, en référence à l’article 284-4 de la Constitution du 29 mars 1987 qui précise clairement que :
« Aucun amendement à la Constitution ne doit porter atteinte au caractère démocratique et républicain de l’Etat. »
Somme toute, un chef d’Etat responsable, lors même qu’il souffrirait d’un déficit de légitimité, ne devrait pas rester insensible à de telles dérives. L’intervention du Conseil constitutionnel aura pour vertu d’annoncer une nouvelle ère dans la mise en place des institutions démocratiques haïtiennes.
Me Kedlaire Augustin

 

Haïti: La sécurité publique sans la sécurité nationale : Une autoroute sans issue

Le Nouvelliste

Compte tenu de l’importance du rôle de la politique de défense comme instrument d’action d’un gouvernement, il est nécessaire que la préparation du projet d’une loi sur la défense soit orientée en fonction des objectifs principaux à atteindre. La fixation de ces objectifs est donc un préalable obligatoire à l’évaluation du système de défense et de sécurité interne du pays que le futur gouvernement doit remettre en cause. En ce qui a trait à la politique de sécurité interne, l’objectif doit être fixé à court terme et celle de la défense nationale à court et à moyen terme.
Très souvent, les profanes lient la sécurité publique à la police. Pourtant la sécurité publique est transversale; elle mérite une attention soutenue de notre part afin d’expliquer aux gens :
– Qu’entendons- nous par sécurité publique ?
– Quel doit être l’objectif fixé par une secrétairerie d’Etat à la sécurité publique ?
– Pourquoi une secrétairerie d’Etat à la sécurité publique est importante dans une république comme la nôtre ?
– La sécurité publique est -elle la condition nécessaire pour la réussite d’un gouvernement ?
– Peut-on inviter les investisseurs étrangers et locaux à prendre le risque d’investir sans une sécurité publique viable dans une république ?
– Le nouveau gouvernement aura-t-il la détermination de faire de la sécurité publique une cause nationale pour le développement du pays?
II- Il est aussi important d’expliquer aux gens :
La différence qui existe entre une armée professionnelle pour assurer la sécurité nationale, qui doit être une institution prestigieuse basée sur l’évolution de la technique et de la modernité
– une armée populaire basée sur la quantité et non sur la qualité et la technique, cependant, fidèle à la défense de l’intégrité du territoire, pourtant sans avoir la formation requise d’une armée moderne; c’est le cas de la Côte d’Ivoire et d’autres pays PMA.
– une institution militaire qui utilise des armes lourdes sans être préparée à faire face à un combat pour défendre l’intégrité du territoire en cas de menace grave et imminente du territoire, c’est le cas d’Haïti en 1994. Souvent, on attribue des grades militaires aux gens qui font partie de cette troupe sans tenir compte de leurs capacités intellectuelles et morales à produire un quelconque résultat sur un champ de bataille. En réalité, cette troupe doit être fidèle à son gouvernement, elle n’est pas impartiale, elle travaille au détriment de la population, elle fait souvent peur au peuple, elle se met au service de la cause du pouvoir en place, c’était le cas de notre force militaire dans les années dictatoriales et post-dictatoriales.
– Une institution paramilitaire souvent préparée pour venir au secours de la population en cas de catastrophe naturelle et aussi aider la police en cas de troubles graves à l’ordre public, par exemple, lors d’une grande manifestation publique, c’est le cas du Costa Rica qui n’a plus d’armée officielle. C’est une institution légale. Pourtant, il peut y avoir une troupe paramilitaire illégale. Cette dernière est souvent formée pour semer la discorde au sein de la population et l’intimider, par exemple, durant la période du coup d’Etat de 1991 à 1994, FRAP.
Tous les points précités vont être expliqués afin d’aider la population à avoir une idée sur la reconstitution d’une armée professionnelle ou un groupe paramilitaire pour Haïti. Nous vous disons déjà que, la vielle doctrine nous fait croire que l’armée reflète la souveraineté d’un peuple.
Aujourd’hui, nous avons le droit de nous questionner : quel type d’armée souhaitons-nous avoir en Haïti ? La situation économique du pays, va-t-elle nous permettre d’y faire face, vu le coût budgétaire qu’une armée professionnelle peut valoir à la république ?
Dans un pays qui a vécu de longues périodes de dictatures militaires, les notions de participation et de citoyenneté se heurtent à la survivance des vestiges autoritaires, à la concentration des revenus et de la richesse nationale ou à la mainmise des élites sur l’espace public. Or, si la faible capacité financière de l’Etat haïtien peut entrainer une conséquence sur l’efficacité de la création d’une armée professionnelle en Haïti, aujourd’hui, il est important de se questionner sur le resserrement de la relation Etat-société comme pièce fondamentale d’un bon gouvernement de la république et comme condition au rétablissement de notre souveraineté.
Aujourd’hui, les citoyens de notre pays se comportent comme s’ils étaient souverains, dont chacun peut bénéficier des acquis de la démocratie sans faire le moindre effort. Il faut donc leur faire prendre conscience, par l’éducation ou par le débat, du rôle d’une armée dans un pays. Elle peut être une institution démocratique qui reflète la souveraineté d’un Etat, à condition de la mettre hors état de nuire au bon fonctionnement de la démocratie. Certes, la décision de réinstaurer l’armée, nécessitera un combat quotidien pour trouver toute sa place dans les esprits des gens par rapport aux comportements répressifs des ex-militaires qui opprimaient les filles et fils de la république.
Or, il nous faut des hommes de valeur, de bons républicains pour expliquer à la population que le pays ne peut pas vivre sans une force qui soit capable de le défendre dans un premier temps en cas de menace grave de l’intégrité du territoire.
En second lieu, en cas de catastrophes naturelles, l’armée a son rôle à jouer. Actuellement, la population est livrée à elle-même, nos frontières ne sont pas surveillées, nos enfants ne sont pas protégés, nos biens non plus.
Alors, dois-je dire aux responsables politiques, c’est un des aspects délicats, l’art de gouverner en démocratie que de convaincre les citoyens des nécessités de la défense, surtout en période de paix et particulièrement lorsque vous croyez dans le développement des forces extérieures sur le sol haïtien rendent myopes, aveugles parfois, aux enjeux, aux risques, aux menaces qui pourtant se profilent. C’est la responsabilité et l’honneur d’un gouvernement responsable et du politique que de savoir hiérarchiser les priorités, afficher des objectifs, convaincre l’opinion de ces nécessités. Il est peut-être le meilleur moment de mobiliser les esprits pour faire réfléchir nos compatriotes sur le sens, la réalité de l’état de notre vulnérabilité en cas d’attaque d’un pays tiers.
Nous vivons sous la protection de Dieu et le bon vouloir de nos voisins. Pour mieux comprendre notre situation, nous avons besoin de vous expliquer d’abord la faiblesse de notre sécurité publique interne et l’enjeu de la politique de défense d’un pays.
Créer une force de défense, c’est :
– S’attaquer aux racines du mal interne, ce qui relève de l’action politique et économique.
– Garantir un fonctionnement de notre société aussi harmonieux que possible.
– Mettre une armée professionnelle en place dans une république, n’a pas besoin d’une menace explicite pour se justifier; il est nécessaire d’assurer la sécurité de la nation en fonction des faits constatés, par la réalité de la violence et les circonstances des désordres. – l’Etat doit répondre aux exigences de la société, cette force de défense doit présenter la garantie de leur pérennité en assurant les deux conditions de la sécurité qui sont la vigilance et la protection.
Cependant, ni la vigilance ni la protection ne sont des concepts exclusivement militaires, ce qui va induire cette force vers la mixité-civilo-militaire-seule a même par l’étendue des capacités et des énergies, de faire face à la complexité des missions.
Au fait, à quoi va servir une armée en Haïti ?
Tout d’abord, une armée, ça sert qu’il y ait des militaires, mais parce que l’Etat et la société ont besoin de ce pilier de la république, de sa présence, de son organisation rigoureuse, de son modèle de service, de sa disponibilité ; bref, de son exemplarité productrice de repères. Sans nécessairement qu’il faille mettre les militaires en avant à tout propos, ni inonder de généraux les antichambres du palais national – comme ce fut le cas – où il existait l’institution militaire haïtienne, certains étaient privés de concours solides et précieux pour accéder aux grades supérieurs.
Aujourd’hui, nous devons avoir l’honnêteté d’expliquer à la nation, qu’il est nécessaire de mettre en place une force défense. Pour ma part, c’est l’absence des convictions partagées, l’oubli des impératifs et des devoirs, l’abandon des réalités, l’aveuglement face aux menaces persistantes qui créent les conditions du danger, voire l’effondrement de notre système politique. Alors, ne soyons pas myope dans la région. Sachons expliquer que la priorité sociale, l’apologie de la civilisation des loisirs, le culte de l’individualisme forcené voleront en éclats à la première occasion si nous ne savons pas nous protéger, assumer notre rôle, défendre la sécurité de notre coin de terre.
Tout d’abord en ne nous exonérant pas nous-mêmes des disciplines nécessaires, Sans une Haïti chérie forte sur le plan politique, militaire et diplomatique, il n’y a pas de sécurité extérieure assurée ni de république performante. Je veux faire comprendre à mes compatriotes, que ce n’est pas un repli identitaire ou nationaliste, c’est au contraire le bon sens haïtien qui s’exprime.
Or, nous le savons, seul on ne pourra rien, tant les moyens à mettre en oeuvre seront lourds, sophistiqués, onéreux. Mais sans un effort national, le partenariat, la solidarité, la stratégie sont des slogans sans lendemain.
II- En ce qui concerne la sécurité Publique.
Nous devons reconnaitre qu’Haïti n’a pas une politique de sécurité publique viable qui puisse répondre à l’attente de la population. Le pays est doté d’un Bureau du secrétaire d’Etat à la sécurité publique et non une secrétairerie d’Etat à la sécurité publique. Le BSESP est limité dans son champ d’action, Juridiquement, le secrétaire d’Etat à la sécurité publique n’est pas l’autorité de tutelle du Directeur général de la police haïtienne et, il n’est pas membre de droit du CSPN. C’est un poste Si generis, car, personne ne peut vous dire légalement où commence le champ de compétence du secrétaire d’Etat à la sécurité publique où elle se termine. C’est un collaborateur du ministre de la justice, un chef de Cabinet bis. C’est le tempérament du secrétaire d’Etat à la sécurité publique qui va lui permettre de faire des choses concrètes pour éviter son effacement aux yeux du public. Seul
le ministre de la justice et de la sécurité publique peut mettre en évidence son secrétaire d’Etat au cas ils partagent les mêmes lignes politique et ce n’est pas souvent le cas.
Pourtant, une secrétairerie d’Etat à la sécurité publique est autonome par rapport au ministre de la justice.
Dans une secrétairerie d’Etat, le secrétaire d’Etat a son budget, non seulement, il peut avoir son cabinet, il peut avoir plusieurs directions en coordination avec d’autres ministères. Il est aussi l’autorité directe du Directeur de la PNH.
Le secrétaire d’Etat à la sécurité publique est responsable de la sécurité publique de la nation. N’oublions pas la définition du secrétaire qui signifie, gardé en…… Donc, le secrétaire d’Etat doit avoir :
• Une Direction qui travaille sur la sécurité de l’environnement en coordination avec le ministère.
• Une Direction qui travaille sur la sécurité alimentaire en coordination avec le ministère de la santé publique.
• Une Direction qui travaille avec l’éducation nationale sur le problème des jeunes en difficulté et la construction des bâtiments des écoles.
• Une Direction qui travaille en coordination avec les Mairies sur la politique de l’urbanisme.
• Une Direction qui fait jonction avec les délégués départementaux sur le problème de la sécurité départementale.
• Une Direction qui travaille avec tous les directeurs de prisons.
• Une Direction qui travaille avec l’EDH, le problème de l’électricité est un facteur de l’insécurité.
• Une Direction de renseignement général qui travaille en coordination avec la police en vue de partager leurs informations respectives pour éviter les dérives.
• Une Direction qui travaille directement avec la direction de la circulation, car, la délinquance routière représente beaucoup plus d’insécurité que les délinquances physiques.
• Une Direction de communication qui travaille avec la presse en vue d’expliquer la politique de la sécurité du gouvernement, sa force et sa faiblesse.
• Une Direction de coopération externe qui travaille sur les projets avec les Ambassades et les bailleurs de fonds en matière de sécurité Publique.
• Une Direction qui fait la coordination avec le parlement sur la sécurité Publique.
• Une Direction qui travaille avec le ministère des travaux Publics et de la Communication.
• Une Direction qui travaille en coordination avec le service de l’immigration et les services douaniers.
• Une Direction qui travaille en coordination avec les paquets de la république afin d’avoir les chiffres des présumés délinquants qui sont en attentes d’une décision judiciaire et ceux qui sont définitivement condamnés.
Mesdames et Messieurs les responsables, une sécurité publique stable est l’une des conditions nécessaires pour relever le pays au rang d’une république civilisée, c’est aussi une garantie, un stimulant pour les investisseurs étrangers et locaux d’investir sans crainte.
Une sécurité publique stable génère la croissance et l’emploi, car, les mères de famille n’ auront plus la peur au ventre de se lever à quatre heures du matin pour se rendre au centre-ville afin de faire des achats pour leurs petits commerces informels, elles n’auront plus peur de se faire fouiller dans les Tap-Taps par les bandits qui chantent souvent qu’ils viennent de faire la manne du matin.
Une sécurité publique stable, va renouer la république avec le touriste, comme ce fut le cas dans les années soixante-dix.
Une sécurité publique stable va permettre aux Banques de faire des prêts aux jeunes investisseurs afin de créer, non seulement leurs propres jobs mais aussi d’en créer d’autres, car, tout ne peut pas venir de l’Etat, nous devons inciter la jeunesse à avoir un esprit d’initiative privé et de créativité, pour cela, il faut un climat de sécurité viable qui ne soit pas précaire.
Or, sans une sécurité publique stable, la république ne pourra pas être prospère, il n’y aura pas de création d’emploi, les touristes ne viendront pas visiter nos collines, nos plages. Car la sécurité publique interne est le moteur du développement d’un pays.
Dans ce nouvel dynamiste, l’Etat doit avoir un oeil vigilent sur l’évolution de la sécurité publique, car, l’Etat ne peut plus jouer avec les ennemis du développement de la République. L’Etat ne peut plus continuer à négocier avec les bandits, les criminels ou faisant croire à la nation qu’il négocie avec les criminels de rentrer leurs armes contre l’argent des contribuables et les victimes.
Aujourd’hui, nous disons non, c’est aux bandits d’avoir peur d’être punis par la justice, ce n’est pas à l’Etat d’avoir peur de les mettre hors d’état de nuire.
Cependant, je veux mettre en garde l’Etat haïtien à ne pas confondre le droit des citoyens et le concept de droit l’homme et du citoyen. Le droit des citoyens est inaliénable, chaque citoyen a le droit de circuler librement et tranquillement dans cette république sans avoir peur d’être perturbé par un tiers, car, le premier droit pour un citoyen, c’est de pouvoir circuler librement sans aucune crainte. Or, on peut être riche, en bonne santé, instruit, si l’insécurité bat son plein dans la république, rien ne peut fonctionner. Les Docteurs ne pourront pas aller donner soins aux malades, les professeurs ne pourront pas aller dispenser des cours aux étudiants, les commerces seront fermés, les parents auront peur d’envoyer leurs enfants à l’école. Donc, la sécurité publique doit être considérée comme une priorité absolue pour le développement et la stabilité de la république.
Pourtant, le droit de l’homme est un concept qui a été inventé par la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Tout individu doit être respecté dans sa dignité, dans sa vie privé et préserver le droit de chaque individu en matière de justice sociale et judiciaire. Le concept de droit de l’homme ne doit pas être un alibi pour l’Etat haïtien de ne pas faire régner l’ordre sur le territoire de la république tout en respectant le droit de chaque citoyen.
Docteur Frantz TOYO
Docteur en science politique et Doctorant en Droit
-Professeur de Droit International Public à L’INAGHEI
-Professeur de Relation Internationale et Géopolitique à L’IEP de TOULOUSE
-Professeur de Droit pénal Spécial, pour la maitris

jeudi 26 mai 2011

26 Mai

Des économistes tres optimistes avec l’arrivée de Michel Martelly au Pouvoir

L’économiste Paul Marie Boisson et le représentant de la banque interaméricaine de développement Eduardo Almeida affirment que l’économie haïtienne pourrait être relancée avec l’arrivée au pouvoir de la nouvelle équipe conduite par le président Michel Martelly.
« Haïti peut redevenir la perle des Antilles si les élites politiques et les dirigeants ont intérêt à faire abstraction de leurs préjugés ou de leurs intérêts pour placer le pays au premier plan », a déclaré, Pierre Marie Boisson.
Intervenant a la rubrique le point sur le cent point un de Métropole ce jeudi Monsieur Boisson estime toutes les forces vives de la nation doivent mettre la main dans la pate afin de permettre à Haïti peut renaitre de ses cendres.
Pour sa part, le représentant de la banque interaméricaine de développement Eduardo Almeida préconise, un partenariat entre les différents secteurs dans le pays en vue sortir le pays de sa situation.
Monsieur Almeida souhaite que les secteurs s’asseyent ensemble, en vue de mettre à profit toutes les ressources disponibles du pays.
Le responsable de la BID exprime le souhait que des dispositions soient prises en vue de permettre au pays d’absorber des investissements étrangers. Il se montre très optimiste quant à l’avenir du Pays.
EJ/Radio Métropole Haïti

 

Haïti – Politique : Le Ministre de l’Intérieur devant la Commission d’enquête Sénatoriale
26/05/2011 12:19:45

Haïti - Politique : Le Ministre de l’Intérieur devant la Commission d’enquête SénatorialeLa Commission Sénatoriale d’enquête sur la corruption et les fraudes enregistrées au sein du Conseil Electoral Provisoire (CEP), lors des récentes élections législatives poursuit ses auditions. Hier mercredi, c’était au tour de Paul Antoine Bien-Aimé, le Ministre de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MITC), de répondre aux questions.
Devant la Commission, Paul Antoine Bien-Aimé a nié toutes les implications de son ministère dans les cas de fraudes et de corruptions allégués, dont le CEP se serait rendu coupable. Le Ministre s’est montré peu bavard sur les questions qui lui ont été posé, déclarant seulement qu’il avait refusé de répondre aux questions relatives aux rumeurs liant le MITC à une supposée manipulation des résultats. Précisant que l’organisation des élections relèvait de la responsabilité du CEP et non de son ministère.
Le Sénateur Youri Latortue, qui préside la Commission, s’est lui aussi refusé à faire des commentaires sur le contenu de la séance avec le Ministre Bien-Aimé, se contentant de faire savoir que « des informations pertinentes recueillies dans le cadre de cette audition, seront ajoutées au dossier… »
De plus, le Sénateur a annoncé que Paul Denis, le Ministre de la Justice, sera auditionné une seconde fois, mardi prochain, afin de fournir des explications sur le fonctionnement du Parquet dans cette affaire…
Une rumeur persistante, circulait hier entre des proches de la Commission, qui laissent entendre que cette dernière, pourrait tenter d’interroger l’ancien Président René Préval, dans le cadre de son refus systématique de renvoyer le CEP….
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3024-haiti-politique-le-chef-de-la-police-devant-la-commission-d-enquete-senatoriale.html
http://www.haitilibre.com/article-2979-haiti-politique-la-commission-parlementaire-sur-les-fraudes-electorales-a-commence-son-travail.html
S/ HaïtiLibre

 

Haïti – Social : Première visite à l’étranger de la Première Dame d’Haïti
26/05/2011 10:28:46

Haïti - Social : Première visite à l’étranger de la Première Dame d'HaïtiSophia Martelly, la Première Dame d’Haïti, pour sa première visite à l’étranger, est arrivée hier matin à l’aéroport La Isabela, en République Dominicaine. Elle a été reçue au Bureau de la Première Dame Margarita Cedeno de Fernandez.
Les deux femmes se sont entretenue pendant plusieurs heures sur la nécessité de continuer à renforcer les liens de coopération entre les deux pays. « Nous sommes des Nations sœurs et les liens qui nous unissent sont très forts. Haïti disposera toujours de notre appui et de notre solidarité » a affirmé Margarita Cedeno de Fernandez.
L’épouse du Président haïtien, a dit qu’elle n’oubliera jamais le soutien reçu de la République dominicaine après le séisme de l’année dernière et les efforts des autorités dominicaines pour aider le pays à se rétablir. « C’est ma première visite en tant que Première Dame, je voulais venir ici, parce que nous partageons la même île […] Je voulais aussi remercier la Première Dame et le Président Fernández pour l’appui inconditionnel que nous avons reçu après le séisme et l’amour avec lequel ils l’ont fait. »
Sophia Martelly voulait en savoir plus sur les programmes qui sont développés à partir du Bureau de la Première Dame dominicaine et qui sont destinés à favoriser les classes les plus pauvres, en mettant l’accent sur la santé, l’éducation et la famille.
Le Dr Ligia Amada Melo, le Ministre de l’Enseignement supérieur, s’est joint ultérieurement à cette réunion. Sophia Martelly, a parlé des actions bilatérales, avec une plus grande attention aux questions de prévention et de gestion des catastrophes, les programmes d’appui aux femmes et aux enfants, les projets d’éducation et a abordé en particulier la question des valeurs.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2996-haiti-social-sophia-martelly-rend-hommage-aux-ouvrieres-haitiennes.html
HL/ HaïtiLibre

 

Rouzier cherche sa majorité au Parlement

Le Premier ministre Daniel-Gérard Rouzier s’est entretenu pendant un peu plus d’une heure avec le Groupe Parlementaire pour le Renouveau (GPR), ce mercredi 25 mai 2011. La cohabitation, le partage des responsabilités au sein du prochain gouvernement n’ont pas été abordés. Mais les sujets étaient dans toutes les têtes…

Le Premier ministre désigné à son arrivée au restaurant Tiffany

       

Le député Tolbert Alexis              Le sénateur Fritz Carlos Lebon 

  

Le sénateur Edo Zenny

De rutilants 4×4 officiels sont garés pare-chocs contre pare-chocs en face du restaurant Tiffany au Bicentenaire. La poussière suffoque malgré les averses de la veille ayant drainé des bouteilles en plastiques vides et d’autres déchets ondulant dans une eau verdâtre à l’entrée du dernier restaurant chic au centre-ville où les parlementaire du groupe du renouveau attendent le Premier ministre désigné Daniel-Gérard Rouzier, un peu après deux heures de l’après-midi, ce mercredi 25 mai 2011.
Il arrive. Trois « advance » de l’homme d’affaires laissent leur table et le guettent en compagnie d’agents de l’USGPN et de la CIMO. Le front altier, lunettes Ray Ban sur le nez, veste noire, chemise à carreaux bleu ciel, pantalon kaki, Rouzier, froid comme le Mont Blanc en hiver, descend d’un véhicule immatriculé « Corps Consulaire ». Est-il toujours consul le Premier ministre désigné?
Quelques secondes filent.Des journalistes l’assaillent de questions sur le motif de sa rencontre avec le GPR, groupe majoritaire au Parlement comptant plus de 53 députés dont 30 de Inite et 18 sénateurs. « Je suis venu avec un esprit d’ouverture », lâche Daniel-Gérard Rouzier avant de rejoindre les parlementaires qui l’attendent dans une salle aux vitres teintées.
« On l’écoutera et on formera un groupe qui aura des discussions pointues avec le Premier ministre désigné. C’est après ces réunions que le GPR, dont je suis le président à la chambre des députés, adoptera une position », révèle le député Tolbert Alexis, éloquent dans un rappel que « le gouvernement est l’émanation du Parlement » et cynique en brandissant le spectre de la destitution de tout gouvernement ayant perdu le soutien de la majorité. « Jamais de la vie. Ce n’est pas une réunion de négociations de postes ministériels », jure Tolbert Alexis en marge de cette rencontre qui prend fin à quatre heures par une prière du Premier ministre.
Autre tempo
Si le député Tolbert Alexis est nuancé, le sénateur Fritz Carlos Lebon exprime haut et fort ce que l’on refuse de dire, d’admettre : l’âpreté des négociations pour monter le gouvernement. « Il faut un partage de responsabilités, en d’autres termes un partage des postes ministériels », indique sans ambages le sénateur Lebon de Inite. « Le Premier ministre sait qu’en se présentant devant la majorité qu’il y aura cohabitation. C’est peut-être ce qu’il cherche en demandant cette rencontre »,ajoute-t-il, soulignant qu’une majorité parlementaire ne se retrouve pas dans l’opposition. « On ne trouve ça dans aucun pays au monde. La majorité compose toujours »,soutient-t-il.
Le sénateur Lebon, insistant sur la nécessité d’un partage des responsabilités au profit de la population, confie par ailleurs que les parlementaires de Inite avaient, dans un premier temps, décidé de « laisser le président Martelly et son équipe faire l’expérience ».
Certains s’y accrochent encore
« Il faut laisser les coudées franches au président Martelly et à son Premier ministre désigné Daniel-Gérard Rouzier pour former leur gouvernement. Les ministres devront avoir une feuille de route pour qu’on puisse évaluer leurs réalisations », croit le sénateur Steven Yrvenson Benoit, ami de longue date du Premier ministre désigné. « On ne fera pas de cadeau. Le Parlement fera son travail de contrôle et sanctionnera le gouvernement s’il ne donne pas de résultats », ajoute-t-il, en indiquant ne pas avoir eu des discussions avec le directoire de l’Alternative en vue d’être informé des consignes de cette plateforme à ses élus.
Entre-temps, le Premier ministre qui entame des discussions en vue de monter son gouvernement révèle que ses pièces sont en passe d’être finalisées par ses avocats avant d’être déposées au Parlement.
Cependant, le président de la chambre basse Saurel Jacynthe révèle dans la presse n’avoir pas encore reçu de lettre du président Martelly afin de convoquer à l’extraordinaire la chambre des députés en vacance, pour ratifier le choix de M. Rouzier ainsi que sa politique générale.
S’achemine-t-on vers un gouvernement de cohabitation ?
Des pontes de Inite et du GPR le disent avec des formules nuancées et d’autres crûment. Mais, est-ce que le président Martelly comprendra qu’il faut composer, négocier ?
Le sénateur Edo Zenny croit que le président Martelly, son ami personnel, l’a compris. « Le président Martelly a envoyé son Premier ministre négocier avec le groupe du renouveau. C’est une preuve qu’il a muri politiquement », relève le sénateur Zenny pour qui  » négocier ne veut pas dire essentiellement l’obtention des postes ministériels ».
« Négocier, soutient-il, implique un partage des responsabilités pour le bien-être de la population.Nous ne pouvons pas réclamer le poste de directeur de la douane. Mais nous avons la responsabilité de veiller au bon fonctionnement de la douane », indique-t-il, optimiste, quant à l’harmonisation des relations entre l’Exécutif et le Parlement à un moment où certains évoquent la tentation qu’aurait le président Martelly de passer en force ou de dissoudre le corps législatif en cas de blocage de ses efforts pour monter le gouvernement.
Investi officiellement le 14 mai, le président Martelly subit son premier grand test politique en cherchant une majorité pour monter son gouvernement. Le parti sous l’emblème duquel il avait fait campagne n’occupe que 3 sièges de députés dans un Parlement majoritairement acquis à Inite er ses alliés.Pour le moment.
Roberson Alphonse
ralphonse@lenouvelliste.com

 

Au palais de Justice

Haïti: CEP: un délai de 48 heures est accordé aux autres membres

Le Nouvelliste

Trois conseillers électoraux (Ginette Chérubin, Laurette Croyance et Thélève Pierre Toussaint) et le directeur général de ce collège électoral Pierre-Louis Opont ont répondu à l’invitation du commissaire du gouvernement Harrycidas Auguste. Cette invitation est relative à une mesure d’interdiction de départ et les dénonciations de corruption qui entourent les dernières élections.
Le chef du parquet avait décidé d’inviter les membres du conseil à la suite de deux correspondances reçues du corps législatif venant de la commission sénatoriale d’enquête. Dans ces correspondances, le président a requis le parquet de prendre toute décision jugée utile pour faire la lumière sur les dénonciations de corruption et d’empêcher les membres du CEP de quitter le territoire national jusqu’à la conclusion de l’enquête. Donnant suite à ces correspondances, le commissaire du gouvernement Harrycidas Auguste a émis des ordres d’interdiction de départ à l’encontre des membres du conseil électoral provisoire et en a profité pour les inviter au parquet et leur demander de rester disponible en vue de répondre à toute réquisition de la commission.
«Le parquet s’attend à ce que le président du CEP, M. Gaillot Dorsainvil lui apporte des précisions sur la loi qui lui donne droit de créer le BCEN spécial. Car il doit tenir compte de l’article 173-2 de la Constitution de 1987 qui se lit ainsi : « Nul tribunal, nulle juridiction contentieuse ne peut être établie qu’en vertu de la loi. Il ne peut être créé de tribunal extraordinaire sous quelque dénomination que ce soit », a fait remarquer le chef du parquet.
« J’ai pour mission de veiller à l’application stricte des lois de la République», a déclaré le commissaire du gouvernement Harrycidas Auguste.
Durant un long entretien avec le chef du parquet et un juge du tribunal de paix de la section Est de Port-au-Prince, Me Roland Duvelson, les concernés ont fourni certaines explications sur le BCEN spécial (Bureau contentieux électoral national), créé pour réviser les résultats des élections contestées par la communauté internationale. Le juge de paix a du même coup constaté la non-présence des autres conseillers. Les déclarations des conseillers présents recueillies seront consignées dans le procès-verbal et remises au commissaire du gouvernement pour les suites légales.
Me Harrycidas Auguste se propose dans 48 heures d’adopter des mesures pour porter les autres membres à se présenter au parquet.
Les conseillers électoraux qui se sont présentés ce matin au parquet étaient assistés de Mes Stanley Gaston, Jean-Baptiste Brown, Mosler Georges, Paul Wébert Paul et Pierre-Renauld Carestil.
Selon un juge du tribunal de première instance de Port-au-Prince, le CEP en mettant sur pied un BCEN spécial aux fins de réviser le rapport OEA/CARICOM sur les résultats du 20 avril 2011 viole l’article 173-2 de la Constitution de 1987, vu que celle-ci interdit la création de tribunaux d’exception dans le pays. Le CEP n’a aucune prérogative légale pour agir ainsi. Non seulement en agissant ainsi il viole la loi, mais ses membres sont passibles de la Haute cour de justice, a-t-il conclu.
JRF

 

Haïti: « Un poste dans la fonction publique vient avec une paire de menottes »

Le Nouvelliste

« Un poste dans la fonction publique vient avec une paire de menottes » semble être le mot d’ordre dans l’administration publique sous le gouvernement de Martelly.
La fameuse phrase a été d’abord prononcée par le président Martelly avant même son investiture, elle a été répétée mardi par son Premier ministre désigné Daniel-Gérard Rouzier pour signifier que les fonctionnaires quels qu’ils soient auront à rendre des comptes de leur administration et qu’ils encourent des peines en cas de corruption, selon l’agence en ligne HPN.
« Si quelqu’un enfreint la loi, il sera sanctionné », a-t-il lancé menaçant.
Interrogé sur l’importance à donner à la phrase « Un poste dans la fonction publique vient avec une paire de menottes », s’il fallait la prendre au sérieux, Daniel Rouzier a répondu que lui il la prenait au sérieux. Il dit en outre espérer que ses futurs ministres, au cas où il serait ratifié, feront de même.
« Certains luxes ne sont pas normaux dans des pays pauvres, surtout quand on occupe un poste dans la fonction publique. S’il quelqu’un veut faire de l’argent qu’il rejoigne le secteur privé et investisse son argent, et ne pas se servir dans les poches des contribuables », a ajouté le Premier ministre désigné.
Opinant sur le nouveau slogan certains croient c’est bien de vouloir mettre de l’ordre, « mais cela ne se fera pas d’un coup et pas de manière cavalière », selon Renaud.
« Démagogie et business as usual », répond pour sa part Juliette, à la fois sceptique et ironique.
« Attendons voir cette mesure à l’oeuvre, ajoute-t-elle cependant. Car ce n’est pas la première fois que les nouveaux arrivants au pouvoir annoncent des mesures d’éclat. Si cela marche tant mieux, mais je suis sceptique ».
« J’espère, commente Louis, que ces menottes auront les mêmes dimensions pour tous les poignets. Je n’aimerais pas qu’ils puissent se glisser seulement dans ceux des petits fonctionnaires et qu’ils ne s’adaptent pas aux puissants et aux amis du pouvoir ».

 

Haïti – Éducation : La «taxe» sur les transferts d’argent entre en vigueur le 1 juin 2011
25/05/2011 15:02:05

Haïti - Éducation : La «taxe» sur les transferts d’argent entre en vigueur le 1 juin 2011Après la « taxe » sur les télécommunications qui cachait son nom sous l’appellation de « surplus tarifaire » [application à compter du 15 juin prochain], voici maintenant la « taxe » de 1,50 dollars américains, sur les transferts d’argent, qui est décrite comme : « frais de test, de certification, d’utilisation et d’inspection », dans la circulaire # 98 émise par la Banque de la République d’Haïti (BRH), en date du 20 mai 2011, sous la signature de Charles Castel, le Gouverneur de la Banque.
Sans débats, sans lois, ces fonds devraient être utilisés pour le programme d’éducation gratuite prôné par le Président Martelly. On apprend dans cette circulaire, que ces « frais » de 1,50 dollars par transaction, seront collectés par les banques commerciales, les banques d’épargne et de logement et les maisons de transfert et concernera tous les transferts d’argent internationaux, entrant ou sortant du pays, à l’exception des transferts effectués par les banques pour leur propre compte.
En d’autres mots, les particuliers et les entreprises sont directement visé par ces nouveaux « frais » que l’on se refuse à appelé taxe… La circulaire # 98 de la BRH précise que cette nouvelle mesure entrera en vigueur dès le 1 juin 2011.
Depuis la prestation de serment du Président Martelly, le temps semble soudain s’accélérer. Le Président Martelly devrait nous apporter peut-être plus de précision demain, puisque le bureau des communications nous informe à l’instant que le Chef de l’Etat fera une présentation approfondie du Fonds National pour l’Education (FNE), axe prioritaire de son quinquennat, demain jeudi à 10:00 am à l’Hôtel Karibe Convention Center.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2993-haiti-education-il-ne-s-agit-pas-d-une-taxe-mais-d-un-surplus-tarifaire.html
BF/ HaïtiLibre

 

Haïti: Ces morts sont bien vivants

Le cimetière de Pétion-Ville n’est plus. Le projet qui a poussé la mairesse Claire Lydie Parent à démolir « le royaume des morts » s’apprête à fructifier. En dépit des difficultés financières ayant contraint la mairie d’adopter un plan plus flexible, le projet Parent avance avec l’idée de construire une aire de stationnement, un espace vert, un bloc sanitaire. Pour consoler les « morts chassés », un mémorial y sera érigé en leur mémoire. En attendant qu’une autre nécropole soit construite à Pernier.

Le site qui doit accueillir l’aire de stationnement

Claire Lydie Parent, mairesse de Pétion-ville

Un projet remplace un autre. Mais rien ne se perd de ce rêve tant caressé par la mairesse Claire Lydie Parent, qui a toujours voulu que le cimetière principal de sa commune, Pétion-ville, soit remplacé par des infrastructures plus utiles et garantissant plus de sécurité à ses concitadins et aux passants. Les morts ont ainsi été délogés, dès les premières semaines qui ont suivi le séisme du 12 janvier 2010. La mairesse Parent a sauté sur cette occasion offerte sur un plateau d’argent par cette catastrophe en embrassant un projet à travers lequel elle envisageait la construction d’une gare routière sur trois niveaux, d’un parking sous-terrain, d’un hôtel et d’un restaurant de luxe et d’une salle de conférence.
« En dépit des pertes irremplaçables que le séisme a provoquées, nous lui devons la concrétisation de ce projet que je nourrissais dès mon premier mandat », déclare Claire Lydie Parent. Mais ce projet, qui devait coûter 25 millions de dollars, a dû être révisé, faute de financement. Le projet Parent financé par l’USAID planche à présent sur la construction d’une aire de stationnement qui servira de gare aux tap-tap de Delmas, de Frères, de Pernier, de Girardot, de Péguy-ville et de Berthé. Cet espace de 8 000 mètres carrés hébergera également un jardin, des kiosques et un bloc sanitaire.
La mairie travaille aux côtés de Chemonics international, du ministère des Travaux publics et du service de la Circulation à l’implantation de ce projet à travers lequel Mme Parent entend faciliter la circulation automobile et piétonne et mettre un peu d’ordre au centre-ville de Pétion-Ville.
Des techniciens, avec pelleteuses et camions, continuent, la nuit, de charrier les remblais du cimetière, mêlés d’os humains et de restes de cercueil, afin d’aplanir le terrain, selon des surveillants rencontrés sur le site. La mairesse n’est pas prête à donner une date pour la construction de ce terminus, qui sera géré par un comité. Mme Parent préconise de faire recenser les chauffeurs qui y seront admis. « Les kiosques et l’aire de stationnement seront payants, dit-elle. C’est un projet qui donnera une autre image à la commune de Pétion-ville. »
Pétion-Ville, ville sans mémoire, sans âme…
Un autre cimetière est en construction à Fatima, un quartier situé à une dizaine de kilomètres du centre de Pétion-Ville, avec la firme Chemonics en vue de remplacer l’ancien cimetière. « En démolissant un cimetière ainsi, on traite les humains comme de simples morceaux de bois », clame l’un des surveillants.
« On ne déplace pas un cimetière, peste le journaliste et sociologue Louis Anthony Dauphin. Par contre, on pouvait le désaffecter en gardant l’espace hautement sécurisé. » Toutefois, en cas de force majeure, les autorités peuvent prendre toutes les dispositions nécessaires pour réaliser un délogement plutôt complexe, explique-t-il.
Pour M. Dauphin, le cimetière a une vie et une réalité spéciales. En le déplaçant, on dérange tout un système au point de vue mystique. « Il fallait enlever toutes les pièces, des terres jusqu’aux ossements, en passant par les reliques », dit-il, ajoutant que le cimetière représente l’âme même d’une ville.
Pétion-Ville, selon le chercheur Louis Dauphin, perd une bonne partie de son histoire avec la disparition de son cimetière principal vieux de près de 50 ans. « Le cimetière d’une ville cache une grande partie de son histoire et de son évolution, fait-il remarquer. Des recherches ont montré qu’une simple vue aérienne d’un cimetière fournit de nombreuses informations sur le fonctionnement d’une ville. Alors, pourquoi le faire disparaître un beau matin ?»
Pétion-Ville, ville sans mémoire, sans âme ou sans repères ou encore sans respect pour les chrétiens vivants…, le journaliste Louis Anthony Dauphin ne se remettra pas aisément de la perte de ce cimetière, contre lequel la mairesse nourissait toutes sortes de préjugés. Cachette pour les bandits, lieu de propagation de maladies dangereuses, source de congestion au niveau de la circulation sont parmi les causes qu’avait avancées Mme Parent pour démolir la nécropole de cette commune qui lui a confié trois mandats. Ce qui sous-entend qu’entre l’autorité municipale sur les infrastructures et l’aménagement du territoire et la mise en place des politiques de la sécurité publique et sanitaire, il y a cent mille années-lumière.
Lima Soirélus
lsoirelus@lenouvelliste.com

mercredi 25 mai 2011

25 Mai

L’édito

Haïti: Sur quelle Constitution Martelly a-t-il prêté serment ?

Le Nouvelliste

Faisant suite à la lettre du président de la République adressée aux présidents des deux Chambres sur la désignation de Daniel Gérard Rouzier comme Premier ministre, le Sénat de la République s’apprête à former une commission spéciale pour analyser ses pièces. Du côté de la Chambre basse, les députés étant en congé, le bureau attend incessamment l’arrêté présidentiel qui doit convoquer le Corps législatif en session extraordinaire pour ratifier le choix du Premier ministre désigné et approuver sa déclaration de politique générale.
Cet arrêté, que prendra le chef de l’Etat, doit sans nul doute, selon les normes de rédaction des textes législatifs et réglementaires en Haïti, viser la Constitution dans les articles qui se rapportent au choix du Premier ministre et la convocation du Corps législatif en session extraordinaire. Quelle Constitution sera visée dans l’arrêté présidentiel ? Celle publiée dans Le Moniteur le 13 mai 2011, celle non amendée ou celle amendée par l’Assemblée nationale le lundi neuf mai 2011 ?
Comment le président de la République pourra-t-il prendre un arrêté sans publier auparavant la loi constitutionnelle qui mettra fin à la saga provoquée par la publication de la version erronée de l’amendement votée souverainement par l’Assemblée nationale le neuf mai 2011 ? Si Michel Martelly n’a aucune responsabilité dans cette crise de publication de la loi constitutionnelle, il ne peut non plus ignorer aujourd’hui la version réelle transmise vendredi par le président du Sénat. En dépit de la grossièreté de l’erreur commise à la fois par le bureau de l’Assemblée nationale et le secrétariat de l’ex-président René Préval, Martelly ne peut pas se passer de l’article 126 de la Constitution qui stipule que «la loi prend date du jour de son adoption par les deux Chambres». Ce qui semble vouloir dire que les formalités de promulgation et de publication ne constituent pas des normes supérieures aux lois et actes adoptés souverainement par les Assemblées législatives.
Sur quelle Constitution Michel Martelly a-t-il prêté serment ?
Si les erreurs matérielles contenues dans la publication de la loi constitutionnelle ne peuvent pas enlever le caractère souverain du vote des deux Chambres en Assemblée nationale, on peut prétendre qu’il a prêté serment sur la Constitution amendée.
Lemoine Bonneau
bonneau@lenouvelliste.com

 

Haïti: Daniel Gérard Rouzier vu par Jean Reynold Jean-Pierre

Le Nouvelliste

Dans le numéro du 11 au 17 mai du journal « Haïti Libérée », un confrère de la presse a essayé de nous camper Daniel Gérard Rouzier, le premier ministre désigné par le président Martelly, dans des termes pas très élogieux. De même, aussitôt la nouvelle répandue, des individus ont été payés pour salir son nom sur les murs de la capitale. N’ayant pas connu Daniel sous ces aspects négatifs, je vais tenter de vous présenter ce camarade que j’avais côtoyé sur les bancs à Saint-Louis-de-Gonzague.
D’aucuns dirons que je suis mal placé pour parler de cet homme. Mais qui donc, en dehors de ses parents les plus proches, pourraient se vanter de connaître un peu Daniel, sinon ses camarades de classe qui le fréquentaient cinq jours sur sept. De plus, on avait même l’habitude, avant la dérive de ces dix dernières années, de se réunir chaque mois, chez l’un des camarades de la promotion pour échanger des idées, partager des rêves pour le pays.
C’est évident, fils d’une « Madame sara », Daniel Gérard Rouzier n’est pas de la même classe sociale que moi. A ceux qui le pensent ainsi, je leur réponds sans ambages qu’en tant historien et ethnologue, je n’aborde jamais les problèmes sous cet angle. Et puis, connaissant plus ou moins la réalité haïtienne, je ne connais l’homme que l’homme seul et c’est tout. A Saint-Louis-de-Gonzague, c’est l’esprit de la compétition, du respect, du dépassement de soi, d’entraide que les Frères nous inculquaient. Je me souviens qu’en 1978, Frère Serge Larose avait créé un mouvement dénommé : STO qui signifie être debout pour agir positivement. Et il nous encourageait à bien servir notre pays. De son côté, Frère Philippe D’Méza, notre professeur de religion et de philosophie, nous répétait souvent : « Servir ne doit être avant tout un devoir civique, mais de préférence un besoin vital ». Et il martelait : « Ayez toujours l’appétit de servir ».
Ayant été à l’école de ces grands hommes, imprégné de ces leçons salutaires, Daniel, tout au long de sa vie, s’est oeuvré à servir. D’où ses actions charitables au sein de cette géante entreprise chrétienne Food for the Poor. Là, il a pu travailler pour loger des centaines de nos frères et soeurs et donner à manger journellement à des milliers de nos compatriotes. Donc, Daniel n’a besoin de personne pour parler de lui. Ses oeuvres, ses entreprises, sa réussite plaident largement en sa faveur. Rude travailleur, humaniste, Daniel a toujours su que la plus grande torture, c’est la faim. Et que si vous mangez que l’autre boit du vent, on ne peut lui demander de vous aimer.
Donc, rien d’étonnant de telles manifestations de foi agissante, d’amour envers son prochain. En classe, Daniel fut toujours un camarade modéré, respectueux, plaisant, plein d’humilité, disponible, très sociable et toujours maître de lui-même. Grand investisseur, esprit positif, travailleur infatigable, faisant vivre des dizaines de familles, Daniel est un modèle. La richesse étant une grâce divine, nous invitons nos frères et soeurs haïtiens à s’enrichir par le travail bien fait, par l’amour du prochain. Daniel s’est toujours révélé un homme intègre, un progressiste, un gagnant guidé par une force morale et spirituelle à toute épreuve. Bien sûr, il a ses défauts. Mais nous sommes convaincus qu’il remplit toutes les conditions pour bien servir son pays. Et quoi qu’on puisse avancer concernant ses expériences politiques, je crois plutôt: du fait qu’il n’est pas un politicien traditionnaliste, et n’a pas la conscience empoisonnée par la politicaillerie haïtienne constituent l’un de ses points forts. A ceux qui pensent aussi que le premier ministre désigné n’est pas l’homme du moment, ils seront surpris de constater que Daniel maîtrise bien les hommes et les choses. A ce sujet, le choix du président est un choix inspiré, patriotique. Le secteur privé longtemps piégé par des régimes populistes, la diaspora haïtienne, les investisseurs étrangers sont mis en confiance pour créer du travail en vue de permettre au peuple haïtien de vivre dans la dignité et de recouvrer sa souveraineté.
Le confrère de la Presse le présente comme un ultra conservateur. On ne saurait souscrire à de telles diatribes. Disons plutôt que Daniel est un homme de la droite, un capitaliste. Daniel Gérard Rouzier, homme de son temps, imbu de la réalité de son pays, sait très bien qu’aujourd’hui plus que jamais, le capitalisme doit être social et que la démocratie haïtienne, elle sera sociale ou rien du tout. Il a mille et une fois raison quand il nous dit : « Pour que Haïti soit stable, elle doit être prospère. La stabilité ne peut venir que par le renforcement institutionnel. La prospérité ne viendra par contre qu’avec l’injection de capitaux». Bien sûr, nous pouvons énumérer d’autres facteurs importants comme la sécurité, la restauration de l’autorité de l’État, une justice équitable, l’assainissement des administrations étatiques la guerre incessante contre la corruption, contre le népotisme. le respect des vraies valeurs, etc.
Tout compte fait, je crois fermement que Daniel réunit les conditions indispensables pour gérer un pays : le savoir (les connaissances), la compétence (la capacité, l’habilité à matérialiser les connaissances) et l’amour du sol natal, de ses frères et ses soeurs haïtiens. Peut-être, les éternels destructeurs penseront qu’en défendant mon ancien camarade de classe, je vise à un poste dans le gouvernement, je leur répondrai tout simplement que je suis plutôt un défenseur acharné, inconditionnel de mes anciens camarades de classe, de mes anciens professeurs, de mes élèves, de mes amis, de mon pays. Ceux qui m’ont pratiqué pendant mes 31 ans, soit comme enseignant ou comme directeur de lycée, et qui furent mes collaborateurs du temps où je fus directeur général du Ministère des Affaires Sociales et ancien membre du Conseil Électoral Provisoire peuvent en témoigner.
Bravo Daniel, kenbe fèm, pa lage! Quelques jours avant le choix du président, tu me confiais ton désintéressement de la politique, et surtout les problèmes de ta famille. Nous savons que ce sacrifice est très grand. Cependant, mon vieux, permets-moi de te dire qu’avant d’appartenir à une famille, l’homme appartient avant tout à une nation, à l’humanité. Tes anciens camarades de classe sont fiers de toi. Tu vas réussir pour le bien de notre chère Haïti !
Professeur Jean Reynold Jean-Pierre

 

Mercredi, 25 mai 2011 11:03

Repons Peyizan présente Daniel Rouzier comme l’homme de la situation

La plateforme Repons Peyizan salue la désignation de l’économiste Daniel Gérard Rouzier comme premier ministre, par le président de la république, Michel Martelly.
Au cours d’une conférence de presse ce lundi, le directoire de cette formation politique a sollicité la collaboration du parlement Haïtien dans le cadre du processus de ratification du premier ministre désigné.
Selon Patrick Henry, membre de la plateforme, l’économiste Daniel Rouzier est quelqu’un, sur qui le pays peut compter pour se redresser, puisqu’il symbolise un modèle de réussite.
Il présente monsieur Rouzier, comme un entrepreneur ayant réussi dans le monde des affaires en Haïti.
Par ailleurs Patrick Henry en profite pour dénoncer une catégorie d’individu, qu’il qualifie de flibustiers politiques qui selon lui, vont tout mettre en œuvre afin d’accaparer le pouvoir.
EJ/Radio Métropole Haïti

 

Haïti – Politique : Le Sénateur Steven Benoît votera pour Daniel Gérard Rouzier
25/05/2011 10:10:20

Haïti - Politique : Le Sénateur Steven Benoît votera pour Daniel Gérard RouzierDevant les journalistes, le Sénateur Steven Benoît [plateforme Alternative], a déclaré hier mardi, que le choix de Gérard Daniel Rouzier comme Premier Ministre désigné par le Président Martelly était un bon choix, et que son vote lui était acquis.
« Je pense que c’est un bon choix, c’est une personne, qui ne va pas faire des affaires sous la table, d’ailleurs il a dit que c’était une personne transparente et il a parlé de reddition des comptes et c’est ça qui manque dans le pays depuis 200 ans […] Je constate, que dans chaque entrevue qu’il donne, il parle de reddition des comptes. Lorsqu’il y a une absence de reddition des comptes, c’est là, que la corruption commence. D’ailleurs la première chose que j’attends, c’est qu’on me dise combien d’argent a été dépensé dans l’investiture du Président Martelly, qu’on me donne les détails sur cette première dépense […] comme membre de la Commission anti-corruption au Sénat, je vais suivre la promesse qui a été faite, pour qu’il y ai une reddition des comptes permanente, périodique. Je suis très pressé de voir ce Gouvernement à l’œuvre […] je vois que c’est une équipe d’hommes jeunes, éduqués, qui ont la fougue. Ils ont déjà des moyens, apparemment, ce n’est pas des personnes qui viennent faire de l’argent, mais mettre les mains à la pâte.
Mon vote est déjà acquis, si le Premier Ministre satisfait les conditions d’éligibilité. Le Premier Ministre n’a aucun problème, c’est une personne qui fonctionne depuis 25 ans dans le pays, il a une carte de résidence [américaine] d’ailleurs il a dit qu’il allait la remettre, tous le monde sait qui est Daniel Rouzier. »

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3019-haiti-politique-ratification-du-premier-ministre-cette-semaine.html
http://www.haitilibre.com/article-3021-haiti-politique-bandits-corruption-justice-rouzier-precise-ses-futures-actions-partie-i.html
http://www.haitilibre.com/article-3022-haiti-politique-economie-chomage-bailleurs-daniel-gerard-rouzier-precise-ses-futures-actions-partie-ii.html
http://www.haitilibre.com/article-3013-haiti-politique-daniel-gerard-rouzier-reponds-aux-questions-de-michel-martelly.html
http://www.haitilibre.com/article-3020-haiti-politique-inite-n-entend-pas-faire-obstacle-aux-choix-du-president-martelly.html
http://www.haitilibre.com/article-2999-haiti-politique-michel-martelly-designe-daniel-gerard-rouzier-comme-premier-ministre.html

S/ HaïtiLibre

 

Pierre Louis Opont et consorts au parquet mercredi

RTVCaraibes – 25/05/2011 10:17:00 Auteur(e) La Redaction

image 

Le Directeur Général du CEP , Mr Opont et Madame Chérubin

Le Parquet de Port-au-Prince a convoqué mercredi des Conseillers électoraux et le directeur du CEP Pierre-Louis Opont. Si ce dernier confirme qu’il va se rendre au tribunal, ce n’est guère l’avis des Conseillers.

Pierre-Louis Opont a confirmé qu’il va répondre à la convocation du commissaire du gouvernement Auguste Harrycidas dans le cadre d’une enquête sur les résultats définitifs ayant débouché sur une crise postélectorale. Il compte se rendre mercredi au Parquet de Port-au-Prince pour répondre aux questions de la Justice.

Tout en rejetant les « allégations graves » portées contre lui et des conseillers électoraux sur leurs éventuelles implications dans des magouilles en faveur de certains candidats aux dernières élections, M. Opont se dit prêt à répondre à cette convocation.

« Je suis un justiciable,  s’il y a une commission parlementaire qui effectue sur enquête sur des allégations de corruption contre l’appareil électoral dont je suis le directeur,  je trouve nécessaire qu’on fasse le point sur les accusations afin de blanchir le CEP » a indiqué le directeur du Conseil électoral provisoire.

D’un autre côté, Pierre-Louis Opont dit n’avoir pas été informé personnellement d’une interdiction de départ à son encontre, qu’il l’a appris comme tout le monde dans la presse. Toutefois, M. Opont soutient qu’il va profiter de son audition pour s’enquérir sur la nature  de cette interdiction de départ.

L’ancien administrateur de l’Université Lumière a conclu qu’il n’a rien à voir avec les derniers résultats publiés par le BCEN  parce que sa mission a pris fin dès la publication des résultats préliminaires le 4 avril dernier.

Si Opont confirme qu’iI se rendra au Parquet, d’autres membres du CEP convoqués déclarent que le commissaire du gouvernement doit savoir ce que disent la loi et la constitution concernant les Conseillers électoraux. 
Wilner Jean Louis

 

Haïti – Politique : Le Chef de la police devant la Commission d’enquête Sénatoriale
25/05/2011 09:34:53

Haïti - Politique : Le Chef de la police devant la Commission d’enquête SénatorialeMario Andrésol, le Chef de la Police Nationale d’Haïti (PNH), Marie Yolaine Gilles, l’assistante chef du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), et Rony Desroches, le Directeur exécutif de l’Initiative de la Société Civile (ISC), ont été auditionnés séparément, mardi devant la Commission Sénatoriale d’enquête sur la corruption au sein du Conseil Electoral Provisoire (CEP) et les fraudes enregistrées lors des récentes élections législatives.
Suite a cette audition, le Chef de la Police a tenu à préciser, que la Commission Sénatoriale a «…surtout abordé les problèmes de sécurité et des cas que nous avions enregistrés. Il faut comprendre que c’est à titre d’informations que je suis venu, je ne peux pas statuer sur les fraudes, car nous n’étions pas dans l’organisation [des élections] mais dans la sécurité, avec les éléments que nous avions en mains […] Nous avons fait des recommandation, à savoir, ce que nous, en tant que police nous demandions pour qu’il n’y ai pas de violence lors des élections […] tous les problèmes qu’il y a eu dans les élections, c’est parce que dans les bureaux de vote ou dans les centres de vote, il n’y avait pas assez de policiers pour s’interposer avec ceux qui venaient faire du désordre […] cela a causé un problème […] il y avait plus de 11,000 bureaux de votes dans le pays,… En tant que Chef de la Police, j’ai dû répartir mes forces, donc dans certains endroits, il y a seulement qu’un ou deux policiers, stratégiquement ce n’était pas fiable… c’était aussi le cas dans les zones rouge… »
De son côté, Marie Yolaine Gilles a fait savoir qu’elle avait, elle aussi, partagé avec la Commission les informations détenues par le RNDDH sur le CEP. Toutefois, elle a déclarer ne disposer d’aucune preuve des nombreuses allégations de corruption portées contre l’organisme électoral.
Une position qui contraste avec celle d’Anthonal Mortimé, Secrétaire exécutif de la Plateforme des Organisations Haïtiennes de Droits Humains (POHDH), qui en marge de ses auditions, avait appelé la veille, la chambre des députés, à procéder à la mise en accusation des conseillers électoraux de manière à ce que le Sénat puisse s’ériger en haute cour de justice pour juger les conseillers. Qualifiant les élections du 28 novembre de « chaos » , il rappelle que les membres du CEP ont toujours fait l’objet de graves dénonciations et qu’ils ont failli à leur mission qui était d’organiser des élections crédibles et justes dans le pays.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3023-haiti-justice-pierre-louis-opont-convoque-au-parquet-ce-mercredi.html
http://www.haitilibre.com/article-2979-haiti-politique-la-commission-parlementaire-sur-les-fraudes-electorales-a-commence-son-travail.html
HL/ HaïtiLibre

 

Haiti-Politique : Enthousiasme et prudence au parlement vis-à-vis de la désignation de Rouzier comme premier ministre

P-au-P., 25 mai 2011 [AlterPresse] — Un certain enthousiasme mêlé de prudence est perceptible au niveau des deux Chambres du parlement à propos de la désignation de Daniel Gérard Rouzier au poste de premier ministre.

Jean Rodolph Joazile, président du Sénat, affirme à AlterPresse que « le sénat a accueilli favorablement le choix du citoyen Daniel Gérard Rouzier pour devenir le 16e Premier ministre du pays, car le président de la chambre des députés et moi avons fait des propositions au président Martelly sur le profil de celui qui devrait être un chef du gouvernement. »

Le président de la chambre basse, Sorel Jacinthe abonde dans le même sens et indique à l’agence que « la chambre basse n’a aucun problème avec le choix du président Martelly ».

Après avoir désigné officiellement son premier ministre, le chef de l’Exécutif s’est lancé dans une campagne de communication à travers les médias et les réseaux téléphoniques en vue de faire passer son choix au parlement où son parti (Repons Peyizan) ne dispose que de 3 députés.

Rouzier doit d’abord obtenir sa ratification par les deux chambres avant de franchir la seconde étape qui est l’approbation de sa politique générale, ce qui lui permettra de devenir chef de gouvernement.

« Rien n’est encore acquis pour les deux hommes, car nous sommes dans la phase technique du dossier. Donc, si le dossier de Rouzier ne respecte pas les normes constitutionnelles, il tombe dès le départ. Il n’y a pas à sortir de là », avertit le député Jean Acklush Louis-Jeune (Dame-Marie/Alternative).

Cependant, « je n’ai aucun problème à lui donner mon vote dans la mesure où il serait capable de me convaincre par sa vision politique globale pour changer l’image navrante du pays », nuance Louis Jeune.

Plus direct, le député de la circonscription Mirebalais/Boucan Carré, Abel Descollines, du bloc Regroupement pour le changement (RPC) « n’entend pas barrer la route au Premier ministre désigné », selon ce qu’il confie à AlterPresse.

Pourtant, le député de la 3e circonscription de Port-au-Prince, M’zou Naya Belange Jean-Baptiste, élu sous la même bannière politique que le président Martelly (Repons Peyizan) conditionne son vote : « s’il n’y a aucune considération pour ma circonscription, je n’accorderai pas mon vote à Daniel Gérard Rouzier », menace-t-il.

Le jeune parlementaire déplore que « jusqu’à présent, le président Michel Martelly n’a pris contact avec aucun des trois députés, élus sous le même chapeau politique que lui. »

« La plateforme Repons peyizan, aujourd’hui un parti politique, se positionnera dans les prochains jours sur le cas du Premier ministre désigné. Et nous appliquerons la position… du parti assurément », poursuit M’zou Naya Belange Jean-Baptiste.

Les députés et sénateurs de la plate-forme Inité (Unité) n’entendent pas, au nom du changement, faire obstacle à la ratification de Daniel Rouzier, moyennant le respect des procédures.

Dans une entrevue accordée à la station privée Radio Métropole, le coordonnateur national d’Inite, le sénateur Joseph Lambert, assure que les parlementaires de cette plateforme « ne vont pas constituer un bloc opposant au processus de ratification de Daniel Gérard Rouzier. »

« Si Daniel Gérard Rouzier se révèle quelqu’un capable de répondre aux aspirations de la population, Inite n’aurait aucun intérêt à lui barrer la route », ajoute-t-il.

Prudents, des sénateurs, qui ne connaissent pas bien Daniel Gérard Rouzier, se gardent de tout commentaire, en attendant l’avancement du processus suivant les normes constitutionnelles et les principes établis.

Le sénateur Anick Francois Joseph (Alternative/Artibonite) pense que le manque d’expérience politique de Rouzier ne pourrait, en aucun cas, déterminer sa vraie capacité de diriger le prochain gouvernement.

D’autres estiment qu’il ne faudra pas faire usage de procédés dilatoires pour tenter de barrer la route au Premier ministre désigné. [sfd gp apr 25/05/2011 09:10]

 

Haiti-Cuba-Éducation : Toujours pas un sou pour les 400 boursiers haïtiens à Cuba

P-au-P., 25 mai 2011 [AlterPresse] — Les boursiers haïtiens des facultés de médecine #1 et #2 de Santiago et ceux de Manzanillo, à Cuba, continuent de réclamer du ministère haïtien de la santé les arriérés de 7 mois d’une allocation mensuelle de 50 dollars accordée par le gouvernement haïtien.

Cette situation, révélée par la presse depuis plusieurs semaines, dure encore, en dépit des démarches formelles effectuées par les étudiants et des dispositions techniques mises en place pour faciliter le transfert des fonds.

Dans une correspondance adressée le 7 mai dernier au ministre démissionnaire de la santé Alex Larsen, les dirigeants étudiants de ces facultés ont sollicité le bénéfice de l’urgence pour le déblocage des fonds.

Les étudiants mettent en avant la nécessité pour eux de recevoir cet argent avant le début de la période des vacances en raison de graves difficultés économiques auxquelles ils font face et de l’urgence de se procurer à leur frais un billet d’avion pour retourner en Haïti.

Selon des informations communiquées à AlterPresse, l’ancien Président René Préval avait passé des instructions pour le déblocage des ces fonds bien avant son départ. Une source gouvernementale a indiqué que les montants seraient déjà disponibles sur le compte du Ministère de la santé.

Un contrat a été signé entre la firme haïtienne Mediacom , représentante de la compagnie canadienne Carribbean Transfers pour le paiement des allocations aux étudiants haïtiens. Cependant jusqu’à date le Ministère de la santé n’a versé aucun montant à la Mediacom en dépit des garanties financières réclamées par ce ministère, apprend AlterPresse.

Ives Marie Chanel , directeur de Mediacom, a effectué du 5 au 8 mai 2011 une visite à Santiago de Cuba en vue d’évaluer le déroulement du processus de distribution des cartes de débit devant permettre aux 466 étudiants haïtiens de recevoir les arriérés de six mois ( octobre 2010 à mars 2011 ) d’allocations.

Chanel estime être pénalisé par cette situation. « Le Ministère haïtien de la santé a exigé de la Mediacom une lettre de caution de garantie d’exécution. Nous avons soumis cette lettre depuis le 26 avril, nos fonds sont bloqués et nous n’avons pas reçu un centime du Ministère. Nous sommes en train de perdre de l’argent et des opportunités », fait-il remarquer.

La CT a déjà émis des cartes de débit pour tous les étudiants et 75% des cartes ont été déjà retirées par les étudiants au bureau local de la Fincimex, représentant de la Caribbean Transfers à Santiago de Cuba, apprend-on de source étudiante. [apr 25/05/2011 08 :20]

 

Opération de Déguerpissement: Des voix s’elèvent contre les mesures de la Mairie de Delmas

RTVCaraibes – 25/05/2011 10:10:00 Auteur(e) La Redaction

(AHP)- Plusieurs responsables d’organisations sociales et populaires dont la POHDH, la PAPDA et l’ACPRODDH ont dénoncé mardi l’intervention jugée musclée du maire de Delmas, Wilson Jeudi, pour déloger les victimes du tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui se trouvaient sur les places du carrefour de l’Aéroport à Port-au-Prince.
Lundi, le maire Jeudi, accompagné d’agents municipaux et de policiers était  a la tête d’une vaste opération de déguerpissement au cours de laquelle des victimes du 12 janvier ont été chassées de cesespaces.
Certaines d’entre elles ont fait savoir que leurs tentes ont été déchirées et leurs effets personnels emportés au cours de l’opération.
Camille Charlmers directeur exécutif de la Plate forme Des Plaidoyer pour le Développement Alternatif (PAPDA) soutient que le problème du relogement des sinistres ne doit pas être résolu dans la répression.
M. Charlmers signale que la mairie devait au préalable chercher un autre endroit pour loger les sinistrés qui n’ont pas choisi cette situation.
Selon lui, l’acte commis par M. Jeudi ce lundi est une violation de l’article 22 de la constitution de 1987. M. Charlmers demande en ce sens aux autorités d’assumer  leurs responsabilités.
De son coté, l’avocat des sinistrés des camps du carrefour de l’aéroport Patrick Florvilus qualifie l’opération du 23 mai d’acte criminel.
Il considère cet incident comme une violation des droits au logement garantis par la constitution de 1987.
Patrick Florvilus informe que les agents de la mairie ont saisi des biens des victimes après avoir détruit leurs tentes. Il s’agit, dit-il, de destruction de biens d’autrui.
Me Florvilus annonce qu’une requête a déjà été  adressée au juge suppléant  du tribunal de paix de Delmas, Me Durand Jean Rigaud, et qu’une plainte sera déposé contre le maire de Delmas Wilson Jeudi, des agent de la mairie et  de la PNH qui ont pris part à cette opération pour qu’ils puissent répondre de leurs actes.
Par ailleurs, ces organisations sociales et populaires qui s’étaient réunies pendant 3 jours dans le cadre d’un colloque sur la problématique du logement en Haïti ont présente  mardi 24 mai un extrait des résolutions adoptées suite à ce rassemblement.
Ces organisations ont exprimé leurs volontés de forcer le gouvernement à définir une politique globale de logement afin de fournir des abris respectant la dignité humaine des citoyens.
Elles exhortent les parlementaires à se préparer à voter une loi sur le logement qui permettra à tout haïtien d’avoir accès à des abris confortables tel que recommandent l’article 22 de la constitution de 1987 et la convention internationale des droits socio-économiques et culturels, a indiqué Camille Charlmers lisant la résolution.

 

Haïti – Justice : Pierre Louis Opont, convoqué au Parquet ce mercredi
25/05/2011 08:34:06

Haïti - Justice : Pierre Louis Opont, convoqué au Parquet ce mercrediPierre Louis Opont, le Directeur Général du Conseil Électoral Provisoire (CEP), confirme avoir reçu une convocation du Parquet de Port-au-Prince pour ce mercredi, dans l’affaire des allégations de corruptions et de fraudes au CEP, suite à la publication des résultats du second tour des élections législatives. Concernant son interdiction de quitter le territoire, il dit l’avoir appris par la presse et que le Commissaire du Gouvernement devrait lui fournir plus d’information sur la nature de cette éventuelle interdiction.
Hier mardi, le Directeur Général du CEP a tenu a préciser que pour lui, les résultats acceptés aujourd’hui comme fiables et respectueux de la volonté populaire, sont ceux qui avaient  été publiés sous sa direction le 4 avril dernier. À propos des résultats contestés, il a indiqué que ces derniers relèvent des décisions du Bureaux du Contentieux Électoral National qui ne sont pas sous sa direction..
Pierre Louis Opont, entend apporter toute sa collaboration à la justice « … Je suis le Directeur Général du CEP, donc un justiciable, il y a une Commission Sénatoriale qui enquête sur des allégations de corruptions au niveau de l’appareil électoral, dont je fais parti, donc je suis concerné, ce sont des allégations graves. Il y a des personnalités publiques qui ont fait des accusations à visage découvert… Il est nécessaire, premièrement de faire le point sur ces accusations, puis de blanchir le CEP et le personnel si nécessaire… Il y va aussi de l’honorabilité des conseillers, il y va l’honorabilité de la Direction Générale, et moi j’y tiens, j’espère que toute la lumière sera faite et que l’on fixera les responsabilités… »
Parallèlement à cette affaire, Pierre Louis Opont a fait savoir, que tout est mis en œuvre, pour l’organisation du second tour des législatives, qui se tiendront le 29 mai prochain, dans les circonscriptions où les élections du 28 novembre avaient perturbées et annulées et dont la reprise du premier tour, avait eu lieu le 20 mars dernier. Il a ajouté qu’il s’était entretenu avec les candidats, pour leur demander d’apporter toutes leurs contributions, afin que ces élections se déroulent dans une atmosphère de Paix.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3017-haiti-justice-les-membres-du-cep-interdits-de-quitter-le-territoire.html
http://www.haitilibre.com/article-2950-haiti-elections-dans-le-sud-est-les-preparatifs-du-second-tour-se-precisent.html
http://www.haitilibre.com/article-2987-haiti-usa-revocations-des-visas-de-responsables-soupconnes-de-fraudes-electorales.html
BF/ HaïtiLibre

 

Mercredi, 25 mai 2011 05:38

Daniel Rouzier raconte son succes story

L’homme d’affaires Daniel Gérard Rouzier réitère sa détermination à prendre les commandes du gouvernement en vue de changer le pays. Dans une interview à radio Métropole M. Rouzier a levé le voile sur les différentes étapes de sa carrière.
Il révèle qu’il n’est pas un économiste en dépit de sa formation en finance. M. Rouzier est détenteur d’une licence en gestion de l’Université de South Florida, d’un MBA en finance et d’une licence en comptabilité de l’Université de Georgetown. Formé à l’école américaine M. Rouzier a résidé pendant plusieurs années aux Etats-Unis avec sa famille avant de regagner Haïti pour la deuxième fois en 1987.
Lesly Delatour, ministre des finances sous le gouvernement militaire, est celui qui avait pu convaincre M. Rouzier à rentrer au pays. Daniel Rouzier travaillera au ministère des finances en tant que membre du cabinet du ministre et restera en poste jusqu’au coup d’état contre le président Lesly Manigat.
Après cette expérience dans l’administration publique, M. Rouzier retrouvera la première entreprise implantée avec des membres de sa famille, Economic Tires (ET). Il s’agit d’une entreprise novatrice spécialisée dans la vente de pneus usagés.
Loin d’être satisfait de ce succès Daniel Rouzier abandonne Economic Tires et se lance dans une nouvelle aventure. Il réussi le pari de créer une entreprise, Sun Auto, concessionnaire de plusieurs véhicules dont Hyundai et Général Motors.
Fort de ses succès il lancera en 2010 la plus grande entreprise privée de production d’énergie électrique, E Power. Il prouve sa capacité de négociation en regroupant 58 entrepreneurs haïtiens, une firme coréenne et des institutions financières internationales dans cette entreprise de 59 millions de dollars.
Pendant cette période il renforce son action philanthropique. Il contribue a titre de bénévole en tant que président du conseil de l’ONG Food for the Poor. Sa tache consiste à vérifier une bonne utilisation des fonds alloués à cette ONG qui fournit 25 000 plats quotidiens et livre 3 000 maisons annuellement aux couches vulnérables.
Depuis l’élection de Michel Martelly, le fondateur de Sun Auto figure parmi les leaders d’équipes préparant le plan d’action du gouvernement.

LLM / radio Métropole Haïti

 

Les mains voraces du secteur privé

Par: L’Acadie Nouvelle / mercredi, 25 mai, 2011

Jean-Claude Basque
Moncton

Selon certains, on devrait faire venir Bill Clinton plus souvent; il pourrait peut-être nous aider!
Vraiment! Parce qu’un ex-président vient faire une petite conférence grassement payée, on croit au miracle.
Il nous apprend qu’Haïti est contrôlé par six à dix familles refusant de partager la richesse. Grosse nouvelle! Cet ancien président, recyclé comme devin moderne, oublie de nous dire que ce sont des pays semblables que les États-Unis soutiennent à travers le monde, car leurs dirigeants sont prêts à vendre leurs richesses naturelles à vil prix aux États-Unis.
Il nous apprend qu’il faut réformer en profondeur le secteur privé et le secteur public. Vraiment grosse nouvelle! Il n’y a personne qui avait pensé à cela avant. Qu’est-ce qu’on peut ajouter? Rien!
Il nous apprend qu’il existe un espace vacant entre le gouvernement et le secteur public; il nous faut des œuvres non gouvernementales pour combler ce vide. Époustouflante révélation!
Je ferai remarquer à M. Clinton et à l’autre commis voyageur que s’il y a un vide, c’est parce que justement des gouvernements, aux États-Unis, au Canada et dans notre belle province, écoutent les sirènes du monde des affaires leur chuchoter qu’ils paient trop d’impôt et de taxes, que le secteur public est inefficace et qu’on devrait privatiser les services publics. Ces mêmes sirènes sont contre un programme national de garderie, l’équité salariale, l’augmentation du salaire minimum ou l’aide au revenu, etc. S’il y a un vide, ce sont eux qui le creusent.
Je ferai aussi remarquer à Bill et Frank qu’on avait, avant les années 1960, tout un secteur d’œuvres de charité et qu’on l’a justement remplacé par des programmes publics, payés par un système d’impôt progressif, accessibles à tous et équitables.
Le bien public doit rester dans les mains du public, non dans celles de la charité et encore moins dans les mains voraces du secteur privé.

 

Haïti et la France : amours et désamours

Le Nouvelliste

Les blessures causées par plusieurs siècles d’esclavage humain, d’exploitation à outrance des richesses de Saint-Domingue, ainsi que la colère indispensable pour la révolution de 1804 (choc universel, rupture sociale), suivi du paiement d’une indemnité de 150 millions de francs or aux anciens colons pour la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti par la France, n’ont pas empêché ces deux États d’entretenir, 207 ans après, des relations politiquement culturelles et diplomatiquement solidaires. Pour preuve, plus de 150 000 Haïtiens vivent entre la métropole et les Antilles françaises. Tandis que plus de 6 000 ressortissants français vivent sur le territoire légué par Jean-Jacques Dessalines. Les pages sont bel et bien tournées. Place à une coopération plus dynamique entre ces deux Républiques utilisant les mêmes couleurs dans leurs drapeaux ayant la même devise nationale : « Liberté, Égalité, Fraternité ».

L’ambassadeur français accrédité à Port-au-Prince, Didier Le Bret

(Photo: Moranvil Mercidieu )

Une vue du Musée du Louvre à Paris, l’un des musées français disposant de riches collections d’objets patrimoniaux

C’est en 1825 qu’ont débuté les relations diplomatiques entre les deux pays, à la suite de l’ordonnance du 17 avril 1825 par laquelle le roi Charles X renonçait aux droits de souveraineté de la France sur Haïti et reconnaissait son indépendance aux conditions suivantes : versement d’une indemnité de 150 millions de francs or aux anciens colons, payable en cinq termes égaux ; réduction de moitié des droits d’importation et d’exportation. Le 14 août 1825, Maler, ancien consul général de France à Rio – et ancien immigré, passé au service de l’Espagne, puis du Portugal, avec le grade de colonel – recevait ses lettres de créance pour rejoindre Haïti en tant que chargé d’affaires et consul général.
Maler débarqua à Port-au-Prince le 6 novembre 1825. Il était accompagné de deux agents consulaires : Miolien qui portait le titre de vice-consul pour le Cap-Haïtien et Ragueneau de Lachenau celui de consul aux Cayes – des titres purement honorifiques. Pendant que ces trois agents étaient en mer, une convention commerciale avait été signée, à Paris, le 31 octobre précédent, par des représentants des deux gouvernements. Ce premier traité ne fut toutefois jamais ratifié par le président d’Haïti, Jean-Pierre Boyer. Maler avait donc pour tâche de négocier les modifications jugées nécessaires par les Haïtiens. Il n’y parvint pas et quitta son poste en 1828, peu avant d’être admis à faire valoir ses droits à la retraite.
Ces instructions datées du 2 septembre l’enjoignaient de gagner la confiance du gouvernement haïtien, de veiller à l’application de l’ordonnance du 17 avril, de ramener les commentaires d’une presse française très hostile à l’indépendance haïtienne à leurs justes proportions (le Télégraphe national, d’une part, et la Feuille du commerce colonial, d’autre part, s’illustraient alors par des articles virulents exigeant réparation pour les anciens colons) et de veiller à la protection du commerce français. Pourtant, il s’agissait aussi là, de la première expérience de décolonisation jamais menée par un gouvernement français : le représentant de la France avait aussi pour mission d’aider les autorités haïtiennes, chaque fois que ce serait possible, à organiser leur administration intérieure.
2001 : Restitution, réparation !
Interrogé sur la question de la « Restitution et réparation pour le paiement de l’indemnité de 150 millions de francs or aux anciens colons pour la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti par la France », évoquée en 2001 par l’ex-président Jean-Bertrand Aristide, l’ambassadeur français accrédité à Port-au-Prince, Didier Le Bret, informe que c’était un moyen pour le président d’alors de se défouler puisqu’il avait beaucoup de boucs émissaires dans la maison.
« C’est indéniable d’avoir obligé les autorités haitiennes à payer cette dette à la France pour la reconnaissance de l’indépendance d’Haiti, puisque celle-ci a eu de graves conséquences sur la jeune nation fraîchement indépendante. Cette fameuse dette a coûté beaucoup de moyens et d’énergie qu’on pourrait investir dans le pays pour son avancement », reconnaît le diplomate qui en profite pour répondre aux questions du Nouvelliste autour de l’extradition du présumé assassin du consul Paul-Henri Moural. Ce dernier est aussi accusé d’avoir été à l’origine de l’enlèvement suivi de l’exécution en 2004 de Claude Bernard Lauture, un homme d’affaires français d’origine haïtienne.
Amaral Duclona: un dossier en cours !
En ce qui concerne l’affaire Amaral Duclona qui a un lourd passé de chef de gang, extradé en France pour avoir enlevé puis tué en mai 2005 Paul-Henri Moural, consul honoraire de France au Cap-Haïtien, M. Le Bret assure que le dossier est en cours. « A ma connaissance, Amaral Duclona, chef de gang haïtien, assassin présumé du consul honoraire français, extradé vers la France, est le seul cas d’Haïtien en contravention avec la justice française qu’on a pour le présent moment. Le juge en charge du dossier instruit l’affaire. Il a sollicité l’appui des autorités du Quai d’Orsay et celles de l’ambassade de France à Port-au-Prince pour pouvoir mieux poursuivre les investigations », nous a fait savoir le chef de la diplomatie française en Haïti.
12 janvier : témoignage d’un survivant français
34 Français issus principalement des rangs de la mission onusienne en Haïti dont des gendarmes, des conseillers électoraux et politiques, des professeurs… ont péri au cours du tremblement de terre du 12 janvier 2010. L’Institut français, le «Manoir des Lauriers», la résidence de l’ambassadeur, la « Maison Laroche» – située au 51 de la rue Capois (Champs de Mars) – où l’ambassade est installée depuis 1960, sont au nombre des bâtiments emblématiques et anciens, symbolisant la présence française en Haïti, qui n’ont pas résisté à ce cataclysme.
« J’étais à l’ambassade. Fort heureusement, à cette heure-là, il n’y avait que des cadres qui travaillaient. La majeure partie des agents était déjà partie. Beaucoup de services était vides. J’étais au bureau avec ma secrétaire, le premier conseiller et le responsable du service informatique. On a vécu le drame comme tout le monde », se rappelle M. Le Bret qui dit avoir laissé le bureau sans difficulté aucune en dépit du fait que les locaux de l’ambassade s’étaient effondrés.
«Très vite, nous sommes sortis pour évaluer les dégâts. Nous avons, du même coup, prévenu les autorités françaises pour dépêcher les premiers secours au profit du peuple haïtien, en particulier envers la communauté française et aussi entamer le processus d’évacuation dans la nuit du 12 janvier », témoigne Didier Le Bret qui a pris ses fonctions après avoir présenté ses lettres de créance au président René Préval au début du mois d’octobre 2009.
Les couleurs françaises après le séisme
Au lendemain du séisme, le gouvernement francais a immédiatement permis l’envoi de plus de 450 pompiers, médecins d’urgence et militaires accompagnés de matériel en provenance de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane, renforcés par des équipes de la Sécurité civile venues de la métropole. Les médecins déployés sur 5 sites hospitaliers de l’aire métropolitaine, y compris des quartiers populaires comme Carrefour et Martissant, ont rapidement été soutenus par la mise en place d’un hôpital civil de campagne (ESCRIME) avec 70 personnels médicaux et par l’arrivée à Port-au-Prince d’un bateau-hôpital, le SIRROCO.
Ce dispositif, qui a coûté 24 millions d’euros, est resté sur place jusqu’à l’arrivée du président Nicolas Sarkozy, le 17 février 2010, ce qui est une première dans l’histoire de la sécurité civile. Cette durée d’intervention, qui a permis de réaliser 5 000 consultations, dont 178 interventions chirurgicales, a eu un effet bénéfique sur la prise en charge qualitative des blessés qui ont ainsi pu être suivis jusqu’à la cicatrisation de leurs blessures avant le départ des équipes françaises.
Entre appui augmenté et annulation de dette !
La contribution française est passée de 30 millions et 40 millions d’euros annuellement à une enveloppe globale de 326 millions d’euros sur une durée de deux ans. « Je note la contribution au niveau de l’aide humanitaire dont le montant est de 24 millions d’euros, l’annulation de la dette d’Haïti par la France à 56 millions d’euros. Notre contribution à l’Union européenne tourne autour de 65 millions d’euros », se félicite M. Le Bret.
Faisant aussi état d’une aide budgétaire de 40 millions d’euros et de l’aide-crédit d’intervention gérée par l’ambassade et l’Agence française pour le Développement (AFD), M. Le Bret assure que le portefeuille des projets en cours de l’AFD est estimé à environ 100 millions d’euros, hormis l’appui à la Police nationale d’Haïti (PNH) en matériels de police et de gendarmerie évalué à une vingtaine de millions de dollars.
On y travaille beaucoup !
Parallèlement, de nouveaux financements ont été octroyés en 2010 par l’AFD dans les secteurs de l’aménagement urbain et de la reconstruction des édifices publics. Ainsi, une subvention de 6,46 millions d’euros a été octroyée pour la première phase d’un projet de rénovation urbaine de deux quartiers touchés par le séisme à Port-au-Prince : Martissant (50 000 habitants) et Baillergeau (15 000 habitants). Les financements porteront sur la création ou la réhabilitation des réseaux structurants, comme la voirie, l’électricité, l’eau et l’assainissement, sur la base d’un schéma d’aménagement.
« Nous avons aussi des constructions sanitaires et de décharges qui sont en train de se réaliser au Cap-Haïtien. D’autres travaux d’infrastructures aux Gonaïves, à Morne-Blanc, à Jacmel et des travaux d’irrigation dans le sud du pays », nous indique le diplomate français qui rappelle que des appuis seront apportés pour la promotion d’un développement social et communautaire en renforçant les comités de quartier.
Dans le cadre de la reconstruction de l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH), selon les normes antisismiques, la France apportera une contribution de 25 millions de dollars à côté des Américains. Cet établissement d’instruction servira de base à la formation des cadres en santé et des spécialistes qui font défaut au pays. Sa gouvernance sera revue pour lui conférer plus d’autonomie et faciliter l’accès à des soins de qualité à l’ensemble de la population.
«Nous avons aussi l’ambition de doter l’HUEH d’un pôle universitaire majeur avec une levée de financement de dix millions d’euros pour reconstruire l’Ecole Nationale d’Infirmières, dont l’effondrement a provoqué la disparition de plus de 100 étudiantes et professeurs, ainsi que celle de l’Ecole de Sages-femmes et de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de l’UEH afin de faire de l’HUEH un hôpital de référence et un centre universitaire. C’est une grande ambition ; on y travaille beaucoup», s’enorgueillit-il.
Vers un nouveau départ
En outre, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, qui a visité le pays dans le cadre de l’investiture du président Michel Joseph Martelly a dévoilé vendredi le projet de construction du nouveau bâtiment devant héberger l’ambassade de la France à Port-au-Prince détruite lors du séisme de janvier 2010. Le bâtiment qui doit être livré en 2013 sera paracyclonique, parasismique et bioclimatique.
Selon M. Juppé, la tentation était grande d’installer l’ambassade sur les hauteurs de Port-au-Prince, mais ils ont fait le choix de demeurer ici pour marquer leur attachement à l’histoire franco-haïtienne et à la volonté des autorités haïtiennes de rebâtir la vieille ville. « L’ambassade de France est comme un « symbole de la renaissance du centre historique de la cité » fortement ravagé par le violent séisme qui a poussé plus d’un million de personnes à la rue dont plus de la moitié vit encore sous des tentes au coeur de la capitale », ajoute M. Juppé.
Implication des ONG françaises
Après l’urgence, la France a soutenu la population haïtienne en fournissant des moyens d’hébergement ou des abris temporaires. Plusieurs projets ont également été conduits par des ONG françaises, financés soit par des crédits du Fonds d’urgence humanitaire (FUH) (2 millions d’euros), soit par des fonds en provenance des régions, départements et communes de France (2 millions d’euros) qui se sont mobilisés dans les jours qui ont suivi le séisme.
Les ONG françaises sont très réactives. Elles ont réalisé avec leurs fonds propres, mais aussi à partir de dons et de fonds privés, de nombreuses opérations (distribution d’eau potable et de kits-abris d’urgence, assainissement et distribution indirecte de nourriture) à des activités de « food for work » et de « cash for work » dans les zones directement affectées par le séisme (Port-au-Prince, Jacmel, Léogâne, Grand-Goâve et Petit-Goâve). Les ONG plus spécialisées sont également intervenues dans l’urgence médicale (chirurgie, soutien psychologique, appareillage pour handicapés), ou bien directement en appui aux institutions de santé, comme à l’hôpital adventiste de Diquini, au CDTI à Port-au-Prince, à la clinique Desgand à Pétionville ou en installant des cliniques mobiles dans des quartiers défavorisés (Fontamara, Martissant). Certaines sont intervenues directement dans les camps de déplacés ou encore dans des hôpitaux et des crèches pour l’électrification (Electriciens sans Frontières), l’expertise de bâtiments publics et d’hôpitaux, ou la construction d’abris en bois dans la zone de Léogâne.
700 bourses d’études sur deux ans !
Reconnaissant que l’année 2010 a été très difficile pour les étudiants haïtiens en dépit du fait que la plupart des universités et centres universitaire ont été touchés par le séisme, le diplomate francais a fait remarquer que, dans le cadre de l’annonce du président Nicolas Sarkozy concernant l’accueil de 700 étudiants et enseignants haïtiens en France entre 2010 et 2011, près de 450 places d’études ont pu être offertes en septembre 2010, et près de 400 bourses ont été octroyées (Master 1, Master 2 et doctorat). 42 universités françaises se sont proposées pour assurer cet accueil. Il s’agit d’un élan de solidarité sans précédent dans l’histoire des relations universitaires franco-haïtiennes. Les bourses sont financées par les universités et les frais de transport par le ministère français des Affaires étrangères et européennes.
D’un autre côté, plusieurs projets ont été mis en place au cours de 2010, notamment le projet PENDHA conduit par l’Agence Interétablissements pour la Recherche et le Développement (AIRD) et l’AUF, financé à hauteur de 1 million 560 mille euros sur 2 ans, qui prévoit la mise en place progressive de douze espaces numériques (9 à Port-au-Prince, 1 au Cap-Haïtien, 1 aux Gonaïves et 1 aux Cayes), la formation et l’accompagnement des étudiants et d’enseignants haïtiens à la pratique de l’enseignement numérique à distance. Il y a aussi le projet d’enseignement à distance dans le domaine médical, réalisé en partenariat avec les 4 facultés de Médecine du pays financé à hauteur de 1 million d’euros. Et enfin, le projet du Conservatoire national des Arts et métiers (CNAM) avec la Faculté des Sciences de l’UEH et l’INAGHEI, qui a été officiellement lancé le 27 septembre 2010. Ce programme consiste à offrir gratuitement à 600 étudiants sélectionnés sur concours des enseignements à distance débouchant sur un diplôme du CNAM dans 4 disciplines jugées prioritaires pour la reconstruction d’Haïti : le génie civil, l’aménagement du territoire et l’environnement et l’informatique. Ce programme contribue à former des cadres intermédiaires (BAC+2) dont le pays manque cruellement.
Par aillleurs, 20 étudiants-magistrats et 8 formateurs de l’encadrement de l’Ecole de la Magistrature (EMA) ont été accueillis, à partir du 7 septembre 2010, à l’Ecole nationale de la Magistrature (ENM) à Bordeaux en France. L’ENM formera ainsi la première promotion de 2010 de l’EMA sur une période de 10 mois, comprenant une période d’études de cinq mois à l’école même et un stage de cinq mois dans les juridictions françaises. Ensuite, les etudiants-magistrats recevront une formation finale de six mois en Haïti à l’EMA, grâce à des missions d’enseignement venues de France. Et ces magistrats haïtiens pourront ainsi être opérationnels dès janvier 2012.
Plus loin, les autorités françaises conjointement ont préparé un projet d’appui au renforcement du système judiciaire haïtien et à la promotion de l’Etat de droit. Doté de 500 000 euros sur deux ans et d’une assistance technique, ce projet qui a démarré au début de l’année 2011 avait trois objectifs principaux : la formation continue des magistrats, des greffiers et des avocats ; l’aide à l’organisation des greffes avec reconstitution des dossiers dispersés lors du séisme et l’accompagnement de la réforme de la politique pénale et pénitentiaire à l’égard des mineurs.
Soutien aux autorités policières
Tout au long de l’année 2010, les autorités francaises ont mis en place un réseau de communication reliant les principaux services de police haïtienne par des dons de matériels, des actions d’information et de formation. Ce programme pluriannuel bénéficie d’une assistance technique en vue de renforcer les capacités des personnels chargés de la lutte contre la criminalité.
De plus, 102 véhicules légers ont été remis à la PNH et 110 véhicules pour la sécurité civile et formation de sapeurs-pompiers et de médecins à la médicalisation d’urgence. En tout, 67 actions de formation ont été réalisées en faveur de la PNH en 2010.
Une diplomatie culturelle agressive !
Pour renforcer les relations culturelles entre les deux pays, un arrangement administratif entre les ministres de la Culture français et haïtien a été signé le 27 juin 2010 pour la période 2010-2015. Des actions sont prévues dans le domaine du patrimoine et des archives dont la restauration du célèbre tableau « Le serment des ancêtres », la réhabilitation du « Ciné Théâtre Triomphe » de Port-au-Prince, l’inventaire du patrimoine haïtien, l’accueil en France et la formation sur place de professionnels haïtiens.
« Le domaine culturel est un secteur clé qu’on devrait prendre très au sérieux pour présenter une meilleure image du pays sur la scène internationale. C’est un vecteur de changement puisque vous disposez de tous les atouts pour projeter une nouvelle d’Haïti à l’étranger », croit le diplomate français qui éprouve une grande admiration pour les créateurs haïtiens comme Dany Laferrière, qui a une voix très singulière parmi les grands écrivains de ce pays, et aussi Gary Victor, Lionel Trouillot et Yanick Lahens. Sans oublier Frankétienne.
En 2010, il faut noter que de nombreux artistes haïtiens ont été accueillis en résidence en France. Des actions de grande ampleur sont programmées dans le domaine du livre et des bibliothèques (don de 30 000 ouvrages de la Bibliothèque Nationale de France, don de 300 000 ouvrages de l’association Bibliothèques sans Frontières sur 3 ans, don de 100 000 ouvrages de l’Association ADIFLOR). Dans le domaine de l’audiovisuel, la Télévision Nationale d’Haïti a reçu des dons importants de films documentaires de TV5, d’ARTE et de CFI ; des formations de journalistes ont été organisées.
D’après M. Le Bret, « la culture de projection des gens est pour nous un élément très important, elle permet aux gens de promouvoir et d’assumer leur culture, mais aussi de l’apprécier et d’être fiers quand elle est vivante. Pas seulement dans une logique de sauvegarde du patrimoine, mais dans celle de soutenir la création culturelle ». A titre d’exemple, l’ambassadeur a souligné le travail accompli par l’ancien ministre de la Culture d’Haïti, Raoul Peck, actuel président de la plus prestigieuse école de cinéma en France, « La Femis », qui fait la promotion de l’histoire d’Haïti à travers la formation dispensée à l’intention des étudiants français.
Pour une meilleure promotion de la culture haïtienne
Aider la culture haïtienne est chose très importante, soutient le diplomate qui souhaite qu’Haïti ait une stabilité permanente. « Nous avons contribué dans différents secteurs dont la restauration de la bibliothèque du Collège Saint-Martial, inauguré il y a quelques semaines. On a renforcé les activités culturelles de l’Institut français d’Haïti pour une meilleure promotion de la culture haïtienne. Nous donnons beaucoup plus d’espace aux artistes français et d’ailleurs qui viennent en Haïti. La France a pour rôle de promouvoir la culture d’Haïti et aider à la production des artistes haïtiens. L’Institut français joue un rôle important comme plateforme de lancement de vos artistes. On y accorde aussi beaucoup d’importance », insiste-t-il.
M. Le Bret estime que la formation des jeunes est capitale pour le gouvernement français, qui souhaite des jumelages entre les élèves haïtiens et français. « Je pense qu’il faut encourager le travail des volontaires au niveau des services civiques qui travaillent dans les écoles en Haïti. Un projet important, il faut travailler pour une meilleure formation des maîtres dans le cadre de la coopération entre l’ambassade de France et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Les subventions de l’ambassade aux alliances françaises sont évaluées à plus 600 millions euros par an. »
Faire avancer les chantiers… dit Le Bret
« Aujourd’hui, on a un nouveau gouvernement qui a un mandat de cinq ans. C’est un moment important et décisif pour les fils et filles de cette nation pour contribuer à l’avancement des chantiers de grandes ambitions qui sont en cours d’exécution, notamment la formation professionnelle, l’éducation, la santé, la gouvernance du pays, l’habitat et l’énergie, la justice et aussi les infrastructures », précise l’ambassadeur Le Bret qui croit que les partenaires d’Haïti comme la France doivent se mettre aux côtés du gouvernement haïtien pour répondre avec efficacité à des politiques sur de longue durée pour le développement et le progrès de cette nation.
Amos Cincir
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Dominique Domerçant
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