samedi 7 mai 2011

7 Mai

 Haïti – Élections : Le BCEN Spécial vérifie actuellement le travail de la MOEC
07/05/2011 08:49:07

 

Haïti - Élections : Le BCEN Spécial vérifie actuellement le travail de la MOECAfin de tenter de dénouer la crise post-électorale, le Président sortant, René Préval et le Président élu, Michel Martelly ont rencontré vendredi matin les membres du Conseil Électoral Provisoire (CEP). Préval et Martelly auraient demandé aux conseillers électoraux de publier avant lundi, les résultats relatifs aux 19 sièges contestés lors de la publication des résultats définitifs des élections législatives (17 Députés et 2 Sénateurs).
Quelques heures après cette rencontre le CEP à annoncé la mise en place du Bureau de Contentieux Électoral National (BCEN) Spécial comme l’avait suggéré Gaillot Dorsinvil jeudi dernier « C’est une proposition que j’ai faite pour créer une Commission qui aurait 3 conseillers et 2 avocats pour faire un collège de juges, pour aller faire une vérification […] sur les 19 cas contestés, c’est à dire, les 17 Députés et les 2 Sénateurs, pour que cette Commission puisse voir […] si effectivement tous ces cas, ont été bien jugé et produire ses conclusions et les remettre au Conseil […] cette Commission spéciale […] va prendre les documents, tous les dossiers, les ré-analyser, aller faire des vérifications au CTV et produire un autre rapport ou faire ce qu’on appelle un rejuger. »
Ce BCEN Spécial, est composée de 3 conseillers du CEP désignés par consensus (Laurette Croyance, Ribel et Antenor Pierre Guerrier) et de deux avocats. Selon nos informations, une délégation de la Mission conjointe OEA/CARICOM (MOEC) sera présente pour observer le travail de ce BCEN Spécial.
Sauf surprise de dernière minute, le BCEN Spécial devrait en principe confirmer les investigations de la MOEC et officialiser légalement les résultats tels que recommandé dans le rapport des experts de la Mission de vérification électorale. Rappelons que la MOEC n’a aucune autorité pour changer les résultats contestés, son rôle après ses investigations, se limitant a publier et documenter ses constatations, et formuler des recommandations.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2872-haiti-elections-gaillot-dorsinvil-de-plus-en-plus-isole.html
http://www.haitilibre.com/article-2876-haiti-elections-dorsinvil-sort-de-son-silence-son-chef-de-cabinet-demissionne.html
http://www.haitilibre.com/article-2841-haiti-elections-rapport-de-la-moec.html
http://www.haitilibre.com/article-2862-haiti-elections-sortie-de-crise-la-solution-de-gaillot-dorsinvil.html
http://www.haitilibre.com/article-2800-haiti-elections-ginette-cherubin-revele-des-irregularites-et-des-fraudes.html
http://www.haitilibre.com/article-2836-haiti-politique-des-senateurs-veulent-une-enquete.html
BF/ HaïtiLibre

 

 

 

Haïti – Reconstruction : 500 maisons permanentes pour Cabaret
07/05/2011 10:20:16

 

Haïti - Reconstruction : 500 maisons permanentes pour CabaretLa Mission of Hope Haïti (MOH Haïti), une organisation religieuse de bienfaisance a annoncé vendredi avoir lancé officiellement à Cabaret (au Nord de la capitale) un projet de 500 maisons permanentes qui, à terme, fourniront un abri à faible coût à environ 2,500 personnes, dont beaucoup sont des victimes du séisme de janvier 2010.
Le terrain de 120 acres a été donné par le Gouvernement haïtien à la MOH Haïti. Jusqu’à présent, près de 100 nouvelles maisons ont été construites et 1.2 millions de dollars ont été décaissés par les bailleurs pour ce projet qui se poursuivra jusqu’en décembre 2012. Le coût total de ce projet, réalisé dans le cadre de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) s’élève à 3 millions de dollars.
« Le projet de la MOH Haïti se composera de 500 maisons simples dans des tons pastels, chacune avec un des arbres fruitiers pour fournir nourriture et source de revenu supplémentaire aux familles » a déclaré Jay Cherry, qui coordonne le projet pour l’organisme de bienfaisance basée à Fort Myers, en Floride. Les résidents paient un loyer mensuel minime que l’organisme envisage d’utiliser pour fournir des services à la communauté.
Un projet accueillit avec joie par les Cabaretains. Une bonne nouvelle pour une population exaspérée par la lenteur de la reconstruction.
HL/ HaïtiLibre

 

 

La 4ème Conférence de l’ONU sur les PMA, le premier grand sommet sur le développement de la décennie

Objectif de la conférence sur les PMA: réfléchir à de nouvelles mesures et stratégies de développement durable en faveur des 48 PMA, dont 33 se trouvent en Afrique, 14 en Asie et un à Haïti dans l'hémisphère des Amériques.Objectif de la conférence sur les PMA: réfléchir à de nouvelles mesures et stratégies de développement durable en faveur des 48 PMA, dont 33 se trouvent en Afrique, 14 en Asie et un à Haïti dans l’hémisphère des Amériques.
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Les Pays les moins avancés (PMA) et leurs problèmes de développement retiendront l’attention de la communauté internationale du 9 au 13 mai à Istanbul, à l’occasion de la 4-ème Conférence des Nations-unies sur les PMA (PMA-IV), qui constitue le premier grand sommet international sur le développement de la décennie.

Toutes les dispositions ont été prises pour réussir ce rendez-vous décennal et permettre à une quarantaine de chefs d’État et de gouvernement, de parlementaires, de représentants du secteur privé, ainsi que de hauts responsables d’organisations internationales, de réfléchir à de nouvelles mesures et stratégies de développement durable en faveur des 48 PMA, dont 33 se trouvent en Afrique, 14 en Asie et un à Haïti dans l’hémisphère des Amériques.

Le but premier de cette conférence, dont les travaux seront sanctionnés par l’adoption d’un plan d’action 2011-2020 en faveur des PMA, est d’aider ces pays, qui sont les plus vulnérables de la planète sur le plan économique, à promouvoir leur autosuffisance, faire reculer la pauvreté et créer des emplois décents.

Ces pays, qui totalisent plus de 880 millions d’habitant, cherchent à obtenir du reste de la communauté internationale de nouvelles mesures leur permettant de construire et de développer les infrastructures dont ils ont besoin et d’ouvrir les marchés des économies développées devant leurs exportations pour atteindre ces objectifs.

Les PMA, une catégorie de pays créée en 1971, attendent également des pays développés qu’ils continuent à augmenter le volume de leur aide au développement, en la dirigeant vers la promotion et le développement des infrastructures, tout en mobilisant de nouveaux investissements.

Tous ces efforts ne pourraient aboutir sans une implication du secteur privé des pays développés, qui est fortement invité à investir dans les économies des PMA afin de créer de nouvelles richesses nécessaires à leur développement.

Les PMA, qui continuent d’occuper une place centrale dans l’agenda mondial pour le développement, sont appelés, pour leur part, à s’engager sérieusement sur la voie des réformes économiques, de gouvernance et de mobilisation de ressources au niveau national.

A cet effet, ils doivent mettre en valeur leurs ressources naturelles stratégiques (pétrole, métaux, minéraux et terres cultivables), leurs ressources humaines jeunes et leur pouvoir d’achat croissant.

Le rôle important du secteur privé dans le développement des PMA sera mis en valeur lors de la Conférence d’Istanbul à travers l’organisation d’une foire commerciale, d’un forum du secteur privé et d’un sommet des chefs d’entreprises sur les opportunités que présentent les PMA pour le monde des affaires.

Globalement, la PMA-IV se penchera sur les moyens de réaliser ces objectifs, essentiels et légitimes, et de lutter contre la marginalisation des PMA au sein de l’économie mondiale, en identifiant aussi bien les obstacles au développement de ces pays que leurs nouveaux challenges, et en partageant les pratiques et actions requises aux niveaux national et international pour les surmonter.

En travaillant pour réduire le fossé entre les pays développés et les économies émergentes, d’un côté, et les pays les plus pauvres, de l’autre, la communauté internationale se montre consciente des dangers graves qui pèsent sur la sécurité mondiale du fait des structures d’un monde à deux vitesses dans lequel vit l’humanité.

Le rôle des parlementaires dans les efforts internationaux visant le développement des PMA n’est pas en reste. L’Union Interparlementaire (UIP) organisera à Istanbul, un Forum avant l’ouverture officielle de la PMA-IV qui mettra la lumière sur des sujets importants en relation avec la thématique des PMA.

Ce volet parlementaire de la Conférence d’Istanbul a vocation à faciliter la contribution des parlementaires à tous les niveaux (national, régional et mondial) à l’élaboration du document final de la Conférence, encourager la participation des parlementaires à la Conférence elle-même et aux consultations parlementaires qui s’y tiennent.

Ce volet vise aussi à assurer la promotion du document final de la PMA-IV auprès des parlementaires et à les sensibiliser aux nouveaux engagements pris pour faciliter l’exécution du nouveau programme d’action en faveur des PMA pour la décennie 2011-2020.

 

Haïti. Effondrement de la société haïtienne : pourquoi et comment !

Par CCN / Claude Carré

http://www.caraibcreolenews.com/news/haiti/1,3305,06-05-2011-hay-ti-effondrement-de-la-sociy-ty-hay-tienne-pourquoi-et-comment-.html

Port-au-Prince. Vendredi 6 mai 2011. CCN. L’arrivée très prochaine de Michel Marhelly à la tête de l’Etat haïtien, suscite déjà de nombreux commentaires et interrogations. Personne ne sait vraiment ce que sera la mandature de « Sweet Mick ». A Port-au-Prince où il se trouve, Claude Carré, le chroniqueur de CCN, analyse à chaud la société haïtienne actuelle. Il n’hésite pas à parler d’effondrement.

Je sens la nécessité de repenser tout le système de manière globale. Je me résous donc à écrire cette chronique (ou série de chroniques) tout à fait particulière même si le sujet semble déborder le cadre. En fait les chroniques que je rédige, en dépit du fait qu’elles prennent appui sur les évènements saillants, ne sont pas fondamentalement une relation de la conjoncture, mais constituent tout simplement des réflexions à vif. Or, lorsque ces réflexions me conduisent à remettre en cause le système et mes habitudes de penser, je n’hésite pas à les poursuivre. Bref ! Je me rends compte qu’il me faut peut-être changer de paradigme.
Dégager la sémantique de l’effondrement et poser le concept de société semblent être les préalables indispensables pour aborder rationnellement, et sereinement, la débâcle de la société haïtienne.
Les sens de l’effondrement
L’effondrement se conçoit et se définit de différentes manières. Le mot lui-même n’est pas avare de synonymes. Le dictionnaire n’en mentionne pas moins d’une trentaine. Ils peuvent être partiellement classés ainsi :
– Mécanique – physique : écroulement, éboulement, affaissement, chute. Exemples : écroulement (« collapse ») des « Twin Towers » lors de l’attaque terroriste du 11 septembre, affaissement du palais national lors du séisme du 12 janvier.
– Organisationnel et systémique : désorganisation, démantèlement, destruction, dissolution. Exemples : dissolution de la Chambre des Représentants, destruction de l’armée napoléonienne en 1815 ou démantèlement des gangs armées de Cité Soleil en 2006.
– Biologique : décomposition, extinction et mort. Exemple : extinction des dinosaures.
– Stratégique : débâcle et renversement. Exemple : débâcle de l’armée haïtienne en 1844 lors de la dernière tentative d’occupation de la partie est de l’île par Faustin Soulouque.
– Economique : krach et dépression . Exemple :la Grande Dépression de 1929.
– Historique : c’est la décadence et la ruine. Exemple : la ruine de l’Egypte ancienne au début de notre ère.
– Moral : la déconfiture et la dégénérescence. Exemple : la dégénérescence des mœurs de la classe dirigeante du temps du Tsar Nicolas II en Russie (1868-1918).
Naturellement les cloisons sémantiques ne sont pas étanches, la dégénérescence par exemple pouvant aussi être de nature biologique comme dans la maladie d’Alzheimer, une ruine peut-être également économique et une chute historique comme celle de l’Union Soviétique. En outre, des polysémies sont toujours possibles car la chute du mur de Berlin en novembre 1989 est certes un écroulement physique, mais est surtout symbolique de l’effondrement du régime socialiste de l’Allemagne de l’Est.
L’effondrement recouvre donc un ensemble de signifiants qui se réfèrent tous à une profonde et soudaine désorganisation de nature irréversible, et en ce sens, il s’apparente à l’entropie dont parlent les physiciens, mais d’une entropie arrivée à une phase finale ou s’y rapprochant à grand pas. Lorsqu’à la disparition d’une entité s’oppose l’émergence du nouveau, on parle plutôt de métamorphose ou de révolution soudaine ou même d’évolution graduelle. Dans ce cas, c’est plutôt l’émergence du nouveau qui prime (le papillon versus la chenille) plutôt que la disparition, car en fait, le nouveau remplace le désuet. Néanmoins, l’effondrement dont il est question ici est un irréversible irréparable qui advient, alors que le système est à l’agonie et n’a donc plus la
possibilité de se régénérer ou de se renouveler comme lors de la disparition de la civilisation des Mayas au VIIIème et XIXème siècle après Jésus-Christ.
Un concept de société
Pour bien délimiter l’entité à propos de laquelle il est question d’effondrement, le concept de société doit être clair et sans ambiguïtés. La société fait l’objet de diverses interprétations. Il convient ici de s’en tenir à une définition et une seule. On commence par postuler-poser une sorte d’axiome non-démontrée de l’entité autour de laquelle le ou les mécanismes d’effondrement peuvent être explicités et si nous sommes d’accord avec les prémisses (le concept de société) et si la démonstration est sans faille alors la conclusion sera vraie et inévitable ; c’est le propre de toute démarche scientifique.
« La société, ce n’est ni vous, ni moi, ni les autres, ni nous tous ; c’est l’immense faisceau des relations entre nous. La matière dont est faite la société n’a rien de commun avec la matière que traquent les sciences de la nature. Les champs et les villes, les routes et les machines et tous les autres matériaux transformés qui semblent emplir la société, n’en constituent pas la substance ; ce sont les produits matériels-naturels d’une activité sociale dont la substance est ailleurs ; elle est faite non pas des produits, ni même de la production, mais bien des rapports de production, de domination, de communication (c’est-à-dire d’idéologie). [..] La société est faite de ce que font les hommes, mais ce qu’ils font s’inscrit toujours dans une structure donnée de relations sociales que leur activité actualise. »[1]

La société serait donc l’ensemble des rapports que les hommes entretiennent entre eux lors de leurs activités sociales. Définition inévitablement récursive et même quelque peu autoréférentielle, la société étant le résultat des activités des hommes vivant en société. En d’autres termes, les hommes « fabriquent » les rapports sociaux mais sont eux-mêmes « façonnés » par eux car ils y sont insérés. Ce concept (société = rapports sociaux), en écartant l’individu du tableau, a le grand avantage de permettre d’isoler clairement l’objet et de prévenir des errements d’interprétation. La société, comme ensemble de rapports sociaux, n’inclut pas ce qui se passe à l’intérieur de l’homme (sa psychologie). Les hommes meurent et naissent mais la société-entité persiste. De même, la nature est extérieure à la société bien que les rapports société-nature soient duelles ; l’une influant sur l’autre. Posé ainsi, on voit bien dès le départ, que la disparition d’une société donnée n’implique pas nécessairement celle des hommes qui la composent bien qu’une décimation de sa population peut constituer l’un des facteurs et /ou conséquence de son effondrement. De même qu’on peut déduire que ce sont en définitive les activités des hommes-en-société qui déterminent leur réussite ou leur échec collectif et non les conditions externes (climat, flore et faune, et même contexte historico-social externe) bien que ces dernières puissent influer fortement sur l’ascension ou le déclin d’une société donnée.
Ces rapports sociaux se laissent appréhender sous trois angles : économique, politique et idéologique. Les mécanismes d’effondrements, s’ils sont activés, doivent être reportés à ces trois instances dont la totalité rend compte de la société toute entière c’est-à-dire de la formation sociale. Cette dernière dénomination s’avérant en fait plus nette, car faisant justement ressortir de quelle « matière » pour ainsi dire est constituée cette société.
« La formation sociale, c’est la structure d’une société en tant que système intégré, en tant qu’objet social».
Avant de rappliquer sur la société (ou la formation sociale) haïtienne, un détour exploratoire est encore nécessaire.
28 Décembre 2010
Des théories d’effondrement de sociétés
Les théories de l’effondrement des sociétés sont nombreuses, variables et contradictoires. Elles n’en recèlent pas néanmoins des éléments pouvant aider à expliquer le phénomène. Même quand elles divergent sur les prémisses (sens
de l’effondrement et définition de l’entité), les mécanismes d’effondrement et leur poids relatifs, elles s’évertuent tous, à partir surtout de l’observation des faits historiques, à trouver un certain nombre de facteurs (causes) pouvant expliquer le déclin et l’écroulement des sociétés.
Selon Arnold Toynbee, l’effondrement des sociétés peut-être expliqué par le processus suivant : dans la phase ascendante, la société est dirigée par une « minorité créative » capable de trouver les solutions appropriées aux problèmes posés mais par la suite, cette minorité se montre incapable de faire face aux nouveaux défis auxquels la société est confrontée. De « créative », cette minorité devient « dominatrice » et « archaïque », elle reste accrochée au culte de ses gloires révolues pendant que le reste de la population est asservie et brimée.
La théorie des Dinosaures est une explication apparentée. Elle fait évidement référence à une hypothèse formulée pour rendre compte de la disparition de ces énormes reptiliens. Elle argumente que les dirigeants-dinosaures persistent à faire exploiter-piller de manière intempestive des ressources environnementales (végétaux, sols, animaux..) et parfois des ressources humaines (comme dans le cas de l’esclavagisme), qui deviennent ainsi dangereusement rares ce qui conduit la société à sa perte.
Des auteurs comme Thomas Homer-Dixon et Charles Hall s’en tiennent à un modèle économique implacable qui stipule que lorsque la quantité d’énergie dépensée pour acquérir un surplus d’énergie se rapproche de ce surplus lui-même, c’est la productivité du système qui baisse dangereusement et qui risque de provoquer la débâcle. L’exemple le plus simple est quand le prix de vente d’un produit est égal ou en-dessous du prix de revient, ou lorsqu’une entreprise est incapable de payer ses employés ou lorsque les dépenses d’un état excèdent ses recettes. Un exemple global et alarmant ; il y a une centaine d’années, le rapport surplus d’énergie obtenu et énergie dépensée dans la production du pétrole était de 100 pour 1, aujourd’hui il est de seulement 10 pour 1, d’où la course aux sources énergétiques alternatives.
Selon Joseph Tainter, les sociétés, pour résoudre les problèmes auxquels elles sont confrontées, ont tendance à se complexifier. La complexité sociale, selon cet auteur, se mesure par le degré de spécialisation, de différenciation, et d’interaction. Or cette augmentation de la complexité sociétale a un coût. Au début, bien sûr, les bénéfices sont importants mais au fur et à mesure que la complexification s’intensifie, les coûts augmentent, les bénéfices diminuent et peuvent même être négatifs. A ce stade, la société risque de s’effondrer. Le déclin suivi de la chute de l’empire Romain en 1461 serait l’exemple le plus typique de ce mécanisme.
La théorie des « châteaux de cartes » montre que, lorsque les institutions deviennent trop complexes et trop énormes, elles peuvent tomber de leur propre poids comme cela a eu lieu en Union Soviétique en décembre 1991.
Le « train galopant » fait référence à une société qui, pour fonctionner, doit s’étendre constamment comme dans le cas de l’Empire des Mongols de Genghis Khan (13-14ème siècles) et le capitalisme moderne.
Le marxisme (qui est aussi une théorie des changements sociétaux), contient un grand nombre d’argumentaires tendant à expliquer les effondrements des systèmes sociaux de la société primitive jusqu’au capitalisme. Cette théorie (qui a tendance à tomber en désuétude par suite de l’effondrement des modèles de société se réclamant de cette doctrine), a été malgré tout et de manière surprenante utilisée pour expliquer l’effondrement des états socialistes…
Je termine ici cette première partie. 
Dans la seconde, après avoir visité les théories de Jared Diamond dans son monumental ouvrage « Effondrement, comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie » (où un chapitre y est d’ailleurs consacré à Haïti en contraste de la République Dominicaine), je tenterai d’identifier les signes et les différents types d’effondrement. La dernière (troisième partie) sera donc directement consacrée à l’écroulement de notre société en regard des théories évoquées. Je vous demande donc de la patience, d’autant plus que je ne vais pas discontinuer les commentaires sur les effets de la conjoncture.
Claude Carré,
Janvier 2011

Haiti-Amendement de la Constitution : Malaise parmi les parlementaires

P-au-P, 6 mai 2011 [AlterPresse] — L’opération d’amendement constitutionnel à la va-vite jette le malaise au parlement et des groupes de parlementaires appartenant soit à l’opposition soit au parti qui s’apprête à remettre le pouvoir le 14 mai prochain ont des difficultés à trouver un terrain d’entente.

« Je sens un malaise. La version (du projet d’amendement) votée par les membres de la 48e législature et celle publiée au journal (officiel) Le Moniteur ne sont pas les mêmes », déclare à AlterPresse, la Sénatrice Edmonde Supplice Bauzile, de la plateforme Alternative.

« C’est comme un faux. Il y a des articles qui ont été ajoutés et d’autres qui ont été modifiés », ajoute l’élue, qui estime avoir été « manipulée ».

La sénatrice est aux nombres des parlementaires qui ont travaillé à l’élaboration du projet d’amendement.

Cette démarche d’amendement a été initiée officiellement par l’exécutif en 2009. La 48e législature, qui n’existe plus, l’avait votée en septembre 2009.

Le député réélu Acluche Louis Jeune, membre également de la plateforme Alternative, abonde dans le même sens que la sénatrice.

Il affirme que cela constitue « un problème à résoudre ».

Louis jeune souhaite que la « modification » effectuée par la présidence du texte voté par les membres de la 48e législature ait été faite « en accord avec les présidents des 2 chambres (sénat et chambre des députés) ».

Le parlementaire estime que cet amendement est susceptible de « mettre beaucoup plus de problèmes dans la société ».

Le Sénateur, Jean Baptiste Bien-aimé, élu au second des dernières élections législatives sous la bannière du parti au pouvoir « INITE » (Unité) pour le Nord-Est, qualifie d’« irresponsable » l’attitude de ces élus qui ont attendu tout ce temps pour parler de ces « modifications ».

« Ils n’avaient jamais lu Le Moniteur ? », s’interroge le sénateur du parti majoritaire au parlement.

Toutefois, les sénateurs restent d’accord sur la nécessité d’un amendement de la constitution du 29 mars 1987, même quand Bauzile propose « une mise à jour » de la déclaration d’amendement.

Une proposition qui ne sera sans doute pas prise en compte, vu que le parlement haïtien n’a que jusqu’à ce lundi 9 mai pour statuer sur le dossier.

Il faut un quorum de 2/3 dans chacune des chambres, soit 20 sénateurs sur 30 et 66 députés sur 99 pour permettre l’amendement de la loi-mère. Entretemps, 11 sénateurs et 23 députés décident de ne pas participer aux différentes séances.

Ils réclament l’intégration de 19 élus des législatives du 20 mars dernier, dont les dossiers restent encore pendants au Conseil Électoral Provisoire (CEP). [rh apr 06/05/ 2011 11 :35]

 

Haïti – Politique : Le Sénateur Lambert parle de «déclaration de guerre»
06/05/2011 16:18:23

Haïti - Politique : Le Sénateur Lambert parle de «déclaration de guerre»Après l’avertissement lancé jeudi par le Président Martelly, http://www.haitilibre.com/article-2884-haiti-politique-avertissement-de-michel-martelly-au-cep.html , le Président élu avait ajouté en marge de son discours « Si il y a des personnes qui ne sont pas contente que Michel Martelly soit Président, et si elles pensent qu’elles vont casser ce que nous allons faire, nous leur disons qu’elles font une erreur, elles font une grosse erreur, une grosse faute. Ce que je suis venu faire, nous allons le faire […] tous le monde qui est sur notre route, attention, elles sont en train de violer la loi. On fait des élections et après les noms changes ! On va faire des enquêtes et les responsables auront à payer. Donc un homme averti en vaut deux…. »
Réagissant au propos de Michel Martelly, le Sénateur Joseph Lambert a déclaré ce vendredi « C’est une menace contre l’État et les parlementaires » Il considère les propos du nouveau Président, d’ouvrir une enquête et de trainer devant les tribunaux ceux qui ont participé à des fraudes lors des dernières élections comme une déclaration de « guerre » ajoutant que si le Président Martelly poursuit dans cette voie « il aura des problèmes avec le groupe majoritaire au Parlement » ajoutant que cette situation lui rappelait ce qui est arrivé avec J.B. Aristide en 1991, laissant entendre qu’il pourrait y avoir de graves conséquences pour le pays en cas de confrontation entre l’Exécutif et le Législatif.
HL/ HaïtiLibre

Haïti – Constitution : La POHDH demande de ne pas voter le texte d’amendement
06/05/2011 13:46:22

Haïti - Constitution : La POHDH demande de ne pas voter le texte d’amendementLa Plate-forme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains (POHDH) élève sa voix contre cette tentative d’amendement qui, selon elle, risque d’étouffer définitivement la démocratie en herbe. La POHDH qualifie les démarches entreprises par la 48ème législature sur la proposition du Pouvoir Exécutif de nulles et de non avenues.
« Le texte d’amendement de la Constitution de 1987 voté par la 48e Législature constitue un poignard sous la gorge de la démocratie que le Peuple Haïtien a longtemps recherchée.
Depuis son accession au pouvoir en 2006, le Président René Garcia PRÉVAL et son équipe (LESPWA transformée aujourd’hui en INITE) ont tenté en maintes reprises d’amender la Constitution de 1987 qui est le fruit de nombreuses années de lutte des masses populaires haïtiennes. Le Président Préval, pour justifier ses démarches, qualifie la Constitution de source d’instabilité, une des raisons avancées par lui pour l’amender.
Sans nul doute, la Constitution n’est pas parfaite, d’autant qu’elle a été adoptée dans un contexte où le Peuple Haïtien sortait à peine de la dictature des Duvalier ; elle comporte certainement des articles qui méritent d’être modifiés. Cependant, 24 ans après l’adoption de cette Constitution, elle n’a jamais été respectée et par conséquence on n’est jamais parvenu à mettre sur pied les institutions démocratiques qui favoriseraient le respect des droits fondamentaux de la population haïtienne.
Pourquoi la 48ème n’a t-elle pas exigé l’application de  la Constitution de 1987 qui depuis 24 ans n’a jamais été appliquée, ni dans l’esprit ni dans la lettre ? Pourquoi l’émotion a-t-elle primé sur la raison?
La POHDH lance une mise en garde à la 49ème, législature afin de ne pas tomber dans le piège tendu par la 48ème législature pour les raisons suivantes : la Constitution de 1987 dans ses articles 282 et suivants trace les procédures à suivre pour arriver à un amendement effectif. La proposition d’amendement ou de révision de la Constitution est un processus normalement lancé par le Pouvoir Législatif sur la proposition de l’une des deux chambres ou du Pouvoir Exécutif qui a le droit de déclarer qu’il y a lieu d’amender la Constitution, avec motifs à l’appui. Le thème « motifs à l’appui » signifie avec des explications clairement avancées.
Pour les articles supprimés ou changés dans la Constitution de 1987, aucune explication claire, ni aucun motif ne sont avancés dans le texte voté par la 48ème législature pour ces changements et suppressions;
Le texte d’amendement doit être voté article par article dans les deux langues officielles de la République, le créole et le français. Le texte voté et publié le 6 octobre 2009 dans le journal officiel « Le Moniteur » est diffusé seulement en français ;
L’article 17.1 proposé qui fixe le principe du quota d’au moins trente pour cent (30%) de femmes est reconnu à tous les niveaux de la vie nationale, notamment dans les services publics, la Plate-forme qualifie cet article de discriminatoire vis-à-vis des femmes ;
Le texte voté par la 48ème législature élimine le rôle des Assemblées Communales et Départementales dans la désignation des Juges de Paix, Juges de Première Instance et ceux de la Cour d’Appel. Ce texte accorde ce pouvoir uniquement au pouvoir central (Exécutif, Législatif et Judiciaire) ;
Cette nouvelle constitution que la 48ème législature voudrait imposer à la nation la réduction de la fonction de contrôle du Pouvoir Législatif sur le Pouvoir Exécutif, il serait plus difficile d’interpeller les membres du gouvernement. Dans le texte publié dans Le Moniteur, il faudrait 25% du corps intéressé, alors que dans la Constitution de 1987 il suffit d’avoir 5 membres du corps intéressé pour faire la demande d’interpellation ;
Les articles concernant les élections posent d’avantage de problèmes de fraudes et ouvrent les portes aux manœuvres illégales et illicites ;
Dans le texte voté par la 48ème législature presque toutes les Institutions Indépendantes du pays telles que : le Conseil Electoral Permanent, Le Pouvoir Judiciaire, le Conseil Constitutionnel qui remplace la Commission de Conciliation seraient encore contrôlées par le Pouvoir Exécutif ;
Concernant la nationalité, les articles votés ne résolvent pas la question de la double nationalité ;
Le Président René PREVAL essaie de jeter la poudre aux yeux de tous en exploitant la mobilisation de la totalité des Haïtiens de la Diaspora en faveur de l’insertion de la notion de double nationalité dans la Constitution.
Cependant, il s’agit là d’un tour de passe-passe visant à cacher les vrais enjeux de cet amendement constitutionnel qui va mener tout droit à une main mise totale du Pouvoir Exécutif sur toutes les Institutions du Pays, notamment, le CEP, le Conseil Constitutionnel et même les deux autres Pouvoirs tels le Législatif et le Judiciaire. Les Haïtiens risquent donc de supporter la révision de la Constitution par rapport à la promesse de double nationalité, sans savoir que premièrement, cela cache les modifications politiques favorables aux intérêts de l’Exécutif, et deuxièmement, même la double nationalité promise ne pourra s’exercer dans toute sa plénitude, du fait qu’elle comporte toute une série de restrictions inadmissibles en fait et en droit.
Le texte d’amendement voté et publié le 6 octobre 2009 dans le journal officiel « Le Moniteur » risque d’entraver les acquis démocratiques, il vise à concentrer le pouvoir entre les mains du Président de la République et diminue la participation du Peuple Haïtien dans les grandes décisions visant à engager la Nation, une démarche contraire à la Constitution de 1987 qui prône la décentralisation et la participation. Cette tentative d’amendement aura des conséquences graves sur le Peuple Haïtien durant de nombreuses années.
C’est pour cette raison que la POHDH demande aux parlementaires de la 49ème législature de ne pas voter le texte publié le 6 Octobre 2009, elle encourage les élus à ne pas agir avec émotion, mais plutôt de prendre le temps qu’il faut pour bien analyser le texte de la 48ème et si possible, proposer un nouveau texte qui prendra en compte les revendications fondamentales de différentes couches sociales de la population Haïtienne. »

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2889-haiti-constitution-texte-integral-de-la-declaration-d-amendement-de-la-constitution-de-1987.html
HL / HaïtiLibre / Antonal MORTIME Secrétaire Exécutif de la POHDH

Haiti-Amendement de la Constitution : Attention à la précipitation, préviennent des constituants

Par Ralph Henry

P-au-P, 6 mai 2011 [AlterPresse] — Des constituants ayant participé à l’élaboration de la constitution haïtienne de 1987, s’opposent à tout amendement constitutionnel précipité et joignent leurs voix à celles des secteurs qui appellent à la prudence.

« C’est quelque chose qui se fait à la va-vite », déplore le docteur Georges Greffin, constituant et professeur de droit constitutionnel à la Faculté de droit de Jacmel (Sud-est).

Rejoint par téléphone à Jacmel par AlterPresse, le constituant précise qu’il n’a rien contre un éventuel amendement de la loi-mère, mais estime que cela ne doit pas se faire de n’importe quelle manière.

« Je pense qu’il faut faire attention », met en garde Georges Greffin.

Pour sa part, le constituant Georges Michel déclare à AlterPresse qu’« Il faut tout arrêté ». Selon lui, dans les conditions où s’effectue cette opération, ce sera un « faux amendement ».

« C’est un amendement qui doit être ‘cochon’ c’est-à-dire nul », dit-il en faisant référence à une partie de jeu de Dame. « C’est une cuillère de poison que (le président sortant René) Préval veut faire avaler au peuple haïtien », soutient Michel.

Toute constitution sujette à un amendement devrait « être diagnostiquée en vue de voir ce qui va et ce qui ne va pas », souligne Michel qui conjecture que « l’histoire va juger tous ces parlementaires qui s’apprêtent à voter l’amendement ».

Par ailleurs, les constituants interrogés par AlterPresse déplorent l’absence de débats nationaux (populaires) et médiatiques et l’absence de motifs clairement présentés pour cet amendement.

Par ailleurs, pour Greffin, il s’agit d’un manque de respect au peuple et à la constitution, le fait que la démarche d’amendement n’a pas été entreprise dans les deux langues officielles du pays (le créole et le français) reconnues par la constitution toujours en vigueur.

Une position que partagent plusieurs autres secteurs de la vie nationale.

La 49e législature n’a eu que 48 heures pour produire de nouvelles réflexions en vue de déterminer s’il y a lieu, après analyse de plusieurs documents, de voter pour ou contre la déclaration d’amendement de la Constitution, objet de vives discussions entre plusieurs secteurs du pays.

Les deux branches du Parlement ont créé, mercredi 4 mai, une commission bicamérale de « réforme constitutionnelle » avec pour mandat de produire des réflexions « en urgence » sur le processus d’amendement en cours.

Cette commission composée de six sénateurs, neuf députés, et présidée par le sénateur François Anick Joseph (Alternative/Artibonite) a jusqu’à ce vendredi pour remettre son rapport final à l’Assemblée nationale. [rh apr 6/05/2011 13 :00]

 

Haïti – Élections : 6 organisations de la Société Civile favorables au rapport de la MOEC
06/05/2011 13:11:15

Haïti - Élections : 6 organisations de la Société Civile favorables au rapport de la MOECÀ un moment où le peuple haïtien attend avec impatience le redémarrage du pays, la population assiste avec exaspération aux faux-fuyants du Conseil Electoral au sujet de la publication des derniers résultats définitifs des élections législatives.
6 organisations de la Société Civile : le Conseil National d’Observation (CNO), l’Initiative de la Société Civile (ISC), le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), le Conseil Haïtien des Acteurs non Etatiques (CONHANE), le Centre d’Etudes et de Recherches en Sciences Sociales et Pénales (CERESS) et le Mouvman Fanm Kafou (MOFKA) se prononcent favoralement sur le rapport de la Mission OEA/CARICOM (MOEC) :
« Nous avons examiné ce rapport avec attention et l’avons trouvé acceptable d’autant plus qu’il rejoint le point central de notre note du 22 Avril à savoir le recours à la vérification qui a été négligé par le BCEN. La proposition de Monsieur Gaillot Dorsinvil de constituer un tribunal spécial pour rejuger certains cas n’est pas acceptable. On ne peut revenir en arrière. […] Il est maintenant du devoir de cet organe électoral [CEP] de prendre en compte les différentes recommandations de la MOEC, en dépit du fait que ceci aura valu à notre nation jadis si fière de voir ses institutions se mettre à la remorque et sous la tutelle d’institutions internationales. Aujourd’hui, le CEP et le pouvoir exécutif doivent tout mettre en œuvre en vue d’éviter à la Nation haïtienne une crise postélectorale inutile.
Il est regrettable que les dirigeants haïtiens, au cours de ces dernières années, n’ont pas su se mettre à la hauteur des responsabilités nationales qui leur ont été confiées par la Nation. Il est cependant à espérer que les prochains dirigeants feront preuve d’un plus grand sens de responsabilité vis-à-vis des citoyens du pays, ce, sans esprit partisan. »

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2841-haiti-elections-rapport-de-la-moec.html
http://www.haitilibre.com/article-2837-haiti-elections-le-moec-recommande-le-retour-aux-resultats-preliminaires.html
HL/ HaïtiLibre

Vendredi, 6 mai 2011 14:25

La Minustah émet des doutes sur les conclusions du rapport relatif à l’origine du Choléra en Haïti

La mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti salue la publication du rapport des experts indépendants relatif à l’origine de l’épidémie du cholera en Haïti.
Sylvie Van Wildenberg, la porte parole de la mission, la MINUSTHA prend acte des conclusions et recommandations de ce document.
Cependant, madame Wildenberg émet des doutes quant aux allégations laissant croire que les soldats népalais seraient impliqués dans l’apparition du cholera dans le pays.
Le rapport des experts indépendants chargés d’enquêter sur l’origine du choléra en Haïti, attribue l’apparition de l’épidémie à la « confluence de plusieurs circonstances », il soutient également qu’elle ne résulte pas de la faute, ou de « l’action délibérée d’un groupe ou d’un individu ».
Enfin, madame Van Wildenberg salue au nom de la mission, les efforts des quatre experts dans le cadre de ce travail.
Rappelons que de plus 5000 personnes sont déjà décédées de cette maladie depuis son apparition à la mi-janvier dans le Plateau Central.
EJ/Radio Métropole Haïti

Haiti : Les jardins naissent comme les pays renaissent…

Par Roody Edmé * Spécial pour AlterPresse, vendredi 6 mai 2011

Jean-Euphèle Milcé vient de sortir le roman de l’après séisme. Tout se passe comme si le jeune romancier voulait nous sortir des décombres à travers un imaginaire florissant. Une opération audacieuse paru justement aux Editions Coups de Tête et qui sera bientôt dans les bacs à Port-au-Prince. Le titre inspire et fait rêver : « Les jardins naissent ».

L’histoire se déroule en partie dans la tête d’une jeune coopérante. Marianne, qu’elle s’appelle, et de tempérament, elle ne supporte nullement la bride au cou que constituent toutes ces règles imposées par son organisation caritative qui veut protéger les expatriés des malheurs qui accablent ce pays. Elle supporte encore moins la froide arrogance de sa cheffe-infirmière, réglée comme du papier à musique, honorable gestionnaire de « l’industrie » humanitaire, une femme sans cœur qui ne connait pas « la religion de la coexistence ».

Elle est venue dans cette ville de Port-au-Prince soufflée par le séisme, pour aider, non pour assister au spectacle tragique et silencieux de la mort en direct. Marianne promène son désœuvrement d’assistante humanitaire dans les rues encombrées de la ville. Dans le dédale de nos corridors où grouille tant de vies en un mouchoir d’espace, où s’invente le monde à chaque minute, où la vie joue à la marelle, où l’art total et libre refuse les clichés de musée, celle qui venait d’ ailleurs revendique un nouvel humanisme.

Si elle est impuissante devant l’ampleur des malheurs et la lenteur exaspérante de la reconstruction, elle ne veut guère rester indifférente à toute cette pâte humaine malaxée et chauffée au four solaire d’un pays mythique même dans les dimensions bibliques de sa destruction. Marianne ne veut pas être une humanitaire « compétente » bardée de diplômes qui transite dans le « couloir de la mort », rien que pour avoir des choses à raconter à sa progéniture, comme d’ autres aimaient raconter, jadis, dans les conversations de café du commerce avoir fait le « Biafra ».

Elle refuse aussi d’être une militante « gaucho-populo » au créole cocardier et conquérant ou une occidentale en mal de « trip » qui chercherait dans la misère d’autrui une nouvelle forme d’ecstasy. Se shooter à la misère, la vraie, celle dont on peut respirer l’effluve en plein midi. La misère noire, crasse, qui rampe comme un dangereux reptile et qui ampli l’espace et qui vous bouffe l’oxygène.

La pauvreté ici n’est pas à quatre balles, elle est d’une « opulence » arrogante, c’est une « star » aux bijoux clinquants qui peuvent se voir d’un avion. On vient du monde entier pour la photographier ou poser à ses cotés. Marianne refuse cet exotisme de la misère.

Marianne, héroïne d’une nouvelle forme de solidarité, toute simple, toute nue, toute vraie ! Son travail au service du Comité International de la Croix–Rouge n’est que prétexte pour vivre son propre idéal, celui de ne pas rester indifférente au monde, une sorte de quête « camusienne » de sens. Sisyphe postmoderne d’une réalité aux dimensions irréelles, elle sent confusément en elle que c’est dans ce lieu de pierres que naîtra le monde nouveau.

Et puis, il y a Daniel, ce jeune Haïtien, « chimè » de naissance, partageux du 21e siècle, pourtant artiste et non fauteur de guerre civile. Il est un déporté du Canada pour avoir voulu rester au Québec, ville de ses fantasmes, l’utopie des artistes, un lieu où on peut partir créer en paix. Mais la paix et la prospérité ne sont pas pour les « goujats », les maraudeurs du bonheur de la civilisation, les resquilleurs de la société de consommation. Daniel n’est pas une foudre de guerre : perdu dans « la fosse aux lions » de son quartier mal famé, où l’on va à la mort par habitude, il n’a que ses « dreads locks » comme moyen de dissuasion. Il traine pourtant une réputation de « kidnapper » de jeune blanche en mal d’exotisme. « Lô malere tout bagay sanble ou ».

Le commandement de la Police, s’est même fendu d’un communiqué, qui déclare vouloir protéger les vies et les biens contre cet évadé de prison. Ce n’est pas la première fois que Daniel s’évade, il avait tenté de « s’évader » de son pays pour des cieux plus cléments. Seulement, le paradis occidental se mérite socialement. Et on l’a enfermé à double tour au pénitencier, pour avoir pris au sérieux le crédo de liberté véhiculé par le discours de la mondialisation. À défaut de je ne sais quelle révolution, la libération sanglante, mortifère, est venue des entrailles de la terre. Les murs de Babylone sont tombés, à la faveur de ce troublant séisme du 12 janvier.

Et puis Philomène, la femme-jardin, un autre personnage qui détient les clés du récit, reine de toutes les audaces, madone des sept douleurs. Celle qui garde les secrets de toutes nos « résiliences ». Mais voyons comment elle est évoquée dans le texte : « Philomène, c’est la logisticienne, la banquière des petits biens hors-la-loi. Son moulin à insultes, son ventre bien en évidence, sont autant de détails qui font d’elle la reine de quelque chose d’inquiétant et de rassurant ». C’est elle qui a l’idée saugrenue mais ô combien verte de faire pousser des jardins sur les décombres du séisme : « Des cacahuètes. Des aubergines. Du pois Congo. Des choses qui poussent belles et vigoureuses. Fleurissent de toutes les couleurs et de toutes les senteurs. Renouvellent la vie. Garantissent la fête de la récolte ».

Une idée subversive qui remplace les projets pharaoniques et vides de la « reconstruction ». Une idée pour gouverner la rosée, un vieux fantasme haïtien, depuis que notre territoire est devenu lentement mais surement une sorte de « rocher de Tanios ».

Le texte se lit facilement et je me suis surpris par moments à sourire des traits humoristiques qui parcourent une syntaxe qui fait du récit, un art de la jubilation. C’est que l’humour de Milcé a un air détaché, juste la pointe qu’il faut pour égayer la phrase…et déjà le récit repart dans une embardée qui pourtant se termine sans risque de se fracasser. Clarté et lisibilité maximales semblent être le choix du romancier permettant ainsi la mise en mots d’un espace non structuré, celui d’une ville surréaliste dans son « art-déco ».

Des descriptions prises sur le vif, sans verbosité inutile. Le texte est « monté » comme pour un film et la lecture rapide se fait sans agacement. Je soupçonne que derrière une narration sans prétention et un brin frivole, se cache la confession d’une « humanitaire » du siècle. Seul le roman, art total, est coutumier de ces audaces. Comme celle d’aller se jouer dans la tête d’une de ces milliers de volontaires accourus au chevet d’un pays fascinant et tragique.

Eh oui, si le vraisemblable vole en éclats sous la poussée vigoureuse et tentaculaire des graines semées par Philomène. Sorte de « résistance Chlorophyllienne » face à l’inertie minérale de la pierre, elle n’en est pas moins présente dans le réel magique d’un quotidien que vous et moi partageons, cher lecteur.

Ce n’est pas d’aujourd’hui que nos personnages de roman, à quelques exceptions près, imperturbables mènent un combat inégal contre les « moulins à vent » du sort : Manuel, figure christique de la rédemption socialiste, El Gaucho, parangon de l’émancipation de la Caraïbe « bordélisée », Philomène ? Jeanne d’arc des bidonvilles…peut-être. Mais Jean-Euphèle Milcé oublie toute attitude tant soit peu militante, pour se laisser aller à écrire.

Cet auteur sensible est coutumier des identités croisées. Marianne, la jeune suisse vient au pays, où la nature est aussi cajoleuse que furibonde, se chercher une existence qui fait « sens » avec une éthique nouvelle de la responsabilité. Dans une autre histoire du même écrivain, une insulaire trouve ses racines à Genève en découvrant « un archipel dans son bain ».

Dans ce petit roman, sympathique, et pas du tout prétentieux, loin du chic trop poli qui rendent laborieux certains textes, y brillent l’éclat pas assez soutenu d’une littérature « nouvelle vague » qui emporte nos dernières rigidités théoriques et syntaxiques.

Un roman de l’été qui s’annonce, à lire décontracté.

* Éducateur, éditorialiste

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