vendredi 20 mai 2011

20 Mai

Haïti: l’entrepreneur Daniel-Gérard Rouzier nommé Premier ministre (officiel)

(AFP) – 20/05/11

image 

Gerard Daniel Rouzier

PORT-AU-PRINCE — Le président haïtien Michel Martelly a nommé vendredi l’entrepreneur Daniel-Gérard Rouzier, 51 ans, au poste de Premier ministre, a indiqué à l’AFP le président de la Chambre des députés Saurel Jacynthe.

« C’est bien M. Rouzier qui a été désigné » Premier ministre, a confirmé M. Jacynthe interrogé par téléphone.

« Le président Martelly a écrit aux présidents des deux chambres du Parlement pour leur faire part du choix de M. Rouzier comme Premier ministre », avait indiqué auparavant un membre du cabinet de M. Martelly sous couvert d’anonymat.

L’annonce est intervenue après une série de rencontres entre le nouveau chef de l’Etat et les responsables du Parlement.

Pour que la nomination du Premier ministre soit ratifiée, celui-ci doit obtenir un vote favorable dans chacune des deux chambres, toutes deux dominées par le parti Inité (Unité, en créole) de l’ancien président René Préval.

 

Haïti – Politique : La saga de l’amendement de la constitution se poursuit…
20/05/2011 14:19:08

Haïti - Politique : La saga de l’amendement de la constitution se poursuit...L’imbroglio politico-juridique concernant la promulgation d’une version altérée en partie, de la constitution, continue de faire des vagues au Parlement. Au début de cette semaine, des parlementaires ont appelé à l’ouverture d’une enquête afin d’expliquer pourquoi le texte publié dans le journal officiel « Le Moniteur » est différent de celui envoyé à l’Exécutif ?
En effet, de nombreuses « erreurs » figurent dans la version des amendements, publiée le 13 mai 2011 dans le journal officiel « Le Moniteur ». Entre autres, plusieurs articles non votés par les Députés et Sénateurs relatives à la durée du mandat des élus auraient été insérés dans cette version, alors que les parlementaires avaient choisi a la dernière minute, de revenir sur le vote concernant la prolongation du mandat des députés de 4 à 5 ans et sur la prorogation de deux ans du mandat des sénateurs qui doit bientôt arriver à terme.
Le Sénateur Mélius Hyppolite (Nord-Ouest), deuxième secrétaire du Sénat, a confié que sa signature avait « disparue » mystérieusement en bas du texte amendé « Je cherche une explication à ça, sur le texte que j’ai signé qui est sorti du Parlement, il y a mon nom comme Deuxième Secrétaire, et comme le Sénateur Pierre Franky Exius, qui est le Premier Secrétaire dans le Sénat, avait eu une urgence […] Il m’avait mandaté pour que je signe pour lui. Dans le document publié dans Le Moniteur j’ai été saisi de voir que mon nom n’est pas là, ma signature n’est pas là… »


Pour sa part, Edouard Paultre, Coordonnateur du Conseil National des Acteurs Non-Étatiques (CONHANE) crois qu’il y a eu manipulation « il y a eu manipulation, on parle des minutes, qui sont des minutes du vote de l’amendement, qui sont porté disparues, qui se sont envolé… l’on peut penser à des manœuvres de M. Préval avant de partir, pour laisser ce problème entre les mains du nouveau gouvernement »
Quant au Sénateur Riché (Grand-Anse), il voit dans le texte publié « un piège contre le nouveau Président de la République Michel Martelly. »
Le Président Martelly, qui reste concentré sur ses priorités [relogement des sinistrés et l’éducation gratuite], dit ne pas comprendre comment le texte promulgué peut-être différent de l’amendement constitutionnel approuvé par les deux Chambres du Parlement. Le Président Martelly réclame que les erreurs volontairement commises par l’équipe sortante, soient rapidement corrigées. « Ce texte a été publié sous leur Gouvernement, qu’ils s’arrangent pour rectifier le tir » a déclaré vigoureusement le Chef de l’État, faisait référence sans la nommer, à la plateforme INITE de son prédécesseur, René Préval dont il précise « ne pas vouloir hériter les méfaits. »
DERNIÉRE MINUTE :
Nous venons d’apprendre que le Président Michel Martelly, et les deux Présidents des chambres, Saurel Jacinthe et Rodoplhe Joazile auraient convenu qu’il s’agissaient d’erreurs matérielles pouvant être corrigées par une nouvelle production du même numéro du journal officiel. Des spécialistes assurent que ces types de corrections ont déjà eu lieu dans le passé. Cependant, nous n’avons pas pu obtenir confirmation, par une autre source, de cette information, aussi nous vous conseillons de prendre cette dernière information avec la réserve d’usage.
HL/ HaïtiLibre

 

L’amendement de la constitution continue de faire des vagues

RTVCaraibes – 20/05/2011 10:40:00 Auteur(e) La Redaction

(AHP) – Le dossier de l’amendement de la constitution continue de faire des vagues au parlement notamment au Senat dela République. Lundi, des parlementaires ont appelé à l’ouverture d’une enquête pour déterminer les raisons qui expliquent la publication  dans le  journal officiel Le Moniteur d’un texte différent de celui envoyé à l’exécutif.
En effet, le document relatif à la constitution amendée  et transmis à l’Exécutif pour publication dans le Moniteur est, a divers points de vue, différent du texte publié vendredi.
Ces différences concernent particulièrement les articles relatifs à la durée du mandat des élus. Alors que les parlementaires avaient choisi a la dernière minute de revenir sur le vote concernant la prolongation du mandat des députés de 4 à 5 ans et  sur la prorogation de deux ans du mandat des sénateurs qui doit bientôt arriver à terme,  le texte publié dans le Moniteur est quand même resté fidèle aux propositions  faites en ce sens par le president René Préval
Pour le sénateur Mélius Hyppolite, 2e secrétaire du grand corps, il convient de diligenter une enquête pour fixer les responsabilités.
C’est un acte de sabotage qui a été produit, a-t-il dit, faisant remarquer qu’au bas du document publié, sa signature n’a pas été retrouvée alors qu’il avait signé le texte et l’avait même fait a la place du 1er secrétaire Francky Exius qui lui avait donné mandat en ce sens.
C’est également la position du sénateur Andrice Riché. Ce dernier estime suspect que la signature de Francky Exius, qui pourtant n’avait pas signé le document, ait été retrouvée au bas du texte alors que le celle de son collègue Hyppolite, qui avait paraphé le documentent, n’a pas été retrouvée.
Selon lui, il y a des gens qui cherchent à piéger le nouveau président Michel  Martelly. Il demande de déclarer nulle et non avenue la constitution amendée ( sur laquelle le président  a prêté serment le 14 mai).
Ce grave malaise vient se greffer à une crise post-électorale.En effet, les résultats ne sont toujours pas publiés dans le Moniteur pour 17 députés et 2 sénateurs, en raison des accusations de fraude qui pèsent sur 3 élus de la plateforme Inite (Unité), suite aux résultats communiqués par un bureau de contentieux électoral national spécial (BCEN)  mis en place par le président du Conseil électoral provisoire, Gaillot Dorsinvil.
Parallèlement, plusieurs secteurs ont accusé jeudi  sans les citer des proches du nouveau président, qui auraient oeuvré pour empêcher 3 ministres du gouvernement sortant de participer au premier  conseil des ministres organisé par Michel Martelly depuis son accession au pouvoir le 14 mai.
Il s’agit de la ministre de la Culture et de la communication , Marie Laurence Jocelyn Lassègue, de la Justice Paul Denis et des Affaires sociales, Gérald Germain. Ces 3 ministres avaient appuyé d’autres candidats que Martelly lors de la présidentielle.
Cette mesure est assimilée à un acte d’exclusion contre des officiels qui sont en charge jusqu’à la ratification du prochain gouvernement.
Des dossiers relatifs à la prochaine saison cyclonique, à la rentrée scolaire, à la nouvelle   poussée de choléra et à la gestion adminisrative et financière au cours de la période de transition, ont éte abordées au cours du Conseil des ministres.
Par ailleurs, des proches du président Martelly continuent d’affirmer que son choix portera  sur l’entreprenur Daniel Rouzier. On n’a pas beaucoup d’informations  sur le choix des ministres. Seule Michel Oriol serait confirmée à l’Interieur et Daniel Supplice aux Affaires étrangères.
Les noms du général Abraham et du docteur Georges Michel sont cités pour la défense.

 

Haïti: Trois ministres écartés du premier conseil des ministres de Martelly

Le Nouvelliste

La ministre de la Culture et de la Communication n’en revient pas du fait qu’elle n’a pas été invitée au premier conseil des ministres tenu par le président Michel Martelly, mardi dernier, au Palais national. Selon Marie-Laurence Jocelyn Lassègue, sa prise de position en faveur de Mirlande Manigat serait à la base de ce traitement. Deux autres ministres proches de la plateforme présidentielle INITE, Paul Denis et Gérald Germain, respectivement de la Justice et des Affaires sociales ont subi le même sort. L’équipe de Martelly s’en lave les mains dans cette affaire et renvoie la balle aux pieds du Premier ministre sortant.

                   

           Lassègue                            Paul Denis                                  Gérald Germain

Comme annoncé en début de cette semaine, le chef de l’Etat a tenu, mardi dernier, son premier conseil des ministres au Palais national. Trois ministres qui se sont clairement positionnés en faveur des candidats à la présidence lors des dernières élections n’ont pas été invités. Le conseiller juridique de Michel Martelly a dédouané le pouvoir en place dans cette affaire qui ne sonne pas trop bien dans l’opinion publique. « Il faut appeler le Premier ministre Jean-Max Bellerive pour savoir. C’est lui qui préside les conseils des ministres », a déclaré laconiquement Me Grégory Mayard Paul joint au téléphone jeudi soir par Le Nouvelliste. Me Mayard Paul qui prenait l’avion pour l’étranger n’a pas voulu donner plus de précisions sur le dossier. « Je ne sais pas », a-t-il répondu devant l’insistance du journal.
« Je suis étonnée, je pense que nous sommes dans un pays démocratique où l’on respecte les convictions. J’ai toujours mené une lutte en faveur des femmes, c’est pourquoi j’ai supporté Mme Manigat. Si c’était à refaire, je le referais. C’est le contraire qui aurait été anormal pour mes enfants, la population…La démocrate que je suis ne comprend pas », a fulminé la ministre de la Culture et de la communication joint au téléphone par Le Nouvelliste.
« Mes collègues ont été invités, moi je ne l’ai pas été. Je suis surprise qu’un conseil qui a, entre autres, pour objet la passation des dossiers, les mesures prioritaires et ministre de Communication, je n’ai pas été invitée à y participer. Il semblerait que ce soit l’appui que j’ai apporté à Mme Manigat au second tour des élections qui gêne », a renchéri Marie-Laurence Jocelyn Lassègue.
Le plus grave, a-t-elle ajouté, 24 heures avant la tenue du conseil des ministres elle était aux Cayes, et a dû rapidement rentrer à Port-au-Prince pour le conseil. Une fois sur place, elle apprend qu’elle n’a pas été invitée. « Ce que je ne comprends pas, j’ai été à l’investiture, j’ai été invitée à la réception au Karibe. Je pensais qu’on était là en tant que démocrate. Je suis tombée sur la tête quand j’ai réalisé que j’avais été exclue. Il faut la tolérance, il faut le respect des choix des autres…J’encourage M. Martelly et les gens autour de lui à respecter les engagements, à inclure, à ne pas exclure », a déclaré la ministre Lassègue.
« Si l’on parle de démocratie dans ce pays, il faut respecter les convictions, il faut respecter le combat de toute une vie. J’ai 56 ans. J’ai commencé cette lutte à 14 ans. Aujourd’hui, je suis grand-mère. J’ai élevé 14 enfants. On ne peut pas me demander de renier les convictions de toute une vie auprès de 52% de la population », s’insurge-t-elle.
Mme Lassègue s’est félicitée, par contre, d’avoir joué un grand rôle dans le vote du quota de 30% des femmes dans l’administration publique. La notion de quota a été votée lors de la séance en Assemblée nationale tenue le dimanche 8 mai sur l’amendement de la Constitution par la 49e législature
La ministre de la Culture et de la communication dit continuer à occuper normalement son poste pour liquider les affaires courantes en attendant la nomination d’un autre gouvernement annoncé pour la fin de cette semaine par le président de la République, Michel Martelly.
Marie-Laurence Jocelyn Lassègue a confirmé au journal que deux ministres ont subi le même traitement qu’elle. Il s’agit de Paul Denis et Gérald Germain, respectivement ministre de la Justice et de la sécurité et ministre des Affaires sociales, tous deux proches de la plateforme présidentielle INITE.
Le Nouvelliste a tenté en vain d’entrer en contact avec le Premier ministre sortant, Jean-Max Bellerive pour avoir sa version des faits.
Robenson Geffrard
rgeffrard@lenouvelliste.com

 

EDITO

Martelly et le labouyi parlementaire

Le Nouvelliste

Haïti: Le président Martelly a fait la démonstration de sa capacité d’adaptation rapide lors de son message du 18 mai. L’Etat de droit fait désormais partie de ses priorités. Il invite ceux qui n’ont pas voté pour lui à ne pas souhaiter son échec. Tout un parcours en quatre jours. Effacés les oublis de son discours d’investiture.
« Arrêtons nos vieilles querelles injustifiées », propose le président. Il ouvre ses bras au parlement, lui qui a besoin du corps législatif pour le reste de son mandat car jamais président n’est arrivé au pouvoir si seul, armé de son seul charisme et de sa popularité.
Le président a promis aussi des emplois et une éducation de qualité aux universitaires et à ceux que le système laisse de côté. Une bonne façon de s’attirer les jeunes. De s’en faire des alliés.
18 mai oblige, le sang des héros de 1804 coulant dans ses veines, le président Martelly, grenadier depuis toujours, a mordu dans le lard de la communauté internationale. Il ne veut plus quémander et veut assurer la sécurité du pays.
C’est bien, mais le vrai et immédiat défi sera de nommer un Premier ministre avant la fin de la semaine comme il se l’est promis. Etape indispensable si le président pour commencer à gouverner effectivement.
Cela commence mal.
D’abord, il y a cette annonce d’un des frères Mayard Paul : Daniel Rouzier sera le Premier ministre. Puis, le même jour, le démenti d’un autre frère Mayard Paul. L’un est chef de cabinet du président, l’autre son conseiller juridique, personne ne peut croire qu’ils ne sont pas dans le secret des dieux. Cafouillage ? Stratégie ? Ajustement judicieux ?
En fait, il se dit qu’entre les deux annonces, il y a eu une rencontre avec les présidents des deux Chambres, membres de la plateforme Inite. Ils ont ramené le président sur terre. Le parlement est incontournable dans le choix du Premier ministre et tient à jouer toutes ses prérogatives.
Un jour plus tard, on apprend que trois ministres ont été évités. Pas invités au premier conseil des ministres de l’ère Martelly. Deux d’entre eux sont des gros bois de la cabane Inite.
Comment va faire le président, s’il refuse de jouer le jeu avec Inite, au moins jusqu’à la nomination de son gouvernement ?
Bien entendu, il y a l’option d’aller à l’affrontement. De forcer les rangs de ces élus mal-aimés et de bousculer le groupe majoritaire au parlement. Cela ira plus vite et évitera au président Martelly de boire le labouyi parlementaire lentement en courtisant et en convainquant, un à un, députés et sénateurs, mais cela risque de laisser des traces. De mettre à mal l’Etat de droit.
Il y a aussi l’option de retourner à Laboule boire le café de la paix avec le sortant encore si présent, tête de pont de cette plateforme Inite incontournable, pour l’instant.
Nous n’en sommes pas encore là.
En passant, jusqu’à quand pourra durer le silence présidentiel sur la Constitution amendée et les dix-neuf élus en attente de publication des résultats dans Le Moniteur ?
Menu chargé pour la première fin de semaine de notre président Martelly.

Frantz Duval
duval@lenouvelliste.com

 

Haïti / politique

Michel J. Martelly: l’héritage piégé

René Préval a échoué dans sa tentative de conservation du pouvoir. Sa gestion des derniers cinq ans lui a été, à plusieurs égards, préjudiciable. Au début du règne de Michel Joseph Martelly, la classe politique est moribonde, les forces politiques traditionnelles sont quasi inexistantes.

LE MATIN – 20/05/2011

Gardant le mutisme pour éviter les débats autour de sa vision de gouvernance, l’ex-président René Préval a donné le tournis aux observateurs et analystes politiques. Des scénarios plus qu’improbables, des tours de passe-passe dignes des grands illusionnistes, on a tout vu lors de son second mandat. Aujourd’hui, la crise bat son plein. Elle affecte toutes les structures de la société. Dans un tel contexte, dresser un bilan politique de René Préval, est un exercice quelque peu difficile. Puisque l’homme de Marmelade n’avait rien promis lors de sa campagne en 2005. Avec à ses côté Jacques Edouard Alexis aux commandes de la plateforme politique « Lespwa », ce fut alors un duo soudé qui prit les rênes du pays le 14 mai 2006. Mais guettés de toute part par les forces de l’opposition, ils avaient très peu de marges de manœuvre et n’avaient pas droit à l’erreur.
Au cœur des tourmentes innombrables auxquelles fut confronté le pays lors de ces derniers cinq ans, certains éléments méritent d’être signalés. Ils constituent les plus grands acquis et réalisations de la gouvernance de René Préval. Nous nous rappelons de l’opération Bagdad orchestrée par les partisans d’Aristide après son départ pour l’exil en 2004 et la dénomination de « zones de non droit » attribuée à certains quartiers de la capitale. Préval et son équipe avaient alors une obligation de résultat rapide. Avec le support de la Minustah, ils ont rétabli l’ordre et ont permis aux citoyens de vaquer librement à leurs activités dans tous les quartiers de la région métropolitaine de Port-au-Prince. Malgré les méthodes utilisées, les résultats sont là. Le calme est revenu. Précaire, peut-être. Néanmoins, la paix a été rétablie en ces lieux.
Le ras-le-bol de la classe politique aura permis à René Préval d’obtenir, dit-on, une seconde chance. Cependant, contrairement à l’accoutumée où les pouvoirs ont toujours essayé de bafouer la question de la liberté d’expression, au cours de la seconde présidence de M. Préval, cette liberté fut garantie. Elle fut même consolidée. D’ailleurs, les communautés nationale et internationale s’accordent à donner sur ce point une note positive à l’ex-président. Les persécutions d’Etat contre les travailleurs de la presse ont disparu. Cette étape marque un vrai tournant dans l’histoire du pays et de son apprentissage démocratique.
Les coups bas…
Les cas de Jude Célestin et de Jacques Edouard Alexis présentent d’étranges ressemblances et sont indicatifs du dernier mandat de René Préval. Ce fut, suivant des critiques et analystes politiques, un pouvoir centralisateur, se basant sur la conservation du pouvoir pour entretenir la même famille politique. Tout comme Alexis, celui que ses partisans se plaisaient à appeler « Ti Jid », fut largué par l’« équipe » au moment où il en avait le plus besoin. S’il est vrai qu’avant le début des élections, Jacques Edouard Alexis était revenu dans les rangs d’Inite avant l’ultime coup bas de René Préval, Célestin, quant à lui, s’est fait oublier depuis son éjection de la course électorale. Le seul souvenir que l’on retiendra de lui, est ce discours teinté d’amertume qu’il a publié dans la presse pour exprimer sa déception vis-à-vis de ses anciens coéquipiers et aussi dénoncer l’ingérence internationale dans les affaires haïtiennes.
Cette foi que René Préval voue à l’internationale, qui d’ailleurs lui a permis d’accomplir son mandat, lui fut, à différents niveaux, préjudiciable. Car, via la mission de vérification OEA/Caricom, l’internationale a contribué à déjouer le plan de succession en corrigeant les différentes erreurs du Conseil électoral provisoire favorables à la plateforme Inite, en ce qui a trait aux résultats des différents scrutins. Les cas de malversations au sein de l’appareil électoral furent démasqués et Michel Martelly a accédé au pouvoir dans un contexte tendu où le Parlement peine encore à compléter son effectif.
De l’instabilité…
Dans ce mouvement politique qui revêtait une importance capitale tant pour le pays que pour l’ex-président Préval lui-même, nul ne fut à l’abri. Après la débâcle à la primature de Jacques Edouard Alexis, le pays fut plongé dans une période d’instabilité politique. Plusieurs personnalités furent pressenties pour remplacer Alexis, notamment Robert Manuel et Pierre Eric Pierre. Pourtant, ce fut une personnalité à laquelle le pays ne s’attendait pas que le chef d’Etat d’alors allait confier la primature. Il s’agissait de Michèle Duvivier Pierre-Louis, chouchou, dit-on, de l’internationale. Malgré de nombreuses critiques contre sa vie privée, Mme Pierre-Louis a été finalement approuvée après une séance houleuse au Parlement. Elle représentait un espoir de changement pour les millions d’Haïtiens qui vivent dans des conditions exécrables.
Mais, l’étendue des tâches qui attendaient la responsable de la FOKAL, notamment après les passages successifs des trois ouragans en 2008, étaient énormes par rapport à sa marge de manœuvre. Tout comme Alexis, elle a été abandonnée par le président et précipitée vers la sortie après une séance humiliante au Parlement. Elle fut remplacée par M. Jean-Max Bellerive qui restera en place jusqu’à la fin du mandat de l’ex-président René Préval. Trois Premiers ministres en cinq ans. Ce va-et-vient à la primature est caractéristique de l’incertitude, du climat de tension et des crises politiques qui ont émaillé le second mandat de M. Préval. Après l’échec du gouvernement de coalition mené par Jacques Edouard Alexis, d’aucuns attendaient le moment de la Rédemption. Elle ne viendra jamais. René Préval est sortie par la petite porte comme étant, dit-on, le président le plus impopulaire de l’ère démocratique au moment de la passation de pouvoir.
Parmi les victimes du régime de René Préval, se comptent également les partis politiques. Le projet de construction du parti Inite s’est fait au détriment des partis politiques traditionnels. En effet, ceux-ci ont été vidés de leurs cadres qui, par des procédés, dit-on, peu éthiques, ont rejoint le parti de René Préval qui disposait alors de grands moyens financiers. L’idée d’un parti dominant par l’équipe au pouvoir d’alors a obligé les vieux politiques à jouer le second rôle au cours de la bataille pour la succession qui eut lieu lors de la période électorale. Toutefois, malgré l’étendue de leurs divergences, l’opposition politique et le pouvoir ont eu plusieurs occasions de s’accorder sur les intérêts supérieurs de la nation. Cependant, généralement, les intérêts politiques et/ou individuels ont toujours eu le dessus. Ce fut le cas lors de la formation de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti qui amplifia le conflit existant et scella définitivement l’espoir de voir les protagonistes œuvrer ensemble pour le bien-être de la nation après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010.
Le divorce d’avec les fractions Lavalas ainsi que les nombreux scandales de corruption qui ont émaillé son second mandat, ont aussi contribué à affaiblir M. Préval et ses candidats de la plateforme Inite qui ont été sanctionnés lors du scrutin du 28 novembre. A date, certains dossiers comme celui de la privatisation de la TELECO et les rapports d’audit sur les 197 millions de dollars tirés des fonds de Pétro-Caribe durant la période d’urgence qui suivit le passage successif des trois cyclones en 2008, demeurent énigmatiques. Aujourd’hui, plus que jamais la nation demande des comptes.

Lionel Edouard

 

Haïti – Social : Sophia Martelly rend hommage aux ouvrières haïtiennes
20/05/2011 12:21:56

clip_image002A l’occasion de la fête du drapeau et tenant à valoriser le travail des ouvrières haïtiennes, la Première Dame de la République, Madame Sophia Martelly, a visité hier 4 usines œuvrant dans le domaine du textile de la zone métropolitaine.
En l’honneur de Catherine Flon qui a marqué notre histoire en cousant le drapeau haïtien, l’un de nos plus importants symboles nationaux, la Première Dame de la République a rendu hommage à un total de 12 (douze) femmes, à raison de trois femmes par usine, qui se sont distinguées par leur ancienneté, leur dévouement et des aptitudes permettant de les qualifier de jeunes espoirs.
Ces femmes ont aussi reçu des machines à coudre en cadeau de la Première Dame, ce pour les encourager à progresser.
clip_image006
Ce même jour Sophia Martelly, a visité le centre d’opération d’urgence de la DPC (Direction de la Protection Civile) situé à Delmas 2, en vue de s’informer des disponibilités et des dispositions prises par l’Etat dans le domaine de la Gestion des Risques et Désastres en prévision de la période cyclonique qui débute le 1er Juin prochain. Une rencontre a été tenue avec les différentes entités concernées autour des réponses à apporter en cas de désastres naturels.
Ces visites rencontrent les objectifs que s’est fixée la Première Dame, d’apporter son plein support à la cause des femmes et des enfants.
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti – Politique : Le choix du Premier Ministre au cœur de négociations…
20/05/2011 11:47:02

clip_image008Le Président Martelly a assuré que le choix du Premier Ministre sera officiellement connu au début de ce week-end. Bien que le choix du Président pour l’homme d’affaire Gérard Daniel Rouzier n’a pas encore encore reçu l’aval des deux Présidents des chambres (Députés et Sénateurs), il semble que le choix du Président, soit officieusement arrêté. Seul le nom de Daniel Rouzier aurait été évoqué jusqu’à présent, au cours des réunions entre le Chef de l’État et les Présidents des deux chambres, Jean Rodolphe Joazile et Saurel Jacinthe.
Depuis le début de la semaine, de nombreuses négociations [à base de marchandages] auraient eu lieu, entre Daniel Rouzier, officieusement désigné et certains groupes parlementaires. Le Sénateur Joseph Lambert, dit attendre des précisions du Chef de l’État sur le partage des responsabilités au sein du prochain Gouvernement.
Peu d’informations fiables circulent sur le choix des ministres. Toutefois parmi les rumeurs les plus persistantes, il semble que les noms de Michel Oriol et Daniel Supplice seraient confirmé, respectivement pour le Ministère de l’Intérieur et les Affaires Étrangères.
Parallèlement à ces négociations, quelques dizaines de personnes ont manifesté hier jeudi, à Port-au-Prince, contre l’éventuelle nomination de Daniel Rouzier comme Premier Ministre, qu’ils qualifient d’opportuniste et de descendant de Louis Borno [ancien Président accusé d’avoir pratiqué une politique raciste dans l’administration publique].
D’autres manifestants ont suggéré, à la place de Daniel Rouzier, de nommer Me Gervais Charles « quelqu’un qui, durant la campagne électorale, défendait Michel Martelly lorsque celui-ci était traité d’immoral par ses détracteurs ». Réagissant à ces propos relayés dans la presse locale, l’avocat Gervais Charles dans une courte déclaration s’est démarqué fermement des propos de ces manifestants « Ce n’est un poste électif, je ne suis pas en campagne et je n’ai demandé à personne de faire campagne pour moi ».

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2962-haiti-politique-martelly-choisit-daniel-rouzier-comme-premier-ministre.html
HL/ HaïtiLibre

 

L’ex-dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier convoqué par la justice

Agence France-Presse – 20/05/2011 12h45 

clip_image017PORT-AU-PRINCE – L’ancien président d’Haïti Jean-Claude Duvalier a été convoqué vendredi matin au cabinet d’un juge d’instruction haïtien, a appris l’AFP auprès de l’un de ses avocats.

«Nous sommes maintenant au cabinet d’instruction pour la suite du dossier», a déclaré son avocat Me Reynold George contacté par téléphone. Ce dernier n’a pas précisé de quel dossier il s’agissait.

Revenu au pays en janvier après 25 ans d’exil en France, M. Duvalier a été inculpé par l’Etat haïtien de corruption, détournements de fonds publics et association de malfaiteurs.

Il fait par ailleurs l’objet de plusieurs plaintes pour crimes contre l’humanité: des dizaines d’opposants, dont la journaliste Michèle Montas, ancienne porte-parole du secrétaire général de l’ONU, ont porté plainte pour arrestations arbitraires, tortures et détentions illégales.

Depuis son inculpation, «Baby doc» a pu effectuer des déplacements en province bien qu’il ait été placé en résidence surveillée sur les hauteurs de la capitale.

Jean-Claude Duvalier, fils de l’ancien dictateur François Duvalier alias «Papa Doc», avait pris le pouvoir en 1971 à 19 ans, perpétuant une longue dictature dans le pays le plus pauvre du continent américain.

 

Haïti – Éducation : Il ne s’agit pas d’une taxe mais d’un surplus tarifaire…
20/05/2011 09:21:57

clip_image019Le Président de la République, Michel Joseph Martelly, se rendra ce vendredi 20 mai 2011 aux Coteaux dans le département du Sud pour participer à l’inauguration de l’Ecole Nationale St-François. Le projet de construction de cet établissement scolaire a été initié par l’OIM et financé par l’USAID.
Selon une enquête menée par l’équipe du Président Martelly, environ 230 mille enfants n’ont pas accès à une salle de classe dans le grand Sud. Seulement 8% du budget de l’Etat haïtien est alloué à l’éducation pour tout le pays.
Cette visite du Chef de l’État s’inscrit dans le cadre du lancement officiel du Fonds National pour l’Education (FNE) qui permettra à plus de 500 mille enfants haïtiens d’avoir accès à l’éducation. Le Fonds National pour l’Education sera effectif dès le 15 juin prochain et sera alimenté grâce à une contribution prélevée sur chaque minute d’appels internationaux entrants. En effet, un tarif minimal de 23 cents sera appliqué à chaque minute de communication entrante et cinq cents seront déduits de ce tarif minimal et déposés dans le FNE. Il ne s’agit pas d’une taxe mais d’un surplus tarifaire accepté volontiers par les quatre opérateurs locaux (Digicel, Voila, Haitel, Natcom).
Le Président de la République réaffirme sa ferme détermination à rendre l’Education obligatoire et gratuite durant son mandat et entend mobiliser toutes les ressources disponibles en vue d’atteindre ses objectifs.
S’il est vrai que les opérateurs téléphoniques sont unanimes pour l’établissement du FNE afin de soutenir le projet du gouvernement Martelly, ces opérateurs se montrent, par contre, divisés sur l’éventuelle imposition d’un prix plancher par le Conseil National des Télécommunication (CONATEL).
Pour la Natcom, qui s’apprête a entrer sur le marché, l’idée même d’un prix plancher est pénalisante « Nos stratégies pour offrir de meilleurs prix lors de notre introduction seront impossibles, si le CONATEL oblige tous les opérateurs à pratiquer les mêmes prix », dénonce le Directeur Dénéral adjoint de la Natcom, Yves Armand « Nous sommes pour le FNE, pour l’introduction de la taxe de 5 centimes US par minute sur les appels internationaux entrants, mais nous sommes contre les prix planchers […] nous sommes pour la libre concurrence, contre la fixation des prix. Depuis 13 ans que les compagnies de télécommunications existent, cela n’a jamais été fait. Pourquoi l’introduire maintenant ? »
Le Président Martelly, avec sa soif de changement rapide, semble confondre « vitesse et précipitation… » Des réunions avec le CONATEL ont eu lieu avant même d’avoir prêté serment au sujet de ces nouveaux tarifs, alors que le nouveau gouvernement n’était pas en place, la loi sur la création de cette taxe n’est pas encore votée et ce projet n’a pas de cadre légal actuellement… Lorsque le Président déclare « Il ne s’agit pas d’une taxe mais d’un surplus tarifaire » il devrait se rappeler qu’un une taxe reste une taxe, quelque soit la façon de la présenter, pour le consommateur local et de la diaspora.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2981-haiti-telecommunication-le-president-martelly-soutient-les-technologies-de-l-information.html

HL/ HaïtiLibre

 

Haïti – ALERTE ORANGE : Le Président Martelly lance a message à la population
20/05/2011 09:57:17

clip_image021La Première Dame, Sophia Martelly, a visité hier jeudi, la Direction de la Protection Civile pour s’informer des dispositions prises à la veille de la saison cyclonique. Ce vendredi, le Bureau de la Protection Civile (DPC) vient de décréter le niveau alerte orange.
Le Président Martelly lance un message à la population :
« Peuple Haïtien, suite aux récentes averses, le Bureau de la Protection Civile vient de décréter une alerte orange. Il s’agit d’un « creux de surface ». Immobile, qui restera sur la partie centrale de la Caraïbe.
En conséquence, il est demandé : à la population en général et particulièrement celle vivant dans les zones à risques, d’être extrêmement vigilante; aux petites embarcations, d’éviter absolument la haute mer ; de respecter les consignes et les mesures préventives en cours concernant les risques de propagation de cholera maximisés en période de précipitation.
La Présidence, particulièrement préoccupée par cette situation, demande à toute la population de suivre attentivement les différents bulletins météorologiques afin d’éviter toute perte en vies humaines »
BULLETIN SPÉCIAL du 20 mai 2011 :
Par rapport aux cumuls de pluies déjà enregistrés entre mardi et jeudi, le Secrétariat Permanent pour la Gestion des Risques et des Désastres (SPGRD) déclare ce vendredi 20 mai 2011 à 9:00 am le niveau de vigilance orange (i.e. risque d’impact d’intensité modérée à sévère) aux fortes pluies et annonce l’activation du Plan National de Gestion des Risques et des Désastres(PNGRD) face aux menaces de fortes pluies avec risques de crues de rivière, d’éboulements, de glissement de terrain, d’effondrement et d’inondations pour tout nos départements, notamment l’Ouest, le Centre, l’Artibonite, le Sud-Est, le Nord-Ouest, le Nord et le Nord-Est.
Un creux en surface localisé sur la frontière Haïtiano-Dominicaine ce matin se déplace vers l’Ouest et pourrait s’installer sur Haïti avant sa dissipation prévue pour dimanche. L’humidité qui lui est associée engendrera des averses importantes et des orages dispersés sur l’ensemble du pays aujourd’hui samedi et dimanche.
Le Centre National de Météorologie (CNM) de concert avec le SPGRD et la DPC demandent à la population des zones à risques d’éboulements, de glissements de terrain et d’inondations, de rester vigilante et d’appliquer scrupuleusement les consignes de sécurité suivantes.
Consignes de sécurité :

  • Évitez de circuler et de rester dans des endroits exposés aux éboulements et de glissement de terrain.
  • Surveillez la montée des eaux. Si votre habitation est menacée par des inondations, d’éboulements et de glissement de terrain, préparez vous à évacuer.
  • Ne pas traverser les rivières en crues sous aucun prétexte.
  • En cas d’orages violents, ne vous abritez pas près des fenêtres et en zone boisée.

HL/ HaïtiLibre

 

Haiti : Le créole dans le discours politique, continuité et changement avec Martelly

Par Marie-Frantz Joachim * ,  vendredi 20 mai 2011

A l’avènement au pouvoir du régime lavalassien, en 1991, nous avons assisté à un phénomène qui consiste à l’emploi par le Président de la République, de plusieurs langues dans les discours officiels. Cette pratique, de plus en plus répandue en Haïti est désignée dans les sciences du langage sous le nom d’alternance codique ou code switching. Les dirigeants haïtiens font un usage alternatif quasiment systématique du créole et du français et parfois d’autres langues dans leurs discours. Le Président Michel Martelly, n’y échappera pas. Dans son discours d’investiture, le 14 mai 2011, il a mélangé les codes. Il a fait usage du même procédé introduit par les lavalassiens. Ce faisant, s’inscrit-il dans une dynamique de continuité ou de changement ou encore de rupture, comme il se plait à le répéter ?

L’architecture du discours reprend de toute évidence la pratique langagière des dirigeants antérieurs. Sur une trentaine de paragraphes, seul les trois premiers sont exclusivement écrits en français, alors que tout le reste est en créole, et pour certaines sections, ponctué de certains mots ou encore de certaines structures françaises. Nous pouvons prendre en exemple cette phrase « Aux autorités judiciaires et policières, mwen di : pran men nou ». La population haïtienne ne peut que se réjouir de l’appropriation de cette pratique qui dans une certaine mesure peut être considérée comme une exigence constitutionnelle. Alors que dans notre histoire de peuple, les deux langues, le créole et le français ont toujours coexisté, le français était la seule à bénéficier du statut officiel. La constitution de 1918 qui octroyait le statut officiel au français faisait abstraction complètement du créole. L’usage de ce dernier était réservé aux situations familières tandis que le français aux situations formelles. Il a fallu attendre la constitution de 1987, soit soixante dix ans plus tard, pour qu’enfin le créole bénéficie au même titre que le français du statut officiel.

Cette co-officialité du créole et du français, consacrée par la constitution, requiert le respect de la graphie des deux langues. La rigueur dont nous avons souvent fait montre dans le parler ou l’écrit du français, devait être appliquée aussi au créole qui, depuis 1980 en Haïti, dispose d’une graphie officielle.

Selon cette graphie officielle, l’apostrophe est utilisée pour les formes courtes des pronoms sujets. En ce sens, nous ne comprenons pas le bien fondé de l’utilisation de l’apostrophe dans cette phrase extraite du discours d’investiture du 14 mai : « Se pou tèt sa, depi 9 mwa nou te passé pran’m lè’l te fè nwa deyò a ». Nous ne nous intéresserons même pas à parler de pronoms compléments en ce qui concerne « m » et « l » vu qu’en créole haïtien l’apostrophe suit le pronom.

Le Président Martelly a employé dans son discours d’investiture des néologismes tels « fem » ( « fem konfyans »), « figil » (« nou pral refè figil »), « rebal » ( « rebal eskamp li »). Nous les considérons comme des mots nouveaux introduits dans le créole haïtien, dans la mesure où cette agglutination qu’il semble opérer avec un verbe et un pronom complément ( « fem » ) ou encore un nom avec un pronom complément ( « figil » ) n’existait pas avant. Le procédé qui semble être utilisé dans les exemples tirés du discours ne peuvent en aucun cas être associé au phénomène d’agglutination dans la mesure où ils ne résultent d’aucun processus diachronique. Nous ne sommes pas en présence de déterminants français qui s’intègrent au nom, et en deviennent inséparables. Nous pouvons facilement séparer « m » de « fe » dans « fem konfyans », « l » de « figi » dans « nou pral refè figil » et enfin « l » de « reba » dans « rebal eskamp li ».

Si le créole haïtien admet le son « ch », en revanche, on ne retrouve jamais comme en français le son « c ». En ce sens, le mot « negocie » dans la phrase « Sa a, mwen pap negocie li » n’est pas conforme aux règles et ceci suivant un double point de vue. Car, le créole veut qu’on recoure à une semi-voyelle pour éviter la rencontre de deux voyelles. L’orthographe correcte est dans ce cas negosye et non « negocie » tel qu’écrit dans le discours. Cette même règle doit être appliquée au mot « ayitien » dans « pou jan pep ayitien se pep ki gen kouraj » qui en plus, ne respecte pas l’approche phonétique privilégiée par la graphie du créole haïtien en utilisant le « t » au lieu du « s ».

Les mots « promèt » dans la phrase « An nou promèt tèt nou tolerans », « gròg », « gro » dans « ….. si nou te ankadre Jenès la, nan mété-l lan sport, retire-l lan la ri, nan lave machin-n, nan Koripsyon, nan bwè gròg gro soley midi ? » sont des exemples qui illustrent encore une fois un non respect des règles du créole haïtien. Le son « r » ne précède jamais les voyelles arrondies telles « o, ò, ou, on ». Dans les exemples mentionnés ci-dessus, c’est l’emploi de la semi-voyelle « w » qui est adéquat au lieu de « r », compte tenu du fait que les voyelles qui suivent sont « o » et « ò ».

L’emploi abusif des traits d’union dans tout le texte nous rappelle le modèle d’orthographe de Charles Fernand Pressoir qui, critiquant l’orthographe de McConnell plus proche de celle que nous utilisons actuellement, disait : « l’orthographe de McConnell conviendrait a des sauvages de l’Australie ou de quelque coin perdu, mais n’est pas de mise dans un pays à tradition française. Et même si elle répond à de soi disant exigences scientifiques, cela ne saurait tenir en face d’intérêts nationaux et sociaux ». Serions-nous en train de revenir aux années 1940 ? Cette interrogation est d’autant plus pertinente que l’introduction du nouveau son « eu » dans la phrase « leu lespwa te kaba » et l’utilisation de la voyelle « u » dans « populasyon » (« Ase enjistis sou populasyon-a »), peut être interprétée comme une tentative de vouloir remettre en question le choix de l’approche phonologique utilisée à date.

Il est vrai que les haïtiens et haïtiennes bilingues créole/français ont tendance à utiliser ces sons dans le langage parlé, cependant, ils ne sont jamais représentés à l’écrit puisqu’ils ne figurent pas dans notre alphabet créole officiel. La graphie créole s’étant appuyée sur les variétés basilectales, c’est-à-dire, sur la forme de parler des créolophones unilingues, notre système graphique officiel n’intègre pas ces sons. Toujours est-il qu’ils ont été introduits dans un discours officiel d’un Président qui prône le changement de système. Peut-on s’autoriser à croire que ce changement ciblera aussi la langue créole et portera sur le choix de la variété acrolectale de la langue à savoir la forme de parler d’une infime minorité de la population ?

Il est peut être trop tôt pour s’interroger sur cet aspect éventuel du changement prôné par Martelly, mais on admettra aussi que le contenu du changement n’est pas déterminé, ce qui peut ouvrir la voie à plusieurs interprétations : le choix de ne pas suivre les règles d’écriture du créole peut-il être compris comme un mépris pour la majorité des haïtiens et des haïtiennes qui ne parlent que cette langue ? L’écriture de la variété acrolectale jusque là utilisée sous forme orale ne traduit-elle pas une volonté d’écarter la majorité de la population créolophone unilingue du discours politique donc du pouvoir ? Autrement dit, le changement tant souhaité par les 15% qui ont voté en faveur du Président Martelly se rapportera –t- il à la situation d’avant 1986 au lieu d’une réforme profonde touchant les vrais problèmes du pays notamment la réduction des écarts entre les riches et les pauvres. Au fait, le changement à opérer, s’il vise une transformation, doit s’appuyer sur les acquis. Pour ce qui nous concerne, il s’agit d’une utilisation rationnelle des langues, pour dissiper la confusion longtemps entretenue quant au rôle d’une langue dans une société, en vue d’obtenir un rapport équilibré entre les deux langues.

* Linguiste, féministe

 

Haiti-Martelly : Du show bizz à la présidence de la République

Par Guy R. Saint-Cyr *  / vendredi 20 mai 2011

“Notre héritage n’est précédé d’aucun testament.”
René Char

Le 14 mai 2011, le chanteur très populaire de la musique haïtienne, Michel Joseph Martelly est devenu le 56e président de la République d’Haïti, mettant ainsi un terme à vingt ans de pouvoir lavalas. Qui l’aurait cru ?

En tout cas, selon certains observateurs avisés de la politique haïtienne, plusieurs facteurs peuvent expliquer l’intrusion de Michel Martelly dans l’arène politique du pays. En effet, la population semblait dégoûtée par la classe politique traditionnelle. Il y avait un manque évident de confiance entre gouvernants et gouvernés. Depuis vingt-cinq ans, c’est-à-dire depuis la chute du dictateur Jean-Claude Duvalier en 1986, la population s’est sentie trahie à maintes reprises par des dirigeants qui promettaient des changements radicaux dans la gouvernance du pays. Les rumeurs de corruption, le grand banditisme, les assassinats politiques et la gabegie administrative n’ont cessé de faire la une !

La gestion calamiteuse du pays après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 constitue la goutte d’eau ayant fait déborder le vase. À ce sujet, il faut remarquer objectivement que les autorités gouvernementales n’étaient pas du tout à la hauteur pour faire face aux conséquences de ce séisme qui a fait plus de 250 000 morts, qui a mis les institutions de l’État à genou et qui, naturellement, a mis aux abois le secteur privé des affaires. En tout état de cause, la gestion des affaires publiques a été réduite à sa plus simple expression. Le manque de leadership était visible à l’œil nu. C’est donc dans ce contexte troublé qu’il faut situer le succès de Michel Martelly lors de la campagne électorale qui a précédé sa victoire aux élections.

Le discours de Michel Martelly

Michel Martelly, chanteur très excentrique de la musique haïtienne, âgé d’une cinquantaine d’années, a su comprendre et surtout profité de la déception collective de la population vis-à-vis des élites. Homme de droite, dans un premier temps, il a orienté sa campagne sur la nécessité d’arrêter et de juger les responsables de l’État ayant conduit le pays dans ce marasme socio-économique. Auprès d’un peuple très peu éduqué cédant facilement à ses émotions, ce discours a eu beaucoup de succès, surtout chez les jeunes issus des milieux urbains. Mais ce qui a vraiment fait décoller sa campagne, c’est son discours sur la rupture avec l’ordre ancien. De toute évidence, avec un discours volontariste sur l’éducation massive et obligatoire pour tous les enfants en âge d’aller à l’école ; avec l’idée de relocaliser les sinistrés du 12 janvier 2010 qui sont encore, entre autres, sur le Champ-de-Mars, la plus grande place publique du pays ; et, finalement, avec son discours sur la relance de la production agricole afin de diminuer la dépendance alimentaire vis-à-vis des États-Unis et de la République dominicaine, Michel Martelly s’est comporté en véritable porte-parole du peuple haïtien.

Une détermination qui fait peur ?

Le discours volontariste de Michel Martelly sur l’économie, son désir de reconstituer l’armée d’Haïti, son obsession sécuritaire, sa gestuelle frisant l’autoritarisme, bref, sa détermination assumée fait peur. Certains avancent même l’idée d’une dictature de droite pour les cinq prochaines années. Il est bien d’être vigilant, mais gardons-nous tout de même du procès d’intention. Jugeons-le à l’œuvre.

Tout bien considéré, cette détermination à toute épreuve peut être mise sur le compte de l’inexpérience. En effet, il n’a jamais été élu auparavant, il n’a jamais occupé non plus de hautes fonctions politiques. Il ne connaît donc pas la complexité des choses de l’État. C’est ce qui explique probablement ce manque de réserve que l’on retrouve généralement chez les politiciens expérimentés. Toutefois, les prochains cinq ans ne seront pas de tout repos pour le nouveau président. Il faut faire remarquer qu’il n’a pratiquement aucun représentant au Parlement, qui est dominé par l’ancienne majorité présidentielle. Il devra faire preuve de beaucoup de diplomatie et de sens de responsabilités s’il veut atteindre minimalement ses objectifs. Qu’il ne se mette surtout pas dans la tête d’opposer la population au Parlement, comme ce fut le cas en 1991 ! Gare aux dérives ! Gare au populisme ! Les confrontations stériles et irréfléchies ne font jamais avancer un pays dans le sens du progrès social et économique.

Michel Martelly rêve d’une autre Haïti digne, fière et ouverte sur le monde. Pour qu’un monde soit un monde, disait déjà Malraux en son temps, il faut de grands rêves et la volonté inlassable de les incarner. Souhaitons bonne chance au nouveau Président pour le bien-être d’Haïti. Rêvons avec lui.

* Professeur à l’université

 

Haiti-Martelly : Un discours vigoureux et engagé, mais insuffisant

Par Renauld Govain, Ph.D. * / vendredi 20 mai 2011

Analyse du discours officiel d’investiture du nouveau président d’Haïti, Michel Martelly

Le premier discours officiel du président Michel Martelly, très engagé, est délivré dans un élan et une vigueur hors du commun. Mais quel(s) effet(s) a-t-il sur les attentes des uns et des autres ? Nous ne devrons pas oublier qu’un discours ne puisse satisfaire aux attentes de tout le monde. Car nous n’avons et n’aurons jamais les mêmes visions des choses et du monde ! Ce discours était d’autant plus attendu que des citoyens nourrissaient des doutes quant aux capacités stratégiques du nouveau président et sa maturité politique à tenir les rennes d’un pays comme le nôtre dont la gouvernance se révèle de plus en plus difficile.

Il importe ici de savoir, en fait, ce que c’est que le discours. Le discours se définit selon le point de vue duquel on se place. D’un point de vue strictement communicatif, il se définira, par exemple, comme un acte de communication par lequel un locuteur transmet un/des message(s) à plusieurs interlocuteurs formant souvent une assistance. Ces derniers reçoivent le discours qu’ils sont appelés à décoder afin de le comprendre et, éventuellement, de « rétroagir ». De ce point de vue, on dira que le discours du président Martelly est parfaitement réussi car je présume que tout le monde l’a aisément compris pourvu qu’il ait une bonne maitrise des deux langues dans lesquelles il est produit. Cependant, du point de vue politique ou même philosophique, nous définirons le discours par son entéléchie (au sens aristotélicien du terme). Ce qui différencie le discours de la parole, c’est que cette dernière s’envole et le premier fait tache. Chez les philosophes, le discours est la « parole parfaite ». C’est, en fait, ce que veut dire le terme entéléchie. C’est en vertu de cela que ses moindres imperfections sont passées au crible. Le discours est un mouvement de la pensée qui saisit justement les différents contours de son objet ainsi que les attentes de ses récepteurs. Il s’énonce le plus clairement possible en essayant de diminuer les risques de polysémie même si cela se révèle, en réalité, inévitable. Cependant, cette clarté ne le dispense en rien du fond qui doit caractériser les circonstances de son énonciation. Dans tous les cas, le discours dans le contexte qui nous préoccupe est marqué par le caractère formel et protocolaire que lui imposent les circonstances en cause.

On pourrait du même coup poser la question de savoir ce que c’est qu’un homme politique ou, tout court, un politique. La politique étant la « science du gouvernement » ou la « théorie de l’Etat », l’homme politique est un technicien, un homme d’Etat dont la fonction est de s’occuper de la politique. La politique devient sa pratique, son métier, sa préoccupation. Je pourrais dire, plus ou moins vulgairement que la politique est sa seconde nature. Si la politique est l’art de prendre, de garder et d’utiliser le pouvoir, la capacité à rassurer les citoyens, à résoudre des problèmes, à anticiper des problèmes à venir…, diriger un pays dans la bonne direction, celle du développement qui devient aujourd’hui une panacée dans les discours des dirigeants demande et exige beaucoup. Diriger, c’est prévoir, dit-on souvent.

La conquête du pouvoir n’est pas le seul but de la politique (ni la seule vision du politique) mais l’une de ses expressions. Un homme politique qui atteint cette haute fonction de la présidence d’un pays a du coup la mission et donc le devoir de travailler à l’amélioration des conditions de vie des citoyens (politikos, du grec, signifie aussi relatif aux citoyens). Mais le président ne se contentera pas seulement de dire qu’il va améliorer les conditions de vie des citoyens au profit desquels il canalisera toutes ses énergies. Ces énergies sont à mettre en synergie avec celles du cabinet du Premier ministre qui forme avec lui l’exécutif. Avant même d’annoncer qu’il a le projet de faire ceci ou cela, il doit d’abord réfléchir aux voies et moyens qu’il va dégager en vue d’arriver à faire ce qu’il projette de faire pour le bien de la cité.

Parler de discours est une chose, mais parler de discours politique en est une autre. En effet, le discours politique est un acte ou plutôt un ensemble d’actes de parole produits par un homme ou une femme politique dans un but politique. L’homme politique produit un discours quand cela s’avère vraiment nécessaire. Ce qui revient aussi à noter que toute prise de parole d’un homme ou une femme politique n’est pas nécessairement un discours politique. A moins qu’il ait un but politique, communautaire. En tant que tel, il cherche toujours à solutionner un problème. Pas un mot n’est superfétatoire. Pas un geste n’est superflu. Nous sommes là devant une approche du discours qui est de type pragmatique, c’est-à-dire le fait d’envisager non seulement le discours effectivement produit qui est en fait un énoncé mais aussi et surtout ses conditions de production (son énonciation). Donc, le discours est à la fois un produit (l’énoncé) et une production (l’énonciation). Pour bien comprendre le produit il faut souvent passer par la production. C’est à peu près de cela que voulait parler mon professeur d’analyse de texte en secondaire quand il nous chantait « le texte sans contexte n’est que prétexte ».

Les principaux thèmes contenus dans le discours

Le discours a abordé les thèmes suivants (présentés ici de manière non exhaustive) : la décentralisation, le contrôle des naissances afin d’agir sur la pression démographique, la lutte contre la corruption, la scolarisation universelle, la gratuité de l’école, la stabilité politique et économique, la justice sociale, la valorisation de nos patrimoines nationaux et de nos spécificités culturelles, le renforcement de la justice, l’amélioration des conditions de vie des citoyens, la question des droits et devoirs de l’Etat et des citoyens, le droit à la santé, la sécurité à tous les points de vue, le changement dans tous les compartiments de la vie nationale, etc.

Donc, une simple analyse, voire une bonne lecture suffisent pour reconnaitre que les thèmes clés sont présents. Le président a promis l’expansion et la valorisation de la culture haïtienne (qu’il considère comme la plus authentique) à travers le monde. Mais aussi à vendre les richesses culturelles nationales sur place telles nos plages qu’il présente comme les plus « belles du monde ». Mais dire qu’on a la culture « la plus authentique » du monde est l’expression d’un certain ethnocentrisme. Car qu’est-ce que l’authenticité d’une culture ou une culture authentique sinon une vue de l’esprit dans la mesure où toutes les cultures se valent et se « prévalent » ? Mais ce n’est pas grave d’être ethnocentriste. Le relativisme culturel, en principe, n’est justifié que par rapport à des faits culturels mais non par rapport aux cultures elles-mêmes en tant qu’entités complexes voire parfois abstraites. A noter que nous interprétons les objets et choses du monde à partir d’un système de perceptions et de représentations. C’est en vertu de ces perceptions que nous consacrons une culture authentique c’est-à-dire la présenter comme LA culture. Dans ce cas, on rejette ipso facto la notion d’« universaux culturels » qui seraient des éléments ou expériences qui seraient communs à toutes les cultures ou à la majorité d’entre elles.

Il est prononcé en trois langues : les deux langues officielles du pays avec une forte dominance du créole et l’anglais auquel il a emprunté une seule phrase à valeur publicitaire : « This is a new Haiti open for business now ! » Le créole marque encore des points ! Cependant, sur le plan du respect des normes de composition, il est à remarquer quelques imperfections à divers points de vue dans la mise en forme du support textuel du discours qui auraient pu être évitées. La Faculté de Linguistique Appliquée de l’Université d’Etat d’Haïti peut être utile à ce niveau.

Pour atteindre sa cible, le président utilise un langage à la mode (langaj bredjenn !), se rapprochant ainsi de toutes les couches de la société : « …sekirite pou investisè, pou peyizan kapab pwodui pou tout moun ka kè kal, pou tout moun poze », « Brendjenn yo, ti mesye lari yo », « …Nou konnen kè m fèb pou nou », etc. sans oublier son fameux slogan de campagne qui continue encore « Tèt kale ». Plus qu’un effet de mode, c’est une technique communicative qui donne l’illusion de l’inclusion. Ajouté à cela, un langage se rapprochant de celui des militaires : « Nou te pase pran m tèt kale, pou mwen t al alaso, alaso de chanjman ».

Le président aurait-il raté l’entrée en matière ?

Le président de Repons Peyizan ne serait-il pas en arrivé à l’évidence qu’il n’est plus en campagne et où il avait une politique fictive à faire valoir en essayant à chaque fois de renforcer la naïveté et l’innocence d’un électorat dont le haut taux d’analphabétisme joue toujours en sa défaveur ? Si la campagne électorale est le lieu de la politique du « Se mwen ki pi bon », l’exercice du pouvoir est, par contre, le lieu de modélisation de moyens, de la canalisation des énergies individuelles et collectives en vue de réussir les 5 ans de gouvernance pour le bien-être de tous.

On s’attendait à entendre le président étaler les moyens de son programme politique, si politique il en avait un (!) Je m’attendais à l’entendre nous indiquer les voies et moyens que son équipe aurait déjà identifiés en vue de mettre en œuvre sa politique et résoudre les nombreux problèmes auxquels notre pays est en proie. Par exemple, il est facile de parler de la gratuité de l’école ou de sortir les enfants des rues. Mais comment faire pour y arriver ? C’est là toute l’ampleur de la question. A noter, que l’orateur n’a pas repris l’argument de la taxation sur les appels internationaux entrants et les transferts d’argent de l’étranger vers Haïti qu’il avait émis il y a deux semaines. Peut-être a-t-il admis avoir précipité et que cela se révèle insuffisant pour parvenir à cette fin. Evidemment, le gouvernement n’est pas encore établi. Mais le programme du nouveau gouvernement ne sera pas différent de la politique générale du président.

L’Haïti de 2011 n’est pas l’Haïti des temps passés. De ce fait, sa gouvernance exige des stratégies différentes. Aussi m’attendais-je à ce que le nouveau président nous étale des moyens à mettre en œuvre en vue d’une bonne gouvernance du pays. Dire qu’on a identifié un problème et qu’on veut le résoudre ne suffit pas. Il faut identifier les moyens tout en étudiant les possibilités pour les avoir effectivement. La tâche du président et de son équipe sera pharaonique. Pour l’accomplir, il faudra des efforts herculéens. On n’oubliera pas qu’il faut toujours de grands remèdes à de grands maux !

Quelques faiblesses ou manquements

Pour commencer, le nouveau président a salué tous les invités (ou presque) là où on s’attendait à ce qu’il salue les personnalités les plus hauts placées. Innovation ou erreur de protocole ? Je pense qu’il peut davantage s’agir d’une innovation. On peut imaginer que, si tous ses invités répondaient à l’appel, les salutations seraient plus pesantes que le discours lui-même, s’il ne l’a pas été dans ce présent état. On peut oser croire qu’il l’a fait dans le dessein de montrer qu’il a le soutient de beaucoup de politiques d’horizons divers, de la région Caraïbe en particulier.

Quid de la question des FAd’H ou de la force publique de sécurité ? Le vendredi 13 mai, les rues de Port-au-Prince refirent une ancienne connaissance qui est venue se mettre à son chevet : d’anciens militaires habillés de pantalons noirs et polos gris confectionnés pour l’occasion. Ils balayaient toutes les rues de la zone du Bas-Peu-de-Chose où je les ai suivis en discutant avec eux pendant une bonne demi-heure. Leur attente ? Que le nouveau président les réhabilite dans leur fonction de militaires gardiens de la sécurité et de la défense nationale. Car, n’oublient-ils pas, il avait promis la création d’une force de sécurité spéciale pour la souveraineté nationale ! En outre, certains d’entre eux croient que le nouveau président a failli être militaire donc, il va tout faire pour remettre les FAd’H sur leurs « deux pieds de militaires ». « La douleur d’un soldat raté est celle de tous les soldats ? » Cela me pousse à poser une question à laquelle je n’ai pas de réponse : « Une femme qui a accouché d’un mort-né est-elle une mère pour autant ? » Que d’illusions habitent la naïveté et l’innocence de mes compatriotes-anciens-soldats ! « Alarive sòlda ! Inosans ou twonpe ! ». Le nouveau président n’a pas dit un mot au sujet des FAd’H !

Quand l’orateur dit : « …pou jan pep ayitien se pep ki gen kouraj ; kouraj Capois Lamort ; Kouraj Dessalines ; Kouraj Michaelle Jean, Kouraj Wyclef Jean, Duma Siméus et latrye », il semble mettre dans un même panier orange et ananas. Peut-être qu’avec un peu d’explications on serait à même de comprendre la présence de certains ingrédients dans cette recette. Le mot n’a jamais un seul sens, mais dans un seul et même contexte, il ne saurait y avoir deux sens différents en renvoyant à plusieurs autres mots appartenant à une même classe grammaticale. D’un autre côté, comment saluer le courage de Dessalines et de Capois-La-Mort sans dire un seul mot à propos des Forces armées d’Haïti et de la protection de nos frontières qui sont plus que poreuses ?

Les gens vivant sous des tentes sur les places publiques n’entendent pas ce qu’ils voulaient entendre. A ce niveau, il faut bien le souligner, le discours du candidat est différent de celui du président de la République qui en arrive à l’évidence que déplacer les gens des rues à un endroit digne de leur être humain n’était pas aussi facile qu’il ne l’a été dans la conception du discours de campagne. Le président s’est contenté de mettre tout le monde dans un même sac : ouvriers, chômeurs, commerçants, marchands, ouvriers, gens sous les tentes, femmes, handicapés, Brendjenn yo, ti mesye la ri yo… en les rassurant qu’il ne les oublierait pas, que les choses allaient changer, qu’il était fait pour eux. Pour combien de temps encore le Champ-de-Mars, la principale place de la capitale et du pays aura cet aspect de Sentaniz ? Quand se refera-t-elle, enfin, une santé ? En écoutant le discours, je crois avoir entendu le président dire « moun anba tant yo ». Cependant, dans le texte qui est diffusé sur internet dont celui disponible sur le site de Le Nouvelliste (http://www.lenouvelliste.com/articl…) du 14 mai, le mot « tant » ou « tente » est absent. Dans ce cas, on pourrait comprendre que les gens vivant dans des tentes auraient été oubliés dans la préparation du discours du président et que ce dernier, l’ayant aperçu avant de prononcer son allocution l’y aurait introduit.

A propos des problèmes de l’environnement et de la question écologique en général ? Silence total et absolu ! La dégradation de l’environnement est souvent pointée du doigt pour expliquer la plupart des catastrophes naturelles (aux conséquences collectives et communautaires désastreuses) qui ont frappé Haïti ces dernières années. Ici nous ne prenons pas en considération le séisme du 12 janvier 2010, même si certains reconnaissent que certains modes de construction participent aussi de la dégradation de l’environnement et que le nombre élevé de morts à la suite dudit séisme en est une conséquence.

Le président aurait pu ne pas louer l’intervention de la communauté internationale dans les affaires intimes du pays se référant au dénouement de la crise électorale (à deux reprises). Même la modalisation « une fois de plus, une fois de trop » n’a, à mes yeux, pas atténué cette intervention qui fait voir une fois de plus que nous ne sommes guère capable de nous prendre en charge à divers point de vue. Quand on ne sait pas bien comment nommer le mal, le simple fait de le nommer est le faire exister et l’accepter comme tel ! Contrairement aux invités de Pi Lwen Pi Fon (Radio Vision 2000) du dimanche 15 mai, – le professeur Deroneth et Me Canton – je n’y vois une mise en garde de la Communauté internationale à s’immiscer dans les affaires internes du pays. Mais l’éloge, pour ainsi dire, de ce qui s’est passé.

La polémique se poursuit (?)

Des traces énonciatives de la polémique se remarquent dans le discours du président Martelly. Nous entendons par polémique une critique visant à combattre une doctrine ou une conception adverse. Elle met en présence deux individus ou institutions. Mais ce sont les individus qui l’expriment au nom de l’institution. Son mode d’expression se fait entre un locuteur et un interlocuteur présent ou absent plus ou moins identifiable. Dans le cas qui nous concerne ici le locuteur est identifié, mais la deuxième entité ne l’est pas clairement. Pour pouvoir inférer une certaine personnalité à cet allocutaire, il faut avoir suivi l’ensemble de la campagne qui a conduit à l’occasion de ce discours sans négliger aucun acteur en même temps qu’il faut considérer certains comme plus enclins à être l’objet de ce discours polémique.

Comme exemple, je considèrerai deux cas de traces énonciatives de la polémique. Quand le premier citoyen de la nation annonce que « Yon Ayiti kote tè pral labouré, kote semans ap disponib, kote dlo pral rouze plantasyon nou, kote rekolt pap gaspiyé paske ke rekòl pral fè pri… » et ajoute « Se sa ki repons peyizan yo », cela est de la polémique. Cela sous-entend qu’avant lui les terres n’étaient pas labourées, les semences pas disponibles… En outre, on peut remarquer la polémique dans la séquence où il soutient « Yo di mwen fou paske mwen di lekòl gratis »… Il en est de même pour l’énoncé : « Kanta zafè pou moun panse que Ayiti se Potoprens sèlman, e byen desantralizasyon an pral vin kanpe an fas nou ».

Parfois la polémique se formule à la première personne du pluriel à valeur inclusive où le locuteur donne l’impression de se prendre aussi en charge dans son énoncé alors qu’en réalité il n’en est rien. C’est le cas, par exemple, quand M. Martelly dit « Sa fè lontan n ap sèvi ak mizè peyi a pou nou regle zafè nou. Twòp moun sèvi ak mizè peyi a pou geri bosko yo. Fòk sa sispann ». Si on regarde bien au milieu de l’énoncé on verra que cette première personne du pluriel se transforme en une troisième personne du même nombre se référant à la fois aux anciens dirigeants haïtiens voire à la communauté internationale. C’est ce que nous appelons dans notre parler créole une « parole daki », de l’anglais « dark » (obscurité), « parler daki » étant l’équivalent de « s’exprimer en des termes voilés, obscurs ».

Nous soulignerons que l’heure n’est plus à la polémique. Elle est au travail, à la concentration des énergies, au redressement de la justice, à la justesse et la bonté de la gouvernance. Il est peut-être trop tôt pour critiquer le nouveau président de n’avoir pas le verbe de nature à préciser ses actions, sa politique, son dessein de chef d’Etat, son programme de gouvernement, son plan et son horizon d’actions pour les 5 ans de gouvernement et pour le long terme, puisque le sage nous invite à voir plus loin que le bout de notre nez. Car il est des hommes qui sont meilleurs en actions qu’en parole (et les actions valent mieux que de beaux discours ou des discours qui font plaisir à tous) ! Si tel était le cas, le pays en bénéficierait. Et c’est notamment en cela qu’il pourrait dépasser son prédécesseur. Mais si son niveau d’actions se mesurait à la pertinence de son premier discours officiel de chef d’Etat, il ne se démarquerait guère de lui et il pourrait rater le coche.

La polémique n’est pas dangereuse en soi. Mais on sait qu’elle vise davantage à la victoire qu’à la vérité ou encore la justice. Or, dans le cas qui nous préoccupe ici, la victoire ne sera complète que quand elle va avec la vérité et la justice. Nous voyons se dégager ici, encore une fois, une autre différence entre les expériences de la campagne électorale qui se prête à la polémique et l’exercice du pouvoir conquis à la faveur de ce type de campagne. Donc, s’il n’y pas rupture entre le discours du candidat et celui du président de la République, la mayonnaise pourra ne pas prendre ou pourra mettre beaucoup de temps avant de prendre.

La chute du discours est marquée par la polémique à travers les mots d’une chanson protestante où les protestants lancent une polémique à Satan, l’adversaire. Et l’orateur tout en adaptant les paroles à sa situation invite les auditeurs présents sur le lieu de « délivrance » du discours à prendre part à la formulation de cette polémique : « Ayiti yo pa vle wè a » et l’assistance répond « Se li yo va wè ! »

Il est peut-être curieux de constater que le nouveau président n’a fait allusion à aucune action menée sous la présidence du président Préval et qui vaudrait la peine d’être prise en considération ! Après la salutation rituelle et protocolaire, la seule fois qu’il a évoqué son prédécesseur qu’il a cité nommément, c’est quand il dit : « Aujourd’hui, dans le calme et la sérénité, je prends le relais du président René Garcia Préval. Comme ses prédécesseurs, il a écrit une page d’histoire, histoire de cette fille caraïbe, singulière… ». La vigueur avec laquelle il l’a dit – qui est aussi celle qu’on lui connait depuis la campagne, cette vigueur polémique – fait que certains s’attendaient à ce qu’il ajoute immédiatement une note discordante. A tel point que M. Préval, les yeux un peu hagards, se mit immédiatement à gratter la tête en regardant partout et nulle part. Merci Monsieur le Cameraman !

Cela veut-il dire que rien de sérieux n’a été réalisé sous sa gouvernance et qui mériterait que cela fasse l’objet d’une certaine continuité ? Je doute fort que cela ne puisse être le cas ! Il devrait y exister au moins une seule expérience louable ! Si tel est le cas, il faudra comprendre que le pays vient de perdre cinq nouvelles années de son histoire. S’il n’y a rien qui puisse marquer une certaine continuité, c’est que l’équipe d’avant ne dirigeait guère.

Pour ne pas conclure…

Le président se présente comme le garant de la morale et des valeurs dans/de notre société. Et cela doit être bon pour notre avenir. Aussi a-t-il laissé entendre qu’une société sans morale, une société sans valeur c’est la même chose qu’une voiture sans chauffeur. Une belle comparaison ! N’est-ce pas ? Il est donc le chauffeur. Embarquons, comme il nous y a invités ! Il nous conduira à bon port (?) De même, il se présente dans le discours comme un leader responsable. Et, si on comprend bien le discours, un leader responsable en est un qui s’acquitte de ses devoirs envers les citoyens de la cité, qui fait que l’école devienne obligatoire et gratuite, etc. Il se présente comme le garant de l’ordre et de la discipline sur toute l’étendue du territoire de la République. Ainsi soit-il ! Si sur ce plan tout se passait comme il promet, nous aurions une tout autre société après son (premier ?) quinquennat.

Je terminerai sur deux cas d’implicite, parmi d’autres, qui ont attiré mon attention. Quand le nouveau président demande à la communauté internationale de lui faire confiance, qu’il va lui offrir un nouveau leadership, une bonne gouvernance dans la transparence et l’honnêteté, cela sous-entend que son (ses) prédécesseur(s) ne pratiquai(en)t peut-être pas une bonne gouvernance ou une gouvernance qui ne se faisait ni dans la transparence ni dans l’honnêteté, que le leadership d’avant serait critiquable. De même, s’il lui demande de lui faire confiance, c’est qu’il ne serait pas naturellement digne de confiance. Cet appel à lui faire confiance se trouve au début et à la fin de son allocution. Mais comme on ne le connait pas encore comme chef d’Etat, s’il y avait quelqu’un qui, dans ce contexte, n’était pas digne de confiance, ce ne serait surement pas lui, mais son (ses) prédécesseur(s). Quand M. Martelly dit « Ayiti t ap dòmi, ebyen jodi a li pral leve kanpe », cela présuppose que son (ses) prédécesseur(s) n’ont rien fait pour « mettre le pays debout ». Si le pays dormait c’est qu’eux aussi dormaient d’un sommeil léthargique.

* Professeur d’Analyse du Discours
UEH / FLA

 

Haïti : Le président Martelly va balayer un quartier de Port-au-Prince

Vendredi, 20 Mai 2011 05:47

Le président de la République d’Haïti  Michel Joseph Martelly annonce pour ce dimanche 22 mai 2011 une journée de nettoyage au Portail Léogane, (sortie sud de Port-au-Prince la capitale ). Il promet de participer lui-même à cette activité citoyenne.
« Le président va tenir son balai, et j’espère que les résidents de ce quartier comprendront qu’ils doivent eux-aussi le faire plus souvent » a laissé entendre le président qui revenait d’un colloque organisé ce jeudi, à Port-au-Prince, par le secteur protestant.

Le chef de l’État a aussi visité le théâtre national situé au Portail Léogane. Il déplore l’état lamentable de cette salle spectacle qui à ses yeux, a tout l’air d’un endroit abandonné. Il promet de travailler à la restauration de ce lieu qui, dans le temps, accueillait de grandes festivités culturelles.

EL/LM

Source : http://www.lematinhaiti.com/contenu.php?idtexte=23427

 

Haiti-Duvalier : Le BAI porte plainte formelle contre l’ex-dictateur

P-au-P., 19 mai 2011 [AlterPresse] — Le Bureau des Avocats Internationaux (BAI) indique, avoir déposé plainte formelle contre l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier pour le compte d’un membre actif du Parti Démocrate Chrétien Haïtien (PDCH).

La plainte ne présente qu’un aspect de la torture, de l’arrestation et de la détention « arbitraire et illégale » sous la direction de Jean Claude Duvalier, indique l’institution dans un communiqué en date du 16 mai.

La victime, dont l’identité n’a pas été révélée, a été arrêtée puis torturée par les miliciens « tonton macoutes » avant d’être détenue pendant plus de 9 mois aux casernes Dessalines, précise la note.

La personne en question a été arrêtée à cause de son idéologie politique car il militait au sein de PDCH de feu Sylvio Claude, un opposant farouche de dictature des Duvalier.

Le BAI rappelle que la dictature féroce de Jean-Claude Duvalier a amplifié les modes de terreur et de persécutions politiques qui ont débuté vers 1957 avec notamment le régime de son père, François Duvalier.

Entre 1971 et 1986, il y a eu, selon l’organisme, une remontée en « force » des cas de violations des droits humains, dont des disparitions et des assassinats politiques, des cas de tortures et de bastonnades.

« Duvalier ne peut pas échapper à l’imputabilité de ses crimes. Aujourd’hui, alors que l’histoire est en marche, c’est le moment plus que jamais pour que Jean Claude Duvalier révèle à la justice la structure et la superstructure de sa bande criminelle », soutient le bureau des avocats internationaux.

Depuis le retour de Duvalier en Haiti, le 16 janvier 2010, des voix ne cessent de s’élever pour demander son jugement. Une vingtaine de plaintes ont été déposées contre l’ancien tyran qui est théoriquement en résidence surveillée. [sfd gp apr 19/05/2011 10 :45]

 

EXCLUSION DE CERTAINS MINISTRES AU PREMIER CONSEIL DES MIISTRES PRÉSIDÉ PAR LE PRÉSIDENT MICHEL MARTELLY

RTVCaraibes – 19/05/2011 23:10:00 Auteur(e) La Redaction

La Ministre de la Culture et de la Communication Marie-Laurence Jocelyn Lassègue n’a pas été invitée à participer au Conseil des Ministres qui s’est tenue mardi dernier sous la présidence du Président Michel Martelly. Madame Lassègue n’était pas au courant de la tenue de ce premier Conseil et en a été informée après coup par d’autres collègues du Gouvernement.

Le Ministre de la Justice Paul Denis ainsi que le Ministre des Affaires Sociales n’ont pas également été invités à participer à ce Conseil des Ministres.

Cette décision d’écarter des Ministres du Conseil des Ministres sur la base de leur appartenance politique et de leurs convictions idéologiques est grave, quant on parle de rupture, alors que dans les affaires de l’État, c’est la continuité qui prévaut.

Même si le Gouvernement est réputé démissionnaire et gère les affaires courantes, la meilleure façon pour la nouvelle équipe au pouvoir d’être bien imbu des dossiers de l’État est de recevoir les informations de première main et les dossiers en cours des titulaires des différents Ministères et instances dirigeantes de l’État.

Marie-Laurence Jocelyn Lassègue avait officiellement soutenu la candidature de Mirlande Manigat à la Présidence, tandis que Paul Denis et Gérald Germain sont connus comme des dirigeants influents de la plateforme politique INITE.

Cette décision d’exclure des Ministres du Gouvernement démissionnaire des réunions du Conseil des Ministre indique le mauvais état d’esprit avec lequel les nouveaux dirigeants abordent les affaires de l’État.

Hier, à l’occasion de la célébration du 208ème anniversaire de la création du drapeau haïtien, le Président Michel Martelly a appelé tous ceux qui n’ont pas voté pour lui à ne pas souhaiter son échec, car son échec personnel serait l’échec de tous les Haïtiens et celui de notre drapeau.

Cet appel à l’unité est en flagrante contradiction avec ce geste d’exclusion de Ministres qui porte préjudice à la continuité de l’État. L’on souhaite que le nouveau pouvoir se ressaisisse et envoie de signaux plus positifs pour mettre la nation en confiance sur sa volonté de respecter la divergence et le libre choix garantis par la Constitution.

Selon l’article 165 de la Constitution, ‘’En cas de démission du Premier ministre, le Gouvernement reste en place jusqu’à la nomination de son successeur pour expédier les affaires courantes’’. Or le processus de ratification du Premier Ministre est l’on et peut donner lieu comme on le sait à d’intenses et difficiles négociations.

Dans le meilleur des cas, au regard des antécédents, on doit compter une a deux bonnes semaines de plus avant de voir l’investiture d’un nouveau Gouvernement et les actuels Ministres continueront à liquider les affaires courantes jusqu’à l’investiture du prochain gouvernement, pour assurer la permanence et la continuité de l’État.

 

Martelly dévoile vendredi le nom de son Premier ministre désigné

Déterminé à ne pas intervenir dans l’imbroglio constitutionnel, le chef de l’Etat donne une semaine aux protagonistes pour trouver une solution ; il critique sévèrement la gestion du théâtre national à l’issue d’une visite surprise et confie avoir personnellement ordonné à des policiers d’interrompre une partie de domino en plein palais présidentiel

jeudi 19 mai 2011

Le Président Michel Martelly, présent sur différents fronts, a annoncé jeudi qu’il va désigner officiellement ce vendredi son Premier ministre dont le choix sera soumis à la ratification des deux Chambres du Parlement dominées par la plateforme INITE de l’ancien Président René Préval.

Si cette nomination est conforme à celle annoncée par Me Thierry Mayard Paul, chef de cabinet de Martelly, elle devrait révéler le nom de l’homme d’affaires Daniel Gérard Rouzier, très proche de l’église catholique.

Mercredi à l’Arcahaie (environ 40 km au nord de Port-au-Prince), lors de la cérémonie de commémoration du 208e anniversaire du drapeau haïtien, le nouveau chef de l’Etat avait annoncé la nomination imminente du Premier ministre tout en lançant un appel à l’unité nationale, en particulier à ceux qui ne l’avaient pas voté.

« Mon échec sera celui d’Haïti et l’échec d’Haïti celui du drapeau », avait mis en garde l’ancien chanteur de Compas surnommé « Sweet Micky » devant le Premier ministre sortant, Jean-Max Bellerive, et son gouvernement, des parlementaires et les membres du corps diplomatique dont Didier Le Bret, ambassadeur de France, l’ex-puissance coloniale défaite à Saint-Domingue en 1803.

Enchaînant déplacements et déclarations publiques, le Président Martelly a déclaré qu’il n’avait pas l’intention d’intervenir dans l’imbroglio juridique entourant la promulgation d’une version dénaturée de l’amendement constitutionnel, préférant laisser les parlementaires trouver entre eux une solution.

« Ces messieurs doivent se débrouiller tout seuls. Je crois qu’ils ont huit jours pour le faire. Je n’ai rien à voir avec ce dossier », a lâché le dirigeant qui a implicitement dénoncé un piège que l’ancien régime avait essayé de lui tendre.

Affirmant qu’il ne cèderait pas à la panique et resterait concentré sur les priorités de l’heure que sont le relogement des sinistrés du séisme de 2010 et l’instruction gratuite, Martelly a ajouté ne pas comprendre comment le texte promulgué a-t-il pu être largement différent de l’amendement constitutionnel qu’avaient approuvé les deux Chambres du Parlement réunies en assemblée nationale.

Plusieurs voix discordantes se sont exprimées sur la façon de sortir le pays de cette crise constitutionnelle dans laquelle il est plongé avec la présence de huit articles non autorisés dans la charte fondamentale amendée parue dans le journal officiel Le Moniteur, quelques heures avant le départ de René Préval.

Sur un autre plan, le chef de l’Etat s’en est pris à la direction du théâtre national en faisant le récit de sa visite dans les locaux délabrés de l’institution comparée à un « dépôt ». « Le théâtre ressemble à un endroit qui n’a pas été balayé depuis 16 ans », s’est lamenté Michel Martelly qui prévient que des explications seront réclamées sur l’utilisation des fonds publics alloués à l’institution située au Bicentenaire (sud de la capitale), entourée de vastes bidonvilles et transformée en foyer d’accueil de sans-abri du 12 janvier.

Radio Kiskeya a appris que le directeur général du théâtre national, Frantz Jacob, qui n’avait pas été prévenu, ne se trouvait pas sur place lors de la visite inopinée du Président.

Dans la même série, celui-ci s’est rendu au Camp Canaan à Delmas où il a promis aux réfugiés l’aide du gouvernement. Cependant, une nuance s’impose. Contrairement à ses promesses de campagne, M. Martelly a pris le soin d’expliquer que les sinistrés du tremblement de terre ne pourront pas bénéficier gratuitement de logements sociaux.

Intervenant au Karibe Convention Center en marge d’un colloque de leaders évangéliques consacré au rôle prophétique de l’église, le Président est allé jusqu’à révéler avoir dû personnellement mettre fin mardi dernier dans l’enceinte du Palais National à une partie de domino à laquelle se livraient des policiers non en service.

Martelly se rendait alors à son bureau pour la première fois, trois jours après son investiture.

Une situation insolite qui en dit long sur l’état d’esprit de certains au siège de la Présidence. spp/Radio Kiskeya

 

Jeudi, 19 mai 2011 10:40

Le TPS, première victoire de président Martelly

C’est la première grande victoire de l’administration Martelly, le renouvellement du Temporary Protected Status (TPS) pour les haïtiens vivant aux Etats-Unis. Le gouvernement américain a décidé de prolonger de 18 mois l’asile temporaire accordé après le séisme de janvier 2010 aux Haïtiens se trouvant de manière illégale dans le pays.
Quelques jours après son élection, M. Michel Martelly avait plaidé pour le renouvellement du TPS auprès de la secrétaire d’Etat américaine, Hillary Clinton. Un sursis expirant au 22 janvier 2013 est donc accordé aux compatriotes haïtiens vivant en territoire américain avant le séisme ou moins d’un an après cette catastrophe.
Réagissant à la prorogation du TPS, M. Martelly a soutenu qu’elle permettra aux institutions haïtiennes de préparer convenablement le retour de ces compatriotes et atteste déjà de l’étroite collaboration des deux pays autour d’importants dossiers bilatéraux.
Selon les autorités américaines plus de 48 000 haïtiens bénéficient du Temporary Protected Status qui devait initialement prendre fin le 23 juillet 2011.
La ministre de la sécurité intérieure, Janet Napolitano a rappelé que son gouvernement entend respecter les engagements en vue de venir en aide aux victimes du violent séisme du 12 janvier 2010. Fournir un refuge aux Haïtiens qui se trouvent actuellement aux Etats-Unis et dont la sécurité pourrait être mise en danger par un retour en Haïti fait partie des efforts continus de cette administration, a-t-elle précisé.
LLM / radio Métropole Haïti

 

Haïti – Éducation : Pose de la première pierre du lycée Jean-Baptiste Pointe-du-Sable
19/05/2011 11:45:53

clip_image034Mme Michèle Oriol, représentante du Président Michel Martelly, l’Ambassadeur de France en Haïti, M. Didier Le Bret et son homologue américain, M. Kenneth Mertens, se sont rendus début de semaine à Saint-Marc [100 Km au nord de Port-au-Prince], afin de poser la première pierre du Lycée Jean-Baptiste Pointe-du-Sable.
Le Lycée Jean-Baptiste Pointe-du-Sable ouvrira ses portes à la rentrée prochaine. Ce projet a été lancé à l’initiative d’une organisation caritative, laïque, apolitique, et à but non lucratif, Hand in Hand for Haïti, au lendemain du séisme de janvier 2010. Les membres fondateurs de cette structure sont des citoyens américains et français, MM. Edward J. Brennan, Olivier Bottrie, et Martin Moodie.
L’objectif est de créer un établissement d’excellence, ouvert sur la communauté et dont l’enseignement quasiment gratuit, homologué par le Ministère de l’Education et de la Formation Professionnelle, permettra aux familles les plus démunies de scolariser leurs enfants. Le recrutement des élèves sera fondé sur le principe de l’égalité des chances et ouvert aux enfants de tous milieux, sans discrimination sociale. Les candidatures seront ouvertes en priorité aux enfants de la commune de Saint-Marc. Des places seront réservées aux enfants de familles refugiées arrivées à Saint Marc depuis le séisme de janvier 2010 et la priorité sera donnée aux enfants non scolarisés.
Cette initiative est à ce jour, l’investissement post-séisme le plus important dans le domaine de l’éducation, à l’extérieur de Port-au-Prince. Le nouvel établissement qui bénéficiera du soutien pédagogique et de l’assistance de la France, contribuera à développer la commune de Saint Marc en devenant un pôle d’attractivité pour la formation des jeunes, y compris en formation professionnelle et sera un élément moteur de l’essor économique de la région de Saint-Marc.

S/ HaïtiLibre

 

Haïti – Éducation : Quelle université demain pour Haïti ?
19/05/2011 12:07:44

clip_image036Dans le contexte des réflexions et des travaux pour la structuration de l’enseignement supérieur et de la recherche en Haïti, l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) a organisé cette semaine à Port-au-Prince une table ronde intitulée « Systèmes comparés d’enseignement supérieur et de recherche dans le monde : Quelle université demain pour Haïti ? »
Accueillie par l’université Épiscopale d’Haïti (UNEPH), l’une des 12 Universités membres de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) en Haïti, cette rencontre a eu pour objectif « de permettre aux responsables d’établissements d’enseignement supérieur et de recherche haïtiens, aux autorités publiques et à leurs partenaires de connaître et de comparer différents modèles de systèmes d’enseignement et de recherche afin d’engager une réflexion adaptée au contexte haïtien. »
Dans son propos de bienvenue, M. Lucien Jean Bernard, Recteur de l’UNEPH a remercié l’AUF pour le choix son université pour abriter cet événement « Le choix d’Haïti en général et de l’UNEPH en particulier, pour abriter cette table ronde dénote de l’importance qu’accorde l’AUF à la promotion et au développement de l’enseignement supérieur en Haïti, conformément aux exigences du nouvel ordre mondial. »
Pour Mme Florence Pierre Louis, Directrice de l’enseignement supérieur, cette rencontre permettra de faire le point sur ce qui se fait en Haïti et sur ce qui se fait ailleurs dans le monde. « Cette table ronde permettra de conjuguer nos efforts pour bâtir le chemin de la renaissance d’une université moderne en Haïti. »
Quant à M. Abderrahmane Lellou, Vice-recteur à la politique scientifique de l’AUF, animateur de la Table ronde, après avoir remercié les participants de leur présence et rappelé les objectifs de la table ronde, il a présenté les quatre intervenants qui l’accompagnent : Mme Hélène David, Vice-rectrice aux affaires académiques et Rectrice suppléante de l’Université de Montréal (Canada); M. Pierre-Yves Boissau, Vice-président du Conseil d’Administration de l’Université de Toulouse 2 – le Mirail (France): M. Abdou Salam Sall, Recteur honoraire de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Sénégal) et M. Jean-Louis Vanherweghem, Président honoraire de Libre de Bruxelles (Belgique). Chaque intervenant a présenté les spécificités du système d’enseignement supérieur et de recherche de son pays : organisation, financement et gouvernance.
A la clôture de la rencontre, M. Abderrahmane Lellou, a invité les Universités haïtiennes à travailler ensemble, dans la collégialité. « Travaillez ensemble pour tendre vers la qualité et l’excellence. L’AUF, toujours à l’écoute de ses membres, vous accompagnera dans ce sens. » Pour conclure, il a appelé à la mise en place d’un organe d’habilitation et d’évaluation de l’enseignement supérieur et d’une conférence nationale des recteurs d’Universités en Haïti.
HL/ HaïtiLibre / AUF

 

Haïti – Sécurité : Cérémonie de graduation de la 22 ème promotion de la PNH
19/05/2011 13:39:15

clip_image038Demain 20 mai 2011, se déroulera la cérémonie de graduation de la 22 ème promotion de la Police Nationale d’Haïti (PNH) en présence de M. Mario Andresol, le Directeur Général de la Police National d’Haiti, Jean Miguélite Maximé, Inspecteur Général de l’Académie et de M. Marc Tardif, Commissaire de la Police des Nations Unies (UNPol).
Cette cérémonie consacrera la fin de la formation de 7 mois, qui a été dispensée par la UNPol à 877 aspirants policiers. 817 garçons et 60 filles, qui seront prochainement affectés à diverses unités de la PNH à travers le pays comme : agents de la police administrative (417), agents de prison (300), gardes côtes (60) et agents de lutte contre les stupéfiants (100).
Conformément à la demande de la PNH, ces nouveaux aspirants policiers suivront une formation complémentaire de 12 mois sur le terrain. Ce programme vise à fournir à ces policiers stagiaires l’entrainement et le mentorat nécessaires pour réussir la transition vers leurs fonctions respectives. Ce sera la première fois qu’une telle initiative est mise en place depuis la mise en œuvre du Plan de réforme de la PNH. Ce programme a été élaboré et sera supervisé par les UNPOLs siégeant au sein de l’Académie de police.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-1122-haiti-police-ouverture-de-la-22-eme-promotion.html
HL/ HaïtiLibre

 

Haiti- Élections : La MOEC appelle à la conservation des acquis, alors que la fin du processus électoral est dans l’impasse

P-au-P, 19 mai [AlterPresse] — La Mission d’observation électorale conjointe OEA/ Caricom (Moec), dont le mandat arrive à terme, souhaite la préservation des acquis en matière d’organisation d’élections et souligne le doute qui persiste sur les résultats législatifs contestés.

« En préservant les acquis et les améliorations organisationnelles et institutionnelles apportées lors de ces élections présidentielles et législatives, la crédibilité, la légitimité et l’équité, les prochains processus électoraux se verront renforcées et contribueront à la consolidation de la démocratie en Haiti », déclarent les membres de la mission, dans un communiqué transmis à l’agence d’information en ligne AlterPresse.

La rentrée de la 49e législature haitienne (le 25 avril 2011) et l’investiture du nouveau président haïtien , Michel Joseph Martelly ( 14 mai 2011), suite aux élections générales du 28 novembre (1er tour) et du 20 mars (2e tour), marquent globalement la fin des activités de la MOEC.

Cependant le cycle électoral n’est pas complètement bouclé. Les résultats concernant 19 candidats législatifs, soit 17 à la députation et 2 au sénat restent toujours pendants, suite à de violentes contestations populaires et des prises de positions de la communauté internationale.

« Des incertitudes subsistent concernant l’officialisation des résultats », souligne le communiqué.

Contacté par AlterPresse, un responsable du Conseil électoral provisoire (Cep) qui requiert l’anonymat déclare que « si les résultats ne sont pas encore publiés c’est tout simplement une affaire politique, étant donné que les positions des acteurs internationaux et nationaux ont des divergences sur la question ».

Une source gouvernementale a également indiquée à AlterPresse que l’actuelle présidence est en possession du dossier et devrait statuer là-dessus.

Composée de plus d’une centaine de membres, la Moec a débuté ses travaux le 3 aout (2010) tout de suite après son arrivée le 1er (aout).

Sa tache consistait a examiner les différentes phases préparatoires des scrutins, observer le déroulement des journées de votes et tous les autres aspects relatifs au processus.

C’est ce 29 mai qu’aura lieu le second tour des élections législatives dans les communes de la vallée de Jacmel (sud-est), Verettes (Artibonite/nord) et à Fonds-Verettes (Ouest).

Des situations de violence avaient empêché le déroulement du second tour des scrutins dans ces conscriptions le 20 mars dernier (date officielle de l’organisation du second des élections générales). [rh gp apr 19/05/2011 11:15]

 

Haiti : Jeter un autre regard sur l’Université d’État

jeudi 19 mai 2011

Extrait du discours du recteur de l’Université d’État Haïti, le professeur Vernet Henry, à l’occasion de la fête du drapeau et de l’université, le 18 mai 2011

(…)

En tant que représentant de la plus grande et de la plus ancienne institution universitaire de ce pays, je me trouve ici aujourd’hui, en levée de rideau de l’exercice de ce mandat présidentiel pour fêter notre bicolore, symbole de notre indépendance et pour fêter également l’Université.

Je frémis d’émotions face à ce symbole meurtri et froissé sous des bottes.

Ce drapeau porte à travers le temps et les générations successives le rappel pathétique de nos souffrances, de nos luttes, et de cette décisive victoire qui a consacré notre existence de peuple libre. Ce symbole matérialise, à jamais, le principe consensuel qui a mis en place la fondation sur laquelle s’est érigée la création de cette nation. Nous sommes, encore une fois, en ce 18 mai 2011, réunis à l’Arcahaie pour cet historique pèlerinage de célébration et de commémoration des plus hautes valeurs humaines, mises en évidence par l’action de nos ancêtres. La bravoure, la transcendance d’intérêts particuliers, la solidarité et l’union ; autant de valeurs héritées d’eux et dont il faut reprendre le culte pour orienter nos démarches de sortie de crise et inverser la tendance de la destruction physique et morale de notre société.

L’association de la fête de l’Université d’Etat ou de l’Université tout court à celle du drapeau est un arrimage spécial, conçu par un ministre de l’éducation du temps de la première occupation américaine (Dantes Bellegarde), pour signifier à toute notre jeunesse estudiantine la responsabilité de la défense des valeurs qui sous-tendent notre République. L’université est une institution à sauvegarder. Il faut la protéger, garantir son indépendance et son autonomie ; il faut la renforcer, pour lui permettre de jouer son véritable rôle de pourvoyeuse de professionnels qualifiés et responsables, constamment préoccupés d’assurer un avenir meilleur pour ce pays et tous ses habitants.

Aujourd’hui, plus d’un an après le séisme du 12 janvier 2010, l’Université d’Etat, hormis nos établissements de province, consiste en un ensemble de bâtiments détruits à 80% et une population de « 15 mille personnes incluant étudiants, personnels enseignants et administratifs ». Nous formons un microcosme pensant, technique et pratique au service de la nation. La contribution de l’UEH à la nation est généralement sous-estimée, même oubliée, parfois volontairement. Pourtant, les principaux cadres du pays et une bonne partie de ceux évoluant à l’étranger ont été des étudiants de l’UEH.

Le moment s’y prête pour que, dans la conjoncture actuelle, un autre regard soit jeté sur cette institution et qu’un ensemble de dispositions nouvelles soient prises pour inclure l’UEH dans l’exécution des activités de l’Etat, voir même les prises de décision à partir des résultats d’études ou de recherche qu’elle aura effectuée. Ce devra être un signal fort et suffisant pour marquer la volonté d’inclusion et de changement de paradigme de fonctionnement. Cette volonté de changement exprimée, pour être traduite en actes palpables, interpelle la responsabilité d’universitaires, de techniciens, d’ouvriers qualifiés et de travailleurs de ce pays. Le nouveau pouvoir devra établir des relations avec l’UEH prête à apporter sa contribution aux activités entreprises pour la satisfaction des besoins de notre population.

Un statut d’institution indépendante a été acquis et consacré par la constitution de 1987, puis maintenu par la récente révision controversée de mai 2011. Cette autonomie dont jouit l’Université d’Etat, établit divers niveaux de responsabilité distribués entre ses Facultés, Instituts et Ecoles. Ces entités assurent une chaîne d’actions précises et impliquent une importante quantité de gens à intérêt divers qu’il convient de gérer pour le bien de chacun, dans le sens du bien-être de la population, voire pour l’humanité toute entière ; Car, la production du savoir revêt cette singularité d’être au service du monde.

L’Université d’Etat organise et administre un enseignement supérieur d’une portée stratégique indispensable pour la reprise et la croissance de la production nationale. Notre pouvoir politique gagnerait à ne pas l’ignorer.

L’UEH vit de deniers publics, elle a donc un devoir de restitution. Notre Conseil Exécutif a toujours pris le soin d’écrire formellement au gouvernement, de solliciter des rencontres avec des ministres pour traiter des questions relatives à la participation de nos diplômés et de nos structures de recherches à l’exécution de projets de l’Etat. En tant qu’institution autonome, l’UEH est sans nul doute l’un des établissements de l’Etat où la corruption n’a pas droit de cité. D’ailleurs, le budget qui lui est alloué se révèle nettement insuffisant pour honorer les salaires de ses professionnels ainsi que le cumul des arriérés et pour fournir un cadre d’apprentissage adéquat à ses étudiants. La fronde exprimée, parfois bruyamment et souvent de manière intempestive dans certaines facultés traduit, en plus du malaise social, la faiblesse des structures de fonctionnement de l’UEH en termes d’espaces d’accueil, de laboratoires, de bibliothèques, de logement et de restauration.

La lutte à mener contre l’obscurantisme, les forces du sous-développement et tous les maux de notre société, ne peut être gagnée sans une Université d’Etat porte étendard de la refonte et de la reconstruction d’Haïti. Notre pays doit faire de l’enseignement universitaire un facteur indispensable de la croissance économique. Tous les pays émergents le reconnaissent. Certaines grandes institutions internationales, non des moindres, admettent aujourd’hui qu’elles ont eu tort, dans certaines régions du monde, de ne pas avoir encouragé et soutenu l’investissement dans l’enseignement supérieur et que ce dernier doit être un bien public accessible à ceux qui ont la compétence, indépendamment de leur condition socio économique.

L’Université d’Etat dispose de réserves de sciences prêtes à être mobilisées, des laboratoires qui demandent à être fonctionnels pour le contrôle de qualité de certains articles de consommation courante, moyennant la reconstruction de structures adéquates.

Ne laissons plus languir nos professionnels, en les laissant abimer leur savoir et leur savoir-faire dans des ONG sans lendemain où on dépense non pour Haïti, mais à propos d’Haïti pour répéter un collègue.

En cet anniversaire de la création du bicolore national et de la fête de l’Université, je saisis cette occasion solennelle pour rappeler que la construction de campus de l’UEH est un impératif et la réforme du système d’enseignement Supérieur une des clés pour la réussite de la nouvelle administration. Nous avons un grand intérêt à contribuer à ce changement que nous appelons de tous nos vœux.

(…)

 

Martelly à l’Arcahaie pour la fête du drapeau

RTVCaraibes – 18/05/2011 22:33:00 Auteur(e) La Redaction

image 

Le president Martelly a l’Arcahaie – Photo Wilner St Val

Le nouveau président d’Haïti Michel Martelly a invité les Haïtiens à se mettre au travail et à oublier les vieilles querelles pour rebâtir le pays, à l’occasion du 208e anniversaire du drapeau à l’Arcahaie.

« Arrêtons nos vieilles querelles, mettons nous ensemble pour rebâtir notre pays, nous devons retrouver l’union pour faire flotter notre drapeau », a lancé M. Martelly.
« Le peuple haïtien a besoin de se remettre au travail, et mon équipe la première », a indiqué le président qui faisait son premier discours officiel 4 jours après son investiture.
« Nous sommes fermement décidés à arrêter de quémander notre pain, à vivre d’assistanat et à n’être même pas capables de remplir nos obligations. Nous sommes décidés à garantir le bien-être de notre peuple, à assurer notre propre sécurité », a notamment déclaré le président Michel Martelly.
Il a également invité les Haïtiens à prioriser Haïti avant les intérêts personnels.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :