mercredi 25 mai 2011

25 Mai

L’édito

Haïti: Sur quelle Constitution Martelly a-t-il prêté serment ?

Le Nouvelliste

Faisant suite à la lettre du président de la République adressée aux présidents des deux Chambres sur la désignation de Daniel Gérard Rouzier comme Premier ministre, le Sénat de la République s’apprête à former une commission spéciale pour analyser ses pièces. Du côté de la Chambre basse, les députés étant en congé, le bureau attend incessamment l’arrêté présidentiel qui doit convoquer le Corps législatif en session extraordinaire pour ratifier le choix du Premier ministre désigné et approuver sa déclaration de politique générale.
Cet arrêté, que prendra le chef de l’Etat, doit sans nul doute, selon les normes de rédaction des textes législatifs et réglementaires en Haïti, viser la Constitution dans les articles qui se rapportent au choix du Premier ministre et la convocation du Corps législatif en session extraordinaire. Quelle Constitution sera visée dans l’arrêté présidentiel ? Celle publiée dans Le Moniteur le 13 mai 2011, celle non amendée ou celle amendée par l’Assemblée nationale le lundi neuf mai 2011 ?
Comment le président de la République pourra-t-il prendre un arrêté sans publier auparavant la loi constitutionnelle qui mettra fin à la saga provoquée par la publication de la version erronée de l’amendement votée souverainement par l’Assemblée nationale le neuf mai 2011 ? Si Michel Martelly n’a aucune responsabilité dans cette crise de publication de la loi constitutionnelle, il ne peut non plus ignorer aujourd’hui la version réelle transmise vendredi par le président du Sénat. En dépit de la grossièreté de l’erreur commise à la fois par le bureau de l’Assemblée nationale et le secrétariat de l’ex-président René Préval, Martelly ne peut pas se passer de l’article 126 de la Constitution qui stipule que «la loi prend date du jour de son adoption par les deux Chambres». Ce qui semble vouloir dire que les formalités de promulgation et de publication ne constituent pas des normes supérieures aux lois et actes adoptés souverainement par les Assemblées législatives.
Sur quelle Constitution Michel Martelly a-t-il prêté serment ?
Si les erreurs matérielles contenues dans la publication de la loi constitutionnelle ne peuvent pas enlever le caractère souverain du vote des deux Chambres en Assemblée nationale, on peut prétendre qu’il a prêté serment sur la Constitution amendée.
Lemoine Bonneau
bonneau@lenouvelliste.com

 

Haïti: Daniel Gérard Rouzier vu par Jean Reynold Jean-Pierre

Le Nouvelliste

Dans le numéro du 11 au 17 mai du journal « Haïti Libérée », un confrère de la presse a essayé de nous camper Daniel Gérard Rouzier, le premier ministre désigné par le président Martelly, dans des termes pas très élogieux. De même, aussitôt la nouvelle répandue, des individus ont été payés pour salir son nom sur les murs de la capitale. N’ayant pas connu Daniel sous ces aspects négatifs, je vais tenter de vous présenter ce camarade que j’avais côtoyé sur les bancs à Saint-Louis-de-Gonzague.
D’aucuns dirons que je suis mal placé pour parler de cet homme. Mais qui donc, en dehors de ses parents les plus proches, pourraient se vanter de connaître un peu Daniel, sinon ses camarades de classe qui le fréquentaient cinq jours sur sept. De plus, on avait même l’habitude, avant la dérive de ces dix dernières années, de se réunir chaque mois, chez l’un des camarades de la promotion pour échanger des idées, partager des rêves pour le pays.
C’est évident, fils d’une « Madame sara », Daniel Gérard Rouzier n’est pas de la même classe sociale que moi. A ceux qui le pensent ainsi, je leur réponds sans ambages qu’en tant historien et ethnologue, je n’aborde jamais les problèmes sous cet angle. Et puis, connaissant plus ou moins la réalité haïtienne, je ne connais l’homme que l’homme seul et c’est tout. A Saint-Louis-de-Gonzague, c’est l’esprit de la compétition, du respect, du dépassement de soi, d’entraide que les Frères nous inculquaient. Je me souviens qu’en 1978, Frère Serge Larose avait créé un mouvement dénommé : STO qui signifie être debout pour agir positivement. Et il nous encourageait à bien servir notre pays. De son côté, Frère Philippe D’Méza, notre professeur de religion et de philosophie, nous répétait souvent : « Servir ne doit être avant tout un devoir civique, mais de préférence un besoin vital ». Et il martelait : « Ayez toujours l’appétit de servir ».
Ayant été à l’école de ces grands hommes, imprégné de ces leçons salutaires, Daniel, tout au long de sa vie, s’est oeuvré à servir. D’où ses actions charitables au sein de cette géante entreprise chrétienne Food for the Poor. Là, il a pu travailler pour loger des centaines de nos frères et soeurs et donner à manger journellement à des milliers de nos compatriotes. Donc, Daniel n’a besoin de personne pour parler de lui. Ses oeuvres, ses entreprises, sa réussite plaident largement en sa faveur. Rude travailleur, humaniste, Daniel a toujours su que la plus grande torture, c’est la faim. Et que si vous mangez que l’autre boit du vent, on ne peut lui demander de vous aimer.
Donc, rien d’étonnant de telles manifestations de foi agissante, d’amour envers son prochain. En classe, Daniel fut toujours un camarade modéré, respectueux, plaisant, plein d’humilité, disponible, très sociable et toujours maître de lui-même. Grand investisseur, esprit positif, travailleur infatigable, faisant vivre des dizaines de familles, Daniel est un modèle. La richesse étant une grâce divine, nous invitons nos frères et soeurs haïtiens à s’enrichir par le travail bien fait, par l’amour du prochain. Daniel s’est toujours révélé un homme intègre, un progressiste, un gagnant guidé par une force morale et spirituelle à toute épreuve. Bien sûr, il a ses défauts. Mais nous sommes convaincus qu’il remplit toutes les conditions pour bien servir son pays. Et quoi qu’on puisse avancer concernant ses expériences politiques, je crois plutôt: du fait qu’il n’est pas un politicien traditionnaliste, et n’a pas la conscience empoisonnée par la politicaillerie haïtienne constituent l’un de ses points forts. A ceux qui pensent aussi que le premier ministre désigné n’est pas l’homme du moment, ils seront surpris de constater que Daniel maîtrise bien les hommes et les choses. A ce sujet, le choix du président est un choix inspiré, patriotique. Le secteur privé longtemps piégé par des régimes populistes, la diaspora haïtienne, les investisseurs étrangers sont mis en confiance pour créer du travail en vue de permettre au peuple haïtien de vivre dans la dignité et de recouvrer sa souveraineté.
Le confrère de la Presse le présente comme un ultra conservateur. On ne saurait souscrire à de telles diatribes. Disons plutôt que Daniel est un homme de la droite, un capitaliste. Daniel Gérard Rouzier, homme de son temps, imbu de la réalité de son pays, sait très bien qu’aujourd’hui plus que jamais, le capitalisme doit être social et que la démocratie haïtienne, elle sera sociale ou rien du tout. Il a mille et une fois raison quand il nous dit : « Pour que Haïti soit stable, elle doit être prospère. La stabilité ne peut venir que par le renforcement institutionnel. La prospérité ne viendra par contre qu’avec l’injection de capitaux». Bien sûr, nous pouvons énumérer d’autres facteurs importants comme la sécurité, la restauration de l’autorité de l’État, une justice équitable, l’assainissement des administrations étatiques la guerre incessante contre la corruption, contre le népotisme. le respect des vraies valeurs, etc.
Tout compte fait, je crois fermement que Daniel réunit les conditions indispensables pour gérer un pays : le savoir (les connaissances), la compétence (la capacité, l’habilité à matérialiser les connaissances) et l’amour du sol natal, de ses frères et ses soeurs haïtiens. Peut-être, les éternels destructeurs penseront qu’en défendant mon ancien camarade de classe, je vise à un poste dans le gouvernement, je leur répondrai tout simplement que je suis plutôt un défenseur acharné, inconditionnel de mes anciens camarades de classe, de mes anciens professeurs, de mes élèves, de mes amis, de mon pays. Ceux qui m’ont pratiqué pendant mes 31 ans, soit comme enseignant ou comme directeur de lycée, et qui furent mes collaborateurs du temps où je fus directeur général du Ministère des Affaires Sociales et ancien membre du Conseil Électoral Provisoire peuvent en témoigner.
Bravo Daniel, kenbe fèm, pa lage! Quelques jours avant le choix du président, tu me confiais ton désintéressement de la politique, et surtout les problèmes de ta famille. Nous savons que ce sacrifice est très grand. Cependant, mon vieux, permets-moi de te dire qu’avant d’appartenir à une famille, l’homme appartient avant tout à une nation, à l’humanité. Tes anciens camarades de classe sont fiers de toi. Tu vas réussir pour le bien de notre chère Haïti !
Professeur Jean Reynold Jean-Pierre

 

Mercredi, 25 mai 2011 11:03

Repons Peyizan présente Daniel Rouzier comme l’homme de la situation

La plateforme Repons Peyizan salue la désignation de l’économiste Daniel Gérard Rouzier comme premier ministre, par le président de la république, Michel Martelly.
Au cours d’une conférence de presse ce lundi, le directoire de cette formation politique a sollicité la collaboration du parlement Haïtien dans le cadre du processus de ratification du premier ministre désigné.
Selon Patrick Henry, membre de la plateforme, l’économiste Daniel Rouzier est quelqu’un, sur qui le pays peut compter pour se redresser, puisqu’il symbolise un modèle de réussite.
Il présente monsieur Rouzier, comme un entrepreneur ayant réussi dans le monde des affaires en Haïti.
Par ailleurs Patrick Henry en profite pour dénoncer une catégorie d’individu, qu’il qualifie de flibustiers politiques qui selon lui, vont tout mettre en œuvre afin d’accaparer le pouvoir.
EJ/Radio Métropole Haïti

 

Haïti – Politique : Le Sénateur Steven Benoît votera pour Daniel Gérard Rouzier
25/05/2011 10:10:20

Haïti - Politique : Le Sénateur Steven Benoît votera pour Daniel Gérard RouzierDevant les journalistes, le Sénateur Steven Benoît [plateforme Alternative], a déclaré hier mardi, que le choix de Gérard Daniel Rouzier comme Premier Ministre désigné par le Président Martelly était un bon choix, et que son vote lui était acquis.
« Je pense que c’est un bon choix, c’est une personne, qui ne va pas faire des affaires sous la table, d’ailleurs il a dit que c’était une personne transparente et il a parlé de reddition des comptes et c’est ça qui manque dans le pays depuis 200 ans […] Je constate, que dans chaque entrevue qu’il donne, il parle de reddition des comptes. Lorsqu’il y a une absence de reddition des comptes, c’est là, que la corruption commence. D’ailleurs la première chose que j’attends, c’est qu’on me dise combien d’argent a été dépensé dans l’investiture du Président Martelly, qu’on me donne les détails sur cette première dépense […] comme membre de la Commission anti-corruption au Sénat, je vais suivre la promesse qui a été faite, pour qu’il y ai une reddition des comptes permanente, périodique. Je suis très pressé de voir ce Gouvernement à l’œuvre […] je vois que c’est une équipe d’hommes jeunes, éduqués, qui ont la fougue. Ils ont déjà des moyens, apparemment, ce n’est pas des personnes qui viennent faire de l’argent, mais mettre les mains à la pâte.
Mon vote est déjà acquis, si le Premier Ministre satisfait les conditions d’éligibilité. Le Premier Ministre n’a aucun problème, c’est une personne qui fonctionne depuis 25 ans dans le pays, il a une carte de résidence [américaine] d’ailleurs il a dit qu’il allait la remettre, tous le monde sait qui est Daniel Rouzier. »

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3019-haiti-politique-ratification-du-premier-ministre-cette-semaine.html
http://www.haitilibre.com/article-3021-haiti-politique-bandits-corruption-justice-rouzier-precise-ses-futures-actions-partie-i.html
http://www.haitilibre.com/article-3022-haiti-politique-economie-chomage-bailleurs-daniel-gerard-rouzier-precise-ses-futures-actions-partie-ii.html
http://www.haitilibre.com/article-3013-haiti-politique-daniel-gerard-rouzier-reponds-aux-questions-de-michel-martelly.html
http://www.haitilibre.com/article-3020-haiti-politique-inite-n-entend-pas-faire-obstacle-aux-choix-du-president-martelly.html
http://www.haitilibre.com/article-2999-haiti-politique-michel-martelly-designe-daniel-gerard-rouzier-comme-premier-ministre.html

S/ HaïtiLibre

 

Pierre Louis Opont et consorts au parquet mercredi

RTVCaraibes – 25/05/2011 10:17:00 Auteur(e) La Redaction

image 

Le Directeur Général du CEP , Mr Opont et Madame Chérubin

Le Parquet de Port-au-Prince a convoqué mercredi des Conseillers électoraux et le directeur du CEP Pierre-Louis Opont. Si ce dernier confirme qu’il va se rendre au tribunal, ce n’est guère l’avis des Conseillers.

Pierre-Louis Opont a confirmé qu’il va répondre à la convocation du commissaire du gouvernement Auguste Harrycidas dans le cadre d’une enquête sur les résultats définitifs ayant débouché sur une crise postélectorale. Il compte se rendre mercredi au Parquet de Port-au-Prince pour répondre aux questions de la Justice.

Tout en rejetant les « allégations graves » portées contre lui et des conseillers électoraux sur leurs éventuelles implications dans des magouilles en faveur de certains candidats aux dernières élections, M. Opont se dit prêt à répondre à cette convocation.

« Je suis un justiciable,  s’il y a une commission parlementaire qui effectue sur enquête sur des allégations de corruption contre l’appareil électoral dont je suis le directeur,  je trouve nécessaire qu’on fasse le point sur les accusations afin de blanchir le CEP » a indiqué le directeur du Conseil électoral provisoire.

D’un autre côté, Pierre-Louis Opont dit n’avoir pas été informé personnellement d’une interdiction de départ à son encontre, qu’il l’a appris comme tout le monde dans la presse. Toutefois, M. Opont soutient qu’il va profiter de son audition pour s’enquérir sur la nature  de cette interdiction de départ.

L’ancien administrateur de l’Université Lumière a conclu qu’il n’a rien à voir avec les derniers résultats publiés par le BCEN  parce que sa mission a pris fin dès la publication des résultats préliminaires le 4 avril dernier.

Si Opont confirme qu’iI se rendra au Parquet, d’autres membres du CEP convoqués déclarent que le commissaire du gouvernement doit savoir ce que disent la loi et la constitution concernant les Conseillers électoraux. 
Wilner Jean Louis

 

Haïti – Politique : Le Chef de la police devant la Commission d’enquête Sénatoriale
25/05/2011 09:34:53

Haïti - Politique : Le Chef de la police devant la Commission d’enquête SénatorialeMario Andrésol, le Chef de la Police Nationale d’Haïti (PNH), Marie Yolaine Gilles, l’assistante chef du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), et Rony Desroches, le Directeur exécutif de l’Initiative de la Société Civile (ISC), ont été auditionnés séparément, mardi devant la Commission Sénatoriale d’enquête sur la corruption au sein du Conseil Electoral Provisoire (CEP) et les fraudes enregistrées lors des récentes élections législatives.
Suite a cette audition, le Chef de la Police a tenu à préciser, que la Commission Sénatoriale a «…surtout abordé les problèmes de sécurité et des cas que nous avions enregistrés. Il faut comprendre que c’est à titre d’informations que je suis venu, je ne peux pas statuer sur les fraudes, car nous n’étions pas dans l’organisation [des élections] mais dans la sécurité, avec les éléments que nous avions en mains […] Nous avons fait des recommandation, à savoir, ce que nous, en tant que police nous demandions pour qu’il n’y ai pas de violence lors des élections […] tous les problèmes qu’il y a eu dans les élections, c’est parce que dans les bureaux de vote ou dans les centres de vote, il n’y avait pas assez de policiers pour s’interposer avec ceux qui venaient faire du désordre […] cela a causé un problème […] il y avait plus de 11,000 bureaux de votes dans le pays,… En tant que Chef de la Police, j’ai dû répartir mes forces, donc dans certains endroits, il y a seulement qu’un ou deux policiers, stratégiquement ce n’était pas fiable… c’était aussi le cas dans les zones rouge… »
De son côté, Marie Yolaine Gilles a fait savoir qu’elle avait, elle aussi, partagé avec la Commission les informations détenues par le RNDDH sur le CEP. Toutefois, elle a déclarer ne disposer d’aucune preuve des nombreuses allégations de corruption portées contre l’organisme électoral.
Une position qui contraste avec celle d’Anthonal Mortimé, Secrétaire exécutif de la Plateforme des Organisations Haïtiennes de Droits Humains (POHDH), qui en marge de ses auditions, avait appelé la veille, la chambre des députés, à procéder à la mise en accusation des conseillers électoraux de manière à ce que le Sénat puisse s’ériger en haute cour de justice pour juger les conseillers. Qualifiant les élections du 28 novembre de « chaos » , il rappelle que les membres du CEP ont toujours fait l’objet de graves dénonciations et qu’ils ont failli à leur mission qui était d’organiser des élections crédibles et justes dans le pays.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3023-haiti-justice-pierre-louis-opont-convoque-au-parquet-ce-mercredi.html
http://www.haitilibre.com/article-2979-haiti-politique-la-commission-parlementaire-sur-les-fraudes-electorales-a-commence-son-travail.html
HL/ HaïtiLibre

 

Haiti-Politique : Enthousiasme et prudence au parlement vis-à-vis de la désignation de Rouzier comme premier ministre

P-au-P., 25 mai 2011 [AlterPresse] — Un certain enthousiasme mêlé de prudence est perceptible au niveau des deux Chambres du parlement à propos de la désignation de Daniel Gérard Rouzier au poste de premier ministre.

Jean Rodolph Joazile, président du Sénat, affirme à AlterPresse que « le sénat a accueilli favorablement le choix du citoyen Daniel Gérard Rouzier pour devenir le 16e Premier ministre du pays, car le président de la chambre des députés et moi avons fait des propositions au président Martelly sur le profil de celui qui devrait être un chef du gouvernement. »

Le président de la chambre basse, Sorel Jacinthe abonde dans le même sens et indique à l’agence que « la chambre basse n’a aucun problème avec le choix du président Martelly ».

Après avoir désigné officiellement son premier ministre, le chef de l’Exécutif s’est lancé dans une campagne de communication à travers les médias et les réseaux téléphoniques en vue de faire passer son choix au parlement où son parti (Repons Peyizan) ne dispose que de 3 députés.

Rouzier doit d’abord obtenir sa ratification par les deux chambres avant de franchir la seconde étape qui est l’approbation de sa politique générale, ce qui lui permettra de devenir chef de gouvernement.

« Rien n’est encore acquis pour les deux hommes, car nous sommes dans la phase technique du dossier. Donc, si le dossier de Rouzier ne respecte pas les normes constitutionnelles, il tombe dès le départ. Il n’y a pas à sortir de là », avertit le député Jean Acklush Louis-Jeune (Dame-Marie/Alternative).

Cependant, « je n’ai aucun problème à lui donner mon vote dans la mesure où il serait capable de me convaincre par sa vision politique globale pour changer l’image navrante du pays », nuance Louis Jeune.

Plus direct, le député de la circonscription Mirebalais/Boucan Carré, Abel Descollines, du bloc Regroupement pour le changement (RPC) « n’entend pas barrer la route au Premier ministre désigné », selon ce qu’il confie à AlterPresse.

Pourtant, le député de la 3e circonscription de Port-au-Prince, M’zou Naya Belange Jean-Baptiste, élu sous la même bannière politique que le président Martelly (Repons Peyizan) conditionne son vote : « s’il n’y a aucune considération pour ma circonscription, je n’accorderai pas mon vote à Daniel Gérard Rouzier », menace-t-il.

Le jeune parlementaire déplore que « jusqu’à présent, le président Michel Martelly n’a pris contact avec aucun des trois députés, élus sous le même chapeau politique que lui. »

« La plateforme Repons peyizan, aujourd’hui un parti politique, se positionnera dans les prochains jours sur le cas du Premier ministre désigné. Et nous appliquerons la position… du parti assurément », poursuit M’zou Naya Belange Jean-Baptiste.

Les députés et sénateurs de la plate-forme Inité (Unité) n’entendent pas, au nom du changement, faire obstacle à la ratification de Daniel Rouzier, moyennant le respect des procédures.

Dans une entrevue accordée à la station privée Radio Métropole, le coordonnateur national d’Inite, le sénateur Joseph Lambert, assure que les parlementaires de cette plateforme « ne vont pas constituer un bloc opposant au processus de ratification de Daniel Gérard Rouzier. »

« Si Daniel Gérard Rouzier se révèle quelqu’un capable de répondre aux aspirations de la population, Inite n’aurait aucun intérêt à lui barrer la route », ajoute-t-il.

Prudents, des sénateurs, qui ne connaissent pas bien Daniel Gérard Rouzier, se gardent de tout commentaire, en attendant l’avancement du processus suivant les normes constitutionnelles et les principes établis.

Le sénateur Anick Francois Joseph (Alternative/Artibonite) pense que le manque d’expérience politique de Rouzier ne pourrait, en aucun cas, déterminer sa vraie capacité de diriger le prochain gouvernement.

D’autres estiment qu’il ne faudra pas faire usage de procédés dilatoires pour tenter de barrer la route au Premier ministre désigné. [sfd gp apr 25/05/2011 09:10]

 

Haiti-Cuba-Éducation : Toujours pas un sou pour les 400 boursiers haïtiens à Cuba

P-au-P., 25 mai 2011 [AlterPresse] — Les boursiers haïtiens des facultés de médecine #1 et #2 de Santiago et ceux de Manzanillo, à Cuba, continuent de réclamer du ministère haïtien de la santé les arriérés de 7 mois d’une allocation mensuelle de 50 dollars accordée par le gouvernement haïtien.

Cette situation, révélée par la presse depuis plusieurs semaines, dure encore, en dépit des démarches formelles effectuées par les étudiants et des dispositions techniques mises en place pour faciliter le transfert des fonds.

Dans une correspondance adressée le 7 mai dernier au ministre démissionnaire de la santé Alex Larsen, les dirigeants étudiants de ces facultés ont sollicité le bénéfice de l’urgence pour le déblocage des fonds.

Les étudiants mettent en avant la nécessité pour eux de recevoir cet argent avant le début de la période des vacances en raison de graves difficultés économiques auxquelles ils font face et de l’urgence de se procurer à leur frais un billet d’avion pour retourner en Haïti.

Selon des informations communiquées à AlterPresse, l’ancien Président René Préval avait passé des instructions pour le déblocage des ces fonds bien avant son départ. Une source gouvernementale a indiqué que les montants seraient déjà disponibles sur le compte du Ministère de la santé.

Un contrat a été signé entre la firme haïtienne Mediacom , représentante de la compagnie canadienne Carribbean Transfers pour le paiement des allocations aux étudiants haïtiens. Cependant jusqu’à date le Ministère de la santé n’a versé aucun montant à la Mediacom en dépit des garanties financières réclamées par ce ministère, apprend AlterPresse.

Ives Marie Chanel , directeur de Mediacom, a effectué du 5 au 8 mai 2011 une visite à Santiago de Cuba en vue d’évaluer le déroulement du processus de distribution des cartes de débit devant permettre aux 466 étudiants haïtiens de recevoir les arriérés de six mois ( octobre 2010 à mars 2011 ) d’allocations.

Chanel estime être pénalisé par cette situation. « Le Ministère haïtien de la santé a exigé de la Mediacom une lettre de caution de garantie d’exécution. Nous avons soumis cette lettre depuis le 26 avril, nos fonds sont bloqués et nous n’avons pas reçu un centime du Ministère. Nous sommes en train de perdre de l’argent et des opportunités », fait-il remarquer.

La CT a déjà émis des cartes de débit pour tous les étudiants et 75% des cartes ont été déjà retirées par les étudiants au bureau local de la Fincimex, représentant de la Caribbean Transfers à Santiago de Cuba, apprend-on de source étudiante. [apr 25/05/2011 08 :20]

 

Opération de Déguerpissement: Des voix s’elèvent contre les mesures de la Mairie de Delmas

RTVCaraibes – 25/05/2011 10:10:00 Auteur(e) La Redaction

(AHP)- Plusieurs responsables d’organisations sociales et populaires dont la POHDH, la PAPDA et l’ACPRODDH ont dénoncé mardi l’intervention jugée musclée du maire de Delmas, Wilson Jeudi, pour déloger les victimes du tremblement de terre du 12 janvier 2010 qui se trouvaient sur les places du carrefour de l’Aéroport à Port-au-Prince.
Lundi, le maire Jeudi, accompagné d’agents municipaux et de policiers était  a la tête d’une vaste opération de déguerpissement au cours de laquelle des victimes du 12 janvier ont été chassées de cesespaces.
Certaines d’entre elles ont fait savoir que leurs tentes ont été déchirées et leurs effets personnels emportés au cours de l’opération.
Camille Charlmers directeur exécutif de la Plate forme Des Plaidoyer pour le Développement Alternatif (PAPDA) soutient que le problème du relogement des sinistres ne doit pas être résolu dans la répression.
M. Charlmers signale que la mairie devait au préalable chercher un autre endroit pour loger les sinistrés qui n’ont pas choisi cette situation.
Selon lui, l’acte commis par M. Jeudi ce lundi est une violation de l’article 22 de la constitution de 1987. M. Charlmers demande en ce sens aux autorités d’assumer  leurs responsabilités.
De son coté, l’avocat des sinistrés des camps du carrefour de l’aéroport Patrick Florvilus qualifie l’opération du 23 mai d’acte criminel.
Il considère cet incident comme une violation des droits au logement garantis par la constitution de 1987.
Patrick Florvilus informe que les agents de la mairie ont saisi des biens des victimes après avoir détruit leurs tentes. Il s’agit, dit-il, de destruction de biens d’autrui.
Me Florvilus annonce qu’une requête a déjà été  adressée au juge suppléant  du tribunal de paix de Delmas, Me Durand Jean Rigaud, et qu’une plainte sera déposé contre le maire de Delmas Wilson Jeudi, des agent de la mairie et  de la PNH qui ont pris part à cette opération pour qu’ils puissent répondre de leurs actes.
Par ailleurs, ces organisations sociales et populaires qui s’étaient réunies pendant 3 jours dans le cadre d’un colloque sur la problématique du logement en Haïti ont présente  mardi 24 mai un extrait des résolutions adoptées suite à ce rassemblement.
Ces organisations ont exprimé leurs volontés de forcer le gouvernement à définir une politique globale de logement afin de fournir des abris respectant la dignité humaine des citoyens.
Elles exhortent les parlementaires à se préparer à voter une loi sur le logement qui permettra à tout haïtien d’avoir accès à des abris confortables tel que recommandent l’article 22 de la constitution de 1987 et la convention internationale des droits socio-économiques et culturels, a indiqué Camille Charlmers lisant la résolution.

 

Haïti – Justice : Pierre Louis Opont, convoqué au Parquet ce mercredi
25/05/2011 08:34:06

Haïti - Justice : Pierre Louis Opont, convoqué au Parquet ce mercrediPierre Louis Opont, le Directeur Général du Conseil Électoral Provisoire (CEP), confirme avoir reçu une convocation du Parquet de Port-au-Prince pour ce mercredi, dans l’affaire des allégations de corruptions et de fraudes au CEP, suite à la publication des résultats du second tour des élections législatives. Concernant son interdiction de quitter le territoire, il dit l’avoir appris par la presse et que le Commissaire du Gouvernement devrait lui fournir plus d’information sur la nature de cette éventuelle interdiction.
Hier mardi, le Directeur Général du CEP a tenu a préciser que pour lui, les résultats acceptés aujourd’hui comme fiables et respectueux de la volonté populaire, sont ceux qui avaient  été publiés sous sa direction le 4 avril dernier. À propos des résultats contestés, il a indiqué que ces derniers relèvent des décisions du Bureaux du Contentieux Électoral National qui ne sont pas sous sa direction..
Pierre Louis Opont, entend apporter toute sa collaboration à la justice « … Je suis le Directeur Général du CEP, donc un justiciable, il y a une Commission Sénatoriale qui enquête sur des allégations de corruptions au niveau de l’appareil électoral, dont je fais parti, donc je suis concerné, ce sont des allégations graves. Il y a des personnalités publiques qui ont fait des accusations à visage découvert… Il est nécessaire, premièrement de faire le point sur ces accusations, puis de blanchir le CEP et le personnel si nécessaire… Il y va aussi de l’honorabilité des conseillers, il y va l’honorabilité de la Direction Générale, et moi j’y tiens, j’espère que toute la lumière sera faite et que l’on fixera les responsabilités… »
Parallèlement à cette affaire, Pierre Louis Opont a fait savoir, que tout est mis en œuvre, pour l’organisation du second tour des législatives, qui se tiendront le 29 mai prochain, dans les circonscriptions où les élections du 28 novembre avaient perturbées et annulées et dont la reprise du premier tour, avait eu lieu le 20 mars dernier. Il a ajouté qu’il s’était entretenu avec les candidats, pour leur demander d’apporter toutes leurs contributions, afin que ces élections se déroulent dans une atmosphère de Paix.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3017-haiti-justice-les-membres-du-cep-interdits-de-quitter-le-territoire.html
http://www.haitilibre.com/article-2950-haiti-elections-dans-le-sud-est-les-preparatifs-du-second-tour-se-precisent.html
http://www.haitilibre.com/article-2987-haiti-usa-revocations-des-visas-de-responsables-soupconnes-de-fraudes-electorales.html
BF/ HaïtiLibre

 

Mercredi, 25 mai 2011 05:38

Daniel Rouzier raconte son succes story

L’homme d’affaires Daniel Gérard Rouzier réitère sa détermination à prendre les commandes du gouvernement en vue de changer le pays. Dans une interview à radio Métropole M. Rouzier a levé le voile sur les différentes étapes de sa carrière.
Il révèle qu’il n’est pas un économiste en dépit de sa formation en finance. M. Rouzier est détenteur d’une licence en gestion de l’Université de South Florida, d’un MBA en finance et d’une licence en comptabilité de l’Université de Georgetown. Formé à l’école américaine M. Rouzier a résidé pendant plusieurs années aux Etats-Unis avec sa famille avant de regagner Haïti pour la deuxième fois en 1987.
Lesly Delatour, ministre des finances sous le gouvernement militaire, est celui qui avait pu convaincre M. Rouzier à rentrer au pays. Daniel Rouzier travaillera au ministère des finances en tant que membre du cabinet du ministre et restera en poste jusqu’au coup d’état contre le président Lesly Manigat.
Après cette expérience dans l’administration publique, M. Rouzier retrouvera la première entreprise implantée avec des membres de sa famille, Economic Tires (ET). Il s’agit d’une entreprise novatrice spécialisée dans la vente de pneus usagés.
Loin d’être satisfait de ce succès Daniel Rouzier abandonne Economic Tires et se lance dans une nouvelle aventure. Il réussi le pari de créer une entreprise, Sun Auto, concessionnaire de plusieurs véhicules dont Hyundai et Général Motors.
Fort de ses succès il lancera en 2010 la plus grande entreprise privée de production d’énergie électrique, E Power. Il prouve sa capacité de négociation en regroupant 58 entrepreneurs haïtiens, une firme coréenne et des institutions financières internationales dans cette entreprise de 59 millions de dollars.
Pendant cette période il renforce son action philanthropique. Il contribue a titre de bénévole en tant que président du conseil de l’ONG Food for the Poor. Sa tache consiste à vérifier une bonne utilisation des fonds alloués à cette ONG qui fournit 25 000 plats quotidiens et livre 3 000 maisons annuellement aux couches vulnérables.
Depuis l’élection de Michel Martelly, le fondateur de Sun Auto figure parmi les leaders d’équipes préparant le plan d’action du gouvernement.

LLM / radio Métropole Haïti

 

Les mains voraces du secteur privé

Par: L’Acadie Nouvelle / mercredi, 25 mai, 2011

Jean-Claude Basque
Moncton

Selon certains, on devrait faire venir Bill Clinton plus souvent; il pourrait peut-être nous aider!
Vraiment! Parce qu’un ex-président vient faire une petite conférence grassement payée, on croit au miracle.
Il nous apprend qu’Haïti est contrôlé par six à dix familles refusant de partager la richesse. Grosse nouvelle! Cet ancien président, recyclé comme devin moderne, oublie de nous dire que ce sont des pays semblables que les États-Unis soutiennent à travers le monde, car leurs dirigeants sont prêts à vendre leurs richesses naturelles à vil prix aux États-Unis.
Il nous apprend qu’il faut réformer en profondeur le secteur privé et le secteur public. Vraiment grosse nouvelle! Il n’y a personne qui avait pensé à cela avant. Qu’est-ce qu’on peut ajouter? Rien!
Il nous apprend qu’il existe un espace vacant entre le gouvernement et le secteur public; il nous faut des œuvres non gouvernementales pour combler ce vide. Époustouflante révélation!
Je ferai remarquer à M. Clinton et à l’autre commis voyageur que s’il y a un vide, c’est parce que justement des gouvernements, aux États-Unis, au Canada et dans notre belle province, écoutent les sirènes du monde des affaires leur chuchoter qu’ils paient trop d’impôt et de taxes, que le secteur public est inefficace et qu’on devrait privatiser les services publics. Ces mêmes sirènes sont contre un programme national de garderie, l’équité salariale, l’augmentation du salaire minimum ou l’aide au revenu, etc. S’il y a un vide, ce sont eux qui le creusent.
Je ferai aussi remarquer à Bill et Frank qu’on avait, avant les années 1960, tout un secteur d’œuvres de charité et qu’on l’a justement remplacé par des programmes publics, payés par un système d’impôt progressif, accessibles à tous et équitables.
Le bien public doit rester dans les mains du public, non dans celles de la charité et encore moins dans les mains voraces du secteur privé.

 

Haïti et la France : amours et désamours

Le Nouvelliste

Les blessures causées par plusieurs siècles d’esclavage humain, d’exploitation à outrance des richesses de Saint-Domingue, ainsi que la colère indispensable pour la révolution de 1804 (choc universel, rupture sociale), suivi du paiement d’une indemnité de 150 millions de francs or aux anciens colons pour la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti par la France, n’ont pas empêché ces deux États d’entretenir, 207 ans après, des relations politiquement culturelles et diplomatiquement solidaires. Pour preuve, plus de 150 000 Haïtiens vivent entre la métropole et les Antilles françaises. Tandis que plus de 6 000 ressortissants français vivent sur le territoire légué par Jean-Jacques Dessalines. Les pages sont bel et bien tournées. Place à une coopération plus dynamique entre ces deux Républiques utilisant les mêmes couleurs dans leurs drapeaux ayant la même devise nationale : « Liberté, Égalité, Fraternité ».

L’ambassadeur français accrédité à Port-au-Prince, Didier Le Bret

(Photo: Moranvil Mercidieu )

Une vue du Musée du Louvre à Paris, l’un des musées français disposant de riches collections d’objets patrimoniaux

C’est en 1825 qu’ont débuté les relations diplomatiques entre les deux pays, à la suite de l’ordonnance du 17 avril 1825 par laquelle le roi Charles X renonçait aux droits de souveraineté de la France sur Haïti et reconnaissait son indépendance aux conditions suivantes : versement d’une indemnité de 150 millions de francs or aux anciens colons, payable en cinq termes égaux ; réduction de moitié des droits d’importation et d’exportation. Le 14 août 1825, Maler, ancien consul général de France à Rio – et ancien immigré, passé au service de l’Espagne, puis du Portugal, avec le grade de colonel – recevait ses lettres de créance pour rejoindre Haïti en tant que chargé d’affaires et consul général.
Maler débarqua à Port-au-Prince le 6 novembre 1825. Il était accompagné de deux agents consulaires : Miolien qui portait le titre de vice-consul pour le Cap-Haïtien et Ragueneau de Lachenau celui de consul aux Cayes – des titres purement honorifiques. Pendant que ces trois agents étaient en mer, une convention commerciale avait été signée, à Paris, le 31 octobre précédent, par des représentants des deux gouvernements. Ce premier traité ne fut toutefois jamais ratifié par le président d’Haïti, Jean-Pierre Boyer. Maler avait donc pour tâche de négocier les modifications jugées nécessaires par les Haïtiens. Il n’y parvint pas et quitta son poste en 1828, peu avant d’être admis à faire valoir ses droits à la retraite.
Ces instructions datées du 2 septembre l’enjoignaient de gagner la confiance du gouvernement haïtien, de veiller à l’application de l’ordonnance du 17 avril, de ramener les commentaires d’une presse française très hostile à l’indépendance haïtienne à leurs justes proportions (le Télégraphe national, d’une part, et la Feuille du commerce colonial, d’autre part, s’illustraient alors par des articles virulents exigeant réparation pour les anciens colons) et de veiller à la protection du commerce français. Pourtant, il s’agissait aussi là, de la première expérience de décolonisation jamais menée par un gouvernement français : le représentant de la France avait aussi pour mission d’aider les autorités haïtiennes, chaque fois que ce serait possible, à organiser leur administration intérieure.
2001 : Restitution, réparation !
Interrogé sur la question de la « Restitution et réparation pour le paiement de l’indemnité de 150 millions de francs or aux anciens colons pour la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti par la France », évoquée en 2001 par l’ex-président Jean-Bertrand Aristide, l’ambassadeur français accrédité à Port-au-Prince, Didier Le Bret, informe que c’était un moyen pour le président d’alors de se défouler puisqu’il avait beaucoup de boucs émissaires dans la maison.
« C’est indéniable d’avoir obligé les autorités haitiennes à payer cette dette à la France pour la reconnaissance de l’indépendance d’Haiti, puisque celle-ci a eu de graves conséquences sur la jeune nation fraîchement indépendante. Cette fameuse dette a coûté beaucoup de moyens et d’énergie qu’on pourrait investir dans le pays pour son avancement », reconnaît le diplomate qui en profite pour répondre aux questions du Nouvelliste autour de l’extradition du présumé assassin du consul Paul-Henri Moural. Ce dernier est aussi accusé d’avoir été à l’origine de l’enlèvement suivi de l’exécution en 2004 de Claude Bernard Lauture, un homme d’affaires français d’origine haïtienne.
Amaral Duclona: un dossier en cours !
En ce qui concerne l’affaire Amaral Duclona qui a un lourd passé de chef de gang, extradé en France pour avoir enlevé puis tué en mai 2005 Paul-Henri Moural, consul honoraire de France au Cap-Haïtien, M. Le Bret assure que le dossier est en cours. « A ma connaissance, Amaral Duclona, chef de gang haïtien, assassin présumé du consul honoraire français, extradé vers la France, est le seul cas d’Haïtien en contravention avec la justice française qu’on a pour le présent moment. Le juge en charge du dossier instruit l’affaire. Il a sollicité l’appui des autorités du Quai d’Orsay et celles de l’ambassade de France à Port-au-Prince pour pouvoir mieux poursuivre les investigations », nous a fait savoir le chef de la diplomatie française en Haïti.
12 janvier : témoignage d’un survivant français
34 Français issus principalement des rangs de la mission onusienne en Haïti dont des gendarmes, des conseillers électoraux et politiques, des professeurs… ont péri au cours du tremblement de terre du 12 janvier 2010. L’Institut français, le «Manoir des Lauriers», la résidence de l’ambassadeur, la « Maison Laroche» – située au 51 de la rue Capois (Champs de Mars) – où l’ambassade est installée depuis 1960, sont au nombre des bâtiments emblématiques et anciens, symbolisant la présence française en Haïti, qui n’ont pas résisté à ce cataclysme.
« J’étais à l’ambassade. Fort heureusement, à cette heure-là, il n’y avait que des cadres qui travaillaient. La majeure partie des agents était déjà partie. Beaucoup de services était vides. J’étais au bureau avec ma secrétaire, le premier conseiller et le responsable du service informatique. On a vécu le drame comme tout le monde », se rappelle M. Le Bret qui dit avoir laissé le bureau sans difficulté aucune en dépit du fait que les locaux de l’ambassade s’étaient effondrés.
«Très vite, nous sommes sortis pour évaluer les dégâts. Nous avons, du même coup, prévenu les autorités françaises pour dépêcher les premiers secours au profit du peuple haïtien, en particulier envers la communauté française et aussi entamer le processus d’évacuation dans la nuit du 12 janvier », témoigne Didier Le Bret qui a pris ses fonctions après avoir présenté ses lettres de créance au président René Préval au début du mois d’octobre 2009.
Les couleurs françaises après le séisme
Au lendemain du séisme, le gouvernement francais a immédiatement permis l’envoi de plus de 450 pompiers, médecins d’urgence et militaires accompagnés de matériel en provenance de la Martinique, de la Guadeloupe et de la Guyane, renforcés par des équipes de la Sécurité civile venues de la métropole. Les médecins déployés sur 5 sites hospitaliers de l’aire métropolitaine, y compris des quartiers populaires comme Carrefour et Martissant, ont rapidement été soutenus par la mise en place d’un hôpital civil de campagne (ESCRIME) avec 70 personnels médicaux et par l’arrivée à Port-au-Prince d’un bateau-hôpital, le SIRROCO.
Ce dispositif, qui a coûté 24 millions d’euros, est resté sur place jusqu’à l’arrivée du président Nicolas Sarkozy, le 17 février 2010, ce qui est une première dans l’histoire de la sécurité civile. Cette durée d’intervention, qui a permis de réaliser 5 000 consultations, dont 178 interventions chirurgicales, a eu un effet bénéfique sur la prise en charge qualitative des blessés qui ont ainsi pu être suivis jusqu’à la cicatrisation de leurs blessures avant le départ des équipes françaises.
Entre appui augmenté et annulation de dette !
La contribution française est passée de 30 millions et 40 millions d’euros annuellement à une enveloppe globale de 326 millions d’euros sur une durée de deux ans. « Je note la contribution au niveau de l’aide humanitaire dont le montant est de 24 millions d’euros, l’annulation de la dette d’Haïti par la France à 56 millions d’euros. Notre contribution à l’Union européenne tourne autour de 65 millions d’euros », se félicite M. Le Bret.
Faisant aussi état d’une aide budgétaire de 40 millions d’euros et de l’aide-crédit d’intervention gérée par l’ambassade et l’Agence française pour le Développement (AFD), M. Le Bret assure que le portefeuille des projets en cours de l’AFD est estimé à environ 100 millions d’euros, hormis l’appui à la Police nationale d’Haïti (PNH) en matériels de police et de gendarmerie évalué à une vingtaine de millions de dollars.
On y travaille beaucoup !
Parallèlement, de nouveaux financements ont été octroyés en 2010 par l’AFD dans les secteurs de l’aménagement urbain et de la reconstruction des édifices publics. Ainsi, une subvention de 6,46 millions d’euros a été octroyée pour la première phase d’un projet de rénovation urbaine de deux quartiers touchés par le séisme à Port-au-Prince : Martissant (50 000 habitants) et Baillergeau (15 000 habitants). Les financements porteront sur la création ou la réhabilitation des réseaux structurants, comme la voirie, l’électricité, l’eau et l’assainissement, sur la base d’un schéma d’aménagement.
« Nous avons aussi des constructions sanitaires et de décharges qui sont en train de se réaliser au Cap-Haïtien. D’autres travaux d’infrastructures aux Gonaïves, à Morne-Blanc, à Jacmel et des travaux d’irrigation dans le sud du pays », nous indique le diplomate français qui rappelle que des appuis seront apportés pour la promotion d’un développement social et communautaire en renforçant les comités de quartier.
Dans le cadre de la reconstruction de l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH), selon les normes antisismiques, la France apportera une contribution de 25 millions de dollars à côté des Américains. Cet établissement d’instruction servira de base à la formation des cadres en santé et des spécialistes qui font défaut au pays. Sa gouvernance sera revue pour lui conférer plus d’autonomie et faciliter l’accès à des soins de qualité à l’ensemble de la population.
«Nous avons aussi l’ambition de doter l’HUEH d’un pôle universitaire majeur avec une levée de financement de dix millions d’euros pour reconstruire l’Ecole Nationale d’Infirmières, dont l’effondrement a provoqué la disparition de plus de 100 étudiantes et professeurs, ainsi que celle de l’Ecole de Sages-femmes et de la Faculté de Médecine et de Pharmacie de l’UEH afin de faire de l’HUEH un hôpital de référence et un centre universitaire. C’est une grande ambition ; on y travaille beaucoup», s’enorgueillit-il.
Vers un nouveau départ
En outre, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, qui a visité le pays dans le cadre de l’investiture du président Michel Joseph Martelly a dévoilé vendredi le projet de construction du nouveau bâtiment devant héberger l’ambassade de la France à Port-au-Prince détruite lors du séisme de janvier 2010. Le bâtiment qui doit être livré en 2013 sera paracyclonique, parasismique et bioclimatique.
Selon M. Juppé, la tentation était grande d’installer l’ambassade sur les hauteurs de Port-au-Prince, mais ils ont fait le choix de demeurer ici pour marquer leur attachement à l’histoire franco-haïtienne et à la volonté des autorités haïtiennes de rebâtir la vieille ville. « L’ambassade de France est comme un « symbole de la renaissance du centre historique de la cité » fortement ravagé par le violent séisme qui a poussé plus d’un million de personnes à la rue dont plus de la moitié vit encore sous des tentes au coeur de la capitale », ajoute M. Juppé.
Implication des ONG françaises
Après l’urgence, la France a soutenu la population haïtienne en fournissant des moyens d’hébergement ou des abris temporaires. Plusieurs projets ont également été conduits par des ONG françaises, financés soit par des crédits du Fonds d’urgence humanitaire (FUH) (2 millions d’euros), soit par des fonds en provenance des régions, départements et communes de France (2 millions d’euros) qui se sont mobilisés dans les jours qui ont suivi le séisme.
Les ONG françaises sont très réactives. Elles ont réalisé avec leurs fonds propres, mais aussi à partir de dons et de fonds privés, de nombreuses opérations (distribution d’eau potable et de kits-abris d’urgence, assainissement et distribution indirecte de nourriture) à des activités de « food for work » et de « cash for work » dans les zones directement affectées par le séisme (Port-au-Prince, Jacmel, Léogâne, Grand-Goâve et Petit-Goâve). Les ONG plus spécialisées sont également intervenues dans l’urgence médicale (chirurgie, soutien psychologique, appareillage pour handicapés), ou bien directement en appui aux institutions de santé, comme à l’hôpital adventiste de Diquini, au CDTI à Port-au-Prince, à la clinique Desgand à Pétionville ou en installant des cliniques mobiles dans des quartiers défavorisés (Fontamara, Martissant). Certaines sont intervenues directement dans les camps de déplacés ou encore dans des hôpitaux et des crèches pour l’électrification (Electriciens sans Frontières), l’expertise de bâtiments publics et d’hôpitaux, ou la construction d’abris en bois dans la zone de Léogâne.
700 bourses d’études sur deux ans !
Reconnaissant que l’année 2010 a été très difficile pour les étudiants haïtiens en dépit du fait que la plupart des universités et centres universitaire ont été touchés par le séisme, le diplomate francais a fait remarquer que, dans le cadre de l’annonce du président Nicolas Sarkozy concernant l’accueil de 700 étudiants et enseignants haïtiens en France entre 2010 et 2011, près de 450 places d’études ont pu être offertes en septembre 2010, et près de 400 bourses ont été octroyées (Master 1, Master 2 et doctorat). 42 universités françaises se sont proposées pour assurer cet accueil. Il s’agit d’un élan de solidarité sans précédent dans l’histoire des relations universitaires franco-haïtiennes. Les bourses sont financées par les universités et les frais de transport par le ministère français des Affaires étrangères et européennes.
D’un autre côté, plusieurs projets ont été mis en place au cours de 2010, notamment le projet PENDHA conduit par l’Agence Interétablissements pour la Recherche et le Développement (AIRD) et l’AUF, financé à hauteur de 1 million 560 mille euros sur 2 ans, qui prévoit la mise en place progressive de douze espaces numériques (9 à Port-au-Prince, 1 au Cap-Haïtien, 1 aux Gonaïves et 1 aux Cayes), la formation et l’accompagnement des étudiants et d’enseignants haïtiens à la pratique de l’enseignement numérique à distance. Il y a aussi le projet d’enseignement à distance dans le domaine médical, réalisé en partenariat avec les 4 facultés de Médecine du pays financé à hauteur de 1 million d’euros. Et enfin, le projet du Conservatoire national des Arts et métiers (CNAM) avec la Faculté des Sciences de l’UEH et l’INAGHEI, qui a été officiellement lancé le 27 septembre 2010. Ce programme consiste à offrir gratuitement à 600 étudiants sélectionnés sur concours des enseignements à distance débouchant sur un diplôme du CNAM dans 4 disciplines jugées prioritaires pour la reconstruction d’Haïti : le génie civil, l’aménagement du territoire et l’environnement et l’informatique. Ce programme contribue à former des cadres intermédiaires (BAC+2) dont le pays manque cruellement.
Par aillleurs, 20 étudiants-magistrats et 8 formateurs de l’encadrement de l’Ecole de la Magistrature (EMA) ont été accueillis, à partir du 7 septembre 2010, à l’Ecole nationale de la Magistrature (ENM) à Bordeaux en France. L’ENM formera ainsi la première promotion de 2010 de l’EMA sur une période de 10 mois, comprenant une période d’études de cinq mois à l’école même et un stage de cinq mois dans les juridictions françaises. Ensuite, les etudiants-magistrats recevront une formation finale de six mois en Haïti à l’EMA, grâce à des missions d’enseignement venues de France. Et ces magistrats haïtiens pourront ainsi être opérationnels dès janvier 2012.
Plus loin, les autorités françaises conjointement ont préparé un projet d’appui au renforcement du système judiciaire haïtien et à la promotion de l’Etat de droit. Doté de 500 000 euros sur deux ans et d’une assistance technique, ce projet qui a démarré au début de l’année 2011 avait trois objectifs principaux : la formation continue des magistrats, des greffiers et des avocats ; l’aide à l’organisation des greffes avec reconstitution des dossiers dispersés lors du séisme et l’accompagnement de la réforme de la politique pénale et pénitentiaire à l’égard des mineurs.
Soutien aux autorités policières
Tout au long de l’année 2010, les autorités francaises ont mis en place un réseau de communication reliant les principaux services de police haïtienne par des dons de matériels, des actions d’information et de formation. Ce programme pluriannuel bénéficie d’une assistance technique en vue de renforcer les capacités des personnels chargés de la lutte contre la criminalité.
De plus, 102 véhicules légers ont été remis à la PNH et 110 véhicules pour la sécurité civile et formation de sapeurs-pompiers et de médecins à la médicalisation d’urgence. En tout, 67 actions de formation ont été réalisées en faveur de la PNH en 2010.
Une diplomatie culturelle agressive !
Pour renforcer les relations culturelles entre les deux pays, un arrangement administratif entre les ministres de la Culture français et haïtien a été signé le 27 juin 2010 pour la période 2010-2015. Des actions sont prévues dans le domaine du patrimoine et des archives dont la restauration du célèbre tableau « Le serment des ancêtres », la réhabilitation du « Ciné Théâtre Triomphe » de Port-au-Prince, l’inventaire du patrimoine haïtien, l’accueil en France et la formation sur place de professionnels haïtiens.
« Le domaine culturel est un secteur clé qu’on devrait prendre très au sérieux pour présenter une meilleure image du pays sur la scène internationale. C’est un vecteur de changement puisque vous disposez de tous les atouts pour projeter une nouvelle d’Haïti à l’étranger », croit le diplomate français qui éprouve une grande admiration pour les créateurs haïtiens comme Dany Laferrière, qui a une voix très singulière parmi les grands écrivains de ce pays, et aussi Gary Victor, Lionel Trouillot et Yanick Lahens. Sans oublier Frankétienne.
En 2010, il faut noter que de nombreux artistes haïtiens ont été accueillis en résidence en France. Des actions de grande ampleur sont programmées dans le domaine du livre et des bibliothèques (don de 30 000 ouvrages de la Bibliothèque Nationale de France, don de 300 000 ouvrages de l’association Bibliothèques sans Frontières sur 3 ans, don de 100 000 ouvrages de l’Association ADIFLOR). Dans le domaine de l’audiovisuel, la Télévision Nationale d’Haïti a reçu des dons importants de films documentaires de TV5, d’ARTE et de CFI ; des formations de journalistes ont été organisées.
D’après M. Le Bret, « la culture de projection des gens est pour nous un élément très important, elle permet aux gens de promouvoir et d’assumer leur culture, mais aussi de l’apprécier et d’être fiers quand elle est vivante. Pas seulement dans une logique de sauvegarde du patrimoine, mais dans celle de soutenir la création culturelle ». A titre d’exemple, l’ambassadeur a souligné le travail accompli par l’ancien ministre de la Culture d’Haïti, Raoul Peck, actuel président de la plus prestigieuse école de cinéma en France, « La Femis », qui fait la promotion de l’histoire d’Haïti à travers la formation dispensée à l’intention des étudiants français.
Pour une meilleure promotion de la culture haïtienne
Aider la culture haïtienne est chose très importante, soutient le diplomate qui souhaite qu’Haïti ait une stabilité permanente. « Nous avons contribué dans différents secteurs dont la restauration de la bibliothèque du Collège Saint-Martial, inauguré il y a quelques semaines. On a renforcé les activités culturelles de l’Institut français d’Haïti pour une meilleure promotion de la culture haïtienne. Nous donnons beaucoup plus d’espace aux artistes français et d’ailleurs qui viennent en Haïti. La France a pour rôle de promouvoir la culture d’Haïti et aider à la production des artistes haïtiens. L’Institut français joue un rôle important comme plateforme de lancement de vos artistes. On y accorde aussi beaucoup d’importance », insiste-t-il.
M. Le Bret estime que la formation des jeunes est capitale pour le gouvernement français, qui souhaite des jumelages entre les élèves haïtiens et français. « Je pense qu’il faut encourager le travail des volontaires au niveau des services civiques qui travaillent dans les écoles en Haïti. Un projet important, il faut travailler pour une meilleure formation des maîtres dans le cadre de la coopération entre l’ambassade de France et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Les subventions de l’ambassade aux alliances françaises sont évaluées à plus 600 millions euros par an. »
Faire avancer les chantiers… dit Le Bret
« Aujourd’hui, on a un nouveau gouvernement qui a un mandat de cinq ans. C’est un moment important et décisif pour les fils et filles de cette nation pour contribuer à l’avancement des chantiers de grandes ambitions qui sont en cours d’exécution, notamment la formation professionnelle, l’éducation, la santé, la gouvernance du pays, l’habitat et l’énergie, la justice et aussi les infrastructures », précise l’ambassadeur Le Bret qui croit que les partenaires d’Haïti comme la France doivent se mettre aux côtés du gouvernement haïtien pour répondre avec efficacité à des politiques sur de longue durée pour le développement et le progrès de cette nation.
Amos Cincir
mcincir@lenouvelliste.com
Dominique Domerçant
succes33@yahoo.fr

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :