jeudi 26 mai 2011

26 Mai

Des économistes tres optimistes avec l’arrivée de Michel Martelly au Pouvoir

L’économiste Paul Marie Boisson et le représentant de la banque interaméricaine de développement Eduardo Almeida affirment que l’économie haïtienne pourrait être relancée avec l’arrivée au pouvoir de la nouvelle équipe conduite par le président Michel Martelly.
« Haïti peut redevenir la perle des Antilles si les élites politiques et les dirigeants ont intérêt à faire abstraction de leurs préjugés ou de leurs intérêts pour placer le pays au premier plan », a déclaré, Pierre Marie Boisson.
Intervenant a la rubrique le point sur le cent point un de Métropole ce jeudi Monsieur Boisson estime toutes les forces vives de la nation doivent mettre la main dans la pate afin de permettre à Haïti peut renaitre de ses cendres.
Pour sa part, le représentant de la banque interaméricaine de développement Eduardo Almeida préconise, un partenariat entre les différents secteurs dans le pays en vue sortir le pays de sa situation.
Monsieur Almeida souhaite que les secteurs s’asseyent ensemble, en vue de mettre à profit toutes les ressources disponibles du pays.
Le responsable de la BID exprime le souhait que des dispositions soient prises en vue de permettre au pays d’absorber des investissements étrangers. Il se montre très optimiste quant à l’avenir du Pays.
EJ/Radio Métropole Haïti

 

Haïti – Politique : Le Ministre de l’Intérieur devant la Commission d’enquête Sénatoriale
26/05/2011 12:19:45

Haïti - Politique : Le Ministre de l’Intérieur devant la Commission d’enquête SénatorialeLa Commission Sénatoriale d’enquête sur la corruption et les fraudes enregistrées au sein du Conseil Electoral Provisoire (CEP), lors des récentes élections législatives poursuit ses auditions. Hier mercredi, c’était au tour de Paul Antoine Bien-Aimé, le Ministre de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales (MITC), de répondre aux questions.
Devant la Commission, Paul Antoine Bien-Aimé a nié toutes les implications de son ministère dans les cas de fraudes et de corruptions allégués, dont le CEP se serait rendu coupable. Le Ministre s’est montré peu bavard sur les questions qui lui ont été posé, déclarant seulement qu’il avait refusé de répondre aux questions relatives aux rumeurs liant le MITC à une supposée manipulation des résultats. Précisant que l’organisation des élections relèvait de la responsabilité du CEP et non de son ministère.
Le Sénateur Youri Latortue, qui préside la Commission, s’est lui aussi refusé à faire des commentaires sur le contenu de la séance avec le Ministre Bien-Aimé, se contentant de faire savoir que « des informations pertinentes recueillies dans le cadre de cette audition, seront ajoutées au dossier… »
De plus, le Sénateur a annoncé que Paul Denis, le Ministre de la Justice, sera auditionné une seconde fois, mardi prochain, afin de fournir des explications sur le fonctionnement du Parquet dans cette affaire…
Une rumeur persistante, circulait hier entre des proches de la Commission, qui laissent entendre que cette dernière, pourrait tenter d’interroger l’ancien Président René Préval, dans le cadre de son refus systématique de renvoyer le CEP….
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3024-haiti-politique-le-chef-de-la-police-devant-la-commission-d-enquete-senatoriale.html
http://www.haitilibre.com/article-2979-haiti-politique-la-commission-parlementaire-sur-les-fraudes-electorales-a-commence-son-travail.html
S/ HaïtiLibre

 

Haïti – Social : Première visite à l’étranger de la Première Dame d’Haïti
26/05/2011 10:28:46

Haïti - Social : Première visite à l’étranger de la Première Dame d'HaïtiSophia Martelly, la Première Dame d’Haïti, pour sa première visite à l’étranger, est arrivée hier matin à l’aéroport La Isabela, en République Dominicaine. Elle a été reçue au Bureau de la Première Dame Margarita Cedeno de Fernandez.
Les deux femmes se sont entretenue pendant plusieurs heures sur la nécessité de continuer à renforcer les liens de coopération entre les deux pays. « Nous sommes des Nations sœurs et les liens qui nous unissent sont très forts. Haïti disposera toujours de notre appui et de notre solidarité » a affirmé Margarita Cedeno de Fernandez.
L’épouse du Président haïtien, a dit qu’elle n’oubliera jamais le soutien reçu de la République dominicaine après le séisme de l’année dernière et les efforts des autorités dominicaines pour aider le pays à se rétablir. « C’est ma première visite en tant que Première Dame, je voulais venir ici, parce que nous partageons la même île […] Je voulais aussi remercier la Première Dame et le Président Fernández pour l’appui inconditionnel que nous avons reçu après le séisme et l’amour avec lequel ils l’ont fait. »
Sophia Martelly voulait en savoir plus sur les programmes qui sont développés à partir du Bureau de la Première Dame dominicaine et qui sont destinés à favoriser les classes les plus pauvres, en mettant l’accent sur la santé, l’éducation et la famille.
Le Dr Ligia Amada Melo, le Ministre de l’Enseignement supérieur, s’est joint ultérieurement à cette réunion. Sophia Martelly, a parlé des actions bilatérales, avec une plus grande attention aux questions de prévention et de gestion des catastrophes, les programmes d’appui aux femmes et aux enfants, les projets d’éducation et a abordé en particulier la question des valeurs.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2996-haiti-social-sophia-martelly-rend-hommage-aux-ouvrieres-haitiennes.html
HL/ HaïtiLibre

 

Rouzier cherche sa majorité au Parlement

Le Premier ministre Daniel-Gérard Rouzier s’est entretenu pendant un peu plus d’une heure avec le Groupe Parlementaire pour le Renouveau (GPR), ce mercredi 25 mai 2011. La cohabitation, le partage des responsabilités au sein du prochain gouvernement n’ont pas été abordés. Mais les sujets étaient dans toutes les têtes…

Le Premier ministre désigné à son arrivée au restaurant Tiffany

       

Le député Tolbert Alexis              Le sénateur Fritz Carlos Lebon 

  

Le sénateur Edo Zenny

De rutilants 4×4 officiels sont garés pare-chocs contre pare-chocs en face du restaurant Tiffany au Bicentenaire. La poussière suffoque malgré les averses de la veille ayant drainé des bouteilles en plastiques vides et d’autres déchets ondulant dans une eau verdâtre à l’entrée du dernier restaurant chic au centre-ville où les parlementaire du groupe du renouveau attendent le Premier ministre désigné Daniel-Gérard Rouzier, un peu après deux heures de l’après-midi, ce mercredi 25 mai 2011.
Il arrive. Trois « advance » de l’homme d’affaires laissent leur table et le guettent en compagnie d’agents de l’USGPN et de la CIMO. Le front altier, lunettes Ray Ban sur le nez, veste noire, chemise à carreaux bleu ciel, pantalon kaki, Rouzier, froid comme le Mont Blanc en hiver, descend d’un véhicule immatriculé « Corps Consulaire ». Est-il toujours consul le Premier ministre désigné?
Quelques secondes filent.Des journalistes l’assaillent de questions sur le motif de sa rencontre avec le GPR, groupe majoritaire au Parlement comptant plus de 53 députés dont 30 de Inite et 18 sénateurs. « Je suis venu avec un esprit d’ouverture », lâche Daniel-Gérard Rouzier avant de rejoindre les parlementaires qui l’attendent dans une salle aux vitres teintées.
« On l’écoutera et on formera un groupe qui aura des discussions pointues avec le Premier ministre désigné. C’est après ces réunions que le GPR, dont je suis le président à la chambre des députés, adoptera une position », révèle le député Tolbert Alexis, éloquent dans un rappel que « le gouvernement est l’émanation du Parlement » et cynique en brandissant le spectre de la destitution de tout gouvernement ayant perdu le soutien de la majorité. « Jamais de la vie. Ce n’est pas une réunion de négociations de postes ministériels », jure Tolbert Alexis en marge de cette rencontre qui prend fin à quatre heures par une prière du Premier ministre.
Autre tempo
Si le député Tolbert Alexis est nuancé, le sénateur Fritz Carlos Lebon exprime haut et fort ce que l’on refuse de dire, d’admettre : l’âpreté des négociations pour monter le gouvernement. « Il faut un partage de responsabilités, en d’autres termes un partage des postes ministériels », indique sans ambages le sénateur Lebon de Inite. « Le Premier ministre sait qu’en se présentant devant la majorité qu’il y aura cohabitation. C’est peut-être ce qu’il cherche en demandant cette rencontre »,ajoute-t-il, soulignant qu’une majorité parlementaire ne se retrouve pas dans l’opposition. « On ne trouve ça dans aucun pays au monde. La majorité compose toujours »,soutient-t-il.
Le sénateur Lebon, insistant sur la nécessité d’un partage des responsabilités au profit de la population, confie par ailleurs que les parlementaires de Inite avaient, dans un premier temps, décidé de « laisser le président Martelly et son équipe faire l’expérience ».
Certains s’y accrochent encore
« Il faut laisser les coudées franches au président Martelly et à son Premier ministre désigné Daniel-Gérard Rouzier pour former leur gouvernement. Les ministres devront avoir une feuille de route pour qu’on puisse évaluer leurs réalisations », croit le sénateur Steven Yrvenson Benoit, ami de longue date du Premier ministre désigné. « On ne fera pas de cadeau. Le Parlement fera son travail de contrôle et sanctionnera le gouvernement s’il ne donne pas de résultats », ajoute-t-il, en indiquant ne pas avoir eu des discussions avec le directoire de l’Alternative en vue d’être informé des consignes de cette plateforme à ses élus.
Entre-temps, le Premier ministre qui entame des discussions en vue de monter son gouvernement révèle que ses pièces sont en passe d’être finalisées par ses avocats avant d’être déposées au Parlement.
Cependant, le président de la chambre basse Saurel Jacynthe révèle dans la presse n’avoir pas encore reçu de lettre du président Martelly afin de convoquer à l’extraordinaire la chambre des députés en vacance, pour ratifier le choix de M. Rouzier ainsi que sa politique générale.
S’achemine-t-on vers un gouvernement de cohabitation ?
Des pontes de Inite et du GPR le disent avec des formules nuancées et d’autres crûment. Mais, est-ce que le président Martelly comprendra qu’il faut composer, négocier ?
Le sénateur Edo Zenny croit que le président Martelly, son ami personnel, l’a compris. « Le président Martelly a envoyé son Premier ministre négocier avec le groupe du renouveau. C’est une preuve qu’il a muri politiquement », relève le sénateur Zenny pour qui  » négocier ne veut pas dire essentiellement l’obtention des postes ministériels ».
« Négocier, soutient-il, implique un partage des responsabilités pour le bien-être de la population.Nous ne pouvons pas réclamer le poste de directeur de la douane. Mais nous avons la responsabilité de veiller au bon fonctionnement de la douane », indique-t-il, optimiste, quant à l’harmonisation des relations entre l’Exécutif et le Parlement à un moment où certains évoquent la tentation qu’aurait le président Martelly de passer en force ou de dissoudre le corps législatif en cas de blocage de ses efforts pour monter le gouvernement.
Investi officiellement le 14 mai, le président Martelly subit son premier grand test politique en cherchant une majorité pour monter son gouvernement. Le parti sous l’emblème duquel il avait fait campagne n’occupe que 3 sièges de députés dans un Parlement majoritairement acquis à Inite er ses alliés.Pour le moment.
Roberson Alphonse
ralphonse@lenouvelliste.com

 

Au palais de Justice

Haïti: CEP: un délai de 48 heures est accordé aux autres membres

Le Nouvelliste

Trois conseillers électoraux (Ginette Chérubin, Laurette Croyance et Thélève Pierre Toussaint) et le directeur général de ce collège électoral Pierre-Louis Opont ont répondu à l’invitation du commissaire du gouvernement Harrycidas Auguste. Cette invitation est relative à une mesure d’interdiction de départ et les dénonciations de corruption qui entourent les dernières élections.
Le chef du parquet avait décidé d’inviter les membres du conseil à la suite de deux correspondances reçues du corps législatif venant de la commission sénatoriale d’enquête. Dans ces correspondances, le président a requis le parquet de prendre toute décision jugée utile pour faire la lumière sur les dénonciations de corruption et d’empêcher les membres du CEP de quitter le territoire national jusqu’à la conclusion de l’enquête. Donnant suite à ces correspondances, le commissaire du gouvernement Harrycidas Auguste a émis des ordres d’interdiction de départ à l’encontre des membres du conseil électoral provisoire et en a profité pour les inviter au parquet et leur demander de rester disponible en vue de répondre à toute réquisition de la commission.
«Le parquet s’attend à ce que le président du CEP, M. Gaillot Dorsainvil lui apporte des précisions sur la loi qui lui donne droit de créer le BCEN spécial. Car il doit tenir compte de l’article 173-2 de la Constitution de 1987 qui se lit ainsi : « Nul tribunal, nulle juridiction contentieuse ne peut être établie qu’en vertu de la loi. Il ne peut être créé de tribunal extraordinaire sous quelque dénomination que ce soit », a fait remarquer le chef du parquet.
« J’ai pour mission de veiller à l’application stricte des lois de la République», a déclaré le commissaire du gouvernement Harrycidas Auguste.
Durant un long entretien avec le chef du parquet et un juge du tribunal de paix de la section Est de Port-au-Prince, Me Roland Duvelson, les concernés ont fourni certaines explications sur le BCEN spécial (Bureau contentieux électoral national), créé pour réviser les résultats des élections contestées par la communauté internationale. Le juge de paix a du même coup constaté la non-présence des autres conseillers. Les déclarations des conseillers présents recueillies seront consignées dans le procès-verbal et remises au commissaire du gouvernement pour les suites légales.
Me Harrycidas Auguste se propose dans 48 heures d’adopter des mesures pour porter les autres membres à se présenter au parquet.
Les conseillers électoraux qui se sont présentés ce matin au parquet étaient assistés de Mes Stanley Gaston, Jean-Baptiste Brown, Mosler Georges, Paul Wébert Paul et Pierre-Renauld Carestil.
Selon un juge du tribunal de première instance de Port-au-Prince, le CEP en mettant sur pied un BCEN spécial aux fins de réviser le rapport OEA/CARICOM sur les résultats du 20 avril 2011 viole l’article 173-2 de la Constitution de 1987, vu que celle-ci interdit la création de tribunaux d’exception dans le pays. Le CEP n’a aucune prérogative légale pour agir ainsi. Non seulement en agissant ainsi il viole la loi, mais ses membres sont passibles de la Haute cour de justice, a-t-il conclu.
JRF

 

Haïti: « Un poste dans la fonction publique vient avec une paire de menottes »

Le Nouvelliste

« Un poste dans la fonction publique vient avec une paire de menottes » semble être le mot d’ordre dans l’administration publique sous le gouvernement de Martelly.
La fameuse phrase a été d’abord prononcée par le président Martelly avant même son investiture, elle a été répétée mardi par son Premier ministre désigné Daniel-Gérard Rouzier pour signifier que les fonctionnaires quels qu’ils soient auront à rendre des comptes de leur administration et qu’ils encourent des peines en cas de corruption, selon l’agence en ligne HPN.
« Si quelqu’un enfreint la loi, il sera sanctionné », a-t-il lancé menaçant.
Interrogé sur l’importance à donner à la phrase « Un poste dans la fonction publique vient avec une paire de menottes », s’il fallait la prendre au sérieux, Daniel Rouzier a répondu que lui il la prenait au sérieux. Il dit en outre espérer que ses futurs ministres, au cas où il serait ratifié, feront de même.
« Certains luxes ne sont pas normaux dans des pays pauvres, surtout quand on occupe un poste dans la fonction publique. S’il quelqu’un veut faire de l’argent qu’il rejoigne le secteur privé et investisse son argent, et ne pas se servir dans les poches des contribuables », a ajouté le Premier ministre désigné.
Opinant sur le nouveau slogan certains croient c’est bien de vouloir mettre de l’ordre, « mais cela ne se fera pas d’un coup et pas de manière cavalière », selon Renaud.
« Démagogie et business as usual », répond pour sa part Juliette, à la fois sceptique et ironique.
« Attendons voir cette mesure à l’oeuvre, ajoute-t-elle cependant. Car ce n’est pas la première fois que les nouveaux arrivants au pouvoir annoncent des mesures d’éclat. Si cela marche tant mieux, mais je suis sceptique ».
« J’espère, commente Louis, que ces menottes auront les mêmes dimensions pour tous les poignets. Je n’aimerais pas qu’ils puissent se glisser seulement dans ceux des petits fonctionnaires et qu’ils ne s’adaptent pas aux puissants et aux amis du pouvoir ».

 

Haïti – Éducation : La «taxe» sur les transferts d’argent entre en vigueur le 1 juin 2011
25/05/2011 15:02:05

Haïti - Éducation : La «taxe» sur les transferts d’argent entre en vigueur le 1 juin 2011Après la « taxe » sur les télécommunications qui cachait son nom sous l’appellation de « surplus tarifaire » [application à compter du 15 juin prochain], voici maintenant la « taxe » de 1,50 dollars américains, sur les transferts d’argent, qui est décrite comme : « frais de test, de certification, d’utilisation et d’inspection », dans la circulaire # 98 émise par la Banque de la République d’Haïti (BRH), en date du 20 mai 2011, sous la signature de Charles Castel, le Gouverneur de la Banque.
Sans débats, sans lois, ces fonds devraient être utilisés pour le programme d’éducation gratuite prôné par le Président Martelly. On apprend dans cette circulaire, que ces « frais » de 1,50 dollars par transaction, seront collectés par les banques commerciales, les banques d’épargne et de logement et les maisons de transfert et concernera tous les transferts d’argent internationaux, entrant ou sortant du pays, à l’exception des transferts effectués par les banques pour leur propre compte.
En d’autres mots, les particuliers et les entreprises sont directement visé par ces nouveaux « frais » que l’on se refuse à appelé taxe… La circulaire # 98 de la BRH précise que cette nouvelle mesure entrera en vigueur dès le 1 juin 2011.
Depuis la prestation de serment du Président Martelly, le temps semble soudain s’accélérer. Le Président Martelly devrait nous apporter peut-être plus de précision demain, puisque le bureau des communications nous informe à l’instant que le Chef de l’Etat fera une présentation approfondie du Fonds National pour l’Education (FNE), axe prioritaire de son quinquennat, demain jeudi à 10:00 am à l’Hôtel Karibe Convention Center.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2993-haiti-education-il-ne-s-agit-pas-d-une-taxe-mais-d-un-surplus-tarifaire.html
BF/ HaïtiLibre

 

Haïti: Ces morts sont bien vivants

Le cimetière de Pétion-Ville n’est plus. Le projet qui a poussé la mairesse Claire Lydie Parent à démolir « le royaume des morts » s’apprête à fructifier. En dépit des difficultés financières ayant contraint la mairie d’adopter un plan plus flexible, le projet Parent avance avec l’idée de construire une aire de stationnement, un espace vert, un bloc sanitaire. Pour consoler les « morts chassés », un mémorial y sera érigé en leur mémoire. En attendant qu’une autre nécropole soit construite à Pernier.

Le site qui doit accueillir l’aire de stationnement

Claire Lydie Parent, mairesse de Pétion-ville

Un projet remplace un autre. Mais rien ne se perd de ce rêve tant caressé par la mairesse Claire Lydie Parent, qui a toujours voulu que le cimetière principal de sa commune, Pétion-ville, soit remplacé par des infrastructures plus utiles et garantissant plus de sécurité à ses concitadins et aux passants. Les morts ont ainsi été délogés, dès les premières semaines qui ont suivi le séisme du 12 janvier 2010. La mairesse Parent a sauté sur cette occasion offerte sur un plateau d’argent par cette catastrophe en embrassant un projet à travers lequel elle envisageait la construction d’une gare routière sur trois niveaux, d’un parking sous-terrain, d’un hôtel et d’un restaurant de luxe et d’une salle de conférence.
« En dépit des pertes irremplaçables que le séisme a provoquées, nous lui devons la concrétisation de ce projet que je nourrissais dès mon premier mandat », déclare Claire Lydie Parent. Mais ce projet, qui devait coûter 25 millions de dollars, a dû être révisé, faute de financement. Le projet Parent financé par l’USAID planche à présent sur la construction d’une aire de stationnement qui servira de gare aux tap-tap de Delmas, de Frères, de Pernier, de Girardot, de Péguy-ville et de Berthé. Cet espace de 8 000 mètres carrés hébergera également un jardin, des kiosques et un bloc sanitaire.
La mairie travaille aux côtés de Chemonics international, du ministère des Travaux publics et du service de la Circulation à l’implantation de ce projet à travers lequel Mme Parent entend faciliter la circulation automobile et piétonne et mettre un peu d’ordre au centre-ville de Pétion-Ville.
Des techniciens, avec pelleteuses et camions, continuent, la nuit, de charrier les remblais du cimetière, mêlés d’os humains et de restes de cercueil, afin d’aplanir le terrain, selon des surveillants rencontrés sur le site. La mairesse n’est pas prête à donner une date pour la construction de ce terminus, qui sera géré par un comité. Mme Parent préconise de faire recenser les chauffeurs qui y seront admis. « Les kiosques et l’aire de stationnement seront payants, dit-elle. C’est un projet qui donnera une autre image à la commune de Pétion-ville. »
Pétion-Ville, ville sans mémoire, sans âme…
Un autre cimetière est en construction à Fatima, un quartier situé à une dizaine de kilomètres du centre de Pétion-Ville, avec la firme Chemonics en vue de remplacer l’ancien cimetière. « En démolissant un cimetière ainsi, on traite les humains comme de simples morceaux de bois », clame l’un des surveillants.
« On ne déplace pas un cimetière, peste le journaliste et sociologue Louis Anthony Dauphin. Par contre, on pouvait le désaffecter en gardant l’espace hautement sécurisé. » Toutefois, en cas de force majeure, les autorités peuvent prendre toutes les dispositions nécessaires pour réaliser un délogement plutôt complexe, explique-t-il.
Pour M. Dauphin, le cimetière a une vie et une réalité spéciales. En le déplaçant, on dérange tout un système au point de vue mystique. « Il fallait enlever toutes les pièces, des terres jusqu’aux ossements, en passant par les reliques », dit-il, ajoutant que le cimetière représente l’âme même d’une ville.
Pétion-Ville, selon le chercheur Louis Dauphin, perd une bonne partie de son histoire avec la disparition de son cimetière principal vieux de près de 50 ans. « Le cimetière d’une ville cache une grande partie de son histoire et de son évolution, fait-il remarquer. Des recherches ont montré qu’une simple vue aérienne d’un cimetière fournit de nombreuses informations sur le fonctionnement d’une ville. Alors, pourquoi le faire disparaître un beau matin ?»
Pétion-Ville, ville sans mémoire, sans âme ou sans repères ou encore sans respect pour les chrétiens vivants…, le journaliste Louis Anthony Dauphin ne se remettra pas aisément de la perte de ce cimetière, contre lequel la mairesse nourissait toutes sortes de préjugés. Cachette pour les bandits, lieu de propagation de maladies dangereuses, source de congestion au niveau de la circulation sont parmi les causes qu’avait avancées Mme Parent pour démolir la nécropole de cette commune qui lui a confié trois mandats. Ce qui sous-entend qu’entre l’autorité municipale sur les infrastructures et l’aménagement du territoire et la mise en place des politiques de la sécurité publique et sanitaire, il y a cent mille années-lumière.
Lima Soirélus
lsoirelus@lenouvelliste.com

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